Sources Inedites Espagne T.I
Sources Inedites Espagne T.I
de lHistoire du
Maroc
Par
H. De Castries
Archives et
Bibliothques
dEspagne
tome I
Paris
Madrid
1921
Projecto Portugal e o Sul de Marrocos:
Contactos e Confrontos, Sculos XV a XVIII
(PTDC/HAH/71027/2006)
Centro de Histria de Alm-Mar da Faculdade
de Cincias Sociais e Humanas da
Universidade Nova de Lisboa e da Universidade
dos Aores
Centro de Investigao Transdisciplinar
Cultura, Espao e Memria da Universidade do
Minho e da Universidade do Porto
Responsveis: Maria Augusta Lima Cruz e
Andr Teixeira
Biblioteca Digital / Desafios da Memria
Instituto de Investigao Cientfica Tropical
Coordenao: Vitor Rodrigues e Manuel Lobato
Digitalizao: Eugnia Moreira
OCR e reviso tcnica: Manuel Lobato
2011
PUBLICATIONS DE LA SECTION' HISTORIQUE DU MAROC
LES
SOURCES INDITES
L'HISTOIRE DU MAROC
LE U-GOLONEL IL DE CASRIES
ARCHIVES ET BIBLIOTHQUES D'ESPAGNE
T O M E I
Hislory cannol bc wrilten froin manascripls
MAHK PATTISOK.
PARIS
EDITIONS ERNEST LEROUX
2 8 , HUE BONAPARTE, 2 8
MADRI D
RUIZ HERMANOS
I . S, PLAZA DU SANTA ANA, l 3
I f ) 2 l
LES
SOURCES INDITES
DE
L' HISTOIRE DU MAROC
PREMIRE SRIE DYNASTIE SAADIENNE
COLLECTION DE LETTRES, DOCUMENTS ET MMOIRES
E S P A G N E
B U O T H C * DO CENTRO DE
H I S T R I C O S U L T R B R IN O S
Registo . . . .
P I.
FAC-SIMILE D'AtS UNE CARTE
i A m ()ITK A AMSTERDAM EN Tfin-
L AT L AS ni-: ME RCAT OR R
f N I D
O/-
PUBLICATIONS DE LA SECTION HISTORIQUE DU MAROC
LES
SOURCES INDITES
L'HISTOIRE DU MAROC
LE L'-COLONEL H. DE GASTRIES
ARCHIVES ET BIBLIOTHQUES D'ESPAGNE
TOME I
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MARK PATTISOH.
BIBLIOTECA DO CENTRO DE ESTUDOS
HSTCR003 U^VRINS
Registo. MB
PARIS
EDITIONS ERNEST LEROUX
2 8 , RUE BONAPARTE, 2 8
MADRI D
RUIZ HERMANOS
l 3 , PLAZA DE SANTA ANA, l 3
I92I
ONT COLLABOR A CE VOLUME
MM. LON BOGAERT.
ANDR DREUX, archiviste palographe.
GILBERT JACQUETON
ALBERT MOUSSET
JEAN RGN
INTRODUCTION
MELILLA AU XVI
e
SICLE
II ne pouvait tre question pour l'Espagne, alors qu'elle luttait
pour reconqurir son propre sol et en expulser l'envahisseur
musulman, de s'engager dans des entreprises africaines. Mais, le
a janvier 1/192, Grenade succombait, le dernier royaume maure
de la pninsule disparaissait. Ferdinand et Isabelle eurent cur
de continuer leur croisade pour atteindre au del de la Mditer-
rane ces infidles qui taient venus si souvent au secours de leurs
frres d'Espagne
1
. Dans l'excution de ce desseinqui affermissait
la paix, tout en contribuant la gloire de Dieu et du pays, la
noblesse seconda les Rois Catholiques par sa gnreuse initiative
2
.
Dj plusieurs expditions avaient t faites sur les ctes maro-
caines par des arrez espagnols ; le sultan ouattasside Mohammed
ech-Cheikh, qui rgnait Fez, avait mme envoy, en i/|85, une
ambassade aux Rois Catholiques pour demander que les capitaines
espagnols s'abstinssent de coups de main sur ses sujets
3
. L'auteur
1. Lors du sige de Malaga par les Rois la union de los Reinos de Castilla y de Ara-
Gatholiques, en 1487, des indignes de la gon, t. I, p. 62.
tribu des Ghomara prirent part la dpense 3. Cette ambassade ouattasside amenait
de la ville. HERNANDO DEL PULGAR, Crnica au roi Ferdinand, comme prsent, des
de los Seores Reyes Catlicos, part. III, cap. chevaux avec leur harnachement; elle
7/1, apud RIVADENEYRA, Biblioteca de autores apportait la reine Isabelle des toffes de
espaoles, t. LXX, pp. 223-53i. soie et des parfums. Les souverains espa-
2. Si les chroniques ou histoires gn- gnols accordrent au roi de Fez ce qu' il
raies ne relatent pas certaines de ces exp- demandait, sous la condition que ses sujets
ditions africaines, c'est qu'elles taient le ne feraient pas la guerre aux Chrtiens et
fait d'initiatives particulires et que la n'enverraient pas de secours aux rois mau-
Couronne n'y avait aucune part. CES REO res d'Espagne. HERNANDO DEL PULGAR,
TERNANDEZ DURO, Armada espaola desde part. III, cap. 4o.
DE CASTRIES. X. a
ir INTRODUCTION
anonyme des Memoriales
i
relate les descentes qu'ils faisaient
Gasa del Caballero
2
, aux les Mezemma (Albouzmes)
3
, Tagaza\
Fedala et La Mamora
6
; il n'indique pas les dates de ces
razzias, dans lesquelles l'onpillait quelques douars et l'oncapturait
plusieurs centaines d'esclaves, mais, d'aprs l'ordre chronologique
de sonrcit, elles doivent se placer entre 1/79
e
^
T
^9- Eni/ig3
et 1/19/1, Lezcano et Lorenzo de Zafra
6
visitrent plusieurs fois le
littoral mditerranen du Maghreb l'Ouest de l'embouchure de la
Tafria. Toute la cte reconnue par eux tait habite par des tribus
remuantes, sur le territoire desquelles les sultans abd el-ouadites
ou minides avaient install des postes fortifis : Honen'', Taount
8
,
Tabaharit
9
, Melilla
10
, Caaa
11
. Tazouta
12
, etc. Des cads officiels y
1. Memoriales y nombres de capitanes para
la guerra de allende, publi par JIMNEZ DE
LA ESPADA, La guerra del Moro, dans Bole-
an de la Real Academia de la Historia, t.
XXV, pp. 174-181.
2. Y. ibidem, p. 176. Sur ce point, V.
i
re
Srie, France, t. II, p. 22 et note 1.
3. V. Memoriales. . . , p. 180.
!\. V. ibidem. Au xvi
e
sicle, Tagaza tait
le nom de deux localits voisines, l'une sur
le bord de la mer, l'autre sur la hauteur,
situes 5 lieues l'Est de Targa et une
lieue l'Ouest du Caslel de Pescadores
(Ras Djcbha). Les deux localits avaient
ensemble 3oo habitants. Relacin de la costa
de allende, par le commandeur JuanGav-
ian, publie par VILLA-AMIL Y CASTRO,
dans le Boletn de la Sociedad Geogrfica de
Madrid, t. VII (1879), p. 10.
5. Sur les descentes Fedala et La
Mamora, V. les Memoriales. . , p. 180.
6. Neveu du secrtaire Fernando de
Zafra. V. infra, p. m, noie 3.
7. Port 3o kilomtres l'Est de
Nemours, qui desservait au moyenge
l'Oranic, et particulirement la rgionde
1 lomeen; il fut supplant par Oran. Les
Espagnols l'occuperont en I 5 3 I et l'va-
eurmt en I 53/J.
8. Sur une colline 1 kilomtre l'Est
de Nemours. Cf. EL-BI KKI, p. 1G2 de la
traduction MAC GUCKIN DE SLANE (nou-
velle dition).
9. Cette localit, dont le nomsignifiait
la maritime , servait de port Taount.
Elle tait situe un peu l'Ouest de
Nemours. Cf. EL-BFKRI , p. 176.
10. Sur la position et l'histoire de la ville
maure de Melilla, V. infra, pp. vi-vm.
La graphie correcte serait Melila, trans-
cription de 4jLL, mais onrencontre quel-
quefois <LJUU, qui a donn Melilla.
ir . Les ruines de la ville de Caaa et
celles de la forteresse espagnole ont t
retrouves sur une colline, prs de la plage
d'Tgsascn (forme berbre de Caaa), par
M. Rafael Fernandez de Castro y Pedrera.
Auparavant, ds 1910, le commandant
Baigorri avait signal des vestiges de
constructions sur la pente de la colline.
Nous devons la bienveillance du gnral
Berenguer, haut commissaire d'Espagne
au Maroc, ces renseignements, qui nous
avaient manqu pour l'appareil critique du
prsent volume et nous avaient fait hsiter
entre deux solutions pour l'identification
de Caaa (V. p. C>2, note 1). Sur cette
ville, V. aussi infra, pp. vn, vinet note 1.
12. Rasba dont les ruines se trouvent
dans le massif montagneux du Gourougou,
INTRODUCTION III
rsidaient avec de faibles garnisons, mal ravitailles et plus mal
payes ; bien loin de commander aux tribus, ils taient le plus
souvent prisonniers de leurs administrs ; leur situation tait des
lus prcaires \ Aussi le projet de dmanteler toutes les forteresses
de la cte et de replier les garnisons dans l'intrieur avait-il t
envisag
2
.
Au retour de leur mission, Lezcano et Lorenzo de Zafra rappor-
trent que les tribus de la cte mditerranenne, dsireuses de
secouer le joug de Fez aussi bien que celui de Tlemcen, parais-
saient disposes livrer aux Rois Catholiques les places situes sur
leur territoire. Tout le pays d'outre-mer, crivait Fernando de
Zafra \ est dans untel tat d'esprit qu'il semble que Dieu veuille
le donnera Leurs Altesses
4
. Parmi ces places, il en tait une,
Melilla, qui venait de se mettre enrvolte ouverte contre le souve-
rainde Fez ; elle avait chass son cad et proclam son indpen-
dance. Ses habitants offraient de livrer leur ville l'Espagne.
Par Melilla, crivait Fernando de Zafra, onse rendrait facilement
matre de Gaaa et de toute la presqu'le. II insistait pour que
l'onprofitt de l'occasion, car, son avis, la questionde savoir si
Meliila et Gaaa faisaient ou non partie du royaume de Fez ne
se poserait pas, le pays jouissant en fait d'une indpendance
complte.
environ 8 kilomtres an Sud-Est de 3. Secrtaire du Conseil des Rois Catho-
Caaa. Sur Tazouta, V. infra, pp. liques, il fut charg, aprs la prise de Gre-
v et vn-viit. nade en 1/92, de surveiller le passage en
1. Sur la situation politique de cette Afrique des Maures exils. Sa correspon-
rgion la findu xv
e
sicle, V. les lettres dance avec les Rois Catholiques a t
de Fernando de Zafra aux Rois Gatholi- publie. Y. supra, note 1. En i5o5, il fut
ques, i4g3-i/i)4, publies dans !a Coleccin procureur de Grenade aux Corts de Toro,
de Documentos inditos, t. XI, pp. 461- qui accorder- nt au roi Ferdinand le gouver-
571, XIV, pp. /|62-5o4 et LI, pp. 46-iog. nemcntdeGastille. URITA, Historiadel Rey
1. a Do la parte de Fez dicen que estn Don Hernando el Cntholico; hb. VI, cap. 3.
de acuerdo de derribar todas las fortalezas !\. Toda la tierra de allende esta de
de la costa, y meterse enla tierra adentro, manera que paresce que Dios milagrosa-
porque desta manera dicen que piensan mente (a el sean dadas muchas gracias)
tener algn remedio contra las fuerzas de con su mano poderosa e piadosa la quiere
V
a s
Altezas. Lettre de Fernando de dar para su servicio y a V
ras
Altezas.
Zafra aux Rois Catholiques, i4 janvier Lettre de Fernando de Zafra aux Rois
[i4g4]- Coleccin de Documentos inditos, t. Catholiques, 20 avril i494- Coleccin de
LI, p. 73. Documentos inditos, t. Ll, p. 90.
IV INTRODUCTION
Cependant le Portugal avait pris ombrage des entreprises des
capitaines espagnols sur la cte rifaine. La cour de Lisbonne sou-
tenait que Melilla et Gaaa faisaient partie du royaume de Fez
1
et
taient, par consquent, de la conqute du Portugal , d'aprs
le trait d'Alcaovas (4 septembre 1479
2
). Le rglement de cette
contestation fat soumis aux plnipotentiaires des deux Couronnes
runis Tordesillas (juin i/io,4) pour statuer sur d'autres litiges.
Par le trait de Tordesillas (7 juin)
3
, il fut admis que la limite entre
les royaumes de Fez et de Tlemcen passait l'Est des deux villes
contestes, ce qui revenait en reconnatre la lgitime possession
au Portugal. Toutefois le roi JeanII consentit cder l'Espagne
ses droits sur Melilla et Gaaa, la conditionqu'interdiction serait
faite aux sujets espagnols d'aller enpche au del du cap Bojador.
La conscration papale vint mettre le sceau cet arrangement ;
par une premire bulle du 12 novembre 1/I94, le pape Alexandre VI
requit tous les fidles d'assister de leurs personnes et de leurs biens
les souverains espagnols, et, par une seconde du i3 fvrier 1/90, il
confra Ferdinand et Isabelle l'investiture des royaumes et
seigneuries conqurir en Afrique.
Tout semblait prt enEspagne pour la croisade africaine, quand les
affaires deNaples vinrent dtourner l'attentiondes Rois Catholiques.
Avertis des armements que faisait le roi de France Charles VIII
pour revendiquer les droits qu'il prtendait avoir sur le royaume de
Naples, ils lui dpchrent Alonso de Silva. Cet ambassadeur
devait amener Charles VIII soumettre ses prtentions un arbi-
trage et lui suggrer en mme temps d'employer les forces qu'il
avait rassembles une expditionafricaine. Le roi de France aurait
gard pour lui les conqutes qu'il ferait en Afrique, bien que ces
1. Par cette expression, il faut entendre royaume de Fez. On entrouvera aussi quel-
ici le Maroc tout entier. ques clauses dans Alguns documentos do
2. Il y a 3 traits d'Alcaovas entre Archivo Nacional da Torre do Tombo, Lis-
l'Espagne et le Portugal, tous conclus le bonne, 1892, pp. ^2-43.
mme jour. Ils n'ont jamais t publis en 3. Il y a deux traits de mme date
entier. V. dans SANTARM, Quadro ciernen- signs Tordesillas, l'un sur les les et terres
tar das relaes polticas e diplomticas de de la mer Ocane, l'autre sur les limites du
Portugal corn as diversas potencias do mundo, royaume de Fez. Le texte de ce dernier a
t. II, pp. 368-378, un rsum du trait t publi in extenso dans Alguns docu-
relatif la Guine, aux Canaries et au mentos. . . , pp. 80-go.
INTRODUCTION
territoires fussent dvolus l'Espagne par le trait de Tordesillas et
l'investiture pontificale. Charles VIII rejeta les propositions de
l'ambassadeur espagnol (20 juillet I 4 Q5 ) et le traita d'une
faonsi outrageante que des ennemis eux-mmes n'eussent pas agi
plus mal
1
))
Enseptembre 1/197. alors que la question de Naples ne donnait
DIUS de proccupations, onapprit enEspagne que les Maures, la
suite de dissensions, avaient vacu Melilla. Ordre fut aussitt
donn par le roi Ferdinand D. Juande Guzman, duc de Medina-
Sidonia, de faire occuper la ville
2
. Le Duc fit partir pour cette op-
rationla flotte qui s'armait Gibraltar, envue du deuxime voyage
de Christophe Colomb, et il confia Pedro Estopian la conduite
de l'entreprise. Le dbarquement se fit sans difficults ; on trouva
la ville abandonne et moiti dtruite. Le roi de Fez, Mohammed
ech-Cheikh, qui avait t prvenu de cette expdition, avait
envoy un grand nombre de cavaliers sous les ordres du cad
El-Attar, avec missionde s'opposer l'installation des Chrtiens
dans Melilla ; mais ces contingents, aprs avoir t tenus enrespect
par l'artillerie du Duc, furent contraints de se replier dans la
valle des Bottouia. Mohammed ech-Cheikh prescrivit alors au
cad El-Attar de renforcer les garnisons de Caaa, de Tazouta et
des autres places voisines
3
, d'o l'onpourrait harceler les Espagnols
de Melilla. Les forces espagnoles leves par le Duc se composaient
de 3 000 fantassins, de 200 lances et d'une nombreuse artillerie.
Les frais de l'expdition s'levrent 32 000 ducats; ils furent
rembourss par les Rois Catholiques au duc de Medina-Sido-
1. Mmoire sur ce qui s'est pass entre de Documentos inditos, t. VIH, pp. 1-267;
Ferdinand et Isabelle et le roi de France. PEDRO DE MEDINA, Crnica de los muy exce-
Simancas, Estado, Tratados con Inglaterra. lentes seores duques de Medina Sidonia, dans
Legajo 2 Coleccin de Documentos inditos, t. XXXIX,
2. Sur l'occupation de Melilla par les pp. 317-821; GER NIMO URITA, Historia
Espagnols, V. ANDRS BERNALDEZ, Cro- del Rey D. Hernando el Catholico, lib. III,
nica de los Reyes de Castilla Don Fernando cap. 16.
.y Doha Isabel, cap. i56; ALONSO DE 3. ce Y fortificaron los Moros a Caaa,
ESTANQUES, Chronica de los Reyes Don para tener enella la principal guarnicin;
Fernando i Doa Isabel, cap 38. (British y a Tezota, Motabel y Alcal, que eran
Musum, Add. mss., 20816); LORENZO DE lugares fuertes y muy vezinos de Melilla,
PADILLA, Crnica de Don Felipe I, llamado y junto al pie de la sierra . GER NIMO
el Hermoso, lib. I, cap. 12, dans Coleccin UR
1T
A, loe. cit.
VI INTRODUCTION
nia ' ; la lieutenance de la ville de Melilla lui fut concde lui et
ses descendants.
Que valait cette place africaine qui dtournait momentanment
le roi Ferdinand des choses de l'Inde , au grand dsespoir de
l'amiral Christophe Colomb
2
?
LA FRONTERA DE MELILLA
3
Les gographes El-Bekri et El-Edrisi nous reprsentent Melilla
au xi
e
et au xn
e
sicle comme une ville environne de murailles,
renfermant une citadelle trs forte, une mosque, unbain et
quelques bazars' )). Le compilateur du Kitab el-Istibar, qui
crivait en1191 (Hg. 587), reproduit peu prs cette description.
Mais les gographes arabes et Lonl'Africain ne fait pas excep-
tion sont enclins une grande exagration ; ils donnent volon-
tiers le nom de ville toute kasba entoure de quelques choppes
d'artisans. Le tmoignage des historiens est moins sujet caution,
et l'onpeut apprcier l'importance gographique ou politique d'une
1. PEDRO DE MEDINA, le chroniqueur de l'administration et la vie inlricurc de
la maisonde Medina-Sidonia, et MARMOL, Melilla, comme ne prsentant >as unint-
dans sa Descripcin general de frica (lib. rt immdiat pour l'histoire du Maroc.
IV, cap. 91, f. i53) placent l'occupationde Pour la mme raison, ona retranch dans
Melilla enseptembre i4g6, et cette date les documents publis les passages de
errone est reproduite par MORALES (Datos mme nature. Aussi se rfre-t-on, dans les
para la historia de Melilla, p. 21 et note 1). notes qui suivent, aux cotes des Archives
La date, septembre 1^97, est tablie par les de Simancas, mme lorsqu'il s'agit de docu-
tmoignages concordants des chroniqueurs ments publis dans le volume.
des Rois Catholiques BERNALDEZ, ESTAN- ,
QUES et URITA ; elle l'est aussi d'une faon ^ h^- i}~~\ hy~* ^/J *Lt*4**
authentique, par unpassage d'une lettre . . . , . , 1 . ,
des Rois Catholiques au duc de Medina- *T
S
?~
A
\$ -? **
U
V
a 9
Y ^ ->
Sidonia du 18 octobre 1^97, o il est dit i I 1
que la nouvelle de la prise de Melilla a j ' j - ' J f U J - E L BEKRI,
2
ed. , p. AA
;
contribu calmer la douleur qu'ils ressen- TraductionMAC GL-CKIN DE SLANE, p. 178.
taient de la mort de l'infant DonJuan. Cf. . .
Coleccin de Documentos inditos, t. XXXVI, >JT ^ *-/< *^a>- l^_X* SU*iO*}
pp.468-46
9
. j
2. URITA, foc. ai. jss*)! J e *U-s-Jb-j ^-U^-EL-EoBissi,
3. Dans le prsent volume, ona supprim
dessein les lettres et mmoires relatifs
p
* ' ' P'
3O
-
INTRODUCTION VII
localit, d'aprs le nombre de fois o son nom revient dans
l'histoire. Si tant est que Melilla au xi
e
et au xn
e
sicle ait rpondu
la description d'El-Bekri, il est certain que cette ville avait d
dchoir considrablement depuis lors. Ibn Khaldon, dans sa
monumentale histoire des Berbres, n'enfait mentionqu'une seule
fois: le sultan Abou Youssef Yacoub (1258-1286), rapporte cet
historien, revenant enaot 1272 d'une expditionsur la cte nord
du Maghreb, (( s'empara de Melilla, forteresse situe sur le littoral
du Rif
1
Aucun mouvement maritime n'y est signal. Le port
important du Rif cette poque est Gaaa. C'est l que pendant
les annes 1292 et 120,3, alors que le sultanmrinide Abou Yacoub
Youssef (1286-1307) est occup au sige de azouta, dbarquent
successivement une flottille amenant une ambassade du roi de
Grenade Ibnel-Ahmar, une dputation de Gnois charge d'offrir
au souverainde magnifiques prsents, les envoys du roi de Por-
tugal et du roi d'Aragon
2
. En1828, Abou Zakaria, fils du sultan
hafside Abou Yahia, venant demander l'appui des Mrinides, aborde
Gaaa, et de l se rend Fez pour confrer avec le sultan Abou
Sad ( I 3 I O- 3 3 I ) . A la suite de cette mission, un mariage est
conclu entre le prince Abou el-Hassen, fils d'Abou Sad, et une
fille du sultanAbou Yahia : la princesse hafside arrive eni33o au
port de Caaa et y dbarque, accompagne d'une suite nombreuse
3
.
Aprs le dsastre de Cairouan (10 avril 1348), une rvolte ayant
clat Fez, le gouverneur des provinces mrinides d'Espagne,
Assa benel-Hassen, traverse le dtroit et gagne Caaa, d'o il se
rend Taza
4
. En 1375, le vizir Ibn el-Ghazzi, ayant excit les
soupons du sultanAbou el-Abbas Ahmed (137/I.-1384), est conduit
Caaa et de l embarqu pour Mayorque ; aprs quelques mois
de disgrce, il revient Caaa, dont il est nomm gouverneur".
Melilla n'a pas unsemblable pass ; elle n'apparatra, jusqu' la fin
, , , |
A
taient des oiseaux qui chantaient au moyen
11
^if >~H ^ ^ r ^ * f d'un mcanisme. Cf. Roadh el-Kartas,
Trad. BEAUMIER, pp. 53Q-5<4I, et IBN
IBN KHALDON, texte arabe, t. II, p. TAY
K H A I D 0 ! ( > t
.
I V > p
.
l 3 6
.
Trad. M. G. DE SLANE, t. IV, p. 62. 3. IBN KHALDOJN, t. IV, pp. 208-210.
2. Parmi les prsents apports par les l\- V. ibidem, p. 3o8.
Gnois figurait unarbre enor, sur lequel 5. V. ibidem, p. 416.
VIII INTRODUCTION
du xv
e
sicle, que comme une place mdiocre, commande par des
cads dontla fidlit est plus ou moins douteuse. Toute l'attention
des Bni Merinest concentre sur le port de Gaaa, ainsi que sur
Tazouta, qui le commande et le protge. L'occupation de Melilla
par l'Espagne allait inverser cette situation et faire perdre Caaa
sonimportance, enattendant le jour prochain o cette ville allait
elle-mme devenir unfief de la maison de Medina-Sidonia *.
Les troupes dbarques Melilla s'installrent dans l'enceinte de
la ville indigne. Celle-ci tait construite au pied de la hauteur ou
padrastro de la Horca, d'o l'ondominait au Sud une tendue mar-
cageuse et le promontoire sur lequel allait bientt s'lever la
nouvelle Melilla. Entre ce promontoire et la cte marcageuse, on
voyait une crique o pouvaient mouiller les navires ; au Nord du
promontoire se trouvait une anse troite et allonge connue sous le
nom de Caleta de los Galapagos. Ce fut dans la ville indigne que
s'levrent les premires constructions espagnoles, notamment
l'glise
2
et la rsidence du gouverneur
3
.
En125, aprs la malheureuse tentative pour reprendre le Pen
de Vlez, il fut jug utile de renforcer la position de Melilla : la
garnison espagnole fut transporte sur le promontoire, et l'ontraa
l'Ouest une ligne de circonvallation, qui mesurait 80 pas \ et qui
1. Ds le mois de fvrier i4g4, les Alonso de Guzman, 19 janvier i533, et
habitants de Caaa avaient envoy une Doc. IX, p. 66, lettre du mme aux muni-
dputationenEspagne pour faire des offres tionnaires de Malaga, 23 janvier i533.
de soumission. V. lettre de Fernando de Zafra 2. Elle ne fut dmolie qu'enmars i5/Jg.
aux Rois Catholiques, 25 fvrier [i4g4], Lettre de Miguel de Perea Maximilienet
dans Coleccin de Documentos inditos, t. Marie d'Autriche, 21 mars i54g. Siman-
XIV, pp. 46g-475. Caaa fut concd le cas, Estado. Legajo 474-
4 octobre i5o4 au duc de Medina-Sido- 3. Mmoire du veedor de Melilla, Her-
nia. V. le texte de l'acte dans Coleccin de nando de Bustillo, du 17 avril 1557. Legajo
Documentos inditos, t. XXXVI, pp. 48g- 483. Postrieurement, dans la nouvelle
4g2. Toutefois la ville ne fut occupe qu'en ville, la maison du gouverneur n'tait
avril i5o6, par Gonalo Marino de Ribera, qu' une constructionenpis, es de tierra .
gouverneur de Melilla pour le duc de Lettre d'Alonso de Gurrea du 20 avril 1557.
Medina-Sidonia. URITA, Historia del Rey Ibidem.
Don Hernando el CalhoUco, lib. VI, cap. 4- Por la banda de la tierra son
3i. Caaa fut repris par les Maures le 7 ochenta pasos . Lettre d'Alonso de Gurrea
janvier i533. V. infra, Doc. VIII, p. 61, la Princesse Rgente, 6 aot i556.
lettre de Cristbal de Abreo Don Juan Legajo 482.
INTRODUCTION IX
11 it de la mer la mer
1
et englobait une portionde la ville indi-
" e ces travaux s'excutrent de. .1525.. i532
2
. Mais, ct de
la nouvelle ville, les ruines de la ville indigne subsistrent encore
1 no-temps. En aot i55o, cette dernire n'tait rase qu'enpartie;
les Maures y pntraient comme ils voulaient, et cela causait le
plus o-rand embarras la nouvelle ville
3
. Quant au front de mer,
moins expos, les fortifications n'en furent commences qu'en
i533
4
. Si mal construit que ft le rempart ouest, il suffisait
prserver Melilla d'un coup de main des tribus environnantes.
L'avnement des chrifs saadiens et la marche victorieuse de
Moulay Mohammed ech-Cheikh, qui affirmait son intention de
n'entrer dans Fez qu'aprs avoir expuls les Chrtiens du Maroc \
firent craindre aux Espagnols une attaque des troupes chrifiennes
(15/9), et l'on se dcida reconstruire sur le front de terre le
rempart qui tombait enruines. Les travaux en furent confis au
capitaine Miguel de Perea, qui arriva d'Espagne le i5 mars I5/J9
6
.
Afin d'isoler compltement la nouvelle Melilla, Miguel de Perea
proposa de crer un foss coupant le promontoire sa base, et qui,
par consquent, se serait trouv enarrire du mur d'enceinte. Le
comte de Tendilla fit observer trs justement qu' un tel foss serait
difficile garder et qu'userait, enoutre, domin par le padrastro
7
;
il ne fut pas donn suite ce projet.
Le plus grave inconvnient que prsentt la nouvelle ville
1. Cette ligne de circonvallation du de Miguel de Perea Maximilien et
front de terre, dont il subsiste encore au- Marie d'Autriche, n aot i55o, et CLIV,
jourd'hui quelques parties, est indique, p. 45a, lettre de Juan de Perea Maxi-
ainsi que celle du front de mer, sur le milien et Marie d'Autriche, n aot
cartonreprsentant Melilla et ses environs, i55o. V. aussi i
re
Srie, Angleterre, t. I,
qui se trouve p. i36, PL II, Carte du Rif Doc. XXVIII, p. 65, Relation de Pedro
au xvi
e
sicle. Venegas de Crdoba, 23 juini564-
2. Hernando de Bustillo, dans une lettre 4- Contrat avec Sancho de Escalante,
de 1547 (legajo 472), dit qu'il a t matre-maon, 5 dc. i533. Legajo 4-68.
Melilla tout le temps que durrent les tra- 5. V. infra, Doc. LVII, p. 1 go, Rapport
vaux de fortification du ct de la terre. de Luis de Rueda.
Dans une lettre du I
er
septembre 1556 6. Lettre de Miguel de Perea Maxi-
(legajo 48i), le mme personnage rapporte milienet Marie d'Autriche, 21 mars i54g-
que sonpremier sjour Melilla comme Legajo 4T4-
veedor dura de i525 i532. 7. Mmoire du comte de Tendilla, i54g.
3. V. injra, Doc. CLIII, p. 447, lettre Legajo 4j4.
INTRODUCTION
transfre sur le promontoire, inconvnient sur lequel les gouver-
neurs reviennent constamment dans leur correspondance, tait le
manque absolu d'eau douce
l
; la cration de citernes n'y remdia
que d'une faon insuffisante, et parfois le ravitaillement en eau
douce par Malaga fut une ncessit.
Ces conditions dfavorables auraient pu tre compenses, si
Melilla avait eu l'avantage d'un bon port, mais il n'en tait rien;
les navires au mouillage taient exposs aux vents de l'Est et du
Nord-Est. Aussi D. Bernardino de Mendoza, capitaine gnral de
la mer, conseillait fortement d'vacuer cette position et d'aller
s'tablir sur la Lagune (Mar Chica
2
).
Au milieu du xvi
e
sicle, l'effectif de la garnison, compose de
cavaliers, d'arquebusiers, d'arbaltriers et de piquiers, s'levait au
chiffre de 3oo lioo hommes ; l'lment civil, reprsent par les
ouvriers (gastadores de la obra), une vingtaine d'esclaves des deux
sexes, cent garons et filles, soixante femmes maries et une dizaine
de coureuses (erradas), comprenait peine deux cents personnes
3
.
Resserre dans ses troites limites et sans relations avec les indi-
gnes, Melilla devait tout faire venir d'Espagne : le ravitaillement
de la garnison incombait au duc de Medina-Sidonia, tandis que
celui des ouvriers tait assur par les proveedores de Malaga. Les
denres importes et vendues par le commerce ne reprsentaient
qu' unappoint insignifiant : Es tan poco el caudal que traen que
antes que de aqui vaian se lo ancomido
4
. Dans ces conditions,
les rsen
7
es de vivres n'taient jamais trs considrables dans la
place. Aussi, lorsque, dans les poques troubles, les prtendants
maures et leurs partisans se rfugient Melilla et qu'il faut pourvoir
1. Quanto a lo que V. A. me manda tillo, Mmoire Charles-Quint du I
er
sep-
que yo abise a V. A. que medio se pueda tembre i556. Legajo 48i- U arrive au
tener para meter agua de la fuente y de la total de 63^ personnes. Onverra plus
vega sinpeligro, no siento otro medio sino loin, p. xvn, qu' la mme poque (3
hazer algibes . Lettre d'Alonso de Gurrea septembre i556), le gouverneur Alonso de
la Princesse Rgente, i3 juin 1557. Gurrea donne le chiffre de 645 personnes.
Legajo 483. 4- La valeur de ce qu'ils apportent est
2. V. infra, Doc. LUI, p. 178, lettre si faible, qu'ils l'ont dpense avant de
de DonBernardino de Mendoza Maximi- repartir. Mmoire de Bartolom Dorador
lienet Marie d'Autriche, i4 mars idl\C)- la Princesse Rgente, du [25 juillet]
3. D'aprs le veedor Hernando de Bus- 1555. Legajo 48o.
INTRODUCTION XI
leur subsistance, ils affament littralement la garnison et les
habitants. Le fait se produit, lors des sjours que font Melilla
Abou Hasson, roi de Vlez
1
, et Moulay Amar, roideDebdou
2
. Par
surcrot, on doit dloger des habitants pour donner leurs maisons
ces encombrants personnages. Quant la troupe, elle est sur les
dents, car son service de surveillance est doubl
3
. On craignait
toujours eneffet quelque coup de tratrise comme celui du Pen
de Vlez, dont la perte avait t cause par des Maures que le gou-
verneur avait introduits dans la place (i52 2 ) \ Tout indigne se
prsentant devant Melilla tait retenu la porte de la ville (puerta
de fuera) ; c'est l que se discutaient les changes d'esclaves (Moros
de rescate) contre les Chrtiens captifs '". L'usage tait de suspendre
trois jours les hostilits pour faciliter ces ngocialions
6
; l'agent
indigne qui en tait charg tait appel exea, ajea ou ygea
1
. Si,
d'aventure, un Maure survenait, dclarant vouloir se convertir au
christianisme, onlui donnait 5oo maraveds par mois, mais il ne
devait pas sjourner dans la ville plus de trois mois ; ce dlai pass,
il tait envoy en Espagne
8
.
Le roi Ferdinand, comme onl'a vu, avait fait rembourser au duc
de Medina-Sidonia les frais avancs par lui pour l'occupationde Me-
lilla, et il lui avait, en outre, donn la lieutenance de la place. Les
conditions de cette charge furent dtermines par un asiento pass
par lui Alcal de Henares, le 13 avril 1/498, avec la Real Hacienda.
1. Abou Hasson arriva Melilla le 17 lome Dorador, I
er
juin I 5 5 I ) .
avril i5/J9(V. infra, Doc. LXXV, p. 241, 3. V. infra, Doc. CLXV1I, p. 485, lettre
lettre de Miguel de Perea, 18 avril i54<)) d'Alonso de Melgar, i4 septembre i55o,
et il en partit en juillet (V. infra, Doc. et Doc. GLXXX, p. 517, lettre de Juan
XCIX, p. 3i5, lettre de Don Bernardino de Perea, 5 dcembre i55o.
de Mendoza). 4. Mmoire de Bustillo Charles-Quint,
2. Moulay Amar, fuyant devant le Che- i556. Legajo 481.
rif, arriva Melilla le 12 juillet i55o avec 5. Lettre d'Alonso de Gurrea, 18 fvrier
une suite de 3oo personnes (V. infra, Doc. 1558. Legajo 484.
CXLVI, p. 4a3, lettre d'Alonso de Melgar). 6. V. infra, Doc. CGXX, p. 606, lettre
II en repartit le 23 fvrier I 5 5 I (V. infra, de Bartolom Dorador Abou Hasson, 2
Doc. GXGIV, p. 545, lettre d'Alonso de aot I 5 5 I .
Melgar), mais il laissa Melilla i84 per- 7. Y. 'infra. pp. 4i4 et note 3, 606 et
sonnes, femmes et enfants pour la plupart, note 4, 660 et note 1.
qu'il ne revint chercher que le 28 mai (V. 8. Lettre de Hernando de Bustillo, 19
infra, Doc. CGXVI, p. 5g5, lettre de Barto- fvrier i558. Legajo 4. 84.
XII INTRODUCTION
Aux termes de ce contrat, le Duc s'engageait tenir dans la place
une garnisonde 700 hommes. Sur ce nombre, le Roi lui donnait
200 cuyers de sa garde, dont 5o cheval. Le reste du contingent
devait tre recrut par les soins du Duc ; il comprenait 3oo arbal-
triers, 100 arquebusiers, 20 artilleurs (tiradores), 35 ouvriers (ofi-
ciales), 2 clercs, 1 mdecin, 1 chirurgien, 1 pharmacienet [\o marins
(hombres de la mar), formant l'quipage de quatre fustes que le Duc
devait fournir. L'asiento fixait la solde de la garnison, qui s'levait
29/19789 maraveds, ainsi que les approvisionnements enbl
soit 100082 fangues ; le tout tait fourni par le Roi, qui s'enga-
geait, enoutre, verser, pour l'anne 1/98 seulement, une somme
de 1000000 de maraveds destine aux travaux en cours. Les
armes, les magasins et le transport des vivres taient la charge
du Duc. L'asiento devait commencer courir le i
er
mai 1/I98
1
.
En 1527, unnouvel asiento fut conclu avec le due de Medina-
Sidonia
2
. A cette date, le transfert de la ville sur le promontoire et
la constructiondu rempart ouest parurent justifier une notable r-
ductiondans l'effectif de la garnison, qui fut ramen 4 o cavaliers,
[5o fantassins et 10 artilleurs. Enmme temps, il fut jug plus
pratique de charger le Duc, nonseulement de recruter la garnison,
mais encore d'enpayer la solde et d'enassurer la subsistance. A cet
effet, il lui fut allou une subvention forfaitaire annuelle (situado)
de 2 800000 maravdis et de 2 000 fangues de bl. Ce forfait tait
trs infrieur aux dpenses relles. La solde de la garnisonpropre-
ment dite, compris le traitement du gouverneur (i5o 000 mrs) et
celui du veedor (6000o mrs), absorbait 1998750 maravdis et
1 800 fangues de bl
3
. Avec le restant, soit 801 25o maravdis et
200 fangues de bl, le Duc devait entretenir 8 atajadores ginetes
(claireurs cheval), 12 hombres del campo avec leur adalid, 12
escueleros de puerta, unalcaide de puerta, 25 marins, des patrons
de brigntins, unveedor-contador (diffrent du veedor du Roi),
un notaire, des juges et des alguazils, un vicaire, un cur
4
, un
1. Le texte de cet asiento, conserv dans Charles-Quint, [i3 avril] 1545. Legajo 471
les archives du duc de Medina-Sidonia, a 3. V. infra, Doe. XVI, pp. 86-87, note
t publi dans Coleccin de Documentos sur les obligations du duc de Medina-Sido-
ineditos, t. XXXVI, pp. ^69-/^83. nia, i538.
2. Mmoire de Hernando de Bustillo 4- Bien que le duc de Medina-Sidonia
INTRODUCTION XIII
clerc et un sacristain, unchirurgien-mdecin, un barbier, unapo-
thicaire et un infirmier. En ajoutant ces charges les frais de
transport, les assurances, les achats de munitions, l'entretien du
culte de l'hpital et des magasins, onarrivait une dpense totale
de 1270000 maravdis pour ces frais accessoires. Un mmoire
tabli par le Duc en 1549 faisait ressortir que, pour la garde de
Melilla, il tait oblig de prlever sur ses revenus personnels une
somme de 70 000 maravdis *.
En i552, on s'effora de remdier cette situation par un troi-
sime asiento pass avec le duc de Medina-Sidonia
2
. La nouvelle
conventionfixa l'effectif de la garnison de Melilla 190 fantassins,
[\0 cavaliers
3
et T 2 marins '" ; les emplois spciaux tels que ceux d'ataja-
dores, d'escuderos de puerta, etc., furent supprims ; ondcida que
les soldats y seraient affects tour de rle
3
. Quant la solde, elle
fut sensiblement releve
6
; sous le rgime du prcdent asiento,
elle tait paye soit ennature sur place, soit enargent SanLucar
ou Sville
7
: ii fut convenu qu'elle serait dsormais paye en
argent Melilla mme
8
. Ce nouvel asiento ne fut envoy Melilla
qu'au bout de deux ans ; le lieutenant de veedor Bartolom Dora-
dor le fit publier le 28 fvrier i55/[
9
.
Le duc de Medina-Sidonia, qui tait dj g lors de la signa-
ture de cette convention, se dchargea, ds la finde l'anne i554,
de toutes les affaires de Melilla sur sonfils, le comte de Niebla
10
. On
nomme un cura aprs le vicario (y del 4. Mmoire d'Alonso de Gurrea au Con-
vicario y cura y clrigo y sacristn), il n'y seil de la Guerre, i4 mars i555. Legajo
eut jamais, l'poque primitive, de cur 48o.
Mejilla; le desservant portait le titre de 5. Lettre de Francisco de Medina au
vicario . secrtaire Francisco de Ledesma, 20 avril
1. Mmoire du duc de Medina-Sidonia i552. Legajo 4-77-
Charles-Quint, i54). Legajo 474- 6. V. ibidem.
2. ce El duque de Medina me escri- 7. Mmoire de Hernando de Bustillo,
bio que tenia hecho nuebo asiento conV
la
i54o. Legajo 468.
Alteza sobre la jente de guerra que a de 8. Lettre de B. Dorador la Princesse
aber enesta ciudad, que an de ser ciento y Regente, 25 juillet i555. Legajo 48o.
noventa soldados y quarenta de caballo . g, Lettre de B. Dorador Don Philippe,
Lettre de Francisco de Medina Don Phi- sans date, mais do mars i554- Legajo 478.
lippe, il\ fvrier i552. Legajo 477- Cf. 10. Don Juan Claros de Guzman, g
e
infra, Doc. GGXXXV, p. 636, lettre de B. comte de Niebla. Il avait pous Doa
Dorador du il\ fvrier i55a. Leonor de Zuiga y Sotomayor. HARO,
3. V. note prcdente. . Nobiliario, t. I, p. 62.
XIV INTRODUCTION
voit, partir de cette poque, celui-ci s'occuper de l'approvision-
nement de la ville, tandis que la Comtesse se charge bnvolement
de l'glise et de l'hpital
1
. Malheureusement, le comte de Niebla
mourut prmaturment au commencement de i556, ne laissant
qu'unfils alors enbas ge
2
. Accabl par ce malheur, le vieux Duc
rsolut de renoncer la lieutenance de Melilla. Le gouverneur
Alonso de Gurrea fait allusionau motif de cette dtermination, dans
une lettre qu'il adresse la princesse rgente d'Espagne : V
ra
Alteza me escribe que el duque de Medina Cidonia ha hecho dexa-
cion desta plaa, ahunque V'
a
Alteza no Io ha consentido hasta
que lo haga saber a Su M a g'
1
; no me marabillo, segn los grandes
trabajos que Dios le ha dado con la muerte de su hijo el
Conde
3
.
Le duc de Medina-Sidonia fit renonciation solennelle de Melilla
la Couronne, le 7 juin i556\ Le gouverneur en exercice,
D. Alonso de Gurrea, fut maintenu dans ses fonctions avec le titre
'alcaide y capitn general". Au dbut du nouveau rgime, oncon-
tinua l'application de l'asiento de i552, tant pour l'effectif de la
garnisonque pour la solde
6
.
Dans tous les temps et chez toutes les nations, la hirarchie
entre les pouvoirs est difficile maintenir dans les dpendances
lointaines de la mtropole, et les conflits d'attribution y trouvent
1. Lettre do R. Dorador la Princesse en lui enlevant sonfils le Comte . Lettre
Rgente, 3 janvier 1555. Legajo 4-79 d'Alonso deGurreala Princesse Rgente,
2. Le comte de Niebla mourut en jan- i5 avril i556. Legajo 48a.
vier 1556, l'go de 37 ans. Sa mre ne t\. MORALFS, Datos para la historia-de
lui survcut que peu de jours. Le duc de Melilla, p. 24-
Medina-Sidonia lui-mme, malade, ne 5. Lettre d'Alonso de Gurrea la Prin-
quitta plus le lit jusqu' sa mort. PEDRO cesse Rgente, 6 aot i556. Legajo 182.
DE MEDINA, Crnica de los muy excelentes Alonso de Gurrea prta hommage, le 16
seores duques de Medina Sidonia, publi aot 1556, entre les mains d veedor Hor-
dans Coleccin de Documentos inditos, t. nando doBustillo. V. la lettre d'Alonso de
XXXIX, pp. 365-367- Gurrea la Princesse Regente, 20 aot
3. V
re
Altesse m'crit que le duc do 1556, et celle de Hernando do Buslillo
Medina Sidonia a fait renonciationde cette Charles-Quint, aot 1556, mme legajo.
place, mais que V
re
Altesse n'y a pas con- 6. V. la correspondance d'Alonso de
senti, jusqu' ce qu'elle l'ait fait savoir Gurrea et de Hernando de Bustillo avec
Sa M
t
; cela ne me surprend pas, vu les la Cour pour les annes 1556-1558. Legajos
grandes preuves que Dieu lui a donnes, 481, 483 et 484-
INTRODUCTION XV
leur terre d'lection. La frontera de Melilla ne ft pas exception
cette loi. Les asientos de 1527 et de i55a, en dterminant sur le
pied d'une indpendance rciproque les attributions des deux plus
hauts fonctionnaires de la frontera, le gouverneur et le veedor,
aboutirent crer le dualisme le plus discordant.
Le gouverneur tait nomm par le duc de Medina-Sidonia. Il
avait un pouvoir trs tendu, et un proverbe disait : rey en
Castilla o alcaide en Berbera
1
. Bien que la justice fut assure
par unalcalde, ce dernier n'tait enralit que l'assesseur du gou-
verneur. Les soldats se livraient aux pires dsordres, sans tre
poursuivis, et l'alcalde reconnaissait publiquement l'inanit de
sa fonction judiciaire. Pourquoi voulez-vous, disait-il, qu'il y
ait une justice Melilla ? Il vaut mieux pour les soldats qu'il n'y en
ait pas
2
.
La nomination du veedor appartenait la Couronne. Ce fonc-
tionnaire avait des attributions multiples, dont le dtail nous est
donn, d'aprs 1'asiento de 1002, parle veedor Hernando de Bustillo
3
lui-mme. On relve parmi les obligations de sa charge les
suivantes :
Contrler l'effectif des hommes de la garnison; fixer le prix
des denres qui taient fournies aux hommes en -compte sur leur
solde; tenir compte et raison du droit de quint, c'est--dire de la
cinquime partie du butin fait sur les Maures, qui revenait la
Couronne
4
.
Le veedor, comme on le voit, ne pouvait exercer sa charge qu'en
contrlant le gouverneur, d'o entre ces deux fonctionnaires une
Hostilit sourde. El odio que tienen a los veedores los generales
es nntiguo , crivait Hernando de Bustillo Ledesma, le 10 mai
i. MORAI.! s, op. cil,. , p. 68. veedor, V. infra, p. 60/4 et note 2. Lors du
i. V. infra. Doc. GLXX,p. /jg5, lettre retour do Melilla la Couronne, il reut
de Miguel de Peroa, 28 septembre i55o. l'ordre de rejoindre son poste, et y arriva
.'). Onpersonnage avait rsid Melilla, le 12 aot i556. V. sa lettre de [fin aot]
en qualit de veedor, do 15a5 1532, i556. Legajo 4. 82. Gela explique qu'il peut
comme il le dit lui-mme (V. supra, p, ix, donner des renseignements sur une priode
note a). Il rentra ensuite on Espagne, o de trente annes.
il demeura, sauf de courts sjours Mella, l\. Lettre de Hernando de Bustillo
se faisant reprsenter par un teniente de Ledesma, 10 mai 1558. Legajo 4&4-
XVI INTRODUCTION
1558
1
. Ce qui achevait d'exasprer le gouverneur, c'est que le
veedor correspondait directement avec la Cour, sans passer par son
intermdiaire
2
.
La comptabilit tait, comme bien on pense, la source des con-
flits les plus irritants, car le veedor ne manquait pas une occasion
de rduire les mmoires de dpenses prsents par le gouverneur
3
.
S'agissait-il de l'attribution du quint, le veedor le rclamait pour
la Couronne, tandis que le gouverneur prtendait qu'il devait reve-
nir au duc de Medina-Sidonia, dont il tait le reprsentant
4
. Quand
Melilla eut fait retour la Couronne, le Roi fit abandon du droit
de quint au gouverneur Alonso de Gurrea".
Le veedor protestait, nonsans raison, contre le fait que l'adminis-
tration de la justice se trouvait pratiquement entre les mains du
gouverneur; aussi rclamait-il l'envoi d'unjuge Melilla. 11 y a
trente ans, crivait Hernando de Bustillo, que j' ai demand au Duc
que les gouverneurs ne soient pas chargs de rendre la justice. Le
Duc a bienenvoy deux fois unjuge inspecteur (juez de residencia)
6
,
mais, comme onsavait que, celui-ci une fois parti, la justice devait
revenir au gouverneur, personne n'osait se plaindre
7
. Dans une
lettre adresse Ledesma, Hernando de Bustillo revenait sur les
inconvnients qui rsultaient de cette concentration dans la mme
maindu pouvoir excutif et du pouvoir judiciaire. L'administra-
tion de la justice ne devrait pas tre confie aux gouverneurs
gnraux de Barbarie, et ceux-ci ne devraient pas avoir plus de
1. Legajo 484- faisait rendre un magistrat de sa gestion.
2. Lettre de Hernando de Bustillo au Le jaez de residencia tait un juge envoy
secrtaire Francisco de Ledesma, 13 juillet en mission temporaire pour recevoir ce
1557. Legajo 483. compte (tomar residencia) du juge ordi-
3. V. infra, pp. 347, ^7^
e
* 619 et naire.
note 1. 7. Treynta aos a que a procurado
4. V- infra, pp. 481-482. Cf. Memorial con el Duque que los capitanes y alcaydes
de las cavalgadas que se hizieronenMelilla que an sido aqui no tuviesen cargo de la
desde primero de Marzo del afio cinquenta justicia; y representndole lo que impor-
y seis, y de lo que cupo delias al quinto, tava, embio dos vezes juez de residencia,
par le veedor Hernando de Bustillo, 1556. mas, como la gente entendan que avian
Legajo 481. de bolver a tener la justicia los capitanes
5. Lettre d'Alonso de Gurrea, i3 juin y alcaydes, no osavanpedir los agravios.
1557. Legajo 483. Mmoire de Hernando de Bustillo, i556,
6. Onappelait residencia le compte qu'on Legajo 481.
INTRODUCTION XVII
pouvoir dans les fronteras que les corregidora dans leurs circon-
scriptions. )) H ajoute que les gouverneurs ne devraient pas rester
enfonctions plus de trois ans
1
.
Dans une situation aussi tendue, tout tait prtexte conflit.
Les veedors ne prtendaient-ils pas devoir assister aux entretiens du
o-ouverneur avec les Maures, et spcialement avec les espions
2
?
Alonso de Gurrea regardait cette prsence du veedor comme atten-
tatoire sa dignit ; il ne pouvait admettre qu'on se dfit de lui,
tant un gentilhomme incapable d'une bassesse pour toutes les
richesses du monde
3
. D'ailleurs, cette prtention des veedors
n'tait pas pour l'tonner, car ce sont des gens ambitieux voulant
tout commander. Melilla, d'aprs lui, avait failli se perdre parle
dualisme du commandement\
Nous avons vu plus haut quels taient l'effectif et la com-
position rglementaires de la garnison de Melilla, tels qu'ils
avaient t fixs successivement par les divers asientos. Pour la
priode qui nous occupe, on peut dire que l'effectif rel fut en
moyenne de 3oo fantassins et de 3o cavaliers. Cet effectif fut
exceptionnellement port 418 fantassins et l\o cavaliers, au mo-
ment de la prise de Fez par le G h ri f \ Nous connaissons par les
alardes (revues d'effectif) la composition de la garnison diverse?
poques. L'alarde du 3 septembre i556
6
est particulirement int
ressant, parce qu'il fait connatre, enmme temps que l'effectif des
1. La justicia nunca deve estar enlos plaa en algunos casos, lo qual se ha de
generales de Berbera, ni ellos enlas fron- remitir todo a mi, como a hombre a quien
toras mas que los corregidores ensus corre- V. A. tiene confiada esta plaa, y que soy
gimientos, y que si a ellas los embiare Su caballero y que no har bileza por todos
Alteza, se les diga: tres aos aveys destar los haberes del mundo. Lettre d'Alonso
alli. Lettre de Hernando de Bustillo de Gurrea l a Princesse Regente, i3 juin
Ledesma, 10 mai i558. Legngo 484. ibb
r
]. Legajo 483.
2. V. Mmoire de Hernando de Bustillo t\. V. ibidem.
Gharlcs-Quint, i556. Legajo . 81. Lettre 5. Revue (alarde) du 5 mai i5/ig, par
de Bustillo Ledesma, i3 juillet 157. Bartolom Dorador, teniente de veedor.
Legajo 483. Legajo 4l4-
3. Quanto alo que V
ra
Alteza me escrive 6. Relacin del a gente que resuJe al
de que el behedor se halle presente quando presente en esta ciudad de Melilla, par
biniere alguna espia, no conbiene al servi- Alonso de Gurrea, 3 septembre 1556.
cio de V
ra
Alteza ni a la conserbaciondesta Legajo 4&
1
-
DE CASTRIES. X. b
XVIII INTRODUCTION
gens de guerre, le chiffre et la compositionde la population civile.
On entrouvera ci-dessous le dtail :
Report. . . t\ok
Capitaine i Oficiales du Roi 3
Caporaux i5 Terrassiers (azadoneros). . . 3o
Arbaltriers et piquiers.. . . 167 Carriers 7
Arquebusiers i63 Clercs 2
Cavaliers 25 Sacristain 1
Artilleurs 9 Femmes 70
Marins 18 Enfants 100
Oficiales de la frontera. . . . 6 Esclaves des deux sexes.. . . 28
A reporter. . . 4o4 TOTAL. . . 6/|5
Le recrutement des cavaliers tait particulirement difficile, car
ils devaient se monter leurs frais. Alonso de Gurrea dclarait qu'il
tait impossible de trouver uncavalier qui consentt acheter un
cheval pour servir Melilla et qu'il tait ncessaire d'en faire
l'avance
1
. C'est ainsi qu'avait procd le duc de Medina-Sidonia ;
il fournissait une monture au cavalier, et celui-ci enremboursait le
prix par des retenues sur sa solde
2
.
C'tait parmi les cavaliers qu'on prenait les atajadores ou clai-
reurs cheval
3
; ils ne poussaient pas leurs reconnaissances plus
de trois quarts de lieue de la ville, et la zone de leur exploration
avait t dlimite par des tas de pierre (majanos) levs de loinen
loindans la campagne
4
.
Les quelques artilleurs de la place avaient servir i pasamuros,
1 quarto can pedrero de metal, i quarto can de hierro, i
autre pice de fer, 3 demi-coulevrines, dont une desbocada, i sa-
cres et i fauconneau
0
. Une grande partie de ces pices tait en
mauvais tat, et l'agent de la comtesse de Niebla recommandait
expressment Alonso de Gurrea de ne pas les faire tirer, le
1. Lettre d'Alonso de Gurrea la prin- I 55T. Cf. Mmoire de Hernando de Bus-
cesse rgente Jeanne de Portugal, 3i d- tillo Charles-Quint, I
er
septembre i556.
combre i556. Legajo 481. Legajo 481.
2. Mmoire du veedor Hernando de t\. Relacin del sitio y comarca questa
Bastillo Charles-Quint, I
er
septembre al rrededor de Melilla, 15/+9- Legajo 4?4-
1550. Legajo 481- 5. Lettre-mmoire de Miguel de Perea
3. V. infra, Doc. GLXXXV, p 5a6, Maximilien et Marie, 21 mars i54c).
Etat de la garnison de Melilla, 8 janvier Legajo 4?4-
INTRODUCTION XIX
prvenant que, si une pice clatait, il devrait la remplacer ses
Irais
1
.
La solde, au mcontentement gnral, tait paye nonenargent,
mais ennature. (( Le Duc, crivait le veedor, envoie des denres
des prix modrs et infrieurs ceux du commerce ; l'homme prend
ce qu'il veut envivres ou envtements ; la dpense est porte son
compte
2
. )) Ce crdit fait aux soldats leur permettait de trafiquer
des fournitures dont ils obtenaient livraison, ce qui les entranait
des dpenses abusives : ils payaient une poule d'une valeur de
cinq raux avec douze ou quinze raux de marchandises, qui leur
taient retenus sur leur solde
3
. Les hommes, crit Dorador,
vendent leurs vivres pour la moiti de leur valeur'
1
. Avec ce
systme d'avances, il arrivait qu'au bout de quelques annes de
services, le soldat se trouvait endett, et l'on vitait de congdier
ceux qui avaient fait leur temps, afin que le duc de Medina-Sido-
nia ne perdit pas l'argent qu'il leur avait prt
5
. Le document le
plus suggestif sur ce sujet est une ptition des gens de guerre de
Melilla, date de 15/jp, : Nous nous endettons, chaque anne,
crivent-ils, de plus de la moiti de ce que nous gagnons, et il n'est
pas un de nous qui ne doive au Duc unan et plus de solde ; cela
provient de ce qu'il y a vingt-six ans que la solde n'a t paye en
argent dans cette ville
6
.
Ona vu que, pour faire cesser ces abus, l'asiento de i552 avait
spcifi que la solde serait dornavant paye sur place
7
, mais le
comte de Niebla ne voulut pas courir le risque d'un envoi de fonds
1. Lettre d'Alonso de Gurrea la prin- poco y, de cabsa de no se lo pagar, lo ven-
cesse rgente Jeanne de Portugal, 3i d- den enmenos de la meatad de lo que es.
cembre 1556. Legajo 48i- Lettre de Bartolom Dorador Maxi-
2. Llevase bastimientos en precios milienet Marie d'Autriche, 15 septembre
moderados por el Duque, y mas barato i54Q Legajo 4T4-
que ningnmercader podria dallos; toman 5. Lettre de Miguel de Perea Maximi-
dollos los soldados lo que quieren para su lienet Marie, 2/1 mai i55o. Legajo 4?S.
mantenimiento y vestir, y cargase a sus 6. ce Enfyndel ao nos aliamos conmas
quenlas. Mmoire de Hernando de Bus- de la meytad de lo que ganamos de deuda,
tillo Charles-Quint, i54o. Legajo 468. que no ay ninguno que no deba al Duque
3. Mmoire de Bustillo Charles-Quint, unao y mas de deuda ; y esto causa lo que
i5 juin 1545. Legajo 47 ha beynte e seys aos que no bino paga a
4- V
ra
Real Alteza mande quel sueldo esta cibdad . Legajo 4?'4-
que ganan se les pague aqui, porque es 7. V. supra, p. xm et note 8.
XX INTRODUCTION
Melilla, et la seule amliorationobtenue fut que le payement de
la solde eut lieu Malaga
1
au lieu de SanLucar ou de Sville.
Cette situationne prit finqu'aprs le retour de Melilla la Cou-
ronne. En1558, il fut dcid qu'il ne serait plus fait aux hommes
d'avances en nature et que ceux qui leur vendraient crdit ne
seraient rgls qu'aprs le paiement de la solde '.
Chaque homme touchait, le premier du mois, dix celemines de
bl
3
, reprsentant une rationjournalire d'environ i
litre
6o. Pour
transformer ce bl enpain, unquart de la troupe faisait le mtier
de meunier, unautre quart, celui de boulanger
4
. Comme, d'autre
part, les autorits civiles, les grads militaires et mme les cavaliers
de service ne pouvaient faire eux-mmes leur pain, onleur don-
nait chacunpour cet usage unsoldat qu'ondispensait de faction".
C'est vainement que les gouverneurs et les veedors avaient de-
mand au Duc de fournir les rations enfarine
6
.
Le manque de bois pour la cuissondu painet des aliments venait
encore compliquer la situation ; il fallait le chercher au loin, et
c'tait presque une opration militaire ; en cas d'alerte, les cava-
liers ramenaient encroupe la corve
7
.
Les conditions prcaires de l'existence Melilla avaient leur
rpercussionsur le moral de la troupe : les soldats dsertaient
8
,
d'autres se livraient au jeu et la dbauche
9
.
Pour assurer les communications de Melilla avec Malaga, le duc
1. Lettre de Bartolom Dorador la 6. V. entre autres le mmoire de Her-
princesse rgente Jeanne de Portugal, 25 nando de Bustillo Charles-Quint du [i3
juillet i555. Legajo 48o. avril 1545]. Legajo iji.
2. Lettre du veedor Hernando de Bus- 7. Lettre de Francisco de Medina Don
tillo la Princesse Rgente, 19 fvrier Philippe, 27 janvier i552. Legajo 4-77-
1558. Legajo 484- Lettre de B. Dorador au mme, 2 janvier
3. V. infra, Doc. XVII, p. 86, Note sur 1553. Legajo 478. Lettre d'Alonso de Gur-
les obligations du duc de Medina-Sidonia rea la Princesse Rgente, 01 dcembre
Melilla, i538. Cf. Mmoire de Hernando i556. Legajo 481.
de Bustillo Charles-Quint, i3 avril 1545. 8. V. infra, Doc. CCI, p. 565, lettre de
Legajo 471- Verdugo et Caalla Marie d'Autriche, i5
4. Lettre de Miguel de Perea Maxi- mars 1551. Cf. lettre de B. Dorador Maxi-
milienet Marie d'Autriche, 12 avril i5^9. milien et Marie, i5 septembre i54g
Legajo 474- (Legajo 474)> etc., etc.
5. Lettre de Miguel de Perea Maxi- 9. V. infra, Doc. CXII, p. 346, lettre
milien et Marie d'Autriche, 2 septembre de Miguel de Perea Maximilien et
1549- Legajo 474- Marie, 2 septembre i54g.
INTRODUCTION XXI
de Medina-Sidonia entretenait un brigantin et quelques hommes
d'quipage
1
. Lors du retour de la frontera la Couronne, il fut
dcid que le gouverneur et le veedor disposeraient chacun d'un
brigantin
2
et que le nombre des marins serait port 18
3
. A leur
tte, se trouvait comme arrez matre Francisco, grec ou albanais,
aussi apprci pour ses connaissances nautiques que pour sonhabi-
let comme charpentier-calfat
4
.
Unsecond lment de la popula Lionde Melilla tait constitu par
les ouvriers employs aux travaux de la dfense, travaux pour les-
quels la main-d'uvre militaire tait insuffisante. On avait beau
promettre aux soldats des supplments de solde ; ils prfraient
mourir de faim que de travailler. Aussi Miguel de Perea rclamait-
il l'envoi de terrassiers
5
. Le recensement du 3 septembre 1556
mentionne la prsence Melilla de sept carriers (canteros) et de
trente terrassiers (azadoneros)
6
. Ces ouvriers n'taient pas, d'ail-
leurs, plus exactement pays que les soldats. II y a deux mois
qu'on n'a pas donn un maravdis aux ouvriers, crit Miguel de
Perea, et c'est pourquoi il y ena beaucoup qui abandonnent le tra-
vail
7
. Pour eux, comme pour la troupe, onpratiquait le fcheux
systme des avances ennature. Hernando de Bustillo demande la
Princesse Rgente d'interdire cet abus : II convient au service de
V
re
Altesse qu'elle m'ordonne de ne pas accepter que l'on paye les
travailleurs autrement qu'avec l'argent qui est vers pour eux par
1. Par l'asiento de 1627, le duc de du 3 septembre 1556 (V. supra, p. xvni).
Medina-Sidonia tait oblig, d'une manire 4- Mmoire de Hernando de Bustillo
gnrale, de fournir des navires et des Charles-Quint, I
er
septembre 1556. Legajo
fustes, avec l'quipage ncessaire (V. infra, 48i- Lettre d'Alonso de Gurrea la prin-
Doc. XVII, p. 87, note sur les obligations cesse rgente Jeanne de Portugal, 18 fvrier
du duc de Medina-Sidonia, 1538). Il se i558. Legajo 484-
bornait entretenir un brigantin, qui fut 5. Lettres de Miguel de Perea Maxi-
captur parles Mauresle 2 septembre T5^9 milien et Marie des i3 juillet et 2 sep-
(V. infra, pp. 3^9 et 353). Melilla se trou- tembre 1/4Q. Legajo 4T4-
va alors sans moyen de communiquer avec 6. V. supra, p. xvni.
l'Espagne (p. 36o). 7. Se pasan los dos meses que no se
2. Lettre du veedor Hernando de Bus- da un mar vedi a la gente ; y a esta causa
tillo la Princesse Regente, 24 fvrier travaja muy poca gente. Lettre de Miguel
i55g. Legajo 485. de Perea Marie d'Autriche, 8 janvier
3. C'est le chiffre de l'alarde ou revue 1551. Legajo 476-
b.
XXII IISTHQDtJeTION
le trsor de V
re
Altesse. Je pourrai alors empcher les malversations
par lesquelles on ruine les ouvriers... et obliger ceux-ci faire
attention leurs dpenses
1
.
De ce qui prcde, on peut infrer que le service hospitalier
tait des plus primitifs dans la frontera. Le duc de Medina-Sidonia
avait bien fait construire un hpital, la Duchesse avait donn
quelques lits, la Cour payait 5 4oo maravdis pour uninfirmier et
une infirmire. Mais rienn'tait prvu pour la nourriture des ma-
lades, pour les remdes, etc. Seuls, les cofrades, soldats faisant par-
rie d'une confrrie de secours mutuels, taient tant bien que mal
pourvus du ncessaire ; ils versaient, chaque anne, un real de
cotisationpour s'assurer des soins, encas de maladie
2
.
Le veedor ne manquait pas d'attribuer cette situation la mau-
vaise administrationdu gouverneur : Si l'hpital de cette ville est
mal pourvu, c'est que le gouverneur y prtend tre le matre, bien
que le Duc lui ait mand que cela ne devait pas tre et que l'hpi-
tal devait tre gr par sonveedor
3
. ))
Unrapport de Hernando de Bustillo, dat de 1556, donne sur
le fonctionnement de cet hpital des dtails suggestifs, a Votre
Majest m'a demand de lui adresser un rapport particulier sur les
ressources de cet hpital et sur les soins que les malades peuvent y
trouver. Endehors du logement de l'infirmire, la maison contient
deux pices, une pour huit lits et une autre pour deux. Il est pos-
sible de l'agrandir, enfaisant d'autres salles de dix douze lits et une
chapelle que Votre Majest ordonnera sans doute de construire pour
remplacer celle qui a t dmolie Les malades entrant l'hpi-
tal n'ont pas autre chose que le logement et le lit. Ce que les sol-
i. Digo que conviene a su servicio 2. Lettre do Miguel de Perea Maxi-
que tambin se me mande que no consienta milienet Marie d'Autriche, 12 avril 1549-
que se de por paga a los travajadores sino Legajo 4-j4-
lo que recibierende hazienda de V
ra
Alteza, 3. Otrosi, el espital desta cibdad esta
porque conesto podre yo desviar las pasa- mal provcydo, porquel Capitn pretende
quentas con que se destruyen los travaja- ser patron del, aunquel Duque le ha en-
dores y que se harn atentados en su biado a mandar que no lo sea, sino que se
gasto. Lettre de Hernando de Bustillo provea por su veedor. Lettre de B. Do-
la Princesse Regente, 24 fvrier i55g. rador Maximilen et Marie, i5 septem-
Legajo 4. 85. bre i54g. Legajo 4?4-
IN T R O DU C T IO N XXI I I
dats peuvent runir entre eux de cotisations est si peu de chose que
cela ne suffit mme pas leur assurer une nourriture de rgime
pendant neuf jours. Et encore, pour ce rgime, il faudrait du sucre,
du raisin, des amandes, de la calabazate, etc., et ici il n'y a
rien. Pass les neuf jours, les malades se nourrissent sur leur
solde
1
. ))
Le (( spirituel n'tait pas enplus brillant tat dans la frontera
que le matriel. (( Melilla avait mauvaise rputation et le casuel y
tait maigre, tant parce que la population est trs pauvre que
parce qu'elle n'est pas trs dvote ; quand le soldat a pourvu avec
sa solde sa nourriture et son vtement, il a plus envie de
quter que de donner au Seigneur
2
. Pour ces raisons, il tait
trs difficile de trouver des clercs assurant le service religieux de la
frontera. La nominationdes desservants soulevait, d'ailleurs, une
de ces questions de hirarchie ecclsiastique sur lesquelles les digni-
taires de l'glise d'Espagne se montraient intransigeants. De quel
vch relevait Melilla? La question n'avait pas t rsolue. Le
comte de Niebla ayant envoy comme vicaire le licenci Melchior
de Sanabria, celui-ci s'tait vu refuser les saintes huiles par l'vque
de Malaga ; l'archevque de Sville ne s'tait pas montr plus accom-
modant. Hernando de Bustillo ajoutait : Votre Majest devrait
ordonner par une cdule l'vque de Malaga de donner l'huile et
le saint chrme ncessaires Melilla, quand on viendrait les lui
demander. S'il tait possible de crer un vch Melilla, Votre
i. Manda V
ra
Mag
1
que de particular
aviso de la provision que tiene este hospi-
tal y del recaudo que a y para los enfermos.
La casa tiene una piea para ocho camas, y
otra para la enfermera. Ay dispusicion en
el suelo de la casa para labrar otros aposen-
tos para otras diez o doze camas y para
hazer una iglesia, como se espera que V
ra
Mag
1
la mandara hazer a su tiempo, pues
se derribo la que aqu solia aver No
tienen los dolientes otro refrigerio quando
alli van, sino la posada y camas ; y lo que
se puede llegar de limosnas entre los solda-
dos es tan poco, que aun no basta para
darles dieta nueve dias. Y por la dieta no
ay de ocho meses ac acucar, ni pasas, ni
almendras, ni una tajada de calabaate, ni
otra cosa. Pasados los nueve dias, comen
los enfermos de sus sueldos. Mmoire de
Hernando de Bustillo, 1556. Legajo i8i.
2. Tanmala fama deve tener Melilla.
Asi porque la gente es muy pobre, como
porque no es muy devola. Mas ocasin
le queda para pedir que para dar por Dios.
Lettre do Hernando de Bustillo la Prin-
cesse Regente, 2/4 fvrier i55().
XXIV INTRODUCTION
Majest le ferait sans doute ; mais, comme elle n'a pas voulu le
faire pour les autres fronteras, elle ne voudra probablement pas le
faire pour celle-ci
1
.
La nominationdes clercs, sous le rgime des asientos, appartint
en l'ait au duc de Medina-Sidonia, qui la dlgua dans la suile
son fils, le comte de Niebla. Lorsque le Duc eut renonc ses
droits, cette nomination revint la Couronne. Un bref pontifical
de Grgoire XIII, endate du 5 fvrier 1576, fit cesser ce qu'il y avait
d'irrgulier dans cette situation, en rattachant l'vch de Malaga
les fronteras africaines
2
, l'exception d'Oran
3
.
Les divers asientos prvoyaient deux clercs pour desservir Melilla
qui, en i553, ne comptait pas moins de trois glises ou chapelles'
1
.
Les gouverneurs, dont l'autorit, comme on l'a vu, tait presque
souveraine, leur faisaient parfois la vie dure, s'ingrant dans leur
ministre. Unde ces clercs, Alonso de Alcaraz, prtre distingu, ayant
adress des rprimandes des hommes qui vivaient enconcubinage
depuis dix ou douze annes, se vit signifier par le lieutenant-gouver-
neur Juande Perea
b
l'ordre d'avoir quitter la ville. Le malheureux
clerc, aprs avoir vainement demand justice, s'adressa au veedor;
le gouverneur maintint son ordre et rpondit au veedor que le
1. Y sobre que aqu aya olio y chrisma, Essais sur l'Administration de la Castille au
V
ra
Mag*por su cdula deve mandar al XVI
e
sicle, p. i o; FEY, Histoire d'Oran,
obispo de Malaga que, quando gela pidie- p. 228.
ren para aqui, que la do. Si se ufriera 4- Les glises de SanMiguel et de Santa
dar titulo de obispo de Melilla, V
ra
Mag* Barbla (lettre de Francisco de Medina
le diera, mas, como noie a dado a las otras Don Philippe, 10 septembre 1553, legajo
fronteras, tampoco querr darle a esta. 4?$) et la chapelle de Santiago, que le ca-
Mmoire de Hernando de Bustillo Charles- pitaine Miguel de Perea avait voulu faire
Quint, I
er
septembre i556. Legajo 481 construire, l'anne mme de sa mort(i 55 x),
2. MORALES, op. cit. , p. 543. dans l'fiaisseur de la muraille d'un ravelin
3. Le cardinal Ximenez de Gisneros, (lettre d'Alonso de Melgar au secrtaire
archevque de Tolde, ayant conquis Oran Francisco de Ledesma, i5 juillet 1553,
enI5OQ avec une arme de 20000 hommes mmelegajo). Cf. MoRALis,op. cit. , p. 543.
leve ses frais, avait obtenu le gouver- 5. Pendant l'absence de Francisco de
nement ecclsiastique de cette ville, Medina, gouverneur en titre (i54o-i553),
dfaut du gouvernement civil, auquel il Juan de Perea exera plusieurs fois les
prtendait aussi, mais que Ferdinand le fonctions de lieutenant-gouverneur (teniente
Catholique ne voulut pas lui concder. La de alcaide e capitn), du i
e r
septembre
ville d'Oran demeura sous la juridiction i547 ^
av
ril 154g, du 2 septembre i54o,
immdiate de Tolde tant que dura la au i5 mai I 5 5 I , et d'octobre 1553 au i5
domination espagnole. GOUNON-LOUBENS, dcembre 1554- Legajos 472-478, passim.
INTRODUCTION XXV
clerc ne resterait pas Melilla et qu'il enpartirait, dt-il le traner
au caveon
1
. ))
Les torts n'taient pas toujours aussi nettement du ct du gou-
verneur : le recrutement de desservants pour Melilla tant trs dif-
ficile, comme on l'a fait observer, force tait d'accepter des sujets
douteux. Le clerc qu'ona chass d'ici, crit Hernando de Bustillo,
se prenait de vin, comme ils le font dans sonpays ; il tait, m'a-t-on
dit, de Flandres... J'ai fait observer au gouverneur qu'il aurait
bienpu le garder, enle rprimandant, jusqu' ce qu'il en vnt un
autre. Mais les mauvaises langues prtendent que c'est le desser-
vant qui l'a fait partir par cupidit, pour n'avoir pas partager avec
lui les messes et le reste du casuel
2
. La passion du vin n'tait
malheureusement pas la seule laquelle certains clercs se laissaient
aller. Dans une lettre adresse la Princesse Rgente par ce mme
Bustillo, il signale, comme un cas digne d'tre remarqu, que le
clerc qui est actuellement Melilla n'a pas de femme. Cependant
ajoute-t-il, il est homme et clbre la messe tous les jours, sans
s'tre confess depuis huit mois
3
.
Sous le gouvernement du duc de Medina-Sidonia, comme sous
l'autorit directe du Roi, la frontera de Melilla n'eut pas toujours
les deux clercs qui avaient t prvus dans les asientos. <x Nous
n'avons plus qu' un seul clerc depuis le mois d'aot, crit Bustillo,
et, s'il venait mourir, nous resterions alors comme les Berbres
de cette montagne
4
. Le premier des deux clercs portait le titre de
vicario
5
; la ncessit de lui donner unadjoint nous est indique
par Bustillo, et elle est bien caractristique des murs religieuses
1. Y el dixo que no abia de quedar, por noie dar una misa ni otra cosa. Lettre
sino que lo abia de ymbiar, arrastrando de du veedor Hernando de Bustillo la Prin-
los cabezones. Lettre de B. Dorador cesse Rgente, !\ fvrier 155g. Legajo 485.
Maximilienet Marie d'Autriche, 2 4 mai 3. Es hombre y celebra cada dia sin
i55o. Legajo ij5. confesarse ocho meses a. Ibidem.
2. El que echaronde aqui se tomava 4- Ibidem.
del bino, como los de su tierra, que me 5. C'tait aussi le titre que portait le des-
dixo que era de Flandes y dixe al servant de Bougie. Aprs la prise de cette
Capitnque bienpudiera ser reprehendido y ville par les Turcs en 1555, son ce vicario ,
corregido, entre tanto que venia otro ; mas, Alonso de Luque, fut envoy on la mme
como los hombres echanlas cosas comn- qualit Melilla, o il arriva le r6 fvrier
mente a la peor parte, dixeron, lo que yo i558. Lettre d'Alonso de Luque, 22 fvrier
no creo, que la codicia del vicario le echo i558. Legajo 4&4-
XXVI INTRODUCTION
de l'poque : le soldat tait quasiment oblig de se confesser, et
l'on ne voulait pas qu'il argut, pour se soustraire ce pieux
devoir, de ce qu'il tait mal avec le vicaire
1
.
Bienque la garnisony ft rduite, et que l'ony fit maigre chre,
la frontera de Melilla tait pour la couronne d'Espagne de plus
de dpense que de profit
2
. L'occupation de cette position, nous
le rappelons, avait t le rsultat d'une circonstance tout fait
fortuite: son abandon par ses habitants ; aucun avantage naturel
3
n'avait dtermin ce choix, car elle se prtait fort mal des des-
seins plus ambitieux.
On oppose parfois la situation des Portugais au Maroc celle
des Espagnols cette mme poque et dans le mme pays. Les
premiers tablissent leur hgmonie sur les tribus voisines de leurs
possessions ; ces tribus acquittent des redevances enargent ou en
nature ; elles fournissent des contingents arms leurs expditions.
Par contre, les Espagnols confins dans leur frontera de Melilla y
sont si troitement bloqus qu'il faut des prises d'armes de la gar-
nisonpour aller l'eau ou au bois . Cette diffrence de
situation s'explique autant par la configurationdes deux rgions du
Maroc, o chacune de ces nations avait tent d'tablir sa domina-
tion, que par la profonde dissemblance des populations habitant ces
contres.
La cte ocane, o se trouvaient les tablissements portugais, est,
la vrit, trs inhospitalire, mais l'arrire-pays est d'un accs
facile ; il tait habit au xvi
e
sicle par des populations que les cir-
constances avaient rendues vassales ou sujettes des dynasties de Fez
et de Merrakech, dpourvues, d'ailleurs, de tout loyalisme leur
endroit ; les opposer les unes aux autres, pratiquer ce qu'on a
1. <c Porque el soldado no tenga des- nando el Catholico, lib. III, cap. 16.
cargo de su culpa con dezir que no esta 3. Aujourd'hui, la situation a chang,
bien con el bicario. V. lettre de Her- le sous-sol de la rgion de Melilla s'tant
nando de Bustillo, 2\ fvrier i55g. Legajo rvl trs riche en minerais. L'exploita-
/j. 85. tion active des gisements de galne, de
2. A los principios pareci esta empre- calamine, d'hmatite a transform les con-
sa de Melilla de mucho mas gasto que pro- ditions conomiques de Melilla, dont le
vecho URITA, Historia deley Don Her- port a pris une grande importance.
INTRODUCTION XXVII
appel de nos jours la politique de tribus, tait pour les gouver-
neurs portugais une mthode tout indique. A l'encontre de
l'Atlantique, la Mditerrane ne vient pas briser sur la cte du
Maroc, mais une chane abrupte s'lve au long du rivage, barrant
les communications avec l'intrieur ; elle est habite par des tribus
cfui n'avaient jamais subi de dominationrelle et qui taient farou-
chement jalouses de leur indpendance. Il aurait fallu aux Rois
Catholiques des forces considrables et une lutte pied pied pour
vaincre la rsistance des montagnards rifains. D'ailleurs le Rif
dpendait du royaume de Fez ; il faisait donc partie de ce qu'on
appelait alors (( la conqute
1
du Portugal , et l'Espagne tait sans
droits pour tenter de s'y tablir. Quanta la ville de Melilla, situe
l'extrmit de la rgion, les Rois Catholiques avaient pu soutenir
qu'elle relevait du royaume de Tlemcen et qu'elle tait de ce fait
comprise dans la conqute de l'Espagne . Il avait fallu peser
Tordesillas sur les plnipotentiaires portugais pour la leur faire
accepter
2
cette prtention, mais elle ne donnait aux Rois Catholiques
aucun titre a oprer dans l'arrire-pays. Aussi bien, l'exprience
leur apprit vite qu'il y avait peu de profit retirer de l'occu-
pation de Melilla. Ils jugrent avec raison qu'llonen, Oran,
Alger, Bougie et Tunis taient des acquisitions d'un plus grand
intrt; ils ne tentrent aucun effort srieux pour agrandir leur
frontera du Rif. Nanmoins, par une singularit de la destine,
celle-ci est demeure l'Espagne, alors que furent perdus le
Pen d'Alger en 1629, Honen en i53/| , Bougie en i555,
Tunis en 167/1 et finalement Oranen1792.
Si la ville de Melilla ne fut pas abandonne, bien que le projet
enait t parfois envisag
3
, elle le doit sans doute sa proximit de
la cte d'Andalousie et l'avantage que retirait le Trsor espagnol
de la bulle de la Santa Cruzada
4
; la Papaut assimilait la prsence
Melilla d'une petite garnison luttant contre l'Infidle une vri-
1. V. supra, p. iv et notes 1 et 2. velablo tous les cinq ans, avait t, l'ori-
2. Y. ibidem et note 3. g"
le
accorde par les papes aux Rois
3. V. infra, Doc. GLXI, p. 46g, lettre Catholiques pour leur fournir les moyens
de Charles-Quint Maximilienet Marie de lutter contre les Maures. Enfait, aprs
d'Autriche, \l\ septembre i55o. la conqute du royaume de Grenade, cette
l\. La bulle de la Santa Crnzada, renou- bulle n'avait plus de raisond'tre. Mais la
XXVIII INTRODUCTlOX
table croisade. Quoi qu'il en soit de ces motifs, ils ne furent pas
assez puissants pour dterminer l'envoi dans cette frontera de
forces suffisantes et de ravitaillements rguliers ; les conditions de
la vie matrielle et la scurit furent toujours trs prcaires
Melilla, qui, bien loin de trouver des allis dans les tribus les plus
les plus rapproches, comme les Guelaa et les Kebdana, eut toujours
se dfendre contre leurs continuelles attaques.
Cependant les troubles qui marqurent la chute des Bni Ouat-
tas et l'avnement des Saadiens auraient pu fournir Charles-Quint et
Philippe II l'occasion d'intervenir au Maroc, politique dont ils
taient endroit d'attendre une extension territoriale. Mais de plus
vastes desseins hantaient leurs esprits depuis la dcouverte de l'Am-
rique. Oubliant le testament d'Isabelle la Catholique, qui leur prescri-
vait de faire de la conqute de l'Afrique et de la lutte contre l'Islam
leur constante proccupation, ils prfrrent porter leurs armes
dans les Indes Occidentales, o leur ambition et leur esprit de
proslytisme trouvaient une plus complte satisfaction. Sur toute
l'tendue dela cte rfame, l'Espagne devait se borner occuper
quelques lots rocheux et la ville de Melilla, presque spare elle-
mme du Maroc.
cour de Rome, vivement sollicite par les
Rois Catholiques, et prenant, d'autre part,
enconsidrationla guerre qu'ils soutenaient
on Afrique conlre les infidles, consentit
la renouveler. Cette bulle, qui confrait,
entre autres privilges, certaines dispenses
d'abstinence, tait devenue un vritable
impt rapportant au Trsor des sommes
considrables, car tout sujet du roi d'Espa-
gne, dans la pninsule comme dans les
colonies, tait oblig d'acheter la bulle de
la Croisade, alors mme qu'il ne faisait
pas usage des dispenses qu'elle confrait.
Cf. GOUNON-LOUBENS, pp. 3i2-3i3.
LETTRE DE LA VILLE DE GIBRALTAR
LETTRE DE LA VILLE DE GIBRALTAR
A LA VILLE DE SVILLE
Barberousse a quitt Alger avec plusieurs navires, vingt-six autres l'ont
rejoint et quelques-uns ont relch Ttouan. On rassemble dans
cette ville tout le bl du district, qui a eu, cette anne, la meilleure rcolte
du royaume de Fez, et l'on y fabrique beaucoup de biscuit. Ces
approvisionnements semblent destins Barberousse, car il y a disette
de bl Alger. En prvision d'une attaque prochaine de Gibraltar, le
Conseil de cette ville demande celui de Sville de lui envoyer au plus
tt un secours.
Gibraltar, 2 5 avril I 5 3 I .
Sur la couverture, alia manu: Gibraltar, 2 5 de Abril I53I
1
.
Adresse : A los muy illustres seores, los seores Justicia y
Regimiento de la cibdad de Sevilla.
-t r
Muy yllustres Seores,
Ya V. S. terna aviso como Barba Roxa traya fuera de Argel
cierto numero de galeras y fustas, y las que agora dems de
aquellas han salido
2
. Pero, porque esta cibdad esta en el camino
por donde algunas vezes pasanlos avisos, liazemos saber a V. S.
que tenemos por nueva cierta que han salido de Argel veynte et
seys fustas, syn las que andavan fuera; y destas o de otras son
i. Au-dessous de cette mention, se trouve ou maures avaient t signals vers le cap
un rsum de la lettre de la maindu cha- de Gata, et l'on avait appris que des fustes
noine Tomas Gonzalez, archiviste de Si- de Ttouan ou de Vlez se prparaient
mancas au xvin
e
sicle. - oprer sur les ctes d'Espagne. Archivo
a. A la finde i53o, des corsages turcs General de Simancas, Estado, leg /^i.
Dfi GASTRIES. X. i
2 2 5 AVRIL 1531
agora llegadas al rio de Tituan ciertas fustas de Turcos, y no
sabemos quantas, por quel puerto esta cerrado, que no viene de
alia nadie.
Y tanbien nos dizen que enTituan se llega todo el trigo que ay
ensu comarca ; y es donde ogao ay mas panque entodo el reyno
de Fez. Y juntamente con esto se sabe que hazenmucho viscocho.
De cuya platica venimos a sospechar que esta pantica es para
Barba Roxa, por que tiene necesidad de pan y la ay en aquella
comarca de Argel.
Y como esta cibdad ynporta tanto al servicio de Dios y de Su
Mag
d
, como V. S. sabe, y no esta tan bien proveyda como es
menester para su guarda y defensa, tenemos alguna sospecha de
necesidat, porque en muy pocos dias podra Barba Roxa llegar,
si quiere hazerlo a esta cibdad. A V. S. suplicamos nos haga mer-
ced como suele de favorescernos y enbiarnos alguna gente que
nos ayude a velar y guardar esta cibdad, hasta que Su Mag
d
provea
lo que fuere servida. Y la que al presente avernos menester es cient
escopeteros. Y, pues en esto concurre hazer servicio a Su Mag
d
y
a nosotros la merced que su grandeza y magnificiencia les obliga,
no tenemos mas que dezir, sino que la brevedad es muy necesaria.
Nuestro Seor las muy illustres personas de V. S. guarde y su
estado acresciente.
De Gibraltar, a xxv de Abril de IISDXXXI
0
aos.
Besamos las manos de Y. S.
Sign: El bachiller Alf. Figueredas. Francisco de
Pya. Andrs de Vyllavicello. Pedro de Mesa. Cristo val
Gordo. Francisco de Nortera.
Por mandado de los seores Justicia y Regimiento.
Sign: Alonso de Andujar, escrivano del Concejo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo
r
i(]\. Original.
i. Y. infra, p. l\, note 3.
LETTRE DE D. GABRIEL DE CRDOBA
II
LETTRE DE DON GABRIEL DE CRDOBA
A ISABELLE DE PORTUGAL
1
[k>n Gabriel de Crdoba, faisant voile vers le Ponant, a appris que plusieurs
navires turcs taient sortis de la rivire de Larache. // s'est port
leur rencontre, mais il les a trouvs chous ; il lui a t impossible de les
incendier, parce que les Maures de la cte taient en veil. De Larache,
il est all sur Ttouan, oii se trouvaient mouills d'autres corsaires, mais,
malgr tous ses efforts, il n'a pu les dcider sortir. II a ensuite
crois devant la cte du Rif jusqu' hauteur des les Zaffarines, o le
mauvais temps l'a retenu quatre jours, puis il est rentr Malaga.
