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Thèmes abordés

  • Rites de fertilité,
  • Rites de la récolte des fruits…,
  • Système de mesure,
  • Rites de la récolte des plante…,
  • Rites de la récolte des plante…,
  • Rites funéraires,
  • Rites de la récolte des plante…,
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  • Inscriptions
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RECUEIL

DE

TRAVAUX

RELATIFS
A LA

PHILOLOGIE ET A LARCHOLOGIE
GYPTIENNES ET ASSYRIENNES
POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANAISE DU CAIRE

PUBLI

SOUS

LA

DIRECTION

DE

G. MASPERO
M E M B llB DE L 'i N S T I T U T PKOPK88BUR AU COLLEGE DE PRANCE, DIRECTEUR DTUDB8 A L COLE PRATIQUE DES HAUTES TUDES

VINGT-NEUVIME ANNE

PARIS (VIe )
L I R R A I R I E HONOR CHAMPION, DITEUR
5,
QUAI M ALAQ U A1S,

MDCCCCVII Tous droits rseros.

CHALON-SUR-SAONE
IMPRIMERIE PRANAISE ET ORIENTALE E. BERTRAND

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DE

TRAVAUX

RELATIFS
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PHILOLOGIE ET A LARCHOLOGIE
GYPTIENNES ET ASSYRIENNES
POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANAISE DU CAIRE

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G. MASPERO
M B M B llB DB L lN 8 T I T U T PKOPR8SRUK AU COLLGE DB PRANCB, DIRECT RU R l)TUDB8 A L* COLE PRATIQUE DK8 HAUTES TUDES

O lIVELliE S R IE
TOME TREIZIME

PARIS (VI*)
M I I K A I R I HONOR C H AMP I O N , D I T EU R
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QUAI M ALAQ U AIS,

MDCCCCVII Tous droits rseros.

CHALON-SUR-SAONE
IMPRIMERIE FRANAISE ET ORIENTALE E. BERTRAND

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DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A LARCHOLOGIE GYPTIENNES ET ASSYRIENNES

1907
C ontenu B a il l e t .

Fascicules I et II
: 1) Notes et remarques, par G. J q u ie r . 2) Les noms de lesclave en gyptien, par Jules 3) Notes sur les monuments de la priode thinite, par Raymond W b il l . 4. Zur Geechiohte des Tempels des Harkenteofatbai zu Athribis, von Wilhelm S p ie g b l b b r g . 5) Donations et fondations, par A. M o rbt , avec la collaboration de L. B o u l a r d . 6) A travers la vocalisation gyptienne, par G. M a sp e r o . 7) Notes sur le Conte du Naufrag, par G. M a sp b r o . 8) La colonne du temple lamite de Chouohiuak (Muse Morgan au Louvre), par C. M a u s s .

NOTES ET REMARQUES
PAR

G.

J q u ie r

I. Le ro i Le nouveau roi, dcouvert dernirement par M. FI. Petrie sur un bas-relief du Ouady Maghara, est, daprs le compte rendu publi par M. W eill, le mme que celui dont des sceaux ont t retrouvs il y a quelques annes Bet-Khallaf, et doit se lire y Sa prsence & ct du bas-relief de Zoser, le style absolument identique des deux monuments, de mme que la ressemblance et la proximit des deux tombeaux de Bet-Khallaf o ont t retrouvs les noms des deux rois, semblent bien indiquer quils appartiennent la mme poque, peut-tre mme que lun succda directement lautre. Ctait dj lavis de M. Sethe, qui croyait retrouver dans un fragment de cartouche accompagnant le nom dHorus, sur un de ces cachets, les traces du nom opinion qui me parait un peu aventure, tant donn le peu de chose qui reste de ce cartouche, la partie lgrement incurve du dernier signe, qui peut tre tout autre chose quun LJ, un <=> par exemple. Je voudrais proposer ici une autre hypothse, qui consisterait ranger ce roi dans la srie des Zoser; nous connaissons, en effet, au moins trois souverains de ce nom. 1 Le plus connu, qui porte le nom dHorus | , galement Bet-Khallaf ainsi I ICI qu'au Ouady Maghara et sur la porte de la pyramide & degrs, identifi depuis assez longtemps grce la stle de la famine Sehel, celui dont le cartouche est simple ment Une statue du Muse de Berlin nous montre que son culte funraire durait encore aux basses poques*.
1. Sphinx, t. IX, p. 63. Cf. G a rstan o , Mafiasna and Bet-Khallaf, p. 25 et pl. XIX. 2. E rm an , dans Zeitschrift, t. XXXVIII, p. 11 7 .
RECUEIL, XXIX. NOUV. 8 R ., X III.

NOTES ET REMARQUES

2 f e s ^ ujl du papyrus de Turin, qui parait bien tre le mme que le (^ ^ . ^1) jj d e la table de Saqqarah et le de la statue de Berlin que je viens de citer. 3 qui ne se trouve, ma connaissance, que sur la table dAbydos. Quant aux transcriptions grecques Tjo?6poc et Tom pxavi que nous donnent les frag ments de Manthon, elles sont tellement dfigures que nous ne pouvons gure savoir auxquels des trois elles se rattachent. Un fait noter est que, sur la statue de Berlin, qui est dpoque saite, on ajoute au nom du roi son nom dHorus quon introduit dans le cartouche, pour le dsigner plus exactement, puisque ce nom de Zoser avait t port par plusieurs souverains, et nous avons ainsi le cartouche Ne serait-il pas naturel dadmettre quon ait pu faire la mme chose pour un autre Zoser, en ajoutant dans son cartouche la partie principale de son nom dHorus, le signe comme cest le cas sur la table dAbydos. On pourrait mme aller plus loin et, je nmets cette hypothse que sous toutes rserves, voir dans le premier signe W , qui nest pas accompagn, comme dhabi tude, de son complment <=>, une corruption de , _/i. qui reprsenterait alors le _ du roi de Bet-Khallaf; la confusion de ces deux signes qui se ressemblent beaucoup serait facilement explicable; dans ce cas, le cartouche ne serait quune simple repro duction du nom de bannire. lO i (fil ****** En somme, on peut dire que le rapprochement entre W ' V et y constitue,, sinon un fait certain, du moins une hypothse trs plausible. II. Une haute fo n ctio n sou s l'A ncien E m pire. Parmi tous les dignitaires de lAncien Empire que nous connaissons, celui dont la carrire fut la plus brillante et la plus mouvemente est certainement Ouna. Il y a donc lieu dapprofondir le plus possible ltude de tous les passages de cette importante inscription, qui, malgr tous les travaux auxquels elle a donn lieu, en particulier le commentaire de M. Erman*, contient encore plusieurs points douteux. Celui dont je veux parler a trait la rcompense bien mrite quil obtint du roi aprs sa campagne victorieuse contre les Herousha : Ppi lui donne la garde de ses sandales et de son trne (?) et le gouvernement dune partie de la Nubie, puis, de plus en plus satisfait de ses services, il cre pour lui une charge toute nouvelle, ce que nous dit Ouna lui mme, qui lui donne une position trs leve dans le palais ~n (ligne 34), au-dessus des princes, des nobles et des domestiques. Si le sens exact du mot f 0 nous chappe, nous savons du moins que cette fonction sexerait dans le palais mme, car il est difficile de donner un autre sens au mot jjo , et nous pouvons, en outre, serrer de plus prs la signification du nom1. Dans sa Chronologie gyptienne, M. Me ver (p. 145, planche) considre le signe J comme ane faute (Schreibfehler) ; je me demande jusqu' quel point nous avons le droit de juger si sommairement les donnes antiques, surtout quand il sagit dune poque qui nous est presque inconnue, et dune inscription aussi soign* que la grande table dAbydos. 8. Zeitachrift, t. XX, p. 1-89.

NOTES ET REMARQUES

mme de la charge, exprime d'une manire trs concise dans la phrase qui prcde : Lexpression se rencontre plusieurs fois dans ce texte, sui vant immdiatement le rcit des hauts faits dOuna, et le sens en est tabli depuis long temps1 : Sa Majest me rcompensa (ou me loua) pour cela. Ici, il nen est pas tout fait de mme, car les mots qui terminent la formule ne sont plus . m ais'ji^ , ^t ce nouveau titre nest pas une rcompense obtenue en suite dune action dclat, mais un rang auquel Ouna semble parvenir hirarchiquement. Je proposerai donc denvisager la chose dune faon toute diffrente, de voir d a n s'ji^ les deux insignes bien connus des plus hauts fonctionnaires de lAncien Empire, la grande canne et la peau de pan thre, de les runir au groupe et de traduire le tout par : le chef de ceux qui portent les deux attributs nobiliaires . Les propritaires des mastabas de lpoque memphite, qui sont tous de hauts dignitaires, sont, pour ainsi dire, tous reprsents sur leurs bas-reliefs, munis de la grande canne, qui tait certainement un insigne honorifique ; quelques-uns portent en mme temps la peau de panthre qui ntait pas encore, comme plus tard, le costume de certains prtres, mais qui devait tre aussi un signe distinctif rserv la noblesse ou certains privilgis seulement. Si lon trouve souvent la canne sans la peau d panthre, je ne connais pas dexemple de celle-ci sans celle-l, et ce fait semble indiquer assez clairement que ce costume archaque devait tre linsigne dun rang plus lev que le port de la canne*. Nous connaissons du reste, sous lAncien Empire, un titre qui prsente une certaine analogie avec le ntre : cest le ^ , ou h er-saq , titre que porte Amten dans le nome du taureau et qui a t traduit par : chef des frappeurs, chef des cbaouicbes1 . On pourrait fort bien voir dans le ^ de linscription dOuna un lment phontique du mot, et dans 'j un quivalent de , dterminatif ordinaire de [) . mais la fonction est incontestablement beaucoup plus leve pour Ouna que pour Amten, car il lexerce dans le palais, auprs du roi lui-mme, et cest le plus haut rang auquel il puisse atteindre, aprs avoir t gnral en chef et gouverneur de province. En plus, le signe indique bien que les gens auxquels il est prpos ne sont pas de simples agents de police, mais de hauts dignitaires dont la fonction est trs clairement dtermine par les derniers
1 . E r m a n , A. Z., t. XX, p. 9. 2. Voir M a s p b r o , tudes gyptiennes, t. II, p. 165. 3 Voir entre autres L e p s iu s , Denkm., 11, pl. 3, 8, 18, 30, 33, 73, 83, 84. 85, 89, 93, 97,

drait-il voir un rang intermdiaire dans les personnages qui portent le

etc. Peut-tre fau en mme temps que la canne. On

pourrait tre tent de voir un titre rappelant le port de ces deux insignes dans la locution qui, avec diverses variantes, se retrouve souvent chez de hauts fonctionnaires de l'Ancien Empire (M a r ie t t e , Mastabas , p. 1 1 9 , 166, 2 14 , 248, 268, 292, 399, 409, 4 16, 423, 427; I p s iu s , Denkm., II, 6 1, 68, 88, 95, etc.); dans ce cas, le J reprsenterait la canue et le la peau de panthre, mais les autres signes ne sexplique raient pas, et, faute de documents suffisants, on ne peut prsenter le rapprochement que comme une hypo thse trs hasarde. 4. M a sp e r o , tudes gyptiennes, t. I l, p. 15 6 -160 , 18S.

NOTES ET REMARQUES

mots du texte H pur exercer la protection* . Il sagirait donc ici dune sorte de garde du corps, de garde noble se tenant autour du roi, dans les grandes cr monies tout au moins, recrute uniquement parmi les personnages les plus importants de lempire qui auraient port dans ces occasions la grande canne, souvenir de la pique des anciens temps, et la peau de panthre, dernier vestige du costume des hros, aux ges barbares. Le commandement de cette troupe de choix tait le poste de confiance par excellence, le digne couronnement de la carrire dOuna. III. dvx * ^^ |A / w w v j ^ = O uady R ayan .

La contre occupe par les Libyens, sous le Nouvel Empire, comprenait la partie du dsert qui borde l'Egypte vers louest, sans doute depuis le bord de la mer jusqu loasis de Bahrieh, peut-tre plus au sud encore; on est maintenant daccord pour placer aux environs du Fayoum le point par lequel ils cherchaient pntrer dans la valle du Nil. Un papyrus actuellement entre les mains de M. Golnischeff, qui en a donn il y a peu de temps une analyse et des extraits*, renferme, ce point de vue, des donnes dune grande importance : dans une liste de localits gyptiennes, nous trouvons mentionns, aux abords immdiats de Henen-Souten, les deux endroits qui jouent le plus grand rle dans les invasions libyennes, | j ^ **l> 9 et < 2 <2VI I 1k 9 . M. Golnischeff a, en effet, -J fort bien tabli que la seconde de ces localits nest * pas autre chose que le 1k bien connu du grand papyrus Harris*. 'T L r w Ia - I JS 23 et < j> @ \> i sera*en* ^onc ^es Prfixes indpendants, signifiant p a y s d sert, vid e, non cu ltiv, et le vrai nom de l'endroit en question serait simplement R obana, ou Lobana, nom quil est difficile de ne pas rapprocher du notn mme la qui sy ^ |de A w w v peuplade .< r n V tait tablie : lanalogie est absolument frappante entre j 1^ et | voudrais, ici, noncer une hypothse au sujet de cet endroit et chercher le placer plus exactement sur la carte en le rapprochant du moderne O uady R a yan , avec lequel il prsente aussi une similitude de nom trs vidente, la chute du B nayant rien que de trs naturel. Le site conviendrait admirablement, comme lieu de concentration des habitants du dsert qui voulaient pntrer dans la valle du Nil, ainsi que j ai pu men assurer, en le traversant il y a une dizaine dannes. Cest, en effet, une grande plaine bien abrite, entoure de rochers et de dunes de sable, dserte et inculte, mais leau sjourne sur quelques points et y entretient encore une maigre vgtation. Ce lieu, proximit immdiate de Beni-Souf dun ct, du Fayoum de lautre, se prte trs bien au rassemblement de hordes nombreuses qui peuvent de l se dverser en fort peu de temps au coeur de lgypte, la coupant ainsi en deux tronons; cest mme, me semblet-il, le seul endroit propice une invasion de ce genre, et je crois que, selon toute vraisemblance, nous pouvons adopter cette identification.
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1. Cette fonction se retrouve dans un texte de la IVe dynastie, sous la forme suivante : 11 * O (Sbthe, (Jrkunden des Alten Reichs, I, 11). \ Kes 2. Zeitechri/t, t. XL, p. 101. 3. Pl. LXXVI, 1. Cf., ce sujet, Brugsch, Dict. gogr., p. 857, qui le plaoe en Basse-gypte.

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NOTES ET REMARQUES

IV. La stle d e T anoutam on (n ote a d d ition n elle). En crivant larticle publi dans un prcdent volume du R ecu eil', je navais pas sous les yeux les M onum ents d iv ers de Mariette, o se trouve, la planche 83, une reprsentation absolument semblable la stle dont je parlais, faisant partie dun des bas-reliefs qui ornent le petit temple de Taharqa Karnak : dans la premire salle, audessus dune porte, se dveloppe le tableau bien connu du roi faisant la course rituelle autour du naos du dieu, rpte deux fois symtriquement; dun ct, cest Taharqa qui officie, de lautre, c'est Tanoutamon. Deux petites scnes qui ne diffrent lune de lautre que par la coiffure du roi, occupent les extrmits du tableau et nous montrent Osiris Ptah embrassant, droite Taharqa, gauche Tanoutamon. Quant linscription qui spare les deux reprsentations, gauche de mme qu droite, elle parait plutt se rapporter, comme dhabitude, celle du roi courant. A premire vue, la stle parat ntre quune copie de la petite scne de gauche du tableau de Karnak ; aprs un examen minutieux, je crois pouvoir affirmer que nous ne sommes pas en prsence de luvre dun faussaire, mais bien dune sculpture de ipoque, tant donn la facture elle-mme du monument et quelques lgres diffrences de dtail : 1 Osiris ne porte pas lurus comme Karnak, et cet accessoire nest point in dispensable sa coiffure, bien au contraire. 2 Le texte de la stle porte correction trs justifie du de Karnak. 3 Le signe \/, reprsent Tbbes dune faon rudimentaire, le & *** tant r duit un simple trait, est, sur la stle, beaucoup mieux dessin. 4 Le contour des corps est dun dessin hardi et juste dans sa sobrit et ne rap pelle en rien les imitations modernes des sculptures gyptiennes. Quant la tte du roi, la seule bien conserve, elle est dune dlicatesse de facture, dun fini et dune ex pression qui excluent toute ide de faux; il en est de mme pour certains dtails de model trs dlicats, dans les jambes surtout. Je crois donc pouvoir men tenir mon opinion que la stle en question est bien un monument contemporain du roi quelle reprsente, et que nous pouvons y voir, soit un projet de sculpteur, soit plutt une sorte de stle de fondation rappelant le souvenir de la ddicace de cette chapelle. Quoi quil en soit, cela ne change rien linterprtation que jai propose pour linscription ^ p! ; je voudrais seulement, ici, donner encore deux exemples de ces signes accompagnant des scnes autres que la course royale : lun est aussi de lpoque thiopienne et se trouve sur la stle de lexcommunication*, derrire le roi qui offre limage de M Amon de Napata et ses pardres. Lautre, un peu plus moderne,
1. Vol. XXVII, p. 170.
S. M a r i e t t e , M o n u m e n ts d ic e rs #p l. X .

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

est sur la stle de Nectanbo, au Muse du Caire', o elle accompagne le roi fa isa n t Neitli des offrandes diverses.
Champagne, janvier 1906.

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN


PAU

J ules

B a il l k t

Les papyrus de Kahoun nomment plusieurs reprises des % ^ Cest une 'i i i liste de travailleurs, dresse par le recenseur Apnib c ui enregistre les m oniou tranant la pierre et cantonns dans leur quartier, ra|j( ^^1 )
I I la o SI

Une autre liste nominative, W W A A comprend avec les simples ouvriers leurs chefs, primat, scribe, conducteur (khorp, n, tesou = n a s ir , katib, reyis). Un journal mentionne une remise faite aux m oniou de la ville qui soccupent (?) du magasin l= 1 (]() (?) n , et le mme pa/W W W I 1^ 1 j ,t} .Q I /W W W <mz> _ZI K it J e

pyrus contient une liste de gens tluar^er ^es momo,i * Ces gens sont-ils des travailleurs soumis une corve, ou des porteurs, haleurs de pierre professionnels? M. Griffith laisse la question en suspens. En tout cas, le dterminatif ^ indique un sens analogue. Avec une orthographe un peu diffrente, on retrouve travaillant aux champs ^ 1 dans laSatire de mtiers, les 0U ^ dterminatif est caractristique, et Brugsch expliquait tymologiquement le mot m ontiou par fendre la terre, racine qui ne conviendrait pas au sens de haleur de pierre. Quoi quil en soit, on dit, au figur, d'un scribe dlite : Cest un rude piocheur de ladministration = (| l) ^ Faut-il, ainsi que les am ou, les considrer comme des captifs trangers, M onitiou IU M U ^ Jk vw Arabes, gens de la montagne ou des sables ? Ou bien, comme les am ou ounnout, seraient-ce des serviteurs temps, comme le s a -r -h r o u *, des jourMuse gyptien, t. I, pl. 45. Papyrus de Kahouu VI, 1. 21 (G r iff it h , Kahun , pl. XIV, 1. 5) e t p. 39. 3. Ibid., pl. XIX, 1. 64. 4. Papyrus de Kahoun III, 1 c, r* {ibicl., pl. XXII, 1. 45). 5. ibid., B, V (ibid., pl. XXII, 1. 49). 6. A a jo u te r la liste des q u a r t ie r s ^ tu d is p a r A u g . B a ii . let , Divisions administratices, dans le Rec. de Trac ., XI, p. 31-36, e t la Bibl. yyptol., XV, p. 141 sqq. 7. Papyrus Sallier II, p. 4, 1. 9 (M a s p b r o , Genre pistolaire, p. 5 0 -5 1 ; B r u g sc h , Dict., p. 646 e t 667, Suppl., p. 6 0 2 ; P ik r r e t , Vocab., p. 210). 8. Papyrus Anastasi I, pl. 1, 1. 8 (M a sp k r o , Genre cpistolaire, p. 10 7 ; P ie r r e t , Vocab., p. 205).
1. 2.

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9. Il ne brille pas celui qui fait les travaux manuels dun journalier g

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Sal^er ^ P *

(Maspero, Genre pist., p. 28; R e v illo u t, Rec. g y p t VIII, p. J56).

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LES NOMS DE L'ESCLAVE EN GYPTIEN


A A AAA/WW

naliers , de # * Juuuune ^oiidte^ Est-ce lun deux que ce marchand Aperch&a qui (Mnent commencer son service journalier ^ chez la doctoresse K it ? Est-ce un autre dentre eux, cet enfant de manuvre... Q . amen dun autre lieu pour faire un journalier authentique <=> &(j T fey par un scribe qui, ensuite, lui inculque quelque instruction ? Est-ce de leur ouvrage quil est question lorsquon signale ces cultivateurs des corves du roi n> qui ont laiss en friche les terres corves , OW h Q | | |A I VIW W AA ^ (I fi -\/(l , galement nommes parmi les proprits de S. M. quun chef de ferme inspectera*? Est-ce enfin leur service que demande Nebamon, avec des terres, au* champs Aalou, |){ | ^ J ^ J 1, ?
fl ^ A IV AAAAAA
l

AAAAAA

1 /N ^

AAAAAA 4 *

Ce nom dsigne certains travailleurs, dont les besognes nont rien duniforme. Parmi eux, il y a des ouvriers des mines dor, convoyeurs et laveurs dor, tablis Radsieh par Sti Ier, qui lance des imprcations contre tout grand qui les dtourne rait*. Mais ce ne sont pas des mineurs de profession : Amoni, nomarque de la Gazelle, en emmne avec lui 400, puis 600, de chez lui, afin d'aller qurir pour son roi le Q Q (3 (0 produit des mines dor de Nubie, et il dit que ctait llite de ses guerriers aprs les papyrus de la XIIe dynastie, ils exercent encore de tout autresTmtiers. Trois 3 ^ 1 1 L sous la conduite dun khorp, transportent en bateau des grains de plusieurs espces ; dautres sont mens par lun deux, ch em sou et gardien de Vrrit*. Certains sont des laboureurs qui cultivent chacun dix aroures pour leur matre, et une aroure, la dime, pour le Champ doffrandes (ahit hekennou)'*, comme les ahoutiou dHapizaoufi. Beaucoup, comme les aperiou des lettres de Kawisar et de Keniamon, tranent la pierre depuis les carrires du Fayoum jusquaux pyra mides et aux temples des rois".
1. Lettre de Kit Amonkh, n J3, Pap. Bologne, 1094, p. 10, 1. 2 et 5 (C h ad as , Mlanges, IV, pl. XI et p. 156). E rman (Gram ., p. 69) et B rugsch (Dict., Suppl., p. 548) lisent Ain&i jusqu'ici. 2. Papyrus Anastasi V, p. 26, 1. 6 (Chabas, Mlanges, IV, p. 156; Erman et Brugscii, II. cc.). 3. Lettre de Pinem Mahou, n" 5, Pap. Bologne 1094, p. 3, l. 1-3 (C h a b a s , Mlanges, IV, pl. VIII, p. 146), les terres situes ici (B rugsch , Dict., Suppl., p. 548-549). 4. Lettre dAmonemant Pentaour , Pap. Sallier I, pl. 9, 1. 7 (G u ie y s sb , Reue gypt., VI, p. 29, n#3). 5. Tombeau Drah* aboul-Neggah [Rec. de Trao., IX, p. 96). 6. @ Jj__^ ^ .. <=> O t J\ ^ i f i S a n ^

j^

Temple de Radsieh (L e p s iu s ,

Denknx., 111, 140 c, 1. la). C h ab a s (Inscr. de Sti i9t, tiibl. gyptol., IX, p. 57) rend vaguement par la po pulation ; db B oug (Dict. man ., apud P ir r r e t , Vocab., p. 377) traduit les enrls. 7. Inscr. de Bni-Hassan (L e p s iu s , D., II, 122, dr., 1. 7 et g., 1. 1; M a sp e r o , Rec. de Tr., I, p. 172 et 173). 8. Lettre d'Arisou , Pap. Kahoun, VI, 4, 1. 6-31 ( G r i f f i t h , Kafxun, pl. XXX, 1. 25-55, p. 73). 9. Ibid., 1. 19 et 32 (G r iff it h , Kahun , p l. XXX, 1. 4 3 ; p l. XXXI, I. 1 s q q .; p. 73-74). 10. Rle des champs du prtre Hora. Dnombrement des enrls qui sortent comme corvables en . , g . . F * . - * X ! . > 3 : n T T T O f ^ : 1T a*ww (G r if f it h , Kahun, pl. XXI; M o rkt , . Z., XXXIX, p. 37, n. 1 : Notice du compte des hommes, qui ressort du dnombrement des personnes l'an 33 ). 11. Liste de coreables tranant la pierre pour Hotep-Ousiritsen aaaaaa ^ ^

j {j ^ ^ C^/i

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

Leur nom, les enrls, hobsou ou hesbou, venant de j(^ J jO compter , fait allusion aux dnombrements et enregistrements incessants auxquels les travailleurs sont assujettis et dont les papyrus du Fayoum offrent des spcimens. Ainsi un compteur de gens enregistre ra|](l^ les m eniou du district I I I A W A A A . ._ _ qui tranent la pierre1. Ces recensements, avec les corves qui sensuivent, sont une des misres du paysan*. Les scribes* qui soccupent de ces corvables recenss j^ ( ont mauvaise rputation : ils passent pour riches, durs et sans scru pules; le misrable (nem m hou ) invoque contre eux la justice dAmon4. Inutile donc, malgr les rapprochements possibles, malgr lanalogie de 9 Jj N ! femme marie, lie, conjux*, de remonter la racine qui donne m
m :

o ujUPo

enclos , u a

pcher, et, avec le | :

envelopper,

corde, mesure agraire, j ( P J J pays vignoble, ^ vigne, nome. Cependant, tout en retenant le sens d enrls, je me demande sil ny aurait pas lieu de substituer une autre lecture celle de hebsou. Le signe Q n'es^ jamais, dans O ^ , accompagn daucun complment phontique : la lecture susdite et le rap prochement de 3 ^ avec J j P C3 compter sont plausibles, mais hypothtiques. Le signe Q est polyphone; mme nest pas forcment identique Chabas a signal incidemment une lecture*, oui pourrait tre ici la bonne. Le passage du chapitre vi du L iore d es M orts : a parfois pour va riantes ; i l| q ^ *. Le sens d enrl pour une corve convient aussi bien ce passage qu tous ceux o nous avons signal les ^es corves numres pour lautre vie, fertiliser les champs, curer les canaux, transporter les sables , ne sont pas sans rapport avec celles qui occupent les 3 des papyrus de Fayoum. Cette lecture aurait lavantage de rapprocher ce mot de ceux qui expriment les recensements auxquels ces gens sont soumis : (j le rle mme, le volu m en o lonenrehA /w wi - i
(I ^ ^ Pap. Kahoun (G r ip f it h , pl. XV, 1. 14). Cf. Lettre d'Arisou, 1. 56 : cinq corvables tranent la pierre sans cesse dans la carrire Akou ( G r i p f i t h , Kahun , pl. XXXI, 1. 25 (cf. 1. 2 et 13), p. 74). Pap. Kahoun, I, 1, v : la xnre dun O qui trane la pierre, on parle d'un bok et du O ( G r i p f i t h , pl. XXVI a, 1. 20). 1. Papyrus de Kahoun, VI, 21,1. 5 (G r ip f it h , pl. XIV, p. 39). Satire des mtiers, Pap. Sallier II, p. 6, 1. 8; le paysan on lenrle sans cesse (B r u g sc h , Dict.. p. 994; M a sp e r o , Genre pietolaire, 1 sont Pur ^ternit #). . les ^ p. 57: ses vtements ^ 3. Cf. les scribes

. etc.

4. Prire Amon : Pap. Anastasi II, p. 8, 1. 5-7 (C h a b a s, Mlanges, IV, p. 60-62). 5. Papyrus Mayer, A, p. 3; Papyrus de Turin, pl. CUI, 1. 5 (Goonwm, . Z., 1873, p. 39; B r u g sc h , Dtct., Suppl.t p. 810). 6. C h a b a s , Mm. Soc. Langres , 1863, t. II, p. 43 (Bibl. g y p to l X, p. 239-240). 7. Ouchebti de Hanhan Langres (loc. cit.). 8. Statuette de la collection Major [loc. cit., pl. III); Statuette de Ramss IV (M ar ie t t e , Abjfdos, I , j L60c). 9. B r u g sc h , gyptohgie,^p^2lSb et 26 9 ^ 1. M a r ie t t e , Mon. dic.t pl. 8,1 ; un appel ^ (J

LES NOMS DE L'ESCLAVE EN EGYPTIEN

gistregens, terres1 ou objets divers, X / ^ ^ 4 ' ^P^rat*on recensement ou la liste qui .en rsulte. Mme ce dernier exemple pourrait mettre sur la voie d'un rappro chement avec la famille des mots a , messager ou fonctionnaire , mission, charge, uvre , contrler, discerner, sparer matrielle ment. ouvrir : entre un recensement et un contrle, une corve et une fonction, il y a des nuances, surtout pour nous modernes, non une opposition fondamentale.

**

( l - k # ou P k )

Le sens de sod em - ch ne prte pas discussion : c'est celui qui coute l'appel , celui qui obit aux ordres '. S odm ou en est une forme abrge; vraisemblablement aussi soiem , et peut-tre sam (sil ne se rattache pas ^ ^ unir , guider , ou ^ immoler). Rien, l, nimplique plutt obissance servile que domesticit libre. Une seule femme, notre connaissance, porte ce titre : Boka, qui est et se trouve que nous connaissons sa famille qui nest point servile; son pre et son grand-pre taient prtres ^ de Phr; ses frres sont, les uns cuyers de Sa Majest, dautres chefs de fermes comme elle3. Les dieux, les rois, la reine, les princes et les particuliers ont leur service des so d em - ch -o u^ ou sodem ou , qui remplissent prs deux des offices divers, parfois sous - q / 1 * | ^ j les ordres de i f* ai* ou de > . Au jardin des amours, les domestiques de la m i *0 i l i J a o |/ww\a iv e bien-aime viennent avec leurs prparatifs servir la collation ^ J L J L * - Prs de Satni-Khamols, un page ^ J\ se tient prt tout appel et dispos excuter toute commission*. Un sodm ou tient compagnie au Prince prdestin, le renseigne sur la nature du chien et prvient le roi de ses dsirs1*. Un Jb ^ du basilicogrammate Anol lui fait une libation fun1. Inscription ddicatoire dAbydos, 1. 84-85:

jette ,

(|(| ^

^ ^ f|

f M l

Abydos, p. 54; B r u g sc ii , gyptologie, p. 265). Cf. supra, p. 7, n. 10. 2. Papyrus de Kaboun, I, 3, 1. 2; XIII, 1, 1. 3 ( G r i f f i t h , pl. IX, XXI, et p. 20. Cf. Maspero, Bibl. gypt., VIII, p. 425-426; R b v i l l o u t , Reue gypt., VIII, p. 170; M o r k t , . Z ., XXXIX, p. 36-37). 3. S il ne faut pas les lire ar/>, o n o p n (D b v r i a , Pap. judic., n. 6 = Bibl. gyptol., V, p. 235); mais L e dernier exemple de Kaboun serait un argument rencontre. 4. B ru g 8CH, Reue archologique, 1869, II, p. 173; Dict., p. 1345; M a s p b r o , Recueil de Tracauar, II, p. 159-163. 5. Stle de Houa, Brit. Mus. 166 (L ib b le in , Nome, n* 388; M a sp e r o , Rec. de Trac ., Il, p. 161). 6. Tousa (Stle de Karo, Brit. Mus. 294; L ie b lein , Noms, n* 685). Ramss (Stcle 2522 de Florence; L ieblbin , n* 971). Apii (Stle de Rom, Boulaq; L ibblein , n* 760). M a s p b r o , Rec. de Trac., 11, p. 161.
7.

A ri? (M ariette , Abydos, III, p. 402-403, n* 1 1 0 1 ; M a s p e r o , Rec. de Trac., II, p. 163).

Haroua [ibid., p. 163). 8. Papyrus rotique de Turin, p. 2, 1. 10 (M a s p e r o , tudes gyptiennes, I, p. 227). 9. Conte de Satni , Pap. Boulaq n* 5, p. 3, 1. 1-2 (M a r ie t t e , Papyrus de Boulaq /, pl. 31; R e v ii .lo u t , Roman de Stna , p. 118; M a sp b r o , . Z., 1877, p. 133; Contes, p. 194, n. 2). 10. Papyrus Harris 500, p. 1, 1. 8 et 9 (GoonwiN, Record of the Past, II, p. 155-156;M a s p e r o , tudes gyptiennes, 1, p. 6; Contes, p. 230).

R E C U E IL , XXIX. N O U V . s 6r., XIII.

10

LES .NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN


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raire . La divine adoratrice dAroon a des

___* et des

j, - -gyO |

jf i\ Autour du roi,..

on voit ds' coutant lappel du Seigneur d la double tetre *4 5 q 2 2 ou bien' de tel ou tel roi : loyal coutant l'appel de Thotms III cou tant dAmenhotep ^ A la bataifii de feadecb, seuls rpoil dent lappel d&Ramss 11 son cuyer Menna et ses gardes * * Dautre sont attachs diverses administrations royales : au trsor royal ** r-in n i n ^ '. aux haras *4 ^ aux celliers j*, aux garde-manger (?)"d e Ptah ^ ^ | 1 ^ | I," * aux greniers j" t w .1', et mme au bureau 11 ^ ^ _
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de la cuisson au bois de la confiserie du palais ^

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^ ^ S S 0!& n '' ou encre au ,e8liaire

ou

Dans les temples, non seulement les dieux ont leurs serviteurs, sod em - ch dQsi0 8 ", dAmon", de K hlm "; mais aussi les animaux sacrs ont les leurs. Les mmes prtres sont b ou b-oucheb dOsorapis et sod em - ch dApis vivant". Des soignent les ibis sacrs; des nourrissent les perviers; de mme pour les cynocphales et les serpents". Les ncropoles foisonnent de cette sorte de gens. Les comptes du Ramessum por tent diverses reprises des livraisons de pains, tantt pour leur consommation, tantt par leur intermdiaire W k r > K . Une satire daube un pote famlique,.
1. Tombe de Tell-el-Am arna n 23, 2* stle (Rec. de Trac., XV, p. 45). 2. Daniou (Rbinisch, g. Denkm. Miramar, t. VI, VII, p. 113-114; Mabpero, Rec. de T r a c II, p. 162). 3. Haroua (Grbbnb, Fouilles, pl. X, 1, XI, 1, n* 1119; M aspbro, L c.). 4. Kbonsou ( M a r i e t t e , Abydos, III, p. 407, n* 1109). Nibdouaou, figur derrire fUmas II (Stle n* 86 <le T urin; M a s p b ro , l . c.). Panmanbou (Statue de Turin, M a s p b ro , Rec. de T r a c II, p. 177). Ce dernier exerant dans YAst-mt, il se peut quil sagisse de rois dfunts. 5. Ousirht, Stle n 44 de Saint-Ptersbourg (Libdlkin, g. Denkm.%p. 24 et pl. 26, n* 26; M aspbro, p. 162). Peut-tre doit-on lire

C 'r P

6. Hok, Stle de Boulaq (M aspero, Rec. de Trac., III, p. 111). 7. Pylne de Louqsor (Brugsch, gyptologie, p. 311). 8. Hor, Stle de Vienne n* 120 (Lieblein, Noms, n 873). Ptah-pasaou (M a rie tte , Abydoe, III, p. 291). (Maspbro, Rec. de Trao.%II, p. 162). 9. Sti, Stle de Toulouse n* 31 (D u la u rie r, Stles /un. gypt. du Muse de Toulouse, 1836, p. 3-6, pl. 1; M aspbro, l. c.). 10. Nakhtoukba (M a rie tte , Abydos, 111, p. 389, n* 1071: M aspbro, l. c.). 11. Soutibos [ibid., p. 394-395, n* 1082; l. c.); cf. jjjP ^

I.

r r r n comme au prcdent exemple.


A /W W \

j alim ents.

12. Sibembabi (?) (M a rik ttb , p. 430, n* 1149; M aspbro, l. c.). 13. Khonsou, cit plus haut, n. 4. 14. Papyrus Mayer B (Goodwxn, . Z., 1873, p. 106; P ie r r b t, Vocab., p. 563). 15. Nom propre, Pap. de Boulaq n* 12, 1. 3 (Goodwin et P ib r r e t, ibid.). 16. Paouncbou (M a rie tte , Abydos, III, p. 448, n" 1189; M aspbro, l. c.). Ms [ibid., p. 449, n 1193). 17. Mri (Stle Brit. Mus. n*282 : L ieblein, n* 686). Men (?) (Stle Brit. Mus. n* 297 : Lieblein, n* 560).. Amonemapt (Turin). Amonast et Ousirhat (Stle de Stockolm n* 42 : L ieblein, n* 789). (Maspbro, l. c.). 18. Ari (?) [cit. supra, p. 9, n. 7). 19. Stles dmotiques du Srapum n 39, 107, 124, 191 (R b v illo u t, Reue Agypt., VI, pl. 6, 7, 8, p. 141142, 146-147). 20. Papyrus dmotiques du Louvre nM 3266 et 3268 (R b v illo u t, Reue gypt. , II, pl. 35). 21. Papyrus de Leyde I, 350, v*, col. 2, 1. 14, 23, 27; col. 3, 1. 7, 17, 32; col. 4, 1. 2; col. 5, 1. 20 (Spiegelberg, Rec. de Trac., XVII, p. 146-151).

LES NOVtS DE. L'ESCLAVE EN GYPTIEN

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-chanteur intolrable qui va offrir ses services dans les vieilles ncropoles, sengage comme so d em - ch et aide-sacrificateur,1 mais, en somme, ne sait rien faire*. En effet, cest dans la ncropole de Thbes que lon trouve le plus grand nombre dexemples de ce titre; mais les: ^ t ^ ^ occupant des emplois trs divers*. Nofir-abou est gendarme (m sa) de Ptah*. Dautres servent d'escorte au roi quand il n S\ * vient dans le quartier- dee morts (j j\ 11=*j ^ 1, ou tiennent lombrelle au-dessus de lui Dautres dirigent les travailleurs de la ncropole en qualit de
U llll

de f=^J !*, d e ~ f l d e f 3 ) !*, de ^ ^ f l r f ] 1 * ll l c r a l II IIU a / vwwS/ vw w n J^ T l eaW I ou reprsentent prs deux le pouvoir sacerdotal ou royal comme scribes des ouvriers'* dAmon de Karnak j^| (J (j1 ^ , basilicogrammates ou sigillaires du roi 1 jSiM et Dautres exercent de leurs mains quelque mtier, relatif aux T I ti T w Jj T T q ^ \\ A ^U M M ^ /~ ~ q funrailles, comme celui de ciseleur * | J] '*, celui de gardien des
<==> I J S A / W W V 1 /W W W I< =

portes ^ t ^ '* ou de suivant j) | ) ^ et j) a ^ j Leur office propre est dassister le khrihabi pendant les crmonies funbres; mais quelques-uns occupent eux-mmes quelquefois les rangs, plus levs dans le culte funraire des anciens rois, de f ] Q n I yv w w \ ou de if S J r * , ou, plus explicitement, de f J
1. Papyrus dmotique de Vienae n* 31, v. 88*83 ( R e v illo u t, Pome satirique; B rugsch, . Z., 1888, p. 39; gyptologie, p. 312). 2. Les stles ou statuettes qui nomment des sodem-ch leur donnent rarement un autre titre : je relve seulement celles de Nofirabou, Amonnakhtou, Nibnofir et Karo (cf. ci-aprs). En gnral, il faut rapprocher deux monuments au mme nom. l e ne cite parmi les divers employs de YAst-mt, numrs par M a s p r r o (Rec. de Trao., 11, p. 166-199, et III, p. 103-111) que ceux qui portent le titre de sodem-ch. 3. Stle Belmore, v, 1. 2 ( B i r c h , Coll. Belmore, pl. VI, 1 ; D r v r i a , Bibl. gyptol., IV, p. ISO). 4. Amonnakhtou, Stle n 149 de Turin (M a sp r r o , II, p. 179). 5. Aapouhti, sodem-ch, Stle de Panib (Coll. Belmore, pl. V, 2-3 : M a s p e r o , II, p. 174), hbs bht, Disque de Boulaq (M a sp r r o , III, p. 103). 6. Anbourkboui, sodem-ch, Stle Belmore (pl. X, 1 ; M a s p e r o , II, p. 169), mir katou et hir astiouf Tombeau de Deir-el-Mdineb (L e p s iu s , Denkm., III, 2 d ; M a s p e r o , 11, p. 170). 7. Nibnofir, Stle B 4 de Copenhague (V. S c h m id t, Textes de C., 1878, p. 10; M a s p e ro , II, p. |181). Noflrhotep, fils de Nibnofir, sodem-ch, Stle Belmore n* 267 ( B i r c h , pl. XVIII; L ie b le in , n* 684; M a s p r r o II, p. 181), h ir astiou, Porte de Turin n* 129 ( M a s p e ro , ibid.). Qaha, sodem-ch, Stle Belmore n* 85 (pl. V 2), h ir dstiou, Statue de Turin; ta, Statue du Louvre, salle funraire D ( M a s p e ro , II, p. 192-193). An bourkboui iloc. rit.) et Stle n* 48 de Turin ( M a s p r r o , II, p. 192). Notons encore que, outre Nibnofir, plusieurs h ir astiou ont des fils sodem-dch : Boqa, Stle Belmore, pl. VII (M a s p e ro , II, p. 173). Panib, Stle Belmore, pl. V, 2 et 3 ( M a s p rro , II, p. 174). 8. Anhourkboui, loc. cit., et Statue du Louvre, salle historique, P 338 ( M a s p e ro , 11,170). 9. Eams, sodem-ch, Statue de Turin; m-a et n souten, Stle n* 300 de Turin (M a s p e ro , II, p. 185). 10. Anhourkhoui, Statue du Louvre (loc. cit.). 11. Amonemouaa, sodem-ch, British Musum ( L ik b lr in , n 1354; M a s p r r o , II, p. 169), ta n dot, Disque de Boulaq ( M a s p r r o , 111, p. 103). Qaha (loc. cit.). 12. Nibr, sodem-ch, Stle Belmore 267 (loc. cit.), n astiou m ast mt, Statue du Louvre, salle des dieux V ( M a s p r r o , II, p. 191, n astiou n Amon m ast mt% Stles n 307 et 123 de Turin), Stle Belmore, pl. X b ( M a s p rro , II, p. 182-183), n astiou n Amon n Apt, Disque de Boulaq ( M a s p r r o , 111, p. 103). 13. Rams, loc. cit., supra n. 9. 14. Anbourkboui (cf. supra) a les deux titres, Stle Belmore, pl. XIII ( M a s p r r o , II, p. 170). 15. Karo, Stle n* 169 de Turin (M a sp e r o , II, p. 196). 16. Penboui, sodem-ch, Stle n 6 de Turin; Statue n- 173 de Turin ( M a s p rro , II, p. 176). 17. Du mme, Tombeau de Khbekbenit (L e p s iu s , Denkm., 111, 2 6; M a s p r r o , II, p. 190); Stle de Boulaq n* 162 ( L ie b le in , n* 993; M a s p e ro , II, p. 177). 18. Nibr, sodem-ch (Le.), khrihabi n Amenhotep, Disque de Boulaq ( M a s p r r o , III, p. 103). 19. Pandiaou, sodem-ch, Stles nM 285, 302 et 149 (?) de Turin ( M a s p r r o , II, p. 178179), oudb, Disque de Boulaq (M a s p e ro , III, p. 103). Panmanbou, Statue et vase 94 de Turin; Statue du Louvre; Disque do Boulaq (M a s p e ro , II, p. 177, et 111, p. 103). 20. Anhourkhoui, Stle P 338 du Louvre (M a sp e r o , II, p. 170).

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LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

2 l Dans les rou d ou on a vu successivement des maons, des agriculteurs, des inspec teurs, des employs. En effet, on les voit occups des besognes diverses. A A A A A A| y y Dans laffaire des tombes violes, ceux de la grande ncropole des princesM v i J2 1 ' _ w-, -n w m f p -, l i< (5 g *i i i% v k ~ Prennent Par* a lenqute, contribuent au rapport et sont dputs vers la ville; leur rle prpondrant dans la vrification les signalait comme experts en maonnerie', et leur nom rappelait celui de la pierre de grs . (1 ^ o : cest tort, toutefois, quon a pu croire quils soccupaient de fa briquer des stles*. Dans sa campagne dAsie, Tbotms III en a prs de lui pour valuer Q a Q \> fi A les terres et surveiller la rentre des moissons, -< s> ^ x, i A Abydos de mme ceux dont Hamss II munit le temple sont joints aux laboureurs pour produire du bl jj ^ ^ ^ ^ ^
K /W W V S /W W W w w v s .

^\\^ ] ^f " *, de *a traduction paysans et ltymologie ffv faire crotre les maisons et les moissons*. On les trouve encore associs des ^ |^| ou @\ \^ i^m de concert avec des scribes et un chef de barques, pour dtourner des grains*. Cependant une inscription de Bubastis semble assigner les fonc tions de gomtres ceux de la maison royale qui, suivant les ordres dOsorkon II. nont pas retranch de terre la ville de Thbes, cest--dire au domaine dAmon". Aussi bien pourrait-on les transformer en sommeliers du temple de Sti-Mnptah, pour lequel ils prennent livraison de vins, de liqueurs et de fruits, ou bien en mari niers ou en emballeurs, si l'on ne devait reconnatre des vrificateurs ou contrleurs* dans les gens qui, aprs lemballage, gardent entre les mains les critures qui servaient vrifier des ballots de laine, }} {(1 ^ ^ ^
A/WSAA A n (Q , W , ~

. . ~ rr . La complicit de six d'entre eux, 0 1 dans le complot oWi J l i i i r a a a m im ii 1 contre Ramss l i t 1 0 napprend peut-tre rien sur leur compte, sinon que certains exer aient leur office dans le palais royal (ce que prouve par ailleurs le texte de Bubastis);
1. Papyrus Abbott, pl. i, 1. 3; H, 1,7 ; ni, 9 ,15 ; iv, G; v. 10; vu, 9 (B ir c ii -C h a b a s , Le Papyrus A nastasi , Reue arc.hol. = Bibl. gyptol. t IX, p. 29; M s p e r o , Enqute, p. 216 sqq. et 276). Cf. B ir c ii , Papyrus H arris , pl. 31, 1. 5-7 : cbiefs of coustructors . 2. Papyrus Anastasi VIII, 1, 1. 12 (Select Papyri , pl. CXL, 1. 12; C h a r a s , loe. cit.). 3. Annales de Karnak (L k p s iu s , Denkm., III, 32, 1. 31; C h a r a s , Mlanges, III, p. 170; M a sp e r o , A/ageddo, Bibl. gyptol., VIII, p. 233). 4. Inscription ddicatoire d'Abvdos, 1. 85 (M a r ie t t e , Abydos, pl. 7; M a sp e r o , p. 54 et n. 5; B r u g sc ii , Dict., p. 881). 5. Papyrus de Turin, pl. 53, 1. 9 ( S p ie g e lu e k g , . ., 1891, XXIX, p. 77). 6. N a v il l e , Bubastis. pl. 6; trad. M a sp e r o , Reue critique , 18 3, I, p. 387. 7. Papyrus Anastasi IV, p. 7, 1. 8-9 (C h a b a s , Mlanges, IV, p. 81 et 93). 8. C h a b a s , Mlanges, 111, p. 53 sqq. et 170-172, propos du Papyrus Abbott. 9. Papyrus Anastasi VIII, p. 1, 1. 12 (C h ab as, Mlanges, IV, p. 69 et 75). 10. Papyrus judiciaire de Turin, col. 4, 1. 6-11 (Devria, Pap. judie ., pl. II, p. 22-24 et 49 =t Bibl. gyptol., V, p. 116-117 et 138); cf. Papyrus Lee 1, 1. 4 (ibid., pl. VI, p. 123 = Bibl. gyptol., V, p. 197). Stle de Pa^ /www y nehesi, 'j t Vienne, n* 55 (ee. de T rar.t IX, p. 44; Lieblein, Noms, n* 877; Brugsch, Dict.+ p. 881; Suppl., p. 741).

1n

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

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toutefois le hasard ne fait point seul que le nombre d ces: gens, coupables davoir entendu les conversations des conjurs avec les femmes du khent sans les.dnoncer , gale celui des femmes des gens de la porte du khent ^ s ^ ^ ifi , condamnes pour conversations avec les conjurs ; c'est donc c m n icttdi i i encore un autre mtier. Les rois en ont leur service, comme Thotms aprs Mageddo*; ils en mettent dautres au service des temples, au mme titre que tout le personnel haut et bas : ainsi Ramss II en donne Os iris dAbydos*, ou Ramss III Amon et Horus4. Mais ce ne sont pas des esclaves. Jamais ils ne sont prsents comme haqou. Un poste leur est assign comme des ^ J , des ( tous autres *. Ce sont des fonc tionnaires. Toutefois leur titre doit tre plutt gnrique que spcifique, car, dans les cu rsu s h onorum et les pitaphes, on ne le trouve pas accol un nom propre. Leur rang dans la hirarchie, soit entre les maires de villes et bourgs et les chefs de corve (a astiou H on-f), daprs le Manuel Hood*, soit daprs le projet de recense ment envoy au scribe Kawisar entre le scribe de la table et le chef des servants ch em so u 1), montre srement en eux de petits fonctionnaires. Le dnombrement de lexpdition dHammamt sous Ramss III les range en compagnie et la suite des chefs du btail, prophtes et scribes*. On en trouve comme chefs subalternes des Mzaiou' et dautres prposs la dfense de la ville _ / W W W 1'. Plusieurs passages du papyrus Harris montrent bien leur situation intermdiaire : entre les hauts fonctionnaires et les travailleurs vulgaires. Daprs lun, Ramss III, outre ses autres munificences, a renouvel le personnel, sarou (011 ouerou) et rou d ou du temple dAmon il leur a confi le btail destin aux sacrifices, conjointement avec des m ourou m en m ennou, des scribes, et des m ourou astiou (?), et, au-dessous deux, des gardiens (sa ou ) nombreux1*; et parmi ses dons il cite avec complaisance les grandes statues, curs de? uvres (cest--dire soit chefs-duvre, soit centre o convergent les travaux) des grands, des flabellifres, des rou d ou et des homine3 du pays, que Pharaon a donns en garnissant lAmonium pour quils travaillent (?) et obissent ternellement1*. De
1. Papyrus judiciaire de Turin, col. 5, 1. 1 (lor. c't., pl. III, p. 27 et 157 = Bibl, gypt., V, p. 120 et 121). 2. Cf. supra , p. 12^ n. 3. 3. Cf. supra , p. 12, n. 4. 4. Papyrus Harris I, pl. 7, 1. 4 et 9; pl. 59, 1. 11; pl. 60, I. 1. 5. Cf. ibid., pl. 59, 1. 11-12 (supra, t. XXVU, p. 196, n. 12); pl. 7, 1. 4; pl. 11, 1. 1, etc. 6. Papyrus Hood, 1. 19 (M a s p b r o , ludes gyptiennes, II, p. 8 et 44-45). 7. Papyrus hiratique de Leyde, I, 348, 1. 4 (C h a b a s , Mlanges, IV, p. 133, pl. 6). 8. Stle dHammamt (L e p s i u s , Denkm., III, 219 c, I. 16; B r u g sc ii , gyptol., p. 229). 9. Papyrus Auastasi V, p/27, 1.1 (B ru g sc h , Dict., p. 881; Suppl., p. 741). 10. Sarcophage de Nesptah Boulaq (Bitur.scH. Dirt., Suppl., p. 741).

