0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
627 vues131 pages

Enquête sur les Vols et Explosions au Luxembourg

Requisitoire Bommeleeër Luxembourg Non censuré Source : http://download.rtl.lu/Requisitoire.pdf

Transféré par

Scripts8
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
627 vues131 pages

Enquête sur les Vols et Explosions au Luxembourg

Requisitoire Bommeleeër Luxembourg Non censuré Source : http://download.rtl.lu/Requisitoire.pdf

Transféré par

Scripts8
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Grand-Duch de Luxembourg

PARQUET
DU
TRIBUNAL D'ARRONDISSEMENT
DE
LUXEMBOURG
Not. : 1305/85/CD
Le Procureur d'Etat prs le Tribunal d'arrondissement de et Luxembourg
Vu les rquisitoires MadamelMonsieur le juge d'instruction tendant l'ouverture d'une
infonnation judiciaire des
03 juin 1984,28 avril 1985, 08 mai 1985,27 mai 1985,29 mai 1985,24 juin 1985, 06 juillet 1985,
02 aot 1985, 28 aot 1985, 30 septembre 1985,20 octobre 1985, Il novembre 1985, 09 dcembre
1985,09 dcembre 1985, 17 fvrier 1986,26 mars 1986
l'encontre d'
Inconnu(s)
du chef d'infractions
- aux articles 510, 513, 520, 523,525 du Code Pnal,
- aux articles 398, 399, subsidiairement articles 418 et 420 du Code Pnal,
- aux articles 394, 393 et 51 du Code Pnal,
- l'article 8 de la loi du 02 fvrier 1924 concernant les distributions d'nergie lectrique dans le
Grand-Duch de Luxembourg,
- aux articles, lb, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions.
Vu l'ordonnance rendue le 08 janvier 2010 par Madame le Juge d'Instruction Directeur clturant
l'instruction l'gard de
1. Marc SCHEER, n le 23 juin 1954 Luxembourg, demeurant L-2672 Luxembourg, 1, rue
de Virton,
2. Joseph WILMES, n le 26 dcembre 1956 Luxembourg, demeurant L-6951 Olingen, 11,
rue de Flaxweiler,
3. Inconnu(s)
1
Vu le rsultat de l'instruction qui peut se rsumer comme suit :
l) Faits relevants en relation avec les attentats, rcits chronologiques abrgs
II) Droulement de l'enqute :
a) Difficults de l'enqute
b) Droulement de l'enqute durant et peu aprs les attentats de 1984 1993
c) L'enqute depuis 1997
d) Pistes particulires
e) Les analyses criminelles
ru) Dductions se dgageant de l'analyse des faits:
a) Relations entre les diffrentes infractions
b) L'pisode extorsion et lettres d'extorsion
c) Analyse critique des diffrentes infractions
d) Qualits, connaissances et prises de risques des malfaiteurs
IV) A qui profite le crime?
V) Les avatars de }' enqute
VI) La piste dans la Gendannerie
VII) Analyse des auditions et interrogatoires des diffrents membres
de la Brigade Mobile de la Gendannerie
VDI) En droit
2
page 03
page 42
page 56
page 74
page 77
page 100
page 105
page 125
II) Rcit des diffrents faits en relation directe avec les attentatsl 1
Vols d'exploss Helmsange au cours du week-end du 20 au 23 janvier 1984 2
Selon des traces de souliers trouves sur place au moins deux personnes ont vol dans les carrires
de gypse du Luxite, des dtonateurs pyrotechniques et de la mche. Dans une nouvelle galerie,
une profondeur de 400 mtres par rapport l'entre, elles ont vol tout le matriel ncessaire pour
des explosions pyrotechniques. Eu gard au fait que les carrires totalisent une longueur de 30 km
les auteurs devaient avoir une connaissance approfondie des lieux.
Vols d'explosifs Wasserbillig au cours du week-end de carnaval du 2 au 7 mars 1984
3
Aux moins deux personnes, selon les traces de souliers, ont vol au Dolomithartsteinwerk de
Wasserbillig des dtonateurs lectriques, du Luxite, des cables rallonge, ainsi qu'un exploseur. Le
matriel vol est indispensable pour une explosion lectrique. Ici galement une connaissance des
lieux tait indispensable.
Vols Helmsange au cours du week-end du 1cr au 4 fvrier 1985 et du 09 fvrier 1985
D'une manire identique celle de 1984 au moins deux auteurs ont pntr les carrires de gypse
et la station sismographique sise Relmsange pour y enlever du Luxite, des dtonateurs
pyrotechniques et de la mche 4.
Le troisime vol ft perptr par trois auteurs le 9 fvrier i 985 Relmsange dans la carrire de
gypse de la station sismographique, des outils divers ainsi que du matriel lectronique y ayant
t vols 5.
Pour oprer l'effraction les auteurs ont utilis un coupe-boulons, en dcoupant un anneau de la
chane fermant le portail, ce qui leur permit, lorsqu'ils quittaient les lieux, de replacer l'anneau
d'une manire telle que cet endommagement la chane ne ft dcouvert que bien plus tard.
Vols dans les carrires FEIDT du 15 au 19 fvrier 1985 BROUeR, ALTWIES,
SENNINGERBERG et ERNZEN
Durant le week-end de carnaval du 15 au 19 fvrier 1985 pas moins de 2uatre effractions dans les
carrires FEIDT BROUeR 6, ALTWIES 7, SENNINGERBERG et ERNZEN 9 ont t
perptres. Selon les empreintes de souliers les vols frent oprs par au moins 2 auteurs, et
Ernzen par au moins 3 auteurs.
A noter que l'effraction dans la carrire situe Brouch s'est faite moyennant un coupe-boulons.
Aucun explosif n'y ft vol, pour la simple raison que les explosifs commands par les carrires
1 Un relev chronologique des faits importants en relation directe avec les attentats l'explosif des annes 1984 1986 est joint: pages 129-130.
2 Procs-verbal 27 du 24.01.1984 de lu Gend3mlcrie de Bere1dange / Rapport 392 du 01.l2.2006 du Groupe AE, page 4
3 Procs-verbal 58 du 07.03.1984 de la Gendarmerie de WasserbiJlig 1 Rapport 392 du 01.l2.2006 du Groupe AE, page 4
4 Procs-verbal 40 du 04.02.1985 de la Gcndannerie de Bcreldange 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 6
SProcs-verbal 15 du 19.02.1985 de la Police de Walferdange 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 6
6 Procs-verbal 34 du 19.02.1985 de la Gendannerie de Mersch 1Rapport 392 du 01.l2.2006 du Groupe AE, page 7
7 Procs-verbal 23 du 19.02.1985 de la Gendarmerie de Mondorf1Rapport 392 du ol.l 2.2006 du Groupe AE, page 7
Procs-verbal 39 du 19.02.1985 dela Gendarmerie de RoodtlSyr 1Rapport 392 du 0 1.l2.2006 du Groupe AE, page 7
9 Procs-verbal 15 du 20.02.1985 de la Gendanncre de Larocherte 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 7
3
FEIDT Y avaient t entreposs avant qu'ils frent livrs pour tre par aprs distribus dans les
t
., 10
au res cameres .
A propos du vol par effraction de Luxite, de dtonateurs lectriques et de cordon dtonant
Senningerberg les auteurs avaient un chemin relativement long effectuer entre la carrire et le
parking du terrain de football de Hostert. Le fait qu'un emballage en carton vide et un autre
emballage en carton contenant 2,8 kg de Luxite frent trouvs sur le parking permet de conclure
que les auteurs taient obligs d'agir prcipitemment.
Lors du vol Ernzen, o il y avait au moins trois auteurs, de nouveau du Luxite, des dtonateurs
lectriques et du cordon dtonant rorent enlevs ainsi qu'un exploseur.
La mthode y employe pour perptrer le vol ft pour le moins insolite. Les voleurs ont en effet
essay de dplacer la dalle de bton (d'un poids de trois tonnes) servant de toit au dpt. Ils n'y
russirent cependant pas cause d'un tas de terre appos contre le mur (jusqu' la hauteur du toit).
Ainsi ils ne pouvaient pas faire glisser la dalle suffisamment pour se procurer une entre.
Finalement ils ont for la porte.
Il en rsulte que les auteurs savaient que le toit d'une chambre explosif est, pour des raisons de
scurit, uniquement appos sur les murs extrieurs, fait que seules de rares personnes savent.
Lors du vol Altwies, aprs effraction de deux portes mtalliques l'aide entre autre d'un coupe-
boulons les auteurs ont vol du Luxite, des dtonateurs lectriques et du cordon dtonant.
Les diffrents vols permettent un certain nombre de conclusions:
- le choix de la date a t judicieux puisque le week-end du Carnaval est toujours particulirement
plat o le risque de contrles ou autres drangements tait fort rduit.
- le vol d'une quantit d'explosif aussi importante devait - du moins - normalement inquiter les
autorits.
- les auteurs disposaient d'un endroit sr pour dposer tant l'explosif que le matriel vol.
Eu gard au fait que lors de l'intrusion moyennant effraction dans la carrire FEIDT Brouch
aucun explosif n'y tait dpos ce moment on doit admettre qu'aucune personne faisant partie
des effectifs de l'entreprise FEIDT n'entre en ligne de compte pour tre un des auteurs.
Explosions diriges contre deux pylnes de la CEGEDEL prs de Beidweiler les 30 mai 1984
et 2 juin 1984 Il
Ces explosions taient diriges contre un pilier du pylne 18 de la ligne lectrique qui alimente les
metteurs de R.T.L. Beidweiler. Le 30 mai vers 23.20 une explosion est entendue mais pas
localise dans la rgion de Beidweiler. Le 2 juin vers 23.20 une deuxime explosion entrane la
chute du pylne.
Des procds explosifs utiliss on peut dduire que les auteurs avaient une certaine exprience
avec le maniement de matriel explosif par allumage pyrotechnique et lectrique.
10 Rapport 649 du 20 02.1986 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 7
11 Procs-verbal 1859 du 03.06.1984 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 4
4
Il s'agissait d'une explosion effet direct de sorte que les auteurs de l'explosion taient sur les
lieux au moment du crime. A noter encore que les auteurs ne disposaient ce moment pas encore
de cordon dtonant.
Le matriel utilis provenait des carrires de gypse de Helmsange et de la carrire dolomite dure
de Wasserbillig 12.
Il importe de signaler que les deux explosions ont eu lieu contre le mme pylne dans un intervalle
de 2 jours.
L'analyse du B.K.A. donne lieu aux considrations suivantes propos de ces faits :13
Die Tater mssen praktische Erfahrung bei der Berechnung und Konstruktion bzw. Umsetzung
von Sprengladungen gehabt haben.
Neben den Personen, die eine zivile Sprengausbildung aufgrund ihrer Beruftzugehorigkeit
benotigen (z.b. jr Sprengeinsatze in Steinbrchen), kommen auch Personen in Betracht, die beim
Militar oder bei der GendarmerielPolizei evtl. in diesem Bereich ausgebildet wurden.
Durch die zweite Sprengung bestand grundsatzlich ein erhohtes Risiko. Um emeut gefahrlos an
das Objekt herantreten zu konnen, mussten sich die Tater zunachst vergewissem, dass die erste
Sprengung nicht das erhoffte Resultat erbracht hatte und die Tat noch nicht der Polizei bzw. der
CEGEDEL gemeldet worden war.
Eine Moglichkeit, dieses Risiko deutlich zu minimisieren, konnte durch einen irgendwie gearteten
Zugang zu Informationen aus Polizeikreisen erreicht werden, wie z.B. das Abhoren des
Polizeifunks. Dies msste dann allerdings rund um die Uhr erfolgen um die notige Sicherheit zu
haben.
Um diese Informationen zu erlangen, standen den Tatem drei Tage zu Verjgung. Innerhalb dieses
Zeitraums musste der Tater sein Wissen auch standig aktuell halten, um nicht der Polizei in die
Arme zu laufen, die die Tat evt!. kurz vor der zweiten Sprengung hatte entdecken konnen.
Tout comme entre les vols Helmsange et Wasserbillig, il y avait un laps de temps prolong entre
les vols et l'explosion. Ceci devait se reproduire lors des attentats subsquents o les auteurs
prfraient une prparation minutieuse toute prcipitation: time and space are on our side 14.
Attentat l'explosif Bourscheid le vendredi, U avril 1985. vers 23.00 heures 15
Cet attentat l'explosif tait dirig contre une maison de week-end sise Bourscheid.
Eu gard au fait qu'il n'y a pas eu d'analyse criminalistique, il n'y a pas d'indication dcisive
permettant d'attribuer l'attentat aux poseurs de bombes. Il est exact que les auteurs ont utilis un
coupe-boulons pour pntrer dans la maison et que l'heure de l'attentat se situe dans le crneau
horaire normal des poseurs de bombes 16.
12
Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, pages 21-24
13 Ordonnance No. 219/85 et 80/86 du 04.08.2000 de Mme le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ / Rapport 328 du 14.02.2001 et rapport 330
du 28.03.2001 du Groupe AE / Analyse du B.K.A. pages 5-7
14 cf la 1<e lettre d'extorsion
15 Procs-verbal40 de la Gendannerie de Heiderscheid (Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page Il
16 voir le chapitre III Dductions se dgageant de l'analyse des faits
5
D'un autre ct, il convient de noter que Bourscheid se trouve 41 km de Luxembourg-Ville, donc
trs largement en dehors du primtre usuel des malfaiteurs 17.
Du fait que la maison avait t acquise peu avant l'attentat par l'Etat pour tre dtruite, ce que peu
de personnes savaient 18, on ne saurait dduire la moindre conclusion. Si l'attentat en question a t
commis par les auteurs des autres explosions il a t le seul ne pas avoir le moindre aspect
symbolique.
Attentat l'explosif au lieu-dit Staffelter le 27 avril 1985 19
Lors de l'attentat du 27 avril 1985 vers 23.50 heures contre deux pylnes haute tension au lieu-
dit Staffelter, les pylnes ne frent pas renverss. Les auteurs ont plac l'explosif dclench de
manire pyrotechnique aux piliers de deux pylnes voisins. Ce ft la premire fois qu'on a eu
recours la mthode au cordant dtonant.
Cet attentat donne lieu de la part du B.K.A. aux observations suivantes :20
<<Die Tater schnitten die ersten 10 cm der Zndschnur ab und entzndeten dieses Stck. Es handelt
sich hierbei um einen fachmannischen Handgriff sowohl bei zivilen aIs auch bei militarischen
Sprengungen.
Er dient dazu, die ungefiihre Brenndauer der Zndschnur zu testen und ist aIs
Vorsichtsmassnahme zu werten, wenn das Eindringen von Feuchtigkeit in die Zndschnur zu
befrchten ist.
Der erste Erpresserbrief war bereits vor dem Anschlag verschickt worden (22:00 Uhr). Die
Sprengung selbst erfoigte erst gegen 23:50 Uhr. Die Tater mssen sich somit sicher gewesen sein,
dass die Sprengung gelingen wrde. Ein Scheitem der Sprengung war demnach nicht
einkalkuliert.
Die Tater verjgten wohl ber gute Sprengkenntnisse. Die Qualitat der Sprengung ist gegenber
dem Anschlag in Beidweiler gestiegen. Das wird durch die Kombination von Sprengschnur und
Zndschnur belegt. Die Konstruktion der Sprengvorrichtung, mit der Verknpfung der einzelnen
Ladungen durch Sprengschnur, und die Mengenberechnung zur Durchtrennung des Materials
vermitteln einen professionellen Eindruck. Die Tater hatten jedoch weniger Kenntnis ber die
Statik von Strommasten, wodurch sie die Ladungen ungnstig platziert hatten. Der Tatort bildet
zwar gute theoretische Kenntnis, aber wenigpraktische Erfahrung ab .
17 Tous les attentats ont eu lieu Luxembourg-ville et dans les environs trs immdiats
18 Rapport 482 du 10.05.2006 du Groupe AE, audition Alfred TROSSEN
19 Procs-verbal 123 du 28.04.1985 de la Gendarmerie de Bereldange 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 43
20 Analyse du B.K.A. page 15
6
1ire lettre 21
La premire lettre d'extorsion est parvenue la CEGEDEL le 29 avril 1985 entre 09.00 et 10.00
heures. Monsieur le colonel WAGNER en a t infonn et la lettre parvint dans l'aprs-midi au
Service de la Sret Publique. Elle a t expdie le samedi 27 avril 1985 et a t tamponne
22.00 heures 22,
Cette lettre a la teneur suivante:
on satprday the 27th of april at 2345 we destroyed
two of your high tenSion pylons. the explosifs
placed on four fram the eight socles available.
, this ia our deal .
you pay us 250 COD US dollar. in return we stop
destroying .your high tension pylcns.
2 you
Vou go te the nluxemburger lJIort" and adveI'tise .the
followin9 text under the rubric
text: "cherche trefle noir avec voilier"
this must on friday and saturday
the 10th and 11th of may in the said new5paper.
contact wi11 be maintainad and conditions will ba
spBcified OD a 1ater date.
3 you da nat agree
the teKt. in 2 dOE!s not appear on the said dates.
r'l-O further contact is made. time and space are on
our sida.
4 any case
no information Ls gluen ta and/or
press. will be punished. the heads are
cons1dered te be responsible.
to be sure te deal us in a maybe next let ter
check latter/figure code on the other side.
Les auteurs y revendiquent l'explosion du Staffelter et exigent une ranon de 250.000 US-Dollars.
De mme ils exigent une publication dans le Luxemburger Wort du vendredi lamai et samedi Il
mai de l'annonce cherche trfle noir avec voilier , pour le cas o la CEGEDEL serait d'accord
payer la ranon.
21 Procs-verbal 1540 du 29.04.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 12
22 Ceci dmontre que la lettre a t poste avant l'attentat.
7
Le B.K.A. estime que cette lettre est particulirement importante, les auteurs s'tant exprims face
au fait commis, permettent ainsi une prise de contact, bien qu'indirecte est donnent la Police des
infonnations et lments en vue du dbut d'une enqute judiciaire.
Auszug :23
Der Text ist in englischer Sprache verfasst wobei es sich um ein Ablenkungsmanover handelt.
Die Anzeige imLWwirdjedoch in franzosischer Sprache verlangt.
Der Verfasser ist sicher in Form und Umgang mit Schreibmaschinen.
Verweis au!Gestaltungsmerkmale wie in dienstlich abgefassten Polizeiberichten.
(Stempeidatum weisr daraujhin, dass dieser Brie/vor dem Anschlag aufgegeben wurde).
Wichtige Angaben sind durchnumeriert. Der Verfasser ist gewohnt zu schreiben und Sachverhalte
klar darzusteUen.
Der Autor macht punktgenaue Querverweise innerhalb des Textes. Es ist dem Erpresser wichtig,
dieses formale Element zu benutzen. Der formai sichere Umgang mit diesem
Textgestaltungselement zeigt, dass der Verfasser gebt in seinem Gebrauch ist. Dieser Stil findet
z.b. in Vertragen, polizeilichen oder militarischen Befehlen berechtigte Anwendung.
Angesichts des Schadens u. der finanziellen Potenz der CEGEDEL im Vergleich zur lacherlich
geringen Forderung (250.000$), war eine Erpressung mit tatsachlicher Geldbergabe nicht
geplant. Vielmehr geht es hier um den Aujbau einer Legende, die aber eine gewisse Zeit und zu
einem bestimmten Zweck ausserhalb der Erpressung aufrecht erhalten werden musste.
Dem Schreiber scheint allerdings von Bedeutung zu sein, dass "Verrat" bestraft wird. Die Analyse
schlussfolgert, dass dies darauf hinweist, dass der Schreiber entweder schon eigene negative
Erfahrungen in dieser Richtung gemacht hat, oder ein ausgepragtes Gerechtigkeitsempfinden hat.
Die Hauptmotivation fir die Anschlage drfte also in dem Bestreben zu finden zu sein,
Verantwortliche zur Rechenschaft zu ziehen. Das ist zumindest ais Begrndung nach aussen hin
anzunehmen. Die Frage steUt sich wie der Erpresser dies bewirken will und welches Interesse er
daran hat. blicherweise ist ein Erpresser an dem Erfolg einer Geldbergabe interessiert.
Die Forderung keine Polizei, Gendarmerie oder Presse einzuschalten ist in Erpresserschreiben
blich. Die Position innerhalb des Textes ergibt, dass dem Autor dies nicht so wichtig ist, sonst
wrde sie weiter vorne im Text stehen.
Die Tater weisen in einer Art und Weise aufdie Bedeutung des Codes hin, wie er eigentlich nur fir
die polizeiliche Sachbearbeitung Bedeutung hat. Der Code dient einerseits pragmatisch dazu,
Aktionen von Trittbrettfahrern von solchen des Erpressers zu unterscheiden. Die Notwendigkeit
hierfir ist eigentlich eher ein Bedrfnis der Polizei. Der Autor hat anscheinend Verstandnis jr
dieses Bedrfnis und macht es sogar zu seinem eigenen.
23 Analyse du B.K.A. page 12
8
Attentat Pexplosif au lieu-dit Schlewenhaff le 7 mai 1985 23.20 heures 24
Les auteurs ont fait tomber par explosion pyrotechnique le pylne no 9 de la ligne Bertrange -
Cloche d'Or. Le poids des cbles a entran le repliement des pylnes no 10, Il'et 12. Les cbles
sont tombs par terre sur une longueur de 2,5 km. Un attentat d'autant plus spectaculaire vu aussi
que les cbles tombaient sur l'autoroute et provoquaient des accidents avec des blesss.
Ainsi qu'il a t relev ci-dessus les auteurs de la premire lettre ont demand
(1) une ranon de 250.000 dollars amricains,
(2) la publication au Luxemburger Wort d'une annonce avec le texte suivant cherche trfle noir
avec voilier ,
(3) cette publication devant avoir lieu les vendredi, 10, et samedi, 11 mai 1985 au cas o la
CEGEDEL serait prte payer la ranon,
(4) ils interdisent toute information la Police, la Gendarmerie et la presse.
Comme on pouvait s'y attendre il y eut de longues discussions entre des membres du
Gouvernement 25, les responsables de la CEGEDEL 26, des officiers de la Gendarmerie 27 et les
magistrats en charge du dossier 28.
Au cours de l'aprs-midi du 7 mai 1985 la CEGEDEL, qui on avait demand la ranon, avait
decid de ne pas payer la ranon 29 et l'explosion se produisait le mme soir au lieu dit
ScWewenhaff 23.20 heures.
Il est tonnant que l'attaque contre cette ligne ne conemait pas directement la CEGEDEL, vu
qu'elle tait la proprit de la Ville de Luxembourg. La CEGEDEL n'en assurait que la
maintenance. Les auteurs ne pouvaient pas connatre ce fait parce que cette ligne ne se diffrenciait
en rien des autres 30.
Le fait que l'attentat n'tait pas dirig contre un pylne de la CEGEDEL prouve toutefois que les
fuites de l'enqute ne provenaient pas d'agents de la CEGEDEL qui auraient su que le pylne
n'appartenait pas la CEGEDEL. TI y avait en effet une certaine mfiance entre la CEGEDEL et la
Gendarmerie quant la question de savoir si les fuites provenaient de la CEGEDEL ou de la
Gendarmerie 31.
Le 8 mai 1985, le juge d'instruction ordonnait l'interception du courrier destin la CEGEDEL
afin d'tre en possession le plus tt possible des lettres d'extorsion de fonds potentielles 32.
Le mme jour, Monsieur Marcel SCHLECHTER, Ministre de l'Energie, a dclar la presse que
l'Etat ne se laissait pas extorquer, ce dont on peut dduire que les auteurs de la demande de fonds
s'adressaient en ralit l'Etat et non la CEGEDEL 33. Par cette dclaration, l'extorsion tait
devenue publique.
24 Procs-verbal 155 du 07.05.1985 de la Gendannerie de Bertrange 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE. page 44
25 Messieurs les Ministres SANTER, SCHLECHTER, KRIEPS. FISCHBACH (Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE)
26 Messieurs ALESeH, KREMER (Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE)
27 Colollel WAGNER. Ill. SCHOCKWETLER (Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE)
28 Procureur d'tat adjoint HARY. juge d'instruction GOERENS, substitut SCHMIT (Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE)
29 Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE. livre de Monsieur KREMER page 3
30 Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE, livre de Monsieur KREMER page 4
3J Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE, livre de Monsieur KREMER page 4
32 Ordonnance 219/85 du 08.05.1985 du juge d'instruction Mathias GOERENS
33 Rapport 565 du 01.08.2006 du Groupe AE, chapitre Attentat Scblewenhaff
9
Le jeudi 9 mai la CEGEDEL reoit une i
me
lettre d'extorsion 34 o les auteurs revendiquent
l'attentat du 7 mai et exigent que l'argent devrait tre prt pour le 13 mai et que la remise des
fonds devait s'oprer durant la visite du pape Luxembourg (15 au 17 mai 1985). Dans cette. lettre
on crit:
on tuesday the 7th of may et 2300 we
insisted ta remind you of our ceal.
sincE we hope tht you be advised
the 250 000 us doller must be at your disposEl
on monday cf at the latest. the transfer
of money plcce during that wEek
1 .
\ pope week).
the money must be put in identical shock proved
and resistant begs. each bag containing
125 000 US dollar.
a11 details will be specified on the day of
transfer itself.
,,- .
Le B.K.A. a fait l'analyse suivante de cette lettre (extraits) :35
Der Brie! beginnt wieder mit einem Rckverweis auf den Anschlag Schlewenhaff und den im
vorhergehenden Brief angekndigten Deal. Es ist also nach wie vor wichtig, dass bezglich der
Tater und der Motive nach aussen (zum Adressaten hin) Eindeutigkeit herrscht. Das wird auch
durch das Codewort am Ende des Briefes gesttzt.
Die in diesem Schreiben scheinbar enthaltene Begrndung jr einen weiteren Anschlag ist bei
naherer Betrachtung keine wirkliche Begrndung, da der Brief nicht auf ein Ereignis verweist,
welches Ausloser jr die aus Tatersicht notwendig gewordene "Erinnerung" war. Eine solche
"Erinnerung" ware z.B. dann notwendig gewesen, wenn die CEGEDEL sich nicht an die Vorgaben
der Tater gehalten hatte, die Anzeige zur vorgegebenen Frist zu schalten. Tatsachlich war es
jedoch so, dass die Frist zur Schaltung der Anzeige noch nicht abgelaufen war, als der nachste
Anschlag bereits durch die Tater durchgejhrt wurde. Insofern missachteten die Tater damit ihre
eigenen Vorgaben.
Auch bei diesem Schreiben fiillt au! dass die Tater sich einer militarischen Schreibweise bei der
Uhrzeit bedienen.
34 Procs-verbal 1542 du 09.05.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AB, page 14
35 Analyse du B.K.A. page 18
10
Interessant ist, dass die "Pope week" als Woche jr die Geldbergabe von den Tiitern bestimmt
wurde. UntersteUt man einen gewinn- und erfolgsorientierten Erpresser und dass er selbst die
Forderung, die Polizei und Gendarmerie nicht einzuschalten, jr wichtig hiilt, so wrde er sich
vermutlich nicht einen Zeitpunkt aussuchen, zu dem die Strassen von Sicherheitskriiften wimmeln.
Der Aufwand der bisherigen Taten und der bisherigen Schiiden steht in keinem Verhiiltnis zur
Erpressungssumme.
Den gewinnorientierten Tiiter konnen wir somit als unwahrscheinlich ausschliessen. Es bleibt der
Tater, dem es um andere Dinge geht.
Interessant ist auch, dass die Forderung, Polizei, Presse und Gendarmerie nicht einzuschalten,
nicht wiederholt wird. Es scheint jr den Tater nicht wichtig zu sein, ob oder ob nicht. Kommt man
hier wieder auf die Terminierung der Geldbergabe zurck, so ware eine denkbare Begrndung
jr diesen Zeitraum, dass der Autor annehmen kann, dass die Polizei in dieser Zeit gebunden ist
und durch die Geldbergabe zusatzlichen Stress hat. ln Puncto erfolgreicher Geldbergabe hatte
er jedoch daraus keinen Vorteil, weil er ja nicht berblicken konnte, welche Polizeimassnahmen
dem Papst und welche der berwachung der Geldbergabe gelten wrden.
Die Tiiter unterliessen es erneut, eine genaue Stckelung der ge/orderten Summe vorzugeben. Geht
man davon aus, dass man die Summe in $100,--Noten bergeben hatte, so ergeben sich fr die
2500 Scheinefolgende Mass- bzw. Gewichtsangaben: Gesamtgewicht ca. 2,5 kg - Masse: 156 x 66
x 300 mm. Alle Dollarnoten haben dasselbe Gewicht und die gleichen Abmessungen. Unter diesem
Gesichtspunkt macht es zumindest aus Transportgrnden keinen Sinn, die Summe zu teilen und in
zwei Taschen zu verpacken.
Der zweite Briefwurde verfasst und aufgegeben, bevor der Geschiidigte durch das im ersten Brief
ge/orderte Inserat sein Einverstiindnis signalisieren konnte. Insofern ist er zu diesem Zeitpunkt
berjlssig, bzw. die Information hiitte schon im ersten Brief gegeben werden konnen. Hieraus
folgt, dass der Autor im Moment grosse Eile und zeitlichen Druck hat. Denkbar wiire, dass der
Druck daraus resultiert, dass er die bergabe unbedingt wiihrend des Papstbesuches haben will.
Es istfestzustellen, dass der Autor im Sinne einer Erpressung eine schlechte Tatplanung hatte.
Jedoch fielen die Sorgfalt und der Aufwand au/, die bei der formaI korrekten Abfassung der
Erpresserschreiben an den Tag gelegt wurden. Der Autor blieb auch weiterhin dabei, das
Schreiben mit Schreibmaschine abzufassen. Es finden sich keine Druckfehler in dem Schreiben.
Bei diesem Schreiben wird deutlich, dass der planerische Aufwand der Durchfhrung der
Sprengstoffanschlage hoher ist aIs bei der Erpressung.
Die usserung einer Tatergruppe in Richtung der Offentlichkeit wird immer von einem
Meinungsfhrer innerhalb der Gruppe bestimmt. Das bedeutet, dass in der Gesamtplanung aller
Aktionen dieser Gruppe die Durchfhrung von Attentaten Prioritat hat, jedoch nicht die
Durchfhrung einer Erpressung. Zumindest scheint es den Tiitern nicht um den Erhalt von Geld zu
gehen.
Le 10 et 11 mai l'annonce demande est publie au Luxemburger Wort 36.
36 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE. page 18
11
La 3
ime
lettre 37 parvient le 15 mai 1985 la CEGEDEL avec l'intitul OPERATION
ARTABELY ) et a le contenu suivant:
Llf
J
Lr1rlT l DN

the following points have to be precisely applied in the
order listed. any irregulrity will result in canceling
our dea L
-

first move
, on wednesday the 1Sth of may one competent person of youx
choice must drive from luxembourg to the railwaystation
in clervaux.
this person takes along the two bags containing 125 000
US dollar each.
3 st the railwaystation in clervaux the person enters the
public telephone box in front of the BIL it finds
a next letter{ bottom, right hand corner ).
conditions
the .person nf your choice must understand english.
the car must be an official CEGEDEL car.
you have ta go via mersch, ettelbruck. diekirch.
you have to be in clervaux at 1220 st the latest.
the letter must not be removed from the telephone box
than 1220 and not later than 1230.
this first move has to be applied as such unless other
:::-erSDn -conc.e-r-ne-d .--
37 Procs-verbal 1543 du 15.05.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 20
12
Les auteurs exigaient que la ranon ait lieu le mme jour et annoncent qu'un nouveau message
serait dpos dans une cabine tlphonique prs de la Gare Clervaux. Ils imposaient diverses
conditions remplir. On attendait de nouvelles indications pour la continuation de la procdure
suivre pour la remise de la ranon, mais aucun message n'tait dpos dans la cabine.
Le B.K.A. a fait l'analyse suivante de cette 3
ime
lettre :38
Der Briefist berschrieben mit OPERATiONARTABELY. Es handelt sich um ein Akronym
von Betrayal = Verrat 39. Es war dem Autor wichtig, die Geldbergabe mit einem gesonderten
Namen innerhalb der gesamten Erpressung zu versehen, den sein Gegenber - also die
Gendarmerie - jedoch relativ leicht hatte entschlsseln konnen.
Der Brief enthalt wiederum keine Schreibfehler und ist sehr gut gegliedert. Er enthalt sowohl
durch Nummerierung aIs auch durch Bindestriche gegliederte Textbereiche, die jeweils mit
berschrift versehen sind. Das Gestaltungsmerkmal des E-Briefes findet sich auch in dienstlichen
Berichten der Polizei bzw. Gendarmerie Luxemburgs in unterschiedlicher Auspragung wieder
(Strichlinien mit Bindestrichen, mit Gleichzeichen, mit Stemen oder ais durchgehende Linie). Sie
sind anscheinend kein zwingender Standard bei der Polizei. Der Tater hat die Entscheidung
getroffen, die Strichelung zu verwenden, die bei der Polizei anscheinend am meisten genutzt wird.
Die Tater fordem wiederum nicht, die Sicherheitskrifte herauszuhalten. Es scheint den Tatem
also klar zu sein, dass die Polizei beteiligt ist und es drangt sich der Eindruck auf, dass die Tater
es im Rahmen ihrer weiteren Tatausjhrung sogar erwarten.
Une voiture portant l'inscription CEGEDEL se rend Clervaux, conduite par un agent du Service
de la Sret Publique. La cabine tlphonique tait observe par la Gendarmerie entre 09.00 heures
et 13.00 heures 40.
Aucune lettre manant des auteurs ne ft trouve dans la cabine tlphonique.
Le B.K.A. fait au sujet du mode opratoire exig les observations suivantes :41
Es gab keine gute Planung im Sinne einer erfolgreichen Geldbergabetour. Die Forderung den
Zettel nicht vor 12:20 Uhr zu entfemen, macht berhaupt keinen Sinn. Warum soUte der Bote nicht
frher erfahren, was er aIs nachstes machen soU. Doch nur wenn vor 12:20 Uhr gar kein Zettel
dort liegt oder wenn der Tater sehen will, wie sein Zettel aufgenommen wird und von wem.
Die in dem Brief dargesteUte Vorgehensweise beinhaltet bei strikter Befolgung fUr den Tater ein
sehr hohes Festnahmerisiko. Durch die genauen zeitlichen Vorgaben setzt der Tater sich selber
dahingehend unter Druck, dass vor 12:20 Uhr niemand den Brief wegnehmen darf, was er nur
dadurch sicherstellen konnte, dass er sich entweder selber vor Ort aufhalt und dajr Sorge tragt,
dass der Brief an seinem Platz bleibt oder dass er den Brief erst zu diesem Zeitpunkt dort
deponiert.
Die Attentate fanden in der Nacht statt, die dem Tater eine sehr gute Deckung bot. Die
Entscheidung, die Geldbergabe am Tag zu starten, steht hierzu im Widerspruch.
Die Tater haben das Aussehen der Taschen sowie die Stckelung des Geldes nicht vorgegeben.
38
Analyse du B.K.A. page 20
W ..
Cet acronyme est rsolu par les auteurs dans leur 4''''< lettre.
40 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 21
41 Analyse du B.K.A. page 22
13
Il est vident que les auteurs devaient admettre que la cabine tlphonique tait observe, que par
l'indication qu'on ne devrait pas s'y rendre avant 12 heures 20, le risque de se faire arrter tait
lev au point qu'on peut dire que si quelqu'un avait dpos une lettre dans la cabine tlphonique
il se serait de facto livr la Police. En d'autres mots, il n'y avait pas lieu d'tre grand clerc pour
au moins se poser la question si cette demande de ranon n'tait pas une vaste blague.
Gographiquement Clervaux, situ dans une profonde valle et d'un accs difficile, est pour un
ranonneur peut-tre au Luxembourg l'endroit le moins propice pour une remise d'argent.
Il importe encore de noter que les forces de l'ordre s'taient prpares depuis des mois
spcialement pour la visite du pape o des mesures de scurit exceptionnelles avaient t prises.
Ainsi, le deuxime canal du rseau radio des forces de l'ordre, attribu en temps ordinaire aux
forces de l'ordre du Nord du pays n'tait pas leur disposition parce qu'il tait dvi vers le centre
du pays 42.
Au moins la question semble ds lors permise si les auteurs des attentats en taient informs et ceci
d'autant plus que Clervaux est situ en dehors de leur zone d'activit habituelle, signalant ainsi
leur connaissance d'une des faiblesses des forces de l'ordre.
La Gendarmerie tait arrive au bout de ses moyens, les auteurs des attentats ayant pris rendez-
vous lors de la semaine de la visite du Pape, priode pour laquelle tous les agents de la
Gendarmerie et de la Police ont dj t mobiliss afin d'assurer la scurit du pape.
Explosion auprs du btiment de la Gendarmerie Luxembourg-Verlorenkost le 27 mai
1985 22.55 heures. 43
Cet attentat, qui eut lieu le lundi de Pentecte, tait dirig contre le btiment de la Gendarmerie.
Plus exactement une charge allumage pyrotechnique a t dpose directement sous les fentres
des bureaux des commissaires de la Sret Publique HAAN et LOUTSCH qui taient cette
poque en charge de l'enqute.
Le fait est que parmi les quatre btiments occups par la Gendarmerie au Ver1orenkost, celui du
Service de la Sret Publique n'tait pas le plus prestigieux. Un attentat contre le btiment abritant
le commandement de la Gendarmerie ou encore celui de la Brigade Mobile (B.M.G.) (qui avait fait
l'objet deux mois prcdents d'un article trs dvelopp, et illustr de nombreuses photos dans
1'hebdomadaire TELECRAN 44) aurait t bien plus porteur auprs de l'opinion publique.
Les auteurs de l'attentat ont cependant prfr oprer l'explosion auprs de ce btiment qui tait le
seul au moment des faits dont un certain nombre de bureaux taient illumins et occups (donc des
gendarmes ou autres personnes, des tmoins potentiels s'y trouvaient) 45. Le risque d'y procder
l'attentat tait donc infiniment plus important que de ce faire auprs d'un autre btiment.
Comment peut-on expliquer cet attentat autrement que par le fait que les auteurs de l'attentat
voulaient dmontrer leur supriorit la Gendarmerie et humilier celle-ci ? Les auteurs de cette
provocation taient bien trop intelligents pour ne pas se rendre compte que cet attentat, o il y avait
un danger rel qu'ils pouvaient tre identifis, que cette provocation ne pouvait que stimuler
l'ardeur de la Gendarmerie de les identifier, ce qui rendait leur tche en principe bien plus
complique.
42 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 23
43 Procs-verbal 3386 du 27.05.1985 de la Gendarmerie de Luxembourg 1 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 45
44 Rapport 493 du Il.07.2005 du Groupe AE, pages 289-295 - Tlcran W 12 du 23.03.1985
45 Deux gendannes, Nico E1CHER et Michel CONRAD, se trouvaient au bureau. Ayant respir les fumes dgages par la mche, ils se sont rendus
sur un balcon afm de vrifier leur provenance et ils ont ainsi t blesss par l'explosion.
14
Explosion d'un pylne Itzig le 28 mai 1985 23.45 heures 46
Cet attentat a t dirig contre un pylne de la mme conduite d'lectricit qui avait dj t
attaque lors de l'attentat Staffelter du 27 avril 1985 47.
Lors de cette explosion pyrotechnique deux piliers du pylne numro 30 de la conduite Heisdorf-
DUPONT-DE NEMOURS frent dtruits.
Cet attentat est un nouveau pied-de-nez aux forces de l'ordre, qui a lieu non seulement le
lendemain de l'attentat au btiment du Service de Sret Publique mais montre aussi l'impuissance
des forces de l'ordre. Durant la journe de l'attentat Itzig la presse avait rappel que la
Gendarmerie continuait effectuer une surveillance particulire du rseau lectrique et ceci surtout
aux points nvralgiques 48. TI faut prciser que cette surveillance particulire consistait en la
dsignation de trois patrouilles qui devaient surveiller tout le rseau lectrique et autres points
nvralgiques de la ville de Luxembourg et de ces environs 49.
Quant la deuxime explosion Itzig le 29 mai 1985 00.20 50
Une quarantaine de minutes aprs l'explosion dirige contre le pylne d'lectricit, une petite
charge explosait environ 70 mtres du pylne attaqu, dclenche galement de manire
pyrotechnique avec une mche trs courte.
Dans la 4
ime
lettre d'extorsion qui parvient le 30 mai 1985 la CEGEDEL 51, donc deux
semaines aprs la tentative de remise de fonds ayant d prendre son dpart Clervaux, les
auteurs donnent les instructions suivantes :
46 Procs-verbal 1892 du 28.05.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.I2.2006 du Groupe AE, page 49
47 voir ci-dessus page 6
48
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 50 1Rapport 493 du 11.07.2005 du Groupe AE, page 81
49 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 50 et Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE chapitre II page 2 avec annexe 1.1.-1.2.
50 Rapport 1933 du 03.07.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 50
51 Procs-verbal 2101 du 30.05.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.I2.2006 du Groupe AE, page 24
15
on monday 29th of april at 1030 you have taken the
risk to inform gendarmerie about our deal, hoping that
THEY would catch us during the money
however there were two why rHEY did not catch
us:
'.
THEY are wurSe than cup scouts
the simulated money transfer on1y agame
( opration "ar tabelyli ,.0; oparation Itbetrayal
ll
)
we hcpe THEV enjcyed viaiting clervavX.
this 1s our last you wish a true
monay tranSTer (amount 750 000 US dollar)
you contact U5 thG same ilS the first
tima.
play game ?
Cette lettre donne lieu l'analyse suivante de la part du B.K.A. :52
Das Wort "THEY" ist grossgeschrieben und hat damit fUr die Tater eine bestimmte Bedeutung.
Es ist denkbar, dass die Tater damit eine bergrosse Distanz zur Polizei, auf die sich dieses Wort
"THEY
II
bezieht, andeuten wollen, die es vielleicht in der Realitat nicht gibt.
Die genaue Uhrzeit soll die Omnipotenz der Tater anzeigen, was jedoch auch dazu fUhrt, dass sie
damit ihre Erkenntnisquellen offenbaren.
Es ist keinerlei Verargerung ber die misslungene Geldbergabe zu erkennen. Auch werden keine
Grnde beschrieben, warum die Geldbergabe scheiterte.
Die Tater erwahnen ausdrcklich die Gendarmerie, nicht aber die Polizei. Sie weisen ausserdem
au!eine generelle Unfiihigkeit der Ordnungskrafte hin: IITHEY are acting worse than cup scouts Il.
Die Auflosung des Akronyms IIArtabely" deutet an, dass die Polizei durch das Losen des Ratsels
die Erkenntnis, dass es sich bei der Geldbergabe aus Tatersicht nur um ein Spiel gehandelt hat,
auch selbst hatte erlangen konnen. Hier bleibt unklar, was die Gendarmerie hatte anders tun
konnen, wenn sie das Ratsel vor der Geldbergabe aufge/ost hatte.
52 Analyse du B.K.A page 26
16
Bei dem 2. Satz werden die Begriffe "Simulation-Spiel-Verrat" in einen Zusammenhang gestellt.
Der Begriff "Betrayal" hat eine zentrale Bedeutung 53.
"Betrayal" ist ein Synonym zu "disloyality". Um eine begehen, muss vorher ein enges
(Treue-) Verhaltnis bestanden haben.
ln dem gesamten Schreiben nehmen die Tater an keiner Stelle Bezug zu den beiden
vorangegangenen Anschlagen aufdas Gendarmerie-Gebaude und in Itzig, sondern ausschliesslich
aufdie "gescheiterte" Geldbergabe in CLERF.
Das vom Tater geforderte Signal hinsichtlich der Teilnahme ist unvollstindig beschrieben undfir
eine erfolgreiche Durchfihrung zu schlecht geplant. Es wurde zwar angegeben, aufwelchem Wege
sich die Fa. CEGEDEL melden sollte, nicht aber welche Zeit. Es ist weder ein Wochentag noch ein
Datum genannt, was fir den Tater bedeutet, dass er jeden Tag erwahnte Zeitung lesen muss, um
festzustellen ob die CEGEDEL weiterhin "spielen" mochte. Hier stellt sich die Frage der
Ernsthaftigkeit der Vorgehensweise des Titers.
Cette quatrime lettre a suscit une certaine consternation auprs de la CEGEDEL et de la
Gendarmerie tant donn
- qu'il en rsultait que les auteurs savaient la date et l'heure o la CEGEDEL avait inform la
Gendarmerie de la rception de la premire lettre (le 29 avril 1985 vers 10.30 heures) 54,
- que l' acronyme ARTABELY - BETRAYAL tait rsolu,
- que la Gendarmerie allait excuter la remise de la ranon, de mme le fait
- que le montant de la ranon ft multipli par trois sans que de nouvelles exigences soient
formules, ce qui paraissait assez nigmatique.
Ainsi les auteurs ont soulign leur omnipotence, qu'ils savaient tout et matrisaient parfaitement la
situation.
La dernire phrase de cette lettre relve de la pure provocation puisque les auteurs s'adressaient
la CEGEDEL, bien que leur interlocuteur vritable soit la Gendarmerie et demande la
CEGEDEL qu'elle publie en cas d'accord la mme annonce (cherche trfle noir avec voilier) qui
avait t publie auparavant par voie de presse.
La demande de faire publier, sans prciser de dlai, la mme annonce, entretemps largement
connue de la presse et du public en gnral 55, est non seulement illogique, mais encore en
opposition avec leurs exigences contenues dans la premire lettre (pas de Gendarmerie, de Police,
de presse).
Ainsi, tout le pays tait devenu spectateur des vnements et se rendait amSI compte de
l'impuissance des forces de l'ordre.
Dans l'histoire de la criminalit c'tait certainement une premire qu'en matire d'extorsion le
ranonneur montre de la clmence, voire de la bont l'gard du ranonn. Un ranonneur est
normalement uniquement tre intress la remise de la ranon; C'est cet effet qu'il donne des
directives bien prcises pour la remise des fonds, et ceci afin de garantir qu'il ne soit pas identifi
et bnficie ainsi d'une impunit. Le fait de possder peu prs 400 kg d'explosif est un atout
redoutable en vu de faire cder le ranonn.
53 cf la 1Ocelettre, o les auteurs avaient crit: betrayal will be punished
54 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 25 1Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE - livre KREMER page 2 / Rapport 3414 du
09.10.1987 de la Sret Publique
55 Rapport 493 du 11.07.2005 du Groupe AE, pages 30/33/34
17
Ainsi que Monsieur Alexis KREMER, directeur de la CEGEDEL dcrit fort bien dans son livret
cette situation absurde C'est le renversement des rles, le ranonn demandant au ranonneur