// allait en repartir, quand il a t avis que les navires de Larache et
de Ttouan s'taient runis en vue d'une incursion sur Cadix ou le comt
d'Ayamonte. Comme les galres suffisent prsentement garder la
rgion du Levant, D. Gabriel de Crdoba croit devoir partir avec sa
flotte la poursuite de ces corsaires. // espre bon succs de son
entreprise.
Malaga, 12 aot [i53i
2
] .
Sur la couverture, alia manu: Malaga, 12 de Agosto.
Adresse : A la Sacra Cesrea Catlica Mag
1
de la Empeiatryz
nuestra seora.
Sacra Cesrea Catlica Mag
1
,
Yo sali de aqui el dia que a V
ra
Mag' escrevi y fui la buelta de
1. Isabelle de Portugal, femme de Char- V
ra
Mag
1
manda que diga de las fustas de
les-Quint, qui lui avait confi la rgence du Don Graviel, el sali de Malaga, como a V
ra
royaume d'Espagne. Mag
1
escrivieron, hazia el Estrecho. A diez
2. La date de l'anne a t restitue d'aprs y nueve de Jullio estuvo a Gibraltar, des-
le passage suivant d'une lettre de DonAlvaro pues supe que avia pasado a Gebta. No he
de Bazan l'Impratrice, date de Salo- sabido mas del. Archivo General de Siman-
brea, 29juillet 1531 : Quanto a lo que cas, Estado, leg 461,
A 12 AOUT l 5 3 l
poniente, por nueva que tuve de ciertos navios de Turcos que avian
salido del rio de Arnarache
1
, y dime toda la priesa que pude hasta
llegar a el, donde los halle varados. Y, por estar avisados los Moros
del lugar, no lo uvo de quemallos. De ay torne la huella de Tituan,
porque alli ay otros navios, y hize todas las diligencias
2
possibles
para que saliessen. Y, por estar tan descubierta nuestra armada,
por lo mucho que aqui me detuve entendiendo enello, no salieron,
como otras vezes lo solian hazer, viendo algn vergantin. De ay
fui corriendo a luengo de costa de Berbera, hasta las Aljafarinas,
donde estuve quatro dias sin poder hazer cosa, con muy rezio
tiempo ; ni crea Y
ra
Mag*que se podia hazer entoda esta costa de
poniente sin aventurarse mucha gente, por estar tan sobrei aviso
los Moros como estn. Yine enesta cibdad conaver andado por
alia unmes, que me falto el panque saque della ; y esto lo causo
aver tenido armados los navios tantos dias sinque se me tomasse
alarde. Yo los he provedo para poder servir a Y
ra
Mag
1
todo un
mes, y asi lo har todo lo dems que Y
ra
Mag' mandare.
Estando de camino para salir deste puerto, me vino una carta de
rebato enque me dizen que los navios del rio de Arnarache y los
de Tituanse anjuntado, y que quieren yr a hazer salto enCliz o
al condado de Ayamonte. Y a esta salida les a movido saber que
nosotros queramos yr la buelta de levante y que no aviamos de
tornar tanpresto. Y, pues las galeras vantanbien en orden que
bastana guardar lo que agora ay enlevante, pareci que devamos
yr conesta armada de V
ra
Mag
1
enseguimiento destos navios ; y asi
lo voy a poner por obra. Y, ya que por alguna causa no se puedan
aver conescusar que no salgan a hazer dao como suelenhazello,
pienso que hago mas servicio a V
ra
Mag
1
que poda hazer enotra
parte
3
.
1. Arnarache, Alarache, forme ordinaire raient de concert. Une lettre de Carthagne
de Larache dans les documents espagnols. du 27 mai I 5 3 I signale le passage de trente
2. C'est--dire qu'il a us de tous les fustes algriennes al rio de Tetua , et
stratagmes pour dcider les corsaires prvoit leur jonctionavec les fustes de Vlez
venir l'attaquer. et do Tlouan; le gouverneur de Majorque
3. Les ctes d'Espagne avaient beaucoup rapporte, le 8 octobre suivant, que Barbe-
souffrir des ravages des pirates barba- rousse a mouill plusieurs jours durant,
resques, aussi biende ceux d'Alger que de avec quatorze fustes et deux galres, dans
ceux des ports marocains, qui souvent op- le port de Cabrera {Simancas, Estado, leg
LETTRE DE D. GABRIEL DE CRDOBA O
Suposse como estos navios queran salir y esperavan a los de
Tituan por un Cristiano que se solto de quarenta que tomaron
antes que yo armasse. Y soltse este Cristiano oy a doze dias des-
pues que nosotros passamos por el lugar
1
, el qual llevo enmi com-
paa para que nos guie a las empostas que ellos suelen tomar
quando salen a hazer salto. Yo espero en Dios que en el viage
V
a
Mag*sera servida de una manera o de otra. En todo V
ra
Mag
-t
embie a mandar lo que mas sea su servicio, por que no se esceda
cosa.
EnMalaga, a xn de Agosto.
Vasallo que las reales manos de V
ra
Mag
4
besa,
Sign : Don Gravyel de Cordova.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U61. Original.
46i). La rivire de Ttouan (rio Martil) rations sur les ctes du royaume de Grenade
constituait un mouillage que les corsaires et de l'Andalousie.
d'Alger apprciaient tout particulirement i. La phrase est peu claire; il est logi-
ct qu'ils utilisaient, de connivence avec les que de penser que le lieu dont il est ques-
gens du pays, comme base pour leurs op- tionn'est autre que Larache.
NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
LES RELATIONS DU MARTYRE D'ANDR DE SPOLTE
NOTE BIBLIOGRAPHIQUE.
La relationdu martyre d'Andr de Spolte, crite enlatinpar le P. Antonio
de Olave, franciscainportugais du couvent de Setbal, et imprime Toulouse
en i532, aurait d, enconformit des rgles de notre publication% tre insre
sa date dans la Sous-srie Archives et Bibliothques de France; mais nous
ignorions alors l'existence de la plaquette o elle est dite avec une traduction
franaise contemporaine
2
et deux autres lettres difiantes. Toutefois cette rela-
tionne sera pas dplace dans la Sous-srie Archives et Bibliothques d'Espagne,
puisque la Ribliothque Colombine de Sville enpossde une autre traduction
franaise signale par M. JEAN BABELON dans sonprcieux ouvrage La Biblio-
thque Franaise de Fernand Colomb
s
, et qu'il en existe une traduction espa-
gnole, parue ds l'anne i543, Medina-del-Campo
4
. Aussi bienla Passion
d'Andr de Spolte a donn lieu, comme l'a remarqu M. PREZ PASTOR
3
,
plusieurs erreurs bibliographiques, et une difficult nouvelle est souleve
aujourd'hui par l'existence de la traduction suspecte conserve la Colombine,
publie sans nom de lieu ni d'diteur et sans date, avec des altrations confi-
nant des falsifications de texte. Avant d'aborder la question bibliographique,
il a paru utile d'exposer brivement l'vnement qui fait l'objet de cette relation
et les circonstances dans lesquelles elle a t compose.
Un religieux franciscain, venu Fez en I 5 3 I , autant pour exercer son
ministre auprs des captifs chrtiens que pour chercher une occasionde subir
le martyre, ainsi que l'avaient dj fait antrieurement d'autres disciples de
1. V. i
re
Srie, France, t. I, Avant- Colomb, fut la fois diplomate, naviga-
propos, p. vin. teur, mathmaticien et humaniste . Au
2. C'est cette traduction franaise de retour de ses navigations, il fit de nombreux
la Bibliothque Nationale de Paris que se voyages enEurope, au cours desquels il col-
rfre le P. MARCELLIJXO DA CIVEZZA dans lectionna des livres. Il lgua sa bibliothque,
sa Storia universelle dlie Missioni Francs- qui comptait sa mort 15370 volumes,
cane, Firenze, 189^. au chapitre de la cathdrale de Sville.
3. Paris, Champion, IO, I3, in-8, n 167. (t. V. infra, p. i4-
Fernand Colomb (i5 aot 1^88-12 5. PREZ PASTOR, La Imprenta en Medina
juillet i539), fils naturel de Christophe del Campo, Madrid, i8g5, in-8, pp. 2^-3i-
LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 7
saint Franois
l
, se mit rpandre publiquement la parole divine. Le roi de
Fez
2
et sonvizir Moulay Ibrahim
3
, ayant t informs de la conduite impru-
dente de l'ardent franciscain, le firent comparatre enleur prsence. Andr de
Spolte manifesta hautement sonintention de convertir les musulmans et,
s'exaltant de plus enplus, proposa, entmoignage de sa foi, d'entrer au
milieu d'unbcher ardent et d'ensortir sain et sauf. Cette propositionne
laissa pas que d'embarrasser le roi de Fez et Moulay Ibrahim. Outre qu' cette
poque, les captifs chrtiens jouissaient dans le royaume de Fez d'une tolrance
relative, unaccord pass avec le roi de Portugal Alphonse V et confirm par
JeanII stipulait qu'ils ne devaient tre l'objet d'aucunmauvais traitement. La
propositiondu P. Andr de Spolte ne fut donc pas accepte et onle ramena
au fondouk des Chrtiens.
Plusieurs jours aprs, sur l'ordre du Roi, qui cherchait, sans doute, en
gagnant du temps, calmer l'ardeur religieuse du Pre, onle conduisit dans
une synagogue du Mellah, pour que sonzle apostolique pt s'exercer sur les
rabbins et les Juifs, mais l'ardente parole du disciple de saint Franois ne
russit pas mouvoir la duret de leur cur. Alors, voyant que sa prdica-
tionauprs des Juifs tait sans rsultat
4
, le P. Andr de Spolte se dcida,
malgr la vive opposition de tous les captifs chrtiens, qui lui remontraient
la folie de l'entreprise, pntrer dans la ville de Fez et prcher publique-
ment la parole de Dieu. C'est pourquoi il se rendit auprs de Moulay Ibrahim
et lui demanda de faire dresser ungrand bcher au milieu duquel il se pro-
posait de pntrer tout nu. Le vizir ne voulut y consentir qu' la condition
suivante : les plus nobles d'entre les captifs chrtiens certifieraient par crit
que c'tait spontanment que le P. Andr s'exposait ce supplice. Pedro Arias
et Fernando de Menezes signrent l'attestation demande par le vizir pour sa
dcharge.
Mais Moulay Ibrahim, esprant toujours que le temps arriverait calmer
l'exaltation du Pre, remit trois jours la crmonie. Le dlai expir, Andr
de Spolte se rend sur le lieu du bcher, o Chrtiens et Maures taient venus
engrand nombre. Il adresse une dernire exhortation aux musulmans, les
adjurant de renoncer la loi du maudit Mahomet
5
pour viter les peines
de l'enfer. Furieux, les Maures se saisissent de sa personne ; le Pre Andr
dpouille ses vtements jusqu' la ceinture, pntre au milieu du bcher et, se
mettant genoux, rcite des prires. Enhte, les bourreaux s'apprtent
allumer le bois, mais par trois fois ils ne peuvent y parvenir. Alors onrpand
sur le bcher du soufre et tout unbaril de poudre qui s'enflamme violemment.
1. V. SS. HIST. MAROC, i
re
Srie, 3. Y. -infra, p. 17, note 4-
France, t. III, Introduction critique: Les 4- Nec ad aliquid bonum duritiam cor-
Ghrtiens au. Maroc, p. g3. dis eorum flectere potuisset. V. infra,
2. Ahmed el-Oaattassi. V. p. 162, PI. p. 19.
IV, Tableau gnalogique des princes de 5. Ille mledictus Mahometus. V.
la dynastie ouattasside, note g. infra, p. 20.
O NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Ds que la fume est dissipe, onaperoit au milieu des flammes le martyr sain
et sauf et le visage souriant. Les Chrtiens sont remplis d'une pieuse motion,
les Maures saisis de rage se jettent sur le religieux et le mettent mort.
Tel serait l'vnement, d'aprs la relationdu P. Antonio de Olave, que le
P. CASTELLANOS qualifie de sumamente rara
l
. Quelles sont l'origine et la
provenance de ce document et par quel enchanement de circonstances se
trouva-t-il imprim et publi Toulouse?
Unillustre Portugais, DonFernando de Menezes, fils du gouverneur de Tan-
ger, DonDuarte, se trouvant encaptivit Fez depuis le mois de fvrier
i53r, assista au martyre du P. Andr de Spolte, et, comme nous l'avons
dit, il fut undes deux signataires de l'attestation demande par le vizir Mou-
lay Ibrahim. Rempli d'une pieuse admirationpour le miracle dont il avait t
tmoin, il crivit une longue lettre
2
sonpre, lui faisant unrcit circonstanci
du martyre. DonDuarte crut devoir faire parvenir cette lettre la Cour,
sachant qu'elle intresserait le roi JeanIII, rput pour sa grande pit. Le Roi
s'empressa de la communiquer au suprieur des Franciscains de la maison
de Setbal, le P. Antonio de Olave. Comme, dans cette anne i532, le cha-
pitre gnral de l'ordre des Frres Mineurs devait se runir Toulouse, le jour
de la Pentecte, le Pre Antonio de Olave rdigea enlatin, d'aprs la lettre de
Fernando de Menezes, une relationdu martyre destine tre lue devant l'as-
semble des Rvrends Pres de l'Observance. Sa relationest date de Setbal,
10 avril i53a ; la fte de la Pentecte se clbrait cette anne-l le 19mai.
Unhonorable commerant de Toulouse, nomm Jean Barril, fit traduire en
franais les lettres difiantes dont onavait donn lecture au chapitre gnral
et dont le martyre du P. Andr de Spolte formait la pice principale
3
, puis il
fit imprimer ses frais une plaquette donnant les dites lettres enfranais et
dans leur texte latin. Voici, d'aprs l'exemplaire conserv la Bibliothque
Nationale, Paris (Rs. Inv. K. 679), la descriptionde cette plaquette qui, en
ralit, encontient trois ayant chacune untitre distinct, mais relies dans un
mme cartonnage.
1. FR. MANUEL P. CASTELLANOS, Ajaos- MACHADO, la lettre de D. Fernando de
tolado serfico en Marruecos, p. 210, note 1. Menezes commenait ainsi : La lhe tenho
2. Si l'on s'en rapporte BARBOSA escrita como a esta cidade era vindo hum
MACHADO, cette longue lettre, huma larga frade de la Observancia. Elle se termi-
carta , aurait t trouve enFrance dans nait par cette invocation: Prazaao Senhor
les papiers de Dom Antonio, prieur de Grato, Dos que lhe de o paraizo e a nos de a sua
et aurait t rapporte enPortugal par le fe ! Amen. Cf. Bibl. Lusil. , l'art. Fer-
docteur Christovo Soares de Abreu, qui nando de Menezes.
la communiqua au licenci Jorge Car- 3. C'est la runion de ces lettres de pro-
doso. Il est inutile de faire remarquer qu' venances et d'auteurs diffrents qui a caus
la date de l'arrive enFrance de D. Antonio, la mprise de plusieurs bibliographes, les
11 y avait dj prs de cinquante ans qu'avait empchant de discerner le vritable auteur
paru, enlatinet enfranais, la relationdu de la relationdu martyre d'Andr de Spolte.
P. Antonio de Olave. D'aprs BARBOSA V. infra, p. g, note 2.
LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLTE )
La premire plaquette, que nous appellerons plaquette A, a pour titre:
C Hystoire et lettres du glo-
rieux l bienheure frre Andr de Spolete de Vordre des fr-
res mineurs de la rgulire observance. Lequel a souffert
martyre en la cite de Fez en affricque. Lan M. D. XXXII et le
IX. de Janvier. Comme a envoy par exprs message le hault (l
tres puissant roy de Portugal (Z Algarbe | au chapitre general
des frres mineurs celebre en la illustre (t magnijicque cite
de Tholose en lan que dessus \ en la solennit de la penlhecoste.
C Est contenu aussi la teneur de aultres certaines lettres de
la miraculeuse conversion (? augmentation de lafoy catholicque
au pays de Huketan aultrement dict terre neufve ou bien
neufve Hespaigne.
C'est unpetit in-4 de six feuillets nonchiffrs, de 33 lignes, caractres
gothiques. Signatures : A, A
2
, A
3
, A
4
, B, B
2
. Initiale grave. Le titre est imprim
enrouge et ennoir. Il porte une figure sur bois reprsentant le martyre du fran-
ciscain, entour de trois bourreaux arms respectivement d'une massue, d'une
pierre et d'une lance. Dieu le Pre, portant le globe du monde et bnissant,
se voit dans l'angle suprieur gauche de la gravure. La figure est retire en
rouge pour les flammes du bcher et les rais partant du trne de Dieu. Un
phylactre sort de la bouche du martyr, portant ces mots : In manus tuas,
Domine, commendo spiritum meum.
A la suite de la version franaise du martyre d'Andr de Spolte publie ci-
aprs
J
, se trouvent, galement traduites enfranais, les deux lettres provenant du
Yucatnmentionnes au titre. La premire, du P. Martinde Valence
2
, gardien
des Frres Mineurs enNouvelle-Espagne (Mexique), est adresse au P. Mathias
Wensen, commissaire gnral sur tous les frres mineurs de les monts . Elle
est date de nostre couvent de Thalmanaco auprs de la grande cit messi-
kanan de la custoderie du sainct evangille. Le xn. jour de Juing de ceste
anne M. CCCCCXXXI . La seconde a t crite la mme date
3
par l'vqne
de emistitan
4
aux Rvrends Pres du chapitre gnral runi Toulouse
s
.
1. V. infra, pp. 22-28. 3. C'est par erreur que PREZ PASTOR,
2. JOHN RUSSELL BARTLETT (Bibliotheca citant cette lettre, crit: No tiene fe-
Americana. A Catalogue of books rela- cha. Le texte latin porte: sub eadem
thvj to North and South America in the library data .
of John Carter Brown of Providence. t\. Le texte latindit : episcopum illius
Providence, 1866) indique le P. Martinde civitatis magne que dicitur Timistitan
Valence comme l'auteur de la relationdu mexico inhuketan. Temistitantait le
martyre d'Andr de Spolte. La mme nom indigne de Mexico. Fr. Juan de
erreur est commise par H. HARRISSE dans Zumarraga enfut le premier vque.
sa Bibliotheca Americana vetustissima. Addi- 5. PREZ PASTOR, dans sa notice, inter-
tions, n g?. vertit l'ordre de ces deux lettres.
I O NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Cette premire plaquette (plaquette A) se termine par le quatrainsuivant :
4L Imprime fut cestuy petit propos
A la requeste du marchant Jehan Barril
Par celuy la qui ne quiert que repos
Au vin se preuve la bont du Barrit
Suit l'adresse :
C A Tholose Mil cinq cens xxxu.
La deuxime plaquette (plaquette B), relie dans le mme cartonnage que
la prcdente, est unpetit in-4 de dix feuillets nonchiffrs, de 34 lignes,
caractres gothiques. Signatures
1
: A
2
, A
3
, B, B
2
, B
3
, B
4
, C, G
2
. Initiale grave.
Le titre-planche est imprim ennoir seulement. Ony lit :
Lettres envoys au
chapitre general des frres Mineurs de la r-
gulire observance \ celebre en la trs illustre ( ma-
gnijicque cite de Tholose [ en la solennit de la
penlhecoste. Lan Mil. D. XXXU. Par magnijicque
homme sire Jehan de Bernai docteur es droietz
et conseiller de la Cesaree mageste | touchant les
affaires des Indes (Z parties orientalles.
<L Nouvellement translates de latin en francoys
au plus prez de la lettre que a este possible.
{ Joincte a icelles une salutaire exhortation a
tous bons (Z loyauxchrestiens utile(Zprofitable
2
.
Une gravure sur bois reprsente saint Franois recevant les stigmates de la
crucifixion aux mains et aux pieds, ainsi qu'au ct, stigmates qui lui viennent
d'un Christ encroix plac dans le ciel. La gravure est place dans unmdaillon
form d'une couronne d'pines avec quatre ttes d'anges aux coins. Toute la
page est entoure d'un encadrement form de frontons et de colonnes antiques.
La lettre de Jeande Bernai est date de Metine, le m. jour de Apvril
M. D. XXXII .
Cette deuxime plaquette a, comme la premire, t dite aux frais de Jean
Barril, dont onvoit le monogramme grav sur bois au verso du dernier feuillet
3
.
1. La signature A ne se trouve pas sur sion). V. supra, p. 9, note 2.
le titre, qui est orn d'unencadrement. 3. BRTJNET (Manueldu Libraire, t. IV, col.
2. H. HARRISSE, dans la Bibliographie 422) contient uncourt article sur les pla-
prcite et sous le numro 98, suppose quettes A et B. Cf. galement TERNAUX-
tort que cette plaquette est une traduction GOMPANS, Bibl. as. et afr. , n 280, et PLAY-
franaise du n 97 (texte latinde la Pas- PAIR, Bibl. of Moroceo, n 4i.
LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDR DE SPOLTE I I
La troisime plaquette (plaquette C), galement indpendante, reproduit le
texte latin de la relationdu martyre d'Andr de Spolte, ainsi que celui des
deux lettres du Yucatn. C'est unpetit in-4 de quatre feuillets nonchiffrs,
de 35 lignes, caractres gothiques. Signature: A
2
. Initiale grave. Le titre-
planche est imprim ennoir seulement comme celui de la plaquette B. Ony lit :
CL Passio gloriosi marly-
ris beau patris fralris Andre de
Spolelo ordinis minorum regala-
ris observantie pro catholice fidei ve-
ritate passi in Affrica civiiate Fez.
Anno d[omi]ni M. D. XXXII.
La gravure sur bois reprsente saint Franois levant les bras et montrant
ses mains perces de trous. Unange six ailes ou sraphinest plac sur une
croix dans le ciel droite. Au fond, onaperoit une ville et des rochers. L'en-
cadrement est le mme que celui du titre de la plaquette B.
Contrairement l'ordre adopt dans la plaquette A, les deux lettres du
Yucatn sont places avant la relationdu martyre du P. Andr de Spolte
1
,
laquelle ne commence qu'au tiers infrieur du verso du feuillet A
2
. C'est le
texte latinde cette relationqui est publi ci-aprs
2
. Onlit in fine :
Impressum Tholose expensis honesti viri Johannis
barril mercaloris Tholose.
Laus Deo
La Bibliothque Colombine de Sville, ainsi que nous l'avons dit encom-
menant, possde une relationenfranais de la Passiond'Andr de Spolte .
Bienque faite d'aprs le texte latind'Antonio de Olave, elle diffre notable-
ment de la traduction franaise imprime Toulouse qu'ontrouve dans la
plaquette A.
L'opuscule de la Colombine est unpetit in-Zj
0
de quatre feuillets nonchiffrs,
de 3g lignes, caractres gothiques. Signatures : A
2
, A
3
, A
4
. Initiale grave.
Au recto du premier feuillet se trouve le titre :
Sensuyt la passio[n\ du
glorieux martyr et amy de dieu benoist pre
Frre Andr Despolete de lordre
des frres mineurs
i. C'est donc par erreur que PREZ Tolosa a continuacin del Martirio de Fr.
PASTOR crit: Estas dos cartas se en- Martin [lapsus pour Andrs] de Espoleto .
cuentran tambin enla edicinlatina de a. V. infra, pp. i5-ai.
12 NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Au verso du feuillet-titre, l'auteur ou l'diteur a plac un avant-propos qui
ne se trouve pas dans l'exemplaire de la Bibliothque Nationale de Paris
(Plaquette A) et qu'il a intitul Prologue capital . Nous donnons ci-dessous
cet exorde rempli des affirmations les plus invraisemblables. Onsait qu' cette
poque les auteurs d'ouvrages de dvotiontaient'coutumiers de ces exagrations,
par lesquelles ils cherchaient provoquer l'dification du lecteur.
CE Prologue capital
JJieu nostre souverain seign[eu]r qui congnoist
(Z prvoit toutes choses pour mieulx demo[n]-
strer (Z approuver ces amys fait des choses
admirables \ (Z en plusieurs rgions. Com[m]e
entre lesquelles nous a este mande despuis
peu de temps en ca que en Affricque ont este co[n]vertis a la
foy catholicque plus de deux cens cinquante mille paye[n\s
(Z cinqua[n]te te[m]ples de leurs faulx dieux destruictz ^ bruslez:
(Z plus de vingt mille figures de diables ro[m]pues (Z tresbu-
chees a la parolle du benoist sainct | et au lieu ont esleve
crucifix (Z faict maintes belles chapelles | ou jour (Z nuit
les co[n]vertis louent nostre souverain seigneur Jesuchrist.
Et a la requeste (Z preschement du dvot religieux] leq[ue\l a
si vertueuseme[n]t bataille a lencontre de ces nnemys quil
est en la fin entre par martyre en la gloire du paradis | en
laquelle nous doint parvenir le Pre, le filz (Z le Sainct
Esperit. Amen.
Le rcit du martyre commence aprs le prologue, prcd du titre :
CC Sensiiit lordre du martyre.
L'auteur a pris avec le texte latin de grandes liberts, bien loinde le
translater enfranais au plus prs de la lettre que a est possible , comme
ondisait alors. Sa traduction, sans parler des fautes d'impression, contient de
nombreuses inexactitudes. C'est ainsi que le roi de Fez est appel du nom de
son vizir Muley Abraam et que la prsence de ce dernier, qui tient
cependant une place importante dans le rcit du P. Antonio de Olave, n'est
pas mme mentionne. Ontrouve galement, dans la plaquette de la Colom-
bine, des dveloppements plus ou moins tendus qui ne figurent pas dans le
texte latin. Ces altrations sont trop nombreuses pour pouvoir tre signales
ennotes dans l'appareil critique qui accompagne ce texte, et il a paru pr-
frable de publier ci-aprs
1
cette pseudo-traduction.
Comme la relation latine, la traduction franaise de la Colombine se ter-
i. V. infra, pp. ag-34.
LES RELATIONS DU MARTYRE D' ANDR DE SPOLTE l 3
mine par une attestationdu P. Antonio de Olave. Mais c'est l que les deux
textes prsentent la plus grande divergence, et une questionse pose : le traduc-
teur comprenait-il bienle latin ou a-t-il voulu sciemment falsifier le texte ?
Quelle que soit la rponse, sa mprise aura t grossire, car il s'est mis, son
insu, enflagrante contradiction avec le dbut de sonrcit. En effet, le P. An-
tonio de Olave atteste qu'il a t prsent au martyre, alors qu'il a dclar au com-
mencement que la relationtait faite d'aprs des lettres de Fernando de Menezes,
qui prsent estoit audict martyre . C'est, d'ailleurs, avec la seule intention
de garantir la conformit de sa rdactionavec les lettres de ce seigneur portugais
que le P. de Olave a sign l'attestation qu'onlit la findu texte latin.
Voici l'attestationde la plaquette de la Golombine qu'il est intressant de
rapprocher de celle de la relation latine publie ci-aprs.
CL Moy frre Anihoine de olave certifie que Ihisioire cy-
deva[n]t rcite est vraye car moymesme y eslois prsent 'l fi-
delleme[n]t le voulu rescripre au noble roy de Portugal qffln
que ledicl roy le feist assavoir a nos frres de l'observance
a tholouze (i a tous bo[n]s chreslie[n]s qffin de louer dieu Z pour
tousiours exaulcer la foy catholicque : *l en lesmoing de ce
ay voulu mettre mon signe manuel le . x. dapvril . M. D.
xxxil. en nostre co[n\vent de Septubal province de Portu-
gal | ainsi signe Frater Andr
i
de Olave
C FINIS.
Tout par moyen.
Suit une note de la main de Fernand Colomb : Este libro costo i dinero y
m
0
en Monpeller a g de Julio de i535 y el ducado vale 564 dineros
2
.
De cet examenonpeut conclure que la plaquette de la Golombine a t faite
d'aprs le texte latin du P. Antonio de Olave, et probablement enignorance
de la traduction franaise dite aux frais de Jean Barril. Le second diteur
ne semble pas avoir apport ungrand soin sonuvre ; sonrcit, peu fidle,
est rempli de ngligences, et c'est sans doute la raisonpour laquelle il l'a publi
sans aucune indicationtypographique.
1. Andr, lapsus pour :. Antoine. bibliophile ne ddaignait pas de faire
2. Au dernier feuillet de chaque livre l'acquisition de publications toutes popu-
de sa bibliothque, Fernand Colomb pre- laires, d'impressions bon march, de ces
nat soin d'inscrire le lieu, la date de pamphlets phmres qu'on rpandait
l'acquisition, le prix de chaque volume en profusion dans le gros public, sans se pr-
monnaie du pays, donnant par surcrot occuper, en raison mme de leur destina-
l'quivalence de la somme dbourse en tion, de leur assurer aucune garantie de
ducats d'or. On voit, par le prix pay vracit ni mme de vraisemblance. Cf.
Montpellier pour l'exemplaire de la Pas- JEAN BABELON, La Bibliothque franaise de
siond'Andr de Spoltc , que le savant Fernand Colomb, Introd., pp. ix et xv.
i 4
NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
Eni543, onze annes aprs la runiondu chapitre gnral des Frres Mineurs
Toulouse, unFranciscainportugais, ALONSO DE LA ISLA, crivait enespagnol un
livre de dvotionqu'il intitulait Thesoro de virtudes *... et qu'il faisait imprimer
Medina-del-Gampo dans les presses de Pedro de Castro. L'ouvrage tait dj
compos et contenait i35 feuillets, quand la relationlatine du martyre d'Andr
de Spolte, ou plutt la plaquette C tout entire avec les deux lettres du
Yucatn
2
, vint tomber entre les mains du P. ALONSO DE LA ISLA. Il s'empressa
d'enfaire une traductionenespagnol, qu'il fit imprimer enmanire d'appendice
la suite de sonThesoro de virtudes. La compositionprit douze feuillets suppl-
mentaires, qui ne furent pas chiffrs. Aprs le rcit du martyre, ontrouve,
traduites en espagnol, les deux lettres du Yucatn, et l'appendice se termine
par une conclusion dans laquelle le P. ALONSO DE LA ISLA se flicite de la
progressionde la foi dans les pays du Nouveau-Monde.
Nous donnons ci-aprs la traduction espagnole de la Passion d'Andr de
Spolte
3
.
i. Le titre complet est : Thesoro de
virlu\\des muy util y copioso. Copilado por
un religioso portugaez de || lahorden d'l ser-
fico padre sant Francisco. Dirigido al muy
magnifico || seor Francisco Pessoa, tesorero
d'l muy esclarecido e invictissimo [| principe
nuestro seor Fue impressa la
presente obra, llamada Tesoro de virtudes en
la villa de Medina del Campo, por Pedro de
Castro, impressor de libros. Acabse a veynte
dias d'Otubre ao M. D. XLIII. Le nom de
l'auteur, nonindiqu sur le titre, se lit au
verso du frontispice. L'ouvrage est un
in-4 de i35 feuillets chiffrs, suivis d'un
feuillet blanc et de T2 feuillets nonchiffrs
qui sont ceux du Martirio de Fr. Andrs
de Espoleto . C'est par le Thesoro de Vir-
tudes que Prez Pastor, l'ayant eu entre les
mains, lorsqu'il a dress le catalogue des
livres imprims Medina-del-Gampo, a
connu la Passiond'Andr de Spolte et les
deux lettres du Yucatn. Il ne semble pas
qu'il ait vu l'dition latine ni les deux
ditions franaises de ces textes.
2. Ces lettres avaient paru eni532 dans
l'ouvrage suivant : De insolis no \\per inventis
Ferdinandi Cortesii [| ad Carolum V Rom.
Imperatorem Narrations, cum alio || quodam
PetriMartyris ad Clementem VHponti \\ficem
Maximum consimilisargumenti | libello. \\His
accesserunt epistolae duae de felicssimo apud
Indos || Evangelii incremento, quas superiori-
bus hisce diebus qui\\dam fratres mino. ab
India in Hispaniam transmisserunt
Coloni, ex officina Melchioris Novesiani,
Anno MD XXXII, decimo Kalendas mensis
septembris.
3. V. infra, pp. 35-4o.
RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE ] 5
III
RELATION DU MARTYRE D'ANDR DE SPOLTE
1
Le Pre Antonio de Olave, qui le roi de Portugal avait transmis des
lettres de F. de Meneses, captif Fez, relatant le martyre du frre
Andr de Spolte, a voulu en crire le rcit pour le chapitre gnral des
i. Le P. Andr de la Rosa tait n vers
i48a Cssia, petite bourgade a proximit
de la ville de Spolte d'o il tira sonnom
religieux (BARBOSA MACHADO, Bibl. Lusit. ,
l'art. Fernando de Menezes). Il reut la
prtrise au sortir de la jeunesse, mais sa
vocationsacerdotale tait si loind'tre affir-
me qu'il continua de faire partie des bandes
qui, depuis les luttes entre Guelfes et Gibe-
lins, divisaient le pays, se montrant partout
le plus inhumainet le plus cruel, objet de
scandale pour ses compatriotes, qui le regar-
daient plutt comme unsoldat sanguinaire
que comme unministre du Christ. Touch
par la grce, il prit l'habit de franciscain
dans la province de SanFrancesco et se livra
aux austrits et la pnitence ; mais ayant
appris que ses parents taient exposs aux
menaces et aux vengeances de ses anciens
adversaires, sonardeur guerrire se rveilla
et il quitta le couvent. Il y rentra peu de
temps aprs avec la ferme rsolutionde per-
svrer dans la vie monastique. Il ft de tels
progrs dans l'tude des lettres sacres que
ses suprieurs l'envoyrent prcher au mi-
lieu des populations qu'il avait autrefois
scandalises par ses violences. Le P. Andr
de Spolte exera quelque temps ce minis-
tre. Sonzle religieux aspirait toutefois
de plus grands sacrifices ; il dsirait, en
outre, s'loigner d'unpays o il avait offens
le Christ. C'est pourquoi il passa, avec l'au-
torisationde ses suprieurs, enCorse, o
svissait la peste, et se consacra avec une
grande charit aux malades et aux mourants.
Le flau ayant disparu, il obtint du Gnral
de l'Ordre et du Saint-Sige l'autorisation
de s'embarquer sur unnavire gnois, qui
faisait voile vers le Maroc ; mais, assailli
par une tempte, le navire dut rentrer
Gnes. Le P. Andr rsolut alors de gagner
le Maroc par l'Espagne et il fit pieds et
sans ressources le voyage de Gnes Sville.
Aprs uncourt arrt dans cette ville, il
gagna Cadix, o il s'embarqua pour Ceuta.
Les Franciscains portugais lui firent le
meilleur accueil ; mais, lorsqu'ils connurent
sondesseind'aller prcher l'Evangile aux
Maures et de verser sonsang entmoi-
gnage de sa foi, ils cherchrent l'endis-
suader, lui objectant que le pays tait
actuellement boulevers par la lutte entre
le Chrif et les Bni Ouattass. Rienne put
branler le P. Andr de Spolte, qui partit
pour Fez en i53o. GODARD (p. 444) et
HENRION (Hist. gn. des Missions catholi-
ques, liv. I, chap. 4i), copiant TORRES (cap.
g5), l'appellent tort Martin. Cf. DEL
PUERTO, Lib. II, cap. 16, et la prsente
relation.
I 6 10 AVRIL 1532
Frres Mineurs. Arrive du frre Andr de Spolte Fez. 77
propose, au Roi et son vizir, Moulay Ibrahim, d'accomplir divers
prodiges pour leur dmontrer la vrit de sa foi. 77 discute dans la
synagogue. Sur sa demande, Moulay Ibrahim consent faire dresser
et allumer un bcher. Le frre Andr de Spolte y pntre sans
souffrir aucun mal. II est massacr sur place par les Maures, que
ce prodige a mis en fureur.
Setbal, io avril i532.
Passio gloriosi martyris beati patris fratris Andre de Spoleto,
ordinis Minorum
1
regularis observantie, pro catholice fidei veritate
passi in Affrica civitate Fez, anno Domini [Link], nona die
Januarii
2
. Quam quidem passionem transmisit serenissimus ac
potentissimus dominus Johannes
3
, Portugalie & Algerbiorum
4
rex,
generali capitulo Fratrum Minorum regularis observantie incivitate
Tholosana, anno Domini [Link], indie sancto Penthecostes,
celebrato.
Si Dominum in sanctis ejus ore prophetico laudare jubemur,
non procul dubio in sanctis duntaxat, quos antiquitas nobis tra-
didit celebrandos, sed inhis quoque quos ipsa pietas & clementia
divina successive secundum tmpora ab ipsa sapienter previsa in
lucem tradit Ecclesie militanti imitandos. nter quos his diebus
novissimis resplenduit inAffrica celebre martyrium recentissimum
cujusdam fratris nostri ordinis Minorum regularis observantie,
prout Rgie Majestati serenissimi rgis Portugalie per litteras cujus-
dam capitanei sui incivitate Tagatensi
3
residentis fuit insinuatum.
Scripserat enim predictas litteras nobilis vir dominus Ferdinandus
1. La premire mission des Frres arriver on i53o Fez le P. Andr de Spolle
Mineurs au Maroc avait eu lieu en 1219. (cap. 95).
V. SS. HIST. MAROC, i
re
Srie, France, 3. Le roi JeanIII (x52i-i557).
t III, p. g3, Introduction critique, Les l\. Algerbiorum, Algarve.
Chrtiens au Maroc. 5. Tagatensi est probablement une mau-
2. Le Fr. DEL PUERTO (p. i5o) crit: vaise lecture de l'imprimeur de Toulouse,
un viernes de Enero. TORRES n'in- Le P. Antonio de Olave avait d crire, soit
dique pas la date du martyre, mais fait Tangeriensi, soit Tingiicnsi.
RELATION DU MARTYRE D' ANDRE DE SPOLETE 17
de Meneses
1
, captivus incivitate & regno de Fez, qui presens affuit
predicto martyrio, & omnibus diebus quibus ante martyrium in
predicta civitate gloriosus martyr stetit cornes fuit ejus, direxitque
eas predicto capitaneo rgis Portugalie. Rex autem serenissimus
misit eas mihi, ut glorificarem Deum pro tam glorioso martyrio.
Volens igitur et cupiens hujus tante rei ad Dei gloriam V. Re. P.
2
veritatem certissimam nuntiare, presentibus duxi nudam inserere
hystoriam, ut ad omnium possit venire notitiam.
In Affrica civitate Fez passio beati fratris Andre de Spoleto,
quam sustinuit pro Christo et pro veritate fidei catholice, sexta
feria, die ix mensis Januarii presentis anni, videlicet [Link].
Hic siquidem frater ordinis Minorum regularis observantie, cum
ad martyrium pro Ghristo sustinendum ardore nimio ferveret,
etatis sue quinquagesimo anno peracto & ultra, pervenit in Affri-
cam in civitate Fez, inqua Deus suum desiderium implevit ordine
qui sequitur.
Altera enim die, postquam civitati illi applicuit, cum tanquam
ebrius vino divini amoris semper verba depromeret divina & ad
aures regs
3
adventus ejus per satellites suos pervenisset, tam
ipse rex quam etiam quidam alius potentissimus inter Mahom-
ticos vir, vocatus Muley Abraen
4
, jusserunt predictum fratrem suis
1. Don Fernando de Menezes apparte- princes de la dynastie ouattasside, note 9.
nait une illustre famille portugaise, dont k- Moulay Ibrahim, de la branche des
le nom tait connu et redout de tous les chrifs Chechaounioun, qui commandaient
Maures d'Afrique et dans laquelle le gou- Chechaouenet Targa. Il tait fils du dy-
vernement de Tanger tait presque hrdi- naste Ali ber-Rached (Ali Barrax) et d'une
taire. Il tait le troisime fils de Don sur du rengat Martino Elche (D. DE
Duarte de Menezes, gouverneur deTanger GOES, IV, 7)- Les auteurs chrtiens l'ap-
de i52Q i532. Captur en1531, il jouis- pellent Malabrin, Muliabraen, etc. Moulay
sait Fez, eu gard sonrang, d'une cer- Ibrahim, qui mourut en i53g, tait frre
taine libert ; il avait reu dans sa maison de Mohammed bon Ali, cad de Ghccha-
le P. Andr de Spolte. DonFernando por- ouen, et de Sida el-Horra, qui exera un
tait le surnom de Os Narizes ; il mourut pouvoir presque souverain Ttouanjus-
encaptivit. Cf. FR. MARCOS DE LISBOA, qu'en i5/| 2; il tait beau-frre du sou-
Chron. ant. de. . . los Frailes Menores, parte verain ouattasside Ahmed ben Mohammed
///, lib. IX, cap. 17; BARBOSA MACHADO, et son vizir. Sonautorit tait grande; il
Bibl. Port. , l'article Fernando de Menezes. passait pour tout faire dans le royaume .
2. Vobis Reverendis Patribus. Les Ghrtiens n'avaient qu' se louer du
3. Le roi de Fez Ahmed el-Ouattassi. V. sultan. No era el rey de genio muy tirano,
p. 13, PL IV, Tableau gnalogique des o no era muy desafecto a el nombre c'nris-
DE CASTRIES. X- 2
18 IO AVRIL I 5>2
astare conspectibus, quem ante ipsos conslilutum sicaggrediuntur:
Qualis, inquiunt, est adventus tuus ? Quibus respondit : Ad
nihil aliud venio, nisi ut veritatem fidei manifestum
1
vobis & falsi-
tatem sub qua ceci militatis omnino cum adjutorio divino eradicem
a cordibus vestris. Ad quem Muley Abraendixit : Quale proba-
tionis testimonium aut signum dabis nobis eorum que ila audacter
loquutus es ? Cui servus Dei respondit : Si veritatem quam
dictis meis vobis propono credendam non creditis, faciam quod
pater tuus resurgat a mortuis & denuntiet tibi ore suo quod non
poteris beatitudinem consequi, nisi baptizeris tu, nec quisquam
alius. Et si hoc tibi signum non sufficit ut omnes vos ab erroris
semita ad veritatem fidei convertamini, orabo Dominum Deum
meum Jesum-Christum quod illuminet coram vobis unum cecum ;
vel ut cordium vestrorum duricies mollificetur, intrabo cum
leone ferocissimo inlacum
2
solus & mansuefiet ante me. Et si magis
vultis quod intrein nudus struem lignorum ardentium, faciam
propter salvationern animarum vestrarum &L gloriam Dei mei.
Sed quia, secundum federa inter serenissimum regem Portugaise
& regem illum mahometicum inita, tenetur predictus rex inChris-
tianos nulla exercere questionis tormenta
3
, ideo respondit Muley
Abraen: Nihil eorum ad que te ofers consentimus quod facas.
Sed potius volumus quod revertaris in domum tuam.
Post dies aliquot, videntibus rege & satellitibus ejus quendam
leonem currere, jusserunt vocari ante se fratrem predictum, cui
dicunt : Nunquid vis introire in lacum solus cum illo leone,
ut mansuescas illum ? Quibus ipse respondit : Libentissime
faciam. Sed cogitantibus eis quod ipse mutaret propositum, si
aliquantulum introitus diferretur, sustinuerunt parumper, ut
vidrent vertibilitatem vel constantiam ejus. Gumque ipse cons-
tiano. Son ministre et lui sont qualifis Mekns par Sidi Kassem.
ambos Moros de genios no muy crueles i. Sic, pour : manifestem.
(FR. DEL PUERTO, p. i[\ 5). Une des femmes 2. Lacum, avec le sens de fosse (aux lions),
de Moulay Ibrahim fut Lella Yetto, fille de que l'on trouve dans PRUDENCE.
Mohammed el-Aroussi, cad d'El-Ksar el- 3. Le trait d'Arzila, qui avait t sign
Kehir, qui devint folle, la suite d'une ma- le 29 aot 1471- Ce trait, confirm par
ldiction de Sida el-Horra (IBN EL- SKAR, JeanII, tait encore en vigueur en loi'].
pp. 5i, 52). Le tombeau de Lella Yetto se V. SS. HI ST. MAROC, i
re
Srie, Portugal,
voit actuellement sur la route de El-Kenitra la date du i4 aot 1537.
RELATION DU MARTYRE D ANDR DE SPOLETE 19
tanter insisteret quod ducerent eum in lacum, rex, videns ejus
cons tantia m, jussit eum reduci inhospitium suum
1
.
Altera autem die, jussit rex ipsum ad Judeorum synagogam,
ubi omnes illius civitatis Judei conveniunt, adduci, ut eum eis de
veritale fidei publie conferret. Gumque diu eum rabinis dispu-
tasset & sepissime eis veritatem aperuisset & de suo errore illos
confudisset, & plures illis questiones proposuisset, nec ad aliquid
bonum duritiam cordis eorum flectere potuisset, videns quod ibi
niliil proficeret, decrevit introire civilatem
2
& ad modum preconis
iidei veritatem alta voce manifeste declarare. Gui omnino captivi
christiani reverenter tamen restiterunt, dicentes quod nullo pacto
boc faceret, eo quia inde nullum posset consequifructum, quoniam
nullus posset eum intelligere ; sed posset mori & sine fructu aliquo.
Sed fervorem ejus nec opportunis precibus, nec persuasionibus
plurimis, tepefacere potuerunt.
Exiit ergo a domo totus fervidus, eum magnanimitate & fortitudine
admiranda, ad domum Muley Abraen, petens ab eo quod magnam
struem lignorum faceret in loco publico aptari, quoniam volebat
inillarn accensam ign validissimo nudus introire. Muley Abraen,
timens federa cum rege Portugalie inita violare, renuit hoc conceder,
nisi prius ipsi nobibores captivi christiani cyrographum suis conscrip-
tum manibus darent, in quo faterentur quod ille frater christianus
nonjussus, sed spontanea mente, intrabat inignem : quod subscrip-
serunt dominus Petrus Arias & dominus Ferdinandus de Meneses.
Hoc facto, ecce aptantur ligna inmagna quantitate. Erant enim
quadraginta onera lignorum aptata in modum sphericum, altitu-
dine unius hominis erecti intus & foris. Noluit tamenquod statim
introiret, suspicans quod fervorem relinqueret & propositum mula-
ret, si aliquantulum detineretur. Cumque diebus tribus diffre tur
ejus martyrium, ipse anxietate nimia angustiabatur supra quam
credibile sit
3
, timens ne martyrium ejus impediretur. Habito igitur
consensu Muley Abraen pro introitu suo, convocatis omnibus
Christianis, rogavit eos quod Yirginem gloriosam rogarent pro illo.
Muley Abraen autem, accersito ad se fratre Andrea predicto,
1. Hospitium suum. Probablement le fon- did, dont l'enceinte sud tait eontigu
douk des Chrtiens. au mellah.
2. Ciuitatem, probablement Fez el-Dje- 3. Le texte porte : sic, coquille pour : sit.
2O 10 AVRIL 1532
coram omnibus magnatibus regni & multitudine populorum inter-
rogavit eum, utrum in premissis habebat firmitatem & perseve-
rantiam. Ipso respondente quod sic, statim conceditur illi liber
introitus in ignem. Sed ipse beatus Andreas, ante introitum in
ignem, alloquitur Muley Abraen, sic dicens : Audi me, obsecro,
tu & omnes circumstantes : percipite verba mea ex parte Omnipo-
tentis Dei, qui pro vobis & tot mundo factus homo, mortem
sustinuit horrendam. Hortor vos convertamini ad veritatem fidei
ejus ; quoniam certiores vos facio quod, nisi insanctam Trinitatem
credideritis, & fonte baptismi abluti fueritis, non poteritis salvi
ieri. Omnes enim vos perditi estis in statu quem tenetis & infe-
licior omnibus existentibus ininferno estille maledictus Mahometus
quem vos sequimini. Hoc audito, fuit clamor omnium infdelium
tantus in eum frementium quod sine dilatione aliqua rapientes
illum ducunt ad struem lignorum pro ipso concremando paratam.
Cumque ante struem se vidisset constitutum, spoliavit se usque
ad femoralia et, flexis genibus, oravit devotissime. Peracta igitur
oratione, introivit struem lignorum & in medio positus, flectens
genua, iterum orabat. Propinant ministri ignem, sed semel, bis &
ter non accendebatur. Sed super infuso igne sulphureo, & inter
ligna magna in quantitate seminato, & pulvere etiam tormentario
sparso abundanter super omnia ligna, accenso sic igne, fuit tantus
strepitus subito factus ac si duodecim bombarde simul solverentur.
Et eum transisset fumus, ecce viderunt eum in medio ignis stan-
tem illesum, hinc inde deambulantem, & ridentem, & ostendentem
se omnibus illesum. Erat enim caro corporis ejus albissima, sicut
quando introierat. Inter lammas ignis deambulans, gaudebat &
laudabat Dominum. Quod videntes Christiani, ingenti gudio per-
fusi, dulces per culos distillabant guttas, laudantes et benedicentes
Dominum. Quorum multi sic fuerunt igne divini amoris accensi,
quod ad intrandum inignem materialem, incredibili fide & ardore
suecensi, currebant ; sed Sathanas per manus infdelium illos impe-
diebat. Quantum autem unus captivus inter alios pugnaverit ut
eum predicto beato patre Andrea Deo offerret vitam in sacrificium,
longo indigeremus sermone ad disserendum.
Pagani vero, eum viderunt beatum patrem Andream in medio
tam validissimi ignis illesum, ridentem & deambulantem, furore
RELATION DU MARTYRE D' ANDR DE SPOLTE 2 1
nimio repleti, irruerunt ineum unusquisque prout poterat ipsum
ferire tam fustibus quam ceteris jaculis. De lapidantibus autem
eumunus letaliter caput ejus beatissimum tam immaniter percussit
quod, aperiens cerebrum ejus, dejecit eum interram. Sine motu
aliquo membrorum permansit per aliquam morulam ; labia tantum
eius moveri videbantur. Orabat forte quemadmodum Stephanus
ne statueret Deus illis hoc peccatum. Et sic beatus pater Andreas
obdormtvit inDomino. Rapuerunt captivi christiani unum pedem
eius, quem inmagna reverentia tenent, qui usque inhodiernum
diem sine fetore permanet, sicut erat die martyrii sui. Captivi
christiani, inter quos conversatus est, de austeritate vite ejus fidle
perhibent testimonium, de martyrio autem fidles & infideles, ad
laudem & gloriam Domini Nostri Jesu-Christi, qui eum Ptre &
Spiritu Sancto vivit et rgnt unus Deus per infinita seculorum
scula. Amen.
Et ego frater Anthonius de Olave fideliter ex litteris Rgie Majes-
tati missis excerpsi omnia & singula supra scripta et V. R. P.
debitis eum reverentia & humilitate mitto, ut intriumpho tam
gloriosi martyris letentur celi et exultet terra, jocundetur pariter
totus orbis, & ordo Minorum cordium exultatione tripudiet & ad
similia pro Christo cetramina sustinenda animetur. Incujus rei
testimonium et fidem manum apposui eum sigillo consueto.
Die x Aprilis, anno Domini [Link]. Inconventu nostro de
Septubal, provincie Portugalie.
Sic signatum : Frater Anthonius de Olave.
Impressum Tholose, expensis honesti viri Johannis Barril, mer-
catoris Tholose.
Laus Deo.
Bibliothque Nationale. Imprims, Rserve K. 679
l
.
i La Bibliothque Nationale possde un contient que le texte latinde la Relation
autre exemplaire (Rserve K. 556), qui ne du martyre d'Andr Je Spolte.
2 2 10 AVRIL 1532
bis
III
RELATION DU MARTYRE D'ANDR DE SPOLTE
(TRADUCTION DE TOULOUSE
1
)
IO avril i532.
Hystoire et lettres du glorieux et bienheure frre Andr de Spolete,
de l'ordre des Frres Mineurs de la rgulire Observance, lequel a
souffert martyre enla cit de Fez en Africque, Fan [Link] et le
ix de janvier, comme a envoy par exprs message le hault et trs
puissant roy de Portugal et Algarbe au chapitre general desdicts
frres Mineurs, celebr enla illustre et magnifcque cit de Tholose
enl'anque dessus, enla solennit de la Penthecoste.
Est contenu aussi la teneur de aultres certaines lettres de la
miraculeuse conversion et augmentation de la foy catholicque au
pays de Huketan, aultrement dict Terre Neufve ou bien Neufve
Hespaigne,
Prologue enl'hystoire dudict martyre et passionglorieuse, selon
la teneur desdictes lettres.
Gomme ainsi soit que, selon le dict du prophte royal David
nous devons Dieu louer en ces sainctz, le dict n'est pas entendu
des sainctz tant seullement que l'anciennet de noz peres ecclsias-
tiques nous ont baill et command de honnorer, mais aussy de
ceulx que la piti et clmence divine, successivement selonles temps
d'icelle, saigement precongneuz, a donnez comme vrayes lumires
imiter
2
et ensuyvre l'Esglise militante. Entre lesquelz, ces jours
i. Pour distinguer la traduction fran- la Bibliothque Colombine, nous appel-
aise qui a t dite Toulouse, en i53a, lerons la premire : Traduction de Tou-
et qui est conserve la Bibliothque Na- louse, et la seconde : Traduction de la
tionale, de celle qui a paru sans indication Colombine.
de lieu ni de date et qui est conserve 2. Le texte porte : inviter.
RELATION DU MARTYRE D'ANDRE DE SPOLTE 2 3
derniers passez, a resluit et c'est apparu en Aphricque le celebre
martyre et novissime d'aulcun frre de l'ordre des frres Mineurs
de la rgulire Observance, ainsi comme la Majest royale du sere-
issime roy de Portugal, par lettres d'aulcun son capitaine,
demourant enla cit Tagatense
1
, luy a est vritablement signifi,
auquel avoit escript la teneur desdictes lettres ung noble seigneur,
dict seigneur Ferdinand de Meneses
2
, captif enla cit et royaulme
de Fez, lequel fut prsent audict martyre et tous les jours ausquelz
ledict frre demoura enladicte cit, devant sonmartyre, fut enla
compaignie d'icelluy. Or doncques, ayant ledict capitaine repreins
3
lesdictes lettres dudict seigneur Ferdinand de Meneses, les adressa
au susdict roy et tres victorieux prince, lequel, zelant l'honneur
divin, celle finque ung chascan chrestien, glorifiant Dieu tout
puissant pour ung si glorieulx martyre, faict en son temps, et a
voulu la certainet et vrit dudict martyre audict chapitre signifier.
Duquel l'hystoire et teneur s'ensuyt.
En Aphricque, cit de Fez, l'an mil ccccc. xxxn, le vendredy
neufviesme du moys de janvier, a souffert martyre pour la vrit
de la foy catholique bienheur frre Andr de Spolete, lequel,
estant de l'ordre des Frres Mineurs de la rgulire Observance,
comme ainsi fust que luy, aag de cinquante ans ou environ,
embras d'ung ardant dsir et ferveur merveilleuse de souffrir
martyre, pandnt en Aphricque enla cit de Fez, enlaquelle Dieu
tout puissant accomplist sondsir, enla maniere que s'esuyt.
Landemain qu'il eust prins terre en ladicte cit, luy, comme
ennivr du vinde l'amour divine, commena prescher publicque-
ment la foy chrestienne et en tous lieux o il ce trouvoit. Pour
quoy son advenement et prdication bien tost fut par ses satellites
au roy de ladicte cit annonce. Pour quoy incontinent manda,
ensemble avec icelluy, ung puissant prince entre iceulx macho-
melistes, nomm Muley Abraen
4
, que il leur fust amen ; lequel
iceulx present luy vont dire : A quoy es-tu venu de pardea ?
Et il leur va respondre : Je ne suys aultre chose venu, fors que
pour vous manifester la vrit de la vraye foy chrestienne et la
i. Tcujatense, Tanger. V. supra, p. 16, 3. Le texte porte : avant ledict capitaine
note 5. reprenez.
a. V. svpra, p. 17, note 1. !\. Y. supra, p. 17, note 4.
2[\ IO AVRIL 1532
faulcet de celle de Mahomet, soubz laquelle vous demourez
aveuglez, pour la povoir arracher de voz cueurs entirement,
moyennant l'ayde de la grce de Dieu . Auquel ledict Muley Abraen
va dire : Quelle probation entesmoignage ou bien quel signe ou
miracle nous pourras-tu donner de ce que si hardiment as parl?
Auquel le serviteur de Dieu va respondre : Si vous ne voulez
croyre la vrit que je vous ay presche et vous proposer de
croyre, je feray que ton pre, qui est trespasse, resuscitera de
mort vie et te anoncera de sa bouche que toy, ne nul aultre, ne
peulx estre saulv ne batitude parvenir ternelle, sinon que tu
soyes, et eulx aussi, baptisez. Et ce
1
tel miracle n'est soufisant
vous tous pour vous de vostre erreur convertir au chemin de la
vrit et droicte foy et voye de Paradis, je feray oraison mon
Dieu Jesu-Christ que prsentement, devant vous tous, il illumine
ung aveugle, ou bien, celle finque la durt et obstination de voz
cueurs soyt mollifie, je entreray seul dedans ung lac
2
avec ung
lyon, le plus saulvaige et cruel que me vouldrs assigner, et devant
voz yeulx le rendre paisible, sans aulcun mal me faire. Encores,
se mieulx aymez, faictes alumer ung grant feu pour l'honneur, foy
et gloire de mon Dieu et salvation de voz ames, et je y entreray
prsentement.
Lequel ayant ainsi parl, cause des pactes que sont entre les-
dicts roy illustre de Portugal et icelluy roy machometan, et que en
ung des articles d'iceulx est contenu que ne peust tormenter aulcun
chrestien ne contraindre par question ou bien torture, luy va
respondre ledict Muley Abraen: Nous ne acceptons aulcune offre
de celles que tu nous faictz, mais plustost voulons que retournes
enta maison.
Peu de jours aprs, regardant le Roy, et avec ledict Muley Abraen,
courir
3
ung lyon fort terrible, firent appeller et amener en leur
prsence ledict frre, enluy disant : Ne veulx-tu point entrer en
la cave tout seul avecques ce lyonpour le rendre paisible et domes-
ticque ? Ausquelz il va respondre : Trs volentiers le veulx
faire! Lesquelz, pensans que icelluy mueroyt sonpropos, ce l'on
i. Ce. Entendez : si. 3. Le texte porte : trouvit. Cf. supra,
i. Lac, pour: fosse. Sur ce mot, V. p, 18, originallatinrcurrere, et i'n/ra,p. 36,
supra, p. 18, note 2. traductionespagnole : correr.
RELATION DU MARTYRE D' ANDRE DE SPOLTR 25
faisoit attendre par aulcun espasse de temps, ilz vont dissimuler
par aultres heures, pour approuver sa constance ou sa mutabilit.
Mais le serviteur de Dieu demourant ferme ensonpropos, deman-
dant que onle laisst entrer au lac dudictlyon, le Roy, esbahy de
sa constance, commanda qu'il fust rduit ensonlogis. Ung aultre
iour, commanda ledict roy qui fust men enla synagogue des Juifz
qui est enicelle cit, o tous les Juifz d'icelle estoient assemblez,
celle finque avecques iceulx publicquement disputt de la vrit
de nostre foy. Et comme ainsi fust que longuement eust disput
avec les rabins et souventes foy s leur eust la vrit apertement
demonstre et de leur erreur confondu, leur proposa aprs plusieurs
questions ; ce nonobstant, pour l'obstination et duret de leurs
cueurs, ne les peust aulcunbienconvertir. Pour quoy, ce voyant,
delibera les laisser et entrer dedans la cit, et, comme ung pres-
cheur et vray annunciateur de la vrit et foy catholicque, publicque-
ment et haulte voix ung chascun la manifester et declairer.
Auquel tous les chrestiens captifz ensemble, avec toute rvrence
vont rsister, endisant que ennulle maniere ne la debvoit faire,
pour raison que, entre ses gens obstinez, ne pouvoit faire aulcun
fruict, aussi que nul ne le vouloit entendre, et par ainsi pourroit
mourir sans aulcunfruict. Mais ne leur parler, ne prires, ne per-
suasions ne pevent aulcunnement refroider la ferveur de sonbon
et trs excellent dsir.
Ains s'en va incontinent sortir de ladicte maison, fervent
d'esperit, ardant de cueur, embras de l'amour celeste, arm de
magnanimit, forte et admirable constance, va aller enla maison
dudict Muley Abraen, luy requrant faire apporter ung grant
moule ou quantit de boys enplace publicque et qu'il la fist alumer,
car, pour la foy chrestienne estre vraye soustenir, tout nud y vouloit
entrer, voyant tout le peuple. A quoy ledict Muley Abraen, crai-
gnant rompre les pactes et convenances entre eulx et le roy de
Portugal, refusa de ce luy conceder, sinon que premirement les
plus nobles des captifz chrestiens escripvissent de leurs propres
mains une attestationenlaquelle contestoit
1
que icelluy frre, non
i. Contestoit, erreur d'impressionpour : faterentur. La traduction espagnole porte :
confessoit. Cf. supra, p. 19, original latin: confessassen, p. 37.
26 IO AVRIL 1532
contrainct dudict roy ne de ces princes et peuple, mais de sonbon
gr entroit dedans ledict feu. Et vont escripre sur oecy deux
seigneurs prisonniers, c'est assavoir les nobles seigneurs Pierre
Arias et le seigneur Ferdinand de Meneses.
Laquelle subscription faicte, l'on va apporter de boys en grant
quantit jusques quarante charges et enrond abiller ledict boys,
laissant au meillieu une espasse vuide, de la haulteur d'ung homme,
et une entre. Doncques, le tout prest et dispos mettre le feu,
ne voulist ledict Muley Abraen que y entrast incontinent, pensant
que, se aulcunement estoit retard, sa ferveur se refroideroit et par
ainsi changerait son propos. Pour quoy, diffrant l'affaire par
l'espace de troys jours, luy merveilleusement afflig pour la dilation
de son martyre, trop plus que ne seroit facille croyre, estoit en
tristesse et angoisse, craignant que son martyre ne fut empesch.
Et fnablement, obtenu le consentement dudict Muley Abraen
d'entrer nud dedans le feu, assembls tous les chrestiens, leur va
supplier de prier la Benoiste Vierge Marie pour luy.
Ce faict, Muley Abraenva appeller ledict frre Andr devant tous
les princes et grans seigneurs dudict royaulme de Fez et grant
multitude de peuple, l'interrogant ce en ce que avoit propos estoit
ferme et persvrant, lequel respondit que ouy. Incontinent luy
fut concd d'entrer au feu. Mais, devant qu'il y entrast, va dire
audict Muley Abraen: Entens-moy, je te prie, toy et tous les
circumstans, de la part de Dieu tout puissant, qui pour vous a prins
chair humaine et, pour tout le monde rachapter, a soustenu mort
cruelle. Je vous exhorte vous convertir la vrit de la foy, car je
vous rens certains que, ce vous ne croys en la Saincte Trinit et
ne estes baptisez de l'eau du sainct baptesme, jamais ne pourrs
estre saulvez, car, enTestt que vous tenez, vous estes tous perdus
et damnez ; et le plus malheureux de tous ceulx qui sont en
enfer est celluy mauldict Mahomet que vous ensuyvez ! Ce ouy,
commena ung cry grant et horrible de tous les Infideles, fremis-
sans et hulans l'encontre de luy, lesquelz sans dilationaulcunne le
vont prendre et ravir, le menant au moule du boys appareill,
pour le brasier.
Lequel, ce voyant auprs, ce va despouiller entirement tout
nud et les parties honteuses tant seullement d'ung linge couvertes,
RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLTE 2 7
ce mectant genoulx va faire dvotement oraison Dieu, laquelle
paracheve, va entrer dedans le moule du boys et derechief ce
mectant genoulx faisoit son oraison, et se efforant les tirans et
bourreaulx mectre le feu de tous quartis, jasques troys foys ne
peult estre alum. Ce voyant, commencrent gecter feu et souffre
et sur le boys gecter grant quantit de pouldre de canon. Finable-
ment, le feu ce va alumer, gectant ung si grant tonnoirre comme
ce douze bombardes fussent enung coup descharges, et, aprs que
la fume fust passe, l'on va veoir ledict frre au millieu du feu et
de la flamme estant debout et cheminant parmy le feu, ce riant et
louant Dieu, sans avoir aulcun mal. Et encest estt par long temps
ce demonstroit tous, sa chair blanche et sans aulcunne brusleure
ne tache, comme estoit devant que fust entr dans ledict feu, ains
cheminoit et louoit Nostre-Seigneur, voyant et ouyant tous. De
quoy les Chrestiens qui estoientpresens, degrantjoye remplis, plou-
roient doulces larmes avecques iceliuy, louans et begnissans Nostre-
Seigneur. Entre lesquelz plusieurs furent tellement du feu d'amour
divine enflammes, que, d'une incredible ferveur, courroient
pour entrer avecques iceliuy glorieux martyr dedans le feu. Mais
Sathan, parla malice de ces membres, les infideles payens macho-
metistes, les empeschoit. Et ce
1
je vouloys descipre combiende foys
entre les aultres captifz ung d'iceulx s'effora par plusieurs moyens
de offrir Dieu Tout Puissant sa vie, avec ledict benoist pre frre
Andr, en sacrifice, trop prolixe hystoire m'en fauldroit escripre.
Finablement, voyant lesdicts payens ce benoist pre frre Andr
au millieu dudict feu, si trs grant et enflamm, cheminer sans
aulcun mal, mais joyeusement visaige riant louer Dieu, remplis
d'ire et fureur, commencrent courir l'entour dudict feu, s'en
approchant ung chascuncomme pouvoit, luy gectant pierres, dars,
bastons et aultres choses, pour le mettre mort. Entre lesquelz
ung eny eust qui d'une pierre frappa si trs cruellement la teste
dudict glorieux martyr, que luy va ouvrir le cerveau. Pour quoy
luy, mectant les genoulx terre, sans aulcunnement bouger pied
ne main, demouroit en oraison et par aulcunespasse de temps on
luy veoit les lvres mouvoir, mais l'on ne entendoit sa parolle,
1. V. supria, p . 2h, not e 1.
38 l o AVRIL 153a
mais croit l'on que, ainsi que le benoist sainct Estienne, protho-
martyr, prioit Dieu ne leur imputer ceste cruault en pech, et,
ainsi estant en oraison, rendit sonesperit Dieu, l'an et jour que
dessus. Du corps duquel les Chrestiens captifz l estans prindrent
ung pi, lequel tiennent engrant rvrence, et demoure jusques
au jour d'huy sans corruption ne aulcune puanteur, mais entire-
ment en Testt que estoit le jour propre de son martyre. De la
sanete vie et austrit d'icelle baillent fidle tesmoingnage les
Chrestiens captifz, mais de sonmartyre tant les fidles que infideles,
Chrestiens que Sarrazins, la louenge et gloire de Nostre Saulveur
Jesu-Chist, lequel avec le Pre et le Sainct Esperit vit et rgne
ung Dieu ternel. Amen.
Et moy, frre Anthoine de Olave, des lettres de la royalle Majest
moy envoyes ay prins le contenu dudict martyre, avec toute
humilit et obdience, le envoyant Vostre Rvrende Paternit,
celle finque, au triumphe d'ung si glorieux martyre, ce resjouyssent
le ciel, exulte la terre, soit exhylare toute la religion chrestienne,
et l'ordre des Frres Mineurs, enjoye de cueur, chante Nostre-
Seigneur et soit arm soustenir semblable bataille et martyre pour
Nostre-Seigneur Jesus.
Enfoy et tesmoingnage de quoy, ay mys au presentes mon seel
et signet manuel acoustum.
Ce .x. jour d'apvril mil cinq cens xxxn, en nostre convent de
Septubal, province de Portugal.
Ainsi sign : F. Anthoine de Olave.
Imprim fut cestuy petit propos
A la requeste du marchant Jehan Barril
Par celuy-la qui ne quiert que repos
Au vinse preuve la bont du barril.
A Tholose, Mil cinq cens xxxu.
Bibliothque Nationale. Imprims, Rserve K. 679.
RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 2 0
I I P
f
RELATION DU MARTYRE D'ANDR DE SPOLTE
(TRADUCTION DE LA COLOMBINE
1
)
io avril i53a.
Prologue capital.
Dieu, nostre souverainseigneur, qui congnoist et prvoit toutes
choses, pour mieulx demonstrer et approuver ces amys, fait des
choses admirables et enplusieurs rgions. Comme entre lesquelles
nous a est mand, depuis peu de temps en a, que en Affricque
ont est convertis la foy catholicque plus de deux cens cinquante
mille payens et cinquante temples de leur faulx dieux destruictz et
bruslez, et plus de vingt mille figures de diables rompues et tres-
buches la parolle du benoist sainct, et au lieu ont eslev crucifix
et faict maintes belles chappelles, o jour et nuit les convertis
louent Nostre Souverain Seigneur Jesu-Christ, et la requeste et
preschement du dvot religieux, lequel a si vertueusement bataill
l'encontre de ces ennemys qu'il est enla fin entr par martyre
enla gloire de Paradis, enlaquelle nous doint parvenir le Pre, le
Filz et le Sainct-Esperit. Amen.
S'ensuit l'ordre du martyre.
Puis que ainsi est que nous louons Dieu en ces sainctz par la
bouche des prophtes, sans aucune doubtance, comme noz prd-
cesseurs, les debvons louer et honnorer mais
2
en ceulx desquelz la
piti et clmence divine a succd sapientement, pour les tirer en
la lumire de l'glise militante, pour estre leurs imitateurs, comme
i. V. supra, p. 22, note i. 2. Mais, au sens de magis .
3o i o AVRIL i532
il a faict, puis ung peu, resplandir enAffricque, par martyre, l'ung
de noz frres et sainct religieux de l'ordre de l'Observance, comme
nous a est rescript par ung capitaine du roy de Portugal estant
en la cit de Taganse rsident. Et les a escriptes le noble capitaine
Ferdinannus de Meneses, luy estant captif en cedict royaulme de
la cit de Fez, qui prsent estoit audict martyre, et tous les jours
devant le martyre le noble Ferdinandus assistoit aux prdications
du glorieux martyr et esloit tousjours quant et quant luy. Et de
boncueur et d'affection les envoyt au roy de Portugal, affin qu'il
louast Dieu du glorieux martyre, et voulant ensuyvir pour celle
cause la gloire de Dieu pour le rvrend Pre en vrit certaine-
ment envoy, nonceray ces presentes, o ay descript toute l'istoire
du benoist martyr, affin qu'il fust tous notoire en la maniere
qui s'ensuit.
Et premirement :
EnAffricque, enla cit de Fez, a souffert le benoist frre Andr
de Spolete, lequel a soustenu pour Jesu-Christ [et] pour la vrit
de la foy catholicque, la sixiesme ferie du [mois] de janvier de
ceste presente anne mil cinq-cens xxn
1
, et [estjoitle benoist sainct
si ambras de l'amour de Nostre-Seigneur Jesu-Christ, que ferven-
tement sepresentoit au martyre, et si avoit cinquante ans accompliz
et davantage. Et aprs grosse peine est parvenu enAffricque enla
cit de Fez, en laquelle a accomply le dsir de Dieu et faict sa
volunt enla maniere qui s'ensuit.
Ung aultre jour, aprs qu'il se fut applicqu en la sorte comme
ung homme yvre de la divine amour de Dieu, tousjours verballe-
ment preschoit tant qu'il est venu jusques aux oreilles du Roy,
lequel par ces satalites l'a envoy qurir, tant le Roy que plusieurs
puissans Mahommetiques. Le Roy s'appelle Muley Abraam
2
. Et
l'ont envoy prescher ces frres ; et quand il a est devant eulx
constitu, le Roy et les Mahommetiques luy ont demand cecy :
Quel est ton advenement? Ausquelz il a respondu : Rien, car
je ne viens pour aultre chose, sinonaffinde vous prescher et magni-
fester la sanete foy catholique et pour vous reprendre de la folle
r. Lapsus. Il faut rtablir : xxxu. clucteur, V. supra, p. 12. Sur Moulay
2. Sur cette erreur commise par le tra- Ibrahim, V. supra, p. 17, note 4
RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE O I
incrdulit dont vous estes aveuglez, et avec la divine Providence
esvader et dechasser l'erreur de voz cueurs ! Auquel Muley a dit:
Vien a ! Quelle probation ne quel tesmoignage ou quel signe
nous donneras-tu de ce que tu parles ? Auquel le serviteur de
Dieu respondit : Si la vrit, que vous me dictes que je vous ay
dit, vous ne croyez, je feray que vostre pre resuscitera de mort et
dnoncera vostre oreille que vous ne povez avoir la gloire ternelle,
si vous n'estes baptisez, vous ne homme quelconques ; et, si ce signe
ne vous profite ou suffist voz erreurs pour vous convertir la
foy, je priray mon Dieu Jesu-Chrih que il illumine ung aveugle
devant vous, affin que voz cueurs il molifie, et entreray avec ung
fier lyon en sonlieu
1
tout seul et le f[er]ay tout doulx devant moy,
ou si vous aymez mieulx que je
2
. . . . dans ung feu ardant,
je le feray pour le salut de voz am[es et] pour l'amour de mon
Dieu !
Se nonobstant, pour les trefves ou fdrations quiestoient e[n]tre
le roy de Portugal et le roy Muley, ledict Muley n'osoit permettre
que ledict frre eust aucunmal, car il a promis par ses fdrations
de ne faire lsion aucun prisonnier chrestien. Et pour ceste cause
a respondu audict frre qu'il ne permettroit point qu'il entra avec
le lyon ne au feu, comme avoit demand, mais plus tost vouloit
qu'il retornast en sa maison.
Ung peu aprs, le Roy, voyant passer ung lyon, a command
qu'on appellast ledict frre, auquel a demand s'il vouloit entrer
en la fosse du lyon, et le rendre tout humble ; laquelle demande
voluntiers il c'est accord. Et ce voyant, lesdicts infidelles, pour
quelque petit de temps, ont diffr pour veoir s'il changeroit son
courage et bonne amour qu'il avoit en son Dieu ; mais, pour la
bonne amour qu'il avoit en Nostre-Seigneur, les a incitez de le
mener avec ladicte beste. Et le Roy, voyant sa constance, luy a
command retorner sonlogis.
Ung aultre jour aprs, l'a remand et l'a faict congreger avec les
Juifz de la Sinagogue, et, aprs plusieurs disputations de la foy
i. Le traducteur a lu locum au lieu de 2. Lacune du papier. Le texte latin
lacum. Sur ce mot, V. supra, p. i8, note 2. porte : quod intrern.
'01 IO AVRIL 1532
catholique par luy presches, furent confonduz tant qu'ilz ne
savoyent que respondre, et ce faisoit le Sainct Esperit; mais,
pour la dure obstinationd'iceulx, aucun il ne sceut convertir. Le
sainct, voyant qu'il ne proffitoit, c'est departy du lieu et publique-
ment est all presch enla cit liaulte voix, auquel les prisonniers
chrestiens ont dit qu'il perdoit temps, car prescher telz chiens
obstinez, il ne povoit rien gaigner ; mais l'amour qu'il avoit en
nostre Dieu estoit si grande que ilz ne le sceurent garder de pronon-
cer la parolle de Dieu et e[n] celle grande amour s'enest all la
maisondu Roy, auquel il [apjri qu'il fist faire le feu, pourdemons-
trer la vertu du puissant [Dijeu, et qu'en celluy vouloit entrer
pour leur salut et augmenta[ti]on de la Ghrestient. Muley, crai-
gnant la fdrationcy devant [djicte, ne s'i vouloit consentir, si les
Chrestiens prisonniers n'estoient presens, pour certifier que c'estoit
de sonconsentement et nondu Roy, laquelle chose ont testifi, par
lettre signe de leur main, nobles et puissans seigneurs maistre
Pierre Arias et Ferdinandus de Meneses.
Et le Roy, ayant lesdicts signes, commanda faire ung grand feu,
enabondance de bois, grand et large, jusques la haulteur d'ung
homme, mais, ledict bois amass, Muley ne luy permist entrer,
pensant qu'il mueroit soncourage, et, aprs trois jours de diffrence,
le benoist Andr, craignant de n'avoir le martyre, pria qu'on le
menast au feu, laquelle requeste s'acorda le Roy. Et se voyant le
benoist Andr auprs du bois, se retourna vers les Chrestiens et
leur pria dvotement de prier la glorieuse Vierge Marie qu'elle priast
Dieu pour luy. Les Chrestiens priant la Vierge, le Roy derechief a
demand audict martyr s'il vouloit persvrer, lequel soubdain et
grand joye a dit ouy, et ce dit, le Roy se consent, mais le benoist
Andr, dsirant le salut du Roy et des assistans, les admonneste de
soy convertir la foy de Dieu : Car, comme je vous ay devant
dit, il est impossible d'estre saulv, comme disent les evangelistes
sainct Mathieu et sainct Marc, au .xxvni. et .xvi. chapitre, sans
croyre la Trinit et au sainct sacrement de baptesme estre lav.
Congnoissez-vous pas que vous estes perduz en la foy que vous
tenez, pouvre gens? Que pensez-vous faire? Vostre meschant
Mahommet, lequel vous adorez, est damn ! Et ce dit, fut ouye
une grande clameur des payens par ire, enserrant les dens comme
RELATION DU MARTYRE D' ANDRE DE SPOLETE 33
chiens enragez, le[squel]z furieusement et par grande cruault l'ont
gett dedans le[dictj bois, auquel devoit estre le feu. Le benoist
sainct, se vo[yantj dans la grandeur du bois, c'est despouill jus-
ques la ceinc[tu]re, puis c'est prostern deux genoulx, baisant
la terre, pleurant grosses larmes pour leur conversion, priant
Nostre-Seigneur en la maniere qui s'ensuit
l
:
a Dieu ternel, qui cra tout le monde,
Pardonne ces gens obstinez,
Convertissant Leur cueur, o mal habonde,
Car nul mal tu n'as prdestinez,
Faictz que leurs cueurs soyent la foy donnez
Enl'honneur de ta Passion,
Et pour le mal qui me font, condamnez
Ne soient, mais ayent remission. Amen.
L'oraison finie, les bourreaux ont cuid alumer le feu par une
fois, .11. fois, jusques .ni. fois, et ne povoyent ennulle maniere
alumer ledict feu, et, se voyant, de rage qu'ilz avoient, ont prins
souffre et pouldre canon en si grande habondance qu'il enont
tout couvert le bois, puis ont mis le feu, et alors y a eu si grand
bruyt et tempeste comme si .x. bombardes ou gros canons eussent
la delach, et c'est faict si grande flambe fume, que quasi on ne
povoit veoir l'air. Et la fume passe, c'est demonstr tout sain
parmy le feu, soy esjouissant et louant Dieu, et avoit la chair aussi
blanche comme quand il y estoit entr. Laquelle chose veue, les
captifz chrestiens qui l estoient eussiez veu plorer de grand joye,
tant que d'aulcuns couroyent de grand amour et se vouloyent
getter dedans pour endurer ledict martyre. Les payens, voyant que
le benoist sainct, par si long temps au feu, n'avoit nul mal, comme
lyons enragez et hors d[e] sens ont commenc luy getter darz,
fuzez, engrosse abon[da]nce, entre lesquelz l'ung a donn si grand
coup de dard qu'il [l'a rju par terre, et tout desrompu le cerveau,
tellement qu'on ne [vejoit membre mouvoir fors ces lvres, que
l'on veoit ung [pjeu mouvoir, et estimoient les bons Ghrestiens, ce
i. Cotte oraisonest une addition du traducteur.
DE CAS TRIES. X. 3
34 IO AVRIL 1532
qui est vraysemblable, qui prioit comme sainct Estienne pour les
perscuteurs. Et enceste heure le benoist martyr rendit sonesperit
Dieu nostre Crateur, et les bons chrestiensprindrent ung des piedz
du benoist martyr par dvotionet le gardent engrande rvrence,
et c'est gard jusques prsent ledict pied sans putrfaction, non
plus que le jour du martyre.
Moy, frre Anthoine de Olave, certifie que l'histoire cy devant
recite est vraye, car moy mesme y estoys prsent et fidellement le
voulu rescripre au noble roy de Portugal, afin que ledict roy le
feist assavoir noz frres de l'Observance Tholouze et tous bons
Ghrestiens, affin de louer Dieu, et pour tousjours exaulcer la foy
caiholicque. Et en tesmoing de ce, ay voulu mettre mon signe
manuel, le .x. d'apvil .[Link], en nostre convent de Septu-
bal, province de Portugal.
Ainsi sign : Frater Andr de Olave.
FINIS.
Tout par moyen.
Bibliothque Colombine de Sville. Fonds franais.
RELATION DU MARTYRE D' ANDR DE SPOLTE 35
JJJquater
RELATION DU MARTYRE D'ANDR DE SPOLTE
(TRADUCTION ESPAGNOLE DU P. ALONSO DE LA I SLA
1
)
IO avril i532.
A gloria y loor de Dios y para dechado y exemplo de los fieles.
Sigese el glorioso martyrio del bienaventurado padre fray Andrs
de Espoleto, frayle de los menores de la orden del serfico padre
nuestro, sant Francisco. El qual martyrio recibi enla ciudad de
Fez por la verdad de nuestra sagrada fe. A nueve dias del mes de
Enero del ao de M. D. XXXII.
Sigese la passiondel bien aventurado fray Andrs de Espoleto.
La qual sufri por amor de Jesu Christo y por la verdad de la
sancta fe catholica enla ciudad de Fez, feria sexta a nueve dias de
Enero del ao de i532.
Este bendito frayle de la orden de los menores de la regular
observancia, como quiera que congrandissimo ardor estuviesse
ferviente y desseoso de recibir y sufrir martyrio por Christo, cum-
pliendo ya los cinquenta aos y mas de su hedad, vino a frica a
la ciudad de Fez, enla qual Dios le cumpli sus des seos enla
orden y manera que se sigue. Luego el otro dia despues que llego
a la dicha ciudad, asi como embriagado de vino del divino amor,
hablava siempre y exprimia palabras muy divinas. Pues, como a
las orejas del Rey por sus satlites fuesse denunciada la su venida,
assi el Rey como otro varnque entre los Moros es muy poderoso,
el quai se llama Muley Habrahen, mandaron que el dicho frayle
i. M. P. PASTOR a publi cette traduction dans sonouvrage cit supra, p. 6, note 5.
36 10 AVRIL l 532
fuesse presentado delante dellos. El qual, como les fuesse presen-
tado, comenaronle a preguntar : A que fue aqui tu venida ? A
los quales el respondi : A ninguna otra cosa vengo aqui, sino a
manifestaros la verdad de nuestra fe y la falsedad de la vuestra,
debaxo de la qual vosotros ciegos militays, para que de todo conla
ayuda divina os la quite de los coraones . Al qual Muley Abrahen
dixo : (( Que testigos o seales nos dars tu para que te creamos y
para provana y certeza dessas cosas que asi tan osadamente
hablaste? Al qual el siervo de Dios respondi : Si la verdad que
con mis dichos os propongo no creeys (la quai es de creer), yo
har que tu padre resuscite de los muertos y te diga consu propia
boca que no puedes alcanar tu, ni otro ninguno, la bienaventu-
rana sino os baptizays. Y si aquesta seal no basta para que,- a
todos vosotros, aparte de la carrera del error, y os convierta a la
verdad de la fe, yo rogare a mi seor Jesu Christo que alumbre
delante todos vosotros a un ciego. O si quereys, para que mas la
dureza de vuestros coraones se molefique y ablande, yo solo
entrare en un pozo con unbravo y feroz len, y delante de mi se
har muy manso. Y si mas quisieredes, yo entrare enuna hoguera
de lea encendida ; yo lo har por la salud de vuestras animas y
por la muy grangloria y honra de mi seor Dios .
Mas, porque, segn la confederacin y aun las pazes que entre
el serenssimo rey de Portugal y aquel rey moro estavan entonces
assentadas y firmadas, no podia el dicho rey moro enlos Xristianos
exercitar ningngenero de tormentos, y por tanto respondi Muley
Abrahen al dicho padre y le dixo : Ninguna dessas cosas a que te
ofreces consentimos que hagas, mas antes queremos que te buelvas
a tu casa.
Despus de passados algunos dias, viendo el Rey y su gente
correr un len, mandaron llamar al dicho frayle y dixeronle :
(( Quieres por ventura entrar con aquel len en un pozo para
que lo amanses? A lo qual el respondi diziendo : De muy
buena voluntad har yo esso. Empero, pensando ellos que
mudasse el su proposito, si algn espacio le detuviesen la en-
trada, dexaron passar algunos das para ver su mutabilidad o
constancia.
Gomo el viesse que se detenan, comeno constantemente a
RELATION DU MARTYRE D' ANDRE DE SPOLTE 3"J
insistir que lo llevasenal pozo conel len; mas el Key, como vio su
gran constancia, mandle que se bol viesse a su posada.
El otro dia luego siguiente, mandle el Rey llevar a la sinagoga,
a do todos los Judios de aquella ciudad se ayuntavan, para que con
ellos publicamente disputase de la verdad de la fe. Como quiera
que conlos rabies disputase gran espacio de tiempo y muy sabia-
mente les abriesse y declarase la verdad de nuestra sagrada fe y
assi les confundiesse enla ceguera y error que tenian conmuchas
quistiones verdaderas que les propuso y con todo no pudiendo
ablandar la dureza de sus coraones para los atraer a algn bien,
viendo pues que alli ninguna cosa aprovechaba, determino entrar
enla ciudad y, a manera de pregonero, con altas bozes, publica-
mente declarar la verdad de la santa fe. Al qual los captivos Xris-
tianos que enla ciudad estavan contoda reverencia contradezian,
y assi le suplicavan que lo tal no hiziesse, diziendole que de
aquello no se podria seguir ningn fruto, porque los Moros no lo
podrian entender y que lo mataran sin hazer fruto ninguno.
Empero a su gran fervor, ni los afetuosos ruegos ni las muchas
persuasiones y amonestaciones nunca lo pudieron resfriar ni aun
entibiar.
Assi que, saliendo todo ferviente de la casa do posava, conadmi-
rable magnanimidad y fortaleza se fue al palacio de Muley Abrahen,
y suplicle que mandasse ayuntar un gran montn de lea en la
plaa, porque el quera entrar en el, despues que estuviesse encen-
dido con muy validissimo y granfuego. Empero Muley Abrahen,
temiendo de quebrantar las pazes que tenia assentadas conel sere-
nssimo rey de Portugal no le quiso conceder lo que demandava si
primero no le diesse una cdula hecha y firmada por mano de algu-
nos captivos Xristianos que ay estavan, enla qual confessassen que
aquel fray le Xristiano no fuera apremiado, mas que de su propia
voluntad entrava en el fuego. La qual cdula a ruego del dicho
padre hizierony firmaron el seor DonPedro Arias y el seor Don
Fernando de Meneses, que ay cativos estavan. Esto hecho, luego
ayuntaron mucha lea en gran cantidad, porque serian quarenta
cargas della, toda compuesta a manera de un cerco espherico o
redondo, derecho de dentro y de fuera, todo enlevado enaltura de
unhombre. Empero Muley Abrahen no quiso que entrasse luego,
38 10 AVRIL 1532
pareciendole que se le resfriaria el fervor y que mudaria el propo-
sito si le dilatasse la entrada por algunos das. Como quier que
por dias le dilatasse el martyrio, el se angustiava con tan gran
congoxa que era cosa increyble, porque temia que le impidirian su
martyrio. Assi que vida licencia y consentimiento de Muley
Abrahenpara que entrasse en la hoguera, llamo a todos los Xris-
tianos y rogles que rogasen a la gloriosa virgen por el. Pues,
viendo Muley Abrahen el determinado proposito del dicho padre,
llamlo delante de todos los grandes del reyno y de otra granmul-
titud del pueblo que ay estava presente ; y delante todos le pregunto
si ternia firmeza y perseverancia en las cosas que dicho havia ; y,
como el dixesse que si, luego le concedi libremente licencia para
que entrasse en la hoguera. Mas el bienaventurado padre fray
Andrs, antes que entrasse en el fuego, hablo a Muley Habrahen,
diziendole assi : yeme ; yo te ruego, a ti, ya todos los circuns-
tantes suplico que rescibays mis palabras de la parte del Todo-
poderoso Dios, el qual por vosotros y por todo el genero humano
se hizo hombre y sufri muy horrible muerte. Por amor del qual,
os amonesto que os convertays a la verdad de su santa fe, porque
yo os hago muy cierto que, si no creyerdes en la sanctissima Tri-
nidad y no fuerdes limpios enla fuente del sagrado baptismo, que
no podreys ser salvos, porque todos vosotros estay s perdidos en el
estado que teneys ; y mas os hago saber que, de todos quantos estn
en el infierno, el mas mal aventurado es aquel maldito Mahoma a
quienvosotros ciegos seguis.
