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La Perversion Generalisee

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Sidi ASKOFAR

LA PERVERSION GNRALISE

Perversion gnralise ? Le syntagme ne se retrouve ni sous la plume de Lacan ni, a fortiori, sous celle de Freud. Et il fait pourtant flors dans la littrature psychanalytique rcente, bnficiant sans doute de la sduction quelle doit son dmarquage dune expression qui condense un vnement majeur de lhistoire de la physique : la relativit gnralise dAlbert Einstein. Il convient de partir de ceci : si Freud a emprunt la psychopathologie classique la notion de perversion, sans doute la-t-il aussi enrichi en larticulant des concepts de son cru : pulsion, sexualit infantile, symptme, fantasme, dni de la castration voire clivage. Avec linvention de lobjet a, puis lintroduction et llaboration des catgories de jouissance et de discours, [Link] met au jour un champ nouveau, irrductible au champ freudien de la fonction de la parole dans le champ du langage. Lmergence de ce champ lacanien comme champ de la jouissance et de ses traitements par les discours na pas t sans incidences sur certains concepts freudiens dont celui de perversion. On peut mme aller jusqu risquer lhypothse que ladite perversion gnralise nest rien dautre que ce qui se dduit de la reconsidration de la perversion partir de laxiomatique lacanienne de la jouissance. Or, lusage courant bien que rcent de lexpression perversion gnralise - 18100 occurrences sur Google en Octobre 2005 - ne semble pas aller dans le sens dune telle acception. Bien au contraire. Prvaut plutt dans les diverses rfrences la conception la pus triviale quon puisse sen faire : tous pervers , tous en train de devenir pervers ! La perversion en tant que structure par le dmenti de la castration et le clivage- serait devenue la norme, en lieu et place de la nvrose et du refoulement. Osons lhypothse inverse : et si la perversion gnralise - envisage srieusement partir de la psychanalyse navait rien voir avec la catgorie sociologique, historique voire journalistique laquelle on a voulu la rduire ? Ly soustraire requiert, a minima, de revenir aux versions freudiennes de la perversion avant de situer le pas de Lacan. I. Perversion ne sentend pas en un seul sens chez Freud. Le problme de la perversion, dans son uvre, sarticule au moins autour de trois ples : - la sexualit videmment, en particulier la sexualit infantile, ainsi que ce quil appelle la vie pulsionnelle ; - lincidence de linconscient, du travail de linconscient dans la vie sexuelle du nvros, travers les formations de symptmes et le fantasme notamment ; - enfin la structure clinique de la perversion en tant que distincte de la nvrose comme de la psychose. Les rfrences dans le corpus freudien sont videntes : les Trois essais sur la thorie sexuelle pour le premier et le troisime ple ; la quasi-totalit de la clinique freudienne (Dora, Hans, LHomme aux loups, LHomme aux rats, La jeune homosexuelle, Un enfant 1

est battu et Le problme conomique du masochisme ) pour le deuxime ; enfin larticle de 1927, Le ftichisme , voire Le clivage du moi dans les processus de dfense pour le troisime. Ces trois ples ne concident pas avec trois moments gntiques, trois squences temporelles, et de ce point de vue une approche par la chronologie des textes peut induire en erreur. Cest demble, soit ds 1905, dans les Trois essais sur la thorie sexuelle, que Freud aborde frontalement les trois ples. Tout y est ou presque : la perversion polymorphe, les traits de perversion reprables dans les symptmes, les fantasmes et les conduites sexuelles des nvross, la perversion comme type clinique sui generis opposable la psychose comme la nvrose. Ce qui est trs clairement tabli par Freud, cest la distinction subtile mais prcise entre perversion polymorphe et structure clinique perverse. Elles ne se recouvrent pas et ne doivent surtout pas tre confondues. Dj, la perversion polymorphe elle-mme peut sentendre en deux sens. Elle est dabord, pour ainsi dire, un moment ou un tat de la position du sujet que spcifie ceci : faute du