, 56
etre ranonne.
La tentative d'extorsion de fonds au parking de la Place du Thtre. 57
Le 12 juin 1985 la CEGEDEL reut la 5
ime
lettre dans le cadre de l'extorsion de fonds. TI y tait
prcis que la remise des fonds devrait avoir lieu 14.30 heures audit parking, qu'il y aurait
d'autres indications au 2
ime
sous-sol mais que celles-ci ne devraient pas y tre enleves avant
14.30 heures. Cette lettre est formule comme suit:
the transfer of 750 000 US' dollar takes place on
12th of juna et tima 1430.
1stmove
at time 1430 ana of_your choLce brinqs
the money dObin to the parking"
t1
pla dU theatre 11.
st level -2 ( close ta the it 9D85 to
leval -3 ) you see e hlack sand.
below this container yeu find.B latter.
this latter must. not be removed 'by anyona before 1430
-
any irregularity will result definitely in,
our deal.
56 Rapport 425 du 01.03.2004 du Groupe AE -livre KREMER page Il
57 Procs-verbal 2102 du 12.06.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 27
18
La 6
ime
lettre des auteurs a t trouve au lieu indiqu dans l'aprs-midi du 12 juin 1985 vers
14.30 heures 58. Les auteurs y exigeaient que l'argent serait dposer au Sime sous-sol prs du
local groupe lectrogne et que l'argent devrait y rester aussi longtemps que ncessaire. Par
cette lettre on prcise que :
2flO move
yeu take the Monay and go down ta 19uel -5.
you put the monay near the black with sand
et -5. ( close te the "local groupa )
yeu leave the immedlately. your mis$ion is over.
the nwney must rell'1ain at that ""place
as long [Link];
Une valise prpare avec un metteur tait dpose par la Gendarmerie au lieu indiqu. Rien ne se
passait et vers 18.30 hrs la valise ft retire et l'action policire se terminait 59.
Il Ya lieu d'observer que le parking en question disposait de cinq camras de surveillance 60,
- la premire tait dirige vers la piste d'entre afin de permettre l'exploitant de voir qu'il n'y
avait pas d'incident bloquant l'entre,
- la deuxime tait situe la sortie afin de voir si les voitures pouvaient sortir normalement du
parking,
- la troisime se trouvait la caisse,
-la quatrime surveillait l'accs auprs des ascenceurs,
- la cinquime se trouvait au Sime et dernier sous-sol (afin de voir si le parking tait complet) et
tait dirige trs exactement vers l'endroit o le dpt de la ranon devrait tre opr.
58 Procs-verbal 2103 du 12.06.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 28
59 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 29
60
Rapport 424 du 01.03.2004 du Groupe AE
19
En rsumant, on retient que la remise des fonds (1) s'effectuait au dernier niveau d'un parking
souterrain, qui est une vritable souricire, (2) un endroit qui pouvait tre observ par camra et
ceci sous les yeux de la Police, qui occupait le guichet du parking o taient installs les moniteurs
des camras 61.
Il est vident que ce faisant, les auteurs de la tentative d'extorsion des fonds et des attentats ou
bien taient d'une maladresse sinon d'une btise extraordinaire ou bien ils se moquaient
perdument des forces de l'ordre et de toute autre personne au courant des faits.
Ce serait faire injure aux auteurs des attentats de les considrer comme stupides, le contraire tant
vrai.
Il Ya donc lieu de retenir la deuxime hypothse: mme pour une personne non verse dans les
enqutes- il devait tre vident au moins partir de ce--moment qu'il n'y avait pas de tentfive
d'extorsion srieuse de la part des auteurs des attentats, qu'il ne s'agissait que d'un jeu (pour
reprendre le mot d'un haut officier, il est vrai pour l'ensemble des faits 62).
La dernire phrase de la 4
ime
lettre ne faisait-elle pas galement rfrence un jeu (play the
game) ?
61 Le guichet tait occup par le membre de la section de recherches de la Gendarmerie de Luxembourg, Roger LANNERS, et temporairement par le
commandant de la Brigade Mobile, Pierre REULAND - Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 30.
62 Audition de Monsieur Pierre REULAND du 25.10.2005 par Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ
20
Mais propos de cet pisode un autre incident bien plus grave s'est produit:
Le 14 juin 1985 la CEGEDEL reut la 7
ime
lettre d'extorsion de fonds (tampon de la Poste
13.06-85, 19.00 heures) 63 o les auteurs crivaient notamment The transfer failed because ofthe
close presence ofgendarmerie (brigade mobile, brigade stupfiants) et faisaient rfrence au fait
- parfaitement exact - que la valise tait munie d'un metteur. Cette lettre est rdige comme suit:
thE transfer fal18d becuse of
the close of gendarmt:lric
(brigade . }
the close presence of specialized german police
the j):':e3erocH (..:- " transmltter in the :tmoney"bag
WB hava given this information tu the press.
you lost.
- Les auteurs ont reconnu qu'il y avait exclusivement des gendarmes, ce qui est exact (les autres
lettres contenaient toujours la mention GendannerieIPolice) alors qu'ils taient tous en civil. Ils ont
d les connatre 64.
- Il est exact qu'une partie des gendarmes prsents sur les lieux venaient des dpartements indiqus
dans la lettre.
63 Procs-verba12104 du 14.06.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 31
64
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 33
21
La mention de la prsence de specialized german police forces surprend pour plusieurs
raisons
65
. Il est exact que le colonel WAGNER avait fait appel des agents du MEK (Mobiles
Einsatzkommando). de Mayence qui taient prsents avec 7 voitures b a n a l i s ~ e s portant des
immatriculations de TR et BIT ou du Luxembourg pour ne pas tre identifies trop
facilement. Ces voitures taient stationnes dans un primtre assez large autour de la place du
Thtre afin de permettre une intervention rapide au cas o les auteurs auraient pu prendre la fuite,
ou que la remise continuerait en dehors du parking.
Comment les auteurs des attentats ont-ils eu connaissance de tous ces dtails? Y-a-t-il vraiment
plusieurs explications ce sujet?
S'il est exact qu'aprs l'attentat de Itzig on s'attendait d'autres attentats contre des pylnes de
conduite d'lectricit et, le cas chant, la continuation de l'extorsion, il en ft toutefois
.. autrement. Aprs l'attentat de Itzig les auteurs choisissaient d'autres cibles que des pylnes-et
aucune initiative relative une demande d'extorsion ne ft plus prise par les auteurs des attentats.
Tous les attentats suivants eurent lieu sur le territoire de la Ville de Luxembourg ou dans les
environs trs immdiats.
Attentat du 23 juin 1985 vers 23.50 heures contre la conduite de gaz Hollerich 66
Les auteurs ont attendu la fin du feu d'artifice qui a eu lieu l'occasion du Jour de la Fte
Nationale pour attaquer une conduite gaz d'un diamtre de 300 mm.
Ce ft le premier attentat de la srie de 1985 o l'explosion ft dclenche par voie lectrique. Une
batterie BEREC servait de source d'lectricit. Une pince linge tait utilise comme interrupteur
du circuit lectrique. Eu gard au fait que l'installation d'allumage a t trouve immdiatement en
dessous d'une bouche d'gout, une distance de 96 m du lieu d'explosion principal, il ya lieu
d'admettre qu'un auteur a actionn sur la voie publique l'interrupteur moyennant un fil y sortant de
la canalisation. La transmission de l'installation d'allumage vers l'explosif une distance de 96 m
se faisait par cordon dtonant 67.
Extrait de l'analyse du B.K.A :68
Den Tatern musste bekannt gewesen sein, dass an der SteUe des Anschlags unterirdische
Leitungen verlaufen und bei welchen dieser Leitungen es sich um Gasleitungen handelte, die jr
den Anschlag geeignet waren. Darber hinaus mussten die Tater ber Kenntnisse verjgt haben,
die es ihnen ermoglichten, das Risiko jr die eigene Person bei der Sprengung zu minimieren.
Insofern war die Lange der Sprengschnur von 96 m nicht zufiillig gewahlt, sondern es kam den
Tiitern darauf an, eine gewisse Distanz zwischen sich und den Ort der Hauptsprengung zu
bringen.
Wesentlich jr diese Sprengung war die exakte zeitliche Zndung. So konnte ein besonderer Effekt
erzielt werden, namlich aIs Abschluss des Feuerwerks zum Nationalfeiertag. Gleichzeitig konnte
vermieden werden, dass Passanten beeintrachtigt werden. In jedem FaU zeigten die Tater hier
mehr Sorgfalt bei der Planung und Ausjhrung, d.h. dieser Anschlag zeigt, dass er schon langere
Zeit geplant war.
65 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 34
66 Procs-verbal 1949 du 24.06.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.l2.2006 du Groupe AE, page 54
67 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 36
68 Analyse du [Link] page 32
22
Die Kabel von der Batterie waren an der Wiischeklammer angelOtet, was aufKenntnisse im LOten
und in der Elektrik sowie ber den zur AuslOsung der Sprengkapsel erforder/tchen Strom
erfordert.
Die Tiiter mussten bei diesem Tatort ein hoheres Entdeckungsrisiko eingehen aIs bei den
Anschliigen auf die Strommasten. Zwischen dem Ort der Sprengung und dem Schacht liegen
oberirdisch 96 Meter. Die Verbindung zwischen Znder und elektrischer Leitung wurde mUtels
einer Lsterklemme hergestellt. Die Lsterklemme wurde mit Wachs gegen das Eindringen von
Wasser versiegelt. Darber hinaus wurden die Kabel, welche zum Znder jhren, mUtels
Isolierband aneinander gebunden, um ein mechanisch bedingtes Auseinanderreissen zu
verhindern.
Um festzustellen, welche Umweltbedingungen bei diesem Anschlag zu beachten waren, sind
vermutlich mehrere Aufenthalte am Anschlagsort im weUeren Sinne erforderlich gewesen.
Insofern unterscheidet sich dieser Anschlag von den bisherigen durch die Hohe des
Vorbereitungsaufivandes. Die Tiiterentscheidung, dass die Ladung nicht mUtels Zeitverzogerung
oder Zndschnur gezndet wurde, liisst sich dadurch erkliiren, dass es den Tiitern darauf ankam,
einen bestimmten Moment fUr die Sprengung abzuwarten. Es war ihnen offensichtlich wichtig,
wenige Minuten nach Beendigung des Feuerwerks am Nationalfeiertag ihr "eigenes" Feuerwerk zu
znden.
Dadurch, dass die Tiiter am Tatort selbst sein mussten, um die Sprengung auszulosen, gefiihrdeten
sie sich zum einen selbst und gingen zum anderen das Risiko ein, am unmittelbaren Tatort gesehen
zu werden. Um dies zu vermeiden, mssen sich die Tater am unmittelbaren Ort der Explosion
unaufflillig bewegt haben.
Il est vident que pour les auteurs de cet attentat il tait essentiel de procder en l'espce
moyennant un systme de mise feu direct ce qui a pennis de dterminer exactement le moment
de l'attentat.
La mthode traditionnelle pour procder une explosion - dclenchement retardement - aurait
t pour l'auteur (ou les auteurs) une prise de risque beaucoup moins leve. En effet, il(s) a (ont)
d se trouver en prsence immdiate du lieu de l'explosion au moment de celle-ci. Les chances
pour une fuite aprs l'explosion taient ainsi rduites.
Les auteurs ont de toute vidence eu l'intention de dclencher leur feu d'artifice
immdiatement aprs l'officiel tir l'occasion de la Fte Nationale.
Une explosion immdiatement aprs le feu d'artifice solennel aurait eu un effet encore plus
spectaculaire. Le fait qu'elle n'avait eu lieu qu'une dizaine de minutes aprs la fin du feu d'artifice
officiel lui prenait quelque peu de son effet, le public nombreux ayant commenc se disperser.
La raison en pourrait tre trs simple: les effets potentiels de cette explosion taient difficiles
prvoir. Ainsi en cas de circulation dense au moment de l'explosion, ou de passage d'un autobus, il
aurait pu y avoir une vritable catastrophe.
Pendant le feu d'artifice trois personnes ont t vues prs de l'glise Hollerich en possession de
camras. Un appel tmoins aux fins d'identification de ces personnes ft lanc dans la presse 69.
Cet appel tmoins n'a donn aucun rsultat pour identifier ces personnes.
Il ya lieu d'exclure qu'un des auteurs se trouvait parmi ces personnes et ceci eu gard au fait que
d'une part les auteurs des attentats taient bien trop russ et organiss pour s'exposer trois au vu
69 Rapport 425 du 01.03.2004 du groupe AE -livre KREMER, article des Rpublicain Lorrain et Luxemburger Wort du 28.06.1985
23
et su de tout le monde et ceci d'autant moins qu'il n'y avait aucune raison de ce faire pour que
l'opration russisse.
Ne connaissant pas l'heure du dpart exacte de ces personnes on peut admettre que la seule
prsence de ces personnes tait la cause du dclenchement quelque peu tardif.
Ainsi l'explosion dclenche par allumage direct avait deux finalits:
a) pouvoir procder l'explosion dans un laps de temps aussi bref que possible aprs la fin du feu
d'artifice;
b) procder au dclenchement un moment o il n'y avait pas de tiers en vue qui aurait subi de
blessures plus graves.
Il y a lieu de relever que :
Lors de cet attentat, qui ft le plus spectaculaire, les auteurs ont d procder
- des travaux prparatoires bien plus importants que lors de toutes les autres explosions;
- une prparation minutieuse;
- une prise de risque leve;
- une connaissance pour procder un systme de mise feu lectrique et en consquence des
connaissances plus approfondies avec le maniement d'explosif;
- un bon maniement de matriel technique.
L'auteur qui a dclench l'explosion a donc pris des risques considrables moins - et ceci parat
plus probable - qu'il savait qu'en fait il ne prenait pas de risques plus levs que lors des autres
attentats.
Par une note du 29 juin 1985 les responsables des forces de l'ordre ont dcrt de nouvelles
dispositions de contrle 70.
Ainsi, les contrles taient effectus dans 2 zones: une zone Nord (de la valle de la Ptrusse de la
Ville de Luxembourg c::>6 km au Nord) dans laquelle la Gendarmerie devait oprer des patrouilles
de scurit, la mme tche incombant la Police au Sud de cette ligne.
Tentative d'attentat Asselscheuerhof du 5 juillet 1985 71
Vers 22.15 heures un pige feu ft dcouvert au bord de la fort. Attirs par une lampe de poche
allume, un tmoin et 2 gendarmes de la Brigade de Bereldange avanaient vers la lumire. Par pur
hasard ou le fin instinct d'un gendarme ils ne sont pas tombs dans le pige. Un fil de dtente pla
au sol sur une longueur de 17 m devrait dclencher l'explosion de 2 btons de dynamite avec
dtonateur lectrique, l'installation tant fixe un arbre la hauteur de la tte. L'allumage se
faisait par une batterie BEREC avec comme interrupteur une pince linge 72.
70 Rapport 375 du 02.05..2003 du Groupe AE, chapitre II, page 2 et annexe III
71 Procs-verba1201 du 05.07.1985 de la Gendannerie de BereJdange / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 60
72 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 40
24
Le B.K.A. a fait l'analyse suivante:
73
Fr den Aufbau der Sprengfaile war ein gewisser Zeitaufwand notwendig, wobei sich die Frage
stellt, zu welchem Zeitpunkt sie aufgebaut wurde. Es gibt keinerlei Hinweise darauf, dass die
Sprengfaile bereits einen Tag vorher aufgebaut wurde. Definitiv sagen kann man, dass zumindest
die Taschenlampe nicht bereits einen Tag vorher am Ort des Geschehens eingeschaltet war. Das
bedeutet, dass die Tater zumindest am Entdeckungstag tagsber am Tatort gewesen sein mussten,
um zumindest die Taschenlampe anzuschalten.
Es flillt au! dass die gesamte Anlage handwerklich sauber, quasi wie aus dem "Lehrbuch ",
aufgebaut wurde. Es war notwendig, weitere Gegenstande wie z.b. einen Hammer und Nagel zum
Tatort mitzufiihren, die offenbar auch wieder mitgenommen wurden. Dem eigentlichen Aufbau der
Sprengfalle mssen Vorbereitungsarbeiten abseits des Tatortes, wie z.b. Lotarbeiten,
Zurechtschneiden des, ais Zndunterbrecher verwendeten Leders (Rcken eines Handschuhs),
vorausgegangen sein.
Ebenfalls festgestellt wurde, dass die fortlaufenden Nummern auf den beiden Dynamitstangen
ausradiert worden waren. Dies macht nur dann Sinn, wenn die Tater hatten befiirchten mssen,
dass durch entsprechende Herkunftsermittlungen zum Dynamit (z.b. in Belgien) Rckschlsse auf
sie moglich gewesen waren. Ware der Sprengstoffzur Explosion bestimmt gewesen, sa wiire diese
Verschleierungsmassnahme unnotig gewesen. lnsofern kann davon ausgegangen werden, dass der
Plan der Tater durchaus die Alternative vorsah, dass der Sprengstoff var der Explosion
aufgefunden werden konnte.
lm Zuge der Anschlage waren die Brger aufgerufen worden, den Sicherheitskraften verdiichtige
Wahrnehmungen zu melden. Die Lampe soilte offenbar eine solche darstellen, die das Hinzuziehen
der Sicherheitskrafte notwendig machte. Nach Eintreffen am Tatort mussten die Sicherheitskrafte
dann zuniichst die Sprengladung entscharfen, um danach den Tatort aufnehmen zu konnen, was
einige Kriifte fiir eine erhebliche Zeit gebunden haben drfte. Die damit beschaftigten
Sicherheitskriifie standen in dieser Zeit an anderer Steile nicht zur Verfiigung.
Cette tentative d'attentat rapporte la preuve qu'on a faire avec des auteurs qui savaient que par le
biais du numro de srie figurant sur les btons de dynamite il est possible d'identifier le fabricant,
l'intermdiaire et l'utilisateur final.
La provenance de la dynamite n'a jamais pu tre dtermine. Aucune dynamite n'a t dclare
vole mais on ne peut pas exclure qu'elle provient du vol avec effraction commis entre le 2 et le 7
mars 1984 Wasserbillig au Dolomithartsteinwerk. Parmi les entreprises qui taient victimes de
vols c'tait la seule ayant utilis de la dynamite. En plus elle a reu une livraison d'une telle
dynamite peu de temps avant le vol 74.
Le fait que le pige a t plac en un endroit en dehors du secteur de surveillance des patrouilles
spciales de scurit de la Gendarmerie 75 ne change en rien le fait que l'intervention de la
Gendarmerie aurait t inductable. La Gendarmerie serait intervenue, tant en cas de dcouverte de
la lampe de poche qu'en cas de catastrophe, c'est dire la situation o le pige se serait ferm sur
une personne.
Les auteurs savaient qu'en cas d'alerte de nombreus membres de la Gendarmerie devraient se
dplacer en masse l'endroit de [la tentative ou de] l'attentat, ce qui aurait permis d'avoir les
coudes franches en un autre endroit pour y perptrer un autre attentat. ..
73 Analyse du B.K.A. page 35
74
Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AB, page 41/ Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 61
75 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 61
25
Attentat aux Casemates du 5 juillet 1985 76
Il Yeut effectivement le m:me jour vers 23.50 heures une explosion au lieu-dit Casemates du
Plateau du Saint-Esprit. Les auteurs se procuraient l'accs aux casemates par effraction du cadenas
fix une porte mtallique. En quittant les lieux ils ont replac le cadenas de manire telle qu'on
ne remarquait pas qu'il avait t forc. Cela rappelle la faon d'agir lors du vol chez Irrthum
Helmsange le 09 fvrier 1985 77.
L'explosion ft provoque lectriquement par une pile BEREC dclenche par retardement
l'aide d'une minuterie mcanique ayant une dure maximale de 60 minutes.
A noter que deux bidons d'un mlange d'essence et de mazout qui taient relis au systme par du
cordon dtonant devaient galement exploser, ce qui ne se faisait cependant pas. Ainsi l'effet
-d'une immense fume sortant des crneaux des casemates ne se ralisait pas. Il est vient que le
seul but de cet attentat tait de produire un vaste nuage de fume. Pour cette raison les auteurs
transportaient les bidons jusqu'aux environs des crneaux du ct de la valle de la Ptrusse 78.
Le B.K.A. fait l'analyse suivante:
79
Die Tater sprengten den Haupttelefonstrang z.N der Postverwaltung. Das bedeutet, dass die
Tater einerseits von dem Vorhandensein dieser Leitung wussten und diese auch aIs solche
identifizieren konnten (Schaden ca. 300.000 Franken). Der Stolleneingang selber war mit
"Ministre des Affaires Culturelles - Station Seismologique de Luxembourg" bezeichnet und
enthielt keinen Hinweis auf diese Leitung. Die Tater mussten auch an diesem Tatort geeignetes
Werkzeug mit sich jhren, um das Vorhangeschloss der Eisentr auftubrechen.
Die Durchfhrung dieser Sprengung ahnelt hinsichtlich des verwendeten Sprengstoffs stark der
Sprengfalle in Asselscheuerhof Auch hier wurden wahrscheinlich wieder zwei Stangen Sprengstoff
eingesetzt, die elektrisch gezndet wurden. Die Zndung war durch einen Kurzzeitwecker mit
einem Vorlaufvon hochstens einer Stunde gesteuert worden.
Bei der versuchten Sprengung des Benzin - Heizol - Gemischs (25% Benzin und 75% Heizol)
zeigten die Tater in physikalisch - technischer Hinsicht MangeZ, da sie offensichtlich nicht wussten,
dass die Sprengschnre nicht zum Entznden dieser trage zu entflammenden Stoffe geeignet
waren. Dies konnte ein Hinweis auffehlende Ausbildung in diesem Gebiet sein.
Bei der gesamten Aktion stellte das Eindringen in die Kasematten und das ungesehene
Herauskommen das grosste Risiko jr die Tater dar. Um dieses Risiko zu minimieren, postierte
sich ein Tater ausserhaZb des Eingangs und hieZt Funkkontakt mit den anderen.
Ein ZieZ, welches von den Tatern nicht erreicht werden konnte, war das Erzielen einer optischen
Wirkung (wie bei der Sprengung der Gasleitung) in Form von Rauch, der durch die Offnungen der
Kasematten entweichen sollte. Hierzu soUte ein Benzin - Heizol - Gemisch gezndet werden, was
jedoch nicht funktionierte. Den Tiitern unterlief beim Anlegen der Sprengschnur an die
Sprengkapsel ein FehZer, was verwundert, da die Tater bis zu diesem Zeitpunkt nachgewiesen
hatten, dass sie mit Sprengschnur umgehen und diese auch entznden konnten.
L'endroit choisi pour l'explosion - la proximit immdiate du Monument de la Solidarit
Nationale ~ ~ - est du point de vue symbolique trs porteur, ensemble avec la proximit immdiate
76 Procs-verbal 2028 du 06.07.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 63
77 cf page 3 du prsent rapport
78 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 42 / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 66
79 Analyse du B.K.A. page 37
26
du ministre de la Force Publique et du Service de Renseignement de l'Etat Luxembourgeois. Par
ailleurs, il s'agit d'un endroit trs peu connu mme par les habitants de la ville.
Le lieu de l'explosion se situait galement dans le primtre d'observation attribu la
Gendarmerie 80.
Il importait aux auteurs de savoir si les membres de la gendarmerie s'taient dplacs
Asselscheuerhof afin d'tre srs de ne pas risquer de voir apparatre ceux-ci au nouveau lieu du
crime. Par la force des choses ils avaient pris note de la prsence des tmoins, tout comme ceux-ci
les avaient observes - ainsi que leur activits bizarres.
Il se trouve en effet qu'un couple de touristes belges 81 de passage Luxembourg ont pu observer
que trois personnes sont sorties de la porte mtallique des casemates. Il s'agissait en l'occurrence
sans aucun doute des poseurs de bombes, qui eu gard au fait qu'ils sont passs devant ces tmoins
se sont rendus compte de la prsence de ceux-ci. Auparavant les mmes tmoins avaient constat
qu'une quatrime personne faisait le guet et avait activ un metteur-rcepteur.
Moyennant ce poste metteur-rcepteur utilis par le guetteur devant les casemates, point sur
lequel les tmoins sont formels, les auteurs pouvaient prendre connaissance des activits de la
Gendarmerie (notamment quant la question de savoir s'il y avait un mouvement des membres des
diffrents services vers Asselscheuer) et/ou pouvaient communiquer entre eux.
La position du guetteur permettait d'observer les va-et-vient sur le Pont Adolphe, le boulevard
d'Avranches avec les btiments et garages de la Gendarmerie, ainsi que le boulevard Roosevelt
avec l'accs sur le plateau avec son parking et l'entre vers les casemates.
Les touristes ne se sont pas rendus compte qu'ils avaient observ les auteurs d'un attentat
l'explosif.
Aprs avoir pass la nuit dans leur camping-car Luxembourg ils sont partis le lendemain pour
une quinzaine de jours de vacances en Autriche. Dbut aot 1985 lors d'un autre sjour
Luxembourg le mari a appris qu'il y avait eu un attentat aux casemates. C'est la raison pour
laquelle il n'a fait ses dclarations auprs de la Sret Publique que le 6 aot 1985, soit 30 jours
aprs les faits. A la mme date un premier portrait robot du guetteur ft tabli suivant les
indications du mari par le service d'identification de la Sret Publique l'aide du systme
amricain IDENTY KID. La description trop vague des 3 autres auteurs ne permettait pas d'tablir
un portrait-robot d'eux.
En dcembre 1985 les enquteurs des attentats font dessiner par un artiste-peintre un nouveau
portrait robot du guetteur sur base d'une autre description fournie par le tmoin. Ce portrait robot a
certes t diffus aux postes de Police et de Gendarmerie, mais six mois aprs l'attentat des
casemates et aprs la commission de sept autres attentats. Un autre portrait ft tabli en mai 1986
par le mme artiste-peintre sur la base des mmes donnes.
En 1991 les dclarations de la femme belge sont actes la premire fois. A cette poque le Bureau
Central de Recherches de la Gendarmerie Bruxelles disposait d'un tout nouveau systme
dvelopp spcialement pour la confection de portraits robots par ordinateur. Entre-temps les
poux avaient vu le film L'horloger de St. Paul ralis en 1974 avec entre autres l'acteur
Jacques DENIS n le 12 mai 1943. Les poux taient tombs d'accord que cet acteur ressemble
beaucoup au guetteur des casemates. C'est ainsi que s'explique que les portraits robots tablis sur
80 La zone urbaine de la capitale a t divise en deux secteurs, dont le contrle du secteur nord a t attribu la Gendarmerie et celui du
secteur sud la police, la Ptrusse ayant t reprise comme frontire entre ces deux secteurs. Le secteur nord tait subdivis dans six zones et les
Casemates se situaient dans la zone F. A chaque zone tait attribu un gendarme circulant bord d'un vhicule de location et une patrouille
d'intervention de trois gendarmes (BMG et Brigade Volante) circulait dans les 6 zones. Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AB, chapitre II,
page 2 et annexe III 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AB, page 64
81 Rapport 2330 du 09.08.1985 de la Sret Publique 1Rapport 296 du 28.01.1991 du Groupe AB 1Rapport 349 du 18.02.2002 du Groupe AE
27
ordinateur se ressemblent comme deux gouttes d'eau, mme si les indications des poux avaient
t prises sparment. On doit conclure qu'il y a eu une contamination par l'acteur en question 82.
Les tmoins frent entendus une troisime reprise sous l'effet de l'hypnose 83, ceci afin d'essayer
si par ce biais ils ne pouvaient pas mieux se remmorer l'aspect physique des personnes vues afin
de dresser un portrait-robot fiable. Ceci ne ft toutefois pas possible avec un rsultat concluant. Ce
frent les seuls tmoins qui ont vu de plus prs les auteurs des attentats. A partir de ce moment on
savait qu'on avait faire au moins 4 auteurs.
La description du guetteur: plus ou moins 25 ans, 165-170 cm, costaud, visage rond, lunettes,
cheveux clairs et boucls, doigts potels.
Au moins deux des auteurs sont dcrits comme ayant eu une dmarche de soldats. Ils se
ressemblaient au point que les tmoins n'cartaient pas l'hypothse qu'il s'agissait de jumeaux:
--mme grandeur 175-180 cm, mme corpulence mince, mme coupe et couleurdecheveux (Drosse-
blonds et clairs), mme dmarche, mme habillement 84.
La description du 4
irne
auteur est: 175-178 cm, corpulence mince, cheveux foncs mi-longs, visage
mince. ge de ces 3 auteurs: 20-25 ans.
Les 30 jours couls entre les observations et les dclarations auprs de la Gendarmerie ont
certainement influenc la valeur des descriptions. Non seulement qu'on ne peut pas exclure que le
guetteur tait porteur d'une perruque et/ou de fausses lunettes, mais on doit galement retenir que
la coupe en brosse n'tait pas du tout la mode cette poque.
Attentat auprs du Luxemburger Wort le samedi 27 juillet 1985 vers 23.30 heures 85
L'attentat eut lieu le seul jour de la semaine o l'imprimerie tait fenne. En cas de fenneture le
btiment tait nonnalement illumin, mais ce soir-l ce n'tait pas le cas.
La bombe dclenchement pyrotechnique a t pose devant le btiment dans une plate-bande de
fleurs quelques mtres de l'entre principale. Pour pouvoir accder au terrain de l'imprimerie
l'auteur avait franchi plusieurs cltures. Cette fois-ci l'attentat a eu lieu dans le secteur de
surveillance de la Police. Lors de l'explosion, le directeur, Monsieur HEIDERSCHEID, se
trouvait, ensemble avec sa inre, dans son appartement, situ au deuxime tage du mme
btiment.
Le B.K.A. observe par rapport cet attentat 86:
Es wurde festgestellt, dass der Tater auf dem Weg zum Hauptportal weitere geeignete
Anschlagsorte hatte auswahlen konnen, die nicht beleuchtet waren. Das Risiko bestand hier also
darin, ausgerechnet das Blumenbeet vor dem Hauptportal zu wahlen. Also war es ihm besonders
wichtig, dass viele Personen an dieser Stelle vorbeikommen und sein Werk sehen wrden.
Unmittelbarer Adressat war das "Luxemburger Wort", wobei die Antwort aufdie Frage nach dem
Motiv in der Berichterstattung der Zeitung liegen konnte, die uns allerdings nicht zuganglich ist.
Denkbar ist, dass die Strafverfolgungsbehorden insgesamt mittelbare Adressaten waren, da davon
82 Rapport 718 du 10.11.2009 du Groupe AE
83 Rapport 349 du 18.02.2002 du Groupe AE
84 Suite cette description, il a t procd a une vrification des jumeaux, gs entre 18 et 27 ans et habitant le GDL. Voir page 44-45 du prsent
rapport ainsi que le rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre I.C. page 12 - Annexe C.1.1.12 Note de service 103/85 du 28.08.1985
85 Procs-verbal 2182 du 27.07.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 68
86 Analyse du B.K.A. page 39
28
auszugehen war, dass die Zeitung nach diesem Anschlag verstarkt Druck auf die
[Link] ausben wrde.
La question se pose pourquoi le Luxemburger Wort tait la cible d'un attentat. A ce sujet il
convient de ne pas oublier:
- que le Luxemburger Wort tait de loin le joumalle plus vendu au Grand-Duch; la publicit
autour de l'attentat tait d'autant plus grande;
- les auteurs des attentats ont toujours demand que la CEGEDEL communique avec eux par le
biais du Luxemburger Wort .
Du fait que la Gendarmerie avait dcid de ragir partir du 10 juillet avec des contrles routiers
87
et qu'un tmoin a vu peu de temps aprs l'attentat passer une voiture de police 88 on ne saurait tirer
aucune conclusion.
==---===
Le 30 juillet 1985 un courrier anonyme est adress la Sret Publique. Dans une enveloppe se
trouvait un dtonateur lectrique Dynamit Nobel avec cbles. Les auteurs utilisaient des
dtonateurs de la mme marque mais pas du mme type.
Contrairement aux autres lettres envoyes par les auteurs des attentats, cette lettre n'tait pas
affranchie et l'adresse tait crite la main et elle ne contenait aucun code.
Un lien avec le courrier adress la CEGEDEL a dj t exclu l'poque et cette conclusion est
videmment maintenir 89.
=======---====
Deux attentats au Glacis le 28 aot 1985 90
Le premier eut lieu 22.30 heures et tait dirig contre le poste de police install l'ancien poste
d'octroi au Rond Point Schuman l'occasion de la Schobermesse. Une petite charge allumage
pyrotechnique ft dpose sur le toit du btiment. Au moment de l'explosion le poste tait occup
par deux agents. Une deuxime explosion eut lieu 23.00 heures et tait dirige contre un garage
des Ponts & Chausses, situ seulement 65 m du premier lieu d'attentat. Cette fois-ci l'allumage
ft lectrique avec une minuterie mcanique.
Le B.K.A. fait les observations suivantes propos de ces attentats 91:
Das Ablegen der Ladungen drfte zwischen 2 und 5 Minuten in Anspruch genommen haben.
Fr die Durchfhrung der Anschlage waren keine ber die bisher schon bekannten Kenntnisse der
Tater erforderlich. Die Objekte selbst erforderten auch keine besonderen Tatwissen.
Die Tater bewegten sich zwar in einem Raum mit einer grossen Anzahl potentieller Zeugen, jedoch
sind die beiden Tatobjekte durch Bsche sichtgeschtzt. Lediglich auf dem Weg zwischen den
beiden Tatobjekten konnte er durch Passanten gesehen werden.
87 Rapport 375 du 02.05..2003 du Groupe AE, chapitre II, page 2 et annexe IV1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 70
88 Suite des dclarations faites en 1988 par le propritaire de la station d'essence en face du Luxemburg Wort, M. PIERRI, une enqute a t
mene. Aucun lment concluant n'a t trouv, respectivement les dires de M. PIERRI ont pu tre refts partiellement. Ordonnance 219/85