11. Papyrus Harris I, pl. 7,1. 4 : ^

(1 ^

f |^

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12. Ibid., pl. 7, 1. 9 (B ru g sc ii , Dict., Suppl., p 741).

'14

EE&NOMS DK LBSCLAVE EN GYPTIEN'

mme, dansleteraple dHor-khent-fchrati, il .mis touales hommes dt tous \e r o u d o u ncessaires pour y excuter leur hesogne # et, dautre part, il a institu a j des A . (c > prophtes et des rou d ou : ceux-ci, sous lautorit des premiers - , feront travailler
v^ * I I ^ III

ls aam dotou dudieu et commanderont dans 6on domaine o f lf f ^ r-^ 3 v A [1 fi fl y o <dH> ^ I X * w -j j il i i . . ( a Y ll^ S3 - 1 ^Ur tte expdiee en Poant, il y a, en dehors de lqurpage (astiou et ehen utou) et pour le commander, des ^ i ^ ! c^ s ^e barbares, des rou d ou , et des ^ j eu sergents*. Enfin, parmi eux et leur tte, on distingue des scribes | j [ ^ ^ i m p o r t a n t s personnages chacun des quels sont subordonns environ 2000 serfs de R, au mme titre qu des grands, majordomes, etc/. On appelle encore rou d ou le chef dune famille, procureur, fond de pouvoir de ses frres et surs ou de ses cousins, administrant leurs proprits et les reprsen tant en justice. Ainsi Nofirbou*, dans un procs sous Ramss II, ainsi Khai et Ournouro, mre de Mes, dans laffaire de loasis de Ncha*, portent le titre de 1 1 '. Le dernier exemple montre que ce nom sapplique mme des femmes. Il reste beaucoup de vague dans leur emploi : sont-ils des experts*, des employs*, des clercs de notaires*, des mandataires, des agents daffaires ou inurrdrcxi'*, des inspec teurs , des surveillants ou m ui'r"? En tout cas, ce ne sont pas de simples ouvriers plus ou moins esclaves : leur condition est certainement suprieure la plupart de celles que nous avons tudies jusquici. Cest cause des premires traditions que je crois devoir moccuper deux ici. Mais aucune racine, signifiant examiner ou ngocier , ne se rapproche de Ne faudrait-il pas revenir la premire explication par Birch du signe $\, sorte de ceinture appele encore aujourdhui, en Abyssinie, raC*? Il existe un verbe $\ lier ; et lon traduirait naturellement les attachs , les hommes1. Pauvrus Harris I, pl. 59, 1. 12, pl. 6 0 ,1 .1 : R

J J m m \U = 3 I I I

-----

(g

III

.A

2. Ibid., pl. 59, 1. 11. On notera la diffrence entre f) et > - x


n vYy

X /W WVA r

'U.

[S^

w -i

LJ

r f faire le travail , synonyme de a r outou (47/9) et de oucheb (11/1).

A AWAW ^

t= = > fairetravailler,
fl

synonyme de khorp,

3. Ibid., pl. 77, 1. 9. 4. Ibid., pl. 31, 1. 5-7. Cf. pl. 10, 1. 3-6; pi. 51 a , 1. 3-8. 5. Cf. E r m a n , Gerichtoerfahren , . Z., 1879, p. 73. 6. Tombeau de Ms Saqqarab, 1. 3 N et 8 N (L o r b t , . Z., 1879, p. 5-6; M o ret , ibid., p. 34). 7. C h a b a s , Mlanges, III, p. 170-172, et IV, p. 75. 8. D e v k ia , Pap. judic., loc. cit., supra, p. 12, n. 10. 9. R k v i l l o u t , Noue. Chrest. dem., p. 125; Aug. B a i l l b t , Le roi Horcmkou,p.33 = Bibl,gypt., XVI. p. 197. 10. R bv illo u t , Chrestomat. dmot., p. 432 sqq.; cf. Reous gypt., IV, p. 159, des agents du roi, agents des prtres dIsis ,ou simplement agents d'Isis , dansles inscriptions dmotiques de Dakk et Phil; Tun d'eux est ministre du roi des thiopiens. Cf. Reoue gypt.,V, p. 76, n. 2; VI, p. 120 sqq., 133. 11. B ruobcu , Dict., p. 831; Suppl., p. 740-741; gyptol., p. 215, 229, 314. 12. M a sp b r o , tudes gyptiennes, loc. cit., supra, p. 13, n. 6. 13. B irch -C h a b a s , Le Papyrus Abbott (Bibl. gyptol., IX, p. 298).

LES NOMS DE L'ESCLAVE EN GYPTIEN?

15

liges du roi, ^ ou des dieux, j jj 0 e] nombreux sont, les ser viteurs dOsiris*. De cette Tacine driverait bien aussi je sens allis, parents*, sil pouvait sappliquer plus de cas. Ou bien tout bonnement ces gens seraient les hommes ceinture , comme dautres sont les hommes collier , sans que cela prjuge et nous apprenne rien sur leurs fonctions f leur tat social, les gyptiens antiques nayant cure des philologues venir.

CONCLUSION* Cette tude est loin encore de comprendre tous les termes qui sappliquent aux plus basses classes de la population.
1 Papyrus Rhind, p. 21,1. 1 (Bhugsch, Dict., SuppL, p. 740). 2. Licre honorer Osiris, p. 1; Papyrus 3079 du Louvre, col. 110, 1. 7 (Pibiirbt, tudes gyptologiques, 1, p. 21; Vocab., p. 316). 3. Brugsch (Dict., p. 890 et 881) distinguait d'abord deux mots roudou, lun signifiant cultivateur ou ins pecteur, l'autre signifiant : der Gebuudene scilicet durch Freundscbaft und Verwandschaft , origine du copte p *rre, cognatio, et pejm-p&rre, cognt us, dont il donnait deux exemples : \ X \ a fils du H0 O V i j2 I I T/W W W o royal parent (Pap. Rbind, p. 21, 1. 1), et 11 A\ Ma i faisant vivre son clan (Statue dHarmhabi Turin, 1.11), dont il abandonna au moins un (SuppL, p. 740). 4. Addenda aux paragraphes prcdents :

**TM\
(Supra, t. XXVII, p. 32, dernire ligne.) Dans le protocole de Ppi 1 , le titre a pour pendant ^ (j(j ^ : les deux mots et i0H ac> |> quoique ce dernier manque de dterminatif, me semblent des quivalents dsignant le royaume et les sujets, l'gypte et les gyptiens. Pyramide, 1. 65 (Rec. de Trao., V, p. 167). (P. 32, n. 1.) On pourrait encore admettre que leurs, visages dans * (P. 33, n. 3.) A propos de
A

ft o i i i

ou dans d'autres langues ttes, mes et quelquefois bouches .


*4*

o I* U.

Ma

ventres signifie hommes par synecdoche, comme ail-

on pourrait rapprocher lune de lautre les trois expressions suivantes :

| w_ , tra

duit au dcret de Canope* par flovXevrai, irtoratat, o lon voit les conseillers du roi, qui sauvent ou tri turent les affaires ,

\ \ : j* des subordonns qui mnent bien les affaires , mls aux serviteurs

et gens de mtier, et > ou ^fLlc, gens qui font les choses, assimils aux miratiou et bokou. Stle de Tanis, 1.15/19, 16/30, 35/72, 36/73 {cf. P ib r r r t , Vocab., p. 295). * Tombeau de Khoumhotpou- Bni-Hassan (L., D., II, 124 a, 1.12; M a sp e r o , Bibl. gypt.,V III, p. 119-120). Sarcophages de Bercheh (L a c a u , Rec. de Trao., XXVI, p. 67-73; J. B a il l e t , Journ. asiat., 1904, p. 327).

H P ,? ,
(Supra% t. XXVU, p. 35, 1. 5.) Aux exemples de chemsou de matres divers, on peut ajouter le ehemsi dun erp *, celui de simples sodmou\ celui d'Asari,

intendant Mirouitensi'.

16

LES NOMS DE L'ESCLAVE EN GYPTIEN

De parti pris j'ai limin tous ceux qui dsignent un mtier dtermin, ainsi : rameurs'* " b-W " . " h i 1 4

Smentooui, grande stle de Mrenptab (M ariette, Srapum, pl. 21). Supra, t. XIX, p. 11, n. 17. Conte du paysan, Pap. Berlin II (Goodwin, apud Crabas, ML, II, p. 262; Maspkro, Contes, p. 41). (P. 35, u. 14.) Aux chemsou de divers temples, ajouter ceux du temple de Thot (supra, p. 36, n. 15), ceux du temple funraire d'Ousiritsen avec leurs quarteniers | |^ fjP (Stle anonyme : M a r ie tte . (Stle dH&ga au

Abydos, 111, n* 667), ceux dApwatou avec leur chef Louvre : Biiugsch, Thsaurus, VI, p. 1459).

(P. 36, 1. 2.) Parmi les occupations diverses des ehemsou, noter celle du chemsou Ams1, qui, plac au milieu des ma gasins de larme, a lair de faire pour son matre le compte des approvisionnements. Tombeau de Pehsoukher (A# . Ai. G\, V, p. 290). (P. 36, 1. 7.) A divers degrs de la hirarchie, un mour, un scribe, des contrleurs du gynce royal, sont dits semblablement Pap. jud. de Turin, pl. IV, 1. 6-11 ; V, 9-10 (Devria, p. 20-28 = Bibl. gypU, V, p. 115-124). (P. 37, n. 3.) Pour dautres exemples de chemsou du roi et des dieux, cf. Aug. B a il l e t , Collection Desnoyers, 1878, p. 34-35, n. 2 {= Bibl. gupt., XVI, p. 41). Cette note relve des chemsou attachs diverses administra> fy /W W W A/WVW

M l

I II

en service .

Z___ ^

> r v A /W W S

> YV

/ W W A 3\

lions : q ^

wvwa J l (L ieblein ,Noms, n#475),

(L ie blein ,

n* 325),

^ (Lou

vre C, 85 : L ieblein , n* 485), ^


b lk in ,

~ el leurs chets hirarchiques : F==^ ^ P A ( L ir -

n- 633; et. supra , p. 36, u. 12), riT^||l A (L ie blein , n# 677),

P H P M |(L

ie blein ,

n~ 138 et

353; g. D e n k pl. XXU1),


rie tte ,

^ j | ^ j (P|8RRkt, Cat. Loucre, salle hist., 567; Stle anonyme : M a


/ v w w a ^< r i -< S > -

Abydos, III, n* 667; cf. M l l k r , Rec. de Trac ., IX, p. 173).

(P. 37, n. 4.) Noter, dans le dcret dOsiris, leur mention aprs les grands dieux du nome dAgert, les khou et les hosou

>n

dans Youskhit dOsiris, ^^^ il * ma*S avant 8ran<* iu8e * * u nome 6 Agert, tous les dieux et desses de At-Zamaout et les mes justes louest de Thbes (Brugscii, Thsaurus, VI, p. 1418). (P. 37, 1. 10.) Aux dieux doot se rclament des suivants, ajouter : Amou1, Htbor*, Kbont-Amentie. Ou souhaite Yam-khcnt Amenths de voir Amon dans sa belle fte de la ncropole et de le suivre dans ses temples (L o rk t , Ai. Af. C., I, p. 53, 1. 23). kLiore des Morts, x lvii, 1. 2. c Ibid., cxliv, 1. 11 (Aug. B a illb t, loc. rit.). (P. 37, n. 10.) Cf. Cercueil de Moutemapt (. Z., 1859, p. 50). Un grand personnage tbbain sous la XXVP dynastie, Aba, racoute avoir jou auprs de la reine le rle de si-mer-f dans le temple de Nitocris, et celui de suivant de Sokaris , quand la reine excuta des rites pompeux eu lan 26 (Statue dAba : D a r e b sy , Ann. fnst. 1904). (Supra, t. XXVII, p. 193, n. 2, 1. 2.) Cf.

A/ w w v \ I/ w v w \

I ^

, Louxor (G a y e t , M.M. C., XV, pl. 62); ^|J|

Aa / w w v I/ vw w .

0 ^T ^

1 10 I

(1(j

Bubastis (N a v il l k ,

pl. 4,1. 3); et Thot disant de lui-mme : rie t t e , Abydos, I, pl. 22).

Maest a mis en cr*t * (Ma

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

17

i j Q ptissiers , JJ (j jf ^ ^ " confiseurs , ouvriers qui creusent e t taillent la pierre ou le bois, menuisiers, charpentiers, mineurs, ftj P |
(XXVII, p. 194, 3* alina, injtne.) Le roi lui-mme tait prtre de tous les dieux et sintitule, par exemple, || y a jusqu des dieux qui portent ce titre : ainsi Thot, qualifi ^ b . ^ _ ^

111 WMW N\\

11

* Rituel d'Amon, chap. ii (M o ret , p. 16 : Moi, je suis lesclave vivant de R. Peut-tre la Majest o incarne de R a ). bAbydos (M a r ie t t e , I, pl. 52 6, sous la 1. 35). (XXVII, p. 196, 2* alina, injine.) On peut bien souponner que les donations de certains rois, de Ramss III par exemple, ne sont que la confirmation de dons antrieurs : la charte d'Osorkon II Bubastis* en fournit une preuve en mme temps que de la dpendance hrditaire des honou. Le roi donne Amon, pour le domaine de son nouveau temple, des femmes qui appartenaient au dieu comme honitou depuis le temps des anctres, mais en dautres loca lits en tout temple; il spcifie de plus que ces femmes constitueront par leur travail un revenu annuel au dieu : leur condition tient donc la fois de celles du serf et du tenancier. a Bubastis : d. N a v il l b , The festioal Hall, pl. 6 ; M a sp e r o , Reue critique , mai 1893, p. 387. (XXVII, p. 197, 1. 9.) Un grand personnage, le soutenrekh Chr*, sintitule [jjjj du roi Senda, et son fils Si P du mme roi. a M a riette , Mastabas, p. 92-93. Peut-on objecter que le chef peut ntre pas de mme condition que ses subordonns? Non, car le mme Chr est simple oub de Pirabsen. (XXVII, p. 197, n. 4.) .V Bni-Hassan, Khnoumhotpou constitue galement son en le dotant de champs et de serfs (miratiou ) trausmissibles sa postrit (Grande inscr., L., D., II, 124; M a sp e r o , Bibl. gypt., VIII, p. 154 et 162). Voir dautres contrats de honou ha : de R o ug , Inscr. hirogl., pl. 1; B r u g sc ii , Thsaurus, V, p. 1210-1212; M a r ie t t e , Mastabas, p. 318. Aug. B a il l e t , dans une tude indite sur ces textes, les montre soumis la juridiction des sarou. (XXVII, p. 197, l. ult .) Le vol de honou tait prvu et rprim par les lois; le Dcret dHarmhabi en tmoignea, ainsi que la Con fession ngativeb . * Un autre (individu) vint, se plaindre en disant S. M. : On ma vol mes esclaves mle et femelle *Q ] (j(] ^ |^
/wvw\

ro* Pirabsen, et un autre de ses fils

(Dcret : Rec. de Trac., VI, p. 44-49). j <^> ^ signifie bien : je nai pas fait maltraiter lesclave

bOn peut douter si (XXVII, p. 199, 1. 13.)

> pour son matre , ou : je ne lai pas fait pcher contre son matre , je ne l'ai pas suborn . A lintronisation dHtchopsou4, assistent par privilge les conjoin

C -l

/ W W W I_______ _______

tement avec les nobles royaux, les diguitaires shou , les amis et le chef des rekhiou. a N a v il l b , Rec. de Trao., XVIII, pl. 2 et p. 98; Deir el-Bahari, III, pl. 60. b Hrauts du palais (N a v il l e ) ou esclaves de cour (M o r e t , Royaut pharaonique , p. 79). Ce peut tre lunique exemple du mot crit alphabtiquement.

[Supra, t. XXVII, p. 204, u. 5.)

_ i!

(Pap. Anastasi II, p. 7,1. 1 : A. B a i l l e t , Bibl. gypt., XV, p. 274).


7*

O *iechef

d a t e , i e r e s t p r p o s

rouvrage*

{Supra, t. XXVII, p. 207, aprs le 3" alina.) Comme hon a et chemsib , bok a toujours t en corrlation avec neb matre , cest--dire chef ou
RECUEIL, XXIX. NOUV. BR., XIII. 3

18

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

mtallurgistes, (< cordonniers ,


_

orfvres , 3 i) ^ ^ 7 ^ * artisans en cuivre , barbiers, pcheurs,

| ^| | chasseurs ', etc., etc. J ai limin tous | / w w v a aussi q a les j Imots dont le sens est plutt moral ou sentimental que social : j j , 2) ou les petits, les pauvres *, ^ ^ les petits , ^es (( malheureux , A 8 les

propritaire', ou avec ^

matresse d. Toutefois la qualit de bok ou mme de haq n e nipche pas 4 J

d'tre noble, et peut mme sopposer hon, ainsi : Je viens, dit le figuier du Jardin des fleurs, vers une m ai tresse J ^ ^$| qui certes est noble & P \ \ y comme moi et nest pas une esclave

de la bien-aime'. Anok hon khu n neb-f (supra, p. 199, n. 6); an ten-f neb hon-f, boqt r hont-s {supra, p. 209, 11. 3). fcNeb chemsou achou {supra, XXVII, p. 37, n. 4). e Bok chems neb-f [supra, p. 34, n. 4) ; boku msa neb-sen (p. 210, n. 3) ; bok khu neb- (p. 210, n. 4) ; bok meri ncb-f (le stner Auu, Louvre 163 : P ie rr e t, Vocab., p. 468; cf. Rec. de Trac., Il, p. 59 et 7 1; discours dOoou-Amon, supra, p. 811, n. 11); Jamais serviteurs eu furent ainsi traits par leurs matres , dit Khnoumhotpou Bni-Hassan (L., D., 11

T :moi donc je

v il l o u t ,

* . . vin. P. 1! -

cx

que le serviteur ne vienne pas importuner le maiire (Pap. moral dm. Leyde, p. 4, 1. 2 : K e Journ . asiat., 1905, p. 210). d Cf. XXVII, p. 209, n. 3, supra*\ et Pap. rot. de Turin, in fra *. Pap. rotique de Turin : M a sp e r o , tudes gyptiennes, I, p. 224. (XXVII, p. 208. 1. 3.) Le trait entre Ramss II et les Khtas1. daus les souhaits ou menaces ladresse des observateurs ou

violateurs de ses stipulations, assimile aussi la maison (ou les gens de la maisonne ^ les serviteurs ^ j.

Qa Q) et la terre avec 1

Trait, 1, 31-32 (B o u r ia n t , Rec. de Trac., XIII, p. 158; M a sp e r o , Hist. or., II, p. 402). (XXVII, p. 210, n. 4.) Cf. Khnoumhotpou, supra , p. 207, n. (XXVII, p. 210, n. 9.) Dans une lgende d'Ibsamboul (L,,^ P., III, 194), o Amon soumet Ramss 111 tous les pays quil a crs et qui viennent , le mot bok, rgi par le verbe , ne peut signifier ni travail , ni apports (il en est dailleurs parl ensuite), mais seulement hommage rendu par la parole. (XXVII, p. 211, n. 3.) Pour les bokou de divers dieux, cf. supra , p. 38, n. 1. (XXVII, p. 211, 1. 7.) De mme, des noms thophores de femmes, Bokit-Maout", etc. Stle de Nassou (M a r ie t t e , Abydos, I, pl. 49).

(XXVII, p. 214, 1. 6.) Un simple hon-ka reoit du baron Khnoumhotpou' des champs et des serfs. 1 Tombeau de Bni-Hassan (L., D., II, 124; M a sp e r o , Bibl. gypt., VIII, p. 154 et 162). 1. Cf. Satire des mtiers. Pap. Sallier II et Anastasi Vil (M a sp e r o , Genre pistolaire, p. 48-72); Manuel de hirarchie , Pap. Hood (M a sp e r o , tudes gyptiennes, II, p. 1-66; B ru g sch , gyptoJogie, p. 211-221); Lettre de Bokenptah Kaisar, Pap. de Leyde I, 348, p. 10 (C h a r a s , Mlanges, IV, p. 130139 et pl. 6; B rugsch , gyptologie, p. 223-227), etc. 2. Cf. C h a b a s , Mlanges, IV, p. 60-61; B r u g sc h , Dict., p. 762, et gyptologie, p. 296 e t 299; G rifpith , . Pap. Kahun, p. 21.

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN


Jl O

19
ft o

misrables, les indigents . J carte aussi ceux qui, comme ^ ^ j ' sergents ou adultes et ^ J&3 jeunes gens *, dsignent parfois des serviteurs ou des colons, mais par des qualits manifestement trangres leur tat*; de mme j les bons, les jeunes, sappliquant aux corvables et sp cialement aux conscrits militaires; de mme encore, tous ceux dont lacception est trop tendue: 'es gnrations, les classes, le peuple, ^ M 5 et le public, la foule, les hommes dsi1\ \I I ,1 I II 1 *=S I I I gnant tous les Egyptiens par rapport aux autres races*, saccolant aux noms tudis
c id e v a n i : = ? , S

ou les remplaant. Tous les termes retenus nomment des catgories dindividus exerant tantt un mtier, tantt un autre, daprs les textes o ils sont relevs. Tous cependant nomment des individus subordonns : parmi eux, la plupart ne jouissent manifestement pas de leur pleine et entire libert, parfois rduits a leur condition par laconqute; certains, cependant, occupent les plus hautes situations dans ltat. Quexpriment ces noms par leur structure intime? Font-ils allusion un tat de relle servitude? En gnral, nous avons vu quils prtent plusieurs interprtations tymologiques. Avant de choisir, groupons-les suivant les ides qui en ressortent. A peu prs isole est ltymologie la plus obvie de *" IsS, savoir " jj chose sans personnalit, biens du propritaire au mme titre que les objets inanims. Je noserais comparer ni entendu des corps, non des hommes complets, ni , compris comme variante de n^~^* patrimoine, cest-_ _ dire a valetaille dont on a hrit . Tout au plus pourrait-on en rapprocher

i I1 . f . 2

, M

!'

| )<=>, Tc-l*.4 ^
A i ) 1

1.

Inscription ddicatoire, 1. 45 (M a r ie t t e , Abydos, 1, pl. 6; M a s p k r o , p. 29). | dsignant des serviteurs qui fabriquent (Pap. de Turin, p. 2, 1. 10 : les habitants dAbydos < > k& ^
1

2. A tout hasard, je rapproche de cette catgorie le mot ou servent de la bire au Jardin des fleurs.
M a sp k r o ,

H 8

tudes g y p t I, p. 228 : vassaux ). C f. ^


J L @ (!>

(Stle du Louvre C, 232 : P ie rre t, Rec.t II, p. 22); (Inscr. de Pinozem III. 1.17 et 18 : N a v il l e , p. 10);

un homme ou qui que ce soit i individus de toutes sortes

que ce soit, hommes ou femmes (Dcret d'Amon, 1. 3 : M a r ie t t e , Kam ak , pl. 4 1 ; B r u g sc h , .Z .y 1881, p. 3 7 ; M a sp e r o , Deir el-Bahari , p. 694). Le mot ne signifie pas espces ; mais il est peu prcis. Avec d'au tres dterminatifs, il signifie : veau L 11); choses < sf = ^^ l I l
i i

> 1 I I fSO J l J l W

vtement

[Conte de Thoti Jopp, pl. I,

(Pap. Boulaq n- 9; Ciiabas.guptologie, p. 37).

3. Je ne sais que faire de ^ * d'ailleurs rare (de H o r r a c k , . Z., p. 5; P ie r r e t , Vocab.% p. 192^ ~ 4. Cf. Chabas, Mlanges, IV, p. 106; XIX Dynastie , p. 28-29; Maspero, Ribl. gypt., L p. 56; B r u g sc h , Dict., p. 1695; Suppl., p. 1392; gyptologie, p. 293-298. 5. Cf. B r u g sc h , . Z., 1876, p. 71-77. 6. Sarcophage de Sti I (L., >., III, 135-136; C h a b a s , tudes, p. 93). 7. Pap. Abbott; Pap. de Leyde I, 350; Pap. Harris I, pl. 12 n, 1 ; pl. 57, 1.11; etc.
1868,

20

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

et a A S en expliquant les trois premiers par avec le sens du latin juridique dans m ancipia et in m anu, et en drivant le nom des derniers de ^^ ji et possder; explications qui semblent forcer lacception de ces mots, dont I ide dau torit sans celle de proprit rend un compte suffisant. Si lon veut ajouter lide de possession, ce serait une possession perptuit Lide de conqute et d asservissement par la violence se retrouverait la rigueur, mais non ncessairement, avec la racine , -fl dans p * = ^ |]e=3 A S et mme crit P|^T> avec dans ^^1)1) Mais justement les mots qui ordinairement dsignent les prisonniers de guerre, ^ n et ^ cessent de leur tre appliqus une fois quon les a transplants en Egypte o ils deviennent || , ^ Le trope dun ethnique, qui simpose pour gendarmes , dabord non dune peuplade libyenne vaincue, permettrait de voir dans les ^ . les , les des Asiatiques, des Arabes, des Nubiens c a p tu r et asservis. Diverses raisons branlent cette interprtation, bien ruine pour les prtendus Smites. Il est difficile dadmettre le sens de consacrs , propos pour deux de ces mots, de j[ ^ > (( vouer par une libation (sens hypothtique), et de oindre . Si la raison que les prtres taient vous leur dieu semble sappliquer au | 2'( , elle tombe faux pour les sam dotou qui ntaient jamais des prtres; elle nest vraisemblable ni pour les honou ni pour les sa m d otou , serviteurs du roi et des parti culiers; elle nexplique rien pour les autres catgories de prtres de nom identique ou semblable celui de serviteurs trs lacs, p *== (cf. | 1t= s i~ ~ a^ (ciLide de commandement et dobissance explique bien un certain nombre de ces mots. Indiscutablement, jjP ,^ , vient de suivre, et les suivants de tout rang obissent en subordonns, non en esclaves. Il ny a pas deux explications pour " en*en< *an* laPPel B et soc abrg auquel se rattachent vrai semblablement Peu srement problmatiquement |)<=> fj3. Le nom des ^ liS marque leur soumission ou sujtion, sil ne signifie pas une appropriation juridique; et de mme -^-OL fl, ainsi que et P=^j Par analogie avec ^ dessous, on pourrait penser aux prpositions et avec pour expliquer (cf. le titre de
A A/W WA / \ /W W W
e t c

aprsS a l, qui
A

) et

seraient ainsi la suite et 1 entourage . 8 ou j un commander , venant Q IO Q de S t -Ji pousser, faire avancer , demeure la racine la plus vraisemblable de V I gf, sinon de et ^ rat, ^ *es 8 commands . ^ diriger, guider pour raient se proposer de mme, mais moins srement, comme origine de p ^ ^ ^ et de P ^ m Les et j]p ^s3 seraient ceux qui rendent hommage " fc ^ fl plus grand et plus fort queux.

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

21

Bon nombre de noms sexpliquent par le mtier que les gens exerceraient. Ainsi les 8 ^ <?r ' , les ^ ' , et mme les 01 seraient des cultivateurs , de ?
AAAAAA I I I < I I I A M I
-A

A A/W VAA

labourer, ou de A /WWA ram eau, venant de A A/WWS , signifiant aussi bien ( ^ faire crotre une plante, ou pousser en parlant d'elle, que pousser un liomme pour le faire avancer , et finalement de ^ -fl frapper la terre dune houe, aussi bien quun homme de la main ou du bton. Les _ seraient aussi des agricul teurs, des gens qui font pousser , de crotre , moins dtre des maons qui soccupent des ^ ou pierres de grs . De mme, les fl seraient des laboureurs , de J j des piocheurs, de piocheurs , de tisser ; les P*=3 de batteurs de grains , de bcher ; les ~ ""3 ^ ^ ^ $ |

piocher; les

| sera*ent aussi des

piocher , moins d'tre des tisseurs , de des semeurs , de ^ grains , ou des tisseurs , $ ou moissonneurs ou et
AAAAAA |

^ j fils dun tissu ; les

* aire battre ; les


O C ]

tisser; les

farine , ou bien des tisserands , de *-> r


* -

^| 2r) astiou, des haleurs de bateau, de

0 OOO

^ corde, ou

bin des employs des funrailles, de fj|^ __ ^ tom be; les ^ ( qotiou, des maons , de btisse , ou des mariniers , de ^ naviguer , ou des potiers , de ^ ^ tour , ou des faonneurs de toute sorte de faonneurs , aussi les ^ r . I fl i des bourreaux , de
j

forme ; (( former , selon 00 < . ^

comme les

, de

un modle; le P ^ ^ j^ un sacrificateur, de
i i j\

gorger; les
oilU -fl

trancher ; les < et les ___ = > iii

des porteurs , de ^ les les *es

\ et

(( porter ; les p <=> j$s2. les ^

^es (( manouvriers , de 0=3 main les ()^ n , des bouviers , de ou ]

(J

bufs ,

et de ^ veau ou chien . Le mode de travail ou de rmunration les aurait fait appeler ^ 1 1 , de | ] il > 9 v~ Jb vfi y i w UI I I I il salaire, /i, > de g , , , produits du travail ou redevances,

1 0 ,^,o u de ternit .

d e%h e u r e*

d eST iu r n e

Le dfaut commun de toutes ces explications est que, si les exemples se multiplient, chaque tymologie propose exclut plusieurs des occupations constates. Plusieurs de ces mots ne drivent-ils point de racines impliquant lide de petits ? On songe au double sens de p u e r en latin, de page au moyen ge, de garon aujour-

LES NOMS I)E L'ESCLAVE e n g y p t i e n

dhui. Malgr l'orthographe,

serviteur semble venir de

ou

descendre, tre petit. I^s - A Qs et 1- se mlent tout naturellement aux j - v II I I ^ 1 I I n ft ^ et petits. Doit-on aussi rapprocher | **= = 9g f de | {jp* e n fants , de ^ n4 S i fils hritier ; jeunes gens; * de enfant et foule, vul gaire ? Faut-il y voir une nuance plus forte de mpris? Traitait-on les basses classes de la population de misrables, de coupables, dennemis? Voulait-on rappeler par l leur origine aux descendants dtrangers captifs? Alors pourrions-nous invoquer les tymo logies suivantes ; faible, las, misrable , ou < ( en_ uemi , aurait engendr au lieu den venir: f ^ 'e (( ma*expliquerait pcheur , de / |^ vil serait racine de | J( \\\' ~ de ;

~ ~ * 4 * vice"'

ruine , d e ^ 4 4 l i . : P T ' " ' ol' ,lt de P _ l k f 5'* malheur (cf. ~ ~ rr misrable ennemi ), de ~ JU; de w .Jf criminels et m ennemis, on aurait gliss ^ souffrir et mourir assombriraient le sens de ^ De pareilles tymologies tabliraient% un intermdiaire entre les dnominations de malheureux, misrables , cartes n p rio r i de cette tude, et dautre part celles o lon retrouve lide de razzias ou de con qutes. Ce seraient celles qui donneraient aux mots le sens le plus voisin de celui desclaves. Mais chacune prise part semble bien arbitraire. On a tent dexpliquer certains de ces mots par lide de lien soit entre le serf et la terre, soit entre le serviteur et le matre. Daprs cette thorie, *'53 t ^ n lier, en velopper aurait donn ( , et de (Jj|^ ou viendraient ! et , qui signifieraient des gens tenus la corde , ou, par figure, des attachs . Ces mots ne sont pas seuls dans ce cas. On peut comparer avec_i__ l i er et p*t ceinture (cen est letymologie la plus plausible); avec g corde, til et |)*^ ' enrouler ; avec avec m ^ (j|j et if) avec ^ n lier ; | ( ( velopper ; corde ; Q M avec ^ | 1 J X corde , ^ J |19 < ( e,1~ corde mesurer . Semblable drivation vaut pour

(( collier et ou Z l f a toujours pris comme titre dhonneur: mais on doit manifestement la repousser pour baron , compar cordage . De la corde qui enchane les hommes, passons la corde qui mesure les terres, nous toucherons lorigine de divers mots qui dsignent les habitants du pays. Ainsi | [ l f co,-de donna J E ( mesure agraire, vignoble, district.

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

23

nome; do

. De mme, ^ et

d o n n e n t e m b r a s s e r , tendue,
u j

puis ^ et () ^ champs ; do S large en vient-il aussi, et cre son tour

$ et i ^ w i ^ r l' c u lilre A territoire inondable du nome, et

i ferme ; do a M i i i i " Peut"treentre ^ et se place rait i v domaine comme intermdiaire. Dans le mme ordre dides, mais avec dautres points de dpart, comme les jiuL ' M sont les gens du nome ou ajnsi | es (cf. 0 Sh sont | eg
a II I I ^ I al I I I l o I V l ___

gens du domaine ou du territoire rural et urbain dune cit , et les


al
1

sont ceux du district ou plus exactement du bassin dinondation , <w w*. A tous ces gens convient, par son etymologie, le nom de paysans qui, par son usage, leur convient aussi le plus souvent, ainsi quaux TiTT^ v^ habitants des T iT iT^ terres inondables, alternativement marais ou labours, et aux

1 i
I /WWNA

II I I

Wfl ^ j ou

'T ^ habitants des terres laboures ou du bassin dinon^ \ \ J N 21i , * * wi o A 3= t dation. A la mme catgorie se relieraient les Z l Srtii terriens, habitants dune -, AI I I l (Q^ l *71 ^ terre patrimoniale ou simplement dun domaine ^ ( (de ^ ten __ ^ domestiques ou employs dune due ), et les | ! ^ i dpendant soit dune jJ ^ administration , soit des (j ^ __ ^dune ncropole, hommes des tombes , dont le service les entranerait quelquefois trs loin, toutes sortes de besognes subsidiaires. Parmi toutes ces tymologies divergentes et contradictoires, lexamen des sylla bi quesser van t crire les mots ne permet gure de choisir. S'il ny a pas de doute pour ^ sS , v&j gens du nome, de la ville, des champs , si ^
r o 11 i i
I I I

11 i i 555> \ \21 l

ei i i

et ^ ^ voquent naturellement lide de culture des plantes, lassimilation de Q ces deux noms V | ne simpose pas absolument, tandis que lexplication dune con scration par un vase renvers ne parait pas solide; si le premier signe de c ^ reprsente une corde, il ne figure pas moins bien ltendue quelle mesure ou cir conscrit; le veau qui crit ^ ^ j( t j n est raPPe' par le sens daucun des mots connus auxquels il sert dinitiale. Quant aux ji ou 11=3 ' i, cest propos deux surtout quclate l'insuffisance du critrium; car, si est la houe, z=e une navette, une entrave, ou un district, le nom des m iratiou ne peut reflter la fois tant dorigines. Des tymologies envisages, beaucoup apparaissent fausses tout dabord, parce que lon prendrait pour racine un driv soit du mot mme expliquer, soit dune racine commune. Les plus ingnieuses ne sont pas les plus sres. Celles qui se rapportent des mtiers sont trop exclusives. La plupart de celles qui font allusion la faiblesse, la misre, le crime, lhostilit ou la conqute sont suspectes. Celles qui rappellent lex pression de serfs attachs la glbe, sentent lanachronisme, malgr la ressemblance des civilisations fodales de lgypte et du moyen ge. Celles qui ont trait lhabitat minspirent plus de confiance; cependant elles ne rendent pas compte de tous les noms. Le plus sr guide reste donc encore la comparaison des divers passages o chaque mot est employ.
\\ A I I I A I I I I

24

LES NOMS DE LESCLAVE EN EGYPTIEN

Toutes ces donnes runies ne permettent point dassigner lesclave aucun de ces mots comme son nom propre. Ceux-l mmes qui le plus souvent sappliquent des captifs asservis, des individus vendus ou poursuivis dans leur fuite, ch em sou , h o n o u , bokou, sappliquent galement aux compagnons du roi, de hauts fonctionnaires. Que les autres rappellent une subordination, un mtier ou un domicile, ils ne contiennent pas lide de servitude. Peut-tre les partagerait-on lgitimement en deux classes, dont les uns seraient plus ou moins vaguement des serviteurs ou domestiques , les autres des paysans . Les uns, chem sou, bokou, sodm ou, k heri-dot, peut-tre am ou et khetou, dpendent plus directement du matre quils suivent, pour lequel ces petites gens travaillent, dont ils coutent les ordres, toujours sous sa main, dans son entourage ou sa suite. Leur dignit peut slever avec le rang de leur matre. Les autres, honou, m era tiou , nezitiou, zatiou, sidiou , sam dotou, ouhouitiou, etc., sont placs sur une proprit fon cire et en suivent le sort, que le maitre en soit homme ou dieu, et que le fonds soit un petit domaine ou un nome entier : mais le nom de ces derniers signifie parfois tout autre chose. Sans doute, les hospitiou et les noutiou sont les administrs dun nome ou dun bourg; le sokhiti et le honouti, des campagnards ou laboureurs; les m ira tiou , les travailleurs dun canton ou dun grand domaine; les aictiou , ahoutiou, ouhoutiou, les exploitants dune ferme avec ses champs ou ses pacages : peu importe lorigine du nom de la circonscription habite, quil signifie terrain cultiv, pioch ou mesur, enceinte ou surface, ou mme patrimoine. En revanche, les honou sont probablement des gens qui reoivent des ordres; les neziou de petites gens et la nezit du petit monde; les kherou des sujets ou des infrieurs; les sidiou ou souaiou des gens occups aux crales. Certaines corves rclamaient les zatiou merci et toujours, les am ou -ou n non t certaines heures, les m anatiou certains jours. Les astiou et les sam d otou travail laient comme ouvriers toutes sortes de besogne, sans que j ose marrter une ty mologie pleinement satisfaisante de leur nom'.
1. Si l'on exigeait que chacun des mots tudis reut une traduction unique et qu' un seul d'entre eux ft rserv chaque quivalent, m'efforant de concilier les tymologies, les occupations constates et la tr&dilion des traducteurs, je proposerais la liste suivante : ceux qui suivent : suivants, [collectivement : la suite!.

ceux qui travaillent sous des ordres : ....................................... esclaves. ceux qui travaillent pour plus grands : serviteurs. ouvriers, artisans, [une quipe].
(?) :

serfs (?), artisans (), semeurs (?). campagnards.

gens des champs :

/ gens de cultures :

cultivateurs.

LES NOMS DE LESCLAVE EN GYPTIEN

25

Que tous ces noms rappellent la subordination, un habitat, ou un genre de travail, ils peuvent aussi bien convenir des travailleurs libres, des corvables, des serfs qu' des esclaves. Nous aboutissons, non une solution dfinitive, mais de nouvelles questions qui exigeraient un examen spcial et que je nentreprendrai pas de traiter- ici au risque de surcharger cette tude dj longue. Qutait donc lesclavage en gypte? Quest-ce qu'un tat social quaucun mot ne nomme ou que tant de noms dsignent sans jamais dceler son essence?

K l- W K iS I '
........................
I OU

gens de Youhou ou ahou (domaine, ferme) : .................................... tenanciers ou fermiers, gens de Yawit (ferme, ergastule) : valets (de ferme), ruraux. gens du mer (bassin, domaine, district) : .................................. paysans ou colons,

* \ --z M a I
et

I..................................... ceux que dirige une autorit (?) : vassaux, serfs. I............. mains, gens travaillant des mains : manouvriers. ventres (?) : soumis une autorit : gens, [le personnel], subordonn.

I ..............................................

A^ r I .................................................... w LLfl
A S

II

gens dessous, soumis, subjecti : infrieurs, sujets, corvables.

et

l-H H !-

IV I Io c a'

1 > gens aveo (le matre ou la maison) :

compagnons, domestiques, [la maison].

...................
=

serviteurs temporaires, gens de l'heure : .................................. desservants, corps (?), serfs de la personne (?), serfs perptuit : ................. gens (?), serfs (?). haleurs (?), piocbeurs (?), journa liers (?) : .................................. manuvres. petites gens : ........................... ceux qui coutent les ordres : petits (sujets, vassaux, serfs), domestiques, servants, corvables.

ri

..........
..........

o $ s ! ! i ....................................................

dnombrs, enrls : ..............

RECUEIL, XXIX. NOUV. 8 R ., X III.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE TRINITE

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE


PAR

R aymond W

eill

I. jw i est-il bien un nom r o y a l t On na pas oubli l'article de 1897 dans lequel Sethe4, publiant pour la premire fois quelques-uns des monuments d'poque thinite trouvs par Amlineau Abydos, montra que sur ces fragments figuraient plusieurs noms royaux de la Ire dynastie connus par les listes classiques. Le plus remarquable de ces noms royaux tait celui de videmment le M erbap ou M erbapen de toutes les listes hiroglyphiques*, M iebis des listes grecques et le sixime partir de Menes, daprs les listes grecques et la liste d'Abydos. Venait ensuite, sur un autre fragment4, prcd des titres un signe spcial dhomme debout, porteur dune sorte de bton que Sethe, avec Erman, identifiait immdiatement avec le signe dun roi debout, avec le sceptre, qui sert crire le nom du septime cartouche de la liste dAbydos, probablement lire S a m sou *; et sur le mme fragment on lisait en outre, ct de la titulature pr cdente, le groupe dans lequel Sthe reconnaissait la mention dun deuxime roi, diffrent du S am sou que nous venons de dire. Pour Sethe, tait lorthographe primitive et vritable du nom que la liste hiroglyphique classique devait inscrire au cinquime rang sous la forme (Abydos) ou ' (Turin), H esepti, une faute de transcription due la similitude des formes hiratiques du et du o^o. La prsence du M erbap classique sur les fragments thinites na jamais, depuis lors, cess dtre considre comme vidente, et lon apprenait ds 1900, par une in scription de cylindre, que le propritaire de ce nom royal frquemment rencontr tait identique lHorus ^ , Azab, de nombreuses inscriptions contemporaines*. Le Sam sou (?) de la liste dAbydos, lui aussi, comme lont voulu Erman et Sethe, semble bien tre nomm sur le vase dAmlineau et dans dautres inscriptions analogues, et un cylindre, publi en mme temps que le cylindre prcit dAzab-Merbap permit de
1. Die ltesten geschichtlichen Denkmler der gypter, dans Zeitschrift, 1897, p. 1-6. 2. L'inscription du fragment publi alors et reproduit ensuite pr Amlineau [Noue. Fouilles , I, pl. VIII): par Petrie sur de nombreux fragments analogues ( Royal Tombe, 3.
C l G C?

Le Double-Dieu, le Roi du Sud et du Nord Merpaba , a t retrouve ultrieurement


I,

vi, 4, 5,

6,

7,

8 ; 11, x l v u i ,

102).

, Abydos;
/WWVA

Jl

A W W

4. Reproduit ultrieurement par Amlineau,- Noue. Fouilles , I, pl. XLIL 5. Lecture induite par Maspero (Notes sur diffrents points de grammaire et d'histoire, dans Recueilde Tracaux , XVII, 1895, p. 68), qui croit, pouvoir restituer en
nom tr^s mut^0 Q ue porte lepapyrus

, Saqqarah;
<----- >

C?

W W W

, Turin.

la mme place. La lecture Samsou , qui peut appartenir la figure du prince debout portant une canne, est trs sduisante par sa correspondance avec Scmempss du mme rang de la liste grecque. 6. Identit tablie par le cylindre 57 de Petrie, RT., I, xxvi. 7. Plaquettes Petrie, RT., I, xii, 1, xvn, 26, et Abydos, I, xi, 9.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

87

constater son identit avec lHorus S em ertcha', trs connu par ses inscriptions thinites'et certainement voisin dAzab. En ce qui concerne enfin le roi i w i , dont lexisJence fait lobjet du prsent examen, Petrie crut pouvoir, lors de sa publication de 1900, lidentifier avec lHorus de nombreux cylindres, plaquettes et autres monuments,
/wwv\

parce que le groupe ou (yvg, prcd le plus souvent de 4 s r . s& rencontre fFquemment sur les plaquettes et cylindres au nom de cet Horus Den. f \S\S\ Que vr^n. Siti, soit un nom royal, et que ce nom soit celui de THorus Den, cela semble navoir jamais t contest que par Naville, qui fit ce sujet une supposition malheureuse* et dailleurs ne tarda pas se ranger lopinion commune*. Cette opinion est principalement exprime dans le travail densemble o Sethe, en 1902, expliqua nouveau comment S iti est devenu, par erreur graphique, /7?se/<t-Ousaphais\ et en 1904, dans le rsum dEd. Meyer, qui procde de lexpos de Sethe*. Il parait unanime ^ f\ J\ S \ ment entendu aujourdhui que lHorus et le roi (W). Siti, dont les copistes dfigurrent plus tard le nom en , , H esepti, Ousaphais de la transcription grecque. Et pourtant, il nest pas certain que le groupe i\ ^ i soit un nom royal ni mme un nom propre. Ce doute rsulte du fait trs simple que le groupe en question se rencontre non seulement dans les inscriptions de lHorus Den, mais encore en association, relle ou. apparente, avec les noms de plusieurs autres rois de la mme poque. LHorus Azab, roi Merbap, tout dabord, possde un vase qui ne portait, primitivement, que linscription |W), et sur lequel on ajouta, ct de ce premier groupe, le cartouche dHorus dAzab* : sur un autre vase, de mme, qui portait on inscrivit la suite de ce protocole sommaire les mentions Sethe^connalt ces particu larits, qui prouvent seulement, daprs lui, quAzab-Merbap tait postrieur DenSiti, puisquil remployait ses vases*. Mais comment expliquer un remploi de ce genre sans lenlvement pralable, par grattage, du nom du roi antrieur? Lorsquun vase funraire inscrit pour lHorus Ranib, quelques rgnes plus tard, tait utilis pour son successeur Noutirni, le nom de Ranib tait au moins gratt superficiellement*; mais ici, rien de semblable, et Merbap semble saccommoder parfaitement de lappellation . LHorus Semerkha, roi Samsoa (?), est exactement dans le mme cas : il possde un vase funraire dont linscription, primitivement fut complte* par la titur lature Faut-il admettre que Samsou, comme Merbap, sest appropri des
1. 2. 3. 4. 5. 6. Cylindre 72 de Petrie, RT., I, x x v i h . Les plus anciens Monuments gyptiens, II, dans Rec. deTracaux , 1902,p.115,n. 3. Les plufi inciens Monuments gyptiens, III, dans Rec. deTracaux ,1903,p.215. S ethe , Beitrge zur ltesten Geschichte, 1902, p. 23-24. Ed. M b y b r , gyptische Chronologie, 1904, p. 130. P etrib, H T*., I, y, 11.

7 . Par Ri, 7;., t, y,


8. S ethb, Beitrge , etc., p. 24. 9. P etrie, RT., II, yin, 12. 10. S eth b , dans Zeitschrift, 1897, p. 31; A m lin bau , Noue. Fouilles, I, pl. XLII. Cest prcisment le.frag ment sur lequel Sethe crut rencontrer tout dabord, en mme temps que Semempss, Siti-Hesepti-Ousapbais. 11. Forme seulement approximative du signe.