Oyendo esto los infieles, fue el bramido y clamor tan grande
sobre el que, sinninguna dilacin, lo arrebatarony lo llevaronal
montn de lea que estava aparejado, para lo quemar. Gomo
quiera que el glorioso mrtir se vio puesto junto a la lea, desnu-
dse hasta quedar en los paos menores e, hincadas las rodillas
entierra, oro devotissimamente. Acabada la oracin, entro en el
montn de la lea y, puestas las rodillas en medio, hizo otra vez
muy devota oracin. Luego comenaron los ministros de maldad
allegar el fuego a la lea, mas como gelo
1
pusiessen una y dos y
tres vezes, y la lea no se quisiesse encender, echronle encima
i. Probablement : selo.
RELATION DU MARTYRE D ' ANDRE DE SPOLETE 3 Q
fuego de piedra sufre y sembraron entre la lea gran cantidad de
plvora y echronle por cima mucha trementina, de suerte que,
encendido el fuego, fue tan grande el estrepito y estruendo que
hizo como si juntamente tiraranuna dozena de lonbardas. Y, des-
pus de buen espacio que passo aquel gran mpetu y la fuera del
humo, vieronal glorioso martyr enmedio de las llamas del fuego sin
ninguna lision y sin se quemar ninguna cosa del ; y andava de una
parte a otra rindose y amostrndose a todos sin mal ninguno ; y
su carne eslava tan blanca como antes que entrasse en el fuego.
Gomo quier que los Xristianos lo viessen entre las llamas del
huego andar alegre y loando a Dios, fue en ellos un inmenso
gozo y alegra, con el quai de sus ojos destilavanmuy gran abun-
dancia de dulces lagrimas y con sus bocas loavan y bendezian a
Dios por querer mostrar tangran milagro y maravilla para confir-
macin de su santa fe. De los quales Xristianos, muchos fueron
assi encendidos en el fuego del divino amor que corran con
increyble encendimiento y ardor de la fe a entrar y echarse en el
fuego material. Empero Satans, por las manos de los infieles, los
impedan; porque, para contar quanto un cativo entre todos los
otros mas resisti y se esforo para con el bienaventurado padre
fray Andrs ofrecer ensacrificio su vida a Dios, avilamos menester
hazer muy largo sermon.
Como quiera que los incrdulos paganos viesen al bienaventu-
rado padre andar en medio de tangrandissimo fuego sin lision ni
mal ninguno y que se estava riendo, fueron llenos de muy gran
yra y furor, y arremetieron contra el, cada uno como podia, para
lo herir, porque unos le tiravansaetas, otros lanas y dardos, otros
le tiravanconpiedras ; y uno de aquellos que tiravan piedras hiri
aquella sanctissima cabea de una tan cruel pedrada que le abri
todo el cerebro y lo derribo entierra y estuvo assi el bienaventurado
padre sin hazer movimiento de ningn miembro, salvo los labios
que le veyan mover; donde es de creer que orava fuertemente,
como hazia el bienaventurado sant Estevan, suplicando a Dios que
no les demandase aquel pecado. E assi el bienaventurado padre
fray Andrs dormio en el Seor. Los captivos Xristianos tomaron
unpie. el qual tienen en grande reverencia y veneracin, el qual
esta, hasta el dia de oy, sinhedor, y assi permanece como estava
4 O 10 AVRIL I 3 2
el dia de su martyrio. Los captivos Xristianos conlos quales el con-
verso dan fiel testimonio de la austeridad y aspereza de su vida ;
empero, de su glorioso martyrio, assi los infieles como los fieles,
a loor y gloria de nuestro seor Jesu Ghristo. El qual, conel Padre
y Spiritu Sancto, bive y reyna, en el siglo de los siglos, unDios,
amen.
Yo, fray Antonio de Olave, de las letras que la magestad real me
embio, cogi todas y cada una destas cosas ya dichas, y a vuestra
reverendissima paternidad, con la devida reverencia y humildad,
las embio, para que, en el triumpho de tan glorioso martyr, se
alegren los cielos y se goze la tierra, y juntamente se glorie toda la
redondez del mundo y los coraones de los frayles menores se ani-
meny con gozo se esfuercen a por Ghristo sufrir semejantes com-
bates ; en cuyo testimonio y fe, yo lo firme de mi mano con la
firma acostunbrada, a diez dias de Abril, ao del Seor de-MDXXXII .
En el nuestro convento de Setuval de la provincia de Portugal.
Laus Deo.
LETTRE DE HURTADO A ISABELLE DE PORTUGAL [\\
IV
LETTRE DE DON LOPE HURTADO
1
A ISABELLE DE PORTUGAL
(EXTRAIT).
Le roi de Portugal Jean III a reu des capitaines des fronteras les nou-
velles suivantes : Le roi de Fez Ahmed el-Ouattassi et le Chrif sont
partis en campagne ; le premier amne des chariots pour Partillerie
d'El-Ksar el-Kebir ; Barberousse quipe des vaisseaux et l'on craint
qu'il ne soit d'intelligence avec Ahmed el-Ouattassi pour attaquer Ceuta.
Jean III a fait partir aussitt Don Jorge de Noronha pour Malaga,
afin de lever des troupes et d'armer des navires ; il envoie en outre douze
. caravelles dans le Dtroit. II a dit Don Lope Hurtado qu'il serait
fort dsirable de chasser Barberousse d'Alger et que, si l'Espagne vou-
lait faire cette entreprise, le Portugal y contribuerait volontiers.
Hier est arriv un courrier de uo Alvarez Pereira, gouverneur de
Ceuta. D'aprs lui, Barberousse a envoy un ambassadeur au roi
de Fez, lui faisant savoir qu'il tait prt venir avec ses vaisseaux atta-
quer la place qu'il voudrait et demandant une provision de salptre, que
le dit roi et Moulay Ibrahim se sont empresss de fournir. Le bruit
court qu'ils doivent marcher sur Ceuta 'qui a besoin d'tre secouru.
Ds la rception de ce courrier, le roi Jean III a ht le dpart des cara-
velles pour le Dtroit et a fait d'autres prparatifs. D'aprs un avis
d'Arzila donn par le comte de Redondo, le roi de Fez se trouve huit
lieues de cette frontera dans la direction d'El-Ksar el-Kebir, dont il aurait
retir l'artillerie ; il marcherait sur Arzila. Le Comte demande qu'on
le ravitaille.
Setbal, 2i avril i532.
Sur la couverture, alia mana : Setbal. A Su Mag'. i532.
D. Lope Hurtado.
Adresse : A la muy alta y muy poderosa seora la Emperadriz y
Reyna, nuestra seora.
i. D. Lope Hurtado de Mendoza, ambassadeur de Charles-Quint la cour de Lisbonne.
[\2 2 1 AVRIL 5 3 2
Muy alta y muy poderosa Seora,
A dos deste vino aqui un hermano del embaxador que tiene el
rrey enFrancia por la posta.
El Rey tuvo nueva que sus capitanes de allende que el rrey de
Fez y el Xerife heran encampo
l
, y que el Rrey traya carretas para
su hartilleria de Alcaar
2
; y que tenian aviso que Barba Roxa
aparejava LX velas, que avian myedo que tubiese inteligencia con
el Rey para venir sobre Ceuta, que tiene mejor puerto y es mas
flaca por la mar.
Luego tubo consejo y se despacho don Jorge de Loroa
3
para
Malaga, conprovision de hazer gente, sy fuese menester, y navios,
y lo que mas fuese necesario segn la nueva tuviese. Manda har-
mar doze caravelas para embiar al Estrecho y hazer prestos otros
navios
4
. E, sy las caravelas no fueren menester, parte delias yran
por las naos de la India.
Esto me dixo el Rrey para que lo escreviese a V
ra
Mag
1
, y que el
mandava a su embaxador que le escreviese las nuevas que V
ra
Mag
1
tuviese de Barba Roxa, deziendome que seria biendar forma como
hechar este tirano de Argel. Los mas de su consejo me han dicho
lo que todos lo desean. A lo que he entendido del Rrey y dellos, sy
V
ra
Mas
1
mandase armar para sanar a Ararei, de buena gana ayu-
daranac ; que grantemor tienenque el por mar y los Moros por
tierra, sy se conciertan, les tomaran alguna de las fronteras que
tienen en allende, y lo que an de gastar en armadillas cada ao
i. La phrase est ambigu. Il faut pro- de 153a, une nouvelle attaque des Maures
bablement entendre: le roi de Fez et le par terre et par mer (Cf. i
re
Srie, Portugal,
Ghrif sont partis encampagne contre les la date du 6 avril i532). D'autre part, les
fronteras, chacun de leur ct. Enfvrier deux Chrifs faisaient cette poque des pr-
I 53I , Diego et Fernando de Menezes, fils paratifs pour attaquer Santa-Cruz-du-Cap-
cleDonDuartc, gouverneurde Tanger, reve- de-Guir. Cf. ibidem, ladatedu 2ojuini532.
nant avec i/jo cavaliers d'une expdition 2. El-Ksar el-Kebir.
dans l'Andjera, avaient t surpris par Mou- 3. Don Jorge de Noronha. Il tait gou-
lay Ibrahim. Il ne s'chappa que l\o cava- verneur de Saneni533.
liers. D. Diego fut tu et D. Fernando fait 4- Sur les mesures prises par JeanIII
prisonnier (Cf. B. RODRIGUES, Anais de pour parer aux menaces du roi de Fez con-
Arzila, t. II, pp. 19/-196, et supra, p. 17, tre Tanger et Arzila, V. i
re
srie, Portugal,
note 1). Le roi JeanIII s'attendait, au dbut aux dates des 6, 7 et 8 avril i532.
LETTRE DE HURTADO A ISABELLE DE PORTUGAL 43
para defender sus fronteras, pareceles que seria mejor gastallo junto
para ofenclelle y hechalle dalli.
Ayer ha tenido el Rey correo de Don Nualvarez
1
, de Ceuta.
Escrive que tiene aviso, por via de los Moros, que Barba Roxa
enbio un enbaxador al rey de Fez, hiziendole saber que tenya
sesenta y tres navios prestos, que le faltava salitre para hazer
plvora, que le mandase socorrer con la mayor cantidad que
pudiese, que le ofreca, dentro de un mes que le llegase, de venir
consu armada sobre el lugar que quisiese. El Rey le avia enbiado
cien quintales de salitre, y una mezquita de Fez, donde ay muni-
cin, otros ciento, y Moley Abraen
2
, cinquenta. Y que dezia que
avia de venir sobre Ceuta, que Su Alteza lo mandase socorrer, que
estava mai proveyda y a mal recado.
Luego que llego el correo, el Rey tuvo consejo ; y me dizenque
manda dar mas priesa a que las caravelas que he dicho vayan al
Estrecho, y hazer prestos mas navios y otras provisiones. Esto me
han dicho ; hasta agora no se nada de parte del Rrey ni de persona
de su consejo, porque no ha vido tiempo para eso despues que
vino la nueva hasta que este se parte. Yo avisare luego de lo que
mas supiere.
Tanbien tiene aviso de Arzila del conde de Redondo
3
que el rey
de Fez stava a vm leguas de Arzila cave Alcaar, que avia sacado
la artilleria de alli, donde el la tiene, y que dezianque venia sobre
el. Tanbienpide que le mandenproveer, porque esta a mal recado.
Guarde Nuestro Seor la muy real vida de V
ra
Mag
1
y acreciente
su muy poderoso estado !
De Setbal, a xxi de Abril i532.
De V
ra
Mag
1
,
Basallo y criado que las reales manos de V
ra
Mag
1
besa,
Sign : Lope Hurtado.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 369. Original.
1. Nuno Alvarez Pereira, gouverneur de 3. D. Joo Goutinho, comte de Redondo,
Ceuta. gouverneur d'rzila de i5i/i i525 et de
2. Moulay Ibrahim, grand-vizir du roi de i2g i538. Il tait l'ami du vizir Mou-
Fez. Sur ce personnage, V. supra, p. 17, lay Ibrahim, quoiqu'il et souvent com-
note l\. battre contre lui.
l \ ! \ 10 MAI l532
V
ENQUTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES
1
Diverses villes et personnalits font connatre leur avis sur l'interdiction
ventuelle du commerce avec les Maures.
io mai i53a.
Sur la couverture, alia manu : Relacin de lo que los Concejos
e personas particulares responden
2
a lo que Su Mag
1
les escribi
sobre lo de la contratacin de frica. 10 de Mayo de i532.
Relacinde lo que los Concejos e personas particulares responden
a lo que Su Mag
1
les escribi sobre lo de la contratacinde frica.
MALAGA
3
.
La ville se prononce pour une prohibition s'appliquant toute la Chrtient,
car si elle tait restreinte l'Espagne, elle ferait passer le trafic aux
mains des trangers. Si le commerce doit continuer, on propose la
cration d'un entrept Oran, Bougie ou dans un autre port.
Une prohibition gnrale fera baisser les recettes douanires.
i. Le commerce avec les Maures fut (i25), la prohibition avait t gnrale;
l'objet de nombreuses rglementations. seul le port d'Oran avait t except. Cette
Suivant les circonstances, tantt il fut rigou- mesure fut rapporte peu de temps aprs,
reusement interdit, tantt tolr pour un V. infra, Doc. VII, p. 5g.
seul port nommment spcifi, tantt enfin 2. Onpeut infrer de la comparaison
onleva toutes les prohibitions. Cf. Chronol. des rponses que l'enqute comportait un
cr. aux dates: i4g3, 3i mai; I 5 I 6 , i3 questionnaire prcis.
aot; I 5 I 8 , g fvrier; i528, 11 mars. 3. Les noms des villes ou personnalits
Aprs la malheureuse expditiondes Espa- dposant l'enqute figurent enmarge
gnols pour reprendre le Pen de Vlez dans l'original.
ENQUTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES ^ 5
La cibdad de Malaga dize que le paresce que, en este caso, lo
mas probechoso seria la proybiciongeneral entodas partes, y que,
para ello, se pusiese todo el buen recaudo que fuese posible, de
manera que de ninguna parte de Cristianos llebasen mercaderas
a los dichos Moros ; y que, si la proybizion se fiziese solamente
en los reynos de Castilla, seria quitar el trato a los subditos de
Su Mag
1
y darlo a los estraos. Y, aviendo de aver trato, les parece
que los navios que llebasenmercaderas a los Moros las descargasen
en un puerto de Su Mag
1
que fuese Oran o Bugia o otro puerto,
e alli se fiziese una casa donde metiesenlas dichas mercaderias, a la
que viniesenlos Moros a conprarlas, teniendo aviso que no entrasen
enel lugar o cibdad de Cristianos. Y que, si se fiziese vedamiento
general, bendria algund dao a la renta del almoxarifazgo.
DIEGO DE CA ALLA
1
.
Dize lo mismo que la cibdad de Malaga.
JUAN LOPES DE RECALDE.
Il serait bon que les personnes et les marchandises passant en Afrique s'em-
barquent Malaga ou Cadix et dbarquent Oran ou Honen,
o se trouveraient des inspecteurs qui retiendraient les marchandises
prohibes. On y tablirait des entrepts, o devraient avoir lieu exclu-
sivement les rapports entre Maures et Chrtiens. En aucun cas,
le commerce espagnol ne devrait se faire par Santa-Cruz, qui est au
Portugal.
Dize que le parece que, despues de aver dado Su Mag
1
orden,
como los reyes e potentados de Cristianos, de la manera que han
de pasar mercaderias a tierra de Moros, seria bien que Su Mag
1
mandase sealar un lugar o dos en el Andaluzia, que fuese el uno
la cibdad de Malaga, y el otro, si este no vastase, la cibdad de Cdiz,
para que desde alli y de no de otra parte se embarquenlas merca-
derias y personas que obierande pasar a tierra de Moros y que vayan
i. Il tait en 1547 proveedor Malaga avec Francisco Verdugo. V. infra, p. 123.
46 io MAI i53a
a desenbarcar a Orano One ' o a otro lugar de Su Mae', donde aya
personas que vean las mercaderas, y si fueren de las vedadas las
tomen presdadas ; y tanbien los cosasen que los Moros no tratasen
con los Cristianos ni los Cristianos pasasen a tierra de Moros,
por manera que encada lugar de estos obiese una casa aprestada
para este trato, donde los Moros viniesen a contratar, y de esta
manera se les cosaria que muchos malos Cristianos convertidos de
judios se passan alia e se tornanjudios, e otros
2
, moros. Y que en
ninguna manera le parece que la contratacin de estos reynos sea
por Santa Cruz, puerto de Portugal.
LA CIBDAD DE CARTAGENA.
La prohibition du commerce avec les Maures doit tre gnrale, car, res-
treinte l'Espagne, elle serait pea utile et diminuerait les revenus de Sa
Majest.
Dize que Su Mag
1
debe quitar del todo la contratacin con los
Moros, dando ordenque de ninguna parte de Cristianos se les llebe
mercaderias, por que de otra manera poco aprobecharia que Su Mag
1
lo remediase en sus reynos y de otras partes les llebasen merca-
derias, e que las rentas de Su Mag', si asi se fiziese, se diminuyrian.
JUAN DE HEREDIA, VECINO DE CARTAGENA.
Les marchandises destination des rgions voisines des territoires portugais
devraient tre visites Santa-Cruz, celles destines aux rgions voisines
de l'Espagne seraient visites Carthagne, d'o elles seraient dbarques
soit Honen soit Oran. Les Vnitiens devraient renoncer ce
commerce. Le mieux serait que les Maures vinssent faire le commerce
ci Carthagne.
>
i. One, Honeny^&, sur la Mditer- Tlemcen. Les Espagnols s'en emparrent
rane, 3o kilomtres environ l'est de en I 53I ; ils l'vacurent en i534, aprs
Nemours. Cette ville, mentionne ds le l'avoir dtruite.
ix
e
sicle et dcrite au xi
e
sicle par El- 2. Il faut sous-entendre : convertidos de
Bekri el par El-Edrisi, tait le port de moros... se tornan.
ENQUTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES Y]
Dize que le parece que las mercaderas que se llevaren aquellas
partes de Moros que confinan con las tierras del serenysimo rey
de Portugal se pueden registrar en Santa Cruz, y los que pasaren
mercaderas a las tierras de Moros que confinan con estas partes
se registren en Cartagena, y de alli las lleven a One o a Oran,
para desde alli se contraten. Y que ante todas cosas conviene que
se tenga medio conlos Venecianos nonlas pasen, por que ellos las
lleban, e que lo mejor seria que los Moros pasasen ac a contratar.
NICOLAO FORNE, VECINO DE CARTAGENA.
Si l'on peut obtenir l'adhsion des puissances chrtiennes, spcialement
celle des Vnitiens, le mieux serait d'interdire le commerce avec les
Maures. // serait prjudiciable l'Espagne que la prohibition ne
s'appliqut qu' elle seule. L'inspection des marchandises aurait lieu
pour les places du Portugal Santa-Cruz et pour les places de Castille
Oran ou Honen.
Dize que, concordndose los reyes y potentados cristianos,
especialmente Benecianos, seria bien que no oviesen contratazion
conlos Moros ; e que, si no se concertasentodos, le parece que seria
perjuizio de estos reynos que dellos solamente dexasen de pasar
mercaderas ; y pasando le parece que las mercaderas que se pasasen
a las fronteras del reyno de Portugal se registrasenenSanta Cruz,
y las que pasasen a las fronteras de Castilla se registren en Oran
o One, so graves penas.
JUAN DE SALAMANCA, OTRO VECINO DE CARTAGENA.
Si le commerce avec les Maures est interdit, la prohibition doit s'appliquer
toute la Chrtient, car il ne serait pas convenable qu'elle frappt
l'Espagne seule. Si le commerce continue, il faudrait dsigner les
ports du royaume o les marchandises seraient visites et acquitteraient
les droits.
Dize que, aviendo de quitarse la contratacin a los Moros, avra
de ser concertando que de ninguna parte de la Cristianidad no
les llevasen mercaderas; pero, no siendo asi, no conbiene que
48 10 MAI 1532
solamente destos reynos se dexen de pasar; y ental caso, que Su
Mag
1
seale puertos donde por fera se registren y paguen los
derechos, y pierdanlas mercaderas que llebaren, si no fueren que
no les deven; y estos sean enpuertos destos reynos, non consin-
tiendo que sea en reyno estrao.
PEDRO NARBAEZ, OTRO DE CARTAGENA.
// serait bon que le commerce avec les Maures ft interdit par toutes les
puissances chrtiennes ; si la prohibition n'est pas gnrale, elle sera prju-
diciable S. M. et diminuera ses revenus. Si le commerce continue,
il faudra dsigner aux Maures un port du royaume pour y trafiquer, les
Chrtiens ne devant pas aller chez eux. On ne doit pas permettre
que les navires espagnols soient visits dans un pays tranger.
Que le parece que seria bienque vedasengeneralmente por todos
los reyes e potentados de Cristianos que no se pasasen mercaderas
a tierra de Moros ; pero, no siendo generalmente, que Su Mag' seria
deservido y sus rentas diminuydas ; y, aviendo de aver contratazion,
dize que seria bienque los Moros que obiesende contratar vinyesen
algund puerto de Cristianos que les fuera sealado y no pasasen
los Cristianos a ellos por los dampnos que dello se siguen; y que
no se debe dar lugar que los navios de los naturales destos reynos
seancatados enreyno estrao, por el escndalo que dello se seguira.
JUAN NABARRO, VECINO DE CARTAGENA.
Le commerce avec les Maures devrait tre interdit par tous les rois chr-
tiens. Si l'on n'est pas d'accord sur cette question, il ne convient pas
que les sujets de S. M. cessent le commerce. Dsignation de ports
pour la visite des marchandises.
Dize que su parecer es que se cierre del todo la contratacin con
los Moros por todos los reyes cristianos ; y que, no siendo de
concordia de todos, no conbiene que los naturales de Su Mag
1
dexen de contratar ; y que seria bien que sealen puertos donde
se registren.
ENQUTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES l\ Q
EL LISENCIADO YALCARGEL, VECINO DE CARTAGENA.
Ii ne jaut pas interdire totalement le commerce ni faire visiter les navires
en pays tranger. On doit empcher la contrebande des armes et des
marchandises prohibes. II faut dsigner des ports en Espagne, o les
marchandises seraient visites et o les Maures viendraient les acheter.
Dize que no le parece que se cierre del todo la contratacin, ny
registren los navios en rey no estrao, sino que se ponga gran
diligencia que no pasenarmas, ni otras mercaderias de las vedadas;
y para ello es bien que aya puertos sealados en este reyno donde
se registren las mercaderias, e que le parece que los Moros bengan
a estas partes a las conprar.
JUAN BASQUEZ DEL CAMPILLO.
Les marchandises destination du Maroc seront visites Gibraltar ou
Cadix pour tre de l dbarques S'anta- Cruz ; celles ci destination du
royaume de Tlemcen et des rgions l'est du Dtroit iront par Cartha-
gne Oran, o elles seront visites. Les puissances chrtiennes seront
prvenues que toutes les marchandises diriges sur d'autres ports seront
confisques. // serait nuisible de permettre aux Maures de venir
commercer dans un port chrtien.
Dize que le parece que las mercaderias que pasaren a la parte de
Cebta o Tituan que Su Mag
f
mande que se registren en Gibraltar
o en Cadiz, para que alli se vea lo que lleban, y desde alli las
lleben al castillo de Santa -j- ; y que las que pasaren al reyno de
Tremecen e azia aquellas partes, que es del Estrecho ac, bayan a
Cartagena e de alli a Oran; y que Su Mag
1
mande a todos los reynos
que estan debaxo de su seoro que las mercaderias que obieren
de llebar a Verberia las lleven a registrar a la dicha Oran, y alli
tomentestimonio de ello ; y que se escriba a los reynos y potentados
de Cristianos que no consientan que se lleven mercaderias a los
Moros por otros puertos, avisndoles que tomaran por perdidas
las que tomarenenla conquista de Su Mag*; y para la seguridad de
esto, deven andar requeriendo todas las costas las galeras de Su
DE CASTIUES. X. k
5o io MAI i532
Mag' ; y que le parece que sera muy grande ynconbiniente que se
de seguro a los Moros de allende para que vengana contratar a nin-
gund puerto de Cristianos, porque comunicaran estos reynos y
sabranlo que enellos pasa ; y que tenindose la hordensuso dicha,
no se diminuyria la renta del almoxarifazgo ni otra renta.
EL CORREGIDOR DE C DIZ.
Il ne faut pas interdire le commerce, mais faire visiter les navires qui vont
au Maroc. La prohibition diminuerait des deux tiers les revenus de
la douane et les Franais eCautres trangers s'empareraient du commerce.
Dize que no le parece que se quite el trato; antes se deve man-
dar poner muy buen recaudo en los puertos de la mar, para que
registren los navios que pasaren a Verberia ; y que si cesasen de
pasar las mercaderas que pasan a Verberia, se diminuyria la renta
del almoxarifazgo en mas de las dos tercias partes ; e que si ac
afloxasen el trato, los Franceses e otros estrangeros les lie varan
mercaderas.
FRANCISCO LEARDO, VECINO DE SEVILLA.
Impossibilit de supprimer totalement le commerce. Les rois chrtiens
ne devraient pas tolrer que des armes et marchandises prohibes soient
importes au Maroc. Les navires allant au Maroc devraient prendre
l'engagement, dans les ports o ils chargeraient, d'aller vendre leurs mar-
chandises dans une frontera : ceux pour la rgion du Cap-de-Guir, dans
une place portugaise, ceux destination du pays de Tlemcen, dans le
port d'Oran. Les marchandises seraient visites dans ces ports.
Dize que le parece cosa ynposible quitarse del todo la contra-
tacin; y que, para que no se lleben cosas vedadas, a su parecer,
dize que seria lo principal comunicar con los reyes cristianos que
nonconsientanque de sus reynos se llevenlas armas e otras merca-
deras vedadas, porque de alli se probeen mas que de ac ; y que
poco aprobecharia que Espaa y Portugal se concertasen y los
otros se quedasen fuera ; y que los navios que ovieren de yr a
tierra de Moros se tomen dellos seguridad, en los puertos donde
ENQUTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES 5 I
cargaren, que yriana descargar y vender sus mercaderas a puertos
de Cristianos, o los que fueren al Cabo de Aguer
1
, a un puerto
del rey de Portugal, e los que obieren de yr a Tremecen o sus
comarcas, a Oran o a otro puerto, e alli aya quien los registre y
veanlas mercaderas que lleban.
JUAN DE POLANCO, VECINO DE SEVILLA.
Impossibilit de supprimer le commerce avec les Maures, ce qui diminuerait
les revenus du Roi. Difficult de faire visiter les navires en Portugal.
// faut remdier aux abus qui se commettent dans le rachat des captifs
et le faire surveiller. Le passage en Afrique des Chrtiens nouvelle-
ment convertis doit tre interdit, car ces derniers retourneraient au
judasme.
Dize que tiene por cosa ynposible quitarse del todo el trato de la
Verbena ; y que, si en Espaa del todo se mandase quitar, las ren-
tas de Su Mag' se diminuyrian; y que tanbientiene por dificultoso
registrarse los navios en ningund puerto de Portugal ; y que se
devria poner remedio enel rescate de los cautibos
2
, porque ha vido
marcada solucinenello, mandando que no se concertase el precio
del rescate dentro enVerberia, sino enpuertos de Cristianos, e que
alli aya personas de diligencia e concena que tengan cuenta con
las mercaderas e rescates que se fizieren; e que, por he vitar los
ynconbinientes que se siguenen pasar Cristianos nuebamente con-
vertidos, porque se buelven alia Judios, que Su Mag*mande que
nonpasen alia persona de sospecha, e que se mande que ningund
mercader cristiano tengan conpaia con ningund Moro ni Judio,
so grave pena.
FRANCISCO DE AVALLOS Y MELCHIOR DE CARRION.
Impossibilite de supprimer commerce avec les Maures. La visite des
i. Cabo de Aguer. Le port de Santa-Cruz- cte atlantique.
du-Cap-de-Guir, aujourd'hui Agadir. Ce 2. Sur ces abus, V. i
re
Srie, France,
port, plusieurs fois cit dans ce document, t. III, Introductioncritique, Les ordres r-
semble avoir t considr comme le point dempteurs et les captifs chrtiens au Maroc,
extrme o s'arrtait le commerce sur la pp. 56I -56U.
52 10 MAI 1532
marchandises espagnoles Santa-Cruz ou dans une autre frontera por-
tugaise aurait pour consquence de nuire au trafic espagnol et de favoriser
le commerce tranger. Le revenu des douanes diminuerait des trois
quarts, sans que la contrebande des armes soit empche.
Dizen que tienen por ynposible quitarse del todo el trato que
los Cristianos tienenconlos Moros ; y que si se obiesende registrar
las mercaderias que llebasen de Espaa en Santa Cruz o en otros
puertos de Portugal, seria quitar el probecho a los naturales y dallo
a los estrangeros ; y si esto se hiziese, crehen que se diminuyria la
renta del almoxarifazgo en mas de tres quartos de mercaderias, e
que los mercaderes serian maltratados ; y por esto, no dexariande
llebar por otra parte armas a los Moros.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo kQi. Copie.
LETTRE DE LA VILLE DE XEREZ A GHARLES-QUINT 53
VI
LETTRE DE LA VILLE DE XEREZ A CHARLES-QUINT
La ville de Xerez fait connatre son avis sur une convention commerciale
propose par le roi de Portugal. // n'est pas exact qu'il soit import
d'Andalousie Tercouco et Teftana des armes, de l'acier, du cuivre,
du soufre, du fer, de la pierre et du salptre, vu que ces choses s'y
trouvent en abondance et s'y vendent meilleur march qu'en Espagne.
Le roi de Portugal propose que les Espagnols renoncent commercer
Tercouco et Teftana et qu'ils viennent exclusivement trafiquer
Santa-Cruz, o ils ne payeront aucun droit. Cela n'est acceptable
que si les Maures et les Juifs n'y payent galement aucun droit, comme
Tercouco et Teftana. Les autorits portugaises ne devront pas
visiter les navires espagnols. Si, sous ces rserves, la convention est
accepte, sa dure sera limite et garantie sera donne que les droits sup-
prims ne seront oas rtablis ultrieurement.
Xerez, 10 mai i53a.
Sur la couverture, alia manu : Copia de la carta que a Su Mag*
escrivio la ciudad de Xerez de la Frontera en x de Mayo de
DXXXII aos.
Copia de la carta que escrivio a Su Mag' la ciudad de Xerez, x
de Mayo de DXXXII aos.
S. C. C. Mag*.
La ciudad de Xerez de la Frontera besa los pies de V
ra
S. Mag
4
y dize que V
ra
Mag' mando a la dicha ciudad viese cierta capitu-
lacin de cosas que el serenisimo rey de Portugal pide sobre la
contratacin que los mercaderes de estos reynos tienen en la
Berbera. Y encomplimiento de lo que V
ra
Mag
1
manda y de lo que
toca a su rreal servicio, se a puesto mucho cuydado en saber los
54 1O MAI 1532
ynconbinyentes que ay o pueden aver enprobeerse aquello que
se pide: y despues de averse puesto enello condiligencia, la reso-
lucin que la dicha ciudad toma endezir lo que combiene al ser-
vicio de V
ra
Mag
4
es lo siguiente :
Quanto al primer capitulo, dize que de estas partes del Andaluzia
se llevan armas, azero, cobre e aufre y otras cosas de municin.
A esto se halla que no se ha de presumirlo tal, porque fasta oy tal
[no] se a averiguado ; ni tanpoco ay nescesidad de lo llevar, porque
de Torocuco
1
y Tafetana
2
, donde se dize que se lleva lo sobre dicho,
ay tanto cobre, que ac se trae por mercadura, y A
r
ale mucho
menos que ac ; y asi mismo yerro hazero ay tanto como en
Vizcaya, pues, siendo asy y valiendo mas barato, poca nescesidad
ay que se lleve de estas partes; piedra aufre y salitre, enla misma
tierra lo hazen y tienen aparejo para fazer quanto quisieren,
sin que de ac lo lleven. Asy que, por aver enBerbera abundancia
de todas estas cosas y valer mas barato que no enestas partes, no
se ha de presumir que se ha de llevar por mercadura, ny fasta oy
se averigua que de estos puertos del Andaluzia se aya llevado,
aunque valiese muchos dineros, quanto mas que sobre esto de cosas
vedadas ay puestas graves penas por V
ra
Mag'.
En lo que se dize que tiene mandado el serenessimo rey de
Portugal que ensu villa de Santa Cruz reciban los mercaderes
subditos de V
ra
Mag
1
, no les llevenderechos, a esto se dize que mu-
chas vezes se a dicho y orescido por el dicho seor rey o por sus
capitanes, ensu nombre, la dicha villa de Santa Cruz que se hara
asy, pero esto dura quanto es su voluntad ; y que mandndolo y
haziendolo asy, que no se lleven derechos ningunos de entrada ni
1. Torocouco, et alias : Taracouco, Ter- MARMOL, lib. III, cap. i5. Comme le mouil-
couco. Sur cette ville, V. DAMIO DE GOES, l
a
ge de Tercouco, celui de Teftana se
IV, 2i et 5i. Onpeut l'identifier avec le trouve abrit du N. et du N.-O. par un
lieudit de Tercouco, qui dsigne une colline massif de hautes terres, le plateau de Ta-
que couronnent des ruines encontrehaut guent de la carte au 200000
e
, dont l'extr-
de l'ancienne kasbad'Aghroud, sur le rivage mit 0. porte le nom de Ras Teftana;
au S.-E. du cap Guir; le massif du cap dans la baie qui s'ouvre au S.-E. dbouche
enabrite le mouillage de vents du N. et uncours d'eau form par la runionde l'assif
du N.-O. Iguezoullenet de l'assif Assoufid ; il y faut
2. Sur ce port, V. France, t. I, p. 108, sans doute voir le fiumicello dont parle
note 2; LON L'AFRICAIN, f. i5 v
o
-i6 r et LON L'AFRICAIN.
LETTRE DE LA VILLE DE XEREZ A CHARLES-QUINT 55
de salida enla dicha villa y torre de Santa Cruz, ni enningunos
de los otros lugares de su conquista donde el dicho seor rey quiere
que se vayan a registrar las dichas mercadurias, que ental caso
poco ynconbiniente seria yr a los dichos lugares, antes todos los
que tratanenla Berberia, subditos de V
ra
Mag*, lo abrianpor bueno,
contal aditamento que, despus de aver registrado las mercadurias
y visto que no ay cosa vedada enellas, los dexen yr libremente
desde la dicha villa y torre de Santa Cruz consus mercadurias a
los lugares que quisierenllevarlas a contratar, porque asy lo solian
hazer enla dicha villa, quando por all tratavan los subditos de
V
ra
Mag\ sinque por ello agora paguen derechos ningunos, como
el dicho seor rey se ofresce. Y siendo desta manera que todas las
dichas mercadurias vayan a la dicha torre y villa de Santa Cruz,
para el despacho delias, por fuera se ha de dar seguro a los Moros
y Judios que vengan a contratar a la dicha torre y a estos tales,
pues todo se haze debaxo de finque no se lleven cossas vedadas ;
que asymismo no se les llevenderechos a los Moros y Judios, por-
que de mejor voluntad vengan a contratar y los Cristianos des-
pachen mejor sus mercadurias, y tanbien porque lo que se quita
de derechos a los Cristianos lo podrian echar a los Moros, de cuya
causa, como se dize, no vernian a contratar y seria mucho perjuy-
zio, porque tanto menos darianpor las mercadurias quantos dere-
chos se les cargasen, porque, enlos puertos de Tafetana y Toro-
cuco, no se les lleva a los Cristianos mas derechos de los que les
llevan yendo y entrando por la dicha villa de Santa Cruz, y los
Moros por alli sonlibres de todos derechos. Y no haziendose desta
manera, los subditos de V
ra
Mag
1
no despacharansus mercadurias,
y, no despachndose, no yrian mas mercaderes conellas y el trato
se perdera, por donde vernia mas dao y perjuyzio a las rentas
reales de V'
a
Mag*, cerrando y mandando que no contratasenlos
subditos de Su Mag' por Torocuco y Tafetana, como el dicho seor
rey de Portugal lo dize e pide.
Y enquanto a lo que se dize por parte del seor rey que V
ra
Mag*
mande dar su probision para que los capitanes y justicia del seor
rey tengan libertad de catar y buscar los nabios que fuerencar-
gados de los vasallos de V
ra
Mag
4
, a esto se dize que, aviendo de yr
a la dicha torre todas las mercadurias y los nabios que las llevan,
56 io MAI 1532
asentndose le suso dicho, que poca nesecidad ay de ser catados,
pues entierra se an de descargar, y alli se podra ver sy llevan
cosas vedadas, y tanbienporque, siendo libres de derechos, como
se dize que se har, no tendrn nesecidad de yr por Torocuco ny
Tafetana, y, no yendo, no ay para que catallos ; y, dando probision,
seria dar causa para que los capitanes del seor rey de Portugal
tubiesen facultad para levantar enbargos y achaque, con que los
subditos de V
ra
Mag*fuesen fatigados.
Porque el finde todo esto que pide el seor rey de Portugal es
a efecto que el trato que los subditos de Su Mag
1
tienen enla Ber-
bera buelba y se haga por la dicha torre, como antes solia, lo que
se perdi por los malos tratamientos y sobornaciones y cohechos
que los capitanes y aduaneros de la dicha villa de Santa Cruz hazian,
y a esta causa la dicha villa no esta tanpoblada como solia, querra
y procura que agora tornase el dicho trato por alli ; y podra ser
que, despus de bueltos, les tornasen a poner los derechos, como
lo an fecho otras vezes, aviendoles prometido que no se les llevara
y se les hara buen tratamiento, y, despus de tenellos alli, hazen
lo contrario ; y, no aviendo, como no ay, de donde seanremediados
de justicia, por ser tandesbiado de estos reynos como es, conbiene
que, si V
ra
Mag' a de conceder enlo que el seor rey de Portugal
pide, a de ser con toda seguridad que se cumplir lo suso dicho,
y por cierto tiempo limitado, y porque eneste medio se vea mejor
sy conbiene al servicio de V
ra
Mag' y a sus rentas que se efetue por
mas tiempo o no.
Todo lo suso dicho es lo que la dicha ciudad de Xerez alla que
V
ra
Mag*deve ser avisada y certificada. V
ra
Mag' sea servida de
mandallo veer y probeer enello lo que a su real servicio sea y mas
combinyente al biendestos sus reynos y de sus vasallos y naturales.
De Xerez, a diez de Mayo de IUDXXXII aos.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U6. Copie.
AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES "]
VII
AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES
1
Au temps des Rois Catholiques, le trafic avec les Maures tait prohib:
deux galasses vnitiennes ayant viol cette interdiction furent prises par
Alvaro de Mendoza, capitaine gnral de la mer, et vendues son profit.
// est notoire que l'glise dfend tout commerce avec les Maures.
Les Rois ont tolr une exception cette dfense, afin de faciliter le
rachat des captifs, qui taient changs contre des draps et de la toile.
Avec le rgime de libert actuel, ce rachat est devenu trs onreux : le prix
d'un captif s'est lev de vingt cent cinquante ducats. Le capitaine
Sancho de Biedma et le veedor Francisco Verdugo, ayant t capturs lors
de l'affaire du Pen de Vlez, se sont plaints au Conseil de la Guerre des
difficults que rencontrait leur rachat par suite de l'avilissement des mar-
chandises Vlez, oonles trouvait aussi nombreuses que dans un march
ou une foire d'Espagne. A la suite de ce fait, le Conseil de la Guerre
dcida d'interdire tout commerce avec les Maures ; exception fut faite
pour le port d'Oran, mais cette mesure fut rapporte par le Conseil
Royal ou par la Chambre de Castille. A ujourd'hui les villes demandent
que le libre trafic soit limit aux places que Sa Majest possde outre
mer. Mais il faut considrer que, si l'on exporte du bl chez les Maures,
cette denre enchrira en Espagne, et que, si l'on exporte des draps
et de la toile, la rdemption des captifs sera rendue plus difficile. En
outre, la faveur du commerce, il sera fait de la contrebande de guerre,
et dj on constate que les Maures ont beaucoup plus d'armes qu'ils
n'en avaient autrefois. Cette question du trafic ainsi que la dcision
prendre semblent devoir appartenir au Conseil de la Justice. Un
autre inconvnient du libre trafic est de permettre aux Maures d'tre
aviss de ce qui se passe en Espagne. C'est ainsi que la perte du
Pen d'Alger est due un avis qu'un marchand de Majorque a fait
passer Barberousse. Si le libre trafic continue, Barberousse et les
Maures sauront chaque jour oh se trouve la flotte et ils opreront coup
i. L'auteur de cet avis tait membre du plusieurs passages du prsent document.
Conseil de la Guerre, ainsi qu'il rsulte de Cf. ci-aprs p. 58, note 3, et p. 5g.
58 i53a
sur. Pour toutes ces raisons, l'on pense qu'il faut s'en tenir la
dcision du Conseil de la Guerre interdisant tout commerce avec ces
rgions.
[i53
2
]
Sui* la couverture : Sobre lo que toca al trato de frica.
El seor Cardenal
2
me encomendo en el Consejo
3
de ayer que
oy nos juntsemos para ver lo que las ciudades" escriven cerca del
trato de aliende, y a esto devemos ser llamados. Suplico a V. md.
y a esos seores, por que esta noche no he dormido a causa de aver
ecedido en la cena, perdone la poca falta que yo puedo hazer.
Enesto del trato de aliende dire, Seor, aqui lo que alia dixera
a Vs. mds., porque conmas causa me ayanpor escusado de no yr.
En el tiempo del reynar de los Reyes Catholicos, fue defendido
el trato de aliende a todos sus subditos ; e, siendo capitn general
enla mar por Sus Altezas el conde de Castro, Albaro de Mendoa,
tomo dos galeaas de Venecianos, porque y vana tratar a aliende y
les hallo algunas cosas de las vedadas. Andubo el pleyto en Consejo
de Justicia e sentencise que heran bientomadas, de que el conde
dezianque avia quedado rico de la presa.
Notorio es que la Yglesia defiende todo trato con los Moros ; y,
quando los reyes en algo lo solian permitir, era dar licencia que
para los rescates de los cautivos se pudiese llevar el rrescate en
mercaderias de paos o lienos, con que venia en convertirse en
ganancia de salir barato los cautibos. Agora, como a los mercaderes
i. Cette date est restitue d'aprs les S. M. sur les ctes d'Afrique, proposition
donnes suivantes : i le document est dont il est question dans le Doc. V, dat
antrieur au dpart d'Alger de Kheir ed- du 10 mai i53a. V. supra, p. kk-
Din(Barberousse), dpart qui eut lieu en 2. Le cardinal de Santiago. Sur ce per-
aot 1533 ; 2
0
il est postrieur la prise sonnage, V. i
re
Srie, France, t. I, p. 3g,
du Pend'Alger (mai 1029), dont il est note 4, et infra, p. 97, note l\.
parl comme d'un fait pass (V. infra, 3. Le Conseil de la Guerre. V. infra,
p. 60); 3 on examine dans le prsent p. 5g.
document une propositionrelative la pro- /j. V. supra,Doc. V, pp. 44-5a, les obser-
hibitiondu trafic avec les villes que possde vations prsentes par les villes.
AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES OQ
no se defiende el trato, gananellos aquello que solanganar y venia
a los cautibos ; y, por eso el cautibo, que entonces salia conveynte
o treynta ducados, sale agora con CL o ce. Y el capitn Biezma y
el veedor Francisco Verdugo, que cautivaron enlo de Velez de la
Gomera
1
, salidos de cautiverio, se quexaron en el Consejo de la
Guerra del grandao que ellos e los otros cabtivos avianrescebido
en sus rescates, porque, de la mercadera que ellos se avian de
aprobechar para salir mas barato, avia alia enYelez tanta abundancia
de mercadura como en un mercado o feria de ac. Y, por lo que
estos dixeron, se probeyo en el Consejo de la Guerra que se apre-
gonase en Malaga y enlos otros puertos de ac que ninguno fuese
osado de llevar mercaderas aliende, ecebto a Oranque estava dada
licencia por Sus Altezas ; y que, los que fuesen a otra parte sino a
Oran, los que quisiesen armar sobre ellos los pudiesen tomar de
buena guerra ; y desto podra dar fee Ondara, si se asento en el
libro. Y no se guardo, porque, o por Consejo Real o por Cmara
2
,
se dieron mandamientos rebocando lo que se avia mandado en el
Consejo de la Guerra, de que Vs. mds. se podranbienacordar, que
fueronlos que lo probeyeron.
Si las ciudades agora escrivenque sera bueno el trato con tanto
que sea enlos lugares que Su Mag
1
tiene enaliende, si la mercadura
es pan, por que el ao pasado lo tubieron muy caro, por aver sido
muy malo, el panque se sacare para alia encarescera lo de ac, con
que padesceranmucho trabajo los pobres en general; si la merca-
dura ha de ser enpaos y lienos, padescenlos cautibos. Y, dems
destas mercaduras que van publicas, suelen llevar so sota armas
defendidas, que paresce byenclaro por las muchas que tienen agora
los Moros que no solian tener. Y, pues del mandar tratar a aliende
se seguirn todos estos ynconbinyentes y mas, la determinacin
i. Il s'agit de l'expdition malheureuse du colonel Francisco Verdugo (i536-i597),
du marquis de Mondejar contre Velez en qui se distingua dans les Pays-Bas et
septembre-octobre I2, dont le rcit est qui crivit le Commentario de la guerra
donn par SALAZAR, Hspanla victrix, cap. 5, de Frisa, rimprim Madrid en 1872
et d'aprs lui par MARMOL, lib. IV, cap. 27. dans la Coleccin de libros espaoles raros o
Sancho de Biedma et Francisco Verdugo y curiosos.
furent faits prisonniers. On retrouvera ce 2. La Gamara de Castilla. V. GOUNON-
dernier ci-dessous comme proveedor de LOUBENS, Essai sur l'administration de In
Malaga. V. infra, p. 123. Ce fut le pre Castille, pp. 195-198.
6o i53a
desto enel Consejo de Justicia paresce toca mas que a otro Consejo,
y que alli se devria tomar.
Dems de los ynconbinyentes dichos, ay otro que mucho ynporta,
que conlos tratos sabenlos Moros continuamente todo lo que ac
pasa. Y esto es de tan gran dao que supimos cierto que se perdi
el Pen de Argel
1
por el aviso que dio aquel mercader de Mallorca
que se llama Castellna Barbarroxa ; el qual tenia ya retrayda su
artillera sinesperana de tomalle, y, como llego aquel mercader
y le dixo que el Enperador avia fecho vela para Ylalia, con aquel
aviso torno a poner su artillera y apretlos y tomlos. Con saber
que haze eJ enemigo se acierta las mas vezes las cosas de la guerra,
y, conescusar que el no sepa lo de ac, se defiende mejor la tierra ;
lo qual no se puede escusar que Barbarroxa e los Moros no lo sepan,
sy a de andar el trato entantas partes. Cada dia sabrn donde anda
nuestra armada y si anda mal o bien probeyda, y guerrearan y
harndaos mas a su saib, contener continua noticia de lo de ac.
Y por esto y por todo lo que esta dicho, aunque mi parescer,
siendo de tanpoca ynportancia, ara poco al caso de lo que se a de
determinar, mas todavia me atengo a que lo que probeymos en
escusar el trato por todas partes hera bien acertado ; y por tal lo
ternya agora, si tal paresciese a Vs. mds.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U61. Copie.
i. Le Pend'Alger fut pris par Kheir ed-Dinle 27 mai 1529.
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO 6 l
VI I I
LETTRE DE CRIST BAL DE ABREO
1
A DON JUAN ALONSO
DE GUZMAN
2
Relation de la prise de Caaa par les Maures : quelques soldats de la
garnison, aprs avoir tu le gouverneur Luis de Chaves, leur ont livr
la ville. La nouvelle a t apporte Melilla par un soldat fugitif,
dont le rcit a t confirm par le cad El-Atar, venu Mellila, huit jours
aprs Capture Caaa d'une barque et de son quipage par les
Maures. Causes de la mutinerie. El-Atar a laiss Caaa une
garnison de 5o arbaltriers et de 80 cavaliers. // est ncessaire que
les navires chargs du ravitaillement de Melilla se tiennent sur leurs
gardes et soient bien arms, car ils seront en danger dans ces parages.
La perte de Caaa est imputable, non l'insuffisance de sa garnison,
mais uniquement la trahison. Une patache est arrive Melilla
et repartie destination de Carthagne.
Melilla,. 19janvier 1533.
Sur la couverture, alia manu: A DonJuanAlonso de Guzman.
El alcaide de Melilla. La perdida de Caaa i 5 3 3 \
Muy illustre Seor,
En martes, siete del presente, escribi a V. S. en las caravelas
conPedro de Lon, el quai y las cartas que llebava se perdi en
I. Onvoit par la date du prsent docu- par G. DE MORALES, Datos para la historia
ment que Cristbal de Abreo tait entr en de Melilla, p. 5ao.
charge, sans doute titre intrimaire et 2. Sur ce personnage, "V. infra, p. 73,
comme lieutenant-gouverneur, avant l'an- note 2.
ne i535, o il figure dans la liste chrono- 3. MARMOL (Lib. III, cap. 92) place par
logique des gouverneurs de Melilla donne erreur cet vnement en i53/i.
62 ig JANVIER i533
Caaa
1
, como V. S. avra sabido. Despus tornamos a aA^er las
i. Nulle ville du Maroc n'a t l'objet
d'identifications plus fantaisistes. Onl'a
place tantt l'Est, tantt l'Ouest de la
presqu'le de Melilla (V. CASTRO Y PEDRE-
RA, El Rif, prface de MORALES, p. ix).
On l'encontre, mme pour le nom de ce
lieu, des graphies diffrentes. .EL-BEKRI
(TraductionDE SLANE, pp. 180-181), etlii^
KHALDON (TraductionDE SLANE, t. I, pp.
171, 190, ig, ig5, 227, 23o et t. II, p.
187) crivent Ghaaa 4L^c- avec unghan.
EI.-[Link] (Traduction [Link], t. II, p.
222) nomme ce lieu Khaaa *UL.>- avec
un/f/ia.D'aprslui, l'ethnique El-Khaaci au-
rait t donn Sidi Abou Fedhol Kassem,
parce que celui-ci tait originaire de Khaa-
a, ville situe au bord de la mer, au pied
duDjebel Guelaya. Il est trs probable que
la graphie Gaaa, qui est conserve dans
les titres de la maison do Medina-Sidonia
et qui correspond la forme berbre Igsasa,
Igsasen, est seule correcte. Ce nom de
Gaaa, sur la carte de l'Etat-Major espa-
gnol au i/5oooo, est appliqu deux anses
situes sur la cte ouest de la presqu'le des
Guelaya, l'une au nord (Cala Igsasa), 9
kilomtres du cap Tres Forcas, et l'autre au
sud (Playa Igsasen), la base mme de la
presqu'le et 21 kilomtres du cap susdit.
A unkilomtre environde l'anse nord se
trouve unlieu habit portant galement le
nomd'Igsasa. D'autre part, Bartolom Dora-
dor (V. i
re
Srie, Espagne, t. II, la date du
11 mars i554) nous dit que cette ville tait
peu loigne du cap Tres Forcas. D'aprs
le commandeur JUAN DE GAITAN (Relacin
de la costa de allende dans Boletn de la Socie-
dad geogrfica de Madrid, 1879, t. VII, p.
I2), la distance de Melilla Caaa serait
de deux lieues par terre et de quatre par
mer, endoublant le cap Tres Forcas. Ces
diverses donnes s'appliquent peu prs
aussi bien Cala Igsasa et Playa Igsasen,
et il est difficile de choisir entre l'unou
l'autre de ces points pour identifier l'ancien
fief des Medina-Sidonia. Une seule chose
est tablie d'une faon irrfutable, c'est
que Caaa se trouvait sur la cte occiden-
tale de la presqu'le. Cependant, sur la foi
de MARMOL, qui dans sa Descripcin de
frica (Lib. IV, cap. 92, f. i55 v), crit :
La ciudad de Caaa esta siete legoas a
Levante de Melilla 3), quelques gographes
ont cherch placer Caaa dans le voisi-
nage de la lagune de Mar Chica. Nous
pensons qu'il faut voir dans le mot Levante
unlapsus de l'auteur ou une faute d'im-
pression, car Marmol signale lui-mme que
la dislance entre les deux villes est trs
suprieure par mer la distance par la voie
de terre ; celte diffrence de distance serait
incomprhensible, si Caaa tait l'Est de
la presqu'le des Guelaya. Signalons toute-
fois unpassage assez obscur d'undocument
de i552 (V. infra, p. 660, et note 3), qui,
premire lecture, confirmerait l'erreur de
Marmol. Malgr les difficults que pr-
sentait ce mouillage pour le chargement
ou le dchargement des navires (V. infra,
p. 68), il tait autrefois trs frquent.
L'historien IBN KHALDON fait mention
d'une flotte andalouse qui s'y trouvait
l'ancre en1292: ^5.C ^JU^LuI u*.>j'_}
4~-L (Texte arabe, t. II, p. V\ A). Plus
tai'd, les Turcs d'Alger enfirent une base
maritime dans leurs oprations contre le
Maroc (V. GRAMMONT, p. 81). La ville
de Caaa ne se trouvait pas sur la cte,
mais elle tait situe sur une positiondomi-
nant la mer. Ses habitants taient appels
gens du djebelHourk ).A \>- LAI (EL-
BEKRI, ibidem). Ce djebel Hourk, qu'on
dsigne aussi sous le nom de djebel Gue-
laya, forme l'troite presqu'le de Melilla;
il se termine par unpromontoire trifurqu,
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO 63
cartas de los Moros y es la que va con esta
1
. En quanto a la des-
ventura de perderse Caaa y la manera como acontescio, dire a
V. S. en esta brevemente.
El martes, siete dias deste mes de Henero, estando el alcaide
Luys de Chaves en Caaa en un mirador, que cae sobre el rio
Verde, mirando al canpo, salieron all dos soldados, que tenian
concertado de matallo, y, llegando junto con el, desarmaron enel
dos arcabuzes ; uno le hiri por los lomos y otro por una pierna ;
en el mismo momento, otro que liera enel concierto dio otro arca-
buzaso a un artillero que all avia llamado, maestre Antonio, y
todos tres se subieron a una pea que dizen el Alafia, que es lo
mas alto y mas fuerte de Caaa, donde tenian puestos otros dos
traydores. Subidos all, pusironse en armas, defendieron a los de
la fortaleza aquella pea, de manera que ninguno subi a ellos,
aunque lo pudieran fazer, sy tuvieransaber y animo. Los de abaxo,
viendo que no los podantomar, movironles partido que los dexa-
rian yr a Castilla en salvo o a los Moros y que dexasen la pea ;
los traydores no quisieron salir a ningund partido, antes dixeron
a los de abaxo que guardasen ellos lo baxo, que ellos guardaranel
Alafia y todo lo alto ; y los malaventurados creyeron lo que les
prometieron los traydores. Desque fue ya bien noche, echaron
uno de los traydores que fuese a llamar los Moros ; el qual fue y
los traxo, y, aunque toda la noche anduvieron arredor de Caaa,
no osaronacometerla hasta que fue de dia claro, temiendo que el
traydor no dezia verdad. Ya que fue claro el dia, llegronse al pie
del Alafia y los traydores echronles sogas y por alli los metieron
enla fortaleza. En la torrezilla que esta junto a la mar, esavan
tres honbres ; el uno destos se hallo enla fortaleza, quando mata-
ron a Chaves, y, antes que muriese, le mando que se viniese a la
appel le cap Tres Forcas (Entrefolcos dans son, mais elle ne fut occupe par lui qu'en
les documents du xvi
e
s.) et Ras Hourk en avril i5o6 (URITA, VI, 3i).
arabe (transcrit fautivement Ourk sur nos i. Les lettres perdues Gaaa taient
cartes du Maroc). Il est, d'ailleurs, remar- tombes ntreles mains des Maures; mai-
quer que ce mot Hourk n'est autre que le sonparvint les ravoir. Parmi ces lettres,
mot latinfurca Chorea ou forca enespagnol). s'entrouvait une du 7 janvier i533, la-
La ville de Caaa fut concde eni5o4 quelle Abreo fait allusion, qu'il envoya,
au duc de Medina-Sidonia avec l'obligation jointe la prsente, D. Juan Alonso de
de la conqurir et d'y entretenir une garni- Guzman.
64 19 JANVIER i533
torrezilla. Este honbre, como el mircoles, a la maana, vido los
Moros dentro en Caaa, echse a nado de la torrezilla y vnose
aqui a Melilla el mismo mircoles enla noche y llego aqui a la una
despus de media noche, y este dio la nueva que he dicho, como
testigo que se hallo a todo.
Las caravelas avian partido de aqui este mismo mircoles por
la maana y llegarona Caaa de noche. Asy como vino aqui este
soldado y me dio la nueba, temiendo que echaranlas barcas en
tierra y que aquellos traydores las armaran como lo fizieron, al a
ora arme el bergantny lo entibie para que diese aviso a las carave-
las. Por mucha priesa que se dio, ya las barcas heranydas a tierra,
y tomaronla una y enella a Pedro de Leny al maestre Alonso
Rodrigues y a otro escudero que yba de aqui, y mataronotros quatro
honbres. El bergantnsali todava tras las caravelas la via de Cas-
tilla, para dezilles quebolviesena dar aqui lo que para Caaa lleva-
van, y no las pudo alcanar. Asy aconteci que se perdiese Caaa
el mismo da que las caravelas y van a ella, para que la barca tan-
bien se perdiese.
Dende a ocho das, vino el Alatar
1
a alafia
2
aqui, del quai y de
los Moros supimos que todo acontescio de la manera que lo conto
el soldado que vino. La cabsa porque estos traydores
3
se movieron
a faser tanto mal fue porque Chaves dio por su mano cinco o seys
acotes con un ltigo a una muger, con quien aquellos traydores
tenianparte, y al uno dellos, porque dexava la vela, le mando
que no se echase conella, y a el dio por esto una vez de moxicones.
El Alatar dexa en Caaa cinquenta ballesteros de guarnicin y
ochenta de cavallo ; ha se nos llegado muy cerca la mala vezindad
a cabsa desta desdicha, y por esto y porque toda la guerra que se
i. Alatar, le cad Ahmed el-Aiar, qui de honbre muy poderoso (V. infra, pp.
avait t, au cours des annes prcdentes, 68 et 69). On le retrouvera ci-dessous
cad de Fichtala et qui avait jou un rle Doc. XIII, p. 78.
important dans la lutte contre les Portugais. 2. Alafia, de l'arabe LJJI, paix, sret.
G'tait lui qui reprsentait, la date du 3. MARMOL rencontra plus tard Fez un
prsent Document, le roi de Fez dans la de ces tratres, nomms Mansilla, qui,
rgionde Melilla et qui y dirigeait les op- aprs son apostasie, avait pris le nom de
rations contre les Espagnols. Cristbal de Sliman; il tait dans la misre et enhor-
Abi-eo, qui eut occasionde s'entretenir avec reur aussi bienaux Maures qu'aux Ghr-
lui peu aprs la perte de Caaa, le qualifie tiens. Cf. Lib. III, cap. g2, f. i56.
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO 65
fazia a Caaa se ha de convertir enMelilla, conbiene a mi andar
muy sobre aviso y que la provisyon desta cibdad se haga muy
mucho contiempo, y vengan navios bien armados a ello, porque
asy de Caaa, como del cabo de Entrefolcos, tienenmucho peligro
los navios.
La perdida de Caaa fue a tiempo que, sy avia de ser, no
pudiera acontescer conmenos culpa, porque avia enella cinquenta
honbres todos escogidos de aqui y mucha plvora y armas y trigo
para mas de tres meses, y estava mejor que avia estado de seys aos
a estaparte y, sy traycionno huviera dentro, ella estava biensegura.
Aunque avia Chaves perdido aquella gente este verano, el estava
satisfecho conlos cinquenta honbres que le quedaron ; pero a
traycion no ay casa fuerte, y, sy a el no le mataran, crea V. S. que
no se escaparan los traydores enel Alafia, synque los tomara,
antes que se pudieranyr a los Moros.
El mismo mircoles, enla noche, llego aqui el patax que corri
con tiempo a Cartajena, el qual alijo alguna ropa a la mar de la de
sobre cubierta ; vino enel el veedor, y dende a quatro oras que
llego el, llego la nueva de Caaa. Yo le he dicho que escrivia sobre
esto acontescido ala Corte, haziendo relacinde la buena provisyon
que Caaa tenia, y como, synla traicin que huvo, no pudiera
perderse, porque se sepa como esto acontescio no por mal recabdo,
ni por otra falta.
j Guarde Nuestro Seor la muy illustre persona de V. S. con
acrescentamiento de mayor estado !
De Melilla, a xrx de Henero de i533.
Muy Illustre Seor,
Criado de V. S. que sus muy illustres manos y pies besa,
Sign : Cristbal de Abreo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 461. Original.
DE CASTRIES. X. 5
66 23 JANVIER 1533
IX
LETTRE DE CRIST BAL DE ABREO AUX MUNITIOMAIRES
DE MALAGA
Perte de Caaa : nouveaux dtails sur l'occupation de la ville par les
Maures. Les approvisionnements de Melilla en vivres et en muni-
tions sont suffisants, mais il est urgent de restaurer les fortifications de
cette place, en raison du peu de distance qui la spare de Caaa et de
l'ventualit d'un sige.
Melilla, 23 janvier i533.
Sur la couverture, alia manu: El alcaide de Melilla sobre lo de
Caaa.
En tte : Copia dela carta que escribi Cristbal de Abreo, alcaide
de Melilla, a los probedores de Malaga, en xxm de Henero de
DXXXIII aos.
Seores,
Ayer mircoles, xxndel presente, a las honze de la noche, llego
aqui Pedro de Burgos, del qual recibi una carta de Vs. mds. y el
traslado de otra, que el seor marques de Mondejar
1
les escribi sobre
la nueba, que las caravelas dieron, de la perdida de Caaa, por la
qual manda les avise de como paso esto y de la gente que se perdi
en aquella fortaleza y de la artilleria y otras municiones que los
i. D. Luis Hurtado de Mendoza, 2
e
mar- du Conseil d'tat (V. p. 92, note 1) et de
quis de Mondejar, 3
e
comte de Tendilla, celui de la Guerre, prsident des Conseils de
capitaine gnral du royaume de Grenade Castille et des Indes. Il mourut eni564- Cf.
(i5i2-i535), vice-roi de Navarre, membre HARO, Nobiliario genealgico, t. I, p. 370
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO 67
Moros tomaron en ella, y ansi mismo del estado desta cibdad,
para que ynforme a Su Mag*de todo. Lo que yo he aqui savido
cerca de Io de Caaa es que ella se perdi por traycion, que sinella
no pudierana ver [la] los Moros, ansi por la dispusiciondel sitio como
por el recaudo que dentro avia de gente y bastimentos y artillera
y municiones. Paso de esta manera:
El martes, que fueron siete del presente, dos horas antes que se
pusiese el sol, se juntaroncinco traydores, que estavan conjurados
de matar al alcaide y dar la fortaleza a los Moros, y los dos de
ellos se subierona una pea, que dizenel Alafia, que es dentro de la
fortaleza, muy fuerte e muy alta, y los otros tres quedaron abaxo.
Fueronse donde el alcaide estaba, que hera sobre un mirador mi-
rando al canpo, y tiraronlos dos arcabuzes, con que lo mataron; y
a otro artillero, que hallaroncerca, tiraronotro y matronlo. Hecho
esto, subironse con los otros dos enaquella pea, y todos cinco
se fizieronallifuertes, y, aunque los de abaxo les acometieron, como
gente que ya estava sincabdillo, fizieronlo tanfloxamente que ni por
fuerza, ni por otro partido les pudieronde alli quitar. Venida la noche,
echaronuno de los traydores por aquella estancia que teniany fue a
los Moros que estavan media legua de alli, y dixoles que veniesen
a tomar aquella fortaleza, que el y sus conpaeros los meteran sin
peligro dentro por una ystancia, y contoles todo lo que dexaban
fecho. Los Moros venieron a la fortaleza y, temiendo que aquel
traydor no les dezia verdad, non osaron llegar a ella fasta que fue
dia claro, que los otros traydores les echaronsogas de aquella pea,
por donde los subieron; entraron dentro mili onbres. Esta es la
manera como acontescio, y ansi lo cuenta unsoldado que se escapo
de una torrezilla que esta junto a Caaa enel puerto dlia, y de los
Moros que aqui hanvenido e sabido lo mismo.
No se halla cabsa que a estos traydores moviese a esta traycion,
sino aver dado el alcaide dos o tres acotes, con unltigo que traya
enla mano, a una amiga del uno dellos.
La gente que alli se perdi fueron sesenta e cinco onbres, conlos
quales estavan las estancias conplidas y sobraban veynte onbres.
Tomaron los Moros en ella veynte pieas de artillera buenas, las
mas de ellas de bronze, tomaronmuchas armas de vallestas y esco-
petas y arcabuzes y mucha polbora y plomo, porque de esta sienpre
68 23 JANVIER 1533
aquella fortaleza tenia mucho de respeto, porque se tenia conside-
racin a que con pocos tienpos le podian dar carga los navios. De
pantenia para mas de cinco meses, sinlo que llevabanestas caravelas
agora. Ella estava de manera que los Moros estabanbiensyncuy-
dado de acometerla; y ansi me lo ha dicho el alcaide Alatar
1
, que
vino aqui a correr y me hablo sobre esto,
Enlo que toca a Melilla, pues Vs. mds. lo mandany tienenel zelo
que por su carta dizen de la buena guarda desta cibdad y an de
avisar a Su Mag
1
de ello, la relacinverdadera que de ella se puede
dar es esta. Ay en esta cibdad los dozientos y veynte onbres que
Su Mag
1
manda que aya y los quarenta de caballo; y este verano
yo he tenido, dems de estos, otros ochenta soldados, que el Duque,
mi seor, me mando hazer enesa cibdad, quando vine, como Vs.
mds. vieron, porque para la buena goarda de esta cibdad Su Se-
oria no esta satisfecho conla gente que Su Mag
1
mando dexar,
enel nuevo concierto que se tomo, quando esta obra se comeno.
De trigo y otros bastimentos, lo que ay es que aqui me dexaron las
caravelas todo lo que es menester para hasta SanJuanvenidero. De
armas, lanas, vallestas y arcabuzes, esta la gente de mi conpaia
bien armada y tengo municin. En el bastimento buena copia de
respeto, y ansi mismo la tengo de plvora y plomo. De artillera
tengo cinco bandas della de slera, sin otras pieas de fierro. Yo
halle en esta cibdad algunas pieas buenas rotas y las he enbiado
a Su Seora de SanLucar, y me mando escribir que aquellas me
tornara a enbiar fundidas en el primer navio ; y aunenesa cibdad
ay en mi casa y a la puerta de la taraana otros tres pieas, que se
llevaron de aqui rotas, que han tanbien de benir ac fundidas de
todas tres una piea.
El dapno que esta cibdad al presente tiene es que, desde la puerta
de la mar toda en derredor hasta bolver a la obra nueva, que son
sietecientos pasos, todos los muros estnpor el suelo. Ya se ha fecho
saber a Su Mag' e enbiado la traa y muestra dello, para que se
mandase reparar, la quai traa dio el capitn Vallejo y el beedor
de Su Mag
1
, y Su Mag
f
no lo ha mandado reparar ; y aunque hasta
agora tenia mucha necesidad dello, hagora tiene mucha mas,
i. Sur ce personnago, V. supra, p. 64, note i.
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO 69
ansi porque cada dia se hallara mas, como por la vezindad de
Caaa, que esta dos leguas desta cibdad, y es puerto ; tienela el
Alatar que es honbre muy poderoso. Lo que yo siento desto es que
conbiene rreparar lo que he dicho muy bieny que Su Mag
1
mande
que tenga la gente que solia tener por el primer asiento y conesto
se podia tener seguramente, y sinella, aunque los que la tovieren
a cargo haganlo que deben hasta morir, como yo lo har quando
caso se ofresca, no se deve tener por sigura.
Esta relacin pueden Vs. mds. enbiar por cierta a Su Mag\ En
este vergantinenbio unmensagero al Duque mi seor ; conel pue-
denVs. mds. escrebir a Su Seora, aunque enotro navio que parti
ayer, que antes por falta de tiempo no pudo partir, yo he escripto
a Su Seoria largo
l
.
Goarde Nuestro Seor las muy nobles personas de Vs. mds. y su
estado acreciente!
De Melilla, a xxin de Henero.
Veso las manos de Vs. mds.
Sign : Cristbal de Abreo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U61. Copie.
1. Il s'agit de la lettre crite Juan ci ne portait pas encore le titre de duc de
Alonso de Guzman(Doc. VIII,p. 61). Celui- Medina-Sidonia. V. infra, p. 73, note 2.
70 i3 JUIN 1534
X
LETTRE DE DON HERNANDO DE ANDRADA *
A CHARLES-QUINT
(EXTRAIT)
// a, dans une prcdente lettre, donn avis du sige de Saji. // est arriv
Sville un agent du roi de Portugal avec ordre de lever deux mille
hommes. Andrada, n'ayant pas d'instructions, n'a pas donn l'auto-
risation d'embarquer ces contingents, emprunts pour la plupart aux
troupes qui doivent aller aux Indes. // est d'ailleurs probable que les
Maures auront pris Saj ou lev le sige avant l'arrive du secours.
Andrada attend des ordres. On affirme que les Maures vont investir
Tanger.
Sville, i3juin1534-
Sar la couverture, alia manu : frica. A Su Mag
d
. El
conde DonHernando de Andrada, xinde Junio. Respondida.
S. C. G. Mag
d
,
Yo hize saver a V
ra
Mag
d
el otro dia concorreo a posta el cerco
de afy
2
, para que V
ra
Mag
d
lo supiese y proveyese enello lo que
fuese su servicio. V
ra
Mag
d
no me rrespondio nada a ello. Agora a
esta ora es llegado aqui por la posta unfactor del seor rrey de
Portugal para hazer dos mili honbres ; aunque yo tengo por cierto
que V
ra
Mag
d
sera servido de dar todo favor e ayuda para cosa tan
1. Hernando de Andrada appartenait 2. Ce sige de Safi est celui qui est ra-
la maisongalicienne des comtes d'Andrade cont avec dtails par TORRES (cap. 4o),
et de Villalba ; il tait asistente de mais sous la date fausse de 153g. Il dura
Sville et l'undes personnages les plus environ six mois (mai-octobre). Aprs des
estims de sonsicle. Cf. DIEGO ORTIZDE attaques ritres, le Ghrif se retira. Cf.
ZUNIGA, Annal, ecclesiast. . . de Sevilla, t. III, FRANCISCO DE ANDRADA, Crnica de
p. 363 ; HARO, Nob. Geneal, t. II, p. i36. Joo III, Part. II, cap. 90.
LETTRE DE DON HERNANDO DE AND11ADA A CHARLES-QUINT 7 I
santa y tanjusta como esta, no he osado dalle la licencia para que
la gente se enbarcase, por que la mas que aqui ay es de la que esta
para yr conciertos capitanes que aqui estna las Indias ; pero estos
no pueden partir sino de aqui a dos o tres meses y podran yr al
socorro y bol ver a tiempo, porque, segund la gente ay sobre la
cibdad, que son, segund dizen, mas de cient mili honbres a pie y
veynte mili a cavallo, y, siendo tanta, creo que el socorro yra tarde
y que los Moros la avran tomado o se avranya levantado, porque
no teman bastimento para tantos dias.
Yo be permitido que el factor haga la gente entre tanto que este
correo va a V
ra
Mag
d
; y, si V
ra
Mag
d
no fuere servido que enbar-
que, enbiemelo a mandar; y, si fuere servido que vaya, tanbien
melo enbie a mandar, porque muchos yranconociendo que V
ra
Mag
d
es servido que vayana enpresa tanjusta y tanbuena.
Nuestro Seor la muy rreal persona de V
ra
Mag
d
guarde y acre-
ciente !
De Sevilla, a xni de Junio 1534-
Tanbienhago saver a V
ra
Mag
d
que tienen aqui por cierta nueba
que vienen a cercar a Tanger.
S. G. [Link]'
1
.,
Basallo y serbydor de V
ra
Magestad,
que sus rryales pyes y manos besa,
Sign : El conde DonHernando.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo UQi. Original.
^2 i7 JUIN 1535
XI
LETTRE D'ISABELLE DE PORTUGAL A CHARLES QUINT
(EXTRAIT)
Le gouverneur de Melilla et les proveedores de Malaga ont donn avis que le
roi de Fez attaquait Melilla. Les pataches de Biscaye, qui se trouvaient
dans le port, ont fourni une aide opportune. L'Impratrice a imm-
diatement crit au duc de Medina-Sidonia et Don Juan Alonso, son
frre, de donner Melilla toute l'assistance qu'ils pourront. Vu la
maladie du Duc et l'absence du marquis de Mondejar, elle a pourvu
provisoirement Don Juan Alonso de la charge de capitaine-gnral de
l'Andalousie, seul effet d'assurer le secours de la place. Les lettres
de provision ont t envoyes aux proveedores de Malaga, avec recom-
mandation de les tenir secrtes et de ne les communiquer Don Juan
Alonso qu'en cas de ncessit. On a galement adress aux provee-
dores des cdules prescrivant de faire concourir les milices des villes
d'Andalousie au secours de Melilla. Don Iigo Lpez de Mendoza a
reu l'ordre de tenir prts les troupes et gardes-ctes du royaume de
Grenade.
Madrid, 17 juini535.
S. C. C. Mag
1
.
Con Rruy Gmez rescivi las dos cartas de V
ra
Mag*de xxx de
Mayo.
Por las cartas del capitn
1
y veedores de Melilla
2
y de los pro-
1. Cristbal de Abreo. pes, tout passait par ses mains. C'tait
a. Le veedor avait une autorit presque unvritable intendant militaire, avec plus
gale celle du capitaine ou gouverneur de de libert et plus d'autorit, car il ne dpen-
la frontera. Ses pouvoirs taient trs ten- dait que du Secrtaire des Finances. Sesfonc-
dus. Except le commandement des trou- tions comportaient la rception, le magasi-
LETTRE DISABELLE DE PORTUGAL A CHARLES-QUINT 78
veedores de Malaga que vanconesta, sabra V
ra
Mag
1
lo quel rey
de Fez ha yntentado enaquella cibdad
1
y el socorro que conlas
patachas vizcaynas se hizo de presto, y fue bien hallarse alli para
aquel efecto. Espero enDios que, conesto y conalgund otro
socorro quel duque de Medina Sidonia abra fecho, sera remediado ;
y asi se deve creer, por que no ha venido mas nueva.
Yo scrivi luego al Duque
2
y a DonJuan Alonso
3
, su hermano,
para que socorran de aquella casa contodo lo que pudieren. Y,
para encaso que la nescesidad pase mas adelante, vista la yndis-
pusicion del Duque y ausencia del marques de Mondejar
4
y del
asistente de Sevilla
5
, provey de capitngeneral al dicho DonJuan
Alonso por esta vez y para solo este efecto, para que vaya al dicho
socorro. Y enbie la provision dello a los dichos proveedores de
nage et la distribution des vivres et de
l'eau, l'entretien des navires, les transports
de personnel et de matriel, la garde et le
maniement des fonds, les revues d'effectifs,
etc. Il assistait toutes les confrences avec
les Maures. Le veedor de Melilla s'intitulait :
Comisario de Guerra de los ejrcitos de
S. M., Veedor, Contador y Ministro de
Hacienda y de Marina de la plaza y fuerza de
Melilla . Les ordres du Roi taient tou-
jours transmis endouble au gouverneur et
au veedor, et ceux-ci y rpondaient sous
plis spars et scells. Si l'ontient compte
de l'tendue de pareilles fonctions, de
l'pret des caractres de l'poque, de l'irri-
tabilit naturelle chez des personnes resser-
res dans untroit espace et exposes con-
tinuellement des privations et des dan-
gers, oncomprendra facilement que les rap-
ports entre gouverneur et veedor devaient
tre trs tendus . GABRIEL DE MORALES,
Datos para laHist. de Melilla, pp. 535-536.
1. Les chroniqueurs et les historiens ne
font aucune mention de cette attaque de
Melilla qui, suivant de prs la prise de
Caaa (V. supra, Doc. VIII et IX), enfut
sans doute la consquence.
2. Al Duque, DonAlonso Prez de Guz-
man, 5
e
duc de Medina-Sidonia, 3
e
marquis
de Caaa. Il tait fils de D. JuanPerez de
Guzman, 3
e
duc de Medina-Sidonia et I
er
marquis de Caaa, qui avait occup Melilla
eni4g7- D. Alonso Perez pousa Doa Ana
de Aragon y Gurrea, dont le mariage fut
annul peu aprs et qui se remaria avec
D. Juan Alonso, frre de sonpremier
mari. Vu la dbilit d'esprit du 5
e
duc,
les biens de la famille taient administrs
par D. Juan Alonso, mais comme cette
situation prolonge entranait des incon-
vnients, Charles-Quint confra a D. Juan
Alonso, du vivant de sonfrre, les titres
et dignits de celui-ci, y compris la charge
de capitaine gnral d'Andalousie. Juan
Alonso devint ainsi 6
e
duc de Medina-
Sidonia; il mourut le 26 novembre i558.
On voit par le prsent document qu'en
1535, la charge de capitaine-gnral d'An
dalousie tait encore exerce par D. Alonso
Perez. Cf. PEDRO DE MEDINA, Crnica de
los duques de Medina Sidonia, dans Coleccin
de doc. ined. , t. XXXIX,pp. 3/|3-3/(7, etA.
DE BURGOS, Blason de Espaa, t. IV.
3. Voir note ci-dessus.
4. Sur ce personnage, V. supra, p. 66,
note 1.
5. Asistente de Sevilla, DonHernando de
Andrada. V. suora, p. 70 et note 1.
"k 17 JUIN i535
Malaga, a los quales mande que no le dixiesen nada, ny le diesen
noticia dello, salvo encaso de nescesidad, como dicho es. Y tanbien
les enbie cdulas para que, enel caso, le haganacudir conla gente
de las ciudades del Andaluzia que a ellos paresciere ; y otras de
apercibimientos para las dichas ciudades, para que usen delias como
convenga, siendo nescesario, por que con mas presteza se pueda
proveer ; y que procuren quel dicho Duque ayude lo mas que ser
pueda.
Y tanbien he scripto a Don Yigo Lpez de Mendoa
1
que tenga
apercebida la gente del reyno de Granada y la que rreside en el
para la guarda de la costa, y provea para el dicho efecto si ubiere
de yr armada de la gente y otras cosas que los proveedores le pidie-
ren. De lo que subcediere dar aviso a V
ra
Mag
-t
.
Cuya ynperial persona &c
a
.
De Madrid, xvn de Junyo de DXXXV aos.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 31. Minute.
1. DonIigo Lpez de Mendoza, 4
e
comte i535 1672, puis vice-roi de Valence et
de Tendilla, 3
e
marquis de Mondejar, capi- de Naples (1576-1579). Cf. HARO, Nobi-
taine gnral du royaume de Grenade de liarlo genealgico, t. I, p. 370.
LETTRE DE J. HANNAERT A ISABELLE DE PORTUGAL 7 6
XII
LETTRE DE J. HANNAERT
1
A ISABELLE DE PORTUGAL
(EXTRAIT)
II est arriv Lyon un ambassadeur du roi de Vlez, avec un prsent de
chevaux pour le roi de France. On ne sait pas encore le but de cette
mission, mais Hannaert fera en sorte de le dcouvrir et en donnera avis
l'Impratrice.
Lyon, 26 mai i536.
Sur la couverture, alia manu : A Su Mag*. Del enbaxador de
Francia, de xxvi de Mayo de 1536.
Adresse : A la sacra y muy catlica y poderosa Mag
d
de la Empe-
ratriz y Reyna, nuestra seora.
Sacra y muy poderosa y catlica Mag
d
,
El cardenal de Lorrena es buelto en esta corte sin aver echo
concierto de paz con el Emperador y Rey mi seor.
Aqui a venido unembaxador del rey de Velez dela Gomera
2
, con
presente de los cavallos para el Cristiansimo, y asta agora no
sentiende a que negocios. Travajare de saberlo y avisar dello a V
ra
Mag
d
.
i. Jean Hannaert, seigneur de Liede- i536. Il avait pous Marguerite, dame de
kerke, vicomte de Lombeck, n dans la Liedekerke, vicomtesse de Lombeck.
deuxime moiti du xv
e
sicle et mort le 2. Abou Hasson, oncle du roi de Fez
a8 dcembre i53g, secrtaire de l'empereur Ahmed el-Ouattassi. Il avait lui-mme oc-
Maximilien, appartenait une famille cup uninstant le trne de Fez eni5a6.
patricienne de Louvain. Il fut ambassadeur Cf. p. 162, PI. IV, Tableau gnalogique
de Charles-Quint enFrance, de i532 desprincesdeladynastieouattasside,note7.
76 26 MAI 1536
La Corte esta aqui y se dize que partira la buelta de Valencia,
allegndose a Davion
1
de aqui a nu
0
o v dias.
j Nuestro Seor la sacra y catlica persona de V
ra
Mag
d
y casa
real guarde y poderoso estado acreciente como dessea !
De Len
2
so la Rrona, a xxvi de Mayo de MDXXXVI aos.
De V
ra
sacra y muy poderosa y catlica Mag
d
,
Muy humilde y obediente sdito y menor criado,
que sus pies y manos reales besa.
Sign: J. Hannaert, visconde.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 2687 modificado.
Original.
1. Davion, Avignon. trouver la trace du passage de cet ambassa-
2. Les recherches faites Lyonpour re- deur n' ont pas donn de rsultat.
AVIS DU COMTE D ALCAUDETE 7 7
XIII
AVIS DU COMTE D'ALGAUDETE
1
Nouvelles rapportes par un Juif revenant de Fez et de Vlez. Lutte du roi
de Fez contre le Chrif, dont les troupes ont t dfaites prs de l'Oumm
er-Rbia. Mesures prises pour rsister un retour offensif du Chrif et
aussi pour parer une tentative ventuelle de la flotte espagnole contre un
port marocain. Effectif des troupes du roi de Fez. Ceprince aurait
envoy le juif Rosales en Portugal pour ngocier avec Jean III une trve
de sept annes. On a appris Fez que la guerre venait d'clater entre
l'empereur Charles-Quint et le roi de France. tat de l'artillerie de
Fez. On attend dans cette ville une rponse de Barberousse, qui le
roi de Fez a propos une alliance offensive pour reprendre aux Chrtiens
Tanger et Arzila. Nombre des captifs qui sont Fez. Le roi de
Fez a quitt la ville le i5 avril pour marcher contre le Chrif. Ce
dernier se dirigerait sur Meknes, ou Moulay Ibrahim s'est rendu.
Artillerie de Mekns et de Ttouan. Nouvelles de Vlez : canons et
navires se trouvant dans cette place. Entente entre Abou Hasson et
Barberousse en vue d'une action contre les Chrtiens. Effectif des troupes
de Vlez.
[Oran, i536
2
. ]
Sur la couverture, alia manu : Nuebas de Fez y Belez.
Las nuevas que truxo el Judio que se avia enbiado a Fez sonlas
syguientes :
Quel rey de Fez tiene muy gran guerra conel Xarifee
3
, y quel
1. D. Martinde Crdoba y Velasco, pre- Le comte d'Alcaudete, dont le service do
mier comte d'Alcaudete, gouverneur d'O- renseignements tait trs bien organis,
ran du 4 juin i534 au 26 aot i558. tait tenu au courant des vnements du
La situation des Espagnols Oran tait Maroc et eninformait la Cour d'Espagne,
tout autre que celle qu'ils avaient Melilla ; 2. Sur cette date restitue. V. infra, pp.
elle pouvait se comparer celle des Portu- 78, note 6, et 79, note 1.
gais Safi. Gomme ces derniers, ils avaient 3. El Xarifee. Moulay Ahmed el Aaredj.
des tribus reconnaissant leur suzerainet. Sur ce chrif qui, avec sonfrre Moulay
78 1536
alcaide Muley Abrahen
l
y el alcayde Alatar
2
desbarataron a la
gente del Xarifee
3
y le mataronunalcaide principal, que se llamava
AbrahenbenBucid, sobre un rio que se dize Umarbe*, y tom-
ronles quinientos cavallos a los del Xarife y hizieron en ellos gran
desbarato.
Que esperan al Xarife, que dizen que viene sobrellos, y estn a
punto y liaziansacar el artillera y aderealla ; y dezianque querian
repartyr la gente, la mitad contra el Xarifee y la otra mitad para
la guarda de los puertos, porque tenian por muy cierto quel
armada de Castilla avia de venir sobrellos este ao.
Que a los mercaderes cristianos que estavan enFez les an en-
biado a dezir sus gentes que se fuesen presto, y algunos eran ya
ydos y otros quedavan.
El pan vale muy barato, asy el trigo como la cevada, porque ay
por muy gran abundancia dello.
EL rey de Fez hizo pregonar guerra y estnprestos todos los del
rreyno para ella, y hizieron cuenta de la gente que tenia y dizen
que ay diez mili de cavallo y diez mili enmachos y mulas y veynte
myll escopeteros y vallesteros, las dos partes en vallesteros, y de
otra gente muy gran cantidad.
Deziase quel rrey de Fez queria hazer pazes conel rey de Por-
tugal por syete aos y questo enbio a dezir Rosales, Judio
5
questa
por mensajero del rey de Fez en Portugal, y la gente del reyno
quieren la paz, por que tyenen myedo de la armada de Castilla.
Tyenennueva enFez que entre el Enperador y el rey de Francia
G
ay guerra, y esto escrivio el rey de Fez al de Veles por nueva cierta.
Mohammed ech-Cheikh, fonda au Maroc la 4- Umarbe, l'oued Oumm er-Rbia.
puissance saadienne, V. i
re
Srie, France, 5. Sur ce Juif, V. i
re
Srie, France, 1.1,
t. I, p. 43, Sommaire. p. 28, note 5. Jaco Rosales tait, depuis
1. Muley Abrahen, Moulay Ibrahim ben le 23 septembre 1534, Lisbonne, charg
Ali ber-Rached. Sur ce personnage, V. par le roi de Fez Ahmed el-Oaattassi d'ou-
supra, p. 17, note 4. vrir les ngociations qui aboutirent au
2. Alatar, le cad Ahmed el-Atar. V. trait sign Arzila le 8 mai 1538, stipulant
supra, p. 64, note 1. la paix pour onze annes. V. infra, Doc.
3. Il s'agit d'unengagement qui dut avoir XV, p. 83, et note 1.
lieu au dbut du printemps, puisqu'il est 6. La guerre venait d'clater entre
antrieur l'entre encampagne du Chrif, Charles-Quint et Franois I
e
'
1
, dont les
contre lequel le roi de Fez marcha le i5 troupes taient entres en Pimont le 6
avril. V. infra, p. 79. mars i536. Il ne peut s'agir ici de la guerre
AVIS DU COMTE D ALCAUDETE 7 g
El artylleria que en Fez ay es treynta e cinco pieas de bronce
encavalgadas, las quinze grandes e las diez pequeas.
Tiene otros dozientos tyros pequeos de bronce e de hierro ; no
tyene artyllero ninguno cristiano ni renegado, syrio moros anda-
luzes e del reyno de Valencia y de Aragon.
