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F

FICHE FILM

La corde Rope de Alfred Hitchcock

Fiche technique
USA - 1948 - 1h20 Couleur

Ralisateur : Alfred Hitchcock

Scnario : Arthur Laurents daprs une pice de Patrick Hamilton adapte par Hume Cronyn

John Dall (Shaw Brandon) affronte son ancien professeur JamesStewart (Rupert Cadell)

Musique : Lo F. Forbstein

Interprtes : James Stewart (Rupert Cadell) John Dall (Shaw Brandon) Farley Granger (Philip) Joan Chandler (Janet Walker) Sir Cedric Hardwike (M. Kentley) Constance Collier (Mme Atwater)

Rsum
Deux jeunes homosexuels, Shaw et Philip, viennent dtrangler avec une cordelette leur camarade de collge, David. Ils ont commis ce crime par jeu intellectuel, pour exprimenter des thories qui empruntent Nietzsche, lacte gratuit, un dandysme intellectuel dont linfluence leur vient de leur ancien professeur Rupert Cadell. Cest Shaw surtout qui a men le jeu et il nest pas peu fier de sa russite. Philip, quant lui, est plutt horrifi par lacte auquel il vient de participer. Pour confrer cette journe un caractre vraiment mmorable, Shaw a invit un cocktail les parents de la victime : son pre, dont la femme malade, est absente, sa tante, une vieille femme superficielle et snob, et sa fiance Janet. Shaw demande la bonne de placer les verres et victuailles sur le coffre o est enferm le cadavre. Il a galement convi lancien fianc de Janet, Kenneth, qui il conseille de renouer avec ses anciennes amours. Dernier invit du cocktail ; le Pr. Cadell lui-mme, le seul capable aux yeux de Shaw dapprcier lacte commis et peuttre mme de le deviner

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D Critique

Premier film dHitchcock en couleurs, premier des quatre tourns avec James Stewart, premier o le metteur en scne apparat comme co-producteur. Date importante dans la carrire dHitchcock, La corde est aussi lun des films les plus srieux quil ait jamais tourns. Il est bas sur la formule qui, pendant plus de quarante ans, aura sduit les publics du monde entier : un extrme formalisme mis au service dmotions lmentaires, de thmes universels, lis pour la plupart la morale. Raliser un film en un seul plan a toujours t le rve - plus ou moins avou et conscient - de bon nombre de metteurs en scne. En fait, ce rve correspond au passage la limite de lune des deux principales attitudes esthtiques possibles au cinma : tant donn linvitable morcellement de la cration cinmatographique, ou bien laccentuer et le prendre comme point de dpart de recherches esthtiques valorisant le montage et la multiplication des espaces, ou bien nier ce morcellement en faonnant une continuit qui absorbe tous les espaces en un seul espace, tous les plans en un seul plan. Le cinma de fascination (Lang, Preminger, Siodmak, etc.) cultiv dans les annes 40 aux Etats-Unis portera cette tendance son plus haut degr de raffinement en dveloppant lusage du plan-squence. Et il nest pas tonnant quHitchcock qui considre chaque film comme une gageure, un exercice de style, une manire nouvelle de sidrer le public, ait eu cette poque le dsir dtendre les possibilits du plan-squence la dimension dun film entier. Pragmatique, formaliste, mais non esthte, Hitchcock va tenter cette gageure en la prenant dabord au pied de la lettre : un plan, cest un plan ; donc pas de changement de lieu, donc temps continu, donc pas un seul raccord visible (ce qui va impliquer lutilisation dastuces et de trucages visuels puisque techniquement aucun plan ne peut durer plus de dix minutes de

projection). La gageure nous ramne ainsi au thtre le plus clos et le plus claustrophobique, alors que dans lesprit dun Preminger par exemple le rve du film en un seul plan a quelque chose de cosmique : il sagit dabattre les murailles autour de la ralit pour apprhender celle-ci dans une seule coule uniforme et dans un espace continu. Curieusement, dans La corde, le parti pris, la logique de dpart se perdent en route ou, si lon veut, svanouissent en un harmonieux compromis. Serait-ce que la pure virtuosit lasse finalement trs vite le matre du suspense ? En tout cas un changement de plan sur deux sera absolument normal et visible, le suivant seffectuera sur le dos dun personnage (fondu au noir dguis), et le dernier fondu au noir aura lieu exceptionnellement sur le couvercle du coffre. Alors quen moyenne un film comporte entre deux cents et six cents plans, La corde nen comporte que onze (respectivement de 154, 936, 751, 718, 709, 957, 736, 747, 10, 436, 539). Les dix changements de plan soprent de la manire suivante : 1) changement de plan correspondant un changement de lieu (cest le seul du film : on passe de lextrieur lintrieur de lappartement) 2) sur le dos de John Dall 3) normal 4) sur le dos de Douglas Dick 5) normal 6) sur le dos de John Dall 7) normal 8) sur le dos de John Dall 9) normal 10) sur le couvercle du coffre. Par ailleurs ce film qui refuse le montage est extrmement dcoup et autoritaire dans sa mobilit et sa manire dapprhender lespace. L aussi, il va lencontre de loptique du plan-squence la Preminger qui vise faire oublier au spectateur lexistence de la camra. Ici, la camra reste, du dbut la fin, trs prsente : elle est comme toujours chez Hitchcock le personnage principal de lhistoire, entranant dans son sillage un spectateur soumis et combl. Mis en place avec dlectation par Hitchcock, ce huis-clos o la camra circule au milieu des cloisons escamotables et des meubles roulette comprend la