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

vases de son prdcesseur Siti ? Voici enfin un autre vase de Merbap, portant linscrip tion et celle-ci', plus homogne que les prcdentes, semble, au prime abord et sans quon puisse laffirmer formellement, avoir t grave en une seule fois. S il en tait ainsi, il est vident que le groupe qui prcde le nom de Merbap ne pourrait pas tre un autre nom royal, et il ny aurait plus alors dautre explication possible que de considrer ce vocable siti comme une appellation royale de caractre gnral, un titre que portent indiffremment les trois Horus Den, Semerkba et Azab. La signification du titre, dans cette manire de voir, serait facile & dterminer. Considr comme qualificatif, siti ou peut-tre sititi veut dire celui du Dsert ou celui des Deux-Dserts , et inscrit la suite des titres royaux ordinaires com plte la srie des titres suivants : Roi de lgypte du Sud, de lgypte du Nord et du Dsert* ou des D eux-D serts, par quoi il faudrait comprendre sans doute le dsert oriental et le dsert occidental de lgypte. Souvent on rencontre ce groupe de titres H l (V ' f^A /1 fV / V Q dans nombre de cas aussi, w i , non prcd des titres ordinaires, accomo o ' d pagne un nom royal , ou bien se prsente isolment sur un vase*, ou bien encore sert de lgende, sans accompagnement, la figure du roi marchant ou luttant contre les btes sauvages*. On se rend compte quil y a l une difficult grave admettre que siti soit un titre; car il nest pas habituel de voir accompagner la figure royale, en guise de lgende, par un titre sans nom propre, non plus que de voir inscrire un titre isol, au lieu dun nom, sur un vase funraire. Observons, cependant, quon connat sur un vase thinite dAbydos la lgende (( le lecteur en chef du Double-Dieu* , rdac tion o le roi nest dsign que par cette appellation gnrale. Il est certain que, malgr cet exemple, on penche se ranger purement et simplement linterprtation jusquici accepte pour S iti; mais pourquoi donc alors, dans quatre cas, ses successeurs AzabMerbap et Semerkha-Samsou (?) voient-ils leurs noms juxtaposs au sien sur des vases funraires lui ayant appartenu ? La question que nous posons ici intresse le rangement chronologique intrieur dun groupe royal particulirement intressant et bien caractris parmi ceux de la
1. P t r i r , RT., I, y, 9 ; II, x lv h , 31. 2/ S u r une stle au nom de l'Horus Khasekhem (Q u ibell, Hierakonpolis , II, lv iii), il semble que l'on rencontre un titre analogue dans le groupe M <=> . Dans ce cas, cependant, la qualit d'trt ait ap

partient sans doute un fonctionnaire, car le groupe prcdent est un titre sacerdotal qu'on rencontre, sous la forme p i % o , au tombeau de Merab (gyptische Inschri/ten de Berlin, p. 99). Ce titre signifie : celui
) O

qui approvisionne le dfunt . Four le sens du verbe senem, voir B rugsch, Dict., p. 768, 1247. Cf., sur divers monuments de l'Horus Den, et
ry v -0

au lieu de
^

3. P btrib, RT., I, v , 12; xi, 14, et x v, 16 ; x i, 4, et x v, 18; Abydos, I, x i,8 ; RT., II, xix , 15 1; A mlinbau, Noucellc8 Fouilles , 1, x lii. 4. P btrie, RT., I, v, 9, 11 (Merbap); II, vu , 7 (Den), o l'on observe l'orthographe rapprocher de lfortbograpbe donne par l'inscription du revers de la plaquette de Den, RT., I, x i, 5, x iv, 12, 12 A. 5. P etrie , RT., 1, v, 8; crit ici (V)* 6. Plaquette P etrie, RT., I, x, 14, x iv , 9 ; cylindre RT., II, vu , 5, 6 (Den). 7. J quibr, dans M organ, Recherches, II,p. 243, n. 1, et A mlinbau, NouvellesFouilles , 11,x x n , 8.
a ^ N>1

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

29

priode thinite, celui des quatre Horus Den, Azab, Seraerkha et Qa. La comparaison des monuments, et surtout lvolution continue et sans lacune des cylindres dun bout & lautre de la priode thinite, montre avec vidence que le groupe de ces quatre rois prend place immdiatement aprs celui des Thinites de la premire poque, les Horus Ahou, Zer, Zet et Narou1; on peut sen rapporter au surplus, pour ce qui concerne la situation relative des deux groupes, aux classifications prcites de Sethe et de Meyer. Lorsquil sagit ensuite de mettre leurs places respectives les quatre rois du deuxime groupe, dont les monuments et surtout les inscriptions sont assez troitement appa rentes pour quune classification par comparaison soit fort dlicate tablir, on peut observer, avec Sethe, que des empreintes de cylindres aux noms dAzab et de Semerkha ont t rencontres dans la tombe Q dAbydos , qui est de lpoque de Qa, ce qui prouve quAzab et Semerkha sont antrieurs Qa; appliquant le mme principe, dont lexactitude nest pas douteuse, on verra quAzab est antrieur Semerkba, parce que plusieurs fragments de vase au nom dAzab* ont t trouvs dans la tombe U, de l'poque de Semerkha. Ainsi se trouve fix avec certitude lordre des trois Horus Azab, Semerkha et Qa. Mais o placer Den par rapport h eux? Si Den est le roi Siti, il est certain quil est antrieur Azab, puisquAznb et Semerkha ont usurp les vases de S iti; mais si le roi Siti nexiste pas, on ne voit plus aucun moyen de savoir quel rang appartient lHorus Den dans son groupe . Il est extrmement tentant de considrer que le roi Siti existe, et quil est lHorus Den, car alors Den-Siti se place, chronologiquement, en tte du groupe dj rang Azab-Semerkha-Qa; Or, Siti, nous lavons vu, est devenu H esepti *, lHorus Azab est le roi M erbap, et lHorus Semerkha est le roi S am sou (?), de sorte que le classement chronologique ainsi fait daprs les seuls monuments thinites et les circonstances de leur dcouverte se trouve tre daccord, pour ces trois souverains, avec les indications des listes classiques. Mais, prcisment parce que la ralit du roi S iti permettrait de conclure cette vrification, il semble ncessaire de ne pas perdre de vue que cette ralit nest pas dgage de toute incertitude. II. P era b sen et Sekhemab son t deux H orus diffrents. Le nom r o y a l d e Sekhemab. Le nom de , P era b sen , dans la grande majorit des cas, figure dans le

1. LHorus jusquici appel Narmer; v. le III ci-aprs qui lui est consacr. . 2. Beitrgc , etc., p. 26. 3. Empreintes, RT., 1, xxvi, 57, et xxvm , 77; pour cette dernire, cf. p. 26. Observer aussi, l'appui, que de trs nombreux fragments de poterie au nom de Semerkha ont t trouvs dans la mme tombe Q {RT., I, 11; II, XLVI, 7; I, v, 9 = II, x l v i i , 31. 5. Nous aurons cependant l'occasion, plus loin ( IX), en tudiant certaines particularits des inscriptions de cylindres, de voir que celles de Den sont dans un tat dvolution moins avance que celles d'Azab et de ses successeurs. Tout fait indpendamment de la question des noms royaux, le classement actuellement admis pour ce groupe royal devrait donc tre considr comme exact. f\/Vl | | | tn n 6. Il nest pas ncessaire, pour que soit vraie la thorie de Sethe sur ^ ^ ^ , j par transcrip tion fautive de l'hiratique, que ait effectivement t un nom royal : il suffirait que ce groupe de signi fication oublie ait t pris pour un nom royal, une certaine poque, par les compilateurs dannales.
XLIV, XLV, XLVI). 4. RT.t I, VI,

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

cartouche rectangulaire au-dessus duquel on est habitu voir loiseau dHorus et qui renferme le n om d H orus, le nom divin du roi; mais chez Perabsen, comme on sait, le cartouche rectangulaire prsente cette particularit que loiseau dHorus qui devrait le surmonter est remplac par le quadrupde queue rigide qui reprsente le dieu S it '. Dans deux cas, cependant, on trouve le nom de Perabsen sans le titre de Sit, sans en cadrement et prcd des titres royaux ordinaires, | 1 sur un cylindre dAbydos sur un vase de cristal7 le cylindre est un de ceux dont la grande analogie de rdaction avec certains cylindres de Khasekhmoui et de Noutirklia montre que Perabsen, avec eux, doit tre considr comme faisant partie duq mme groupe royal, voisin du dbut de la IVe dynastie et le dernier en date des diff rents groupes thinites que nous arrivons dfinir. Khasekhmoui, comme on sait, lorsquon rencontre son nom dans le cartouche rec tangulaire, nest jamais H orus, mais toujours H orus-Sit, les figures des deux animaux runies au-dessus de lencadrement; cette singularit est du mme ordre que celle quon constate chez le Sit Perabsen*. On sait depuis longtemps, dailleurs, que ces dsigna tions dH orus, Sit et H orus-S it sont absolument synonymes; et la remarque qui pr cde est surtout intressante parce quon ne connat aucun autre exemple, dans l'his toire du protocole pharaonique, de lune ou lautre de ces deux anomalies de rdaction, Voil donc un Sit Perabsen parfaitement bien dfini et catalogu dans un groupe historique. Il en est de mme dun de ses voisins, lHorus Sekhemab, dont les seuls monuments connus sont des empreintes de cylindres qui proviennent, presque toutes5, de la mme tombe P dAbydos o se trouvaient les deux stles et la plupart des empreintes de cylindres de Perabsen. Les cylindres de Sekhemab sont de rdac tion assez analogue celle des cylindres du groupe Perabsen-Khasekhmoui-Noutirkha pour que Sekhemab doive tre joint h ce groupe royal. Remarquons en passant que Sekhemab est antrieur Perabsen, puisque des bouchons son nom se trouvaieiit dans un tombeau du temps de Perabsen*; de mme on vrifie que Perabsen est ant rieur Noutirkha, ce que les monuments auraient suffi nous apprendre, par le fait quun bouchon de Perabsen a t rencontr dans le grand tombeau du temps de Noutirkhq Bt-Khallaf7.
1. Cylindres P e t r ie , RT., II, x x i - x x i i , 173 183; G a r st a n g , Mahasna and Bct Khallaf\ X, 8 ; stles dAbydos, RT., II, xxxi. 2. P et r ie , RT., II, x x i i , 190,1, xxix, 87; A m lin eau , Noue. Fouilles, III, xxvii, 2. 3. P e t r ie , RT., I, iv, 7. 4. La parent de Khasekhmoui et de Perabsen deviendrait tout fait remarquable sil tait vrai que sur certains cylindres, Perabsen, dans le cartouche rectangulaire, ft, non plus S it , mais Horus-Sit comme Ktaasekbmoui : c'est ce que Daressy et Maspero ont cru pouvoir lire sur quelques empreintes trouves par Daressy Abydos (M a s p e r o , dans Ree. a r c h o l 1898, I. p. 307). Il est trs probable, cependant, daprs la description donne de ces empreintes encore indites, qu'elles proviennent simplement des mmes cylindres que les em preintes 178 ou 179 de P e t r ie , Royal Tombs, II, x x i i , o Perabsen est Sit comme partout ailleurs : loiseau d'Horus qui fait face lanimal sthien appartient la lgende du dieu debout devant le cartouche royal, Horkhouti. 5. P e t r ie , RT., 11, x x i, 164 172. 6. Au cours du I ci-avant, nous.avons tabli ou vrifi par le mme principe qu'Azab estantrieur Semerkba et que tous deux sontantrieurs Qa. Une remarque de ce genre, nous l'avonsrappel, fut faite pour la premire fois par Sethe. 7. G ar stan o , Mahasna , X, 8.

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LHorus Sekhemab et le Sit Perabsen sont donc voisins, mais distincts et parfai tement caractriss lun et lautre, deux H orus aux noms diffrents dans le cartouche rectangulaire. Do vient donc qu'on veuille les identifier lun avec lautre? Si trange que cela paraisse, cette erreur a t si souvent rpte quelle est devenue pour ainsi dire classique, et quil est ncessaire, pour la dtruire, de remonter jusqu son origine. 11 existe dans la collection Fl. Petrie une empreinte de cylindre de provenance inconnue quil publia en 1899 dans le tome I de son H istory (p. 24) et qui donne, ct du mme titre de fonctionnaire que sur le cylindre de Sekhe C7ZJ mab R T ., II, 164, le cartouche dHorus quon voit ci-contre. Petrie lit le /W W W nom ^intrieur du cartouche S em er-P er-E n -A b-S en, et considre le roi comme identique avec le Perabsen dj connu par les bouchons dAbydos; en 1901 (R T ., II, p. 31) il corrige la lecture prcdente en Sekhem perabsen, et pense que Sekhemab est le nom dHorus dun roi dont Perabsen est le nom de Sit : cela explique que, dans nombre de cas, des bouchons au nom de Sekhemab se trouvent dans le tombeau de Perabsen. Griffith, cependant (R T ., II, p. 53), naccepte cette in terprtation que sous bnfice dinventaire; une seule chose lui parait certaine, la pr sence dans le cartouche du nom de Sekhemab. Lerreur de Petrie passe, en 1902, chez Moret , et Budge la rdite en laggravant d'une affirmation matriellement inexacte, celle de lexistence des cartouches de lHorus Sekhemab et du Sit Perabsen sur une mme empreinte. Sethe, en 1902 galement, considre l'identit de Sekhemab et de Perabsen comme certaine, pour cette raison tout fait singulire que dans le tombeau de Perabsen nont t trouves que des em preintes avec lun ou lautre de ces deux noms. En 1903, cest le tour de Navilje*, qui, adoptant les arguments combins de Petrie et de Sethe, pense en outre que, puisquon a pour le mme personnage les deux dieux, les deux emblmes spars, il est naturel de lui attribuer aussi le nom qui les runit, r- ^ , ce qui donne un roi unique H otepsehhm oui Sekhemab P erabsen. Ed, Meyer est bien excusable, en raison de tant.de tmoignages antrieurs, lorsq'uen 1904, rassemblant les donnes apparemment acquises sur les premires dynasties, il reprend son compte lexistence du protocole imaginaire Horus Sekhemab, Sit P era b sen * . .Mais les gyptologues devaient pousser encore plus loin le malentendu. Voici, en effet, une dernire empreinte, trouve [1 Abydos et publie par les fouilleurs de YE.E.Fund*. Le nom, dans lintrieur du cartouche, ne diffre de n celui d lempreinte de la collection Petrie que par w la substitution du mot au signe de vase malcaractris que nous avions vu la mme place, et
1. 2. 3. 4. 5. 6. Du caractre religieux de la royaut pharaonique , p. 36, n. 1. B udge , History , I, p. 213. S eth e , Beitrge, etc., p. 36. Les plus anciens Monuments gyptiens, III, dans Ree. de Travaux , XXV, p. 222. Ed. M e y e r , gyptischc Chronologie, p. 133-136. Abydos, III (1904), ix, 3.

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la conviction simpose, au premier coup doeil, que la lecture doit tre la mme dans les deux cas. Or, on a la surprise de voir que A. Gardiner pense1 quil y a l un Horus Sekhemab, dont le nom propre est P eren m aa t, et que ce roi est diffrent de lautre Horus Sekbemab qui sappelle aussi Perabsen. Il et t facile, pourtant, de se dgager de cette erreur. Perabsen et Sekhemab nont rien de commun dans leurs noms ni dans leurs personnes. Il existe un seul Horus Sekhemab, et son nom figure dans le cartouche rectangulaire tantt sous la forme simple de Sekhemab, tantt accompagn dune appellation supplmentaire dont deux cylindres; jusqu prsent, nous ont fourni deux orthographes diffrentes. Cette addi tion facultative au nom dHorus constitue exactement le mme phnomne que celui que prsentent les inscriptions de Khasekhmoui, dont le nom, comme on sait, figure dans le cartouche rectangulaire tantt sous la forme simple K hasek hm oui , tantt sous la forme complte K hasek hm oui N outiroui hotep oun>)-f. La forme complte, comme Sethe la montr, nest autre chose que la runion du nom dHorus et du nom royal proprement dit, de sorte que ^ N outiroui hotep oun>)-f est le nom royal de l'Horus-Sit Khasekhmoui. De mme, laddition qui suit le nom de Sekhemab dans le cartouche ne peut tre que le nom royal de ce dernier Horus . La lecture de ce nom royal, P eren m a t, nest claire que sur le cylindre dA bydos, III. Si lon admet, comme il parait vident, que le nom est le mme sur le cylindre Petrie, on est conduit adopter, pour le dernier signe, une lecture quivalente A et il faudrait nous demander maintenant sil existe un signe de vase, ou analogue, qui possde effectivement cette valeur. Or, on en connat un, celui qui figure dans les dif frentes orthographes du mot m ati, granit de Syne . Rappelons seulement, sans insister sur les formes du signe aux diffrentes poques, lorthographe O de lin scription dOuni (1. 39, 40, 47), l'orthographe | Q ) j O l o ^ran<i* papyrus Harris (IV, 1.9; XXVI, 1. 7), et lorthographe ptolmalque de la stle de Sehel (1.14). On voit qu'un certain vase, qui peut avoir un dessin trs spcial avec oreillettes retombantes, mais qui ressemble tout fait, dans dautres cas, au signe or1. Abydos, III, p. 39. Beitrge, etc., p. 37. Setbe a cit, l'appui, un certain nombre d'exemples de cartouches d'Horus appartenant des rois de la priode memphite, et dans lesquels le nom d'Horus est suivi du nom
2. S bth e ,

royal. Rappelons que le fait s'observe plusieurs fois pour Kbephrn 1 \/ Q


(N a v il l b , Bubastis, Caire, v . B orchadt

XXXII, B; Berlin 15304 et 116 5, gyptische Inschriften , p. 2 ; statue en diorite n" 9 du dans ZeUschri/t, XXXVI, 1898, p. 1 2 ) ; mais la date des inscriptions, dans un certain nombre de cas, est peut-tre postrieure au rgne mme de Khepbrn. Il en est autrement de plusieurs ins criptions des Ve et VI9 dynasties, contemporaines des rois nomms, et qui nous donnent, dans le oartouche d'Horus, Nousirri : J ^

I ^Lah.

dans le cartouche rectangulaire

nom d'Horus et nom royal (Magbarah; LD., Il, 152 a). Mi ri ri

nom d'Horus et prnom royal (Knigsbuch, VI, 25 d), Noflrkari Papi : l u , nom d'Horus et nom royal (Magbarab; LD., II, 1 1 6 a).

3. De mme encore, dans la combinaison bien connue Nar-mer dans le cartouche d'Horus, le poisson Nar est le nom d'Horus et le signe Mer le nom royal ; car on rencontre parfois le cartouche dHorus avec le poisson seul, et le signe Mer en dehors (v. le 111 ci-aprs). Naville a parfaitement observ oela en 1902 (Rec. de Traoau, XXIV, p. 114 ).

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dinaire O. a une valeur phontique correspondant* ^ , ou Il est trs probable que cest le mme signe qu'on rencontre, avec la mme valeur, dans linscription du cylindre de la collection Petrie. Resterait expliquer, maintenant, la signification de ce roi royal P eren m at, et cela parait tre un difficile problme. On ne peut quinscrire ce nom ct du nom dHorus P era b sen , quelque peu analogue et, lui aussi, entirement incomprhensible. III. LH orus < f N arou , ro i M er. Nous venons de voir que les inscriptions de deux rois de la fin de la priode thinite, Sekhemab et Khasekhmoui, prsentent cette particularit, rencontre par ailleurs lpoque memphite, que leurs cartouches dHorus renferment quelquefois le nom royal ct du nom dHorus auquel appartient proprement ce cadre rectangulaire. Chez Khasekhmoui, le cas est trs frquent; il est exceptionnel chez Sekhemab. Voici main tenant un troisime Horus beaucoup plus ancien chez qui les habitudes de rdaction sont telles que son cartouche dHorus, normalement, enclt le nom dHorus et le nom royal runis, le nom royal ne sortant de ce cartouche que dans le plus petit nombre des Cas. Cette runion habituelle donne, dans le cartouche, la combinaison N arou f)M er, qui, pendant longtemps, a t considre comme constituant le Y nom dHo rus seul. La vrit se manifesta lors de la dcouverte des petites empreintes de cylindres R T ., I, 91, 92, o le poisson seul est dans le cartouche rectangulaire et le second signe en dehors, et qui furent bien expliques, en 1902, par Naville*. On peut se rendre compte, en outre, que sur deux fragments en pierre*, ainsi que sur une pla quette dbne*, le nom dHorus est galement constitu par le poisson seul, et lon voit, par lanalogie de ces circonstances avec ce que lon constate aux poques suivantes, que le second signe, M er, qui peut volont sortir du cartouche dHorus ou y entrer, est le nom royal de l'Horus dont le nom scrit par le signe du poisson N arou (?). On sait que cette dernire lecture, pour le signe, nest pas certaine. Dans le classement de Sethe, que suit Ed. Meyer* et qui est fond, pour le dbut de la liste, sur des remarques archologiques trs srieuses*, lHorus N arou (Narmer) prend place au second rang, immdiatement aprs lHorus QA Ahou, roi Menes, et avant les Horus ^ (?) Z er (?) et ' l Z et. Maintenant que nous savons que le nom d'Horus de Narou scrit par le seul signe du poisson, comme celui de Zet par le seul signe du serpent, on peut observer que dans ce premier groupe de la priode thinite les quatre noms dHorus scrivent tous par un seul signe, de mme dailleurs que les deux noms royaux jusquici rvls, i* et Cette analogie dans la manire dorthographier les noms propres est joindre aux caractres danalogie archologique
1. Weill 2. 3. 4. 5. 6. Les questions que soulvent ce signe et ses diffrentes formes travers les ges sont tudies par dans Sphinx , X, p. 11-34 : Le case MAIOU. Dans Lee plue anciens Monuments gyptiens, II, dans Rec. de Travaux , XXIV, p. 114. A m lin b a u , Noue. Fouilles, I, x l h , et M o rg a n , Recherches, II, p. 241, flg. 811; P e t r i e , RT., I, iv , 2. Pbtiiib, RT., II, ii, 4, x, 1. gyptische Chronologie, p. 130. S kthe , Beitrgc , etc., p. 23-34.
RECUEIL, X XIX. NOUV. 8 R ., X III. 5

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relevs par Sethe. Il faut ajouter, dautre part, que le voisinage des rois du groupe se confirme de la manire la plus complte lorsquon examine les inscriptions de leurs cylindres, monuments dont lvolution est facile suivre et dont Ahou, Zer et Zet possdent un grand nombre; Narou, en fait de cylindres & son nom, na que ceux des petites empreintes susmentionnes, mais ils sont suffisamment caractristiques. Notons enfin, en ce qui concerne particulirement le voisinage de Zer avec AhouMenes, la plaquette divoire au nom de Zer que donne Amlineau, N ouo. F ou illes, III, xv, 19, extrmement analogue aux plaquettes dAhou quon trouve dans Petrie, H T ., II, x, 2 et xi, 2; la plaquette de Zer est galement en relation avec celle de Narou dans Petrie, R T ., II, x, 1. IV. L'H orus a Z er , r o i K a a (?). 1 1 sagit de lun des quatre rois du groupe dont il est question au paragraphe pr cdent, celui dont on lit Z er le nom dHorus en reconnaissant avec plus ou moins de certitude le signe ^ dans le signe de dessin variable qui figure daus lencadrement rectangulaire1. Ce signe, dont la forme spciale est parfois bien dessine1, se rduit dans dautres cas un schma tel que -H+. avec trois ou quatre branches , et alors il ressemble tout fait au signe Mil ou 111 qui figure dans le cartouche rectangulaire du souverain que Petrie appelle lHorus K a. Ce cartouche d'Horus est celui quon trouve, grossirement trac lencre, sur certaines poteries dAbydos4; au-dessous du signe que nous venons de dire, dans lencadrement, figure le signe t_J, dans lequel Petrie voit le nom dHorus, ngligeant le signe suprieur quil pense faire partie de lencadrement rectangulaire. On doit Sethe la remarque que, dans la combinaison dans le cartouche dHorus, le premier signe pourrait tre identique celui qui sert crire le nom de lHorus Zer. Cest donc lHorus Zer que nous aurions, en ralit, sur les monuments de Ka; mais comment interprter, dans cette hypothse, la prsence du mot K a dans son cartouche? Ce quon a vu au paragraphe III ci-avant, concernant la rdaction du cartouche de lHorus Narou, qui tantt renferme, aprs le nom dHorus, et tantt ne renferme pas son nom royal Mer, fournit pour le nom de lHorus Zer ou Zer-Ka une explication satisfaisante. 11 semble que dans le cartouche de Zer, comme dans celui de son contem porain Narou, on se soit considr comme libre denclore volont, avec le nom dHo rus, le nom royal, et quen consquence le signe LJ reprsente prcisment le nom royal de lHorus Zer. Longtemps avant les Horus Sekhemab et Khasekhmoui, qui en closent leurs noms royaux, facultativement, dans le cartouche rectangulaire la suite
1. P etrie , RT., II, i (bracelet), h, 2 (pierre), v, 1, 2, 4, 7 (plaquettes et vases), xn, 3 (plaquette), xv, 105 110 (cylindres); Abydos, 1, xi, 1 (ivoire); A m lin eau , Noue. Fouille, III, xv, 19 (plaquette), x x v i i , 15 6 (cylindre). 2. RT., II, v, 1, 4. 3. RT., Il, il, 2, xv, 107, 108; Abydos, I, xi, 1 ; Noue. Fouilles, III, x x v i i , 15 6. 4. Abydos, 1, i, 1 13, a, 14 26, ni, 27 &33, 34, 35, 36. 5. Bcitrge, etc., p. 32.

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du nom dHorus, il y aurait donc non pas un roi ancien, mais deux, les Horus Narou et Zer, qui connaissent dj cet usage et dont les noms royaux nous sont ainsi rvls. Une difficult rsulte de la prsence, dans un certain nombre de cas, du signe LJ isol dans le cartouche rectangulaire*. Parfois, ce cadre avec t_] n'est pas surmont de biseau : faut-il admettre alors, comme le suggre Sethe, qu'il faut lire simplement LJ , tombeau ? Par contre, linterprtation Horus Zer, roi Ka se trouve conrme par linscription d'une poterie trouve par Amlineau*, dans laquelle on recon nat, disposs comme ci-contre, le cartouche dHorus de Zer* et en dehors, ct, le mot K a : combinaison qui parait tre, la combinaison dans le U cartouche, ce quest la rdaction des cylindres R T ., I, 91, 92, avec le nom * royal en dehors, par rapport la rdaction ordinaire N arou-M er dans l'en cadrement. V. F orm es a n cien n es du a Titre d o r a. On connat la rdaction du protocole de Noutirkha-Zosir qui figure au linteau de la porte intrieure de la pyramide de Saqqarah : et ^on sa'^ < Iue ce protocole se retrouve identique, mais priv des deux derniers signes, sur une stle dpoque salte qu'a publie Mariette* : noV Le groupe comme il a t souvent indiqu, est une forme ancienne du titre d o r qui appartient rgulirement au protocole royal partir du dbut de la IV* dynastie*. Il faut rapprocher de la forme R a noub celle que donne une inscription de cvlindre du mme Horus Noutirkha provenant de Bt-Khallaf7 :

rdaction identique celle de la pyramide de Saqqarah et de la stle du Srapum, sauf quau lieu de nous avons cette fois titre d o r dans sa forme de plus radicale simplicit. 1 1 faut citer galement une inscription de lHorus Den, notablement ant rieure par consquent, et dans laquelle le mot rssn se rencontre dans des conditions tout fait semblables* :
1. Poteries grossirement inscrites au pinceau. Le plus souvent, lorsque le signe U , droit ou renvers, figure seul dans le cartouche rectangulaire, celui-cin'est pas surmont de loiseau {RT., II, xiu); dans un cas seulement, le cartouche dHorus aveo loiseau semble galement renfermer isol (RT., I, x l v , 74). 2. Noue. Fouilles, I, p. 199, n* 34. 3. Cest galement Zer que semblent appartenirles poteries dAmlineau, Noue. Fouilles, I, p. 252, n# i 3 et 5. 4. Le dessin de ce signe, comme on le verra ci-aprs, est en ralit un peu plus compliqu; mais son identit ne fait pas de doute. 5. Le Srapum de Memphie, pl., III (1857), 28, n* 1; M ar ib ttr - M a s p b r o , Le Srapum de Memphis, texte (1882), p. 181-184. 6. Protocole de Snofrou au ouady Magbarah, LD., II, 2. Avant Snofrou, le titre Horus d 'or apparat une fois chez son prdcesseur immdiat lHorus Khaba , souverain peu connu encore dont il sera question plus loin ( VIII) propos de ltablissement de la liste royale. 7. G a r st a n g , Mahaena, VIII, 1. 8. P t r i b, RT ., Il, vu, 12. Dans linscription originale, le cartouche dHorus est tourn en sens inverse, face droite.

3tf

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K
rsr\
Q

Lanalogie avec linscription de la pyramide degrs est frappante. Comme l'in scription de la pyramide, celle-ci se termine par le signe du cercle avec embase. Dautre part, Soleil dor , aprs les titres royaux et le nom dHorus, correspond ici le groupe Urus dO r; il semble qu lpoque ancienne des variantes encore hsitantes du titre d o r qui devait plus tard se fixer en et ^ , Horus dOr , Sit dOr1 . Quant au signe Q , il nest videmment autre chose que la reprsentation sym bolique, bien connue dans les hiroglyphes de toute poque, du shennou, orbite du disque solaire et pourtour du monde, de telle sorte que linscription de Den est tra duire, en somme : L'Horus Den, Urus dOr du circuit du monde . Dans linscription de la pyramide degrs, le Q a indubitablement la mme valeur, et, pour finir de connatre cette inscription, il reste seulement expliquer la forme anormale du signe prcdent, qui nest autre chose que le j des hiroglyphes ordinaires avec, en plus, au milieu de la tige verticale, une sorte de boucle ornementale extrmits retombantes. Comme l'observe Setlie*, cest le mme signe, ornement de mme, quon rencontre sur le montant de porte en pierre dHierakonpolis au nom de Kbaseklimoui*. On sait que ce montant est dcor, comme ceux de la porte de la pyramide degrs, du cartouche dHorus-Sit plu sieurs fois rpt verticalement; mais de plus, dans ce cas, chaque cartouche est flanqu latralement dun haut hiroglyphe ornemental qui est alternativement le ^ et le j , chacun de ces signes tant en richi, en son milieu, de la boucle aux extrmits pendantes dont nous parlions tout lheure. Pour le j , la forme donne par le montant dHierakonpolis est celle reproduite ci-contre (a), et si lon se re porte la jolie reproduction du linteau de la porte de la pyramide que donne Segato4, on se rend compte que cest bien le mme signe qui sy trouve (ci-contre, b), avec lornement mdian dot Segato a interprt lextrmit infrieure comme une sorte de feuille triple5.
1. Sur l'quivalence des titres Horus d'Or et Sit d'Or, voir P le ytr , Su r quelques monuments relatifs au dieu Set , pl. VII, n# 145, 111, n# * 4 et 13, et La religion des pr-Isralites, p. 107, pl. III, 13 (cf. LD., III, 35 e); Ed. M e y k r , Set-Typhon, eine Religionsgeschichtliche Studie; P ie h l , dans Proceedings S. B, A., XX (1898), p. ir8-^01 ; M o r e t , dans Rec. de Tracaux , XXIII (1901), p. 25, n. 3. 2. gyptische Inschriften aus den Aon. Museen, I, 1901, p. 1, o Sethe corrige, pour le signe en ques tion, son erreur dinterprtation ( j et enlacs) de Zeitschrift, 1897, p. 4. 3. Q u ib e l l , Hicrakonpolis, I, pl. II. 4. Atlante monumentale, 1837, pl. 37 . La reproduction autograpbique rcente du Muse de Berlin (gyptische Inschriften, p. 1) semble iudiquer que le monument a sensiblement souffert depuis l'poque de Segato. 5. Cest certainement le mme signe qui se rencontre encore, selon une formule ornementale analogue i

tfv

soient
^ V

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE TRINITE

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Il parait donc, en fin de compte, que linscription de la pyramide degrs est traduire comme il suit : Le roi du Sud et du Nord, le Double-Seigneur N outirkha, Soleil d'Or, richesse du circuit du monde. Un fait essentiel est que lanalogie de ce texte avec celui de linscription de Den et le caractre spcialement thinite qui appar tient ces deux protocoles royaux montrent que la rdaction de linscription de la pyramide remonte effectivement au rgne de Noutirklm-Zosir1. Il nest pas sans intrt de remarquer, aussi, que la rdaction de cette inscription royale, conue dans les an ciennes formes dAbydos, se diffrencie profondment, p a r l a bsence du nom roya l, de celle des protocoles de la IVe dynastie : cest par les textes de ses cylindres de Bt-Khallaf, bien plus que par ceux de sa pyramide de Saqqarah, que NoutirkhaZosir se montre voisin du dbut des temps memphites. VI. volution p rim itive du p ro to co le p ha raon iq u e . Sethe signalait, ds 1897, quune rdaction du protocole de lHorus Qa par le nom dHorus sans cartouche et simplement prcd des titres royaux, appartenait un type trs frquent lpoque memphite. Les mentions royales de lpoque thinite sont de venues, depuis lors, assez nombreuses pour quon puisse tendre la porte de cette remarque et voir comment le protocole memphite est sorti de formes antrieures et plus simples. Cette volution va ressortir du tableau o nous runissons, ci-aprs, les formes successives du protocole pharaonique depuis le dbut. Nous y suivons l'ordre chrono logique communment admis et dont nous parlerons, en gnral, nu paragraphe VIII ci-aprs; nous admettons, malgr les doutes exprims ce sujet plus haut ( I), que S iti est un nom royal, celui de lHorus Den, et, par consquent, que Den vient chrono logiquement en tte du groupe Azab-Semerkha-Qa ; nous restituons aux Horus Sekhemab et Perabsen leurs personnalits diffrentes, confondues tort jusqu prsent ; nous passons sous silence, enfin, outre le prtendu Horus Ka4, les Horus Khasekhem et Sanakht, dont le rang, pour des raisons diverses, nest pas encore certainement dter min et dont les monuments sont peu intressants au point de vue qui nous occupe, ainsi que lHorus trs peu connu Khabn, qui entrera en ligne plus loin ( VIII), propos de la classification gnrale. On sait qu lpoque thinite, le nom d'Horus dans le cartouche rectangulaire sur mont de lanimal divin constitue lessentiel du protocole royal et se passe de toute adjonction dans un trs grand nombre de cas. A aucune poque, cependant, le nom
celle du montant d'Hiorakonpoli.* , droite et gauche du cartouche d'Horus au nom dtruit que l'on connat sur un beau fragment de coffret en bois provenant dAbydos (A.m lin k a u , Noue. Fouille.*, I, pl. XXXI). 1. On sait quels doutes ont t jadis exprims ce sujet par i*tern, Zvitgrhri/f 188), p. 10, n. 1 (dans Randbernorkunyen, etc.), S tein d o rff , ZciUchrift, 1890, p. 111-112 (Bcmerkung, etc.), et surtout B o kch arut , Die Thr aus der Stufenpyramide bai Sakkarahy dans Zeitschrijt, 1892, p. 83-87, et Zur Baugeschichtc dcr Stu/enpyramidu bei Sakkarab , ib.y p. 87-94. 2. Sur cette consquence, qui rsulte des monumeuts et non des listes classiques, voir ce qui est dit au 1 ci-avaut. 3. Cette question fait l'objet du 11 ci-avant. 4. Le nom de ce souverain, probablement identique lHorus Zery et roi A, fait l'objet du IV ci-avant.

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dHorus na t le seul que possdt le roi, et, ds les premiers rgnes connus, ceux des Horus Abou et Narou, on voit paratre un nom royal, ct du cartouche dHorus et prcd du titre nibti (Ahou) ou sans aucun titre (Narou, Zer?), ou bien encore joint au nom d'Horus dans lintrieur du cadre (Narou, Zer?), comme nous le rencontrerons plus tard sur les monuments de Sekhemab et de Khasekhmoui : 1. Horus Ahou. 2. Horus A hou, Double-Seigneur M en. 1. Horus N arou. 2 et 3. Horus N a rou , [roi] M er. 1 J 4. [Horus] N arou, [roi] M er.

A hou

N arou :

cartouche)

* sans

Z er :

&

1. Horus Z er. 2 et 3. Horus Z er, [roi] K a.

Les deux dernires rdactions nappartiennent pas certainement lHorus Zer et restent dinterprttion douteuse (voir ce qui est dit ce sujet ci-avant, IV).

Z et ,

, ne nous a pas, ce quil semble, rvl jusquici son nom royal.

&
D en :

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avec

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5o ^ o fWl C h

6 cw\ (VM C h

7 C h

8 & Q Il 1

Ces rdactions se divisent en deux catgories, suivant quelles comprennent ou ne comprennent pas le fondamental cartouche dHorus. Lorsque le nom royal est prsent, il est prcd, volont, du titre ordinaire sou ten baiti.

NOTES SUB LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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1. Horus Den. 2. Horus Den, roi du Sud et du Nord Siti. 3 et 4. Horus Den, [roi du Sud et du Nord] Siti. 5. Roi du Sud et du Nord Siti. 6 et 7. [Roi du Sud et du Nord] Siti. 8. Horus D en, Urus dOr du circuit du monde. Dans cette titulature, signale plus haut ( V), il faut reconnatre la premire manifestation du titre d or, qui semble ne reparatre, ensuite, que chez Noutirkha-Zosir. A z a b . Exactement comme chez Den, mais dune manire plus certaine et plus ex plicite, on trouve ici le cartouche dHorus accompagn ou non du nom royal, et lorsque ce dernier est prsent, il est volont introduit, ou non, par le mme titre souten baiti que tout lheure : 2 w min M \
1

C k

1. Horus Azab. 2. Horus Azab, roi du Sud et du Nord M erbap. 3. Double-Dieu, roi du Sud et du Nord M erbap. 4. Roi du Sud et du Nord M erbap. 5. [Roi du Sud et du Nord] M erbap. Au n 3, lenrichissement du titre royal ordinaire par la prposition du titre indit D ouble-D ieu, analogue au titre Double-Seigneur que porte dj lHorus Ahou, semble tre un premier essai de la superposition de titres qui devait prendre, ds le rgne sui vant, sa forme dfinitive Dailleurs, le titre Double-Dieu ne devait pas immdiatement disparatre; on le retrouve une fois, comme nous verrons plusloin, dans une inscription de Khasekhmoui, et une autre fois, pour dsigner le roi, dansune inscription thinite sans nom royal'. i S e m e r t h a . Trois rdactions seulement, trs instructives : 2 ? p ou p ? a fg m -j w Il 1 III avec u iQ f II INI

1. Horus Sem erkha. 2. Horus Sem erkha, Double-Seigneur Sam sou. 3. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur Samsou.
1. Celle du vase de M o rgan , Recherches, II, p. 243, n. 1, et A m lin e au , Aotzr. Fouilles, II, xxn, 8.

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

Le n2 a comme analogue le n 2 dAhou. Le n 3 procde la fois du n 2 d'Ahou. pour . et des n08 3 et 4 dAzab pour et la superposition des titres. Il est capital dobserver que, jusquici, ces divers titres royaux nont jamais encore introduit que le nom roy a l. Qa . Trois rdactions qui correspondent exactement aux prcdentes, sauf une mo dification considrable dans la constitution de la dernire :
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1. Horus Qa. 2. Horus Qa, Double-Seigneur Sen. 3. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur Qa. On voit quel changement profond comporte cette troisime forme. La titulature souten baiti nibti, cre par Semerkha, est conserve, mais les titres royaux qui la con stituent introduisent, pour la premire fois, le nom d H orus san s ca rtou ch e au lieu du nom royal. La coutume ainsi introduite devait se maintenir, et engendrer, par enrichis sements successifs de la formule, les protocoles de la IV la VI dynastie. H otepsekhmoui. Nom royal inconnu; le nom dHorus, abrg une fois en H otep , fait tous les frais des titulatures actuellement connues : 3

avec

avec

M M '

1 et 2. Horus H otepsekhm oui. 3. Horus H otepsekhm oui, roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur H otep. Dans cette troisime forme, on retrouve exactement le n 3 de Qa, dont nous venons de signaler limportance, et dont la tradition saffermit. R anib na montr sur ses monuments, jusquici, que son cartouche dHorus :

Noutjrni

Outre le cartouche dHorus simple (1), on ne possde que la forme, dsormais habituelle : 2. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur N outirni. On ignore le nom royal. S ekhemab . La forme habituelle prcdente avec titres royaux manque, jusqu

! 1

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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prsent, chez Sekhemab, dont on ne connat que le cartouche d'Horus sous trois formes, la forme simple et deux formes avec le nom royal adjoint lintrieur du cartouche, lexemple de ce que montrent, une dizaine de rgnes auparavant, les inscriptions de Narou et peut-tre de Zer :

2 H 1 P f 0 T T T 1 lllllllllll
3 1A A A A A A
O .

1. Horus Sekhemab. 2 et 3. Horus Sekhemab, [roi] P eren m at.

La rapparition du nom royal dans le cartouche dHorus est un phnomne d'extrme importance; car cette disposition va devenir habituelle, et sous son influence, le nom royal va se souder la suite du nom dHorus et tre entran, avec lui, dans le protocole avec titres royaux et sans cartouche qui ne comprend, depuis le rgne de Qa, que le nom dHorus : le premier protocole ainsi enrichi que nous rencontrerons est celui de Khasekhmoui. P erabsen . Nom royal inconnu. Le nom dHorus ne donne lieu, sur. les monuments connus jusqu prsent, quaux formes consacres de la priode antrieure Sekhemab :

i l

1. Sit P era bsen . 2. Roi du Sud et du Nord P era bsen . 3. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur P era bsen .

K hasbkhmoui . Trois rdactions, dont les deux premires, cartouche dHorus avec ou sans le nom royal enclos, correspondent exactement celles de Sekhemab, tandis que la troisime marque un degr dans le dveloppement du protocole au nom d H orus sa n s cat'touche inaugur par lHorus Qa et conserv depuis lors :

ft

1. Horus-Sit K ha sekhm oui. 2. Horus-Sit K ha sekhm oui, [roi] Noutiroui-hotep-oun-f.

Cette rdaction, une seule fois (R T ., II, x x iii , 197), est accompagne du titre suppl mentaire J& J& D ouble-D ieu, dj rencontr chez Azab. 3. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur K hasekhm oui, [roi] N ou tirou i-hotepou n -f. Cette dernire rdaction ne manque que du titre H orus d Or pour tre identique celles de la IVe dynastie. Au point de vue de sa gnration, elle rsulte de ladjonction
RECUEIL, XXIX. NOUV. 8R., XIII. 6

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

du nom royal au nom dHorus dans une formule o celui-ci figurait seul depuis six rgnes; mais il ne faut pas perdre de vue quelle peut tre aussi considre comme une fusion du n 3 de Qa et du n 3 de Semerkba, car les titres royaux complets so u ten b a iti nibti ont introduit le nom royal avant d'tre dcidment employs introduire le nom dHorus. N outirkha . Son nom royal Z osir, est connu par la clbre inscription ptolmalque de Sehel et par une autre inscription dpoque perse, mais n'a encore t ren contr sur aucun des monuments contemporains de son rgne; aussi le cartouche dHorus napparalt-il que sous sa forme simple ^ . Dans la formule aux titres ment absent, mais le nom royaux et sans cartouche, le nom royal estgaledHorus est suivi du titre d or, sous deux formes in- 1 dcises o ce titre est encore sessayer :
1 2

1. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur N outirkha, dOr. 2. Roi du Sud et du Nord, Double-Seigneur N outirkha, Soleil dOr, Richesse du circuit du monde. Cette dernire forme du titre dor est troitement apparente, comme on l a vu, avec celle quexprimente dj une inscription de lHorus Den (n 8). Que faut-il maintenant pour que la forme de rdaction des premires dynasties memphites soit atteinte? Que le titre dor soit rgularis en . que, par une fusion de la rdaction de Noutirkha avec la rdaction 3 de Khasekhmoui, nom royal et titre dor soient unis la suite du nom dHorus, enfin que le cartouche dHorus et le pro tocole aux titres royaux se rencontrent ct lun de lautre. Ces trois conditions sont remplies* ds le rgne de :
NiBMAT-Snq/rou, dont un bas-relief bien connu porte, ct du cartouche dH orus , le protocole com plet touche ovale. p < r = > ^ . enferm dans un long c a r

Les faits principaux de lvolution que nous venons de suivre se rsument de la manire suivante ; 1 Le nom royal existe, ds la plus ancienne poque (Ahou-Menes), en mme temps que le nom dHorus; 2 De trs bonne heure (Narou-Mir) le nom royal sintroduit dans le cartouche rectangulaire la suite du nom dHorus : peut-tre la place primitive du nom royal est-elle l. Reprise plus tard, cette forme de rdaction a pour rsultat, au temps de Sekhemab et de Khasekhmoui, de lier les deux noms ensemble et dentraner le nom S
1. Publie par E iiman , Die Verehrung der alten Knige in der Sptzeit, dans Zeitschrift, XXXVIII, 1900, p. 114-123. 2. Rappelons que le titre d'or sous sa forme dfinitive apparat, immdiatement avant Snofrou, chez l'Horus Kbaba. Voir ci-aprs, VIII.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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royal, la suite du nom dHorus, dans le protocole aux titres roya u x et san s ca rto u ch e; 3 Ce dernier protocole a pris une forme arrte ds le temps de lHorus Qa, l f suivi du nom dHorus sans cartouche, et se maintient tel jusquau temps de a a Perabsen ; 4 Sous Khasekhmoui, le nom dHorus entrane sa suite, dans la formule ainsi prpare, le nom royal ; 5 Sous Noutirkha, la formule essaie diverses formes dun titre d o r renouvel de l poque de Den ; 6 Sous Nibmat-Snofrou, enfin, le protocole se constitue dfinitivement par la juxtaposition la fin de la formule, derrire le nom dHorus, du nom royal et du titre dor rgularis. Il ne reste plus, maintenant, qu constater la dure de permanence du protocole ainsi tabli, qui se rencontre pareil du dbut de la IVe dynastie la fin de la VIe. Tous les exemples en sont bien connus : 3/oarer-Khoufou , Asia-Nousirri*, D adAAaoa-Dadkari*, M iritooui-tA m ri*, A nkhkhaou- Mirniri*. Chemin faisant, on ren contre la fois des vestiges des vieilles rdactions thinites, comme un cartouche d'Horus de Nousirri, de Miriri-Papi ou de Nofirkari-Papi avec le nom royal ct du nom dHorus dans lencadrement rectangulaire*, et une tendance non moins remarquable crer des formes protocolaires nouvelles. Celles-ci procdent, comme on sait, de lintro duction de quatre lments nouveaux, un second nom royal enclos comme le premier dans le cartouche ovale, un nom propre sans encadrement spcialement affect au titre nibti, un nom propre affrent au titre H orus d Or, enfin un titre gnral supplmen taire, celui de F ils du S oleil. Tous ces noms apparaissent sous la Ve dynastie, rduits dans certains cas un seul lment trs simple, mais nanmoins parfaitement carac triss dans leur essence. Sans entrer dans le dtail du dveloppement de la titulature royale pendant la priode memphite, on peut observer qu la fin de la VIe dynastie cette titulature, tout irrgulire et flottante quelle soit dans la forme, possde dj au complet tous les lments qui entreront dans la constitution dfinitive de la grande for mule thbaine.
1. 8. 3. 4. 5. 6. LD., II, 8 b. LD., II, 152 a. W e ill, Rec. du S in a , p. 110. LD., II, I l 5 i. Zeitschrift, 1881, p. 5; cf. Knigsbuch, pl. VI, 29 a. Voir ce qai est dit au sujet de ces cartouches au II ci-a vaut.

7. Tel le nom dHorus dOr, ^ chez Nousirri, ^ chez Dadkari, J chez Ounas, chez Nofirkari; driv direct du nom d'Horus chez Dadkari, Horus , et chez Ounas, Horus J .L e nom de nibti, lui (j(j * ** chez Miriri, Horus

aussi, lorsqu'il apparat tout dabord, procde directement du nom dHorus :

[ouadj m nibti) chez Ounas. Les inscriptions des statues de Khafri, quelle que soit nom de nibti , j (ousir m nibti); voir, ce sujet, S ch apeu dans Zeitschrift, 1904,

dailleurs l'poque de leur excution, montrent chez lui la mme relation que chez Ounas entre le nom dHorus, "|0\ et p. 88, et pour linscriptiou qui donne ce nom de nibti d'Ounas, cf. Annales du Service , II, p. 254. Lusage du nom de nibti, comme on voit, existerait dj sous la IV* dynastie.

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

VII. Le titre | g . Deux cylindres doffice de lHorus Sekhemab, roi Perenmat, tous deux publis par Petrie, R T ., II, xxi, 164, et H istory o f E gypt, I (1899), p. 24, appartiennent un fonctionnaire dsign par le titre ^ g porteur du scea u r o y a l d u S u d de toutes les pices crites . Cest, notre connaissance, le seul exemple connu du titre c h a n celie r r o y a l du Sud, alors que le titre symtrique | ^ g . quelquefois ^ g , chan celier royal du Nord , est extrmement frquent toute poque. Il semble que les deux titres aient exist paralllement tout dabord, et que le premier soit tomb en dsutude ds la fin de la priode thinite. VIII. C lassification m onum entale d es T hinites . A part les ca3 peu nombreux o la prsence de noms royaux connus par les listes classiques, ct des noms dHorus des inscriptions thinites, a permis de dterminer la position relative de certains rois et leur situation dans les dynasties traditionnelles, la principale mthode qu'on a eue sa disposition jusquici pour classer les Thinites a consist dans la comparaison philologique et archologique des monuments. Cette mthode, applique pour la premire fois par Petrie, a abouti aux classements successifs tablis par lui en 1900,1901 et 1902 avec laide dune science archologique admirable1, mais au cours desquels il ne sut pas viter de graves erreurs dans linterprtation des faits. Il avait le tort fondamental de vouloir identifier, chacun chacun, les Horus dAbydos avec les rois de la liste hiroglyphique classique. Quelques Horus ayant donn lieu, ds le dbut, de bonnes identifications de ce genre, l'Horus Azab, en particulier, tait trs certainement le roi Merbap, le sixime de la liste, il se trouva que le nombre des prdcesseurs dAzab fournis par les monuments thinites, dans l'in terprtation de Petrie, tait trop grand pour tenir dans les cinq cases suprieures, e t ce fut lorigine de la d yn a stie O, antrieure la Ir . Petrie, dautre part, qui admettait avec tous les gyptologues que S iti-H esepti tait un nom royal1, celui de lHorus Den, voyait de plus un nom royal en celui de Merneit, considr comme un autre Horus Den, de sorte quil y aurait eu deux Horus de ce nom, Den-Merneit et Den-Siti; il fondait ensemble Sekhemab et Perabsen, crant une erreur dont nous avons, plus haut*, fait lhistoire; il mettait au monde, enfin, un roi K a R a correspondant au Khairs manthonien de la IIdynastie, un premier Z osir antrieur la Ir dynastie, un roi Sm a dont le nom est en ralit une portion de titre royal, et en dernier lieu, en 1902, un roi R o. Il est d'autant moins ncessaire dy insister que toute la thorie a t lobjet, en 1902, de la part de Sethe, dune rvision complte4 dont les rsultats lont, en quelque sorte,
1. P e trie , RT.t I, p. 1, II, p. 1 et pasa . ; Abyclos, 1, p. 3-5. 2. Question qui fait l'objet du I ci-avant. 3. Ci-avant, II. 4. Sbthe, Beitrge zur ltesten Geschichte gyptcns (dans Untersuchungen zur Geschichte und Alter tumskunde gyptens, t. 111, i); 2, Die a u f den Denkmlern der ltesten geschichtlichen Dynastien corkommenden Knige.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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remplace. Le classement et les tableaux de Sethe ont, en effet, t accepts presque sans rserve par Ed. Meyer dans son ouvrage' de 1904; ils reprsentent exactement ltat de la question cette poque. Sethe a supprim le plus grand nombre des erreurs de Petrie. Il sait que le roi R o nexiste pas*, que Merneit-nest pas un nom royal et quil ny a quun seul Horus Den, que Sm a nest pas un nom propre4, que K a R a, sil existe, nest pas dpoque thinitc1, quil ny a pas de Z osir antrieur Mens*; la d yn a stie O ainsi allge jusqu ne plus comprendre que les Horus K a et N arm er, il fait rentrer Narmer dans la Irdy nastie, o la suppression de Den-Merneit laisse une place vacante, et quant l'Horus Ka, il indique la possibilit de son identit avec lHorus Z er. Par contre, Sethe con tinue admettre la fausse identit Sekhemab-Perabsen, expose des vues singulires sur un nom royal N outirnoua, qui appartiendrait lHorus Noutirni7, et croit encore un nom royal H otep pour lHorus Hotepsekhmoui '. Lgrement modifies, dans la forme, les conclusions de Sethe sont rsumes dans louvrage dEd. Meyer', avec la division en tranches dynastiques qui rsulte du per manent souci de mettre la liste monumentale en correspondance avec les listes classi ques. Cest sur lensemble et les dtails de ce systme que portent les observations suivantes. Les huit Horus qui composent la Ire dynastie ne semblent pas pouvoir tre mieux classs dans ltat de nos connaissances. Nous avons observ ci-avant ( I) que ceux des nos 5 8, les Horus Den, Azab, Semerkha et Qa, forment un groupe compact et trs bien caractris par les analogies monumentales; pour les quatre Horus classs avant ceux-l, la comparaison des monuments montre lvidence quils sont effecti vement antrieurs. Le classement de dtail de ce premier groupe, Horus Ahou, Narou (Narmer), Zer et Zet, repose sur des constatations danalogies que nous avons rap peles et auxquelles nous avons, ci-avant ( III), ajout quelque chose propos du souverain appel, jusquici, lHorus Narmer, et qui est lHorus N arou, roi M er; nous avons reconnu galement ( IV), avec Sethe, que lHorus K a de Petrie est probable ment, en ralit, lHorus Zer, dont K a, daprs nous, pourrait tre le nom royal. Quant au classement de dtail du deuxime groupe, beaucoup plus facile faire, nous avons vu ( I) quil rsulte de certaines particularits des inscriptions des quatre rois et des circonstances de leur trouvaille; il est absolument certain pour les trois derniers, Azab, Semerkha et Qa; seule, la dtermination de la position de Den est subordonne la condition que S iti-H esepti des inscriptions de cette poque soit un nom royal.
1. Ed. M e y e r , gyptische Chronologie, 2. Loc. cit., p. 30-31. . 3. Loc. cit., p. 29. Observation prcdemment faite par Na v i l l e , R oc. de Trao., XXIV (1902), p. 109, 120. 4. Loc. cit., p. 32. Observation prcdemment faite par G r i f f i t h , H T II, p. 48, et N a v i ll b , R cc. de Trac., XXIV, p. 113. 5. Lc. cit., p. 35. 6. Loc. cit., p. 31. 7. Loc. cit., p. 35-35. 8. Loc. cit., p. 35. Maspero, en 1902 (bull, de TInstitut gyptien,p. 110), dit clairement que r & , dans linscription o ce nom se rencontre, n'est quuue abrviation de r -& - y v.9. gyptische Chronologie, p. 130, 136, 151-154.