du 08.03.1988 de Monsieurle juge d'instruction Prosper KLEIN 1Rapport 11329 (AE290) du 13.03.19901 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe
AE,page70
89 Procs-verbal 2204 du 30.07.1 985 de la Sret Publique.
90 Procs-verbaux 2641 et 2642 du 28.08.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE. page 71
91 Analyse du B.K.A. page 41.
29
Fr den Anschlag auf den Polizeiposten war die Polizei unmittelbarer und die gesamte
Offentlichkeit mittelbarer Adressat.
Bei dem Ansch/ag auf die Garage verhielt es sich ahnlich, auch hier waren die Polizei und
zusatzlich die Eigentmer "Ponts et Chausses" unmittelbar sowie mittelbar auch wieder die
Offentiichkeit betroffen.
Anzumerken ist, dass der Anschlag nicht direkt der Strassenbauverwaltung gegolten hatte, deren
Garage stand aus Tatersicht einfach am richtigen Orto
Durch die Sprengung au! dem Dach der Arrestzelle mittels einer kleinen Ladung sollte zunachst
Aufmerksamkeit erregt und dadurch Publikum versammelt werden, das dann Zeuge der zweiten,
grosseren Sprengung auf der Garage der "Ponts et Chausses" werden sol/te. Den versammelten
Inre-rv-enttonskrifien kam letztendlich die gleiche Rolle wie den versammelten [Link] tu. tinter
diesem Aspekt wurde das Ziel der Tater erreicht.
Il est vident qu'en pleine Fouer (Foire) ces explosions avaient une rpercussion tout fait
considrable dans la population, ce qui tait le but des auteurs des attentats. TI s'agit du seul
attentat dirig contre la police (et non contre la Gendannerie).
Il convient cependant de prciser qu'en l'espce le poste de la Police tait moins vis que la
proximit immdiate de la Schueberfouer o ce moment se trouvaient plus qu'une dizaine de
milliers de personnes qui assistaient ainsi en direct la reprise des activits des auteurs des
attentats la fm de la priode estivale.
Les analystes du B.K.A. ne disposaient pas de ces informations prcises dveloppes dans les
alinas qui prcdent.
Attentat la Piscine Olympique du 30 septembre 1985 00.57 heures 92
Ce btiment dont la construction ft termine en 1982, prsentant une architecture trs moderne et
construite sur les plans d'un architecte franais trs en vogue, ft endommag considrablement
par une forte explosion. L'allumage lectrique tait actionn par une batterie BEREC et une
minuterie mcanique. La charge a t dpose au milieu du toit principalement en plexiglas. Au
moment de l'explosion, le concierge du btiment sjournait ensemble avec sa famille dans son
logement de service.
Le B.K.A. fait les observations suivantes propos de cet attentat 93:
Die Hal/e stand seit ihrer Planung durch ihre extravagante Architektur im offentlichen Interesse.
Unmittelbarer Adressat war der Staat, mittelbar ist die gesamte Bevolkerung tangiert.
Auch bei diesem Anschlag nutzte der Tater wiederum die Dunkelheit. Fr die [Link] dieser
Sprengung waren au! Seiten des Taters keine, ber die bereits dargelegten hinausgehenden,
Kenntnisse erforderlich. Der Tater hatte durch einen relativ geringen Aufwand einen grossen
Schaden angerichtet, ohne jedoch die Bausubstanz des Gebaudes zu beschadigen.
An dieser Stelle ist anzumerken, dass die Anschlige z. N "Luxemburger- Wort", Glacis und
Strassenbauverwaltung sowie Olympiaschwimmhal/e durch einen geringeren organisatorischen
Aufwand auffallen. Darber hinaus ist nicht klar, warum speziell diese Objekte / Geschadigte Ziel
von Anschligen wurden. Bisher richteten sich die Anschlige gegen Energieversorger bzw. gegen
92 Procs-verbaI3111 du 30.09.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE. page 74
93 Analyse du B.K.A. page 43.
30
die Polizei direkt. Unter dem Gesichtspunkt, dass durch das "Luxemburger-Wort" mehrfach ber
die Taten berichtet wurde, kann eine Auswahl dieses Objektes im Rahmen der Serie einigermassen
logisch nachvollzogen werden. Fr das Polizeigebiiude gilt gleiches, da die Polizei jr die
Strafverfolgung zustiindig ist. Bei der Schwimmhalle gibt es nur noch die Gemeinsamkeit zu den
vorausgegangenen Taten, dass die Halle dem Staat gehort. Klar ist, dass hier offentliche
Beachtung gefnden werden soUte, was durch die Auswahl der vorgenannten Objekte zweifeUos
erreicht wurde. Das Ganze vermittelt aber eher den Eindruck eines Streuschusses.
On peut douter que le B.K.A. aurait considr cet attentat galement comme un Streuschuss
s'il avait eu connaissance des faits dvelopps au chapitre III c) -piscine, qui donnent cet attentat
une tout autre connotation 94.
Explosion au btiment du Palais de Justice le 19 octobre 1985 23.02 heures 95
Les auteurs ont escalad le mur dans la rue Wiltheim pour arriver derrire le Palais de Justice. Ils
ont dpos une charge allumage pyrotechnique sur la ballustrade prs des fentres des bureaux
du Cabinet d'Instruction 96. Au moment de l'attentat, le concierge se trouvait, ensemble avec sa
famille, dans son appartement qui se trouvait du ct de l'arrire-cour, donc du ct du lieu de
l'explosion 97.
Rapport d'analyse Bundeskriminalamt B.K.A. au sujet de l'attentat au Palais de Justice 98:
Die Tiiter wiihlten die Rckseite des Gebiiudes, an der sich ein kleiner Garten befand. Die
Aussenmauer des Zielobjekts fiel hier in Richtung der Festung steil ab. Um in den Garten zu
gelangen, musste man eine ca. 2,36 m hohe Mauer berwinden. Dies war die einzige Moglichkeit
in den Garten zu gelangen, wenn man den offiziellen Weg durch das Justizgebiiude hierdurch
vermeiden wollte. Wiihrend des Erkletterns der Mauer war man jedoch die ganze Zeit der
Strassenbeleuchtung der unter der Mauer liegenden Rue Wiltheim ausgesetzt. Nach berwinden
der besagten Mauer gelangte man sehr schnell in den zu der Zeit unbeleuchteten Bereich des
Gebiiudes und hatte dadurch Sichtschutz. Von allen denkbaren Moglichkeiten, an den Ablageort
der Sprengladung zu gelangen, war der von den Tiitern gewiihlte jedoch der effektivste und
sicherste.
Nachdem die Tiiter den Gartenbereich erreicht hatten, boten sich ihnen ca. 50 m Gesamifront, die
sich aufzwei unterschiedliche Flgel des Gebiiudes verteilten. lm linken Gebiiudeteil befand sich
nach ca. 10 m eine Tr, die kein unberwindbares Hindernis dargestellt haben drfte. Von hier
aus hiitte man in das Gebiiude eindringen konnen, wenn man das Gebiiude tatsachlich hatte
zerstoren wollen. Die Tater begaben sich jedoch zu einer etwa 25 m langen Balustrade, die eine
ca. 3,30 m breite Terrasse vor dem "Hauptjlgel" begrenzte. Diese Terrasse war vermutlich ber
eine Treppe erreicht worden
Die Sprengladung wurde etwa in der Mitte einer Balustrade zwischen den Pfeilern abgelegt.
Die genaue Stelle im Bereich der Balustrade lag in unmittelbarer Nahe der Bros der
Untersuchungsrichter.
Unter der Terrasse lag die Steuerung der Stromanlage. An den Tren zu dieser Anlage waren
jedoch keine Einbruchsspuren zu erkennen.
94
V
" 'Ih' 66
OIr cl-apres e c apltre III page
95 Procs-verbal 3224 du 19.]0.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.l2.2006 du Groupe AE, page 77
96
Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 53
97 Rapport 3380 du 18.11.1985 de la Sret Publique
98
Analyse du B.K.A. page 44
31
Es ist wahrscheinlich, dass mindestens einer der Tater ber gute Ortskenntnisse verjgt haben
muss. Die Sprengladung wurde von den Tatern offensichtlich mil Bedacht zwischen den Pfeilern
der Balustrade positioniert. Dadurch, dass der Sprengsatz mehr aIs drei Meter von der
Gebaudewand entfernt platziert wurde, -versuchten die Tater, die Druckwelle auf eine moglichst
grosse Fliiche zu verteilen, um einen grossen optischen Schaden anzurichten, ohne jedoch die
Bausubstanz des Gebaudes in Mitleidenschaft zu ziehen.
Durch die Platzierung in der Milte war es den Tiitern moglich, die gesamte Front des Hauptflgels
zu attackieren. Durch die Explosion wurden die Bros der Ermittlungsrichter sowie mehrere
Gerichtssiile stark beschiidigt.
Rinsichtlich der Frage, welche Riiumlichkeiten das primare Angriffsziel der Tater waren, hieten
sich zwei Moglichkeiten:
-Die Tater platzierten den Sprengsatz, um allgemein einen moglichst grossen optischen Schaden
herbidzujU1tren, ohne hierbei jedoch einen bestimmten Bereich attackieren zu wo7leii
-Die Bros der Untersuchungsrichter wurden gezielt attackiert, was bedeuten wrde, dass die
Tater die Lage der Bros kannten und deshalb zumindest das Gebiiude auch schon einmal betreten
haben mssten.
Il s'entend, sur ce point encore, que si le B.K.A. avait eu connaissance de tous les lments
prcdents et succdant cet attentat 99 le commentaire du choix de l'endroit de l'attentat en
question aurait t fort diffrent. A noter que le B.K.A. n'avait pas connaissance de ces faits d'une
part en raison des documents consults dans le cadre d'une Fallanalyse et d'autre part eu gard
au fait que toutes les circonstances qui ont entour cet attentat n'ont t connues qu'en 2004.
Une heure avant l'explosion un ressortissant franais avait remarqu une personne dont elle
estimait que le comportement tait louche et qui aurait pu tre un guetteur. Le tmoin avait fait la
dclaration de ses observations seulement le 04.11.1985, c..d. 15 jours aprs l'attentat. Un portrait
robot ft dress mais ne ft jamais publi, ni au public ni aux forces de l'ordre. D'autres auditions
ce sujet, mme sous hypnose, n'ont men aucune piste plus prcise. On ne peut exclure que la
b
' ." l' 1 100
personne 0 servee aIt ete en re ahon avec es attentats .
Attentat au FINDEL du 9 novembre 1985 22.13 heures 101
Les auteurs ont dtruit l'aide de charges pyrotechniques les installations techniques du systhme
ILS (Instrument Landing System) amnages dans 2 btiments diffrents. Les dgts causs
s'levaient 90.000.000 FLUX 102,
Dans l'analyse criminelle du B.K.A. ont peut lire au sujet de cet attentat 103:
Der Ort, an dem der Anschlag durchgefUhrt wurde lag abseits von Wohn- und Brogebiiuden.
Die Flughafengebiiude selbst waren von diesem Ort relativ weit entfernt. Die attackierten
Gebaude selbst befanden sich in einer Erdsenke und waren vom Flughafengebaude aus (z.B. vom
Tower) nicht zu sehen.
Die Dacher schlossen in Rohe der Landebahn ab. Es bestand also fUr ortsunkundige Tater das
Problem, das Ziel zu finden.
99 Voir ci-aprs piste GEffiEN , page 48
100 Rapports 3299 du 11.11.1985 et 1558 du 21.05.1986 de la Sret Publique / Rapports 371 du 10.03.2003 et 372 du 24.30.2003 du Groupe AE
101 Procs-verbaI3763 du 09.11.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du OI.l2.2006 du Groupe AE, page 82
102 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 56
103 Analyse du B.K..A. page 47
32
Es drfte nahezu ausgeschlossen sein, dass Zivilpersonen sich frei auf dem Flughafengeliinde
bewegen konnten, um die erforderlichen Informationen hierdurch selbst in Erfahrung zu bringen.
Die Tater mussten sich diese Informationen aktiv beschaffen.
Es wird davon ausgegangen, dass die Tiiter bereits mit zwei vorgefertigten Sprengsiitzen und einer
Sprengfalle am spateren Tatort ankamen. Hierjr spricht, dass die Herrichtung der Sprengfalle
nicht vor Ort stattgefunden haben kann (Lotstellen). Dies bedeutet, dass die Tater bei ihrer
Planung von Anfang an von zwei zu sprengenden Gebiiuden ausgegangen sind.
Desweiteren war es ihre Absicht, die Sprengsatze im Innern der Gebiiude abzulegen. Das bedeutet,
den Tiitern musste zum einen bewusst sein, dass die Gebaude nicht alarmgesichert waren, was
man eigentlich bei solchen Geriitschaften erwarten wrde.
Darber hinaus mussten sie wissen, wie sie die Tren moglichst effektiv berwinden konnten.
Am Tatort wurden keine Spuren aufgefunden, die auf die Verwendung irgendwelcher
Hebelwerkzeuge schliessen liessen. Lediglich an der Tr zum Gebaude, welches den
Gleitwegsender umschloss, fand sich ein Schuhabdruck. Die Art und Weise des Eindringens konnte
zwar nicht zwezfelsfrei geklart werden, es ist aber davon auszugehen, dass diese Tren durch die
Tater einfach eingetreten wurden. Setzt man voraus, dass die Tater geeignetes Aufbruchwerkzeug
mit sich jhrten, so erscheint es unlogisch, dass sie es nicht zumindest versuchsweise eingesetzt
haben.
Beide Gebaude wurden von den Tatern unter Verwendung von jeweils ca. 3 kg gewerblichen
Sprengstoffi gesprengt, der mittels Zndschnur mit einer Verzogerung von 9 und 12 Minuten
gezndet wurde. Bei beiden Sprengungen wurden die Sprengsatze innen gezielt auf den
Computeranlagen deponiert. Den Tatern kam es darauf an, die Computeranlagen mit absoluter
Sicherheit ausser Gefecht zusetzen. Hier ging es darum, gezielt Sachschaden anzurichten und
nicht, einen rein optischen Effekt zu erzielen. Die von den Taternjr die Sprengungen ausgewahlte
Objekte waren angesichts ihrer abgelegenen Lage (siehe oben) und Beschaffenheit dajr auch
nicht geeignet gewesen. Vor dem Hintergrund, dass' das den Tatern zur Verjgung stehende
Zeitbudget eine Begehung durch einen einzelnen Tater nicht zugelassen hiitte, ist zu folgern, dass
zwei Tater an ihrem jeweiligen Tatort genau wussten, was sie erwartete und eine konkrete
Vorstellung davon hatten, wo sie dort den Sprengsatz deponieren mussten. Es ist auch davon
auszugehen, dass sie durch geeignete Kommunikationsmittel eine einigermassen zeitgleiche
Zndung sichergestellt hatten (es musste zumindest sichergestellt werden, dass nicht bereits eine
erste Zndung erfolgte, wahrend der zweite Tater noch keinen Zugang zum zweiten Gebaude
hatte).
Anzahl der Tater: Es wird davon ausgegangen, dass beide Zndungen, um 22:04 Uhr
(Landekurssender) und um 22:03 Uhr (Gleitwegsender), von zwei verschiedenen Personen
herbeigejhrt worden sein mssen. Dies ergibt sich daraus, dass an beiden Objekten erst ein
Zugang hergestellt, die Ladungen in Position gebracht und gezndet werden mussten. Beide
Gebiiude lagen ca. 500 m auseinander. Diese Distanz war auf keinen FaU unter eine Minute zu
schaffen.
Tiiterrisiko: Unter der Voraussetzung, dass die Tater gute Kenntnisse bezglich der Lokalitaten
und der internen Abliiufe hatten und insbesondere auch wussten, dass die beiden Gebiiude nicht
alarmgesichert waren, war das Risiko der Tater als gering einzuschiitzen.
Hier war der Flughafenbetreiber unmittelbar tangiert. Da das internationale Renommee des
Landes Luxemburg durch diese Attacke stark in Mitleidenschaft gezogen wurde, war mittelbar
auch der Staat betroffen.
33
Hier hatten die Tater ihr Anliegen erstmalig mit grenzberschreitender Wirkung bekannt
gemacht.
Cet attentat est celui de toute la srie qui s'est droul le plus tt dans la soire, l'exception des
faits commis le 30.11.1985 et le 02.12.1985, qui se sont produits en pleine journe.
A noter encore que lors de la fuite des lieux du crime un tmoin a vu deux auteurs traverser la
route menant de Sandweiler Irrgarten. Cet lment a eu une suite importante dans le cadre de
l'enqute 104 105.
Le 10 novembre 1985 une deuxime explosion se produisit l'aroport 15.45 heures 106.
Un pige feu, une torche de mme type que celle utilise lors du pige Asselscheuer explosait
et btessait la main une personne qui irigeait les travaux de-dblayage au FindeL -Elle -avait t
dpose au sol prs d'un des btiments dtruits, en toute probabilit, ensemble avec les deux autres
charges.
Un commutateur de rnveau au mercure connect un circuit lectrique faisait exploser un
d
't t 107
e ona eur .
Si la provenance du commutateur ne pouvait pas tre dtermine il importe de signaler que les
signes marquant la provenance avaient t gratts et ainsi effacs 108.
Cet attentat a t analys comme suit par le B.K.A. 109:
Der technische Aufbau der Sprengfalle war hochwertig, weshalb sie von aussen nicht ais
Sprengfalle zu erkennen war. Es wird deshalb angenommen, dass es Absicht der Tater war, dass
die Lampe aufgenommen und dadurch zur Explosion gebracht wurde, um hierdurch zielgerichtet
einen Polizeibeamten zu verletzen. Weil dieser Personenschaden vom Tater unausweichlich
geplant war, jedoch nicht in Totungsabsicht, wurde die Sprengladung au! das kleinste
realisierbare Mass reduziert - aufeine Sprengkapsel.
Unmittelbarer Adressat dieser Sprengfalle waren die unmittelbar am Tatort eingesetzten Beamten.
Die Lampe war so abgelegt (50 m neben einem Anschlagort und au! der krzesten Strecke
zwischen beiden Tatorten), dass sie bei der Tatortarbeit hatte gefimden werden mssen.
104 Rapport 2723 du 13.11.1985 de la Brigade de Luxembourg / Rapport 285 du 19.05.1988 du G.O_R. / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe
AE, page 84/ Voir ci-aprs le chapitre VII
105 En 200S, un tmoin prtendait fermement devant les camras de RTL qu'il avait vu un des auteurs le jour mme respectivement un jour avant
l'attentat du Findel avec un vhicule tout terrain charg de caisses de munitions et de cbles et cela prs de l'enceinte de l'aroport.
Parce qu'il insistait qu'on n'aurait pas pris ses dclarations au srieux et qu'on aurait hsit tablir un portrait robot en 1985, il attirait
l'attention d'un grand public. 11 faut souligner que cette interviewa t projete dans la mme mission que celle du tmoin qui avait relanc la
piste du Prince Jean .
D'aprs une note au dossier du 20.11.1985 ce mme tmoin s'tait manifest en 1985, dix jours aprs les attentats au Findel, pour dclarer qu'il
avait observ une personne prs de l'enceinte de l'aroport, mais ceci deux trois mois auparavant, donc dans le mois aot ou septembre 1985.
Un vhicule de la marque SUZUKI tout terrain de couleur bleue tait gar assez proche dans un chemin forestier, hauteur de la route menant
vers le cimetire militaire amricain.
Malgr tout manque de rapport avec les attentats, le tmoin ft cout et un portrait robot ft rdig par la Sret Publique, qui cependant ne ft
pas publi.
Aprs ces rvlations faites auprs de RTL, le tmoin a t entendu par les enquteurs et par Madame le juge d'instruction directeur. 11 dclarait
que lors de la priode de ses observations il faisait trs chaud et qu'ils se trouvait cet endroit pour rentrer les bottes de paille.
TI rsulte de la comparaison de ces deux versions que celle de 2005 est tout fait incrdible, la premire ayant t faite dix jours aprs l'attentat.
TI faisait un maximum de 14 degrs le jour avant et le jour mme de l'attentat et il pleuvait. En plus, la saison de la rcolte des crales n'est pas
en novembre mais se termine dj au plus tard en mi-aot.
On ne peut retenir aucune relation entre les observations de ce tmoin et l'attentat Findel.
En plus il n'existe aucune raison pour un auteur de se comporter d'une telle faon.
Rapports 525 du 27.01.2006 et 565 du 01.08.2006, page 33 et 65, du Groupe AE / Voir aussi le chapitre La piste Prince Jean page 51
106 Procs-verbal 3295 du 10.11.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 87
107 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 57
108 Rapports 369 du 07_02.2003 et 545 du 10.04.2006 du Groupe AE
109 Analyse du B.K.A. page 49
34
Der Grad der Zielerreichung beim Herbeifhren der Detonation der Sprengfalle und damit
einhergehend die Verletzung einer Person wird aIs hoch angesehen. Dass es sich bei dem Opfer
nicht um einen Polizeibeamten, sondern um einen Unbeteiligten handelte, konnte von den Tatern
nicht vorausgesehen werden. Das Signal an die Offentlichkeit, dass die Tater nunmehr bereit
waren, gezielt Personenschaden herbeizujhren, wurde von den Tatern ebenfalls erreicht.
Attentat Heisdorf du samedi 30 novembre 1985 12.48 heures 110
Les auteurs attaquaient la mme ligne lectrique que lors de l'attentat Staffelter le 27.04.1985 lll.
Une charge pyrotechnique faisait tomber le pylne. Une partie de la capitale, y compris le
Kirchberg, tait prive d'lectricit pendant 10 minutes. La mche trouve sur place indique un
temps d'amorage de 64 minutes. Des explosifs trouvs intacts, en raison d'un disfonctionnement
partiel de l'installation, ont donn la certidude que les auteurs utilisaient pour leurs attentats le
Luxite vol dans les carrires FEIDT 112.
Le RK.A. a fait de cet attentat l'analyse suivante 113:
Der Tatort lag aufeiner Anhohe. Der gesprengte Mast befand sich zusammen mit einem anderen
Mast aufeinem Berg direkt oberhalb der CEGEDEL - Zentrale und in der Nihe der Residenz des
Grofiherzogs. Beide Masten standen an optisch exponierter Stelle und berragten die CEGEDEL -
Zentrale in symboltrachtiger Weise. Der letztendlich zu Fall gebrachte Mast drfte deswegen
ausgewahlt worden sein, weil er frei umstrzen konnte. Hatte man den anderen Mast gewahlt, so
ware dieser zwar auch eingeknickt, hatte sich aber durchaus im anderen Mast oder in dessen
Drihten verhaken konnen und wire dadurch nicht zu Fall gekommen.
Der Tatort konnte nicht unmittelbar mit einem Auto angefahren werden. Die minimale
Wegstrecke, die die Tater bis zur nachsten Strafie zurcklegen muj3ten, waren ca. 600 m
unbefestigter Waldweg. Bei diesem Waldweg handelte es sich um einen von Einheimischen ais
"Eselspfad" markierten Wanderweg.
Unmittelbar am Mast jhrte kein Weg vorbei. Um diesen Mast zu erreichen, hatten sich die Tins
Unterholz begeben. Die Sprengung erfolgte am Samstag, den 30-11-85, um 12:48 Uhr. An diesem
Wochenende fand in Luxemburg ein Treffen der EG-Auj3enminister statt.
Es kann davon ausgegangen werden, dass die T das Gelande zuvor genauestens erkundet haben.
Auch hier wurde wieder mit Sprengschnur zur Zndbertragung gearbeitet. Es wurden drei von
vier Mastbeinen attackiert. Darberhinaus wahlten die T eine sehr lange Zndschnur mit ca. 53
Minuten 114. Dies deutet auf einen zeitlich gesehen langeren Fluchtweg der Titer hin. Die T
dr:ften ein Fahrzeug abgestellt haben, mit dem sie ihre Flucht nach dem Fufimarsch durch den
Waldfortsetzten.
Bei diesem Anschlag ist von mindestens drei Titern auszugehen. Dies begrndet sich zum einen im
Gewicht der an den Tatort zu bringenden Geratschaften (SprengstofJ, Zndschnur) und dem
langeren Fuj3marsch, der mit einer entsprechenden Gewichtsverteilung auf "mehrere Schultern Il
besser zu bewaltigen war. Es war auj3erdem erforderlich, dass ein Titer "Wache" stand. Zwei
weitere Titer hitten dann die Sprengvorrichtung ungestort installieren konnen.
110 Procs-verbal 422 du 30.11.1985 de la Sret Publique 1Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 88
111 Ligne HEISDORF-ITZIG
112 Suivant les numros de srie du LUXITE EB30 retrouv sur place, il a t tabli que cet explosif a t livr de la Poudrerie de Luxembourg la
carrire FEIDT ERNZEN le 27.08.1984, o il ft vol lors du weekend du 15-19.02.1985. Le LUXlTE FB retrouv a t livr le 12.11.1984
la carrire FEIDT BROUCH, d'o il ft redistribu la carrire FEIDT Senningerberg et drob lors du weekend du 15-19.02.1985. Rapport
385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 641 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 90
113 Analyse du B.K.A. page 50
114 Faute d'criture. Les morceaux de mche lente saisie avaient une longueur totale de 31,80 mtres, ce qui correspond un temps d'allumage de
64 minutes. Cfaussi les explications dans la note de page N200.
35
Das Risiko war hoher ais bei den bisherigen Sprengungen der Gittermasten, da hier erstmals im
Tageslicht gearbeitet wurde. Das schlechte Wetter trug zur Verminderung des Risikos bei.
Dennoch war nicht vollstandig auszuschliefien und vor allen Dingen von den T. einzukalkulieren,
dass sich auch bei diesem Wetter Wanderer in dem Gebiet bewegten. Auch der langere
Fufimarsch, der Bestandteil der- Flucht ~ a r , erhohte das Risiko, von einem Wanderer gesehen und
spater wiedererkannt zu werden.
Unmittelbar war hier wieder die Fa. CEGEDEL betroffen. ber den rein materiel/en Schaden
hinaus entstand bei der CEGEDEL ein Ansehensverlust, weil praktisch "vor ihrer Haustr" ein
Mast gesprengt wurde.
Mittelbar war die Polizei betroffen, die aufgrund anderer Einsatze (EG-Gipfel an diesem
Wochenende) nicht schnell genug am Tatort sein konnte. Ais die Polizei eintraf, befanden sich laut
der Presse auch bereits Schaulustge am Tatort. Dies drfte sicherlich nicht zum Renomeegewinn
der Polizei beigetragen haben.
Dennoch weist die TatdurchfUhrung Mangel au! Das Zuycklassen von Zndschnur (ca. 23
Meter
1l5
) am Tatort kann zweierlei bedeuten: die Tater konnten beabsichtigt haben, auch den
zweiten Masten zu sprengen. DafUr wrde auch die erhebliche Menge Sprengstoff sprechen, die
zum Tatort verbracht wurde. Zum anderen konnte das Zurcklassen der Zndschnur bedeuten, daj3
das Zeitbudget der Tater durcheinandergeraten war und sie daher ihren Tatplan vor Ort andern
mussten. Darberhinaus weist die dritte Ladung - die nicht explodierte - auf handwerkliche
Mangel hin. Auch hier scheiterte die Sprengung durch eine fehlende bertragung von der
explodierenden Ladung auf die Sprengschnur (fehlende bertragung der Zndung lag auch beim
Anschlag in den Kasematten vor).
lm Gegensatz zum Anschlag auf den Flughafen Findel scheint es hier deutliche Mangel zwischen
der eigentlichen Tatplanung und der TatausfUhrung zu geben, weshalb unter anderem
unnotigerweise Ressourcen verschwendet werden.
Das gleichzeitig in Luxemburg stattfindende EG-Auj3enministertreffen konnte als zusatzliche
Motivation gedient haben, da auch hier wiederum einer breiteren Offentlichkeit (Ausland) die
Hiljlosigkeit der Polizei vor Augen gefUhrt werden konnte.
Il s'agit du premier attentat pyrotechnique, qui a eu lieu en plein jour, mme s'il y avait une brume
paisse.
La raison de l'explosion cette heure est fort simple:
Comme par le pass les poseurs de bombes ont profit , pour se mettre en vidence, d'une
manifestation importante pour les forces de l'ordre.
En effet, du samedi 30 novembre ( midi) au 3 dcembre 1985 un sommet europen -Conseil des
Premiers Ministres et des Ministres des Affaires Etrangres des Communauts Europennes- se
droulait Luxembourg-Kirchberg. Des agents de la Brigade Mobile, du Service de Sret
Publique, du Groupe d'Observation et de Recherches taient en charge de la protection rapproche
des personnalits politiques prsentes au Luxembourg 116.
La conduite d'lectricit des btiments du Kirchberg passait par le pylne attaqu. Ainsi les
poseurs de bombes se mettaient en avant dans toute la presse mondiale qui pariait des attentats
Luxembourg 117.
115 Cf la note de page N114 la page prcdente
116 Rapport 487 du 22.05.2007, annexe 203.75 fonctionnaires de la Brigade Mobile, du G.O.R., de la Sret Publique, des Sections de Recherches
et de diffrentes brigades taient dtachs pour garantir la protection raproche des hautes personnalits.
117 L'lectricit a t coupe pendant 10 minutes. Rapport 425 du 01.03.2004 - Livre KREMER- page 14.
36
Explosion pyrotechnique au Kirchberg lors du Conseil des Ministres (sommet europen), le
lundi, 2 dcembre 1985 17.50 heures 118
Un petit engin explosif ft lanc le long d'une bande de scurit sur l'autoroute Luxembourg-
Trves au niveau du Centre de Confrences. A ce moment se tenait la confrence de presse des
ministres. La raison qui a pouss les auteurs diffrer leurs heures de travail normales est donc
toute trouve.
Le B.K.A. a fait l'analyse suivante 119:
Die einzige Moglichkeit, aIs Zivilperson berhaupt in die Niihe des Konferenzzentrums zu
kommen, bestand im Befahren der am Zentrum vorbeifhrenden Autobahn. Dies bedingte, dass die
Tiiter keine Zeit und Gelegenheit hatten, eine Sprengvorrichtung zu installieren.
Die Ausjhrung, aus einem langsam fahrenden Fahrzeug einen mit Zndschnur gezndeten
Sprengsatz zu werfen, fUhrt zu einer unpriizisen Platzierung des Sprengsatzes und bedingt zwei
Tiiter.
lnsgesamt wird das Tiiterrisiko aIs hoch eingeschiitzt. Durch das Abwerfen eines Sprengsatzes
wiihrend der Fahrt auf der Autobahn setzten sich die Tiiter der Gefahr aus, dabei von
nachfolgenden Fahrzeugen beobachtet und gegebenenfalls auch verfolgt zu werden. Das
Fahrzeugkennzeichen hiitte abgelesen werden konnen, was zu einer spiteren ldentifizierung hiitte
fUhren konnen. Durch die kurze Zndschnur und die damit einhergehende schnelle Detonation der
Sprengladung setzten sich die Tiiter darber hinaus der Gefahr aus, durch entsprechende
Massnahmen der Polizei (z.B. Sperrung der Autobahn oder deren Abfahrten) noch in
unmittelbarer Tatortniihe gefasst zu werden.
Ein Anschlag auf eine EG-Einrichtung konnte das nicht sein. Eher schon eine Aktion, die die EG-
Vertreter aIs Zuschauer brauchte. Rechnen wir diesen Anschlag zu der Serie hinzu, dann bedeutet
dieses, dass die Tiiter die EG-Zuschauer fUr ihr (nicht bekanntes) Anliegen mit einspannen
wollten, aber nicht die EG-Einrichtungen selbst zum Angriffsziel gewiihlt hatten.
Durch die zu dieser Zeit auf dem Kirchberg anwesenden 700 Journalisten konnten die Tiiter die
Verbreitung ihres Anliegens in die ganze Welt erreichen.
Il est vident que le lancer de cette bombe attire encore une fois l'attention du monde entier. Cette
explosion c'est produite en un endroit o les hommes politiques n'taient pas en danger, mais le
fait mme n'ajoutait rien la renomme du Grand-Duch en matire de scurit.
Attentat contre la maison HELLINCKX du 16 fvrier 1986 vers 23.07 heures 120
L'attentat dclench par un mcanisme pyrotechnique tait le premier qui avait pour cible une
habitation prive. Une charge ft dpose sous une voiture gare devant l'entre de la maison. Au
courant de l'aprs-midi de ce dimanche la famille tait retourne des vacances. Au moment de
l'attentat la famille tait runie dans une chambre situe au dessus de l'entre, donc du ct de la
chausse et de l'explosion. Selon l'enqute la lumire de cette chambre tait visible travers les
volets roulants.
118 Procs-verbal 288 du 02.12.1985 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 92
119 Analyse du B.K.A. page 53
120 Procs-verbal 2644 du 16.02.1986 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 98
37
A noter encore que cet attentat tait le premier aprs une pause des malfaiteurs d' peu prs 2 mois
et demi, leur rpit le plus long.
Il importe de noter qu' ce moment le notaire HELLINCKX tait la une des journaux tant donn
qu'il avait t condamn quelques jours avant l'explosion du chef d'immixtion en tant qu'chevin
de la Ville de Luxembourg, une amende de 100.000 FLUX (2.500 euros). Le notaire
HELLINCKX a estim que l'attentat est voir en relation avec cette condamnation pour un acte
mettant en doute l'honntet d'une personne exerant une fonction publique, fait que l'opinion
publique a rprouv fortement.
Aussi cet attentat donne-t-illieu ces observations de la part du B.K.A. 121:
Der l'liter drfte sich sicherlich nicht in der Person des Herrn HELLINCKX aIs Opfer geirrt
haben. Unklar bleibt jedoch die Motiv/rage, die mehrere Alternativen bietet. Nach Aktenlage
konnte die unmittelbar vorher erfolgte Verurteilung des Notars zu umgerechnet 5.000 DM dabei
eine Rolle (im Sinne einer zusatzlichen Bestrafung) gespielt haben.
Au moins aussi important est la circonstance que ce fait s'est produit au premier week-end de
l'anne 1986 o il n'y avait pas de dispositif de surveillance spcial de la part des forces de
l 'ordre122.
L'absence de tout dispositif de surveillance spciale s'explique par le fait que le dernier attentat
tait celui du Kirchberg du 2 dcembre 1985. Les auteurs des attentats ont observ en l'occurrence
la plus longue pause (entre le 2 dcembre 1985 et le 16 fvrier 1986) de leurs activits, de sorte
que les autorits publiques estimaient et espraient que la srie d'attentats avait pris fin.
Un autre effet de cet attentat tait que les forces de l'ordre devaient dornavant protger non
seulement les btiments publics, pylnes d'lectricit ou encore d'autres installations vitales du
pays, tche qu'elle ne pouvait dj pas remplir raisonnablement, mais encore assurer la protection
des personnes publiques.
Cet attentat est une nouvelle illustration du passage contenu dans la premire lettre time and
space are on our side 123 et ceci en s'abstenant pendant deux mois et demi de toute activit et en
s'attaquant un objectif de toute autre nature savoir une maison prive et habite.
121 Analyse du B.K.A. page 54
122 Apartir du 21.12.1985, un dispositif anti-terroriste flexible tait entr en vigueur. Le choix de la date, du dispostif adopt (4 possibilits), des
objectifs surveiller taient l'objet d'une note particulire fournie aux officiers assurant le commandement du dispositif.
Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre li page 3 et annexe VIl.
123 cf page 7
38
La Sime lettre d'extorsion 124
lettre, a t la lettre par les des a t le 17
fevner 1986 a 18.00 heures a la Poste, et parvmt le 20 fevner 1986 a la Gendarmene . Elle a la
teneur suivante:
1