De Barbarroxa no tienen nueva ninguna, mas que le esperan,
por que, antes quel fuese de Argel, escrivio al Rey e le dixo que
antes del verano venia con grande armada y que quera que fuesen
anbos a una para venir sobre todos los puertos que an ganado los
Cristianos entyerra de Moros, y dixo que le ayudase con el vys-
cocho y armas e quel daria la gente y navios, y concertronse desta
manera que, sy el uno tomava a Tanjar, el otro tomase Arzilla, y
desta manera en todas las otras fueras, y esto paso entrellos por
cierto.
Ay enFez ochocientos catyvos, pocos mas o menos, todos con
hierros ; ay treynta Cristianos que tiene el Rey oficiales, que andan
sueltos e tyenen unaposento por sy, donde estn e fazensus ceri-
monias de Cristianos.
A quinze de Abril, hizo sacar el Rey sus tiendas al canpo para
salir contra el Xarifee
1
, para que todos sacasen las suyas ; crese
que ya sernpartydos, porque yban de mucha priesa, antes quel
Xarifee le entrase por su tyerra, e tienenle mucho myedo.
EnFez tienenalgunos por cierto la y da de la armada de Castilla
alli, y otros no, por la guerra de Francia; temen todavia mucho el
armada.
Muley Abrahen fue a Mequinez para hazer aderear lo que har
menester para el armada contra el Xarifee, y en Fez se davanmuy
granpriesa, por*que dezian que venia el Xarifee con gran fuera
enesta cibdad de Mequinez, que ay otras veynte pieas de artylleria.
A Tituan an enbiado un alcaide para fortyficar las murallas y
proveer todo lo que avian menester, por lo que oyan dezir del
prcdente entre la France et l'Espagne, sent document est postrieur en date au
qui s'tait termine par le trait de Gam- 6 mars i536.
brai (15 aot 1529), puisque le comte d'Al- 1. Cette campagne se termina par la
caudete ne fut nomm gouverneur d'Oran bataille de Bou Akba, le ik juillet i536,
qu'en i534- Y. supra, p. 77, note 1. On o l'arme du roi de Fez fut compltement
peut infrer de ce qui prcde que le pr- dfaite par celle du Ghrif.
8o 1536
armada ; aquy disen que ay otras doze o quinze pieas de artillera
y ay veynte e cinco navios entre chicos y grandes.
Deziase en Fez que avia llegado un navio de Argel a Tytuane
que dixo al Rey el capitn del navio : HazenAga
1
os dize que no
olvideys el juramento que entre bos y el rey Barbarroxa paso, y,
aunque se detenga unpoco, esperaldo . Y quel Rey les respondi,
y no se sabe que.
Las que truxo de Velez son:
Que enel Pende Velez ay sesenta honbres y quinze pieas de
artilleria gruesas e diez pequeas.
En una torre, que se dize Borjalanca
2
, ay treinta honbres e
diez tyros y unartillero cristiano, que se llama Antoneto de Mahon.
En casa del Rey ay diez tyros y tenian por cierto quel armada
de Castilla venga sobrellos este verano.
En Velez ay otro artyllero chrisliano, que se llama maestre Her-
nando de Jan.
Que ay acabados y por acabar en Velez
3
veynte e cinco navios ;
destos sonlos quinze de Barbarroxa y los diez del rey de Velez
4
;
destos quinze sonydos a Argel tres galeotas e una galera, que llevo
Gara Memi
5
; e que abra veynte dias que llevo otra galera al Hachi
Mostafa ; y que a enbiado a dezir Barbarroxa al Rey que haga
hazer todos los navios que pudiere e que todos los pagara hasta
ciento ; tienen esperana de Barbarroxa, mas no saben ninguna
nueva del, y el rey de Velez enbio un correo por tyerra a Argel, y
bolvio, e no le truxeronnuevas ningunas del.
Dize quel rey de Yelez no entyende en otra cosa syno en fazer
navios, y tiene quarenta Cristianos carpinteros e quarenta herreros
y diez calafates, todos cristianos, que no entyenden otra cosa ;
1. Hazen aga, Hassan-Aga, rengat sarde; 3. En Velez, c'est--dire dans le port de
il avait t dsign, en 1533, par Kheir Velez (Badis), situ sur la cte enface de
ed-Din(Barberousse), lorsque celui-ci avait l'lot rocheux du Pen.
quitt Alger, comme son khalifa dans 4- Rey de Velez, Abou Hasson. V. su-
cette ville; il le resta jusqu'en i543. Cf. pra, p. 75, note 2.
GRAMMONT, pp. 56-72 et infra, p. 210, 5. Cara Memi, Kara Mami. Ce corsaire
note 2. commanda les troupes de dbarquement,
2. Borjalanca, probablement pour Bordj lors du sac de Gibraltar eni54o ; il fut tu
el-Anka. La positionde cette forteresse est dans le combat devant l'le d'Alborandu I
er
difficile identifier. octobre i54o. V. infra, p. 89, note 1.
AVIS DU COMTE D ALCAUDETE
pensavan que este verano avian de haser gran dao en tyerra de
Cristianos conla venyda de Barbarroxa.
Deziase enVlez que los dias pasados avia enbiado el GranTurco
a dezir al rey de Velez que hiziese lo que Barbarroxa le dixese, quel
le daria muy grande armada para venyr contra Cristianos, y que
aviande comenar por Cicilia.
El rey de Velez pregunto a este Judio sy teniamos aqui por cierto
que se fazia muy gran armada en Castilla ; y el respondi que los
Cristianos la nonbravan; y el Rey le dixo que asy lo avia oydo,
pero que sabia que se estorvava por la guerra de Francia.
El rey de Velez tyene dentro enla cibdad docientas lanas, e fuera
Alaraves, que se dizenElecur \ hasta quinientas lanas.
Esto es lo quel Judio certifica como testimonio de vista ; es
vecino de aqui, e se obliga a que, si se hallare mentyra alguna cosa
destas, que le corten la cabea.
Sign : El conde de Alcaudete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U63. Original.
i. Elecur, nom qui n'a pu tre identifi.
DE GASTRIES. X 6
82 16 MAI 1538
XIV
LETTRE DE GUZMAN DE HERRERA
1
A VZQUEZ DE MOLINA
La ville de Gibraltar a annonc Charles-Quint la conclusion d'un trait
entre Jean III et Ahmed el-Oaattassi. Herrera envoie la traduction
des articles de ce trait. II attend d'urgence des instructions.
Gibraltar, 16 mai 1538.
Adresse: Al muy manyfico seor JuanVzquez de Molyna, my
seor, secretario de Su Mag
1
.
Muy manyfico Seor,
Ayer, que se contaron xv del presente, escryvyo esta cyudad a
Su Mag*la nueva de ser asentadas las pazes entre el serenysymo
seor rey de Purtugal y el rey de Fez y de Velez, segnque parecya
por una carta de Don uo Alvarez, capytan de Ceuta; despus
vyno caria del conde de Redondo, capytan de Arzilla, y los capy-
tulos de las pazes, dyrygydos a Don Alvaro de Bacn. El traslado
de los capytulos, sacados encastellano de purtuguez, enbio a V. md.,
los quales me parecen tan abrebyados como la ley de los Moros.
Suplico a V. md. provea de que la respuesta de Su Mag
1
venga
breve, porque esta cyudad, ny yo en nombre de Su Mag
1
, no
concedymos mas de que avisaryamos a Su Mag
1
, para que enbyase
a mandar lo que fuese servyda. Y porque se escryvyo mas largo
con Don Alvaro de Bacn, no dyre aquy mas que Nuestro Seor
guarde la muy manyfica persona de V. md. y su estado acrecyende.
De Gybraltar, xvi de Mayo de IDXXVIII aos.
Muy manyfico Seor,
Besa las manos de V. md.
Sign : Pedro de Guzman y de Herrera.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 466. Original.
i. Il tait corregidor de Gibraltar. V. infra, p. 83.
TRAITE ENTRE LE PORTUGAL ET AHMED EL-OUATTASS1 83
XV
RESUME DU TRAITE ENTRE LE PORTUGAL
ET AHMED EL-OUATTASSI
Guzman de Herretea a envoy une copie du traite de paix entre le roi de
Portugal et le roi de Fez Ahmed el-Ouattassi. Conditions de cette
paix : Elle est conclue pour onze ans ; les Maures des environs d'Arzila,
de Tanger, d'El-Ksar es-Seghir et de Ceuta seront placs sous la juridic-
tion du roi de Fez ; les sujets de ce dernier pourront trafiquer librement
dans les dites places, exception faite pour le commerce des armes et des
marchandises prohibes ; si des navires turcs, franais ou appartenant
des Chrtiens qui ne soient ni Espagnols ni Portugais, viennent en terre
portugaise avec une prise faite sur les Maures, il ne leur sera rien
achet, et semblablement les Maures n'achteront pas de Chrtiens aux
Turcs ; les prises seront saisies et restitues de part et d'autre, moins
que les forces de l'ennemi ne permettent pas de l'attaquer. Guzman de
Herrera demande qu'on avise de ce qu'il faudra rpondre.
Mai i538.
Sar la couverture, alia manu : Relacin de la carta de Guzman
de Herrera y de los captulos de la paz que se asento con el rey
de Fez. Mayo i538. Que se embie a Sa Mag*. Respondida.
En tte: Guzman de Herrera, corregidor de Gibraltar, embia
una copia de los capitulos de la paz que se asento entre el rey de
Fez y de Vlez y el conde de Redondo, en nombre del serensimo
rey de Portugal ' ; y lo que en efecto dizen es lo siguiente :
Que las pazes se asientan por xi aos por mar y por tierra con
i. V. i
re
Srie, Portugal, la date du 8 mai i538, le texte portugais de ce trait .
84 MAI 1538
el rey de Portugal y conSu Mag\ y que los Moros que anpoblado
enlos campos de Arzila, Tanjar, Alcaar y Ceuta sean de la jure-
dicion de Fez, con tanto que el Rey sea obligado a dar por ello
x cavallos cada ao al de Portugal, y que el que quebrare los
capitulos de la paz pague ylS doblas de pena.
Que los Moros del dicho reyno puedanbenir a bender y conprar
todo lo que quisieren segurament, ecevto armas y municiones y
las otras cosas bedadas.
Que si algunos navios de reinos estraos de Moros, siendo
Turcos o Franceses o Cristianos que no seande Su Mag
1
ni del rey
de Portugal, vinierenconpresa de Moros con que el dicho rey de
Fez y de Velez
1
tenga paz, no se rrecojan ni conpre dellos nada, ni
los Moros a los Turcos que fueren conpresa de Cristianos ; y que,
saliendo de los puertos y bolviendo a ellos conpresa, que se tomen
y rrestituyana quien fuere hecho el dao, si los enemigos no fue-
rentantos que no se puedanofender, so la dicha pena.
Dems desto, ay otros capitulos particulares, que no ay nesce-
sidad de berlos ; y dize Guzmande Herrera que se le abise de lo que
se respondera, por que hasta agora no se a hecho.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U66. Copie.
i. El rey de Fez y de Velez. Ge double et qui ne figure pas dans le texte du trait,
titre, employ dj plus haut (V. p. 82) dsigne le roi [Link] el-Ouattassi,
LETTRE DE CHARLES-QUINT A ISABELLE DE PORTUGAL OO
XVI
LETTRE DE CHARLES-QUINT A ISABELLE DE PORTUGAL
(EXTRAIT)
Le roi de Portugal a conclu avec le roi de Fez une trve de dix ans.
Une clause stipule que l'Empereur pourra tre compris dans cet accord.
L'Impratrice fera examiner la question, afin que l'Empereur, son
retour en Espagne, puisse prendre la dcision qui conviendra.
Marseille \ 13 juillet 1538.
Sur la couverture, alia manu : Marsella. i3 de Julio 538.
Del Emperador a la Emperatriz.
Luis Sarmiento nos scrive quel serensimo rey de Portugal,
nuestro hermano, ha concertado tregua de diez aos conel rey de
Fez
2
, y que capitulo que, si yo quisiesse, pudiesse entrar enla
capitulacin, el traslado de la qual os embio. Mandareis, Seora,
que se vea y platique, para que, llegado yo alia enbuena ora, se
responda lo que mas convenga. Y vos, Seora, dareys las gracias
al Rey del cuydado y voluntad que desto tuvo
Pues ya el mes de Jullio es entrado, mandara, Seora, a Alonso
de Baea que provea y embien luego a Barcelona la paga de las
galeras del principe Andrea Doria de los meses de Jullio y Agosto,
de manera que seanalli lo mas presto que ser pudiere.
De galera, a las Pomesas de Marsella, a xinde Jullio de DXXXVIII
0
a o s
- Sign: Yo el Rey.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 42. Original.
1. Enralit, bord d'une galre, devant roi de Fez ; ce dernier notifia cette rupture
l'le de Pomgue. par une lettre qui fut lue, le 7 octobre de
2. Cette trve, dont la dure relle tait cette anne, dans la cathdrale de Tanger,
de onze annes, et nonde dix (V. supra, FERNANDO DE MENEZES, Historia de Tan-
p. 83), devait tre dnonce ds 1543 par le gere, p. 67.
86 i538
XVII
NOTE SUR LES OBLIGATIONS DU DUC DE MEDINA-SIDONIA
A MELILLA
Les revenus assigns au duc de Medina-Sidonia pour la garde de Melilla
s'lvent annuellement 2800000 maraveds et 2000 fangues de bl.
Il prlve sur ces revenus igg8y5o maraveds et 1 800 fangues de
bl pour les soldes
#
et appointements de la garnison. Avec le reste, il
doit pourvoir la scurit de a place sur terre comme sur mer. son
armement, aux frais du culte et ceux du service mdical.
Melilla, i538.
Sur la couverture, alia manu : Melilla. Lo de Melilla. 1538.
Vista.
Lo que al duque de Medina Sidonia sta situado para lo de
Melilla es n quentos DCCC 13 o en dinero y n 13 fanegas de
trigo ; y con esto es obligado a tener lo siguiente para la guarda
delia :
XL lanas ginetas, a los quales ha de dar cada X T J O por ao.
CX.LI11 peones, vi cabo de escoadras y un alfrez, que son por
todos cient y cinquenta peones ; a los peones ha de dar cada
ducado y medio por mes y diez celemines de arina, y a los cabo
de esquadras cada tres ducados y x celemines de arina, y lo mismo
al alfrez.
x artilleros ; a los tres dellos ha de [dar] cada x x o por ao, y a
los otros a xvm 13.
Ha de pagar al alcaide que pusiere en la fortaleza CL 13 -o cada
ao, y al veedor LX 13 o, y alfrez de la gente de cavallo xv 5 de-
mas del salario que se le a de dar por su lana.
OBLIGATIONS DU DUC DE MEDINA-SIDONIA A MELILLA 87
Que sonlos maraveds y panquel dicho duque ha de pagar a
todas las personas susodichas : i quento DCCCC XCVIIIU DGCL O en
dinero y mili y ochocientas hanegas de harina.
Assi mismo ha de poner todas las guardas y ensanchas y ataja-
dores e atalayas y navios y fustas de remos, conla gente que fuere
menester, y todas las otras cosas e cada una delias, asi por mar
como por tierra, que para la buena guarda y recado de la dicha
ciudad convengan.
Iten, toda la artillera, plvora, pelotas e municiones y armas y
almazeny herramientas y todas las otras cosas que para este effeto
fueren nescesarias.
Y si la voluntad de Su Mag
1
fuere enalgn tienpo de proveer de
otra manera la dicha ciudad, porque el dicho Duque rescibio todo
esto de su padre, que se le pague cada cosa particularmente enlo
que fuere estimado.
Tanbien es obligado a tener clrigos, sacristanes y hornamentos
que, para administrar el culto divino a la gente que residiere enla
dicha Melilla, fuere nescesarios.
Tanbien es obligado a tener medico y cirujano y boticario.
Y para todo lo susodicho ha de tener de respecto todos los basti-
mentos que fuerennescessarios, por lo quai se le lbralo que rresta
dems del dicho i quento DCCCC XCVIIIU DGCL O y ISDCCC hane-
gas de trigo, para cumplimiento de los dichos nquentos DecetS o
y nlS fanegas de trigo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U66. Copie
contemporaine.
3o SEPTEMBRE l 5/[ o
XVIII
LETTRE D'ABOU HASSON A FRANCISCO VERDUGO
II demande des nouvelles de ses caravelles envoyes Malaga et rappelle
Verdugo sa demande d'une paire de faucons. // a retenu des navires
turcs bords desquels se trouvaient soixante-dix Chrtiens pris Gibral-
tar, afin d'viter qu'on ment ceux-ci Alger pour les vendre.
Vlez de la Gomera, 3o septembre i5/|O.
Sur la couverture, alia manu : EnOran, i5/io. Del rey de Vlez.
Adresse : Al muy manifyco seor, el seor Francisco Verduguo,
en Malega.
Muy manifyco Seor,
E scripto a V. md. tres o quatro cartas ; no se que es la causa.
Mucho holgara de ver carta de V. md. por saber como esta, que,
vyendo su carta, perderyamos parte del deseo, en saber que esta
bueno, y folgarya que me hysyese saber desas mis caravelas, que
alla portaron, enque anpasado, aunque byense que V. md. tyene
tamto quydado dello como yo, y alguo mas por amor de my ; que,
se no son ydos, que de avyamiento a quomo se vayan; y ruegole
mucho que por el primero que vynyera que en todo cauzo me
scripvas para saber quomo esta y alguo de lo que alla pasa ; y, se
algo le cunplyere de aca, no dexe de me lo enbyar a dezyr.
Y alla le scripto a V. md. por un par de halcones ; por amor de
my, si los ay, que me los enbye.
No tengo mas que rogar a V. md., syno que Dyos acresyente su
vyda y onrra, quomo por el es deseado.
LETTRE D ABOU HASSOUN A FRANCISCO VERDUGO OU
u
De Belez de la Guomera, postrero de Setyenbre, ao de mil
DXL anos.
Queyrole hazer a saber a Y. md. quomo vynyeron aquy syertos
navyos de Turcos, los que saqueyaronaGybaltar
1
, y traxeronsetenta
anymas cristianas, antre chycos y grandes. Y yo, porque no se
esperdysyasen, llevndolas a Argel, acorde de detener aquy los
navyos hasta que scripvy al lustre seor rey de Fez, y los mercamos
aquy por la entensyon dycha, que es que no se esperdysyasen y
nunca salyesen de catybo ny los pudyesen ajuntar con muchos
dineros mas de lo que aora los quostaran, por eranmojeres y crya-
turas lo mas dello u todo. Y esto le dygo a V. md. porque sepa el
cauzo quomo paso ay.
Seing manuel
vd'Abou Hasson
2
.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo kQ8. Original.
i. Dans la nuit du 9 au 10 septembre,
les corsaires d'Alger, ayant leur tte Kara
Mami et Ali Hamet, arrivrent l'impro-
viste sur Gibraltar, et pntrrent par sur-
prise dans la ville, o ils firent un grand
butin et de nombreux, prisonniers. Les au-
torits de Gibraltar, prvoyant que ceux-ci
seraient vendus sur la cte marocaine, firent
prvenir le roi de Fez, Abou Hasson et
Sida el-Horra. Aprs s'tre dfaits Ttouan
d'une partie de leur butin, les corsaires
allrent Vlez (14 septembre i5/jo) car-
ner leurs vaisseaux. Abou Hasson racheta
les captifs espagnols pour la somme de 5 000
ducats, dont il rclama le payement la
ville de Gibraltar. La flotte turque repartit
le 3o septembre, se dirigeant sur l'le d'Al-
boran. Cependant DonBernardino de Men-
doza, qui croisait avec la flotte d'Espagne
devant le cap de Palos, ayant t inform,
le ig septembre, du coup de maindes cor-
saires d'Alger, tait parti leur recherche ;
il passait successivement Arzeu, Oran,
aux les Zebibat (Habibas), aux les Ali-
maques, aux Zaffarines et arrivait, le 2g,
au cap Tres Forcas. Prvenu par Melilla de
la prsence des Turcs Vlez, il alla prendre
position l'le d'Alboran. Les deux flottes
se rencontrrent le I
er
octobre. Les Turcs
compltement dfaits eurent 1000 tus,
parmi lesquels Kara Mami, et 4oo prison-
niers ; ils perdirent 12 galres et 4 galiotes.
Les captifs chrtiens dlivrs furent au
nombre de 760. Cf. Dialogo entre Pedro
Barrantes Maldonado y un caballero extran-
jero. . . i566, rdit en188g dans Coleccin
de libros espaoles raros o curiosos, t. XIX,
pp. 1-161, et MARMOL, Lib. II, cap. Ao,
ff. 271 v-275.
2. On lit gauche du seing manuel sur
deux lignes : Dieu fasse russir ses entre-
prises !
gO APRS LE 1
e r
OCTOBRE l 5/[ O
XIX
EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CRIST BAL DE ABREO
A FRANCISCO VERDUGO
Cristbal de Abreo a appris de source sre qu'Abou Hasson, en dpit des
stipulations qui le lient l'Espagne, aurait fait demander quarante navires
Alger pour offrir le combat l'escadre de Don Bernardino de Mendoza.
// est ncessaire de prvenir ce dernier, afin qu'il se tienne sur ses
gardes. // ne faut pas douter que, malgr la paix, Abou Hasson
ne cessera de jaire indirectement tout le mal qu'il pourra.
Melilla, [aprs le I
er
octobre i54o' ]. j
i
Sur la couverture : Melilla, ibl\o. Copia del aviso de Melilla.
Traslado del capitulo de una carta que Cristoval de Abreo, alcaide
y capitn de Melilla, enbio a Francisco Verdugo, proveedor de las
armadas de Su Mag
(l
.
Yo tengo aviso de persona que me suele avisar y le e hallado ver-
dadero, que el rey de Velez a enbiado mensajero propio a Arjel a
llamar quarenta navios, que diz que avian de venir alli y en ellos
Cian Arrez
2
, y que esto a fecho despus de la victoria del seor
DonBernaldino de Mendoa, y a me dicho que este sobre aviso,
porque se cree que darn aqui o en esa costa ; pero lo que a my
me parece, es que antes querrn buscar las galeras o ponerse en
parte que las galeras los ayande buscar a ellos, y, conla pujana
de tantos navios, pensaran de ganar lo perdido. Sy esto es verdad, }
i. La date est fournie par la mention 2. Cian-Arrez, Sinan-Ras, plus connu
de la victoire de DonBernardino de Men- sous le nom de Si^an-Pacha (li-ig);
doza. V. supra, p. 89, note 1. il fut cinq fois grand vizir.
LETTRE DE CRIST BAL DE ABREO A FR. VERDUGO gi
es cosa para temerla, porque a tangrande armada seria dificultosa la
rresistencia. No se sabe quando vernan. Yo procurare de saber sien-
pre lo que sobre esto se hiziere o se dixere.
En tanto, deve V. md. dar aviso al seor DonBernaldino para
que, si se uviere de ver conellas, que sepa que puedenser quarenta,
como se a dicho, y mientras no tuviere nueva cierta de las que son,
las tenga por tantas, pues las ay ; y enlos lugares sospechosos se
tenga rrecabdo. Una de las cosas que mas temo es las galeras ser
acometidas donde ynvernaren, pues estnentonces menos armadas
y aparejadas a rrecibir todo dao. Entodo mire el seor DonBer-
naldino, pues ya a visto de la manera que los Turcos osanacometer
y como pelean.
Crea V. md. que, aunque aya pazes
1
, que el rey de Velez es ene-
migo delias y que por vias yndiretas no dexara de hazer lo que
pudiere, quando derechamente no osare. Lo que supiere escrivire
a Y. md., y si fuere cosa que convenga, har mensajero propio.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U68. Copie.
i. Il s'agit du traite du 8 mai i538 question ci-dessus (V. Doc. XIV et XV,
conclu par le comte de Redondo, gouver- pp. 82 et 83). L'Empereur avait t com-
neur d'Arzila, au nom du roi de Portugal, pris dans ce trait, sans avoir t consult,
entre ce prince et le roi de Fez, dont il a t V. supra, Doc. XVI, p. 85.
Q2 IO AVRIL I 5l \ l
XX
LETTRE D'AHMED EL-OUATTASSI AU CONSEIL D'TAT
1
Un navire lui appartenant, quise rendait de Tanger Arzila, a t contraint
par le mauvais temps de relcher Cadix, o il a t saisi, contrairement
aux dispositions du trait pass avec le Portugal. Le corregidor de
Cadix, auquel il a crit ce sujet, n'a pas fait droit sa rclamation.
// demande la restitution immdiate de la cargaison de ce navire,
ainsi qu'une sanction contre les dlinquants. 77 rappelle les facilits
commerciales qu'il donne l'Espagne. Sbastien de Vargas certifie
l'authenticit de la signature du roi de Fez.
Fez, i o avril i 5/ l i .
Sur la couverture, alia manu : A los seores del Consejo de Estado
de Su Mag'
1
. Del rey de Fez. Spase sy es venida la relacin
y si no al corregidor que la enbie.
Adresse : Al muy poderoso Consejo y Estado del Enperador, en
Castilla.
Invocation ~ : aJb-j AJJ JU.A-1
Muy poderoso Consejo y Estado del Enperador enCastilla.
Yo Muley Hamet, rey de Fez, muchas saludes y dias de bida les
enbio, como para mi querra.
Y, despues desto, les ago sa ver que a Santi Petro
3
y Cliz, lugares
del reyno del Andalozia, fue a tener un nabio que yba de Tanjer
1. Le Consejo de Estado ; il n'avait 3. Le fort de Santi-Petri est situ
que voix consultative. V. infra, PI. I, l'entre du bras de mer qui spare du
p. g/i, unfac-simil de cette lettre. continent l'le de Lon, o s'lve la ville
2. Louange au Dieu unique ! de Cadix.
LETTRE D' AHMED EL-OUATTASSl AU CONSEIL D' T AT )3
para Arzilla contiempo contraryo, el qual yba cargado de hazienda
mya y de basallos myos ; y soy ynbrmado que fue tomado enlos
dichos lugares y la hazienda secrestada y [parte] dlia robada.
Dlo que yo e sydo muy maravillado, sindoles notorio las pazes
y amistad que yo tengo con el Eaperador, por mano e yntercesion
del rey de Portugal
1
, mi muy grande amigo y seor. Sobre lo
qual yo escrebi una carta fyrmada de mi mano a el corregidor y
justicia de Cliz, haziendoles saver como la hazienda era mya y de
mis vasallos, y que les rogaba que luego mandasen largar y dar
libremente la dicha hazienda, por ser mya y de mis vasallos, como
dicho es, y que enello farian servicio a el Enperador e a mi mucho
plazer. De lo qual no e visto respuesta ; mas antes soy ynformado
que de mi carta no se hyzo minsion, segnparece por la obra ; mas
antes soy ynformado que enello no sea dado ninguna deliberacin.
Por lo quai me aran merced que, con toda brebedad, manden
acodir a eso y dar deliberacin, mandando que la dicha hazienda
sea tornada y restituyda a mi fazedor, que en Cliz con my procu-
racinesta, y que mandencastigar a quienesto fyzo y pena merece,
segnla contratacinde las pazes y amistad entre nos fecha. E bien
deben de ser ynformados de la bezindad y prestana que Castilla
de mis reynos recibe, ensacar del trigo y ganados y cavallos y otras
cosas
2
, lo que no se haze entre Cristianos de reyno a reyno, aunque
tengan pazes ; y enesto no e querido acudir conninguna reguridad
fasta se lo azer saver. E si algo de mi reyno mandaren, crea que
lo hallaran enmi de muy buena voluntad.
De Fez, a iode Abril
3
.
i. Le traite du 8 mai i538, dans lequel frica ha hecho con Espaa agora por
l'Empereur avait t compris.V. supra, Doc. once aos, pasan de Espaa en Berbera
XV et p. 91, note 1. L'article 1 de ce trait muchos Cristianos de esta Andaluca con
stipulait que les Maures du royaume de sus ganados, y los apacientan, y siembran
Fez pourraient venir en toute scurit se enfrica tanseguros como si sembrasenen
ravitailler dans les ports chrtiens, ainsi Europa ; y como aquella tierra es frtil, no
qu'y vendre et y acheter des marchandises menos que la campia de' Crdoba o la
de toutes sortes, l'exception des armes, vega de Carmona, han cogido enella tanto
des munitions et du matriel de guerre. pan y traidolo a Espaa que es cosa mas
a. La conclusionde la paix (V. note pr- para espantar que para contar. PEDRO
cdente) avait contribu dvelopper les BARRANTES MALDONADO, Dialogo , R-
relations commerciales entre l'Espagne et ditionde 1889, p. 19.
le royaume de Fez. ce Por las paces que 3. Onlit ensuite, crite par le secrtaire
9*
1O AVRIL 154 I
Seing manuel
d'Ahmed el-Ouattassi
j- Eu, Bastio de Vargas
1
, estante hora neste reyno de Fez por
mando del Rey, noso senhor de Portugall, em seu servio, certef-
fico que este synall e regra mays baxa he tudo del rey de Fez de
sua mo e de sua letra. E dizem as letras : quedo em lodo ho
escripto nesta carta : Hamet, filho de Mahamed, filho do Xeque.
E por certeza dello asyney esta de minha mo, e fiz oje, xi de
Abryll de 1541 aos.
Sign : Bastio de Vargas.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U68. Original.
du roi de Fez, la mentionsuivante : Lettre
au conseil de l'Empereur (Gonsedj de
Lanberadour) au sujet du navire captur
Cadix. Le roi de Fez a ajout de sa
main: ce Approuve la teneur de cette lettre,
le serviteur de Dieu Ahmed ben Mohammed
ben ech-Cheikh. Que Dieu fasse prosprer
ses entreprises ! Les mots enitaliques for-
mant monogramme constituent le seing
manuel du roi de Fez que, par convention,
nous avons appel Ahmed el-Ouattassi. Afin
de faire ressortir plus nettement, de l'en-
semble du seing manuel, les noms Ahmed,
Mohammed et Ech-Cheikh, nous les repro-
duisons ci-dessous ennoir plein, les autres
caractres et les traits parasitaires tant
enpointill. La date de l'hgire 0,47 est
crite sur une troisime ligne, suivant le
systme de numration cryptographique
El-Qlam el-Fasi. Sur ce systme, V. H.
DE CASTRIES, La diplomatique des princes
de la dynastie saadienne, l'article Date.
1. Sbastiende Vargas tait l'agent du
roi do Portugal la cour de Fez. V. i
re
Srie, Portugal, t. I, passim, de nombreuses
lettres de lui.
DCHIFFREMENT DU SEING MANUEL.
?
P I . I .
LKTTRE D'AHMED EL-OUATTASSI AU CONSEJO Dr ESTADO
(IO avril 1541)
D'aprs l'original conserv aux archives de Simancas
LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE
9&
XXI
LETTRE DU P. CONTRERAS
1
A DON PHILIPPE
2
Juan de Herrera, parti de Ttouan avec la mission que Don Philippe con-
nat, n'est pas encore de retour dans cette ville. Le P. Contreras
demande une prompte rponse au mmoire qu'il a envoy par la voie de
Sville, car il s'est fait fort auprs du cad de Tlouan de l'acquiescement
de la cour d'Espagne l'entreprise projete. D. Bernardino de Men-
doza, qui est proximit, pourrait recevoir des instructions ce sujet
1. Le P. Fernando Contreras naquit
Sville en1470. A Fge de 16 ans, il se des-
tina l'tat ecclsiastique et obtint unbn-
fice pour subvenir aux frais de ses tudes.
Ds qu'il fut ordonn prtre, il renona
ce bnfice pour pratiquer la pauvret van-
glique. EnI 5 I I , le cardinal Gisneros le
nomma capelln mayor du couvent de
S'-Ildefonse, Alcala de Henares. Il retourna
Sville eni526 et s'adonna la prdica-
tion. Emport par sa grande ebarit, il fit
trois voyages de rdemption Tunis et
Alger. A cette poque, les troubles qui
marqurent l'avnement des Ghrifs saadiens
avaient amen le dpart des missions fran-
ciscaines et la vacance du sige episcopal
du Maroc. Gependant, eni53o, sous le pon-
tificat de Clment VII, ce sige fut rtabli
et le bndictin Sbastiende Obi'egonfut
consacr vque du Maroc avec autorisation
de rsider Sville. Undes premiers actes
du nouvel vque fut de prendre comme
coadjuteur le P. Contreras et de l'envoyer
au Maroc exercer sonministre auprs des
captifs. Eni53g,leP. Contreras partit pour
Ceuta ; il aurait voulu pousser jusqu'
Merrakech, tuais il enfut empch par la
situationtrouble de cette ville et ne dpassa
pas Fez. Il fixa sa rsidence principale
Ttouan, o il y avait alors le plus grand en-
trept d'esclaves, provenant tant du Maroc
quedesEtats Barbaresques, et o l'ardeur de
sonzle trouva se manifester. Aprs s'tre
entremis dans de nombreuses rdemptions,
il rentra Sville, o il mourut enodeur
de saintet le 16 fvrier i548 ; il fut entei-r
dans la cathdrale. V. infra, p. 98, sonepi-
taphe. Le P. Contreras, qui avait acquis
une grande influence auprs du souverain
mrinide Ahmed el-Ouattassi et du cad de
Ttouan Ahmed el-Hassen, ne s'occupait
pas seulement de sonministre religieux,
mais, ainsi qu'onpeut enjuger par ce docu-
ment et les suivants (V. Doc. XXII
XXVI, pp. 99-119), il s'employait au
Maroc enfaveur des intrts espagnols.
Cf. FRANCISCO DE SAN JUAN DEL PUERTO,
Mission historial de Marruecos, Lib. II,
cap. 17; CASTELLANOS, Apostolado Sera-
fio, pp. 228-23o ; i
re
Srie, France, t. I, p.
i38 et note 2.
2. Cette lettre fait allusion unplan
d'occupation de Ttouan par l'Espagne,
conu par le P. Contreras et qui est expli-
qu dans les trois documents suivants (V.
pp. 99-116). Comme ce projet est trs mys-
trieux, le P. Contreras n'encrit qu' mots
couverts. Les analyses et l'appareil critique
ont t dvelopps de manire rendre ces
documents intelligibles.
96 AVRIL I 545
[Post-scriptum :] Le P. Contreras, qui a communiqu la prsente lettre
au cad, insiste ainsi que ce dernier pour que S. A. vienne Gibraltar.
S. A. devra, dans ce cas, se dcider, soit pour le plan convenu avec le
cad, soit pour celui que le P. Contreras a expos dans d'autres lettres.
Ce plan permettra de prendre la ville sans effusion de sang et sans
compromettre personne. Le pays en sera tellement effray, qu'on
pourra s'avancer jusqu' Fez sans rencontrer de rsistance. Le P.
Contreras demande que S. A. lui envoie immdiatement un courrier et
donne des instructions au gouverneur de Ceuta.
[Ttouan, avril i545 *]
Copia de una carta que Hernando de Contreras scrivio a Su
Alteza.
Conel negocio
2
que Vuestra Alteza sabe, de Tituanfue Juan de
Herrera
3
y no viene ; ay necesidad que Vuestra Alteza socorra con
respuesta de lo que manda hazer. Vea Vuestra Alteza una relacin'*
que, en ausencia de cierto mensagero, enbie a Sevilla '" para que la
enbiasen a Vuestra Alteza, y mande responder luego ; que yo he
dado palabra que le plaze a Vuestra Alteza. Y sea luego para levante
o poniente o estando al servicio de Su Magestad y de Vuestra
1. V. infra, Doc. XXVI, p. 1 [Link] frquents voyages Ttouan, soit pour
lettre et les trois documents qui suivent ont ngocier des rachats de captifs, soit pour
t reus enmme temps par le cardinal aller aux renseignements. Il est appel el
de Tolde avant le 8 mai 15 k 5. D'autre part, granservidor . Cf. infra, Doc. XXV, p.
la prsente lettre est de la mme date que 117; Doc. XXX-XXXI,pp. 126-128: Doc.
le Mmoire duP. Contreras (Doc. XXIV, p. LVIII, p. 192. Le P. Contreras l'avait en-
io4), lequel at crit casi medio Abril . voy deux fois enmissionauprs du prince
La date de lieu est restitue d'aprs de D. Philippe et du cardinal de Tolde. V.
nombreux passages de la prsente lettre infra, p. 102.
et des trois documents suivants, desquels l\. V. infra ce mmoire, Doc. XXIV,
il rsulte manifestement que la machination page io4-
du P. Contreras visait la ville de Ttouan. 5. Cette relation, ainsi que les lettres du
2. Cette missionsecrte confie Herrera P. Contreras, tait adresse par l'interm-
se rapportait aux projets chimriques du diaire du proviseur de Sville et de Her-
P. Contreras. nando de la Torre, chanoine de Sville. V.
3. Juan de Herrera tait unmarchand infra, Doc. XXIII, p. 102, et Doc. XXV,
de Sville tabli Ceuta et qui faisait de p. 117.
LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE 07
Alteza
1
; y, pues DonBernardino
2
esta cerca, mndele lo que deve
hazer Y gloria a Dios y sea a Vuestra Alteza !
Post-scriptum
z
: Ley esta carta y la del Presidente
4
al alcaide
5
;
dize que escriviese mas lo que vera Vuestra Alteza enla del Presi-
dente. Y all vera que le dixe que, si yo y va, que hara conVuestra
Alteza que viniese a Gibraltar. Y assi lo digo y he dicho enmi
pensamiento y al captivo de la minara
6
que, si yo fuera a Vuestra
Alteza conel, que, no solo a Vuestra Alteza, mas al hijo que Dios
le diera truxera enla cuna, porque fuera la mas alta coronica que
nunca fue
1
que nio encuna ganara tanta cosa. Mas, si es posible,
venga Vuestra Alteza o conel concierto
8
que se dar o conel que
yo tengo de la mina, que vera por otras cartas
9
, que, para no ynpe-
dir lo uno a lo otro, digo que se dexarantomar
10
. Y assi no havra
1. Il faut entendre que le cad de Ttouan
est prt servir Sa Majest soit l'est, soit
l'ouest, soit partout o Sa Majest voudra.
2. DonBernardino de Mendoza, capitaine
gnral de la mer.
3. Ce post-scriptum, d'aprs une indica-
tiondu copiste, se trouvait a las espaldas
desta carta .
4- Presidente, JuanVII Pardo de Tavera,
dont il a t question ci-dessus p. 58,
note 2 ; il tait cette date archevque de
Santiago ; il avait t nomm cardinal en
I 5 3 I ; il devint archevque de Tolde en
1534, et fut ds lors appel le cardinal de
Tolde. Il tait prsident du Conseil royal
de Castille. Il mourut cette mme anne
1545. V. i Srie, France, t. I, p. 3g,
note 4-
5. Sidi Ahmed el-Hassen, cad de T-
touan. C'tait, comme la plupart des habi-
tants de Ttouan, unAndalou et il tait
originaire de Baza. Sonpre tait le fameux
El-Mandri <_jJla' (Almandarim), qui,
aprs la prise de Grenade, tait venu au
Maroc et avait relev Ttouande ses ruines.
Undes fils d'Ahmed el-Hassen tait cad
de Ttouanet gendre de Sida el-Horra (sur
cette femme, V. infra, p. 107, note 4), qui,
DE GASTRIES.
de sa zaoua de Chechaouen, commandait
enralit tout le pays des Ghomara. Sidi
Ahmed el-Hassen, brouill avec le roi de
Fez, ayant voulu rentrer dans Ttouan, fut
oblig d'enexpulser Sida el-Horra (i542),
qui y tait installe ensouveraine depuis
longtemps. Sur ce cad, V. ci-aprs passim,
et notamment Doc. XXX, p. 126 et Doc.
XXXIV, p. i38.
6. Al captivo de la minara, c'est--dire au
captif qui a creus la mine sous le rempart
de Ttouan. V. infra, Doc. XXIV, p. 108.
7. La mas alta coronica que nunca fue,
c'est--dire: le plus haut fait qui fut jamais
racont dans les chroniques.
8. O con cl concierto. . . o con el que yo
tengo de la mina. Phrase obscure qui doit
tre interprte ainsi : soit que Votre Altesse
approuve le projet d'occupationde Ttouan
arrt par moi [le P. Contreras], d'accord
avec le cad, soit qu'elle se dcide pour le
planque j'ai conu de pntrer dans la ville
par une mine. V. Doc. XXIII, p. roi.
9. Otras cartas, la lettre au cardinal de
Tolde, o le plan du P. Contreras est
expliqu avec dtails (Ibidem).
10. Se dexaran tomar. Il faut entendre que
le cad de Ttouan ferait semblant d'avoir
t pris par force (Ibidem).
X. - 7
98 AVRIL 15/45
muertes ni que culpar, y quedara tanatemorizada la tierra que
hasta Fez no aya zagaya enhiesta, quanto menos lana. Y tomara
Vuestra Alteza luego la via de Levante
1
, que nada se le deterna.
Mande Vuestra Alteza luego venga el mensagero y no espere a
Juande Herrera, aunque traya despacho ; y enbie a mandar Vuestra
Alteza al capitnde Gepta
2
no lo detenga una ora, que viene sobre
ciertos captivos; que muchos sern libres, plaziendo a Dios. Y
gloria a Dios, etc.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 147. Copie.
1. La via de Levante, c'est--dire: Votre 2. D. Affonso de Noronha, gouverneur
Altesse pourra marcher sur Tlemcen et les de Ceuta de i54o i5[\Q, vice-roi de l'Inde
possessions du pacha d'Alger. de i55o i55/j.
PITAPHE DU P. CONTRERAS
DORMIT HIC
CLARVS VIRTVTIS OMNIS ALVMNVS
FERNANDVS A CONTRERAS
GVADICENSIS EPISCOPVS DESIGNATVS
QVI POST OMNIA MONSTRA DEVICTA
PAVPERIEM MANSVEFECIT
HABVIT QVE COMITEM
ET CAPTIVORVM IN FRICA
REDEMPTIONI
MAGNIS EXHAVSTVS AERVMNIS
VSQVE AD SENIVM INSERVIVIT
POSTQVAM IVDAEOS AC SARRACENOS
AD VERITATIS AGNITIONEM COMPVLERAT
OBIIT ANN . DNI MDXLVIII XIV [Link] MART.
QVAE SIBI FVERVNT LVCRA
ARBITRATVS EST DETRIMENTA PROPTER
DOMINVM.
LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE Qf
XXII
LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE
1
Son Altesse sera abondamment incompense de ses charits par un trsor
cach qu'il a dcouvert Ttouan. Qu'elle vienne seulement jusqu'
Sville et tous les Maures se dclareront pour elle. Le P. Contreras
demande l'envoi d'un ngociateur, Don Bernardino de Mendoza de pr-
frence, pour s'entendre avec le cad de Ttouan. L'Empereur et le
roi de Portugal devront donner leur approbation l'entreprise.
[Ttouan, avril 1545.]
Otra copia del dicho Contreras a Su Alteza.
Pues, entantierna hedad que aunno haveis hecho pucheruelos
para vuestra casa, hazeis tanlargas limosnas que aunsi tuviera ya
Vuestra Alteza muchos tesoros, aunbienmas Dios lo puso a Vuestra
Alteza, porque le quiere dar el ciento tanto y mas la vida eterna :
quatrocientos ducados mando dar Vuestra Alteza, quatrocientos
mili
2
espero en Nuestro Seor le dar en esta tierra. Venga,
venga, venga Vuestra Alteza siquiera a Sevilla o Andaluzia, que
todos estos Moros son suyos. Y, porque en otras
3
digo lo que
ay, no alargo aqui, sino suplico no se fatigue en ver las cartas, y
note bien las palabras que digo de este alcaide
4
, y venga quienlo
i. Cette seconde lettre du P. Contreras, 2. Sur ce trsor que prtendait avoir
o il est fait allusion la dcouverte d'un trouv le P. Contreras et sur sonorigine,
trsor cach Ttouan, est aussi peu claire V. infra, Doc. XXIV, p. 112.
que la premire. Elle a t explique 3. Le P. Contreras se rfre ici la lettre
l'aide du Mmoire du P. Contreras (Doc. qu'il crivait la mme date au cardinal
XXIVj pp. io/i-116). V. aussi supra, Doc. de Tolde. V. infra, Doc. XXIII, p. 101.
XXI, p. Q5 note 2. 4- Le cad de Ttouan, Ahmed el-Hassen.
r
IOO AVRIL l 5/| 5
oyga a su boca como digo. Y, aunque con Juande Herrera
1
aya
scripto Vuestra Alteza, porque podra ser no venir tanpresto, y mas
porque ay mas cosas sobre que escrevir, haga Vuestra Alteza
mensagero que convenga para dar asiento, o el que dize el alcaide,
Don Bernardino, como va en el pliego
2
. No digo mas aqui, sino
que deseo ver aqu a Vuestra Alteza, por hijo de Su Magestad, que
quierenmucho estos Moros, y por yerno del seor rey de Portugal,
cuya es la conquista ; que, siendo Vuestra Alteza el conquistador o
su mandado, lo havra por bienSu Magestad y Su Alteza portuguesa,
y mas Dios, que de la vitoria Y gloria a Dios y sea con Vuestra
Alteza y conla seora Princesa y fructo de bendicin! etc.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo W7. Copie.
i. Sur ce personnage, V. supra, Doc. sait le cad de Ttouanet une seconde fois
XXI, p. 96, note 3. D'aprs le Mmoire pour lui parler de la mine creuse par un
du P. Contreras, Herrera tait all une pre- captif. V. infra, pp. 102 et n3 .
mire fois enEspagne pour entretenir le 2. C'est--dire dans le courrier qu'exp-
prince D. Philippe des ouvertures que fai- diait le P. Contreras.
LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLDE 1OI
XXIII
LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLDE
1
Le P. Contreras a envoy deux jois en Espagne Juan de Herrera pour
l'affaire de Ttouan et n'a pas reu de rponse. // crit de nouveau
par ordre du cad et adresse un mmoire. Le Cardinal, aprs l'avoir
lu, fera connatre au plus tt sa dcision sur le meilleur parti prendre,
soit qu'il faille laisser un autre cette entreprise, soit qu'il faille, au
contraire, la tenter soi-mme, conqurir le Maroc prt se soumettre,
puis de l pousser jusqu'au Haut Atlas et au pays des Ngres, o l'on
trouve de l'or, et qui s'tend jusqu'au Prou. Le cad, qui a lu la
prsente lettre, demande l'envoi immdiat d'un ngociateur pour s'en-
tendre avec lui. II pense que, si le prince Don Philippe pouvait venir
Gibraltar, tout le Maroc se dclarerait pour lui ; il n'y aurait qu'
rgler cette question avec le roi de Portugal. Le cad parle suffisam-
ment l'espagnol pour dispenser le ngociateur de savoir l'arabe. 77
souhaiterait que ce ngociateur ft Don Bernardino de Mendoza, dont le
pre a connu le sien. // retient le P. Contreras, n ayant personne d'autre
qui se fier. Sans lui en dvoiler les dtails, le P. Contreras a indiqu
au cad le plan gnral de l'entreprise : les Chrtiens pntreraient dans
Ttouan par ruse ; ils s'empareraient de lui, de faon le mettre l'abri
de tout soupon de la part des musulmans ; il recevrait pralablement,
pour la scurit de sa personne, une garantie signe de l'Empereur.
Le cad, aprs avoir entendu le P. Contreras, a rpondu qu'il attendrait
l'arrive du ngociateur pour traiter avec lui toutes ces questions. Le
P. Contreras demande que le prince Don Philippe prenne connaissance
de la prsente lettre, qui est plus dtaille que celles qu'il lui adresse.
[Ttouan, avril i545.]
Copia de otra carta del mismo al cardenal de Toledo.
Como no he visto respuesta sobrei negocio de Titilan
2
, de que
i. Sur ce personnage, V. supra, p. 97, 2. C'est l'entreprise chimrique conue
note l\. par le P. Contreras.
IO2 xVVRIL I 5 \5
llevo relacin a Vuestra Seora y a Su Alteza Juan de Herrera
dos vezes, torno a escrevir por mandado del alcaide como antao.
Vea Vuestra Seora una memoria
1
que enbie a los muy reveren-
dos seores provisor de Sevilla y cannigo Fernando de la Torre
2
,
y provea lo que sea servido; y sea luego, porque ay necesidad,
conforme a otra
3
que a Su Alteza del seor Principe escrivo ; y
vea lo mejor, o daros por inibidos y otro haga el negocio, o dar
salvo conduto, o venir a favorecer y tomar toda esta tierra, pues se
da, y de aqui pasar adelante, que conlo que de aqui se havra yran
hasta los Montes Claros
4
y a los Negros, donde ay el oro
5
, y por
tierra diz que vanpor aqui al Peru, mas antes que lleguen alia ay
otros lugares como Peru y gloria a Dios ! etc.
Gloria a Dios ! ley esta carta y la del seor Principe al alcaide ;
contentse y alegrse mucho. Dixo que escriviese esto, mas que
luego venga presonero
6
conquiense de el mejor concierto que sea.
Yo dixe que, si yo y va, que'hara conel seor Principe que viniese
hasta Gibraltar. Dize : Si eso hazer
7
, todo estar suyo, que el
hazer conrey de Portugal que no hablar . Estas palabras digo asi
suyas como el las marca, porque sepan que el que viniere lo en-
tendera, aunque mejor seria si supiese algaravia, mas basta que
habla de manera que se entiende y entiende lo que le dizen. Yo
veo que tiene raznenno dexarme yr, porque no ay otro con quien
se descubra, que ni a muger ni hijos lo dize, y con mucha aficin
dize que estas cartas que se me tomen para rasgarlas el, porque,
si muriere yo o el, no se sepan, o que las rasguenalla y diganque
se rasgaron, porque no las vean. Y torno a dezir que luego venga
el que ha de hazer el concierto, o que sea DonBernardino, porque
conoscio su padre al suyo
8
.
1. V. ce mmoire infra, Doc. XXIV, pp. qu'onrecueillait cet or comme du sable.
I O4-I I 6. 6. Presonero, c'est--dire : personero, un
2. Il tait chanoine de Sville. V. infra, homme de confiance.
Doc. XXV, p. 117. 7. Si eso hazer. Onvoit que le cad de
3. V. supra, Doc. XXI, p. Q5. Ttouan parlait l'espagnol en employant
4. Montes Claros, nom que les Portugais la forme infinitive, qui vite les flexions et
et les Espagnols donnaient au Haut Atlas. qui est, pour cette raison, familire aux
5. La poudre d'or appele tibar, c*-.1? primitifs.
tibar. Cf. i
re
Srie, France, t. , p." 35g 8. On se rappelle que le cad Ahmed
et note 3 ; t. III, p. /I29et p. 707, note 2. el-Hassen tait originaire de Baza. V.
Le P. Contreras, dans sonmmoire, piteir supra, p. 97, note 5, et infra, p. i38.
LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLEDE io3
Hize una diligencia no se si fue bienque por lo del cap-
tivo que enotra digo
1
que no me culpe. Digole : Seor, no creo
que el Emperador querr darte gente, aunque fiase de ti, mas tu
dizes que, si se fia, le dars toda esta tierra? Dize : Si . Digo :
(( Seor, mira que seras culpado y que dirn otros Cristianos :
pues que el Emperador meti Cristianos enfavor de Moros, tanbien
metern Cristianos Turcos en su favor, y tan pecado es el uno
como el otro envosotros como en nosotros. Mas seaassi tu te fias
de mi ? Dize : Si . Digo : Yo me fio de ti y te descubro
unsecreto que te ande armar los Cristianos y te ande tomar por
tal saltadero y tal (mas no dixe mas, no dixe mina ni caos
2
, y
muchas seas que le di, que las crey todas), y sabenque de noche
no sales sino entre las dos puertas, pues acometernte por tal parte
y saldrs y a tus espaldas tocaranlas tronpetas y aununa canpana
3
para espantar los Moros, que haras ? No se, dize, que dezir tu.
^Digo que vengan y te tomen asi, con seguro que tengas del
Emperador firme que no te harnmal ni a tus cosas ni a los Moros
ni aun Judios, y que te tomara el Emperador por vasallo. Y en-
tonces, dando la tierra como dizes, no pensaran tus Moros, sino
que hazes como tomado y no como dado por concierto . Dize:
Venga el que a de venir que alli hablar todo , y otras cosas que
no se puede tanto escrevir.
Vea esto el seor Principe, porque no me alargare tanto en su
carta y gloria a Dios y a Vuestra Seoria Reverendisima ! y venga
luego presonero. Torno a dezir el alcaide que vengan las cartas a
su mano.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U71. Copie.
i. V. supra, Doc. XXI, p. 97. creuses parle captif.
a. Onverra plus loin, p. 109, que le P. 3. Les Maures ont horreur du sondes
Contreras n'avait pas dvoil au cad ce qui cloches. V. i
re
Srie, France, t. III, p. 106,
concernait la mine et la galerie souterraine note 3.
IO4 AVRIL l 5/ 5
XXIV
MMOIRE
1
DU P. CONTRERAS
Ahmed el-Hassen, cad de Ttouan, s'tonne de n'avoir pas reu de rponse
d'Espagne. 11 donne le choix l'Empereur entre trois propositions :
i Ahmed el-Hassen sera simplement reconnu vassal de Sa Majest.
2 On lui enverra des troupes pour marcher contre le roi de Fez, et il
se fait fort de conqurir le Maroc en deux mois, auquel cas Sa Majest
devra par considration pour le roi de Portugal faire un accord avec
lui. 3 Si cet accord ne peut se conclure, Ahmed el-Hassen sera trans-
port dans le Levant par les soins de Sa Majest. Le cad de Ttouan
est contraint de prendre l'un de ces trois partis pour se soustraire la
haine du roi de Fez ; celui-ci veut le faire prir, lui et ses enfants,
parce qu'il supplant Ttouan sa femme Sida el-Horra, qui y exer-
ait un pouvoir souverain. Le cad Ber-Rached, seigneur de Che-
chaouen, donnera sa coopration pour la conqute du royaume de Fez.
L'Empereur, quelle que soit celle des trois propositions ci-dessus
laquelle il se rallie, fera remettre au cad de Ttouan une garantie signe
de sa main. Sa Majest devra galement envoyer Don Bernardino de
Mendoza avec ses galres pour prendre les dispositions quelle trouvera
les meilleures. Le P. Contreras a eu, en outre, un entretien avec un
captif qui a creus une mine par o mille hommes peuvent passer sans
tre vus et s'emparer du trsor dont il a parl ailleurs ; on pourrait
arriver au mme rsultat en traitant avec le cad. Sa Majest se
prononcera sur le meilleur parti prendre, en admettant que les rensei-
gnements donns soient dignes de foi, ce dont le P. Contreras ne se
porte pas garant. Pour viter que le cad de Ttouan ne soit accus
de connivence, on lui a propos de se laisser prendre par les Chrtiens,
i. Il est difficile de dsigner d'unnom tantt relacin (V. supra, Doc. XXI, p.
exact un document dans lequel le P. Con- g6) et tantt memoria (V. supra, p. 102).
treras rapporte ses entretiens avec le cad Gomme pour les prcdents documents du
de Ttouan, expose mots couverts ses mme auteur, ons'est appliqu dans la pr-
viseschimriques, tout endonnant carrire sente analyse clarifier ce texte presque
aux lans de sa pit. Lui-mme l'appelle inintelligible.
MMOIRE DU P. CONTRERAS io5
comme par surprise ; il n'aurait d'ailleurs rien redouter pour sa vie,
tant pointeur d'un sauf-conduit de l'Empereur. Le cad a rpondu
que, si on lui tient pajele, lui, de son ct, sera fidle ses engagements.
Les marabouts et les fekih de Fez, pour exciter contre lui Ahmed
el-Ouattassi, l'ont accus de retenir Ttouan le P. Contreras dans le
dessein d'introduire les Chrtiens dans la ville. Le cad a insist pour
que cette situation ft porte la connaissance du prince D. Philippe et
du cardinal de Tolde et pour que Ton presst l'arrive de D. Bernardino
charg de conclure l'accord. C'est alors que le P. Contreras a envoy
Sville son projet d'occupation de Ttouan, auquel il n'a pas t rpondu.
Le cad est menac d'tre appel Fez pour jurer devant un mara-
bout vnr de ne pas traiter avec les Chrtiens. II est donc urgent
de prendre une dcision. Le manque d'argent ne saurait tre un
obstacle, car le royaume de Fez est un grand Prou plus proche que
l'autre. Si un accord est impossible avec le roi de Portugal, que
l'Espagne garde le Maroc pour elle-mme. Ds qu'on aura reu une
rponse, le captif mentionn ci-dessus se rendra en Espagne pour exposer
l'affaire de la mine ; il donnera quelques indications sur le trsor, que
le P. Contreras compltera, quand il aura des garanties sur l'emploi qui en
sera fait. Ce trsor ne doit pas servir faire la guerre des nations
chrtiennes, mais il doit tre employ conqurir les royaumes de Fez,
de Vlez, de Merrakech et mme le Sahara, o l'on recueille la poudre
d'or comme du sable, ainsi qu' la dlivrance des captifs et d'autres
uvres pies. Le P. Contreras supplie le Prince de venir Gibraltar
ou Sville ou en Andalousie. Le seul bruit de son approche terrorisera
l'Afrique entire et rjouira ses partisans, Maures et Juifs. Que le
cardinal de Tolde fasse les avances ncessaires, le P. Contreras rembour-
sera le tout. II possde, en effet, un bourdon quia la vertu de dcouvrir
les trsors cachs ; le captif qui, sur ses indications, est all la cachette,
a t stupfait. Ce trsor est celui de trois cads et d'un roi; car les
Maures se figurent qu'en enterrant leurs richesses, ils en jouiront
dans l'autre monde. Le P. Contreras s'ouvre librement de tous ces
projets, parce qu'il sait sa correspondance l'abri des indiscrtions, ce
qui n'avait pas lieu lors des deux derniers voyages faits par Herrera ;
il ignorait, en outre, cette poque, l'affaire de la mine, ainsi que la vertu
de son bourdon, et il n'avait pas encore obtenu la libert du captif. Le
cad offre d'envoyer en Castille un de ses fils comme otage ; il demande
que D. Bernardino dbarque avec des troupes, soit l'embouchure de
la rivire de Ttouan, soit Almuecar, et il ira s'aboucher avec lui,
comme faisait autrefois Moulay Ibrahim. Description des abords de
I06 AVRIL 1545
la mine. Le cad aurait pu s'entendre avec le roi de Portugal, il a
prfr s'adresser l'Empereur, en qui il a plac sa confiance. Si
l'Empereur est occup avec les Turcs, le Prince pourra faire l'expdition
au compte du roi de Portugal son beau-pre ; si celui-ci ne veut pas y
contribuer, le Prince, ayant fait la conqute du Maroc avec les ressources
du pays, en disposera en faveur de qui il voudra. *S on avait envoy
au P. Contreras un messager sans attendre le retour toujours diffr de
Herrera, tout serait termin. Le cad aurait l'intention dfaire une
trve avec le gouverneur de Ceuta pour assurer la libre circulation des
messagers. Le P. Contreras est d'avis, au cas o cet accord ne pour-
rait pas se faire, de se servir de la voie de Gibraltar. Le P. Con-
treras insiste encore pour qu'une personne vienne sur place se rendre
compte de la situation. II y a Ttouan 5 000 captifs, dont la ranon
atteindrait un prix trs lev ; il en cotera moins de les dlivrer tous
d'un coup et aux frais du Maroc. Si le P. Contreras ne reoit pas
de rponse, il engagera le cad ci faire la paix avec le roi de Fez.
Avec le trsor qu'il connat dj et ceux qu'il se flatte de dcouvrir, il
arrivera, quand mme, dlivrer les captifs. Mais cet argent donn
aux Maures leur permettra d'armer des galiotes et de faire de nouveaux
captifs, qu'il faudra derechef racheter des prix onreux. Cette
lamentable situation continuera, puisque, Dieu offrant l'occasion de con-
qurir un royaume peu de frais, il n'y a personne qui rponde depuis
trois ans aux propositions du P. Contreras. // lui est arriv de sou-
haiter que la paix se rtablt entre le roi de Fez et le cad pour racheter
les captifs au moyen du trsor ; il a mme song porter Rome ses
propositions, qui auraient rendu le Saint-Pre matre du Maroc. Le
P. Contreras aurait bien d'autres choses dire, qu'il fera connatre quand
il aura reu une rponse favorable. // serait opportun de s'entendre
avec le gouverneur de Ceuta, qui, depuis quinze jours, ne laisse passer
personne. La communication par Gibraltar ne serait-elle pas prfrable?
[Ttouan, avril 1545. ]
Copia de otra del dicho Contreras.
Porque es el negocio todo uno y no dividirlo en cartas ni escre-
virlo dos vezes, y porque se de priesa, va assi. El alcaide rae llamo
MEMOIRE DU P. CONTRERAS 107
despues de haver scripto esotras cartas
1
y me pregunto como no
venia respuesta de alla, y que luego tornase a escrevir mas claro,
y que diga que una de tres cosas pide a Su Magestad y, ensu non-
bre, a vos :
O que lo tenga por vasallo y, quando lo oviere menester, que
le responda y que el lo servira muy bieny lealmente.
O que le de favor y gente para contra el rey de Fez, que jura que
en dos meses le de ganado a Fez y todo el reyno ; y que, si esto
no puede ser por amor del rey de Portugal
2
, que se conforme,
pues sonconsuegros y suegros, que lo quedizelo cunplira conjura-
mento que hizo que endos meses dar el reyno y Fez ensus ma-
nos. Y que lo que le mueve a ello es que este su rey
3
lo quiere
destruir y degollar a el y a sus hijos, porque se vino aqui y porque
le echo su muger
4
, mas que esto hizo porque el Rey le havia
dado tres cdulas de ponerlo aqui enTituany, como no las cun-
plia, dize que se entrego, pensando que lo oviera por bien, que
1. Esotras cartas, les deux lettres adres-
ses au prince d'Espagne, Doc. XXI, p. g5
et Doc. XXII, p. 9g.
2. Cet accord tait d'autant plus nces-
saire que le royaume de Fez tait de la
conqute du Portugal, d'aprs le trait
d'Alcaovas. V. infra, p. 469, note 3.
3. Su rey, Ahmed el-Ouattassi.
4. Cette femme, qui joua unrle per-
sonnel dans l'histoire du Habt, tait connue
parmi les Maures et les Chrtiens sous le nom
de Sid a el-Horra (Cy te Alhorra) o *-1 e J,*~
la noble Dame . Elle s'appelait enra-
lit Acha bent Ali ber-Rached et elle
tait sur du vizir Moulay Ibrahim ben
Ali ber-Rached et du dynaste deChechaouen
(alias: Chefchaouen, Chaouen)Mohammed
benAli ber-Rached (V. p. 108, note 1). La
noble Dame , doue d'une grande intelli-
gence et d'unascendant moral qui la pr-
parait l'exercice du pouvoir, suivit l'en-
seignement des principaux cheikhs spirituels
de sontemps. Sous le nom de songendre
le cad de Ttouan, fils d'Ahmed el-HaBsen,
elle exerait dans cette ville l'autorit sou-
veraine ds 1537. En1541, lo roi de Fez
Ahmed el-Ouattassi, venu Ttouan, pousa
Sida el-Horra, sans doute dans unbut poli-
tique, pour mieux asseoir sonautorit sur
cette ville. Elle eut des dmls avec le
capitaine de Ceuta Affonso de Noronha.
Sbastiende Vargas porte sur elle le juge-
ment suivant : C'est une femme trs belli-
queuse et trs emporte entout . Sida
el-Horra pratiquait engrand la traite des
esclaves chrtiens ; ses fustes taient tou-
jours occupes pirater et les navires d'Al-
ger taient bien accueillis dans le port de
Ttouan. La noble Dame avait eu d'unde
ses premiers mariages Ibnel-Askar, l'auteur
du recueil hagiographique intitul Daouhat
en-Nachir. Ibnel-Askar, dans la notice qu'il
consacre sa mre, loue sa science reli-
gieuse, sa trs grande pit, et raconte
plusieurs miracles qui lui sont attribus.
Sida el-Horra fut expulse de Ttouan la
finde i5/2 par Ahmed el-Hassen. Elle
mourut le i4 juillet i562 et fut enterre
l'extrieur de Bab Sabta, l'une des portes
d'El-Ksar el-Kebir. Cf. IBN EL-ASKAR, pp.
48-54 de la Traduction.
IO8 AVRIL 15^5
mejor guardava alcaide el lugar que muger. Yo le dixe : Pues que
liaremos de Barrax
1
, que es el seor desta tierra? Dize : Ese
esta en mi mano lo que yo quisiere hazer . Y es que anbos se
concertaronpara tomar esta tierra, y assi estarana una para contra
el reyno. Y endos meses dize lo darn.
Y que, quando no se concertasen Emperador y rey de Portugal
para darle favor para tomar el reyno, que el Emperador mande que
lo pasenenLevante, pues el se da por suyo.
Y que, Dar qualquiera cosa destas tres, de su mano y seguro
como Emperador, y que luego mande venir a Don Bernardino
condos o tres galeras, para dar el concierto que mejor este a Su
Magestad.
Mas sepa Vuestra Alteza que yo tengo otro concierto con un
captivo que hizo una mina, que alia enbie debuxada a Su Seoria
Reverendsima, y que por alli pueden entrar 1 000 honbres y no
ser sentidos y tomarlos durmiendo, y asi tomaran los thesoros que
en otra digo
2
. Verdad es que tanbien se podran sacar, dndose a
partido, porque todo es tomar las casas donde estn entanto que
ellos vanfuera. Digo lo uno y lo otro, porque alia se tome el mejor
consejo, si se disimulara conlo uno o conlo otro para mejor, siendo
verdad lo uno y lo otro, porque yo no se mas de lo que me dizen
y andamos sobrello si lo ay debaxo el thesoro.
1. Barrax, Mohammed ben Ali ben med Barrax) devint cad de Chechaouen.
Moussa ber-Rached. Les Ber-Rached (eon- Ds le dbut, il se montra hostile Ahmed
traction de bener-Rached qui explique la el-Ouattassi, qui lui fit la guerre en I 5 4 I ,
transcriptionBarrax des historiens espagnols et il entra enrelations avec le chrif Moulay
et portugais) taient une famille issue des Mohammed ech-Cheikh (V. i
re
Srie,
chrifs drisides du Djebel el-Alam. En Portugal, aux dates des 3o mai et 4 juin
1471, l'und'eux, Ali ber-Rached, qui avait I 54I ) - Lorsqu'Ahmed el-Ouattassi eut t
guerroy dans sa jeunesse enEspagne avec contraint de cder le Gharb au Chrif, Ber-
les rois de Grenade, revint au Maroc et se Rached alla faire sa soumission ce dernier
fixa dans le pays des Ghomara; il y con- Merrakech (V. ibidem, aux dates des 26
struisit la ville de Ghechaouen, dans le juillet et 20 aot 1547)- Moulay Abdallah el-
desseind'enfaire une base pour combattre Ghalib, peu de temps aprs sonavnement,
les Portugais ; il exerait dans la rgion dut envoyer une arme Ghechaouen
unpouvoir presque indpendant du roi de contre Mohammed ben Ali ber-Rached,
Fez ; il mourut enI 5 I I . Lorsque Moulay qui s'enfuit et se retira Mdine, o il
Ibrahim, fils an d'Ali ber-Rached, mourut mourut. Cf. IBN EL-ASKAR, p. 53, et EN-
en i53g, le second fils de ce dernier, NASSIRI, t. III, p. ig.
Mohammed benAli ber-Rached (Moham- 2. Cf. supra, Doc. XXII, p. 09.
MMOIRE DU P. CONTRERAS IOQ
Yo le dixe de yndustria que no queria que fuese traidor a sus
Moros, pues se puede hazer. Y preguntme como esto dezia,
creyendo que podanentrar por la mina, aunque a el no lo declare
ni se lo que Dios querr hazer y los humanos. Digo : Cierto an
de venir Cristianos y tomarte por los saltaderos que te he dicho y,
siendo assi, tomando con seguro que te darn los que vinieren,
que yo se lo suplicare y creo que ellos lo harn, que ya vernan
apercebidos, y asi no te culparan. Dize Como tomar a mi ?
Digo que : Llegaran a esta puerta, estando durmiendo, y te
dirn: Cristianos somos y vasallos del Emperador, y sabemos
que seras su leal vasallo y criado y serviras en quanto pudieres ;
estte quedo, no salgas a pelear, que no puedes, y no ayas miedo,
que tu cabea y casa sera muy guardada . Dize que, si le guardan
la palabra, que el har lo que dize, y que, si se fiandel como con-
certare, que dar lo que dize y al Rey.
Y aun dize : <( Si no se huye con lodos los diablos andar, que
queria hazer mal para mi. Yo querer buscar
1
bienpara mi y mis
hijos . Y tomme la mano, diziendo : <x Yo querer dezir lo que
dizen nuestros morabitos y alfaquies en Fez al Rey, que yo tener
aqui cartas que dezir ellos al Rey : No hagas mal para este Hacen,
cata que metera Cristianos, que no tiene para otra cosa alli a Con-
treras
2
. Y que le dizen: Di tu, Rey, para que tener tres
aos
3
alli a Contreras, sino para que, si le hazes mal, que le haga
traer Cristianos? Dize a mi saber todo esto. Digo : Pues,
Seor, todos lo dizen? Dize: Si, dizen que lo dizen a todos
los morabitos y al Rey. Dixele : Todo eso escrivire al Principe.
Dize : Si, todo lo escrevir y al Cardenal, y que venga luego Don
Bernardino a dar concierto. Sepa Vuestra Real Alteza que yo he
escrito a Sevilla vengan a tomar este lugar, antes que quieran
venir de alla a este concierto ; no me responden.
Vea Vuestra Alteza y Reverendsima Seora quai es lo mejor ;
y sea presto, porque dize este mas lo que en otra digo, que lo
i. Sur le jargonespagnol dont se servait Srie, France, t. I, Doc. XXIV, p. i38.
le cad de Tctouan, V. supra, p. 102, note7. 3. Il est tabli par l qu'il y avait trois
a. Ds l'anne i54^, Ahmedel-Ouattassi ans en i5/|5 que le cad Ahmed el-Hassen
avait demand Sbastien de Vargas de s'tait install Ttouanenexpulsant Sida
lui amener Fez le P. Contreras. V. i
re
el-Horra.
110 AVRIL I 5/| 5
quieren llamar para hazer juramento en manos de un morabito
que tienen ellos por santo, y que no podra hazer concierto con
Cristianos, porque aquel es el juramento que le piden, temiendo
que yo le tengo de traer los Cristianos aqui. Mas yo pienso que el
mas teme que lo llamanpara degollarlo que para jurar. Valo todo
Vuestra Alteza y Reverendsima Seoria. Verdad es que yo pienso
que, aunque haga juramento, que no le ligara en su seta. Digo ; y
la razn es que me paresce que, tomndolo durmiendo o velando
por la mina, si es cierto que entrenpor all, que el no llama Cris-
tianos, que ellos se vienen; y no se da, sino que lo toman; y,
tomado, servira como prisionero o captivo o criado o vasallo, y,
ayudando a su seor, no es obligado a su rey.
O seores, seores cristianos, seores zelosos del ensalamiento
de nuestra fee catholica, animaos para tanto bien! Que en dos
meses es esto hecho, que para esto me ha detenido aqui Dios mas
que para sacar captivos. Una cosa podria estorvar: no haver dine-
ros. Aqui les daremos paga para unao o dos, quiriendo Dios, que
es este el pequeo Peru, y, ganado Fez, es el muy grandsimo
Peru, y mas cerca. Concierte conSu Alteza del rey de Portugal ;
o, si no se conciertan, tommoslo, que luego lo havra por bien.
Nunca ovo tiempo para ver cunplido tenporallo que Nuestro Seor
Jesu Cristo dixo espiritual a sus discpulos : Beati oculi qui vident
que vos videtis ; que muchos reyes y principes an deseado ver
tomado a Fez y nunca lo hanvisto, y seremos contados conlos que
lo veremos. Desta bienaventurana las unas cartas y las otras vern;
llamen honbres que sepan de tales negocios y tomen lo mejor.
Y presto el captivo yra, plaziendo a Dios, enviniendo su despa-
cho. El dira lodo el negocio de la mina y lunbreras y algo de los
tesoros : y exsaminenlo posible. Mas yo le digo no los diga todos,
hasta tener seguro que no los gastaran contra Cristianos, sino en
ganar este reyno y sacarlos captivos, como en Tnez ; y una parte,
si lo ay todo, para obras pias, que para todo ay, sino lo ha sacado ;
y otra para unospital grande en Sevilla, si lo ay. Y que la vandera
de Portundo \ si esta alli la misma la que venia enla galera, quando
i. Portundo, le capitaine Rodrigo Por- Trinidad que, le 3i mai i525, aprs la
tuondo. Ge fut sur sa capitane la Santa- dfaite de Pavie, fut embarqu le roi Fran-
MEMOIRE DU P. CONTRERAS I 1 I
traya al rey de Francia, que es de oro de martillo y tiene flor de
lises y armas de Su Magestad, segundize este captivo que la puso,
el que esta enunsilo conotros tesoros y pendones y joyas, que la
vandera y pendones sonpara el Antigua de Sevilla
1
que haganuna
fiesta ; y tanbien las cadenas y hierros de captivos y las arcas en-
cadenadas donde estnlos thesoros tanbien para el Antigua ; y los
tesoros sernpara lo dicho, para ganar este reyno y Vlez y adelante,
plaziendo a Dios, hasta Marruecos y conquistarla Zahara, que es
donde viene el oro de tibar, que sincavar lo cojencomo arena.
Y, gloria a Dios, ea seor Principe ! que no fue tal coronica
que envuestra bienaventurada tierna hedad. Os de Dios tal vic-
toria enotra ! Suplico os vengis a Gibraltar o a Sevilla o al Anda-
luzia, para poner temor a toda frica ensolo saber que se acerca.
Mas no digo nada temor, que todos deseanconamor vuestra venida,
assi Moros como Judios, conesperana que los har mercedes y
no les llevaran tantos pechos. Mande ver Vuestra Alteza una me-
moria
2
que hago desto que los trac taranbien; y, contratallos bien,
ellos manternanla tierra, que labrarany criaran, que aya para ac
y llevar a Castilla.
Ea, seor Cardenal ! que mas es esto que Oran. Lo que gastais
ois I
er
destination do l'Espagne. Le P.
Contreras fait allusionici un vnement
sur lequel les Anais de Arzila, t. IL, pp.
102-io/i, donnent des renseignements cir-
constancis. En 1527, Portuondo comman-
dait, enqualit de capitaine gnral, une
escadre de huit galres dans la baie de
Cadix. Une nuit, les forats de sa galre se
rvoltrent, le firent prisonnier, et prirent
le large. Poursuivis par les autres galres,
ils furent forcs de s'chouer dans la rivire
de Ttouan. Moulay Ibrahim, qui se trou-
vait Chechaouen, accourut sur les lieux
et s'adjugea pour sa part de prise le capi-
taine Porluondo, 60 000 cruzades et l'ar-
tillerie de la galre. Portuondo ne resta
pas longtemps captif. Il fut rachet par
l'intermdiaire d'un marchand gnois,
nomm Luis de Presenda, qui, aprs s'tre
port caution du payement de la ranon,
obtint permission d'escorter le capitaine
gnral jusqu' Arzila et ngligea de rem .
plir ses obligations. Moulay Ibrahim adressa
ce sujet de vaines rclamations au roi
de Portugal et l'Empereur. D'ailleurs
;
le capitaine Portuondo joua de malheur :
le 2 5 octobre i52Q, il fut compltement
dfait par le corsaire Cachidiablo et perdit
la vie au cours du combat ; ses galres
furent enmenes triomphalement Alger
(F. DURO, La Armada espaola, t. I, pp.
i/o, i5g et 160). La capitane de Por-
tuondo choue en 1527 dans la rivire do
Ttouantait-elle la Santa Trinidad ?
Le P. Contreras n'endoutait pas, puisqu'il
comptait retrouver la bannire fleurdelise
qui y avait t arbore lors du transport
enEspagne de Franois I
er
.
1. Antigua de Sevilla. Nom d'une cha-
pelle latrale de la cathdrale de Sville.
2. Sur cet autre mmoire du P. Contre
ras, V. infra, p. 112, note 3.
112 AVRIL 15/(5
en piedras muertas, gastad en piedras buenas ; que todo se os
pagara ac, aunque conperdnlo digo, que mas franco sera Vuestra
Seioria Reverendisima. Mas, ya que no queris sino prestado,
prstamelo para hazer de presto gente para el negocio que por esta
digo ; que yo os lo pagare todo, y aun. si quereis sinpecado logro,
tanbien lo dar.
No se maravillende mi atrevimiento que oso dezir esto, porque,
por un bordn que tengo, me ha dado Dios a saber donde estn
los tesoros principales, que se espanto el captivo que quien me lo
dixo; y aunlo que el no me descubri le descubr, por manera que
me descubri lo que havia, porque yo no saba el que, sino el
donde *. Y el me dixo que era verdad y que el lo puso por su mano,
que es officiai para ponello. Y, porque sepanque es mucho, es de
tres alcaides y un rey y que es mucho, conque dizen los Moros,
como ynfieles, que, quanto mas guardaren, que tanto mas goza-
ran enel otro mundo
2
, y que nunca descubrenlo enterrado, por
tenerlo acull. Y, pues nadie se a de aprovechar dello, bien es se
denpriesa para aprovechar a ganar mas. Todo esto pasamos el cap-
tivo y yo ; mas no se lo que esta so tierra. De lo que dize el alcaide,
venga a tomarle la palabra.
Estas cosas oso escrevir tanlargas y claras, conque yran seguras
mis cartas que Moro no osara abrirlas ; que dixe al alcaide que,
aunque tiene mandado que cartas que vengan para mi o yo enbie
que no las tomencomo otras, le dixe mas aora : (( Manda de nuevo
que a estas no toquen, porque ya ves lo que te va a ti en ello .
Dize : (( Si . Dar tu aficionado Moro que no ver nadie, digo
ni capitn, sino al que yo dixere las de . Dize que : Asi lo hare-
mos . Y, por eso, oso dezir las cosas mas claras que otras vezes.
O ! o ! o ! dense priesa ! O ! o ! o ! Dios de gracia para ello !
Y, como digo en otro memorial
3
, si no se creen de mi, enbien
una persona que se ynforme, que muy seguro verna, que, pues
1. Le P. Contreras, grce sonbourdon, tendle P. Contreras, mais pour les soustraire
avait dcouvert l'emplacement du trsor, la rapacit des cads et des agents du makh-
mais ignorait soncontenu. zen.
2. Les Maures ont, de tout temps, dpos 3. Cet autre mmoire, dont il a t dj
leurs richesses, tant enespces qu'enobjets parl (V. supra, p. ni , note 2), ne figure
prcieux, dans des silos secrets, nonpour pas au dossier de cette affaire. Il fut proba-
onjouir dans l'autre monde, comme le pr- blement remis au captif. V. infra, p. 1 \i\.
MEMOIRE DU P. CONTRERAS 1I O
el negocio es que le va la vida al alcaide y seor de la tierra, claro es
que asegura a quienviene a mi. No tengana mucha fantasia o gran
locura dezir yo, siendo pobre, que pagare todo lo que se me prestare,
que para mas me ha dado Dios a saber donde esta, si lo hallamos ;
y mas me dar, hallado lo uno, que hallare mucho mas. Lo que
he sabido es como honbre : si me engao ac, no se engaen alia.
Suplico no me culpenporque antes no he dicho estas cosas, que
havia dos ynconvinientes : el uno que no sabia, y el otro que no
osava. El que no sabia es que, quando la primera vez fue Herrera,
no sabia de la mina ; y, a la segunda que lo sabia, enbie la muestra,
mas no sabia de los tesoros entonces ni creya a mi bordn, aun-
que hartas seales me hazia, ni tenia ganada la libertad del captivo,
como aora, aunque tarda ; mas todavia digo que tengo lo que me
dize, y no se mas. La otra es que no osava escrevir, porque abran
todas las cartas, hasta que mando el alcaide que no tomen carta
ma. Y, si en algn enboltorio venia carta mia, luego me la en-
biava el alcaide, diziendo que no la abrieron.
Dizeme que escriviese como se fiava enlas manos del Emperador
y, en su ausencia, del Principe y Cardenal, y que le guardase la
palabra, como quien son y Cristianos, asi lo dixo, y el secreto,
como de quiense fia ; y que todavia tomen las cartas a su mano,
que las traiga DonBernardino o el que viniere, porque si muri-
remos, no las hallen ; y que el tiene las cartas del Cardenal guar-
dadas ; y que porna un hijo suyo en Castilla, donde mandare, o
dos. Yo le dix.e que qual ? Dize : <x El que tu quisieres y sea-
lares ; y, si mas es menester, mas har. Venga Bernardino, que ya
te dixe que venir a boca de rio y salir a rebate y alar vandera y
llegar contigo a hablarle ; o, si no quiere venir a rio, sea a Al-
muecar
1
, que es casi medio camino entre Cepta y este Tituan.
Digole : d Que dirn los Moros, viendo que le vamos a hablar ?
Dize : Andar para perros, que asi lo hazer Muli Abraen quando
asi venir alar vandera, y hablar que querer. Digo: oc Pues que
se usa, bienesta, asi sea . Dize : Asi estar .
Casi medio Abril
2
fuemos, el captivo y yo, a ver la boca de la
1. Almuecar, jUlil (le bec), le cap moire et les lettres du P. Contreras sont
Negro. postrieurs au i5 avril i545. Ces pices
2. Il est tabli par cette date que le m- sont d'autre part antrieures au 3o avril
DE CASTRIES. X. 8
I l !\ AVRIL l 5/| 5
mina. Y estavanunos Moros cavando; bolvimonos, mas miramos
los caminos por donde ande venir los de cavallo y los que entra-
ranenla mina ; y cercamos todo el lugar por unos peascos, que
sonde dos lanas enalto, hazia el rio. Y encima esta un llano de
piedra biva que terna dos tiros de vallesta en ancho y largo, y que
alli se liara una fuera, que ni a menester cava ni cimientos, ni a
la parte del rio mas que una tapia, y aseorea el lugar y ajusta con
el arabalejo, junto con el muro a la parte del alcaava y fuera. Y
enla decendida deste peasco ay ciertos molinos del agua que sale
del remaniente del lugar, y puedense hazer 20 paradas al rededor
del muro y otras tantas al otro cabo. Y baxo dela pea del peasco
ay fuentes que condos tapias la meten enla fuera, y otras cosas,
que quiensabe de guerra se contentara desto que veo ; bienpuede
certificar de lo dems alla este cativo.
Bienfuera a Portugal y fuera bien recebido ; mas ay dos cosas
que para su negocio conviene mas yr a Su Magestad : porque tiene
officios reales de los Reyes pasados y de Su Magestad, segn dize ;
y, para el otro negocio, no quiere el alcaide sino fiarse de Vuestra
Alteza en nombre de Su Magestad, y no del rey de Portugal ; que
alia hagansu confederacin, que el no se pone sino envuestras ma-
nos. De una cosa se esfuerce Vuestra Alteza, y de gracias a Dios,
que qualquier de los dos negocios esta muy bien, y, si anbos, muy
mejor, y si el uno sale verdadero, si no el otro ; y, si anbos, como
espero en Dios, muy mejor.
Es tanto lo que dize el captivo que ay que me pone dubda ; son
tantas las seas que da, y que dize que no dize todo, que mas cree
que hallaremos, y como lo puso y en que y por que, que haze
creer. Pues el alcaide es tanta la congoja de este que, porque un
dia no fui dos vezes a vello, dixo que : Por que no yr ? Dixe :
Ya vine a la maana . Dize : (( Tanbien tarde que venir, cosas
que querer luego hablar contigo, y, en viniendo mensagero de
Moros, luego te llamar y venir .
Enuna memoria que di al cativo
1
digo que, se ande Su Magestad
1545, puisque, cette date, Hernando de 1. C'est probablement cet otro memo-
la Torre les avait reues. V. infra, Doc. XXV, rial dont il a t parl plus haut. V. supra,
p. 117. p. 112.
MEMOIRE DU P. CONTRERAS 110
alla contra Turcos, que ac Vuestra Alteza ganara por su suegro
1
;
y, si no quisiere ayudar a la conquista, ganemos el reyno conlo
mismo que del hallaremos
2
, y despus sea de quien mandardes.
Y no hagancosta enlo pasado, que, por no enbiar conunmensa-
gero que o viera venido y no esperar a que nunca verna Herrera,
no esta hecho todo ; pues, conperdn lo digo, que yo soy un po-
bre capelln y oso dezir que sobre mi hagan correos y mensageros
que cuesten lo que costaren por este gran servicio de Dios ; y de
alia, donde tantas bo[tas] ay, mejor harnun pen; pues digo asi
que haganluego presonero que venga, que por esta digo que lo que
gastare, yo lo pagare, aunque no lo halle aqui ; y no se pierda
tanta cosa. Perdonadme, que con gran deseo lo digo de ver esto
de Cristianos.
Notenque dixe al alcaide que tuviese los puertos abiertos por dos
meses, porque no se detuviesen los mensageros ; y dize que el har
pazes conel capitnde Cepta
3
por los dos meses, porque no se cier-
renlos puertos, y que haga otro tanto el capitn. Y ensele como
lo escrivo ; y dize que y aun por tres meses y por quatro har
pazes. Mas yo digo que no esperen tanto esto de alia, se lo ha de
enbiar a dezir que al menos para mensageros que vayany vengan
a mi no aya puerto cerrado ; y, si no quisiere el capitn de Gepta,
mndelo en Gibraltar, aunque son dos das mas de camino ; mas
mejor es por via de Cepta.
El alcaide queria enbiar unmayordomo suyo con ciertos cavallos
y jaezes, y no osa, que ay muchos vergantines en Cepta, no los
tomen y captiven a los que fueren. Mas digo yo que lo menos es
los cavallos vengan, para estotros negocios, que allies la gloria y
honrra de Dios ; y los cavallos gurdense para yr adelante, como
lo tiene endeseo y que dize que se fiendel y sus hijos alia o ac,
que el cunplira.
Venga quien oyga todo esto a su boca y no se creande mi, que,
conpensar quan baxo y quan poco soy, tienen razn venga per-
sona que sea creido. Y echen quenta de cinco mili captivos, y
i. Sa sueg ro : le roi de Portugal JeanIII, 2. G'est--dire : avec les trsors que nous
dont la fille Marie avait pous le prince Don trouverons au Maroc.
Philippe. 3. D. Affonso de Noronha.
I l 6 AVRIL l 5 4 5
algunos de a ioooo ducados y mas, y el que menos, si es castel-
lano o portugus, 200 ducados y 3oo y muchos a 5oo ; y dos cl-
rigos solos, uno castellano y otro portugus, no nos ha querido dar
a 5oo, sino 1200; y el levantisco 100 ducados. Y, pues sumara
esto, dganlo alla que conmenos se sacaran todos, quanto mas que
de aqu saldr todo el costo y sobrara para otras obras.
Y, si me respondenque quierenvenir o de una manera o de otra
o anbas, esperare ; y, si no, har que haga este paz conel Rey ; y,
condar al Hey el un silo y a este el otro, si ay otro en ellos, me
dar sus captivos. Y el otro silo mayor, yo terne maa como lo
pueda sacar, si ay algo. Y, con lo que dieren a Moros, si lo ay,
podra ser que armen estos Moros ciertas galeotas y traigan otros
tantos cativos ; donde gastenotros tantos quentos enarmar contra
ellos, y no los tomaran, que se saben bien guardar, y otros tantos
para rescatar los que ellos traern. Y todo yra sobre no se quien,
pues que da Dios enlas manos a mi parecer un reyno sin gastar
mucho, y no ay quienme responda, endos aos alla y uno ac que
lo digo.