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

Remarquer que toute cette classification peut tre considre comme purement d aprs les m onum ents, et que, si Ahou est le roi Menes, n 1 de la liste classique, si Den, Azab et Semerkha sont respectivement les rois Hesepti, Merbap et Samsou, nos 5, 6, 7 de la liste, ce ne sont plus ensuite que des vrifications1. Vient aprs cela, en tte de la IIdynastie de Sethe-Meer, un groupe de trois rois dont lordre intrieur et la position gnrale semblent galement inattaquables. Les Horus Hotepseklimoui, Ranib et Noutirni, nomms dans cet ordre par la statue bien connue du Caire*, sont certainement antrieurs aux rois qui les suivent dans la classification de Sethe, car Noutirni est nomm avant Kbasekhmoui sur la stle de Palermo. 1 1 est plus difficile, par contre, de trouver une raison positive pour laquelle les trois rois soient postrieurs au groupe Den-Azab-Semerkha-Qa. La chose ne semble pas douteuse, mais elle nest base actuellement que sur l'tude de lvolution des monu ments et des inscriptions. De cette tude, laquelle nous esprons donner bientt, ailleurs, tout le dvelop pement quelle comporte, nous dirons seulement ici que les comparaisons monumentales donnent des rsultats particulirement clairs lorsquelles sexercent sur les inscriptions de cylindres, parce que les Thinites possdent presque tous de riches collections de ces petits monuments et quil est facile, par suite, d'observer leurs inscriptions dans lvo lution continue qui commence lpoque archaque de Menes et aboutit aux inscriptions memphites. Cette mthode, qui met en uvre pour la comparaison, outre les cylindres, toute espce dautres monuments, est celle qui conduit voir une famille vritable dans le groupe Den-Azab-Semerkha-Qa; elle conduit, de mme, ranger dans un groupe unique plusieurs des souverains que la classification de Sethe-Meyer disperse entre la fin de la II* dynastie et le dbut de la IIIe. Cette classification, au point o nous sommes arrivs, sombre dans le dsordre. Elle inscrit, la suite de Noutirni, lHorus Sekhemab, avec Perabsen pour nom ro yal , alors que Sekhemab et Perabsen nont rien de commun entre eux (ci-avant, II); vient ensuite un Horus inconnu , pour correspondre au nom royal S en di des listes et du tombeau de Shiri Saqqarah; ensuite, lHorus Khasekhmoui, avec son nom royal correct; aprs Khasekhmoui, pour finir la IIe dynastie, et contrairement lopinion de Sethe, Meyer veut inscrire un septime nom, celui de l Horus Khasekhem, avec le nom royal B esh , extrmement douteux, quon lui attribue daprs les inscriptions des vases bien connus dHierakonpolis. Puis commence la III dynastie, dans laquelle Meyer* met au premier rang lHorus Sanakht, parce quil est peut-tre le roi Nibkari de la liste hiroglyphique5, puis lHorus Noutirkha, roi Zosir, puis deux noms royaux trs incertains dont la mention nimporte pas ici.
1. Lamour de ces vrifications, on ne saurait trop le rpter, ne doit pas faire perdre de vue quil n'est pas certain que Siti-Hesepti des monuments soit un nom royal. 2. On sait galement que Noutirni a remploy certains vases de Ranib (P b t r ib , R T II, vin, 12). 3. Ed. M eyer , gyptische Chronologie, p. 136. 4. Loc. cit., p. 151-154. 5. Daprs Sethe, restituant le-cartouche mutil de lempreinte de cylindre Mahasna , XIX, 7; cf. Ma hasna , p. 26, et S e th b , Beitrge, etc., p. 38.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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La mthode de la comparaison des inscriptions conduit une notion absolument diffrente des groupes royaux. Les cylindres, principalement, permettent de constater lexistence dun groupe trs caractris dans lequel entrent les quatre Horus Sekhemab, Perabsen, Khasekhmoui et Noutirkha; ils se suivent dans cet ordre, que confirment certaines circonstances accidentelles', et lorsquils sont ainsi rangs, leurs inscriptions prsentent des analogies croissantes avec celles du dbut de la priode memphite, telle ment quon peut affirmer que Noutirkha-Zosir est peu loign de Nibmat-Snofrou. Par rapport ce groupe, il reste alors mettre en place les Horus Khasekbem et Sanakht. Pour Sanakht, en supposant mme quon nadmette pas son identit avec le roi Nibkari, lanalogie du grand tombeau qui lui appartient Bt-Khallaf avec le tombeau voisin de Noutirkha-Zosir, ainsi que le voisinage immdiat des bas-reliefs des deux rois sur une paroi de rocher du ouady Magharah, au Sinai, montrent assez nettement quils se touchent de prs dans lhistoire . Des indications aussi prcises manquent encore, malheureusement, pour la mise en place de Khasekhem. Daprs linscription souvent dcrite des vases dHierakonpolis, dont les analogues se rencontrent sur les plaquettes de lpoque de Den et de Qa, on pouvait se demander si Khasekhem ntait pas leur contemporain, et cette impression ntait pas dtruite par lexamen de ses statues dHierakonpolis', dont la facture est admirable, mais les inscriptions singuli rement concises et grossirement graves. Aujourdhui encore, on ne sait pas exacte ment quoi sen tenir sur Khasekhem, malgr la publication de la stle dHierakon polis*, dont la facture est si loigne de tout caractre darchasme ; Hierakonpolis, la perfection sculpturale ne doit pas tre un argument pour mettre un objet sa place dans les sries abydniennes*. En gnral, cependant, on considre Khasekbem comme appartenant la fin plutt quau dbut de la priode thinite. En 1898, W . M. Millier pensait que la quasiidentit des noms de Khasekhem et de Khasekhmoui correspond un voisinage rel ; en 192, Naville* exposa que lHorus K hasekhem , Lever du Sceptre, tait le mme roi que lHorus-Sit K hasekhm oui, Lever des Deux Sceptres , et, malgr les objec tions de Sethe, il reprit la mme thorie en 1903'. Eu ce qui concerne, dautre part, le signe Q que le vautour tient dans sa griffe, dans linscription des vases, et qui ren ferme le groupe J J c m , W . M. Millier ", Quibell , Maspero et Sethe sont davis quil
1. Le plus grand nombre des empreintes de cylindres de Sekhemab provient de la tombe P dAbydos, qui appartient Perabsen (RT., II, xxi), et une empreinte de Perabsen a t trouve dans le tombeau de BtKhallaf qui est du temps de Noutirkha ( G a r s t a n u , Mahasna, X, 8). Nous avons rappel ci-avant ( 1) que des faits analogues permettent d'assurer la classification intrieure du groupe Deu-Azab-Semerkha-Qa. 2. Cf. W eill dans Sphinx, IX, p. 63-65. 3. Q u i b e l l, Hierakonpolis, I, x x x v i , x x x v i i , x x x v m . 4. Ibid., XXXIX, XL, XLI. 5. Hierakonpolis, II, lv iii. 6. Se rappeler la surprenante diffrence d'aspect qu'il y a entre les grossiers monuments de Narou-Mer Abydos, et les sculptures admirables du mme roi Hierakonpolis. 7. Or. Litteraturzeitung, I (1898), p. 342*343. 8. Rec. de Tracau, XXIV (1902), p. 118. ' 9. Beitrge, etc. (1902), p. 34-35. 10. Rec. de Tracau , XXV (1903), p. 220-221. 11. Or. Litteraturzeitung, I (1898), p. 218-219, 345; III (1900), p. 8. 12. Zeitschrift, XXXVI (1898), p. 83. 13. Rebue critique, 1901, p. 383.

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NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

faut voir l le cartouche rond sur embase avec le nom royal, tandis que Wiedemann' e t Naville considrent cette interprtation comme impossible. Il semble quici Naville a it raison*. Ed. Meyer, en dernier lieu, doute fort que B esh soit le nom royal de lHorus, et, sans identifier Khasekhem avec Kbasekhmoui, prend le parti de les mettre jusqu nouvel ordre ct lun de lautre, par analogie. Cest une manire de voir quil faut bien adopter pour le moment, en attendant quelque lumire nouvelle. Il est un dernier Horus, enfin, dont la mention a t omise jusqu prsent dans le s classifications. Son cartouche et son nom K haba se rencontrent sur deux empreintes de cylindres, dont lune a t trouve Hierakonpolis', tandis que lautre, de provenance inconnue, appartient la collection Petrie'. Ce dernier sceau est celui dun fonction naire qualifi , celui qui fait ce que dit YH orus d Or, chaque jour . Cette formule est curieusement analogue celles quon rencontre dans diverses inscrip tions du temps de Zosir et de Snofrou que nous aurons loccasion dtudier ailleurs, e t il ne parait pas imprudent dadmettre que Khaba est voisin de lun et lautre de ces deux rois. De plus, la prsence du titre H orus d Or, chez Khaba, est un signe de modernisme relatif, car Noutirkh-Zosir lui-mme nest encore jamais que noub ou R a n o u b cela semble indiquer quil faut placer Khaba entre Zosir et Snofrou, mais il est bon sans doute, en raison du peu de renseignements quon a sur Khaba, de ne pas conclure ici dune manire trop affirmative. De tout ce qui prcde rsultent lordre et le mode de groupement du tableau sui vant, o les dynasties traditionnelles sont perdues de vue et qui nous semble ex primer ltat actuel de nos connaissances :
NOM
d 'h ORUS

NOM ROYAL

OBSERVATIONS

jROUPE PREMIER C Cfe A hou. fcS* Narou (?). ^ (?) Zer (?). Men. $ y Mer. w U K a (?). Est ^ ^ j j , Menes, des listes. Jusquici appel lHorus N armer. Lecture du nom dHorus douteuse. Lecture du nom dHorus douteuse. Il n'est pas certain, d'autre part, que K a soit un nom royal, et que ce nom appartienne l'Horus dont il s'agit. (?)

Zet.

1. Or. Litteraturseitung, III (1900), p. 332-333. 2. Se rappeler que le signe Q , bien connu toute poque dans les griffes du vautour ou de lpervier l apportant au roi, figure en outre dans plusieurs inscriptions de Den et de Noutirkha-Zosir que nous avons examines plus haut ( V). 3. gyptische Chronologie (1904), p. 137. 4. Hierakonpolis, II, l x x , 1. 5. P e tr ib , History , I (1899), p. 23. 6. Voir ci-avant, V, Formes anciennes du Titre dOr .

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

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NOM D*HORUS

NOM ROYAL

OBSERVATIONS

DEUXIME GROUPE V ~ ' 1 -De/i. f w i S/fi (?). C k La mise en place de cet Horus par rapport ceux de son groupe est subordonne la con dition que Siti soit bien un nom ro yal', chose encore incertaine, bien quet_ de_1 ce groupe . * 1 1 f 1 L_J r~1 1 1 Siti soit probablement sorti , , i |f fi | _ | j \\ Hvsepti, Ousaphais des listes. Est etc., Mcrbap , Miebis des listes.

> C Azab. O o 11 ** Semerkha.

w , ^ Met'bap.

jj* Samsou (?).


QA / V W V A

Est J^* Samsou (?), Semempss des listes.

1 F

Son.
TROISIME GROUPE

esa

Hotcpsekhnioui. Ranib.

(?) (?) (?) QUATRIME GROUPE ' c rz ] ) \

/w w na No ut trni.

P ^*0 Sekheniab.

!----- = = i i Perenmat. 1 ^Jusqu prsent confondus, tort, en un pr* tendu roi Sekhcmab-Perabsen. i A A A M A 1 (?)

|) yw w vA Pcrabscn . Q

Khasekhmoui. tirouitfyhotepOunCyf. Noutirkha.


(Voir ci-contre.) Est

Zosir , Tosorthros des listes, mais cela

^ /W W A V _ _ ^ Sanakht .

nest connu jusqu' prsent que par le tmoi gnage de monuments dpoque tardive. . . . . Lj|(?> . . . . /Gr (?). Emplacement exact inconnu; est trs voisin de Noutirkha-Zosir par ses monuments. Est peut-tre u

Nibka (Nibkari) des listes.

RATTACHS PROVISOIREMENT AU QUATRIME GROUPE

Q ^ Khasekhem.

(?;

poque en toute rigueur inconnue. Peut-tre voisin de Khasekhm oui; peut-tre identique Khasekhmoui. Voisin de Noutirkha-Zosir par un de ses c ylin dres; parait tre intermdiaire entre Zosir et Snofrou.

Khaba.
1

(?)

1. Au cours du IX qui vient ci-aprs, nous verrons que certains faits de l'volution des cylindres indi quent, tout fait indpendamment de la question des noms royaux, que Den est bien antrieur Azab. 2. Forme seulement approximative du signe.
RECUEIL, XXIX. NOUV. 8 R ., XIII.

50

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

On accde ensuite au dbut de la IVe dynastie par lintermdiaire de lHorus N ibmat, roi S n ofrou, trs voisin par ses monuments de Noutirkha-Zosir. Avant Snofrou, voici donc une liste de dix-huit Horus thinites ou thinito-memphites, dont neuf ou dix, jusquici, nous ont rvl plus ou moins certainement leurs noms royaux. Si lon se reporte maintenant aux listes classiques, hiroglyphiques et grecques, on verra que dans cette dizaine de noms royaux monumentaux il nen est que quatre qui sy retrouvent, ceux des Horus Ahou, Den, Azab et Semerkha, et l'on se rappellera que ces quatre noms, dj livrs par les monuments en 1897, taient attribus, ds 1900, leurs Horus respectifs. On sait depuis longtemps, dautre part, que lHorus Noutirkha a pour nom royal Z osir des listes ; mais, ces cinq noms royaux mis de ct, on est forc de constater que les dcouvertes faites depuis 1897 ne nous ont pas rendu un seul des autres noms des listes classiques, lexception peut-tre de celui de Nibkari, qui serait lHorus Sanakht; et lon pense alors que ces listes, fort mal consi dres jadis au point de vue de lexactitude historique, nont peut-tre pas toute la valeur quon fut tent de leur attribuer aprs les mmorables constatations de 1897. Tout se passe, jusquici, comme si les documents classiques avaient fourni dun seul coup, cette poque, toute l contribution de vrit dont ils taient capables. IX. Le nom du a vign ob le sa cr su r les cy lin d res. Dans un grand nombre des inscriptions de cylindres quon relve, en empreintes, sur les bouchons dargile qui fermaient les grandes jarres des tombeaux thinites, on rencontre la mention dun service royal dsign par un grand signe denceinte ovale crnele lintrieur de laquelle figure un nom. Chaque Horus royal, ce qu'il semble, possde une de ces enceintes dnommes, et chacune de celles-ci appartient un seul roi. Voici les noms des enceintes de cette espce connues jusqu prsent, avec leurs possesseurs respectifs : Horus '-( (sera expliqu plus loin) . (sera expliqu plus loin) .
~

(P ~ S > - P ^
" ^ oraton
fW \

0^
-

Corps dHorus1 .

l>

dor dHorus* .

1. Oo sait aussi que Sendi et Nibkari des listes sont nomms dans les inscriptions de trs anciens tom beaux memphites. Le nom dHorus de Sendi est inconnu; quant Nibkari, nous venons de voir qu'il est iden tifi, un peu hypothtiquement, avec l'Horus Sanakht. 2. M a s p e r o , Histoire, I, p. 236-238; Rec. de Tracaux , XVII (1895), p. 64-76 et 121-138. 3. P e t r ib , RT., I, x v i i i , 4, 5, x x , 20; RT., II, x v i , 124. 4. RT., I, x x i, 22, 23, x x iv , 45, 46, 47, 49, x xv, 52, 53, 55, 56; RT., II, x v m , 136, 139, x ix , 153,154, 155 x x , 156, 159, 161, 162,163; M o rgan , Recherches, II, p. 235, flg. 784, 785. 5. M o rgan , Recherches, II, p. 235, flg. 786, p. 236, flg. 787; P t r ir , RT., I, x x v i, 62, 63, x x v i i , 64. Cf. la stle dAbydos au nom dAzab, P e t r ib , Abydos, I, v, 1. 6. P etrib, RT.t I, x x v m , 76.

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PRIODE THINITE

51

Horus ^ n e^ !> ff

Or du Corps dHorus' . Adoration du Lever dHorus* . < ( Prince des barques . Adoration des Ames* d'Horus .

l & * d i =,> * s d h f==? du Ciel .

Adoration dHorus, chef

Lenceinte ovale qui porte l'un ou lautre de ces noms est le vign ob le sa cr du roi, spcialement destin fournir le vin d'approvisionnement funraire que renferment les grandes jarres ; on le voit d'une manire particulirement claire en ce qui concerne le clos des cylindres de Noutirkha, dont on rencontre la mention dans un certain nombre de documents contemporains ou postrieurs que Sethe a rappels*. En gnral, le nom du vignoble est lexpression dune qualit divine dHorus, et dans le plus grand nombre des cas il est facile expliquer. Chez Zet et chez Den, seuls, lecture et sens napparaissent pas de suite ; dans ces deux cas, o lon assiste, comme nous allons voir, la formation du nom du clos sacr, lorthographe prsente des varia tions intressantes et qui vont nous permettre d'expliquer les inscriptions de plusieurs cylindres de lpoque ancienne. Les deux noms renferment un mme mot sed, que les cylindres de Zet crivent parfois ou et qui est le plus souvent remplac, chez Den, par limage | de la grande jarre conique au chapeau d'argile. Ce signe est donc lire, ici, sed , de mme que sa simplification grossire en un trait vertical, chez Zet, avec le complment phon tique ^ , et le mot ainsi crit nest autre que le mot connu | | , = 0 , jj 'vwwx^/j, etc.7, projection liquide, libation, breuvage : l'orthographe ancienne se rencontre encore dans les Pyramides, notamment chez Ounas, o lon trouve plusieurs fois (I. 601, 609) le mot n , suivi dun dterminatif bizarre, avec le sens lancer, projeter . Lenceinte des cylindres de Zet s'appelle donc simplement : Clos des breuvages d'Horus. Sur un de ces derniers cylindres (R T I, xvm, 5), cette enceinte alterne avec le groupe P i sed ka, sed dtermin par le vase, de sorte que la lgende complte de ce cylindre est traduire : Breuvages de Double du Clos d es b reu va ges d H orus . Le mme groupe sed ka, orthographi de mine, se rencontre sans lenceinte sur dautres cylindres de mme poque, notamment sur
O

4-0 / W W V V
V AA/WV\

1. P b t r ik , RT.f I, x x ix , 88, 83, 84. 2. M a s p b r o , Annales du Sereice, III (1902), p. 187, et Bull, de l'Institut gyptien, 1902, p. 108. 3. P e t r ie , RT., II, x x u , 178, 179, 180. 4. M o rg a n , Recherches, II, p. 243, fig. 8 16 , identique Amlineau, Noue. Fouilles, II, p. 3l, n#1, et P t i u k , RT., II, x x i i i , 2 0 0 ; M o r o a n , loe. cit., p. 244, fig. 8 19 , ideulique Amlineau, loc. cit., p. 301, u* 3 , t P e t r ie , loc. cit., x x i i i , 199.
6.

5. Garstang, Mahasna , IX, 4. Dans G a r s t a n g , Mahasna, p. 21. Cf. notamment M a sp e r o , tudes gyptiennes, II, p. 267, 269.

7. B r u g s c h , D ict., p. 1 3 3 5 -1 3 3 7 ,1 3 5 4 -1 3 5 5 ; P ib r r e t , L exiq u e, p. 554.

82

NOTES SUR LES MONUMENTS DE LA PERIODE THINITE

celui de R T ., 1, xix, 7, o le vase est simplifi en un trait vertical comme sur certains de ceux quon a vus plus haut. Le Clos d es b reu va ges d H orus, comme on voit, na pas encore de nom propre au temps de Zet. Il en est presque de mme lpoque de Den, dont le vignoble sappelle invariablement Clos des breuvages du Corps dHorus . Mais cette mention du C orps d H orus fournit dj llment dun nom propre, qui apparatt constitu ds le rgne dAzab. A partir de ce moment, le C orps d H orus, le L ever d H orus, les A m es d H orus et leurs qualits diverses interviennent presque exclusivement pour former le nom du vignoble de rgne en rgne. On remarque de plus qu partir dAzab, le mot sed est sous-entendu : il ne reparat, une seule fois, quau temps de Noutirklia, sous la forme dun vase trs schmatis, en tte du groupe hiroglyphique dans lenceinte. D'autres indices montrent encore qu lpoque de Den, le procd de dnomination du vignoble nest pas arrt en dtail. Deux cylindres de cette poque {RT., I, x x i, 24, 25) portent les titres rpts : et le groupe sentre mlant avec le signe de lenceinte ovale vide, qui lui sert de dterminatif. Ce sceau doffice est celui du prpos au Clos d es b reu va ges d H orus , ce dernier service d nomm exactement comme sur les cylindres de Zet. Il rsulte de l cette consquence importante que Den, plus voisin de Zet que dAzab par la dnomination de son vignoble sacr, est plus ancien quAzab et les autres Horus de son groupe. Ainsi se trouve confirm, dune manire absolument directe et indpendamment de toute autre question, le classement de Den en tte de ce groupe, position gnralement accepte, mais que nous nenregistrions encore, ci-avant, que sous certaines conditions relatives aux noms royaux1. X. Le titre |. Le prpos au vignoble sacr, sur les divers cylindres o ce service est nomm et dont il est question au IX ci-avant, porte indiffremment les titres de ^ du vignoble, de du vignoble ou de | du vignoble. Cest de cette dernire forme, dorthograptie spciale la priode thinite, que nous voulons parler ici. Elle se rencontre, en mme temps que les deux autres formes du titre et frquemment associe avec elles, chez Den\ AzabJ, Qa\ Hotepsekhmoui5, Perabsen', Khasekhmoui7, Noutirklia'. Le dessin archaque du signe dont la branche verticale est parfois courte, semble avoir tromp Thomson, Grittith*, Maspero1 ' et Naville , qui le lisent sa vritable
1. Voir plus haut, VIII, et le tableau de classification chronologique qui sy trouve. 2. RT., I, xxiv, 47, xxv, 54; II, xx, 163. 3. RT., I, xxvi, 63, x x v i i , 64. 4. RT:, I, xxix, 83, 84. 5. M a s p k r o , Annales du Sercicet 111 (1902), p. 187, et Bull. de VInstitut gyptien, 1902, p. 108. 6. RT., II, xxn , 179. 7. RT.. II, xxm , 199. 8. G a r s t a n g , Mahasna, IX, 4. 9. Dans RT., I (1901), p. 52. 10. Bulletin de VInstitut gyptien. 1902, p. 108. 11. Recueil de Tracau, X X V (1903), p. 215-216.

ZUR GESCHICHTE DES TEMPELS DES HARKENTECHTHAI ZU ATHRIBIS

53

nature a t affirme par Sethe4 et ne parait pas faire de doute. Par contre, Sethe se trompe lorsquil explique le sens de chef, pour la combinaison ou par des traductions comme to turn the face towards, to assent to . Le groupe en ralit, nest autre chose que lorthographe primitive de ^ ou de lpoque histo rique, qui est lire, comme on sait*, ^| Notre groupe thinite a donc trs exac tement, comme celui des poques suivantes, le sens de suprieur .

Z(JR GESCHICHTE DES TEMPELS DES HARKENTECHTHAI ZU ATH R IB IS 3


VON

il h e l m

S p ie g e l b e r g

Zu den zahllosen gyptischen Tempeln, welche Ramses III durch Schenkungen bereicherte, gehrte auch der Tempel von Athribis (heute Benha). Die eigentmliche, oder besser gesagt fehlerhafte Schreibung des Stadtnamens im Pap. Harris 59, 8 ist wohl daran schuld, dass diese Schenkung bislang nicht richtig verstanden w'orden ist. Es kann aber keinem Zweifel unterliegen, dass die einleitenden Worte : T rT ^i !Z i U M (Uh 1 7 ^ ' T W I bedeu,en ich habe viele Wohlthaten gestiftet in Athribis vor meinem Vater Harkentechthai4. Dafr spricht einmal der Zusammenhang der Stelle. Denn wenn man etwa bersetzen wollte ich habe viele Wohlthaten gestiftet mit (oder unter) den k m -t-icr-t-T ieren vor meinem Vater H. so scliliesst sich das folgende ich habe die Mauern seines Tem pels erneuert, etc. schlecht an. Der Abschnitt ist nmlich durchaus klar in 2 Teile disponiert, von denen der erste krzere die Bauten, der zweite lngere die Gerecht same, etc., des Tempels betrifft. Die k m - t - w r t - Tiere wrden also nicht vor den ersten, sondern in den zweiten Teil gehren. Vergleicht man nun die hnliche KonJH t , so wird man unschwer auf die obige Emendation gefhrt, die die ganze Stelle befriedigend erklrt. Ich nehme also an, dass der Schreiber fr den Namen Athribis irrtmlich die hnlich lautende Gruppe fr den heiligen Stier dieser Stadt geschrieben hat5. Bei der Aufzhlung der W ohlthaten, die Ramses dem Tempel von Athribis
1. Daos G a r s t a n g , Mahaana, p. 21. 2. Ekman, gyptisches Glossar , p. 154. 3. B r B a s te D8 bersetzung den in Ancient Records o f Egypt, IV, 360, erschien erst nach dem Abschluss des Mauuscriptes. Die folgendeu Ausfhrungen nehmen daher im Einzelnen auf Breasteds bersetzung keine Rcksicht, zeigen aber implicite, weshalb ich seine Interpretation der Stelle fr verfehlt halte, insbesondere die Annahme der Emprung eines Veziers. 4. Za der Transkription s. meine Bemerkung Muse gyptien, II, 24-25. 5. Beachte 62, 4

( !)J|ai2fc ^ = 7 / = 1 k

, wo ebenfalls

das Stadtdeter

minativ fehlt. Zu dem Namen vgl. Recueil de Tracaux , XXIV, S. 177.

54

ZUR GESCHICHTE DES TEMPELS DES HARKENTECHTHAI ZU ATHRIBIS

erwiesen hat, ist nun der Schluss von besonderem Interesse, wo der Knig von dem Gotte Harkentechthai s a g t:

AA/WW

AAAAAA

Ul I

: i > Ich habe seinen hehren Tempel zu Wasser und zu Lande ausgestattet, indem er m it grossen Erlassen auf seinen Namen in Ewigkeit versehen ist. Ich gab durch s ie (giTooTov) seinem Tempel (wieder) Priester und Aufseher, um seine Leibeigenen zu beaufsichtigen und fr sein Haus zu zinsen*. Ich verbot* dem Vezier, unter sie zu treten, ich nahm alle seine Leute weg*, die bei ihm waren. Ich liess ihn sein (wieder)* wie die grossen Tempel in diesem Lande, geschtzt (und) geschirmt* in Ewigkeit m it Erlassen7. Ich brachte alle seine Leute (zurck)*, die zu irgend einem Menschen (oder) irgend einem Aufseher entlaufen waren, welche dazu bestimmt waren, ihre Arbeit** in seinem hehren Hause thun.
1. Seil, die Erlasse. Vgl. ir s t [T jueA ercic ii n n o n r e , S t e r n , K o p t . Gr., 555.

!. Vgl. Urk.. IV /IB: 3. W rtl.: icb entfernte den Vezier. Zu der transit. Bedtg. von rwj, vgl. Pap. Turin 73, II, 10; Harris 27, 10; Anast. IV, 5 ,7 -8 ; A.Z., XXXIV, 15 und sonst. 4. Dieselbe Bedeutung von nfrm in der Goldminenstele von Redesie (L., D., III, 140 c = Recueil, XIII (G olen isch kff ), Zeile 13. 5. Wrtl. : icb gab ihn w ie ... 6. D. b. immun, frei von Abgaben. Siebe die Bemerkung am Schlussdes Aufsatzes. 7. Zu dieser Bedeutung von ddd-t das Gesagte (Partie, perf. pass.), vgl. 23, 1 und 79,4.9, woan Stelle der arebaist. klassischen Form das ueugyptisebe ^ steht. 8. Zu dieser Bedtg. vergl. z. B. Harris 47,19; Canopus 6. 9. bnr (l) bat auch sonst im Pap. Harris die Bedtg. entfliehen, entweichen so 47, 9, wo es in ganz
I t a l M . Verbindung * *

JL I \ OP*

\ $ ,

JL IT aL.=.

l ich brachte ihre Kinder zurck, die entwichen waren, iudem m flft fl \ s v4__ sie bei anderen als Leibeigene waren ebenso ib., 49, 4 : j ( 3 | ]^ 1 . JT7f Jvj

II 1 1 q

fl

\ II I I \\^ Sc=~-i I

I 1^1 Hl<z==> | | j <- - > ^ * 1 * ich schtzte (weihte) die heilige Heerde des Apis, Stiere und Khe die zu den Heerdeu jedes Hauses (d. b. den profanen Heerden) entwichen waren, und liess sie alle (wieder) gttlich sein fr ihre (heiligen) Heerden . Ich glaube, dass sich aus dieser Auffassung die Bedtg. der Wrtes und *ltr (=: 'dr) klar ergiebt. 10. Fr h n - t Arbeit, Dienst, vgl. insbesondere B r e a s t k d , De H y m n i s i n s o l c m , S. 34, wo ( m - t als Variante von -1 steht. Im brigen vgl. B r u g s c h , W., VI, 789 ff.

ZUR GESCHICHTE DES TEMPELS DES IIARKENTECHTHAI ZU ATHRIBIS

55

BEMERKUNG ZU H W J -(M J K J ) Die beiden Verben, von denen entweder das erste allein oder mit dem folgenden verbanden erscheint, heissen eigentlich schtzen (und schirmen) . So heisst es Pap. Abbott 6/6-7 von den unversehrt gefundenen Grbern ,.. I tili7 Do I III U u 11 u (1(1: Q sie sind heil, sie sind geschtzt und geschirmt in Ewig keit und mit fast elenselben orten beteuert iuses Hl mit dem ^ ^ ich bin geschtzt und geschirmt in E wigkeit, dass er an dem Blut der Hochverrter unschuldig sei, deren Thaten auf ihr Haupt kommen sollen. Dieses Schtzen und Schirmen bedeutet in Bezug auf den Gott, ihm etwas (im besonderen Land) zu alleinigem Besitz weihen*, so dass es von niemandem gegen die Erlaubniss des Gottes benutzt oder betreten werden kann, es entspricht dem heiligen im Sinne der antiken Religionen, dem Begriff vnp, ein oder on der Semiten. So wird dem Gotte Upuat (Ophois) zu Abydos ein District geweiht mit den W orten :

1 \ 1 3 f 1 I1& &

im jk-'> w

0001 f f J 2 . v

w ' 000

meine Majestt hat befohlen, die Nekropole sdlich von Abydos meinem Vater Upuat, dem Herrn der Nekropole, zu schtzen und zu schirmen (= weihen), wie es Horus fr seinen Vater Osiris-Omphis machte, so dass sie nicht durch irgend einen Menschen auf dieser Nekropole betreten werden darf . Die Sd- und Nordgrenze dieses heiligen Bezirkes wird durch 2 Stelen bezeichnet und wer von den Priester-Erzgiessern(?) innerhalb dieser Stelen bei seiner Thtigkeit (r h n t-f) betroffen wird, den soll man verbrennen (frr-tto i c b d - t - f )*. Jeder Grosse aber, der sicli ein Grab an dieser hehren Sttte machen lsst, soll unter Anklage gestellt und das Gesetz an ihm voll streckt werden. So spricht Osorkon II zu Amon5: (j ^ e^ ^ jl (1 *=>^ | j
(so)

habe Theben in seiner Lnge und Breite geschtzt, so dass es rein (heilig) und seinem Herrn (sc. Amon) gegeben ist. Nicht soll es von den Aufsehern des Knigshauses ber schritten werden. Seine Leute sind in Ewigkeit geschtzt wegen des grossen Namens des guten Gottes (sc. des Osorkon II) . Im Zusammenhang damit werden ebenda auch der Harem und die Dienerinnen des Gottes Amon geschtzt, d. h. dafr gesorgt,
1. Beachte auch dass (iwj Cauopus : Tanis 11 = Hisn 3 (fr hierogl. ntr), Rosctt. 18 und Nastesen 41 die heiligen Tiere bezeichnet. 2. Vgl. dazu W . R obertson S mith , Die Religion der Semiten, S . 102 ff. 3. M a c iv e r - M ace , El-Amrah and Abydos, Tafel 29. 4. Fr frr-tio hr wbd-t-f[ ?). 5. N a v il l e , The festical hall o f Osorkon //, Tafel VI.

56

ZUR GESCHICHTE DES TEMPELS DES HARKENTECHTHAI ZU ATHRIBIS

dass sie nicht ausserhalb des Tempelbezirkes irgend wie Dienst (h n -t) thun drfen. Das nennt man, wenn ich recht verstehe, ff^(| [a / w n a a ] (( Empfangen des Lnderschutzes seitens des Knigs . Mit der Helligkeitserklrung eines Gebietes ist also in praktischer Hinsicht Freiheit von Dienstleistungen und Abgaben (Xinoupftst) verbunden. Das zeigt klar Louvre A 93, Z. 7-8*: 9 ich schtzte den thinitischen Gau f r seinen H errn (sc. Usiris), indem ich a lte seine Leute schirm te und der krzlich von B orchardt (A .Z., XLII) ver ffen tlich te

3 a ^3? ferner befahl meine Majestt dieses Gebiet fr meinen Vater Ptah, etc., von der Leistung jeder Arbeit zu befreien. So heisst es

Knig gemss meiner Wrdigkeit (?) gegeben hat, welche geschtzt sind zum Besten meines Totengutes *. In einer der Inschriften von Redesie ( L e p s iu s , Denkm., III, 140 c, Z. 17-18, besser G o l n i s c h e f f ( R ecu cil , XIII) wird wenn ich recht verstehe ein Beamter der Goldwscherei in folgender Weise der Staatsaufsicht entzogen :

Aber der Transporteur (?) des Goldwaschens, welchen ich fr den Tempel Sethos I eingesetzt habe, soll geschtzt und geschirmt sein, nicht soll er von irgend einem Menschen in dem ganzen Lande angetastet (?) werden, oder von irgend einem Sld nerobersten des Gold(districts ?) oder von irgend einem Aufseher der Wste. Noch im Demotischen ist fjw j in dem alten Sinne (wohl als Archaismus) nach weisbar. So heisst das dem Gotte heilige Gebiet (x;[vo<) Cairo 31089, necHT (?) nt f i w j der geschtzte Boden . Ich denke, dass die Anmerkungen und vor allem die lngere Bemerkung ber den term. techn. /jwj mj'kj meine bersetzung voll rechtfertigen. Es handelt sich also um die Immunittsverleihung an den Tempel von Athribis. Aber Ramses III hat diesem
1. So mchte ich emendicren. 2. . Z., 18)0, S. 104. Nach eigener Abschrift. 3. Pikruet, /nacr., II, 40, uach Collation. Vgl. auch . Z., 1894, S. 119; 1895, S. 127; 1896, S. 82. 4. Vielleicht darf man Z. 12 der Naukratisstele lesen V ivd nhm icj (ju'j-j tnjkj-j n-t hip n mwUj Njt was das Dekret anlaugt, siehe (Recueil tio Traraux , XXIV, 34) so schtze und schirme ich fr dich das Tempelgut meiner Mutter N eil.

DONATIONS ET FONDATIONS

57

damit keine neue Gerechtsame verliehen sondern ich habe das in der bersetzung durch das mehrfach ergnzte (wieder) 1hervortreten lassen nur den alten Zustand wieder hergestellt, der in den Zeiten der inneren W irren beseitigt worden war, damals als die Gtter wie die Menschen geachtet wurden, als keine Opfer in den Tempeln dargebracht wurden (Pap. Harris 75, 5), mit anderen Worten als der Tempelbesitz saecularisiert wurde. Dieses Schicksal hatte auch den Tempel des Gottes Harkentechthai von Athribis getroffen, dem Ramses III die Immunitt zurckgab, deren er sich schon seit langer Zeit ebenso erfreute wie alle grossen Tempel gyptens. Mit Recht nannte daher das Dekret des Ptolemaeus XI Alexander I vom 24st. Mrz 95 v. Chr., welches dem Tempel von Athribis das Asylrecht verlieh, diesen 10 [Jiev irpS>tov xat X4yP0V a p y j[< t]i6 t !n iv Tt xa[t] !v8o$wcov (SC. Updv).

DONATIONS ET FONDATIONS EN DROIT GYPTIEN


PAR

A . M oret
avec la collaboration de L. B oulard

I. Commentaire des inscriptions de Mten Les textes, provenant du tombeau de Mten Sakkarah (rgne de Snofroui, IIIe dy nastie, environ 4000 av. J.-C.), sont actuellement au Muse de Berlin n 1105. Ils ont t publis par Lepsius, D enkmler, II, 3-7; Schfer, gyp tisch e In sch ri en aus d en K n igl, M useen zu B erlin , II, p. 73, 1903; Sethe, U rkunden d es alten R eich s, t. I, p. 1, 1903; traduits par G. Maspero, Jo u rn a l asiatique, 1890 = tudes gyp tien n es, t. II, p. 2, La ca rr ire a dm in istrative d e deux hauts fo n ctio n n a ires g y p tien s; par Revillout, Un p a p y ru s b ilin gu e d e P hilopator, ap. P ro ceed in g s S .B .A ., 1891, t. XIV; R evu e gyp to logiq u e, t. VII, p. 69 ; N ouvelle tu d e ju rid ico -co n om iq u e su r les in scrip tion s d A mten, ap. J o u rn a l asiatique, 1905, p. 473-508; partiellement par Breasted, A ncient R ecord s o f Egypt, t. I, p. 77-79' (Chicago, 1906). Les textes relatifs aux donations sont encadrs dans une inscription de caractre biographique, o lnumration est faite des charges remplies par Mten. Lintrt de cette numration rside non seulement dans le cu rsu s honoru m quelle nous prsente (et que nous ntudierons pas en dtail ici), mais encore dans le fait que les actes de
1. Der gypter drckt dieses Wort hufig nicht besonders aus, vgl. Harris 49, 4 und Canopus 6, rd jj-t zurckgeben (tcoSiMvoh). 2. Beachte auch die Zurckgabe der heiligen Heerde, die 49, 4 (s. pag. 54, Anm. 9) erwhnt ist. 3. La lecture ancienne Amten dn nom |^\
l-J Z r ^ /WWVA

est remplacer par Mten, laquelle je me tiendrai.

Maspero a surtout lucid le cursus honorum de Mten; partout o je citerai : M a sp e r o , p. , il sagit des tudes gyptiennes. Revillout a mis plutt en valeur la partie du texte relative aux donations; partout o je citerai : R e v il l o u t , p. , il sagit de sa Nouoelle tude, ap. Journal asiatique , 1905.
RECUEIL, XXIX. NOUV. SR., XIII. 8

58

DONATIONS ET FONDATIONS

donation se trouvent dats approximativement par leur intercalation dans le rcit entre les charges numres. A tel moment de la vie administrative de Mten correspond > telle mutation de ses biens ou telle donation royale. p ^ Les textes qui nous intressent sont gravs sur les parois gauche | | (C) et droite (D) du couloir d'entre de la tombe, et sur le mur du fond de la chambre funraire (E)\ Cest le texte D qui nous permet * de remonter le plus haut dans la vie de Mten, et c'est par lui que nous commencerons. Texte D.
S c h fe r , I. D onation p a t e r n e l le

p. 76 :

D i-n -f k h et-f sab sesh A noupou-m-nkh, n ount iou khei neb p er, set reto u ou tou \ Le matre scribe Anoupou-m-nkh lui donna ses biens (a); il ny avait ni grains ni aucun bien de maison, mais des gens et du btail (nes et porcs) (6). a ) Le mot i) est le verbe A a di, crit avec une petite variante graphique, le pain conique au lieu du pain pyramidal ; il ny a pas lieu de lire a o honk qui scrit avec le vase sur la main. Le sens est d o n n er; cest le terme technique de la don ation . La donation que fait son fils le pre de Mten consiste en | j * khet, mot driv de khet, chose, res , avec (j prfixe. Le terme, comme dit faspero, a le sens tendu que ch o se prend dans notre langue (p. 121). Notons que ses se rapporte, non pas au pre, mais & Mten. b) Le mot grains se lit iou (] (grains, orge); S est-il un mot part, I bedet bl , ou un dterminatif de tou'l Le fait que I nest pas au pluriel indique quil joue le rle de dterminatif du mot tou, de mme dans la phrase suivante lne et le porc servent de dterminatifs isols outou. Je ne traduirai donc pas avec Maspero et Revillout : ni bl, ni orge , mais j em ploierai, comme Breasted, le mot vague grains . Le reste de la phrase est interprt de faon diffrente par les traducteurs cits plus haut. Maspero et Revillout traduisent : quand il navait encore ni bl, ni orge ni aucune autre chose, ni maison, ni domestiques mles et femelles, ni troupeaux nes et porcs ; lnumration entire est donc commande par la ngation. Sethe, par la disposition graphique adopte dans son dition, indique quil coupe lnumration aprs '1 maison . Breasted fait de mme et donne un sens positif la fin de la
1. Les lettres C D E, le plan et les numros des lignes du texte daprs la publication de Schfer. 2. Pour la transcription, j adopte, autant que faire se pourra, le systme de vocalisation rduite au mini mum et lemploi de Ye entre les consonnes, pour ne pas prjuger des systmes contradictoires qui sont labors actuellement.

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phrase : there was no grain or anything of the house, (but) there were people and sm all cattle . Tont dpend du sens donn Maspero, au lieu de diviser set et r e to u , y avait reconnu un mot sitou auquel il attribuait le sens esclave, domes tique, damoiseau en sappuyant sur des exemples tirs du Conte d u P a ysa n et du C onte d e S inouhit (M lan ges d a rch ologie, t. III, p. 156, n. 1). Mais ces exemples saccommodent mieux de la lecture _ P y [$ jffij 8arou>* l 8 grands, les notables, et dans sa troisime et toute rcente dition des Contes, Maspero adopte la lecture s a r o u et le sens notables (p. 51, n. 1 ; 71 ; 81). On en peut conclure quil abandonnerait aussi son interprtation du passage discut ici : P ^ ^ ^ = domestiques. Il est, en effet, logique de considrer P set comme une abrviation de Q P set (E r m a n , G ram ., 347), et dy voir le dbut dune phrase affirmative : or mais (il y avait) des gens et du btail , phrase qui revient plus loin avec le mme sens probable. Si lon admet ce sens, la phrase ngative reste claire. On dit de Mten : Son pre lui donna ses biens : il ny avait ni grains, n i biens d e m aison. La traduction de ces derniers mots mrite encore discussion. Faut-il traduire : ni grains, (ni) biens, (ni) maison ou ni biens (de) maison ? Si lon traduit : ni biens ni maison , le texte contient une contradiction flagrante : Son pre lui donna ses bien s..., mais il ny avait ni grains, n i biens...' . Au contraire, biens de maison donne un sens satisfaisant : ni grains, ni mobilier . En somme, la donation paternelle consiste en un domaine et en instruments dexploitation : gens, bestiaux de charge (nes) et dali mentation (porcs). Elle ne semble comporter encore aucune richesse mobilire. Il faut remarquer que les gens (retou) sont lobjet de la donation au mme titre que le btail ; il y a donc lieu de supposer que le donateur avait sur eux un droit rel : le plus vraisemblable est quil sagit desclaves, dont Anoupou-m-Ankh tait propri taire comme des Anes et des porcs. Cependant on pourrait aussi voir dans ces retou des gens dont le donateur ntait pas propritaire, mais qui avaient avec la terre quelque lien que ne brisait pas le transfert de la proprit : colons, tenanciers, peut-tre simplement fermiers. En tout cas, pour y voir des souten tiou (litt. : (cultivateurs) royaux ), comme ceux que nous trouverons plus loin, on est oblig, croyons-nous, de supposer que la terre donne par Anoupou-m-nkh tait une terre royale dont lui ou ses auteurs staient vu concder la proprit ou la jouissance. II.
C h ar ge s r e m p l ie s p a r M tbn et pr em ir e donation r o y a l e AVANT LA DONATION PATERNELLE

1. Notons que Maspero et Reyillout chappaient cette contradiction en traduisant : Son pre lui donna^. quand il (Mten) n'avait encore ni bl, ni orge, etc. Le texte ne permet pas dattribuer avait Mten; il donne : il n'y avait (ni) grains, (ni) biens , et le sens doit rester impersonnel. 2. Signes retourns.

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^ M

? H

09 V

l ^ k ^ $ M

# 7 r 7

v ^ : f i s a : : - 4 * i n ? = P 7 : : f l f f f i i ^ ^ M

7 - ^ k Z

O u d et-f iep sesh s z efet, m er khet s s e fe t ; o u d e t-f m nekht khrou, m sen o u m eritou, oun nz m er K a m khet, sab h er seq K a ; t e t - f sab nekht k hrou; ou d et-J' m er hem neb so u ten ; o u d e t- f m heq P erd esou , m g e r m ed ou ; o u d e t- f m nz m er D epiiou, heq hait ait F erm a, P ersep , nz m er Nit, heq S en it-hait nouitou h esep ou , g e r ii m edou, heq P ersh estit, heq nouitou hait ait n it m e r r e s ; g e r M ten -sherit, khent d i - n - f t e f A noupou-m -nkh. Il fut plac (a) dabord scribe de la place dapprovisionnement, prpos aux choses de la place d'approvisionnement; il fut plac crieur et taxateur des colons. tant attach la suite du curateur du nome Xote, matre chef des chaouiches du nome Xote, il fut pris (6) matre crieur. Il fut plac prpos tout le lin du roi, il fut plac rgent de Perdesou, avec la canne; il fut plac curateur des gens de Dep (Bouto), rgent du grand chteau de Perma, de Persep, curateur du nome Saite, rgent de Senit pour les domaines et les nomes, avec la canne; rgent de Pershestit, rgent des do maines du grand chteau du Lac mridional ; bnficier du domaine Mten-sherit (c) avant que lui fit donation (son) pre Anoupou-m-nkh. La discussion des titres administratifs ncessiterait trop de comparaisons de textes pour ne pas briser le cadre de cette tude. J ai adopt pour eux la traduction de Maspero, que les tudes postrieures nont gure pu modifier. Notons seulement quelques termes techniques. a ) v '12 oudet. Oud (crit c=^=, i n f p. 72, ou In scr. d Ouni, 1.19, 35) a le JL I o cSj sens de planter, poser, p la ce r , jeter. Le terme indique que Mten a reu une nomination administrative pour occuper ses fonctions. b) ' tet prendre (avec violence), emmener (de force) (par exemple : enlever quelquun ses fonctions rgulires pour lemmener un autre service, cas qui sera vis dans plusieurs des textes expliqus aprs celui-ci) est un terme qui implique lide que Mten fut dlgu un service, sans nomination royale; il semble que ce fut par la volont du curateur du nome Xoite, la suite duquel il tait attach. On voit que Mten passe du nome Xote au nome Mendsien, puis au nome Saite, enfin dans la Haute-gypte. (Breasted, p. 77, note que le lac mridional est localis dans le voisinage des nomes XX-XXI de la Haute-gypte.) c ) ^ 2 -, 9e,'j qui devient plus tard f , exprime lide de p ossession , ex ploitation et d e jo u issa n ce, dabord par le hoyau plant en terre, puis par la jambe dont le pied
1. Signes retourns.