money doesn1t [Link] prohles.


":hard \&Jork. too.
. . .;' ..
thls tlme you may, eVGn need luck
.::
"
.....
". '.

',",:., ..
.'
go on l;oslng
' ..
Cette lettre est signe avec le code C23Y78. Par une analyse il a pu tre. tabli 'lue
l'enveloppe de cette lettre porte les mmes traces ADN que les enveloppes de la 2
1me
et 4
Ieme
lettre
Cette lettre donne lieu selon le B.K.A. trois interprtations diffrentes. TI est vrai que les
deuxime et troisime interprtations ne sont en fait que de lgres variations sur le mme
thme 127:
Procs-verbal 666 du 21.02.1986 de la Sret Publique 1 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 99
125 Rappelons que (outes les lettres taient adresses la CEGEDEL, avec ln seule exception de la 6'1"1< lettre, qui tait dpose au 5 tme sous-
sol du parking Place du Thtre .
126 Rapport 324 du 05.02.2001 du Groupe AE
127
Analyse du B.K.A. page 56
39
Variante 1
Dieser Brie! war in unmittelbarem zeitlichen Zusammenhang mit dem Anschlag au! die Person
HELLINCKXzu sehen.
Daher konnte man davon ausgehen, dass es sich hierbei um eine Art Bekennung zu diesem
Anschlag handelte. Der erste Satz wrde durchaus einen Sinnzusammenhang nahelegen, da sich
die Person HELLINCKXau!Kosten der Allgemeinheit illegal finanziell bereichert hatte und dajr
auch verurteilt wurde. Die beiden folgenden Siitze konnen allerdings nur schwerlich mit dieser
Person in Verbindung gebracht werden. Wenn man den Adressaten HELLINCKX annimmt, so
macht der zweite Satz quasi als Aufforderung an den Notar, hart zu arbeiten, keinen Sinn. Warum
der Notar Glck brauchen sollte, ist auch nicht ersichtlich.
Aus diesem Grund wird angenommen, dass dieser Brie! nicht an die Person HELLINCKX
gerichtet ist.
Variante 2
Die niichste denkbare Moglichkeit wiire, dass der Brief sowohl postalisch als auch inhaltlich an
die Gendarmerie gerichtet war.
Der erste Satz wrde dann in engem zeitlichen Zusammenhang zu dem, einen Tag zuvor,
durchgefhrten Anschlag bedeuten, dass die Person HELLINCKX zwar durch illegale
Machenschaften ein Mehr an "Geld" hatte, was ihmjedoch nicht dazu verhilft, "alle Probleme" zu
losen. Um zu entscheiden, ob der Adressat des Briefes, die Polizei, der tatsiichliche Adressat des
Briefes ist, waren zusiitzliche Informationen zu internen Vorgiingen in der luxemburgischen
Gendarmerie notwendig, wie z.B. Besoldungserhohung, neue Haushaltstitel jr Anschaffungen
usw. ln diesem Zusammenhang wrden die beiden Folgesiitze dann auch Sinn machen, weil z.B.
eine hohere Besoldung auch nicht das "fleissige Arbeiten" ersetzt.
Variante 3
Der Adressat ist bei dieser Variante ebenfalls die Gendarmerie.
Der erste Satz bezieht sich auf die ausgesetzte Belohnung, die aUeine noch nicht "aUe Probleme"
der Ergreifung der Tiiter losen kann. Der zweite Satz ist ein Hinweis darauf, dass seitens der
Polizei auch "hart gearbeitet" werden muss, um das angestrebte Ziel, die Festnahme, zu erreichen.
Die ersten beiden Worte (" this time... li) im dritten Satz weisen auf einen neuen Handlungsstrang
hin, der sich von den bisherigen Taten deutlich abgrenzt. Hierunter kann der Anschlag auf das
Anwesen der Person HELLINCKX verstanden werden, der sich nicht wie in der Vergangenheit
gegen Versorgungsbetriebe oder den Staat an sich richtet und sich damit deutlich von den
bisherigen Adressaten unterscheidet. Der Verfasser deutete mit dem zweiten Teil des dritten Satzes
(" ...you may even need luck") an, dass die Gendarmerie diesmal auch Glck braucht, um diese
Verbindung herstellen zu konnen.
Der vierte, etwas von den anderen abgesetzte Satz richtete sich zweifellos an die Gendarmerie.
ln diesem Satz gab der Autor zu verstehen, dass er davon berzeugt war, dass die Gendarmerie
auch zuknftig "verlieren" wrde, was z.B. seine Festnahme anbelangte. Der Satz schliesst
allerdings auch die gegenwiirtige Situation mit ein. Der Satz hat etwas "gonnerhaftes", weil er
weder eine Schelte noch eine Drohung beinhaltet. Der Schreiber sieht sich der Polizei sa weit
berlegen, dass er sich noch nicht mal die Mhe macht, die Polizei zu schmiihen.
La lettre ne contient aucune dclaration de fond quant aux attentats et n'est pas considrer
comme un crit dont les auteurs revendiquent les attentats.
Toutefois, la lettre s'apparente un tel crit. Aussi l'auteur de la lettre tablit-il un lien entre
l'extorsion de fonds CEGEDEL et les attentats.
40
Il doit avoir t important pour l'auteur de la lettre de se manifester de nouveau aprs douze
attentats. Le texte doit ds lors donner lieu une interprtation cohrente et claire. Le fait que
Matre HELLINCKX s'est enrichi personnellement n'est de nature donner lieu une telle
interprtation.
Attentat contre la maison d'habitation du colonel Jean-Pierre WAGNER du 25 mars 1986 128
L'explosion a t dclenche 23.13 heures par un systme pyrotechnique contre la maison
d'habitation de l'ancien commandant de la Gendarmerie Jean-Pierre WAGNER 129. La famille
WAGNER s'tait dj couche au moment de l'explosion. Le fils de la famille s'tait rendu au lit
23.05 heures, donc 8 minutes avant l'explosion. Aucune pice de la maison n'tait illumine.
Le B.K.A. analyse ce fait comme suit 130:
Der unmittelbare Adressat war sicherlich Herr Wagner, der sich zumindest auf Grund seiner
ehemaligen Position in der Gendarmerie aIs Opfer qualifiziert haben drfte. Herr Wagner war bis
zu seinem Ausscheiden hochster Vertreter der Gendarmerie und in dieser Funktion u.a. jr die
Bearbeitung der Bombenserie bis Ende September 1985 verantwortlich.
Damit war mittelbar die Gendarmerie und dadurch auch der Staat tangiert.
Die Person Wagner stand mit Sicherheit bis zu seiner Pensionierung, Anfang Oktaber 85, im
offentlichen Interesse. Allerdings nach seinem Eintritt in den Ruhestand drfte sich das offentliche
Interesse merklich abgekhlt haben.
Sollten keine Anhaltspunkte dajr gefunden werden, dass die Persan Wagner durch
Presseveroffentlichungen, z.B. im Zusammenhang mit der Revue, ins Bliclifeld gerckt wurde, so
ware hier ein personliches Motiv der Tater zu prfen. Das personliche Motiv konnte sich zum
einen aus der beruflichen Tatigkeit des Herrn Wagner speisen, andererseits auch aus privaten
Aktivitaten oder Kantakten.
Cet attentat tait de la part des poseurs de bombes une fois de plus une vritable provocation.
En effet, le mme soir eut lieu la premire de la Ltzebuerger Revue , genre cabaret o
l'actualit du pays est prsente la faon des chansonniers. Le jour en question la Revue
s'intitulait Knuppefrd et - ironie supplmentaire - avait comme co-auteur Monsieur Paul
PTZ, commissaire en chef au Service de Sret Publique.
Chacun - et surtout - les forces de l'ordre s'attendaient un attentat le soir en question. Aussi la
Gendannerie effectuait-elle le soir de multiples contrles et rondes et beaucoup de policiers et
gendannes avaient t mobiliss aux alentours du thtre 131. Bref, c'tait un nouveau pied de nez
la Gendannerie.
128 Procs-verbal 1449 du 25.03.1986 de la Sret Publique / Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 101
129 Monsieur WAGNER avait pris sa retraite le 01.10.1985.
130 Analyse du B.K.A. page 58.
131 Des agents de la Sret Publique et du G.O.R. s'taient positionns l'intrieur du thtre et un contrle routier avait t organis sur le Pont
Grande-Duchesse Charlotte. Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 103.
41
Ill) Le droulement de
a) Les difficults de l'enqute
L'enqute s'est avre particulirement difficile et ceci pour plusieurs raisons:
- Il n'y a eu aucun tmoin oculaire direct d'une des explosions, personne n'ayant observ ou vu et
identifi un des auteurs lors de la prparation d'un attentat qui aurait directement pu avertir les
forces de l'ordre.
Dans trois cas, lors des attentats aux casemates 132, l'aroport 133 et Heisdorf 134, des tmoins
ont pu voir les auteurs lors de la fuite. En ce qui concerne l'attentat dans les casemates, les tmoins
n'ont fait leurs dclarations que 30 jours aprs l'attentat. Le tmoin de l'attentat l'aroport n'a
- ---- -- -- --
pas pu voir les auteurs de visage. Pour l'attentat Heisdorfpar contre, les informations fournies aux
enquteurs taient trop imprcises pour faire avancer les recherches au sujet de ces voitures et de
leurs occupants. Lors de l'attentat au Palais de Justice, une personne de laquelle on peut dire que
c'tait un guetteur, avait t observe, mais ceci n'a jamais pu tre tabli 135. Ce dfaut de tmoins
oculaires directs s'explique par le fait qu'entre l'installation des explosifs et les explosions il y a
une diffrence de temps allant jusqu' 64 minutes.
- Les tmoins qui ont aperu les auteurs ne les ont jamais vus de telle manire pour en donner une
description prcise. Pour cette raison les portraits robots que le Service de la Sret Publique a
dresss n'ont pas eu la prcision requise pour en tirer des rsultats ou conclusions fiables.
- L'absence de tout tmoin dont les dcIarations auraient pu mener l'identification des auteurs est
d'autant plus souligner que l'Etat grand-ducal a promis en 1985 une prime de 10 millions FLUX
et la Ville de Luxembourg une prime de 2 millions FLUX (soit 12 millions FLUX, valeur 1985)
toute personne pouvant faire des dcIarations propos des attentats pouvant entraner l'arrestation
des malfaiteurs 136. Les mdias ont d'ailleurs rappel de nombreuses reprises et jusqu' l'anne
coule que la prime pour un tmoin important serait toujours disponible. Toutefois personne n'a
fait une dclaration importante en ce sens.
- Pendant trs longtemps il n'y a eu aucun aveu ou propos pouvant tre considr comme manant
d'un auteur potentiel.
- La raison de ce silence absolu est qu'il s'agit d'un groupe compact d'idalistes qui n'ont partant
pas mme le sentiment d'avoir commis des actes contraires la loi (absence
d'Umechtsbewusstsein).
- Les lments matriels recueillis sont trs peu nombreux et ceci pour la simple raison qu'eu
gard la puissance des dflagrations la plus grande partie du matriel artisanal moyennant lequel
l'explosion a t provoque a t dtruit 137. En mme temps la dflagration a effac toutes autres
traces pouvant aider identifier les auteurs 138.
132 cf page 26
133 cf page 32-34 et ci-aprs le chapitre VII
134 cf ci-aprs page 68
135 Voir ci-avant page 32
136 Lors d'un appel la population du 04.06.1985, le Procureur gnral d'Etat promet une rcompense de 1 million de FLUX pour des
renseignements permettant J'arrestation des auteurs. Le 27.06.1985, aprs l'attentat de Hollerich,la commune de Luxembourg promet une
rcompense de 2 millions de FLUX. Le 09.12.1985, la rcompense du Parquet gnral est augmente 10 millions de FLUX.
Rapport 392 du 0 1.12.2006 du Groupe AE. pages 53/58/95
137 Rapport 650 du 10.062008 du Groupe AE
138 Rapport lt64 du 10.04.1985 deJa Sret Publique 1Rapports 281 du 29.01.l988 et 321 du 04.08.2000du Groupe AE
42
- Il n'y a eu aucun moment une revendication des auteurs se rclamant d'un groupe idologique
(par exemple: R.A.F. en Allemagne, Action Directe en France ou encore les C.C.C. en Belgique,
les Brigades Rouges en Italie, l'IRA en Irlande) ou d'un groupe rclamant une action politique
dtermine de la part du Gouvernement (par exemple: dissolution de l'Arme, libration de
prisonniers, l'engagement du Gouvernement de ne pas acheter de l'lectricit provenant de
centrales nuclaires). Donc pas d'attentat connotation terroriste ou politique.
- Diverses manoeuvres de diversions, d'ailleurs assez subtiles, se sont par la suite avrs tre des
leurres.
b) Droulement de l'enqute durant et peu aprs les attentats (1984 -1992)
En 1984, suite aux premiers attentats isols Beidweiler, on esprait, raction normale, qu'il ne
s'agissait que de l'un ou l'autre attentat isol, qu'il n'yen aurait plus d'autre, bref que les attentats
cesseraient sous trs peu de manire aussi inexplicable que la premire explosion avait commenc.
Rien ne permettait donc de prvoir qu'il y aurait ds l'anne suivante toute une srie d'attentats
accompagns au dbut de demandes d'extorsion de fonds, puis sans extorsion de fonds.
Au dbut on considrait l'ensemble des attentats comme une classique affaire d'extorsion de fonds
et l'on pouvait esprer qu'on en resterait au stade de la tentative, les auteurs pouvant tre arrts et
ceci soit suite aux stratagmes de la Gendarmerie, soit aux fautes que les auteurs de l'extorsion des
fonds commettraient. Il convient de noter que les auteurs des demandes d'extorsions ne
parviennent pour ces raisons pas souvent la ralisation de leur but.
Toutefois lorsque, aprs la remise de fonds (fictive) mise en place par la Gendarmerie le 12 juin
1985 la Place du Thtre 139, la CEGEDEL reut le lendemain de cette remise de fonds la
i
me
lettre de la part des auteurs de la tentative d'extorsion des fonds et auteurs des attentats en
fournissant toute une srie d'informations internes la Police, il tait vident qu'il ne s'agissait en
rien d'une tentative d'extorsion de fonds. En crivant entre autres you lost , ils n'crivaient plus
de lettre jusqu'au 17 fvrier 1986, lendemain de l'attentat auprs de la maison HELLINCKX.
Dans un troisime temps, qui se confondait d'ailleurs par la force des choses, du moins
partiellement avec la deuxime tape, on esprait pouvoir arrter les auteurs des attentats en
flagrant dlit, procd dont on ne pouvait exclure qu'il aboutisse bonne fin.
Si durant la priode des attentats (entre Beidweiler du 30 mai 1984 et deux mois aprs l'attentat
WAGNER du 25 mars 1986) 84 personnes frent entendues, il importe de prciser qu'il s'agit
exclusivement de victimes et de personnes qui ont relat ce qu'ils ont vu lorsqu'ils sont arrivs sur
les lieux des attentats. En d'autres mots, il s'agissait d'auditions faites en vue d'une arrestation en
flagrant dlit, technique policire hasardeuse mais qui comme en l'espce, peut aboutir si on peut
tre sr que les auteurs des attentats passent encore l'acte: on rassemble des donnes permettant
de dgager leur modus operandi afin de pouvoir les arrter la prochaine fois (ce qu'on
espre d'une certaine manire). Pour cette raison on a nglig videmment la voie d'une
enqute cohrente. Vu qu'aprs le 14 juin 1985 les auteurs n'ont plus envoy de lettre contenant
une exigence quelconque, il en rsultait que les forces de l'ordre abandonnaient peu peu la piste
que le but des auteurs d'attentats tait d'obtenir des fonds.
Les responsables de l'enqute n'avaient pas prt une attention suffisante (ce que l'on ne peut
reprocher personne) la phrase contenue dans la premire lettre d'extorsion o il tait crit
time and space are on our side , expression qui allait s'avrer tre dcisive si l'on veut
comprendre pourquoi il tait impossible aux forces de l'ordre d'arrter les auteurs des attentats en
flagrant dlit - sauf coup de chance.
139 Voir ci-avant page 18
43
La note du 21 mai 1985 de Monsieur le capitaine REULAND, qui l'poque tait le commandant
de la Brigade Mobile au sein de la Gendannerie, est loquente ce sujet. Cette note est formule
comme suit 140:
Objet: affaire CEGEDEL
1) Gnralits.
Dans l'tat actuel des choses, 3 hypothses:
- rien ne se passe
- un pylne est attaqu l'explosif
- une remise de ranon est demande.
Uniquement dans les 2 dernires hypothses une action s'impose.
2) Mission
- tre prt intervenir dans un dlai trs bref(1 heure)
- observer plusieurs lieux/personnes suspectes en cas d'un nouvel attentat
3) Excution
La note ordonnait la mise sous observation de diffrentes personnes qui avaient t condamnes
pnalement pour des faits plus ou moins graves et qui n'taient pas dtenues.
Faute d'avoir recherch des donnes objectives on procdait par dduction, en ne pouvant se baser
sur aucun lment concret.
C'est ainsi qu'entraient tour tour dans le collimateur de la Gendannerie 141:
- les employs de la Poudrerie et des carrires, de la CEGEDEL, des Ponts & Chausss, de la Ville
de Luxembourg, de l'Aroport, etc.
- les mauvais payeurs de la CEGEDEL,
- les agriculteurs (qui avaient l'poque un diffrend avec la CEGEDEL propos du prix de
l'lectricit),
- certains criminels plus ou moins notoires ou des prisonniers en cong pnal,
-les tudiants (on croyait avoir observ qu'un certain nombre d'attentats avaient eu lieu en fin
de semaine, donc un moment o beaucoup d'tudiants rentraient de l'tranger),
- des personnes qui avaient fait l'objet d'une procdure d'expropriation,
- certains Verts (purs et durs, de l'poque) parce que leurs co-activistes en Allemagne s'taient fait
remarquer par leur opposition aux pylnes lectriques,
- certains milieux politiques d'extrme droite et de gauche,
- des fonctionnaires qui avaient fait l'objet d'une mesure de discipline,
- les socits de gardiennage et de surveillance, socits qui se dveloppaient normment
l'poque, et dont un dirigeant aurait pu avoir l'ide de susciter un sentiment d'inscurit et
d'impuissance de la Force Publique.
De mme on a procd une investigation systmatique par catgories (Rasterfahndung). Ainsi on
peut voquer les vrifications:
140 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre Il, annexe 1l-1.1.21
141 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre LD., pages 13-19
44
- des personnes civiles et militaires ayant pass une fonnation en explosifs 142;
- des vhicules quips avec des pneus militaires 143;
- des jumeaux masculins, gs entre 18 et 27 ans de nationalit luxembourgeoise, suite aux
dclarations des tmoins aprs l'attentat aux casemates 144 ;
- des habitants de plusieurs communes, suite aux analyses d'eau des bidons saisis aux
casemates145.
A noter qu'on a procd ainsi exactement 3308 enqutes propos de personnes tombant sous
l'un des critres noncs ci-avant ou ayant attir d'une manire ou d'une autre l'attention des
forces de l'ordre, et par rapport toutes ces personnes on faisait, il est vrai, plutt des vrifications
que de vritables enqutes. Ainsi une des activits des forces de l'ordre consistait observer et
enquter sur les propritaires et clients d'un bistrot Walferdange, qui avait sur sa porte d'entre
une ornementation en fer forg pouvant tre considre comme tant un grand trfle noir 146. Cette
action tait lance pour trouver une relation entre le code contenu dans l'annonce parue dans le
Luxembuger Wort en mai 1985 voquant l'expression cherche trfle noir avec voilier et les
auteurs. C'est dire le manque de toute piste .
En logique avec la conviction qu'on arrterait sous peu les auteurs des attentats en flagrant dlit,
on ne procdait pas une enqute judiciaire bien pousse, mais on avait ordonn de vrifier les
occupants des voitures et de celles-ci circulant dans les environs des lieux des attentats.
Malheureusement - mais par la force des choses - ces contrles eurent toutes les fois lieu au moins
une vingtaine de minutes aprs les explosions. Ainsi ces contrles ne pouvaient avoir aucun succs
tant donn, comme dvelopp ci-avant, que les auteurs des attentats taient dj partis entre 12
(Itzig) et 64 minutes (Heisdorf) avant les explosions.
Dans ce contexte non moins de 3.229 vhicules (et conducteurs de ceux-ci) frent contrls et
leurs donnes frent enregistres, le tout toutefois sans rsultat concret quant l'enqute.
Il y a lieu de noter que dans le contexte de cette affaire la premire banque de donnes en matire
criminelle propos d'une affaire dtermine - dment autorise - ft mise en place au Grand-
Duch.
Puis entre mars 1986 et fin 1992, 38 autres personnes frent entendues dont 18 par rapport un
attentat, 10 dans le cadre de la tentative d'extorsion comme dans une vritable enqute judiciaire
nonnale et 10 autres personnes frent encore des victimes tmoins auxquelles on demandait
des prcisions ou qui croyaient pouvoir en fournir.
Depuis les premiers attentats, l'enqute a t mene par les enquteurs de trois sections de la Sret
Publique (Pnale, Incendie et Identification) 147 148.
Il rsulte du procs verbal du Conseil de Gouvernement du 2 octobre 1985 qu' cette occasion le
Conseil a confinn M. le Ministre de la Force Publique dans sa dcision de confier la
responsabilit du dossier un seul et mme officier. Le nom de cet officier ne figure pas au dit
rapport pour des raisons de confidentialit. Il se trouve que ni le ministre, ni un des officiers
142 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre LD., page 14 avec Note de Service 93/85 du 06.08.1985
143 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre LC., page 12, annexe C.1.1.20 - Note de Service 68/86 du 21.04.] 986
144 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre I.C. page 12 - Annexe C.1.1.12 Note de service 103/85 du 28.08.1985
145 Rapport 375 du 02.05.2003 du GroupeAE, chapitre LD., page 17
146 Rapport 12 du G.O.R.
147 Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre LA. pages 2-9.
148 Section Pnale: HAAN Paul / LOUTSCH Eugne / LINDEN Lucien / BCHLER Guillaume / FISCHER Jean / FROHLlNG Armand
Section Incendie: DISEWISCOURT Jean / HENTGES Edgar / KALMUS Romain / SCHROEDER Guy
Section Identification : WAGNER Raymond / NIES Alphonse / MACK Arnold / JOSSA Eloi / GLODT Andr / DOUSEMONT Armand /
MEYSENBOURG Maurice
45
entrant en ligne de compte pour avoir t dsign comme interlocuteur ne se rappelle cette
dsignation, ce qui n'a pas - c'est le moins qu'on puisse dire - facilit l'enqute 149.
En effet, lors de l'arrive au commandement de la Gendarmerie de Monsieur Aloyse HARPES le
1
er
octobre 1985 il Y eut un certain nombre de changements au niveau de l'organisation de la
Gendannerie relatifs aux attentats la bombe. C'est ainsi qu'un groupe d'enqute ft cr
auprs du Service de Sret Publique sous les ordres du Lieutenant Annand SCHOCKWEILER.
Ce groupe tait compos de huit enquteurs spcialement dsigns des sections prcites 150.
Un groupe d'observation et de recherches (G.O.R.) ft cr auprs de la Brigade Mobile de la
Gendannerie et plac sous les ordres du Lieutenant Guy STEBENS 151.
Le 13 janvier 1986, le groupe d'enqute a t modifi et son nombre a t port 10 enquteurs
l52
.
A partir du 1er octobre 1986, le groupe d'enqute a t dissous et l'enqute a t continue par les
membres de la section Attentats, Incendie et Explosifs de IaSuiet Publique 153..
Le 04 fvrier 1988, suite une dcision de Monsieur le juge d'instruction Prosper KLEIN, le
dossier a t retir aux enquteurs principaux DISEWISCOURT et HENTGES et retransmis un
nouveau groupe d'enquteurs designs nominativement par le juge (quatre membres de la section
Pnale de la Sret avec un renfort ventuel de deux membres de la section Incendie et un membre
de la section de recherches de Luxembourg). Cette dcision entranait de longues et vhmentes
discussions du commandant de la Gendarmerie Aloyse HARPES avec le juge d'instruction et
diffrents membres du Tribunal d'Arrondissement de Luxembourg 154.
Le 1
er
mai 1988, les commissaires les plus anciens en rang de ce groupe, savoir les Messieurs
HAAN et SeHONS, ont eu de nouvelles attributions suite des changements d'affectations 155.
Un nouveau changement a eu lieu le 14 mai 1990. L'effectif du groupe tait compos de quatre
membres de la Sret Publique et de quatre membres de l'arrondissement de la Gendarmerie de
Luxembourg 156.
Le 07 janvier 1991, deux membres de l'arrondissement de la Gendarmerie de Luxembourg
regagnaient leurs units d'attache 157.
149 Rapport 713 du 06.10.2009 du Groupe AE, annexe 39
150 Rapport 375 - Note aux officiers 547 du 07.10.1985: HAAN Pauli WAGNER Raymond/ DISEWISCOURT Jean/ FISCHER Jean/ LINDEN
Lucien / HENTGES Edgar / LOUTSCH Eugne / BCHLER Guillaume.
151 Rapport 375 du 02.05..2003 du Groupe AE, page 3 - Note aux officiers 547 du 07.10.1985
152 Rapport 375 - Note aux officiers 15/86 du 08.01.1986, sous les ordres du lit SCHOCKWEILER Armand, assist par le It HAMEN Charles:
Sret Publique: DISEWISCOURT Jean / LINDEN Lucien / MACK Arnold / HENTGES Edgar / BCHLER Guillaume /
BERSCHEID Jean-Claude / BRAUSCH Marc
Bel: BIDINGER Antoine
Section de Recherches de la Police de Luxembourg: ZENNERS Georges / THILL Alain
153 Rapport 375 - Note aux officiers 842/86 du 24.09.1986: DISEWISCOURT Jean / HENTGES Edgar / KALMUS Romain / SCHROEDER Guy
154 Lettre 219/85 du 04.02.1988 de Monsieur le juge d'instruction Prosper KLEIN (Rapport 375, chapitre l, annexe 5.01) :
Section Pnale: HAAN Paul / SCHONS Aloyse / LOUTSCH Eugne / BCHLER Guillaume
Section Incendie :WAGNER Raymond / MACK Arnold
Section de Recherches de la Gendannerie de Luxembourg: STIEBER Annand
155 Rapport 375, chapitre l, annexes 5.6 et 5.. 8
156 Rapport 375 - Note 413/90 du 04.05.1990 :
Sret Publique: SCHOCKWEILER Armand / MACK Arnold / WUTSCH Eugne / SARTORIUS Armand
Arrondissement de la Gendarmerie de Luxembourg: STIEBER Annand / HANSEN Aly / KLEIN Carlo / PETER Sylvie
157 Rapport 375 - Note 14/91 du 07.01.1991 : Il s'agit de HANSEN Aly et de PETER Sylvie
46
cl L'enqute depuis 1992
S'il ya eu partir de 1992 un certain relchement dans l'enqute, ceci s'explique par plusieurs
facteurs:
-le juge d'instruction en charge du dossier, Monsieur Prosper KLEIN, avait t nomm d'autres
fonctions,
- le nombre de quatre juges d'instruction l'poque tait peine suffisant pour vacuer les affaires
urgentes, telles que les affaires de dtenus et des commissions rogatoires internationales, et qu'on
ne disposait pas d'lments nouveaux pouvant conduire une piste quelconque.
Il Yeut toutefois rgulirement des runions entre magistrats et enquteurs tant donn qu'on ne
pouvait considrer l'enqute et par consquant l'tat du dossier comme satisfaisant.
On tait en effet d'accord ne pas laisser prescrire l'affaire, ce qui aurait t une solution de
facilit, le fait qu'il y avait eu dans les conditions prdcrites 19 attentats l'explosif dans le pays
sans revendication, relevant de la provocation. De mme, on estimait qu'il devrait tre possible
dans un pays ayant les dimensions du ntre d'identifier les auteurs et ceci d'autant plus qu'il tait
vident que les auteurs taient des rsidents luxembourgeois.
En outre, il convient de ne pas perdre de vue la gravit de certaines infractions, deux faits pouvant
tre considrs comme des tentatives d'assassinat (piges feu Asselscheuer et Findel) ainsi que
les dgts causs plus que substantiels qu'on peut estimer plus de 200 millions de Flux la valeur
de l'poque.
En participant ces runions le reprsentant du Parquet a toujours fait observer qu'il s'agissait d'un
dossier important et sensible et qu'un jour ou l'autre on devrait bien donner des explications sur
l'enqute. Or, si un tiers avait l'poque pris inspection du dossier il aurait pour le moins t
tonn. Le hasard a voulu qu'au fil du temps les autorits judiciaires ont reu plusieurs lettres ne
manquant pas d'intrt. A noter que les lettres mettaient en cause Monsieur GEIBEN, sans
cependant tre explicites sur le sujet. Ceci permit aux enquteurs de constater diffrents faits,
certes pars, mais ne manquant pas d'intrt.
Finalement, il s'est trouv qu'un juge d'instruction a pris le dossier bras le corps et abordait le
dossier avec des yeux tout neufs et sans le moindre priori, et ce ft ainsi qu'en 1997 une
vritable enqute judiciaire dmarra.
Pour les mmes raisons, il s'est avr positif que l'quipe des enquteurs a connu de profonds
changements ce qui a eu l'avantage qu'il yen avait qui connaissaient sur le bout des doigts les faits
et les points sur lequels une enqute avait t mene, tandis que d'autres y jetaient un regard
nouveau.
Il n'y a plus eu aucun changement au groupe d'enquteurs jusqu'au 24 juin 1999. A partir de cette
date, ce groupe n'est plus compos que de deux enquteurs (un membre du Service de Police
Judiciaire et un membre de la Section de recherches de Luxembourg) 158. Ce n'est qu' ce moment
que le dernier enquteur tant membre du groupe d'enqute depuis le dbut de la srie n'a plus fait
partie de ce groupe 159. Le 14 fvrier 2000, l'effectif du groupe a t port quatre enquteurs 160.
158 Rapport 375, chapitre 1- Note 1999/3596411353 du 24.06.1999: STBER Annand (SdR) / KLEIN Carlo (Pl)
159 TI s'agissait de LOUTSCH Eugne.
160 Lettre 219/85 et 80186 du 14.02.2000 de Madame le juge d'instruction Doris WOLTZ : RUPPERT Fernand (Pl) 1LANNERS Roger (SREC
Capellen)
47
C'est partir du 30 avril 2002 y eut les derniers changements. A cette date, deux membres
regagnent leur unit d'attache 1 1 et sont remplacs par un nouvel enquteur 162. Le 28 octobre
2002, le groupe est renforc par un quatrime membre 163 et le Il mars 2003 par un cinquime
membre 164. En novembre 2005 un enquteur est parti en retraite 165. .
L'enqute ne devait pas porter sur la premire enqute, donc pas d'enqute sur l'enqute, mais il
s'agissait de revoir un un les diffrents lments acquis lors d'une des diffrentes infractions,
voir s'il fallait pousser l'un ou l'autre point, vrifier pourquoi l'une ou l'autre piste ft
abandonne; entendre les anciens enquteurs et tmoins sur des points prcis et procder une
analyse dtaille des diffrents faits criminels.
Entre ce moment et la clture de l'instruction le Service de Police Judiciaire a
_- rapports et procs-verbaux,
- excut 49 ordonnances de saisie
- excut 37 ordonnances de reprage tlphonique
- procd aux prlvements ADN de 151 personnes
- procd 280 auditions de 169 personnes, dont trois sous hypnose.
Le juge d'instruction a non seulement procd 78 auditions, mais ordonn en tout 86
ordonnances de perquisition et de saisie, ordonn 29 expertises en matire ADN et Il autres
expertises de diffrentes natures.
Il importe encore d'indiquer que cette affaire ft la premire
- o en toute lgalit une banque de donnes au service des enquteurs a t autorise;
- o on a eu recours au procd de l'hypnose afin de soutenir les souvenirs de plusieurs tmoins;
- o on a procd des ratissages par voie informatique par rapport diffrentes catgories de
personnes (Rasterfahndung) ;
- o on a procd une Fallanalyse et aux mthodes les plus modernes en matire d'analyse de
textes;
- et o on a eu recours des techniques criminalistiques dont on ne disposait pas en 1985-1986,
dont notamment les analyses ADN.
d) Pistes particulires
La piste GEmEN 166
Une des premires pistes plus concrtes qui ft rexamine tait la piste GEIBEN, qui avait t
officier la Gendarmerie et avait cr la B.M.G. en 197811979. li avait quitt cette unit en 1982
pour prendre le poste de commandant d'arrondissement Luxembourg. Nomm officier attach
la Sret Publique en 1983 il quitta la Gendarmerie vers le secteur priv le 30.09.1984.
Au sein de la Gendarmerie l'hypothse GEIBEN tait chuchote mots couverts jusqu' l'arrive
de Monsieur Aloyse HARPES le 1er octobre 1985 comme commandant de la Gendarmerie. A
partir de ce moment elle ft voque plus ouvertement. On ne peut dterminer avec prcision le
161 11 s'agissait de RUPPERT Fernand et de LANNERS Roger
162 Rapport 375, chapitre 1- Note du 02.05.2002 : SCHEUER Jol
163 Rapport 375, chapitre 1- Note SPJ/2002/54687/1711/0/STA du 28.10.2002: WEIS Marc
164 Rapport 375, chapitre 1- Note SPJ/2003/14204/615/0/STA du 11.03.2003 : MARX Guy
165 STIEBER Armand
166 cfles rapports lmentaires de cette piste: Rapports 320 du 17.01.2000/496 du 07.03.2006 / 548 du 19.04.2006/609 du 20.06.2007 / 652 du
22.09.2009 du Groupe AE
48
nom de la personne qui a avanc la premire fois le nom de Monsieur GEIBEN. Ceci est d'ailleurs
sans pertinence.
Le 9 octobre 1985 Monsieur SCHOCKWEILER s'tait rendu auprs du Procureur d'Etat adjoint
Jean-Marie HARY pour lui rapporter oralement ses soupons envers Monsieur GEIBEN. Sur
rquisitoire oral du Procureur d'Etat adjoint, Monsieur le Juge d'Instruction dlgu Marc
JAEGER lanait une commission rogatoire internationale (ci-aprs C.R.!.) Bruxelles aux fins
d'observation et de surveillance de Monsieur GEIBEN et de ses contacts. Encore le mme jour
Monsieur SCHOCKWEILER se rendit Bruxelles pour la validation de la C.R.!. et pour entamer
les premires dmarches. Le 17 octobre 1985 Monsieur SCHOCKWEILER se rendit de nouveau
Bruxelles en compagnie de 3 enquteurs de la Sret Publique pour la continuation des
investigations. Suivant les dclarations des enquteurs c'tait Monsieur SCHOCKWEILER lui-
mme qui ngociait avec les responsables, les enquteurs n'tant pas autoriss participer aux
discussions.
Aprs leur retour le 18 octobre 1985, Monsieur GEIBEN tait au courant des dmarches son
encontre sans que l'origine de cette fuite ait pu tre dcele.
Quant aux fondements et l'origine des soupons 1gard de Monsieur GEIBEN
S'il est exact qu'aucun rapport ne figure au dossier qui noncerait avec prcision les raisons qui ont
men la piste GEIBEN , celles-ci rsultent de la dclaration faite le 2 juin 1999 par Monsieur
SCHOCKWEILER auprs du juge d'instruction 167.
Soweit ich mich erinnere wurde er gesehen. Ausserdem glaube ich zu wissen, dass er zum
damaligen Zeitpunkt eine Freundin (Bekanntschaft) in Luxemburg hatte.
- Ausserdem gab es einen belgischen Zeugen, der eine Beschreibung eines schonen jungen Mannes
gegeben hatte, welcher vor dem Gerichtsgebiiude kurz vor der Explosion gesehen worden war.
(Erst zum Zeitpunk, wo Herr HAANmich darber informierte, wurde mir mitgeteilt, dass GEIBEN
Kontakte zum Homosexuellenmilieu hatte).
- GEIBEN besass die notige Formation und das notige lnsiderwissen, um solche Anschlige
vornehmen zu konnen.
- BetrefJend die Observierungen, die wir monatelang in den Wildern und in der Niihe der Masten
durchgejUhrt hatten, fiel auf dass oft, wenn mit der Observierung aufgehort wurde, ein
SprengstofJanschlag stattfand.
- Betreffend die Erpresserbriefe fiel der Stil des lnhalts auf Die Zeilen waren in einer Art
Pfadfinderjargon geschrieben. Dies entsprach in gewisser Weise der Personlichkeit und dem
Charakter von GEIBEN
- Die Planung und AusjUhrung der Attentate, die Aufsetzung der BrieJe, die lnszenierung der
bergabestellen des Losegeldes, die Observationen und Gegenobservationen waren alles
Elemente die au! eine Planung bis ins kleinste Detail hinweisen und auf eine gewisse
Professionalitit schliessen liessen.
- GEIBEN, war wihrend verschiedenen Anschliigen in Luxemburg.
En d'autres mots, les soupons l'gard de Monsieur GEIBEN se basaient sur des dductions et
non sur des faits prcis, ce qui n'empchait pas Monsieur SCHOCKWEILER de dclarer auprs de
Madame le juge d'instruction directeur: GEIBENwar unsere beste Spur .
161
Rapport 320 du 17.01.20001 Rapport 322 du 17.11.2000
49
Si effectivement Monsieur GEIDEN se trouvait lors de certains attentats Luxembourg il y a lieu
de prciser qu'il se dplaait tant avant, que pendant et aprs les attentats trs souvent le week-end
Luxembourg pour y rencontrer la personne de son choix.
Les raisons de la piste GEIBEN indiques par Monsieur SCHOCKWEILER se dduisaient des
facults de tout ordre de Monsieur GEIDEN et de sa prsence occasionnelle Luxembourg.
Ce faisant, on passe sous silence un fait essentiel relatif au motif des soupons l'gard de
Monsieur GEIDEN.
En effet, il ne faut en effet pas oublier que Monsieur GEIDEN avait t un jeune et brillant officier
de Gendannerie, certainement le plus brillant de sa gnration, et, qui en plus ne manquait pas
d'ambition - mot pris en son noble sens. C'est lui qui avait cr la Brigade Mobile de la
Gendarmerie (B.M.G.), que bien qu'tant officier, il avait d'excellentes- 'elatioflsavec-- les -- - -- ---
gendarmes y affects et qu'il avait t charg d'une tude sur une rforme du Service de la Sret
Publique. Aussi tait-il, au vu du dossier personnel saisi, pouss dans sa carrire par le ministre de
la Force Publique de l'poque, Monsieur Emile KRIEPS.
Ce ft une surprise, non seulement dans les milieux des forces de l'ordre, lorsqu'on apprit que
Monsieur GEIBEN avait quitt son poste d'officier de Gendarmerie. Dans les mmes milieux il
n'y avait qu'une seule explication la base de cette dmission, savoir qu'il aurait remarqu ou
qu'on lui aurait fait savoir que sa carrire se droulerait bien plus lentement qu'il ne l'avait espr
et qu'il ne pourrait de toute faon obtenir des promotions qu'en vertu de son rang d'officier bien
qu'il et t nomm major titulaire avant d'autres officiers. Dans ces conditions, il aurait eu
une rancune, voire haine l'encontre de la Gendarmerie, corps qu'il estimait trop rigide et
rtrograde, ce qui aurait t son mobile pour organiser, perptrer ou faire perptrer les attentats.
En ralit, les raisons de son dpart de la Gendarmerie ont t toutes autres: Il estimait en effet,
qu'au vu de son orientation sexuelle sa prsence dans la Gendarmerie serait la longue pour lui et
pour la Gendannerie une mauvaise chose, dont chacun subissait sa manire un dommage
irrversible 168.
Aussi les insistances du colonel J.P. WAGNER pour persuader Monsieur GEIDEN de rester au
sein de la Gendarmerie frent vaines, au grand regret de Monsieur WAGNER. Il rsulte du dossier
personnel qu'il connaissait les vraies raisons du dpart de GEIDEN.
Dans la suite, Monsieur GEIDEN, issu de milieux modestes et plus ou moins sans sou se devait
chercher rapidement un autre emploi. Du point de vue mobile, il semble ds lors difficile de
concevoir, que lui, trs attach une autre personne, toujours ambitieux mais sans sou, aurait
dcid de commettre des attentats au Grand-Duch de Luxembourg eu gard au risque d'tre
arrt, condamn une lourde peine et voir ainsi dtruit son avenir, lui un homme d'une grande
lucidit. Ceci parat d'autant moins plausible qu'il n'avait aucune raison pour avoir une rancune
contre l'Etat luxembourgeois en gnral et la Gendarmerie en particulier. TI propageait lui-mme
une msentente avec ses suprieurs hirarchiques comme raison de dpart pour en cacher la relle.
Il convient d'observer que suite l'pope GEIBEN que ft l'observation GEIDEN 169 le
nomm - meilleure piste - n'est plus mentionn dans l'enqute.
Il se trouve qu'aprs la nuit du 19 octobre 1985, la piste GEIBEN semble tre abandonne, sans
que le dossier fournisse une explication ce sujet. On ignore ce jour pour quelle raison objective
168 Ceci rsulte de l'enqute et de ses dclarations_
169 Voir ci-aprs le chapitre V Avatars de l'enqute
50
la meilleure piste ft abandonne subrepticement. il n'y eut plus d'observations et d'enqutes
contre Monsieur GEIBEN, ni en Belgique ni au Luxembourg 170.
Il rsulte certes de l'ensemble du dossier que la piste insider tait toujours dans les esprits de
certains enquteurs, il ne resta pas moins qu'aucune enqute ou autre mesure d'investigation dans
cette direction ne ft mene avec dtermination dans cette direction.
La piste Prince Jean 171
Il convient d'indiquer qu'aux alentours de l'anne 1987 plusieurs journalistes se sont retrouvs
pour lucider (ou aider lucider) l'affaire tant donn qu'ils avaient l'impression, voir la
conviction que les autorits avaient l'intention d'touffer l'affaire, vu que l'enqute officielle ne
donnait pas de rsultats, un gros poisson devait bien tre impliqu dans l'affaire.
Suite aux travaux de ces personnes Monsieur Josy BRAUN ft entendu par Monsieur le juge
d'instruction Prosper KLEIN le 2 dcembre 1990 et le groupe d'enquteurs tablit un rapport
reprenant et analysant les dclarations que Monsieur Marc TROMA, journaliste, avait faites aux
enquteurs fm 1990 172. Parmi les personnes propos desquelles ce cercle de journalistes croyait
voir les auteurs des attentats se trouvaient le Prince Jean, Ben GEIBEN, et un certain nombre
d'autres personnes ayant comme seul point commun d'habiter la valle de Mersch. Ces personnes
constituaient un ensemble plutt htroclite de personnes.
La rumeur autour du Prince Jean prit en fait son essor partir du 27 septembre 1987 lorsqu'on
apprit que le prince renonait son rang en tant que successeur potentiel de son pre comme
Grand-Duc.
Cette renonciation tait notamment motive par l'explication qu'il voulait se consacrer
exclusivement ses occupations professionnelles Paris et qu'il ne comptait plus regagner le
Grand-Duch pour y vivre. S'y ajoute certains faits en relation directe avec sa vie prive.
La vision des choses de ces journalistes a donn lieu un roman de Monsieur Josy BRAUN
intitul Bommentppech . Il convient cependant de ne pas confondre un roman, mme excellent,
avec une vrit judiciaire, voire absolue.
Le rapport trs fouill du Groupe AB (Groupe Attentats aux Explosifs) rvlait en effet qu'il n'y
avait aucun lien entre ces personnes (et en aucun cas dans le cadre de l'affaire), que les faits
concrets avancs par les journalistes s'avraient inexacts une fois la vrification faite.
Aussi la piste avance par les journalistes ft-elle abandonne comme n'tant pas fonde aprs une
enqute approfondie.
Nanmoins le nom GEIBEN tait rgulirement relanc. C'est ainsi que suite une confrence
donne par Monsieur Ben GEIBEN le 07 mai 1987 la synagogue de Luxembourg sur le sujet
Le terrorisme, un flau sans remde? le nom du prince tait rgulirement relanc: Ainsi le
capitaine Marc ZOVILE qui a dn aprs la confrence avec Monsieur Ben GEIBEN et Monsieur
Henri ROEMER - lequel tait l'poque consul Paris - a voqu que selon une rumeur assez