primat du phallus et de lorganisation des pulsions partielles quil commande, lenfant ne dispose que de la pulsion des pulsions sexuelles partielles comme moyens daccs la jouissance. De ce point de vue, on peut dire que le trait majeur de cette perversion polymorphe est donc dtre principalement un rgime de jouissance : a) en de du sexuel, cest--dire du rapport lAutre sexe, de la diffrence des sexes ; b) qui na pas dautre instrument et vecteur que les pulsions partielles dans leur inorganisation , leur nonrassemblement sous lUn phallique. Mais cette perversion polymorphe est aussi on ne le souligne pas assez autre chose pour Freud. En effet, il subsume sous cette notion ce qui nest ni un moment ni un tat ni une position mais une prdisposition. quoi ? toutes les perversions. Cest que pour Freud, contrairement ce qua fix une lecture dveloppementaliste des Trois essais sur la thorie sexuelle, la perversion polymorphe nest pas spcifique lenfant. Il suffit de lire ce quil ajoute ses considrations sur lenfant : cet gard, lenfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la mme prdisposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle-ci peut rester peu prs normale sexuellement, mais, sous la conduite dun habile sducteur, elle prendra got toutes les perversions et en maintiendra lusage dans son activit sexuelle. Dans son activit professionnelle, la prostitue met profit la mme prdisposition polymorphe et, par consquent, infantile ; et, si lon considre le nombre immense des femmes prostitues et de celles qui il faut accorder des aptitudes la prostitution bien quelles aient chapp au mtier, il devient en fin de compte impossible de ne pas reconnatre dans lgale prdisposition toutes les perversions un trait universellement humain et originel . (pp. 118-119) Cette gnralisation, mieux cette universalisation de lgale prdisposition des sujets toutes les perversions sclaire bien par ce que Freud finit par isoler : la prdisposition perverse polymorphe nest pas tant lie lge mme si cest lobservation de lenfant qui a conduit ltablir qu la pulsion elle-mme. Davantage que lenfant ou lenfance, cest la pulsion sexuelle qui se rvle tre, en fait, perverse polymorphe . (p 184) Ce que Lacan nous enseignera, savoir que la pulsion nest pas la perversion (Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, p. 164), Freud lanticipe sa faon, mme ne pas disposer de la catgorie de sujet. Dabord en rapportant la structure clinique de la perversion au complexe dOedipe dans une note date de 1920 : Je remarque, crit Freud, en anticipant sur la question de la gense des perversions, que lon a des raisons dadmettre quil existait avant leur fixation, tout comme dans le cas du ftichisme, une amorce de dveloppement sexuel normal. Linvestigation analytique a pu montrer jusqu prsent dans des cas isols que la perversion est, elle aussi le rsidu dune volution vers le complexe

dOedipe, aprs le refoulement duquel la composante la plus forte en fonction de la prdisposition de la pulsion sexuelle a merg de nouveau. (pp. 75-76) Puis, plus radicalement, en situant la perversion comme la structure clinique lie une position de sujet lendroit de ce dont lOedipe nest que lenveloppe mythique, savoir la castration. Sur ce point la thse de Freud est claire : la perversion ne constitue et na de sens que sur le fond et en regard de la castration vis--vis de laquelle elle est une prise de position en mme temps quune dfense. Position et modalit de dfense stnographies par Freud comme dni de la castration , ou pour tre plus prcis : dni de la perception de la castration maternelle, de la castration de la femme. Cest ce dni, sa dominance dans lorientation de la subjectivation, et aucunement le clivage quinduit toute confrontation la castration, qui constitue le ressort, le mcanisme qui rend raison pour Freud de la perversion comme structure clinique. Consquences : privilge accord lobjet ftiche et promotion du ftichisme comme paradigme des perversions sexuelles. De cette laboration freudienne, ne peut-on pas dire quelle dessine un mouvement qui va dune thorie de la perversion gnralise