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est enfonc dans le sol ( M a s p e r o , p. 217; R e v i l l o u t , P ro ceed in gs, t. , p. 240). Il voque donc, tymologiquement, l'ide juridique de ten u re au sens large. Par suite, g e r dans notre texte dsigne un concessionnaire , un bnficier , dont le droit parait correspondre ce que les juristes du moyen ge ont appel domaine utile ou seigneurie profitable , par opposition au domaine minent ou seigneurie directe , cest--dire au droit retenu par le concdant. Le domaine qualifi M ten -sherit (terre irrigue de Mten) est, comme la montr Maspero (p. 2 17 ), un de ces biens-fonds dsigns par le nom du bnficiaire, suivant l usage cette poque. Les reliefs du tombeau de Mten nous montrent ces biens per sonnifis par des porteurs doffrandes, dfilant devant le mort pour lui fournir les vivres dans lautre vie. Ce sont donc des domaines analogues ceux que le roidonne ses faux1. Mais cette premire donation royale nest mentionne ici que pour indiquer quel moment prcis de sa carrire, celui o le roi lui fait une premire faveur, Mten reoit aussi la donation paternelle. La donation paternelle a t faite immdiatement aprs la premire donation royale. Cest ce quexplique la phrase |'jjjjr| khenl d in -f. K hent est la conjonction avant que, dont lusage est bien tabli par les textes cits plus loin ( S ethk, Urkunden, 1, p. 14 , 1. 9, et Siut, VI, p. 276). Il convient de mentionner linterprtation toute diffrente de M. Revillout, qui traduit : tf Amten occupa (ker) alors un clos ( or-t) et un jardin (khent) que lui donna son pre. Cette Iraduction ne saurait tre accepte; elle mconnat le mot compos M ten -sh erit qui apparat ailleurs dans une phrase o lemploi du pronom f prouve indubitablement que M % ten ne saurait tre ici dtache de sh erit pour servir de sujet \ g ft QQQ ger ( I'ks. , S e t h e , p. 4,1.6) ; elle mconnat aussi le rle gram" Ucrvfc C k 1I

matical de (W j qui ne saurait, sans aucun dterminatif, tre assimil ici pffin jard in ou ferme enclose ( R e v i l l o u t , p. 487). Je mcarte beaucoup moins de linterprtation quavait donne le premier M. Maspero (p. 239) : possesseur de Shirit-Amten que lui donna son pre . Mais pour M. Maspero fra') est IS -^1 ^ **** * . , V W V \\ > I A / W V W f et sert de dterm inatif S h erit-M ten . 11 ne me sem ble pas adm issible*quun
signe syllabique, et non idographique, puisse dterm iner un m ot d ordre aussi m atriel q u un nom de domaine. La traduction B reasted hsite en tre deux sens :

S hert-rnethen

w as founded,

[and the domain which] his father presented to him ou bien : w h en his fath er gave (it) to him . Je ne saurais non plus accepter cette traduction. p ar plac y plac * > tout comme les nom breux |

Ger M ten -sh erit

m e sem ble devoir tre considr comme substantif : possesseur de M ten -sh erit , rg i

heq

num rs avan t. M ten est

heq

rgent de domaines varis pour le compte du roi et

ger

possesseur,

concessionnaire, bnficier d un domaine pour son compte personnel. Enfin la traduction ne tien t pas compte du sens prcis de m ais : antrieurem ent , avant que (cf.

khent, qui E r m a n , Gram.,

ne signifie pas lorsque , 338, et

G lossar,

p. 95).

1. Cf. A. M o r k t , La condition des faux, ap. Recueil de Tracaux , t. XIX, p. 128 sqq.

G2

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Voici donc comment je comprends la disposition gnrale du texte D : Mten y mentionne la donation paternelle au dbut. Puis il fait lhistorique de sa carrire administrative, note la premire donation royale, et immdiatement aprs la donation paternelle. Texte C.
I. D on ation s r o y a l e s

Sur le mur de couloir C, en face du texte de la donation paternelle, Mten a fait graver le principal texte relatif aux donations royales quil a reues au cours de sa carrire. S c h fe r , p . 74 :

Sam ta, heq hesepit, m er ouapit m A npou, m er san ou K ha. Guide du pays, rgent de nome, prpos aux messages dans le nome Cynopolite, prpos aux coureurs du nome Mendsien. Pour le commentaire relatif ces fonctions attribues Mten aprs les vnements rapports sur la paroi D, je renvoie lexcellent mmoire de Maspero (p. 212-213).

B iseh it hait sh e fed , retou , khet n eb ; d i ouzet n sa ou sesh s z ef ; s e t d i ou set n kher f , n sou ten . (Domaine) Bisehit, 4 (aroures) de terres sh e, (avec) des gens et toutes choses. H l* Ordre est donn (son) fils an (comme) scribe de place dapprovisionne ment (a). Voici, ordre est donn que lui soit amen, par charte royale (6), [le domaine Bisehit, 4 (aroures) de terres she, avec des gens et toutes choses.] Les difficults graphiques de ce texte ont t signales et lgamment rsolues par Maspero (p. 214). Il a montr que la croix H Htait un signe de renvoi pour une phrase oublie, dont le lapicide a ensuite grav les mots ple-mle la fin de la ligne. J estime impossible de rpartir ces mots autrement que la fait Maspero. Mais il convient, puis quil sagit ici dune phrase oublie, de la remettre &sa place, cest--dire avant la men tion du domaine Bisehit. Ici se prsente une divergence entre ma traduction et celles de Maspero et de Revillout. Ces savants rattachent Bisehit la phrase prcdente et tradui sent : chef des coureurs du nome Mendsien Bisehit . J objecterai : 1 que partout, ailleurs, les pouvoirs de Mten sur les individus ne sont pas localiss un endroit dter min lintrieur dun nome, mais stendent un nome entier ; 2 que si Bisehit nest
1. Sur ce titre rare, cf. Davxbs, Rock Tombs of Sheick SaCd, pl. IX : Ourrn, prpos aux messages, guide du pays . A la pl. VIII, un berger, qui guide des boucs, est appel amou I "O v V

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pas le nom du domaine confr par charte royale, ce domaine ne serait pas nomm dans notre texte, ce qui serait inexplicable, tant donn la prcision que Mten apporte afficher ses titres de proprits dans son tombeau. Je crois donc que la phrase explique se rsume ainsi : 1 Le roi ordonne le fils de Mten comme scribe; 2 le roi donne Mten lui-mme, par charte royale, un domaine de 4 aroures, Bisehit, localit du nome Mendsien ( M a s p e r o , p. 212). Tout cela se passe pendant que Mten tait prpos aux cou reurs du nome L Mendsien. A / V W V A a) a aYo l d i o m e t n s a doit se traduire littralement : est donn lordre pour son fils (comme) scribe ; ordre dans le sens de nomination. sou ten (var. ^ ), charte royale. Maspero a dmontr (p. 214 sqq.) que = dsigne une tablette en bois sur laquelle les scribes crivaient les pices de comptabilit et les actes; sous lAncien Empire, on voit cette tablette aux mains des scribes (L., D., II, 64); on en possde de la XXIe dynastie contenant des actes de dona tion, des dcrets royaux. La charte royale a pour effet damener jj n vers Amten le domaine Bisehit. Le mot Jj n est un terme technique dont,"aprs Maspero (p. 224), Revillout a bien , p/ V V W N A precise le sens < i apporter et emporter , comme eme egovn et eme cAoX... Dans les contrats archaques dmotiques, cette expression, qui se rencontre sans cesse, semploie soit pour marquer lacquisition du contractant, par hrdit directe surtout et parfois par transmission familiale, soit lviction faite son prjudice. Plus tard, n etbe hat (apporter pour argent) est la locution consacre pour dire acheter. Je lai ren contre depuis Darius Ier pour rappeler des ventes antrieures lacte ( P ro ceed in g s , 1892, p. 240). Ici, n dsigne la transm ission, en l'espce par le moyen dune charte royale. Il peut y avoir amphibologie au sujet du bnficiaire de cette donation. Ordre est donn son fils ain comme scribe de la place dapprovisionnement. Voici, ordre est donn que lu i soit amen par acte royal, le domaine Bisehit... Qui est-ce, lu i1 } Le pronom se rapporte-t-il au fils an ou Mten lui-mme? Tous les traducteurs ont compris que ctait Mten. Mais Maspero (H istoire, 1.1, p. 294) a rcemment donn l interprtation suivante : son fils unique (de Mten) tait dj pourvu, grce la munificence de Pharaon; il avait dbut dans la carrire administrative par le mme poste de scribe adjoint une p la ce d approvision nem en ts que son pre avait tenu, et il avait reu en apanage par lettres royaux quatre parcelles de terre bl avec leur population et leur matriel. Dans sa premire tude (p. 214-215), Maspero traduisait : Amten obtient pour lui-mme et cette fois par lettres royaux / V W W A la concession dun fief et dun traitement qui assurent ce fils une existence conforme son rang et au rang de sa famille. Ainsi, malgr la dernire phrase qui ne prcise pas assez, peut-tre, la pense de lauteur, Maspero attribuait jadis Mten la formule jj < = > /wvw\ amener vers lui . J estime que cette premire traduction est celle qui se dfend le mieux. Il me parait inadmissible que le fils de Mten obtienne, au dbut de sa carrire, une faveur si importante que son pre na mrite qu'assez tard, aprs toutes les fonc tions numres au texte D.

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Linscription nous dit que, par charte royale, Mten reut le domaine Bisehit; elle ne nous dit pas si la charte royale fait de Mten un g e r , cest--dire simplement un bnficier, ou si elle le rend vritablement propritaire. Notre texte vise-t-il ici une concession d'une autre nature que celle mentionne p. 60 au texte D? Ou ne fait-il allusion qu une acquisition faite par Mten sans en prciser la nature juridique? On le voit, ce passage pose, sans fournir les lments de la solution, le problme suivant : les concessions royales ne procuraient-elles toujours au bnficiaire que le domaine u tile? Ou bien les Pharaons, ct de concessions leur rservant le domaine m i nent , ne faisaient-ils pas des donations en pleine proprit qui ne leur laissaient dautres droits que ceux appartenant au roi sur toute terre dgypte? Le domaine Bisehit fait partie du nome Mendsien. Cest peut-tre comme rcom pense de ses fonctions dans le nome Mendsien que Mten acquit ce domaine en vertu dune charte royale. Le domaine se compose de j[ hait (var. (j^ ^ , hait, eno^e) terre cultive, champ au nombre de quatre. Le signe K=a joue-t-il le rle de dterminatif aprs hait ? Cela nest pas probable. Les textes de Mten donnent plusieurs fois les groupes n o n -g -$3 ^ ( S e t h e , I, p. 2,1. 9), (1. 13), o le dterminatif de hait est = * (plus tard \> ), tandis que p=a, i i, sh e indique une ca tg o rie de terrains, et sta , prcd dun chiffre, le nombre des m esu r es de ce terrain. Nous aurions donc, ici, des terres cultives de la catgorie p=a; de mme, des documents postrieurs mentionnent des terres cultives de la catgorie vignes, K .n 0 g (cf. R e v i l l o u t , P ro ceed in gs, p. 231 et64, i**AoAi). Le mot s=a she, qui apparat avec des graphies plus ou moins compltes dans le nom de domaine M ten -sh erit 1 M ten -sh er 'll'\ ' E==s, M ten -shet f x C ( M a s p e r o , p. 239), a t tudi par Maspero (p. 218), dont j adopte les conclusions : On confond ordinairement v==a sh et avec she, g n , lac, bassin a rlificiel . Peut-tre est-ce en effet le mme mot et le sens dom oune ressort-il de la nature particulire de la proprit en gypte. Chaque grand domaine ayant ses digues parti culires qui, lpoque de la crue, le transforment en un bassin d in ondation sh e spcial, lide de bassin a pu devenir insparable de celle de domaine. A mon sens, hait sh e signifierait terre cultive atteinte par linondation ', catgorie de terres que le Nil touche rgulirement, au temps de la crue par linondation directe, aux autres poques par irrigation artificielle. Le chiffre n u quatre indique une mesure, non exprime ici, mais qui semble tre, comme ailleurs, le sta, sur lequel nous reviendrons plus loin.
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1. Peut-tre ^ she soppose-t-il une autre catgorie de terrains frquemment mentionne khent (she ) (bassin) suprieur (?), o le dterminatif fv/v semble indiquer un terrain accident,

ou

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N eh eb -n -fm r e d o u i- f N it A m enti m er o u a p ii; g e r - n - f M ten -sh e(ri)t 12 Nit, K a , A sou, p erk h r o u -n -f seh. Il attacha ses pieds (a) les nomes Salte et Liby que (comme) prpos aux messages ; il occupa 12 M ten -shit (dans) les nomes Saite, Xolte, Ltopolite, pour son offrande du kiosque funraire (6). a ) Le dterminatif de neheb est probablement le sens premier est mettre sous le joug1 . b) En ces nouvelles fonctions, Mten reut une n ou velle doiition r o y a le : Mten devient bnficier (ger) de douze nouveaux M ten-she(ri)t rpartis dans trois nomes. Maspero a dmontr (p. 219) que cette rpartition des domaines funraires dans des pro vinces distinctes tait commune sous lAncien Empire. A quoi servent ces domaines? Le nom indique que ce sont des domaines analogues ceux dont les produits dfilent dans les tableaux des tombes pour le service des offrandes funraires. En effet, la der nire phrase doit se traduire : offrande pour lui de kiosque funraire . Maspero a dmontr irrfutablement que L J J p er-h o n du texte est une faute du lapicide pour LJ-* per-k hrou. Un relief du tombeau (L e p siu s, D ., II, 6 ; S c h f e r , p. 84) nous fait voir Mten assis sous un dais, recevant les offrandes des mains des '1 / W W V S rf* n * r prtres, avec la lgende J ||| p er-k h rou n seh, sortie de voix (offrande) du kiosque qui donne la graphie vritable du L J-1 de linscription tudie ici. La sortie de voix du kiosque est, comme Maspero la prouv (p. 220 et La table d offran des, p. 30*), l'offrande qui est cense sortir, se manifester, la voix de lofficiant, dans le kiosque funraire. Je ne saurais donc admettre la traduction Revillout, qui interprte p e r hon seh les dpenses du service du salon particulier de Mten (p. 502 et 507) ; cette interprtation pourrait se dfendre si la variante cite par Maspero, L | j| , ntablissait avec certitude l'erreur du lapicide. Le sens est donc : Mten a occup douze domaines do lui viendra loffrande funraire du kiosque'.

J i = ! ^ I . r ; l ^ ^ S l 4 k

IT

n -n -f r sou hait sh e 200 kher souten tiou shou, p e r kha taou 100 r neb m hait-k a n sou ten m ot H pi-n-m it.
une proximit plus grande du dsert. Dans ce cas, she pourrait dsigner les terrains irrigus de la plaine, et khent she ceux de la lisire du plateau. Sur les terrains irrigus, cf. Bouch- L ecle rq , Lagides, IV, p. 112, n. 8. 1. Cf. Abydos, III, 1904, pl. LU; le roi Ahms Ier attache des champs la tombe de la reine Tetashera jR smer. .. nehebou m haitou pyramide... attele avec des champs ). 8. Ap. Reue de Vhistoire des religions, 1897. 3. Sethe donne le texte
/ W W S A

|f]P|*

^ C0P*e de Schfer indique que le signe

| 1, trs allong,

occupe toute la hauteur des signes ITJ1, et peut logiquement se rattacher f T l tout seul. Le lapicide, aprs avoir mal lu a mal rparti ses signes en fin de colonne.
IIBCUEIL, XXIX. NOUV. S R ., X III. 9

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11 a acquis par change (a) 200 (mesures) de terres cultives she, avec des (pay sans) royaux nombreux (6), une offrande de salle kha (c), de cent pains chaque jour, (provenant) du temple de double de la royale mre Hpi-n-mit. a ) Pendant les fonctions quil exera dans les nomes Salte et Libyque, Mten fit une nouvelle acquisition. 11 am ena (n, cf. p. 63) en ch a n ge (r sou) 200 mesures de terre cultive she. Maspero (p. 224) a ainsi dfini le sens de n r sou Amten amena, cest--dire reut en prix (sou), en rtribution de tous les services quil avait rendus dans lexercice des charges numres plus haut , 200 mesures (aroures) de terres. Revillout (P r o c e e d in gs, 1892, p. 240) a serr de plus prs le sens de sou en rappelant que le mot se re trouve plus tard dans les contrats archaques dmotiques pour dsigner lquivalence en terre dabord, puis en argent, donne pour une acquisition. Lq u iva len ce, ici, serait mise en balance avec les fonctions administratives de Mten, les 200 mesures de terre seraient donc un traitem ent, une rtribution des fonctions. Devons-nous accepter cette interprtation? Notons d'abord que les 200 mesures de terres sont ici acquises dans des conditions qui ne sont pas identiques celles des 12 M ten -sh erit. Mten o ccu p e (g e r ) les douze domaines; ici, il r eo it en ch a n ge les 200 mesures de terre. Quelle diffrence y a-t-il entre ces deux modes dacquisition? Si l'on accepte les interprtations de Maspero et de Revillout, les 200 aroures donnes en traitement constituent un bnfice attach une fonction. Si la fonction cesse, le bnfice restera-t-il attribu Mten? Aprs la mort du bnficiaire, les 200 mesures passeraient-elles ses enfants, mme si ceux-ci ne remplissent pas les mmes fonctions? Les textes ne rpondent pas cette question. Nous savons bien que des domaines concds pouvaient tre transmissibles (cf. M o r e t , Un p r o c s d e fa m ille, . Z ., XXXIX, p. 32) de pre en fils; que les charges de prtres et de prtres de double et les bnfices y attachs passent aussi de pre en fils; mais les bnfices attachs certaines charges administratives restent-ils la personne qui a gr les charges aprs quelle les a quittes? Sont-ils dans son patrimoine ou attachs sa fonction? Je croirais plutt que ces bnfices ne sont point patrimoniaux. Les textes de Siout (XIIe dynastie) distinguent soigneusement, lors dune fondation funraire faite par les nomarques de Siout, les biens de la maison du prince de ceux de la maison familiale. Quand un prince de Siout assure aux prtres une rente sur ses biens, il engage mon bien de la maison de mon pre, non certes les biens de la maison du prince _ ^ U^>| 0 ^ khet p o u n p e r te f- ; n khetou s p o u p e r h ( G r i f f i t h, <S(ul,Vll, p. 2 8 8 ) . 11 semble quon puisse en conclure que le bnfice attach une fonction ne pouvait pas tre alin pour un usage personnel. Or, la suite de nos textes nous montre que Mten aline une partie de ses biens en les donnant ses enfants. J en conclus que ces acquisitions de Mten ne peuvent avoir le caractre de biens attachs une fonction et donns en traitem ent. Je crois quil faut Repousser la sduisante traduction en traitement et chercher un sens plus simple.

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On pourrait conjecturer que Mten acquiert les 300 aroures de terres ainsi que la rente de 100 pains en change de ses services . Cela ne ferait pas forcment allusion une dotation de fonctions, un traitem ent en jouissance. Mten pourrait viser une rcompense, un prix de ses services publics par concession dun fief consistant : 1 en un domaine, 2 en une rente de pains. Mais il semble probable que, dans ce cas, une formule explicative serait donne aprs en change ; le texte nous offre simplement acqurir en change . A cqu rir en ch a n ge, une poque o la monnaie nexiste pas, cest a ch eter. (Cf. le texte tudi plus loin, S ethe, Urkunden, t. I, p. 12, 1. 12, o d on n er en ch a n ge = ven d re.) 11 est vraisemblable que le fond ainsi achet tait un bien mis dans la proprit prive par concession royale. En effet, les 200 aroures proviennent certainement du domaine royal ((3aciXua] yf) sous les Ptolmes), puisquelles sont peuples de royaux cds avec le sol. Je conclus que la phrase commente ici vise un achat de 200 aroures de terres royales. Comment Mten a-t-il pay cette acquisition? Nous ne le savons pas. Les nombreux royaux souten tiou shou sont vraisembla blement le prototype des cultivateurs royaux (3a<jiXixoi yeiopyol des temps ptolmaques. Peut-tre faut-il les assimiler aux esclaves royaux reprsents, dans deux tombeaux de l'Ancien Empire, travaillant sur les domaines que le roi a concds ses fidles. Les royaux interviennent ici dans une phrase qui peut tre lobjet de deux inter prtations : ^ kher souten tiou shou. 1 Maspero et Revillout traduisent : avec de nombreux esclaves royaux , en admettant implicitement lqui valence de kher avec ^ g e r , sous, avec; 2 Breasted traduit kher par b y = chez, auprs de , sens ordinaire de kher. 11 interprte par consquent recevoir en change chez les royaux , ce qui voudrait dire, avec le sens de a ch eter que je prconise, acheter chez les royaux, acheter aux royaux . J avoue que cette traduction est sdui sante. Mais comment Mten aurait-il pu traiter avec de nom breux individus, sans quon suppose une proprit collective, invraisemblable entre les sou ten tiou ? c ) Loffrande de salle kha 1 p er-k ha est celle qui est prsente (litt. : qui sort) dans la salle colonnes (kha), par opposition p m ((i ran(*e kiosque que nous avons vue plus haut (M aspero , p. 224). La symtrie bien accuse entre p er-k h a et p er-k h rou n seh mempche daccepter linterprtation de Revillout (les frais du kha ou salle daudience publique des nomarques et des ministres), ici comme plus haut. Cette offrande, consistant en cent pains des formes Q et ), nest pas forcment
/W W W

1. M aspero, La culture et les bestiaux dans les tableaux de VAncien Empire, p. 86 (tudes gyptiennes, publies dabord ap. Journal asiatique , 1888). Les oprations (de la rcolte du lin) sont excutes dor dinaire par les paysans attachs aux domaines du tombeau, mais on trouve au moins une fois, ma connais sance (Lbpsius, />., 11, 107, VI* dyn.), la mention dune moisson faite par les esclaves royau x (^j, ^

souten honiou), de concert avec les vassaux de la maison ternelle. Un autre exemple a t
publi par Davies, Rock Tombe o f Sheikh Sad, pl. XVI, V* dyn. S u r les f}a<riXtxoi yetopYot, fermiers de la patnXtxtj Yn* cf. Henri M a sp e r o , Les finances de l'gypte sous les Lagides, 1905, p. 15; Th. R kin acii , Papyrus Th. Reinach, 1905, p. 2 1; B ouch - L eclercq , Histoire des Lagides, III, 1906, p. 182 sqq.

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destine la salle colonnes du tombeau; elle semble tre une ration alimentaire perue par Mten chaqu e jo u r , cest--dire ds son vivant. Il est vraisemblable quelle tait apporte quotidiennement dans la salle colonnes de la maison de Mten ; ctait une rente en nature, a Ce qui sort dans la salle colonnes (notons que L nom de loffrande funraire, napparalt pas ici) me semble tre nourriture de la vie relle; loffrande du kiosque , au contraire, tait la sportule de la vie doutre-tombe. Mais tandis que loffrande du kiosque provient de 12 domaines funraires, probablement allous par le roi, on ne peut admettre que la nourriture de la salle colonnes soit un cadeau du roi. En effet, n - n - f r sou rgit aussi bien la rente de 100 pains que les 200 mesures de terre. Mten semble avoir achet cette rente alimentaire, en mme temps que 200 mesures de terre. Il avait trait cet effet avec les prtres du culte funraire de la reine-mre Hpi-n-mit. Ce sont eux qui la lui ont vendue. Une question se pose ds lors. Ne serait-ce pas aux prtres du mme temple que Mten aurait achet aussi les 200 mesures de terrain? . En rsu m , linscription de la paroi gauche du couloir nous fait connatre trois acquisitions faites par Mten : 1 Une acquisition par charte royale (n n sou ten ) de quatre mesures de terre ; 2 Une concession (g e r ) de douze domaines pour loffrande funraire; 3 Une acquisition titre onreux (n r sou) de 200 mesures de terre, et dune rente quotidienne de 100 pains. Suit maintenant un texte explicatif nous apprenant lemploi fait par Mten dune partie de ces acquisitions : II.
U s a g e d e s d o n a tio n s e t a c q u is itio n s

P er aou m ehou 200, ousekh m ehou 200, qed, per, ouh khet n efer, r sh e m - f a ourit, ouh deba a rrit; ou sesh m r so u ten ; ren sen r s r souten. Proprit (a) longue de 200 coudes, large de 200 coudes (6), btie, garnie (c). De beaux bois y sont plants; un trs grand bassin (d) y est cr; des figuiers et des vignes y sont plants. Cela est crit ici (comme) sur la charte royale; leurs noms sont ici comme sur la charte royale (e). a) Le mot que je traduis par proprit est n p er, maison. Le contexte indique que maison est employ au sens de domaine, villa, et comporte des terres et des bti ments. Ceci peut donner une indication utile pour lexpression '1 p e r zet maison perptuelle qui sapplique aux domaines funraires. n doit tre traduit de la mme A I faon que o I nouit, territoire et non ville, cest--dire avec un sens beaucoup moins restreint que notre maison ou notre ville .
1. Ci. M aspero, tudes de Mythologie, ap. Bibliothque gyptologique, t. IV, p. 351 sqq.

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b) Le signe m eh nous donne le nom de la cou d e gyptienne (irjxu)- Nous avons affaire ici une proprit qui forme un carr de 200 x 200 coudes. 1 0 01 0 0 100 Revillout, parti de ce point de dpart (P ro ceed in gs, t. XIV, p. 65), a heu 100 reusement rapproch ce passage du texte dHrodote (II, 168) o lhistorien g rec nous apprend que Yaroure (type du champ gyptien) tait forme par un carr d e 100 coudes gyptiennes sur toutes faces : ^ 5 povpa, xaxv ia\y<v axiv A iyoirTwv xvTi). La conclusion, cest que le domaine dcrit ici a une superficie de 4 a ro u res. Or, nous lavons dit prcdemment, quand notre texte donne une mesure pour les terrains, il emploie le mot sta. Maspero a judicieusement rapproch sta du copte c fio g e, arvum , a rou ra (p. 227), qui rend le mot dpoque rcente ahait sti ou \ \ sti ahait. Revillout a complt la dmonA^ G k a ci A\ > a 1^1 q stration ( P ro ceed in g s, p. 64) en produisant les formes sia ah(ait) c^ = cerciore = aroura, et le groupe dmotique correspondant, dans le dcret de Ro sette, au mot popa. Tous ces rsultats sont acquis sans conteste (cf. G riffith, N otes o n E gyptian w eigh ts and m easu res, ap. P ro ceed in gs, t. XIV, p. 417). Le texte de Mten nous montre que Mten reoit une maison de 2 aroures carres; ceci tablit donc que la valeur reconnue laroure sta, au temps dHrodote, tait dj dusage sous la III dynastie. M. Revillout continuait son expos par un dveloppement particulirement ing nieux. Ce domaine de 4 aroures, consistant en une maison et dpendances, semblait prcisment dsign en deux points de nos textes : 1 linscription E de Schfer (voir plus loin), o Maspero et Revillout lisaient un passage douteux, n (j il a bti une maison l . Le passage est corriger en e^e a foit un inventaire l..., m it-p er ; donc il nest pas utilisable pour la thse . 2 Le passage dj expliqu : Bisehit 4 (mesures) de terre dinondation . Ces 4 (mesures), qui, daprs les variantes, ne peuvent tre que 4 staou = 4 aroures, correspondent exacte ment, selon Revillout, aux 200 x 200 coudes sur lesquels se dresse la maison de Mten. Or, nous devons objecter que la maison de Mten ntait certainement pas situe sur le domaine Bisehit de 4 aroures, mais sur les terres acquises titre onreux, dune super ficie de 200 aroures. En outre, ce.nest pas Mten qui fait construire : la maison tait dj btie, avec ses bois, ses vignes, son bassin, d'aprs les termes de l'acte royal, au moment de lacquisition. c ) B tie q ed et garnie ^ <=> per. Ces mots se rapportent aux im meubles et au mobilier, ces J9 n khet p e r biens de maison dj cits plus haut. d ) Le mot B = = a sh e semble avoir ici son sens habituel de bassin, pour les raisons gnrales qua exposes Maspero (p. 232); le plan du domaine de Mten avec sa maison, son bassin, ses arbres et ses treilles, est conforme au schma habituel des domaines gyptiens, tel quon le voit figur sur les murs des hypoges thbains1.
1. Cf. Sphinw , I, p. 53, et X, p. 45, o Piehl et Anderson relvent l'quivalence ecirr = 2. Cette correction a chapp Revillout, qui continue traduire qcd-n-f per dans son mihoire de 1905, malgr la publication correcte des textes de Mten faite par Schfer en 1903. 3. Cf. Inscription dHirkhouf (VIa dyn.), ap. Sbthe, Urkunden , I, p. 121 : Je suis descendu dans mon domaine..., j'ai bti une maison..., j'ai creus mon bassin, fait pousser des arbres. Cf. Abydos, 111, pl. LU;

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e) Le texte indique : 1 que l'acquisition par change, cest--dire titre onreux, comporte aussi une charte royale. 2 Dautre part, il en rsulte que le domaine a t remis Mten en pleine exploitation et avec les corps de btiments dj construits, puisque les noms de toutes les parties du domaine sont consigns sur la tablette. L a charte royaleCsaccompagnait videmment dun de ces inventaires "lFn | (m ii-per ou mit-pa) ou Q rekhit, litt. : connaissement , dont il sera question propos d'un autre texte. Quant ce qui justifie ici la prsence dune charte royale, trois hypothses sont possibles. Dans la premire, le moins vraisemblable, la charte aurait t rendue propos de lacquisition de Mten, pour autoriser la mutation dune terre royale. Dans la seconde, la charte serait l'acte royal qui avait concd le domaine celui qui vend Mten. Dans la troisime, la charte serait simplement lacte authentique rdig par un scribe royal. Dans les trois hypothses, la description dtaille du domaine sexplique.

S= = >B
A / W W >C

Ouh khet a rrit a o u rit; r rp m a o u rit; r - n - f nouk hait 2000 ta sta o u m khenou nb, ouh khet, Im ers, M ten sher(it), Aatsebekit, M ten she(ri)t. Y sont plants des bois, une grande vigne; on y fait beaucoup de vin. Il a cr un vignoble : 2.000 (a) coudes carres avec murs. Y sont plants des bois : domaines Imers, Mtensher(it), Aatsebekit, Mtenshe(ri)t. a) La modification grammaticale dans la rdaction de la phrase indique que Mten a amlior par son activit personnelle ( r - n - f ) le domaine acquis par lui; il y a cr un vignoble de 2.000 mesures. ^ ( qui prcde sta est un mot important par les commentaires quil a soulevs. ;sch y un mot T Brugsch a _ vu --------------4( ^ kha ta, var. T 4( ^ kha n ta, qui aurait le sens de terre mesure (kha = mesurer au boisseau), et plus spcialement terrain sablon neux daprs des lgendes du temple dEdfou ( B r u g s c h , W rtbuch, p. 1040; S uppl., p. 898). Maspero (p. 235 sqq.) dcompose le mot en kha boisseau et tu ( v terre , et traduit : deux boisseles de terre mesure au cordeau . Revillout (p. 504) traduit, je ne sais pourquoi, kha ta par terre arrose artificiellement par machine lvatoire , en opposition avec ta she. Griffith interprte avec peut-tre plus dexactitude millier de terre (P r o ceed in g s , t. XIV, p. 412, 414). Je trouve, en effet, cette expression comparable la formule funraire ^ kha ou khait m mille offrandes ou milliers doffrandes , qui apparat dj avec la mme graphie ^ sur
et lex te d e Gardiner, p. 45, stle de la reine Tetashera : A M J ' A t fV 5 sy / * I - il /www A L ! - /www |1 ^ |J I I - ru L UL J < ~ * g = ^3 | _

y ^X yj q III etc- S& Majest dsira lui faire faire une tombe et une chapelle..., creus fut son bassin, plants furent ses arbres... [Shed she-f, oud khetou-f) .

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les tables d'offrandes de Mten et sur des monuments contemporains (tombeau de Sokarkhbiou, M astabas, p. 78-79; panneaux dHosi, M astabas, p. 82; cf. p. 91). Mais je narrive pas discerner, dans lexpos prsent par Griffith, quel sens prcis il assigne y 1 1; je vois seulement, par son tableau synoptique, quil considre finalement ^ kha comme valant un millier de coudes , cest--dire 10 aroures, et i~i comme tant un doublet de sta-aroure. De toute faon il sagit ici de deux milliers , soit dune portion de terrains de 2.000 coudes, ou 20 aroures, transforme en vignoble. Or, ceci nous permet de confirmer linterprtation-nouvelle dj esquisse plus haut. Si le vignoble a 20 aroures, il ne peut tre pris sur les terrains de la donation royale qui navait que 4 aroures de surface. Par consquent, le texte depuis ^ etc. nous donne simplement une description des 200 mesures achetes et de leur contenu. Mten y trouve un domaine bti et plant de 4 aroures de superficie; il y ajoute lui-mme des bois et des vignes sur 20 aroures de superficie. Le reste est en partie employ des donations. Texte E. I.
D o n a tio n f a i t e

M te n p a r s a m re

Aprs une numration des fonctions administratives gres par lui, Mten rappelle, sur la stle-porte qui 'dcore le fond de la tombe, sa dernire acquisition et indique lusage quil a fait du reste de ses biens. S c h f e r , II, p . 79 :

n -n -f sou hait sh e 200 sta kher souten tiou sh ou ; d i- n - f hait sh e 50 sta n m ou t N ebsenit. Il a acquis titre onreux (a) 200 aroures de terres sh e avec de nombreux (culti vateurs) royaux; sa mre Nebsenit lui donna (b ) 50 aroures de terres she. ) La premire phrase rappelle ce que nous savons dj sur lorigine des 200 aroures. ) Pour la deuxime phrase, jai adopt la traduction de Breasted qui a cet avan tage de correspondre, au point de vue grammatical, au dbut du texte D (cf. p. 58-59). La syntaxe permettrait galement de traduire, avec Maspero (p. 229) et Revillout : il donna 50 aroures de terres sh e sa mre Nebsenit . Si l'on adopte cette traduction, la phrase (que justifierait aussi la 1.17) indiquerait ceci : Mten peut disposer des biens quil a acquis. Ce nest pas seulement sa vie durant, mais, comme nous lavons re marqu plus haut, perptuit, quil en dispose, puisque le premier usage quil en fait
1. Notons que le groupe J ^ est dtermin ici encore par sta bien que sta accompagne dordi

naire le nom de laroure simple plutt que celui de son multiple.

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est dattribuer sa mre une donation du 1/4 de la totalit, soit 50 aroures. Quoi qu'il en soit, ce pouvoir qua Mten de disposer de ses biens est prouv aux.lignes 17-18.

r-s m it-p er m n m esou ; ou d g e r sen n &sou ten sit neb. < Elle fit un m it-p er (a) pour (ses) enfants, plaant sous eux (6), par charte royale, toute place. a ) Ce passage nest apparu clairement que depuis ldition de Schfer; Maspero et _ JT -Ta a a a a a Revillout ont interprt la copie indcise de Lepsius par ( q e d - n - f p e r il fit btir une maison , do la thorie cite plus haut. Le texte rtabli a un intrt beaucoup plus grand, puisquil contient la plus ancienne mention connue de l 'm it-p er. m it-per signifie littralement : ce qui est dans la maison ; ce mot dsigne donc tymologiquement un acte contenant un inventaire ; techniquement, il parait avoir t un terme assez large, embrassant tous les actes qui ncessitaient la rdaction dun inventaire, cest--dire, semble-t-il, les actes ayant pour but un transfert de droits. Lm it-per tait donc rdig tantt en vue dune alination titre onreux, tantt en vue dune donation. Ctait parfois aussi un testament', ou plus exactement un acte en jouant le rle et remdiant labsence de testament proprement dit*; en ce sens, Ymitp e r ntait quune application dtourne de la donation : il rappelait la dmission de biens de lancien droit franais, sorte de libralit entre vifs par laquelle un ascen dant transmettait immdiatement ses biens ses hritiers naturels et provoquait pour ainsi dire louverture anticipe de sa succession. Un m it-p er de lan XXXVIII dAmenemhit III contient prcisment une clause qui rappelle lobligation de nourrir et dentretenir le disposant, qui incombait, dans lancienne France, au bnficiaire dune dmission de biens : cest la clause selon laquelle le bnficiaire de Ymit-per doit tre pour le disposant un bton d e v ieillesse *. Il est particulirement intressant de trouver, ds le temps de la IIIdynastie, une mention de Ymit-per dans cette fonction drive. Cest la preuve de la bien plus haute antiquit de Ymit-per dans son domaine dapplication primitif : lalination entre vifs proprement dite. Cet acte est fait sous la forme dune charte royale. Nest-ce pas un argument en faveur de la troisime hypothse prsente plus haut, propos de lacquisition par Mten des 200 aroures, suivant laquelle souten signifierait simplement, au moins dans certains cas, acte authentique rdig par un scribe royal ? On peut dailleurs invo quer en ce sens un second argument : si Ymit-per, dans sa forme drive, peut se faire
1. Cf. M a s p e r o , Anciens testaments gyptiens (ap. Nouceile reue historique de droit fran ais et tranger , 1898, p. 301-309, extrait, moins les citations hiroglyphiques, dun article plus tendu publi dans le Journal des Sacants%fvrier 1898). 2. Cf. R e v illo u t , La proprit, ses dmembrements et la ftossession en droit gyptien, 1897, p. 152, 201, 238. 3. M a sp e r o , op. cit. 4. M a sp e r o , op. cit.

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par charte royale , il doit en tre de mme quand il a pour objet une alination entre vifs proprement dite : on peut donc donner et vendre par souten-A. Or, tandis que la rdaction dun acte authentique sexplique en pareil cas, lintervention royale nest, par contre, gure admissible. II.
D o n a tio n f a i t e p a r M te n

ses e n fa n ts

Heq sou ten -h en it hait A sou, d i - n - f h a it sh e 12 m e s (o u ) -f hena set retou Aoutou. Chef du chteau de Souten-henit, du nome Ltopolite (a), il donna 12 (aroures) de terres sh e ses enfants avec,'certes, des gens et du btail (6). a ) La premire phrase sert dater lpoque o Mten prleva encore 12 aroures sur ses biens pour en faire donation di) ses enfants. b) Cest une phrase analogue celle par laquelle Mten nous dfinissait plus haut quel bien il avait reu lui-mme de son pre : ni mobilier, ni grains, mais un domaine, des gens et du btail. Il agit de mme pour ses propres enfants. La phrase dont le sens apparatra clairement, cette remarque une fois faite, pr sente des difficults de lecture. Le lapicide avait oubli le mot | H ; il avait grav ; puis il disposa derrire | | | comme en surcharge; cette disposition anormale

AM M A

jk

jk

A/WNAA

des signes indique bien que ^Ijl doit prcder . Breasted traduit : Tbere were given to him 12 stat of land with his children tbat is : and to his children like wise . Je ne puis accepter cette interprtation. 1 Si f nest pas le sujet de d i, il ny aurait pas de sujet exprim, moins de supposer que m e s ( o u ) - f ne soit le sujet. Or, il me parait inadmissible que Mten reoive une donation de ses enfants. 2 La situation que Mten fait ses enfants est semblable celle quil a reue lui-mme de son pre et sexprime par les mmes termes. Cela im plique la traduction que je propose, et confirme lobservation prcdente.

C onclusion Les textes du tombeau de Mten mentionnent cette srie dactes ; I. Une concession dun domaine M tensherit, dont Mten est bnficier g e r ). II. Une donation ( a d i) faite Mten par son pre, et consistant en un domaine pourvu de gens et de btail. III. Une acquisition par charte royale ( j] *** ^ " n n sou ten ), cest--dire une concession dun domaine B ishit, de 4 aroures avec ses gens. IV. Une concession de douze domaines funraires M tensherit, dont Mten est bnficier ^ ger), pour le service d'une offrande de kiosque funraire.
RBCURII., XXIX. NOUV. 8R., XIII.

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V. Une acquisition titre onreux ( JJ e n . v n r sou ) de 200 aroures de A / V W *w i Jl terres et d une rente de 100 pains. Le domaine comprenait une proprit btie de 4 aroures; Mten y cra un vignoble de 20 aroures. VI. Une donation d i) de 50 aroures, faite Mten paf sa mre ou par Mten & celle-ci, prise sur les 200 aroures ci-dessus mentionns. VII. Un m it-p er ('0~< V> ) de la mre de Mten en faveur de ses enfants. I VIII. Une donation di), faite par Mten ses enfants, de 12 aroures de terres, avec gens et btail. Dautre part, on peut rsumer ainsi les donnes que les inscriptions du tombeau de Mten fournissent lhistoire des institutions de lgypte. 1 En ce qui concerne ltat des personnes, elles font une allusion vraisemblable lesclavage. Elles rvlent lantiquit de cultivateurs royaux, sans renseigner dail leurs sur leur condition, sauf en un point : les sou ten tiou restent sur la terre royale, mme au cas o celle-ci fait lobjet dune concession. Enfin, par la mention de conces sions royales importantes, nos textes portent se demander sil ny avait pas certains sujets que rattachait au roi un lien de fidlit spcial, de faut, de vassalit. 2 Au point de vue du rgime des biens, nos inscriptions attestent lexistence dun domaine de la couronne, mis en valeur grce linstitution spciale de ces sou ten tiou , qui cultivent la terre royale en quelque main quelle passe. Nos textes montrent gale ment quon peut tenir certains biens comme g e r , cest--dire comme bnficier, dune concession royale; ces tenures paraissent hrditaires et alinables. On ne peut dire actuellement sil faut y voir, pour lAncien Empire, la preuve dun rgime fodal , ou lindice dun systme juridique rservant au Pharaon la proprit des terres et ne laissant aux sujets quun domaine utile . Par nos inscriptions encore nous savons que, ds la 1IIS dynastie, il existe des biens du clerg (ce que dautres textes appellent N eter-hetepou "j = lep y*) ptolmalque), sur lesquels les prtres peuvent cder certains droits (cf. p. 66-68). Quel que soit dailleurs son caractre juridique, le champ gyptien a dj pour type laroure sta, avec une superficie gale celle quindique Hrodote au temps des rois perses.. 3 Les inscriptions du tombeau de Mten ne sont pas moins prcieuses pour l tude du droit des contrats. Elles montrent lemploi frquent de la forme crite, voire mme de lacte authentique, et cela pratiquement, semble-t-il, pour toute espce de contrat. Labsence de monnaie empche la ven te de se distinguer de l ch a n ge. La donation, dun usage trs rpandu, sy rvle une institution fort ancienne, puisquelle sert
1. Cest en vue de cette hypothse quon peut se demander si les concessions royales de terres avaient toujours un caractre juridique uniforme (cf. p. 64). 2. En tout casf le bien concd au ger nest pas un traitement en jouissance, la dotation dune fonction administrative. Cela nest pas douteux pour Mten en tant quil est ger de domaines funraires (texte C, 1. 4; cf. p. 65). Quant la premire mention de Mten comme ger (texte D, 1 .1 1 ; cf. p. 60), elle ne serait pas isole . aprs une seule de ses fonctions de heq, sil sagissait dune dotation des fonctions de heq. Pour le domaine Bisehit, acquis par Mten sans que nous sachions si cest comme ger (texte C, 1. 2; cf p. 62), il ne constitue pas non plus un traitement en jouissance, puisqu'il est spar de la mention des fonctions remplies par une indi- . cation relative au fils de Mten.

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dj de base un progrs du droit : en recevant, en effet, une application dtourne dans Ynt-per qui supple labsence de vritable testament, la donation entre vifs prpare lvolution vers une nouvelle cration juridique, le testam ent. Enfin, le contrat de con stitu tion d e ren te parait connu ds celte poque archaque. Pour peu donc quon les examine avec soin, les inscriptions du tombeau de Mten laissent entrevoir dans lancienne gypte, presque au dbut de son histoire connue, une vie juridique riche et complexe quon sent dj ancienne et parvenue un assez haut dveloppement.
i

II. Acte de fondation par un dignitaire de la cour de Khephren


(IV* dynastie, environ 3500 av. J.-C. Gizeh)

Texte publi par : E. de Roug (In scrip tion s h iroglyp h iq u es, pl. I), Brugsch ( T hsaurus , t. V, p. 1210 sqq.), Sethe ( Urkunden , 1.1, p. 11-15); traduit par Breasted (A ncient R eco rd s o f E gypt, 1906,1.1, p. 91-93). Le texte reproduit ci-aprs est celui de Sethe que jai collationn en avril 1906 sur l original dpos au Muse du Caire, n 1432. Loriginal tait grav sur la paroi dun tombeau voisin de la deuxime pyramide de Gizeh construite par le roi Khephren (Khfr); daprs les indications du texte, le tombeau devait tre dans lenceinte de la pyramide. Linscription comprenait deux lignes horizontales, dont le dbut et la fin manquent; au-dessous, des lignes verticales, dont les premires manquent sans quon en sache le nombre. Le nom du fondateur a disparu dans les lacunes du texte. ' L ignes horizon tales :
i .................

' 1

........................................ ........ [se/c] sou nkh h er r e d o u i- f m sm er ou t(i), Nekheb her-zaza, s e t e p - f sa t so u ten r n eb ; sm er ou t(i), Nekheb her-zaza, nz-m er D oua-H or-k henti-pet .. h onou -k a pen zet. Certes lui vivant et sur ses pieds (a), comme ami unique, chef de la ville dEl-Kab, il faisait le setep sa sur le roi chaque jour (6) ; ami unique, chef de la ville dEl-Kab, administrateur du vignoble Doua-Hor-khenti-pet'... ces honou-k a (c) per ptuels. . a ) La formule indique que le donateur a fait la fondation de son vivant. b) Litt. : il lanait le fluide sur le roi chaque jour . Sur ce rite du setep sa, cf. A. M oret , Du ca ra ctre religieu x , p. 47, n. 2. Ces titres indiquent un fonction1. Sur ce vignoble, cf. la note de Sbthb, ap. G a r st a n g , Bt-Khalldft p. 21.

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naire de haut rang : sa situation auprs du roi explique la donation de terrains quil en a reue (cf. art. VI) et qui lui permet de faire cet acte de fondation. c) H onou-ka : litt. : esclaves du double* , nom des prtres de carrire ou des lacs' qui clbrent le culte funraire attach & l'me ou double (ka) des morts qui rside dans le tombeau. A ct des honou-k a ordinaires, on distingue les sehezou honou-k a = honou-k a inspecteurs et les m -k hetiou honou-k a = subordonns (litt. : la suite) des honou-k a , cest--dire des grades suprieur et infrieur dans la hirarchie des honou-k a (cf. p. 77). Ces serviteurs du double ou prtres de double sont qualifis de a perptuels V ) n et; dans le mme sens, le tombeau est appel '3 p e r s e t maison ter nelle (cf. su p ra , p. 68). Cette qualification de zet indique que les honou -k a qui bnficient de la donation, condition den excuter les charges qui lui donnent le caractre de fondation, sont attachs jamais au service funraire; elle fait donc allu sion la perptuit de la fondation. Dans le mme sens on trouve m esou zet, sen zet enfants perptuels ou frre perptuel , les fils et les frres cadets tant normalement les prtres perptuels du culte de leur pre ou du frre an, chef de la famille. La mention des honou-k a perptuels tait probablement comprise dans une phrase telle que celle-ci qui apparat dans un autre acte de fondation ( S ethe, I, p . 27) : ^ n g e r [honou-ka pen ] p er-k h roou n () Ce sont donc ces honou-k a qui m font loffrande funraire... Il y aurait ainsi, dans la lacune qui prcde ou dans celle qui suit les mots ces honou-k a perptuels , une clause positive de donation une corporation de honour-ka aux fins dassurer au donateur les avantages dun culte perptuel. Cette donation ne nous est plus connue, dans ltat actuel du texte, que par les clauses ngatives ou positives qui vont suivre.
A/WVNA

L ignes v ertica les (le dbut manque) :

A [r a * kE M IM M in
1. Le mot ^ Ka, que lon traduit gnralement par double et qui serait mieux rendu par gnie (cf. Lefburb, Sphinw , t. I, p. 108), dsigne une sorte d'me corporelle qui a besoin, pour se manifester, d'un support tel que le corps momifi, une statuette ou une statue. Le Ka habitait le tombeau o ses supports taient d poss. Cette conception parat avoir t antrieure celle de Yme spirituelle symbolise par l'oiseau tte humaine fOv Ba%qui, aprs la mort, peut quitter le tombeau pour les paradis; mais l'ide du Ka a persist h ct de celle du Ba pendant toute la dure de la civilisation gyptienne. 2. A lorigine, le culte funraire est clbr uniquement par les membres de la famille du dfunt : femme, frre, sur, enfants, allis. Plus tard il arriva souvent qu'on se dchargea de lexercice du culte sur des prtres de carrire, c'est--dire attachs aux divers sacerdoces officiels. Parents ou trangers, lacs ou prtres, n'taient donc honou-ka quen tant qu'ils clbraient le culte particulier d'un dfunt. 3. Le q restitu par Sethe est visible sur le monument. 4. Le $ est visible. Les lacunes en fin de ligne doivent comprendre lespace d'environ six groupes oo quadrats g .