O ! pensava, hagan paz con estos y el Rey, diziendo que de
alia no responden, para que yo pueda yr y, si fuere bien, yrme a
Su Santidad de Nuestro muy Santo Padre y darle aviso destos
tesoros, conla condicin, si los ay y que me de gente, y sea suyo
el reyno o de quienDios quisiere ; que, si no fuera por lo que devo
a mi rey y reyno, yo o viera enbiado adonde con manos aladas
ovieranvenido, sinesperar auoxuras de Herrera ni de nadie.
Otras cosas mas diria, sino que espero buena respuesta, y, ganado
esto, las dire para adelante. Y no se maravillen desto y mas, que
revela Dios a los pequeos o prvulos, si no me engao, y asconde
a los sabios y grandes. Y gloria a Dios por ello y sea con todos !
Lo que suplico que digan al capitn de Gepta, que haga las
pazes por los quatro meses, conviene, porque i5 dias ha que no
dexa venir y no se quantos mas estara, que ya ovieranydo y venido.
Y vean si es mejor por Gibraltar a Tituan, y dense priesa al venir.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 471. Copie.
LETTRE DE HERNANDO DE LA TORRE 1 1 7
XXV
LETTRE DE HERNANDO DE LA TORRE AU CARDINAL
DE TOLDE
Le P. Contreras l'a charg de lui remettre des lettres qui ont t apportes
par une personne de confiance ; celle-ci donnera les informations compl-
mentaires qui lui seront demandes. Les prcdentes lettres du P. Con-
treras tant restes sans rponse, il a pri Hernando de la Torre d'insis-
ter auprs du Cardinal afin qu'il favorise une entreprise pour l'excution
de laquelle on ne saurait trouver conjoncture plus favorable.
[Sville] 3o avril i545.
Copia de una carta que Hernando de la Torre, cannigo de
Sevilla, escrivio al cardenal de Toledo, a postrero de Abril 1545-
El padre Hernando de Contreras, capelln de Vuestra Seoria,
que esta enTituan, me enbio a mandar que conmucha diligencia
enbiase estas cartas a Vuestra Seoria Illustrisima, que, con la
grande alicion en que esta puesto por sacar aquellas animas de
aquel pueblo, enbia este mensagero que a estado con el, de quien
Vuestra Seoria Reverendsima podra ser ynformado de lo que fuere
servido saber del, y es persona de quiense puede fiar todo secreto.
Y, porque el padre Contreras a scripto a vuestra Seoria Reveren-
dsima otras vezes, y la postrera fue conun mercader que se dize
Juan de Herrera
1
, y no lia vido resolucin de lo que Vuestra
Seoria Illustrisima manda, como tengo dicho, enbiome a mandar
que hiziese esta otra diligencia, suplicando a Vuestra Seora que,
por amor de Nuestra Seora, pues por su ynfinita misericordia lo
i. Juande Herrera avait apport galement la premire lettre. Cf. Doc. XXIII, p. 102.
I l 8 3o AVRIL 1545
colloco entangranestado y dignidad y tanbenemrito y lo colo-
cara conotra mayor enla tierra, que Vuestra Seora Illustrisima
gane otra muy mayor que todas estas enel cielo, en favorecer y
ayudar a tan santa y buena obra, porque creo no se podra hallar
mejor coyuntura que la que al presente se ofrece.
Yo, como siervo y capelln de Vuestra Seora, lo suplico por
amor de Dios.
Guarde, etc.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U71. Copie.
LETTRE DU CARDINAL DE TOLEDE ] 1 Q
XXVI
LETTRE DU CARDINAL DE TOLDE AU COMMANDEUR
DE LON
1
Les lettres et la relation envoyes de Ttouan par le P. Contreras con-
cernent un projet qui ne semble pas srieux ; le Cardinal les adresse
au commandeur de Lon. II y aura lieu d'en faire un rapport au
prince Don Philippe ainsi qu'au Conseil de la Guerre et d'crire ensuite
au P. Contreras ce qui aura t dcid, afin qu'il ne se lance pas dans
une entreprise actuellement irralisable.
[Tolde], 8 mai i545.
Copia de una carta que el cardenal de Toledo escrivio al comen-
dador mayor de Len, a 8 de Mayo 15A5.
El padre Hernando de Contreras, que esta en Tituan, escrive al
Principe, nuestro seor, dos cartas y a mi una, las quales y cierta
relacin
2
que assi mesmo enbia va con esta. Y, aunque las cosas
que dize tienen a mi ver poco fundamento, acorde de enbiarlo a
V. md. con este mensagero, para effetto que, si le pareciere, haga
relacindello a Su Alteza y lo comunique V. md. con esos seores
del Consejo de la Guerra, y, consultado, escriv V. md. a este padre
conforme a lo que se acordare, porque no se ponga a enprender
negocios que no convengany sindisposiciny aparejo para poderse
eetuar al presente.
Guarde Nuestro Seor, etc.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 471. Copie.
i. Francisco dlos Cobos, secrtaire de gnols. Cf. FERRERAS, Historia de Espaa,
Charles-Quint, laiss par lui auprs du t. XIII, p. 266.
prince DonPhilippe comme conseil pour 2. V. supra ces trois lettres et ce mmoire,
les affaires politiques des royaumes espa- Doc. XXI-XXIV, pp. g5-u6.
i2o 7
J UI N
1546
XXVII
LETTRE DE DON PHILIPPE A CHARLES-QUINT
(EXTRAIT)
Le Chrif continue ses conqutes dans le royaume de Fez. Le roi de
Portugal voudrait recruter des soldats en Andalousie pour envoyer au
secours de ses fronteras. On fera le possible pour favoriser cette leve,
vu rimportance qu'il y a pour l'Espagne empcher le Chrif de s'em-
parer des places de la cte.
Madrid, le 7 juini546.
Sur la couverture : A Su Mag
(l
. Del Principe. De Madrid,
a vu de Junio i546.
La carta de V
ra
Mag
(l
de xx de mayo recibi.
Por las copias de las cartas de Lope Hurtado ' que se embiancon
esta, vera V
ia
M
<1
lo que se entiende del Xarife de Marruecos, y como
ha passado adelante para conquistar el reyno de Fez
2
. Enlo que el
serensimo rey de Portugal pide que se le dexe hazer gente enel
Andaluzia para embiar al socorro y provisionde sus tierras, se har
todo lo que se pudiere para que la pueda hazer levantar, por lo que
importa al biendestosreynos que aquello se conserve y que el Xarife
no se enseoree de las feras de la costa. Y de lo que mas se enten-
diere se dar de contino aviso a V
ra
Mag'
1
.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 73. Minute.
1. Sur ce personnage, V. supra, p. fri, retirer au commencement de juin. V.
note 1. SS. HIST. MAROC, i
re
Srie, Portugal,
3. Le Chrif vint au printemps de i5/|6 la date du 11 juin 1546, lettre do Bcr-
mettre le sige devant Mekns et dut se naldim de Carvalho.
NOTE SUR LA SITUATION DE MAZAGAN 12 1
XXVIII
NOTE SUR LA SITUATION DE MAZAGAN '
Lmz de Loureiro, capitaine de Mazagan, a crit le 10 avril qu'il a t grive-
ment bless au cours d'une rencontre avec les troupes chrijennes et
il a demand des renforts. L'agent du roi de Portugal Malaga a
appris que six cents hommes avaient t tus. II demande que l'ordre
soit, donn aux villes d'Andalousie d'envoyer des secours Mazagan.
S. 1. n. d. [aprs le 10 avril] i547-
Sur la couverture, alia manu: Berbera. 15^7 Lo del socorro
de Mazagan. Para yr.
La relacin de lo que scrive el capitnde Mazagaon a x de Abril
1547.
Que el queda muy mal herido conuna mano cortada y conqua-
tro lanadas, y a la muerte, y pide, adonde quiera que llegare el
mensajero que la dicha carta trae, que le socorrancongente, por la
mucha nescesidad enque queda, y que se embie conuncorreo una
carta que embia al rey de Portugal conmucha priesa.
Scrive el factor del rey de Portugal que esta enMalaga, que un
ombre que vino de Mazagaon dize como quedavan DC ombres
muertos, los ce de cavallo, y el hijo del Xarife concinco mili de
1. Le Chrif avait envoy le cad Ham- siers, tomba dans l'embuscade et fut com-
mou ben Daoud la tte de six mille ca- pltement battu : quatre cents Portugais
valiers, avec ordre de tout risquer pour restrent sur le terrain, le fils du gouver-
lui apporter la tte de Loureiro. Aprs neur, Luiz Annez de Loureiro, fut au
s'tre post en embuscade, suivant la tac- nombre des morts. Cf. Do COUTO DE
tique habituelle, le cad Hammou fit faire ALBUQUERQUE, Memorias para a historiada
une dmonstrationdevant la place par deux praa de Mazago, pp. 21-22, TORRES, cap.
cents cavaliers. Loureiro, tant sorti avec 55, et i
re
Srie, Portugal, la date du 27
cent vingt cavaliers et huit cents arquebu- avril 1547.
122 APRS LE IO AVRIL l 5 ^ 7
cavallo quedava fuera de los muros ; y, por la poca defensa que en
el lugar quedava, havia scripto a su padre que le embiase luego
escalas, porque sin duda tomaria el lugar. Pide el dicho factor que
V
ra
Alteza
1
le provea yjnande una provisiona las Justicias de Malaga,
Xerez, Puerto de Santa Maria e a otras qualesquier Justicias destos
reynos, que denfabor e ayuda, para socorro de la dicha nescesidad,
de gente, mantenimientos, municiones y todas las otras cosas nes-
cesarias, con toda brevedad.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 472. Copie.
i. V
a
Alteza, le prince de Castille, DonPhilippe.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CACALL A DON PHILIPPE 123
XXIX
LETTRE DE VERDUGO ET DE CACALLA. A DON PHILIPPE
(EXTRAIT)
Les fils du Chrif se sont rendus matres de Mekns, Sal, Larache,
Ttouan, Chechaouen, Targa et El-Ksar el-Kebir ; il ne reste plus
Ahmed el-Ouattassi que la seule ville de Fez. Le Chrif lui-mme est venu
camper deux lieues de cette place et a somm Ahmed de l'vacuer.
Les gens de Fez ont fait une sortie et le Chrif a t forc de se retirer
Mekns. Ahmed el-Ouattassi a crit au roi de Portugal pour lui
demander du secours, ainsi que Charles-Quint en a accord aux rois de
Tunis et de Tlemcen.
Malaga, 4 novembre i 547-
Sur la couverture, <ila manu : Malaga. A Su Alteza. Los
proveedores de Malaga, un
0
de g
bre
15^7.
Adresse : Al muy alto y muy poderoso seor el Principe, nuestro
seor.
Muy alto y muy poderoso Seor,
A los diez e nueve de Octubre rescevimos la carta de V
ra
Alteza
hecha a primero de Septiembre.
Lo que desto
1
aqui sabemos de presente es que, a vindose
apoderado los hijos del Xarife de las principales fueras del reyno
de Fez, que sonMequinez, Cale, Alarache, Tetuan, Xexuan, Taraga,
i. Desto. la guerre entre Ahmed el-Oiiatlassi et le Chrif.
124 4 NOVEMBRE I 547
Alcaar Quibir
1
, por manera que al Rey solamente le quedava el
cuerpo de la ciudad de Fez
2
, el Xarife viejo vino hasta dos legoas
de Fez, conmili y dozientos de cavallo, no mas, y enbio a dezir al
Rrey que el no queria estar por lo que sus hijos avianconcertado y
que le desenbaraase luego la ciudad e se saliese della ; y porque le
parescio que no abria contradicion, no traxo mas jente. Y esto hera
enel principio deste mes de Otubre
3
.
Savese que, despus desto, sali jente de Fez y tuvieronuna esca-
ramua conlos del Xarife. Dizenque le mataronsetecientos honbres,
e que se retiro a Mequinez, y que enbio luego a Marruecos por toda
su jente de guerra, y que se cree que en breve tiempo tomara la
ciudad, porque los de dentro no quieren ponerse endefensa, y ha
juntado materiales para hazer una fuera junto a Arcilla.
El rey de Fez escrevio al seor rey de Portugal que se acordase de
los socorros que Su Mag
(l 4
avia hecho al rey de Tnez
b
e al rey de
Tremecen
0
, y que asi le pedia que le socorriese a el, pues le yba
su parte, por la mala vezindad que ternia en sus fronteras. Todo
1. Ahmed el-Ouattassi, qui avait t fait
prisonnier par le Chrif la bataille de
l'oued Derna (septembre 1545), avait d
abandonner celui-ci pour sa ranonla ville
de Mekns. Moulay Mohammed ech-Cheikh
envoya son fils Moulay bd el-Kader en
prendre possession. Cet vnement eut lieu
avant le 20 aot 15^7 V. i
re
Srie, Por-
tugal, cette date, Lettre de Jacob Bute
Francisco Botelho. C'est tort qu'Ei.-
OUFRNI (p. 53) place la remise de Mekns
au Chrif en g55 de l'hgire (11 fvrier
i548-3o janvier i5^9)- Moulay Mohammed
ben-Ali ber-Rached (Barrax), cad de Che-
chaouen, Sidi Mohammed el-Aroussi, cad
d'El-Ksar el-Kebir, Sidi el-Hassen, cad
de Ttouan, et Sidi en-Nasser, cad de
Larache, qui avaient refus de reconnatre
la rgence d'El-Caceri, avaient fait leur
soumission au Chrif ds le dbut de 1547?
quand les fils de celui-ci taient alls guer-
royer dans le Gharb. Sur ces vnements,
V. i
re
Srie, France, 1.1, p. i^Q, Sommaire.
2. Effectivement, en i5/| 8, Ahmed el-
Ouattassi ne pouvait plus communiquer
avec Ceuta que par Vlez (Badis). V. i
re
Srie, France, t. I, pp. I 5 O- I 5 I , Lettre
de Jorge Pimentel Jean III, du i4 fvrier
1548 (traduction), et Portugal, la mme
date (texte original).
3. DIEGO DE TORRES, qui assista au
dpart du Chrif, dit qu'il quitta Merra-
kech le 27 septembre 1547- V. Relacin
del origen y sucesso de los Xarifes, cap. 66.
- Sa Magd, l'empereur Charles-Quint.
5. En i535, Charles-Quint avait conquis
Tunis sur Kher ed-Din et rtabli Moulay
el-Hassen. En i54a, le vice-roi de Naples
avait envoy celui-ci un secours de deux
mille hommes.
6. Le 27 janvier 1543, le comte d'Al-
caudete, gouverneur d'Oran, avait march
sur Tlemcen, s'entait empar, le 6 fvrier,
et y avait install pour roi Abou Abdallah,
qui se reconnut vassal de l'Espagne. V. FR
DE LA CUEVA, Historia de la guerra de
Tremecen, Madrid, 1881, 8, et P. RUFF,
La domination espagnole Oran, pp. 74-102.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA A DON PHILIPPE 125
esto se sabe de cierto por unvezino desta ciudad, que se hallo en
Fez a la sazn, y vio escrivir las cartas para el seor rey de Portugal
y las traxo encomendadas y las dio a mi, Francisco Verdugo, e yo
las di a su fattor
i
.
Las galeras llegaron aqui bispera de Todos Santos conrrezio
tiempo de bendaval, y otro dia se fueron a Gibraltar.
Nuestro Seor la muy alta y muy poderosa persona y estado de
V
ra
Alteza ensalce !
De Malaga, a quatro de Novienbre de DXLVII aos.
Sign : Francisco Verdugo. Diego de Caalla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. Sa fattor, l'agent du roi de Portugal Malaga.
I 26 6 AVRIL I 548
XXX
LETTRE D'AHMED EL-HASSEN
1
A DON PHILIPPE
II proteste de son dvoumeni l'gard du Prince. La mort du P. Con-
treras l'a vivement affect. Juan de Herrera, porteur de la lettre,
rendra compte de l'emploi qui a t fait de la libralit du marquis de
Villena.
Ttouan, 6 avril i5/| 8.
Sur la couverture, alia manu: Tituan. A Su Alteza. i5/i8.
Berbera. Del alcaide de Tituan.
Adresse : Al muy alto y muy poderoso el principe de Castilla,
etc., mi seor.
Invocation
2
: X>J <yJ XJ-\
Muy alto e muy poderoso Seor,
Los dias pasados, rrecebi una carta de V
ra
Alteza que me dio el
padre Contreras, y siempre rruego a Dios por bieny acrecentamiento
de V
ra
Alteza, como su criado ; y a me pesado mucho de la muerte
del padre Contreras
3
, por quienel era. Y esta casa es de V
ra
Alteza,
y en todo lo que en ella mandare, se har conmuy granvoluntad.
Y el portador desta, que es el granservidor Juande Herrera
4
de
V
ra
Alteza, contara lo que se a hecho en esta limosna del marques
1. Cad de Ttouan. Sur ce personnage, fvrier. Sur ce missionnaire, V. supra,
V. supra, p. 97, note 5.. Doc. XXI-XXVI, pp. g5-iiQ.
2. Louange au Dieu unique! [\. Sur ce personnage, V. supra, Doc.
3. Le Pre Contreras tait mort le 16 XXI, p. g6, note 3.
LETTRE D AHMED EL-HASSEN A DON PHILIPPE I 2 7
de Villena
1
, y como yo soy servidor de V
ra
Alteza, al quai me
rremito.
Guarde Nuestro Seor la muy alta y poderosa persona de V
ra
Alteza
con el acrecentamiento que sus criados deseamos !
De Tituan, 6 de Abril de i548.
Signature arabe
2
: $\ Oidj /**> ~U.I 4jJI JLc-
Muy alto e muy poderoso Seor,
Besa las manos de V
ia
Alteza
Cide Hamehacen.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U73. Original.
i. DonDiego Lpez Pacheco, marquis une somme pour le rachat de captifs,
de Villena, 3
e
duc d'Escalona, mort en 2. Le serviteur de Dieu Ahmed
i556. Le marquis avait sans doute envoy Hassen. Dieu lui soit favorable !
128 29 AVRIL 15^8
XXXI
LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA A DON PHILIPPE
(EXTRAIT)
Retour de Juan de Herrera envoy au Maroc pour la rdemption des cap-
tifs. Nouvelles rapportes par lui : le Cher if serre de prs la ville de
Fez, dont il se rendra matre sans nul doute. Le Duc demande au Prince
d'examiner l'opportunit d'une intervention en faveur du roi de Fez.
San-Lucar de Barrameda, 29avril 15Z|8.
Adresse : Al muy alto y muy poderoso seor el Principe, nuestro
seor etc.
Muy alto y muy poderoso Seor,
Juande Herrera
1
, levador desta, vino aora de frica conla reden-
cin de cautivos, de que a V
ra
Alteza har relacin. A me dicho que
el Xarife esta muy poderoso y muy cerca de Fez, y que, segn la
mucha jente tiene y el balor de su persona, se tiene por cierto la
tomara ; y esto seria muy gran dao para la Cristiandad y tener
esta Andaluzia muy ruyn vezindad.
Y aunque me puedan culpar de delantero, aviendo en su real
consejo personas de tanta sciencia y expiriencia enlas cosas de la
guerra, a me parecido, por lo que al servicio de Su Mag
d
y de V
ra
Alteza devo, hazerlo saber, para que mande consultar si sera bien
socorrer al rey de Fez, como se hizo enel reyno de Granada, que
aquello fue ocasin de ganarlo despus los Reyes Catlicos, que
estn en gloria, porque, si una vez el Xarife se haze seor de
toda aquella tierra, sera muy dificultoso echarlo de ella y podra
hazer grandes daos en esta
De SanLucar de Barrameda, xxix de Abril 1548.
Sign: El Duque.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U73. Original.
i. Sur ce personnage, V. supra, p. 96, note 3.
LETTRE DE MOHAMMED EL-CACERI A MAXIMILIEN 12 9
XXXII
LETTRE DE MOHAMMED EL-GAGERI
1
A MAXIMILIEN D'AUTRICHE
Le roi d'Espagne a accord son aide tous les souverains maures qui ont
fait appel lui ; il ne refusera pas semblable faveur au roi de Fez assig
par le Cher if. Le roi de Portugal a t sollicit, et il tait dispos
accorder le secours demand, mais le roi de Fez a pens que l'appui de
ce prince ne serait pas aussi efficace que celui du roi d'Espagne. La
situation critique du roi de Fez exige une rponse immdiate.
Fez, 2 dcembre i548.
Sur la couverture, alia manu: A Su Alteza. Del rey de Fez.
Adresse: Ala G. Mag
1
del principe Maximiliano
2
.
C. Mag,
Ya V
ra
Mag
t
abra sabido los trabajos y nescesidades que he tenido
y tengo conlas grandes guerras que nos a hecho y haze de cada dia
1. Cette lettre, d'aprs sa teneur, semble vrai que, dans l'nonc du nom de ce prince
maner du roi de Fez Ahmed el-Ouattassi, il n'est pas fait mentionde sonaeul Moham-
mais le seing manuel appos la findu med, mais ces omissions d'un ascendant
document diffre de celui qui figure sur la sont frquentes. Le nom complet du fils
lettre du 10 avril 1541 et que Sbastiende d'Ahmed el-Ouattassi serait rgulirement
"Vargas certifie tre celui de ce souverain. Mohammed benAhmed benMohammed
V. Supra, Doc. XX, p. g4. Quoique ce benech-Gheikh. Sil'onadmet'celteiden-
monogramme soit d'une leclure difficile, tification, la lettre aurait t crite par ce
onpeut y reconnatre le nom de Mohammed prince ou tout au moins valide par lui.
bon Ahmed benech-Cheikh, nom qui, 2. Maximilien, roi de Bohme, et sa
d'ailleurs, a t crit au-dessous enarabe femme Marie d'Autriche, fille de Charles-
d'une faonclaire. Ce Mohammed ne serait Quint, gouvernrent l'Espagne depuis la fin
autre que le fils du roi de Fez, appel habi- de i548 jusqu'au retour d'Allemagne du
tucllement Mohammed el-Caceri. Il est prince D. Philippe, le 12 juillet I 55I .
DE CASTRIES. X. g
l 3 o 2 DCEMBRE T 548
el Xarife. A nos benido a la memoria los grandes socorros y labores
que sienpre Su Mag
1
a dado a todos los otros reyes moros que se
lo an pedido. Suplicamos a Y
ra
Mag
1
asi sea yo faborescido como
los otros, lo mas brebe que ser pueda, por causa que estamos cer-
cados, porque ya al serensimo seor rey de Portugal le escrevimos
sobre el socorro
1
que nos podia dar y el nos lo daba, sino que tene-
mos creydo que no seria tan cunplido como hordenado de mano
de V
ra
Mag*, a la qual suplico sea yo avisado lo mas brebe que ser
pueda, porque no se sufre mas dilacin.
Fecha enFez, a dos dias de Diziembre de i548 aos de quenta
de Cristo.
J L ^ I ^
Vw
Ci
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
1. Sur le secours demand par Ahmed l'invocation: Dieu fasse russir ses entre-
el-Ouattassi au roi de Portugal, V. supra, prises ! et au-dessous le nom de l'auteur
Doc. XXIX, p. i2/(. de la lettre: Moulay Mohammed ben
2. On lit gauche du seing manuel Moulay Ahmed benEch-Cheikh .
LETTRE D'ABOU HASSOUN A MAXIMILIEN D AUTRICHE I 3 I
XXXI I I
LETTRE D'ABOU HASSOTJN A MAXIMILIEN D'AUTRICHE
1
Situation critique d'Ahmed el-Ouattassi et d'Abou Hasson, qui sont assi-
gs dans Fez par le Chrif. Ils font appel l'assistance de Maximi-
lien et demandent un prompt secours.
Fez, a dcembre i 548.
Sur la couverture, alia manu : Argel. A Su Alteza. i54o,.
Del rey de Vlez.
Adresse : A la G. Mag' de principe Maximiano.
Invocation
2
: J501 ci*jf $\
G. Magestad,
Ya V
ra
Mag' abra sabido los trabajos y nescesidades que el rey
de Fez y nosotros hemos tenido y tenemos conlas grandes guerras
que nos da de cada da el Xarife. A acordado mi hermano
3
el rrey
de Fez e yo que fusemos socorridos por mano de V
ra
Mag
1
, pues
V
ra
Mag
1
lo da a todos quantos se lo an pedido y los a repuesto en
su estado. Y a esta causa nos hemos movido a escrevir sobre ello a
V
ra
Mag
f
, suplicndole nos haga la merced que a todos se les haze ;
y para ello, es nescesario que V
ra
Mag' nos avise enbrebe para que
sepamos la orden que se a de tener en ello, porque estamos cer-
1. V. supra, Doc. XXXII, p. 129, la lettre PL IV, Tableau gnalogique des princes de
presque identique de Mohammed el-Caceri. la dynastie ouattasside, note 7), bienqu'il
2. Dieu au-dessus de tout ! appelle ici ce prince mi hermano et un
3. Abou Hassontait, enralit, l'on- peu plus loin mi primo . V. infra, Doc.
cle d'Ahmed el-Ouattassi (V. infra, p. 162, XXXVI, p. 1^2.
13a 2 DCEMBRE 1548
cados. Y porque mi hermano el rrey de Fez escrive sobrello mas
largo a V
ra
Mag
11
, ceso enesta.
De Fez, a dos dias de Diziembre de i5/i8 aos aquenta de Cristo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7b. Original.
i. La lettre dont il est ici question peu probable, car on verra ci-dessous, p.
comme tant mane du roi de Fez doit i4o, que Verdugo et Caalla ne parlent
tre celle de sonfils Mohammed el-Caceri que de deux lettres, qu'ils attribuent aux
qui a t publie supra, Doc. XXXII. S'il rois de Fez et de Volez,
y a eu une autre lettre signe d'Ahmed 2. On lit gauche du seing manuel
el-Ouattassi, elle n'a pas t retrouve. l'invocation: Dieu fasse prosprer ses
L'existence d'une telle lettre est, d'ailleurs, entreprises!
LETTRE DE JERONYMO DIEZ SNCHEZ 133
XXXIV
LETTRE DE JERONYMO DIEZ SNCHEZ
1
AU DUC
DE MEDINA-SIDONIA
2
Le Chrij est en guerre depuis quatre annes avec le roi de Fez. Aprs
l'avoir rduit en captivit, il l'a remis en libell en change de Mekns,
puis a recommenc la guerre et assige Fez. 77 bloque cette ville depuis
l'anne passe avec quinze mille cavaliers. Il s'est port Ras el-Ma pour
y passer l'hiver ; le froid a fait prir cinq mille chevaux. La ville est
chaque jour l'objet de nouvelles attaques. Pour plus de sret, le
Mrinide a fait garder chaque porte par un de ses parents ; son fils
El-Caceri occupe la kasba de Fez el-Bali ; il n'y a plus dans la ville que
huit cents cavaliers. Le Chrif est matre de tout le pays hors de Fez,
l'exception de Taza. Son impopularit : il serait abandonn, s'il
prouvait un seul chec. Sans un secours des Chrtiens, la prise de
Fez est certaine : les vivres y sont hors de prix ; chaque jour de nombreux
habitants quittent la ville, surtout les pauvres et les Juifs ; ces derniers,
au nombre de deux mille cinq cents, ont t recueillis par leurs coreligion-
naires de Mekns. Hausse de prix du bl. Activit du roi de Vlez.
Ses encouragements aux assigs. II a perdu sept cent cinquante
chevaux dans une sortie malheureuse. Le roi de Fez a puis ses res-
sources. 11 serait facile de venir au secours de la ville par Larache et
El-Ksar el-Kebir ; la nouvelle d'un dbarquement des Chrtiens aurait
un retentissement norme et suffirait faire lever le sige par le Chrif.
Si, d'autre part, le Chrif s'empare de Fez, il menacera les fronteras.
Ses forces militaires et sa richesse. Le duc de Medina-Sidonia
devrait informer le roi d'Espagne des consquences qu'aurait la prise de
Fez et de Vurgence d'un secours, ainsi que Diez en a prvenu le roi de
i. Marchand portugais tabli Ttouan. 2. C'est la mention de Doa Ana de
Aprs la rentre Fez d'Abou Hassonen Aragon y Gurrea, pouse en secondes
i554, onle voit dans cette ville, occup noces de D. JuanAlonso de Guzman, duc
avec Francisco Rodriguez et Diego de Tor- de Medina-Sidonia (V. supra, p. 73,
res racheter les esclaves portugais aban- note 2), dans la formule finale de la pr-
donns par le Chrif. Cf. D. DE TORRES, sente lettre (p. i3g), qui permet de rta-
cap. 101. blir le nom du destinataire.
l 3/( I I JANVIER l 5/9
Portugal. El-Hassen, cad de Ttouan, est prt chasser le Chrif
hors du royaume de Fez, s'il peut compter sur quelque secours. Le
roi de Vlez a crit au duc de Medina-Sidonia.
Ttouan, il janvier i 5^9-
Mui illustre Seor,
Siendo yo tancriado como lo soy de V. S., estando enestas par-
tes, me parecia que no hazia lo que devo al servicio de V. S. enno
avisar lo que en este rreyno de Fez ay. V. S. avra sabido como el
Xarife, rrey de Marruecos, tiene, de quatro aos
1
a esta parte, guerra
conel de Fez, el qual fue cativo, y despus, por los conciertos que
hizieron, conque le dierona Miquinez, solto el dicho Xarife al rrey
de Fez. Y dende a cinco meses vino el dicho Xarife sobre el de
Fez, el qual le a dado tanta guerra que le a puesto engrantrabaxo.
El dicho Xarife esta tanpujante de jente de cavallo y de pie y de
bastimentos quantos a menester y demasiados, y a la contina sien-
pre pagada su jente adelantada. Este ao pasado, sienpre se anduvo
a quatro leguas y a seis de Fez conquinze mili de cavallos, comiendo
los panes de Fez y, los que no podia comer, los mandava quemar.
Y comenando a entrar el ynbierno, se puso con su rreal legua y
media de Fez, ques en Rraz al Ma, y fue su yntencion que, puesto
alli, se dar Fez. A sido tan rremiso que, con todas las aguas y
nieves, se esta todavia sobre el dicho Fez eneste Rraz al Ma, donde
dize que no se levantara hasta que el dicho Fez se le de. Anseie
muerto eneste lugar cinco mili cavallos de las muchas frialdades,
segn dizenlos que de su almahala vienen. Todos los dias corren
los del Xarife hasta las puertas de Fez.
Estn tan acorralados que no sale nadie de Fez, y ansi estn las
puertas cerradas y en cada una un pariente del Rrey por mejor
guardada, y su hijo, el que fue rrey
2
, estando cativo su padre, esta
i. Sur les vnements de ces quatre dynastie ouattasside, notes g et 17.
annes (i545-i5/[8), V. infra, p. 162, PI. 2. On sait que Mohammed el-Qaceri
V, Tableau gnalogique des princes de la avait t reconnu rgent du royaume de Fez
LETTRE DE JERONYMO DIEZ SNCHEZ l35
en Fez el Viejo
1
, enel Alcaaba. Tiene dentro enFez el dicho Rrey
ochocientos de cavallo escasos. Estos dias pasados, tenia pocos mas
de setecientos, y conestos, quando les vienen hasta las puertas
a correr, salen no mas de fuera de la puerta a hazer rrostro.
Este Xarife es seor, de los muros de Fez afuera, de todos los
canpos y Alarves y lugares y adixares
2
, salvo Teza, que es undia de
Fez, la qual Fez no tiene, entodo, lo dems de los muros adentro.
Esta la dicha Fez consu rrey y dizenque ande morir primero que
drsela ; y ansi dizenque, escrito el nonbre del Xarife, no lo quer-
rian oyr, quanto mas vello. No ay Moro entodo este rreyno que
lo quiera, ni menos los suyos, los quales estn desesperados, por-
que a dos aos los trae enesta guerra fuera de sus casas ; y cierto
que, si alguna cosa le ucediese de afrenta al dicho Xarife, de alguna
jente que de Fez saliese e de noche e de dia diese sobre el, que los
suyos lo desbaratasen primero que los de Fez.
V. S. sea cierto que, si Fez no tiene socorro de Cristianos, que
se perdera sinfalta ninguna, porque, como digo, esta muy traba-
xada y el trigo vale enella, oy dia de la fecha, la afa
3
a veinte onas
de la moneda de ac ; que vale la hanega de Castilla por quatro
ducados, donde solia valer dos rreales y rreal y medio.
Todos los dias, se salen de Fez huyendo mucha jente por la
hanbre, y estos sonlos mas pobres ; y de la Judera, conaquerdo
de todos los Judios, ansalido dos mili y quinientas animas, los
quales no pudiendo sufrir y pagar el pecho al Rey, que sondoze
mili ducados cada ao y dancada mes mili ducados, y sustentar a
estos que heran los mas pobres, fueron a pedir licencia al Rrey,
diziendole que la diese para que saliesenlos Judios que ellos sea-
lasen, porque no los podan mantener, ni a el pagalle el pecho.
Tubolo por lo bien, conque le pagasensu pecho los que quedasen.
La primera vez, salieron secientas animas de onbres y mugeres
y nios, y consu salida hizieron mucho sentimiento todos los
Hebreos. Y ala segunda vez, salieronmili animas, y quando salan,
pendant la captivit de sonpre, fait pri- 3. Adixares, du mot arabe ^ 0 dechar,
sonnier la bataille de l'oued Derna (sep-
dexar> h a me a
u , village,
tembre i545). V. ibidem.
1. Fez el Viejo, Fez el-Bali.
3>
.
La
?
a
f
a
'^^
{ sah
f*> mesure de ca-
pacit dont l'identicationest incertaine.
136 I I JANVIER 15^9
sus rrabies contoda la Judera se sentaronenel suelo, tiznaronsus
caras y hecharon ceniza sobre sus cabeas y hizieron gran llanto,
como lo hazia Jeremias sobre Jerusalen. Enver apartar las hijas y
hijos de los padres y parientes de parientes, dizen los Moros que
toda Fez les tuvo muy gran conpasiony dolor. Todos estos Judios,
con novecientos otros que despus salieron, se fueron al rreal del
Xarife, yen el los rrecibieron Judios de Miquinez y de alli fueron
al dicho Miquinez. Tiene mandado el dicho Xarife a toda su jente
que a Moro ni a Judio, que venga huyendo de Fez, no toquena ellos,
ni les tomen cosa ninguna, so pena de muerte.
El trigo a valido, estos dias pasados, hasta treinta onas la cafa ;
y abaxo, porque los que tenian trigo no osavanabrir sus silos para
vender, por miedo no se lo tomase el Rey, el qual mando apre-
gonar que los que tubiesen trigo que vendiesen a como quisiesen,
porque el no les mandaria tomar ninguno y que ansi se lo pro-
metia.
El rey de Belez, todos los dias, anda por Fez el Viejo a pie con
quinientos onbres, animando a la jente y diziendoles que tengan
con su rey natural, y que miren que el Xarife que es un onbre
levantado de poco tienpo y ques un tirano y rrobador y cochillo
para degollar a los del rreino de Fez. Cada dia, anda deste arte que
digo a V. S., animando a su jente; y pluguiera a Dios que el no
saliera de Fez enbusca de un hijo del Xarife que estava un dia de
Fez, defendiendo que no llevasen mantinimientos a Fez, y todavia
se esta alli ; de quia salida supo el Xarife, y mando a otro hijo
suyo y a Barrax
1
conquatro mili lanas, y dieron sobre el conno
tener mas de novecientas lanas ; el qual rrey de Belez se rretruxo
al pie de una sierra y alli avino valiente cavallero, en que le mato
quatrocientos y enellos dos alcaides y onbres de quenta, y alli le
fue forado apearse, y conballesteros de pie y de cavallo que traya,
les defendi la subida de la sierra. Perdi alli setecientos y cinquenta
cavallos, y de los suyos murieron treinta.
Quiero a V. S. dar la raznporque Fez se a de perder, si no tiene
algn socorro de Cristianos. El rrey de Fez, quando se perdi y
i. Barrax, Ber-Rached. Il s'agit ici de Ghechaouendepuis i53g. V. supra, p. 108,
Mohammed benAli ber-Rached, cad de note i.
P L I
L E R I F
A U XVI
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S I C L E
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o 10 20 30 4.0 50
LETTRE DE JER NIMO DIEZ SNCHEZ l 3 ^
cativo, perdi todo quanto lleva va consigo, y lo que dexava ensu
casa gasto el hijo, quando lo hizieronrrey, y para asentarse y alla-
nar la tierra. Venido el Rey de su cativerio a su casa, vino luego el
Xarife a le hazer guerra ; a gastado todo quanto le rrestava y las
jentes le an dado ; las rrentas que tenia de fuera, selas tomado.
El Xarife, el ao que paso, comi los panes de Fez y, los que no
pudo, se los quemo. Y en este ao no senbraron grano, para que
tenganesperana de lo cojer, para se poder sustentar. Fez cerrada,
mantinimientos no entran. Por todas estas seales, se a de perder,
y mas que Fez no tiene jente de cavallo para quitar el cerco de
encima della, para que le entren bastimentos.
Sea V. S. cierto que, si por Alarache viniese algn socorro de
Cristianos y le tomasen, que es nada de tomar, en aquella ora no
queda nadie enAlcaar Quibir, que es cinco leguas, porque todos
se yrianhuiendo, que el Xarife en toda su vida tomase
1
a Fez, por-
que, enyendole la nueva, como el esta sobre el aviso, de dezir que
Cristianos an de socorrer a Fez, e venir abaxo a los Cristianos, e
se yr huyendo, porque, en dezir vienen Cristianos, si venian cin-
quenta caravelas, avian de dezir los Moros eran quinientas, y, si
venian diez mili onbres, avian de dezir por todo el reyno eran cin
mili ; y, si el Xarife abaxase abaxo a defender Alcaar Quibir, que-
daria descercado Fez y entrarianle muchos mantinimientos ; y, si
se huyese, mejor, enaquella ora se alava el reyno todo enfavor
de Fez y los Alarves que tiene se vernian Alarache conlos Cris-
tianos. Muy mayor servicio de Dios seria dar socorro a Fez con
tomar Alarache y Alcaar Quibir, para que este tirano no tomase
a Fez, que no yr treze mili onbres a saquear a Tremecen, que en
hazello o no y va poco.
Este tirano tiene malos pensamientos y, enla ora que tome a Fez,
a de poner cerco a estas fronteras de Arzilla y Tanjar y Alcaar y
Cepta, y quiera Dios no lleve alguna, como llevo al Cabo de Aguer ,
y ansi a de hazer enBelez muchos navios de rremos y enel rio de
Tituany enAlarache y Cale ; y ansi dize que, agora que los Turcos
tienen paz con Su Mag
t2
, que quiere traer cinco mili y dalles
i. Il faut entendre la phrase avec le 2. Sur la trve avec les Turcs. V. infra,
sens ngatif : entoda su vida no tomase. p. i53, note 2.
I 38 I I JANVIER 1549
sueldo y para que anden en los navios, tomado a Fez. Tiene cin-
quenta mili de cavallo ; al presente tiene todos los que quiere. Esta
este tirano muy puxante y muy rrico de gran tesoro que tiene, y
para esta guerra no saca cosa del, todo el reyno de Marruecos y de
Tarudante y el de Fez se lo da, y que le sobra.
V. S. sea servido de ynformar a Su Mag
1
de este tirano quan
prospero esta y de lo mucho mas que se haria, si toma a Fez, la
qual, aunque los Moros la tienen por perdida, se sustentara estos
quatro meses. Todo el mas animo que tienen los de Fez es con
esperana que los Cristianos les an de dar favor. Yo tengo escrito
muchas vezes al serenisimo rrey de Portugal de todo lo que eneste
rreyno a ucedido y ay\ y de los malos pensamientos deste tirano
y de su poder y de lo que haze y piensa hazer. Torno a dezir a V. S.
que toda la vida de Fez esta enque tenga algn socorro de Cris-
tianos por Alara che, el qual no es nada de tomar y menos Alcaar
Quibir. Y si esto se hiziese, yo me obligo a que me cortenla cabea,
si a Fez toma este tirano, porque luego se alantodos los Moros con
Fez, los quales estntodos sujetos, porque se a apoderado contodo
y a Fez vien sinfueras y sin jente de cavallo, de lo qual estn
todos arrepentidos. Como vino a este rreyno el Xarife, querrianle
todos, conpensar que fuera otro, y dantes les diera como rrico, que
les pedir, ni menos tomara como a tomado a Fez, y rrobales todo
quanto tienen, ansi Alarves como Barvaros y a los dems. Y con
el favor de los Cristianos, como digo a V. S., todo el rreyno se
alaria conFez y le dexariansolo a este tirano, y luego enFez entran
bastimentos que le sobren.
Y, si esto oviese, esta aqui un servidor de V. S., que su padre
lo fue del de V. S., quando Baa era de Moros, que es Hazen
2
,
alcaide desta villa, que si el viese algn socorro, es parte para lo
hechar el fuera del rreyno, porque eneste rreyno no ay otro mayor
onbre de guerra ni de consejo que es el, y el favorezera a Fez. Todo
el mundo era conel, aunque agora esta por el Xarife. Quisiera estar
enpresencia de V. S. para le contar cosas que se de este su servidor
sobre este caso. Desea hechar a este rrey Xarife deste rreyno, tanto
1. V. i
re
Srie, Portugal, aux dates des relatives aux progrs faits par le Chrif.
a5 et 26 juillet 15^7, 3 fvrier et i5 mai 2. Ahmed el-Hassen, cad de Ttouan;
1548, des lettres de Jeronymo Diez Snchez V. supra, p. 97, note 5.
LETTRE DE JERONYMO DIEZ SNCHEZ l39
y mas que los Cristianos. Y de su parte se muchos avisos y cosas
deste tirano, las quales escrivo a Portugal, como digo a V. S., de
todo lo qual sabe bieny, como sea tan mi seor, me lo consiente
y porque el querria ver cortada la cabea a este tirano.
Enla verdad, Seor, que yo no puedo mas de avisar de todo y
estar puesto aqui a que el Xarife mande por mi y me mande cortar
la cabea, con dezille alguno estoy aqui en su perjuyzio Provalo
Dios todo, como sabe que es menester!
V. S. ynforme del poder deste tirano a Su Mag' y del mucho mas
que ternia, si a Fez toma, el qual tomara, si socorro no tiene, donde
viene muy gran perjuyzio. Y es tanto quanto, bienmirado y visto,
se vera muy claro ; y, dantes que a Fez se tome, se avia de dar el
rremedio. Y, mientras mas breve mejor, al alcaide de Gibraltar
mando esta, al qual escrivo que luego se la mande a V. S. con
dilij enca.
El rrey de Belez escrivio a V. S., segn un Moro de Fez me a
dicho.
De todo lo que oviere y ucediere deste rreyno, dar aviso a V. S..
Y tenga en memoria al alcaide de Hacen, que es el todo para des-
terrar a este tirano, si favor tuviese de Cristianos.
Guarde Nuestro Seor el illustre estado de V. S., conel de Doa
Ana
1
, mi seora, quias illustres manos beso !
De Tituan, a 11 de Henero de 15^9-
Illustre Seor,
Besa las manos de V. S.,
Sign : Hieronymo Diez Snchez.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo h7b. Original.
i. Doa Ana de Aragon y Gurrea. V. supra, p. 73, note 2.
I Ao 12 JANVIER 15^9
XXXV ^
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
Ils transmettent Leurs Altesses deux lettres des rois de Fez et de
Vlez. La ville de Fez est dans une situation trs critique : beaucoup
d'habitants passent au camp du Chrif ; ceux qui restent refusent de
combattre contre des coreligionnaires et sont opposs une intervention
des Chrtiens. La ville souffre d'une grande disette de bl. Le bas
peuple souhaite la victoire du Chrif et la reprise par lui des fronteras.
Malaga, 12 janvier i5/lg.
Sur la couverture, alia manu : Malaga. A Sus Altezas.
15A9. De los proveedores de Malaga, xii de Enero i549-
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores el principe
Maximiliano y princesa Maria, governadores destos reynos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
No se a ofrescido cosa nueva de que deviesemos dar quenta a V
ra
Alteza, hasta agora que rescebimos las dos cartas
1
que vanconesta
para V
ra
Alteza de los rreyes de Fez y Velez de la Gomera.
Y, segund lo que de halla escriven, la ciudad de Fez esta muy
apretada, por que muchos vezinos dlia se an sallido y pasado al
rreal del Xarife, y los que quedan no quierenpelear por su rrey,
1. Ge sont les lettres du 2 dcembre XXXIII. Sur l'attribution de la premire
i548, de Mohammed el-Caceri et d'Abou au roi de Fez, bienqu'elle soit signe par
Hasson publies supra, Doc. XXXII et sonfils, V. p. 129, note 1, et p. i3a, note 1.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA I t\ I
pues la guerra no es en ofensa ensu ley ; y el pueblo no desea ni
querra socorro de Cristianos, por que se temende lo que le podria
subceder. Demas desto, ay en Fez gran falta de pan
1
, por que el
Xarife les tiene tomados todos los caminos por donde les puede
venir. Todo el bulgo lo desea, por que esperanque, seyendo seor
de aquella tierra, sera poderoso para hazer guerra y conquistar las
fronteras que tienen los Cristianos.
Malaga, XII de Henero I 5/| Q.
Sign : Francisco Verdugo. Diego de Caalla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. Ona vu dans le document prcdent nourrir son arme, qu'il avait fait brler
(p. 137) que le Ghrif s'tait empar des tout ce qu'il n'avait pu utiliser, et que les
rcoltes dans les environs de Fez pour habitants n'avaient pas fait de semailles.
I k 1 3 FVRIER I 549
XXXVI
LETTRE D'ABOU HASSOUN A CHARLES-QUINT
1
11 rappelle les lettres que lai et son parent, le roi de Fez, ont adresses
l'Empereur pour lai demander son appui contre le Chrif. Ce dernier
a pris Fez-le-Vieil, le 28 janvier, par la famine et la trahison. Voyant
la ville perdue, Abou Hasson est retourn dans son royaume, o il attend
des secours de Charles-Quint.
Vlez, 3 fvrier i5Ag>
Sur la couverture, alia manu: EnOran. A Su Mag
d
. i549
- Del rey de Velez, tres de Hebrero 15^9-
Adresse : A Su Sacra Magestad.
Invocation
2
: l$0l J ^s JJI
Sacra Magestad,
Los dias pasados, le escrevi ua, pidindole socorro para contra
el Xarife, y otra mi seor primo el rrey de Fez
3
; y porque despus
a ucedido que el Xarife a tomado a Fez, le torno a escrevir esta y
sera para darle cuenta por entero a V
M
Magestad.
Sabra V
ra
Magestad que el lunes, que se contaronveynte e ocho
de Enero del presente, tomo el Xarife a Fez el Viejo por dos cosas :
la una por hanbre y la otra por que los de dentro fueron traydores.
Y, visto que la cibdad estava perdida, me vine a mi tierra,
adonde quedo, esperando el socorro de V
ra
Magestad ; y a de ser
con mucha brevedad.
1. V. ci-contre, Pl. III, unfac-simil de 3. Ces deux lettres taient dates du
cette lettre. 2 dcembre i5/|8. V. supra, Doc. XXXII
2. Dieu au-dessus de tout ! et XXXIII.
P I . I I I
LETTRE D'ABOU HASSON A CHARLES-QUINT
(3 fvrier 1549)
D'aprs l'original conserv aux archives de Simancas
y
LETTRE D ABOU HASSOUN A CHARLES-QUINT l43
Y, porque al seor Francisco Verdugo escrivo mas largo, no
quiero ser ynportuno por el presente. El seor Francisco escrevira
mas largo a Y
ra
Magestad, y a su carta me rremito
1
.
j Nuestro Seor prospere V
ra
Real Magestad por largos tiempos !
De Beles, a 3 de Hebrero de i/ig.
A mandado de V
ra
Magestad.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
i. La lettre crite par Abou Hasson
Verdugo n'a pas t retrouve ; mais on
verra plus loin(Doc. XLI) une lettre de
Verdugo et de Gaalla mentionnant la
transmissionpar leurs soins de la prsente
lettre et donnant certains renseignements
qui doivent provenir de la communication
reue par Verdugo.
2. Que Dieu fasse prosprer ses entre-
prises I
Seing manuel
d'Abou Hasson
I kk 5 FVRIER 154g
XXXVII
RELATION DE JERONYMO DIEZ S NCHEZ
1
Les troupes da Chri/ sont entres Fez par la porte dite Bab Fetouh
le mardi 28 janvier. Abou Hasson s'est repli ainsi que Ahmed el-
Ouattassi sur la porte de la Kasba, devant laquelle s'est engag un furieux
combat ; les troupes chrifiennes ayant russi pntrer dans la Kasba,
Abou Hasson et Ahmed ont fait retraite sur Fez~le-]Seuf. Occupation
de Fez-le-Vieil. Soumission de Fez-le-Neuf au Cher if le 31 janvier.
Ahmed el-Ouattassi s'est livr au vainqueur; le bruit court qu'on lui
laisserait Taza. Abou Hasson s'est enfui, on ne sait o.
[Ceuta
2
], 5 fvrier i54<).
Sur la couverture: Fez, 15^9 Relacin de lo que subcedio
en Fez. Embiola el conde de Tendilla
3
.
A veinte y ocho del passado, martes
4
, se allegaronlos del Xarife
a la puerta de Fez que se dize la Bava Fortoa
5
, y sobre ella se
allegaron los alcaydes del Xarife, y unos por las murallas y otros
aziendo las puertas pedaos, entraronenla ciudad.
Y el rrey de Velez, consu gente y de la ciudad, no pudindolos
resistir, dando y matando enellos, se fue rretrayendo asta la puerta
del Alcazava
6
; y, allegando a ella el rey de Fez que allegava, que
1. V. infra, Doc. XXXIX, p. i4), Lettre a. S ur la date de lieu restitue. V. note
de Luis de Rueda au comte de Tendilla. Dans prcdente.
cette lettre date du 6 fvrier i54g, Luis 3. Sur ce pei-sonnage, V. supra, p. 7/1,
de Rueda dit que la veille il s'est rendu de note 1.
Gibraltar Ceuta, o il s'est rencontr [\. Le 28 janvier i/ig tait enralit un
avec Jeronymo Diez venant de Ttouan et lundi.
qu'il a demand ce dernier d'crire une re- 5. Bava Fortoa, Bab Fetouh, porte au
lationdes vnements de Fez pour l'envoyer sud-est de Fez el-Bali.
au comte de Tendilla. 6. La kasba de Fez el-Bali. V. ibidem
RELATION DE JERONYMO DIEZ SNCHEZ l / | 5
le avian dado el rrevato enFez el Nuevo \ y consu gente dio en
ellos muy animosamente ; y ansi fueron dando y matando enellos
por la calle abaxo del Alcaava, que ninguno tenia cuydado de
pelear sino de uyr, y muchos de los que entraron conlos alcaides
a cavallo avianperdido los cavallos.
Ya no thenian rremedio sino perdida la gente de Xarife, vino la
rrevato al dicho rey de Fez como el Alcaava era tomada por los del
Xarife. Y fue que, como el rey de Fez se avia abaxado a pelear a
la puerta del Alcaava, sali toda la gente que dentro estava a pelear
conel Rey, y todos, consu pelea y vitoria que llevavan, olvidronla.
Tan de mientras quen la batalla estavan, por detras del Alcaava,
echaronescalas y subieron, y, como no aliaronquienles rresistiese,
defendindole la salida, enarbolaron quatro vanderas.
Quando los de Fez bieron el Alcaava tomada, fueronle a dar
el rrevato al rey, asi al de Velez, donde hestavan. Consu vitoria,
la dexaron desmayados y se subierona Fez el Nuevo, antes que lo
tomasen; el qual rey fue herido, el de Fez, y el de Velez tanbien
metido ensu Fez el Nuevo. Y Fez el Viexo quedo pacifico por el
Xarife, condos alcaydes que entraronpor la puerta Bafotoa
2
.
Y los delanteros fueronMuley Mahame Barax, seor de Xixuan
3
, y
el alcayde de Al Aroz de Alczar Quivir
4
, y Gitalcha Al Aroz
3
, alcayde
de Xazen
6
. Estos fueron los primeros, y el alcayde de Buxema
7
,
que es de los principales, y el alcayde de Colote
8
, y el alcayde de
sobrino del Mezuar ; estos sonlos alcaydes conquienpeleo el Rrey
con su gente y otra mas del dicho Xarife.
El dicho Xarife se estuvo ensu almahala
?
que no quiso entrar
1. Que le avian dado en Fez el Nuevo. qui l'a supplante aujourd'hui. Le cad
Ahmed el-Ouattassi so trouvait Fez el- d'Azedjen avait comme obligation d'entre-
Djedid, quand onl'avertit. tenir une force de 4oo chevaux pour prot-
2. V. supra, p. i/J4, note 5. ger le pays contre les incursions des Portu-
3. Sur ce personnage, V. supra, p. io8, gais, qui s'avanaient parfois jusqu' 4o
"ote i. milles des fronteras. Cf. LON L'AFRICAIN,
k- SidiMohammedel-Aroussi, cadd'El- d. i55o, f. 5i ; MASSIGNON, Le Maroc. . . ,
Ksar el-Kebir. V. supra, p. 12/1, note 1. p. 238 ; MICHAUX-BELLAIRE, Le Habt, dans
5. Chalcha A laroz, Sidi Talha el-Aroussi. Arch. Maroc,. XVII, pp. 4i6-/22.
6. Xazen, Azedjen, Izaguen, etc. Ville 7. Alcayde de Buxema, pour alcayde
du Habt, autrefois importante ; elle est Buxema, le cad Bou Djema.
situe 7 kilomtres au nord d'Ouezzan, 8. Ahayde de Colote :1e cad des Kheloth.
DE CASTRIES. X. 10
I 46 5 FVRIER I 5'l\9
asta tomar a Fez el Nuevo. Ayer lunes, vino carta al alcayde Hazen
de Tituan, que Barrax avia escrito a Xixuan, enque le deca como
el Xarife, postrero del pasado, entro en Fez el Nuevo
1
, y que sali
del el rey de Fez para se lo desenbaraar y se puso fuera de la ciu-
dad enuna casa grande que hesta enel Alamiz
2
, que es cerca de la
ciudad. Dizen le dan a Tezar ; esto de le dar a Tezar no se save
cierto. Enpero estar en Fez el Nuevo el Xarife lo hesta, segn el
alcayde me dixo le escrivieron. Segnparece, se dio apartido; pues
le dizendar a Tezar y es fuerte. No lo creo que se la den. Esto escri-
vio el xeque de Taragi
3
al dicho alcayde Hacen, como digo que lo
avia escrito Barrax.
El rey de Vlez se uyo y del no saven, ni por donde fue ni adonde.
Todo el rreyno esta muy alvorotado, ypesanle conla partida de su
buen rey de Fez.
Esto es lo que a suzedido hasta oy, cinco de Hebrero de 15^9
aos.
Lo mesmo se ha entendido por otras cartas de Gibraltar
4
.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Copie.
j . D'aprs TORRES (cap. 69), le Chrif serait !\. Cette mention ne fait videmment
entr Fez-le-Neuf, le i5 fvrieri55o. Cette pas partie de la relation de Jeronymo
erreur est reproduite par le capitaine VoiNOT Diez ; elle a d tre ajoute par le comte
dans sonouvrage Oudjdaetl'Amalat(jp. 274)- de Tendilla, qui avait reu par la voie de
2. Alamiz, la place du Souk el-Khemis Gibraltar, entre autres lettres, celle de Luis
devant Bab el-Mahrouk. de Rueda du 6 fvrier. V. ci-aprs, Doc.
3. Taragi, pour Targa. XXXIX, p. i4g.
LETTRE DE LUIS DE RUEDA I 47
XXXVIII
LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
II a recueilli de Jeronymo Diez, agent trs bien inform au service du roi
de Portugal, des dtails sur la prise de Fez : assaut de Fez-le-Vieil et de
la Kasba ; pertes considrables des deux partis ; blessures d'AbouHasson
et d'Ahmed el-Oualtassi, leur retraite sur Fez-le-Neuf; le premier s'est,
croit-on, enfui au Pen, le second s'est rendu composition, et les cads
du Chrif sont entrs dans Fez-le-Neuf. D'aprs le cad de Ttouan,
le Chrif aurait donn Taza Ahmed el-Ouattassi. Le Chrif dispose
de forces considrables bien payes et bien armes, surtout en pices d'ar-
tillerie. // s'est entendu avec les Turcs et les Rengats qui sont auprs
de lui pour faire construire des navires afin de lutter contre les Chrtiens,
ce qui le rend trs populaire.
Gibraltar, 6 fvrier i5^g.
Sur la couverture, alia manu: Gibraltar. A Sus Altezas.
i/ig. Del corregidor de Gibraltar, vi de Hebrero /ig.
Adresse: A los muy altos y muy poderosos seores el principe
Maximyliano y la princesa Doa Maria, governadores de Espaa, etc.
Muy altos e muy poderosos Seores,
A los quatro deste, di aviso a V
ra
Alteza como el Xarifee
avia tomado a Fez el Viejo y el Alcaaba ; y con la mya embie
la carta del capitnde Gebta \ por donde lo supe.
Y como el negocio es de tangrancalidad, por mejor poder ynformar
a V
ra
Alteza, luego otro dia de maana pase a Gebta, y, estando alli,
vino de Tituan un mercader que se llama Geronymo Dias, honbre
i. AJTonso de Noronha, gouverneur de Ceuta.
148 6 FV1UER l5/j()
que tiene mucha razn de las cosas del Xarifee e reyes de Fez y
Velez, que, por mandado del serenysymo rey de Portogal, ha tratado
conlos dichos reyes cosas tocantes a la defensa del dicho Xarifee.
Supe del que se avia tomado Feez el Viejo y el Alcaaba a escala
vista, e que muri mucha gente de la una parte y de la otra ; y los
reyes de Feez y Velez salieron heridos y conla gente que pudieron
se retraxeron a Feez el Nuevo ; e de alli el rey de Velez se desapa-
rescio, que no se sabe del ; crehese que se retruxo al Pen.
E, dende a dos dias, el rey de Feez se sali a una casa de canpo
1
,
y los alcaides del Xarifee entraron a Feez el Nuevo. Cree el alcaide
de Tituan
2
que le dio el Xarifee al rey de Feez unlugar que esta
cerca de Feez, que se dize Teza, de partido, para enquebivyese, lo
qual yo no creeo, porque me dizenques fuerte.
Certefycome este mercader quel Xarifee tiene pagados veynte
mili honbres, arcabuzeros y ballesteros, a cinco doblas cada uno,
cada mes, un ao adelantados, y que, quando no puede pasar
artilleria adonde quiere, por la aspereza de la tierra, que llevan el
metal enpedaos y todos los dems aparejos nescesarios, y haze
fundir las pieas que le paresce enlas partes que sonnescesarias.
Dize mas que tiene consygo juntos sesenta mili de a cavallo y
que los peones no tienennumero : y que ha tratado, conlos Turcos
y Renegados que tiene consygo, de haser contoda brevedad los mas
navios que pudiere para hazeer guerra enestas partes ; lo qual todo
dize que da tanto contento generalmente a todos los Moros, que lo
tienenpor otro Mahoma.
i Nuestro Seor las muy altas e poderosas presonas de V
ras
Altezas
guarde yprospere conacrecentamiento de muchos reynos y seorios !
De Gibraltar, enseys dias de Hebrero de I5DXLIX aos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Besa los reales pies y manos de V
ras
Altezas,
Sign : Luys de Rueda.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. [Link],[Link],p. i46etn. 2. 2. Le cad Ahmed el-Hassen.
LETTRE DE LUIS DE RUEDA AU COMTE DE TENDILLA l L\ [)
XXXIX
LETTRE DE LUIS DE RUEDA
1
AU COMTE DE TENDILLA
2
.
Lundi est arrive la nouvelle de la prise de Fez-le-Vieil par le Chrif.
Le roi de Fez a t autoris emporter ses hardes et emmener ses femmes.
On dit mme que le Chrif lui donnera une place forte. Abou Hasson
s'est enfui Vlez, moins qu'il n'ait t tu en route. II se peut qu'il
entre en accord avec l'Espagne au sujet du Pen. Luis de Rueda
voulait envoyer un briganlin au Pen, mais il n'a pas voulu agir sans
ordres. lia crit au capitaine d'El-Ksar es-Seghir et celui de Tanger
de le tenir au courant. 11 croit que le Chrif s'emparera de la frontera
d'El-Ksar, s'il l'assige avec deux ou trois mille hommes. Le Chrif
aurait avanc ses troupes un an de solde ; il en enverrait une partie
contre les fronteras du Portugal.
[Gibraltar, 6 fvrier T54g-
3
]
Muy illustre Seor,
El lunes llego aqui nueva por la via de Ceuta y Tituan como el
Xarife avia lomado a Fez el Biejo ; y conun correo, queste lugar
despacho a la Corte conesta nueva, scrivi al Marques
4
, mi seor, lo
que se sabia desto y que yo yva a Ceuta a saber lo cierto.
Fuy ayer; y vino alli Gernimo Diaz, el questa enTituan, y hize
que hiziesse la relacin
5
que embio a V. S.
1. Cette lettre n'est pas signe, mais du nataire de la prsente lettre, comme il y
contexte de la lettre prcdente, qui est est dit ; or cette relation fut transmise
signe Luis de Rueda (Doc. XXXVIII), il la Cour par le comte de Tendilla. V. supra,
dcoule clairement que celui-ci est bien p. i44-
l'auteur des deux documents. 3. La restitution de la date dcoule de
2. Le nom du destinataire est restitu ce qui a t tabli dans les deux notes pr-
d'aprs la donne suivante : la relationde cedentes.
Jeronymo Diez du 5 fvrier (V. supra, 4- Le marquis de Mondejar, pre du
Doc. XXXVII, p. :44) a t remise Luis de comte de Tendilla. V. supra, p. 66, note i.
Rueda, puis envoye par celui-ci au desti- 5. V. supra, Doc. XXX"V1I, p. i44-
I 5O 6 FVRIER I 5Zt9
Yo creo que ha sido partido el que el rey de Fez ha hecho, pues le
dexan sacar su ropa y sus mugeres y dizen que le danunlugar
fuerte donde este.
El rey de Velez huyo y creen que se avia y do a Velez, si por el
camino no le anmuerto ; como se sepa del avisare a Y. S. ; y pares-
cerne que podria ser que aora hiziesse algn partido conel Pen,
por que, no siendo servidor del Emperador, mal se podra sostener,
y el dizen que no se fiara del Xarife.
Yo quera emhiar unbergantin a saber como estava aquello, y
no lo har hasta saber de Y. S. de que manera es servido que se haga,
porque, si el a de dar al Pen, porque me dize aquel Gernimo
Diaz que se platicava entre los Moros, seria mejor que fuesse por
mano de Y. S. que por otra.
Al capitn de Alcaar
1
y al de Tanjar
2
he scripto me avisensi
huvieren menester algo, porque conlo que se pudiere les ayudare,
y yo creo que a de tomar a Alcaar, sy vienen sobre ella dos o tres
mil hombres y aunconmenos ; y, trayendo artillera, puedenla pro-
veer enpartes que ni por mar ni por tierra no puede ser socorrida.
Dizen quel Xarife a pagado un ao adelantado su gente, y que
embia parte della a que tenganfrontera a las de Portugal y les hagan
agora la guerra.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7k. Copie.
1. Le capitaine d'El-Ksar es-Seghir tait t mise en tat de dfense par les Portu-
alors Alvaro de Carvalho. Sur l'importance gais comme Mazagan et Ceuta; ce fut
qu'avait cette poque le port d'El-Ksar es- seulement enfvrier 154g, la nouvelle de
Seghir, si oubli aujourd'hui, Cf. i
re
Srie, la marche victorieuse du Chrif, que le roi
France, t. I, p. 174, note 3. L'ambi- Jean I I I se dcida la fortifier et s'em-
tieux Chrif, matre de Fez et du Gharb, parer de la hauteur du Seinal qui dominait
aspirait s'emparer d'El-Ksar es-Seghir, la rade. Cf. ANDRADA, IV, 35.
pour y abriter ses galres et enfaire, comme a. Le gouverneur de Tanger tait [Link]
autempsdes Almohades, une base maritime de Menezes. Cf. FERNANDO DE MENEZES,
contre l'Espagne. Cette frontera n'avait pas Hist. de Tangere, p. 68.
RELATION DE LA PRISE DE FEZ l 5 l
XL
RELATION DE LA PRISE DE FEZ
Le Cher if a pris Fez. Le roi Ahmed el-Ouattassi est hors de la ville
dans une maison de campagne et se dispose se rendre Taza dans
un lieu nomm El-Adjeraf avec son trsor et ses femmes. Abou
Hasson a disparu; on croit qu'il a d se rendre au Pen. Le
Chrif aurait avance' une anne de solde vingt mille hommes : ce sont
surtout des Turcs et des Rengats. Les Maures le croient un autre
Mahomet et disent qu'il a conquis le royaume de Fez, parce que le Roi
tait l'ami des Chrtiens. 11 a l'intention de s'emparer des fronteras du
Portugal, puis de passer en Espagne. Ces renseignements ont t con-
firms par un marchand de Ttouan. La nouvelle vient d'arriver en
dernier lieu que le Chrif est en marche sur Ceuta et El-Ksar es-Seghir
et qu'il aurait refus d'entrer dans Fez, ayant fait serment de s'emparer
d'abord des fronteras. D'autres personnes dignes de foi donnent les
mmes dtails sur la prise de Fez. Les Maures jugent que le Chrif s'est
montr clment envers Ahmed el-Ouattassi, en lui attribuant une rsidence
o, il puisse vivre. La ville de Fez a fait des rjouissances en l'hon-
neur de son nouveau roi. Le Chrif a auprs de lui un grand nombre
de Turcs et de Rengats qui sont venus dans son arme la suite de
la trve de i54y entre la Hongrie et la Porte. Ceux-ci le poussent
ci construire des navires pour conqurir l'Espagne. Avances de solde
et gratifications consenties par le Chrif.
[Gibraltar, entre le 6 et le 13 fvrier i5/|Q *.]
Sur la couverture, alia manu : Lo del Xarife. Embio esta
relacin el duque de Medina Sidonia.
El Xarife ha tomado a Fez ; salieron heridos de la batalla los
i. L'auteur anonyme de cette relation Rueda le mardi ; par consquent sa relation
dit lui-mme (V. infra, p. i52) qu'il s'tait est postrieure ce jour-l, mais antrieure
rendu de Gibraltar Ceuta avec Luis de au mardi suivant. Or c'est le mardi 5
I 5 2 ENTRE LE 6 ET LE 1 2 FVRIER l 5 ^ 9
reyes del y Belez. El de Fez esta fuera del enuna cassa de campo
por sacar su hazienda y muger y mugeres y pasarse a Tezar, un
lugar que dizen el Aljarefe
1
. Y el de Velez desapareci ; creen se
pudo venir a meter en el Pen. Dizen que el Xarife pago xxlS
hombres un ao adelantado a cinco meticalles cada mes ; tiene
mucha mas gente de pie y de cavallo, a quien da otros diferentes
partidos ; a los que dio doze pagas, son dellos muchos Turcos y
Renegados, todos vallesteros y arcabuzeros. Eshonbreque hazejus-
ticia y mercedes, temenle y tienen los Moros que ha resucitado
Mahoma; es su dibissa hazer guerra a Cristianos. Dizen que tomo
el reyno porque el Rey hera nuestro amigo
2
; pretende luego tomar
las fronteras del rey de Portugal y de alli passar a estas partes
3
. Se
esto porque el corregidor
4
y yo pasamos el martes a Gepta, enlas
galeras, para savello y screvillo a V. S. ; y, estando alli, llego un
mercader de Tituan
5
, honbre de seso, que tiene mucha razn del
negocio, porque ha entendido en el de parte del rey de Portugal,
y dixome lo que digo.
Estando zerrando esta, ha venido nueva quel Xarife ha venido
sobre Cepta y Alczar, y que no quiso entrar en Fez, porque tiene
jurado que ha de ganar primero las fronteras de frica.
Por otras parles me han scripto personas de fee, y que lo podran
saver, la toma de Fez de la manera que aqui se dize ; que los Moros
tienen quel Xarife a usado de misericordia con el rey de Fez, en
fvrier que Luis de Rueda tait all Portugal.
Ceuta. La date de la prsente relation se 3. La restauration de la domination
place done entre le mercredi 6 fvrier et des Maures en Espagne a toujours fait par-
le mardi 12 fvrier. tie des aspirations politiques des souverains
1. Aljarefe: en amont de Taza, l'oued du Maroc ayant rgn avec quelque clat.
Innaouen est appel oued Bou el-Adjeraf. Elles furent souvent pour l'Espagne un rel
2. Les relations des Bni Ouattass avec sujet d'inquitudes. Parmi les motifs qui
le Portugal et l'Espagne avaient t trs dcidrent Charles-Quint revenir en
suivies et, part quelques razzias et quel- Espagne figure la grande perturbation
ques combats particuliers que les Chevaliers et effroy dans lesquels se trouvait le
du Christ et les Moudjahadin se livraient pays la suite des nouvelles conqutes du
par acquit de conscience, on peut dire que Chrif. Cf. Lettre de Marillac Henri II,
dans les fronteras onvivait enbonne intel- 39 juillet i55o, dans RIBIER, Lettres et
ligence avec les tribus. Le roi de Fez Ahmed Mmoires d'tat, t. II, p. 282.
el-Oaattassi et surtout le roi de Velez Abou l\. El corregidor, Luis de Rueda.
Hasson taient en continuelles ngocia- 5. Jeronymo Diez Snchez. V. supra,
tions avec les souverains d'Espagne et de p. i44
5
note 1.
RELATION DE LA PRISE DE FEZ 153
dalle aquel lugar enque biva ; y enFez anhecho alegras por el
nuebo rey ; y que esta tanpoderoso, consus rey nos y conel que
agora gano, que podia poner encampo ilS de cavallo y gente de
pie sinnumero ; y que sonmuchos los arteficios que sonde guerra,
entre los qual es trae mucho metal y adereos de fundicin para
poder hazer artillera enlas partes que no pudiere passar la que trae
hecha. Trae consigo 1^9 Turcos y Renegados
1
que se le anvenido
con las pazes que se hanhecho conel Turco
2
; estos le hancomo-
bido a que procure y haga muchos navios, diziendole que conellos
sera seor del estrecho de Gibraltar y conquistara estos reinos ; y que
acude tanbien a esto, que ha mandado cortar madera en muchas
partes, que enel reyno de Fez ay gran aparejo para ello; y que,
antes que tomase a Fez, pago xx5 tiradores, escopeteros y balles-
teros de su exercito doze pagas a cada uno, a cinco doblas cada
mes, sinotras pagas que hizo a alcaides y gentes de cavallo y per-
sonas de ventaja.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 474. Copie.
1. Le nombre 1 5 9> maintenu aprsplu- Hongrie et la Porte, conclue pour cinq ans,
sieurs collationnements, parat singulier. et dans laquelle furent compris l'Empereur,
2. La trve du rg juin i547 entre la le Pape, le roi de France et Venise.
l 5 4 8 FVRIER I/Q
XLI
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
Le Cher if s'est empar de Fez-le-Vieil le 28 janvier, des tratres lui ayant
ouvert une porte. Ahmed el-Oiialtassi et Abou Hasson luttrent du
matin au soir : profitant d'une sortie de la garnison de la Kasba, les
troupes du Chrif y pntrrent. Cependant elles pliaient sur un autre
point, mais la prise de la Kasba dcouragea les assigs, qui se mirent
fuir. Abou Hasson est parti pour Vlez. Le 3o janvier, le Chrif
est entr dans Fez-le-Neuf. Les marabouts s'emploient pour obtenir
que Taza soit laiss Ahmed el-Ouattassi. Le Chrif se propose
d'attaquer El-Ksar es-Seghir, ce dont le roi de Portugal a t avis.
Abou Hasson, qui se dfie des offres de paix que le Chrif pourrait
lui faire, demande l'envoi d'un secours, mais les otages qu'il offre ne
sont pas suffisants. Verdugo et Caalla transmettent une lettre d'Aboli
Hasson.
Malaga, 8 fvrier i54g.
Sur la couverture, alia manu : A Sus Altezas. Dlos provee-
dores de Malaga, vin
0
de Hebrero i5/[o,.
Adresse : A los muy altos e muy poderosos seores el principe
Maximiliano y princesa Doa Maria, governadores destos reynos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Por cartas de Tituany Yelez de la Gomera
1
tenemos aviso que el
Xarife tomo a Fez el Viejo a los xxvni
0
de Henero. Dizen que huvo
1 II doit s'agir l de la lettre d'Abou dont il a t question plus haut, Doc.
Hasson au proveedor Francisco Verdugo XXXV, p. i/(3 et note 1.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA I 5 5
traycion enlos de dentro, que les dieron una puerta por donde
entrasen. Los rreyes de Fez y Velez pelearon con ellos desde la
maana hasta la tarde, y la jente que estava engoarcla del Alcaava
sali a pelear y dexaron la casa sola. Y los del Xarife tuvieronlugar
de entrar enel Alcaava, por que no huvo defensa, y, al tiempo que
los del Xarife se rretiravane comenavana huyrpor el mucho dao
que los rreyes les hazian, dieron bozes del Alcaava e alaronban-
deras por el Xarife, y la jente de los rreyes desmayo con esto, y
se pusieron enhuyda. Y el rey de Velez se vino a su tierra. Y otro
dia seguiente
1
tomo el Xarife a Fez el Nuevo, por manera que tiene
ya todo el reyno. Y tratan con el los moravitos que de al Rrey a
Teza en que biva.
Tanbienescrivenque enbiaria el Xarife luego jente sobre Alcaar
aguer, de lo qual emos dado aviso al fator del seor rrey de
Portugal que esta enSevilla. El rrey de Velez pide socorro confu-
samente ; pero es de creer que el Xarife le concedera al presente la
paz que quisiere, para poderle despus cortar la cabea ; y, por que
el lo tiene asi entendido, no se querria confiar del. Las prendas
que ofresce para el socorro que pide valen poco, porque son los
hijos de algunos xeques, sus basallos. Con esta va una carta del
dicho rrey de Velez para V
ra
Alteza
2
.
Malaga, a vm de Hebrero de DXLIX aos.
De vuestras muy altas y muy poderosas personas
Humilldes servidores que sus manos besamos.
Sign: Francisco Verdugo. Diego de Caalla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. Jeronymo Diez dit que Fez-le-Neuf La date adopter est celle de Jeronymo
fut pris le 3i janvier. V. sapra, p. i/|5. Diez : 3i janvier i/ig.
D'aprs Luis de Rueda, ce serait deux jours 2. Cette lettre d'Abou Hasson Maxi-
aprs la prise de Fez-le-Vieil que le Chrif milien d'Autriche est celle qui a t publie
aurait pris Fez-le-Neuf. V. supra, p. i48. ci-dessus, Doc. XXXVI.
I 56 9 FVRIER I 5/l9
XLII
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A FRANCISCO
DE LEDESMA
Les Portugais doivent l'avoir avis de la prise de Fez-le-Vieilpar le Chrif
et de celle imminente de Fez-le-Neuf. // lui transmet la lettre de Fran-
cisco Verdugo relative ces vnements.
Alhambra, g fvrier I5/IQ.
Sur la couverture, alia manu : De la Alambra. Conde de
Tendilla, a ix de Hebrero, ao 15^9-
Adresse : Al muy magnifico seor, el seor Francisco de Ledesma,
secretario y del consejo de Su Mag
d
etc.
Muy magnifico Seor,
Aunque creo que los Portuguesses no son tan descuydados que
avrandexado de avissar de como el Xarife a tomado a Fez el Viejo
y estava entrminos de tomar a Fez el Nuevo, todavia me a pares-
cido embiar la carta que Francisco Verdugo me escrive sobre ello
1
,
para que, en casso que no lo ayan hecho saber los Portuguesses,
Sus Altezas seanavissados de lo que passa.
Y en esta no tengo mas que dezir, sino que Juan de Aguilar me
escrive la merced que V. md. me haze enmis negocios, que no es
cossa nueva para mi. Plega a Dios que se ofrezca en que pueda
servilla.
Nuestro Seor la muy magnifica persona de V. md. guarde !
Del Alhambra, a ix de Hebrero de 15^9-
A servicio de V. md.
Sign: El conde de Tendilla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 74. Original.
1. Cette lettre de Francisco Verdugo n'a Maximilien et Marie d'Autriche par les
pas t retrouvej elle devait tre de la proveedores de Malaga, le 8 fvrier i5/Q.
mme date que celle qui fut adresse V. supra, Doc. XLI.
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA I l
XL I I I
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA.
A FRANCISCO DE LEDESMA
Malgr le pouvoir grandissant du Cher if, Don Bernardina ne croit pas
qu'il y ait lieu de s'alarmer.
Grenade, g fvrier x549-
Adresse : A mi seor, el seor Francisco de Ledesma, secrettario
y de! consejo de Su Mag
d
, etc.
Seor,
Porias cartas del seor conde de Tendilla vera V. md. las nuevas
que ay del Xariffe. Y, aunque su poder sea tangrande como dizen,
si no se descubre alguna puente en el Estrecho, puedenestar mas
siguros enValladolid
1
de lo que algunos dezian este verano
2
. Y
porque alia se entendernmejor estas cosas de lo que yo sabre dezir,
sperare lo que me mandaren hazer y no sera la mia la mejor parte.
Al seor Juan Vzquez beso las manos y las de V. md., cuya muy
magnifica persona Nuestro Seor guarde y prospere.
De Granada, a 9de Hebrero i54c).
A servicyo de V. md.
Sign: Don Bernardino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
1. La Cour se trouvait Valladolid dire l't de i548. On prvoyait dj
cette poque. cette poque la prise de Fez par le Ghrif
2. Este verano, l't dernier, c'est-- et ons'en alarmait.
158 10 FVRIER l 549
XLIV
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA
1
A FRANCISCO DE LEDESMA
// importe peu qu'il rgne en Afrique un Ahmed ou un Mansour.
Grenade, 10 fvrier [i54)]-
Sur la couverture, alia manu: DonBernardino de Mendoa.
Adresse: A mi seor, el seor Francisco de Ledesma, secretario
de Su Mag
d
, etc.
Seor,
Esta maana, llego uncoreo de DonJuan
2
que truxo la nueva
del Xaryfe que alla aviandado los Portugueses. Viencreo que ellos
y otros lo encarecern; mas como ay tanbuen foso entre ellos y
nosotros, no tengo cuydado. Los que no lo tienen provanse y
fortifiqense, que a nosotros no nos va mas enque enAfryca sea rey
Hamete que Manor ; y esta a sido y sera sienpre my opinyon.
Nuestro Seor la muy magnyfica persona de V. md. guarde y
prospere.
En Granada, a 10 de Hebrero.
Al seor Juan Vzquez beso las manos y las de V. md. por lo
que me escryve de Alemania y Flandes.
1 Dios guarde a Su Mag
d
como todos emos menester !
A servicyo de V. md.
Sign : DonBernardino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
i. DonBernardino de Mendoza, fils du Nobiliario genealgico, t. I, p. 369.
I
er
marquis de Mondejar, DonIigo Lpez 2. Donjun de Mendoza, fils de Don
de Mendoza et frre du 2
e
marquis, dont Bernardino. V. HARO, ibidem, p. 374. Il
il a t question ci-dessus, p. 66, note 1. Il commandait une escadre d'observationdans
tait capitaine gnral de la mer. Cf. HARO, le dtroit de Gibraltar.
LETTRE DU DUC DE MEDINA.-SIDONIA iQ
XLV
LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA
A MAXIMILTEN D'AUTRICHE
II signale la ncessit de fortifier Melilla et de pourvoir cette place de troupes,
d'artillerie et de munitions, car il est craindre que, si le Chrij tend
ses conqutes, il devienne un danger pour l'Espagne.
San-Lucar de Barrameda, i5 fvrier i5/|g.
Adresse : Al serenssimo y muy poderoso seor el principe Maxi-
miliano, mi seor.
Serenissimo y muy poderoso Seor,
Francisco de Herrera, que reside en esa corte en mis negocios,
liara relacina V'
a
Alteza, de mi parto, de la necesidad que ay de forti-
ficar la cibdad de Melilla y proveerla de jente, artillera y muni-
ciones ; que, por aver aora tomado el Xarife a Fez y estar tanpode-
roso como dizenque esta, corre muy gran riesgo que este procura
seorear toda aquella tierra y de all hazer el dao que pudiere en
esta. A V
ra
Alteza suplico le mande oyr y dar entero credito, y proveer
conla brevedad que se requiere lo que para la defensa de aquella
frontera conviene.
Nuestro Seor la muy real persona de V
ra
Alteza guarde y pros-
pere con muchos reynos y seoros !
De San Lucar de Barrameda, xv de Hebrero i54o,.
De V
ra
Alteza
Servydor que sus muy reales manos besa,
Sign : El Duque.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
16o l 8 FVRIER I 5^9
XLVI
LETTRE DE CRIST BAL DE ABREO AU DUC
DE MED1NA-SID0NIA
On croit Malaga que le Chrif se prpare attaquer les fronteras ; cette
attaque n'aura pas lieu vraisemblablement avant l't, mais il est bon
d'augmenter les approvisionnements de ces places. Abreo a adress au
duc de Medina-Sidonia de nombreuses lettres, lui donnant des nouvelles
de Fez, mais n'a jamais reu de rponse. Puissance et richesse du
Chrif, qui dispose de nombreuses troupes ; il ne lui manque qu'une
marine, que les Turcs lui donneront bientt.
Malaga, 18 fvrier 15Zt9
Adresse : Al excelente seor el duque de Medina Sydonia, mi
seor.
Muy excelente Seor,
La carta de V. S. de xvi del presente recebi oy, y, leyda, di al
proveedor Francisco Verdugo la que para el venia. Y, aviendo pla-
ticado sobre el negocio, quedo que por su parte har lo que pudiere
por servir V. S. Tanbien me dixo que oy escrivio
1
a V. S., con
uno que yba al Puerto
2
, lo que sabia y de Belez le avianescrito.
Crea V. S. que lo que pudiere hazer entodo lo har muy cum-
plidamente, porque asy le he hallado siempre enlo que se ha ofre-
cido, y es bienque el sepa que V. S. le tiene por servidor, pues lo es.
Enlo que V. S. manda que yo haga, aviendo nueva de Melilla,
enque pidanalgund socorro, ofrescome a lo hazer conla diligencia
y cuy dado necesaria y conmi posybilidad y la de mis amigos, y no
i. \. infra, [Link],p. i63, lalettre Sidonia.
de Francisco Verdugo au duc de Medina- 2. Al Puerto, Puerto de Santa Maria
LETTRE DE CRISTBAL DE ABREO l 6 l
se meneara cosa de que enesta cibdad aya noticia de que no la de
luego a V. S.
Aqui se ha dicho, y se cree, quel Xerife querr acometer las fronte-
ras. Hase de temer que acometara a las mas flacas. Y tanbien, en
lo del tiempo enque lo har, se deve consyderar quel exercito quel
tiene esta muy cansado del largo cerco que ha tenido sobre Fez, asy
que su benida no sera luego ; pero podria ser eneste verano. Bien
es tener proveydas las fueras de frica de algo mas de lo ordina-
rio, para que a un rebato o acometimyento repentino se puedan
tener hasta ser socorridas mas gruesamente, aviendo dello necesy-
dad. V. S. mande mirar sobre todo.
Lo que V. S. manda que se escriv al principe Maximiliano y al
Consejo, antes esta escripto por el proveedor y tanbien lo har
agora. Yo lo solicitare siempre, porque cada dia nos vemos y comu-
nicamos y terne cuydado mas especial dello.
De todo lo subcedido enFez, tengo avisado a V. S. por via del
Puerto y del factor una vez, y esto fue el mismo dia que llego aqui
la nueva, que fue a seys de Hebrero ; otra vez, por via de Sevilla
embiando mi carta conuna del proveedor a Francisco de Lixalde,
para que la embiase, y fue encargado por la carta del proveedor que
lo hiziese asy, porque yo no le conoca ; otra vez, conel penque
fue a Melilla, que yo despache ; y otra vez, anteayer, conotro pen
que vino a saber del otro; y tanbien avia dado aviso a V. S. de
como el que vino para pasar a Melilla hera ydo y a muy buenrecabdo
y enunbuennavio y a poca costa. De ninguna carta que a V. S.
escrivo, jamas me manda responder que la recibi. Creo que no
deven llegar alia algunas, porque enviendo mi letra ay quien las
toma, que ay oficiales desto que ha mucho tiempo que lo usan.
V. S. crea que yo no me descuydo y que en el servicio de V. S. hago
mas que en mi hazienda y que la dexo, quando es menester, por
hazerlo. Tengo pena desto y por eso lo digo asy ; pero de aqui ade-
lante encosa que algo ynporte, aunque no sea mucho, har men-
sajero propio, que, por ducado y medio, no quiero tener dubda de sy
llego mi carta o fue salteada o se perdi.
Lo que siento del Xerife es que es rey de frica y no ay en ella
quien le haga contradicion. Es potentisymo de gente, y entienda
V. S. que de la mejor de frica, por que lo es la que el tiene agora
DE GASTRIES, X. n
lf2 18 FVRIER T 5^| 9
que del rio de Manolias y Dugudu
1
al Lebante no es tal como la
de alli al Poniente. Tiene oro y mineros de cobre y fierro, mucha
artillera. Tiene rios muy buenos para tener y ynvernar navios
2
,
montes de enzinas.
3
y alerzes
4
parafazerlos muy buenos y encantidad
ynumerable. Sy no tiene copia de gente maritima, luego la terna, y
sera que los Turcos, que no osanllegarse a Argel y conocenbienla
ganancia que hallanenla mar, luego se han de venir a el. Gana de
hazer mal a Cristianos no le falta, ni diablos al oydo. Esto consy-
derenlos grandes y principes, que los soldados y pobres no tenemos
que hazer mas que holgamos dello. Este pen despache luego y
lleva carta del proveedor en respuesta.
Guarde Nuestro Seor la muy excelente persona de V. S. con
acrecentamiento de mayor estado !
De Malaga, a XVIII
0
de Hebrero i549-
DeV. S.
Criado que sus yllustrissimas manos y pies besa,
Sign: Cristbal de Abreo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Rio de Manolias y Dugudu, 1'oued
Moulouya et Debdou. Cf. infra, p. 4i2,
note i.
2. Ce renseignement tait exagr :
aucunfleuve du Maroc n'offre sonembou-
chure un bonmouillage pour des navires ;
quelques galres seules pouvaient y trouver
un abri.
3. Enzinas, chneszens j l j .
4. A lerzes, cdres j j V' .
PI , XV,
GNALOGIE DES PRINCES DE LA DYNASTIE OUATTASSDE
N. B. Dans ce tableau ne figurent que les princes avant
marqu dans l'histoire. Ceux qui ont rgn ont leurs
noms imprims enrouge.
ABOU ZAKARIA YAHIA 1
ABOU ZEKHI
YAHIA
2
MOHAMMED 3
ech-Cheikh
i /s 7 a -15 o i ?
Y Ain MOHAMMED'
el-Bortoukali
I 5OI ?-i5a6
EN-NASSER '
AHMED ''
el-Oualtassi
f)(6-io/|5 et I' CJ-IJ/KJ
I
MOHAUMKD1
el-Caceri
I 545- I 5. ' I 7
Aiiou ZAKARIA YAHIA
1 0
ABOU ZEKRI
LELLA CHA
14
MESSAOUD
1 2
AHMED
1 3
ABOU BEKER
1 8
LELLA LOU 19
Ai.i "
Aisou HASSON
i5a6 et 1554
EN-NASSER H AHMED ' '
une fille
8
AHMED 16
1. ABOU ZAKARIA YAHIA. Onl'appelait communment Abou
Zekri, d'o les historiens portugais ont fait Lazaraque. Il tait cad
de Sal pour le sultan mrinirle Abou Sad. Lorsque celui-ci l'ut
assassin par sonvizir Abd el-Aziz Lebhani, le 21 octobre 1420
(Nedjoum ez-Zaliira, Trad. FAGNAX, p. 112), Abou Zekri se souleva
et proclama roi Abd el-Hakk, alors enbas ge, sous le nomduquel
il gouverna avec le titre de vizir (AZURARA, Crnica do conde D.