vers une thorie de la perversion restreinte ? Oui, mais la condition dajouter que la perversion gnralise , chez Freud, nest que prdisposition, possibilit, virtualit perverse et que ladite perversion reste prise dans une polarit, une tension et une contrarit avec le normal voire le normoral , cest--dire ce qui du sexe est ajust la logique de la reproduction, soumis au primat du phallus et adhre aux valeurs ducatives et morales. Ds lors, o situer le pas de Lacan ? II. Formons lhypothse que le mouvement du travail de Lacan sur la perversion est en sens inverse de celui de Freud en tant que celui-ci prend son dpart dans la pulsion, cest--dire au joint du somatique et du psychique. Puis partons du constat suivant : pour Lacan, contrairement la nvrose qui tient aux relations sociales (Linsu que sait de lunebvue saile mourre, leon du 10 mai 1977), la perversion est le produit de la culture (Le transfert, p43). Ds lors et pourrait-on dire demble, perversion ne veut pas dire seulement, dans lenseignement de Lacan, structure clinique perverse 1 - concept auquel il sest longuement attach dans son Kant avec Sade et sa Jeunesse de Gide - ; ct de cette valeur, qui garde bien sr tout son intrt, il convient dajouter cette autre qui fait de la perversion un rgime de jouissance dtermin non par la structure clinique des sujets mais par une culture, donc un discours, dont elle est le produit. Cest en tout cas ainsi que peut se lire ce que Lacan avanait en novembre 1963, dans son Sminaire consacr au transfert : Si la socit entrane, par son effet de censure, une forme de dsagrgation qui sappelle la nvrose, cest en un sens contraire dlaboration, de construction, de sublimation disons le mot, que peut se concevoir la perversion quand elle est le produit de la culture. Et le cercle se ferme, la perversion apportant des lments qui travaillent la socit, la nvrose favorisant de nouveaux lments de culture. (Le transfert, p.43) Cest dans cette ligne de pense, on le sait que Lacan a t amen affirmer que lamour grec, reste une perversion, toute sublimation quelle soit . Perversion admise, reue, approuve voire fte, mais perversion quand mme . Cependant, et cest que rside toute la difficult, perversion qui ne fait pas de tous ceux qui pratiquent cette forme damour des pervers au sens de lassujettissement la structure clinique perverse.
Sur la perversion, la structure clinique perverse et la perversion gnralise, nous renvoyons aux dveloppements de Colette Soler dans son cours du Collge Clinique de Paris (2004-2005), Le symptme et lanalyste ( en particulier les leons 7, 8, 9 et 10) auquel ce travail doit beaucoup.
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Quelle que soit limportance de ce motif dans la rlaboration lacanienne de la perversion, ce nest pas lui pour autant qui conduit Lacan dgager ce quil faut bien appeler mme si comme telle lexpression est absent chez lui la perversion gnralise . Celle-ci devrait se situer, nous semble-t-il, comme la retombe de deux interrogations qui finissent par se croiser : lune, structurale, est relative la jouissance, aux modes de jouissance et en particulier la jouissance possible, accessible, permise au parltre ; lautre, historique se rapporte aux incidences de la technoscience et du discours capitaliste sur les modes de jouir contemporains. III. La perspective structurale prend elle-mme son dpart dans Freud. Elle nen est pas pour autant la simple reformulation, plutt lnonciation de son dire. Ce qui a t par Freud tabli il y de la sexualit, notamment infantile, polymorphiquement perverse qui, par la suite, migre, se mtamorphose et infiltre la moindre des conduites du sujet et quon a pris pour du pansexualisme , Lacan le reprend pour en extraire le rel : () on met laccent sur le fait quil y a de la sexualit ; en effet, cest bien parce quil y a de la sexualit qui ny a pas dacte sexuel. Mais linconscient veut peut-tre dire quon le manque, en tout cas a en abien lair. Seulement, pour que ceci prenne sa porte, il faut bien accentuer dabord que linconscient le dit. (La logique du fantasme, leon du 12 avril 1967) interroger