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ifik$I^P(l$lknsi[k]BBB[rkA]=$ ^Zp ^H kk$JJ4^k]iffiM M


m 7 i l t y P [ = H k k * k ] N & 3 7 k

(IEI^ALt 2 lk 7 M * 7 r Z T 0 ao ]!ilk
Out m ed rt-n -( ) r s, [p]ou : n rdi-n-() skhem [h on ou -k a ... sen ou ], sen iiou , m estio u neb(ou), seh eso u honou-ka, m -k het(i)ou, [m ... hait], retou , khet neb rtn -( ) n sen r p er-k h ro ou n () m , m bak-se[n, bakit-sen, m ] sen ou -sen , sen itou se n -h a o u p er-k h roou [n () m m, N eter-g er m ] s s e t ent(i) m K h fr -o u r k heft m a sed -n -( ) hait, re[t]ou, [khet neb rt-n -() n sen r p er-k h roou n ()] m . Lordre (a) que jai fait ce sujet, le voici : Je nai pas donn quaient pouvoir (6) [ces honou-k a ,] ni (leurs) frres, ni (leurs) surs, ni aucun de (leurs) enfants, ni les honou-ka inspecteurs, ni les subordonns (c), de [faire usage (d) de la terre], des gens, ni de toute chose que je leur ai constitus (e) pour me faire loffrande (f ) ici avec leur serviteur [et leur servante], leurs frres et leurs surs, except {g) pour me faire loffrande [ici dans la ncropole] au tombeau perptuel (h) qui est dans (lenceinte de) la pyramide Khfr-our, conformment aux mesures que j ai prises (i) pour la terre, les gens, [toute chose que je leur ai constitus pour me faire loffrande] ici. a ) Q Jo [ou]t m ed rt-n-{), litt. : lmission de paroles que jai faites . Cest le titre ordinaire des actes de ce genre; cf. S ethe , 1, p. 24, 1. 15, expliqu plus loin; G riff it h , Siut, VI, p. 260 : ^ ordre fait par le (prince . . . ) , au dbut U/ W W W des actes. b) Lexpression <^> 01 rd i-n -( ) skhem qui signifie donner pou voir (probablement donner bton de commandement ^) est une locution technique frquente ( S ethe , I, p. 30, 1. 8; p. 35, 1.13; p. 36, 1. 9; p. 37, 1. 3). Skhem est ici un verbe qui a pour sujet lnumration des personnes qui suit. c ) Lordre est adress : 1 une catgorie de personnes dont le nom manque; 2 aux frres, surs, enfants de ceux-ci; 3 aux honou-k a inspecteurs et aux subordonns. Quel mot devons-nous suppler au dbut? Probablement (j) ^ (( ces hon ou k a , puisquil est question des honou-k a inspecteurs et des subordonns et que le mot honou-k a manque au texte conserv. Il en rsulterait quici la charge de h on ou ka est confie une corporation complte, dont les membres doivent clbrer le culte funraire du donateur avec le concours de leurs serviteurs et de leurs frres et surs. d ) Les mots suppler visent vraisemblablement un usage abusif des biens con stituant la fondation funraire, une affectation de leur revenu un autre but que celui prescrit par le disposant. Par contre le passage en lacune ne pouvait contenir la clause dinalinabilit des biens eux-mmes, sous peine de faire double emploi avec larticle II. Il doit donc manquer une formule analogue celle employe au texte de Nouknkh

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( S ethe, I, p. 3 0 , 1. 8 -9) : J e n ai pas donn qu'aient pouvoir. Aucunes gens f <=> * 0

m . tet sen r ounnouit mbit = de les dtourner (les honou-ka) v e r s tout (autrefservice^ (Cf. texte de Senounkh : e) Litt. : a faire des terres... . Sur le sens de * *" rt constituer , cf. texte de Nouknkh ( S b t h e , I, p. 25, 1. 4) : le roi Menkaou-Hor y constitue deux pices de terre des prtres pour le culte (.< sz> -l i s * 11 r hait sh eou sen). Cf. la locu tion faire une ordonnance -< s> - ^ l r ou t m ed, commente plus haut. p er-k h roou a ici un sens verbal, comme au texte de Nouknkh : ^ (| ^ *- ^ ^ ^ n g e r m esou pen p er-k h roou n () = Ce sont, certes, ces enfants qui me font l'offrande. g) haou peut signifier : 1 en plus; ihais, dans ce cas, il est ordinairement prcd de m ; cf. texte de Nouknkh : le dixime de tout ce qui entre dans le temple, en^lus des offrandes , m haou khetou (S b th e , I, p. 26, 1. 6 ); 2 au-dessus, except; cf. texte de Nouknkh, dans la phrase qui suit celle cite en d : je nai pas donn quaient pouvoir aucunes gens de les dtourner vers tout autre ser vice, except celui des offrandes... , haou per-khroou. Le texte est le mme ici. Aussi traduirai-je tout le dveloppement : je nai pas donn quaient pouvoir mes honou-ka... de disposer des terres.. . , except pour me faire loffrande. Cest aussi le sens adopt par Breasted, I, p. 91 : save to make mortuary offerings... . h) fj^ s zet- Expression analogue celle qui dsigne nos concessions perptuit dans les cimetires. Cf. texte de Nouknkh : mesou set enfants perptuels ( S b th e , I, p. 25, 1. 2) ; i sen set frre perptuel : () ^ honou-ka pen set du dbut dTce texte, ces honou-ka perp tuels , o lpithte perptuels ne peut apparatre que pour le sens indiqu plus haut. Une fondation ne peut tre durable que si terres et gens y sont attachs & per ptuit. i) Y - M. Breasted traduit : according to the portion of lands, people (and everything)... sans justifier son interprtation du mot msed = portion qui cepen dant en vaut la peine par sa raret. A mon avis, YY nest pas ici un substantif, mais une expression verbale dont le sujet, introduit par mwm, doit tre le pronom de la pre mire personne a ^ sous-entendu. Le mot revient trois fois, peut-tre quatre, dans la suite de ce texte; le sens des phrases o il apparat implique pour lui, ce quil me semble, la signification de mesurer, mesure . Si, comme il est vraisemblable (B ru g s c h , Wrtb., p. 629), reprsente un pressoir (deux mts et un linge tordu, maintenu entre eux, et reprsent schmatiquement par des lignes horizontales), le sens primitif est pressoir, do presser, fouler. Une drivation de sens, trs ancienne puisqu'elle figure dj aux textes des Pyramides, nous est donne dans le Rituel de

i (|

iY T 1

J . BBU08CH> W., p. 629, o frapper sur un pieu avec un maillet pour l'enfoncer en terre se dit Y ^ t n m()zed. La lecture mier, actuellement prconise pour l'Ancien Empire, du groupe tudt*ii, ne me semble pas solidement tablie. Je reviendrai sur ce sujet dans un article spcial.

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Yp r o ; le mot TT> y dfinit lacte de presser la bouche du mort, avec le petit doigt, par exemple*. Dans ce sens, p r e s s e r quivaut : exercer une pese sur, p e s e r ; do un paralllisme naturel avec le mot p eser avec une balance, m esu rer . En effet, les textes funraires mettent*en paralllisme YY m&zed ro presser la bouche avec r ^ l< Y> tnkha ro peser sur la bouche. Le passage du sens de. presser peser, puis mesurer avec des poids et mesurer, ou de presse & pese et mesure , sexplique aussi bien en gyptien quen franais : nous disons peser son langage comme mesurer ses expressions . Brugsch a cit de bons exemples de dans le sens de mesurer, mesure ( W rtb ., p. 629). A mon sens, cette traduction sapplique aisment au dcret de Dasbour, rcemment publi par M. Borchardt', o lon a le paralllisme : j7\ 1 rt kait neb n it p e r sou ten faire tous les travaux de a o 21 * o I T/ w w w la maison du roi . YY YY /vvwij j ^ ^ / w w / v ' Y Y ^ m zed neb n sit neb n khennou faire toutes les mesures (applicables) toute place de la cour . M. Borchardt traduit par last im pt, sans doute comme driv de peser, im poser, imposition . Or, le texte de Dashour attribue m zed un sens tout fait gnral. De mme le document expliqu ici indique que m&zed s'applique tout, hommes, terres, choses; le mot vague de m esu re soit dans le sens de dlimitation, soit dans celui de dispositions quil a aussi chez nous, me semble convenir ici dans ltat actuel de nos connaissances.
^ > . 1 I/ O /W W W O

II

N rd i-n -( ) skhem hon-k a neb zet m rd it hait, retou [khet neb rt-n - n sen r p er-k hroou u()\ m, r sou n retou neb(ou), m rd it m m it-per n retou neb(ou). O uap-r d i[d i-sen n m esou -sen ] n p e s h e s e t- f hen honou-k a m en m honou-k a pen. Je nai pas donn quait pouvoir aucun hon-ka perptuel de donner terre, gens, [ni chose quelconque que je leur ai constitus pour me faire loffrande] ici, en change (a) gens quelconques, ni de les donner par m it-p er (b) gens quelconques.
1. Teti, 288; Pepi //, 132, avec la forme

ryxy

; Pepi II, 212 : _______________

mdiedmdkha-n-(d) n

-ld) n -/... Moi, Horus, je tai press la bouche ,

ro-k j ai mis en quilibre ta bouche (S c h ia p a rb lli, Libro dei fu n erali , 1, p. 75, 99-100, 130-131. A la
page 75 est la phrase ^

m*e(t vo~fm *eb-k presse sa bouche avec ton doigt ,

que commentent les tableaux de Sti 1 et de Ptamounoph o la pression se fait avec le doigt.) 2. A. Z., X U l, p. 3-6.

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Au contraire (c), quils donnent & leurs enfants ce que partage avec le h on -k a tel de ces honou-k a (d). a ) Il faut runir les termes dune expression technique spars par une phrase incidente : ^ . . . r d i t . .. r sou donner en change , cest--dire vendre . A cette poque, par suite de linexistence de la monnaie, la vente ne se distingue pas de l'change (cf. su pra, p. 67 et 74) : les biens mobiliers ou immobiliers sont alins contre d'autres biens meubles ou immeubles (cf. G r iffith , Sittt, VI, p. 270, 293). Ce nest qu la basse poque, partir de la priode saite (cf. R b villo u t , R evu e g y p t o logiq u e, VII, p. 117, n. 2), que ces biens pourront tre alins contre de largent, et faire lobjet non seulement dun change, mais dune vente proprement parler. L ad dition de r sou au mot qui exprime lide dalination, ^ di, ou celle dacquisition, H n (cf. su pra, p. 66), implique que lopration a lieu titre onreux : elle donne le sens de vendre ou d acheter ces termes qui, pris isolment, signifient donner et acqurir. Dans cette premire partie de larticle II il faut donc voir ceci : le fondateur dfend daliner titre onreux les biens constituant le capital de la fondation. b) ^ n rd it m m it-p er signifie donner par m it-p er . (Sur cet acte impliquant un inventaire , exig propos de toute vente, toute donation et tout partage, et jouant parfois le rle de testament, cf. su pra, p. 72.) Cette phrase peut viser toute alination titre gratuit. Elle peut aussi ne faire allusion qu Ym it-per supplant linexistence de testament; cette dernire conjecture est naturellement suggre a co n tra rio par la fin de cet article, o le fondateur prvoit et autorise une disposition en faveur des enfants. Toutefois il serait trange qu ct de lalination &titre on reux, le fondateur nait entendu prohiber que la dmission de biens et ait permis aux honou-ka de consentir des donations en gnral. Il est donc logique, en toute hypothse, de prendre ici m it-p er dans son sens le plus tendu et de voir dans larticle II une clause gnrale d'inalinabilit des biens affects la fondation. c> ou a p -r signifie ex cep t ou au con tra ire. Dans un passage parallle ( S ethe, 1, p. 36, 1. 11-12), cette expression est remplace par une affirmation (j ger. Je choisis donc ici le sens affirmatif : au contraire. d , Cf. S e t h e , I, p. 36, l. -1 2 : !) & j c JL l g er d id i-sen n m esou -sen nou p esh eset-f, etc. La phrase d'une traduction difficile me semble signifier : Au contraire, qu'ils donnent leurs enfants de ce que (~ vv ; lautre texte donne v ) un tel parmi ces honou-k a (m en est toujours prfixe), il (,f ) partage avec un hon-ka. Ainsi, sil est interdit aux honou-k a de vendre ou de donner les biens de la fondation, il leur est licite de lguer leurs enfants leur fonction de prtre de double et les biens attachs cette fonction. Pour que la fondation soit perptuelle, il est ncessaire que le service assur par les prtres soit perptuel aussi; pour cela, les biens de la fondation passent de pre en fils entre les mains des honou-ka. C'est ce quexprime bien clairement le dbut dun autre acte de fondation (S ethe, I, p. 36) dat
/W W W

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de V. dy . ,ie :

IIM M ^ -L a sy J L O d M Y

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. . . Aou honou-k a zet p en hen m esou -sen hen g e r m e s o u nou m esou -sen m es-tou-sen sen zet Ces prtres de double perptuels, avec leurs enfants et certes les enfants de leurs enfants quils enfanteront, &jamais, sont pour... C e t acte est dailleurs celui o se trouve rpte la clause explique ici. III
< = > I

P P

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I O

r hon-k a neb zet k h e n [ n t - f . n i t p er-k h roou rd it n ( ) n sou ten r m kh, n eh em m r f m zedet g e r i t - f [ n sa e n t e f k h e r f ]. Tout hon-k a qui viole ( a ) des offrandes que ma donnes le roi en ma qualit de fal (6), sa part mesure lui est enleve (c) par la classe (d) laquelle il ap partient. a ) ^ khen exprime une ide de violence et de rbellion qui soppose & hetep (Brugsch, ap. . Z ., 1882, p. 74). Quelle est ici la violence incrimine? Cest videm ment une violation des clauses qui concernaient le service des offrandes faire au dona teur. Le prtre qui sapproprie (?) les offrandes destines au dfunt ou plus largement les dtourne de leur destination, enfreint ipso f a c t o les obligations rsultant de lacte de fondation. b) Le fal est par excellence lhomme qui a reu du roi : 1 un tombeau, 2 des biens funraires pour le service des offrandes, 3 ou simplement des offrandes toucher au temple et au palais (cf. mmon o tude : La con d ition d es f a u x , ap. R ecu eil, XIX). c ) Le mot part g e r i t - f litt. : ce qui est sous lui, son bien , apparat dans le mme sens Siouf (S riffith , VI, p. 274) ; le mot enlever nehem a aussi le mme sens de dpossder au dcret du roi Antef o celui-ci dpouille de son bnfice un prtre qui a forfait & ses devoirs (P etrie, K optos, VIII, p. 6). d ) Le mot -nn> ou ^ sa dsigne la classe ou catgorie des prtres du culte divin ou funraire. Ici la classe enlve au coupable ses biens. Que deviennent ces biens? La classe hrite et des biens et des charges, et vraisemblablement les dlgue un autre prtre. IV

1. Sethe ne restitue rien ici.


RECUEIL, XXIX. MOUY. 8R., XIII.

11

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&

[ ( a ^ A

r hon-ka neb zet shent-f khet r senou-f r-f n deqer-f r hon-ka, [khesef-f mzedet] gerit-f her f nehem m -f hait, retou, khet neb rdit-n-() n f r per-khroou n () [m\ n sa entef kher-f m; r-tou-s n f peh her-tem shen m-bh sarou [her hait, retou, khet neb rt-n-()] n honou-ka zet r per-khroou n () m m s zet ent(i) m Neter-ger m [Khfr-our]. Tout hon-ka perptuel qui intente une action (0) contre son confrre, il fait un acte (un tat) de son revenu (b) comme hon-ka; si sa part [mesure] sur lui (cet tat) [est en opposition (avec sa plainte)], sont enlevs (c) de sa main terre, gens, toute chose que je lui ai donns pour me faire offrande ici, [par la corporation laquelle il appar tient] ici; et cela est pour lui la fin (de la procdure) pour quil ny ait pas daction par-devant les Notables [au sujet de la terre, des gens, de toute chose que jai consti tus] aux honou-ka perptuels pour me faire offrande ici dans le tombeau perptuel, celui qui est dans la ncropole, dans [(lenceinte de) la pyramide Khfr-our.] a) Sur le sens de shent, litt. : se plaindre , techniquement se plaindre en justice, cf. A. M oret, Unefonction judiciaire de la XII* dynastie, ap. Recueil, XVII, p. 47. La locution telle qu'elle est ici, shent khet r a contester chose contre... , apparat dans linscription dOuni (Erman, . Z ., 1832, p. 10). Dans le cas prsent, l plainte semble porter sur une rpartition des biens entre prtres, puisquon fait un tat des parts. n *"J b) Sur le mot , cf. supra, p. 63. Le mot A deqer sans dterminatif me semble tre le mme mot que celui dtermin par trois grains et signifiant fru it (B rugsch , Wrtb., Suppl., p. 1377). Les prtres tant rtribus en nature, le fruit dun prtre est le revenu de sa part, cest--dire son bnfice au sens du droit cano nique. Je traduis donc n deqer-f ltat, lcrit de son revenu . Ceci tabli, quand un prtre dispute un collgue telle ou telle portion de la fondation funraire, on re court aux pices authentiques, on produit un tat du revenu auquel il a droit pour tablir si la demande est fonde ou ne lest pas. c) Il y a lacune lendroit le plus important, mais le texte conserv ordonne une confiscation comme larticle III1 : si la rclamation est injustifie, le demandeur perdra son bnfice. Au profit de qui ? Un cas semblable est prvu par un texte dj cit ( S ethe, I, p. 36-37) : Q
r

^^

<~> [khesef-f mzedet] gerit-f her-f, litt. : combat lui sa part

mesure sur cela . Telle est la restitution de Sethe. Bien que je ne connaisse pas demploi de khesef en pareil cas, cette restitution semble justifie. Voioi pourquoi : si cet article prescrit la dpossession du hon-ka, cest quil prvoit que sa rclamation aura t reconnue injustifie; l'enqute, faite sur pices crites, s'est donc retourne contre lui.

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as

< = > r hon-ka neb m sen ehent-\J\ khet r senou-f nehem khet neb dit-n-() n f ;

ger did.it n hon-ka shen-f khet r j = n Tout hon-ka dentre eux qui porte plainte contre son confrre, on (lui) enlve tout bien que je lui ai donn; certes, quil soit donn au hon-ka contre qui il a port plainte. En est-il de mme ici? Le bnfice repris au demandeur tmraire nest-il pas attribu sa victime? Il est assez naturel de le conjecturer, bien que cette affectation du bnfice confisqu puisse, dans lacte prcit, tre leffet dune clause spciale . J ai suppos jusqu'ici que le pronom f (3* pers. singulier) se rapporte au demandeur. Un doute peut subsister, car il ne serait pas grammaticalement impossible que f se rapportt au dfendeur. Le texte signifierait alors ceci : Si un hon-ka dtient plus que sa part et que cela soit reconnu sur la rclamation dun autre, il perdra tout son bnfice. J ai choisi la traduction qui ma paru la plus logique, en indiquant lamphi bologie possible. Dans lun ou lautre cas, il reste acquis que lusurpation de part, com mise par un hon-ka, a, parfois, au moins comme sanction la confiscation du bnfice du coupable. d) Sur le sens de peh fin , oppos ^ hait a dbut , cf. B ru g s c h , Wrtb., Suppl., p. 477. Quel aurait pu tre le rle de la cour des Notables, que le fondateur veut carter ic i? Comme tribunal public, elle aurait pu, quelle que soit sa place dans la hirarchie judiciaire de lancienne Egypte, fonctionner comme juridiction de recours, par rapport un tribunal intrieur de chaque classe des honou-ka; or lexistence de ce tribunal cori / W W V A ^ | poratif est rvle par la phrase H W > o <=> sa entef kher-f = la classe laquelle il appartient des articles III et IV, si cette restitution est exacte; lexistence de cette juridiction intrieure est en tout cas rendue trs vraisemblable par la teneur de lar ticle V qui parait nadmettre que pour dautres causes la comparution dun hon-ka devant les Notables. Le fondateur voudrait donc que les litiges entre honou-ka, relatifs h la quotit du bnfice de chacun, soit de la comptence exclusive de ce tribunal corpo ratif. Si par contre on nadmettait pas lexistence de cette juridiction intrieure, il fau drait voir dans les Notables une cour dappel, par rapport une juridiction ordinaire comptente pour connatre des contestations entre honou-ka relatives aux bnfices sacerdotaux : en ce cas, la fin de larticle IV aurait simplement pour objet de limiter un le nombre des degrs de juridiction en interdisant lappel. Quoi quil en soit, une seconde question reste plus douteuse, celle de la sanction de cette disposition finale de larticle IV. Etait-ce lincomptence absolue des Notables quant aux procs ici prvus? Ou bien tait-ce simplement la confiscation du bnfice
-CB>- 1. M. Breasted traduit assez diffremment la phrase ^ <=> ^ r\ o Ma he shall make

a writ of his [daim] against tbe mortuary priest . Je ne crois pas que < z > ^

puisse tre traduit ici

contre le prtre de double; j'y vois une locution analogue celle employe larticle 111 :

'
1
*w w \

Ci-

n
1 ^

n j
0

*^ es offran<^ es Q ue m a donnes le roi comme fal , o le sens de r est indis-

m o o<=> o t---- 1 / A

T *w w \

outable. Quant au sens deqer daim , je ne vois pas par quoi on peut le justifier.

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du hon-k a qui sadressait cette Cour, malgr la volont du fondateur? Rien ne permet ce sujet la moindre conjecture. Notre texte a du moins cette importance : il nous permet de reculer de beaucoup dans le pass lexistence de cette juridiction des Notables dont le rle ntait jusquici connu, en ce qui concerne les procs relatifs aux terres, que pour le Nouvel Empire (cf. linscription de Mes que jai traduite, .Z ., XXXIX, p. 39, et la nouvelle dition par Gardiner, The In scrip tion o f M es, 1905, p. 35).

[r] hon-ka neb s e t p e r t - f n ki sam m bah sa r o u sarou , p e r e r - f n ki sa m m ied et g e r i t - f n sa e n t e f k h e[r-f . . . . . ] nit hait, retou , khet neb rt-n -( ) n sen r p e r k hroou n ( ) m m s en t(i) m [N eter-ger m KhA fr-our], p e r e r - f r f m f-f. Tout hon-ka perptuel qui comparait pour une autre cause (a) par-devant les Notables les Notables (6), quil comparait pour une autre cause. Sa part est mesure par la classe laquelle il appartient, [et il est fait par les prtres un tat] (c) de la terre, des gens, de toute chose, que je leur ai constitus pour me faire loffrande ici dans le tombeau qui est dans [la ncropole de Khfr-our], et de ce qui ressort pour lui comme son revenu (d). a) M. Breasted traduit : Whatsoever mortuary priest shall go forth to other service in the presence of the officiels. . . Ce qui suppose le cas dun prtre qui aurait accept dtre charg d'un autre service (funraire pour un autre donateur), et qui devrait aller ce sujet devant les Notables. Je nattribue pas le mme sens au mot essentiel ^ o St- sam . Le mot sam signifie fo r m e , fig u r e , f a o n (B rugsch, WiSrt., S uppl., p. 1056),~et a donc un sens plus gnral que serv ice. Le cas vis par M. Brea sted, celui o un prtre, de gr ou de force, va un autre service que celui prvu par le donateur, est mentionn gnralement dans ces textes par la formule suivante : - f il " (S ethe, I, p. 36, 13-14; cf. I, p. 30, 9) r hon-k a n e b ... te t-to u -f n la i ounouit = Tout prtre de double qui sera emmen pour un autre service . Le mot sam napparalt pas dans cette formule. Je conclus que, dans le cas prsent, sam a tout simplement le sens de faon ; aller devant les Notables dune autre faon, pour une autre cause quelle que soit . Le donateur se dsintresse de tous les cas qui ne touchent pas son contrat. Le prtre peut comparatre devant les Notables pour affaire personnelle, sous une qualit au tre que celle de prtre de double du donateur.

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b) Aprs la premire mention sarou , larticle V contient une lacune qui prend fin lo rs dune seconde mention des sarou. Les mots disparus ne pouvaient contenir la per mission expresse de comparatre devant les sa rou pour une autre cause : car alors f P< = = > f^ [m ~baK\ sarou se trouverait aprs ^ ^ (| (|| ] 0 p e r e r - f n Ici sam ou tout au moins aprs 1 et non avant.* ^ 11'peut conjecturer q ue, par les mots en lacune, lauteur de la fondation prescrivait de notifier aux Notables q u il (le hon-ka) comparait pour une autre cause. Il faudrait restituer peu prs : [il fera connatre] aux Notables que le hon-k a comparait pour une autre cause . c ) Le donateur prvoit le cas dans lequel son hon-k a aurait soutenir un procs personnel ; il prend ses prcautions de faon ce que la portion de biens dvolue au prtre ne soit aucun titre engage dans le procs. Le bnfice du prtre (g e r it-f) est mesur par sa classe. Ici une lacune de cinq mots, suivie dune formule usuelle o i l est question d es prtres ( P ). Je proposerai, en me rfrant larticle IV, de res\ AAAAAA / / 2 > .

classes (= la corporation) font un crit de la terre, des gens, etc. Cet crit, videm ment destin aux Notables, dfinit : 1 ce que tous les prtres de double ont reu pour le service des offrandes; 2 le revenu particulier du prtre qui a un procs personnel. Cet crit avait t prvu larticle IV et prsente la mme utilit de constater le mesurage de la part , attribue au prtre en cause. Mais le but parait ici diffrent : il sagit sans doute dune prcaution impose pour que le hon-ka ne rponde pas sur son bnfice de toute obligation trangre son sacerdoce funraire. d ) Je compare ^ p e r e r - f r f m f - f ce qui ressort pour lui (le prtre) en tant que sa viande la formule des textes de Siout : /**? 1 l< = \ lld ubit p er e r et n m N eter-haxt la viande pure qui ressort moi dans le temple [^1, p. 275). Le sens me parat tre le revenu particulier du prtre ct du revenu gnral de toute la corporation. M. Breasted a naturellement interprt d'une faon diffrente cette clause, puisquil donne un autre sens au mot qui la gouverne toute. Pour lui, la portion du prtre doit revenir, en pareil cas, la corporation ; quant au prtre, he shall go forth with his mat . Ceci ne concorde naturellement pas avec mon interprtation; mais le sens de cette dernire phrase ne me semble mme pas concorder avec linterprtation gnrale propose par M. Breasted. Dune part la portion du prtre serait dvolue &la corpora tion, et dautre part le prtre sen irait avec sa viande, cest--dire son revenu? Le bien que le prtre pourrait perdre, cest prcisment son revenu.
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DONATIONS ET FONDATIONS

Cette terre que le roi ma donne en (ma qualit de) fal offrande ici dans la ncropole.

pour me faire

La lacune de six groupes est peut-tre &combler ainsi -<s> r-n-() n honou-k a pen e t je 1 ai constitue ces honou-k a perptuels . . . Si la lettre du texte restitu peut tre discutable, le sens gnral est assur. Cette clause est peut-tre une rptition de la clause fondamentale de donation que nous avons suppos exister dans la lacune initiale (cf. p. 76). VII

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r khet neb p er t-s khent rd it-n -( ) n se[n, - m ed hen^sen m ] m ed m. M&zedet sa ou it m -k het n saou apen m ^ r nenou n aouit r p e r khroou n () m m N eter-ger m s s e t ent(i) m [K hf]r-[our]. Pour toute chose qui a t aline avant que je leur (aux honou-ka) aie fait la donation (a), [il y aura jugement (6) avec eux dans le lieu] o lon juge. Le reste est mesur ensuite (c) ces classes (de honou-ka) proportion de ^ constitu pour [ceuxci (ci) ......... ] le reste, pour me faire offrande l dans la ncropole, au tombeau perptuel qui est dans (lenceinte de) la pyramide [Khf]r-[our]. a ) Litt. : Si quelque chose est sortie avant que j aie donn eux , cest--dire : Si des revenus ont dj t alins sur ces biens avant que je les aie constitus en fondation perptuelle ces prtres. Dans ce cas, les tiers qui le donateur avait con senti des droits les feront valoir et reconnatre judiciairement1. b) Litt. : il y aura (ou quil y ait) quilibre de paroles , cest--dire jugement m ed. Cette formule et son contexte sont trs frquents dans les textes de A i incien Empire. Elle demande une explication dtaille. Cette formule fait allusion une juridiction rgulire; il y avait des fonctionnaires prposs aux dbats dsigns par jJLj j : tel ce ' ____ i s s^hes sesh n hait o u r it . . . kherp sesh retou , m ec JL | |

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1. M. Breasted traduit : As for whatsoever shall he paid out, o f that tehich I gaoe to them , sans tenir jfc A A . (W W W compte de fwP\ khent qui a ici le sens de avant que comme dans le texte de Mten {supra , p. 61) et dans Siut, VI, p. 276 : les prtres doivent remettre & la statue du donateur une pice de viande aeant qu'il .. . ... , . . khent rdiUn-f n sen m oubit ten).

ne leur donue eux-mmes leur portion de viande pure

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ch ef su rveillan t des scribes de la double grande d e m e u r e ..., chef scribe des

h o m m e s , qui juge dans la salle dau d ien ce ( S ethe, I, p. 47, 8 -9 ) ; tel encore ce

m er sou ten zazenout(iou) nit ouza m ed neb = prpos aux assesseurs royaux de tout jugement (M astabas, p. 109). Aussi pouvons-nous nous tonner que la juridiction comptente soit dsigne ici dune faon aussi vague, tant donn surtout que, pour les cas prcdents, la corporation des prtres et les Notables sont nomms avec prcision. Si lon recherche les variantes de la formule, on trouve deux thmes voisins A et B ; je cite les exemples d'aprs Sethe : A. I, 30 : Q J_| | o r sa neb k h en n t-f ounn-ouza . _ >^ 3 7 q /vww mmm l/Nl U A m e d h e n - f = Tout homme qui fait violence, qu'il y ait jugement avec lui. J L jfl Vv (texte qui a servi combler la lacune du ntre) r sa neb r t - f khet r n en o u , r-n-() r mkh n neb-(), ounn-ouza m ed h e n -f m bou nit ouza m ed m = a Tout homme qui fait chose quelconque contre ceci que jai constitu en ma qualit de fal de mon seigneur, quil y ait jugement avec, lui dans le lieu o lon juge.

o u b ou -sen rt-sen khet dou r f m -k het nen zed-n-(), ounn-ouza m ed h en -sen m b ou ouza m ed m = Tous gens qui viendront ici avec leurs offrandes et qui feront chose mauvaise contre ceci aprs ces paroles que je dis, quil y ait jugement avec eux dans le lieu o lon juge. B. S ethe, 1 ,150 (cf. R ecu eil, XI, p. 84) : i <=> ^ reto< ^ ^ ) r*M erdou-(). ou r ouza m ed h e n -f n n eter a m bou ouza m dit m = Tous gens qui feront quelque chose contre mes enfants, le dieu grand les jugera dans le lieu o lon juge. ,, . < * L . , * . , : [ j O T J J k l I m J P ^ cj| , 37^ [r retou neb(ou)] tet-sen s m D isenk-ten, ou m [ouza m ed hen] sen h er [s] n n eter a neb p e t = Tous gens qui enlveront ceci cette Disenk, le dieu grand, seigneur du ciel, les jugera l-dessus (variante : u = r retou neb(ou) tet-sen hait ten m, ou r ouza hen sen n n eter a = Tous gens qui lui enlveront cette terre, le dieu grand les jugera ). I, p. 23 : (J / J w'= ] Jq - r t - f khet r nenou, n sep r-() khet r-f, n n eter ouza f = Celui qui fait quelque chose contre ceci, alors que je nai rien fait contre lui, cest dieu qui le jugera1.
1. A noter que la formule est prcde de ces imprcations : ^ (j ^ ^ XRJL hem r - f m mou, hefa r - f her ta Le crocodile contre lui (le coupabeTdans leau I le serpent contre lui sur terre! Ces imprcations nexcluent pas logiquement lintervention dune juridiction effective. Quon se rappelle les imprcations quon rencontre dans les actes de notre haut moyen-ge.

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Ainsi la formule du type A annonce le jugement dune autorit indtermine; la formule du type B dit que ce sera le dieu grand, matre du ciel, cest--dire Osiris, qui jugera. (Cf. J. C apart, Chambre fu n r a ir e d e la VI d yn a stie, p. 25.) Entre les deux formules, lune vague, lautre annonant lintervention dOsiris, il y a encore des diffrences de rdaction : la premire emploie : JL fl il 8 - n ou n n hfv I Io nd< ZZZ UU a v . ouza m ed h e n -f; la deuxime : (I => JL AB a H ] Adoit r ouza m e d h e n - f n n eter a. Or il existe un troisime type de formule, intermdiaire entre les deux premiers, qui utilise les mots et le sens de lune et de lautre. ounn-ouza m ed h en -sen h er s n n eter a neb ouza m ed m bou n it ouza m ed m = Les jugera sur ceci le dieu grand, matre du jugement dans le lieu o lon juge. .Ou plus simplement : I. P- 50 : ^ 1 ounn-ouza m ed henr-s(en) h e r s n n eter a = Quil y ait jugement avec eux sur cela, de la part du dieu grand (mme formule, I, p. 72, 73). De la comparaison de ces textes il me parait rsulter : 1 que la formule indter mine a la mme valeur que celle o il est question du dieu grand, juge du procs; 2 que la juridiction, dsigne vaguement ici, ailleurs avec prcision, est celle dOsiris, dieu des morts. Reste savoir si la juridiction dOsiris est effective. S exerce-t-elle sur terre on dans l'autre monde? Question doublement intressante. Si cest sur terre, il faut ad mettre que les prtres dOsiris possdent un droit de juridiction relativement la bonne observation des contrats funraires. Cette juridiction sexerce en prsence du dieu, de mme qu lpoque des dynasties sacerdotales les causes sont appeles devant le tri bunal dAmon. Si cest dans lautre monde, nous aurions ici une allusion un jugement des morts limit des dlits matriels contre la spulture. MM. Erman et Lefbure1 ont tabli que lide du jugement des morts existe ltat rudimentaire dans les textes des Pyramides. Il semble premire vue que, faute dautres textes, on ne puisse dcider sil sagit dune juridiction terrestre dOsiris ou de sa juridiction doutre-tombe. Mais on remarquera que les textes, cits par comparaison avec le ntre, visent tous des dlits matriels contre le dfunt, sa tombe ou ses prtres. videmment ces dlits comportaient une sanction en ce monde. Plus nettement encore notre texte fait allusion une juridiction terrestre : le jugement doit dfinir la valeur exacte des biens affects la fondation ; il est donc forcment antrieur la rpartition du revenu entre le dfunt et les honou-k a. Il nest donc pas impossible de conjecturer que les prtres dOsiris possdaient une juri diction : les procs relatifs aux questions funraires auraient t de leur comptence. c) Dans lexpression T T - l ^ m zedel zaouit, m zedei doit tre le verbe; zaouit peut tre interprt soit comme sujet, soit comme rgime direct. Dans le pre1. Erman, gypt. Zeitechrift, XXXI (1893), p. 75, et LgpBU RB, Sphinw, VIII, p. 33.

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tnier cas, on traduirait : a est. mesure la xaouit ensuite ces classes ; dans le deuxime cas : mesurent la xaouit ensuite ces classes ; le sens ne change pas, car, s i la corporation mesure la xaouit, cest videmment & son profit, daprs la phrase suivante, A xaouit ne peut avoir ici, me semble-t-il, que le sens reste quil a dans les JL-E * * * " i o i a textes mathmatiques sous la forme 0 , , , ou Q (G riffith , P op . o f K ahun, VIII, 51, et P ro ceed in g s S .B .A ,, XVI, p. 206; B rugsch , W rtb., S uppl., p. 906, 1394). - L e reste est videmment ce qui subsiste aprs dduction des revenus alins avant la fondation funraire. Le mot m -k het ensuite, aprs indique que la rpartition en 1 0 parts, dont h pour les prtres et 35 pour les offrandes funraires, n se fait quune fois le procs vid. d ) pj r m et est lexpression technique pour dsigner la fraction du dixime ^ , une dm e. Le passage donne la mention la plus ancienne connue de lusage dune d m e; les textes qui mentionnent la dlme schelonnent ensuite de trs grandes distances) jusqu lpoque ptolmaique : S tle d e N ectanbo II, publie par Maspero, Comptes r en d u s d e lA cadm ie d es In scrip tion s, 1899, p. 794, et S tle d e S ehel, ap. de M o rgan , C atalogue, I, p. 8 2 ,1. 26. Lusage de la dlme aurait-il t abandonn dans les sicles qui sparent lAncien Empire de la priode ptolmaique? Cest peu probable, mais nous sommes dans lincertitude cet gard. -< E > - fv s fv Les mots qui suivent : fait, constitu, ceci po ur (cf. 'o r-n -( ) n enou n, S ethe , I, p. 33,1.8), me semblent sappliquer aux honou-k a avec le sens (dlme) constitue pour les honou-k a . Ceci semblera certain, tant donne la fin de la phrase : le reste pour me faire offrande . Les mots en lacune sappliquent donc A la part du revenu abandonne par le dfunt aux honou -k a; je proposerai comme res titution : r nenou n [honou-ka pen s e t ; mxedet] xaouit r per-k hroou n ( ) m = constitu ceci pour [ces honou-ka perptuels ; mesur] le reste pour me faire offrande l VIII
L & OJ 1 Q V ltl Q /W W VS T AWW I/ 0 9 J G* r- **

[r nouitou ] nit s e t rd it n ( ) n sou ten r mkh, en t(i) khou n ( ) p er-k h roou k heft r ek h it... xet p er-k hroou n ( ) m m s s e t en t(i) m N eter-ger m K h fr [ o u r ... hait, retou], khet neb rt-n -( ) n sen. [Pour les domaines] perptuels (a) que ma donns le roi en ma qualit de fal, ce qui est privilgi (b ) pour moi comme offrande, conformment un tat (c) [de toute
1. Sethe donne Q n; le & nexiste pas sur l'original. Cf.
S eth e ,

I, p. 21,1. 5.

REU M L , XXIX. MOUT. 8 R ., X III.

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chose que jai constitue ces honou-k a J perptuels, est pour me faire offrande ici dans le tombeau perptuel qui est dans la ncropole de Khff-or, (provenant?) de la terre, des gens, de toute chose que je leur ai constitus (d). a ) M. Maspero a nettement tabli que le sens de nouit est domaine fun raire et non ville (cf. su pra, p. 68). Le roi donnne ses faux le tombeau et les terres; qui se subdivisent en dom aines (nouttou). b) Le mot * * o khou (dtermin p a r _oqui, das lfes textes postrieurs, de vient t et ao) apparat avec la mme orthographe dans S eThe, 1 ,21,1. 5; 131,1.7. Je me propose de prciser dans un prochain article le sens dii mot k h ou ; mon avis, il exprime lide de privilge. Le dfunt spcifie ici que c'est par privilge quil se rserve une part de revenu. c ) a rekhit, litt. : connaissement , liste de biens et de choses (Griffith , P a p . K ahun, text, p. 18). Suit une lacune de six groupes termine par . Je pense que la formule V& honou-k a zet apparaissait ici, puisque l'article se termine par P r tc i l _ AWM n-() n sert; sert eux doit se rapporter un mot honou-ka qu'il faut suppler dans une lacune. Je proposerai la restitution 9~% rek hit [khet neb rt-n-() n honou-k a peri] zet tat [detoute chose que~jpai constitue ces honou-ka] perptuels . En effet, larticle VII a prescrit une rpartition; ltat des biens dont les revenus seront rservs au dfunt (jg) ne peut tre dress quaprs, et non au moment de la fondation. Notre article a pour ,but dordonner la rdaction de cet tat. Cette hypothse permet aussi dattribuer un sens larticle suivant. d ) La restitution de Setheest plausible, mais un mot manque qui relie rmun ration au contexte; peut-tre faut-il ajouter m savoir ou p e r m pro venant de . IX

r nouitou nit zet ent(i) oubout oubit h er [se]. . . Pour ces domaines perptuels, ce qui est consacr chose sacerdotale (a) sur eux. . . a ) La phrase / a l J|_ ent(i) oubout oubit soppose ^ en ti khou n () de ^article prcdent. Oubout me semble le verbe; ouSbtt lesuje avec les sens respectifs, peu exprimables en franais, de consacrer au prtre et chose consacre au prtre. La phrase donnerait alors : ce qui est consacr aux prtres comme choses sacerdotales sur ces domaines . Il semble que larticle IX visait la rdaction dun tat dfinissant la part des domaines dont le revenu serait affect aux honou-k a , de mme que larticle VIII dfinissait la part des biens dont le revenu ser virait aux offrandes, d'aprs ltat mentionn plus haut.

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J 1

L'acte de fondation se rsume e les articles suivants :

A rticle I. Trs mutil, contenait videmment une clause positive . la donation aux h o n o u -k a , suivie de lindication des charges (offrandes funraires) lut donnant le carac tre de fondation. Clause ngative : dfense est faite aux hono-k a de dtourner les biens de lusage auquel.ils sont destins, le service des offrandes funraires. A rticle II. Dfense de vendre les biens ou den disposer par m it-per, si e. pest en faveur des enfants hritiers de la fonction de hon-ka perptuel. En somme, clauses : 1 d'inalinabilit des biens affects la fondation; 2 dhrdit du sacerdoce funraire dont ces biens constituent la dotation. A rticle III. Pnalit contre le hon-ka qui ne sacquitte pas des offrandes fun raires : confiscation du bnfice particulier du hon-ka en faute. A rticle IV. Sanction des actions tmraires contre un autre hon-ka : tout h on -k a qui se montre calomniateur ou chicanier perd son bnfice, qui passe soit la corporation, soit & lautre hon-ka. Interdiction de porter laffaire devant les Notables. A rticle V. Un hon-ka ne peut comparatre devant les Notables qu'en une autre qualit, cest--dire seulement pour des procs trangers son bnfice. Son bnfice ne rpondra pas des causes pour lesquelles on pourra lappeler devant les Notables. Notification en sera faite par crit aux Notables. A rticle VI. Indication ou rappel que le bien ..affect la fondation provient de donation royale. A rticle VII. Sauvegarde des droits antrieurement concds des tiers sur les biens employs la fondation; ces droits seront dfinis par jugement dun tribunal qui parait tre celui des prtres dOsiris. Ce qui restera des revenus sera ensuite par tag entre les honou-k a et le fondateur dans la proportion de ^ aux honou-k a et de $ en offrandes funraires au fondateur. A rticle VIII. En consquence, rdaction dun connaissement , cest--dire dun tat, pour spcifier la part rserve aux offrandes funraires dues au fondateur. A rticle. IX. Rdaction .dun autre tat dfinissant ce qui est rserv aux prtres.

III. Acte de fondation de Senounkh, prtt des rois Ousirk&f et Shourl


(V* dynastie, environ 3500 av. J.-C.)

Texte publi par M ariette , M astabas, p. 318, et


I

S ethe,

U rkunden, I, p. 36.

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ou honou-k a zet p eu hen m e s o u s e n hen g e r m esou nou m esou -sen m es-to u sen sert z e t .. . . . Ces honou-k a perptuels avec leurs enfants et certes les enfants de leurs enfants quils enfanteront jamais (a) sont a ) Ce dbut affirme la transmission perptuelle de la donation faite aux honou-k a leurs enfants, pour assurer un caractre perptuel &la fondation funraire (cf. su p ra , p. 80). Dans la lacune il y avait probablement : [sont pour me faire offrande ici dans la ncropole] . Cest une clause positive avant la clause ngative qui suit. II
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lt 7 ^ P [,L l (M IC k(tA ']


N rdi-n-{) sk hem -se[n m rdt\t r sou m m it-p er n retou n eb(ou ); g e r d id isen n m esou -sen nou p esh ese\ t-f hen honou-k a m en m honou-k a ]. Je nai pas donn quils aient pouvoir de donner (ces biens) en change ou par m it-p er quiconque; certes, quils donnent & leurs enfants ce que [tel des h onou -k a ] partage [avec les honou-ka] (a). a ) Sur cette clause, cf. p. 80-81. III

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r hon-ka neb m b n -tou -f, te t-to u -f n kit ounouit, sh e khet neb di-n-() n f n honou-k a en tou m s a - f; n r d i-n -( ) ........ (Pour) tout hon-ka dici qui serait mis mal, qui serait emmen un autre service (a), toute chose que je lui ai donne passe (6) aux honou-k a qui sont de sa classe; je nai pas donn (c) ...........
n u .n s n t .i t n ia iita n tfti 1a ne m i il A ons a h n m m A d \ 5 ^ a ) Le mot: ounouit T heure A a ici le SA sens quil ad dans llhomme D A , -C T M/ W W W -W fc. m o u n o u it-f en son heure (de service) . Etre emmene vers une autre heure, c'est tre astreint un autre service rgulier (cf. S e t h e , I, p. 87 : .. M m ounouit gerh eb en service d'officiant). L'emploi des verbes J ^ * o n et^^F 1 tet au passif, #y / W W W marqu par tou , indique que l'action est subie. Le cas prvu est donc une dfection force et accidentelle, et non point intentionnelle.

1. Setbe restitue les mmes termes, sauf (I qui me semble ncessaire au sens (of. p. 80). Si la lacune 1 www t n .la fin. est trop petite pour la phrase entire, je prfre supprimer

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Les biens passent L # J sAe (litt. : marchent) & la corporation. (Sur les expressions des poques plus rcentes pour indiquer la transmission des biens, cf. Revillout , La p ro p rit en d roit gyp tien , p. 447.) Le grand texte, expliqu plus haut prescrit aussi la remise des biens la corporation pour dautres cas. P i n rdtr c ) Je proposerais cette restitution : ru. <^> \ W A A J n~() [skhem retou neb(ou) m tet sen\ = je nai pas donn [quaient pouvoir aucunes gens de les (les honou-ka) emmener (vers un autre service)] . Cf., en ce sens, le texte dit et complt par Sethe, I, p. 30,1. 8-9, et le dcret dAbydos tudi par Maspero, R ecu eil d e T ravaux, XXVI, p. 237. IV

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r hon-k a neb m se[n] shent-\ f\ khet r sen o u -f, n ehem khet neb d it-n-() n f ; ger d id it n hon-k a s h e n - f khet r f . (Pour) tout hon-ka dentre eux qui portera plainte contre son confrre, que toute chose (lui) soit enleve, que je lui ai donne; certes, quelle soit donne au hon-ka contre qui il a port plainte (a). a ) Voir p. 82-84, pour la justification de cette traduction, et les dtails de la pro cdure suivie. V

A
N rd i-n -( ) sk h em ........ Je nai pas donn qu'ait pouvoir

Le dbut de cet article si mutil correspond au dbut dune clause comprise dans l article I de lacte prcdent : la clause qui dfend de dtourner les biens de lusage auquel ils sont affects (lign es vertica les, 1 . 2 ; su pra, p. 76-77). L'article V de notre acte tait probablement form de la mme clause.

Lacte de fondation de Senou&nkh prsente donc les articles suivants : A rticle /. Contenait vraisemblablement la clause positive de donation et lindioation de la charge de culte funraire; nonait lhrdit de la fonction de hon-ka. Les clauses de cet article correspondaient celle de larticle I de lacte de la IV* dynastie, moins la dfense expresse de dtourner les biens de lusage auquel le fondateur les affecte.

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DONATIONS ET FONDATIONS

A rticle II. Clause dinanabilit et rappel de lhrdit du sacerdoce funraire. Cet article correspond exactement, quoique avec plus de concision, l'article II de lacte, prcdent. A rticle III. Clause de reprise du bnfice de tout hon-ka qui cesserait ses foncr tions, mme involontairement. Cet article prvoit une hypothse assez diffrente de celle vise par larticle II de lacte qui prcde ; mais les solutions identiques ne sont que l'application dun mme principe : le bnfice du hon-ka est attach sa fonction; il le perd en cessant dtre prtre du dfunt ou de remplir ses devoirs. A rticle IV. Comme larticle IV de lacte prcdent, cet article suppose une action injustifie dun hon-k a contre lun de ses confrres; il dict la mme sanction : con fiscation du bnfice du prtre chicanier. Lattribution de ce bnfice au dfendeur est peut-tre spciale la fondation de Senounkh. Les questions de procdure et de comptence ne sont pas rgles comme dans lacte de la IVs dynastie. A rticle V. Correspondait sans doute aux lignes verticales de larticle I de lacte prcdent, contenant la dfense de dtourner ls biens d l'usage prescrit par le fon dateur. Pour se faire une ide moins incomplte du formulaire des actes de fondation sous la Ve dynastie, il faudrait tre en mesure de rpondre cette question : lacte de fon dation de Senounkh contenait-il dautres articles aujourdhui en lacunes? Une r ponse est impossible : cette inscription ne nous est connue que par une copie de Mariette. * * * Nos deux actes de fondation suffisent montrer quen cette matire, lgypte archaque avait une conception aussi peu avance que le droit franais actuel. LAncien Empire ne connat pas la vritable fondation, cest--dire une masse de biens affects un service dtermin, ayant par elle-mme la personnalit juridique, sans quun groupement humain en soit rput propritaire. Les lgislations auxquelles cette institution spciale est trangre noffrent sa place quun expdient : la fondation sy prsente comme une donation avec charges (donation sub m odo); le fondateur donne les biens, qui constitueront le capital de la fondation, une association de personnes qui en auront la proprit collective; cette association devra acquitter les charges qui grvent la donation. Cest ainsi quapparait la fondation dans lAncien Empire gyptien, daprs nos deux inscriptions : le fondateur fait une donation avec charges une cor poration de prtres. Cette corporation parait jouir dune personnalit fictive ( per sonnalit civile, morale ou juridique), dont la notion, cette poque, est rendue assez vraisemblable par lexistence de temples ayant un patrimoine (cf. su pra , p. 74). Les charges de la donation consistent dans le culte funraire rendre au fondateur. La perptuit de la fondation est assure par la perptuit du collge sacerdotal; lhrdit
1. Telles ont t les unioersitates rerum du Bas-Empire romain (cf. P. F. G i r a r d , Manuel lmentaire de droit romain , 4* d it., 1906, p. 234); telle est aussi la fondation allemande (Stiftung ).

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

d u sacerdoce funraire entrane la jouissance hrditaire des biens qui en sont la dota tio n . Linalinabilit de ces biens, limpossibilit den changer lusage et la rvocabilit d u bnfice de chaque hon-k a pour inaccomplissement de ses fonctions sont des con squences naturelles du caractre de la fondation. Tout cela sexprime dans des clauses principales dont le formulaire ne semble pas avoir beaucoup vari de la IVs la V a dynastie; on relve seulement dans lacte de Senounkh une tendance vers un ordre plus logique des articles et vers plus de concision1. A ces clauses essentielles pouvaient sajouter des dispositions accessoires : leur but tait dassurer le bon fonction nement de l fondation et de prciser les droits respectifs du dfunt et de ses prtres s u r les revenus. Peut-tre ces dernires clauses variaient-elles davantage au gr des fondateurs.

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE


PAR

G.

M a sp e ro

XXXIV. La voca lisa tion m ultiple d es infinitifs gyp tien s. Les quatre formes que Stem a dmles si heureusement' se retrouvent-elles dans lgyptien ancien et peut-on en distinguer le systme vocalique? Observons d'abord quelles se rencontrent dans tous les dialectes du copte. Le fait est ais constater pour le memphitique et pour le thbain dans les tableaux que Stem en a dresss' : sil est moins vident pour les autres dialectes, cela tient uniquement la raret des textes publis jusqu prsent, mais il nen est pas moins certain. Cette unanimit nous prouve que le procd existait dj dans* la xotv/, et que nous devons le reporter lpoque ramesside4. J ai abord nagure certaines parties de la question, notamment aux para graphes VIII* et XVIII', et bien que j aie corriger certains dtails, mes tudes mont encourag considrer la plupart des points traits alors comme suffisamment tablis pour quil ne me soit pas ncessaire de les reprendre tout au long. Je dirai seulement quau lieu de grouper les formes coptes en huit classes, comme Stem la fait, je prfrerais les rpartir en deux catgories, selon quelles ont le qualitatif en H-e ou bien en o-u> :
P
r e m i r e c a t g o r ie

: Q u a l it a t if s

en c - h

I. tiiiX
IV . ^i : * t
V .' : *o

AcA- * Aa'i- s * i ac - s * e -

toA#
s'it* : i t
a'o* : m

tA
( 'hot : x k t
8'hott :

1. Les dispositions relatives la proprit des biens funraires y prcdent les articles qui devaient se rap porter leur usage. 2. S t b r n , Koptische Grammatik, p. 152 sqq. 3. S t b r n , Koptische Grammatik, 357-367, p. 181-205. 4. Je le crois antrieur cette poque; pour procder mthodiquement, je nessaierai pas de la dpasser. 5. Recueil de Traeauw, 1897, t. XIX, p. 157 sqq. 6. Recueil de Traeaute, 1901, t. XXIII, p. 172 sqq.