plus belle dcouverte de lhistoire du cinma (maquette de New York gagne peu peu par la nuit) et ne vise enfin qu un seul but : accentuer de manire stupfiante la tension et le malaise suscits par lintrigue. Aucun film dHitchcock, part Psychose (o le malaise dbouche intervalles rguliers sur la terreur) naura engendr une atmosphre aussi irrespirable. Labjection des deux assassins est relaye un autre niveau par la mdiocrit des autres personnages (notons quHitchcock a vit de mettre dans leur bouche le moindre dialogue brillant). Le pre lui-mme, quHitchcock carte de la mdiocrit ambiante, participe au malaise gnral en tant que victime pitoyablement impuissante - aprs le mort lui-mme de cet holocauste absurde. Quant au personnage de James Stewart (le professeur), il est aux yeux dHitchcock le plus coupable de tous. A cet gard, La corde est un film relativement exceptionnel dans luvre dHitchcock : le spectateur ne peut sidentifier aucun des personnages, sinon peut-tre au mort dans le coffre qui attend (? ) que ses assassins soient reconnus et jugs. Pour le reste, La corde occupe une place centrale au sein de ldifice hitchcockien parce quil consolide justement la morale traditionnelle - universaliste dans son principe de lauteur et limine comme monstrueuse toute tentative de morale individuelle, litiste, qui donnerait un seul tre ou une seule catgorie dtres une place part dans la socit. Le film souligne aussi la responsabilit de lintellectuel dont les paroles, les crits, les thories, les paradoxes doivent tre considrs par lui-mme et par les autres avec autant de srieux que sils taient des actes. On voit que luvre ne plaisante gure. C'est un autre aspect du secret dHitchcock : personne avant lui navait os tre aussi grave en sachant rester aussi divertissant. Jacques Lourcelles Dictionnaire du cinma

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() Comme Hitchcock sintresse avant tout aux aspects techniques dun tournage, aux procds de fabrication ignors des spectateurs qui permettent de rendre convaincante une illusion filme sur un cran, on comprend son choix de La corde pour entamer sa carrire de producteur-ralisateur: ctait le genre de gageure qui le passionnait. La pice dont sinspire le film se droule exactement pendant la dure de sa reprsentation, du lever au baisser du rideau. Pour restituer ce sentiment dcoulement du temps lcran, Hitchcock dcida daller lencontre de ses principes habituels, reposant sur un prdcoupage trs prcis, et prit le parti de tourner entirement le film en plans-squences de dix minutes, correspondant la contenance maximale de la camra en pellicule, soit une bobine de trois cents mtres. Il fallut prvoir exactement chaque mouvement de camra et, pour donner lillusion dune absence totale de raccords, commencer et terminer chaque prise sur un gros plan dun objet ou dun acteur vu de dos. Le but recherch tait de donner limpression dun film tourn en un seul plan ininterrompu, la dure de la projection concidant avec celle de laction. Lunique dcor du film fut agenc avec des murs et des meubles sur roulettes que lon pouvait dplacer sans bruit au fur et mesure que la camra circulait dun endroit lautre. A larrire-plan tait install une maquette de paysage new-yorkais trs raliste : les nuages en verre pil taient dplacs par des machinistes et le ciel, orange au coucher du soleil, devenait noir et scintillait la tombe de la nuit. La couleur tait une technique nouvelle pour Hitchcock ; il lui cota fort cher de sapercevoir aux rushes que lorange du soleil couchant obtenu sur lcran tait tout fait du style carte postale. Cela lobligea retourner entirement les cinq dernires bobines. Au total, La corde revint un million et demi de dollars environ, bien que rien dans limage ne laisse deviner quil sagit dun film

cher. Ce budget lev sexplique la fois par la nature exprimentale du projet et le salaire exorbitant de James Stewart (300 000 dollars). Il fut nanmoins amorti et dgagea mme de modestes bnfices. () La pice est un drame se droulant dans un espace confin, auquel la version filme est reste fidle. Pour adapter leur jeu la technique de tournage prcite, les acteurs durent rpter leur texte comme pour une reprsentation thtrale ; il fallut au total environ dix jours de rptitions puis dix-huit de tournage, dont la moiti consacre refilmer les scnes de crpuscule. Cette exprience ambitieuse ne fut pas entirement couronne de succs, mme si le film trouva, en France, des supporters acharns, tel Henri Colpi : Au fond, sous une technique rvolutionnaire, Hitchcock tourne un dcoupage continu qui est remarquablement adquat, mais orthodoxe - classique et traditionnel comme la crit Andr Bazin. () La camra est ici toute-puissante, elle dcouvre en pleine libert ce qui est essentiel laction. Elle ne suit les personnages en mouvement que si elle le juge ncessaire. Elle sait, elle est au cur du drame. () Rope, Iuvre la plus audacieuse dHitchcock, reprsente, en mme temps que laboutissement des recherches du ralisateur anglais, Iaboutissement de la technique cinmatographique depuis Citizen Kane . (Cin-Digest, n11, mars 1950). ou Franois Truffaut : La corde nest pas quun film exprimental et lon retrouvera dans cette histoire de crime gratuit tous les thmes que dans ses films suivants Alfred Hitchcock devait plus clairement expliciter: la fascination dun tre par un autre, Iidentification et lchange de meurtres. () Le dialogue de La corde est lun des plus intelligents et vrais que jai entendus dans le cinma amricain. (Arts, n 515, mai 1955). Il est vrai que, en dpit de son apparence anticinmatographique, La corde