Dnar'. e de Menezes, cap. 35). Ce fut pendant sonvizirat que le roi
de Portugal D. Duarte envoya sonfils D. Fernando attaquer Tanger
(i63y). La place fut secourue par Abd el-Hakk, et les Portugais,
aprs plusieurs combats malheureux, ne purent se rembarquer qu'en
signant untrait par lequel ils s'engageaient restituer au roi de
Fez la. place de Ceuta, qu'ils avaient prise eni/| io. L'infant D.
Fernando fut gard enotage jusqu' l'excution de cette clause,
mais le trait n' ayant pas t ratifi par le roi de Portugal, il resta
en captivit Fez, o il mourut le 5 j uin i443. Abou Zekri fut
assassin par les Arabes avant i448, date laquelle les compagnons
de 1' Infante Santo furent remis enlibert (Acta B. Ferdinando,
Lusitani infante, a Joanne Alvari, secretario sancti et captivitatis socio,
lasilanice scripla ex flieronymo de Ramis, an. 5yj, dans [Link],
juin, t. I, pp. 501 -5g 1 ).
2. YAHIA. Mentionn comme l'undes principaux personnages
du Maroc en1458 (AZURARA, op. cit. , cap. 43); il est appel Mole
Hea, filho de Lazaraque . C'tait le meilleur cavalier de toute la
maison des Bni Merin (Ibidem, cap. 76).
3. MOHAMMED ech-Cheikh. II est souvent dsign par le seul
surnom de Ecli-Cheikli (V. le seing manuel de sonpetit-fils Ahmed
el-Oualtassi, SS. HIST. MAROC, i
re
Srie, Espagne, t. 1, p. g4). Cad
d'Arzila, il refusa eni465 de reconnatre le pouvoir du chrit"drisside
Mohammed bonAli benAinran qui venait d'assassiner le sultanAbd
el-Hakk (ZERK-ECHI, Trad. FAGNAN, pp. a58-25g) et l'assigea dans
Fez (RUY DE PINA. Cran, do Senhor D. Affonso V, cap. 166) Mais,
la nouvelle de la prise d'Arzila et de Tanger (aot 1471) par les
Portugais, il dut se porter sur El-Ksar el-Kebir. Press de retourner
au sige de Fez, il conclut avec D. Affonso V une trvt; de 20 ans,
qui fixa les limites des possessions portugaises dans le Gharb (Ibidem).
Mohammed, revenu devant Fez, chassa le Chrif et fut proclam roi
(1472); il est le premier souverain de la dynastie ouattasside. En
juillet i/|8g, le roi Jean II, voulant occuper les territoires qui lui
avaient t reconnus par le trait d'Arzila, fit partir une expdition
pour le Loukkos, et les Portugais levrent dans une le marcageuse
forme par ce cours d'eau et l'oued el-Mekhazen une ville qui reut
le nomde Graciosa. Bientt attaqus par le roi de Fez, ils furent
contraints de capituler. Par le trait de Xamez (Tchemmich) sign
le 27 aot i48g, les Portugais s'engagrent vacuer Graciosa; les
conditions du trait d'Arzila furent renouveles (RUY DE PI \ A, Cron.
del Rey D. Joo II, cap. 38). La mort de Mohammed ech-Cheikh se
place entre l'anne i5oo, date de la rupture de la paix avec le
Portugal (B. RODRIGUES, Anais de Arzila, t. I, p. 107) et le dbut
de l'anne i5o2, date o sonfils Mohammed el-Bortoukali lui avait
succd (V. note 5).
4. YAHIA. Moe Heia , fils an de Mole Xeque , accom-
pagne sonpre au sige de Graciosa en148g (RUY DE PINA, op. cil. ,
cap. 38). Il est surpria buvant du vinpar ce dernier qui le fait
trangler (B. RODRIGUES, t. I. page 100)
5. MOHAMMED el-Bortouka/i. tant encore enfant, il fut pris par
les Portugais au sige d'Arzila (2/1 aot I 4 7 I ) et emmen Lisbonne.
La libert lui fut rendue en1^73 par change contre les ossements
de 1 infant D. Fernando. Sa captivit ne fut donc que de deux annes
et nonde sept, comme le disent LON I'APIUCAIN (d. i55o, f. 52) et
GOES (Cron. do Seren. Princ. D. Joo, cap. 22). A peine mont sur
le trne, il attaqua Tanger et Arzila (janvier i5o2) ; il fit en15 15
et en1017 deux expditions dans le Doukkala contre les Portugais,
mais il resta inactif devant les menes des clirifs saadiens, qui occu-
prent Merrakech en1 52 4 et se posrent ouvertement enadversaires
de la dynastie ouattasside. Mohammed el-Bortoukali mourut enmai
1026 (B. RODRIGUES, t. II, p. 28). Il dsigna pour sonsuccesseur son
frre Abou Hasson, voulant qu' aprs celui ci la rovaut revnt
son fils Ahmed (Ibidem). Il avait pous Lella Mahabib, qui, lors du
sige de Fez, ngocia avec le chrit Mohammed ech-Cheikh la reddi-
tion de la ville, le 3i janvier i54g (MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f.
25g v). Relgue Merrakech, elle mourut enmars i54g, avant d'y
arriver (B. RODRIGUES, t. II. p. 434).
6. ES-NASSER. Enjanvier i5o2, il accompagne sonfrre Mo-
hammed el-Bortoukali dans f-onexpdilton contre Tanger et Arzila
(V. note 5). Eni5o6, il chasse sonparent Moulay Zeian de Mekns
(GOES, Lib. I l , cap. 27) et rside dans cette ville dans une quasi-
indpendance ; il est qualifi Senhor de Mequinez e Cale e Tedola
(B. RODRIGUES, t. I, p. 38o). Dans une expdition qu'il fit dans le
Hmikkala enavril i5i4. il dtruisit El-Mcdina et ruina compltement
de la mme anne par sonneveu Ahmed el-Oaaltassi, aid de Moulay
I br ahm, cad de Chechaouen (Ibidem, p. 68, et EL-OUFII NI, p. 58).
Enferm d' abord clans une tour, il fut remis enlibert et reut en
apanage le pays de Badis (Vlez). Les documents contemporains et
les historiens le qualifient tort de roi de Vlez , car Ahmed el-
Ouattassi ne lui reconnaissait que le titre de Senhor (SS. HIST.
MAROC, i
re
Srie. Portugal, la date du 7 octobre 153g, lettre de
S. de Vargas Jean III). Abou Hasson est le prince le plus mar-
quant de la famille des Ouattassides et ses qualits contriburent
prolonger la dure de la dynastie. Lorsqu' Ahmed el-Ouattassi eut t
fait prisonnier par le Chrif la bataille de l'oued Derna (septembre
i545), il fit proclamer roi Fez le fils de ce dernier, Mohammed
el-Caceri, et resta comme vizir auprs de lui. En1549, aprs la prise
de Fez, il se retira Vlez, puis Melilla, o il arriva le 17 avril
(i
re
Srie, Espagne, t. 1, p. 241). Il passa ensuite enEspagne, d'o
il se rendit eni55o Augsbourg auprs de Charles-Quint. Revenu
en Espagne le 12 juillet 155 1, avec le prince D. Philippe, il partit
pour le Portugal au printemps de i55a. Il obtint de Jean III cinq
navires pour rentrer au Maroc et se fit dbarquer El-Mezeinma
(Alhucemas) au commencement de septembre i5b2 (MARMOL, Lib. II,
cap. 4o, f. 261 v, et jre Srie, Espagne, t. 11, la date du 26 sep-
tembre 1 552). De l il gagna Alger par terre avec le dessein d'int-
resser Salah-Ras sa cause ; le pacha d'Alger, auquel les progrs
du Chrif inspiraient de la dfiance, se dcida, sur les instances
d'Abou Hasson, runir une arme pour marcher sur Fez. Aprs
une lulte trs vive, le Chrif fut rduit s'enfuir et Abou Hasson
fit son enlre solennelle Fez le 9janvier i554 avec l'arme turque
(EL-OUFRANI, p. 57). Lorsque celle-ci eut repris le chemin d'Alger, le
Chrif revint sur Fez ; Abou Hasson sortit pour le combattre et fut
tu Mosellama, le 21 septembre 1554 (Ibidem, p. 58 et i
re
Srie,
Portugal, la date du 6 octobre i554, lettre de B. de Carvalho).
8. Elle fut la mre d'Ahmed benAbou Zekri. V. note 16.
9- AHMED el-Ouatlassi. ' [L'ethnique el-Ouatlassi est commun
tous les membres de la famille ; ona cru devoir le rserver ce
souverain pour le distinguer des nombreux princes du mme nom
qui n' ont pas rgn]. Il dut natre vers i4g2 (TORRES, cap. 66). En
i526, il s'empare du pouvoir Fez endtrnant sononcle Abou
Hasson(V. note 7). C'tait unprince dbonnaire, qui laissa Moulay
Ibrahim, sonbeau-frre et sonvizir, faire tout dans le royaume
(i
re
Srie, France, t. I, p. i35). Enj uin 1527, il vint mettre le
sige devant Merrakech, dont le chrif Moulay Ahmed el-Aaredj
s'tait empar trois ans auparavant, mais il fut rappel Fez par une
rvolte (EL-OUFR NI, p. 3g, et MARMOL, Lib. II, cap 4o, f. 247).
Il repart en1 531 pour attaquer le Ghrif, qu'il rencontre Demnat
(Anmai) enjuillet. Aprs uncombat indcis, il se rsout conclure
la paix avec lui (B. RODRIGUES, t. II, pp. 197-198; EL-OUFR NI, p.
3g). Ahmed el-Oualtassi reprend los armes en 536 et se fait battre,
le a'i juillet, au gu de Bou Akba, sur l'oued el-Abid (EL-OUFRNI,
p. 3i| <.t i
re
Srie, Portugal, la date du 9 aot 1536, lettre de
Moulay Ibrahim au comte de Redondo). Ce revers l'amena recher-
cher l'appui des Portugais, avec lesquels il conclut le 8 mai 1538
une l r\ e de 1 1 ans (V. /Srie, Portugal, cette date ; Espagne,
t. I, p. 83). En15/i 1, il pouse Ttouan, pour des raisons politiques,
Sida el Horra, s i u r de Moulay Ibrahim. Attaqu par le chrif
Moulay Mohammed ech-Cheikli, qui venait de dtrner son frre
Moulay Ahmed el-Aaredj, il est battu et fait prisonnier prs de
l'oued Derna, enseptembre 1545 (
re
Srie, Portugal, la date du
7 octobre 1545 ; MARMOL, Lib. II, cap. 4o, ff. 254 v-255, et TORRES,
cap. 49) ; la libert lui est rendue enaot 1047, moyennant la cession
de Mekns et du Gharb (/Srie, Portugal, la date du 20 aot
i547). A peine rentr dans Fez, il est assig par Moulay Mohammed
ech-Cheikh ; la ville est prise aprs uninvestissement d' une anne le 3i
janvier 154g et, le mme jour, Ahmed el-Ouattassi se rend au Chrif
vainqueur (i
re
Srie, Espagne, t. I, pp. I 4 4 - I 4 6 ) . Relgu Merra-
kech, le Chrif lui fait trancher la tte en1551(MARMOL, Lib. II,
cap. 4o, f. 26c v, et i
re
Srie, Espagne, t. I, p. 606).
10. Aisou ZAKARIA YAHIA. Moley Ehya dans les documents
portugais, Bu Zqueri dans MARMOL (Lib. II, cap. 4o, f. 25^).
C'tait une brute bestiall humpedao ; il se trouvait eni54i
El-Ksar el-Kebir o le caid avait peine le supporter (i
re
Srie, Por-
tugal, la date du 4 octobre I 5 4 I ) . A la bataille de l'oued Derna,
il commandait la gauche de l'arme (MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f.
254, et TORRES, cap. 4g). D'aprs El-Fasi (Mirt el-Mahasin), il aurait
alors t fait prisonnier par le Chrif ; mais, d' autre part, onle voit
quelques jours aprs, de retour Fez, disputer le pouvoir son
neveu Mohammed el-Caceri (MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f. 256 ;
TORRES, cap. 02). Lors de la reddition de Fez, le 3i janvier i54g,
il partagea le sort de sonfrre Ahmed el-Ouattassi et fut envoy
Merrakech (TORRES, cap. 5g), o il mourut de maladie (EL-FASI,
loc. cit. ).
12. MKSSAOUD. Succde en1524 sonpre En-Nasser comme
vice-roi de Mekns, de Sal et du Tadl a(B. RODRIGUES, t. I, p 46i) .
Il se rvolte Mekns eni528 contre soncousinAhmed el-Ouatlassi,
fait sa soumission et vient 1 Fez, o il est trangl par ordre de ce
dernier (Ibidem, t. II, pp. 104-107).
13. AHMED. Surnomm o Torto, c'est--dire le Louche . En
octobre 1537,
u n
parti voulut le porter au pouvoir et proclamer la
dchance d'Ahmed el-Ouattassi. Il est cad de Taza eni54o. G'est
un homme, crit Sbastien de Vargas, qui promet beaucoup, ... mais
il est pauvre et a peu d'influence (i
re
Srie, Portugal, la date
du 12 dcembre ID4O). Aprs la prise de Fez, il fut exil par le
Ghrif Taroudant avec Mohammed el-Caceri. Ils furent dcapits
en 1551 par le caid du Sous (MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f. 260 v
et i
re
Srie, Espagne, t. I, p. 606).
14. EN-NASSER. Fils an d'Abou Hasson (i
re
Srie, Espagne,
t. I, p. 3o6). Sonpre l'envoie Fez, enseptembre i53g, auprs
d'Ahmed el-Ouattassi (re Srie, Portugal, la date du 21 septembre
i53g). 11 arrive Melilla le 9juillet 154g (i
re
Srie, Espagne, t. I,
p. 3o6) et s'embarque pour l'Espagne avec sonfrre Ahmed. Cap-
turs par uncorsaire turc le 2 septembre 154g, ils sont conduits
Alger et ne sont remis enlibert qu' en mai i55o (Ibidem, p. 4o8 et
note 1). En15o2, ils sont en Portugal et s' embarquent avec leur
pre pour El-Mezemma (Alhucemas), o ils arrivent en septembre
I 552 (Ibidem, t. II, la date du 26 septembre 1552). En-Nasser gagne
la montagne des Bokkouia, d'o il rejoint eni553 sonpre venant
d'Alger avec une arme turque pour reprendre Fez au Chrif. Le
21 septembre 1554, la bataille de Mosellama, il cause par une fausse
manuvre la dfaite et la mort de sonpre (i
re
Srie, Portugal,
la date du 6 octobre 1554, lettre de B. de Carvalho, qui nomme le
lieu du combat Marzer Alhear). Il s'enfuit avec sonfrre Mekns
et tous deux gagnent Sal, d'o ils s'embarquent pour l' Espagne; ils
sont pris enroute par des corsaires bretons (MARMOL, Lib. II, cap.
4o, f. 264). D'aprs TORRES (cap. io4), ils se seraient embarqus
Larache et auraient t pris et tus par des Luthriens.
15. AHMED. Les historiens l'appellent quelquefois Mohammed.
II partage la destine de sonfrre (V. supra, note i4).
16. AHMED. Appel dans les documents espagnols Muli
Hamete Buzezacari, Muley Amete Buzacari et Muley Mahamete ben
Buzequeri (zSrie, Espagne, t. I, Doc. CXIV, p. 354 ; CXXI, p.
371, et CCXL
bis
, p. 653). Il est qualifi cavallero muy honrado
par Miguel de Perea (Ibidem, p. 300). Abou Hasson sononcle en
faisait grand cas et l'estimait plus que ses propres fils (Ibidem, p.
35g). Aprs" la prise de Fez (3 1 janvier 154g), il fait sa soumission
au Chrif, qui le nomme cad des Bokkouia, mais, voyant Je bon
accueil que sononcle avait reu Melilla, il se rend dans cette ville
le 3 septembre 154g, d'o il passe Malaga ; de l il va enPortugal
avec le cad Ali benChakroun (ANDRAHA, Part. IV, cap. 5i et 66).
En i55o, il s'embarque Lisbonne pour aller rejoindre sononcle
Abou Hasson auprs de Charles-Quint (Ibidem). Le 3 septembre
i55o, il tait de passage Bruxelles, se rendant Augsbourg (i
re
Srie, France, t. I, p. i'>6). Il revint enEspagne avec sononcle. En
1553, il pousa deux filles de Moulay Amar, roi de Debdou (i
re
Srie, Espagne, t. II, la date du 3i octobre 1553).
lr
J MonAMMEnel Caceri. Fils an d'Ahmed el-Ouatlassi (TORRES,
cap. 85) et d'une chrtienne de Cordoue (MARMOL, Lib. II, cap. 4o,
f. 256 v). A la mort de Moulay Ibrahim, il est nomm vizir, avec la
vice-royaut de Mekns, de Sal et du Taclla (i
re
Srie, Portugal,
la date du 21 septembre 153g). G'est unjeune homme, crit Vargas,
qui a de vilains vices et est peu prs nul (Ibidem, la daie du
12 dcembre i54o). Aprs la bataille de l'oued Derna, o sonpre
est fait prisonnier par le Chrif, Mohammed el-Caceri rentre Fez,
o sononcle Abou Hasson le fait proclamer roi (MARMOL, Lib. II,
cap. 4o, fi'. 254-267 ; TORRES, cap. 4g-52). Il exerce le pouvoir
jusqu' au moment o sonpre est remis enlibert (aot i54"). Pri
sonnier du Chrif le 3i janvier i54g, lors de la reddition de Fez,
il est envoy Taroudant avec sononcle Ahmed (V. note i3) ; tous
deux sont dcapits en1551 par ordre du Chrif (MARMOL, Lib. II,
cap. 4o, ff. 20g v et 260 v ; TORRES, cap. 6g et 85, et i
re
Srie,
Espagne, t. I, p. 606).
18. ABOU BEKER. A la bataille de l'oued Derna, il est fail
prisonnier avec sonpre (TORRES, cap. 5i) ; il dut tre remis en
libert avec lui en1547. Eni52, il rejoint songrand-oncle Aboi)
Hasson Lisbonne, porteur de lettres des habitants de Fez l'invitani
revenir au Maroc (MABMOL, Lib. I l , cap. 4o, f. 261). Lorsque
l'arme turque chasse le Chrif de Fez, Salah-Rais, pacha d'Alger,
veut lever au pouvoir Abou Beker, mais le s-oulcvement de Fez-le-
Vieil le contraint reconnatre Abou Hasson (Ibidem, f. 262 v).
Aprs la bataille de Mosellama et la mort d'Abou Hasson (21 sep-
tembre 1554), il se retire Alger, o il meurt de la peste (Ibidem.
f. 264).
LETTRE DE VERDUGO AU DUC DE MEDINA-SIDONIA 163
XL VI I
LETTRE DE VERDUGO AU DUC DE MEDINA-SIDONIA
A bou Hasson revenu Vlez crit qu'il a reu du Chrif des propositions
d'amiti, mais qu'il les a repousses. II runit des approvisionnements au
Pen. Le Chrif fait courir le bruit qu'il prpare une attaque contre
El-Ksar es-Seghir, mais, en ralit, il songe Melilla.
Malaga, 18 fvrier [i54c)].
Sur la couverture, alia manu: Francisco Berdugo.
Adresse: Ail illustrissimo seor, el seor duque de Medina.
Illustrissimo Seor,
Luego que el rey de Velez de la Gomera se vino a su tierra, despa-
cho unvergantiny me escrivio lo sucedido enla perdida de Fez. Yo
torne a despachar huna varea, la qual bolvio aqui antenoche.
Escriveme el Rey que el Xarife le ofrece mucha amistad y que le
dexara sus tierras y aunle dar mas enel reyno de Fez, y que le
ruega mucho que le vaya a ver ; pero que el no piensa hazerlo ny
se quyere confiar del, antes mete bastimentos ensu Pen, donde
se piensa recoger.
Avsame por su carta que, como quiera que el Xarife y los suyos
publicanque quierenhir sobre las fronteras del seor rey de Portugal,
especialmente sobre Alcaar, pero que la verdad es que su desio es
hir sobre Mellila y que el sabe esto de buena parte, y por eso me
avisa dello. Parecime que, siendo cosa veisimile y el autor de
au tory dad, que devia dar aviso dello a V. S., cuya illustrisima
persona y estado Nuestro Seor prospere.
De Malaga y de Hebrero a xvni
0
.
Besa las manos de V. S. illustrissima su servidor,
Sign: Francisco Verdugo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i6/i 18 FVRIER 154 9
XLYIII
MESURES PRESCRITES PAR LA COUR D'ESPAGNE
APRS LA PRISE DE FEZ
Graves consquences que peut avoir pour l'Espagne l'occupation de Fez par
le Chrif. Instructions donnes pour l'achvement des fortifications de
Melilla. Mesures de scurit prescrites pour Gibraltar et Cadix.
Le comte de Tendilla devra approvisionner les villes de la cte d'Anda-
lousie. Ordres donns Don Juan de Mendoza de visiter les fronteras
portugaises du Dtroit.
[18 fvrier i/ig
1
-]
Sur la couverture : Relacinde lo que Sus Altezas hanproveydo,
sabida la toma de Fez.
Relacin de lo que Sus Altezas, con parescer del Consejo de
Estado, acordaron que se proveyesse, sabido quel Xarife havia
tomado a Fez.
Paresce quel poder del dicho Xarife y el haver tomado a Fez, qus
tan cerca destos reynos, es negocio de importancia y qualidad, y
que se deve tener enmucho y no descuidarse del, porque, aunque
de presente paresce a algunos que no puede hazer dao a estos
reynos ni a lo de las Indias, pues no tiene navios, adelante podria
ser causa de mucho inconveniente y desasosiego.
Y acordse que luego de presente, contoda diligencia, se acabe de
fortificar Melila, por estar tan vecina a los enemigos, y que vaya a
hazerlo persona que lo entienda bien, la qual sepa como esta proveyda
aquella plaza de gente, bastimentos, artilleria y municiones, para
que sy algo faltare, se provea. Y ya se ha despachado la dicha persona
2
y proveydo de cinco mili ducados, que dizen sonmenester para
i. La date est restitue d'aprs la lettre adresses par la Cour en suite du prsent
du comte de Tendilla du 25 fvrier i5^9 mmoire.
(V. infra, p. 169), dans laquelle il accuse 2. La dicha persona, le capitaine Mi guel
rception des instructions qui lui ont t de Perea. V. infra, Doc. LXXV, p. 2/Ji.
MESURES PRESCRITES PAR LA COUR D ESPAGNE
l65
acabar de fortificarla ; y se ha scripto al duque de Medina
Sydonia, a cuyo cargo esta, que tenga muy especial cuy dado de la
buena guarda y recaudo della y de proveer lo que pudiere y fuere
menester para su seguridad.
Assy mesmo se acordo que se fortifique Gibraltar, haziendo cierto
atajo que al marques de Mondejar, quando visito a aquella ciudad
por mando de Su Mag\ y a otras personas, antes de agora, parescio
se devia hazer ; y que se repare la fortaleza y murallas y otras cosas
que para su defensa sern menester ; y que se aderesce y ponga en
hordenla artilleria que ay en la dicha ciudad y su fortaleza, y se
provea de la plvora y municiones y artilleros que fuerenmenester ;
y se entiende enbuscar el dinero que para ello es menester. Y,
entre tanto, se ha scripto al corregidor
1
, que es hombre de guerra,
este muy sobre aviso y con cuydado de la buena guarda y recaudo
della; y lo mismo se ha hordenado al alcaide.
Tambin se ha scripto al corregidor de Cliz y al alcaide de la
fortaleza della questen con mucho cuydado de la buena guarda y
recaudo delias.
lien, se ha scripto a algunos grandes del Andaluzia, que tienen
lugares a la marina, que estn sobre aviso y con cuydado para lo
que se podra offrescer, y proveanlo que fuere menester para que
aquellos no rescibandao.
Al conde de Tendilla, capitngeneral del reyno de Granada, se ha
hordenado que aperciba los lugares de la costa de aquel reyno y
provea que ellos, y las fortalezas del, estnconel mejor recaudo que
ser pueda, para que no resciban dao.
Assy mesmo, se ha hordenado, antes de ver lo que el rey de Por-
tugal scrive y pide cerca desto, de que se embia copia a Don Juan
de Mendoa, que anda conlas galeras de Espaa, que, conla parte
delias que le paresciere, visite las fronteras de Portugal que estn
enel Estrecho, y, sy tovierennecesidad de alguna cosa, les provea
dello ; y que se informe particularmente de como ha pasado lo de
Fez, y de lo que despus ha subcedido y el Xarife ha hecho y
entiende hazer, y del estado enquestanlas dichas fronteras.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 77. Copie.
i Luis de Rueda.
166 22 FVRIER 1549
XL1X
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAX1MILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
// a envoy de Ceuta une relation de la prise de Fez Don Bernardino de
Mendoza. L'opinion gnrale est que le Cher if mettra le sige devant
El-Ksar es-Seghir, qui est une place moins facile dfendre que Ceuta
et Tanger. Si le Chrif s"
1
empare d'El-Ksar es-Seghir, il y disposera
d'une rivire capable de servir d'abri quelques navires rames. //
n'est pas probable que le Chrif arme des vaisseaux, moins qu'il ne
s'empare de Vlez; Une possde actuellement qu'une fuste et deux brigan-
tins mouills Larache. 77 recrutera des quipages parmi ses merce-
naires turcs. Don Juan de Mendoza enverra Leurs Altesses un rap-
port dtaill sur les dfenses de Ceuta, d'El-Ksar es-Seghir et de Tanger.
Domingo de Arrila conduira Puerto de Santa-Maria les galres
qui ont besoin d'tre rpares.
Gibraltar, 22 fvrier i54g.
Sur la couverture, alia manu : Gibraltar. A Sus Altezas.
15/9. ^ e ^
o n
J
u a n
de Mendoa, xxnde Hebrero i549-
Adresse: A los muy altos y muy poderosos seores los principes
de Bohemia.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Recebi la carta de V
ras
Altezas, y, luego como screvi al marques
de Mondejar lo que V
ras
Altezas an visto, fui a Ceuta con cinco
galeras y me informe de la toma de Fez y de lo que del Xarife se
sabia, y enbie relacinde todo a DonBernardino, para que la enbiase
a V
ras
Altezas. A me escrito que la a enbiado. Despus no se a sabido
mas de que el Xarife esta en Fez y a metido dentro de la ciudad
toda su gente y echado fuera la que hallo dentro el dia que la tomo.
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 16 7
Tienese por cierto que, como tenga sosegado lo de aquel reino,
verna sobre Alcaar, por que es la mas flaca frontera de las del
Estrecho, y, si trae artillera, tiene peligro, por que las murallas
sonflacas y tiene muchos padrastos, donde se puede batir. Tiene
uncerro grande encima del lugar, y, de la mar, subiendo alli artillera,
no podra ser socorrida sin granrriesgo de los navios que fuessen;
y tanbien, si el tienpo no es muy bueno, no se podra yr alia por no
tener abrigo de Poniente y el que tiene de Levante esta una legua de
tierra, por manera que la plaa es flaca y esta en condicin si se
podra socorrer.
Cepta esta muy fuerte por la vanda de la tierra, y por la de el
Almina, que es lo mas flaco, no podria entrar gente sino fuesse por
mar, y no tiniendo muchos navios, no puede hazelle dao y puede
ser socorrida conqualquier tiempo.
Tanjar es lugar de gransitio y, aunque es flaco, tiene rrazonables
murallas y buenabrigo de Lebante y no tal de Poniente, y pudesele
dar socorro sin que los enemigos lo puedan estorvar. De Cliz se
puede ir con Levante y con Poniente y, si tuviese la gente que ha
menester, podrase defender, y aunque el Xarife tiene artillera y
mil Turcos con otra mucha gente platica enla guerra, porque ha
das que lo usan. Si toma alguno destos dos lugares, terna muy
buen aparejo para armar navios, porque en Alcaar ay un rrio
grande y, aunque agora tiene cerrada la boca, podria se hazer a poca
costa y enpoco tiempo que entren qualesquier navios de rremos.
Tienen mucha madera para fabricallos. Ay un arraciffe donde
podranestar diez o doze navios de rremos pequeos con qualquier
tienpo y podrase hazer facilmente para que cupiesen mas.
De cabo de Espar tel a poniente, no he estado ; tengo relacin
que tiene el Xarife dos o tres rrios donde puedenestar navios *; mas
por ser lexos desta costa y la mar braba y aber de nabegar con las
mareas, no les biene tan bien que se osen abenturar hasta tener
algnlugar destos del Estrecho.
No creo que armara navios, porque no ai donde los pueda tener,
si no tomasse a Velez para hazellos y algn lugar para tenellos
seguros. Agora no tiene mas de una fusta y dos vergantines, que
1. V. supra, p. 162 et note a.
168 2 2 FVRIER 154g
estn en Alarache, que es de cabo de Espartel a poniente de veinte
lleguas, y estos estn alli dias ha. Entre los mili Turcos que tiene,
sera la mayor parte gente de mar y en Tituanhavra hasta cient
marineros, poco mas o menos.
De aqui partir en tiniendo tienpo y, si a salvamento de las
galeras se pudiere hazer, visitare a Gepta y Alcaar y a Tanjar y
enbiare a V
ras
Altezas relacinde la gente de artilleria y municiones
que tieneny de la que anmenester y de la fortificacin y de lo que
me paresciere que sera necesario para poderse defender
1
. No pienso
llevar mas de seis galeras y las dems enbiare al Puerto de Santa
Maria con el capitn Domingo de Arrila, para que las enpiece a
adobar condiligencia ; y yo har lo mismo enllegando, para questen
presentes y enorden, para quando V
ras
Altezas fueren servidos de
mandar que salgan. Teniendo consideracin a estas cosas y la nece-
sidad que se podria ofrecer, har pagar y despedir la gente que me
paresciere que conviene.
Nuestro Seor las muy altas y muy poderosas personas de Y
ras
Altezas guarde y enmayor acrecentamiento de estados y seorios !
De galera y de Gibraltar, a 22 de Hebrero de i54o, aos.
Criado de V
ras
Altezas,
Sign : DonJuan de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Les places portugaises de Ceuta, d'El- veillt pas leur mise entat de dfense.
Ksar es-Seghir et de Tanger, par leur posi- Cette question ne fut pas sans crer des
tion sur le Dtroit, intressaient trop la difficults entre les souverains des deux pays,
scurit de l'Espagne, pour que celle-ci ne V. infra, Doc. LIV, p. 179.
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA
169
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
La mesure prescrite de fortifier Melilla est trs opportune, car l'intention
du Chrif est d'attaquer cette frontera. // sera bon d'en faire autant
Gibraltar. Le comte de Tendilla joint copie des ordres qu'il a envoys
dans les ports du royaume de Grenade ; il sera utile d'en donner de sem-
blables Gibraltar et Cadix. Mesures prises pour tenir les troupes
de la cte prtes et quipes. Le Chrif napas encore boug de Fez.
Abou Hasson crit que ce dernier lui a offert son amiti; mais il
paratrait que c'est le contraire: le Chrif aurait refus de le reconnatre
pour vassal, ayant promis ses tats un Turc. C'est pourquoi Abou
Hasson a envoy demander un sauf-conduit pour passer en Espagne.
Le comte de Tendilla conseille de ne lui accorder de secours que moyen-
nant la cession du Pen. Publication de la trve avec les Turcs.
Grenade, 25 fvrier i54g.
Sur la couverture, alia manu: Granada. A Sus Altezas.
Del conde de Tendilla, xxv de Hebrero 15^9.
Adresse : A los muy poderosos seores, el principe y princessa
de Ungria, governadores destos reynos.
Muy poderosos Seores,
Recebi la carta de V
ras
Altezas de xviii
0
del presente y la copia
de la carta que el capitnde Cepta
1
escrivio al corregidor de Gibral-
tar : y el aver mandado fortificar a Melilla y proveella de artillera
y municiones a sido cossa muy nescessaria, por ser la frontera mas
cercana a aquella tierra y por que, segnse a dicho por via de mer-
i. Affonso de Noronha, gouverneur de Ceuta.
I7O 2 5 FVRIER l5/Q
caderes, el Xarife tenia finde yr sobre ella, acabada la jornada de
Fez.
Assi mismo a sydo cossa muy acertada mandar que se haga en
Gibraltar el atajo que V
ras
Altezas dizeny el reparar las murallas y
fortaleza y poner enordenel artilleria y proveella de plvora y muni-
ciones y artilleros, de que creo que ay alguna nescessidad ; y el a ver
escrito al corregidor y alcayde de la ciudad de Cliz y a algunos
grandes dei Andaluzia lo que V
ras
Altezas dizen.
Lo que yo e proveido en lo que toca a este reyno entendern
V
ras
Altezas por la copia que conesta va de la ordenque embie a los
lugares de la costa, porque, aunque la nescessidad que al pressente
ay no sea muy urgente, el poder del Xarife es grande y a se de temer
lo que podria suceder; y el prevenir las cossas desta calidad con
tiempo es cossa que no puede daar. No me paresce que seria
malo que se guardasse enlas ciudades de Gibraltar y Cliz la orden
que e dado enlas de la costa deste reino, enlo qual no me e querido
entremeter por no embiarmelo V
ras
Altezas a mandar, aunque, las vezes
que se a ofrescido nescessidad, Su Mag
d
nos a cometido y mandado,
a mi padre y a mi, que proveamos lo que conviene a la guarda y
seguridad de aquellas plaas, y assi lo avernos hecho.
A los alcaides de las fortalezas de la costa deste reino e ordenado
que tengan en ellas el recaudo que conviene, assi de la gente que
son obligados a tener, como de bastimentos, plvora, artilleria y
municiones y otros pertrechos, y que las hagan guardar y velar
como son obligados
1
. Assi mismo e escrito a los capitanes de la
costa que por aora no consientanque ningnombre de guerra haga
ausencia y que tengan la gente que esta a su cargo bien armada y
encavalgada y apercebida para lo que podria suceder. Las capitanias
de guardas, que estnalojadas fuera dela costa, no me a parescido
embiar a ella hasta la primavera, por la molestia que hazenenlos
lugares donde ande yr a ressidir, la qual trabajo de escussar lo que
puedo, alojndolos de manera que el trabajo se reparta por todos
los lugares deste reino, mientras no ay nescessidad que ressidan en
la costa, y la que aora se podria ofrescer no sera de manera que no
aya lugar de embiallos a tiempo.
1. Onlit enmarge : Bien; para lo de Gibraltar y Galiz,,que provea lo mismo 31.
LETTRE DU COMTE DE TENDILIA I 7 I
El Xarife esta pacificamente enFez y el rey de Vlez se recogi
a Vlez de la Gomera, como V
ral
Altezas avranentendido. Y, aunque
el escrive que el Xarife le a escrito alabndole lo que hizo en favor
del rey de Fez, por ser su pariente y amigo, y que le a embiado a
ofrescer su amistad y que el no la a querido aceptar por no fiarse
del, por via de mercaderes se a escrito muy al contrario desto, por-
que dizenque el rey de Vlez se a embiado a ofrescer por vasallo del
Xarife, y que le respondi que no quera admitille por tal y que tenia
prometido su estado a un Turco; y que, visto esto, procura de ser
socorrido de Su Mag
d
y que estn muy mal en ello sus vasallos.
Y esto tengo por lo mas cierto.
El, segna escrito, querra passar a estas partes a tratallo y para
ello embia a pedir seguro ; y, aunque Francisco Verdugo me a escrito
que le parescia que devia yo drselo
1
, no me paresce que es cossa
que conviene, porque, teniendo asegurada su persona y la de sus
hijos y parte de su hazienda, es de creer que no vendra en hazer
tanbuenpartido como estando en el aventura y peligro que agora
lo tiene ; y a mi juizio, si el, a trueque del socorro que pide, no da
el Pen, todo lo dems que puede ofrescer es de poca sustancia.
V
ras
Altezas vernentodo lo quemas convenga al servicio de Su Mag
d2
.
La carta que V
ras
Altezas me escrivieron acerca de lo de las tre-
guas conel Turco y el sumario delias hize pregonar en esta ciudad
y entodos los otros lugares de la costa deste reino, para que se
observeny guardende la manera que V
ras
Altezas mandan.
Nuestro Seor ensalce y prospere las muy poderosas personas
y estado de V
ras
Altezas !
Del Alhambra, a xxv de Hebrero de i5/9-
De V
ras
Altezas
Servidor que sus manos besa,
Sign : El conde de Tendilla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. Cf. infra, Doc. LU, p. 176. milien: Para lo del seguro, se espere la
a. Onlit enmarge, dela main de Maxi- respuesta .
172 2 MARS I 549
LI
LETTRE DU CONSEIL DE VILLE DE GIBRALTAR
A MAXIMILIEN ET A MARIE D'AUTRICHE
Le Conseil de ville remercie Leurs Altesses des ordres quelles ont donns
pour renforcer les dfenses de la ville et de la citadelle. Ces travaux
s'imposent, car le Chrif, matre de Fez et de tout le Maroc, a fait appel
aux corsaires et convoqu les cheikhs du pays pour attaquer les fron-
teras du Portugal.
Gibraltar, 2 mars l/ig.
Sur la couverture, alia manu : Gibraltar. A Sus Altezas.
1549. *
e
I
a
ciudad de Gibraltar, dos de Maro i/ig.
Adresse : A los mui altos y mui poderosos seores el principe
Maximiliano y la princesa Doa Maria, governadores de los reynos
de Castilla.
Mui altos y mui poderosos Seores,
Primero deste mes, rescibimos la de V
ras
Altezas de xvni
0
dei
pasado, respuesta de una nuestra de aviso, como el Xerife avia
ganado a Fez el Viejo. Besamos los reales pies y manos de V
ras
Altezas por tan gran merced como se nos haze enmandar proveer
y fortificar esta cibdad y su fortaleza ; y ansi suplicamos se mande
hazer con toda presteza, porque tiene mas nescesidad dello que
ninguna otra de estos reynos, porque, dems de tener el Xerife a
Fez el Nuevo y todo el reyno sujeto y pacifico, como V
ras
Atezas
teman sabido, se tiene por muy cierto que, con gran dilijencia,
a enbiado a llamar cosarios y convoca todos los principales del
reyno de Fez y haze hazer grandes pertrechos y ystrumentos de
guerra para venir sobre los lugares que el serenisimo seor rey de
Portugal tiene en frica.
LETTRE DU CONSEIL DE VILLE DE GIBRALTAR 1^3
Ansi mismo rescebimos muy sealada merced que la fortificacin
y obras desta cibdad se cometanal capitnLuis de Rueda, corregidor
della, porque, por el ser de su persona y larga ispiriencia que tiene
de tales negocios de guerra, lo har mui bien y con mas brevedad
y a menos cosa que otro alguno, porque lo que aqui se a de hazer
lo tiene muy bien entendido y comunicado conesla cibdad, la qual
estara conla vijilancia y cuidado que enbiana mandar V
ras
Altezas,
cuyas mui altas y mui poderosas personas Nuestro Seor conserve
y enmas y mayores reinos anplie, como sus subditos deseamos.
De Gibraltar y de Maro dos 15^9-
Sign: Francisco de Madrid, escrivano del Concejo.
Mui altos y mui poderosos Seores,
Besan los reales pies y manos de V
ras
Altezas,
Sign: Luis de Rueda. Andrs de uao. Pedro de Mesa.
Francisco de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
l^jli 2 MARS 1549
LU
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
Abou Hasson prtend avoir reu des avances du Che'rif, qui approuverait
son attitude l'gard d'Ahmed el-Ouattassi; le Chri/lui aurait demand
de venir le trouver, l'assurant que non seulement il lui conserverait ses
Etats, mais encore qu'il lui en offrirait d'autres. Abou Hasson se serait
excus, sous prtexte de maladie. Les commerants de Vlez crivent au
contraire qu'Abou Hasson se prparait envoyer au Chrif son fils an
avec un prsent. Sur la nouvelle que le Chrif avait l'intention d'oprer
contre Melilla, Verdugo et Cacalla en ont donn avis au duc de Medina-
Sidonia. Mesures que fait prendre celui-ci pour la dfense de la place.
Le marchand Francisco de Molina a t envoy Vlez pour pressentir
Abou Hasson sur la cession du Pen. Ce dernier demande un
sauf-conduit; il serait convenable de le lui accorder.
Malaga, 2 mars i54g.
Sur la couverture, alia manu : Malaga. A S us A ltezas.
10/9. De los proveedores de Malaga, 11 de Maro i54o,-
Adresse: A los muy altos e muy poderosos seores, el principe
Maximiliano y princesa Doa Maria, governadores destos reynos.
Muy altos e muy poderosos Seores,
llescebimos la carta de Y
ra
Alteza de seys de Hebrero, y por la
nuestra de ocho del dimos quenta a V
ra
Alteza como el Xarife avia
tomado a Fez ; y, como quiera que hemos procurado por todas vias
de saverlo que enaquel rreyno se haze, no hemos tenido nueva dello.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA ^ 5
Cada dia esperamos unnavio que esta enVlez de la Gomera. El
rrey dlia escrivio que elXarife le aviaescripto graciosamente, apro-
vando y alabando lo que avia hecho enayudar al rrey de Fez, pues
hera su pariente y amigo, y que le rrogava que le fuese a ver, y
que, no solamente le dexaria libre sus tierras, pero que le dara otras
enaquel rreyno. El rrey se escuso, deziendo que estava mal dispuesto,
e provey el Pendjente e bastimentos. Los mercaderes que alli
estnescrivenlo mismo ; pero dizenque el Rey aparejava de enbiar
un presente al Xarife consu hijo mayor
1
.
No escrivieronentonces otra cosa nueva, sino que se ablava enque
el Xarife enbiaria jente sobre Melilla. Desto dimos aviso al duque de
Medina, el qual enbio aqui dos criados suyos, para que hiziesen
trezientos soldados y llevasen algunos bastimentos ; y a nosotros
nos escrivio que le disemos ocho pieas de artillera, las mas delias
gruesas y cieri quintales de plvora. Respondimosle que no avia
en esta casa las pieas que pedia, ni podamos disponer delias ni
de la plvora y municiones sin espreso mandatto de V
ra
Alteza.
Creemos que abra escrito sobre ello ; y para este efeto enbiamos, con
esta, una relacinde las pieas de artillera que ay enesta casa y los
lugares donde estnpuestas ; pero parescenos que lo de Melilla se
podra prover de la artillera que se saco de la nao que dio al traves
en SanLucar, y se vende por mandado de V
ra
Alteza. En hazer los
trezientos soldados se dan mucha priesa, y los ciento que se hazen
aqu yran luego en una caravela, y los dozientos se hazen en los
lugares desta comarca y tanbien se enbarcaranbrevemente ; y con
ellos va el capitn Francisco de Medina
2
.
Como quiera que, conla entrada del Xarife enFez, ceso la oppor-
tunidad de enbiar la persona que V
ra
Alteza mandava para que supiese
las particularidades contenidas en su carta, pero porque lo del
Pen podra ser que huviese efeto, si el Xarife quisiese apretar al
rrey de Velez, hemos tratado con Francisco de Molina
3
, mercader
vezino desta ciudad, que cargue alguna ropa y vaya a Velez, por
i. D'aprs la lettre du 2i mars suivant, 2. Il tait gouverneur de Melilla. V.
ce serait, nonl'an, mais le cadet des fils infra, p. 199et note 1.
d'Abou Hasson qui aurait t envoy au 3. Sur la mission de ce personnage, V.
Chrif. V. infra, Doc. LXI, p. 200. infra, Doc. LXVI, p. 218, etLXVIII-LXX.
I 76 2 MARS l 5/ 9
que es la persona de quienel Rey mas se confia e a quiendescubrir
su intencin. Y, porque el negocio lleve mas autoridad, le enbiamos
a Gibraltar a DonJoande Mendoa, el quai le dio instrucionde lo
que ha de hazer e dezir. Escrivenos Don Joan que esta muy con-
tento de su avilidad. El navio enque ha de yr esta presto e partira
con el primer tiempo, y del tememos aviso cierto de lo que halla
pasa e de lo que se podra hazer.
El rrey de Velez pide que V
ra
Alteza le enbie un seguro para que
pueda venir enestos reynos. Paresce que convernia que V
ra
Alteza
se le enbiase, o lo cometiese al conde de Tendilla que hiziese en
ello segund la subcesion de los negocios
1
.
Malaga, a 11 de Maro 154g.
Sign : Francisco Verdugo. Diego de Caalla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. D'aprs MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f.
260, aprs la prise de Fez, Abou Hasson, ds
qu'il fut arriv Velez, crivit DonAlvaro
de Bazanpour se mettre sous la protection
de l'Empereur et lui offrir le Pen, pourvu
qu'il le secourt contre le Ghrif. Il deman-
dait aussi DonAlvaro de lui envoyer des
galres pour passer enEspagne. Cependant,
le Ghrif envoya prier Abou Hassonde
venir Fez afinde confrer avec lui, mais
le roi de Velez se contenta d'envoyer son
fils En-Nasser. Le Chrif traita alors avec
les habitants do Velez pour se saisir d'Abou
Hasson, qui, enayant eu avis, pensa se
rfugier dans le Pen. Le gouverneur,
Ez-Zerhouni, ne voulut pas le recevoir, tout
ense refusant, d'unautre ct, remettre
la forteresse au Chrif. Abou Hassonse
rendit alors cheval sur la place de Velez
et commanda ses troupes de se tenir prtes
pour l'accompagner Fez. Le lendemain,
il alla coucher quatre lieues de l, puis,
au milieu de la nuit, il partit secrtement
avec vingt-cinq captifs chrtiens, s'em-
barqua dans une barque de pcheurs et se
rendit Melilla, laissant soncheval sell et
brid sur le rivage. Onverra plus loin,
p. 2 33, qu'Abou Hassonarriva Melilla
le 17 avril 1549- ^
n
'
a
P
as
t retrouv de
trace des relations qui auraient eu lieu entre
lui et Don Alvaro de Bazan; c'est avec
DonBernardino de Mendoza qu'onvoit le
roi de Velez entrer en rapports. V. infra,
pp. 178, 180, 3o3 et note 1, 35i et note 2.
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA l~]
r
]
LUI
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA A MAXTMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
En prvision des secours envoyer aux fronteras, il a retenu les galres
Gibraltar et diffr le licenciement des troupes. Le roi Jean III fait
concentrer des vivres Puerto de Santa-Maria et a demand avec instance
que les galres soient diriges sur ce port. Don Bernardino de Mendoza
y a envoy son fils D. Juan. Le Chrif attend que son fils soit arriv
de Merrakech pour se porter contre quelque frontera. Les rensei-
gnements sur les forces du Chrif sont contradictoires. 11 a paru
bon Don Bernardino de Mendoza et au comte de Tendilla d'envoyer
un agent auprs d'Abou Hassonpour ngocier le recouvrement du Pen.
Existence prs de Meidla d'une vaste lagune o pourraient s'abriter
plusieurs flottes. II serait bon de la faire reconnatre, car il pourrait
tre utile de transfrer sur cette lagune la forteresse de Melilla, dont le
mouillage ne vaut rien; il est craindre que le Chrif vienne l'occuper.
Grenade, i4 mars i54g-
Sur la couverture, alia manu : Granada. A Sus Altezas.
i549- ^e Don Bernardino de Mendoa, XIIII
0
de Maro i/io,.
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores el principe
y princesa de Ungria, governadores destos rey nos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Teniendo entendido lo que conviene al biendestos reynos que se
consrvenlas fronteras que enATrica tiene el serenisimo rey de Por-
tugal y que V
ras
Altezas eranservidos que fuessensocorridas, teniendo
necessidad, he hecho detener las galeras en Gibraltar y dexar de
despedir la gente de guerra, porque, si alguna necessidad huviera,
no avia otra manera para ser socorridas aquellas plaas mas breve-
mente \ Y, visto que el Serenisimo Rey a proveydo y que las
1. Onlit enmarge : Bien .
DE GASTRIES. X. 12
I 78 l/[ MARS I 54g
provisiones que haze ande ser enel Puerto de Sania Maria, y congran
ynstancia, como V
ras
Altezas vernpor sus cartas, pide que las galeras
vayanal dicho lugar, he scripto a DonJuanque assi lo haga, aunque,
para el socorro de las plazas que tienen necessidad, estavan mas
a proposito enGibraltar. Tendrase mucho cuydado de favorescelles
y ayudalles entodo, como V
ra
Alteza lo manda.
Don Juanme a scripto que el Xarife esta esperando su hijo, que
a de venir de Marruecos, para ponerse sobre alguna destas fron-
teras ; y que defieren tanto los que ha esaminado cerca del poder
del Xarife, que, hasta que aya entendido lo cierto, no lo a querido
scrivir a V
ia
Altezas ; que aviendo visitado aquellas fronteras,
entibiara relacin cierta y particular de todo.
Visto que el rey de Velez no se podia sostener sin el favor de
Su Mag
(l
, pareci al conde de Tendilla y a mi que era bien embiar
alguna persona a tractar con el, porque en esta coyuntura podra
aver aparejo para recobrar el Pen, que es una cosa de granimpor-
tancia para estos reynos. Cometise a Don Juan que la embiase y
ynstruyese de lo que avia de hazer. Y, por no aver hasta aora cosa
sustancial de que dar quenta a V
ras
Altezas, no se a hecho.
Cerca de Melilla esta una laguna
2
que tiene tres leguas y pueden
entrar y estar en ella grandes armadas. Seria bienque V
ras
Altezas
mandasenvello
3
, porque podria ser que conviniesse mas al servicio de
Su Mag
d
tener all la fortaleza de Melilla que adonde aora esta, que
a mi juyzio es de ninguna importancia, porque en ella no pueden
estar navios, ni tiene las otras qualidades que son necessrias para
que importe sostenella ; y, estando el Xarife paciico y no teniendo
puertos para tener navios, es de creer que no dexara de ocupar
este, siendo tangrande y tanbueno.
i Nuestro Seor las muy altas y muy poderosas persona s de Y
ra
Altezas guarde conmayor acrecentamiento de reynos y seorios!
De Granada, a xiin
0
de Maro i549-
Las manos de V
ras
Altezas besa su servidor,
Sign: Don Bernardino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Sur cette lagune, V. infra, p. 475, 3. On lit en marge: Que las galeras
note 2. la vean .
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 179
LIV
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA
A FRANCISCO DE LEDESMA
(EXTRAIT)
Le roi de Portugal ne cesse d'indiquer dans ses lettres que la dfense de
ses fronteras incombe en partie au roi d'Espagne. D. Bernardino de
Mendoza ne juge cette prtention admissible que si les Portugais sup-
portent les frais de cette dfense. On exagre la puissance du Chrif.
D. Bernardino adressera sous peu une relation exacte ce sujet,
que son fils D. Juan n'a pas t mme d'envoyer. // est regrettable
que ce dernier n'ait pas t mis au courant de la mission confie au
corregidor de Gibraltar. Agent envoy auprs d'Abou Hasson.
// est prfrable de refuser ce dernier le sauf-conduit qu'il demande.
Grenade, il\ mars i54g.
Adresse: A m seor, el seor Francisco de Ledesma, secret-
tario y del consejo de Su Mag
d
, etc.
Seor,
Resebi las cartas de [Link]. juntamente conla que Sus Altesas me
scriven; y, por las quel serensimo rey de Portugal scrive a mi y a
DonJuan
1
, vera [Link]. que noies
2
falta miedo y no dexande apuntar
que esta enpresa toca a Su Mag
(l
; y de mi parescer nunca esto se
1. Endehors de ces lettres, le roi JeanIII grande importance pour la scurit de l'Es-
crivit Maximiliend'Autriche et fit agir pagne. L'Empereur, outre la pnurie de
Loureno Pires, sonambassadeur auprs de ses finances, objecta qu'il tait trop occup
l'Empereur. Il attirait l'attentionde Charles- des affaires de ses autres Etats pour s'en-
Quint sur le danger qui menaait les fron- gager fond dans une campagne d'Afrique,
teras et l'invitait participer la dfense Cf. ANDRADA, Part. IV, cap. 4o.
de places dont la conservationavait une si a. Les, les Portugais.
18o l 4 MARS 1 549
les admitiria
1
, sino que Su Mag
(l
les favorezca y ayude para que sos-
tengan sus fronteras, poniendo ellos el dinero.
Estas cosas siempre hazenmas ruydo enlos que estnmas lexos ;
ya [Link]. havra visto que no soy amigo de encarescerlo, que no
ay raznpara hazello, aunque a los capitanes generales no les esta
mal que su seor tenga necessidad dellos y que aya enque servirle,
porque no ay tantriste habe
2
enel mundo, entiempo de paz, como
un capitn general.
El poder del Xarife no creo que es tangrande como alia dizen.
Con el primero, embiare cierta relacinde lo que es, que, por no
aver podido Don Juan atrabesar a las fronteras de Portugal
3
, no a
embiado la relacinverdadera, para que mejor se pueda entender.
Algo quexoso esta de que estando el alli con las galeras, se aya
cometido al corregidor de Gibraltar
4
que embie persona a Affrica,
sinhazelle saber a el ninguna cosa, y paresceme que tiene rrazon.
Hase hecho ungranhierro, por averse estendido el corregidor a mas
de lo que le mandaron.
El seor conde de Tendilla y yo aviamos embiado a tractar conel
rey de Velez de la Gomera ; y, sigunel miedo tenia, tengo por cierto
que se hiziera algn buen effetto ; con ver que se le a requerido,
paresce que se estiende. Aunque pide seguro para venirse con sus
hijos y las personas que quisiere traer a estos reynos, no nos a
parecido que es bien drselo, porque, si algo bueno a de hazer, a
de ser por no perder la cabea, y por que, amostrando el siguro al
Xarife, podria ser que hiziesse su partido conel porque no se con-
certase connosotros. Procederse a todavia enel tratto y, si huviere
cosa de sustancia, avisaremos a Sus Altezas, que por no avella hasta
aora, se a dexado de hacer
De Granada, a xiin" de Maro 1549-
A servicyo de V. md.
Sign : DonBernardino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Nunca esto les admitiria. . . Onne peut, 3. V. infra, Doc. LV, p. 181.
mon avis, leur accorder cela. 4- Luis de Rueda. Il avait envoy Diego
2. Habe, pour ave, oiseau. de Bolanos. "V. infra, p. 188 et note 2.
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA
l 8 l
LV
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
N'ayant pu visiter lui-mme les fronteras, il a crit aux capitaines de Ceuta,
d'El-Ksar es-Seghir et de Tanger de l'aviser de ce dont ils auraient besoin
et il envoie la relation de ce qu'il a ainsi appris. II a remis Luiz de
Loureiro un mmoire sur la fortification de ces places. L'quipement
des galres est activ. Les nombreux navires de Cadix qui vont , Larache
et Sal commercer avec les Maures du Chrif renseignent celui-ci sur
les affaires d'Espagne. Cela ne devrait pas tre tolr; Don Juan a retenu
jusqu' nouvel ordre deux navires qui allaient partir pour ces rgions.
Puerto de Santa-Maria, i/i mars i54g-
Sur la couverture, alia manu : Puerto de Santa Maria. A Sus
Altezas. io/g. ^e DonJuan deMendoa, xim de Maro 15^9-
Adresse: A los muy altos y muy poderosos seores el principe
Maximiliano y princesa Doa Maria, mis seores, etc.
Muy altos y muy poderosos Seores,
A siete deste mes, parti de Gibraltar contodas las galeras y, por
no aver hecho tiempo hasta aquel dia para atravesar a Verberia,
no fui a Ceuta ni lo ose hazer, por no perder el tiempo y por tener
ordende mi padre que biniese aqui conla mayor brevedad que fuese
posible. Enbie unvergantinarmado, conuna persona de rrecaudo, a
Ceuta y a Alcaar y a Tanjar, y escrevi a los capitanes destas fron-
teras
1
que me avisasende lo que ubiesenmenester y de lo que del
i. Le capitaine de Ceuta tait Affonso Alvaro de Carvalho, celui de Tanger, Pedro
de Noronha, celui d'El-Ksar es-Seghir, de Menezes.
l 8 2 1 [\ MARS T 549
Xarife se supiese, por que conlas galeras les ayudara y socorreria
entodo lo nescesario.
Con esta enbio a Y
ras
Altezas rrelacion de lo que se save del
Xarife
1
y de lo que enlas fronteras ay y de lo que abranmenester
para de presente. Aunque aqui esta Luis de Lorelo
2
proveyndolas
de todo lo nescesario, yo le e dado unmemorial de lo que a mi me
paresce que an menester, porque la manera de fortificacin que
ellos quierenhazer es conbotas llenas de tierra y sera cosa que no
aprovechara mucho. En el adobio de las galeras, me doy toda la
prisa possible, para que estnprestas y en orden para, quando sea
nescesario, salir todas o parte delias, porque, como este ao se a
nabegado tanto, an rrecibido las galeras mucho dao y es nesce-
sario tiempo para adreallas.
De Cliz banmuchos nabios a Alarache y a Cale a contratar con
los Moros del Xarife y de alli bana Fez ; y, eneste tiempo, es cosa
que no se debria consentir, porque no sirvensino de llevar abisos
de lo que ac se haze. Ay dos nabios aparejados para partir, y por
parecerme que no es bienque llevenabiso de lo que ac se haze, los
e detenido hasta que V
ras
Altezas seanservidos de mandar otra cosa.
Nuestro Seor las muy altas y muy poderosas personas de V
ras
Altezas guarde conmayor acrecentamiento de rreinos y seorios !
Del Puerto de Santa Maria, a xiin
0
de Maro de i549aos.
Menor criado de V
ras
Altezas,
Sign : DonJuan de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Cette relation n'a pas t retrouve. Arzila et le fort qu'onavait dcid de cons-
2. Luiz de Loureiro, adalid mayor de truire sur la hauteur du Seinal. V. AN-
JeanIII, avait t envoy en Andalousie [Link], IV, 34, et i
re
Srie, Portugal, la
afind'y recruter des troupes pour Tanger, date du 29juini54g.
PROCS-VERBAL DINTERROGATO1RE I 8 3
LVI
PROCS-VERBAL D'INTERROGATOIRE
Trois Maures sont venus Melilla avec l'intention de se rendre auprs
du roi d'Espagne pour lui offrir leurs services. Ils donnent avis que
le Chrif a conquis le royaume de Fez et fait prcher la guerre sainte ;
on ne sait s'il veut attaquer Mazagan ou Melilla. A Vlez, ils
ont entendu dire que le Chrif tait en pourparlers avec Abou Hasson
pour une attaque sur Melilla. Un cad des environs de Melilla, Ali
Aarass, a promis son concours au Chrif. Les enquteurs dcident
d'envoyer les trois Maures au duc de Medina-Sidonia.
Melilla, i4 mars i54<).
En la cibdad de Melilla, ques enlas partes de frica, encatorze
dias del mes de Maro de mili y quinientos y quarenta y nueve
aos, enpresencya de mi, Cistoval de Villalan, escrivano publico
desta dicha cibdad, el manifico seor Juan de Perea, teniente de
alcayde y justicya mayor desta cibdad, mando juntar en casa de
Juan d'Avila, veedor y contador desta dicha cibdad, es saber al
padre Baltasar d'Escalera, clrigo vicario, y al dicho Juan d'Avila,
veedor, y Andrs d'Avila, alcalde mayor, y a Francisco Vazques,
alguazil mayor, y Garcia de Eredia, tenedor de los bastimentos, y a
Bartolom Sanches, capitndel canpo, y a Sancho de Escalante y a
Lzaro Merino y al bachiller Agustyny a Migel Ruyz, entrepite de
la lengua araviga, y a Francisco Gmez, alcayde de la puerta, yntre-
pete de la dicha lengua.
Y el dicho seor alcaide les dixo y platico que biensabian como,
oy dicho dia, se avian venido a esta cibdad tres Moros para se yr
a Castilla al Rey, nuestro seor; por tanto quel quiere hazer cyer-
tas preguntas a los dichos Moros, por lengua del^licho Migel Ruyz
y de Francisco Gmez ynterpetes. Y las preguntas quel dicho seor
1 84 I 4 MARS I 549
alcaide les hizo y la respuesta que los dichos Moros dieron es la
syguiente, enesta manera.
Juro el dicho Migel Ruyz y el dicho Francisco Gmez por Dios
y por Santa Maria y por una seal de 4[r y P
o r
^
as
palabras
de los santos Avanjelios que dirn verdad lo que los dichos tres
Moros dixeren. E lo que dixeron que los dichos Moros dixeron es
desta manera.
El dicho seor alcaide les mando a los dichos ynterpetres que
preguntasen a los dichos Moros que a que venian? Los quales los
dichos ynterpetes dixeron que se lo preguntaron, e que los dichos
Moros respondieron que venian por aqui para pasar adonde el Rey
estava, para le contar lo que pasa e hazer lo quel mandase, porque,
si los mandase ser cristianos, lo serian; y, sino, hazer aquello quel
Rey quisiese.
Los dichos ynterpetres, por mandado del dicho seor alcaide,
les preguntaron que que era el aviso que queran dar al Rey ?
E que los dichos Moros respondieronque era quel Xarife avia tomado
el reyno de Fez, e quel Xarife avia mandado apregonar gera enFez
y su tierra y en Maruecos y en toda su tierra gera contra Cris-
tianos, e quel comn de las j entes dezian que era para Mazagane
otros dezianque para Melilla ; e questo es lo que saben de Fez. E
questos dichos Moros se partieronconvoluntad de venir a Melilla,
y vinieron por Velez de la Gomera, y se descubrieron a un Cris-
tiano cautivo y le pidieronsu parecer e consejo, que les dixese que
por donde e como podrianvenir a Melilla ; e quel dicho cativo, que se
dize Francisco de Ecyja, que F avian cativado en esta dicha cibdad
e avia estado aqui muncho tiempo ; y quel dicho catyvo les dio, a los
dichos tres Moros, una carta de aviso que truxesenpara esta cibdad.
E questando los dichos Moros enVelez, oyerondezir como el Xarife
avia enbiado a dezir al rey de Velez que que arte tenia Melilla ? e
que que fortaleza hera? e quel rey de Velez le respondi que era
una buena fortaleza e biencercada de buena muralla, pero que, si el
Xarife quera venir sobre ella, quel dicho rey de Velez juntaria
navios y los enbiaria sobre Melilla para quitar los bastimentos que
vienena ella de Castilla, para que no viniesen, y quel Xarife vendra
consu exercyto por tierra y que por hanbre u por fuera la tomaran.
Y quel Xarife mando pregonar por toda su tierra que todos los que
PROCS-VERBAL D'INTERROGATOIRE l85
fuesen tiradores se aparejasen para el cojer de los panes, quel les
daria sueldo para tener gera contra Cristianos. E que unalcayde
que fue desta tierra frontera a Melilla, que se dize Ali Arrez
1
, fue
a besar las manos al Xarife y a le obedecer por seor, e que le
dixo que sabia muy bien esta tierra e las entradas e salidas e arma-
deros y todo lo dems conque se pudiese tomar Melilla, e que le
diese favor y ayuda, quel daria yndustria como se tomase la cibdad.
E en esta tierra frontera a Melilla, por donde pasaron los dichos
Moros, no se plalicava de otra cosa entre los Moros, syno quel Xarife
venia sobre Melilla conmucha jente.
E questo dixerone declararon los dichos tres Moros de su propia
voluntad ; e firmronlo de sus nonbres :MigelI\uyz, Francisco Gmez.
El dicho seor alcaide pidi su parecer a los susodichos e a cada
uno dellos de lo que en este caso devia hazer, y todos acordaron
quel dicho seor alcaide enbie una barca a Castylla y le enbie los
dichos tres Moros al Duque
2
, mi seor, juntamente con Francisco
Gmez, ynterpete de la lengua araviga, para que Su Ecelencya sepa
lo susodicho. Y ansy mismo dixeron que se devria hazer saber a
Francisco Verdugo, vezino de Malaga, proveedor de Su Magestad,
para que brevemente proveandjente y todo lo que fuere necesario
a esta dicha frontera.
Juan de Avila, veedor, dixo que su parecer es, conforme a lo que
munchos dias a que se dize en esta tierra y a la relacyon y avisos
que aqui an dado Moros, especyalmente estos que de presente aqui
anvenido, que luego se flete unvergantynquesta aqui de presente
en esta cibdad, que lleve a estos Moros al Duque, mi seor, y le
de aviso desto questos Moros dizen, para que Su Ecelencya provea
lo que mas conviene a su servicyo y a la buena provision desta
cibdad ; y queste aviso y mensajero que de aqui va sea onbre de
confiana y que no se entremeta en otro negocyo, ni este aviso
lo de a Francisco Verdugo, ni pida otra socoro ni ayuda, syno al
Duque mi seor, porque ansy conviene a su servicyo.
P- ^77 EN-NASSIRI, pp. /i5-/i6 ; Ez-
f. Arrez. Probablement Aarass ^ l / l . ZAANI, p. 16 (le traducteur, qui a pris un
Famille puissante du Rif et qui vcut sad pour undad, transcrit ce nom : Aaradh).
presque toujours dans une quasi-indpen- Sur ce personnage, V. infra, p. 235.
dance. Cf. EL-KADIRI, traduction GRAULLE, 3. Le duc de Medina-Sidonia.
186 I \ MARS 1 5^9
Y questo que tiene dicho es su parecer, y firmlo de su nonbre:
Juan d'Avila.
El dicho seor alcaide, visto lo susodicho, mando a mi, el dicho
escrivano publico, saque un traslado synado, y firmado se lo de,
por quel quiere enbiar unvergantyn, questa aqui al presente surto
en esta cibdad, a la cibdad de Malaga, e a Francisco Gmez, ynter-
pete, para que vaya ante el Duque, mi seor, y le lleve los dichos
tres Moros juntamente conlo susodicho, para que a Su Ecelencya
conste lo que los dichos Moros dixeron en esta cibdad.
Yo, el dicho escrivano, saque un traslado de lo susodicho, y
firmado y sinado se lo di y entregue al dicho seor alcaide, que fue
fecho e paso enla dicha cibdad de Melilla, el dicho dia, mes e ao
susodicho, siendo testigos Juan Notario e Juan Martin.
E yo Gristoval de Villalan, escrivano publico de la cibdad de
Melilla, por el mui exelente seor duque de Medina Sydonia, mi
seor, lo fize escrevir e fiz aqui mi signo ques a tal, entestimonio
de verdad.
Sign: Cristoval de Villalan, escrivano publico.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo ?4- Expdition
certifie.
RAPPORT DE LUIS DE RUEDA 187
LVII
RAPPORT DE LUIS DE RUEDA A MAXIMIL1EN
ET A MARIE D'AUTRICHE
// rapporte ce que lui a dit Diego de Bolaos de la part d'Abou Hasson.
Deux courriers sont arrivs de Fez Vlez, porteurs de messages
verbaux. Ils sont envoys par les cads pour savoir quelle rponse avait
reu Abou Hasson et s'il lui serait envoy des soldais chrtiens, car ils
croient qu'avec le moindre secours, il pourrait reconqurir le pays.
Le Cher if mcontente tout le monde par ses exactions. Abou Hasson
dclare que le moment d'agir est venu et offre de donner des otages.
Quant au Pen, le Juif, son secrtaire, a laiss entendre qu'il cderait
cette place. II faudrait promettre ce Juif quelque avantage matriel ;
un mot que lui adresseraient Leurs Altesses serait d'un excellent effet.
Abou Hasson attend avec impatience la rponse ses propositions. -
Lorsqu'on entrera en campagne, il tirera du pays l'argent ncessaire,
mais, pour le moment, il n'a rien. Le cad de Sal s'est rfugi
Vlez; il dit que Sal ne rsisterait pas ci une attaque des galres ; c'est
une base trs convenable pour une expdition contre Fez. Le Chrif
a fait son entre dans Fez, bien qu'il et jur de ne pas le faire avant
d'avoir repris les fronteras. II a fait battre monnaie, a dict des
peines et interdit l'exportation de l'or en pays chrtien. // est mal
dispos envers les trafiquants chrtiens. Quatre-vingts esclaves chrtiens
du roi de Fez, qui s'taient rfugis dans le camp du Chrif, se sont
convertis l'islamisme. Le Pen a t pourvu de vivres, de muni-
tions et d'artillerie par Abou Hasson, qui dispose de trois galiotes.
Le cheikh des Bottouia, qui avait t dpossd par Abou Hasson, a
t rtabli par le Chrif; ses sujets ont exig qu'il attaque Melilla, ce
qu'il a fait sans succs le 24 fvrier. Abou Hasson entretient mi-
route de Fez un rengat trs habile, qui le renseigne sur tout ce que fait
le Chrif. Celui-ci a recueilli de nombreux captifs chrtiens et a
ordonn de construire des navires. // voudrait obtenir d'Abou Hasson
une rade cet effet; celui-ci temporise le mieux qu'il peut. Les
Maures de Vlez ont t scandaliss qu'Abou Hasson, aprs avoir
envoy un prsent au Chrif, n'ait pas fait proclamer celui-ci. Pour
dtourner leurs soupons, Diego de Bolaos a donn comme objet de
38 ENTRE LE 20 FEVRIER ET LE I l\ MARS 15^9
sa mission le rachat des captifs ; Abou Hasson lui a recommand, s'il
rencontrait un vaisseau ennemi, de jeter sa lettre la mer. Le Chrif
aurait fait appeler le corsaire Dragut.
[Gibraltar, entre le 25 fvrier et le \t\ mars
1
T549-]
Au dos: Lo que dixo de palabra el que fue al rey de Vlez.
Muy altos, muy poderosos Seores,
Lo que de palabra me dijo Diego de Bolaos
2
quel rey de Belez
le dijo que me dijese es lo siguiente.
Que eneste tiempo valia mas la palabra que no las cartas, por
el riesgo questan enlos caminos, porque de Fez no le osan enbiar
letra, sino de palabras le enbianlos avisos ; y que el da que parti
de Beles, avian llegadole dos correos, uno poco despus de otro,
sin cartas, y que los que los enbiaron, antes que les dixesen nin-
guna cosa, los metieron en la mezquita y les tomaron juramento
que, aunque los tomasenenlos caminos, no dixesenninguna cosa ;
y que antes destos tenia cada dia correos.
Dize que la enbajada destos era saber del que : que despacho
tenia de Su Mag*y Y
ras
Altezas ; y que, si le dabanCristianos, que
eran valientes onbres y guerreros, y aunque no fuesen tales, sino
que fuesen Judios, que con ellos tomara la tierra, porque estaban
solevantados todos, por los muchos pechos y justicias que les haze
y que les tenia tomadas muchas haziendas y esperan del mas mal ;
y que tuviese por cierto que en viendo exercito que luego se jun-
tarian conel todos los Alrabes ; y que esto le enbiavana dezir los
alcaydes ; y que dize el rey de Belez que agora es tiempo, y que dar
todos los rehenes que le pidieren; y que en el Pen no se deter-
mino, mas que le dijo el Judio, que es el secretario, que lo dara y que
el quedava barrenando ; y que no ay quien conel sea tanta parte, y
que es necesario a este Judio prometelle alguna cosa que sea manual ;
i. Le document doit tre postrieur au courrier prcdent, il a envoy au roi de
a4 fvrier, date qui y est mentionne. V. Bohme le prsent rapport.
infra, p. i g i. D'autre part, Luis de Rueda, 2. Diego de Bolaos avait t envoy
dans sa lettre du i5 mars i5/|g (V. infra, auprs d'Abou Hassonpar Luis de Rueda.
Doc. LV1II, p. 192), dclare que, par le V. supra, p. 180.
RAPPORT DE LUIS DE RUEDA I8Q
y que tiene por cierto que, si V
ras
Altezas le mandan escrevir un
renglnparticular, que aprovechara mucho ; y tiene por cierto que,
segn la voluntad mostro y los juramentos que le hizo, que har,
si vee letra de V
ras
Altezas, todo quanto le fuere posible ; y que tam-
bin le dijo que convenia que V
ras
Altezas escriviesen al Rey.
Dize mas quel Rey le dijo que, por amor de Dios, que le fuese la
respuesta conbrevedad y que no fuese gastar el tienpo enpalabras ; y
que le conto quantos dias avia menester el mensajero, que yo enbiase,
hasta llegar a V
ias
Altezas, y quantos para estar alla y para la buelta.
Asi que, si V
ras
Altezas le ande escrevir o mandar hazer sobresto
alguna cosa, conviene quel despacho venga a diligencia, porque
Diego de Bolaos estara aparejado conla fragada puesta apunto.
Dize que le dijo que, quando Su Mag
1
fue a Tnez, fue menester
tienpo para pasar la mar, y que, para pasar agora, esta el unpie
en Gibraltar y el otro enCebta, y que enesto es menester gran
brevedad.
Dize que le dijo que, yendo la jente que a de ser mandado, que a
los Moros que se dieren y a los lugares que no les hagan mal, y
a los que no, que los saqueen ; y que el promete que sacara de la
tierra para pagar mas gente y muchos mas gastos de los que se
hizieren, mas que al presente quedaba muy gastado y que avia
venido huyendo, que aunsus hijos no avianpodido escapar, y que
no le sostiene al presente otra cosa, sino la respuesta desta carta ; y
que sea la respuesta muy breve y cosa cierta ; y que dar el aviso
por donde a dentrar la gente, que sea a mucho mas provecho
y dao de los enemigos.
Dize que el alcaide de Cale
1
vino huyendo del Xarife a Belez, y
dexo enCale las mugeres y los hijos ; y que le dijo que lo traxese
consigo y que el daria a Cale, y que, consolamente las galeras,
conpoca mas ayuda no se le podra escapar, por la parte que tiene
dentro, y que, enllegando se levantaran por el; y que es buena
fortaleza, y el puerto que tiene el rio questa entre Alarache y La
Mamora
2
, y que es lugar muy convenible para el entrada de Fez ;
i. Ce cad, nomm El-Hadj Abou el- l a date du 8 janvier 15/7-
Faredj, avait propos eni546 de livrer la 2. Il n'y a pas de cours d'eau important
ville de Sal Luiz de Loureiro, gouver- entre Larache et La Mamora. Diego de
neur de Mazagan. V. i
re
Srie, Portugal, Bolaos a voulu dsigner, sans doute pos-
I 90 ENTRE LE 2 5 FEVRIER ET LE l 4 MARS 1549
y que, si V
ra
Alteza manda que lo trayga, si lo entibiare alla con
algndespacho, que lo trayra, porque le dezia el Moro que no desea
cosa al presente mas de pasar ac, porque tiene por muy cierto que,
pudindolo aver, el Xarife lo a de mandar matar.
Dize mas quel Xarife avia jurado de no entrar enFez hasta tomar
las fronteras de aquellas partes, y que los principales de su exer-
cito le suplicaron que entrase dentro y asentase los almagazenies,
ques la gente de la guarnicin que solia tener el rey de Fez, y que
les diese de comer, lo qual hazia, y asentase enla cibdad las dems
cosas necesarias ; y que quedaria desenbaraado para quando llegase
su hijo de Marruecos, que seria, a mas tardar, de mediado Maro. Y,
por conplazelles, entro enla cibdad, y luego mando hazer la moneda
y puso justicias, y mando pregonar que no sacasen de la cibdad ni
toda su tierra ningn oro para sacar a tierra de Cristianos
1
.
Dize que tiene mala voluntad a tener mercaderes cristianos ensu
tierra
2
, porque dize que Mahoma manda que no tengan mas trato
conlos Cristianos de para dalles de lanadas.
Dize que, luego que entraronenla cibdad, antes que se acabase
de tomar, huyeronochenta Cristianos de los cativos del rey de Fez,
e se fueron al Xarife y se tornaron Moros: y que la guarda que
trae es toda de Cristianos tornados Moros.
Dize que el rey de Belez a proveydo el Pende mucho trigo, y
cevada, y agua, y lea, y azeyte y manteca, y que hasta quarenta
pieas de artilleria, entre chicas y grandes, que tenia por Belez, a
metido enel Pen, y que unapiea, que allaman Barreto, aunno
la avia podido subir a lo alto del Pen, porque es muy grande.
Dize que tiene tres galeotas aparejadas con remos y velas y todo
lo que es menester ; no se determinan los cativos si yra a tierra
de Cristianos o de Moros.
Dize que unxeque
3
, a quienel rey de Belez avia tomado el val de
Botoya
4
, ques cabe Melilla, se fue a quejar al Xarife ; y que el Xarife
sible, l'oued Sebou, qui ouvre une commu- a marqu dans tout le Maroc unralentis-
nicationfacile entre Sal et Fez. sment des relations commerciales avec les
1. Onrecherchait beaucoup enEurope Chrtiens, ainsi qu'une diminution des
et spcialement enAngleterre l'or du Maroc. liberts religieuses accordes aux esclaves
V. i
re
Srie, Angleterre, Introduction, t. [, et aux trafiquants.
pp. iv et v. 3. Sur ce cheikh, V. infra, p. 200 et n. 1.
2. L'avnement de la dynastie saadienne k- Bottouia. Y. infra, p. 35i, note 3.
RAPPORT DE LUIS DE RUEDA 191
le dio su poder y mando a todos los de aquel valle que le obede-
ciesen, lo qual hizieron, con condicin que hiziesenla guerra a los
de Melilla: y que luego, el domingo xxiui
0
de Hebrero, le fueron
a visitar y que recibierondao. De lo qual dize que a pesado mucho
al rey de Belez, y que le dijo que me dijese que avisase luego a V'
as
Altezas que se provea Melilla, porque tienenmuy poco que hazer en
tomalla. Yo despachare a bazello saber al duque de Medina, para
que vea lo que conviene, mientra V
ras
Altezas mandan lo que se
a de hazer.
Dize que tiene a uncavallero que se dize Gilhayre
1
, que es rene-
gado, onbre muy abil y de quien se confia mucho, puesto en el
medio del camino de Fez, para saber todo lo que se haze de parte
del Xarife y dalle aviso.
Dize que a rrecogido muchos cativos cristianos el Xarife y manda
que se de ordenpara hazer los mas navios que ser pudieren; y que
halaga al rey de Belez, porque le de lugar para hazer alli navios ; y
que el rey de Belez se entretiene lo mejor que puede, porque no
venga nadie a su tierra a hazer ninguna cosa.
Dize que, quando enbio el rey de Belez el presente al Xarife,
creyerontodos los de la cibdad que mandaria luego pregonar : que
Dios ensalase al Xarife
2
! y que, como no lo a pregonado, estnlos
Moros como escandalizados.
Dize que, quando llego cerca de Belez, le salieron a recibir dos
barcas y le preguntaron que a que yba ; y dijo que yva a hazer
saber al Rey como la limosna era venida a Gibraltar, y que queria
pasar alia, e yva por seguro y a hazer las condiciones de los resgates
y a tomar raznde los cativos ; y que el Rey se holg dello, porque
los Moros no sospechasena lo que yva.
Dize que el Rey le aviso que, si enel camino encontrase algnna-
vio de enemigos, que atase su carta a una piedra y la echase enla mar.
Dize mas quel Xarife a enbiado a llamar a Argut Arrez
3
.
Sign: Luys de Rueda.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
t. Gilhayre. Peut-tre: Djilali. consacrait l'lvation au pouvoir.
2. C'tait par cette acclamation que se 3. Dragut-Ras. V. infra, p. 2/47, note 2.
IQ2 I 5 MARS I 5^9
LVIII
LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXMILTEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
Le Cher if prtend non seulement s'emparer des fronteras, mais encore
passer en Espagne. Luis de Rueda joint sa lettre deux autres lettres,
l'une de Juan de Herrera occup d'un rachat de captifs Ttouan, l'autre
du gouverneur de Ceuta. // demande l'autorisation de ravitailler, en
cas de ncessit, cette dernire place, par drogation aux lois du royaume.
Urgence de mettre en tat les fortifications de Gibraltar. Les Maures
ont consign leurs ports, ce qui est l'indice que le Chrif se met en cam-
pagne. Une fuste envoye aux renseignements par Luis de Rueda
a dbarqu quarante hommes prs de Torga, mais ceux-ci, assaillis par
les Maures, ont d reprendre la mer.
Gibraltar, i5 mars i54g.
Sur la couverture, alia manu: Gibraltar, i549- A Sus Altezas.
Del corregidor de Gibraltar, xv de Maro i549-
Adresse : A los muy altos y muy poderosos Seores, el principe
Magimiliano y princesa Doa Maria, gobernadores de Espaa, etc.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Despus que enbie a V
ras
Altezas el despacho de Belez, e tenido
algunos avisos de como el Xarife hazia grandes aparatos de guerra
y que no solamente pretende conquistar las fronteras de aquellas
partes, mas pasar en estos reynos ; y por estar mas cierto del aviso
ques justo dar a V
ras
Altezas, escrevi a Gebta a Juan de Herrera,
que stava alli tratando la redincion de algunos cativos, que con-
venia mucho que bolviese a Tutuan y se ynformase muy secre-
tamente de lo que se hazia y dezia ; el qual fue y me escrivio la carta
que con esta enbio, y el capitn de Gebta otra, que tanbienva en
este despacho, remitindose a el y quexandose de lo que enella V
Il
Altezas vern.
LETTRE DE LUIS DE RUEDA I Q 3
Pareceme, si V
ras
Altezas sonservidos, que es justo hazelles todo
favor y socorro, asi de bastimentos como de los cavallos que ovieren
menester, porque las necesidades delas fronteras suelenser grandes,
y qualquier socorro y favor que se les haze los alienta de manera
que cobran mucho animo. Suplico a V
ras
Altezas me denfacultad
para que yo les pueda socorrer, conlo que tengo dicho, quando
tuvieren necesidad, porque, aunque soy muy aficionado al capitn
de Gebta, por ser muy buen cavallero y onbre de guerra, no e
permitido que pasen por esta cibdad ninguna cosa, si no viene de
Portugal y registrada, por ser contra las plematicas
1
destos reynos
y no tener mandado de Su Mag' ni de V
ras
Altezas para podello hazer.
Sobre lo que toca a la fortificacin y provision desta cibdad, no
digo ninguna cosa, pues ya V
ras
Altezas saben y tienen entendido
quanto conviene tenellas a buen recabdo y ponrselo con toda
brevedad.
j Nuestro Seor guarde y prospere con muchos reynos y
seoros las muy altas y muy poderosas personas de V
ras
Altezas !
De Gibraltar, enxv de Maro de I 5/J9 aos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Besa los reales pies y manos de V
ras
Altezas,
Sign: Luys de Rueda.
Post-scriptum : Acabando descrevir esta, me llego otra carta del
capitnde Gebta, enque dize, como V
ras
Altezas por ella vern, lo
que sucedi a dos vergantines que enbio a entrar, y como los Moros
avyan cerrado los puertos, lo qual tengo por seal de querer el
Xarife mover su real, porque asi lo suelenhazer los Moros quando
determinan de hazer alguna cosa de guerra, porque no se tenga
aviso dello.
Tanbien, como escrevi a V
ras
Altezas, avia yo enbiado una fusta
mia a tomar lengua, la qual llego cerca de Taraga y echo entierra
quarenta onbres antes del dia, los quales se pusieronenel salto ; y,
como deve aver enla tierra buen recabdo, fueron sentidos ; y jun-
tronse cantidad de Moros y vinieron metindose por una rambla
abajo ; y, al pasar de una traviesa, vido parte dellos el atalaya que
i. Plematicas, pour : pragmticas.
DE GASTRIES. X. i3
I O, 4
T
S> MARS l 5 / | 9
tenian, la quai dio rebato a los otros ; y, por mucha priesa que se
dieron a recojer, llegaron casi juntos al enbarcadero, y, con el
favor que dende la fusta se les hizo conuna lonbarda y otros versos
1
quellevavan, se pudieronenbarcar conharto trabajo y medio aado.
Ya la tengo despachada
2
para que vaya adelante de Belez. Confio
enDios que trayran algn Moro, de quien se pueda tomar aviso
de lo de aquellas partes.
DCISION
3
.
Remercier le corrqidor des nouvelles relatives au Chrif et l'inviter
transmettre celles qu'il recevra. La perte de la fuste est regrettable.
// faut empcher tout armement qui ne soit pas autoris et se conformer
pour Ceuta aux instructions royales jusqu' nouvel ordre. Accuser
rception du plan de fortification.
Que no arme nadie syndar parte al capitn general de mar y
de tierra.
Carta al corregidor, agradesciendole la diligencia que pone en
avisar de lo que se entiende del Xarife, y que siempre avise de lo
que mas se entendiere.
Que le ha desplazido de la perdida de su fusta, y fue bien no
averia enbiado, pues por otras vias se puede tener estos avisos; y
que provea que ningund vecino de aquella cibdad arme para enbiar
enVerberia, ni baya armado, synlicencia del capitngeneral d las
galeras y del capitngeneral del rey no de Granada.
Enlo que dize cerca del socorro de Cepta que, por agora, hasta
que se le mande otra cosa, guarde lo que Su Mag' por sus cartas
tiene hordenado se haga quando tenga necesydad.
Quel planque enbio sobre la fortificacin se ha recibido, y breve-
mente se tomara resolucin en ello, y se le enbiara.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Versos, beros, pices d'artillerie. lettre ci-dessus du 19mars et colle du 3o
2. Cette fuste fut capture par les Turcs mars, o se trouve relate la capture de la
d'Alger. V. infra, Doc. LXV, p. 316. fuste du corregidor de Gibraltar. V. infra,
0. Cette dcision repond la fois la Doc. LXV, p. 2T5.
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA IQO
LIX
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA
A FRANCISCO DE LEDESMA
(EXTRAIT)
Envoi d'une lettre de D. Juan de Mendoza. Dmarches du Chrij pour se
procurer des navires. L'adalid mayor du roi de Portugal est un homme
estimable et au courant des choses du Maroc, mais peu expert en travaux
de fortification. D. Bernardino lui a envoy son avis, et son fils lui
a laiss un mmoire. Les Portugais runissent des troupes avec
activit, elles ne dpassent pas encore trois mille hommes; les Espagnols
ont en consquence licenci une partie des leurs.
Aymuz, ig mars i54g.
Sur la couverture, alia manu . Granada. Don Bernardino de
Mcndoa. XIIII
0
y xix de Maro 15/^9*
Adresse : A mi seor, el seor Francisco de Ledesma, secrettario
y del consejo de [SuMag
11
].
Seor,
Despues de aver scripto, pensando quel seor conde de Tendilla
despachara correo, porque conlo que avia no me parecia que impor-
tava para hazello, a venido el despacho de DonJuan
2
que conesta
i. Le prsent document n'est en ralit 2. V. supra, Doc. LV, p. 181, Lettre de
qu'unpost-scriptum dat d'Aymuz, 1 g mars Don Juan de Mendoza du i!\ mars. Dans
i54g
r
et ajout par Don Bernardino de ce courrier se trouvait galement la rela-
Mendoza un courrier qu'il avait expdi tion sur les affaires du Ghrif dont il est
de Grenade le i4 mars. parl ci-aprs, p. 197.
I 96 19 MARS 15/|9
va, por donde vera Y. md. lo que es el poder del Xarife, y como
es hombre que haze diligencia para tener navios ; mas yo spero en
Dios que, si enotras cosas no nos ocupan, no le daremos lugar a
que tenga tantos como piensa.
Aquel adalid mayor del rey de Portugal
1
me dizenques hombre
muy honrrado y muy platico enlas cosas de Berbera; mas, de lo
que aora se trata, es muy diferente, por ques defender y reparar
tierras, y desto ninguna spiriencia ni platica tiene. Ac le avisa-
mos de lo que nos paresce, y DonJuanles a dado su memorial,
como Y. md. vera; plega Dios que lo proveande manera que no
nos haganverguena, que por lo que a nosotros toca no quedara
de hazer el dever, aunque es mala burla tener hombre la reputacin
enlo que otro a de proveer, y que por ventura podra ser que no
entendiese lo que haze.
Enel hazer de la gente ponen diligencia, y por aora no hazen
mas de tres mil hombres ; y, visto que ellos se empieana proveer,
nosotros emos comenado a despedir de nuestra gente, por escusar
unpoco la costa y porque mas facilmente la hallenellos, que con
los officiales que DonJuanles a dado y otras personas que suelen
hazer gente para nosotros, creo que brevemente harnla que an
menester.