96

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

D e u x i m e

c a t g o r ie

: Q u a l it a t if s

en o- w

II. III. V I.

cu>q : e'ici :

cHoq

ccq-

coq * : com ceActnA. : cActoA

coq : cooq e 'o a ix o c c com CO &K ceActoA : cVctoA.

ic c e c - : D :

V II. V III. :

De plus, j carterai de la discussion les infinitifs &terminaison soi-disant fminine en a I t , e t , - i et - e du copte, et ceux des factitifs en t - qui peuvent rentrer dans une catgorie part; je mattaquerai uniquement aux infinitifs soi-disant masculins. Enfin, les quatre formes de Stern nont pas la mme importance pour la recherche des vocalisations antiques. Les deux intermdiaires, celles qui proviennent de ltat con struit et de ladjonction des pronoms suffixes, sont secondaires par rapport & celles de ltat absolu et du qualitatif; la nature et la quantit de leur voyelle tonique sont dtermines par la place quelles occupent dans le complexe de la phrase, et elles rsultent des circonstances extrieures et non pas dune volution qui se serait produite dans le sens de la racine. Les deux seules formes fondamentales sont labsolue et la qualitative, et cest sur elles que mon effort portera par-dessus tout1. La qualitative elle-mme est certainement secondaire par rapport labsolue, et elle en dcoule par modification de la voyelle tonique. Cette modification ne sopre pas de faon arbitraire, mais elle est soumise aux lois constantes de la phontique gyptienne quelles que soient ces lois, si bien que nous pourrions, les connaissant, induire de la vocalisation du qualificatif celle de labsolu telle quelle tait & lorigine. Or, il ma paru, et jai tent de le dmontrer en plusieurs fois, que les du copte et beaucoup de ses proviennent dun a de lgyptien, soit directement, soit Indirecte ment par diphtongaison de a + i , puis par rsolution de la diphtongue a 1 sur et sur e * . Appliquant cette observation gnrale au cas particulier qui nous occupe, je dirai que tous les qualitatifs en - du copte supposent dans lgyptien des formes absolues en a , quand mme le copte nous fournirait dautres voyelles pour celles-ci, des or, des o, ou des . Un petit nombre de verbes ont conserv dans le copte labsolu un a suivi dun i ou lun des rsultats de la rencontre de avec li, e, ei, i : je les ai analyss par ailleurs et je me borne rsumer ici ce que jai dit deux*. Ce sont sous la rubrique aI, q*A M. qei, qi T. f e r r e , * M. cg*i* T. s c r ib e r e ; puis, sous la rubrique e-e, M. ore T. abesse, p ro cu l esse, g M. e T. ca d er e; enfin, sous la rubrique ei-i, ci M. ce, ci T. sa tu r esse, g i T. M . m eliri, M. tu T. ca p ere, ra p ere, ci T. M. i M. ire. Le qualitatif en de ces verbes est videmment le rsultat de la diphtongaison de
1. On trouvera une tude sur la vocalisation des qualitatifs dans S b t i i b , Dos Verbum, L II, 64-103, p. 28-42. M. Setbe procde de l'gyptien smitique tel qu'il le conoit au copte, et il explique les (ormes coptes par les (ormes gyptiennes qu'il a rtablies : c'est le procd inverse de celui que japplique dans ces tudes, et il a conduit naturellement M. Setbe des rsultats tout diffrents des miens. 2. Recueil de Tracau , 1897, t. XIX, p. 157-169. 3. Recueil de Traoau , 1901, t. XXIII, p. 172-177.

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

97

+ i , quand mme ils n'auraient, pas tous conserv vivan te en copte la form e en a i p ri

m itiv e , telle quelle existe en hiroglyphes dans la xotv^ ram esside :

M. M. T.

qei

T. ))

q i

[ = F El]

T.

q T

[ = FIOU]

T.
SKHAIO]

P M E -P I^ T O
c jS h o tt

M. c h t [ =

T.

o tc i

M.

o v e [= O U A l]

T.

othot M . otht [ = HT ci
[ = SEl] [ = HAlOu]

OUAIOU] T .

[hjU1

ei M. C C I T. ci T. M.

e [ HAl]

T.

T. T.

T. M. chot M. ckt ti

[ = SAIOU]

i [ = El]

T. M.

tjo ij,

[ = AIOU] '

Ces exemples sont rares malheureusement; la plupart des verbes ont subi lobscurcisse ment d A en o qui a t si frquent au passage de lgyptien vers le copte et dont j ai essay de relever les exemples, avant de me hasarder & en dterminer ls lois. J ai donc montr successivement que' plusieurs catgories de ces verbes forme absolue en o-u> remontaient des verbes gyptiens forme absolue en a*, celle qui renferme les facti tifs en - et la srie A - A , & > A - & A de Stern . Il se peut que plusieurs des verbes compris dans cette srie, purr T. M. par exemple, aient eu lorigine une vocalisation en ou la tonique et que la vocalisation en K - e du qualitatif y ait t entrane par l analogie avec les qualitatifs drivs des formes vocalisation en a , car nous navons pas encore le moyen de prciser la voyelle qui sonnait dans tous les verbes de l&ge ramesside : il me parait pourtant que la vocalisation en a y prdominait, car autrement on ne sexpliquerait pas phontiquement la prdominance que la vocalisation en h a prise au factitif. On aurait donc pour le dveloppement de ceux de ces verbes dont loriginal gyptien nous est'connu :
t o cuk h k u h

* QBOU QASOU

r) T. M.

kh& T. M.

d ou b ler. en sevelir. b tir . ou vrir.

r)c M. rcoujc T. khc T. M . huit T. M. O T C O R jP. A. R K T T. M. othi T. M .

1 T [ M iDOu
OUANOU

1. Recueil de Traoau , t. XXV, p. SU t. Recueil de Traoau , 1897, t. XIX, p. 165-169; t. XXIII, p. 177-193. 3. S t e r n , Koptische Grammatik , p. 182-183.
RECUEIL, X XIX. NOUY. 8 R ., X III. 13

98

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

^ RO U D O U ,R O U D O U plT f . 3/. C-^3 W -1 T U )R F. U)R ili. | j I J tAkA D M O U T ^ C j 0* i A P D O U e^ r? a T C O JU t T. T lO ' f. T M LJl/. nU )T T. $(*T M. Rum r . | J PO U ian T. M. O Jh > 11 T. M '. igox| 7\ Af. r . il/t (on 7 . M. u>A M.

Prt 7 . Af. T H Rf . < 4 M tRil/. TH M T. tH T. th il/. nT r . $HT M.

fleurir-, p r o s p r e r , a llu m er s* a ig u iser. pla n ter. co u r ir . ca ch er . com pter. p ren d re. d tru ire. voler. ca ch er. en velop per.

il/. Rim T. d^iot M. Hn T. M. tg T. M. cgH q Ts M. hA Ts M. im T. M. hA M.

aSE t Dn SH PO U . [ " r ] " * Bs1 t ?AL0U f k u ] sA?O ^ Z RO U

iV T

OTq T. >q M. xHq M. . . brler. ziFI Ils appartiennent tous la premire classe, deuxime section de Stem 1, mais les autres sections de la mme classe en renferment encore un certain nombre :

psh o

ntoiy T. $u>ig M. nHjg T. < $H ig M. ciotg T. tg(oog M. nco^ T. $< > M . C* T. JU L O T tt T. JU L O T p T. M .

p a rta ger.

siKH0U
PAKHOU SKHAOU . MNOU MAROU *= > ^ MHOU

C H tg T. ugnaj M. fr a p p e r . n T. $ M. C H T. UHIl T. JU L K p T. M. d iv iser. crire* ., d u rer. lier*.

julot^ T. jmo M. jute^ T. M. julh T. rem p lir. ^ o u o u <mo* T. oto M. otc^ M. oth^ T.a jou ter, p o s e r .

_SS>
A

PAHOII

no>j T.
pocic

M.
pu>ic M.

n2 T.
pMc

M.

a r r iv e r *. veiller*.

RSOU

T.

T. M.

1. 2. 3. 4. 5.

S ter n , S t er n , S te r n , S ter n ,

S r K RN, Koptische Grammatik , p. 182-183. Koptische Grammatik , p. 184-185. Koptische Grammatik , p. 185. Koptische Grammatik , p. 185. Koptische Grammatik , p. 185.

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

99

P a rta n t du mm e .principe> il est facile de restitu er la vocalisation de plusieurs verb es d o n t la form e absolue a disparu en copte :

jj ^

, ajj
k A moui

q b o u [r&., k T .]

iikA.

T. T.

tre fr a is . tr e noir. a voir chaud. tr e m o u 1.

. . .s

kmju.

k h m o u

m t r . iiiu tM .

gnou

rfH K T. own M.

L a form e absolue sim ple de ces mots a ya n t disparu en copte, son emploi y est tenu par la fo rm e absolue avec seconde radicale redouble d e Q
moumou ,
ju lo m .

A/. de

q b CTJbou ,

r j u o u 7 . ,

T. &*xo*xM. de

khmoumou ,

a 'n o

T.

de J L / V W V W

G N N O U .

Je n'ai fait en tre r dans ces listes que les verbes dont l'original s'est rencontr dans le s textes hiroglyphiques, mais les autres mots des listes de S te m qui nont pas encore c e t original sont Certainem ent soumis la mme loi et rem onteraient galem ent des form es absolues en a ,
& u > r-& h r

aller

un b k o u ,

c w r -c h k

tirer

un s k o u , ap-cnp

tendre

un s r o u , et ainsi de suite : je n'insiste donc pas. Il me parait en effet acquis

a u dbat : 1 que l existence de deux form es vocaliques diffrentes, l'une pour labsolu, l autre pour le q u alitatif, rem onte & la xom{ ; 2 que celle des deux form es qui rpond la form e absolue a vait'u n a la tonique au lieu de la qui s'y rencontre en copte. U ne n o u velle question se pose une fois que nous sommes parvenus ce point : J'obscurcis sem ent de a tonique o u - sest-il produit dans le copte ou bien e st-il an trieu r la con stitution de cette lan g u e? Ici encore, le tm oignage du copte lui-mme sufft & la tran ch er. S i l on tudie les listes de S te m et le vocabulaire, on constate aism ent que le s tro is dialectes prsentent dj lo u - presque partout o l ancienne langue a vait , s i bien que la m m oire des form es en a tonique serait perdue peu prs com pltem ent si les q u alitatifs en h ne lavaient pas conserve. R eprenant donc les tables que j ai dresses plus haut, il fau d rait placer les vocalisations en au moins la fin de la xotvij :

Q ^B0U

Q BOU-Rio

r h

Q SO U Q SO U -RW C R R C
e t ainsi de suite. Le phnomne de l obscurcissem ent se serait donc p roduit parallle m ent dans les verbes et dans les noms : si en effet on se reporte au paragraphe X III de ces tudes, on y ve rra que la transcription A mnou du nom crip tion T andamn de (j ^

(| '~~i J j

A + m + n dans les

tab lettes d E l-A m arna au XIV sicle se retrou ve encore au V I lF sicle dans la trans^ T + n + w a + t + a + m + n , mais qu'elle est rem place p a r une transcription A mounou = Ahhov, Aujjuv dans O unamounou =

___________________________________

/ W W W I / W W W cil

1. S t e r n , Koptieche Grammatik, p. 185-186. S. Recueil de Traoau, t. XXII, p.,218-220, et t. XXIV, p. 147.

100

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

On a le mme flottement dans les transcriptions du nom h m a s o , qui esl "AyM oti aux VIa et Va sicles, puis "auih dans Mantbon, c qui donn pour des' noms tels que jj 1, j(|fiP. des transcriptions R m a [ ] s o u , P h t a h m a [ ] s o u , qui seraient de venues par la suTte R a m s is , P h t a h m s s . La question est, on le voit, affaire de dates : au XIVa sicle, cest--dire, dans la premire moiti de la seconde poque thbaine, l existe la tonique; au VIIa sicle, cest--dire dans la premire moiti de lpoque sate, lu- le remplace ou tend le remplacer. Sans chercher trop prciser, ce que les documents existants ne nous permettraient pas de faire, on peut dire dune manire gnrale que lobscurcissement dA long, plus rarement bref, en long ou bref sest opr dans la xoivV , mme : au dbut, Ia prdomine la tonique, mais la fin il sest effac devant o-. Si le changement d en T- sest fait dans la xoivij, en a-t-il t de mme du phnomne qui a ddoubl la vocalisation de la racine verbale pour en tirer, ct de l'absolu, un qualitatif? Ici nous ne possdons aucun tmoignage direct, mais si lon sen 6 e lanalogie, il est probable, et je le crois, que la diphtongaison en ! qui a conduit l tonique de l'absolu I-h du qualitatif sest produite, elle aussi, dans la xotvri mme, et cela une poque o lobscurcissement de l en o- tait encore in connu au moins chez les verbes qui ont pris ce qualitatif en h. La srie des phno mnes relatifs la vocalisation de ces verbes se serait donc produite comme il suit. Au dbut de la seconde priode thbaine et comme aboutissement dun tat de choses antrieur que nous navons pas encore les moyens de dfinir nettement, la syllabe tonique avait pour voyelle un A long. Cette premire forme en A stait ddouble pour permettre aux gyptiens de distinguer la nuance dtat de la nuance daction, et tandis que le type en A demeurait attach la nuance d'action, J j .^ ^ qAbou, d ou b ler , p lier, un type en long dduit de celui-ci, soit par modification directe de A en , soit par diphtongaison en i de A et par rsolution en - de la diphtongue, servait d signer la nuance dtat, Jj qbou, tr e double, tr e p li. L'opration devait tre acheve, au plus tard vers la fin de lpoque thbaine, dans le moment o lA long des formes absolues fut attaqu son tour et sobscurcit en , si bien que la xomj se trouva, vers la fin, possder dj les formes du copte qb-ko>& et qb-rhA. On peut discuter la manire dont j ai rtabli les diffrents moments de lopration; on acceptera du moins le principe gnral et lon admettra que les deux formes fondamentales du thme verbal, labsolue et la qualitative, existaient dans la xotvij avec une vocalisation diffrente qui tait [A+i]i-H pour la qualitative. La transcription M a n a k h b iy a du prnom, M a n a k h p i r y a o le <=> de ^ k h a p i r est tomb ainsi que le nom du soleil r y a , semble indiquer que la forme construite ne diffrait pas de la forme absolue pendant les premiers temps de la priode thbaine, sauf peut-tre en ce qui concerne la lon gueur de la voyelle : la perte de laccent tonique avait pu abrger m A nou en m a n - . Il est certain, en effet, que presque partout dans le copte les deux formes secondaires ne sont pour la vocalisation qu'un allgement des formes principales, r 1 - et iu- de rh-., R ot* de Ktu, n euj- et $ e ig de nHig, <$hoj et nouj, $ o tg * , de n u g de [p A s h o u ]. La rgularit avec laquelle ces former se manifestent dans le copte est une preuve

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE

101

q u elles stalent dveloppes dj dans la xoivr1 ,, trs probablement avec des vocalisa tions correspondantes celles que le copte leur attribue. * Je nai parl jusquil prsent que'des verbes qui possdent le qualitatif en h : il faut aborder maintenant ceux qui offrent un qualitatif en o-u>, cartant pour le moment ceux qui sont linfinitif soi-disant fminin. Stern en a mis quelques-uns dans sa seconde classe, mais ils appartiennent pour la plupart sa sixime, sa septime et sa huitime classe. On remarquera de prime abord quils se rattachent tous des racines trilitreS, ou des racines de quatre lettres ou plus qui rsultent de la rdupli cation de certaines racines bilitres. Comme la liste en serait longue, je me bornerai en citer quelques-unes parmi celles de la sixime classe, dont nous connaissons le pro totype gyptien : . i=a
S+K+F o u + t+ b + o u

cfaM oq T. cu>q M.
otujtA

cooq

T.

coq

M.

sou iller. M. p a sser ou tre.


p ercer, fa ir e b rch e.

T.

otujtcA

M . otot& T.

o to tc A

t,

J\ OU+D+N+OU

OTfavrcit

M. M

OVOTCR M.
ovogc

OU+S+KH+OU p R+K+H +O U

OT>gc T. piOK T.
C(OR T.

T. M.
p ^

tre la r g e . T. b r ler. lie r . crer. assem bler. Choisir.

M M.

pOR cor

M.

A/VWNA AA/WAA

U-fl

S+ N + 9+ O U

T. M M '.

s+N+T

CiORT T . M . C(OOV T. C C O T n T.

CO RT T. coov

(15 W P ^ I

i s + +ou
s+ t + p

T. M.

M.

COTn T.

r 8 . K H +T + M

L-Jl

ujto T JU t. T. ajioTCjmM. igoT JU t T. tgoTejut M. fe r m e r .


gioAc

* 1 u-fl
C! ^ /W W W

fl+ B + S H +R+P+OU
p

T. M.
.

oAc Opn

T. M. T. M.

co u v rir, vtir.
p lo n g er da n s V ea u .

mmm

lO pn T. M
(dtr >n

y ^

9+

T. M. M.
uirt^

2pm T. M. T. B .
oiu

unir. T. vivre. tarder. habiter. tre en co lre.

r\ / W W W

0+ N + K H K+ S + Q G+R+C

M.

or

(O CR T.

M.
flo p s.

OCR T.

M.

d'iopd'

T.

M.

ocops.

M. T.

/W W W

Q+N+D

('iORT T. B . E SC O R TM. d'ORT

Les verbes de la septime et de la huitime classe forment leurs qualitatifs par un dplacement de l'accent tonique sur lequel j'aurai revenir plus tard : je les nglige donc pour le moment.

102

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE La vocalisation en w-o de la syllab e tonique du verb e tonique du verb e cop te peut

tre due soit une vocalisation en ou de la m m e syllab e dans lancien gyptien, so it un obscurcissem ent de la vocalisation p rim itive en e t pour l une au moins des racines les- plus im portantes la preuve d une vocalisation en
htp - A m an tpou , a a,

de mme que dans la

catgorie que j a i tudie prcdem m ent. L e second cas d evait tre trs frqu en t, + t + p , nous avons dans les prem iers tem ps .de la xoivif : le s tablettes A mankhatb , c e st- -d ire A man qtp - qtpou

d E l-A m arn a tran scriven t en effet le nom /j

AL
_

ce qui nous rend la prononciation


Q A/WVAA

du verb e
a

a U

r + t + p '.

De mm e, la racine _
J ^ U

I @

b+ n + kh

parait bien a vo ir eu un

comm e
%

voyelle de , et la variante cn'x

* semble indiquer galement un a pour la

tonique. J pense, d aprs ces prcdents quon peut supposer des vocalisations OUTBOU[], RKBHOU[], SANUOU[], SAOUHOU[], STPO[], KHTMO[], QNDO[],

pur

u-

ia tta q u e des mots la seconde poque thbaine], |x j I / et d autres de la mme srie.'KTy au rait donc eu deux m om ents dans la form ation des q ualitatifs en o. A u dbut et tandis que les racines en d velop paient des qualitatifs en , les racines en

Z$-6 auraient

dvelopp des qu alitatifs en 6

qui se seraient distingus de labsolu p ar la quantit de la vo yelle : ils au raien t adm is b re f qui se substituait l long de la tonique dans les phrases o le thm e verb a l p ren ait les suffixes pronom inaux. P lu s tard , quand les racines en a su biren t lobscur cissem ent en , un certain nom bre d entre elles dvelopprent le q u alitatif en de le u r vocalisation nouvelle, m ais quelques-unes g ard rent au q u alitatif de la form e p rim itive :

Awc T. M. njbxoT T. ajuiT M.

A*c T. M. T.

b royer, b riser M. p rier, a ooir besoin d e .. . cou p er, retra n ch er oin d re a p p roch er

AfA

^ *sh d ou .

tgwtoT 7. AI. uji.T M. -u>gc T. toge M. -.gc M. AI. g*.nr AI.

s^ D O lJ

pugr T. . ^ T. *. M. ren b erser

k h n t i-

et ainsi de su ite '. Dans un trs petit nom bre de cas, la form e en a plus ancienne fa it doublet avec la form e en plus rcente, comme dans

pung o

le dialecte th -

bain donne p*Hg ct de p o ag 4. Ces faits concordent de m anire satisfaisante avec ceux que l'tude des verbes q u alitatif en nous ava it fournis, et ils com pltent assez convenablem ent notre restitution de la vocalisation des verbes pendant la second priode tbbaine.
1. 2. 3. 4. Recueil de Traoauw, 1900, t. XXVII, p. 218-220. Recueil de Traeaux , 1900, t. XXIV, p. 77-82. S tehn , Koptische Grammatik , p. 190-191. S te r n , Koptische Grammatik , 354, p. 179.

A TRAVERS IA VOCALISATION GYPTIENNE

103

Lexamen des infinitifs soi-disant fminins confrme les conclusions auxquelles l examen des infinitifs masculins nous avait mens et il les tend. Ils se distinguent, comm on sait, des masculins par une terminaison - 1 t , - e t , que 1 a chute du a rduite en copte -i, -e, selon les dialectes. Tous les verbes pouvaient, en gyptien, revtir les deux formes masculine ou fminine, mais il n'en est pas de mme en copte : si quelques-uns les ont conserves dans les dialectes, la plupart en ont perdu une, de telle manire pourtant quo la masculine seule sest maintenue en memphitique, la fminine seule a subsist en thbain, ou rciproquement. Il n'y a.pas eu l de loi gn rale, mais lusage a dcid de chaque cas particulier tant pour labsolu que pour le qua litatif, aussi Stem .na-t-il pas attach de valeur cette distinction : il a prsent des infinitifs fminins comme qualitatifs dinfinitifs masculins et des infinitifs masculins comme qualitatifs dinfinitifs fminins. Cest ainsi quil a inscrit comme qualitatif de t a f : qorre et comme qualitatif de_Au>M , quand en fait est le qualitatif dun infinitif masculin A o t , et le qualitatif dun fminin , qui ne se sont pas encore retrouvs. Passant par-dessus ces inexactitudes lgres de classification, je prendrai ces formes dans lordre o Stem les a ranges. Un petit nombre de celles quil attribue sa premire classe appartiennent vraiment cette catgorie et nous offrent un qualitatif soi-disant fminin en contre un absolu en w : ce sont l'gyptien antique d a g o u linfinitif fminin ( ~ n d a g i t qui est devenu en copte Twe'e, ' T. Tue'i B . Toyxi M. et au qualitatif ' T. a d h rer, p la n te r ', puis lgyptien antique p * s a k h a I t , en copte cwi M. cwge T. et au qualitatif tisser, plus des formes qualitatives telles que M. retra n ch er, dont labsolu fminin nexiste plus. Ici, comme dans les exemples que j ai indiqus ailleurs, il semble bien que li de la finale ait ragi sur la voyelle de la syllabe tonique pour former avec elle une diphtongue a i* , qui se sera rsolue sur - t au qualitatif DAiGiT-DAGi-DGiM- ' et en labsolu DAiGi-DoiGi-DGijEj-' T. M.\ Lobscurcissement d A en se serait produit pour de la diphtongue vers la mme poque o il se produisait pour non dipbtongu. Toutefois la forme qualitative en h , qui prdomine dans les infinitifs soi-disant masculins, le cde presque partout la forme en et surtout la forme en dans les infinitifs soi-disant fminins, et ce sont ces deux formes qu'il nous faut examiner lune aprs lautre, si nous voulons nous faire une ide nette de la faon dont le qualitatif des infinitifs fminins a voqu dans la xow. Prenons dabord les formes en &et dressons, daprs Stern, la liste de celles dont le prototype antique nous est connu :
r a k h t pioge

T.

puAi

M.

p&e

T.

laver*.

1. S tbhn , Koptische Grammatik , p. 183. 2. S te rn , Koptische Grammatik, p. 185. 3. Recueil de Traeau, 1896, t. XVIII, p. 57. 4. On pourrait admettre aussi, comme je lai fait, que Yk provient dune diphtongaison en aou ( Recueil de Tracauw, L XXIII, p. 181); mais il me parait plus probable que l'influence de li fminin sest fait sentir l origine aussi bien sur labsolu que sur le qualitatif, comme je le dis dans le texte. 5. S t k r n , Koptische Grammatik , p. 187, 2.

104

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE ta k h t k h t

T.

^ij6i A f.

TA.ge T. ^ j 6i A f. .ge

tre ivre. soulever, suspendre. s'incliner. lancer \

cicgc 7\ 1091 A f. 7\ pi r i A f. erre

T.

A f.

Aa
T

ra k t

. p^Ri A f. w j* A f.

e* & ^x n s a t I t

T.

crfc A f.

De mm e qu'un certain nom bre de q u alitatifs masculins*, ces qualitatifs fminins ont conserv de la langue ancienne, et ils se sont tenus ainsi plus prs de la forme prem ire que les absolus correspondants. L o n t-ils conserv vraim en t ou bien y sontils revenus par cette rsolution su r a de la diphtongue a i dont il y a tant d exem ples, et on t-ils pass p ar des nuances ra iq b , ta ik h e -ta ik h i, ak h e -a k h i, r a ik i, s a i t i, avant d a rriv e r p&e, &-&<1 , p*ni, w f r ? Nous navons pas de m oyens directs de le savo ir et la com paraison avec les form es analogues des infinitifs masculins* ne jette aucune lum ire sur ce point. L a plupart de ces d ern iers m e paraissent, en effet, d river non pas des form es masculines de l gyptien, m ais de ses form es fm inines qui ont
JSA

perdu leu r

i-e ,

tels .-^ wht qui est pour * anti de

* khant t ; on peut donc

poser pour eux la mm e question que pour les verbes dem eurs fm inins en copte. Ce qui sest pass pour le u r form e absolue me p o rterait pourtant croire que l aussi li de la term inaison fm inine ava it influenc lancienne tonique et en ava it dipbtongu . Dans un cas seulem ent, une trace de celu i-ci sest conserve, au thbain a ie de ^ j p k h t - ik h t , mais les 1 des autres exem ples proviennent de la rsolution de
e i-i : TA KH T, *T AIK H T , *T E 1KH T, ^ 1 - 51 .

la diphtongue a par
o

BAKHT,
RAKT,

*DAIK1t , *BEIKHT, eiufe-itgi.


*RAIKT, *REIKT,
*S A IT T , *SE IT T ,
p iR e .

TL

S A T T ,

erre-erf.

Le pw^e-pwrfi de la forme absolue de r a k h t a subi lobscurcissement d A en o avant que la diphtongue a i de * r a i k h 1t se ft rsolue sur e i - i . Toutefois ces formes en * ne sont que les tmoins dun tat antrieur. La meilleure partie des qualitatifs fminins a la vocalisation en o, mais ils ne rpondent pas tous des absolus de mme forme : les uns ont des absolus en i-e i, les autres des absolus en (o-toio. La liste des verbes en i-ei de qui nous connaissons le prototype hiroglyphique nest pas trs longue :

/www cZJl PA R T IABTI, ABT ei&e

T. T.

itu

M. .

o&e

T.

ofu

M.

avoir SOf. M . briller.

n ip e

$ ip r

T.

$opi

1. S tern , Koptische Grammatik , p. 188, 8. 8. Voir plus baut, p. 108 du prsent volume. 3. Voir plus haut, la mme p. 108 du prsent volume.

A TRAVERS LA VOCALISATION GYPTIENNE


tgi&e cipe

105

r-rc-i D o

da

SHABlT

T.
ipi

g o k

T.
01

g ii

M. ch a n ger. fa i r e , tre. d on n er. natre. cu ire. sou ffrir. so u lev er'.

IART-ART DAT
a

T.

M.

T. T.

M. M.

+ T .M .

TO

TOI

MASlT PAST ^ . KHASlT

juuce T. uici M. .ou M.


nice jic e *ice

T. < ici M. T.
tfiu

noce goce xoce

T. <oce M. T. j6oci M. T. oce il/,

M.

TAST

7\ 'ici M.

L'explication en est la mme que celle que je viens de donner pour les qualitatifs fminins en *. Li de la terminaison a influenc la voyelle du thme verbale et l'a diphtongue : iab It - b It est devenu aib It- aibi , puis ci&e-i&i par la rsolution dAi sur EI-I, de mme PARlT est devenu PAIRI-[neipe]-nipe-iupi, IART-ART-AIRT-AIRI-eipi-ipe labsolu et au qualitatif par obscurcissement dA en o, soit directement, soit dans la diphtongue AiBT-oiBi-ofte-ofci, pairt - poiR-nope-^opi, AiRT-oiRi-ou-oi-o, et ainsi de suite. Dans un cas, le memphitique a le qualitatif en gAi, o le thbain prfre le qualitatif en o, pofcc; ailleurs la forme pronominale des thmes a conserv 1'., ..ct T. I U i l / . , INkCT T. M., 2&CT* T., T & n T. '.C* M., . . T. M f M., TM>* T. THI* M. Tout donc dans cette catgorie tend ramener ces formes diverses en i-ei et en o des prototypes en a influencs par la terminaison fminine du thme. Quant la liste des verbes en to-ox dont nous possdons les prototypes hiroglyphiques, elle est plus courte encore que celles des verbes en i-ei :
'j Z J t ZBT-zAbT Twwlie

T.

to o

Ae T. T. T. T.
TOMi m m

sceller. sp a rer. M. unir. M. raser*.

WODT DAMT
k h a k It

otu^ M.
tmuu lo u e

o to o tc TOOAxe

M. T.
w ki

M.

o o k b

Ici, nous avons, & ct dun verbe voyelle tonique ou a o u d t-w o u d Ito w t des verbes voyelle tonique a qui ont t obscurcis en a : le qualitatif sest form aprs que la substitution de l lA eut lieu dans labsolu. Le mme phnomne sest produit pour les verbes de la sixime classe de Stem*. Cest pourquoi je ninsis terai pas leur propos. Un certain nombre de thmes verbaux ont produit leurs qualitatifs au moyen de dplacements daccent, ceux qui appartiennent aux VIIe et VIIIe classes de Stem, par
8. S tbrn, Koptische Grammatik, 359, p. 186-187. 3. S tbrn, Koptische Grammatik, p. 194-801.
RBCUBIL, XXIX. NOUV. S R ., X III.

1.

S tern ,

Koptische Grammatik, p. 187-188.

14

106

NOTES SUR LE CONTE DU NAUFRAG-

exemple c&or-co&r tr e petit, poK-gopR rep oser, gopgep*gepg(p d tru ire, pogpeg-petgpoigi rou gir, tr e ro u ge, et ainsi de suite1. Ils ne rentrent pas dans le cadre de cette tude. Un petit nombre de verbes appartenant la IVe classe de Stern demandent seuls quelques explications, nppe T. b riller, ppe T. epi M . ca lm er, A ie T. tr e fa ib le , et trois ou quatre autres, qui conservent leur i-e final et prennent la terminaison oxvr au qualitatif*. Comme le montre leur terminaison -or, qui varie dans certains cas avec -ott, ce sont des passifs par flexion extrieure, et non plus des qualitatifs par change ment interne de la voyelle, et je nai pas moccuper deux dans ce chapitre de mes recherches. Je puis donc complter le tableau que j ai donn plus haut des phnomnes relatifs la vocalisation de ces thmes verbaux, en disant que les formes fminines du verbe ont suivi la mme fortune que les formes masculines, mais que leur volution parait avoir t plus tardive : le nombre des qualitatifs en o y est, en effet, plus frquent de beaucoup que celui des qualitatifs en h ou en .. et, par consquent, le procd de formation a continu agir sur eux un temps assez long aprs que lobscurcissement d Ia en o se fut produit. Lvolution tait acheve au moment o la xotvii se dcomposa pour donner naissance au copte, car les formes en to-o sont communes tous les dia lectes : elles devaient donc exister dj vers la fin de L &ge thbain ou aux dbuts d lge salte.

NOTES SUR LE CONTE DU NAUFRAG


PAR

O . M a spe r o

J ai, dans la troisime dition des Contes p op u la ires*, traduit plusieurs passages du N au frag dune manire assez diffrente de celle dont Golnischeff les a rendus dans sa belle publication. Voici la justification et la correction lgre de ma traduction : A. L. 2-6. Le texte est ainsi conu : j r T " i <~

^ y ijf . Avant daborder la question de syntaxe, il importe de prciser le sens de deux ou trois mots que Golnischeff et moi nous nentendons pas de mme, ^ f kharpou et 6 = 3 ) 5 manaIt, de prfrence. Golnischeff rend le premier par p ou p e et le second par ra m es : le sens rel en est m aillet, m arteau pour le premier, et pour le second, p ieu quon plante sur la berge afin damarrer le bateau. Les deux mots se rencontrent au chapitre xcix du L ivre d es M orts', et cest par eux que commence (numration des parties du bac dont le dfunt doit connatre le nom s'il veut pouvoir sembarquer. On les y trouve dans l'ordre suivant : _*
1. 2. 3. 4. Koptische Grammatik , p. 201-205. Koptische Grammatik , p. 189-190. M s p e r o , Les Contes populaires, 3e dit., p. 85. L e p s iu s , Todtenbuch, pl. XXXV, chap. xcix, 1. 6-7.
S tern , S tern,

NOTES SUR LE CONTE DU NAUFRAG


kh arpou,

107

i==1 ( | ^ | *&

manaou - mane ,

que suit
/W W W 1 u

HATI.
AW W W

La valeur de t~ i ( J ^
I

et de ses variantes plus anciennes 1 ' , i manat a t rconnue de bonne heure : cest le p ieu auquel les matelots attachaient leur bateau, soit pour la nuit, soit pour tout le temps quils demeuraient dans une localit, et les der nires traductions publies du L ivre d es M orts ont adopt ce sens1. f khar p o u , au contraire, a toujours t mconnu; Brugsch y voyait la p oin te Vavant du n a v ire, le b ec , Vperon d u va issea u \ et il a t suivi par Simeone Levi*; Birch ren dait le mot par go u vern a il, Le Page Renouf par la p a rtie la rge, la p a le de la ramgouvernair, Budge par la barre, la ga ffe qui sert & gouverner1. Il est probable que le sens leur a t suggr par la forme que le dterminatif prend dans quelques manu scrits, mais, eil en est ainsi, cest quils ont interprt cette forme de manire inexacte. Le dterminatif caractristique, tel quil est donn par exemple dans le T odtenbuch de Naville est t7 et f l , cest--dire un maillet pos sur sa partie forte, manche en lair*. Les O j exemples de Naville sont emprunts la XVIII dynastie : pour la XII \ f , M. Lacau ma signal une version du chapitre xcix, crite sur un sarcophage dAssoun, celui de Hakatiou, <s> ^ (n28127), o le dter minatif demi-biratique est le maillet , couch sur le flanc dune forme plus arrondie que celui des exemples de Na- V ) ville. kharpou est donc
manb
,

le m aillet qui sert enfoncer en terre le

" 4 P*eu ' '() { ] m an at , le baria Lr des matelots actuels du Nil. comme la m a n a I t rpond leur k antarous Reste le mot h a I t i t , que Golnischeif a rendu la p ro u e : faut-il le rap
/ww w 1 U

procher du terme

Cl C

haItit , hati,

qui, au chapitre xcix, suit immdiate-

ment le | k h arpo u ? Le dterminatif < 5 . montre bien quil sagit dun cble, mais le seul gyptologue qui ait essay de prciser le sens a pens quil sagissait dun des cbles employs au grement, de Ytai d avant (fore-stay), le npfaovot des Grecs ou tout au moins dun tai (hawser)V La place que le mot occupe dans lnumration du chapitre xcix me porte croire qu sagit de lamarre qui attache le navire au pieu manat que le maillet kharpou vient denfoncer. En ce cas, le dterminatif v du P a p yru s d e l E rm itage doit tre corrig en (g., soit sur loriginal, soit dans la transcription de notre passage : cest le sens de hatit , hati, la co r d e d avant, l am arre, qui convient le mieux ce dterminatif. Le sens des mots une fois tabli, il est ncessaire dexaminer la coupe de la phrase.
1. L b P ace R enoue, Book o f the Dead, dans les Proceedings o f the Society o f Biblical Archceology, t. X V I, p. 863; B udge, The Book o f the Dead, Teat, p. 206, 1. 6, et Vocabulary, p. 142. 2. B rugsch, Dictionnaire hiroglyphique, p. 1131. 3. S. L e v i , Dizionario, t. VI, p. 257. 4. L b P age R enoue, Life-Work, t. I ll, p. 305, et Book o f the Dead, dans les Proceedings de la Socit dArchologie biblique, t. XVI, p. 263. 5. Budge, The Book o f the Dead, Teat, p. 205, 1. 8, et Vocabulary ,p. 258. 6. N a v il l e , Todtenbuch, t. 1, pi. CXI, chap, xeir, 1. 13-15, et t. II, p. 221. 7. Le P age R enoue, Life-Work%t. I ll, p. 306. 8. Le P age R enoue, Book o f the Dead, dans les Proceedings, t. XVI, p. 263.

NOTES SUR LE CONTE DU NAUFRAGE

Je considre celle-ci comme forme de plusieurs petits membres construits & ce que nous appellerions en franais ou en latin linfinitif de narration. Or voici nous . sommes arrivs au pays, et de saisir le maillet ^raPPer IP^eu jaculations ^ l'amarre dtre mise & la terre ^ ^ a j i = = , de pousser des ^ et dadorer le dieu ^ ^ , un chacun dembrasser * ^ Procd de style est assez

son camarade vg> ( ^ Q frquent chez les crivains de la XII* dynastio.


* ^ I i J l I I | I I I

JJ

J\. C X

AiVWVA I

U I

/WSA/NA

| I

J\

_a o j ( w j ^olnischef a traduit : Si dautres que nous sont revenus en bon tat, chez nous il ne manque pas [non plus] un seul homme, [malgr que] nous avons atteint les dernires limites du pays O uaoua-t\ Ma traduction imprime : Nos matelots nous sont revenus en bon tat, sans quil nous manque un seul de nos soldats. Nous avons atteint les extrmits du pays dOuaoualt * , suppose une correc tion au texte de loriginal. Le mot h ou to u est rare en gyptien. Il se rencontre deux fois, ma connaissance, dans les textes, au chapitre l x iv du L ivre d es M orts , o il se trouve en variante de f^o^> et au P a p yru s m ora l d e Boulak, o il a la forme ^ (j(j Le premier exemple peut tre laiss de ct, car le sens en est obscur. Le passage du P a p y ru s d e Boulak nest pas beaucoup plus clair dans le contexte, aussi je nen extrais que le membre de phrase qui contient notre mot : ^ i^T7! l o1 li^ V M. de Roug avait traduit le mot par m ultitude, et Chabas par les g en s q ui s e tienn en t debout, qui rsisten t, les a d versa ires, les oppositions *. h o u t et ses variantes drivent de f hou, sta re, et il signifie avec le dterminatif , jsQ, d es l ' 6 , iii iii g e n s qui se tiennent debout, un tas d e g en s, une fou le, comme avec le dterminatif o , j h ou signifie d es objets qui se tiennent debout, un tas d objets. Il est suivi de la prposition <=> ra et du pronom de la premire personne du pluriel ( ( . Il y a ici un exemple dellipse produite par la rapidit du rcit : le verbe n""^ zadou, ou un
verbe de sens analogue, est sous-entendu, et f ^ , ^ , 7 7 7
h o u to u rano u

signifie

la foule [dit] nous . Le rgime indirect de z a d o u est introduit le plus souvent par m a, n e , mais on le trouve aussi introduit par <=> r a , et Erman pense que <=> semploie de prfrence pour un discours apprt ou solennel, et ***** pour une simple conversation . Ici le discours est exprim par les deux mots suivants : | a t d o u t , venue prospre! . Le membre de phrase est donc la suite du dvelop pement prcdent : Un chacun dembrasser son camarade, et la foule de nous [dire] : Heureuse venue 1 Il y a ici une coupe, aprs laquelle le rcit reprend au mode per
1. 2. 3. 4. 5. G o l n is c h e p f, Le Papyrus n* 1115 de V Ermitage imprial, p. 75. M a sp b r o , Les Contes populaires , 3* d it., p. 85. M a r ie t t e . Les Papyrus du Muse de Boulak , t. I, p l. XXIII, 1. 10 . C h a b a s , L'gyptologie, t. II, p. 200. E rm a n , D ie Sprache des Papyrus W estcar, 162, p. 73.

LA COLONNE DU TEMPLE LAMITE DE CHOUCHINAK

109

sonnel : a Sans qu'il nous manque de nos' soldats, nous avons atteint les extrmits dOuaoualt. Mais y a-t-il vraiment houtou ?

LA COLONNE DU TEMPLE LAMITE DE CHOUCHINAK


(MUSE MORGAN AU LOUVRE)

RECHERCHE DE LA MESURE OUVRIRE


PAR

C.

M au ss

Le pied ouvrier du temple de Chouchinak vaut 100/96 = 25/24 du pied royal de la Perse antique. 329.142 = 96 Perse = 296.2285 P. romain. 342,857 ~ 100 _ lam ~ ~ 308,5714 _ P. grec. Le pied du temple de Chouchinak sert de commune mesure la largeur et la hauteur de la pyramide de Kephren.

On doit raisonner avec la colonne en briques du Muse Morgan, comme avec les colonnes du pilier de Tello. De mme qu Tello, le joint droit des briques segmentaires circonscrites lombilic central a donn le pied de Gouda, de mme, la colonne du Muse Morgan, le joint droit donnera la longueur dune unit mtrique en usage lpoque o lon construisait la colonne du temple de Chouchinak. Cette unit nest pas quelconque. En outre, le diamtre de la brique de remplage qui forme lombilic de lappareil devra aussi donner la longueur d'un talon connu. Enfin, le rayon et le diamtre du trac gnral seront aussi des units dune application courante. Le bon sens suffit pour justifier ces hypothses. Disons de suite que la disposition gnrale de cette colonne est infrieure celle des colonnes du pilier de Tello. Lappareil de celles-ci a t trac avec un tel souci de la solidit que tous les joints sont croiss. Le liaisonnement est parfait, et cela tient ce que les ombilics du double appareil de Tello nont pas le mme diamtre. Dans la colonne du Muse Morgan, lombilic est de mme diamtre chaque assise. 11 en rsulte que la colonne entire se compose dun cylindre creux et dun cylindre plein formant remplage. Ces deux parties nont aucune liaison entre elles, et cest en cela qu'au point de vue du constructeur la disposition de la colonne Morgan est infrieure celle des colonnes de Tello. Le joint droit des briques segmentaires de la colonne du temple de Chouchinak, mesur sur place, a donn 460m /m environ. Nous avions dabord pens la longueur

110

LA COLONNE DU TEMPLE LAMITE DE CHOUCHINAK

thorique de 462,857, qui est celle de la coude attique. Mais nous sommes sur le territoire de la Perse antique, et cette colonne devra nous montrer des units perses ou chaldennes. Bien que la coude attique de 462m m ,857 soit, avec celle de 540/ , dans le rapport trs simple de 6/7, nous prfrons la valeur 460',8 qui vaut juste 7/10 de la coude royale de 658*,285 ; 7/5 du pied royal de 329,142 et 7/12 du Pik gyptien de 771mm,488. Ce qui rattache la coude de 460,8 aux mesures de lgypte et de lAttique, puisque 771,428 5/2 de 462,857. Lunit 460,8 sadapte mieux la longueur du joint de la brique de la colonne Morgan que lunit 462,857, et elle a, sur cette dernire, lavantage dtre dans des rapports plus simples avec les mesures principales de la Perse. En rsum, 460,8 valent 224/225 de 462 ,857, rapport qui se rencontre frquemment dans ltude des mesures antiques. Ajoutons que lunit 460,8 correspond 7/9 do 592,4571 et 14/9 de 296,2285, longueur du pied romain; ce qui prouve que ce pied tait dj connu en Asie 1150 ans avant J.-C. Il vaut dailleurs 3/8 de 771,428, longueur du Pik des Coptes. 296 ,2285 = 3/8 de 771,428 24/25 de 308,5714 432/1000 de 685,714 460 8 7 Le rapport doit dcider en faveur de 460,8. II est intressant de 0 5 8 ,2 8 5 1U rencontrer une application construite de cette rgle fondamentale 1900 ans avant la rforme ordonne par Abd-el-Malek-ebn-Merwn. Le rapport 7/10 fut la base de cette rforme. Sept d in a r dor taient quivalents, en p oid s, dix d erh a m dargent. Le diamtre de lombilic tant 450/, nous pouvons, maintenant, tablir la longueur du rayon de notre colonne. Il est vident que la premire donne dune colonne est 450 son rayon. Celui que nous recherchons sobtient par 460,8 + -g- = 685,8. Mais alors nous voici en prsence dune mesure trs rpandue en Orient, le Pik Stambouli, quon rencontre partout, de Byzance jusquaux Indes. Il sensuit que le P ik Stam bouli, valu par les Tables 685 ,7, tait en usage 1150 avant J.-C. Ctait une mesure perse, puisquil vaut 100/96 de la coude royale de 658,285, adopte au VIIIe sicle sous le nom de G rande H achm ique par le khalife Haroun-erRachid. Le Pik Stam bouli vaut encore 10/7 de 480/, longueur du Z er lgal de la Perse moderne et cou d e d e la m ain des dfinitions arabes. Il vaut aussi 5/4 de 548,571, autre talon perse que Florence adopta sous le nom de B ra ccio d es con stru cteu rs, et que nous avons, nous-mme, rencontr A m m an-R abbath-A m m on. 658,285 10 685,714 642,857 460,8 ~ 7 ~ 480 450 La coude de 642,857 est celle du stade olympique qui vaut thoriquement 192,857, ou 600 pieds de 321,428.

LA COLONNE DU TEMPLE LAMITE DE CHOUCHINAK

642,857 15 450 321,428 685.714 16 480 342,857 460,8 96 658,285 480 100 685,714 Signalons, en passant, que 480m in valent 7/9 de 617m m ,142, unit quon rencontre la Basilique de Beit-Lehm, btie, comme on sait, par des architectes byzantins. L unit 617,142 vaut 9/10 du P ik Stam bouli, dont la longueur thorique est 685,714. Elle sest conserve sans aucune altration. Malgr la dnomination officielle du Pik Stam bouli, les rapprochements que nous venons de faire prouvent que cette mesure tait connue et employe Byzance bien longtemps avant la prise de la ville de Constantin par les armes ottomanes; ce qui s'ex plique par la domination sculaire de la Perse, en Asie-Mineure. Le nom de S tam bouli , appliqu cet talon par les Ottomans, nous apprend quelle tait, lpoque de la conqute (1453), ltalon principal de Byzance. Le P ik Stam bouli nest pas inconnu en France, puisque lancien pied de Lyon valait 342,857, moiti de 685,714. Le rayonnement des mesures de la Perse fut si grand que le pied de Charlemagne = 334 ,367, moiti de la coude de 668,734, correspond 32/63 de 658,285. Ce pied a t longtemps celui de Moscou, lancienne capitale de la Russie. On peut, sans trop de tmrit, faire remonter lintroduction des mesures de la Perse, en Europe, l'poque o des peuples venus de lOrient l envahirent et stabli rent sur son sol. Valenciennes, en France, faisait usage dune aune de 658,7. Lusage de la coude de 460,8 est aussi certain que celui de la coude d 462,857. Ces deux longueurs sont lies par le rapport = On trouve encore 460,8 = 10/9 de 414,72, et cela prouve, une fois de plus, que les nombres.qui expriment les units linaires peuvent aussi exprimer des units pondrales. Le Cabinet des mdailles de la Bibliothque nationale de Paris possde une mon naie dor du temps de Charlemagne, qui pse 4gr,14, poids qui implique une livre de 414g T . Il est donc certain que la livre de 460g T ,8 a t en usage. On la retrouve en Espagne et aux Canaries, importe sans doute par les Arabes. Le Catalogue de M. Henri Lavoix nous montre, en effet, plusieurs monnaies orientales qui psent 4r , 14 et 4*',60, puis 2^,07 et 2r ,30, moitis des prcdentes. Lunit de longueur 460,8 = 7/5 du pied royal tant admise, il faut, pour que la colonne du temple de Chouchinak soit bien tablie dans ses dimensions thoriques, que les briques soient poses &plat-joint, sans interposition de ciment. Cela est matrielle ment prouv par les briques originales du pilier de Tello (Salle assyrienne Sarzec). Ces briques montrent le bitume encore adhrent sur le lit de pose et sur le lit de dessus; mais tous les joints verticaux en sont dpourvus. Les briques taient simple ment juxtaposes sur une couche de bitume. Il devait en tre de mme pour les briques

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LA COLONNE DU TEMPLE LAMITE DE CHOUCHINAK

de la colonne du temple de Chouchinak dont le diamtre thorique est 1371D O > ,6 ou 1371m m ,428, selon quon donne l'ombilic central 450m /mjuste ou 449m m ,828. Notons, en passant, que si lon considre le nombre 450 comme reprsentant un poids de 450 grammes, les 7/8 de ce poids correspondent 393",75, une des valeurs probables de la livre de Bagbdad institue par Haroun-er-Racbid, ce qui donne : 393",75 = 7/8 de 450", et 3/4 de 525". Si lon adopte 449,8285, la livre de Baghdad 'vaudrait 393",6 = 3/4 de 524,8. Daprs les dfinitions recueillies par Henri Sauvaire, le m eu dd des Arabes tant de 524",661, le ra il de Baghdad vaudra 393",496 ou 3/4 de 524,661 et 128,4/7 derham lgaux. Ajoutons, daprs le mme auteur, que la coude de .525 tait reste en usage dans la rgion de Baghdad, sous le nom de Y ou sefiya h . Lintrt particulier de la colonne du Muse Morgan est de nous montrer : 1 La coude royale de 658m m ,285, employe 1150 ans avant J.-C., puisque 460m m ,8 valent 7/10 de 658,285. 2 La coude de 685 ,714, employe comme rayon du cercle de la colonne. Cette coude sest perptue en Orient. On la retrouve, Jrusalem, appli que certaines dimensions de la mosque primitive dOmar. Elle sert prouver que les constructeurs de cette mosque taient byzantins. La hauteur de la pyramide de Kephren est exactement de I37m ,142, ou 200 Pik Stam bouli, et 100 fois le diamtre de la colonne du temple de Chouchinak. La srie ou 658m in 285 suite -------- nous montre la coude de 592,457 = 2 pieds de 296m m ,2285, valant 9/10 de 658m m ,285 et, comme consquence, 864/1000 de 685/714, nous prouvant ainsi que le pied romain tait connu en Orient & lpoque o lon construisait le temple de Chouchinak. Nous connaissions dj lantiquit de ce pied par la pyramide de Dahchour dont la largeur quivaut 720 pieds de 296m m ,2285, et par la pyramide de Khops, dont la hauteur thorique est de 500 pieds romains.
1 4 8 ,1 1 4 2 = 5 0 0 X 2 9 6 ,228 2 5 0 X 592 457

480 X 308 240 X 617

571 Pied du Parthnon. 142

Les briques carres de la plate-forme sur laquelle repose la colonne ont un peu plus de 34'/ de ct. Il est donc probable que leur dimension thorique est 342,857 ou moiti de 685",714, ce qui donne quatre largeurs de briques au diamtre de la colonne. Il sensuit que le ct du carr de la plate-forme devrait tre tangent au cercle de la colonne, si lon applique la plate-forme la rgie de la pose plat-joint : Briques de la plate-forme............................... Diamtre de la colonne Rayon................................................................. Joint droit des briques segmentaires Diamtre de lombilic..................................... 342m m ,857 = 1/2 685m m ,714 1371 428 = 2 X 685 714 685 714 = 2 x 342 857 460 800 = 7/10 658 285 450 = 21/32 685 714

Le nombre 460,8 = 7/10 de 658,285 nous apprend encore que certaines valeurs

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mtriques pouvaient tre employes comme facteurs abstraits pour dterminer dautres mesures connues. Si lon fait de 460,8 un nombre abstrait et qu'on multiplie la valeur de la coude attique = 462,857 par 460,8, on obtient pour rsultat 213,2845, lon gueur du sta d e d e D ahchour. Autrement dit, le stade de Dahchour contient exacte ment 460,8 coudes attiques de 462m m ,857, et 691,2 pieds attiques de 308m n > ,5714. Si lon pose : 213,284,5 = 460,8 X 462,857 = 10/7 324 on obtient : 213,284,5 = x 324

= 658,285 X 324 Ce qui nous apprend encore que le stade de Dahchour contient 324 coudes royales de 658,285 et 648 pieds royaux de 329,142. Le pied royal est au pied romain comme 720 329,142 10 648 296,228 9 ' Les niesqres que lon rencontre dans les provinces dEurope qui furent, autrefois, envahies par des peuples venus de lOrient, pourraient, peut-tre, aider dcouvrir lorigine exacte des envahisseurs. Chaque groupe, chaque tribu, devait avoir un talon particulier. Les mesures de la Perse sont rpandues dans les contres qui avoisinent le Rhin. LEU dAix-la-Chapelle vaut 668,7 ou 64/63 de la coude royale de Perse. Le pied de Charlemagne est de 334,367, ou moiti de YEU dAix-la-Chapelle. Serait-il permis dattribuer un sentiment pour ainsi dire atavique la rsolution prise par Charlemagne de nouer des relations diplomatiques avec le khalife de Baghdad ? Nous ne pouvons que poser la question. Ce qui est certain, cest que les mesures quon relve Aix-la-Chapelle, Heidelberg, Dantzick, en Lorraine, Hambourg, Francfort, dans le Wurtemberg, sont toutes en relation avec la grande coude royale de la Perse. S il est vrai quon peut attribuer linfluence des grandes assembles commer ciales la prsence de certains talons dans les contres que nous signalons, il est tout aussi probable quelles ont t importes du dehors par des envahisseurs devenus sden taires. Tant que la Gaule resta soumise linfluence romaine, lusage se perptua du pied romain et de la livre romaine. A partir de Charlemagne, on constate une tendance lunification des mesures et des poids ; mais avec des units qui ne sont plus les units romaines et qui restent, cependant, en rapport avec elles. La livre de 489gr,683 vaut 3/2 de 326gr,455.La livre de 367gr,262, dite de Charlemagne, en est les 9/8. Le poids global du Muse des Arts et Mtiers, connu sous le nom de P ile d e C harlem agne, est un poids oriental. Il vaut 12k,2420 ou 25 livres de Paris et 10 Oka des Arabes. Mais il vaut aussi 900 sicles de 13^,602332, et cette forme est absolument orientale. Chez les Arabes, le R atl ou R otolo se divise presque toujours en 900 derham, et YOka en 400 derham. Il sensuit qu/ YOka vaut 4/9 du R otolo.
Recu e il ,
x x ix .

n o u v . s r m x ii i .