constitue un tour de force technique, domaine o Hitchcock, plus que tout autre ralisateur, est pass matre. Malgr sa thtralit, le film est, de par la nature de son intrigue, un suspense passionnant. Bien que les criminels suscitent ds labord lantipathie du spectateur, celui-ci est amen souhaiter quils sen tirent ; mais il souhaite galement que le sympathique professeur camp par James Stewart dcouvre le fin mot de lhistoire. Cette situation contradictoire provoque en lui un entrelacs dmotions dont la tension est rsolue par lintermdiaire des acteurs sur lcran. () Hitchcock Robert A. Harris, Michal S. Lasky Ed. Henri Veyrier

Le ralisateur (1899 - 1980)


Deux parties dans la longue carrire dHitchcock : la priode anglaise de 1922 1940, puis la priode amricaine qui le conduit travailler dans les principaux studios dHollyvvood, Paramount, Warner, M.G.M., Fox, Universal. La priode amricaine souvre sur une adaptation de Daphn du Maurier. David OSelznick avait attir Hitchcock aux Etats-Unis pour lui confier la direction de Rebecca avec Joan Fontaine et Laurence Olivier. Cest un triomphe consacr par un oscar. Hitchcock sinstalle Hollywood. Il va utiliser son profit les conditions techniques exceptionnelles qui lui sont offertes. Films despionnage (le terrifiant Notorious qui runit la plus belle galerie de mines patibulaires jamais vue jusqualors lcran), histoires criminelles (La corde, Le grand alibi, avec Marlne Dietrich, Strangers on a Train auquel collabore du bout des lvres Raymond Chandler), simples comdies (M et Mme Smith), Iuvre qui achve de se dessiner va faire dlirer la jeune critique des Cahiers du Cinma et faire passer Hitchcock du

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The rope La corde Under Capricorn Les amants du Capricorne Stage fright Le grand alibi

rang de spcialiste chevronn du suspense celui de grand matre du cinma lgal dun Renoir, dun Murnau ou dun Dreyer. Francois Truffaut expliquera, dans Le cinma selon Hitchcock, les raisons dune telle fascination : "Son uvre est la fois commerciale et exprimentale, universelle comme le Ben-Hur de William Wyler et confidentielle comme Fireworks de Kenneth Anger."

Waltzes from Vienna Le chant du Danube

The man who knew too much 1934 Lhomme qui en savait trop The 39 steps Les 39 marches The secret agent Quatre de lespionnage Sabotage Agent secret Young and innocent Jeune et innocent 1935 1936

1949 1950 1951 1953 1954

Strangers on a train Linconnu du Nord-Express I confess La loi du silence

Filmographie
The pleasure garden The mountain Eagle The lodger Lventreur ou Les cheveux dor Downhill Easy virtue The ring Le ring The farmers wife 1928 La fermire ou laquelle des trois ? Champagne A lamricaine The Manxman Blackmail Chantage Elstree calling avec A. Brunel Juno and the paycock Junon et le paon Murder The skin game Rich and strange A lest de Shanga Number seventeen Numro dix-sept 1931 1932 1930 1929 1927 1925

1937 1938 1939 1940

Dial M for murder Le crime tait presque parfait Rear window Fentre sur cour To catch a thief La main au collet The trouble with Harry Mais qui a tu Harry ?

The lady vanishes Une femme disparat Jamaica inn Lauberge de la Jamaque Rebecca Rebecca Foreign correspondant Correspondant 17 Mr. and Mrs. Smith M. et Mme Smith Suspicion Soupons Saboteur Cinquime colonne Shadow of a doubt Lombre dun doute Life boat Lifeboat Bon voyage (Court mtrage) Aventure Malgache (Court mtrage) Spellbound La maison du docteur Edwards Notorious Les enchans The Paradine case Le procs Paradine

1955 1956

The man who knew too much 1956 Lhomme qui en savait trop 1941 The wrong man Le faux coupable Vertigo Sueurs froides 1942 1943 1944 North by northwest La mort aux trousses Psycho Psychose The birds Les oiseaux Marnie Pas de printemps pour Marnie Torn curtain Le rideau dchir 1945 1946 1948 Topaz L'tau Frenzy Frenzy Family plot Complot de famille 1957 1958 1959 1960 1963 1964 1966 1969 1972 1975

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