donc linconscient, pourtant si bavard en matire de sexualit, sur le rapport de lhomme et de la femme, la psychanalyse ne rencontre quun point de non - savoir, un point de silence. Ce dernier est relatif ce que Lacan a dabord identifi comme le signifiant dun manque dans lAutre. Rapport la question du rapport entre les sexes, il en tire la consquence qui simpose du point de vue de la logique du signifiant : Ainsi dans la psychanalyse (parce quaussi bien dans linconscient) lhomme de la femme ne sait rien, ni la femme de lhomme. Au phallus se rsume le point de mythe o le sexuel se fait passion du signifiant ( Radiophonie , in Autres crits, p 412) Disons quau moins dans un premier temps cest le statut sans pair du signifiant phallique qui servira dappui la formulation par Lacan de ce quil dduit comme le dire de Freud : () le signifiant nest pas propre donner corps une formule qui soit du rapport sexuel. Do mon nonciation : il ny a pas de rapport sexuel, sous-entendu, formulable dans la structure. ( Radiophonie , in Autres crits, p. 413) Ce que nous tenons ici, cest le fondement de ce que Lacan appellera dans sa Tlvision (1974) la maldiction sur le sexe . Linconscient en tant quil parle dit le sexe, mais il le dit mal/mle, de ne disposer pour le dire que dun seul signifiant, le phallus. Un second pas est donc ncessaire pour que de cette inexistence du rapport sexuel dans linconscient se dduise la perversion gnralise du champ de la jouissance.2 Ce pas, Lacan laccomplit, en explorant les modes de jouissance et surtout en identifiant et en opposant la jouissance inaccessible au parltre et les autres. Cest ce quoi, on le sait, Lacan sest attach notamment dans LEtourdit et Encore o il parachve son laboration autour de linexistence du rapport sexuel en larticulant au procs de la sexuation dune part et la fonction de lcrit dautre part. Que ce qui ntait quinformulable soit tabli ici comme ininscriptible est certes important. Le pas dcisif reste cependant que dsormais ce qui devient centrale, cest linaccessibilit de fait, limpossibilit relle dune jouissance, celle du corps de lAutre. Cest la thse princeps autour de laquelle senroule tout soit le Sminaire Encore : la jouissance du corps en tant quil symbolise lAutre est inaccessible au parltre. Do la question : de quoi jouit-il ?
Formule dcisive propose par Colette Soler dans le cours cit plus haut, et qui permet de rompre dfinitivement avec toute les interprtations triviales ou mtaphoriques du syntagme perversion gnralise .
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Rponse : du reste. Du reste, au sens dabord o ce quil y a sous lhabit et que nous appelons le corps, ce nest peut-tre que ce reste qui sappelle lobjet a. (Encore, p 12) Objet a en fonction aussi bien dans le procs de la pulsion que dans le fantasme quoique selon des modalits diffrentes. Mais reste aussi au sens de ce qui rsulte, comme produit, de lopration du discours du matre, et donc du discours de linconscient aussi bien, soit le plus de jouir. IV. Gardons ce fil du discours. Par lui nous accdons une valeur, une acception plus historique ou en tout cas plus culturelle de la perversion gnralise. linexistence du rapport sexuel que Lacan corrle linstitution du discours du matre3, sajoutent dsormais deux considrations que Lacan rfre expressment la mutation capitale qui donne au discours du matre son style capitaliste . La premire, cest la forclusion, la Verwerfung , le rejet en dehors de tous les champs du symbolique()de la castration (Le savoir du psychanalyste, leon du 6janvier 1972) Rejet dit , nigmatiquement, des choses de lamour , et que Lacan rfre principalement au glissement, la rforme thique en quoi a consist, dans le monde chrtien, le protestantisme, et tout particulirement le calvinisme. Daucuns ont pens pouvoir lire dans cette forclusion de la castration lindex dune psychose gnralise . Ce qui procde dune double mprise : la confusion de la forclusion du Nom-du-Pre et de la forclusion de la castration dune part, et dautre part lquivalence entre la psychose sociale 4 et la psychose gnralise si cette dernire