15

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On retrouve cette double forme dans la P ile d e C harlem agne qui vaut : 900 sides de 13*',602332 ) 4000 derham de 06052 > = 12k,2420 = 10 Oka de l k,224,208. 400 onces de 30*',6052 ) Cette Oka arrondie l k,250 est encore employe par les ngociants de Jaffa. h'Oka thorique de Jaffa vaut donc 1/10 de la Pile du Muse des Arts et Mtiers. En rsum, la P ile d e C harlem agne vaut 10 Oka, 900 sicles, 4000 derham kal ou lgaux, et 400 onces de la livre de Paris. Nous savons, par les formules arabes re cueillies par Henri Sauvaire, que le R atl officiel de Baghdad, institu par Haroun-erRachid, est de 128,4/7 ou 900/7 derham kal, soit 393^,496. Il y a donc une relation entre la P ile d e C harlem agne et le R atl lgal de Baghdad. En effet : 393*',496 900 9 12,242*',09 ~ 28000 280 Ce rapport suffit pour dmontrer lorigine orientale des poids employs par la France, depuis le rgne de Charlemagne. La livre adopte par Charlemagne valait 14/15 dil R atl de Baghdad, et ce rapport explique l adoption par lEmpereur dOccident de la livre de 367*',262 qui vaut 9/8 de la livre romaine; 9/1000 du talent juif et 1/80 de (308m m ,5714)3, clef de tout le systme pondral antique : 367*',262 = 9/8 326*',4559 Livre romaine. 9/1000 40k,80699 Talent juif. 1/80 (308,nm ,5714)3 Pied dgypte cube.

Aprs Charlemagne, la livre de Paris fut de 16 onces et valut 489*',6839 ou 4/3 de 367*',262. Mais revenons aux mesures linaires des briques de la colonne du temple de Chouchinak. Ce qui surprendra, peut-tre cest de rencontrer ici le p ied et le y a r d de lAngle terre. En effet, le diamtre de la colonne du Muse Morgan correspond 3 coudes de 457 ,142 et 4 1/2 pieds anglais. Le rayon quivaut 3/4 du yard. Ce qui donne : 1371m m ,428 = 3 x 457m m ,142 Coude anglaise. 4.5 x 304 7619 Pied anglais. 1.5 x 914 285 Yard.

En fin de compte, nous retrouvons le pied anglais valant 4/7 de la coude philtrienne de 533 m ,l/3 et 4/9 du rayon de la colonne du temple de Chouchinak. Pour la coude philtrienne, nous prfrons la valeur 533m m ,2114 qui diffre peu de la prcdente et qui conduit un pied anglais de 304m m ,692. Nous savions dj que ce pied quivaut 5/9 de la coude perse de 548m m ,571, et cela suffit pour montrer lorigine orientale du pied anglais qui correspond 100/216 = 25/54 de la g r a n d e H a-

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ch m iq u e des Arabes. Comme consquence, larchine m od ern e de la Russie = 711, 1/9 vaut exactement 7/9 du yard anglais. De lanalyse qui prcde, il rsulte que les units de la colonne du Muse Morgan ont t, depuis longtemps, constates dans les principaux difices de l'gypte. La ques tion de savoir & qui lon doit attribuer linvention du systme des mesures antiques restera donc entire, et tant quelle naura pas t tranche par des documents prcis, l gypte, avec ses gigantesques pyramides qui sont de vritables barm es, peut conti nuer revendiquer lhonneur de cette invention. Les units que nous montrent les monuments de la Chalde, de la Perse, de lAs syrie, de lArmnie et de lAsie-Mineure ont toutes t constates dans les monuments les plus anciens de lgypte : 304,7619 = 1/700 de 213, 1/3 Dahchour. P. anglais 1/450 de 137 142 Kephren. thorique 1/486 de 148 1142 Khops. 5/6 de 365m m ,714 Saint-Spulcre. 5/9 de 548 571 Perse. 100/216 de 658 285 Grande Hachmique. 25/27 de 329 142 Pied royal de la Perse. On peut rappeler ici quen 1872, M. Jules Oppert fit connatre que les units prin cipales des matriaux mouls de la plaine de Babylone taient celles de 315m /m et de 525m m . Eiies sont entre elles comme 3/5. Le savant acadmicien en concluait que ce rapport tait particulier la Babylonie tandis quen Grce il tait 2/3. Mais le rapport 3/5 est celui quon retrouve dans toutes les kanes antiques. Dix pieds correspondent toujours six coudes. Le Parthnon ne fait pas exception la rgle. La faade mesure 100 pieds de 308,571 et 60 coudes de 514,285. La hauteur des colonnes ext rieures est de 10,285 ou 20 coudes de 514,285. La coude ouvrire du Parthnon est donc celle de 514m ,285. Elle est, avec le pied du temple de Chouchinak, dans le rapport 3/2. 342,857 = 2/3 514,285. La p er tica romaine est de dix pieds romains de 296,2285, et de six coudes de 493,714. Elle a t conserve sans altration par la ville de Gnes, sous le nom de Canna G rossa 2,963. La coude de 493 ,714 tait celle de la Mekke. Mahomet ladopta et la bnit. Elle est encore la coude sacre du monde musulman, sous le nom de coude C hariyeh. Exemple : 329,142 = pied royal de Perse. = 1/2 658 ,285 Coude royale. . = 3/5 548 571 Coude ouvrire. B ra ccio des constructeurs.

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La coude de 548m m ,571 est la coude ouvrire de lpoque des Achmnides. Trs rpandue, on la rencontre jusque sur les bords de la mer Baltique, Riga. Autre : 342,857 = pied du temple de Choucbinak. = 1/2 685,714 Pik Stambouli. = 3/5 571 428 Coude ouvrire dont lusage sest conserv parmi les Arabes (voir Sauvaire). Autre : 296,2285 = pied romain. = 1/2 592,4571 = 3/5 493 714 Coude ouvrire de la p er tica romaine. Le rapport 3/5 entre le pied et la coude ouvrire nest donc pas particulier Babylone. La coude ouvrire est toujours 5/3 du pied, et le pied, moiti de la coude royale ou nationale. Il rsulte encore de cette tude que, plus de 3000 ans avant J.-C., des savants dgypte ou de Cbalde ont eu lide de mesurer la longueur d'un degr terrestre et ont su en tirer tout un systme mtrique qui fera, pendant longtemps encore, ladmira tion des hommes. Cet hommage rendu la science de lantiquit ne diminue en rien la reconnaissance que nous devons aux savants franais de la fin du XVIIIe sicle qui sont parvenus raliser lunification des mesures et des poids dans un grand pays comme la France.

N OTE S
1
LE PIED DE LA FORT DE MAULVRIER (NORMANDIE)

Le Muse de Rouen possde un talon fort ancien, dcouvert dans la fort de Maulvrier, aux environs de Caudebec. Cet talon mesure 292,571. Il vaut 14/15 du pied du Rhin, (313,4695), et 4/9 de la coude royale de la Perse antique (grande Hachmique des Arabes). Il nen faut pas davantage pour permettre de conjecturer que les pirates qui venaient, par lembouchure de la Seine, ravager le littoral du fleuve et mme sy tablir, devaient descendre de la mer du Nord. Ils apportaient avec eux les mesures employes par les tribus dont ils faisaient partie, et lon peut, sans exagration, rapporter ces temps reculs ltalon dcouvert dans ce canton de la Normandie o tant dautres antiquits ont t dcouvertes. Cest ainsi, pour me servir de lheureuse expression de M. Auguste Choisy, quune simple mesure ouvrire peut slever la hauteur dun document ethnologique. 292,571 = 1/2 585,142 Coude perse. = 8/9 329 142 Pied royal perse.

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292,571

= = = = =

4/9 658m m ,285 14/15 313 469,5 64/75 342 857 7/8 334 367 4/5 365 714

Coude royale perse. Pied du Rhin et de Leyde. Pied du temple de Chouchinak. Pied de Charlemagne. Pied du Saiut-Spulcre.

Le pied de la fort de Maulvrier est donc en rapport avec les principales mesures 'de la Perse antique et du pays dlam. 2 Il est trs facile de prouver que les mesures du temple de Chouchinak sont en rapport avec ls units de lgypte et de la Grce : 685m m ,714 342 857 460 8 = = = = = = = 8/9 771,428 Pik des Coptes. 10/9 308 571 Pied dgypte. 16/15 321 428 Pied du stade olympique. 500/432 296 2285 Pied romain. 32/49 525 Coude gyptienne du Louvre. 16/21 450 Idem. 64/81 583 2 1/400 de 233,28 Largeur de la grande Pyramide.

On sait que le stade de 185m ,142 contient exactement 600 pieds de 308m m ,571 et 360 coudes de 514m m ,285. Le pied du temple de Chouchinak = 342,857 vaut juste 2/3 de la coude de 514,285 et 10/9 du pied de 308,5714. De mme, le stade olympique de 192,857 contient 600 pieds de 321,428 et 360 coudes de 535m m ,7l42. Cette coude quon retrouve en Europe vaut 5/3 de 321m m ,428 et 10/7 de 375m m . Or, le pied de 375m m vaut 5/7 de 525, longueur de la coude gyptienne du Louvre. Il sen suit que la coude olympique do 535',714 vaut 50/49 de 525 et 25/21 de 450. Le rapport 50/49 peut paratre singulier, mais on a vu, plus haut, que le pied du temple de Chouchinak correspond 32/49 de 525. 342",857 525 32 _ Temple de Chouchinak 49 Egypte. 3 tant donn le penchant qui semble avoir entran Charlemagne vers les choses de lOrient, on comprend quil ait voulu adopter une livre dont le poids ft aussi rapproch que possible de celui de la livre adopte par le khalife de Baghdad. Mieux que toute autre, celle de 367gr,262 rpondait ce dsir, en restant, cependant, lie lantique L ibra, puisque 367g T ,262 valait 14/15 de 393r,496 et 9/8 de 326*r,455. Resterait d couvrir quels taient les conseillers de lEmpereur, assez verss dans la mtrologie asia tique, pour diriger avec autant de sret les choix du souverain. Nous ne pouvons, ce

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sujet, hasarder aucune hypothse, nous bornant constater l'esprit de suite avec lequel la rforme des mesures fut excute par cet Empereur. La livre de Charlemagne vaut donc 14/15 de la livre institue par Haroun-erRachid. Le pied imprial quon retrouve Aix-la-Chapelle valut 64/63 du pied royal de la Perse antique, adopt par le khalife de Baghdad. La P ile d e C harlem agne, quon conserve au Muse des Arts et Mtiers de Paris, est si bien un poids oriental, quil vaut 1/34 du cantare dgypte. Il a pour expression : pile _ IQtMMTM); = 10 x M h'Oka thorique de Jaffa vaut donc : (308,5714)* _
1^ 2 2 4 ,2 0 9 ,8 .

= 293",810379 =

La coude de 548m ,571 est une des units antiques dont on peut, le plus facile ment, suivre les prgrinations travers le monde. Nous la voyons dabord au temple de Chouchinak, 1150 ans avant J.-C. : 548mm,571 _ 2/5 1371,428. Nous la retrouvons en Ammonitide 1750 ans aprs lrection de ce temple; appli que au monument persan de lAcropole dAmm&n; puis, en Sardaigne et Florence o elle porte le nom de B ra ccio d es co n stru cteu rs; enfin, Mayence, sur le Rhin, et Riga, sur la mer Baltique, o elle a conserv sa longueur thorique, sans aucune altration : 548m m ,571 105 540 668 734 128 ~ 658,285 Riga tait une ville hansatique, et cest peut-tre aux relations tendues de cette association commerciale que lon doit la propagation, en Europe, de cette mesure clbre qui vaut 5/6 de la grande Hachmique adopte par Haroun-er-Rachid, et 3/5 du yard des Anglais. 548n,m ,571 3 Coude perse. 94 2 s5 ~ 5 KnT
5
SUR LA VALEUR ATTRIBUE AU PLTHRE GREC PAR SAINT P1PHANE ET PAR JULIEN LASCALONITE

(96

PIEDS)

(90

PIEDS)1

Par dfinition, le plthre vaut 10 acnes, et lacne vaut 10 pieds grecs, soit pour le plthre 100 pieds grecs, ou 30,8571 = largeur du Parthnon. Ce qui conduit : Plthre = 100 X 308m m ,5714 = 96 x 321 ,428 = 90 x 342m m ,857 = 30,8571.
1. Voir J o m a r d , p. 220-223, petite dition.

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Le pied de 308 ,5714 est le pied principal de lgypte et du Parthnon. 2 Le pied de 321,428 est celui du stade olympique. 3 Le pied de 342m m ,857 est celui de la colonne du temple de Cboucbinak (Muse Morgan). Il sensuit que le plthre grec vaut rigoureusement 45 fois le rayon de la coloDne du temple de Cboucbinak et 90 fois le ct des briques de la plate-forme sur laquelle repose cette colonne : 45 X 685,714 = 90 X 342,857 = 30,85714 45 rayons = 100 pieds grecs. Dans son beau mmoire su r les M esu res d es a n cien s gyptien s, M. Jomard men tionne prcisment un passage de saint pipbane qui donne au plthre 96 pieds, et un autre passage de Julien lAscalonite qui ne donne au plthre que90 pieds et 60 coudes. M. Jomard conclut une erreur de ces deux auteurs. Mais, proprement parler, Julien et saint piphane nont commis aucune erreur. Leurs valuations sont faites en pieds dont les longueurs sont diffrentes de celle du pied grec. Le pied olympique envisag par pipbane est bien 96/100 du pied de lAttique. Le pied attique est bien 9/10 du pied de 342,857. De telle sorte que le plthre vaut, en effet, 90 pieds de 342,857. Quant la coude dont il faut 60 pour le plthre, cest celle de la kane, qui vaut 514,285. Il sensuit que le pied du temple de Cboucbinak est 3/2 de la coude ouvrire du Parthnon et 10/9 du pied attique. Ces valuations, souvent si diffrentes dune mme mesure, nous montrent la sou plesse du systme antique. Elles expliquent aussi lembarras des commentateurs qui, en prsence de formules dissemblables, concluent une erreur, quand, en ralit, cette erreur nexiste pas. Et cela tient ce que les auteurs de ces dfinitions ne font jamais connatre la valeur des units dont ils se servent pour tablir leurs formules. Ils cri vaient pour un public initi. Ainsi saint piphane a calcul le plthre en pieds olym piques et non en pieds grecs ordinaires. Le plthre est essentiellement une mesure g r ecq u e de 100 pieds g r e cs . Le pied romain dont parle M. Jomard na point intervenir ici. Saint piphane a compt en pieds olympiques, et le pied olympique de 321m m ,428 vaut, en effet, 100/96 du pied grec ordinaire. Saint piphane ne sest donc pas tromp, puisque 100 x 308,571 = 96 X 321,428. Ce qui donne : Plthre grec = 100 X 308,571 = 30,5714 96 X 321 428 = d Le rapport 96/100 que donne saint piphane entre le pied grec et le pied olym pique confirme la valeur que nous attribuons au stade olympique : Pied romain 296,2285 308,571 Pied grec.____ Pied grec 308,571 321,428 Pied olympique. Le pied grec de 308,571 est moyen proportionnel entre le pied romain et le pied olympique.

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Lexamen que nous venons de faire des mesures de la colonne du temple de Chouchinak nous permet de rectifier une trs lgre erreur que nous avons commise, en attribuant jusquici 705m n > ,306 la longueur du Pik de Salda (ancienne Sidon). Il est peut-tre prfrable dadopter 702,1714. Ces deux valeurs se rapportent la coude royale de la Perse antique et sont entre elles, comme
m m ) id x lu

yuu

702 ,1714 = 16/15 de 658,142 705 306 = 15/14 de d Nous serions, maintenant, port prfrer la premire valeur la seconde, parce que, chaque fois que nous avons trouv cette mesure applique, comme cote entire, une partie du khan de Salda, nous avons toujours relev 0",70, erreur dapprciation qui reste dans la limite des erreurs permises et que la thorie vient corriger. Cette unit de longueur a t, si je ne me trompe, plusieurs fois signale par M. Dieulafoy dans certains fragments darchitecture dcouverts Suse : ( 702,1714 = 16/15 de 658,285 ( 705 306 = 15/14 de d 658,285 768 702",1714 = 32/35 de 768" 705 306 = 45/49 de d
6

On peut encore rapporter le Pik de Salda la coude de 548,571, et l'on obtient : 702,1714 = 32/25 de 548,571 705 306 = 9/7 de d Le rapport avec la coude des briques segmentaires de la colonne du temple de Chouchinak nous donne : C 702,1714 = 32/21 de 460,8 ( 705 306 = 75/49 de d On peut rappeler ici que le khan de Salda qui nous a fourniunexemple du Pik de 702,1714 fut difi au XVII sicle, lpoque de lmir Fakr-ed-Dinqui fut, pen dant longtemps, lhte de la Cour de Toscane. Il se pourrait, en consquence, quil y et une certaine corrlation entre le sjour que fit en Toscane lmir de Salda et l'adop tion par les ouvriers du pays du Pik de 702,1714 qui vaut 32/21 = 64/42 du B ra ccio de Florence = 548,571. Ce qui prouverait une fois de plus quune simple mesure ouvrire peut se transformer en un document historique.
Janvier 1906.

CHALON-SUR-SANE, IMPRIMERIE FRANAISE ET ORIENTALE B. BERTRAND

RECUEIL
DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A LARCHOLOGIE GYPTIENNES ET ASSYRIENNES

1907
C o n te n u

Fascicules III et IV
: 9) Notes assyriologiques, par Paul Dhormk. O. P. lu) L'Os^eiei de Suse, le Lion de Khorsabad et le Lion de Suse. par C. M a u ss. 11) Aus kleinen Sammlungen, von Max M l l e r . 12) Textes religieux, par Pierre L a c a u . 13) Casque ou perruque, par Fr.-VV. vo n B issin g . 14) La grande stle de Toutankhamanou Karnak, par Georges L e g k a in . 15) Une branche de Sheshonqide* en dcadence, par Georges L e g r a in . 16) Erratum dans la Colonne du temple lamite de Chouchinak > . 17) Lesefrchte, von Fr.-W . v o n B i9 sin g . 18) Les Constructions rurales de la Chalde et de l'Assyrie, par Max R in g e lm a n n . 19) Some Inscriptions in Prof. Petrie s Collection of Egyptian Antiquities, b y Arthur E. P. W e i g a l l .

NOTES ASSYRIOLOOIQTJES
PAR

P aul Dhorme, O. P .

I. LES PRPOSITIONS INA ET ANA Un fait qui a d frapper dtonnement les assyriologues de la premire heure est, sans contredit, la prsence dans le vocabulaire assyrien des prpositions ina et ana. Elles ont lune et lautre un sens extrmement simple et lmentaire, la premire mar quant le lieu dans, en . la seconde exprimant la direction , vers . Il et donc t tout naturel de retrouver ces particules parmi les vocables communs aux Smites. Or, l arabe, lthiopien, lhbreu et laramen sont daccord pour exprimer les prpositions dans et , vers par les consonnes 6 et / avec diffrentes vocalisations. Le cas de l assyrien est donc tout fait isol, et rapprocher par exemple la prposition ana de larabe comme fait Delitzsch dans son A ssyrisch e Grammatik, p. 222', est une tentative de conciliation dsespre, puisque le sens primitif de f- de, hors de est diamtralement oppos & celui de ana. Lon trouvera dans M uss -A rnolt, A ssyrisch en glisch -d eu tsch es H andw rterbuch. p. 64, b, lexpos des diffrentes opinions sur lorigine de nos deux particules. La grande confusion qui a induit en erreur la plupart des tymologistes a t de raisonner sur ina et ana comme sur deux formes parallles; or, si ana est bien la forme primitive de la prposition, ina tait primitivement in, et c'est, par consquent, sur in et ana que devait porter le raisonnement. Il nous faut donc prouver dabord que primitivement, disons mieux dans les plus anciens textes, les pr positions simples que nous tudions taient in et ana, et non pas ina et ana. Seule une statistique aussi exacte que possible pourrait rsoudre le problme. Commenons par les documents du temps de Mani&tusu et de S argani-S ar-ali (Sargon l'ancien).
1. Non citons la premire dition.
R B C U B IL , X X IX . MOUT. S R ., X III.

16

122

NOTES ASSYRIOLOGIQUES

Si M anitusu recourt la prposition a -n a pour signifier & dans sa ddicace Nin-Aya : a-na (ilu) Nin-A-a (C .T . B .T ., XXI, pl. 1 , n 91018), en revanche c'est toujours la prposition in qui exprime la localit dans loblisque monumental publi par Scheil, Textes lam ites-sm itiq ues, I, p. 6 sqq. Cf. en particulier face A, XVI, 1 1 , 21 ; face B, VII, 1 , 5, XIV, 20; face C, XIX, 21,27; face D, VIII, 12. Cette mme pr position, toujours in, fait encore partie du nom propre In su-m i-su da-nu (ib id ., A, XI, 25). Pas une seule fois napparalt la lecture ina, tandis quana est rgulier. Notre enqute donnera le mme rsultat pour lpoque de Sargon lancien. Cest ainsi que nous avons ana et in cte cte dans a-na (ilu) Sam a in (ilu) UD-KIBNUN(ki) Samas dans Sippar (C. T. B . T., XXI, pl. 1 ). Pour le cas de in dans exprimant la localit, signalons in EN-LIL(ki) dans Nippour (H ilprecht, Old bab ylon ian In scription s, n 1, 1.11; n2, 1.12; n 3, 1. 2) et in Babili(ki) dans Babylone (T hureau-D angin, R ecu eil d e T ablettes ch a ld en n es, n 118, rev. 6). Toujours au temps de Sargon lancien, nous signalerons encore in dans pour signifier la date : in 1 atti (T hureau-D angin, op. laud., n 85, rev. 1), in 1 atti (ibid., n87, rev. 1 ), [t]n 1 atti (ibid., n 118, rev. 2), [\n 1 atti (ibid., n 124, rev. II, 2), in 1 a\tt\ (ibid., n 130, rev. 2). La lecture ina est inconnue. Mme lexpression adverbiale ina p ti en face de (Delitzsch, A ssyrisch es H and w rterb u ch , p. 517, B) est rendue simplement par in p u -ti (T hureau-D angin, op. laud., n 130, rev. 6 ). De mme que partout nous trouvons in au lieu de ina, de mme partout nous avons ana et nulle part an. Outre a-na (ilu) Sama, cit plus haut, mentionnons encore a-na S a rru -u u m ga llu (T hureau-D angin, op. laud., n0 77, rev. 1 ; et cf. n 78, face, 3); toujours a-na dans les ddicaces de cachets (ibid., no s 161 et 163). La mme opposition entre in et ana persiste l'poque du fils de Sargon lancien, le clbre Narm-Sin. Citons in ki-ib-ra-tim (Stle de Constantinople, II, 1 = S cheil, Textes lam ites-sm itiq ues, I, p. 55, n. 1 ), i[n] [Ar]r (Stle de victoire, III, 1 = ib id ., p. 54), in satti (Base de statue, I, 8 = S cheil, Textes lam ites-sm itiques, III, p. 2), in sa-tu-su-nu (ibid., II, 8 ), in EN-LIL(ki) (T hureau-Dangin, op. laud., n 86, rev. 3), in N inni-ab (ibid., n 106, rev. 2 ); ajoutons les dates in 1 atti (ibid., n 86 , face, 9) et in 1 s[atti ] (ibid., n* 144, rev. 4). Par contre, nous trouverons partout ana : a-n a (Stle de victoire, II, 3, et inscription archaque de S cheil, T extes lam ites-sm itiques, II, p. 2 ), a -n a A-ga-ne(ki) (Base de statue, II, 1 1 ), a-na (ilu) N in-ner-unu (Statue 2 , 1 = S cheil, Textes lam ites-sm itiques, III, p. 6 ), a-na . . . (ibid., 3); cf. encore [a-n)a (T hureau-D angin, op. laud., n 166 : bord), [a-n]a (ibid., n 170 : bord), a-na (ibid., n 174 : bord), [a)-na (ibid., n 178 : bord). Donc pas une exception : partout in dun ct, ana de lautre. Une seule des deux prpositions se rencontre dans les inscriptions d A lu-uarsid (H ilp re c h t, op. laud., n 5 sqq.), cest a-n a : a-na (ilu) B el (nos 5 et 6 , 1 ) . Si, quittant les souverains de Kis ou dAgad, nous passons aux patsis de Suse, les mmes constatations nous sont rserves. ' 1 ' La statuette de K aribu a Susinak (S c h e il, Textes lam ites-sm itiques, I, p. 63) porte au dbut la prposition a -n a ; cest encore a-na qui ouvre linscription v o tiv e de

NOTES ASSYRIOLOGIQUES

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Textes lam ites-sm itiques, III, p. 8. La belle stle du mme patsi (S cheil, o p . lau d., IV, pl. II) renferme, plusieurs reprises, la mme prposition : cf. I, 1 ; III, 4, 18. Par contre, nous trouvons in b d b i (ibid., II, 1 ), in ki-si-im (ibid., II, 14), in m e-fri-im (ibid., II, 15), in ali-su (ibid., IV, 7). Signalons encore a-na dans la brique d Idadou (S cheil, op. laud., I, p. 72), 1. 1 , 3, 20 , et dans celle de Temti-Agoun (ibid., I I I , p. 23), 1. 2, 3, 4, 5. En revanche, in dans le texte du lion, 1.15 (S cheil, op. laud., I, p. 66) et dans linscription dIdadou-Susinak, 1. 24 (ibid., III, p. 16). Mais cette dernire inscription nous prsente pour la premire fois i-na (1. 48) c t de in; de mme le monument dAnou-banini, le roi de Loulloubi, 1. 6 ( S c h e il, op. laud., 1 , p. 67). Enfin, lpoque de Hammourabi, ina possde sa vie propre ct de in, en attendant quelle finisse par supplanter la forme primitive. Nous avons donc saisi la prposition ina son apparition dans le vocabulaire baby lonien. Les faits nous ont montr avec toute lvidence dsirable que nous avions in aux origines pour signifier dans , mais ana pour signifier , vers . Lon ne peut donc dire que la forme in reprsente une drivation de ina, ni raisonner sur ina et ana comme sur deux formations parallles. La vrit est que ina est drive de in par pur phnomne danalogie sur ana. Si nous avons insist avec soin sur ltat primitif des prpositions in et ana, cest que nous voulons en tirer une conclusion intressante pour la philologie compare. Il existe en grec une prposition iv * par, entre, etc., ct de la prposition tv dans, en . Celle-ci nest autre quune transformation de la vieille prposition in conserve dans le latin, l'allemand et langlais. Par contre, la forme v se trouve dj dans la langue de l'avesta, ana vers, sur, le long de avec anu qui a le mme sens (cf. de H a r l e z , M anuel d e la la n gu e d e l aoesta, p. 108). Cet ana existe dans le gothique et est devenu an en allemand. Il en rsulte donc que dans les langues indo-europennes nous trouvons une double prposition lmentaire in et ana, l'une avec le sens de dans, en , lautre avec celui de vers, sur . Serait-il maintenant trop hardi de mettre en parallle avec ces deux particules les deux prpositions in et ana que nous avons trouves dans le plus ancien tat nous connu de la langue babylonienne?
S c h e il ,

II. LES SIGNES SA ( ^ J J ) ET SA (^ f) Deux signes semploient concurremment en assyrien pour exprimer la syllabe Sa, est transcrit simplement Sa dans D e lit z s c h , L esestcke, 4e d., p. 40, lautre, est transcrit Sa, ibid., p. 25. Si lon examine les textes archaques, l'on saperoit que le signe ^ na nulle part cette valeur syllabique Sa. Deux signes rendent cette valeur, et ^yyy (cf. S c h e i l, Textes lam ites-sm itiques, III, p. 10). Cette absence de = Sa ne se constate pas seulement dans les textes les plus anciens, mais mme dans ceux de lpoque hammourabienne. Le fait a t signal par Ranke dans sa dis sertation sur Die P erson en n a m en in d en Urkunden d er H am m urabidynastie, p. 10. Cest vainement que S. Daiches a cru pouvoir donner ^ la valeur Sa dans un nom

l'un,

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NOTES ASSYRIOLOGIQUES

propre de cette priode (A ltbabylonische R ed its urkunden, p. 51). Le signe doit y tre interprt par sa valeur idographique, probablement makr, comme le fait remarquer Ranke, dans E a rly B a bylon ia n P erso n a l N ames, p. 228, n. 1 . Lon trouve en effet le signe accompagn une fois du complment g a qui dtermine sa lecture idographique n ig -g a (ibid .). Partout o il sagit du sa relatif, cest au signe que lon a recours. Chez les Assyriens, cest galement que revient primitivement le rle de reprsenter la valeur syllabique a, lexclusion de ^p. Que lon considre par exemple lcriture du pronom relatif a lpoque dAsour-ouballit : tablette de Mardouk-nadinafi ( S c h e il , R ec. d e T rac., t. XIX, p. 46 sqq.), recto, 6 , 10, 13; verso, 10, et Lettre dAsour-ouballit ( S c h e il , B u lletin d e l Institut fr a n a is d a rch o lo g ie orien ta le, t. II), 1. 9, 13, 16. De mme dans linscription de son petit-fils, Poudi-ilou, 1. 5 ( B u d g e et K in g , The A nnals o ft h e K in gs o f A ssyria, p. 3). La syllabe a napparaissait pas dans les textes plus anciens dIrisoum et de Samsi-Adad. Dans les textes dAdad-nirari Ier apparait pour la premire fois la valeur syllabique a pour le signe ^p (cf. Tablette de calcaire, dans B udge et K ing, op. laud., p. 4 sqq., p assim ). Cette valeur lui sera conserve dsormais, de sorte que nous aurons indiff remment en assyrien tjp et pour reprsenter la syllabe a. Pouvons-nous trouver la raison de cette attribution relativement rcente de la valeur a au signe ^p? Ltude des syllabaires rsout le problme. Tout dabord laissons de ct le syllabaire Sa qui, comme Delitzsch le fait remarquer dans ses L esesteke, 4 dit., p. 83, enregistre dans la colonne de gauche les diverses prononciations accu mules pour chaque signe au cours des temps et ne peut nous renseigner sur leur ori gine. Par contre, les syllabaires de la classe Sb prsentent dans la colonne de gauche le nom sumrien qui a donn naissance la valeur syllabique du signe. Or nous trouvons dans la colonne du milieu quatre signes rpondant a de la premire colonne : le cur (dans Sb 55), utilis dailleurs comme syllabe sa dans les inscriptions susiennes ( S c h e il , Textes la m ites-sm itiq u es, I, p. 78, et III, p. 10 ); (Sb 62) dont nous connaissons lusage dans les plus anciennes inscriptions comme syllabe a ; lidogramme du palmier (Sb 1, obv. III, 22); pour signifier mettre en pices (S" 48, 49)'. Le signe ^P napparait pas ltat isol dans la colonne du milieu. Il tait expliqu sans doute dans les lacunes de Sb. Mais nous le trouvons dans le signe com pos de S" 147. Sa valeur nest pas a, mais ga r, puisque lidogramme est expliqu sa -g a -d r et que le premier des deux signes a la valeur sa dans S" 146*. Nous allons voir maintenant comment ct de cette valeur g a r sest ajoute la valeur a. La principale valeur idographique de V t est akdnu (cf. B r. 11978). 1 1 est sr dautre part que les Smites ont forg par acrophonie des valeurs syllabiques nouvelles pour les idogrammes. Si donc ^P napparait comme syllabe a qu une poque plus rcente de lcriture cuniforme, cest que cette valeur a t tire par les scribes baby loniens ou assyriens du mot akdnu. Ds lorigine, au contraire, *TTT et taient
1. Nous citons les syllabaires daprs l dition de Delitzscb, dans Lesesteke, 4* dit., p. 91 sqq. Nous appelons S" le syllabaire compos de divers extraits, bid., p. 105 sqq. 2. De mme dans S" 17 nous avons le signe lu su-ga-ar qui supporte encore ^ *= gar.

NOTES ASSYRIOI.OGIQUES

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dots de cette valeur syllabique, comme l'indique le syllabaire Sb et comme le confir ment les inscriptions archaques. Et ainsi nous saisissons sur le fait le dveloppement du syllabaire assyrien : d'abord, une ou plusieurs valeurs syllabiques dorigine non smitique, coexistant avec la valeur idographique du signe; puis, superposition de valeurs syllabiques nouvelles tires du vocable babylonien correspondant lido gramme. Cest daprs le mme procd que le cur , dabord a, comme nous lavons vu, acquiert ensuite la valeur syllabique lib, lip, parce que le cur se dit en assyrien libbu; de mme, *TM= ajoutera sa valeur afc la valeur ri, cause de ru tte , etc. Nous pourrions multiplier les exemples, ils seraient inutiles. Lorigine sumrienne nexplique pas tout le syllabaire cuniforme, lorigine smitique exclusive ne lexplique pas non plus. Il faut admettre que le signe a eu primitivement une valeur non smitique sur laquelle se sont greffes des valeurs syllabiques nouvelles empruntes aux mots babyloniens correspondant lidogramme.

III. LA NEUVIME TABLETTE SU BPU Dans ses N achtrge aux textes autographis des tablettes su rpu, Zimmern a pu reconstituer presque en entier le texte de la neuvime tablette. Celle-ci est compose de treize incantations toutes rdiges en style idographique, sans traduction smi tique. Il sera peut-tre intressant den donner ici une interprtation aussi complteque possible. Nous nous aiderons, pour ce faire, des parties transcrites et traduites par Zimmern lui-mme, dans son dition de la srie su rpu.
TRANSCRIPTION

1.

2. 3. 4. 5.
6.

n gis-inig' gi-* (dingir) edin-na ma-a* p al-zu an- r'-zu ki-s pa'-su an- gis-bur bur'-ru r'-zu ki- te-me-en' sig'-ga ab'-zu dingir-ri-e-ne pa sag-ba sag-gd a--elteg-a
TRADUCTION

1.

2. 3. 4. 5. 6.

Incantation. Tamaris, arbre parfait, qui pousse dans la plaine, Ta fleur dans le ciel, ta racine en terre : Ta fleur dans le ciel est le giburru librateur (?) ; Ta racine en terre, cest le fondement brillant; Ton vase est (celui) des dieux; La fleur de sa tte est arrose deau par en haut.

btnu tamaris . 2. S 67 : gitmalu. 3. B r., 4302. 4. S 211. 5. S 276, 277 : snu, (K B VI, 1, p. 396). 6. 8 fc172 : padru. 7. S u r men suffixe, cf. P r i n c e , Materials etc., p. xxziv. 8. B r., 7011. 9. Sf c 218 : sappu; cf. M u s s-A rn o lt, /AV., p. 1079. utlu am be
1. S 1, IV, 6 :

126

NOTES ASSYRIOLOGIQUES

7. ka (g a lu ) g l-lu m u-un-el mu-un-lafy-laf). 8 . em e fyul-gl bar-ii fye-im -ta-gub 9. 10 . 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22 . 23. 24. n am -in-nu-u' Sam el su-ab-ta m -a an-ti p a s u ki- r s u * an-ii p a s u an-it im -m i-in-ii ki- r s u *ki-it m u-un-el a b -b a su iib he-en-i-in-lafa-lafy p a sag-ba sa g -g a--elteg-am ka (g a lu ) g l-lu m u-un-el mu-un-lafy-lafy em e fj.ul-gdl bar-it he-im -ta-gub n gi-a z a g g i-el g i a (g )-g a m a -a a n -ta ba-m ul ki-ta ba-m ul an-ta ki-ta m u l-m ul n e-ib -si an-ta s i-d i id in gir) U tu-g ki-ta s -lu h - -u l (d in g ir ) E n -k i-ga -g s a g -g a -s -elteg -a gis-b r-ri-e-[n e] (g a lu ) g l-lu sa g-g a -s -elteg -a ka-bi a -ra -a n -b i ka (g a lu ) g l-lu m u -u n -el mu-un-laf}-[lah)

7. La bouche de l'homme est pure et brillante : 8 . Que la langue mauvaise se tienne lcart! 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. Incantation. Plante matakal, plante pure, qui sort de Yaps, Ta fleur dans le ciel, ta racine en terre : Ta fleur dans le ciel, elle vit dans le ciel; Ta racine en terre, elle est pure dans la terre. Ton vase, que l'incantateur le fasse briller 1 La fleur de sa tte est arrose deau par en haut. La bouche de lhomme est pure et brillante : Que la langue mauvaise se tienne lcart ! Incantation. Roseau saint, roseau pur, roseau qui pousse au centre (du monde), En haut il brille, en bas il brille, En haut et en bas il est rempli de splendeur. En haut il est dirig par Samas, En bas il est rendu parfait par les rites da. Il est arros deau par en haut avec les giburru. De lhomme, arros deau par en haut, la bouche parle : La bouche de lhomme est pure et brillante :
1.

1. M u s s - A r n o l t , HW., p. 614. 2. Lire zu au lieu de pa. Cf. 3463. 5. M u s s - A r n o l t , H W p. 1038.

2.

3. Ou Kl

habiter. 4.

.,

NOTES ASSYRIOLG1QUES

127

25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33.

eme frul-gl bar- fye-imrta-[gub] n eltegsi ka-lufr* azag-azag-[ga] ud frul-la ka-gar kar a\g-ga] e-bar ka-asag nam-tar-[ra] eme te-bi im-mi-in-dub-du[b\ eme te-bi im-mi-in-te-en-te-[en] 1 (gain) gl-lu sag-g a--elteg-a ka-bi a-ra-an-[b\ [ka (ga]lu) glrlu mu-un-el mu-un-lafy-lalf. [eme] }yul-gl bar- fye-im-ta-gub

34. [n mu]n k-ne ki-[r]-ra ... 35. nig-3 [i-gl] * .. . mun k-n[\ 36. iib nig-gl-la ki-r-ra ... 37. kin-sig* il-la te-unu-gal il-la 38. ud-sal'-e-ne an-r fye-an-na 39. (galu) gl-lu sag-g a--elteg-a ka-bi a-ra-an-bi 40. ka (galu) gl-lu mu-un-el mu-un-lafy-lah 41. eme fyul-gl bar- fye-im-ta-gub

25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41.

Que la langue mauvaise se tienne lcart! Incantation. Plante ufyulu cornue, plante nufyurtu sanctifiante, Au jour de la joie elle embellit les penses. La dcision de la bouche pure (en) fixe le destin. La langue, son approche, est apaise; La langue, son approche, est adoucie. De lhomme, arros deau par en haut, la bouche parle : La bouche de lhomme est pure et brillante ; Que la langue mauvaise se tienne ii lcart ! Incantation. Sel manger, qui . . . la totalit, . . . les cratures vivantes, sel manger, Trsor de lincantateur, qui . . . la totalit. Il slve du . . . (?) infrieur, il slve de la grande demeure. Que leur clat soit haut jusquau fondement des cieux ! De l'homme, arros deau par en haut, la bouche parle : La bouche de lhomme est pure et brillante : Que la langue mauvaise se tienne lcart !

*1. D elitzsch , H W., p. 43. 2. M isissner , Supplement, p. 64. Ou bien purifiant lablution de la bouche . 3. Br.> 776 4t B r . , 10003. 5. B r . , 7718. - 6. B r ., 12018. 7. B r . , 12016. 8. B r . , 11873. 9. B r . , 7906. * *

128

NOTKS ASSYRIOLOGIQUE3

42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57.

n gi-erin g a i k u r-ga l-ta m -a kur-ki-el-la-ta nam -tar-ra kur giS-fya-sur-ra ' an u s-sa * ir-si-im '-b i a - (g)-ga d ir ig -g a u d -gig-b a ud-lf}. u d -d g-ga a-sir*-a gub-a kur-ta gu b-a ka (g a lu ) g l-lu m u-un-el m u-un-lah-lah em e fyul-gdl b ar- fye-im -ta -gu b n r ig - li d im -m a (l) ' s i g T r ig - li bit dim -m a(l)* m -a r ig -li kakkul*-bi p a -m u l-b i sufr-sufy a n -na d im -g a l-b i ki-a r-ga l-b i N un -k i-ga" g is g a l m ul-l[a-b]i (d in g ir ) E n -lil-l s i-g a r k a la g-ga -b i " silim -gu b-a k ur-ta gu b -a ka (g a lu ) g l-lu m u -u n -el m u-un-lafy-lafr em e fyul-gl bar-su fre-im -ta-gu b ............... sig -g a -ta s ig - g a

58. n

42. 43. 44. 45. 46.

Incantation. Cire grand, qui pousse dans la grande montagne, Dont le destin est fix en un lieu saint de la montagne, Il slve en haut dans la montagne du baurru, Son parfum emplit le champ, Jour et nuit. Au jour brillant, jour bon, il slve du fond du fleuve, il slve dans la montagne; 47. La bouche de lhomme est pure et brillante : 48. Que la langue mauvaise se tienne lcart 1 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. Incantation. Pin, rejeton vert, Pin nouveau, rejeton qui pousse, Pin dont le vase et la fleur brillante sont exalts, Jusquau ciel son grand pilier, en terre son grand fondement; A ridou est lendroit de sa splendeur, Dans le temple de Bl est sa forte fermeture. Splendide il slve avec perfection, il slve de la montagne. La bouche de lhomme est pure et brillante : Que la langue mauvaise se tienne & lcart 1

58. Incantation. Dans le . . . vert il est cr,


1. Il R., 51, n* 1, reoto, 4 : k u r f y a s u r = iad e -r i- n i montagne des odres . 2. B r., 5060. 3. Br., 5403. 4. Br., 7796. 5. Cf. asurrakku dans D blitzsoh, AH W ., p. 111. 6. B r., 1167. 7. B r., 7010. 8. 8* 167 et KB., VI, l, p. 371. 9. KB.% VI, 1, p. 493 sqq. 10. A lire Urudug-ga. IL B r., 7890.

NOTES ASSYRIOLOGIQUES

130

g a z '-g a l-b i d u g -g a 59. n i'-b i nu s ilig '- g a 60. ki- un-S un-na * ki-Sii a z a g-a z a g-ga 61. -u l (d in g ir ) E n -k i-ga -g 62. im -S -elteg- -elteg-n e 63. u d -r i'-g a n e-in -su m 64. \ 65. 66 . k ar-azag e l t e g s i - a a-azag im -m i-in -su m a 67. 68 . itu im in ud im in (km) ki n a m -tu -tu -n e g i - i d i-d u g-ga * 69. m 70. 71. t -d u g-ga en -g a l (d in gir) E n -k i-ga -g 72. . . . [ -ia ]g-ga d in gir-ra -n a - fre-S i-in -ge-ge
. . . . . . . . . . . .

73. [n d ]in gir-ri-e-n e n ig-n a m -m a tu -u d -d a 74. . . . [(dingir) E ]n -k i-ga -g (d in gir) dingir-E n-lil-l nam-ne( var. m i)-in-tar-ri 75. . . . [azag-g]a-m -b i el-la - m n i-bi lafy-lafr-ga-m 76. . . . m a n ig-n a m m i-in -d g -d g

59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66 . 67. 68 . 69. 70. 71. 72.

...................il ordonne son grand carnage. ...................lui-mme na pas de matre. ...................sur terre ils sont brillants, sur terre ils sont purs. ................... rendu parfait par a; ...................ils ont rpandu. ...................au jour de la ruine, il accorde.
. . . . . . . . . . . . . . . . . .

La muraille sainte qui possde la plante ufyulu cornue a accord une eau sainte.
* 9 0

Au septime mois, au septime jour, lon nentre pas dans le lieu. ...................il atteint le (?j
. . . o a

L'incantation da le grand seigneur. Que la main bienveillante de le ramne & son dieu !
. . .

73. Incantation. 0 dieux, crateurs de toutes choses, par a, Bl qui xe les destins, 74. qui est pur, son cur qui est saint, lui-mme qui est brillant, 75. il rend bonnes toutes choses. 76.
. . . . . . . . . l . Cf. tidku, dans M usb-A rnolt, HW., p. 1148. 2. B r., 8367. 2595.- - 6. B r ., 42.

3. 8 268. -

4. B r., 252. 5. B r., 17

RBCCJHIL, X X IX .

NOUV. 8 R . , X II I.

1 3 0

NOTES SSYRIOLOGIQUES

77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86 . 87. 88 . 89. 90.

a-bi-ta d in g ir -r i-e-n e ni-bi e l-e -n e n a m -a -b i el- m lafy-lafy-ga-m (d in gir) En-ki d u m u -n i (d in gir) A sa ru -ga lu -d g d -m u -u n -d a -a n -d g ' a u -n u - iu * d u g -g a su fy-m e-b i ga b-ga b a -g u b -b a 4 a-ab -b a a z a g-ga b a -n i-in -ga r (ga lu ) g l-lu du m u d in gir-ra -n a -g -elteg -a -elteg- -elteg-d a -n a -n a u -m e-ta g muf).-na u -m e-n i-sig [gidim fy]ul a -ld fy[ul ui]ug frul m ulla fyul d in g ir fyul makim f).ul [galu kul ig i kul ka k]ul em e kul Uk a -ri-a n ig -a g -a * n ig-k u l-d im -m a k a -a -n i . . . [n]e d u g -g a -n a n a m -b a -ge-ge . . . m kalag ig - g a n am -en -n a n a m -lu ga l-la k a la -m a -g . . . su -n a d a g -d a g -g a -n a ' #e-en-f&-f-0,i-e* . . . ni-s, k e-gub su-na ke~9ub . . . g i- p a d su b-b a sa g -g d -n a f c - a

91. n -luk-ko." m e-en -luk~ka m e-en 92. -luk -k a m e-en a z a g-ga m e-en -luk-ka m e-en el-la m e-en 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85.
86 .

87.
88 .

89. 90.

Par son eau les dieux eux-mmes sont sanctifis. Le destin de son eau, lequel est saint etbrillant, a et son fils Mardouk lont ordonn. Eau appele vierge, dont laspect dlivre, Eau sacre de la mer, on la place : L'homme, fils de son dieu, arros parses libations, Touche sa main, frappe sur lui! L ekim m u mauvais, lal mauvais, Yutukku mauvais, le ga ll mauvais, le mauvais dieu, le rab iu mauvais, Le mauvais homme, le mauvais il, la bouche mchante, la mauvaise langue, la sorcellerie hostile, le charme malfaisant de sa bouche, . . . dont lordre nest pas chang, Qui est . . . , le fort, le bienveillant qui possde la domination et la royaut sur le monde, . . . qui lve son corps, quil se lve ! En son . . . Quil se lve ! Que son corps se lve ! . . . qui git dans le utukku, quil soit sur sa tte !

91. Incantation. Tu es l'aspersion, tu es laspersion, 92. Tu es laspersion pure, tu es laspersion sainte!


1. V ir o l l e a u d , Premier Supplment.. 6 5 7 9 . 2. Le groupe u-nu-su = qui ne connait pas le mleo; en assyrien, la pit de D elitzsch , A H W p. 553. 3. Bu., 3043. 4. B r ., 11418, et D e litzsch , AH W .pp. 14. 5. B r ., 12023; lire upas. 6. B r ., 12140. 7. V ir o l l e a u d , Premier Supplment. . ., 5531. 8. Br., 4945. 9. Cf. le^ sutukku 2 de M u s s - A rn o lt , H\V., p. 1133. 10. M u s s - A rn olt , //W.,