tenace le Prince Jean serait le poseur de bombes. Un des trois participants ce dner semble avoir
propag cette information - de manire gure nuance - mais un peu partout (et non seulement
170 Une seule exception se trouve dans l'audition de Monsieur TRIERWEILER, ancien enquteur du G.O.R., qui se rappelle d'avoir observ
Monsieur GEIBEN Luxembourg-Grund, mais cet agent ne peut plus se rappeler ni du donneur ct 'ordre ni de la date de cette poursuite.
TRIERWEILER tait membre du G.O.R. du 18.10.85 au 16.11.85. Rapport 684 du 21.10.2008 du Groupe AE
171 Principaux rappons renseignant sur la piste Prince Jean : 507 du 12.11.120051510 du 24.11.200515]] du 10.01.2006/522 du 01.02.20061
523 du 10.01.20061524 du 26.01.20061 526 du 27.01.20061528 du 31.01.2006/535 du 13.02.2006 du Groupe AE
172
Rapport 297 du 18.12.1990 du Groupe AE
51
Paris eu gard ses nombreux engagements Luxembourg). Ceci fit que lorsque le marchal de la
Cour apprit la teneur des propos tenus par le capitaine ZOVILE, celui-ci ft convoqu ensemble
avec Monsieur HARPES au marchalat de la Cour o Monsieur le marchal de la Cour Roger
HASTERT observa que de tels propos taient inadmissibles et que de toute faon le Prince Jean
aurait sjourn l'poque des faits l'tranger. A la rponse de Monsieur ZOVILE qu'il n'avait
fait que rpter une rumeur, Monsieur HASTERT lui rpliqua, d'une manire assez sche semble-
t-il, qu'il devait bien se rendre compte que la propagation d'une rumeur de la part d'un officier
avait un poids considrable auprs de ces personnes destinataires de ses propos. Sur ce, Monsieur
le marchal de la Cour congdia Messieurs HARPES et ZOVILE.
La piste du Prince Jean devait cependant connatre un rebondissement inattendu lorsque le 9
novembre 2005 les chanes de radio et de tlvision de RTL ont diffus dans leurs programmes en
langue luxembourgeoise l'interview d'un " tmoin anonyme " soutenant avoir identifi dans la
matine du 9 novembre 1985, vers 03.30 heures, une personne dans une voiture devant le portail
de l'aroport du Findel prs du chteau d'eau se situant l'intersection de la route-de l'Europe et la
route de Trves. La porte en question se situe plus de 450 mtres des lieux o des explosions
devaient se produire le mme 9 novembre peu aprs 22.00 heures.
Le tmoin en question dclara encore le Il novembre 2005 que Monsieur le Premier Ministre tait
la seule personne en qui il avait confiance et qui il confierait le nom de la personne reconnue par
lui aux lieux, dates et heures indiqus ci-avant.
Le Premier Ministre accepta de rencontrer le tmoin le 14 novembre 2005 et lors de cet entretien le
tmoin affmna avoir vu dans les circonstances prdcrites dans la voiture en question le Prince
Jean de Luxembourg.
Le Premier Ministre transmit l'infonnation ds le lendemain au soussign, lequel la continua
Madame le juge d'instruction directeur.
Le 9 dcembre 2005, le Prince Jean de Luxembourg ft auditionn par la police judiciaire. Le
Prince dclara qu'il se trouvait en France une chasse dans le Loir-et-Cher la date indique par
le tmoin.
Le Prince produit une copie de la lettre de sa fiance par laquelle celle-ci lui fit un seneux
shampooing pour reprendre une expression luxembourgeoise, lui reprochant assez vivement
d'avoir particip durant le week-end une chasse plutt que de passer le week-end avec elle
Paris (une attestation testimoniale de la part de la fiance en question, par ailleurs membre du
Conseil d'Etat franais, qui confinne l'authenticit et l'envoi de celle-ci au jour de sa date figure au
dossier).
Le Prince Jean verse en outre une attestation testimoniale manant de Monsieur Louis GISCARD
D'ESTAING, dput franais, ayant pris part la dite chasse et confinnant sa prsence cette
chasse en date des 9 et 10 novembre 1985, et d'autre part une attestation des photos prises
l'occasion de la chasse, le Prince Jean figurant sur plusieurs de ces photos et communique
finalement Madame le juge d'instruction directeur l'original du livre de chasse comprenant les
inscriptions relatives la chasse susindique ; le Prince Jean de Luxembourg figure parmi les
personnes inscrites la chasse. A noter que selon les dclarations du Prince, il se trouvait dj le
soir prcdent la chasse sur le domaine en question.
Les dclarations faites en 2005 et 2006 par le tmoin anonyme divergent profondment de celles
qui se trouvent sur une note mise par un enquteur en 1985, suite un entretien d'un enquteur
avec le tmoin anonyme. La note de 1985 ne contient aucune prcision quant l'identit de la
personne. De mme, le numro d'immatriculation et la couleur de la voiture divergent
profondment selon les diverses dclarations faites par ce mme tmoin.
52
Si le tmoin a continn devant les enquteurs du Service de police judiciaire et Madame le juge
d'instruction directeur avoir reconnu le Prince Jean de Luxembourg au cours de la matine du 9
novembre 1985 prs du Findel dans les conditions prdcrites, il convient cependant de prciser
que ses dclarations sont fort peu crdibles:
- on peut se demander comment de la jonction entre la rue de Trves et la rue de Neudorf le tmoin
a pu voir les feux d'une voiture dans la ruelle situe devant la porte vise du Findel,
- selon le tmoin il pleuvait averse au moment o il s'est approch du vhicule. Or, d'aprs les
renseignements recueillis par la station mtorologique du Findel il ne pleuvait pas du tout 03.30
heures, la pluie ne commenant tomber que vers 06.00 heures,
- le tmoin affirme encore se rappeler trs bien de la scne en question parce qu'il s'est rendu le
samedi 9 novembre 1985 ds 03.30 heures au travail tant donn qu'il devait faire des heures
supplmentaires.
li se trouve toutefois que, suite une perquisition opre auprs de l'entreprise DUPONT DE
NEMOURS il ft constat que le tmoin n'effectuait cette date en rien des heures
supplmentaires pour la simple raison que les installations en question ne travaillaient mme pas
plein rgime et que le jour en question le tmoin n'a commenc travailler qu' 7.00 heures.
L'infonnation, ou plutt l'affinnation quant une prsence du Prince Jean au Findel, tait
inconnue des enquteurs avant les rvlations surprenantes de novembre 2005.
Dans le cadre de l'enqute, des vrifications ont par ailleurs t faites en ce qui concerne l'emploi
du temps du Prince Jean de Luxembourg au cours des annes 1983 1986, et notamment pour les
dates des autres attentats l'explosif commis au cours des annes 1984 1986. Si pour un certain
nombre de dates, l'intress n'a plus t en mesure de retracer son emploi du temps, il a pu tre
tabli que pour d'autres dates, le Prince Jean de Luxembourg soit se trouvait l'tranger, soit
prenait part des activits documentes au Luxembourg.
Eu gard tous ces lments aucune suite n'a t rserve la piste Prince Jean173.
e) Les analyses criminelles
Le rapport d'analyse du FBI de l'anne 1986
174
Ce rapport, dont les autorits judiciaires ont pris connaissance en 2004 175 bien que moms
dvelopp, arrive des conclusions compatibles avec celles du B.K.A..
On peut y lire entre autres:
* A ce jour le poseur de bombes a fait tous les efforts pour minimiser les dgts provoqus.
Bien qu'il apparaisse une tendance accrotre le risque pour des vies humaines, l'analyse des sites
o des bombes ont t poses montre que le poseur de bombes a pris du temps et des risques
supplmentaires pour placer ses bombes de telle manire que les dommages causs soient
principalement symboliques. Des quipements spcialiss et l'ventualit de dommages structurels
maximum aux btiments ont t (soigneusement) vits.
173 11 est vrai que lors d'une mission de tlvision Talk beim Flix un avocat a estim que le Prince aurait d tre inculp la base du
tmoignage anonyme.
174 Voir les rapports 373 du 20.032003 (dcouverte) / 374 du 03.04.2003 (traduction) et 398 du 22.04.2003 (saisie) du Groupe AE
175 Voir aussi ci-aprs au chapitre Les avatars de l'enqute page 93
53
* La personne qui a confectionn les bombes, et qui dans plusieurs des cas les a places, jouit
d'une familiarit technique avec les explosifs.
* L'accs existe une gamme tendue d'informations spcialises allant de la connaissance du fait
que la salive peut constituer une preuve identitaire des renseignements dtaills concernant les
sites cibls. Un certain nombre de facteurs sont pris en considration, et il existe un manque suivi
d'impulsivit sur le site. Le poseur de bombes dmontre une bonne capacit de relle anticipation
des problmes et une prfrence pour la planification en place. Ces facteurs indiquent de la part du
poseur de bombes une intelligence suprieure la moyenne.
* En dpit des prcautions dmontres par l'vidente analyse faite des sites avant la pose des
bombes, le poseur de bombes fait montre d'un plaisir certain la prise d'un certain degr de
risques. (il existe une tendance certaine prendre des risques plus levs d'tre observ sur le site
mme). Les risques prfrs sont soit des risques physiques encourus lors de la pose de la bombe
(escalade de murs au Palais de Justice, escalade de toitures la piscine, et le dlai de fuite
rsolument court l'aroport, exigeant une progression rapide, de nuit et travers les bois), soit
des risques relatifs aux preuves (circonstancielles). Les communications provocantes reprsentent
un risque inutile, auquel le poseur de bombes s'avre incapable de rsister. La personne qui place
ces bombes fait preuve d'une forme physique et d'une confiance en soi suprieures la moyenne.
* Un certain penchant la pomposit se fait jour dans les lettres, dans les piges explosifs, ainsi
que dans le choix de certaines d'entre les cibles.
*Ces caractristiques signifient que si le poseur de bombes est en fait un groupe de personnes,
il y a panni elles une personnalit forte et hostile qui tend faire jouer aux autres un rle
acceSSOlre.
* Aucune motivation politique, matrielle ou philosophique n'apparait qui permettrait un groupe
de s'unir pour faire cause commune.
* Il est tout fait improbable que la plupart des groupes seraient susceptibles de survivre sur base
de telles motivations pendant plus d'un an sans diffrends internes se voir domins par une
personnalit certainement assez hostile et entirement centre sur elle-mme.
* Il est galement improbable que des personnes quittant le groupe seraient mme de rsister aux
incitations financires actuelles trahir le groupe.
* Si toutefois plusieurs personnes taient impliques dans ces attentats, le groupe le plus probable
serait une famille (troitement lie), un club paramilitaire, ou un partenariat d'affaires aux
composants troitement lis.
54
* Le poseur de bombes est cratif, il aime changer de tactiques et de stratgies, mais pas de
manire impulsive.
* L'utilisation suivie de piges dtonants et de communiqus inutiles adresss aux units d'enqute
(le signe en carton laiss sur les lieux de l'explosion de la bombe chez CEGEDEL, les lettres
expdies, la bombe dpose sur le site du complexe GN suggre un dsir personnel de surpasser
les forces de scurit. Non content d'embarrasser publiquement, le poseur de bombes s'efforce de
dmontrer qu'il est meilleur que les enquteurs. Bien qu'aucun des piges explosifs n'ait t conu
en vue d'tre lthal, ils sont toutefois poss de manire infliger de moindres (que ltaux)
dommages corporels. Cette activit inutile n'est conue ni en vue d'accrotre un volume d'affaires
ni atteindre un but plus normal; elle dmontre plutt une hostilit l'gard des enquteurs.
L'aversion du poseur de bombes vis--vis de l'autorit, sa pomposit, ainsi que son dsir de
concurrencer, de dominer et de vaincre sont vidents. La plus grande prudence sur les lieux de
toute [Link] devrait tre observe en raison de la probabilit d'y trouver des piges dtonants.
* Ces piges dtonants dmontrent une connaissance certaine des comportements probables sur les
lieux des explosions. Le poseur de bombes possde de l'imagination et est capable d'anticiper et de
manipuler avec prcision les comportements humains concrets. Sa connaissance et sa vivacit
concernant le comportement de tiers, sans compassion et sans empathie, soulignent la position
entirement centre sur lui-mme du poseur de bombes ainsi que son besoin de constituer un
centre d'attention.
Le rapport d'analyse du B.K.A. de 2000 176
Le 4 aot 2000 Madame le juge d'instruction directeur a charg rogatoirement le
Bundeskriminalamt (ci-aprs B.K.A.) de procder une analyse criminelle oprative (Fallanalyse).
Il s'agit en l'occurrence d'une mthode d'analyse relativement rcente et excute en l'occurrence
pour la premire fois au Grand-Duch.
L'objet de cette analyse est de dterminer le comportement d'auteur(s) d'infraction(s).
Elle consiste entre autres constater:
- qu'est-ce que les auteurs ont fait ce qu'ils n'auraient pas eu besoin de faire et
- qu'est-ce que les auteurs n'ont pas fait ce qu'ils auraient d faire?
A cet effet, il importe de signaler que les documents soumis aux analystes doivent tre un matriel
authentique provenant des dlinquants (les lettres d'extorsion, conues et excutes par les auteurs
eux-mmes, des traces laisses sur les lieux du crime). Il est essentiel de ne pas communiquer aux
analystes des informations relatives l'orientation de l'enqute, l'tat de celle-ci, des auditions ou
interrogations ou encore des indications quant d'ventuels suspects. Les informations fournies se
limitaient en l'espce aux pros-verbaux de constats, photos et croquis des lieux d'attentats ainsi
que des articles de presse. Cette consigne a t respecte rigoureusement, dfaut de quoi le
travail aurait perdu son caractre scientifique.
176 Ordonnance No. 219/85 et 80/86 du 04.08.2000 de Mme le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ / Rapport 328 du 14.02.2001 et rapport
330 du 28.03.2001 du Groupe AE
55
[ll) Dductions se dgageant de l'analyse des faitsl
a) Relations entre les diffrentes infractions
Une rponse affinnative la question de savoir si les faits exposs sub. 1) et notamment les
explosions ont toujours les mmes auteurs s'impose au regard des faits suivants:
1) Les auteurs ont envoy, dans un premier temps, la S.A. CEGEDEL puis la direction de la
Gendarmerie, en tout 8 lettres et ceci entre le samedi, 27 avril 1985 et le 17 fvrier 1986. Les
enveloppes avaient toutes les mmes timbres. Ceux ci taient tous colls obliquement et ceci d'une
manire assez voyante 177.
Tous ces envois contenaient, en un endroit ou un autre le code C23Y78 . Ceci avait pour but
que les destinataires des lettres avaient toujours la certitude d'avoir faire aux mmes personnes
tandis que pour les auteurs des lettres ainsi le risque qu'un tiers se fasse passer, tort, comme
auteur ou co-auteur des faits (Trittbrettfahrer) tait exclu (situation qui s'est d'ailleurs produite lors
de l'attentat du Schlewenhaff 178).
2) L'explosif et d'autres objets vols la galerie de gypse IRRTHUM Helmsange et la carrire
de Wasserbillig ont t utiliss lors de l'explosion des pylnes de Beidweiler 179.
3) Tant les premiers vols d'explosifs en 1984 qu'en 1985 ont eu lieu auprs de IRRTHUM et il y a
eu un long moment entre les vols et les attentats.
4) Le rayon d'action des malfaiteurs s'est invariablement situ dans un primtre de tout au plus 8
km de la ville de Luxembourg.
5) 14 des 18 attentats ont eu lieu dans le crneau horaire compris entre 22.30 heures et 23.50
heures.
Les attentats suivants ont eu lieu durant cette priode de la soire:
Beidweiler : 23.20 hrs (2x)
Staffelter : 23.50 heures
Sch1ewenhaff : 23.20 heures
Gendarmerie: 22.55 heures
Itzig : 23.45 heures
Hollerich : 23.50 heures
Casemates: 23.50 heures
[Link]: 23.30 heures
Glacis: 22.30 et 23.00 heures
Palais de Justice: 23.02 heures
Hellinckx : 23.07 heures
Wagner: 23.13 heures
Les attentats suivants ont eu lieu en dehors de ce crneau horaire:
Piscine: 00.57 heures
Kirchberg: 17.50 heures.
Aroport : 22.16 heures Heisdorf: 12.48 heures
Les raisons pour lesquelles ces attentats ont eu lieu d'autres moments de la journe sont exposes
ci-aprs au point c).
177 Rapport 281 du 29.01.1988, page 135 du Groupe AE
178 L'attentat a t revendiqu par une organisation dnomme Mouvement Ecologique Combattant , ce qui n'tait qu'une blague d'un jeune
homme - Rapport 493 du 11.07.2005 du Groupe AE, articles 6, 8, 12 et 31.
179
Rapport 385 du 23.07.2003 page 24
56
6) Les attentats ont eu lieu d'aprs certains procds utiliss successivement et ceci de manire
chronologique:
- Staffelter, Schlewenhaff, Gendarmerie, Itzig = allumage pyrotechnique.
- Hollerich et Asselscheuer : allumage lectrique moyennant pince linge.
- Casemates, Glacis et Piscine: allumage lectrique moyennant minuterie mcanique 60'.
- Aroport, Heisdorf, Kirchberg, Hellinckx, Wagner = allumage pyrotechnique.
7) Tous les rsidus d'explosifs analyss aprs les attentats contiennent des lments chimiques que
l'on trouve dans la qualit LUXITE vol dans les carrires FEIDT 180.
8) Lors de l'attentat du pyln Heisdorf 2 diffrents types d'explosif de la marque LUXITE ont
pu tre saisis intacts. Il a pu tre tabli par les numros de sries que ces explosifs ont t livrs par
la Poudrerie de Luxembourg aux carrires FEIDT Ernzen et Senningerberg o ils ont t vols
en fvrier 1985 181.
Il se dgage de l'ensemble des dveloppements qui prcdent qu'il ne saurait y avoir de doute que
tous les faits ont t commis par le mme groupe d'auteurs. Le seul fait numr ci-avant sub. 1)
serait dj suffisant pour y conclure.
h) L'pisode extorsion et lettres d'extorsion
Le B.K.A. dcrit les formations, connaissances et caractristiques comme suit 182:
1) Structure des lettres
- Der Verfasser der Briefe ist sicher in Form und Umgang mit Schreibmaschinen; Wichtige
Angaben sind durchnumeriert; Der Verfasser ist gewohnt zu schreiben und Sachverhalte klar
darzustellen;
- Gestaltungsmerkmale in unterschiedlicher Auspragung: Strichlinien, mit Bindestrichen, mit
Gleichzeichen, mit Sternen oder aIs durchgehende Linie also A"hnlichkeit mit dienstlich
abgefassten Polizeiberichten;
- Er macht punktgenaue Querverweise innerhalb des Textes; Es ist ihm wichtig dieses formale
Element zu benutzen; Der formale sichere Umgang mit diesem Textgestaltungselement zeigt, dass
der Verfasser gebt in seinem Gebrauch ist;
- Wie in Vertragen, polizeilichen oder militarischen Befehlen;
- Moglicherweise ausgepragtes Gerechtigkeitsempfinden;
- Verwendung eines Codes was eher ein Bedrfnis der Polizei ist;
- Militarische Schreibweise der Uhrzeit.
180 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE
181
Rapport 385 du 23.07.2003, page 67
182 Rsume des conclusions tires par les analystes du B.K.A.. Cf Analyse du B.K.A. et rapport 392 du 01.12.2006, page 108 du Groupe AE
57
2) Le B.K.A. a procd une expertise relative aux connaissances de l'anglais des diffrentes
lettres 183:
Vergleich der Schreiben LUXl-8 (dnomination donne aux diffrentes lettres)
Die Schreiben LUXl-8 stehen in eindeutigen inhaltlichem Zusammenhang, es ist intertextuelle
Koharenz gegeben. Die Schreiben LUXl-7 teilen dabei signifikante Merkmale, besQnders das
aufftillige Fehlerprofil (das auf Unterferenz des Deutschen und des Franzosischen hinweist) sowie
die auffiillige Stilmischung verbinden die Schreiben. Korrekt und stilistisch homogen ist lediglich
das Schreiben LUX8. Die Knappheit dieses Textes bietet einem Vergleich jedoch wenig
Anhaltspunkte.
Eine Urheberschaftsidentitiit der Schreiben LUXl-7 wird mit dem Wahrscheinlichkeitsgrad mit
hoher Wahrscheinlichkeit angenommen
Es liegen keinerlei Anhaltspunkte jr multiple Autorschaft (Verfasserwechsel) vor. Auch wird von
einer Identitat von Schreiber und Verfasser ausgegangen.
Aufgrund der Knappheit des Schreibens LUX 8 ist die Frage der Urheberschaftsidentitiit mit den
Schreiben LUXl-7 mit dem Ergebnis non liquet zu beantworten.
Das Schreiben jgt sich inhaltlich jedoch in den Zusammenhang der brigen Schreiben ein, eine
gemeinsame Wissensbasis scheint gegeben.
Textanalyse der Schreiben LUXl-S
Bei dem Verfasser der Schreiben LUXl-7 handelt es sich nicht um einen Muttersprachler des
Englischen. Es sind sowohl Merkmale (Transfererscheinungen) gegeben, die auf einen
Muttersprachler des Deutschen hinweisen, als auch Merkmale, die einem Muttersprachler des
Franzosischen zugeordnet werden konnten.
ln diesem Zusammenhang ist auf die Wahl eines franzosischen Textes als Zeitungsanzeige
hinzuweisen.
Wortliche bersetzungen von im Englischen inkorrekten, zum Teil sinnlosen Konstruktionen oder
Wendungen jhren wiederholt zu im Deutschen blichen Formulierungen, so dass als
Entstehungsform des Textes ein bersetzungsvorgang nahe liegt.
Da mogliche Transfererscheinungen aus dem Deutschen und Franzosischen sich die Waage
halten, liegt eine Zweisprachigkeit des Verfassers bzw. eine aktive Verwendung beider Sprachen
durch den Verfasser nahe.
Der Verfasser scheint in der Rolle des Rezipienten mit ezmgen formlichen,
verwaltungssprachlichen Ausdrucksweisen des Englischen vertraut zu sein. er beherrscht diese
Ausdrucksweise aktiv jedoch nicht. Es scheint daher moglich, dass er sich punktuell an
Worterbchern und Vorlagen als Formulierungshilfe orientiert, dass ihm eventuell Schriftverkehr
offiziellen Charakters zuganglich ist, er diesen jedoch nicht selbst verfassen muss.
Fachsprachlich bedingte Merkmale, die auf Ausbildung oder beruflichen Hintergrund schliessen
lassen konnten, sind nicht gegeben. Der Ver/asser verjgt jedenfalls nicht ber eine entsprechende
englische Terminologie.
183 Rapport 328 du 14.02.2001 du Groupe AE, Analyse du [Link] KT54/02648/00-KT54/02655/00 du 18.09.2000, page 19
58
Aufgrund der Fremdsprachenverwendung sind Einschiitzungen hinsichtlich des Alters des
Verfassers nicht moglich.
Auch der Bildungsgrad des Verfassers kann nur schwer eingeschiitzt werden. Es kann lediglich
von Grundkenntnissen des Englischen ausgegangen werden, "ein direkter und von der
Muttersprache unabhiingiger Zugriff" (s. o. Bickes/Kresic i. Dr.) auf das Englische ist dem
Verfasser nicht moglich. Die genannten Transfererscheinungen die zum Teil 1: 1 bersetzungen
darstellen, legen ein naives Sprachverstiindnis des Verfassers nahe.
Die Knappheit des Schreibens LUX8 liisst keinerlei Rckschlsse aufden Verfasser zu.
3) Autres infonnations se dgageant des lettres et du procd d'extorsion:
Les auteurs
- savaient parfaitement monter un scnario factice mais a priori crdible;
- avaient une assez bonne connaissance de l'anglais;
- utilisaient dans les lettres la mme configuration de texte quand retrouve dans les rapports de
la Gendarmerie luxembourgeoise;
- savaient que la salive sur les timbres ou les enveloppes pourrait mener une identification 184;
- savaient parfaitement quelle heure la CEGEDEL avait signal l'extorsion la Gendarmerie 185;
- connaissaient bon nombre, sinon tous les membres de certains services de la Gendarmerie (Sret
Publique, Brigade Mobile de la Gendarmerie) 186.
Lors de la remise de ranon la place du Thtre, qui a pu identifier avec prcision les membres
des forces de l'ordre, le corps et les services auxquels ils taient affects?
Qui a pu avoir connaissance des moyens techniques utiliss ?
Est-ce que les auteurs ont choisi Clervaux pour la soi-disante remise de ranon parce qu'ils ont su
que le deuxime canal du rseau radio des forces de l'ordre, attribu en temps ordinaire aux forces
de l'ordre du Nord du pays n'tait pas leur disposition parce qu'il tait dvi vers le centre du pays
cause de la visite du pape 187?
Pourquoi l'auteur des diffrentes lettres indique-t-il dans chaque lettre la rfrence C23Y78?
L'intrt d'insister sur ce point est du ct forces de l'ordre pour tre sr que le poseur de bombes
est identique au demandeur de ranon ou encore l'expditeur de la lettre. L'auteur semble avoir
compris cet intrt pour les forces de l'ordre. Quel auteur d'une infraction a des connaissances et
rflexes pareils?
Explications probables quant l'expression THEY are acting worse than cup scouts dans la 4
ime
lettre:
Lors de l'attentat au Staffelter (le 27 avril 1985) ce frent des scouts qui avaient ds 05.30 heures
et donc en premiers dcouvert le pylne endommag; ils n'ont cependant signal la constatation
que vers 10.00 heures, tant en procession vers la Ville de Luxembourg.
184 Suivant une analyse du B.K.A., aucune salive n'a pu tre dcouverte sur les revers des timbres. Cf Analyse KT 31-222/86 du 17.04.1986 du
B.K.A., ordonnance 219/85 du 21.02.1986 de Monsieur le juge d'instruction Prosper KLEIN
185 Cfla 4i1m, lettre page 16
186 Cf la i
1m
' lettre page 2l
187 V . d 0
ou Cl-avant page 14 resp. le rapport 392 u 1.12.2006 du Groupe AE, page 23
59
Entretemps, une autre personne avait signal le fait de l'explosion. Quelqu'un a donc d connatre
le fait que les scouts avaient les premiers constat l'explosion sans signaler le fait la
Gendarmerie. Ce fait n'est mentionn dans aucun rapport ni dans un article de presse 188.
Qui tait au courant que c'taient des scouts qui ont en premier lieu dcouvert l'attentat au
Staffelter: les scouts eux-mmes, la CEGEDEL et les forces de l'ordre?
c) Analyse critique des diffrentes infractions
Vols
- les auteurs avaient des connaissances particulires au sujet des lieux o l'explosif tait dpos;
~ Ils-savaient que le toit d'une chambre explosif est, pOlIT des raisons de secun, uniqueinnt
, 1 ' . .c; 1 d 189
appose sur es murs exteneurs, laIt que seu es e rares personnes savent ;
- si les auteurs se sont procurs dans un laps de temps trs court une grande quantit de Luxite
(plus de 400 kg), ce qui s'explique par le fait qu'on devait raisonnablement admettre qu' la
constatation d'un seul vol de Luxite postrieur celui du 9 fvrier 1985 He1msange, les autorits
et les exploitants des entreprises en question ne manqueraient pas de prendre des mesures de
scurit accrues ce qui rendrait tout vol subsquent bien plus risqu voir impossible.
Il importe de faire une observation importante propos de ces vols.
Aprs le vol du 9 fvrier 1985 Helmsange, le Ministre de la Force Publique s'est adress le Il
fvrier au Ministre du Travail pour lui demander que l'Inspection du Travail s'adresse toutes les
firmes utilisant des explosifs ou bien que ce service envoie un relev de ces firmes au
Commandant de la Gendarmerie qui pourrait galement faire vrifier si la rglementation en la
matire tait bien observe. Une copie de la lettre du Il fvrier 1985 a t envoye par le Ministre
de la Force Publique au Commandant de la Gendarmerie o l'on savait donc au plus tard le 13
fvrier que des contrles devraient tre oprs immdiatement sous une fonne ou une autre 190.
C'est ainsi qu'il faut se poser la question de savoir si la srie des quatre vols dans les carrires
FEIDT a commenc vraiment par hasard le 15 fvrier 1985 aprs que le commandant de la
Gendarmerie eut reu une lettre du ministre de la Force Publique l'invitant faire contrler tous les
dpts d'explosifs industriels du pays?
Attentats
Beidweiler
A la demande du Commandant de la Brigade Mobile (B.M.G.) du 4 janvier 1983 cette unit avait
effectu des exercices sur les pylnes de RTL Beidweiler 191.
Staffelter
Ce sont surtout les connaissances en matire de maniement d'explosifs qui se manifestent lors de
cet attentat. Pour les expliquer il faut en effet relever que la mche lente tait fixe par noeuds aux
piliers d'un pylne. Cette faon d'agir est connue dans le milieu militaire et sert viter une
188 Rapport 392 du 01.12.2006, page 25 du Groupe AE / Rapport 425 du 01.03.1985 -livreKrerner page 1
189 Cf ci-avant le vol dans la carrire FEIDT Ernzen, page 4
190 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 9
191 Rapport 392 du 0 1.12.2006 du Groupe AE, page 6
60
dchirure involontaire de la mche dans l'obscurit. Ce procd n'est pas ncessaire pour le
dynamitage civil puisqu'ici l'installation de mise feu reste sous contrle permanent de
l'artificier
192
.
Le procd de couper les premiers la cm de la mche avant de l'allumer est -une connaissance de
spcialiste et dmontre que les auteurs savent bien manipuler des explosifs.
Schlewenhaff
Ce qui est remarquable en l'espce est le fait que les auteurs de l'attentat sont passs l'action
avant mme que le dlai qu'ils avaient fix pour la publication de l'accord de verser la ranon la
CEGEDEL ft expir.
Au cours de l'aprs-midi du 7 mai 1985 la CEGEDEL avait dcid de ne pas payer la ranon et
l'explosion se produisait le mme soir au lieu dit Schlewenhaff 23 heures 20 193.
Il est difficile de donner une autre explication, que celle que les auteurs taient au courant du fait
que la CEGEDEL avait dcid de ne pas faire droit leur demande et de leur adresser ainsi un
rappel cinglant.
La question principale est cependant de savoir comment et par qui les auteurs des attentats ont pu
apprendre que la CEGEDEL avait pris la dcision de ne pas payer la ranon, ceci aprs de longues
discussions entre des reprsentants du Parquet de Luxembourg, de la Gendarmerie et de la
direction de la CEGEDEL, qui en avaient inform le Ministre de l'Energie, Monsieur
SCHLECHTER 194.
En clair, la CEGEDEL n'avait aucune chance de se raviser aprs sa dcision du 7 mai, ce quoi
elle avait encore le temps jusqu'au lamai, suivant la dernire lettre.
A propos de cet attentat il y eut cependant encore un autre fait qui intrigue. En effet, les auteurs de
la lettre insistent sur la mention du code en crivant: ta be sure ta deal with us in a maybe next
letter check lettre/figure code an the ather side C23Y78. Rappelons que lors de l'attentat du
Schlewenhaff un carton portant le mme code ft laiss sur place 195. L'intrt d'insister sur ce
point est du ct de la Police pour tre sr que le poseur de bombe est identique au demandeur de
ranon o encore l'expditeur de la lettre.
Gendarmerie
L'attentat contre le btiment de la Gendarmerie ayant lieu directement sous les fentres des
enquteurs HAAN et LOUTSCH fait poser la question de savoir qui en dehors de la Police et de la
Gendarmerie tait au courant du fait que ces enquteurs travaillaient sur le dossier des poseurs de
192 Rapport 392 du 0 1.12.2006 du Groupe AE, page 43
193 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 13-17
194 Une premire runion eut lieu le 03.05.1985 au Commandement de la Gendarmerie, la laquelle participaient: le colonel WAGNER, Messieurs
ALESCH, GIULlANI, KREMER de la CEGEDEL, Messieurs HARY, SCHMIT du Parquet et Monsieur GOERENS, juge d'instruction.
Les membres de la CEGEDEL taient d'avis de ne pas payer la ranon. Ils avaient pris cette dcision effectivement au courant de l'aprs-midi du
06.05.1985 et ils en informaient le Ministre de l'Energie, Monsieur SCHLECHTER le 07.05.1985.
Une deuxime runion eut lieu dans l'aprs-midi du 07.05.1985. Les participants taient, outre les membres de la CEGEDEL: Messieurs
HARY, SCHMIT, GOERENS et SCHOCKWEILER.
La CEGEDEL maintenait leur dcision de ne pas payer, tandis que les rprsentants du Parquet et de la Sret voulaient procder une remise.
Le mme soir eut lieu l'attentat au Schlewenhaff.
Le 09.05.1985, Messieurs SIMON et GIULlANI de la CEGEDEL se sont rendus auprs de Monsieur SCHLECHTER pour lui faire part de leur
dcision de ne pas cder au chantage. Ensemble, ils se rendent chez Monsieur SANTER. Les deux ministres approuvent entirement la
dcision de la CEGEDEL.
Suite un conseil des ministres, les avis taient partags: Messieurs SANTER et SCHLECHTER dfendaient la cause de la CEGEDEL de ne
pas payer la ranon tandis que les ministres KRIEPS et FISCHBACH ne voulaient pas se plier aux exigeances des ranonneurs.
A la fm, les ministres ont quand mme pris la dcision que la ranon soit paye.
195
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 13 AE
61
bombes. Il est vrai que le Commandant de la Gendarmerie avait mis une information en ce sens le
12 mai 1985 par tlex et le 13 mai 1985 par la note de service 55, diffusion limite aux membres
de la Gendarmerie, de la Sret Publique, de la direction de la Police et de l'Arme avaient t
informs que Messieurs les commissaires HAAN et LOUTSCH avaient t chargs du
recueillement des informations en vue de l'enqute
I96
.
De mme, se pose encore la question qui tait au courant de l'endroit o les bureaux des enquteurs
HAAN et LOUTSCH se trouvaient exactement.
Les auteurs de l'attentat ont cependant prfr oprer l'explosion auprs de ce btiment qui tait le
seul au moment des faits dont un certain nombre de bureaux taient illumins et occups (donc des
gendarmes ou autres personnes, des tmoins potentiels s'y trouvaient). Le risque de procder en cet
endroit prcis l'attentat tait donc infiniment plus important que de ce faire auprs d'un autre
btiment.
Par rapport cette explosion une autre question se pose: Le jour prcdant l'attentat le
commandant de la Gendarmerie Monsieur WAGNER avait demand au SREL (Service de
Renseignements de l'Etat Luxembourgeois) qu'on procde un balayage de son bureau. Pourquoi
le colonel WAGNER avait-il demand qu'on procde un tel contrle fort peu banal en un pareil
endroit 197? On ne peut qu'en dduire qu'il avait le pressentiment que des fuites s'opraient son
insu par le biais d'appareils metteurs cachs dans son bureau. Cette ide n'a pu venir l'esprit de
Monsieur WAGNER que s'il se doutait qu'il y avait une ou plusieurs taupes au sein de son propre
service !
Il est par ailleurs pour le moins surprenant de constater que le lendemain de cet attentat, Monsieur
le colonel WAGNER crit au ministre de la Force Publique, Monsieur Marc FISCHBACH, - qui
lui avait demand d'tre mis au courant par crit des actions que la Gendarmerie entreprendrait en
la matire - qu'il n'tait pas question de communiquer par crit avec le ministre et ceci malgr le
fait que Monsieur WAGNER avait un sens de l'hirarchie trs dvelopp.
Monsieur le colonel WAGNER crit au ministre de la Force Publique :..... tant donn que ce
dernier temps de nombreuses indiscrtions ont eu lieu en la matire vous comprendrez
certainement que de plus amples prcisions crites ... augmenteraient considrablement le risque
de compromettre ... nos efforts communs de combattre les auteurs des attentats 198.
Le refus d'excuter une demande de Monsieur le Ministre de la Force Publique avait donc une
raison bien prcise.
Monsieur WAGNER s'tait donc rendu compte qu'il y avait des taupes au sein du corps moins de
conclure dj autre chose.
La conduite d'lectricit menant de la centrale de la CEGEDEL Heisdorf DUPONT DE
NEMOURS comprenait en tout 39 pylnes et tait assure entre Heisdorf et Hamm par deux lignes
haute tension spares (pylnes 1 29). De Hamm DUPONT DE NEMOURS il n'y avait plus
qu'une seule ligne (pylnes 30-39).
L'attentat s'est produit au pylne 30, donc au premier pylne de la ligne d'lectricit unique
destine DUPONT DE NEMOURS. Or, il se trouve que DUPONT DE NEMOURS avait charg
ds le 9 mai 1985 la socit de scurit SECURICOR de surveiller tant l'usine que les conduites
196 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 47
197 Rapport 554 du 27.02.2007 du Groupe AE
198 Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, document 155
62
d'lectricit. En ce qui concerne cette dernire, la commande de DUPONT DE NEMOURS
SECURICOR consistait demander la surveillance des 9 premiers pylnes ( partir de l'usine) 199.
En d'autres mots, le pylne attaqu tait le premier qui tait situ en dehors de la zone de
surveillance. En choisissant le premier pylne non surveill les auteurs de l'attentat ont clairement
signal qu'ils entendaient entraver la conduite d'lectricit vers DUPONT DE NEMOURS.
Qui a pu savoir que ce pylne na 30 tait le seul qui n'tait pas surveill par SECURICOR et ceci
en un endroit idal pour provoquer une coupure d'lectricit DUPONT DE NEMOURS en
abattant un pylne eu gard au fait qu'il n'y avait plus qu'une seule conduite d'lectricit. Ce but ne
se ralisait pourtant pas, vu que le pylne pli a t retenu par les cbles lectriques et il n'y avait
pas eu de coupure du courant d'lectricit, qui d'ailleurs aurait pu tre assez consquente 200.
Il se trouve que les mches des deux explosions n'ont pas pu tre allumes au mme moment. Etant
donn qu'auprs du pylne on a pu saisir les restes de mche de 5,85 mtres ce qui correspond un
temps d'allumage de 12 minutes 201, les auteurs auraient d utiliser une mche de 26 mtres (12' +
40' 202) pour la deuxime explosion ce qui est tout simplement inconcevable.
Au cas o les auteurs seraient rests ou retourns sur place pour allumer la mche de la 2
ime
charge l'approche de la Gendarmerie, arrive sur les lieux une vingtaine de minutes aprs
l'explosion du pylne, les enquteurs auraient d trouver une mche brle de IO mtres. Or, il
n'en a rien t. Les membres de la Gendarmerie et autres services qui sont arrivs sur les lieux
auraient d remarquer cette mche qui dgage de fortes odeurs et fumes en se consumant.
Il y a encore lieu d'ajouter qu'il rsulte des dbris trouvs sur les lieux de la deuxime explosion
que l'explosif avait t plac dans une bote mtallique et que l'explosion ft produite moyennant
une mche trs courte. Cet ensemble constituait un engin explosif idal qui s'apprtait merveille
comme objet de jet 203.
Aprs l'arrive de la Gendarmerie sur les lieux du premier attentat il y avait une confusion
invitable due au risque de voir le pylne, qui tait pli et uniquement retenu par les cbles, tomber
par terre, le tout un moment o il faisait noir, aucun projecteur n'ayant encore t install.
Au vu de l'ensemble de toutes ces constations, on arrive inluctablement la conclusion que
l'auteur a t une personne qui avait le droit de s'y trouver (Tatortberechtigter).
Hollerich
Selon les dclarations de 3 jeunes garons, la bombe tait dj installe ou dpose bien avant
l'attentat. Ils avaient vu dans la canalisation prs du lieu d'attentat du matriel qui pouvait tre le
matriel ncessaire en vu de l'attentat. Ils ont fait les constatations dans l'aprs-midi du 22 juin ou
bien dans l'aprs-midi du 23 juin 1985. Ils n'avaient cependant pas averti les forces de l'ordre parce
"1 d . d "1 . 204
qu 1 s ne se ren ment pas compte e ce qu 1 s avment vu .
Il semble vident que dans ce cas la bombe tait dj dpose depuis un certain moment. Il est
probable que plusieurs auteurs ont mis en place l'installation. Par contre pour la mise feu il
suffisait qu'un seul auteur retourne sur les lieux.
199
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 49 / Rapport 433 du 31.03.2004 du Groupe AE
200 Lors des travaux de rparations, l'lectricit a d tre coupe deux reprises, ce qui courait des dommages d'environ 20 millions de Flux
la socit DUPONT DE NEMOURS. Rapport 493 du Il.07.2005 du Groupe AE.
201 U . h 1 d " .
ne mec e ente se consomme en un eml metre par illlllute.
202 Ces 52 minutes correspondent : 12 minutes entre l'allumage de la mche et la premire explosion au pauteau et 40 minutes entre la premire et
la deuxime explosion.
203
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 50
204
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 55 / Rapport 293 du 27.07.1990 du Groupe AE
63
Il importe de souligner que ce dernier devait avoir la certitude qu'entre la mise en place de
l'installation et le dclenchement le tout ne soit pas dcouvert, ce qui aurait irrmdiablement
entran une observation des lieux par les forces de l'ordre non seulement luxembourgeoises mais
galement trangres dont ils connaissaient l'activit et la prsence au territoire luxembourgeois
(voir i
me
lettre) et qui avaient des connaissances, un doigt bien suprieur nos forces de l'ordre
sans parler de leur matriel plus sophistiqu 205.
L'auteur qui a dclench l'explosion tait sur place au moment de l'explosion et a donc encouru
plus de risques de se faire reprer. Dans les autres cas les auteurs avaient, selon la mise feu
choisie, une avance pour quitter les lieux entre 12' et 64' avant l'explosion.
Celui qui a dclench l'explosion a donc pris des risques considrables moins - et ceci parat plus
probable - qu'il savait qu'en fait il ne prenait pas de risques plus levs que lors des autres attentats.
Asselscheuer
Un pige feu comme manoeuvre de diversion et install d'aprs un guide d'utilisation d'un
manuel fait invitablement penser une action militaire 206.
Casemates
Toute l'opration savoir:
- le choix de ce lieu symbolique,
- la manoeuvre de diversion Asselscheuerhof moyennant un booby-trap,
- la mesure de prcaution moyennant l'utilisation d'un appareil metteur-rcepteur,
- un attentat devant provoquer un dveloppement massif de fume noire,
rappelle la manire de procder dans le milieu militaire.
Ces casemates n'taient pas ouvertes au public, donc seulement connues par un nombre limit de
personnes.
La question se pose si les auteurs ne connaissaient pas l'endroit de par leurs activits
professionnelles. Plusieurs membres de la Brigade Mobile de la Gendarmerie ont d'ailleurs admis
l'avoir connu au moment o ils taient des agents de la Gendarmerie attribus la brigade de
Luxembourg pour la simple raison que rgulirement des clochards et des fugitifs s'y trouvaiene
07