peut vouloir dire quelque chose. Or les deux forclusions se distinguent au moins en ceci que lune porte sur lagent de lopration castration de quelque nom quon lidentifie : Nom-du-Pre, pre rel ou dire paternel- et lautre (la forclusion de la castration) porte sur son produit, lobjet a dans sa fonction de cause du dsir : a / -. Reste quil en va de la castration comme du refoulement ; pas de forclusion sans retour , dans le rel, du forclos. Cest le discours analytique lui-mme que Lacan a dabord isol comme le retour dans le rel de la castration forclose : le transfert en tant qu amour adress au savoir comme la fonction de rejet que lanalyste est conduit incarner pour son analysant, la fin, lattestent. Tout ceci ne procde que dune seule et mme chose : le discours capitaliste au sens strict celui dont Lacan produit le mathme dans Du discours psychanalytique - est, de tous les discours formaliss par Lacan, le seul ne pas tre fond sur la renonciation la jouissance. Ce qui ne veut pas dire que les sujets qui y sont pris soient labri du manque jouir, bien au contraire. Le nouveau de ce discours paradoxal de ne pas faire lien social se situe ailleurs. Il est relatif au fait quil est fond sur la croyance en la jouissance toute, en la saturation du manque jouir et son caractre impratif - S e position de vrit y indexe le pousse-aujouir, limpratif de jouissance par quoi il prescrit il prescrit les objets mme quil fabrique et dont lobsolescence programme entretient son dynamisme et sa vitalit.

J. Lacan, Lenvers de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1991 ; cf. les pages 102, 105 et 134 ; Psychose sociale est une catgorie introduite par Lacan dans sa Question prliminaire tout traitement possible de la psychose , in Ecrits, p.576. On peut la rapprocher de ce que Lacan disait dans sa leon du 6 janvier 1972 : Ce nest pas parce que la Verwerfung rend fou un sujet, quand elle se produit dans linconscient, quelle ne rgne pas, la mme et du mme nom do Freud lemprunte, quelle ne rgne pas sur le monde comme un pouvoir rationnellement justifi. (Le savoir du psychanalyste)
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Par ces objets et leur usage quil impose, les lathouses pour reprendre le nom que leur invente Lacan, le discours capitaliste dtermine ou en tout cas contribue ce que dsormais notre jouissance ne se situe plus que du plus de jouir . ( Tlvision , in Autres crits, p 534) Concluons. La perversion gnralise , si elle veut dire quelque chose en psychanalyse, ne peut vouloir dire que perversion gnralise du champ de la jouissance . Ni dviation, ni aberration, ni inversion de normes et encore moins nouvelle norme sociale, elle est fondamentalement la traduction clinique et conceptuelle de ce que le champ de la jouissance du parltre se structure et sordonne autour dun impossible. Freud lnonce : () de par sa nature mme, la fonction sexuelle se refuserait quant elle nous accorder pleine satisfaction et nous contraindrait suivre dautres voies. (Malaise dans la civilisation, p57) Autres voies ? Celles des symptmes et du fantasme, donc de la jouissance perverse, i.e. de la jouissance non sexuelle, non cause par le corps du partenaire sexu. Ce que Lacan condense et radicalise : Il ny a pas de rapport sexuel . Consquence : il ny a de jouissance sexuelle que phallique appareille par le langage -, de jouissance du corps de lAutre que vectorise par la pulsion et par lobjet a, donc de jouissance accessible que perverse, de ne pas faire rapport sexuel. La psychanalyse elle-mme, comme exprience, ne conduit communment le sujet qui sy soumet qu raliser que la jouissance tenue perverse, est bel et bien permise. ( Lacte psychanalytique , in Autres crits, p. 380) ceci prs et ce qui fait son prix et peut laisser penser quelle est et restera un lieu dhospitalit pour tout ce que rejettent les discours de la science et du capitaliste que cette dcouverte passe par la voie de lamour de transfert et peut conduire la jouissance non perverse accessible un tre parlant : la jouissance Autre, la fminine.

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