Desde Aymuz, a xrx de Maro i549-
A servicyo de Y. md.
Sign : DonBernardino de Mendoa.
Post-scriptum : Por que podra ser que conviniesse avisar al
serensimo rey de Portugal de alguna cosa o proveella, y para que
se tenga entendido el poder del Xarife, si se huvieren de hazer
algunas provysiones, despacho este correo. Y. md. mande que alia
se le pague, ac se le anprestado diez ducados para servir. Y. md.
mandara que se dena Joande Aguilar.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Luiz de L ourei ro. V. supra, p. 182 et note 1.
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A LEDESMA 197
LX
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A FRANCISCO DE LEDESMA
(EXTRAIT)
H est heureux que Ledesma ait approuv les mesures qu'il a prises pour
la dfense de la cte de Grenade. II a toujours pens qu'Abou Hasson
tait d'accord avec le ChriJ et se prvalait auprs de ce dernier des ngo-
ciations en cours avec l'Espagne. L'affaire aurait peut-tre mieux
tourn, si elle et t mene par des gens de plus d'autorit, car il parat
qu'Abou Hasson a fait peu de cas de ce que Luis de Rueda et Francisco
Verdugo lui ont envoy dire.
Alhambra, 19mars i54c).
Sur la couverture, alia manu: Halanbra. Conde de Tendilla,
xix de Maro i5/ig.
Adresse: Al muy magnifico seor, el seor Francisco de Ledesma,
secretario [y del consejo de Su] Mag
1
.
Muy magnifico Seor,
Rescibi la carta de Y. md. de siete de Maro, y por la merced que
con ella me hizo le besso las manos y por avelle parescido bien lo
que e ordenado para seguridad de los lugares de la costa deste reyno,
lo qual har que se ponga en essecucion.
En lo que toca al Xarife y al rey de Velez, no tengo que dezir
mas de lo que V. md. vera por la relacinque DonJuande Mendoa
embia
1
. Siempre sospeche que el rey de Velez se avia de concertar
conel Xarife, y que lo que ac tratasse avia de ser para hazer mejor
su partido con el.
1. Sur cette relation, V. supra, p. ig5, note 2.
i)8 19 MARS i5/9
Si lo que con el rey de Yelez se a tratado uviera sydo por mano
de personas de mas autoridad, pudiera ser que se uviera hecho
mejor el negocio, porque, segne entendido, el tuvo entanpoco
lo que por parte de Luis de Rueda y Francisco Verdugo
1
se le embio
a dezir, que no es de maravillar que respondiese de la manera que
respondi. A algunos les paresce que, entratarse cossas desta calidad
por mano de particulares, teniendo Su Mag
d
aqui dos capitanes
generales
2
, se les haze disfavor y agravio. Yo tengo por tan acer-
tado todo lo que ay se provee que nadie puede enmendallo, y, por
lo que a mi toca, V. md. tenga entendido que de ninguna cosa
que se me dexare de cometer me tendre por agraviado, todas las vezes
que paresciere que se a de hazer por otra mano mejor que por la
mia lo que cumpliere al servicio de Su Mag
d
.
Del Alhambra, a xix de Maro de 15/^9
A servicio de V. md.
Sign: El conde de Tendilla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Luis de Rueda avait envoy Diego infra, p. 218, note 1.
de Bolaos au roi de Vlez. V. supra, p. 2. Dos capitanes generales, Don Bernar-
180 et note 4 ; p. 188 et note 2. Francisco dio de Mendoza, capitaine gnral de la
Verdugo avait de mme envoy ce prince mer, et le comte de Tendilla, capitaine
Francisco de Molina. V. supra, p. 1 ^5, et gnral de Grenade.
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA 1QQ
LXI
LETTRE DE VERDUGO ET DE-GAALLA A MAXIMILEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
D'aprs le gouverneur de Melilla, le Chrif a dit qu'il attaquerait la ville.
Le nouveau cad qu'il a plac prs de cette frontera razzie la contre.
Le duc de Medina-Sidonia envoie cinq nouveaux canons Melilla,
o l'on aurait besoin d'artilleurs. AbouHasson a crit que le secours
qu'il demande Leurs Altesses n'est pas seulement pour dfendre son
pays, mais pour chasser le Chrif de tout le royaume de Fez. S'il
a envoy ce dernier son plus jeune fils avec un prsent, c'tait pour
obtenir la libert de quatre de ses fils et de deux de ses filles qui sont
rests Fez. On ne sait rien de plus du Chrif, les ports tant con-
signs. On dit qu'il envoie le roi de Fez Merrakech.
, 2i mars 15^9-
Sur la couverture, alia manu : Malaga. A Sus Altezas. i54c).
De los proveedores de Su Mag*enMalaga, xxi de Maro r549-
Adresse : A los muy altos y muy poderosos Seores, el principe
Maximiliano e princesa Doa Maria, governadores destos reynos
de Espaa.
Muy altos y muy poderosos Seores,
A los treze del presente, llego aqui una fragata con cartas del
capitnde Melilla
1
para el duque de Medina e para otras personas ; y
por el testimonio que enbianparesce que unMoro, que otras vezes
les ha traydo avisos, vino de noche e dixo al alcaide como el Xarife
avia dicho a algunos cavalleros moros que vernia sobre Melilla ; y
i. Capitn de Melilla, Francisco de lui qui est design deux lignes plus loin
Medina. V. supra, p. i-y5 et note 2. C'est sous le nom d'alcaide.
2OO '21 MARS 1549
que el nuevo alcaide
4
que el Xarife avia puesto enaquella frontera
avia venido a correr, y que no les dexavantomar lea. Y, a este pro-
posito, escrevimos al Duque que convernia que proveyese de alguna
quantidad de vizcocho que estuviese de respetto en aquella plaa.
De todo esperamos respuesta.
El Duque escrive que, dems de las pieas de artillera que
ay enMelilla, enbia agora otras cinco ; pero para las unas e para las
otras, y para las siete que V
ra
Alteza manda que se le den, convernia
que huviese buen rrecaudo de artilleros ; y, en tanto que aquella
plaa se fortifica, seria bienque algunos artilleros, de los que estn
al sueldo de V
ra
Alteza, rresidiesen alli, porque en esta tierra el
que se quiere llamar artillero es tenido por tal, aunque no sepa
nada, y desto ay granfalta enlas fronteras.
Francisco de Molina
2
, que fue a Velez de la Gomera, no es buelto ;
y por carta del rey della savemos que enbio a su hijo minor
3
conun
presente al Xarife, y tanbienescrive que el corregidor de Gibraltar
le escrevio y que el socorro que el pide a V
ra
Alteza no es para lo
que toca a su tierra, sino para hechar al Xarife de todo el rreyno
de Fez, y que el presente que le enbiava es para sacar de Fez quatro
hijos e dos hijas suyas, que alia dexo.
Del dicho Xarife no se save otra cosa, por que los puertos estn
cerrados. Hase dicho que enbiava al rrey de Fez a Marruecos
4
.
Malaga, a xxi de Maro i5/jo,.
De vuestras muy altas y muy poderosas personas,
Humilldes criados que sus reales manos besamos,
Sign: Francisco Verdugo. Diego de Caalla.,
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. El nuevo alcaide, le cheikh des Bot- 3. V. supra, p. 176, note 1.
touia. V. supra, Doc. LVII, p. 190 et note 3. /(. Le roi de Fez, Ahmed el-Ouatlassi,
2. Sur ce personnage, V. infra, p. a 18, tait parti le i4 mars de Fez pour Merra-
note 1. kech. V. ANDRADA, Part. IV, cap. 34-
L EXPEDITION DE TLEMCEN 2 O I
L'EXPEDITION DE TLEMCEN
1
(i54g-i55i)
INTRODUCTION CRITIQUE.
Gomme les Almorvides et les Almohades qui, une fois matres du Maroc,
avaient assujetti leur autorit toute l'Afrique du Nord, le chrif saadien,
reconnu successivement Merrakech et Fez
2
, devait ambitionner d'tendre
sa domination l'Est sur le reste du Maghreb. Mais, dans le mme temps o
il accdait au pouvoir, supplantant les Bni Merin, unnouvel tat se fondait
sur les ctes de la Barbarie : Moulay Mohammed ech-Cheikh allait rencontrer
dans les Turcs d'Alger unredoutable adversaire
3
; tout mouvement d'expansion
du Maroc vers l'Est serait dsormais arrt, le Maghreb el-Aksa resterait con-
tenu vers la Mouloua dans ses limites gographiques.
A l'poque qui nous occupe, vers le milieu du xvi
e
sicle, la situationpolitique
tait des plus troubles dans la rgion confinant l'Est de l'empire chrifien.
C'est peine si le royaume de Tlemcen, pour lui donner sonnom historique,
i. Cf. Historiens espagnols : FRANCISCO
DE LA CUEVA, Relacin de la guerra de
Tremecen; BALTASAR DE MORALES, Dia-
logo de las guerras de Oran; DIEGO SUAREZ,
Historia del Maestre ultimo que fue de Mon-
tesa; HAEDO, Epitome de los Reyes de Argel;
MARMOL, Descripcin general de frica.
Comme historienarabe, onne peut gure
citer, pour cette poque, que l'auteur ano-
nyme des notes qui se trouvent sur le dernier
feuillet de l'Histoire des Sultans Abd el-
Ouadites par YAHIA IBN KHALDOUN, manus-
crit de la Bibliothque d'Alger, et dont
une traduction a t publie par l'abb
BARGES, Complment de l'Histoire des Bni
Zeiyan, pp. 517-533. Les ouvrages de ces
historiens ont permis, pour certaines p-
riodes, une reconstitutiondes vnements
(RUFF, La domination espagnole Oran sous
le gouvernement du comte d'Alcaudete), mais
la chronologie en est souvent errone.
L'histoire des derniers temps de la dynastie
des Bni Zean Tlemcen, pour tre crite
d'une faondfinitive, exigerait une docu-
mentationbeaucoup plus complte que celle
utilise jusqu' prsent. Il n'a t publi
ci-aprs que les documents intressant le
Maroc ; ils fournissent un exemple de ce
que donnerait une explorationayant l'his-
toire de Tlemcenpour objet.
2. Cf. Tableau gnalogique des princes de
la dynastie saadienne, p. 4i6, PI. V, n. 3 et 4-
3. La dominationdes Turcs sur le Ma-
ghreb central (Maghreb el-Oust) remonte
l'occupation de la ville d'Alger par Baba
Aroudj en i5i6. Elle fut dfinitivement
tablie en1529, lorsque Kheir ed-Din, frre
et successeur de Baba Aroudj, prit le Pen,
forteresse fonde par les Espagnols sur un
ilt enface d'Alger.
2 0 2
INTRODUCTION CRITIQUE
ce royaume qui avait autrefois domin Oranet presque tout le Maghreb el-Oust,
pouvait tre considr comme untat autonome. Les luttes intestines qui
divisaient les populations, tant nomades que sdentaires de la rgion, avaient
permis aux Espagnols
J
et aux Turcs d'y exercer une suzerainet presque alter-
native, qu'avaient d subir les mirs des Bni Zean, famille dans laquelle le
pouvoir tait hrditaire. Ds I 5 I I , le roi Abou Abdallah Mohammed avait
d reconnatre l'allgeance espagnole. Les Turcs intervinrent quelques annes
plus tard; Abou Hammou, Tundes successeurs d'Abou Abdallah Mohammed,
fut dpossd par eux eni517 et rtabli par les Espagnols enI 5 I 8 . Sonfrre
Abdallah et-Tabti lui succda et rgna jusqu'en 1534- Aprs sa mort, six de
ses fils, Abou Abdallah, Mohammed, El-Montasser, Ahmed, Hassenet Amar
furent tour tour introniss et dposs, soit par les Espagnols, soit le plus
souvent par les Turcs. Ces derniers se trouvaient, eni54o,, matres de la situa-
tion; leur suzerainet tait reconnue Tlemcen, o ils avaient install Moulay
Hassen
2
, leur protg du moment; deux cents Turcs, commands par le cad
Mahmoud
3
, tenaient garnison dans le Mechouar
4
. Mais, endehors de la ville,
l'autorit du vassal d'Alger restait prcaire : les exactions des Turcs taient
insupportables aux tribus, parmi lesquelles s'tait form unparti d'opposition
dont le chef tait le mezouar
3
El-Mansour benBou Ghanem
6
; ce personnage
1. La domination espagnole qui, en
I 5 I 5 , s'tendait toute la cte mditerra-
nenne du Maghreb, tait rduite au milieu
duxvi
e
sicle Melilla, Mers el-Kebir, Oran
et Bougie.
2. Il avait t install enoctobre i548.
Cf. lettre du comte d'lcaudete du 9octobre
i548, Simancas, Estado, Legajo 4j3.
3. V. infra, p. 535. Le nom du cad
Mahmoud est donn par MARMOL, Lib. Il,
cap. 4o, f. 260 v.
4 .Ce nom de mechouar y **> quirevient
si souvent dans l'histoire de Tlemcen, et
qu'il faut se garder de confondre avec le
mot mezouar (V. la note suivante), dsignait
l'enceinte fortifie renfermant le palais du
souverainet les btiments officiels. Il est le
synonyme exact du mot Kasba, prwcipua
pars oppidorum (FREYTAG, sub voce u)
L'Alhambra de Grenade, comme l'lham-
bra de Merrakech, sont des spcimens de
ces palais-citadelles.
5. Mezouar (jl j \*pluriel _)J \A) est un
mot venu du berbre Jljj-*' , qui signifie
premier et qui comporte toutes les accep-
tions drives de ce sens originel. Il s'ap-
plique unmatre-ouvrier aussi bienqu'
unchef de tribu (cheikh). Le mezouar de
Tlemcenoccupait les plus hautes fonctions ;
c'tait une sorte de vice-roi ou de capitaine-
gnral, chef suprme de l'arme; il exer-
ait entout l'autorit du roi lui-mme. Il
entait de mme des mezouars de Timez-
guida et de Tinzoulindans le Draa. On
appelait galement mezouar le premier
chambellan charg de garder la porte du
souverain. Gomme le titulaire de cette fonc-
tionest aussi appel cad el-mechouar ,
il a t fait souvent une confusion entre
les mots mezouar et mechouar. Cf. DOZY,
Suppl. aux dict. arabes, I, p. 6i3; IBN-
KHALDON, Hist. , Trad. t. II, p. 435 et p.
466; Prolgomnes, 1, 16; MARMOL, Lib.
V, cap. ko, f. 177, et Lib VII, cap. 9;
TORRES, cap. i5 ; LON L'AFRICAIN, f. 65.
6. Deux puissantes tribus, les Bni Rached
(berbres) et les Bni Amer (arabes), inter-
viennent frquemment dans les comptitions
pour le royaume de Tlemcen, chacune sou-
tenant unprtendant. Les Bni Rached,
L EXPEDITION DE TLEMCEN
2 O3
soutenait les prtentions du prince qu'avaient dtrn les Turcs en1548, Moulay
Ahmed, et qui tait la fois sonneveu et songendre
1
.
Cependant l'ambitieux Chrif suivait avec attention ces vnements. Ds
I54Q il avait envoy dans l'Est unparti de 6000 cavaliers, qui avait occup
Guercif ("mars I54Q)
2
. Cette manifestation de force dtermina les Mediouna et
les Bni Snassen
3
se prononcer pour lui. Oudjda et Nedroma ouvrirent leurs
portes les Trara firent leur soumission. Partout les Chrifiens taient accueillis
enlibrateurs
4
. Comme toujours dans les temps troubls, les bruits les plus
exagrs circulaient parmi les indignes. Le Ghrif, disait-on, entrerait lemcen
au printemps
3
, de l il marcherait sur Oranpour enchasser les Chrtiens ; la
tribu des Mediouna s'offrait faire le blocus de la ville, enattendant la venue
de l'arme chrifienne
G
. D'aprs une nouvelle qui avait plus de fondement, le
Chrif avait fait des offres au pacha d'Alger
7
, envue d'une actioncommune
contre l'Espagne
8
.
Le comte d'Alcaudete
9
, gouverneur d'Oran, dont le service de renseignements
tait des mieux organiss, ne laissait pas que d'tre impressionn par ces infor-
mations ; il faisait rparer d'urgence les remparts de la ville et demandait la
cour d'Espagne des renforts et des subsides
10
. Ses craintes n'taient pas chim-
riques : il se rassemblait Fez une arme imposante. Moulay Mohammed el-
Harrn, l'an des enfants du Chrif et le plus qualifi pour diriger une op-
rationmilitaire
11
, fut dsign pour commander l'expdition; ses frres Moulay
venus du Djebel Amour et installs dans la
rgiondu Tessala, avaient leur tte le cad
El-Mansour benBou Ghanem (le Bogani
des documents et des historiens du temps).
Chez les Bni Amer tablis entre le Tessala
et Oran, l'autorit tait entre les mains du
cad BenRadouan. Celui-ci, partisande
Moulay bou Abdallah, et qui s'appuyait
sur les Espagnols, disparat de la scne en
i5/|3. El-Mansour benBou Ghanem fut
mezouar de Moulay Mohammed (i534-
1544) et lutta contre l'Espagne, jusqu'au
moment o ce prince fit emprisonner son
frre Moulay Ahmed, fils de la sur d'El-
Mansour. Ce dernier chercha alors son
appui chez les Espagnols, avec l'aide
desquels il parvint assurer le trne de
Tlemcen sonneveu eni546. Les Turcs
rentrrent dans cette ville le 19avril i548,
y rinstallrent Moulay Abou Abdallah, et
depuis lors le Mezouar tenait la campagne
encompagnie de Moulay Ahmed (Legajos
473-4-7). Le cad des Bni Rached
continua d'tre dsign sous le titre de
Mezouar, mme aprs sonexpulsion de
Tlemcen.
1. MARMOL, Lib. V, cap 11.
2. V. infra, pp. 210, 265 et 269.
3. V. infra, p. 209.
4- Sur ces soumissions et sur la faveur
avec laquelle les tribus, excdes de la domi-
nation turque, accueillaient le Chrif, V,
infra, p. 268.
5. V. infra, p. 209.
6. V. ibidem.
7. Hassan, fils de Kheir ed-Din, qui fut
trois fois pacha d'Alger : I 544- I 55I , i57-
I 56I et 1562-1567. mouruten1570.
8. Sur l'offre de concours faite par le Chrif
aux Turcs, V. infra, Doc. LXXVII, pp.
2 46-2 48.
g. V. supra, p. 77, note 1.
10. Il passa dans ce but enEspagne la
finde i549,
e
^
s o n
absence se prolongea
durant quatre annes, pendant lesquelles
il fut remplac dans le gouvernement
d'Oranpar sonfils DonMartin.
11. V. infra, p. 4i6, PI. V, Tableau
2O/i INTRODUCTION CRITIQUE
Abd el-Kader et Moulay Abd er-Rahman l'accompagnrent. L'arme se mit
en marche la finde mai 155o
1
. Nonseulement elle ne rencontra aucune
rsistance, mais elle vit arriver dans ses rangs les contingents des Bni Rached,
conduits par le mezouar El-Mansour, qui, aprs la mort de Moulay Ahmed
2
,
le prtendant dont il soutenait la cause, venait se rallier au Ghrif. Quant
la ville de Tlemcen, elle avait dj fait des ouvertures de soumission
3
et
les troupes de Moulay el-Harrnl'occuprent sans coup frir
4
le g juinx55o
5
. La
garnisonturque se rendit et fut envoye Fez avec le pseudo-roi Moulay Hassen
6
.
De Tlemcen, les Ghrifiens, razziant le pays, se portrent sur Debdou
7
, o ils
installrent uncad
8
. Le souverainde ce petit royaume, Moulay Amar, obtint de
se retirer avec les siens; il gagna Melilla, o il arriva, le 12 juillet i55o, avec
une suite de 3oo personnes
9
.
Aprs cette double soumission, ons'attendait voiries Chrifiens s'avancer vers
l'Est. Mais Moulay el-Harrn, atteint de maladie, repartit pour Fez (juillet 155o),
ramenant le gros de l'arme, qui passa sous le commandement de Moulay Abd er-
Rahmanet qui fut envoy au Tafilelt oprer contre Moulay Ahmed el-Aaredj
10
.
gnalogique des princes de la dynastie saa-
dienne, note 7.
1. Le dpart de cette arme est annonc
comme ayant dj eu lieu ou tant imminent
la date du a4 mai i54o,. V. infra, p. 4i2.
2. Le prtendant zeani Moulay Ahmed
dut mourir la finde i54g ou au commen-
cement de i55o. Le mezouar El-Man-
sour fit connatre ultrieurement Don
Martinde Crdoba les motifs de sa dter-
mination. V. infra, p. 5o3.
3. V. infra, p. 535.
4- V. infra, pp. 44i-442.
5. Le lundi 3 Djoumada i
er
957 (EL-
[Link], p. 55). C'est le seul auteur qui
donne la date. Onne voit pas sur quelle
autorit s'appuie l'abb BARGES pour justi-
fier la date de la findu mois de mars I 55I .
V. op. cit. , p. 528.
6. V. infra, pp. 44i-44a et p. 535.
7. Debdou est ungroupe de quelques
villages situ sur unplateau montagneux
(Gada Debdou), qui surplombe de 5oo
mtres environla plaine de Tafrata et qui
prolonge sur le flanc droit de la Mouloua le
massif du MoyenAtlas. Le seigneur (cheikh)
de ce petit pays avait plus ou moins sous son
autorit les tribus de la valle de l'oued Za
et soninfluence s'tendait jusqu' Taza.
Longtemps vassal des Bni Merin, il tait
devenu indpendant ; les Espagnols lui
donnaient le titre de roi de Debdou, comme
ils appelaient bou Hasson roi de Vlez .
B. DE MORALES le nomme plus exactement
reyecillo (p. 3o2). Le petit roi de Debdou
tait, l'poque qui nous occupe, Moulay
Amar (transcrit parfois Ammar) ; il s'tait
fait proclamer eni542, aprs avoir assas-
sin sonfrre. V. i
re
Srie, Portugal,
Lettre de Bastio de Vargas JeanIII, a5
juillet i542. Lorsque les Turcs eurent
repris Tlemcen, Moulay Amar partit de
Melilla le 23 fvrier I 5 5 I et rentra dans sa
capitale le 2 mars. V. infra, p. 558. Mais
bientt, enoctobre I 55I , il enfut de nou-
veau expuls par le mezouar El-Mansour et
le cad de Taza, Abdallah benech-Cheikh.
V. infra, p. 611. Il erra alors dans le Sahara
et ne rentra Debdou qu' la finde i553,
lors de la marche d'Abou Hasson et de
Salah-Res sur Fez. MARMOL, Lib. II, cap.
4o. Moulay Amar fit sa soumission au
Ghrif enjuillet i554- V. i
re
Srie, Portu-
gal, Lettre d'Alvaro de Carvalho JeanIII,
i5 aot i555. Il mourut eni563.
8. V. infra, p. 443.
9. V. infra, pp. 4ai, 423 et 442.
10. V. infra, p. 4i6, PI. V, Tableau
L EXPEDITION DE TLEMCEN 2 00
Deux mois aprs (22 ou 24 septembre i55o), Moulay el-Harrn succombait
Fez *. Quant Moulay Abd el-Kader, il avait t laiss seul Tlemcenavec de
simples forces de garnison.
Justement irrit de la prise de Tlemcen, que le Chrif semblait vouloir occu-
per d'une faondfinitive, le pacha d'Alger rassembla une arme, dont il donna
le commandement au rengat Hassan-Corso
2
. Ds le mois d'aot, les forces
turques taient concentres sur la rive droite du Chlif ; elles s'levaient 5 000
arquebusiers, auxquels se joignit la cavalerie des tribus soumises la domi-
nation d'Alger ; l'artillerie comprenait 3o pices, tant de sige que de cam-
pagne
3
. Hassan-Corso franchit le Chlif et s'avana jusqu' l'oued Tllat,
chassant devant lui le mezouar El-Mansour et les Bni Rached, qui se replirent
sur Tlemcen
4
.
Moulay Mohammed ech-Cheikh, inquiet du danger auquel tait expos son
fils Moulay Abd el-Kader, trop faible pour rsister l'arme d'Alger, fit partir
de Fez la find'aot
5
toutes les forces qu'il put runir
6
et enconfia le comman-
dement un autre de ses fils, Moulay Abdallah
7
.
Cependant Hassan-Corso et ses Turcs, dpassant le Tllat, taient arrivs
devant Tlemcen, o les attendait Moulay Abd el-Kader. La bataille eut lieu
le 4 septembre, prs de l'oued Zadidja
8
. Les Chrifiens, fort maltraits, furent
refouls dans la ville. Leur situation tait des plus critiques. Mais, dans la nuit,
Hassan-Corso fut inform par untransfuge de l'arrive de Moulay Abdallah avec
des troupes de renfort ; il leva immdiatement soncamp et battit enretraite. Les
Chrifiens se lancrent la poursuite de leurs vainqueurs de la veille, qui durent
se retrancher sur une hauteur pour leur chapper ; quant aux auxiliaires indi-
gnes, ils subirent de grosses pertes
9
. Les oprations furent momentanment
ralenties cause du Ramadan
10
. Les Turcs se retirrent sur Alger par Mosta-
ganem et la Kalaa des Haouara
u
. Les fils du Chrif regagnrent Tlemcen
12
.
A la finde septembre, ils en sortirent et se postrent dans la rgion du
gnalogique des princes de la dynastie 10. V. infra, p. /ig3. Le mois de Rama-
saadienne, note 3, o il faut lire i55o au dancorrespondait, cette anne, la priode
lieu de 1549- ^
p
i
n
f
ra
i P- 206. du i3 septembre au 12 octobre.
1. V. infra, p. 5o5 et note 1.
2. Ce rengat exera l'intrim Alger " ' *->
]
J*' ^
Al c a l a d e
Haguara
eni556, aprs la mort de Salah-Res, et (Simancas, Estado, Leg" 4?3, Instructions
fit inutilement le sige d'Oran. Il fut pour Juan Martin, annexes une lettre
massacr la mme anne. d'Alcaudete, endate du 2 juini548). Celle
3. V. infra, pp. 455 et 45g. Kalaa se trouvait sur le territoire des Bni
4. V. infra, p. 45g. Rached (MARMOL, Lib. V, cap. i4), et pour
5. V. infra, p. 482. celle/aisonelle est parfois appele Kalaa des
6. 20 000 cavaliers et i5 pices d'artille- Bni Rached. V. infra, pp. 5o5-5o6, etGRAM-
rie. V. infra, p. 472. MONT, p. 26. Elle est situe 35 kilomtres
7. V. infra, pp. 479 et 493. au N.-E. de Mascara, et elle est connue
8. V. BARGES, Complment, p. 5a8. aujourd'hui sous le seul nom d'El-Kalaa.
9. V. infra, pp. 472 et 473. 12. V. infra, p. 4g8.
2oG
INTRODUCTION CRITIQUE
Tessala, d'o ils interceptrent le ravitaillement dela ville d'Oran
1
. Le 22 octobre,
Moulay Abdallah ayant t rejoint par soncousin Moulay Messaoud
2
, qui lui
amenait de Fez 1 5oo cavaliers, 1 5oo arquebusiers et 6000 chameaux, l'arme
chrifienne marcha contre les tribus dissidentes, qui s'taient rassembles dans
la plaine de Sirat, nonloin de Mostaganem. Aprs quelques escarmouches
malheureuses, elle fut contrainte de se retirer sur Tlemcen
3
.
Ces engagements n'taient que le prlude de la lutte dcisive qui se prpa-
rait entre le Chrif et les Turcs. Moulay Mohammed ech-Cheikh fit remonter
du Tafilelt vers le Nord l'arme de Moulay Abd er-Rahman, qui avait contraint
Moulay el-Aaredj se retirer au Gourara ; il la concentra vers Taza, d'o elle
pouvait, encas de besoin, se porter rapidement au secours de Tlemcen
4
. A Alger,
le pacha confia au cad Saffa
5
le commandement des troupes turques, compre-
nant 3 4oo arquebusiers et 4 000 cavaliers
G
. Elles se mirent enroute endcembre
i55o et rallirent sur leur passage les goums d'ungrand nombre de tribus
7
.
De sonct, Moulay Mohammed ech-Cheikh fit partir de Taza pour
Tlemcen l'arme de Moulay Abd er-Rahman
8
. Les fils du Chrif, toutes leurs
forces runies
9
, attendirent les Turcs une lieue de Tlemcen, prs de la rivire
de Bou Azzoun
10
. Le choc eut lieu au commencement de fvrier I 55I
ll
. Les
Ghrifiens subirent une dfaite complte ; leur camp fut pris par l'ennemi ;
Moulay Abd el-Kader prit dans le combat et sa tte fut envoye Alger
12
;
1. V. infra, p. 4g8.
2. V. infra, p. 5o3 et note 2.
3. V. infra, pp. 5o3 et 5n.
4. V. infra, p. 4g4etnote 3, pp. 531-532.
Cf. MARMOL, Lib. II, cap. 4o.
5. Ce cad lurc, originaire d'Anatolie,
dont, la prsence Alger est constate ds
1544 (HAEDO, p. 71), ngocia avec le
comte d'Alcaudete, eni5/|6, le trait par
lequel Hassan-pacha s'engagea vacuer
Tlemcen et reconnatre Moulay Ahmed
comme roi. V. Lettre du comte d'Alcau-
deto au cad Saffa, annexe la lettre
du 17 dcembre i548, dans Legajo 473 ;
MARMOL, Lib. V, cap. 11, f. 188 v. En
154 7, il fut envoy enambassade auprs du
Chrif pour l'inviter mettre enlibert le
roi de Fez, Ahmed el-Ouattassi. V. infra, p,
248 et note 1. Eni548-i54g, il commanda
le corps d'observation turc clans le royaume
de Tlemcen(V. la correspondance du comte
d'Alcaudete pour ces annes, passim, dans
Leg
os
473-474)- Aprs avoir repris Tlem-
cenenfvrier I 55I , il gouverna cette ville
comme cad, sous le roi titulaire Moulay
Amar, jusqu'enjuillet I 55I . V. infra, p.
602. De septembre I 55I avril i552, il
exera l'intrim Alger, avec le titre de
khalifa, entre le dpart d'HassanbenKheir
cd-Din et l'arrive de Salah-Res. Saffa
devint ensuite cad de Tens et mourut en
1561, l'ge de cinquante et unans. HAEDO ,
p. 84 de la traduction GRAMMONT.
6. V. infra, p. 535.
7. Les Bni Amer, entre autres, auraient
rejoint les Turcs enroute. HAEDO, p. 78.
8. V. infra, p. 4g4 et note 3.
9. Elles s'levaient 17000 hommes,
d'aprs le cad Saffa. V. infra, p. 535.
10. BARGES, pp. 528-52).
11. La nouvelle de la bataille arriva
Melilla le 11 fvrier. V. infra, p. 532. Le
cad Saffa enrendit compte aux autorits de
cette ville le 17 fvrier. V. infra, p. 534.
12. V. infra, p. 554. Cf. BARGES, p.
529. La tte d'Abd el-Kader resta suspen-
due dans une cage de fer au-dessus de la porte
Bab-Azounjusqu'en I73. HAEDO, p. 79.
L'EXPDITION DE TLEMCEN 2O
r
Moulay Abd er-Rahman, bless la main, parvint nanmoins s'chapper
1
. La
cavalerie s'enfuit bride abattue jusqu' Fez
2
. Les pertes marocaines furent trs
leves
3
; les dbris de l'arme furent poursuivis par les vainqueurs jusqu'
la Moulouya
4
. Quanta Moulay Abdallah et au mezouar El-Mansour, ils durent
se rfugier dans des douars fidles, d'o ils gagnrent Fez, faisant pied le
voyage avec leurs enfants. Le Mezouar ne devait plus quitter le Maroc; il y
jouit la cour des Chrifs d'une grande faveur
3
.
Les Turcs entrrent victorieux Tlemcen
6
; Moulay Amar, undes princes
des Bni Zean, frre de ceux qui avaient rgn prcdemment, fut install
nominalement comme roi
7
, le vritable pouvoir appartenant au cad Saffa.
Le dsastre de l'oued Bou Azzoun marque l'chec des desseins du Chrif
sur Tlemcen; il eut pour consquence immdiate la dfection de tout le pays
situ entre Oudjda et Taza
8
. L'emprise du Maroc vers l'Est devait, comme nous
le disions encommenant, s'arrter la valle de la Mouloua, limite gogra-
phique que ne put dpasser nonplus, au cours des sicles suivants, la domina-
tiondes Turcs sur le Maghreb.
1. Le bruit courut que Moulay Abd er-
Rahmantait mort de sa blessure, enarri-
vant Fez. V. infra, pp. 541 et 548.
Cette nouvelle tait inexacte, car la fin
de mars I 55I , Moulay Abd eivRahman
partit de Fez avec 3 ooo cavaliers pour
dbloquer Taza assig par le roi de Deb-
dou. V. infra, p. 572. Mais il mourut peu
aprs.
2. V. BARGES, op. cil, p. 629.
3. l\ 000 hommes, d'aprs Juande Perea,
p. 554; 20000 d'aprs Dorador, p. 551.
Ces chiffres paraissent trs exagrs.
4. V. infra, p. 536.
5. Longtemps aprs, dans une lettre qu'il
crivait unde ses fils, le sultan Moulay
Ahmed el-Mansour apjarciait ainsi la con-
duite du Mezouar. II tait undes servi-
tours les plus fidles et les plus intimes
de nos pres ; il tait de nos familiers et
de notre entourage, cause de la haute
estime que nos prdcesseurs lui avaient
accorde. C'tait, enoutre, unennemi des
Turcs, qu'il avait souvent combattus enper-
sonne. Il avait pris part avec notre frre
El-Harrn tous les grands combats qui
avaient t livrs sur le territoire des Turcs
et ailleurs, l'poque de la conqute du
Maghreb central ; il avait ensuite accom-
pagn Abd el-Kader, partageant avec lui sa
bonne et sa mauvaise fortune. Lorsqu'il
vint de Tlemcen, il amena ses enfants et
&
fit le voyage pied Ms-J LI**^Vju
comme Baba Abdallah, qui lui aussi amena
ses enfants, et comme bonnombre de nos
fidles de cette contre. Il continua toujours
de servir avec zle et dvouement'et acquit
ainsi une haute considrationauprs de nos
prdcesseurs . EL-OUFRKI, p. 284.
6. Sur la conduite des Turcs aprs leur
entre Tlemcen, V. TORRES, cap. 85 ;
HAEDO, p. 79. D'aprs ce dernier histo-
rien, une garnison de 1 500 ioldachs fut
laisse Tlemcensous le commandement
du cad Saffa.
7. V. infra, p. 535. Ce prince ne doit pas
tre confondu avec sonhomonyme Moulay
Amar, roi de Debdou. V. supra, p. 2o4,
note 7. Sonrgne fut court: enjuillet
I 5 5 I , il fut dpos et envoy Alger par les
Turcs, qui ds lors administrrent direc-
tement Tlemcen. V. infra, p. 601 et note 4.
8. V. infra, pp. 554 et 55g.
2O8 28 MARS l 5/| 9
LXII
AVIS DU COMTE D'ALCAUDETE
1
D'aprs un avis d'un juif de Tlemcen du a/4 mars, un cad du Chrif est
arriv Dar ben Mechal avec 6000 cavaliers. Les Bni Snassen se
sont dclars sujets du Chrif; on pense que leur exemple sera suivi et
que le Chrif sera Tlemcen pour la fin d'avril. II a jur de ne pas
entrer dans les villes appartenant aux Maures, qu'il n'ait conquis celles
que dtiennent les Chrtiens ; aussipense-t-on qu'il va tenter de s'emparer
d'Oran. Quinze notables des Mediouna sont alls demander au Chrif
un cad pour organiser le blocus d'Oran, en attendant sa venue; ce rensei-
gnement a t confirm par divers espions. Deux cents arquebusiers de
Tlemcen sont partis avec bannire et tambour pour demander au Chrif
de les prendre sa solde. Le cheikh El-Mansour ben es-Seghir crit
pour demander secours contre le Chrif Un espion donne avis qu'un
cad du Chrif se fortifie Guercif, que les cheikhs de Dar ben Mechal
ont accept un cad chrifien et que les Arabes d'Ayxa ont envoy un pr-
sent. Un autre espion crit le a 6 mars que les Mediouna ont demand
un cad au Chrif et qu'ils se sont dj partag entre eux les maisons
d'Oran ; le Chrif viendrait avant la moisson avec des soldats plus nom-
breux que l'herbe des champs. Les Mediouna attendent bientt le retour
des notables envoys au Chrif pour lui demander un cad; ceux-ci
reviendront avec des troupes pour tenter d'envahir le royaume de Tlemcen,
moins que les Arabes de la rgion ne se joignent au prtendant Moulay
Ahmed et au Mezouar pour leur en interdire l'entre.
[Oran, 28 mars i5/9.]
2
Las nuevas que ay dei Xerife sonlas siguientes :
Por carta de un Judio de Tremecen escripia a su suegro, de
1. Sur ce personnage, V. supra, p. 77, joints enduplicata aune lettre du comte
note 1. d'Alcaudete du 28 mars i5/ig, accrditant
2. Ce document et le suivant taient Pedro de Los Rios auprs de Leurs Altesses
AVIS DU COMTE D ALCAUDETE 2OQ
veinte y quatro del pasado, dize que es llegado a Dar bel Mixar
1
,
tierra de Tremecen, un alcayde del Xarife con seis mili cavallos,
y que la sierra de Bni Zenete
2
, que es doze leguas de Tremecen
y tierra del rrey de Tremecen, se pregonaron por vasallos del
Xarife, y que lo mismo se cree que harn todas las otras sierras y
llanos, y que lo espera van enTremecenpara el finde Abril, y que
avisa a su suegro que mire como esta en Oran, porque el Xarife
a jurado de no entrar en ningn lugar de Moros, sino enlos que
ganase de Ghristianos, y que todos dizen que a de pasar luego a
tomar a Oran, porque dizenque tiene rruynes murallas y poca jente.
Dize asimismo que quinze cavalleros de Mediona
3
an ydo al
Xarife para que les de alcayde que venga conellos, si el no pudiere
venir luego, para que tengan cercado a Oran hasta que el llegue,
para no sentir entrar bastimentos ni dexar salir la jente de Oran a
ninguna cosa al campo, y esto se sabe por Moros de Mediona y por
otras espias.
Avisa este Judio de Tremecen que se fuerondozientos vezinos de
aquella ciudad escopeteros convandera y atanbor a pedir sueldo al
Xarife para ellos y para los que queda vanenla ciudad.
Por carta de Manor Benazeyer
4
, xeque de una parcialidad de los
Alarves deste rreyno, escrive lo siguiente :
El Xarife es enemigo vuestro y nuestro, porque dize que no tiene
otros enemigos sino a los Ghristianos y a los Alarves ; nosotros
somos vuestros amigos. Y Dios ensalce al rrey de Castilla I Y si vos
nos ayudis, el Xarife no entrara en esta tierra. Queremos de vos
i. Dar bel Mixar, Dar ben Mecha!, nement de la dynastie filalicnne; le fait est
grande kasba situe chez les Bni Snassen, relat par les chroniqueurs arabes clans dos
dans la fraction des Otilad Guerroudj, i3 rcits peu concordants. V. 2
e
Srie, Franco,
kilomtres environ au S.-E. de Berkane. Le la date de I 66/J.
nom de Ben Mechal serait celui d'un Juif i. Bni Zcnelc, les Bni Snassen.
qui, d'aprs la lgende, aurait men dans 3. La tribu des Mediouna tait fixe entre-
la rgion l'existence d'un grand seigneur Oran et Tlemcen, prs du Djebel Tessala.
fodal; il aurait t tu, mais la kasba n'au- l\. Manor Benazeyer, El-Mansour ben
rait pas cess d'tre occupe par ses deseen- es-Seghir, qu'on retrouvera qualifi de
dants convertis l'islamisme. Cette lgende cheikh des Boni Snassen et qui semble avoir
et ce nom se retrouvent au Maroc dans des t undes correspondants les plus fidles du
endroits diffrents. La prise d'une kasba Bon comte d'Alcaudete. V. i
re
Srie, Espagne,
Mechal par Moulay er-Rechid marqua l'av- t. II, anne T555.
DE GASTRIES. X. 14
2 IO 28 MARS l 5/| 9
obras que parezcan en el mundo, pues estais en lugar del rrey de
Castilla ; no os descuydeis, por que tenemos el enemigo a la cara,
y nuestros Alarves an peleado conel y anvencido a su jente.
Y desta manera lianescripto la mayor parte de los Alarves deste
rreyno.
Por aviso de una espia se sabe :
Las nuevas del Xarife sonque a tomado todas las tierras, y esta
un alcayde suyo fortificando en Garcif
1
; y los xeques de Dar ben
Mixar fueron a el, y truxeron un alcayde suyo ; y los Alarves de
Ayxa le llevaron presente. Mira lo que hazeis, que va a Levante.
Otro Alarve espia, por letra de xxvi de Maro, dize lo siguiente :
Los de Mediona an ydo atraer alcayde del Xarife contra vos, y
tienenya rrepartidas las casas y haziendas de la ciudad. Y el Xarife
dize que viene antes del segar del pan, porque los Alaraves no se
lo quitemos delante. Trae mas jente que las y ervas del campo.
Quiero de vos que me faborezcais, que yo os servir como servia a
vuestro hijo quando AcenAga'
2
vino a las tierras de Oran.
Estos de Mediona tienengranlocura y esperan presto a su jente
con alcayde. A este proposito an escripto muchos, y tienese por
cierto que eslos de Mediona trayranjente, si los Alarves del rreyno
no se juntancon el Rrey y el Mezuar
3
para defendelles la entrada.
Esto solicito yo, con toda la ynstancia que puedo.
Sign : El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo hlU. Original.
1. Garcif, Guercif sur la Mouloua, au Alonso, fils an du comte, remplissait les
confluent de ce fleuve avec l'oued Amlillou. fonctions de gouverneur intrimaire. Sur
2. Acen Aga, Hassan-Aga, dont il a t cet vnement, Cf. RUFF, p. 7^, d'aprs
question supra, p. 80, note 1; le corres- DIEGO SUAREZ, p. 99.
pondant rappelle sans doute la tentative faite 3. Sur le prtendant Moulay Ahmed et
enjuillet i542 par les Turcs pour enlever sononcle le mezouar El-Mansour, V. supra,
par surprise Mers el-Kebir, alors que Don p. 202 et note 6.
INSTRUCTIONS DU COMTE D ALCAUDETE 2 11
LXIII
INSTRUCTIONS DU COMTE D'ALCAUDETE POUR PEDRO DE
CRDENAS ET PEDRO DE LOS RIOS
Le comte d'Alcaudete a envoy son fils Don Martin demander secours
Leurs Altesses, avec mission de passer ensuite en Flandres pour solliciter
et renseigner Charles-Quint; Don Martin tant tomb malade, le Comte
craint qu'il n'ait pu aller la Cour. D'autre part, le Comte a reu
depuis lors des nouvelles plus certaines par des avis d'espions et des lettres
interceptes, qu'il transmet; il en rsulte que le Chri/doit venir assiger
Oran. La conqute des royaumes de Tlemcen et d'Alger lai sera facile,
si l'Empereur ne prte pas assistance au roi de Tlemcen et au Mezouar,
son oncle. Comme le temps presse, le Comte adresse, par Pedro de Los
Rios, un double du mmoire remis Don Martin et il envoie des capi-
taines pour lever en diligence les mille hommes qu'il demande, Murcie,
Montiel et Villena. // mande aussi Don Martin de ne pas aller
en Flandres, car, si Oran doit tre assig, ce sera prochainement et avec
de grandes forces ; aussi Don Martin et, son dfaut, Pedro de Crde-
nas et Pedro de Los Rios, prieront-ils instamment Leurs Altesses de
donner les ordres ncessaires pour la leve et le transport des mille
hommes, tant Carthagne qu' Malaga. De la rgion qu'a atteinte
le Cher if jusqu' Oran, il n'y a, pour des Maures, pas plus de dix
journes; ses forces s'accrotront mesure qu'il avancera] les gens de
Tlemcen et les Berbres se sont dj rallis lui; il en sera de mme
dans le royaume d'Alger et dans celui de Kouko, car il donne une solde
fort leve et il fait bonne justice.
[Oran, 28 mars] I S/J Q
1
.
Sur la couverture: Oran, i54o,- Memorial.
Lo que el licenciado Pedro de Crdenas mi solicitador, y Pedro
de Los Rrios, criado de su Mag
1
, dirana Sus Alteras es lo siguiente :
1. Sur cette date restitue, V. supr'a, p. 208, note 2.
212 28 MARS 15/l9
Que yo despache a DonMartinde Cordova
1
, mi hijo, a suplicar
a Sus Altezas mandasenprover, para la defensa y seguridad destas
plaas, lo que por mis cartas y memoriales se vera, con determi-
nacinque, endando los despachos enla corte de Espaa, y despus
de aver suplicado a Sus Altezas lo que por ellos suplico se provea,
conla brebedad que la necesidad que se ofrece rrequiere, pasase a
Flandes a suplicar a Su Mag
d
lo mismo y a dalle particular cuenta
del estado enque estnlas cosas deste rreyno.
Y porque he tenido rrazon, por la via de Cartagena, que mi hijo
ha tenido alguna falta de salud y podria ser que no fuese llegado
conel despacho que digo ; y porque tengo de presente mas ciertas
nuevas, por espias moros y judios, y por cartas de aviso que
se antomado de Moros y Judios de Tremecen que escrivieron a
otros desta ciudad, en que certifican la venida del Xarife a este
rreyno, para sitiar estas plaas, como, por la copia delias y por el
dicho de las espias Sus Altezas mandaranver
2
; y porque este viene
conquistando como honbre cuerdo y poderoso, y tiene mas credito
con los Moros que su Mahoma, no tengo dubda de la brevedad
que certifican de su venida, y principalmente porque, para seguir
su proposito, ynportale mas que lo que ha hecho conquistar este
rreyno y el de Argel. Y enlo uno y enlo otro terna poco que hazer,
si Su Mag
<l
no favoreciese alrrey de Tremeceny al Mezuar, su tio,
y a los Alaraves para hazelle resistencia.
Y, porque para esto es menester mas tienpo que el que nos dar
el Xarife hasta venir a sitiarme, enbio el duplicado del despacho
que mi hijo llevo conPedro de Los Rrios, criado de SuMag
d
, a dili-
gencia, y capitanes que hagan conella los mili honbres que enbio
a suplicar que se proveanpara aqui, enel rreyno de Murcia y canpo
de Montiel y marquesado de Villena ; y escrivo a Don Martin que
no pase a Flandes, porque tengo por muy cierto que, si este ha de
venir a sitiarnos, como se certifica, sera conmuy granpoder y pres-
teza, y, si se esperase a consultar conSu Mag
(1
la provisyon de lo
que suplico, llegara tarde el socorro.
Que suplico a Sus Altezas mandenque se despache luego correo
concondutas para los capitanes que enbio, y mandamiento para que
1. DonMartintait le l\
e
fils du comte. 1. V. le Doc. prcdent.
INSTRUCTIONS DU COMTE D' LCAUDETE 2 l 3
las justicias de los pueblos donde esta jente se a de hazer les favores-
can, para que se puedanjuntar mas brevemente, y que al proveedor
de Cartagena se le enbie a mandar que tenga los navios que ande
traer esta gente a punto, y todas las otras cosas necesarias para su des-
pacho, como lo suplico por mi memorial ; y que lo que se huviere de
proveer de aquellas cosas enMalaga, pornoavellas enCartagena, se
embie a mandar al proveedor Francisco Verdugo las provea conver-
gantines, por escusar dilacin. Y suplicaran, congranynstancia y con
el acatamiento que se rrequiere, se provea lo que enaquellos memo-
riales y aora suplico, y sobre ello harnlos rrequerimientos necesarios
para mi descargo, porque, acabando enestas plaas, cumplamos el
dever, enqualquier desgracia que se ofreciese por estar malproveydas.
Todo lo qual har Don Martin, mi hijo, si fuere llegado, y, si
no, el licenciado Pedro de Crdenas, mi solicitador, y el dicho
Pedro de Los Rrios ; porque se ha de tener entendido que, dende
donde oy esta el Xarife hasta aqui, no ay mas que diez jornadas de
exercito de Moros, y que, quanto mas se acercare, mas se le ha de
acrecentar el poder de gente y dineros. Y para certificacin a esto,
dirna Sus Altezas que ya los de la ciudad de Tremeceny todos los
Zenetes
1
deste rreyno le han ydo a dar la obidencia y a ofrecelle
gran servicio, porque venga a tomar estas plaas ; y, enentrando en
el, har lo mismo toda la buena gente de guerra del rreyno de Argel
y del Cuco
2
, porque su sueldo es muy largo para la gente de guerra,
y en su canpo y entoda su tierra haze muy gran justicia, que es
el camino derecho para seorear a toda Berveria.
Sign : El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legago 474. Original.
les Bni Merin(Maroc) ; les Beni Abd el-
i. Zenetes, Zenata Kl' ). Il faut entendre
Q u a d ( T l e mc e n) e t l e s Be n
i Toudjin(Ouan-
sous ce nom, sans entrer dans des prcisions cherich). Ces tribus taient gnralement
gnalogiques, les populations berbres du favorables au mouvement chrifien, tandis
Maghreb el-Oust (Maghreb central). Elles que les tribus de race arabe lui taient plutt
taient ensi grande majorit dans ce pays hostiles. V. infra, Doc. LXXXIII, passim.
qu'on lui donnait le nom de Terre des 2. Cuco, le royaume de Kouko, tat qui
, .
%
1 groupait une bonne partie des tribus de la
Zenata <CGj bj (BN KHALDON, t. III, Kabylie
d u
Djurdjura et dont la capitale
Trad. p. 180). Trois grandes branches de tait Kouko, dans les At-Yahia, 8 k. E.
la famille zenatienne fondrent des empires: de Michelet. Cf. infra, p. 2^5.
3 T 4 2g MARS I 549
LXIV
ORDONNANCE DE CHARLES-QUINT
Prohibition de toute relation commerciale entre les ports de l'Andalousie
et les places de Sal, Larache et autres sous la domination du Chrif.
Valladolid, 29mars i549-
El Rey,
Nuestros corregidores de las ciudades de Gibraltar e Cadix e vues-
tros lugares tenyentes, e justicias de las otras ciudades, villas e
lugares, puertos de mar del Andalusia, a quien esta mi cdula
fuere mostrada e lo en ella contenido toca y atae, y a cada uno
y a qualquier de vos envuestros lugares e juridiciones.
Porque a nuestro servicio y bien destos rreynos conviene que,
por el presente fasta que otra cosa mandemos, ninguna ni alguna
personas bayana tratar ny contratar mercaderias algunas, ansi de
las questan vedadas y proyvidas como de las que no estn, a los
lugares de Alarache e Cala, ny a los otros puertos e lugares quel
Xarife, enemigo de nuestra Sancta Fee Catlica, tiene en frica,
so las penas enque caene yncurrenlos que no guardan y cumplen
nuestros mandamientos, e vos mandamos que lo fagays pregonar
y publicar ansi enlas ciudades, villas e lugares.
E quiero que no consintays ny deys lugar que contra ello baya
ninguna persona a tratar ny contratar las dichas partes suso dichas
sinnuestra licencia y mandado, e que tengays especial cuidado que
ansi se guarde y cumpla y no fagades ende al.
Fecha enValladolid, a veinte y nueve dias del mes de Maro de
mili y quinientos y quarenta y nueve aos.
Maximiliano. La Princessa.
Por mandado de Su Mag
d
: Sus Altezas.
En su nombre : Francisco de Ledesma.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U77. Copie.
LETTRE DE LUIS DE RUEDA 2 l 5
LXV
LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
On est toujours sans nouvelles du Maroc, les ports ayant t consigns par le
Chri/. Navires envoys aux informations : trois brigantins de Ceuta, la
fuste de Luis de Rueda et deux autres brigantins de Gibraltar, l'un apparte-
nant un Portugais nomm Diego Viera, l'autre un habitant de Gibraltar,
ancien captif Vlez. Les brigantins de Ceuta ont fait une descente
infructueuse, dans laquelle ils ont perdu six hommes. Le brigantin
portugais n'a pu prendre aucun Maure et a perdu deux hommes. Le
patron de Vautre brigantin a appris d'un Maure que le Chrif avait
refus de mettre en libert les femmes et les enfants du roi de Vlez, qui,
de son ct, ne veut pas consentir une entrevue avec le Chrif; ce dernier
enverrait contre Melilla dix mille cavaliers. La fuste de Luis de Rueda
a t capture par une g alite d'Alger et par une autre de Vlez; le brigantin
de l'ancien captif a pu s'chapper. Les marins d'Alger passent au
service du Chrif. Deux navires maures ont t vus la veille prs
de Ceuta. // est urgent de rparer les fortifications de Gibraltar.
Luis de Rueda demande qu'on fasse racheter l'quipage de sa fuste.
Gibraltar, 3o mars 154g
1
-
Sur la couverture, alia manu : A Sus Altezas. Del corregidor de
Gibraltar, xxx de Maro i/io,.
Adresse: A los muy altos y muy poderosos Seores, los prin-
cipes de Espaa etc.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Ya escrevi
2
a V
ras
Altezas como el Xarife avia mandado cerrar los
puertos, por lo qual no se avia podido tomar platica de lo que hazian
los Moros ; y tanbien escrevi como avia enbiado mi fusta a tomar
i. La dcisionpublie ci-dessus p. 194 bienqu' celle du i5 mars.
se rfre cette lettre du 3o mars aussi 2. V. supra, Doc. LVIII, p. 192.
2 l 6 3o MARS 15/^9
lengua. Despus desto el capitn de Gebta enbio tres vergantines
a lo mismo, y yo, dems de mi fusta, di lugar a otros dos vergan-
tines, el uno de un Portugus que se dize Diego Viera, y otro de
unvezino de aqui que estuvo cativo catorze aos enBelez, porque
por una parte o por otra se pudiese efetuar el yntento.
Los de Cebta armaron en unsalto que solianarmar otras vezes,
y, como ya esta toda aquella tierra conotro recabdo que solia, fueron
sentidos, y los Moros dieron enellos y tomaron seys onbres de los
mejores y mas platicos que avia en aquella frontera, de los quales
tomaronaviso de los otros navios.
El otro vergantin del Portugus, de los dos que e dicho, no
pudo tomar ningn Moro y perdi dos onbres en otro salto.
Mi fusta y el otro vergantin fueron bienadelante de Belez ; y el
vergantin, por ser chico, se pudo esconder en tierra, conun ten-
poral de lebante que se meti, y echo gente enella ; y, teniendo su
atalaya tomada, vieron cerca de alli unos camellos, y fueronse
metiendo lo mas secreto que pudieron hazia ellos y tomaron un
negro ; y apellidse la tierra y ellos se recogieron con gran priesa
al vergantin. Y acudieron a hablalle algunos Moros, y entre ellos
un cavallero que conoci al patron del vergantin del tienpo que
estubo cativo, y, asegurndole, se llego a ellos con otros dos Moros
que tanbien lo conocian, y preguntronle que porque hazia la
guerra, aviendose ya perdido otra vez. Y respondi que porque del
poder del rey de Belez avia salido pobre y que no pensava valerse
sino por ella. Y el les pregunto por el rey su amo y que como le
y va conel Xarife. Dixeronle como avia enbiado presente al Xarife,
pensando sacar sus hijos y las mugeres que avia dexado enFez ; y
que el Xarife no le dio ninguno, y le respondi que fuese a ver su
cara, y que se avria bien con el; y que el Rey dezia que antes se
y ria a poder de Turcos o de Cristianos que ponerse en su poder.
Dixeronle mas que yvan hazia Melilla de la gente del Xarife hasta
diez mili de cavallo ; y no les quisieron dezir otra cosa, y asi se
despidieron.
Mi fusta vino a meterse, conel tienpo, enuna ysleta
i
que esta a dos
leguas de Belez; y, estando puesta enel salto, dieronconella una
i. L'lot de Ielles, V. infra, p. 220 et note 3.
LETTRE DE LUIS DE RUEDA 2 1 7
galeota de Turcos, que avia bajado de Argel, y otra de Belez, y
tomronla. Y, viniendo el vergantin haziendo su viaje, vido en la
mar, cerca de Belez, una barca pescando, y fue hazia ella, tomndole
la tierra, de manera que se juntaron; y hallo que era de un navio
de Cristianos que estava alli contratando ; y dixeronle que no parase
poco ni mucho, porque una galeota de Turcos, que avia llegado alli,
y otra de Belez avian tomado mi fusta. Y no pudo pasar su platica
mas adelante, porque vido venir los navios contra el, los quales le
dieroncaa unrato, y, visto que se les salia, se bolvieron. Pesarame
mucho mas que se perdiera este vergantinque mi fasta, porque yba
armado de la gente desta cibdad, y enmi fusta no fueron della mas
de tres onbres. Lo que a mi toca desto tengo enpoco por ser enser-
vicio de Su Mag*y de V
ras
Altezas.
Ya de aqui adelante sera muy dificultoso poder tomar ningn
Moro, porque tienen mucho recabdo ; y, segn parece, comienan
a bajar de los navios de Argel, y creo para mi que a de quedar
despoblado de los onbres de guerra, porque todos se an de pasar
al Xarife, en vello tanprospero y por las buenas pagas que haze.
Ayer tuve aviso de Gebta que pasaron junto a ella dos navios
de Moros ; y fue granventura no tomar unas barcas que estavanpes-
cando, por ser de noche ; luego di aviso por las guardas enesta costa.
Suplico a V
ras
Altezas que enel reparo desta cibdad aya brevedad,
porque se pueda poner endefensa antes que se ofrezca alguna nece-
sidad ; y tanbienque Y
ras
Altezas me haganmerced de mandar a los
que sacan, o ande mandar sacar cativos, que tengancuydado dlo*
que se perdieron en mi fusta, porque sera animar a los que se les
mandare de aqui adelante hazer algn servicio.
Nuestro Seor las muy altas y muy poderosas personas de V
ras
Altezas guarde y prospere conseorio de muchos reynos !
De Gibraltar, a xxx de Maro de i54o, aos.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Besa los reales pies y manos de V
ras
Altezas,
Sign: Luys de Rueda.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
2i8 3o MARS i54g
LXVI
LETTRE DE FRANCISCO DE MOLINA
1
A DON JUAN DE MENDOZA
Abou Hasson a dclar qu'il ne pourra livrer le Pen que lorsque des
secours suffisants pour une action contre Fez lui seront parvenus.
Pour reprendre cette ville, il faudra, d'aprs lui, soixante mille hom-
mes, et il estime que, pour dfendre le royaume de Vlez, dix mille
sont ncessaires, ainsi que les galres de Mendoza. Le Chrif n'a pas
encore attaqu Abou Hasson, parce qu'il espre que celui-ci se rendra
Fez, mais, comme il n'y parat pas dispos, il est croire que le
Chrifva marcher sur Vlez. Le Chrif a crit Abou Hasson de
venir le voir pour s'entendre avec lui sur la construction de trois cents
galres et d'autant de bateaux plats. Une fuste du corregidor de
Malaga a t capture par les Maures une lieue de Vlez. Le Chrif
a convoqu tous les cads des royaumes de Fez et de Merrakech ; on dit
que c'est pour attaquer les fronteras.
Malaga, 3o mars i54g.
Sur la couverture, alia manu : Copia
2
de la carta que Francisco
de Molina escrivio al seor Don Juande Mendoa.
Adresse : Al muy ilustre seor Don Juan de Mendoa, en las
galeras de Su Mag
1
, mi seor.
Muy ilustre Seor,
V
ra
Seora sabra como yo parti desta cibdad ; y fue el tiempo
tan contrario que estube en llegar a Belez onse dias. Y, llegado
que llegue, hize lo que V
ra
Seoria me mando ; y quisiera yr a besar
i. Francisco de Molina taitunmarchand de Mendoza. V. supra, pp. 17o, 176 et 200
de Malaga envoy Abou Hassonpar Fran- et infra, Doc. LXVIII-LXX, pp. 22S-22Q.
cisco Verdugo ; il faitpasspar Gibraltar o 2. Malgr cette mention, le prsent docu
il avait reu des instructions de DonJuan ment est unoriginal.
LETTRE DE FRANCISCO DE MOLINA 2 I 9
las manos a V
ra
Seora, y, por venir un poco mal dispuesto, no
pude.
Y lo que pasa es que, ans como llegue, meti al rey de Belez en
una guerta y hize y dixe todo lo que por V
ra
Seora me fue man-
dado. Y el me oy todo lo que yo le dige, y se holg mucho en
pensar tener al seor Don Bernaldino y al seor marques de
Mondexar y al seor conde de Tendilla y a Y
ra
Seora por amigos.
Y le dige aserca del socorro ; y enla verdad el esta de muy buena
voluntad, mas no se atrebe por agora a dar el Pen, por no poderse
fiar de nenguno, mas de que dize que, como estubiese el socorro
alia, y abia de ser para Fez, y despues que alla estubiese el socorro,
haria de si lo que quisiese y lo dara ; que de otra manera se le
haze cuesta arriba. Y dize que a menester para el socorro de Fez
LX IS onbres ; y, entretanto questo se hiziese, abia menester para
guarda de su tierra x 13 onbres y a V
ra
Seora conlas galeras. El
Xarife no a hecho cosa nenguna conel, porque le dize que vaya
todabia a Fez. El esta enpuesto de no lo oyr ni vello, ansi que creo
yo quel Xarife no dexara de yr sobre el.
El me enbio, luego como llegue, con una carta para Su Mag*,
y otra para el seor marques de Mondexar, y otra para el seor
conde de Tendilla, y otra para V
ra
Seora, y otra para el seor
Francisco Verdugo' . El me queda esperando para ver lo que se
puede hazer. El seor proveedor enbia todas las cartas ; por ellas
vera V
ra
Seora lo que se podra hazer, por que yo hize y har lo
que V
ra
Seora me mandare.
El Xarife escrivio al rey de Belez que le fuese a ver y a dar orden
conel dicho Rey de hazer tresientas galeras y otras tantas tafureas,
y que no quiere sus tesoros syno para dar guerra a los Cristianos.
El Rey me enseo esta carta y me la ley, y al cabo me dixo que
no pensava de bello. El dicho Rey esta engrannesecidad y me que-
da esperando para ver lo que a de hazer de sy.
Lo que pasa de presente es que fue una fusta a entrar del corre-
gidor desa cibdad
2
y un hijo suyo, segund dizen, y llegaron una
1. Aucune de ces lettres d'Abou Hasson braltar, dont la capture a t annonce plus
n'a t retrouve. haut. V. supra, Doc. LVIII, pp. ig3-ig4
2. C'est la fuste du corregidor de Gi- et Doc. LXV, pp. 215-217.
22O 3o MARS 15^9
legua de Belez y se echarona dormir. Y armavan de presente dos
nabios
1
para Alonso Guillen, ques de Gibraltar, que andaba resca-
tando unos Moros y una barca que abia tomado
2
. Ya que ybana
buscallos, vino unMoro de Iles
3
y dixo que alli estaba la fusta ; y
pensaron que era la del dicho Alonso Guillen y la tomaroncon
xxxix Cristianos. Y esto es lo que pasa.
El Xarife a mandado juntar a todos los alcaydes del reyno de
Fez y Marruecos. Dizenque es para dar ordenpara venir sobre las
fronteras ; no se que sera. De presente no se ofrese otra cosa.
Nuestro Seor Dios la muy lustre persona de V
ra
Seoria guarde
conacresentamiento de mayor estado que V
ra
Seoria desea !
De Malaga, a 3o de Maro de iS/g aos.
Beso las manos de V
ra
Seoria.
Sign: Francisco de Molina.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Ces navires taient deux galiotes, l'une
d'Alger, l'autre de Vlez. V. supra, p. 217.
2. Sur ce navire et sur cette barque, V.
ibidem.
3. Iles, ilotsitu 10 kilomtres l'ouest
de Vlez, dans la baie dnomme anse
d'Iris sur la carte du Maroc au 1/200000.
Il est appel .Ielles par LON L' AFRICAIN,
d. de i55o, f. 54 v, et Yellez par MARMOL,
Lib. IV, cap. 68. V. supra, p. 216, note 1.
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 221
LXVII
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
// a envoy un rapport sur la situation des fronteras du Dtroit. Une
caravelle de Santa-Cruz-du-Cap-de-Guir a apport la nouvelle que le
Chrif avait ordonn un grand nombre de Maures de se rendre
Fez avec des pics et des pioches. Le gouverneur de Ceuta a donn avis
que les Maures avaient consign leurs ports: c'est le signal de quelque
entreprise. D. Juan de Mendoza a envoy un de ses agents Ttouan
et Un indigne Fez.
Puerto de Santa-Maria, I
er
avril i54g.
Sur la couverture, alia manu : Puerto de Santa Maria. A Sus
Altezas. Don Juan de Mendoa, primero de Abril i54o,.
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores principe
Maximiliano y princesa Doa Maria, mis seores, etc.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Recebi la carta de V
ras
Altezas de nueve de Maro y, luego como
llegue aqui, escrevi a V
ras
Altezas y enbie rrelacion de lo que del
Xarife se sabia y del estado enque estnlas fronteras del Estrecho
y lo que me parece que al presente se debria proveer. Despus ac
a benido una carabela de Cabo de Aguer, y los que en ella bienen
dizenque el Xarife abia enbiado por municin de picos y aadones
y espuertas aquella tierra y a las otras que tiene enaquella comarca,
y que le abianllevado cantidad de todo esto y yban Moros de pie
de toda aquella tierra conestas municiones a Fez.
222 1
er
AVRIL I 5/j 9
Del capitn de Ceuta e tenido abiso que a dias que los Moros
tienen cerrados los puertos, y que es seal que el Xarife quiere
hazer alguna cosa
1
. Yo e enbiado unombre a Tituan y unMoro a
Fez. Venidos, enbiare a V
ras
Altezas rrelacion de lo que se supiere
del Xarife, y de lo que se cree que har.
Del Puerto de Santa Maria, a primero de Abril i54p, aos.
Gryado de Y
ras
Altezas,
Sign : Don Juan de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
j . Celte nouvelle tait fondee. Le 23 Ranai, cad venu de Merrakech, Homorlao,
mars, le Chrif avait runi tous ses cads cad des Turcs, et El-Hassen, cad de T-
et leur avait dclar que, la paix ayant t touan, avaient rassembl, en vue de cotte
rtablie dans le ^oyaume, il fallait faire la expdition, 3 5oo lances et convoqu les
guerre sainte contre les Chrtiens; on les Berbres de la montagne. V. i
r e
Srie,
attaquerait dans les fronteras, enleur fai- Portugal, la date du i5 mai i54). Arzila
sant tout le dommage possible. Sept cads, fut attaqu ds le i4 avril (lettre de Don
Mohammed bcr-Rached, cad de Ghecha- Juande Mendoza du 20 avril i54), Legajo
ouen, Mohammed el-Aroussi, cad d'El-Ksar jg). Les Maures se portrent ensuite sur
cl-Kebir, Sidi Talha eZ-Aroussi, cad d'Azed- Tanger. V. infra, p. 255 c-t note 1 ; pp.
jon, En-Nasser, cad de Larache, Sidi er- a56-257 et 27^-
LETTRE DE VERDUGO ET DE CAALLA 2 2 3
LXVIII
LETTRE DE VERDUGO ET DE GAALLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
L'missaire envoy Vlez est revenu hier avec la lettre d'Abou Hasson
pour Leurs Altesses jointe la prsente. D'autres lettres du roi de
Vlez dnotent ses inquitudes. On croit Vlez que le Chrif marchera
sur Melilla; urqence d'envoyer l'argent ncessaire aux travaux de dfense.
Malaga, I
e r
avril i549-
Au dos, alia manu : Malaga. A Sus Altezas. i5^9- De
los proveedores de Malaga, primero de Abril i/jo,.
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores el principe
Maximiliano e princesa Doa Maria, governadores destos reinos.
Muy altos e muy poderosos Seores,
La persona
3
que Don Joan de Mendoa enbio a Velez de la
Gomera vino ayer y trae la carta que va conesta para V
ra
Alteza del
rrey de Velez. Tanbien escrive al conde de Tendilla e a nosotros,
y enlo que pide se paresce la turbacin que tiene. El mensajero
dize que halla se tiene por cierto que el Xarife verna sobre Melilla.
V
ra
Alteza mande proveer los dineros para las obras e lo que mas
fuere servido.
Malaga, a primero de Abril I5/JO,.
Sign : Francisco Verdugo. Diego de Caalla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
i. La persona, Francisco de Molina. V. supra, p. 218 et note 1.
22[\ 5 AVRIL i54o,
LXTX
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
Francisco de Molina est de retour de Vlez. Le comte de Tendilla
communique la Cour une lettre que Molina crite D. Juan de
Mendoza pour rendre compte de sa mission. Capture d'une fuste
envoye par Luis de Rueda pour oprer dans ces parages. Abou
Hasson est indign de cette tentative sur son territoire, et le comte de
Tendilla, pour cette raison, a crit Luis de Rueda de suspendre la
ngociation. 11 ne semble pas qu'il y ait entente entre Abou Hasson
et le Chrif.
lhambra, 5 avri l 15/49.
Sur la couverture, alia manu : A Sus Altezas. Del conde
de Tendilla, v de abril i/io,.
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores el rey y reyna
de Bohemia.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Rescibi la carta de V
ras
Altezas de xxix de Maro, y vi lo que a
Don Bernaldino de Mendoa escriven sobre lo que toca al trato del
rey de Velez. Y lo que cerca dello tengo que dezir es que Francisco
de Molina, mercader de Malaga, que DonBernaldino y yo embia-
mos a Velez de la Gomera
1
, es venido ; y lo que dize entendern
V'
as
Altezas por la copia, que conesta va, de una carta que a Don
Juan de Mendoa escrive
2
; y, para tener mas particular relacinde
lo que conel rey de Velez passo, le e escrito que venga aqui, y de
lo que del entendiere dar a V
ras
Altezas avisso.
Francisco Verdugo no a embiado otra persona al rey de Velez.
t. V. supra, p. 218, note 1. 2. V. supra, Doc. L XVI , p. 218.
LETTRE DU COMTE DE TENDILLA 225
segunme a escrito, sino este que Don Bernaldino y yo embiamos ;
y el llevo la carta que V
ras
Altezas escrivieronal Rey.
El corregidor de Gibraltar, despues que embio el ombre
l
que a
V
ras
Altezas escrivio al rey de Vlez, acordo de embiar una fusta a
entrar en aquella tierra, la qual se perdi con xxrx o xxx ombres
que lleva va. Y, porque me a parescido que lo que agora se tratasse
por mano del corregidor de Gibraltar daara antes que aprovechara
2
,
porque el rey de Velez esta yndinado contra el por aver embiado
la dicha fusta a hazer guerra a su tierra, y aun tendra razn de
sospechar que los primeros que embio fueron por espias, para
embiar despus la dicha fusta, y los que aora embase no yrian
muy seguros, le e escrito que deve de suspender el trato, hasta que
V
ias
Altezas, ynformados de lo que pasa y de lo que Francisco de
Molina truxo, provean lo que sean servidos.
El rey de Velez, segun paresce, no deve estar concertado conel
Xarife, porque no ossa fiarse del. V
ras
Altezas, visto lo que Fran-
cisco de Molina trae, podran mandarnos dar avisso a Don Bernal-
dino y a mi de lo que sonservidos que hagamos.
Nuestro Seor ensalce y prosprelas muy altas y muy poderosas
personas y estado de V
ras
Altezas !
Del Alhambra, a v de Abril 15/19.
Besa las manos de V
ras
Altezas,
Sign : El conde de Tendilla.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Diego de Bolaos. V. supra, Doc. Doc. LXX et LXXI, o DonBernardino de
LVII, p. 187. Mendoza s'associe aux rcriminations du
2. V. supra, p. 198, note i, et infra, comte de Tendilla contre Luis de Rueda.
DE CASTR S. X. i5
2 2 5 AVRIL I 54 9
LXX
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
Le comte de Tendilla a transmis le rapport de Francisco de Molina.
Fcheuse captare de la fuste de Luis de Rueda.
Grenade, 5 avril i54g-
Sur la couverture, alia manu : A Sus Altezas. De Don
Bernaldino de Mendoa, v de Abril 16/19.
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores los reyes de
Bohemia, governadores de Espaa, etc.
Muy altos y muy poderosos Seores,
El conde de Tendilla ha embiado lo que truxo el que Don Juan
embio a trattar conel rey de Velez ; V
ias
Altezas podranproveerlo que
les paresciere que conviene cerca del trato. Paresce que no conviene
tratar con ninguna persona por muchas manos ; y con Moros es
mayor ynconviniente que conotra qualquier gente ; de donde creo
que a nacido pedir el rey de Velez lo que pide y no offrecer nin-
guna cosa.
El corregidor de Gibraltar embio a entrar una fusta suya y, una
legua a poniente de Velez de la Gomera, la tomaron dos fustas de
Velez con quarenta y nueve Cristianos ; y por esto creo que se
rrecattara mucho mas el Rey, creyendo que los que vana tractar
es para espiar su tierra y bolver a hazer algn dao en ella.
De Granada, a v de Abril 15/19.
Besa las reales manos de V
ras
Altezas su servidor,
Sign : DonBernaldino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 12 "
LXX
LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA
A FRANCISCO DE LEDESMA
(EXTRAIT)
Sa sanl laisse encore dsirer. // s'en rfre aux lettres de Don Juan de
Mendoza pour ce qui touche les nouvelles du Chri/ et l'attitude des Por-
tugais : ceux-ci d'un ct font des dpenses exagres, et de l'autre
ngligent des choses ncessaires. // s'en remet sa propice lettre
Leurs Altesses pour ce qui est des nouvelles d'Abou Hasson. Le soin
d'entrer en pourparlers avec ce prince pourrait tre utilement confi au
comte de Tendilla, qui offre la comptence et l'autorit ncessaires.
Le Chrif a refus de recevoir Abou Hasson.
Grenade, 5 avril i54g-
Sur la couverture, alia manu : De DonBernardino de Mendoa,
v de Abril iblig.
Adresse : A mi seor el seor Francisco de Ledesma, secrettario
y del consejo de Su Magestad.
Seor,
Recib la carta de V. md. de xxix de Maro, y a tres de Abril
tengo scripto largo al seor JuanVzquez, a que me remitto. Des-
pues que a V. md. scrivi, he estado mejor, aunque todavia ando
achacoso.
En lo que toca al CliarifFe, Don Juan, que esta mas cerca y lo
entiende, havra scripto parte de la rremision de los Portugueses.
Creo que deve ser no entender lo que tractan, porque por una parte
hazen mas costas de las que serian menester, y por otras no quie-
ren gastar aquello que no se puede escusar.
2 28 5 AVRIL i549
Enlo que toca al rey de Vlez, scrivo a Sus Altesas lo que V. md.
vera. Lo mas sano creo que seria rremitillo al seor conde de Ten-
dilla, porque, si por alguna mano se a de hazer algo, a de ser por
la suya, que essotros
1
ni tienen autoridad ni manera, ni saben
essaminar los que vienen ni preguntalles lo que seria necessrio
para passar el negocio adelante ; y, aunque tengo tan poca con-
fiana como V. md., es bien que los negocios se traten como se
deven y conautoridad y por personas que los entienden.
Don Juanme scrive que el Xarife no a querido recibir al rey de
Velez ; y por esta via podria ser que se hiziesse algo, sino lo a haze-
dado la entoada de la fusta del corregidor.
De Granada, a 5 de Abril 15/19.
A servicyo de V. md.
Sign : Don Bernardino de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Allusion Luis de Rueda, dont l'ini- Bernardino, et peut-tre aussi Francisco
tiative avait piqu au vif Tendilla et Don Verdugo. Y. supra, pp. 198 et 225.
LETTRES DE JUAN ET DE BERNARDINO DE MENDOZA 2 2 Q
LXXII
EXTRAITS DE LETTRES DE DON JUAN ET DE
DON BERNARDINO DE MENDOZA
Le Chrif dispose de mille Turcs, la plupart marins. Son dessein est
d'avoir un port sur la cte ouest du Maroc. // possde Larache, El-
Mamora, Sal et Safi, o peuvent entrer quelques galres et navires.
// peut construire ds gallotes Fez et les amener par l'oued Sebou
jusqu' El-Mamora. Ailleurs on ne sait pas o il pourrait en con-
struire. Les Franais pourraient fournir au Chrif certains
matriaux, car il est l'ami de leur roi et les laisse faire du commerce
dans son pays. Ncessit pour le Chrif de prendre l'une
des fronteras du Portugal pour y loger ses navires. Quarante
cavaliers d'Arzila envoys en reconnaissance ont captur huit Maures et
en ont tu cinq. Le Chrif a ordonn ses cads de runir leurs con-
tingents et de rejoindre son plus jeune fils ; le bruit court que c'est pour
prendre Arzila. Les capitaines portugais demandent l'envoi de cinq cents
pionniers et de munitions Ceuta, Arzila et El-Ksar es-Seghir. Don
Juan de Mendoza a rpondu qu'il irait les leur conduire lui-mme, les
avisant que, pour plus de sret, ils en fissent aussi envoyer Tarifa,
d'o il les ferait passer El-Ksar es-Seghir. Le Chrif prfrerait
son plus jeune fils l'an, qui est rest Merrakech. Les Portugais
ont une grande crainte du Chrif; la nuit dernire, ils ont livr un vif
combat et dj ils commenaient Juir vers El-Ksar es-Seghir. Le
Chrif et le roi de Vlez sont brouills. Le roi de Portugal a envoy
un ambassadeur ce dernier, lui offrant son aide. Don Bernardino
demande s'il doit envoyer cinq galres contre les navires d'Alger et secou-
rir les Portugais avec les cinq autres.
i et 19avril i549-
Sur la couverture, alia manu : Lo que DonJuande Mendoay Don
Bernaldino
l
scriven enlas cosas del Xarife y de los Portugueses
y los navios que salieron de Argel.
i. L'extrait de la lettre de DonBernardino de Mendoza est dat du 19avril.
2OU l 4 ET 19 AVRIL 1 5/| Q
Lo que DonJuan de Mendoa scrive por carta de 14 de Abril de
i549-
Que lo que entiende del Xarife ' es que tiene myll Turcos y los
mas sonmarineros ; y todo su disigno es tener lugar cerca destas
bandas, para poder armar, aponiente de cabo de Espartel, que es
al mediodia
2
. Tiene Alarache, que es un rrio de pequea barra,
donde entran fustas contravajo. Tiene a Cale y a la Mamora y a
afy, que son otros rrios que, aunque son lexos, pueden entrar
galeras y naves en algunos. Por el rrio de la Mamora, puede traer
galeotas desde Fez
3
y hazellas ally ; y que en otra parte no sabe
donde pueda hazer navios, por el mal aparejo que tiene asi de
madera como de lo dems ; aunque de algunas cosas destas se
podra proveer de Francia por ser amigo del Rey \ y segn ha sydo
ynforaiado, tienen tratos Franceses en sus tierras ; y que, si no
toma alguna destas fronteras de Portogal, no le paresce que tiene
donde poder tener navios.
Que a 13 del dicho Abril llego a el un hidalgo de Alcaar ; y,
por lo que Luys de Loureyro
5
y DonAlfonso
6
scriveny el dixo de
palabra, paresce que el jueves pasado embio el conde Redondo
7
,
1. On lit en marge : ce Para Su Mag*. que vous aviez envoy devers luy, ils
2. Aponiente de cabo de Espartel, que es craignent que par cette praticque vous
al mediodia. Il faut entendre : ce A l'ouest du vouliez vous sparer d'eux (CHARRIRE;
cap Sparte!, ou plutt au midi de ce cap .>>. Ngociations de la France dans le Levant, t.
3. Sur la navigabilit de l'oued Sebou II, p. I 3 I ) . Les recherches faites pour
de Fez El-Mamora, V. i
re
Srie, France, trouver de plus amples renseignements sur
t. I, p. 2o3, note 3. ces relations et sur l'envoi d'un agent
l\. Dans une lettre adresse Henri II, franais au Maroc cette poque n'ont
le i3 dcembre i55o, par le baron d'Ara- pas donn de rsultat,
mon, notre ambassadeur Gonstantinople, 5. Sur Luiz de Loureiro, V. supra, p.
il est fait allusion aux relations qui exis- 121, note 1. 11 tait arriv El-Ksar au
taient entre le roi de France et le Chrif, dbut d'avril, pour confrer avec ffonso de
relations dont le Grand Seigneur avait pris Noronha. V. ANDRADA, part. IV, cap. 3g.
ombrage : ce Et je ne puis penser d'o pro- 6. D. Affonso de Noronha, gouverneur de
cede, ce qui est contre leur coustume, qu'ils Ceuta depuis i54o pour sonfrre Fernando
ne laissent point entendre l'endroit de V. de Noronha, marquis de Villareal. Il occupa
M., sinon pour ce qu'il leur semble que le Seinal le 7 avril i54). Ibidem.
depuis quelque temps V. M. procede 7. D. Francisco Coutinho, comte de
froidement envers eux... ou pour la decou- Redondo, fils de D. Joo Coutinho; il fut
verte qu'ils ont que V. M. tient pratique le dernier gouverneur d'Arzila. Cette fron-
avec le Serif de Maroque qu'ils tiennent tera fut vacue par la population la fin
pour leur grand ennemy. Ayant entendu d'aot i549?
e
^ P
a r
^
es
troupes en i55o.
LETTRES DE JUAN ET DE BERNARDINO DE MENDOZA s3l
capitnde Arcila, XL de cavallo a tomar lengua, y hallaron xni de
cavallo, tomaronlos viny mataronlos cinco y que los anapretado.
Y dizen que el Xarife abia scripto a sus alcaydes que recogiesenla
gente de pie que pudiesen y tiradores, y conla que tenyan de
cavallo se vinyesena juntar conunhijo suyo el menor
1
. No saben
donde, mas de que era fama que y van a tomar a Arzila ; pero que
ellos la tienenpor fuerte y creenyra a otra parte. Y que le a pedido
de parte de los capitanes que le llevase enlas galeras D aadoneros
y 3oo soldados y otras muchas munyciones para hazer la fuera,
por que, por falta desto, no hazenenAlcaar casi nada enla fuera
2
;
y que el
3
les
4
ha respondido que a llevar esto y a ayudalles que no
quiere que vaya nadie sino yr el ; y que ha hecho despachar qua-
tro galeras y la de Domingo
3
, y que saldr y tomara las municiones
y la gente que pudiere, y yra a Alcaar ; y que el les
6
ha avisado
que embien por tierra a Tarifa alguna cantidad desto y de otros
aparejos nescesario, porque, si lo uno no llegare tanpresto, llegue
lo otro ; y que aviso al capitnDomingo que fuese a Tarifa a tomar
aquella gente
7
y se vaya a Alcaar ; y que an tenydo enmucho
los Portugueses que vaya el alia, porque piensa hazer que los sol-
dados travajeny animarlos ; ha mucho que le dizenestnmedrosos ;
y que, llegado y visto lo que ay y lo que del Xarife supiere, y
buelto, el dar aviso de lo que o viere.
Que el fidalgo portogues le ha dicho que el Xarife quiere mas a
su hijo menor que al mayor que quedo enMarruecos ; y que por
agora no osara salir de Fez y embiara a su hijo a hazer el efeto que
se o viere de hazer ; y que, segnse dize, no traer artillera y que,
no trayendola, puede hazer poco mal ; y que, consaber ellos esto,
le an harto myedo, porque dize que hizieron
8
la noche pasada
una arma recia y que empeavan ya a huyr la buelta de Alcaar
9
1. Probablement Moulay Abdallah. V. Arrila. V. supra, p. 168.
Tableau gnalogique des princes de la dynas- 6. Les, les agents portugais.
tie saadienne, p. 4i6, PL V, note 9. 7. Aquella gente, les troupes que les agents
2. La fuera, le Seinal. portugais auraient fait runir Tarifa, sui-
3. El, DonJuan de Mendoza. vant les instructions de DonJuan.
k- Les, DonLuiz de Loureiro et Don 8. Hizieron. Le sujet de la phrase est :
Affonso de Noronha. les troupes portugaises du Seinal.
5. Domingo, le capitaine Domingo de 9. Alcaar, El-Ksar es-Seghir. Les
232 14 ET 19 AVRIL 1549
y que la *quyerenasolar ; que el Xarife y el rey de Vlez estan
desavenydos ; y el de Portugal le a embiado enbaxador
2
, ofrescien-
dole socorro y todo lo dems que oviere menester, y que le paresce
que, ofresciendole por tantas partes ayuda, que har biensu negocio
con tratar contodos y respondelles aun, que no es mala manera
de entretenerse.
DonBernaldino de Mendoa scrive por carta de xix de Abril :
Que se vea si sera bien que cinco galeras vayan a buscar los
navios de Argel que sonsalidos ; y conlas otras cinco se socorrern
los Portugueses y las que mas se adresaren, aunque se tardaran
enadresar las que quedan; y que tambin se vera si yra el con
las cinco galeras a buscar las fustas o embiara uncapitn
3
, que a
DonJuanno es de quytarle lo de Portogal, porque lo tiene enten-
dido y es mas platico que el de las corryentes y navegacindel
Estrecho.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 80. Copie.
troupes portugaises se repliaient du Seinal
sur cette place.
1. La, la place d'El-Ksar es-Seghir.
2. A la nouvelle de la prise de Fez, le
roi JeanIII avait envoy Vlez un agent
nomm Ignacio Nuez Gato (sur ce per-
sonnage, V. infra, p. 290, note 2), qui
devait offrir Abou Hasson l'appui
du Portugal et s'entendre avec lui sur les
moyens de nuire au Ghrif, contre lequel
ontcherait d'organiser une action com-
mune avec Moulay Zidn, fils de Moulay
Ahmed el-Aaredj, le chrif dpossd
(ANDRADA, Part. IV, cap. 4o).Nunez Gato
n'eut pas le temps de remplir sa mission.
Il n'arriva Ceuta qu'au commencement
d'avril (V. i
re
Srie, Portugal, la date
du 3 avril i54)) et Abou Hasson, fuyant
de Vlez, tait dj arriv Melilla le 17
avril. V. infra, Doc. LXXIII et suivants.
3. Onlit enmarge : Que no vaya y de
priesa a aderesar las galeras .
LETTRE DE BARTOLOM DORADOR 2 3 3
LXXIII
LETTRE DE BARTOLOM DORADOR A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
Abou Hasson est arriv Melilla, le mercredi ly avril, sur une barque
avec cinq Chrtiens et cinq Maures, dont un cad de Fez nomm Sidi
Ali ben Chakroun. // dsire avoir une entrevue avec Sa Majest.
Les lettres favorables qu'il avait reues de Sa Majest par l'entremise
de Francisco de Molina l'avaient engag partir avec ses femmes,
ses enfants et trois cents captifs ; il avait mme fait quiper des
navires cet effet. Sur ces entrefaites, le cad du Pen se souleva,
Abou Hasson se dcida alors, d'accord avec ses partisans, aller
demander du secours Sa Majest, et, pour tranquilliser le commun du
peuple, il annona qu'il partait en plerinage pour La Mecque; puis il
monta sur une barque qu'il avait fait prparer deux lieues du cap de
Vlez. Questionn sur le Chrif, Abou Hasson dit que celui-ci a
l'intention de s'emparer de toutes les fronteras et de passer ensuite en
Espagne sur deux cents galres et bateaux plats qu'il veut faire construire.
Le Chrif lui aurait crit de venir, lui promettant Fez, car son inten-
tion tait de jaire bien d'autres conqutes. Abou Hasson aurait
rpondu au Chrif qu'il ne voulait pas le voir et qu'il tait sujet de Sa
Majest. Ncessit de pourvoir Melilla de troupes et de vivres, car,
d'aprs Abou Hasson, le Chrif est dcid attaquer cette place.
Melilla, 18 avril l/jg.
Sur la couverture, alia manu: Oran. A Sus Altezas. i/ig.