Luxemburger Wort
- le Luxemburger Wort tait la publication pour qui le sujet maintien de l'ordre tait toujours
un sujet trs important. Les auteurs des attentats pouvaient ds lors raisonnablement admettre que
le journal exigerait du Gouvernement une augmentation des forces de l'ordre en hommes et en
quipement.
- le Luxemburger Wort avait publi lors de l'attentat aux casemates un article critiquant le
comportement des agents de la Force Publique envers un photographe aprs l'attentat ainsi que la
collaboration des Forces de l'ordre en gnral 208:
205 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 56
206 Voir ci-aprs page 101-102
207 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 66
208
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 69
64
/lJeder vernnflige Mensch wnscht sich eine baldige Aufklarung der Terroranschlage in
Luxemburg. Damit die Bevolkerung, auf deren Hilfe die offiziellen Stelien zahlen, ja vielleicht
angewiesen sind, so schnell wie moglich reagieren kann, ist eine entsprechend rasche
Benachrichtigung der OjJentlichkeit zwecks Zeugenaussage notwendig. Verspatete
Zeugenaussagen konnen die Chance, Aufklarung zu schaffen, nur verringern. Eile tut also Not!
Um so unverstandlicher, ja unverantwortlicher erscheint es, dass die Redaktion des ''Luxemburger
Wort" trotz zweifacher Anfrage bei der amtlichen Pressestelle Gendapol in der Nacht zum
vergangenen Samstag nach dem Anschlag bei Asselscheuer zur Antwort erhielt. es sei nichts
geschehen!
Nicht weniger unverstandlich war die Reaktion eines Polizeibeamten in Zivil und eines KoUegen in
Uniform, unseren Photographen gewaltsam an der Ausbung seines Berufes und seiner
Informationspflicht zu hindern bzw. verbal ausfallend zu werden.
Einverstanden. der Polizeidienst ist nicht immer angenehm. und jr Nervositat in diesem
besonderen FaU haben wir Verstandnis. Trotzdem mochten wir den Herren Beamten. und zwar
vom Polizisten und Gendarmen bis zum Untersuchungsrichter, in Erinnerung rufen, dass wir als
Journalisten bemht sind, wirkungsvoll zu arbeiten. weil es die Offentlichkeit und unsere Pflicht so
von uns erwarten, so wie das gleiche auch von den Sicherheits- und Untersuchungsbehorden
erwartet wird. Fr berheblichkeit auf Seiten der Behorden gibt es bis jetzt jedenfaUs keinen
Grund!
A bon entendeur... bis zum nachsten Mal, wo unsere Zeitung wieder gebraucht wird, um gratis
Zeugenaufrufe zu verojJentlichen oder sonst wie behilflich zu sein. Was wir ja auch gerne tun ... "
- le mme journal n'avait-il pas publi ds le 9 juillet 1985 un article contenant le passage
suivane
09
:
Videant consules !
Die Terroristen haben gezeigt, dass sie, um ihr Ziel zu erreichen. zu allem flihig sind. Wozu sind
dem gegenber unsere Sicherheitsorgane flihig? Die Frage steilt sich dringlicher und
eindringlicher denn je. Sie richtet sich an die Regierung, an den verantwortlichen Minister, an den
Untersuchungsrichter, an die leitenden Offiziere, an jeden einzelnen Beamten. Sind diese Leute
zahlreich genug und ausreichend ausgeYstet und ausgebildet eine solche Untersuchung
durchzujUhren? Werden wenigstens in dieser Angelegenheit die blichen Rivalitaten zwischen den
einzelnen Sicherheitsorganen fallen gelassen? Oder grenzt [Link] hier wieder ein jedes Corps
habgierig sein Revier ab, ohne die Querverbindungen und die Mitteilsamkeit spielen zu lassen, die
in hoherem Interesse geboten sind? Sind wirklich alle Mittel erschopft, die unser Staat zur
VerjUgung hat. und zwar vom Militar ber Polizei und Gendarmerie, Sret und Sections de
Recherches bis zum Service de Renseignements? Werden die internationale Komponente des
Terrorismus und die internationale Zusammenarbeit im Abwehrkampf ausreichend
bercksichtigt?
Le fait que le prochain attentat ft destin au journal en [Link] peut tre considr que comme
une provocation supplmentaire l'gard des forces de l'ordre dont l'impuissance ne pouvait, dans
les conditions donnes, qu'attiser l'irritation des rdacteurs.
209 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AB, page 69
65
Glacis
li importe de noter que le jour mme de l'attentat le colonel de la Gendarmerie avait mis une note
de service aux termes de laquelle Une certaine accalmie peut tre constate depuis des semaines
(l'attentat contre le Luxemburger Wort eut lieu un mois auparavant) en matire d'attentat ..... .le
dispositif de surveillance et de patrouilles est rduit ..... 210
Est-ce qu'il y a relation entre les attentats au Glacis et cette note du Commandant de la
WAGNER date le mme jour?
Piscine
Les particularits de cet attentat sont que l'heure de l'attentat sort quelque peu du crneau horaire
normal des attentats (le 30 septembre 1985 00 heures 57) et la mise en place de l'engin
explosif au milieu du toit pendant la nuit qui est une autre particularit de cet attentat.
Quant aux raisons pour lesquelles cet attentat eut lieu Ggrement) plus tard gue les autres:
Le 30 septembre a eu lieu la Direction de la Police le pot d'adieu officiel de Monsieur le colonel
Aloyse HARPES qui ft nomm commandant de la Gendarmerie en remplaant Monsieur le
colonel J.P. WAGNER, partant la retraite.
Le 1ier octobre eut lieu la Gendannerie le pot de dpart de Monsieur le colonel J.P. WAGNER.
La crmonie officielle des remises de commandement de la Gendannerie et de la Police et de
l'installation du commandement des forces de l'ordre a eu lieu le 02 octobre Diekirch 211.
Le choix de la date de cet attentat tait loin d'tre neutre puisqu'on ftait 212 (il est vrai d'une
manire particulire) le dpart du colonel WAGNER, considr comme trop peu actif pour
moderniser la Gendarmerie, et l'arrive du nouveau commandant et d'autre part il s'agissait d'une
journe marque par des crmonies solennelles et importantes au sein de la Gendanneri et de la
Police (de trs nombreux membres des forces de l'ordre y participaient). D'un ct dmonstration
de puissance et de l'autre ct celui de l'chec. A noter qu' partir de ce moment la population
acceptait de plus en plus mal que les autorits ne parvenaient pas mettre fin aux attentats.
Mme s'il ne faut pas tre dtenteur d'un brevet en escalade pour placer la charge au milieu du toit,
le ou les auteurs ont montr qu'ils n'avaient ni du vertige ni peur de l'altitude.
Palais de Justice
Les auteurs devaient savoir que le btiment en plein centre-ville n'tait surveill rellement ni par
les forces de l'ordre ni par une socit de surveillance prive.
Cet attentat 213 n'tait pas dirig contre le btiment abritant les autorits judiciaires suprmes du
pays (Cour Suprieure de Justice) mais l'encontre des bureaux en soi assez ordinaires, si ce
n'avait t le fait que les bureaux abritaient le cabinet d'instruction.
A la face nord du Palais de Justice se trouvent une soixantaine de fentres disperses sur trois
tages. Qui savait que les bureaux du cabinet d'instruction se trouvent cet endroit, surtout si on
210 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 73
21l Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 75-76
212 Voir ci-aprs page 124.
213 Tout comme celui dirig contre la Gendarmerie.
66
accde la nuit par l'arrire du btiment. Comment se fait-il que l'attentat eut lieu exactement
devant le bureau du juge d'instruction en charge du dossier? Qui savait que Monsieur JAEGER,
juge d'instruction dlgu, tait en charge du dossier, tant donn qu'il n'tait en fonction que
d
. l . 214?
epUlS que ques semames .
La connaissance des lieux et l'agilit physique sont aux moins tonnantes pour cet attentat.
Il s'agissait videment d'un attentat spectaculaire.
Suite cet attentat eut lieu cet incident des plus mystrieux et relatif au rle de Monsieur
GEIBEN
215
.
Aroport
Il rsulte de l'enqute que les auteurs savaient 216:
-que l'installation l.L.S. n'tait pas munie d'un systme d'alarme sophistiqu se dclenchant ds
qu'une personne s'approchait et que les btiments en eux-mmes n'taient pas scuriss;
-que le dernier avion de la soire atterrirait 22.00 heures (les autres jours le dernier aVIOn
atterrissait 22.30 heures) ;
-qu'en pntrant peu avant 22.00 heures sur l'aire de l'aroport ils pouvaient s'assurer qu'il n'y avait
pas de ronde de contrle particulier;
-qu'il n'y avait que 2 gendarmes en service au Findel qui, lors de l'arrive de l'avion, effectuaient
les formalits d'entre au pays des voyageurs et ne pouvaient ce moment pas effectuer des
rondes de contrles;
-qu'il n'y avait pas de surveillance particulire mme discrte de l'aroport - fait trs surprenant;
-que mme les rservoirs de krosne n'taient plus surveills par l'Arme depuis le 16 septembre
1985.
TI s'y ajoute qu'il y avait un conseil des ministres des Affaires Etrangres des Communauts
Europennes et des pays de l'Amrique latine le jour en question, ce qui avait pour consquence
que les membres des forces de l'ordre effectuant l'poque des missions de surveillance (y
compris ceux du G.O.R.) s'taient vu attribuer des missions de surveillance du Conseil et de
protection de ces ministres. Donc il n'y avait pas de dispositif de surveillance ce week-end 217.
On peut en conclure que les auteurs des attentats avaient connaissance de ce fait, tant donn qu'ils
ont toujours eu connaissance des dispositions internes des forces de l'ordre.
L'utilisation d'un objet comme une torche en tant que pige feu est galement d'inspiration
militaire o elle est dsigne par booby-trap ou pige antipersonnel afin de causer dlibrment
un dommage corporel autrui.
214
Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 79-80
215 Voir ci-avant page 48 : La piste GElBEN ainsi que ci-aprs le chapitre V Les avatars de l'enqute
216 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 83-85
217
Rapport 392 du 0] .12.2006 du Groupe AE, page 86
67
Heisdorf
Un Conseil des ministres europens devant s'ouvrir en cours de l'aprs-midi et la mise en place du
dispositif de scurit pour ce sommet tait fix pour les forces de l'ordre 14 heures 218.
La question se pose ds lors si les auteurs n'ont pas vu un empchement pour procder
l'explosion durant la tenue du Conseil des ministres en question. Par ailleurs, il ne faut pas oublier
que si une explosion se produit peu de temps avant la tenue d'une runion internationale, ceci ne
manque pas d'appeler l'attention de l'opinion publique nationale et internationale.
A noter encore qu'environ 50 minutes avant cet attentat deux tmoins ont vu deux voitures venant
de la direction du lieu de l'attentat et se dirigeant vers la monte de Dommeldange
(Dummeldengerbierg). Selon ces tmoins, les occupants de ces voitures auraient eu un
comportement suspect et selon un de ces tmoins ils donnaient l'impression d'appartenir une
militaire ou paramilitaire ou qu'il s'agissait de policiers --- _. _. -
Das iiussere Erscheinungsbild der Personen liess mir sogleich den Gedanken aufkommen, dass es
sich um Polizeibeamte handeln konnte.
Une autre caractristique de cet attentat est une connaissance spcifique en ce qui concerne le
maniement d'explosifs 220.