De Bartolom Dorador.
Muy poderosos Seores,
Mircoles, a diez y siete del mes de Abril, llego el rey Muli
Ba Haona esta cibdad, en una varea de quatro vancos con tres
remos, el Rey, diez onbres, los cynco Cristianos y los cynco Moros,
entre los quales veni un cavallero alcayde que se dize Ci Ali ben
Xocon
1
, de Fez.
i. ANDRADA. (IV, 5i) l'appelle Xacron. Il faut rtablir : Ali benGhakroun.
a34 18 AVRIL i5/9
Dize Su Alteza
1
que le mobio esta venida a verse conSu Magestad,
fue la buena respuesta que Su Magestad le escribi por parte de
Francisco Verdugo, las quales cartas le dio Molina, un mercader
de Malaga
2
; y que luego mando proveer de echar a la guerra dos
galeotas y una fusta, enque avia metido parte de sus tesoros, por
que la otra mayor cantidad de sus tesoros tiene escondida muy
ocultamente donde no lo sabe nadie syno Dios y el ; y en estos
navios crey llebar sus mugeres y hijos con trezientos cautivos
chicos y grandes ; y que, andando ansy probeyendo para efetuar
su voluntad, se le alo el alcayde del Pen
3
.
Y ansy dize el Rey que, quando vido el Pen alado, se acon-
sejo con sus cavalieros de dentro de Vlez y les dixo que, para el
bien dellos y el Rey poder sustntanos, que conveni yr a pedir so-
corro a Su Magestad y a meterse debaxo de su anparo, para que de
todo, de su persona y seoro, Su Magestad disponga a su serbicyo ;
y que todos los cavalieros y xeques questaban debaxo de la mano
del Rey quedanobidientes a lo que el Rey conSu Magestad concer-
tare y hiziere, que estaranpor ello ; y que, despues que uvo consul-
tado con los grandes, para conplir con la otra jente comn, les
dezi, quando le preguntavan, que se yba la buelta de Llevante a la
casa de Meca enromeria; y que, a dos leguas deste cabo de Velez,
le tenan aparejada la dicha varea en que aqui vino, a los quales
4
les dio mas de mili ducados por ellos y aun dize mili y quinientos.
Y dize el Rey, preguntado que dize el Xarife, dize que a de
hazer de manera que tomar todas las fronteras que enfrica estn;
y que, tomadas las fronteras, a de hazer dozientas galeras y tafureas
para pasar enEspaa. Preguntndole yo al Rey como lo sabe, dixo
que le abia escrito el Xarife que se fuese a vello y que le daria a
Fez, por que el tenia pensamiento de pasar adelante a entender en
seorear otras muchas provineyas ; a lo qual dize el Rey que le respon-
di quel era vasallo de Su Mag*y que enninguna manera elle queria
ver la cara, sino conplir lo que a Su Magestad le teni ofrecydo
b
.
1. Su Alteza, le roi de Velez, Abou MARMOL, Lib. II, cap. 4o, f. 260.
Hasson. 4- A losquales, c'est--dire: aux marins
2. Sur ce personnage, V, supra, Doc. qui montaient la barque.
LXV1, p. 218 et note 1. 5. Abou Hasson, qui assistait la
3. Ils'appelaitEz-Zerhouni(Zorhoni). V. rdactionde cette lettre, a, sur la requte
LETTRE DE BARTOLOM DORADOR s35
^ - ^
Seing manuel
(l'A bou llasson.
**\
V
ra
Real Alteza mande proveer a esta cibdad de mas gente de pie
y de a cavallo a su real sueldo, y vizcocho, y harina, tocino, y
hava, y garvano que este de respeto, porque, segn este Moro
dize, que no ay ora segura, segn lo que el Xarife dize que deter-
mina de venir sobre esta frontera, porque le a certificado unalcayde
que esta en esta tierra, que se dize Ali Araez
1
, que tiene poco que
hazer en tomalla. Por tanto suplico a V
ra
Real Alteza nos mande
enbiar el socoro real, para que ac, mediante Dios, hagamos lo que
somos obligados al servicio de V
ra
Real Alteza y guarda desta cibdad.
Las obras anparado por falta de los materiales ; y, por la voluntad
del capitn Perea, que no le falta para reparallas contoda breve-
dad, entindese enahondar la cava y teraplenar endonde ay mayor
necesidad. Suplico a V
ra
Real Alteza sea servido de mandar hazer
la cava por donde el capitn Perea tiene traado, para que se haga
isla esta cibdad ; la cual si se haze, a trueque de dos mil ducados que
todos dizen que tendra de costa, sera la cosa mas fuerte que se
hallara entoda la Cristiandad.
Guarde Nuestro Seor y acreciente los muy poderosos y reales
principe y princesa archiduques de Austria, mis seores, etc !
De Melilla, a diez y ocho dias del mes de Abril de mil y quynien-
tos y cuarenta y nueve aos.
Besa los reales pies y manos de V
ra
Real Alteza.
Sign: Bartolom Dorador.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 7. Original.
de Dorador, appos sonseing manuel sous a Dieu au-dessus de tout! et Dieu
le paragraphe o il est fait allusion sa fasse prosprer ses entreprises !
loyaut l'gard de l'Espagne, enle faisant i. Sur ce personnage, V. supra, p. i85
prcder et suivre des deux invocations et note i.
236 18 AVRIL l5/9
LXXIV
AVIS DES AUTORITS DE MELILLA
Juan de Perea, lieutenant-gouverneur de Melilla, a runi les autorits de
la ville et leur a expos qu'Abou Hasson tait arriv la veille, iy avril,
dans une barque, avec le dessein de passer en Espagne pour y solliciter
l'appui de Sa Majest. Dlibration sur le point de savoir si on doit
envoyer Abou Hasson dans la Pninsule, ou s'il faut attendre les ordres
de Sa Majest ; et, dans ce cas, comment pourvoira-t-on son entretien?
Avis du capitaine Miguel de Perea, du veedor Bartolom Dorador, du
contador Juan Davila, del 'alcalde mayor Andrs Davila et de Garca de
Heredia. D'aprs l'ensemble de ces avis, il est convenu qu'on enverra
en Espagne la frgate de Melilla pour y porter la nouvelle de l'arrive
d'Abou Hasson, qu'on gardera celui-ci jusqu' ce que le prince Maximi-
lien ait envoy des ordres, qu'on lui donnera une escorte assez forte quand il
partira, vu qu'il est guett par des navires embusqus Vlez, et qu'enfin
on l'entretiendra Melilla aux frais de la Couronne plutt qu' ceux du
duc de Medina-Sidonia. Juan de Perea sera, comme il le demande
indemnis du fret de la frgate qu'il enverra en Espagne.
Melilla, 18 avril i54g-
Sur la couverture, alia manu: Melilla. i549- ^os
vo
tos
de los questanen Melilla sobre la venida a estos reynos del rey de
Belez.
En la cibdad de Melilla ques enlas plaas de frica, en diez e
ocho dias del mes de Abril de mille e quinientos e quarentas e
nuebe aos, el magnifico seor Joan de Perea, teniende de alcaide
e capitn e justicia mayor desta dicha cibdad, en presencia de mi
Gristoval de Villalon, escrivano publico desta dicha cibdad, el dicho
seor alcaide hizo juntar encasa del seor capitnMiguel de Perea
a el dicho seor capitn, y a Bartolom Dorador, beedor de Su
Magestad, y a Juan Davila, beedor e contador dlia, y a Andrs
AVIS DES AUTORITS DE MELILLA 2 3 T
Davila, alcalde mayor desta dicha cibdad, y a Garcia de Heredia,
criado del seor duque de Medina Sidonia e thenedor de los basti-
mentos desta dicha cibdad ; et les dixo e platico como ya sabian
que ayer mircoles, diez e siete dias deste presente mes de Abril,
avia llegado al puerto desta cibdad una barqueta pequea y enella
avia venido el rey de Belez de la Gomera para pasar enEspaa e
yr a ver a Su Magestad e le pedir socorro ; por tanto le diesensu
parescer si lo enviaria a Castilla enel vergantinquesta cibdad tiene,
ques buennabio, o si primeramente lo enbiaria a hazer [saber] a Su
Magestad, para que Su Magestad enbiase a mandar lo que mas
fuere su serbicio ; e que ansy mismo que, enel entretanto quel tal
nabio fuese a Espaa, que de donde e como se probeeria el dicho
rey de Belez de gasto e lo que fuese menester : de todo ello les
pidi su parescer como personas mas principales desta cibdad e
oficiales della que lo digan. E lo que cada uno dellos dixo e boto
es lo siguiente enesta manera :
El dicho seor capitnMiguel de Perea dio su boto eneste caso
e dixo que lo que le paresce es queste negocio se deve hazer saber
a Su Alteza
1
para que probea lo que fuere servido ; y que, enel
entretanto que biene mandato de Su Alteza, se tenga buena guarda
e bigilancia sobrei dicho rey de Belez e sobre los Moros que aqui
a traydo, e que se le haga todo buen tratamiento, e que se le de
todo lo que uviere menester a quenta de Su Alteza o del seor duque
de Medina Sidonia, quel tendra cargo de lo hazer saber a Su Alteza
si el gasto que se hiziere enesta dicha cibdad conel dicho rey de
Belez si lo pagara Su Alteza o el dicho seor Duque.
Otros dize que, porque enBelez de la Gomera avia tres o quatro
nabios puestos enhorden y armados para salir e que ya enBelez
sabenqueste rey es benido aqu, que podra ser questubiesenespe-
rando enel cabo de Entrefolcos u enla costa de Espaa ; que le
paresce que no le debende consentir ni dalles aviamiento para que
se baya, por lo mucho que aventura si este rey se perdiese, hasta
tanto que Su Alteza sepa e probea lo que sea su real servicio. Y
este es su final parescer eneste caso e firmlo de su nonbre : Mi guel
de P erea.
i. Su Alteza, Maximilien.
238 18 AVRIL 15/|9
E luego Bartolom Dorador, beedor de Su Magestadenesta dicha
cibdad, dixo que lo que a el le paresce eneste caso es quel aprueba
por bueno el parescer del seor capitn Miguel de Perea e lo que
a votado e dicho eneste caso, porque ansi conviene al servicio de
Su Alteza. Y, enlo de la costa e gasto queste dicho rey de Belez en
esta cibdad hiziere, por quanto la enpresa es de Su Alteza y a su
serbicio toca, que dize quel gasto que conel se hiziere que sea costa
de Su Alteza. Enansi pidi quel seor alcaide lo mande proveer et
lo nescesario a ello de lo que aqui tiene el seor duque de Medina
Sidonia para el probeymiento desta cibdad, que de alli se probea en
nonbre de Su Alteza. E firmlo de su nonbre : Bartolom Dorador.
E luego Joan Davila, veedor e contador desta dicha cibdad, dixo
que su parescer es que, pues el rey de Belez a benido a esta cibdad
a favorescerse enella para pasar a Su Magestad y pedille socorro
que suele dar a otros, que aqui se le debe hazer todo buen trata-
miento como a quienes, porque Su Magestad y el duque mi Seor
ensu nombre sera serbido dello. Y porqueste negocio es de mucha
calidad, que toda la tierra por donde a venido, ques la costa de
Berbera, se abra sabido, y quatro nabios questan enel Pen de
Belez, dondel sali, estn armados y podran salir a buscalle o
esperalle enel cabo de Entrefolcos, y unbuenvergantinquel Duque
mi seor tiene enesta cibdad no seria parte para pasar, si los dichos
nabios estubiesen esperndole, por tanto que le parescia e parescio
que se debria anbiar una fregada que aqu esta ligera e manual a
dar aviso a Su Magestad y al Duque mi seor en su nonbre, para
que manden enbiar nabio o nabios en que baya el dicho rey, sin
que se aventure su persona, o lo que mas su servicio sea. Y esto
dixo que daba e dio por su parescer. Firmlo de su nonbre : Joan
Dabila.
E luego el dicho Andrs Dabila, alcalde mayor desta dicha cib-
dad, dixo que lo que le paresce es quel rey de Belez se a benido a
valer e faborescer en esta cibdad para se pasar en Espaa e yr a
besar las magnos a Su Magestad ; y, por los muchos ynconbinientes
que le podranacaescer enel camino por nabios que dizenque ay
enBelez de la Gomera armados, que le paresce quel seor alcaide
lo detenga enesta cibdad hasta tanto que Su Magestad probea lo
que sea su servicio ; e que, si menester es, le requiri a el dicho
AVIS DES AUTORITS DE MEL1LLA i 3g
seor alcaide lo detenga enesta dicha cibdad hasta tanto que Su
Magesfad lo sepa, por el malo aparejo que ay enesta cibdad de
nabios para lo enbiar. Y enlo del mantenimiento, dixo quel seor
alcaide lo mande probeer ennonbre de Su Magestad de lo que
uviere menester. E firmlo de su nombre : Andrs Davila.
E luego el dicho Garcia de Heredia dixo que su parescer es que
se escriba a Su Magestad e se le haga saber la benida deste rey de
Belez a esta cibdad y a que biene, e quel seor alcaide no lo debe
de dexar yr hasta tanto que Su Alteza probea lo que sea serbido,
por raznque enesta cibdad no ay nabios para que se pueda Uebar
una persona como la del rey de Belez seguro, por los peligros e
ynconbinientes que se podran recrescer enla mar. Y que, en
quanto a lo probeer de lo que ubiere menester, que a quenta de
Su Magestad se le probea lo que ubiere menester, pues que del lo
Su Magestad sera servido. E firmlo de su nonbre : Garcia de
Heredia. \
E luego el dicho seor alcaide Juan de Perea dixo que declaren
sy se enbiara a Castilla unvergantin questa cibdad tiene, o una
fregata quel dicho seor alcaide tiene enesta dicha cibdad. E lo que
dixeron es lo siguiente: El dicho seor capitn Miguel de Perea
dixo que le paresce que debe yr una fregada questa enesta cibdad
del seor alcaide a Castilla, enque puedenyr diez o doze honbres
en ella, ans por menos costa como por mas presteza, es ligera de
la mar. E, porque es justo que gane su flete lo que se acostunbra
dar a una fregata, porque se le toma mas por fuerza que por grado
para esto que toca al servicio de Su Alteza, porquel vergantin
desta cibdad conviene queste de respetto para mas necesidad, e
que, enquanto al flete que la fragada deve de aver por su viaje,
que Su Alteza se lo mandara pagar ; y que debe luego a la hora
encontinente mandalla aprestar a costa de Su Magestad, como esta
hordenado, porque salga de aqui a media noche, porquel mayor
peligro que aqui se puede recrescer es el cabo de Entrefolcos. E
todos los sobredichos se tubieron a este parescer del seor capitn
e firmronlo de sus nonbres : Miguel de Perea, Bartolom
Dorador, Juan Davila, Garcia de Heredia.
E luego el dicho seor alcaide Joan de Perea dixo que Su
Magestad y el duque de Medina Sidonia tienen enesta cibdad un
2/|O 18 AVRTL l 5/ 9
vergantinpara estos negocios y otros que susceden, mas, no enbar-
gante esto, que, por questo toca al serbicio de Su Magestad quel
quiere dar la fregada para que baya a Castilla para hazer lo suso-
dicho, pagndole su flete lo que fuere justo. Y el seor capitn
Miguel de Perea y Bartolom Dorador, beedor de Su Magestad,
dixeron que en Castilla se tasara el flete de lo que meresce e que
dello sera pagado, y quellos, si es necesario, se obligan en nonbre
de Su Magestad de le pagar todo el /flete que la dicha fregada
meresce enhiiendo que benga de Castilla a esta cibdad conla
respuesta de lo que truxere.
E el dicho seor alcaide mando a mi, el dicho escrivano, saque
un traslado de lo susodicho, e firmado e signado de mi nonbre e
signo se lo diese. E yo, el dicho escrivano publico, saque un
traslado de la susodicho segnque ante mi paso, ques fecho enla
dicha cibdad de Melilla, en diez e ocho dias del mes de Abril de
mili e quinientos e quarenta e nuebe aos, siendo testigos Joan
Martine Joande Torres, estantes enMelilla.
E yo, Cristoval de Villalon, escrivano publico desta cibdad de
Melilla, lo escrevi e fiz aqui mi signo ques a tal, entestimonio de
verdad.
Sign: Cristoval de Villalon, escrivano publico.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Original.
LETTRE DE MIGUEL DE PERE A 2/(
LXXV
LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
Abou Hasson est arriv Melilla hier mercredi ij avril sur une petite
barque avec dix hommes tant maures que chrtiens. Par crainte de
plusieurs navires mouills Vlez, on a retenu Abou Hasson Melilla.
Leurs A Itesses Royales dcideront si on doit renvoyer chercher ou si
on doit l'embarquer, tout risque, sur un briganlin qui se trouve dans le
port. Si l'on s'en rapporte aux dires d'Abou Hasson, il est urgent
d'envoyer au plus tt Melilla des approvisionnements et des troupes
// sera exerc une surveillance de jour et de nuit autour d'Abou
Hasson. Les gens du duc de Medina-Sidonia ne veulent rien donner
pour l'entretien d'Abou Hasson et de sa suite. Perea est oblig d'y
pourvoir ses frais. // prie Leurs Altesses Royales de prendre des
mesures cet gard.
Melilla, 18 avril i54g.
Sur la couverture, alia manu : Melilla. A Sus Altezas.
1549. Del capitn Perea, xvni de Abril i/ig.
Mui poderosos Seores,
Ayer mircoles de tinieblas, que sona los dezisiete del prsenle,
llego aqui el rei de Belex, condiez Moros y Cristianos, a medio dia,
enuna barquilla mui pequea condos remos, tanespantado que
aun aqui no se tiene por seguro, segnlo que le acaeci enBelex
de la Gomera al tiempo que se quiso enbarcar para yr a Castilla a
besar las manos a V
ra
Alteza, segn el dize.
Y por que tenemos nueva cierta que enBelex ay tres o quatro
navios prestos para poder salir, tienese por cierto que, como han
sabido queste rei moro se a venido aqui, que pornandiligencia en
DE CASTKIES. X. iG
2^2 l 8 AVRIL l 5/l 9
podello aver a las manos, avranpuesto navios enel cavo de Entre-
folcos
1
y enlas yslas de Albolanche
2
, que sonlas ladroneras de
las entradas y salidas desta cibdad ; y, por que vaya este rei seguro
a informar a Y
ra
Alteza de algunas cosas que cunplen a su real
servicio y estado, le hemos detenido hasta que Y
ra
Alteza envie
por el u mande que le aventuremos enunbergantin que ai aqui
de onze bancos. Suplico a V
ra
Alteza me haga merced de respon-
derme vrebemente enesto y enlo dems que he escrito enlas
cartas pasadas.
Y, porque ha pocos dias que escrevi a V
ra
Alteza mas largo, en
esta no ai mas que dezir, sino que, si es verdad lo queste rei moro
nos ha dicho, tememos brevemente necesidad del favor y socorro
de V
ra
Alteza enmandarnos harina y vizcocho de respecto y alguna
gente de bien a su real sueldo, porque conla tal gente se suelen
defender semejantes placas questa.
En lo que toca al Rei, aqui se terna conel muy buen recabdo,
guarda de noche y de dia; y, enlo que toca al mantenimiento
que se le da, a el y a unalcaide del rei de Fez
8
y a otros quatro Cris-
tianos cativos y otros cinco Moros que sononze por todos, V
ra
Alteza
tenga por entendido que los oficiales que aqui ai del duque de
Medina Cidonia no sonparte para dar unmaravedi de panni de
vino, porque no tienencomisin del Duque para dallo. Yo les he
hecho dar de comer a my quenta. Por tanto suplico a Y
ra
Alteza,
sino fuere servido de mandarlo pagar, mande al Duque que lo
pague. Y contanto quedamos todos los desta cibdad conmuy buen
animo para servir a Dios y a Y
ra
Alteza.
Dios, Nuestro Seor, guarde y acreciente las muy poderosas
personas de Y
ras
Altezas, y reales estados acreciente como los
servidores y criados de Y
ra
Alteza deseamos !
De Melille, a deziocho de Abril de i549 aos.
Muy poderosos Seores,
Besa los reales pies y manos de V
ras
Altezas,
Sign: Miguel Perea.
i. El eivo de Enlrefolcos, le cap Tres boran.
Forcas. V. supra, p. 62, noie 1. 3. Le cad Ali benChakroun. V. supra,
1. Las islas de Albolanche, l'le d'Al- Doc. [Link], p. 233, note 1.
LETTRE DE MIGUEL DE PEREA
2^3
DCISION.
Qu'on embarque Abou Hasson sur le brigantin ou sur une frgate.
Que Perea et les autres voient quels services pourrait rendre Abou Hasson,
tandis qu'il est Melilla, quels renseignements il peut donner, s'il dispose
de forces suffisantes pour occuper Tazouta ou Caaa et pour s'y main-
tenir avec l'aide de l'Espagne; qu'ils sachent ce qu'il en est du Pen et
si l'on pourra traiter avec celui qui tient cette forteresse. Qu'en
attendant, on surveille rigoureusement Abou Hasson.
Que lo enbien enel vergantino enuna fragata.
Que Perea que entiendan
d
del en lo que podra ayudar y servyr
estando alla, y los avisos que tenia, y sy avra aparejo para tomar
a Taota
2
o Gaaa
3
y sostenerse ally con el favor de ac, y como
esta lo del Pen, y sy se puede tratar con el que lo tiene que lo
entregue. Para entretanto y que ellos tengan quenta conel y estn
a buen recaudo.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 474. Original.
1. Lapsus du secrtaire qui aura oubli
de canceller Que Perea .
2. Taota, alias Tezzouta, dans le Rif.
Tezzota una terra inGaret discosta da
Ghasasa interra ferma cerca a quindici
miglia. fabbricata sopra untofo altssimo
e ha una piccola via, per cui si va d'intorno
al detto tofo. Dentro nonsi truova acqua,
senoninuna cisterna. Gli edificatori di
questa citt furono dlia casa di Bni Marin,
avanti che fussero signori, i quali vi tene-
vano dentro i loro grani e le loro faculta,
e potevano andar sicuriper li deserti, perche
a que tempi nonerano Arabi inGaret ;
ma, dipoi che costoro hebbero dominio,
lasciarono quest citt e la regione di Garet
a certi loro vicini, e si diedero a provincie
piu nobili. Inquesti mutamenti, Giuseppe,
figliuolo di Giacob, secondo re della casa
di Marin, per giusto sdegno fece rovinar la
detta citt. Ma, essendo venu ta Ghasasa in
mano d'i Christiani, uncapitano del re di
Fez di nation granalino, valentssimo
huomo, dimando licenza al Re di rinovar
Tezzota, il qale gliela concesse. Cosi la
citt fu rifatta ; e oggidi i Christiani di
Ghasasa coni Mori di questa citt fanno di
continove correrie : e hor questi, hor quelli
sono perditori. LON L'AFRICAIN, d.
155o, f. 57. Tazouta (Hissen Tazouta
Uajjt" j^a>-) tait undes chteaux les
plus forts du Maghreb. Les princes des
Bni Merin attachrent une telle impor-
tance la conservationde cette place qu'ils
endonnrent toujours le commandement
des officiers habiles et d'undvoment
prouv . V. IBN KHALDON, t. IV,
p. i35.
3. Sur Caaa, V. supra, p. 62, note r.
il\k APRS LE l 8 AVRIL l 5/JQ
LXXVI
MMOIRE DU DUC DE MEDINA-SIDOTNIA
(EXTRAIT)
Abou Hasson est arriv le IJ avril Melilla dans une barque avec cinq
Maures et cinq Chrtiens. Le Pen s'est rvolt contre lui et s'est d-
clar pour le Chrif. Le Duc donne immdiatement des instructions afin
qu'Abou Hasson soit amen Malaga et de l auprs du roi de Bohme.
Il envoie quatre Maures qui se sont rfugis Melilla et qui sont fils
de cads et de cheikhs tus par le Chrif. Ils tmoigneront des pro-
grs de ce dernier, qui s'est empar du royaume de Kouko dont il a tu
le souverain. Une partie de son arme serait en marche sur El-Ksar
es-Seghir. II cherche construire ane flotte. // envoie des forces
contre chaque frontera pour viter qu'on ne lui oppose une grande arme,
avant qu'il n'ait construit ses navires.
S. 1., [aprs le 18 avril o/j)
1
]-
Sur la couverture, alia manu: El duque de Medina Sydonia.
Castilla. I 54Q.
Memorial de lo que de mi parte abeis, Seor
2
, de dezir al muy
poderoso seor rey de Bomia y a los seores del Consejo de la
Guerra de Su Mag\
E, porque Su Alteza me escribi le abisase de todo lo que suce-
diese e supiese del Jarife, me parescio enbiar este correo conalgunos
de los abisos que de presente ay.
1. Le roideYelcz tait arriv Melilla le crit quelques jours aprs cette date.
17 avril, comme le duc de Mcdina-Sidonia 2. Ce mmoire tait adress Fran-
l'annoncc dans sonmmoire, qui a d tre cisco de Herrera. V. p. 245, note 3.
MMOIRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA. 2/| 5
A los 17 deste, el rrey de Belez vino a Meliya enuna barquilla
de quatro remos condiez honbres, cinco Moros y cinco Cristianos,
que el Pense alo contra el por el Jarife. E, a la ora que me vino
el correo, lo torne a despachar para que truxesen al Rrey a Malaga
y se enbiase a Su Alteza.
Tanbien se binieron a Meliya otros quatro Moros, huyendo del
Jarife, que les mato a sus padres, que eran alcaides e personas
principales, los quales enbio a Su Alteza, para que dellos se mande
ynformar del poder grande de aquel enemigo, el qual tanbiena
tomado agora el reyno de Cuco
1
e muerto al Rey, Ay nueba que
parte de su exercito a enbiado sobre Alcaar.
El rey de Belez y los otros Moros que embio andicho que el
Jarife quiere hazer ciengaleras y cientafureas, y que tiene cortada
la madera para ellas.
Su Alteza estara bienynformado del poder grande deste enemigo,
y la mucha gente y mucho dineros que tiene, y muy grandes
mineros de metal ; de manera que ninguna cosa le falta para prose-
guir su proposito, que es hazer guerra a Cristianos ; y por esta
carta deste captibo
2
se entendera mas particularmente. Paresceme
que, en el hazer de la guerra de presente, husa de gran maa,
repartiendo su gente por las fronteras para gastar lo destas partes y
entretener que no se haga exercito grueso hasta que se hagan sus
nabios
3
.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
1. Sur le royaume de Kouko (Grande 3. A la findu prsent mmoire, Francisco
Kabylie), V. supra, p. 2i3, note 2. La nou- de Herrera a ajout la mention suivante :
vello de la prise de ce royaume par le Ghrif Francisco de Herrera, ennombre de Don
tait unde ces bruits sans fondement, comme JuanAlonso de Gusman, duque de Medina
il en circule parmi les indignes, quand Sidonia, suplica a V
ra
Alteza mande proveer
leur imagination est surexcite. lo eneste memorial contenido y se le den
2. Deste captibo, sans doute le porteur du los despachos dello ; y enello recibir mer-
courrier, ced .
2^6 21 AVRIL l 5^9
LXXVII
MMOIRE DU COMTE D'ALCAUDETE POUR DON MARTIN
ET POUR PEDRO DE CRDENAS
(EXTRAIT)
Le Chrifa crit au pacha d'Alger, pour lui proposer une action commune
en vue de la conqute d'Oran et de Mers el-Kebir, qui resteraient aux
Turcs. II a envoy un prsent au corsaire Dragut, en lui offrant de
prendre ses vaisseaux sa solde pour faire la guerre l'Espagne ; plu-
sieurs corsaires d'Alger auraient rejoint Dragut pour passer avec lui au
service du Chrif. Ce dernier aurait crit au pacha d'Alger pour
lui proposer, s'il voulait faire la guerre avec lui contre l'Espagne, de
venir avec toutes ses forces sous prtexte de rtablir Moulay Ahmed sur
le trne. Les troupes turques se joindraient celles du Chrif, le roi
de Tlemcen serait dcapit ; le Chrif, avec son artillerie, prendrait
Oran et Mers el-Kebir, les donnerait au pacha d'Alger, et garderait
pour lui Tlemcen et le reste du royaume ; ils pourraient ensuite faire la
guerre l'Espagne, quand ils le voudraient. C'est ce sujet que le
secrtaire du pacha d'Alger est venu Mostaganem. On suppose que
ces ngociations ont lieu par l'intermdiaire du cad Saffa, qui connat
le Chrif, auprs duquel il a t prcdemment envoy.
[Oran, 21 avril i549
J
-]
Lo que vos, DonMartinde Gordova, mi hijo, o, por su absencia,
el lisenciado Pedro de Crdenas, mi solicitador, diris a Sus
Altezas, es lo siguiente :
Que este vergantin se a detenido por el tiempo. Y en esta ora
me a llegado el mensajero que enbie al alcayde de Mostagn con
rrespuesta de la carta que le avia escripto enrrespuesta de la suya,
y trae la carta de que a Sus Altezas enbio copia
2
. El mensajero que
1. Ce document doit tre de la mme 2. La lettre du cad de Mostaganem, la
date que le suivant, qui le rsume enpartie. rponse du comte d'AJcaudete et la rplique
MMOIRE DU COMTE D' ALCAUDETE 2 ^
le enbie es un criado mio, con quien el suele trattar otras cosas ;
avsame que el Xarife ha escripto al rrey de Argel
1
que se con-
cierte con el y que vengan ambos sobre Oran y Maarquibir, y
que los tomaran; y que estas plaas y los otros puertos deste rreyno,
que los tenganlos Turcos y que todos haganguerra a Su Mag
4
; y
que, si esto haze, que no tenga miedo del, que no le har dampno
en sus tierras. Y dize asimismo que a enbiado el Xarife a Dargut
Arrez
2
muchas pieas de plata y dineros, y que le ofrece paga para
sus navios y para todos los que truxere, y que se venga a sus puer-
tos para hazer la guerra a Espaa ; y que de Argel se anydo algu-
nos navios y jente a Dargut Arrez, para pasarse al servicio del
Xarife ; y que ha escripto que travaje para traer de Turquia todos
los cosarios y jente que pudiere, que el los pagara.
Dira asimismo a Sus Altezas que unChristiano captivo que esta
en Mostagn, y otro rrenegado que a ganado sueldo enesta ciudad,
avisanque, estando cenando conel alcayde este escrivano que dize
enla carta
3
y otros Turcos con el, despues de aver biencenado y
bebido, dixeronque el Xarife avia escripto al rrey de Argel que no
huviese miedo si queria concertarse conel para hazer guerra a los
Christianos, y que, si lo queria hazer, que avia de venir con toda
la jente que pudiese, diziendo que queria faborecer a Muley Hamet
y ponelle en el rreyno ; y que esto ha de hazer quando sepa que
el Xarife viene sobre Tremecen; y que, llegado all, se juntaria su
jente conlos Turcos y degollara al rrey de Tremecen y que vernia
sobre Oran y Maarquibir y las podran luego tomar, trayendo
artillera por la mar ; y que, tomadas estas plaas, las dar al rrey
de Argel, y se quedara el Xarife conTremecen y todo lo [dems]
del reyno, y podranhazer la guerra a Castilla como quisiesen
4
.
du dit cad se trouvent en copie dans la lettre du cad de Mostaganem au comte
mme liasse k^k- d'Alcaudete (mme liasse 474), cite supra,
1. Hassan-Pacha. V. supra, p. 2o3, n. 7. p. 246, note 2.
2. Dargut Arrez : Dragut-Ras. En 4- Dans la premire de ses lettres au
mars, Diego de Bolaiios avait dj signal le comte d'Alcaudete (V. ibidem), le cad de
bruitque le Ghrif avait fait appel Dragut. Mostaganem lui crivait ce sujet : El Xa-
V. supra, p. 191 et note 3. rife a tomado al rrey del Dubdu y viene so-
3. L' escrivano Mami, secrtaire du bre Arzila, y tienenpensado de venir a Tre-
pacha d'Alger, nomm dans la seconde mecen y a Oran, y, si toma a Tremecen,
248 21 AVRIL 15^9
Enbia a dezir el captivo que dio aviso desto por ser cosa que
convenia rremediarse luego, y que a este tratto vino el secretario
del rrey de Argel a Mostagn, y sospechase que se trata por medio
del alcayde Cafa
1
, porque tiene noticia del el Xarife, por aver
enbiadolo a el el rrey de Argel sobre los negocios del rrey de Fez,
antes que se perdiese. Y dize este captivo que de otras cosas puede
avisar que ynportan mucho al servicio de Dios y de Su Mag*, las
quales no dira, si no le rrescato. Quedo entendiendo ensu rrescate,
por el aviso que ha dado y por los que podria dar. Aunque lo diga
por solo su libertad, que yo terne el aviso posible para saber lo que
todos tractaren.
Dira asimismo que en esta ora me a llegado otro correo del
Mezuar, con una carta que le enbiaron los Halafes, que confinan
con la tierra de Fez, de que enbio copia con esta
2
; que lo mismo
he sabido por aviso de Moros desta sierra, que enbie a saber nue-
vas del Xarife.
o
. , , 1 1 Al 11 .
oigne : Mil conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 474. Original.
no quedara a Oran ni nosotros, y el rrey
[de Argel] quiere enbiar buenajente, mili
geniaros dems de la que esta en el
Poniente . Il ajoute : Si viene este hom-
bre, no quedara ni nosotros ni vos,... y
este alcayde que viene del Poniente nos
tiene a todos por negros y piensa de qui-
tarnos nuestras tierras . Cet homme,
ce cad qui vient du Ponant n'est autre
que le Chrif. Sur ces ngociations
entre le Chrif et les Turcs d'Alger, V.
infra, p. 3oo et notes i et 2.
i. Sur ce cad, V. supra, p. 206, note 5.
Onvoit par ce passage que le cad Saffa
est cet ambassadeur qui vint trouver le
Chrif Merrakech pour lui demander la
mise enlibert du roi de Fez Ahmed el-
Ouattassi, fait prisonnier la bataille de
l'oued Derna (septembre i545). Le rcit
de cette ambassade se trouve dans TORRES,
cap. 64 Cet auteur la place tort enjuil-
let i548, puisqu' cette poque Ahmed el-
Ouattassi tait assig dans Fez par le
Chrif. L'ambassade est de i547,
a
^
ns>1
qu'il rsulte du contexte mme de Torres.
2. D'aprs cette lettre, sans date, crite
par Youssef benAhmed el-Ahlafi au me-
zouar El-Mansour, le Chrif se serait
entendu avec le roi de Vlez, Abou
Hasson, et le roi de Debdou, Moulay
Amar : El Xarife a hecho paz conel rrey
de Velez y lo a asigurado, para que haga
guerra a Christianos, y a el a dicho : Vos
soys guerrero y sabeis hazer navios ; yo dar
hazienda para ello, y haze quantos pudie-
redes . Y esto podeis creer que ya el rrey
de Velez esta siguro. Tanbienos hago saber
que el rrey del Dubdu esta asigurado del
Xarife y es venido a su casa . Legajo 4?4-
Ces nouvelles taient controuves, mais elles
sont un exemple des rumeurs alarmantes
qui couraient.
LETTRE DU COMTE DALCAUDETE 2^9
LXXV1II
LETTRE DU COMTE D'ALCAUDETE A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
La venue du Chrif bref dlai est confirme de divers cts, notamment
par le mezouar El-Mansour et par les lettres qu'il a reues d'Arabes et
de gens de Tlemcen. On doit donc tenir pour certain qu'il attaquera
Oran. Le Chrif s'est entendu avec le roi de Vlez pour avoir des
navires et il a crit Dragut pour obtenir son concours sur mer, en lui
envoyant de l'argenterie et des subsides. 11 s'est aussi entendu avec le
roi de Debdou et avec le pacha d'Alger, afin d'oprer sans tarder contre
Oran et Mers-el-Kebir ; il a offert ce dernier de lui remettre ces places,
ainsi que tous les autres ports. // n'y a pas de temps perdre; le
Comte va faire rparer d'urgence les fortifications et il insiste pour avoir
de l'argent et des provisions de bouche. El-Mansour et Moulay Ahmed
sont une demi-lieue de Tlemcen et ils vont sans doute y entrer. Le
secours qu'ils sollicitent est pour garantir leur conqute, car ils ne
pourront s'y soutenir qu'avec une garnison chrtienne. Le Comte ne
leur a pas donn satisfaction, attendant des instructions de Leurs
Altesses; mais il estime qu' dfaut de ce faire, ils s'entendront avec
le Chrif. La prompte arrive des renforts demands, en garan-
tissant la scurit d'Oran, aura pour effet de mettre obstacle cette
entente.
Oran, 21 avril i54g.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Por lo que Don Martin, mi hijo, avra dicho a V
ra!
Altezas, por
lo que ultimamente screvi conPedro de Los Rrios, avranentendido
V
ras
Altezas el estado de las cosas deste rreyno, y de la venida a
el del Xarife. Despus ac he tenido esta nueva por muchas partes,
25o 2 1 AVRIL l5/9
y por todas se certifica congran brebedad ; y lo mismo he enten-
dido por cartas que me ha scripto el mezuar Manor
1
, y por otras
que a el an scripto Alaraves del Poniente y otros cibdadanos de
Tremecen. Y no ha podido salir navio de aqui, porque han sido
los tiempos contrarios. De todo embiare larga rrazona V
ras
Altezas,
en vergantin armado ; que, por no serlo este, no me pareci que
convenia enbiar enel despacho conlas cartas de aviso que digo, ni
que este fuese sinalguna rrazon. Hazello he, estando adereado, que
sera al findesta Pasqua.
Las nuevas que en suma ay de que dar cuenta a V
ras
Altezas son
que la venida del Xarife a este rreyno y a sitiar estas plaas se puede
tener por cierta, por que todas las espias y avisos que tengo con-
forman enlo que dizen; y asimismo que el Xarife se a concertado
con el rrey de Velez, y ofrecidole todo el dinero y gente que fuese
menester para tener navios enbuena cantidad ; y que ha scripto a
Dargut Arrez
2
que se venga a el contodos los navios que pudiere,
al qual ha ofrecido que le encargara gruesa armada para que haga
dampno en tierra de Ghristianos, y por cierto se sabe que le pide
esto congranynstancia, y que le ha embiado ciertas pieas de plata
y dineros, para atraelle a su servicio. Y tanbien se sabe que el
Xarife se ha concertado conel rrey del Dubdu, que es enlos con-
fines deste rreyno, y que tiene tratto conel de Argel, con fin de
venir brevemente sobre estas plaas, y que le ha ofrecido de darse-
las, y todas las otras fueras dela costa de la mar, para hazer dende
ellas toda la guerra que pudierenenlas fronteras de Castilla.
Suplico a V
ras
Altezas, si, quando esta llegare, no huvieren
mandado despachar lo que he suplicado, que con grandissima
brevedad lo manden, porque la necesidad que se ofrece y cada dia
se acerca no sufre ninguna dilacin. Por lo qual dende maana,
segundo dia de Pasqua, se comiena a entender en algunos rre-
paros de que ay muy gran necesidad, tomando fiado, hasta que
vengan dineros de obras, el vino y carne que fuere menester para
los que travajarenpor jornal, y para meter mas gente enesto ; porne
yo las manos en ello, porque todos hagan lo mismo. Y por esto
i. Sur ce personnage, V. supra, p. 202, 2. Dargut Arrez, Dragut-Ras. V. supra,
note G. p. 247 et note 2.
LETTRE DU COMTE D' ALCAUDETE 251
suplico a V
ras
Altezas que, asi la gente como el dinero de obras y
todas las otras cosas, se provean conla presteza que digo, porque
estas plaas se puedan asegurar del peligro que ternian, si no se
hiziese.
Del Mezuar y del Rrey su sobrino tengo oy nueva, que esta a
media legua de Tremecen. Certificanme que entraranenla ciudad.
Lo que en esto tengo que dezir a V
ras
Altezas es que creo que lo
podranhazer, y que el socorro que cada dia me pidenes a finde ase-
gurarse despus de ganado Tremecen; porque tienenentendido que,
sin Christianos dentro, no pueden sostenerse. No les he osado cer-
tificar este favor que piden, hasta verlo que a V
ras
Altezas les parece
eneste negocio. Lo que yo entiendo del es que, faltndoles el favor
de Su Mag
(l
, no puedendexar de concertarse conel Xarife, porque
otros rreyes mas poderosos hazen lo mismo, por no poder soste-
nerse de otra manera.
Esto es lo que de presente tengo de que dar quenta a V
ras
Altezas ;
dalla hemos particularmente quando digo, y de lo que mas enton-
ces huviere. Aprovechara mucho para entretener a estos en el
servicio de Su Mag
d
venir con brevedad la gente que he suplicado
para la defensa destas plaas, porque, sabiendo ellos y todos los
Moros deste rrey no que estnaseguradas, no se concertaran con el
Xarife
1
.
Dios Nuestro Seor la vida y muy real persona de V
ras
Altezas
guarde y prospere, conacrecentamiento de otros muchos rreynos y
seorios !
De Oran, xxi de Abril i54p,.
De V
ras
Altezas muy verdadero servidor, que las muy reales
manos de V
ras
Altezas besa,
Sign: El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 74. Original.
i. Dans la mme liasse k^k, se trouve le Chrif, de donner, le plus promp-
une lettre, du i5 avril, du Conseil de ville tement possible, une suite favorable aux
d'Oran, sollicitant Leurs Altesses de faon demandes de secours prsentes par le comte
pressante, raisondes craintes qu'inspire d'Alcaudete.
22 26 AVRIL 15Zl9
LXXIX
LETTRE DU COMTE D'ALCAUDETE A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
Moulay Ahmed et le Mezouar sont dans la montagne au Sud de Tlemcen,
sur le chemin du Sahara, par crainte du Chrif, ayant avec eux toutes
les tribus de la rgion. Ils n'ont pas rpondu au Comte et il est sr
qu'ils traitent avec le Chrif en leur nom et au nom des tribus, parce
qu'ils n'ont pas confiance dans les secours de l'Espagne. Le Chrif
sera certainement heureux de s'entendre avec eux, et aussi avec le pacha
d'Alger, pour avoir des navires et des marins. Avis reus de l'arme
turque, de la Zafina et de Tlemcen, d'o rsulte la certitude de la venue
du Chrif et de son accord avec les Turcs et les Maures pour attaquer
Oran et Mers el-Kebir. Le Comte insiste pour qu'on lui accorde ce
qu'il a demand, offrant d'entretenir les soldats ses dpens pendant un
mois ou deux.
Oran, 26 avril i54g-
Adresse : A los muy altos y muy poderosos seores, mis seores
los reyes de Bohemia.
Muy altos y muy poderosos Seores,
Este vergantinse ha detenido por el rrezio tienpo que ha hecho,
y por esperar rrespuesta del rey Muley Hamet y del Mezuar su tio, y
mayor certificacin de los negocios del Xarife. Lo que del Rrey
y del Mezuar se sabe es que se han puesto nla sierra de sobre
Tremecen, enel paso de la Zahara, de miedo del Xarife y del tratto
que trae con los Turcos, y hanacudido a ellos todos los Alaraves
de aquella comarca y los deste rreyno. No me han rrespondido*, y
tienese por cierto que tractan con el Xarife, ennombre suyo y de
todos los Alaraves, para concertarse con el; y yo creo que lo
harn porque estndesconfiados del socorro de Espaa. Y tanbien
1. Lu rponse d'El-Mansour n'arriva que le 3o. V. infra, Doc. LXXXII, p. 261, note 1.
LETTRE DU COMTE D' ALCAUDETE 2 53
tengo por cierto que el Xarife holgara de concertarse con ellos, por
concertarse conel rey de Argel, para poder juntar navios y gente
que los sepa menear, conque poder mejor conseguir sus malos fines.
Del campo de los Turcos y de la afina
1
y de Tremecenhe tenido
aviso por cartas que hanescripto a particulares y a mi, que contie-
nenlo que V
ras
Altezas mandaran ver
2
. Por todos estos avisos y
por otras cosas que se y entiendo deste rreyno, no tengo dubda de
la venida del Xarife, y, viniendo, tanpoco la tengo de juntarse
Turcos y Moros con el y de ayudalle congente, artilleria y basti-
mentos, y todas las otras cosas necesarias para tomar estas plaas.
Hasta aora no se me ha rrespondido ni proveydo ninguna cosa
de lo que enbie a suplicar. La necesidad que se espera y la que estas
plaas tienen de fortificarse no sufre tanta dilacin. Supplico a V
ras
Altezas sean servidos de mandar proveer lo que he supplicado a
costa mia, quando a la de Su Mag
(1
no se proveyere, y con muy
granbrevedad, porque no quiero hazienda ni vida, sino para ase-
gurar el servicio de Su Mag
(1
como lo tengo scripto, ,y manden V'
as
Altezas que, por unmes o dos, venga la gente a mi costa. Y, si en
este tienpo no pareciere que avia necesidad delia, mio sera el gasto
y holgare mas de perdello que de tener estas plaas en el aventura
en que oy estn; porque la necesidad que oy se les puede ofrecer
no se puede rremediar entienpo, si se ha de proveer despues que
alia se sepa, especialmente siendo tannecesaria la gente para la for-
tificacin como para la defensa.
Dios Nuestro Seor la vida y muy real persona de V
ras
Altezas
guarde y prospere, conacrecentamiento de muchos reynos y seorios !
De Oran, a xxvj de Abril 1549-
De V
ras
Altezas muy verdadero servidor, que las muy reales
manos de V
ras
Altezas besa,
Sign: El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo h7i. Original.
i. La afina. Il semble que les Espa- 2. Ce sont les documents publis injra,
gnols d'Oran aient ainsi design la rgion Doc. LXXXIII, p. 267. Le courrier n'tant
qui s'tend l'E. de la Sebkha d'Oran. V. parti que le 3o avril, le comte d'Alcaudete
RUFF, p. 112, note 4- y ajouta unavis du 28.
2/\ 2 8 AVRIL l5/| )
LXXX
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT.)
Parti de Puerto de Santa Maria le 20 avril, il n'a pu arriver Tanger
que le 2/4. II y avait deux jours que les Maures qui avaient attaqu
cette ville s'taient retirs; ils taient alls auparavant sur Arzila.
Cinq Maures et un rengat de Lucques sont venus Tanger pour se con-
vertir. D'aprs ce rengat, les Maures qui ont attaqu pouvaient tre
3000 cavaliers et 5 000 fantassins ; ce sont des gens de Chechaouen et
des environs d'A rzila et de Tanger ; ils taient commands par Mohammed
ber-Rached, seigneur de Chechaouen. Leur intention tait d'occuper le
Seinal, mais, ayant reu avis que les Portugais les avaient devancs, ils
se sont contents de venir brler les rcoltes autour d Arzila et autour
de Tanger, sans avoir aucunement l'ide d'assiger ces deux places,
car ils n'avaient pas d'artillerie. Les Maures se sont retirs, en appre-
nant l'arrive des galres de secours. 11 y avait avec le cad de
Chechaouen un capitaine turc et 200 arquebusiers. D'aprs le gou-
verneur de Tanger, le nombre des Maures serait beaucoup plus lev ;
mais D. Juan de Mendoza s'est rendu compte par lui-mme de l'exactitude
des dires du rengat. D. Juan a amen Tanger 200 arquebusiers
et 3o barils de poudre. Les Maures ont lev le camp de jour et se sont
spars 3 lieues de Tanger; ceux qui rentraient Ttouan ont tal
Ceuta en passant et y ont tu deux vigies. Suivant D. Juan, cette
incursion des Maures accompagns de Turcs aurait eu pour but de recon-
natre la force respective des fronteras ; il se pourrait galement que le
Chrif ait voulu accrotre son prestige auprs des Maures, en attaquant
les Chrtiens. Cinq Maures, dont un de bonne famille, sont arrivs
Arzila pour se convertir. Ceux qui sont venus Tanger dans le mme
dessein sont peut-tre des espions et D. Juan a conseill de les envoyer en
Portugal. Le 26 avril, D. Juan s'est rendu El-Ksar es-Seghir pour
inspecter les travaux. La position du Seinal est trs forte par elle-
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 2 5 5
mme. D'aprs le gouverneur de Ceuta, le Chrif est Fez et ne se
risquerait pas pour le moment s'loigner ; c'est aussi l'avis des Maures
venus Tanger ; ils ajoutent que l'intention du Chrif serait de s'emparer
de Tlemcen. D. Juan est arriv le 26 avril Gibraltar. 77 a fait
armer Malaga un brigantin qu'il enverra aux renseignements Melilla
et, s'il en est besoin, il se rendra lui-mme dans cette ville. II a
appris par Verdugo l'arrive d'Abou Hasson Melilla et la dfection du
Pen et de Vlez, qui se sont dclars pour le Chrif. tant donn l'es-
prit d'intrigue d'Abou Hasson, il serait prudent de Venvoyer en Espagne
et Von en profiterait pour s'entendre avec lui sur la reprise du Pen.
Gibraltar, 28 avril i54g.
Sur la couverture, alia manu: Gibraltar. A Sus Altezas.
154g. De DonJuan de Mendoza, xxvm
0
de Abril 15^9- No
ay que responder.
Adresse: A los muy altos y muy poderosos seores el rey y reyna
de Bohemia.
Muy altos y muy poderosos Seores,
A veynte deste sali
l
del Puerto de Santa Maria conocho galeras;
y, por hazer agua la una, la hize tornar al puerto, y, por ser el
tienpo contrario y fortuna, no pude salir de Cliz hasta los veynte
y quatro deste. Llegue aquel dia tenprano a Tanxar y halle que dos
dias antes se abian ydo los Moros, y eran los que estubieron sobre
Arzila.
Binieronse a tornar Cristianos cinco Moros y unLuques que era
rrenegado desde pequeo ; y lo que del capitn de Tanxar
2
supe y
i. D. Juande Mendoza avait t envoy 256, 257 et 274.
pour secourir la garnison de Tanger qu'on 2. D. Pedro de Menezes, fils de D. Duarte
disait assige par les Maures. L'Espagne (V. ANDRADA, Part. III, cap. 34). Il tait,
avait untrop grand intrt la dfense des depuis i546, gouverneur de Tanger parin-
fronteras de Tanger, Arzila et Ceuta pour trim, enl'absence de sonfrre [Link] de
ne pas intervenir, quand ces places taient Menezes, titulaire de la charge. Il fut tu
menaces. Sur cette dmonstration des le 16 juin i55o dans un combat avec les
troupes chrifiennes devant Arzila et Tan- Maures. Cf. FERNANDO DE [Link], His-
ger, V. supra, p. 222, note 1, et infra, pp. toria de Tangere, pp. 69-72.
2 56 2 8 AVRIL l 5/| 9
lo que entendi del rrenegado por las preguntas que yo le hize, dire
en esta y lo que yo entiendo y me paresce.
Dize este rrenegado que estos Moros seriantres mili de cavallo y
cinco mili de pie, poco mas o menos ; y es gente de Xixuan
1
y de
su comarca y de los lugares que estn a la frontera de Arzila y
Tanxar ; y que por capitn dellos benia Mahamete el Barrax
2
, que
es seor de Xixuan y de toda su tierra, ques amigo y vasallo del
Xarife ; y que su yntencion, segund lo que el entendia, era venir a
tomar el Saynar
3
y ponerse alli a defender que no se hiziese la fuera
que agora se haze, aunque yo no lo tengo por cierto, porque, pri-
mero que la gente saliese para yr Arzila, estavanya los Portugueses
en el Saynar; y que, como tubieron abiso que estava ya tomado,
que ordenaronde yr a Arsila y quemalles los panes y las guertas, y
bolbierona Tanxar a bazer lo mismo, sinpensamiento de enprender
de lomar ningund lugar destos, poique no truxeron artilleria ; y
tanbien se fueron luego como supieron que las galeras benian a
socorrer la tierra. Dize que benia coneste alcayde uncapitnturco
condozientos arcabuzeros de pie y de cavallo, y que abia entre toda
esta gente hasta mili tiradores, escopeteros y ballesteros.
El capitndize que era mucha mas gente y que llegarona tiralles
los arcabuzeros, de manera que no osavan asomarse a la muralla
los tiradores de dentro. Yo fui a ver donde se aloxarony, segund
el sitio tenan, me paresce que era tanta cantidad como dize el rrene-
gado. Destruyronles los panes y las guertas. Yo me di toda la priesa
que fue posible y llevava dozientos arcabuzeros que podelles dexar,
1. Xixuan, Ghechaouen, Ghefchaouen, Seghir. Le 27 fvrier 15/49, des instructions
Chaouen, chef-lieu d'un petit tat ind- avaient t envoyes Aflbnso de Noronha,
pendant fond vers 1/I71 par des chrifs gouverneur de Ceuta, envue de l'occupation
venus du djebel Alam. V. supra, p. 108, et de la mise en tat de dfense de cette
note 1. position. Luiz de Loureiro devait aller en
2. Mahamete el Barrax, Mohammed ber- mme temps enAndalousie pour recruter
Rached. Ce personnage s'appelait enra- des troupes et approvisionner envivres et
lit : Mohammed benAli benMoussa ber- enmunitions les fronteras du Dtroit. Le 7
Rached. V. ibidem. avril 154g, Affonso de Noronha occupa le
3. Aprs la prise de Fez parle Ghrif, Seinal et fit immdiatement commencer les
le roi JeanIII avait jug ncessaire de ren- travaux. V. supra, p. 23o et notes 5 et 6.
forcer les places du Dtroit, et il avait dcid Cf. ANDRADA, Part. IV, cap. 34 et 3g, et
la constructiond'une citadelle sur la posi- SS. HXST. MAROC, i
re
Srie, Portugal, aux
tiondu Seinal, qui dominait El-Ksar es- dates fvrier avril 1549-
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 2 5 7
quedando las galeras con el rrecaudo que conbiene para su segu-
ridad, y tanbien les llevaba treynta barriles de polbora de can
para, si tubiesennescesidad della, drsela y estar all ayudndoles lo
que el tiempo diese lugar.
De alli se fueron los Moros de dia, y a tres o quatro leguas del
lugar se partierony se fueron cada uno a su tierra ; los que fueron
la buelta de Tituancorrierona Ceuta y le matarondos atalayas.
Lo que yo entiendo dela benida destos Moros, abiendo venido el
Turcos conellos, es que bienen a rreconoscer estas fronteras para
ver qual podranacometer ; y tanbienquerr el Xarife ganar rrepu-
tacionconlos Moros y que beanque haze la guerra a los Cristianos.
EnArzila se binierona tornar cristianos cinco Moros y entre ellos
uncavallero que dizen que es ombre de buena rrazon; y entre los
que se binieron a Tanjar ay otro ques cavallero y de buena rrazon;
pudese sospechar que sonespias. Yo e abisado al capitnde Tanxar
que los embie a Portugal, porque alli no estnbien.
De alli bine otro dia a Alcaar y sali em tierra a ver lo que se
abia hecho enla fuera; y, como tubieronnueva de los Moros, tra-
bajarona granfuria todos los que abia. Enel cerro estnbienfuertes,
porque el sitio lo es tanto que,qualquiera cosa que hagan, basta
para que, peleando la gente que esta alli, no les haga enojo el
Xarife, ni otro que pueda mas.
An hecho toda la muralla de palizada por de fuera y por de
dentro, y puesto sus traos y maderos a manera de bestin, de braa
y media de ancho la muralla ; y, porque tiene falta de tierra y mucha
piedra y alli no pueden ponelles bateria y por hazerse fuertes con
brevedad, ban hinchiendo de piedra de manposteria todo lo que
abia de yr de tierra y faxina, y uncavallero anhecho de terrapleno;
piensan acabar la fuera desta manera y despus hazella despacio de
obra perpetua.
Del capitn de Ceuta e entendido que el Xarife se esta en Fez y
que le paresce que no saldr de alli por agora, porque no osa dexar
el reyno ; y lo mismo dizenlos Moros que binieron a Tanjar, pero
que tiene proposito de yr o enbiar a tomar a Tremecen; pero no se
certifican si lo har por agora.
Llegue aqui a Gibraltar a veynte y seis deste, y halle un correo
que mi padre me despacho conla carta de V
ras
Altezas ; y e enbiado
DE CASTHIES. X. 17
258 28 AVRIL 15^9
a armar el vergantina Malaga, para que venga aqui armado y enbiallo
a Melilla, y enel un capitn de galera ques soldado y onbre de
rrecaudo, para que bea lo que alli se haze, y entienda lo de alli y lo
que por aquella bia se save del Xarife, para, si nescesario fuere, yr
alia como V
ras
Altezas lo mandan.
Francisco Verdugo me a escrito que aporto el rrei de Belez a
Melilla, y que el Peny Belez se analado por el Xarife. Y, segund
es cauteloso el rrey de Belez y de la manera que alli le traen, seria
mejor que biniese a Castilla, porque, fuera del ynconviniente que
ay estando el alli, siendo Moro y tansabio consu persona, podria
ser que se hiziese algund trato para tomar el Pen.
De Gibraltar, a 28 de Abril de i5/jo,.
Sign: DonJuande Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 79. Original.
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA s5g
LXXXI
LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA
A FRANCISCO DE LEDESMA
(EXTRAIT)
Le Chrif se proposerait de faire un de ses fils roi de Tlemcen. // n'a
pas prsentement l'intention de quitter Fez. // serait prudent de faire
sortir Abou Hasson de Melilla.
Gibraltar, 28 avril i54().
Sur la couverture, alia manu: Gibraltar, 1549- De DonJuan
de Mendoa, XXVIII de Abril 15^9-
Adresse : Al muy magnifico seor, el seor Francisco de Ledesma,
secretario de su Mag' y de etc.
Muy magnifico seor.
Segund lo que yo e entendido del rrenegado que bino a Tanjar y
de los Portugueses de alli y de Alcaar, el Xarife tiene proposito de
baser a unhijo suyo rey de Tremecen, pero no piensa el salir de
Fez por agora, ni avia nueva que enbiase gente mas de que se pla-
ticaba que lo haria. Paresceme que a sido muy buena provision
que vengan aqui personas que tambinentiendanlo de la fortifica-
cin, para que se tome resolucinde lo que mas conbiene.
Lo del rey de Vlez sabra V. md. por la bia de Francisco Verdugo ;
y no e sabido otra cosa, despues que el escrivio como abia aportado
a Melilla y el Peny Belez alado por el Xarife ; y a mi parescer
convernia que el rey de Belez saliese de Melilla por los rrespetos
que a Sus Altezas escrivo...
De Gibraltar, a xxvin
0
de Abril de i54p,.
Sign : Don Juan de Mendoa.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 80. Original.
2 6o AVANT LE 3o AVRIL l 54Q
LXXXII
LETTRE D'EL-MANSOUR BEN BOU GHANEM
AU COMTE D'ALCAUDETE
// a reu la lettre du Comte, qui lui propose une entrevue, mais il croit
s'apercevoir que les intentions de celui-ci son gard ont chang.
Moulay Ahmed et lui avaient spcifi ce qu'ils feraient pour l'Empereur
lorsqu'ils seraient en tranquille possession de Tlemcen, et, bien que leurs
ennemis en soient encore matres, on leur demande d'excuter leurs
promesses. Les Turcs ont aid leurs amis et les ont fait triompher.
Eux sont rests sept mois en solliciteurs la porte du Comte, offrant de
mettre leurs personnes et Tlemcen en ses mains, et ils n'ont rien obtenu.
Aprs tre alls au Sahara, ils auraient voulu ensuite venir la Mlta
pour y rencontrer le Comte; mais celui-ci a fait savoir qu'il ne pourrait
sortir d'Oran avec ses soldats. El-Mansow agre les excuses du Comte,
ajoutant que leurs intrts sont communs. Au sujet de la lettre du
cad de Mostaganem, El-Mansour dit que cet homme et son matre le pacha
d'Alger sont des tratres, avec lesquels on ne peut traiter. Lui et son neveu
sont entre ces deux feux, Alger et le Chrif, n'ayant d'espoir qu'en l'Es-
pagne. S'ils sont aids, les Arabes ne rechercheront pas l'amiti du
Chrif et, avec eux, on pourra soutenir la lutte contre celui-ci; mais, si
le secours de l'Empereur fait dfaut, tous et eux-mmes s'accorderont avec
le Chrif, pour ne pas perdre leurs amis et leurs ttes ; ce sera la faute
du Comte et la volont de Dieu. Aprs avoir crit ce qui prcde, El-
Mansour vient d'tre ralli par les fils d'Ahmed es-Seghir et les Oulad
Talha, qui sont camps Hennaya, ainsi que les Ahlafet les OuladHarrax ;
lui-mme et son neveu sont sur Visser et demandent que le Comte leur
fasse connatre sa dcision. S'ils entrent dans Tlemcen et qu'ils doivent
esprer du secours, ils l'attendront) il ne leur serait pas possible de s'y
maintenir sans Chrtiens. Ayant appris de Tlemcen, au cours de leurs
palabres avec les Arabes, que Moulay Hassen serait mort, ils se sont
rapprochs de la ville; ayant envoy aux nouvelles, ils ont su que Moulay
Hassen avait fait dcapiter quatre de ses frres, sur l'ordre du pacha
d'Alger, que le diable lui tait entr au corps et qu'il tait au plus mal.
Les Tlemcniens leur ont crit de venir promptement. Les Oulad Harrax
LETTRE DEL-MANSOUR BEN BOU GHANEM 261
sont sur la Tafna avec i5o douars des Ahlaf. Avec leur concours, l'oc-
cupation de Tlemcen s'effectuera sans difficult; les gens de la Xequia ne
peuvent rien et les Oulad Sliman ben Moussa sont partis, ainsi que les
Turcs, ces derniers pour Ben Yacoub, Mends ou Alger. Une dpend
plus que des Espagnols de s'attacher El-Mansour et son neveu, en les
secourant prompte ment. Les Arabes vont maintenant aller au Sahara
et la saison est bonne.
[A vant le 3o avri l 154g
1
.]
Copia de las cartas que escrive el mezuar Muley Manor al conde
de Alcabdete.
Gracias a Dios !
Del siervo de Dios, el que confia enDios, Manor benBo Ganim,
al conde, el honrrado, el extimado, el alabado, que esta en lugar
de la Mag
d
alta.
Recebi vuestra carta y supe lo en ella contenido, y a lo que me
pedis, que vaya a veros para dar asiento en el cumplimiento de lo
pasado y para lo que aora pedimos
2
, parece que conozco en vos
otra boluntad de lo que pensava, y quexome de mi poca ventura
con vos. No es este el fabor y ayuda que en este tiempo aviamos
menester de la casa alta del seor Rey y Enperador y de vuestra
honrra. A esto os avernos dicho y escripto muchas vezes que, de que
estemos enTremecendescansados de nuestros enemigos, lo menos
que podremos cunplir es esto. Y a la Mag
d
alta avernos escripto lo
que aveis visto que haremos en su servicio quando Dios nos de,
consu ayuda y poder, descanso para seorear nuestras tierras, que
1. Ge document et l'annexe qui le suit des garanties relles enversant des subsides
taient joints une lettre du comte d'Alcau- ou en fournissant des otages interner
dete Maximilienet Marie d'Autriche du Oran. Il l'avait fait, dit-il dans une lettre du
3o avril i54g (mme liasse), dans laquelle il 26 avril (diffrentedu Doc. LXXIX), parce
disait que la lettre d'El-Mansour et les pices que les Turcs, d'une part, et le Ghrif, de
jointes venaient de lui arriver le jour mme. l'autre, agissantsur ces deux personnages, il
2. Effectivement, le comte d'Alcaudete avait voulu les presser galement, afin de
avait mis Moulay Ahmed et El-Mansour voir, par leur attitude et par leur rponse,
en demeure de remplir les engagements s'ils taient, ou non, d'intelligence avec le
qu'ils avaient pris, c'est--dire de donner Chrif (mme liasse 47^)-
22 AVANT LE 3o AVRIL I 5 4 Q
nos pedis aora que nuestros enemigos son seores de nuestras
haziendas y no buscan sino nuestras cabeas.
Los Turcos hanayudado a sus amigos y los anenseoreado sobre
nosotros y sobre nuestras cabeas y sobre nuestro rreyno. Y avernos
estado siete meses a las puertas de vuestra casa, pidiendo fabor de
Christianos a la Mag'
1
alta, y queremos poner nuestras personas y
a Tremecenenvuestras manos ; y nunca aveis dado ningnrremedio
a nuestros negocios. Y, viendo esto, los Alarves desconfiaron de
vuestra ayuda, y a esta causa salimos a aquella ora que vistes para
la Zahara; y por Dios que no me dexaron veros ni los ose dexar,
porque no fuese cada uno a su parte. Yo quisiera llevarlos por
Meleta
1
, para llegarme a vos, y, como me dixistes que no podiades
salir encanpo conla jente de Oran, no me detuve, busque de Dios
otro camino. Aveis os desculpado ; yo rrecibo vuestra disculpa, y
pienso que lo que cunple a Muley Hamet y a mi, que, enesto que
Dios haze sobre nuestras tierras, cunple a la Mag
(l
alta y a vos ; y
si nos perdemos, vosotros perdeis, por que no hallareis otra bolun-
tad como la nuestra ni otro hijo entre los Moros como Muley Hamet.
Lo que os escrivio el alcayde de Mostagn he visto
2
. Aquel es
traydor y su amo tanbien, y no se a de tractar conellos, porque no
buscansino perdicinde nuestras personas y de nuestro rreyno ; y
esto es sindubda, y no creis otra cosa. Y nosotros estamos entre
este fuego y el del Xarife, que viene con gran poder. Nosotros
queremos vuestra ayuda y no conocer otra casa sino la vuestra y
por vos somos nombrados enLevante y enPoniente, y teniamospor
cierto que nos aviades de quitar desta fatiga. Y aora pedisnos que
en tal tiempo paguemos. Vos estais envuestra voluntad y nosotros
estamos enlas tierras de Dios, que sonanchas para nosotros, y no
sera nuestra la culpa, y esto sabed y tened por cierto y que no me
perdera nadie sino vos, y si otra cosa os pareciere de buen consejo
sea en buena ora. Que si nos ayudaredes, los Alarves del Levante y
del Poniente no quierenal Xarife, porque es perdimiento de todos
ellos, y nosotros podriamos conellos defender nuestras tierras y
hazer la guerra al Xarife y cunplirlo que tenemos ofrecido y lo que
i. Meleta, la plaine de la Mlta, au S.- 2. Correspondance dont il est question
0. de la Sebkha d'Oran. supra, pp. 2^6, note 2, et 247, note k-
LETTRE D' EL-MANSOUR BEN BOU GHANEM 263
pedis ; y, si nos falta el fabor de la Mag
a
alta enel tiempo desta
fatiga, todas las jentes hazensus negocios conel Xarife, y nosotros
no avernos de perder nuestros amigos ni nuestras cabeas. Vuestra
sera la culpa, que nosotros no quemamos buscar otra casa sino la
vuestra, y, si nos falta vuestro cunplimiento, no podemos hazer
sino lo que Dios quisiere
1
.
Teniendo escripia esta carta, me anvenido los hijos de Hamete
aguer y los de Ulet Talha y que oy anposado enel Hanaya
2
, con
todos los Halafes y los de Uled Harrax, y nosotros posamos enel
rrio de Yar
3
. Esperamos lo que har Dios. Avisadnos de vuestra
determinacin enlo que os tenemos escripto y aora escrevimos. Y
si entramos enTremecen y nos aveis de faborecer, miraremos esto
y esperaremos vuestra ayuda ; y, si no nos la podeis dar, escrevime
lo cierto, porque nosotros no podemos defender a Tremecen sin
Ghristianos. Y si Dios no os da esta boluntad, vuestra sera la culpa
y nosotros haremos lo que nos cunple.
Tanbienos hazemos saber que, estando tractando nuestros nego-
cios conlos Alarves y Benarax, rrecebimos cartas de Tremecen, con
la muerte de Hacen, hijo de Muley Abdala, enque nos hazendar
priesa. Y avernos posado debaxo del Gob, y enbiamos jente de
cavallo y peones a Tremecen a saber lo cierto ; y oy anvenido con
la certinidad, y las cartas que nos truxeronos enbiamos
4
: el corto las
cabeas a quatro hermanos suyos, por mandado del rrey de Argel,
y entrle el diablo enel cuerpo, y esta muy malo perdido. Los de
Tremecennos anescripto que vamos conbrededad ; y los de Uled
Harrax estn enel rrio de Tafena
s
conlos Halafes, todos ciento y
cinquenta aduares de los Halafes, sinlos de Uled Harrax ; y nosotros
les avernos escripto y enbiado jente de cavallo. Si vinieren a este
aposento, posaremos enTremecen, si plaze a Dios. Tremecen esta
i. Dans sa lettre du 3o avril, cite supra, har el rrey de Argel el dia que supiere
p. 261,note 1, laquelle le prsent document que estos sonenla obidiencia del Xarife .
tait joint, le comte d'Alcaudete faisait la r- a. Hanaya, Hennaya, 11 kilomtres
flexionsuivante : Lo que yo entiendo destos N. de Tlemcen.
es que, favorecindoles Su Mag
d
, holgaran 3. Rrio de Yar, l'oued Isser, affluent
mas de serville como lo tienenofrecido que de la Tafna.
de concertarse conel Xarife, porque, no k- Voir ces lettres de Tlemcen la suite
favorecindoles, no pueden dexar de hazer du prsent document, pp. 26/1-266.
todo lo que el Xarife les mandare, y lo mismo 5. Rrio de Tafena, la Tafna.
2/t AVANT LE 3o AVRIL l 54o,
muy fcil, y no queda sino lo que es en vos. Si Dios nos da de vos
la fama, y la Mag
d
alta nos quiere ayudar, esto nos aprovechara
hasta que nos de Dios conque podamos traer mas jente. Porque
entre nosotros y Tremecen no queda nada, los de Uled uliman
ben Mua se anpartido, y algunos dellos nos quieren, y los que
sonde la Xequia no puedenhazer nada, y los Turcos se anpartido,
algunos estnenBenIacob y algunos enMendaz
1
y algunos sonydos
a su tierra. Y en esta coyuntura, nos podris ganar y aprovechar
singasto ; si determinais de hazer esto, enbiadnos los cavalleros con
brebedad, y nosotros estamos a vuestro mandado. Y sino, lo que
Dios quisiere haremos.
A los Alaraves se leva estrechando el tiempo, y dende esta tierra
se yrana la Zahara, y los que sonnuestros amigos estnconnoso-
tros, y este es buentiempo.
Nuestro Seor lo cunpla y encamine los negocios por su virtud !
Rrespondednos condeterminacinde lo que se a de hazer conbre-
bedad.
Sign: El conde de Alcabdete
2
.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo U7U. Copie.
LETTRES DE TLEMCEN.
Le bruit de la mort de Mouly Hassen ayant couru, Tlemcen s'est soulev;
pillages et meurtres ; le Roi revint lui et se montra, ce qui rtablit un
peu le calme. Moulay Hassen est malade depuis qu'il a fait tuer ses
frres; il a le diable dans le corps. Si Moulay Ahmed et le Mezouar
s'avancent jusqu' Safsaf, les Turcs se retireront El-Eabbad. Un
cad du Chrif se fortifie Guercif. Les Oulad Seba ayant demand
au Chrif d'occuper Tlemcen, celui-ci a rpondu qu'il n'y manquerait pas
et qu'il ferait au Levant ce qu'il avait fait au Couchant. Les Oulad
Talha sont venus de l'Oued Zitoun Hennaya.
Le diable est entr dans le corps de Moulay Hassen et on 'a cru mort ;
ses serviteurs se sont enfuis et on a proclam Moulay Ahmed; Moulay
Hassen est malade mourir; qu'El-Mansour se hte devenir. On
dit que le Chrif a partag ses royaumes entre ses fils, donnant le Sous
i. Mendaz, Mends, au S. de Zemmora, fier la lettre d'El-Mansour benBou Ghanem.
sur la route de Relizane Tiaret. Les lettres qui suivent taient jointes au
a. Le comte d'Alcaudete signe pour certi- prsent document.
LETTRES DE TLEMCEN 2 6 5
Abdallah, Merrakech Abder-Rahman, Mekns El-Harrn, le Levant
et le Couchant Abd el-Kader. El-Harrn est parti en expdition contre
les Chrtiens. Qu'El-Mansour et Moulay Ahmed entrent dans Tlemcen.
Les Oulad Moussa et les Ahlaf sont vers Coudat ez-Zebboudj.
Le roi de Debdou a demand au Chri/ de lui cder Oudjda et les Bni
Snassen; celui-ci lui a rpondu de venir le trouver. Les gens de
Nedroma ont crit au Chrif de venir.
[Avant le 3o avril] i54g.
Sur la couverture, alia manu: .Oran, 15^9- Copia de unas
cartas que el Mezuar scrivio al conde de Alcaudete y otras que le
scrivierona el los Alaraves.
Copia de dos cartas que scrivieron dos cavalleros de Tremecen
al Mezuar.
Hagos saber que, despues que os escrevi, se levanto grau grita
enla ciudad : muri Haen, y se levanto la ciudad y rrobarona los
Judios, y muri Ben el Gordo ; matlo Zeyenben Gayud. Y baxa-
rontodos los que estavandesterrados enla ciudad, cada uno dellos
buscando por su contrario. Despus desto, desperto el Rrey, y lo
hizo cavalgar el hijo del rrey de los Andaluzes
1
y Yucef Xarif, y le
hizieronbaxar a la ciudad, para que lo viesen las jentes. Entonces
descanso un poco la ciudad. Y esta malo desde el dia que mato a
sus hermanos, y engran fatiga. Nuestro Seor le aada mas ! A
le entrado el diablo en el cuerpo ; queda contodo el cuerpo de
noche y de dia. Penso que Cidi Bu Midien" no hera nada, que hizo
juramento en el a sus hermanos y les hizo traycion. Los Turcos
que estanenTremecen, enposando vos enafcif
3
, todos se yranal
Ubed
4
. No solteis la mano del Christiano y defendereis vuestra casa.
De nuevas del Poniente, el alcayde del Xarife esta fortificando
enJarcif
5
, y el Xarife dize que le andicho los de Uled Ceba : (( Nues-
1. Les Morisques migrs d'Espagne Tlemcen.
avaient un cad spcial. . /j. Ubed, El-Eubbad, 2 kilomtres S.-
2. idi Bu Midien, Sidi Bou-Mdine, le E. de Tlemcen, o se trouvent le tombeau
saint patronde Tlemcen. et la mosque de Sidi Bou-Mdine.
3. afcif, Safsaf, petit village sur la 5. Jarcif, Guercif. V. supra, p. 210 et
rivire de ce nom, 5 kilomtres E. de note 1, et infra, p. 269.
2 66 AVANT LE 3o AVRIL 1549
tro Seor, no os queda sino Tremecen; que mira por ella, por amor
de Dios, porque esta perdida . Y que les dixo : Yo ser luego por
alla y har del Levante lo que he hecho eneste Poniente, y luego
entender enla vengana de la ynjuria de nuestra ley . Esto nos
dixeronunos que vinieron del Poniente y subieron a ver al Xeque.
De nuevas de los de Ulet Talha, dizenque les vino Ali benNajar
y les hizo posar enel rrio de los Azeytunos
1
, y que posaronenel
Hanaya a esperaros. Y dizenque les vino uncriado de Benel Najar
y les dixo esto : Gidi Mahamete el Xarqui se os encomienda mucho
y da os priesa .
Despus que os escrevi, hagos saber que el rrey de Tremecen se
le entro el diablo enel cuerpo, hasta que dixeronque hera muerto,
y se huyeron sus criados, y ensalaronlos jentes a Muley Hamet,
y se holgaron todos. Despus desto esta muy malo para morir. Vos
venid conmuy gran priesa, no os detengis.
Hagos saber que a venido jente del Poniente, y dizen que el
Xarife rrepartio las tierras a sus hijos. Dio a uz a Abdala, y a
Marruecos dio a Abdurrahaman, y a Mequinez dio al Harran, y a
Abdelcader dio la parte del Poniente y el Levante
2
; y el Harrana
salido conmahala para tierra de Ghristianos.
Vos entended de entrar enTremeceny no tengis cuydado de
otra cosa. Yo soy vuestro criado y criado de Muley Hamet, y vereis
que har el que no hazeis caso del, despus de aver le provado.
De nuevas del Poniente, los de Uled Mua y los Halafes estn
desde el Jazani
3
hasta el cerrillo del Azebuche. Y el rrey del Dubdu,
el perdido, pidi vuestras tierras al Xarife, a Uxda y a Beni Zenete,
y le dixo el Xarife : Si quereis servir, veni a mi . Los de Nadroma
an escripto al Xarife sindubda ninguna que venga.
Y vos daos priesa, y si huvieredes de tardar avisadnos.
Sign : El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 474. Copie.
1. Rrio de los Azeytunos, l'oued Zitoun, 4i6, Pl.V, Tableau gnalogique desprinces
l' O. de Tlemcen, affluent de la Tafna. de la dynastie saadienne.
2. Sur les fils du Ghrif, V. infra, p. 3. Nom difficile identifier.
AVIS DU COMTE D' ALCAUDETE 267
LXXX1II
AVIS DU COMTE D'ALGUDETE
1
Le 10 avril, on a su que les soldats turcs camps Bni Yacoub attendaient
la venue du Chrif Tlemcen pour passer son service ; ces hommes
disaient que les soldats rests Alger feraient de mme, que le pacha parti-
rait pour la Turquie et que le Chrif prendrait sa place. On disait
aussi que les Arabes de Tlemcen et d'Alger attendaient que le comte d'Al-
caudete secourt le roi de Tlemcen pour se joindre lui contre le ChriJ,
ca' celui-ci leur enlve leurs Ierres et les traite en Berbres. Un espion
juif de Tlemcen, arriv le 20 Oran, a rapport que le Chrif avait crit
aux notables tlemcniens qu'il serait Tlemcen en mai et qu'il en agi-
rait avec ceux qui se soumettraient comme il en avait agi avec les gens
de Fez, les exemptant d'impts durant deux annes, ainsi que les Juifs.
Des contingents chrifiens sont Oudjda, dont le cad turc s'est
enfui Tlemcen; les habitants de Nedroma, les Trara et les Oulhaa
ont fait leur soumission; tous les Zntes attendent joyeusement le
Chrif. Un fils de celui-ci est venu du Sahara avec une nombreuse
cavalerie, et partie de Varme chrifienne a t dirige sur les fronteras
portugaises. Un cad chrifien construit une kasba Guercif; il traite
fort bien les Juifs. D'aprs une lettre d'un Maure de Tlemcen, le
Chrif possde tout le pays de Fez Oudjda et il marche sur Arzila et
Tanger. A Tlemcen, on attend un de ses fils avec 4oooo cavaliers; les
Zntes, les Tlemcniens et les Juifs sont partisans de ce prince, les Arabeslm
sont hostiles. Scurit absolue du pays de Fez Oudjda. Le Chrif ayant
demand des otages aux Ahlaf, ceux-ci ne se sont pas rallis lui; ils
tiennent pour Moulay Ahmed, le Mezouar et le roi d'Espagne. Le
28, lettre des cheikhs de la Zafina rendant compte d'une escarmouche
1. Ces avis sont ceux que le comte 261, noie 1), et le gouverneur d'Oranen
d'Alcaudete mentionne dans sa lettre du profita pour ajouter ce document une
26 avril. V. supra, p. a53 et note 2. Le lettre des cheikhs de la Zafina recuele 28
courrier ne partit que le 3o (V. supra, p. (V. ci-aprs, pp. 269-270).
268 3o AVRIL 15/49
qu'ils ont eue avec les Hamyan, partisans des Turcs ; leur messager dit
que si l'on ne veut pas porter secours Moulay Ahmed et au Mezouar,
il faut les en aviser, afin qu'ils s'arrangent avec le Chrif.
Oran, [3o avril] 15<4g.
Sur la couverture, alia manu: Oran, 154g. Avisos de espias.
A diez de Abri 11 de mili y quinientos y quarenta y nueve.
Se supo, por espas del campo de los Turcos que estn en Ben
Jacob garrameando, que se dezia entrellos que esperavanla venida
del Xarife a Tremecenpara pasarse todos los soldados del reyno de
Argel a el a serville, porque da muy grandes pagas a la jente de
guerra que trae ; e que lo mismo harnlos de Argel, y que el Rrey se
yriaa Turquia, y que todos los del rreyno alearanpor rrey al Xarife.
Dize asimismo que todos los Alaraves del reyno de Tremecen y
del de Argel esperan el socorro que el conde de Alcabdete ha de
traer enfabor del rrey de Tremecenpara juntarse con el contra el
Xarife, por que es enemigo de Alaraves y les quita sus tierras y los
haze Zenetes.
Otro de unJudio de Tremecen, espia que llego aqui a los xx del
presente :
Que en Tremecense sabe que el Xarife escrivio a los principales
de aquella ciudad, diziendoles que por todo el mes de Mayo seria en
aquella ciudad con granpoder djente, y que todos los que le sir-
viesen y obedeciesen, los tractaria como a los de Fez, y que no les
tocara ensus haziendas, y que, por hazelles bieny merced, les rre-
servara de todos los servicios por dos aos, y lo mismo haria con
los Judios.
Y que ya sus jentes llegaran a Ugeda, que es dos jornadas de
Tremecen, y el alcayde turco que alli estava era venido huyendo a
aquella ciudad, y que tanbienle obedecianlos de Nadroma y Tarara
y Bulliaa
1
, y que todos los Zenetes le esperanconmucha alegria
2
.
1. Bulhaa, Oulhaa. Berberes pour le mouvement chrifien,
2. Sur les dispositions favorables des V. supra, p. 2i3 et note i, et ci-dessous.
AVIS DU COMTE D' ALCAUDETE 2 69
Dize que un hijo del Xarife hera venido de la Zahara con gran
numero djente de cavallo, y que parte del exercito del Xarife hera
ydo sobre las fronteras de Portugal, y que un alcayde suyo esta
edificando enJarcif, y que tracta muy bien a los Judios e les haze
mucha honrra.
Otra carta de un Moro de Tremecen, que escrivio a unxeque de
la sierra de Guiza, dize :
Gracias a Dios etc. Hagos saber de nuevas del Xarife que le an
obedecido dende Fez hasta Ugeda, y dizentodos que Dios le ensalce !
y el va sobre Arzila y Tanjar
1
. Y luego esperamos a unhijo enesta
ciudad con mas de quarenta mili de cavallo ; los Zenetes y ciuda-
danos y los Judios ensalanal Xarife, los cavalleros y Alaraves no
le quieren; esperanlos Christianos que a de traer Manor.
El Xarife a puesto seguridad dende Fez hasta Ugeda, que va la
muger y el chico y el grande seguros consus hijos y sus haziendas,
sin que nadie los ose mirar. Fueron a el los Halafes y les dixo :
Quien de vosotros me quisiere servir, trayga rrehenes . Los
Halafes se fueron, y no han buelto mas a el. Y todos ensalan al
rrey Muley Hamet y al Mezuar y al rrey de Castilla. Y los saludes
y encomiendas envosotros.
De los xeques de la afna
2
para el Conde, rrecebida a xxviij de
Abril.
Gracias a Dios etc. Hazemos os saber que avernos peleado con
Hamian, amigos dlos Turcos, enel lugar a donde vos quitastes las
vanderas a los Turcos
3
, y los seguimos hasta Ciret
4
, y nos mataron
dos personas y el cavallo de Arraho y hirieronel cavallo de Zequeri ;
y nosotros les matamos siete personas y honze cavallos. Aqui os
avernos menester, que ellos sonamigos dlos Turcos y del Xarife y
1. V. supra, p. 222, note 1. Turcs ayant arbore aussi la leur, le comte
2. Sur la Zafina, V. supra, p. 253, note 1. d'Alcaudetc envoya undtachement espa-
3. Enaot i5/6, la garnisonturque de gnol, qui fit abattre cette bannire. Cela
Tlemcenayant vacu cette ville, la suile se passait prs de l'oued Tllat. MARMOL,
du trait conclu entre Hassan-Pacha et le Lib. V, cap 11, f. 189.
comte d'lcaudete, se rendit dans le camp l\. Ciret, la plaine de Sirat, sur la rive
du mezouar El-Mansour benBou Ghanem, droite de l'oued Habra, l'est des marais
o flouait la bannire de l'Empereur. Les de la Macta.
270 3o AVRIL 151\9
enemigos nuestros, y quando fuymos a ellos, nos dezian: Mira los
hermanos del Conde . Y nosotros avernos sacado vuestra cara de
verguena enpresencia de Muley el Montaar
1
, que aquella ora
posava ennuestros aduares ; lo dems sabris de nuestro amigo el
portador.
Dize la creencia deste :
Que ellos anseguido a Muley Hamet y al Mezuar por mi manda-
miento, como vasallos desta ciudad, y que no hande hazer sino lo
que se les mandare, por no merecer otro castigo
2
. Que si el rrey de
Castilla a de enbiar socorro al rrey de Tremecen y al Mezuar, que
se lo diga, porque estaranapercebidos contodos sus amigos ; y sino,
que los avise, porque tengan tiempo de hazer sus negocios conel
Xarife para no perderse.
Sign : El conde de Alcabdete.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 474. Original.
1. Moulay el-Montasser fut uninstant roi
de Tlemceneni544-i545 ; il fut dpossd
parles Turcs. V. BALTHASAR DE MORALES,
Dialogo de las guerras de Oran, p. 3o2.
Contrairement ce qui a t dit dans
l'Introductioncritique (V. p. 202), Moulay
el-Montasser n'tait pas fils, mais neveu de
Moulay Abdallah. Cf. BARGES, p. 526.
2. Lors de l'expdition d'Hassan-Pacha,
la Zafma avait pris parti pour les Turcs. Le
comte d'lcaudete, enjuillet 1546, marcha
sur Canastel, dans la Zafma, saisit deux cents
habitants, enfit pendre trois et rduisit
les autres enesclavage. MARMOL, Lib. V,
cap. 11, f. 187.
LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 27I
LXXXIV
LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
Abou Hasson est toujours Melilla, o il s'impatiente de ne pouvoir
marcher contre le Chrif. Un cheikh de Fez, qui se trouve avec lui,
est galement trs mont contre le Chrif.
Melilla, 3 mai 15/49.
Sur la couverture, alia manu: Melilla. 1549- A Sus Altezas.
Del capitn Perea, tres de Mayo I5/Q.
Muy poderosos Seores,
Del rey de Belex no escryvo a V
ra
Alteza cosa ninguna mas de
questa aqui debaxo de buena guardia, esperando lo que V
ra
Alteza
sea servydo de envyar a mandar. El se desespera, por que ya querria
andar a buelto conla gente del Xarife, segnle muestra enemistad.
Unxeque
1
, que tiene conel, de Fez, se nos a quesydo morir entre
manos del coraje que tiene contra el Xarife. Ya esta mejor cada
momento. Se le haze unao questan aquy.
De Melilla, a 3 dias de Mayo de i5/|O, aos.
Muy poderosos Seores,
Besa los reales pies y manos de V'
as
Altezas,
Sign: Miguel Perea.
Archivo General de Simancas. Estado. Legajo 7. Original
i. Le cad Ali bonChakrcmn. Y. supra, p. 233, noie i, et infra, p. 280.
2^2 I I MAI l 5/9
LXXXV
LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAX1MILIEN
ET A MARIE D'AUTRICHE
(EXTRAIT)
La rvolte du cad du Pen a oblig Abou Hasson se rfugier Melilla.
Il serait avantageux d'occuper le Pen, car cette forteresse, au pou-
voir du Chrif, pourrait devenir plus dangereuse qu'Alger. C'est
aussi l'avis d'Ignacio Nues Gato, que le roi de Portugal avait envoy
Vlez pour ngocier la remise du Pen Leurs Altesses, et qui,
ayant appris que cette forteresse avait t livre au Chrif, vient de
rentrer de Ceuta Gibraltar ; il assure que le roi de Portugal se prterait
l'entreprise par l'envoi des caravelles d'El-Ksar es-Seghir et d'un fort
galion. La mahalla qui a paru devant Arzila et Tanger comprenait
4oo Turcs, 3oo Rengats et 8ooo cavaliers;