C d 1
, 1 . . 221
et attentat onne encore leu a p uSleurs questIOns :
- Qui savait que l'autoroute n'allait pas tre ferme cause du sommet?
- Qui savait que l'autoroute n'tait pas surveille par les forces de l'ordre?
- Qui savait qu'on n'aurait pas recours l'hlicoptre?
- Qui finalement savait qu'on avait dcid de ne pas envisager de fermer en cas de besoin
l'autoroute une de ses sorties, l'autoroute ayant constitu dans ce cas une vritable souricire pour
les auteurs des attentats? Le risque couru par les auteurs de l'attentat tait donc en thorie tout fait
considrable lors de cet attentat, mais minimis pour quelqu'un qui avait connaissance du dispositif
de scurit des forces de l'ordre.
En ce qui concernait la scurit lors de runions importantes d'une telle envergure au Centre de
Confrences on parlait souvent de fermer l'autoroute au trafic, mais ce ne ft pas ralis en
l'espce.
Hellinckx
Qui savait que lors de l'attentat du 16 fvrier 1986 contre la maison HELLINCKX qui eut lieu un
week-end, il n'y avait pas de dispositif de surveillance spciale de la part des forces de l'ordre,
aucun attentat n'ayant eu lieu depuis celui du 2 dcembre 1985 au Kirchberg 222?
Est-ce que cet attentat n'avait pas une ide justicire 223 o alors les auteurs n'ont-ils pas fait croire
en l'occurrence un motif d'ordre justiciaire?
218 Rapport 392 du 01.I2.2006 du Groupe AE, page 91
219 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 92
220 Voir ci-aprs page 71 :Connaissances en matire d'explosifs
221 Rapport 392 du a1.12.2006 du Groupe AE, page 94
222 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 99 / Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre II, page 3, annexe II-2.L
223 Lejeudi prcdent l'attentat, Monsieur HELLINCKX ft condamn une amende de 100.000 Flux. Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE,
68
Wagner
Monsieur J.P. WAGNER tait commandant de la Gendarmerie entre le 1er aot 1980 et le 30
septembre 1985. Il s'agissait d'un chef de corps dont l'intgrit, le dvouement sa tche, sa
gentillesse envers ses subordonns taient exemplaires. Aussi tait-il estim et trs respect sur le
plan humain.
D'un autre ct il s'agissait d'une personne ne voulant (ou ne pouvant) pas dlguer une de ses
nombreuses attributions et ayant une conception dmode (ou considre comme dmode par les
jeunes officiers) ce qui se concrtisait notamment dans le fait qu'il n'mettait gure de
revendications l'gard des autorits politiques en matire de renforcement en personnel et en
matriel de la Gendarmerie. De mme, il n'entendait pas aborder le sujet de structures plus
modernes.
Eu gard toutes ces considrations, il est hors de doute que les raisons de l'attentat contre la
maison de Monsieur WAGNER sont chercher dans ses activits professionnelles et en rien en des
raisons personnelles 224.
Il importe de souligner qu'il s'agit du dernier attentat de la srie. Aprs cet attentat les auteurs de
ceux-ci n'ont plus donn signe de vie sous aucune forme.
Ainsi, l'attentat contre la maison WAGNER est un signe symbolique trs fort.
Ceci est encore corrobor par le fait que la commission de scurit de la Chambre des dputs
avait dj arrt ses propositions tendant augmeter l'efficacit des forces de l'ordre plusieurs
semaines avant que le rapport ne ft finalis le 21 mai 1986 225.
Le RK.A. a fait les observations suivantes 226:
Bezglich der beruflichen Aktivitaten des Herm Wagner sindfolgende Punkte von Interesse:
- Vom Beginn der Anschlagsserie an verfolgte Wagner eine eher beschwichtigende Linie, in dem er
stetig bekundete, die Polizei habe die Lage "im Griff und brauche keine Untersttzung oder
materielle Verstarkung.
- Erst nach Ausscheiden aus dem Dienst wurde seitens der Gendarmerie eine Sonderkommission
zur Bearbeitung der Bombenserie gebildet.
Schlussbemerkung
Es ist festzustellen, dass die Frage, warum gerade jetzt der Anschlag auf Wagner verbt wurde,
mit dem vorliegenden Material nicht schlssig beantwortet werden kann. Es ist denkbar, dass in
der Zeit bis zum Anschlag hin Veranderungen innerhalb der Polizei / Gendarmerie stattgefunden
haben, die unter der Fhrung von Wagner nicht zustande gekommen sind. Durch den Eintritt
dieser Veranderungen nach der Ablosung von Wagner wurde deutlich, dass der Zustand zuvor
nicht an einer generellen Unfiihigkeit zu Reformen lag, sondem in der Person des Herm Wagner
begrndet war. Somit wrde die Einjhrung dieser A"nderungen die personliche Verantwortung
von Herm Wagner jr den vorherigen Zustand belegen.
Diesem Fal! kommt entscheidende Bedeutung zu, weil er das Ende der Serie markiert. Nach
diesem Anschlag hatten die Tater keinen Bedarfmehr fr weitere Anschlage gesehen.
page 98
224 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 103
225
Rapport 571 du 12.10.2006 du Groupe AE
226 Analyse du B.K.A. page 59-60
69
d) Qualits, connaissances et prises de risques du groupe de poseurs de bombes
Composition du groupe
Suivant l'expertise du B.K.A. 227:
lnnerhalb der Tatergruppe bei der es sich um mindestens 4 Personen gehandelt haben drfte
sind folgende Fertigkeiten und Fahigkeiten vertreten, die sich jedoch nicht individuel! zuordnen
lassen:
Die Art und Weise, wie die bei der Serie verwendeten Sprengladungen konzipiert waren, belegt,
dass eine irgendwie geartete " Sprengausbildung" (militarisch oder zivil) vorhanden war.
Atrgemlnes handwerkliches Geschick war ebenfalls vorhanaen,-z.B. Verwendiing von Lotkolben-
und - fett, ZugrifJ auf verschiedene Kabelarten, Umgang mit handwerklichen Geratschaften wie
Bolzenschneider, angeschlifJener Meissel usw.
Es entstand der Eindruck, dass mindestens einer der Tater eine sogenannte Bastlermentalitat
hatte.
Einer der Tater war sehr gebt im Umgang mit einer mechanischen Schreibmaschine und im
Abfassen, Gestalten und Formulieren von Schreiben. Darber hinaus verjgte mindestens einer
ber fundierte Englischkenntnisse, war aber kein Muttersprachler.
Die Tater verjgten ber eine ausgepragte korperliche Bewegungsfiihigkeit (Klettern, Wandern,
Lasten tragen) und ber Fahrzeuge sowie ber die notwendigen Berechtigungen, diese zujhren.
Die Tater gingen planerisch vor, ihre Taten wiesen berwiegend hohe Zielerreichungsgrade auf
Bei den-Tiitern handelt es sich nicht um eine Gruppe bunt zusammengewrfelter Chaoten.
Die Gruppe zeichnete sich durch einen engen Zusammenhalt aus, der sich primar durch die
Grundmotivation fUr die Durchjhrung der Anschlage ergeben haben drfte. Sie sind vermutlich
derzeit immer noch gegenseitig abhangig voneinander und hatten viel zu verlieren, wenn ein
Mitglied aus der Gruppe ausscheren und sich den [Link] offenbaren wrde.
Es war sehr auffallend, dass diese Gruppe keine Empfiinglichkeit fUr die ausgelobte Belohnung
zeigte.
Man kann davon ausgehen, dass es den Tatern bei den Taten nicht um monetare lnteressen ging.
Ebenso auszuschliessen sind chaotische oder terroristische Motive.
Terroristen benutzen Attentate, um ideologische, gesellschaftsverandernde Ziele zu verbreiten und
hinterlassen i.d.R. ausjhrliche Bekennungen, denen diese Ziele zu entnehmen sind.
Die Tater der vorliegenden Serie handelten vermutlich aus einer idealistischen Motivation heraus,
da die einzige Taterausserung, die die Qualitat einer Bekennung hat, die Ziele des
Verantwortlichmachens der Kopfe und Bestrafens von Treuebruch beinhaltet. Diese Ziele
haben idealistischen Charakter und treffen nicht nur auf bestimmte Gruppen innerhalb der
Gesellschaft zu.
227 Analyse du B.K.A. page 63-64
70
Idealismus ist eher bei Personen anzutreffen, die sich noch nicht mit denen in ihrem Lebensbereich
vorherrschenden Strukturen arrangiert haben und sich innerhalb dieser Strukturen etabliert
haben.
Idealismus scheint hier das verbindende Element der Gruppe zu sein.
Prises de risque
Rsum de l'expertise du B.K.A. 228:
Tiiterrisiko, [Link] Tatvorbereitung und Zielerreichungsgrad wurden wie folgt analysiert:
Zuniichst werden einmal die generellen Auffiilligkeiten zu den drei Kriterien beschrieben.
Beim Taterrisiko fiillt auf, dass nur in 2 Fallen (Gendarmeriegebaude und Hollerich) ein hohes
Risiko eingegangen wurde. Der Aufwand zur Tatvorbereitung war in 17 von 19 Fallen hoch oder
mittel, lediglich in zwei Fallen lag ein geringer [Link] vor. Darunter war dann die sogenannte
"Testsprengung" in Beidweiler am 30.05.84. Der Zielerreichungsgrad war in 16 von 19 Fallen
hoch. Hier lag nur 1 FaU mit einem geringen Zielerreichungsgrad vor. Auch dabei handelte es
sich wieder um die erste Sprengung in Beidweiler.
Ein hoher [Link] zur Tatvorbereitung wirkte sich sowohl im Bereich Risikominimierung wie
auch einer Erhohung des Zielerreichungsgrads aus. Da hier berwiegend ein mittlerer bzw. hoher
Aufwand zur Tatvorbereitung anzutreffen war, ist es auch verstandlich, dass das Taterrisiko sich
eher im geringen bis mittleren Bereich bewegte.
Bei zwei Taten war abweichend von dieser Regel ein hohes Risiko geblieben.
Es ist zu untersuchen, warum die Tater trotz des bestehenden hohen Risikos die Tat trotzdem
durchgejhrt haben. Dies liesse sich entweder dadurch begrnden, dass die Tater ber spezielle
Kenntnisse verjgten, die nicht aktenkundig sind, das Risikojr sie aber minimierten.
Unter speziellen Kenntnissen kann man in diesem Zusammenhang z.B. eine Tatortberechtigung,
Vertrautsein mit dem Tatort oder Kenntnisse ber am Tatort geltende Arbeitsablaufe verstehen.
Eine weitere Begrndung ist, dass das Ausjhren dieser speziellen Tat jr die Tater so wichtig
war, dass sie das dabei eingegangene hohe Risiko bewusst in Kauf nahmen.
Connaissances en matire d'explosifs 229
Les auteurs n'ont pas peur de manier des explosifs et dmontrent mme de bonnes connaissances
en la matire.
La connaissance en matire d'explosifs s'indiquait dj lors des vols dans les carrires. Les voleurs
savaient exactement de quels matriaux ils avaient besoin pour oprer avec des explosifs.
Ils ont connu la mise feu pyrotechnique avec ou sans cordon dtonant.
Ils ont aussi connu la mise feu lectrique avec ou sans retardement ainsi que la construction de
piges feu.
228
Analyse du [Link] page 60
229 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 111
71
Ils avaient d'ailleurs des connaissances spcifiques dans la matire de mise feu d'explosifs. Ceci
se manifeste surtout pour l'attentat contre les pylnes Staffelter. Avant la mise feu, ils ont
coup quelques 10 cm de la mche. Ce geste permet d'liminer le bout de la mche qui peut tre
humide 230.
Cette faon d'agir est une connaissance de spcialistes de mme que le fait de fixer la mche avec
un nud la traverse.
Un autre indicateur pour un certain professionnalisme se montre lors de l'attentat contre "le pylne
Heisdorf. Ici ils ont utilis du LUXITE FB (faible brisant) avec du LUXITE EB30 (extra
brisant231). Le LUXITE FB doit tre mlang au moins avec 15-30 % d'explosif brisant pour
garantir son explosion. Les auteurs ont agi exactement de telle manire.
Pour la mise feu de ce mlange il faut absolument utiliser un cordon dtonant Supercord 40. Les
atitetifs -faient en possession de cordon dtonant Dynacord 12 et de Supercord 40: 8-'ils ont fait le
bon choix c'est qu'ils avaient connaissance de cette particularit 232.
Les conclusions globales des qualits des a u t e u r ~
Il s'agit donc d'au moins quatre auteurs (les tmoins de l'attentat des casemates en ayant
indiscutablement vu quatre), dont au moins un excellent bricoleur, et qui
- ont de bonnes connaissances en matire d'explosifs;
. , . d . 233
- ont une certame expenence avec es extorSIOns ;
- ont une connaissance parfaite des lieux sensibles et ceci dans les moindres dtails;
- savent prendre des risques, mais des risques calculs;
- connaissent parfaitement la manire de ragir, de raisonner et d'agir de la Gendarmerie;
- sont au courant de nombre d'informations sensibles que la Gendarmerie dtient par rapport aux
faits dont s'agit;
- ont une excellente agilit physique (attentat Palais de Justice) ;
- n'agissent pas dans un esprit terroriste, ne se rclament d'aucune idologie ou doctrine politique,
ne formulent aucune demande prcise srieuse;
- ont une persvrance remarquable pour se tenir ce qu'ils ont annonc dans la premire lettre
time and space are on our side sachant qu'il serait matriellement impossible aux forces de
l'ordre de maintenir un dispositif de prvention rellement efficace;
- manifestent une supriorit, empreinte d'arrogance l'gard de la Gendarmerie;
- agissent dans un but idaliste, c'est--dire qu'ils veulent obtenir quelque chose de positif qui ne
peut tre atteint que par les moyens choisis par eux; il en rsulte qu'ils n'ont pas conscience qu'ils
agissent dans le tort (Unrechtbewusstsein) ;
230 Analyse du B.K.A. page 16
231 Faible force explosive et forte force explosive
232 Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page 66
233 Voir ci-avant page 57 L'pisode extorsion )}
72
- constituent un groupe de personnes trs soud et ceci non seulement parce qu'elles savent que
leur sort est plus que li, mais encore que chacun sait que pour des faits qui remontent 25 ans,
ils risquent de voir s'crouler tout ce qu'ils ont russi raliser durant leur vie - qui a t depuis
ces faits, le cas chant, sans reproche ~ a j e u r - et ceci tant sur le plan affectif que financier;
- font preuve d'une solidit psychologique trs importante, ayant subi et continuant resister une
pression externe trs forte tant donn que non seulement l'expectative de sanctions pnales bien
svres les hantent par la force des choses depuis fort longtemps, mais encore que non seulement
l'enqute judiciaire doit les inquiter d'une manire continue et que le vif intrt que l'affaire
trouve non seulement dans les mdias, mais galement dans une partie non ngligeable de la
population o l'affaire constitue un sujet d'entretien;
- parviennent motiver chacun son entourage garder le secret, tant donn qu'on ne peut
nullement exclure que l'un ou l'autre de leur proche a ou bien connaissance des faits ou du
moins s'en doute fortement.
Tous ces lments - combins, il est vrai, d'autres, qui seront dvelopps ultrieurement - font
que la question de savoir s'ils ne bnficient pas d'une certaine protection est loin de constituer
une question purement thorique.
73
~ V ) A qui profite le crime ?I
La question qui est revenue dans le prsent rquisitoire plusieurs reprises est la mme qui a
donn du fil retordre tous ceux qui taient en charge du dossier rpressif: A qui ses multiples
infractions ont-elles profit?
Le fait est que la srie d'attentats a commenc du moins premire vue de mamere aussi
inexplicable qu'elle s'est arrte. Les lettres d'extorsion ne contenaient aucune indication que les
attentats avaient une cause profonde et que celle-ci aurait t satisfaite de sorte que la continuation
des attentats ne se justifiait plus.
En effet, il n'y avait mme pas de tentative d'extorsion de fonds.
La finalit des attentats n'tait pas de nature terroriste, les auteurs de tels 'attentafs posant des
exigences politiques prcises ou demandant des changements politiques importants (par exemple:
sortie de l'OTAN, dissolution de l'arme, suppression sinon changements profonds en ce qui
concerne le systme politique ou conomique etc.). Ceci ft ailleurs sans exception aucune le cas
pour tous les groupes terroristes, non seulement l'poque (R.A.F., Action Directe, Cellules
Communistes Combattantes, Brigades rouges) mais encore de nos jours.
Force est toutefois de constater que les auteurs des attentats s'adressaient ds le dbut l'Etat, et
plus prcisment la Gendarmerie. Les attentats contre la CEGEDEL ne visaient qu'au second
degr cette socit, qui n'tait utilise que comme relais pour pouvoir s'adresser la Gendarmerie.
Les crimes n'ont donc pas t commis pour assouvir des exigences financires, terroristes ou
politiques, notion prise au plus large sens du mot.
Monsieur le Procureur d'Etat adjoint Jean-Marie HARY a rpondu trs prosaquement la
question qui lui tait pose par Madame le juge d'instruction directeur de savoir qui a profit des
attentats: Was mich personlich stutzig gemacht hat, ist der Umstand, dass, nachdem 100
zusiitzliche Gendarmen eingestellt worden waren, die Serie der Sprengstoffanschliige aujhorte .
Il rsulte de l'enqute que d'innombrables personnes qui taient mles d'une manire ou d'une
autre l'enqute ont estim que - seules -les forces de l'ordre ont profit des attentats.
Ceci dcoule d'ailleurs de la manire la plus loquente de l'augmentation des moyens financiers
accords la Gendarmerie et la Police :
Le budget de ces deux corps est pass de [Link].- LUF [Link].- LUF, soit une
augmentation de 64% en cinq exercices budgtaires (entre 1986 et 1990) soit une augmentation de
569.889.000.- LUF. Y a-t-il jamais eu, pour des postes budgtaires se rapportant des
administrations des augmentations si importantes ?
A titre de comparaison on constate que durant la mme priode le budget de la Justice (y non
compris les dpenses du chef des centres pnitentiaires) est pass de 456.749.000.- LUF
625.024.000.- LUF, soit une augmentation de 36,68 %.
Pour bien comprendre la situation des forces de l'ordre durant les annes 1980 1985, il faut se
rappeler qu'il s'agissait d'une poque trs agite.
La bande dite de Waldbillig n'avait-elle pas elle seule accompli une vingtaine de braquages
trs violents notamment de banques, stations d'essence et autres tablissements sans que les
lucidations de ces affaires n'intervenaient que fin 1985 et surtout en dbut 1986. A la mme
poque il y avait encore d'autres braquages, vols mains armes et crimes organiss.
74
A la mme poque eut encore lieu la fameuse (ou plutt fumeuse) affaire du sicle.
Bref, l'efficacit et le prestige des forces de l'ordre taient fortement mis en question.
Lorsque le 30 octobre 1985 le policier Patrice CONRARDY ft abattu par un membre de la bande
de Waldbillig (Carlo FETT) le mcontentement au sein des forces de l'ordre tait son
comble. On revendiquait un surplus en matriel, en personnel et des mthodes de travail plus
efficientes et modernes.
Aussi la Chambre des Dputs institua en novembre 1985 une commission devant analyser la
situation de la scurit au Grand-Duch 234.
Il convient de prciser que ds l'institution de cette commission, le ministre de la Force Publique
avait pris des mesures tendant au renforcement sensible des effectifs de la Gendarmerie et de la
Police.
De mme le commandement unique ft institu.
A l'appel des organisations syndicales une manifestation publique eut lieu le 18 dcembre 1985
pour rclamer une amlioration sur les diffrents points indiqus ci-avant. Prs de 2.000 personnes
assistaient cette manifestation.
L'tat en matire d'quipement de la Gendarmerie s'illustre fort bien par une note du commissaire
BCHLER qui avait demand auprs du gendarme Albert PEIFFER, prpos du service
technique, qu'une voiture de la CEGEDEL soit quipe d'un metteur/rcepteur lors de l'pisode
de la demande de ranon devant se drouler Clervaux 235:
Mir wurde gesagt dass es diesmal nicht klappen sol!, denn sonst wrde eine Materialforderung
sowie Personalforderung nicht von der Obrigkeit genehmigt werden.
Cette augmentation au niveau de la Force Publique s'est concrtise dans une augmentation
sensible de l'engagement de membres des forces de l'ordre, qui est pass durant la priode de
rfrence de 841 1.078 agents, soit une augmentation de 237 agents, ou encore de 28 % en cinq
annes, tout en ne perdant pas de vue que durant les annes antrieures il n'y avait pratiquement
pas eu d'augmentation des effectifs.
On ne saurait rpondre aux faits noncs ci-avant que le Gouvernement avait de toute faon dcid
d'augmenter les effectifs des forces de l'ordre 236.
Monsieur Marc FISCHBACH, Ministre de la Force Publique, a de son ct dclar dans une
interview RTL (tl) qu'un renforcement des Forces Armes serait (dans la situation donne)
considrer comme un tir largement au-dessus )) du but. 237
L'hebdomadaire Tlcran a de son ct rapport dans son dition du 18 mai 1985 des propos
d'un haut responsable du Ministre de la Force Publique estimant que tant la Gendarmerie que la
Police manquaient d'agents, qu'on 'n'a jamais donn son importance relle ce fait et que les
responsables devraient enfin se rendre compte, que le Luxembourg n'est pas situ sur la lune 238.
234 Procs-verbal480 du 03.10.2002 et Rapport 571 du 12.10.2006 du Groupe AE
235 Procs-verba11053 du 28.01.1988 de la Sret Publique
236 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AB, page 127
237 Rapport 565 du 01.08.2006 du Groupe AB, chapitre Attentat Schlewenhaff
238 Rapport 493 du 11.07.2005 du Groupe AB, pages 297-300 - Tlcran N"20
75
Les mesures prises en faveur des forces de J'ordre ne se sont pas limites une augmentation des
effectifs.
En effet, l'introduction du commandement unique, une rfonne partielle du Service de la Sret
Publique, l'acquisition d'un systme de communication moderne, de gilets par-balles, de
munitions modernes, de smaphones, le dveloppement des systmes infonnatiques etc. frent des
mesures prises, prconises d'ailleurs par le rapport de la commission de Scurit Publique qui ft
publi dew; mois aprs le dernier attentat (maison du colonel WAGNER) mais dont le contenu
tait dj longuement connu avant sa publication. Pour ainsi dire, toutes les recommandations y
fonnules frent excutes par le Gouvernement.
76
IV) Les avatars de
Il s'entend qu'au cours d'une enqute judiciaire, surtout si celle-ci s'avre tre longue et complexe,
il est sinon normal tout au moins comprhensible que l'une ou l'autre erreur d'apprciation ou
d'organisation se rvlant dfaillante se produit. Toutefois, ce qui s'est pass en l'occurrence du
point de vue d'empitement de comptences, d'inobservation des rgles fondamentales en matire
de procdure pnale, de fautes gravissimes est plutt sidrant.
Le juge d'instruction avait t saisi ds leur commission de tous les faits rpressibles, figurant au
chapitre l sous les rserves mentionnes au chapitre VIII. Il tait le seul matre de l'instruction
dans le cadre de l'information judiciaire. Mme sous le couvert d'une dlgation judiciaire conue
en termes trs gnraux, la Police doit faire rapport au juge d'instruction de tous les actes
auxquelles elle a procd.
S'il est exact que dans le rapport confectionn par l'Inspection Gnrale de la Police la
demande du ministre de la Police propos d'un incident particulier un cadre suprieur de la Police
croit devoir affinner que sous l'empire des rgles procdurales prvalant lors des vnements dont
s'agit les policiers auraient eu des pouvoirs bien plus tendus que sous le rgime actuel et qu'ils
pouvaient dvelopper une activit largement autonome. Le moins qu'on puisse dire est qu'il se
trompe lourdement, moins qu'il n'ait obi d'autres impratifs en faisant ces dclarations.
Un principe fondamental de notre code d'instruction criminelle veut que le juge d'instruction est
matre de la conduite de l'information.
Le juge d'instruction procde, confonnment la loi, tous les actes de l'information qu'il juge
utiles la manifestation de la vrit.
La loi abandonne sa conscience l'apprciation de l'utilit ou de l'opportunit des actes auxquels
il procde ou fait procder, sauf l'obligation, lorsqu'il refuse d'ordonner une mesure requise ou
sollicite de lui, de rendre une ordonnance motive.
Etant donn qu'il est matriellement impossible que le juge d'instruction procde personnellement
tous les actes d'instruction, il peut confonnment l'article 52 du code d'instruction criminelle
donner commission rogatoire des officiers de police judiciaire pour y procder.
La commission rogatoire, acte par lequel le juge confie une mission d'investigation prcise un
officier de police judiciaire, ce qui est un outil procdural privilgi par l'intermdiaire duquel le
juge se dtache quelque peu de la conduite personnelle et au quotidien des investigations, qui
entrane cependant un lien trs fort entre le juge d'instruction et les officiers de police judiciaire
dlgataires. Le juge a le libre choix du service de police saisir, matrise la mission qu'il confie et
du dlai dans lequel elle doit tre excute. Par ailleurs, au cours de l'excution de cette
dlgation, le juge d'instruction doit tre troitement inform.
Ce principe a t raffirm rcemment trs fortement par la Cour de cassation franaise, qui a jug
(dans l'affaire des fausses factures de la mairie de Paris) que ce texte ne fait pas obligation au
juge d'instruction, lorsqu'il estime que les circonstances l'exigent, de rvler par avance, aux
officiers de police judiciaire qui collaborent avec lui, l'objet et le lieu d'un transport de justice
dcid dans une information en cours, ou de requrir leur assistance par crit, pralablement
l'opration .
Cette dcision raffirme avec clat le rle de direction des investigations du magistrat instructeur,
y compris, ce qui n'est videmment pas souhaitable, jusque dans la dfiance l'gard de ces
collaborateurs indispensables et, bien entendu, sauf exception, parfaitement loyaux.
77
Aussi les contacts entre les enquteurs et le juge d'instruction sont-ils indispensables, le juge
d'instruction devant en effet suivre l'excution de la commission rogatoire pour pouvoir donner
des instructions prcises au fur et mesure de son droulement.
Il en rsulte que les officiers de police judiciaire doivent rendre compte de leurs diverses
oprations l'autorit judiciaire dont ils dpendent sans attendre la fin de leur mission. Ils doivent
rfrer sans dlai des difficults, ou faits importants nouveaux au juge d'instruction qui viendraient
se prsenter et solliciter ses instructions et le tenir inform de leur activit.
A noter que ces principes taient identiques avant la rforme du Code d'instruction criminelle de
1989 qui s'est borne sur ces questions formuler les textes en question de manire plus moderne.
Monsieur le commandant Aloyse HARPES avait manifestement une autre conception de la
directiQll d'une instruction judiciaire, selon laquelle le rle du jl!ge d'instruction ~ e J i l l l i ! a i t de facto
mettre le cas chant une ordonnance l'enquteur pour le cas o un acte coercitif s'avrait
ncessaire. Ceci est la raison pour laquelle uniquement des informations parses sont parvenues au
juge d'instruction.
Par ailleurs, au niveau de l'organisation interne, Monsieur HARPES, en rigeant diffrentes units,
a, nolens, volens, empch une bonne circulation des informations entre ces units qui n'taient
pas dans l'intrt d'une bonne connaissance des donnes de base des enquteurs.
C'est ainsi que Monsieur le commissaire en chef Paul HAAN, qui tait l'poque un des
commissaires en chefles plus en vue du Service de Sret Publique a dclar 239:
Ich bin der Meinung, (unabhangig von den Disziplinarverfahren, die Herr HARPES gegen mich
eingeleitet ha) dass Herr HARPES einen grossen Teil Schuld an der Nichtaujklarung der
Attentatsserie ist. Er hat versucht, mir zu erkliiren, die Ermittlungen seien polizeilicher Natur,
deshalb msste man den Gerichtsbehorden nicht alles mitteilen."
Dans ce contexte il convient encore de reproduire la dclaration manant de Monsieur le Prsident
de la Chambre Criminelle Prosper KLEIN, juge d'instruction en charge de l'affaire partir du 1er
novembre 1985
240
;
Le 1er novembre 1985, je suis devenu juge d'instruction et ai repris les dossiers de Monsieur
GOERENS, parmi lesquels celui des poseurs de bombe. Avant cela, je ne savais rien de ce dossier.
Sous la rserve de tout le temps qui a pass depuis et des problmes de reconstituer des souvenirs,
je puis dire que je n'ai jamais vu cette note. Je suis tonn que Monsieur HAAN apparaisse en
premier alors que c'est M DISEWISCOURTqui tait l'enquteur principal 241.
Au dbut, j'tais d'avis que l'enqute tait faite par les enquteurs de la Sret Publique et que
ceux-ci m'informeraient des lments intressants qu'ils trouveraient ou me saisiraient pour
l'mission de certains actes ncessaires l'enqute. Bref, je faisais une confiance totale aux
enquteurs. Au dbut, je n'avais pas l'exprience non plus.
Mais j'avais l'impression que le commandement de la Gendarmerie essayait de trouver le ou les
coupables avant tout le monde, qu'il voulait attraper le ou les auteurs en flagrant crime. J'avais
l'impression que la mobilisation des Forces de l'ordre l'poque se faisait au dtriment des
mthodes d'enqute policire ordinaires.
239 Audition de Monsieur Paul HAAN du 05.11.2009 par Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ
240 Dclaration de Monsieur Prosper KLEIN auprs de l'IGP
241 Monsieur HAAN figure en premire position sur la note du 07.10.1985 concernant la cration du groupe d'enqute. Suite la note du
08.0 1.1986, l'effectif du groupe est chang est le nom de Monsieur HAAN n'a plus t retenu. Cnes notes de page N 147 et 148 page 45.
78
J'ai le sentiment qu'il y avait le voeu de limiter les prrogatives dujuge d'instruction non pas pour
cacher quelque chose mais, pour arriver un rsultat. Le commandement de la Gendarmerie
poursuivait sa logique, le juge d'instruction n'tait pas essentiel.
D'un autre ct, le travail de la Sret Publique jusqu'en 1988 tait mon sens nettement
insuffisant dans le chef de certains de ses membres, ainsije n'avais aucune audition de tmoin au
motif, me disait-on, qu'aucun n'avait pu tre trouv.
J'ai recompos le groupe d'enqute qui a tout recommenc zro.
Par la suite, j'ai eu la trs nette impression que des pressions avaient t exerces sur Messieurs
HAANet SCHONS pour les dissuader de faire partie du groupe d'enqute reconstitu.
J'ignorais que GEIBENavait t suivi au Luxembourg. Le juge d'instruction aurait d tre inform
du rsultat de cette opration.
Je n'ai pas eu de contact avec Messieurs REULAND et STEBENS mais j'ai d rencontrer
Monsieur SCHOCKWEILER.
Pour moi, l'enqute ne comportait pas normalement l'intervention des officiers respectivement des
contacts rguliers du juge d'instruction avec ceux-ci.
Je me souviens que j'ai envoy une lettre Monsieur ROLL1NGER du Service de Renseignements
pour l'informer que j'tais preneur de toutes les donnes qu'il pouvait avoir et susceptibles
d'intresser l'enqute judiciaire. Je n'ai jamais eu de rponse.
A partir d'un certain moment des enquteurs se sont plaints auprs de moi que le commandement
de la Gendarmerie aurait compartiment verticalement le flux des informations recueillies au sein
de l'enqute et qu' dfaut de communication horizontale ces informations ne se
communiqueraient entre les enquteurs que si et dans la mesure o la hirarchie jugeait utile de
les rpartir d'autres enquteurs.
J'tais en charge du dossier jusqu'au terme de mon mandat en octobre 1991.
Tant les dclarations de Monsieur Paul HAAN que celles de Monsieur Prosper KLEIN sont
tayes, entre autres, par les dclarations de divers enquteurs de l'poque du Service de Sret
Publique.
Ainsi, le chef enquteur Monsieur DISEWISCOURT, qui dans cette affaire travaillait sous la
responsabilit de l'officier dlgu la Sret Publique, Monsieur Annand SCHOCKWEILER, a-
t-il dclar auprs de Madame le juge d'instruction directeur 242:
Der Kollege HAAN wurde vom Gericht gefragt, bestimmte Aufgaben zu erledigen. Colonel
HARPES hat dies abgelehnt, mit der Begrndung, er wrde bestimmen wer die Antriige des
Gerichtes bearbeiten wrde.
Wer war verantwortlich fur das Ermittlungsverfahren bei der Gendarmerie und fur die
Koordination der Massnahmen mit den Justizbeh6rden?
Ich wandte mich an den zustandigen Substituten und an die Untersuchungsrichter und habe mit
ihnen ber den Tatbestand gesprochen. Man muss jedoch wissen, dass mein damaliger
Kenntnisstand mit dem heutigen (Presse, Konferenzen undAussagen) nicht zu vergleichen ist.
242 Audition du 16.11.2009
79
Sie fragen mich, wie, wann und weshalb es in den Ennittlungen zu berlegungen ber einen
Tiiterkreis innerhalb der Sicherheitskrafte kam?
<<Es war klar, dass irgendwo eine undichte SteIle vorlag, entweder bei der CEGEDEL oder bei den
Sicherheitskraften. Es musste jemand gewesen sein, der direkt mit der Angelegenheit zu tun hatte.
Wir, aIs Ermittler, wussten ja praktisch keine Details.
Wie beurteilen Sie heute, aIs damaliger Ermittlungsbeamter, mit dem aktuellen Kenntnisstand, die
Entwicklung der jetzigen Ennittlungen in Bezug auf
o einen wahrscheinlichen Tiiterkreis innerhalb der Gendarmerie, respektiv in der B.M.G.?
AIs ich durch die Presse (Observationsbericht GEIBEN) die Rolle von STEIL erfuhr, war fiir
mich die Angelegenheit klar. Er war die Person, die aIle zur Verfiigung hatte.
o das Motiv der Tter?
So wie von der Presse angegeben, war es die Unzufriedenheit, welche die Tater zu den
Attentaten antrieb. Sie erwarteten sich eine Verbesserung ihrer beruflichen Situation innerhalb der
Gendarmerie.
Voil donc qu'un des principaux enquteurs indique que le commandant de la Gendarmerie
s'opposait l'excution d'ordres du juge d'instruction. Les enquteurs ne savaient pratiquement
rien et ce n'est que 25 ans aprs les attentats qu'ils ont appris des faits par la presse, suite aux
diffrentes communications, qu'ils auraient absolument d savoir au moment o ils taient en
charge de l'affaire. Si l'on n'avait pas voulu lucider cette affaire est-ce qu'on s'y serait pris
autrement?
La cration du G.O.R. (Groupe d'observations et de recherches) par le commandant de la
Gendarmerie Aloyse HARPES 243 tait en soi une bonne chose, son objet tant d'effectuer des
mesures d'observations et de surveillances sur le terrain et d'effectuer ensuite des recherches par
rapport aux observations faites. Or, la transmission de ces informations ou autres rapports aux
enquteurs ft effectue par la voie hirarchique c..d. par les officiers de la B.M.G., STEBENS-
REULAND, l'officier dlgu de la Sret Publique et par celui-ci aux enquteurs. Ce
cheminement qui tait de toute faon trop long et compliqu entranait invitablement que toutes
les informations ne frent pas transmises et qu'on ne peut pas exclure qu'il y ait eu par le biais de
ce filtre rtention d'informations de la part des officiers.
Les membres du G.O.R. se sont plaints d'un manque d'informations de la part des enquteurs et de
l'absence de runions rgulires o il y aurait eu des contacts appropris et directs entre les
membres du G.O.R. et les enquteurs.
Le relais entre les enquteurs et le juge d'instruction s'est uniquement produit par le biais de
Monsieur DISEWISCOURT 244 et pour GEIBEN par Armand SCHOCKWEILER 245 (officier,
jeune lieutenant). Il est absolument effarant - le mot n'est pas trop fort - pour constater quel point
les enquteurs BCHLER, DISEWISCOURT et HAAN, entendus par le juge d'instruction depuis
2007, (donc aprs la communication de certains lments la presse), indiquent - et avec quelle
prcision! - que tous les faits qu'ils ont appris par ce biais ne leurs taient pas connus au moment
o ils taient en charge de l'enqute. Ainsi un certain nombre d'informations importantes ft
retenu par les suprieurs hirarchiques tant donn qu'il est de principe - et de bon sens - que les
enquteurs soient au courant de tous les lments de l'enqute.
243 Rapport 375 - Note aux officiers 547 du 07.10./985
244 Audition de Monsieur Prosper KLEIN du 16.03.2007 auprs de Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ
245 Voir ci-aprs page 84
80
L'attitude de Monsieur Aloyse HARPES devient encore plus incomprhensible si l'on prend en
considration la dclaration faite auprs de Madame la juge d'instruction directeur par Monsieur le
premier conseiller de Gouvernement Joseph BERG 246, qui tait prsent lors des entretiens entre le
Ministre de la Force Publique et Monsieur HARPES:
Le ministre tait du du manque de rsultat de l'enqute. Il reprochait cette circonstance au
colonel HARPES. Par ailleurs, la manire dont l'enqute tait mene tait bizarre plus d'un
titre, d'aprs ce que nous avons pu entendre:
- un enquteur excellent, Monsieur HAAN, a t cart de l'enqute pour des raisons obscures
- tous les rapports de la gendarmerie devaient transiter par la hirarchie au plus haut niveau
- les enquteurs ne semblaient pas pouvoir travailler de manire indpendante et ne pas pouvoir
s'adresser aujuge d'instruction
- l'engagement de l'arme tait sujet caution dans la mesure o elle avait d'autres engagements
respecter que ceux d'accompagner une enqute en cours avec ses moyens.
Quant au droulement de l'observation de Monsieur GEmEN des 19 et 20 octobre 1985 247
Un rapport d'observation relatif Monsieur GEIBEN dress par l'agent Armand Kaud du SREL
le 21 octobre 1985 parvint le 30 avril 2004 Madame le juge d'instruction directeur Doris
WOLTZ suite la perquisition ordonne par celle-ci le 3 dcembre 2003. Ce rapport, qui n'avait
pas t trouv lors de la perquisition au SREL du 09.12.2003, a t communiqu Madame le juge
d'instruction directeur - certainement par pur hasard - que quelque temps aprs que les enquteurs
avaient commenc interroger les anciens membres du SREL au sujet des activits du SREL lors
de la srie d'attentats.
Ce ft donc le 30 avril 2004 que le juge d'instruction ft inform de l'observation opre sur un
uspect prs de 19 ans auparavant et prend connaissance des circonstances de cette mesure.
Le rapport d'observation fait mention 248 que le 18 octobre 1985 17.00 heures (le jour du retour
des enquteurs de Bruxelles dans le cadre de la c.R.I. GEIBEN) eut lieu une runion dans les
locaux de la B.M.G. de la Gendarmerie et qu'y participaient le lieutenant STEBENS, l'agent
Armand Kaud, responsable des observations du SREL et les policiers THILL et ZENNERS
affects l'foque au G.O.R. ainsi que le commandant-adjoint de la Brigade Mobile, l'adjudant
Jos STEIL 24 .
Le fait qu'il ya eu observation est d'ailleurs confirm par les agents Kaud, M. et J., les policiers
THILL et ZENNERS, STEIL, le directeur du SREL, Monsieur HOFFMANN et indirectement par
les officiers STEBENS et HARPES qui, bien que - selon eux - n'ayant rien su de l'organisation et
du droulement de l'observation, ont cependant relat par la suite des dtails tels qu'il faut
admettre qu'ils taient parfaitement au courant des faits constats. D'aprs eux, ils n'auraient donc
eu connaissance de ces faits qu'aprs l'observation pour rendre leur version cohrente.
L'adjudant-chef STEIL, adjoint du commandant de la B.M.G., Pierre REULAND, ayant signal
ds le 18 octobre que Monsieur GEIBEN devait se rendre dans l'aprs-midi du 19 octobre auprs
de lui, l'observation commenait ce mme jour vers 10.00 heures. Toutefois vers 17.00 heures
246 Audition du 30.09.2009
247 cfles rapports lmentaires sur cette observation: Rapports 496 du 07.03.2006/609 du 20.06.2007/652 du 22.09.2009 du Groupe AE
248 Voir ci-aprs page 86
249 Entendu par l'IGP au sujet de l'enqute de la responsabilit et de l'excution de l'observation GEIBEN, Georges ZENNERS annonait en 2008 :
Ca se peut que Monsieur REULAND participait aussi cette runion, mais je n'en suis pas sr En tout cas, sa participation aurait t logique,
car il participait toutes les runions. Cette dclaration ne figure pas dans les auditions de ZENNERS faites par les enquteurs ou le juge
d'instruction directeur.
81
l'adjudant- chef STEIL se rendit au lieu o l'agent Kaud s'tait post pour lui dire que Monsieur
GEIBEN ne viendrait pas et que lui (STEIL) se rendrait la piscine.
A noter que Monsieur STEIL tait un excellent ami de Monsieur GEIBEN et qu'il tait rest en
contact trs rgulier avec ce dernier et ceci galement aprs son dpart de la Gendarmerie.
Sur ce, Kaud en informa Messieurs THILL et ZENNERS qui se trouvaient plus loin en attente.
Monsieur ZENNERS tlphona son suprieur hirarchique, Monsieur REULAND, pour
l'informer de ce qui venait de se passer et ce dernier marqua son accord l'abandon de
l'observation.
Les agents du SREL se mfiaient dj ce moment du rle ambigu de l'adjudant-chef STEIL ce
qui les amena vrifier si celui-ci se rendait effectivement la piscine, ce qui ft le cas et
l'observation ft interrompue.
Vers 23.00 heures une bombe clata devant le bureau du juge d'instruction en charge de l'affaire.
Monsieur Kaud ft appel dans la suite vers 03.30 heures par Monsieur REULAND qui lui
indiqua que Monsieur GEIBEN se trouvait l'htel Holiday Inn et lui enjoignait d'y faire une
observation.
Monsieur Kaud appela ensuite ses coquipiers M. et J. du SREL qui, avant de se rendre au
parking de l'Htel Holiday hm, avaient encore un rendez-vous dans la salle de runion de la
RM.G. avec Monsieur REULAND qui leur montrait notamment une photo de Monsieur GEIBEN.
Les deux policiers et officiers de police judiciaire ZENNERS et THILL ne sont plus requis pour
reprendre l'observation.
Monsieur Kaud relate lors de son audition du 3 avril 2006 250 la suite de l'observation comme
suit:
Gegen 08.00 Uhr verliess Ben GEIBEN das Hotel. ber die Schulter trug er einen grossen
Marinesack. Er schien schwer an dem Marinesack zu tragen, wobei sich die Frage stellt, weshalb
man einen so grossen Marinesack braucht, wenn man nur eine Nacht in einem Hotel bernachten
will. Er ging dann zu einem BMWmit luxemburgischen Erkennungstafeln. Er stieg alleine in den
Wagen und fuhr zuerst zur Wohnung von STEIL und danach zum Schiessstand Reckenthal. Nach
kurzer Zeit verliess er den Schiessstand undfuhr mit dem BMW in Richtung belgische Grenze. Er
Juhr in sehr hohem Tempo. Kurz hinter Bastogne, ais er abbog in Richtung Brssel, brachen wir
die Observation ab, da sicher war, dass er nicht mehr ins Land zurckkehren wrde.
Monsieur Kaud ajoute encore que Messieurs GEIBEN et STEIL se sont rencontrs au stand de tir
de Reckenthal.
L'agent J. du SREL, s'est exprim comme suit par rapport la mme observation 251:
lch kann mich nur an eine einzige Observation auf Ben GEIBEN erinnern. lch begab mich
damais wie immer zum Treffpunkt nach Luxemburg, wo wir Erkliirungen erhielten. lch kannte
GEIBENdamais nicht.
lch fuhr diese Observation damais zusammen mit Marcel. An den genauen Ablaufder Observation
auJ GEIBEN am Samstag kann ich mich nicht priizise erinnern, es kann sein, dass wir an der
belgischen Grenze auJ GEIBEN warteten. Am spiiten Nachmittag, wurde diese Observation
abgebrochen, da es hiess, GEIBEN wrde nicht kommen. Von wem diese Information stammt,
250 Audition auprs de Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ
251 Audition du 03.03.2008 auprs de Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ
82
kann ich nicht angeben, da ich aIs Observationsmann nicht an der Organisation selbst beteiligt
war und solche Informationen nicht bis an mich weitergeleitet wurden.
Nach dem Attentat auf den Justizpalast wurde ich benachrichtigt um die Observation wieder
auftunehmen.
Ich weiss nicht mehr genau, wann genau uns ein Photo von der Zielperson GEIBENgezeigt wurde.
Ich kann mich jedoch noch erinnern, dass ich mich zusammen mit Marcel und Armand in einem
Gebiiude der Gendarmerie oder Polizei befand. Dies war aussergewohnlich, da wir normalerweise
die Photos im Vorfeld in unserem Rahmen gezeigt bekamen. Ich kann mich erinnern, dass wir von
einem Offizier empfangen wurden. Wir befanden uns in einem grosseren Raum. Der Ojfizier war
alleine. Ich weiss nicht mehr woher er das Photo von GEIBENnahm. Es kann sein, dass das Photo
aus einem Album stammt, jedoch kann es auch sein, dass er ein einzelnes Photo von GEIBEN
hatte. Ich weiss nicht wieso ich die Erinnerungen an ein Album habe.
Der Offizier steUte sich bestimmt vor oder wurde vorgesteUt, jedoch kann ich mich nicht an dessen
Namen erinnern. Ich habe die rezenten Sendungen zu den Attentaten bei RTL gesehen und ais ich
die Aufrzahmen der Brigade Mobile sah, in welchen Herr REULAND gezeigt wurde, kamen mir die
Erinnerungen zurck. Ich bin der Meinung, dass es sich damais um einen gleichartigen Saal
handelte, wie in der RTL Reportage. Der Offizier war damaIs in Zivil gekleidet. Es war ein junger
Offizier. Nach den Bildern von RTL, bin ich zu 95 Prozent berzeugt, dass es sich bei dem Offizier
von damaIs um REULAND handelte. Es waren keine anderen Gendarmerie - respektiv
Polizeibeamten bei diesem Briefing zugegen.
Ich glaube der einzige Grund, dass wir zu dieser Dienststelle fuhren, war, dass uns ein Photo von
GEIBENvorgezeigt werden soUte, da KA UDE vermutlich keine Aufnahme halte.
Un extrait de la carte VISA de Monsieur GEIBEN, saisi en 1999, nous indique que Monsieur
GEIBEN tait effectivement Luxembourg, le samedi 19 octobre 1985, et qu'il a mang au
Restaurant Plateau Altmnster. Malheureusement, on ne sait dterminer si c'tait midi ou le soir,
les souches d'antan n'indiquaient pas l'heure de la transaction. Selon ses dires, il aurait pass la
j oume avec son ami 252.
Il ya eu observation policire, dont le juge d'instruction ignorait jusqu'en 241'existence, ce qui
constitue certainement une faute, et ce d'autant plus si on prend en considration qu'au cours de la
mme semaine on avait demand au juge d'instruction qu'il rende une C.R.I. pour observer
Monsieur GEIBEN (unsere beste Spur) en Belgique.
Voil,qu'on fait une observation sur quelqu'un l'gard duquel on a de forts soupons (sinon il
n'y aurait pas d'observation). L'interruption de l'observation est ordonne. Le suspect n'est pas
sous contrle.
Peu de temps aprs, une bombe explose devant le bureau du juge d'instruction en charge de
l'affaire et qui on a demand en dbut de semaine l'expdition d'une C.R.I. l'gard de la
personne observe parce qu'on considrait qu'une participation ventuelle de la personne rsultait
du dossier et on n'informe ni le mme juge d'instruction cens de diriger l'enqute Luxembourg,
ni le substitut de service, si l'on avait considr qu'il s'agissait d'un fait nouveau.
252
Rapport 320 du 17.01.2000 du Groupe AE
83
Suivant les rgles lmentaires en matire de procdure pnale c'est le juge d'instruction qui dirige
l'enqute et qui peut, s'il est dans l'impossibilit de procder lui-mme tous les actes
d'instruction donner commission rogatoire aux officiers de police judiciaire afin de leur faire
excuter tous les actes d'information ncessaires.
Le juge d'instruction ou le Procureur d'Etat, eu gard la mesure prise en dbut de semaine,
auraient certainement ordonn, s'ils avaient su que Monsieur GEIBEN se trouvait au pays, au
moins une interpellation de ce dernier.
Si les autorits judiciaires n'ont pas t informes de l'existence et des circonstances de
l'observation, il en allait de mme en ce qui concernait les enquteurs du Service de Police
Judiciaire.
Qanfali-rle de Monsieur SCHOCKWEILER:
Ainsi le lieutenant Armand SCHOCKWEILER qui tait au moment des faits officier dlgu la
Sret Publique (actuellement Service de Police Judiciaire) et officier responsable de l'enqute 253
dirigeant l'enqute au niveau des enquteurs a dclar, lors de ses auditions devant le juge
d'instruction 254, n'avoir rien su de l'observation des 19 et 20 octobre.
Donc le mme officier, qui avait sollicit au dbut de la semaine une C.R.I. pour l'observation de
Monsieur GEIBEN Bruxelles, ne savait rien, d'aprs ses propres dclarations, de l'observation
opre Luxembourg en [m de semaine.
Aussi surprenant que ceci puisse paratre, cette version peut fort bien correspondre la ralit
puisque aucun des nombreux enquteurs concerns n'a eu connaissance de l'observation en
question
2ss
. Monsieur SCHOCKWEILER a d'ailleurs fait part d'une certaine amertume cet
gard. Si tel a effectivement t le cas, il s'agirait d'une nouvelle preuve des tire walls qui
avaient t rigs entre les services d'observation et les enquteurs.
Toutefois, mme si Monsieur SCHOCKWEILER, qui venait donc de participer l'excution de la
C.R.!. Bruxelles, n'a pas t au courant de l'observation prpare et excute par la RM.G. au
Grand-Duch, il n'en reste pas moins surprenant que lui mme n'a rien entrepris pour prparer des
mesures pour le cas o Monsieur GEIBEN se rendrait Luxembourg - ce qui ft bien souvent le
cas - pour commettre les cas chant de nouveaux attentats.
S'il a t, contrairement ce qu'il prtend, au courant de la filature GEIBEN il aurait d
mettre tout en uvre pour qu'on procde l'arrestation immdiate de Monsieur GEIBEN.
On ne peut en effet rentrer le jeudi 17 octobre 1985 de l'excution d'une Commission
Rogatoire Internationale de Bruxelles tendant l'observation d'une personne en Belgique propos
de laquelle on estime qu'il existe de graves indices qu'elle est le coupable des attentats, mme la
beste Spur , et
- constater qu'il y a eu un nouvel attentat,
- constater que l'auteur prsum des attentats se trouve Luxembourg,
- continuer observer Monsieur GEIBEN pour le laisser filer en Belgique.
253 Suivant la Note aux officiers 547 du 07.10.1985, le groupe d'enqute fonctionnait sous les ordres du lit SCHOCKWEILER Annand, Officier
dlgu la Sret Publique - Rapport 375 du 02.05.2003 du Groupe AE, chapitre l page 2
254 Monsieur SCHOCKWEILER a t auditionn les 02.06.1999, 09.12.2003, 16.02.2006,26.02.2007,22.02.2008 et 25.09.2009.
255 la plupart des auditions sont reprises dans les rapports 322 du 17.11.2000,482 du 10.05.2006,589 du 08.02.2007 et 593 du 25.06.2007 du
GroupeAE.
84
Par contre mme au cas o Monsieur SCHOCKWEILER n'aurait pas t au courant de la prsence
(sans mme parler la filature) de Monsieur GEIBEN il est vident qu'il aurait d prendre contact
ds qu'il avait eu connaissance de l'attentat avec ses interlocuteurs belges qui auraient pu:
a) vrifier si Monsieur GEIBEN a pass la nuit Bruxelles,
b) vrifier son alibi,
c) procder tous autres devoirs ncessaires.
Il rsulte des photos prises tt dans la matine du 20 octobre au jardin du Palais de Justice que
Monsieur SCHOCKWEILER s'y trouvait pour superviser les travaux d'inspection des lieux et de
recherches d'indices 256 257. Il en rsulte qu'il a t en tout tat de cause averti trs tt dans la
matine de l'attentat et un contact avec ses interlocuteurs belges aurait permis l'excution des
devoirs indiqus ci-avant.
En bref, l'attitude de Monsieur SCHOCKWEILER est parfaitement incomprhensible.
L'excution de ces mesures aurait soit charg gravement Monsieur GEIBEN, soit le dcharg.
Selon le rapport de la C.R.!. rapport belge 258:
a.- Un retracement des appels tlphoniques de GEIBEN est propos mais n'est pas demand par
les autorits luxembourgeoises: ....vu qu'aucun rsultat concret n'a pu tre dduit de plusieurs
semaines de recherches, cette demande n'a pas t formule par les enquteurs auprs des autorits
judiciaires .
b.- Suite des contacts ultrieurs avec les autorits luxembourgeoises, il nous a t demand de
ne plus poursuivre nos investigations mais attendre de plus amples informations. Le 30.12.1985 '"
il nous a t rpondu qu'une intervention chez GEIBEN ne se justifierait pas et de ne plus
poursuivre nos recherches .
Peut-tre objectera-t-on que c'est quand mme le juge d'instruction qui dirige l'enqute.
En ce gui concerne l'excution de la C.R.I. luxembourgeoise 259, il Y a lieu de faire les
observations suivantes:
Le 03 dcembre 1985, Monsieur le Juge d'Instruction Prosper KLEIN rappelle l'excution de la
C.R.!. Bruxelles. Ce rappel est rest sans rponse.
Le 30 dcembre 1985, le rapport belge prcit parvient au juge d'instruction.
Le 16 janvier 1986, le juge d'instruction envoie un deuxime rappel afin d'tre inform, sur quel
ordre les investigations ont t arrtes.
Le rapport de l'excution de la C.R.!. du 24 janvier 1986 tabli par Monsieur SCHOCKWEILER
rvle que la mission d'observation n'a pas pu tre continue aprs les premiers lments de
recherches et que faute d'lment concret il serait difficile de donner encore suite la demande
d'observation. L'observation serait difficile vu que Monsieur GEIBEN aurait connaissance des
recherches effectues. Monsieur SCHOCKWEILER conclut de ne plus maintenir la commission
. 260
rogatOIre .
256 Article du Luxemburger Wort du 21.10.1985 - Rapport 493 du 11.07.2005 du Groupe AE
257 Lors des mmes travaux de recherches, la question de savoir comment les auteurs ont pu pntrer daos le jardin du palais de justice rut
examine et trouva l'explication lorsque deux membres de la BMG, Messieurs WEYDERT et WlLMES ont russi escalader le mur entre la
rue Wiltheim et le jardin.
258
Rapport du 30.12.1985 de la B.S.R. de Bruxelles 1Rapport 320 du 17.01.2000, page 9 avec annexe 1.4.4 du Groupe AE
259
Rapport 320 du 17.01.2000, page 9 avec annexe 1.4.3-1.4.6 du Groupe AB
260 Au rapport 259 du 22.01.1986, adress au commandaot de la Gendarmerie, Monsieur SCHOCKWE1LER retient que: Nous devrons
dcider, ensemble avec le juge d'instruction, de la continuation des recherches dans cette affaire. - Rapport 487 du 22.05.2007, document 105
85
Quant au rle de Monsieur REULAND :
Au lieu d'informer les autorits judiciaires oulet les enquteurs, Monsieur REULAND a demand
l'agent Kaud du SREL de reprendre l'observation de Monsieur GEIBEN auprs de l'Htel
Holiday Inn aux fins d'observation. Or, l'observation est par essence une mesure de prvention
(c'tait le cas pour l'observation du 19 octobre) ou le cas chant une mesure de contrle ne
servant d'ailleurs dans le cas vis strictement rien.
Voil donc une personne propos de laquelle il existe de graves indices d'tre l'auteur des
attentats, (selon les termes mmes de la commission rogatoire internationale) qu'on veut observer
le samedi, 19 octobre 1985. Dans la mme nuit un nouvel attentat se produit et qu'est-ce qu'on
fait? Les responsables de la B.M.G. font procder une observation de cette personne alors
qu'une arrestation aurait t la seule mesure logique.
A quoi servent des observations l'gard d'une personne qu'on souponne d'avoir d'ores et dj
commis une infraction si on n'a pas prvu son arrestation?
Ni des enquteurs, ni des policiers (mme pas Messieurs THILL et ZENNERS, qui participaient
l'observation du jour avant) ne frent convoqus par Monsieur REULAND! Pourquoi?
D'o venait l'information sur GEIBEN qu'il tait au Holiday Inn ?
S'il y avait eu enqute judiciaire sur-le-champ, inluctablement Monsieur Kaud, ses agents M. et
J. et les policiers THILL et ZENNERS auraient t entendus et Monsieur Kaud aurait pu faire
tat, lors de son audition, de ses soupons pour le moins bien toffs l'gard de Jos STEIL,
commandant adjoint de Monsieur REULAND.
Aussi l'agent Kaud avait rdig un rapport supplmentaire intitul:
Auffallende Verdachtsmomente gegen STEIL Jos, Adjudant der Gendarmerie, Sous-chef der
Brigade Mobile, hinsichtlich der Bombenattentate in Luxemburg.
Observationsbericht Nr. 33/85
Samstag, den 9. Oktober 1985
Zielperson: GEIBENBen, (Personalien bekannt)
Mission: berwachung der Aktivitiiten dieser Person.
Observationstrupp: (Einsatz von 1000 bis 2100 Ubr)
Bravo Tango Charly (besetzt mit 2 Polizeibeamten)
Einleitung: Dnser Observationstrupp wurde von Herm STEIL der Gendannerie Luxemburg mitgeteilt, die Zielperson
wrde sich mit einem Fahrzeug der Marke BMW 528i mit belgischen Erkennungstafeln fortbewegen.
Diese Information stimmte nicht. lm Nachhinein wurde unsererseits festgestellt, dass es sich um einen grauen BMW
dieser Bauart handelte, jedoch war dieser mit der luxemburgischen Erkennungstafel DL 205 versehen.
Desweiteren wurde uns mitgeteilt, G. wrde die Adresse seiner Ex-Schwagerin in der hiesigen rue du Marche
(Beggen) anlaufen, dies zwischen 1200 und 1400 Ubr.
In dieser Strasse wohnt gar nicht die Schwagerin von G.
Zwischen 1400 und 1700 Ubr sollte die ZP dano unseren Infonnanten STEIL in der rue d'Eich Nr. 48 besuchen.
Dort tauchte G. aber nicht auf.
Letzte Information: G. sollte im Holiday Inn bemachten, was dano letztlich auch stimmte.
Trotz allen Bemhungen seitens des Observationstrupps konnte Zielperson an diesem Tag nicht ausfindig gemacht
werden, was nur auf die faIschen Informationen zurckzufiihren ist.
In dieser Nacht um 23.02 Dhr wurde das Gerichtsgebaude in Luxemburg durch eine Explosion stark beschadigt.
SouBtag, den 20. Oktoher 1985
Gleiche Zielperson, gleiche Mission.
Observationstrupp: Einsatz von 05.30 bis 12.00 Dhr
Bravo Tango
86
06.00 Uhr: Observationstrupp geht in Stellung beim Holiday Inn. Zielperson solI sich in wem Zimmer 335 befmden.
(Bis zu diesem Zeitpunkt war es noch immer nicht sicher, ob es sich bei derselben um G. handeln wrde).
07.50 Uhr: G. begibt sich zum Empfangschalter im Hotel. Er triigt eine Schultertasche mit Schulterriemen, welche
schwer bepackt war. Desweiteren trug er einen Anzug auf einem Kleiderbgel, berzogen mit einer gelben
Schutzfolie. Er beglich seine Rechnung mit einem Scheck und begab sich zu einem grauen BMW 528 i mit der
luxemburgischen Erkennungstafel DL 205. lm Kofferraum verstaute er die Schultertasche und den Anzug hiingte er an
einen Haken im Innem des Autos. G. war ohne Begleitung und er hatte auch nicht den Frhstcksraum des Hotels
aufgesucht.
07.55 Uhr: G. verlasst das Geliinde des Holiday Inn am Steuer des besagten Pkw und fhrt durch die rue Alcide de
Gasperi, rue Albert Wehrer, Pont Joseph Bech, rue du Kirchberg, rue Raspert in die rue d'Eich, wo er sein Auto im
Vorhof der Wohnung STEIL 48, rue d'Eich abstellt.
08.00 Uhe: G. betritt das Haus STEIL.
09.40 Uhe: G. fahrt aus dem Vorhof des Hauses STEIL. Auf dem Rcksitz sind jetzt mehrere Blumentipfe mit
palmeniihnlichen Gewiichsen abgestellt. Er fhrt durch die rue d'Eich, rue de Mhlenbach, rue du Reckenthal zum dort
gelegenen Schiessstand, wo er sich mit STEIL trifft. Wann STEIL dorthin fuhr wurde nicht beobachtet, aber dies muss
kurz vorher oder gleich nach ibm gewesen sein. In der Umgebung des Schiessstandes befinden sich aber noch andere
Fahrzeuge. Hier fmdet wohl eine Schiessbung statt.
10.10 Uhr: G. ver1iisst den Schiessstand und fahrt, gefolgt von Auto STEIL, wieder in die rue de Reckenthal. STEIL
fhrt in Richtung Place Dargent und G. ber Strassen, Capellen-Autobahn, Arlon, Martelingen, durch Bastogne, (also
nicht auf der Umgehungsstrasse) in Richtung Brussel. Geschwindigkeit zwischen 160 und 180 St/Km.
Anmerkung: Das Fahrzeug G. ist angemeldet aufBAHBOUT Dalia, geb. am 2.3.1943 zu Haifa (Israel), wohnhaft zu
Luxemburg, 12, me Gustave Kahnt.
Luxemburg, den 21. Oktober 1985
Betrifft: Auffallende Verdachtsmomente gegen STEIL Joseph, Adj. Der Gendarmerie Luxemburg, Sous-Chef de la
Brigade Mobile, wohnhaft zu Luxemburg, 48, rue d'Eich, hinsichtlich der Bombenattentate in Luxemburg.
STEIL ist ein guter Kollege von GEEN Ben, was ja allgemein bekannt sein drfte. Sollte Geiben fur die
Sprengungen in Frage kommen, muss davon ausgegangen werden, dass STEIL Komplize in der Sache sein kinnte.
Fakten: Am Freitag, den 18.10.1985, gegen 1700 Uhr wurde Kaud A. zur Gendarmerie beordert, um an einer
Ueberwachung des verdachtigen GEEN, mit seiner Observationsmannschaft teilzunehmen. Bei dieser Besprechung
waren Lt. STEBENS und dieser Adj. STEIL der Gie zugegen. Desweiteren befanden sich ZENNERS George und
THILL Alain, beide Polizeiagenten in Zivilkleidung im Besprechungsraum. Beide sollten dem Observationstrupp aIs
direkte Beteiligte an der Ueberwachung zugeteilt werden.
Steil gab an, dass GEEN am Samstag, den 19.10.1985 von Brussel nach Luxemburg einreisen wollte um sich
angeblich hier im "Hotel Holiday Inn" mit einer unbekannten Frauensperson zu treffen und mit derselben dort die
Nacht verbringen (plausible Ursache). Hierbei wurde angegeben, dass G. sich mit einem graufarbenen BMW 528 i,
belgische unbekannte Erkennungstafe1, fortbewegen wrde.
Erste Fehlinformation. G. kam wohl mit einem grauen BMW jedoch nicht mit einer belgischen, sondern mit einer
luxemburgischen Erkennungstafel unter der Nummer DL 205 angemeldet auf den Namen BAHBOUT Dalia, wohnhaft
zu Luxemburg, 12, rue Gaston Kahnt.
G. soUte an diesem Samstag zu seiner frheren Schwiigerin wohnhaft zu Beggen, rue du Marche Nr. unbekannt, fahren
um dort das Mittagessen einzunebmen.
Zweite Fehlinformation. In dieser Strasse wohnt nicht die Schwiigerin von G..
Danach soUte G. zu STEIL nach Hause aufBesuch kommen, dies zwischen 1400 und 1700 Uhr.
G. kam nicht. STEIL kam um 1700 zu den Observanten und riet uns, die Observation abzubrechen, da G. wohl nicht
nach Luxemburg gekommen sei.
Ausserdem sei er jetzt ab 1800 Uhr bis 2300 Uhr nicht mehr zu Hause, sondern begebe sich zum Schwimmen.
(Komisch)
G. ist schon des liingeren bei unseren Sicherheitsorganen verdiichtigt, mit den Sprengungen etwas zu tun zu haben.
STEIL, bekannt aIs guter Freund der Verdachtsperson wollte miglicherweise G. an diesem Samstagnachrnittag beim
Treff, welcher jedoch nicht zustande kam, von der m6glichen geplanten Sprengung abraten. Da G. jedoch nicht
auftauchte, versuchte STEIL ilm an diesem Abend anzutreffen, was ibm jedoch nicht gelang. Die Sprengung' fand
trotzdem statt.
Ein Treffwurde dann unsererseits am Sonntag, den 20.10.1985 um 0800 Uhr zwischen G. und STEIL festgestellt. Hier
konnten die beiden dann von 0800 bis 0930 Uhr die jetzt einzuschlagende Richtung besprechen. G. ist im Vorteil, da
er die Beamten der Polizei und der Gendarmerie persinlich kennt. Desweiteren ist ibm die Arbeitsweise der
Ordnungskriifte sowie deren Fahrzeuge und technischen Hilfsmittel bekannt. Wenn STEIL am Komplott beteiligt ist,
sei dies aktiv oder passiv, kinnte dieser G. dauernd ber die Einsiitze und den Stand der letzten Errnittlungen
inforrnieren. Die einzige Lcke, welche in dieser Hinsicht noch bestand, ist die Arbeitsweise, die Fahrzeuge und die
ihnen unbekannten Observanten des SREL. Alle die Fehlinformationen wurden vielleicht absichtlich geliefert, um die
Fahrzeuge und die Leute des SREL bei unntzen Standobservationen kennen zu lemen.
87
,
Nach Rcksprache mit STEIL heute morgen, gab dieser mir zu verstehen, dass wir GEIBEN vergessen knnten, denn
nach den Dingen, welcher er (STEIL) letztlich erfahren habe, kiime G. berhaupt nicht mehr in Frage. Jetzt auf einmal
hat er gengend Entlastungsmaterial, und am Samstag hatte er nur falsche oder teilweise falsche Informationen.
(Komisch)
A la lecture de ces Verdachtsmomente que l'agent Kaud a rdigs le lundi, 21 octobre 1985 et
qui sont annexs au rapport d'observation, mme la personne la plus nave se posera de trs graves
questions quant au rle du commandant adjoint de la B.M.G. dans cette affaire. Ds ce moment
une enqute au sein mme de la Gendarmerie et plus prcisment auprs de la B.M.G. s'imposait.
Pourquoi d'ailleurs Monsieur STEIL a-t-il expliqu le 21 octobre 1985 Monsieur Armand Kaud
qu'en vertu de renseignements rcents, il y aurait lieu de considrer que Monsieur GEIBEN ne
pourrait entrer en ligne de compte pour tre un des auteurs des attentats? Quels taient ces
renseignements? D'o Monsieur STEIL les tirait-il? Qui les lui avait fournis et l'initiative d , ~
qui - il n'tait qu'un adjoint - tlphonait-il Monsieur Armand Kaud? L'enqute n'a pas donn
de rponse ces essentielles questions.
Le fait que le mme jour o Monsieur Kaud a rdig le rapport relatif l'observation GEIBEN et
a estim qu'il ya de forts Verdachtsmomente l'gard de Monsieur Joseph STEIL, il reoit un
coup de tlphone plutt laconique de ce dernier par lequel il est inform que la Gendarmerie a
abandonn la piste GEIBEN 261.
il s'agit en l'espce de ce qu'on appelle en allemand une Realsatire .
Voil Monsieur Joseph STEIL, adjoint du chef de la Brigade Mobile de la Gendarmerie
- qui entretient des liens d'amitis avec un ancien chef de ce service, qui a quitt la Gendarmerie,
mais est souponn par la Gendarmerie d'tr,e l'auteur des attentats;
- qui signale ses suprieurs l'arrive Luxembourg le 19 octobre 1985 de Monsieur GEIBEN,
tout en prcisant que ce dernier va lui rendre visite;
- informe en fm d'aprs-midi du 19 octobre 1985 les membres et collaborateurs du SREL qui
observaient son domicile que Monsieur GEIBEN ne viendrait pas Luxembourg;
- reoit le lendemain (donc aprs l'attentat du Palais de Justice) son domicile une courte visite de
Monsieur GEIBEN ;
- s'entretient un peu plus tard avec Monsieur GEIBEN prs du stand de tir au Reckenthal pendant
un certain temps avant que ce dernier regagne la Belgique;
- informe le 21 octobre 1985 l'agent Kaud du SREL, sans autres prcisions, qu'il y a lieu
d'abandonner la piste GEIBEN .
Tout ceci s'est droul au vu et su des responsables de la Gendarmerie et trs certainement de celui
du SREL.
Quelle a t la raction de ces derniers? Aucune, ce qui dpasse tout entendement et ne peut gure
s'expliquer par un laisser-aller gnralis, un dfaut d'intrt ou l'incomptence. Mais par quoi
alors au juste ?
261 Rapport 1585/2007 de l'lGP concernant Le fonctionnement des units de la Gendarmerie .... particulirement les observations faites dans le
cadre de celte enqute - page 4 des dclarations de Armand KAUDE
88
Mais il Ya mieux: qui n'a pas connaissance de ces faits? Le juge d'instruction..... .le matre de
l'instruction selon nos lois.
Il en ft d'ailleurs exactement de mme pour les enquteurs 262.
Si l'on y ajoute les dclarations faites par Monsieur STEIL, il est vrai dans des circonstances
particulirement dramatiques, on n'en devient que plus perplexe, voire perturb 263.
Une enqute judiciaire approfondie ce moment aurait donn des rponses beaucoup de
questions. Les rles de Messieurs GEIBEN et STEIL auraient pu et d tre lucids.
Ceci aurait t d'ailleurs, le cas chant, dans l'intrt mme de Monsieur GEIBEN et de Monsieur
STEIL. Quand est-ce que Monsieur GEIBEN est-il venu Luxembourg? Qui est-ce qu'il y a
rencontr? A-t-il pris un repas midi ou le soir au Plateau Altmnster? O et avec qui se trouvait-
il au moment de l'explosion? Qu'est-ce qui se trouvait dans le fameu sac lourd qu'il portait
lorsqu'il sortait de l'htel?
L'nigme reste, pourquoi Monsieur REULAND continue faire observer la meilleure piste et
le laisse mme filer en Belgique au lieu de l'arrter. Une observation l'gard d'une personne
fortement souponne d'tre l'auteur d'une infraction ne fait aucun sens et ceci d'autant moins, si
de nombreuses infractions du mme genre tout fait particulier ont dj t commises et propos
desquelles on souponne la personne observe d'tre l'auteur.
On aurait pu confronter leurs dclarations avec celles des personnes indiques par lui et faire les
vrifications qui s'imposaient.
Pourquoi n'a-t-on pas vrifi de plus prs le comportement de Monsieur Jos. STEIL dans cette
affaire, comportement qui donne au moins lieu diffrentes questions?
Pourquoi Monsieur STEIL a-t-il t dplac le mois suivant, le 01.12.1985 de la B.M.G. au
Commandement de la Gendarmerie 264?
Mais il Ya bien plus grave.
On savait, au vu de l'analyse dtaille des diffrents faits que les malfaiteurs avaient des
informations qu'ils pouvaient uniquement avoir par des taupes, ou bien qu'un ou plusieurs d'entre
eux faisaient partis d'un groupe des forces de l'ordre ayant accs ces donnes. La 7
ime
lettre
avait dj donne de nombreuses indications.
A ce sujet, il convient de reproduire les extraits suivants de l'audition de Monsieur BCHLER,
enquteur de la Sret Publique du 13.11.2009 devant Madame le juge d'instruction directeur:
"Sie fragen mich, wie, wann und weshalb es in den Ermittlungen zu berlegungen ber einen
internen Taterkreis kam?
262 Voir ci-avant les dclarations des enquteurs Paul HAAN, Jean DISEWISCOURT et Guillaume BCHLER.
263 STIlL los tait hospitalis du 17.04.1985 au 28.05.1985 et ft opr deux reprises pour un ulcre gastrique. li tait port malade jusqu'au
27.07.1985. Pendant un mois, il travaillait mi-temps.
Le 30 juin 2004, aprs que les enquteurs avaient appris que STIlL Jos tait devenu gravement malade, ils le contactaient pour procder
son audition.
Elle ne ft d'ailleurs pas possible, vu son mauvais tat de sant. STEIL rpondait quand-mme quelques questions. li remarquait qu'il tait
malade l'poque et qu'il tait souponn pour la simple raison que GEIBEN lui avait rendu visite son domicile et qu'il entretenait encore
des contacts avec Ben GEIBEN. li se souvenait que sa maison tait surveille pour reprer GEIBEN. .
Il remarquait que GEIBEN avait t tir sur le devant de la scne par ceux qui taient impliqus dans les attentats et que toute cette histoire
a ses origines dans la Gendrmerie.
STEIL ft hospitalis le 07.07.2004 pour une volution foudroyante d'un cancer et il dcda le 15.07.2004.
264
Rapport 581 du 02.01.2007 du Groupe AE, page 10
89
Dies war im Jahre 1985, aIs ein Erpresserbrief bei der CEGEDEL eintraf (laut meinem Agenda
kann dies am 30.5.1985 gewesen sein), und es klar wurde, dass die darin enthaltenen Details, nur
von lnsider gewusst sein konnten.
ln dem besagten Brief wurde mitgeteilt, dass die Tiiter wussten, welche Einheit der Gendarmerie
bei der Geldbergabe dabei gewesen war. Dieser Brief machte mich stutzig. Herr KREMER von
der CEGEDEL hatte den Brief geoffnet und ich erinnere mich genau, gesagt zu haben: "Dat
schleit dem Faass den Boudem aus!"
Sie teilen mir mit, dass es sich um den Erpresserbrief Nr. 7 handelt, wo die Priisenz der brigade
mobile, brigade stupfiants und die Priisenz der deutschen Polizeibeamten aufgeziihlt werden.
ln diesem Brief wurden Einzelheiten mitgeteilt, die man nur wissen konnte, wenn man in der
Gendarmerie arbeitete. Nachdem ich den Briefgelesen hatte, rief ich sofort Colonel WAGNER an,
der mich zu sich beorderte. Alle waren sich einig, dass die Tiiter ber lnsiderwissen verjgten. Die
anwesenden Personen waren Colonel WAGNER, wahrscheinlich Colonel HARPES, vielleicht auch
Armand SCHOCKWElLER. lm Ganzen konnen es maximal vier oderjnfPersonen gewesen sein.
lch weifi nicht was danach erfolgt ist, da ich zum damaligen Zeitpunkt noch junger
Ermittlungsbeamter war. lch habe wohl aktiv an den Ermittlungen teilgenommen, nebst meinem
Hauptbereich, Autoschieberei.
lch erhielt spezifische Aufgaben seitens der Chef-Enquteure.
Was war die diesbezgliche Meinung Ihrer Vorgesetzten in der Sret Publique, bez. beim
Kommando der Gendarmerie?
lch bestiitige meine vorige Aussage, in dem Sinne, dass aile sich einig waren, dass die Tiiter ber
lnsiderwissen verjgten.
Ich habe keine Kenntnis von intensiven Ermittlungen in Richtung interner Tiiterkreis, in der
Gendarmerie. lch weifi von Versammlungen, die in diesem Zusammenhang stattgefunden haben,
weif3 aber nicht, was daraujhin geschah. "
Quelles recherches ont t effectues pour identifier les co-auteurs de GEIBEN -la meilleure piste-
vu qu'on pouvait tre sr qu'il y avait au moins quatre auteurs? Vers quel entourage de Monsieur
GEIBEN aurait-on pu s'orienter? Vers le milieu du basket ou du sport en gnral, de ses amis
personnels ou encore du milieu en relation avec des questions de scurit, voir d'anciens
subordonns du temps o il travaillait la Gendarmerie, alors qu' cette poque on pensait que
Monsieur GEIBEN avait quelques comptes rgler avec ce corps?
La piste GEIBEN s'arrte instantanment le 20 octobre 1985 tant donne que mme son nom
n'apparat dans l'enqute qu'en 1999, lors de la reprise de celle-ci.
On ne parle mme pas de ce rapport Verdachtsmomente .
Il est impossible de comprendre pour quelle raison on n'a pas entam une enqute interne
approfondie la recherche des auteurs des attentats partir du 20 octobre 1985, alors qu'on savait
que des membres de la Gendarmerie taient susceptibles d'tre les auteurs des attentats.
90
Pourquoi n'a-t-on jamais fait de recherches quant aux gendarmes ou cercles de gendarmes qui
avaient connaissance des informations les plus sensibles 265?
Pourquoi a-t-on continu parler de rechercher le poseur de bombes alors qu'on savait depuis
l'attentat des casemates qu'il y avait au moins quatre auteurs?
N'est-il d'ailleurs pas curieux qu' partir de ce moment le nom de Monsieur GEIBEN ne figure
plus au dossier, alors que des actes d'enqute sont continus encore durant de longs mois
l'encontre d'autres personnes o les soupons taient bien plus minces. Le nom de Monsieur
STEIL ne figurait pas du tout au dossier pour la simple raison que ni les enquteurs ni le juge
d'instruction ou le Parquet n'avaient eu connaissance de ce rapport au sujet du rle du
commandant adjoint de la Brigade Mobile lors de l'observation GEIBEN. C'est pourquoi aucune
enqute son sujet ne pouvait tre lance.
Une question trs importante est d'ailleurs reste sans rponse prcise:
Qui avait eu le rapport d'observation avec le rapport Verdachtsmomente ou qui a t inform
des soupons l'gard de Jos STEIL et Ben GEIBEN ?
Les dpositions des officiers au sujet de l'observation GEIBEN sont ahurissantes. Elles peuvent se
rsumer comme suit:
Monsieur HARPES 266: Je ne sais rien de cette opration, je ne l'ai ni organise, ni ordonne et on
ne m'a pas communiqu le rapport qui a t dress (ce qui aurait d tre le cas). Adressez-vous
Monsieur SCHOCKWEILER, il doit tre au courant de cette affaire. (Il est toutefois surprenant
qu'il a pu fournir d'une manire assez dtaille le droulement de l'observation ).
Monsieur SCHOCKWEILER 267: Je n'ai aucun moment eu connaissance de cette observation;
j'en ignorais tout. Ce genre d'oprations passait toujours par les chefs de la Gendarmerie
(Monsieur HARPES) et celui du SREL (Monsieur HOFFMANN).
Monsieur REULAND 268: Je n'ai jamais rien su propos de cette observation, a fortiori je n'y ai
jou aucun rle. Il est toutefois vident que s'il y avait eu une observation GEIBEN je m'en
souviendrais.
L'affirmation de Monsieur REULAND comme quoi qu'il ne savait (et ne sait) rien de
l'observation GEIBEN devient encore plus troublante si l'on considre que dans une lettre,
Monsieur le commandant de la Gendarmerie Aloyse HARPES a crit au Ministre de la Justice
que
269
:
l'quipe charge d'observations et de surveillance est compose:
- de membres des sections de recherches de Luxembourg, Diekirch, Esch/Alzette,
- de membres de la brigade de Luxembourg,
- de membres dtachs de la Police, et place sous le contrle du Commandant des Units
Spciales.
265 JI convient de souligner que lors de sa dernire audition, celui qui ft en fin de compte le grand ordonnateur de l'enqute, savoir Monsieur
le conunandant AJoyse HARPES a dclar Madame le juge d'instruction directeur: Bei meinemjetztigen Wissensstand stene ich mir die
Frage, ob man nicht auch die Untersuchung aufinnerpolizeiliche Stenen ausdehnen hatte mssen .
266 Monsieur HARPES a t auditionn par les enquteurs du Groupe AE le 01.12.2005 - Rapport 482 du 10.05.2006 - et par Madame le juge
d'instruction directeur Doris WOLTZ les 13.07.2006, 13.03.2008 et 06.03.2009.
267 Monsieur SCHOCKWEILER a t auditionn par Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ les 02.06.1999, 09.12.2003,
16.02.2006,26.02.2007,22.02.2008 et 25.09.2009.
268 Monsieur REULAND a t auditionn par Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ les 25.10.2005, 05.03.2007 et 20.03.2008.
269 Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, document 66
91
Monsieur STEBENS 270: Je ne me rappelle en rien de l'observation GEIBEN.
Au fil des interrogatoires il est toutefois mme de se rappeler des faits du droulement de
l'observation .
Au fur et mesure qu'il est interrog, Monsieur STEBENS admet en fin de compte connatre toute
une srie des pripties de l'observation. Quant la runion de prparation de cette observation, il
ne conteste finalement pas y avoir particip, au vu les rapports et auditions y relatifs, mais prtend
de ne pas se rappeler de cette runion et d'ignorer qui tait l'initiateur de l'observation GEIBEN.
Le comportement de Monsieur REULAND est encore plus troublant lorsqu'il a dclar que dans la
soire du samedi 19 octobre 1985 il avait assist une rception offerte dans le Palais piscopal o
l'on remerciait tous ceux qui avaient collabor l'organisation de la visite du Pape
Luxembourg
271
. Aprs cette rception, donc assez tt dans la soire, il serait rentr chez lui, y
aurait pass le week-end et repris son travaille lundi matin. Voil donc un attentat qui est perptr
au Palais de Justice et le commandant de la B.M.G. et du G.O.R. passe son week-end comme si
rien ne s'tait pass. Ce dsintrt une affaire aussi importante est contraire aux grandes
exigences de Monsieur REULAND l'gard des membres de son unit et qui en plus se donnait
toujours l'image d'tre un officier comptent et dvou.
Il est vrai que Monsieur REULAND (relay en ce sens par Monsieur STEBENS) a galement
dclar 272:
Fr uns machte die Angelegenheit den Eindruck, dass der oder die Tater ein Spiel spielen
wollten, das wir bereit waren mitzuspielen. Zu dem Zeitpunkt war die Motivation nie ein Problem.
Die Disponibilitat der Beamten (des sous-officiers) stand ausser Frage 273.
A noter que Monsieur STEBENS ne s'est pas non plus senti concern par toute l'affaire au cours
du week-end de l'attentat au Palais de Justice, ce qui est d'autant moins comprhensible que c'est
bien lui qui avait initi et organis l'observation de Monsieur GEIBEN unsere beste Spur ds le
vendredi soir.
Le mme Monsieur STEBENS a dclar d'itratives reprises avoir pass un week-end sans
activits professionnelles particulires et qu'il est parti le lundi l'tranger pour un stage de
formation sans prendre d'autres renseignements ni au droulement de l'observation ni l'attentat
contre le Palais de Justice. Si Monsieur STEBENS dispose encore de ses agendas, il avait dclar
qu'il avait perdu celui de l'anne 1985
274
.
La version des faits donne par Monsieur STEBENS permet donc une interprtation double,
saVOIT :
- il s'est compltement dsintress de la suite de l'observation organise par lui, comportement
peu probable de la part d'un jeune officier dynamique;
- ses dclarations ne correspondent pas la vrit.
270 Monsieur SlEBENS a t auditiOlll1 par les enquteurs du Groupe AE les 20.10.2005, 27.10.2005 et 17.02.2006 - Rapport 482 du 10.05.2006
et 536 du 15.02.2006 - et par Madame lejuge d'instruction directeur Doris WOLTZ les 18.10.2006, 16.01.2008 et 15.02.2008.
271 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 80
272 Audition du 25.1 0.2005, question 17
273 Cette pluaserappelle trangement les 4;;"" et i ...lettres des auteurs des infractions o on dit play the game et you lost .
274 Audition du 16.01.2008, question 9
92
Rapport F.B.I. 275
1) Par l'intermdiaire du SREL, le [Link]. ft charg dbut 1986 d'une enqute devant dboucher
sur une enqute de personnalit du poseur de bombe.
Les agents du F.B.I. taient reus et accompagns sur les lieux par le lieutenant Armand
SCHOCKWEILER et par des enquteurs de la Sret Publique.
Les rapports du F.B.I. ce sujet passaient tous par le systme de messagerie du SREL qui les a
distribus aux autorits concernes 276.
Il se trouve que suite chaque attentat le Parquet requit Monsieur le juge d'instruction d'ouvrir
une information judiciaire.
A partir de ce moment ce magistrat menait l'enqute et aucune autre autorit n'avait y prendre
une mesure, moins d'y avoir t commis rogatoirement par le juge d'instruction. Il y a ds lors
immixtion dans les fonctions judiciaires.
2) Dans une lettre du 26 fvrier 1986 le [Link]. crit 277:
Various samples of debris and photographs provided by Lt. Schockweiler 's section now are
under examination by Us. laboratories to provide additional details on the nature of the bombs
andfiring devices .
En l'espce, on demande mme qu'une expertise soit effectue par le F.B.I.. Nouvelle immixtion.
Il est vident que si cette expertise avait t concluante elle aurait pour cette seule raison t d'une
nullit absolue !
3) En mettant des pices saisies la disposition du [Link]. il y a tout simplement un dtournement
de pices saisies. Peut-on croire qu'on ne sait pas qu'une pice saisie se trouve sous main de la
Justice et qu'un tiers ne peut en disposer uniquement si le juge d'instruction a accord une
mainleve. Si en l'espce on peut considrer qu'il n'y a pas eu d'infraction c'est que l'lment
intentionnel n'est, du moins priori, pas donn.
Personne ne sait d'ailleurs ni quelles pices ni combien de pices ont t remises aux autorits
amricaines, ni o elles se trouvent, sauf qu'elles n'ont jamais t retournes au Grand-Duch.
4) Il est regrettable qu'il ne soit nulle part prcis de quels rapports, procs-verbaux ou
renseignements les analystes disposaient pour en tirer leurs conclusions.
Aussi les enquteurs du F.B.I. partent-ils toujours de l'hypothse d'un seul poseur de bombes ou
d'un groupe de poseurs de bombes. Il semble donc vident que les analystes du F.R!. n'taient pas
informs du fait qu'il s'agissait de plusieurs auteurs, alors qu'on savait depuis l'attentat aux
casemates du 5 juillet 1985 qu'il y avait - au moins - quatre poseurs de bombes.
5) S'il est tout fait exact que le rapport du F.B.I. est (extrmement) mince en rflexions,
profondeur et contenu par rapport celui du B.K.A. il n'en reste pas moins qu'il prsente un
intrt, tant donn qu'il n'est non seulement en rien contraire celui du B.K.A. mais va, le lire
attentivement, exactement dans la mme direction.
275 Voir les rapports 373 du 20.03.2003 (dcouverte) / 374 du 03.04.2003 (traduction) et 398 du 22.04.2003 (saisie) du Groupe AE
276 Suivant les inscription au livre de correspondance du SREL, un document Analyse d'attentats la bombe Luxembourg , enregistr le
06.05.1986 sous le numro 1054, a t expdi le 07.05.1986 au Prsident du Gouvernement, au Ministre de la Force Publique, au
Ministre de]a Justice et au Lt SCHOCKWEILER (copie) - Rapport 423 du 01.03.2004
271 Lettre LU/USI28/86 du 26.02.1986 Results ofExamination of Bomb Debris - Rapport 423 du 01.03.2004
93
6) Le fait est que le rapport n'est parvenu au dossier judiciaire qu'en mars 2003, soit 17 ans aprs
la demande ce qui se passe de commentaires.
Le rle du Service de Renseignement de l'Etat (SREL) dans la prsente affaire est galement pour
le moins surprenant :
Tout d'abord en ce qui concerne la comptence de ce service en la matire il y a lieu de relever
qu' l'poque ce service avait uniquement comptence en matire de scurit extrieure. A priori il
n'avait donc pas comptence par rapport aux faits qui sont la base de la prsente affaire. Il est
toutefois exact que la Commission parlementaire relative la surveillance du SREL dans son
rapport du 7 juillet 2008 estime qu'il y a lieu de considrer par nature tous les attentats comme des
actes de terrorisme et partant comme des actes mettant en danger la scunt-exteneuredu pays. -
Indpendamment de cette affirmation, que l'on pourrait soumettre une analyse plus fine, une
observation s'impose:
- ou bien le SREL tait incomptent en la matire et dans ce cas on se demande pourquoi on lui a
demand de s'occuper de l'affaire
- ou bien il tait comptent et dans ce cas il en a fait vraiment trs peu (rapport F.B.I., participation
(une !) runion avec certains enquteurs, quelques observations et la collection des articles de
presse.
A noter que tout au long de ses auditions Monsieur HARPES dit ne pas avoir t en contact avec le
directeur du SREL, Monsieur HOFFMANN 278, et qui regrette plutt amrement que son service
ait t tenu l'cart de l'enqute.
Ceci semble d'ailleurs avoir t largement le cas et est parfaitement illustr par des points bien
concrets:
- Une demande du Commandant de la Gendarmerie Aloyse HARPES du 15 octobre 1985 pour
renforcer l'quipe des enquteurs ( !) par deux membres du Service de Renseignements pour
~ d fil ' . 1 ' . 279
[Link] es atures specla es est restee sans SUItes .
- Le 11 octobre 1985 le ministre de la Force Publique avait cr un comit des adjoints des
dirigeants de l'Arme, de la Gendarmerie, de la Police et du SREL aux fins d'tablir une liste
d'objectift possibles pour des attaques la bombe perptres la Ville de Luxembourg et
d'examiner toutes les possibilits susceptibles de guider les chefs de la Gendarmerie et de la Police
dans le cadre du dispositif mettre en place pour rprimer la srie d'actes criminels en
question et prvenir l'avenir toute perptration d'attentat la bombe 280.
Or, le dlgu du SREL, Monsieur Jean WEYDERT, ft cart du groupe par Monsieur le colonel
de Gendarmerie Charles BOURG au motif qu'il n'avait pas la formation adquate en la
matire 281 !
Quid de l'autorit et du principe hirarchique dans les corps de la Force Publique?
278 Monsieur HOfFMANN a t auditionn par Madame le juge d'instruction directeur Doris WOLTZ les 16.10.2006,28.03.2007 et 25.09.2009.
279 Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, document 60
280 Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, documents 62. 63. Les membres de ce comit taient Charles BOURG (Gendarmerie),
Marcel REITER (Police). Armand BRCK (Arme) et Jean WEYDERT (SREL).
281 Monsieur WEYDERT a t auditionn par les enquteurs du Groupe AE le 04.05.2006. rapport 589 du 08.02.2007 et par Madame le juge
d'instruction directeur Doris WOLTZ le 23.04.2007.
94
Aprs la premire runion du 29 octobre 1985 les quatre nomms se plaignaient auprs du
Commandant de la Gendarmerie Aloyse HARPES qu'ils ne pouvaient pas remplir leurs tches
avec efficacit vu que les renseignements du groupe des enquteurs et du G.O.R. ne parvenaient
pas eux 282.
Nonnalement le Comit de scurit aurait d SIeger en la matire. Si ce comit a SIege
effectivement cinq reprises entre mars 1986 et janvier 1987 il s'est occup deux fois de cette
affaire. D'aprs les notes saisies, Monsieur SCHOCKWEILER y a fait des exposs relatifs
l'enqute, exposs, qui ne contenaient toutefois pas d'lments nouveaux 283.
Plusieurs jeunes officiers ont tabli le 3 janvier 1986 une note 284 proposant que l'enqute devrait
se diriger principalement en direction
* du milieu agricole
* du milieu militariste
* du secteur de la scurit prive
* du milieu estudiantin
* des gens des carrires FEIDT
* de personnes diverses (chmeurs qualifis, personnes licencies par l'Etat) .
Le 13 janvier 1986 cinq groupes de travail sont constitus 285
- milieu agricole - scurit prive - milieu tudiant - carrires FEIDT - autres
Il n'tait donc plus question du milieu militariste sans qu'on dispose d'une explication de ce fait.
Le FBI retient dans son analyse parvenue en mai 1986 aux autorits comptentes au chapitre
caractristiques du poseur de bombes au point 6.-
Si toutefois plusieurs personnes taient impliques dans ces poses de bombes, le groupe le plus
concevable serait une famille (troitement lie), un club paramilitaire ou un partenariat d'affaires
aux composants troitement lis. 286
Le F.B.I. a dans son rapport fait plusieurs recommandations pour identifier les auteurs. Quelques-
unes de ces pistes recommandes ont t examines, mais le club paramilitaire ne figure pas entre
eux.
282 Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, document 64.
Suivant instruction du Ministre de la Force Publique, le comit aurait d siger une fois par semaine - Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe
AE, document 65.
Il est ignor, combien de runions de ce comit ont effectivement eu lieu. D'aprs un document saisi, il s'tait runi encore le 16.12.1985 -
Rapport 487 du 22.05.2007 du Groupe AE, document 96.
283 Procs-verbal 480 du 28.02.2005
284 Cette note a t rdige par les officiers Pierre REULAND, Guy STEBENS et Charles HAMEN. Rapport 375 du 02.05.2003, chapitre J,
annexe 3.2.
285 Rapport 375 du 02.05.2003, chapitre l, annexe 3.3.
286 Voir la traduction de l'analyse - Rapport 374 du 03.04.2003 du Groupe AE
95
Un rapport relatant tous les objets qui frent saisis au cours de l'enqute en parcourant les rapports
et procs-verbaux o ceux-ci sont indiqus, a t comparu avec la liste des objets saisis se trouvant
encore dans les locaux du Service de Police Judiciaire. Il a t constat que bon nombre d'objets
sont rests introuvables 287.
Le fait que des pices saisies ont disparu au cours de l'enqute dnote au moins une
dsorganisation profonde, mme si d'autres rflexions sont permises, et ceci en raison du peu
d'lments matriels dont on disposait qui pourraient avoir une importance. Que l'on transmette des
pices saisies aux autorits amricaines, que toutes les pices par rapport l'attentat de Hollerich
288
ont disparu est inacceptable.
Certains propos de Monsieur le Directeur Gnral de la Police Pierre REULAND mrent pour le
moins hautement surprenants.
C'est ainsi qu'une note se trouve au dossier o les enquteurs ont relats les faits suivants 289:
Aktennotiz Datum: 23.10.06
Betrifft: Gespriich mit Directeur Gnral Pierre REULAND anliisslich des Abschiedes von
WARKENGino am Freitag den 20.10.06
Pierre REULAND begrsste Jol SCHEUER und machte eine Anspielung ihm wrde es, wie er
sehe gut gehen und wir wrden nun ja gleich wieder andere Affiiren bearbeiten .....
Nach dem Abendessen und einer nicht sehr memorablen Abschiedsrede, ging Pierre REULAND
von Tisch zu Tisch. Er setzte sich dann zu uns an den Tisch, wo auch SCHROEDER Josy sasso
Pierre REULANDfing das Gespriich an und kam sofort aufdas Verhor von Guy STEBENS bei der
U-Richterin (Mittwoch 18.10.2006) zu sprechen. Guy STEBENS wiire ja stundenlang verhort
worden und er nehme an, dass er nun wieder an der Reihe sei. Pierre REULAND sagte, er und
STEBENS hiitten sich vor dem Verhor zusammengesetzt um das Jahr 1985 zu rekonstruieren. Er
konne sich nicht vorstellen, dass wir jemanden verhort hiitten, welcher sich noch priizise an etwas
zu erinnern vermochte. Pierre REULAND gab uns zweideutig zu verstehen, dass manja nicht alles
sagen konnte respektiv msste. Jedenfalls war er berzeugt, dass er auch wieder verhort werden
wird und wollte uns sagen, dass er sich auch bei diesem Verhor, egal was man ihn fragt, an nichts
Weiteres erinnern wrde.
Pierre REULAND fragte: "Wie lange arbeitet ihr an der Akte, 3 Jahre?" Jol SCHEUER: "Nein
vier H. Pierre REULAND erstaunt "Ahh vier Jahre ". Carlo KLEIN sagte dann, die Akte wrde
auch wenn sie abgeschlossen wrde nie ruhen. Ausserdem wiire die Presse wieder aktiv. Pierre
REULAND wollte wissen, was die Presse denn jetzt bringen wrde, woraufhin Carlo KLEINsagte,
wir wssten dies nicht genau, jedenfalls seien sie wieder aktiv und wir mssten mit weiteren
Reportagen rechnen. Pierre REULAND war hierber wenig besorgt und das Gesprich zwischen
Carlo KLEIN und Pierre REULAND ging zunehmend in die Richtung, dass die Akte endlich und
definitiv abgeschlossen werden msste, ohne, dass er dies jedoch direkt anordnete. Carlo KLEIN
holte aus und erkliirte, dass noch Resultate von Expertisen aufstnden und noch einige Punkte
untersucht werden mssten. Wir beide bemerkten, dass wir die Akte jedenfalls so abschliessen
wollten, dass niemand der POLIZEI und der JUSTIZ vorwerfen konnte, wir hiitten unsere Arbeit
287 En tout, 125 articles ont t saisis, 39 articles sont encore prsents, donc 86 articles manquent au dossier- Rapports 650 du 10.06.2006 et
703 du 18.09.2009 du Groupe AE .
288 Parmis ces pices saisies figuraient entre autre le mcanisme de mise feu comprenant une pince linge, une batterie de la marque BEREe et
divers cables lectriques.
289 Rapport 635 du 28.11.2007 du Groupe AE, adress au Parquet de Luxembourg
96
nicht vollstiindig gemacht und alle moglichen Spuren untersucht. Pierre REULAND bohrte weiter,
dies sei alles schon und gut jedoch msste es endlich zu einem Abschluss kommen, damit wieder
Ruhe einkehren wrde. Carlo KLEINbemerkte wiederum es wrde nie Ruhe in die Akte einkehren,
da die Akte, auch wenn wir sie abgeschlossen hiitten, nicht entgltig geschlossen werden konnte
undjederzeit wieder neu aufgenommen werden konnte, falls es Anliisse hierzu geben wrde. Pierre
REULAND sagte, man konne nicht bis in aIle Ewigkeit, bis zur Pension in der Akte arbeiten und
man msse auch wieder andere Aufgaben bernehmen. Die Polizei wrde uns brauchen. Carlo
KLEIN fragte Pierre REULAND, ob er auch ein 57ziger sei worauf Pierre REULAND
Schwierigkeiten hatte eine Antwort zu geben und schussendlich sagte, er konnte auch ein 58ziger
sein. Es war ein hin und her zwischen Erkliirungen seitens Carlo KLEIN, wieso die Akte nicht
abgeschlossen werden konnte und unmissverstiindlichen Bemerkungen seitens Pierre REULAND,
dass die Akte, egal welches das Resultat sei, nun endlich abgeschlossen werden msse, Pierre
REULAND interessierten die von Carlo KLEIN vorgebrachten Darlegungen wenig und er liess
unmissverstiindlich durchblicken, dass es jr ihn keine noch sa plausiblen Argumente geben
wrde, welche weitere Ermittlungen rechtfertigen konnten. Carlo KLEIN sagte, dass die Akte,
wenn sie abgeschlossen sei, und kein Untersuchungsgeheimnis mehr bestnde, jr Politiker und
die OjJentlichkeit publik wrde und diese sich dann so manche Fragen stellen wrden, woraufhin
jemand antworten msse. Pierre REULAND sagte: ,,!ch bin mir bewusst, dass die Presse und die
OfJentlichkeit uns Voywrfe machen wird, wir hiitten keine gute Arbeit geleistet und nicht alles
getan um die Tiiter zu ermitteln, es wird dann etwas Qualmen, aber damit mssen wir und die
Justiz leben. Nach einiger Zeit, wird sich der Wirbel um die Sache gelegt haben ". Joel SCHEUER,
welcher bis dorthin im Gespriich zwischen Pierre REULAND und Carlo KLEIN eher passiv
geblieben war, bemerkte hieraufhin ,,Ich mache mir keine Gedanken ber Vorwrfe in der Art, wir
hiitten unsere Arbeit nicht richtig gemacht, ich weiss was wir gemacht haben und hierzu konnen
wir und die Polizei stehen, ich mache mir viel mehr Gedanken darber, was wir festgestellt haben
und was die Presse respektiv die OjJentlichkeit hierzu sagen wird ". Pierre REULAND war
perplex und hatte sichtlich Schwierigkeiten hieraujhin zu antworten. Es dauerte einige
Augenblicke und Pierre REULAND erkliirte, wir mssten die Sache abschliessen um auf andere
Gedanken zu kommen. Pierre REULAND sagte (bereits zum zweiten Mal): " Es ist nicht so
schlimm, wie sie annehmen, glauben sie mir ". Wir vermieden dies zu hinterfragen. Pierre
REULAND sagte dann, er wrde sich Sorgen um unsere Gesundheit machen und wir mssten bis
zur unserer Pension noch auf andere Gedanken kommen aIs nur an die Bombenlegersache, es
wiire nicht gut sich zu lange mit einer und derselben Untersuchung zu befassen. Jol SCHEUER
bemerkte hieraufhin "Ich habe noch keine "dformation professionelle" und Carlo KLEIN
antwortete, wir hiitten auch vorher in anderen aufreibenden Akten ermittelt und konnten dies auch
nach dem Bombendossier noch weiter tun.
Pierre REULAND sagte dann: "Legt doch Holz auf die Akte und macht etwas anderes, es gibt
noch viele andere interessante Aufgaben in der Polizei ". Joel SCHEUER erwiderte lakonisch:
" Chef dies ist endlich etwas konkretes, welchen Posten schlagen sie mir (uns) denn vor?" Pierre
REULAND antwortete aus dem Stegreif ohne auch nur eine Sekunde lang zu berlegen : " lch bin
fUr alles ojJen, wir konnen ber alles sprechen ".
Nun waren wir es, welchen es an Worten mangelte. Pierre REULANDfasste sich und sagte: "Der
Tiiter kann doch schon lange tot sein, vielleicht liegt er zu "Schotter,,290 auf dem Friedhof,
woraufhin Jol SCHEUER bemerkte: "Ahh, Herr REULAND, das ist endlich ein
Ermittlungsansatz". Josy SCHROEDER, welcher bis dahin das Gespriich erstaunt mitgehort hatte,
bemerkte: " Jetzt haben sie sich selbstfUr ein Verhor angemeldet". Jeder lachte, obwohl das ganze
Gespriich eher zum Weinen war. Pierre REULAND verliess unseren Tisch und setzte sich an einen
anderen Tisch zu anderen Beamten.
290 li ya lieu de remarquer que la fte eu lieu sur le territoire de la commune de Schtter et que Monsieur REULAND habite dans cette mme
commune.
97
Ais wir die Gesellschaft verliessen verabschiedeten wir uns von Pierre REULAND und Carlo
KLEIN sagte zu Pierre REULAND es wiire ein interessantes Gespriich gewesen und wir konnten
dieses
J
faUs er es wnsche noch vertiefen. Zu Jol SCHEUER sagte er "Dann kann man ja
gespannt sein wie es weitergeht ".
C'est ainsi qu'il y a lieu de noter qu'il s'agit d'enquteurs comptents, engags, prudents et surtout
de policiers droits jusqu'au bout des ongles.
Aucun d'entre-eux n'a jamais eu maille partir avec ses suprieurs hirarchiques pour des
diffrends srieux, abstraction faite de discussions vnielles propos desquelles la question de
savoir si les suprieurs hirarchiques ou les enquteurs ont la fin du compte eu raison reste
ouverte.
C'est contre-coeur que les enquteurs ont rdig cette note l'poque tant donn qu'ils taient
profondment choqus par l'attitude de leur directeur gnral. -
Un autre incident du mme acabit se trouve relat dans une lettre, que le soussign a adresse le 29
novembre 2007 Monsieur le Ministre de la Justice et de la Police, contenant le passage suivant:
Le 24 mai 2006 our de la visite Luxembourg de Monsieur le prsident Vladimir POUTINE) je
me trouvais dans les locaux de la Police
J
rue Curie Luxembourg. A un moment donn Monsieur
REULAND m'a demand si j'tais dispos le suivre dans un autre bureau aux fins de discuter
d Jun sujet particulier.
Cet entretien tournait exclusivement autour de l'affaire des attentats l'explosif.
Il me demanda quand le dossier sera cltur puisquJil tait vident quJon ne parviendrait jamais
en identifier les auteurs. J'mis des rserves sur ce sujet tout en lui indiquant qu Jil serait de
l'intrt tant de la Justice que de la Police de clturer le dossier de manire telle que l'on
constaterait qu Jun travail complet y avait t fait, indpendamment du rsultat de 1Jenqute et de
1Jinstruction judiciaire.
Monsieur le Directeur Gnral estima toutefois que si on n Javait pas repris les investigations en
1998 et surtout en 2001 on n Jaurait eu qu Jfaire le dos rond lors de critiques
J
y compris celles
de R. TL. tout en ajoutant que 1Jaffaire n Javait pas t tellement grave
J
qu'il n JI avait pas eu de
bless grave et qu Jil s Jagissait de toute faon seulement d'un jeu.
Monsieur REULAND ajouta encore qu JU craignait que les enquteurs en charge d Jun dossier
aussi explosif et sensible qui entranait des perquisitions indites et mme l'audition d Jun
ancien Premier Ministre par le juge d Jinstruction ne soient 1Javenir plus motivs pour traiter des
affaires ordinaires.
Il convient encore de noter que non seulement les changements constants des enquteurs et le fait
que les relations entre les membres du G.O.R. et les enquteurs taient gravement entraves par le
fait que les infonnations devaient toujours passer par le biais des suprieurs hirarchiques, mais
mme la dsignation des enquteurs et ceci en nombre suffisant posait constamment des problmes
srieux tant donn, qu'en premier lieu Monsieur le commandant HARPES s'opposait par principe
de faire droit aux demandes de Monsieur le juge d'instruction Prosper KLEIN, ce qui a donn lieu
un change de courrier pour le moins trs vif
291
.
291 Voir ci-avant page 46
98
Plus tard au dbut de l'anne 2002 Madame le juge d'instruction directeur se vit contrainte d'aller
qumander peu prs tous les six mois auprs de Monsieur le Directeur Gnral de la Police Pierre
REULAND pour obtenir le dtachement de plusieurs enquteurs aux fins de traiter cette affaire.
Dire que Monsieur REULAND tait souvent trs rticent pour ce faire est la moindre des choses.
Plus d'une fois il n'y acquiesait qu'aprs de longues discussions et changes de courriers anims.
Eu gard tous ces faits, le soussign est dans la trs dsabrable situation d'ignorer - sans
l'affirmer - si vraiment tous les lments de l'affaire dtenus un moment ou un autre par un
responsable des forces de l'ordre de l'poque ont t communiqus au magistrat instructeur ou aux
enquteurs.
S'il ne faut pas donner aux faits relats ci-avant, qu'on les prenne isolment ou dans leur ensemble,
une importance dmesure voire dcisive, il n'en re te pas moins qu'ils donnent une connotation
pour le moins hautement dsagrable l'affaire.
99
Wb La piste dans la
Du chapitre Illon peut retenir que par
la manire d'agir de faon militaire
la structure des lettres
les connaissances en maniement d'explosifs
les connaissances des lieux d'attentats
les auteurs ou une partie de ces auteurs sont rechercher parmi les membres de la Force Publique.
. U1?:[Link] des diffrentes infractions et du contenu des lettres dmontre_ que les auteurs avaient
des connaissances qui permettaient d'exclure une participation de membres de l'arme.
Il rsulte de l'ensemble du dossier que les informations les plus pointues caractre interne dont
disposaient les auteurs ne pouvaient pas provenir de la Police, mais uniquement de la
Gendarmerie.
A ces faits s'ajoute un autre lment majeur qui est expliqu dans l'analyse du B.K.A.. Il s'agit de
la relation entre les lettres d'extorsion et le dernier attentat contre Monsieur WAGNER 292.
ARTABELY = Verrat
Wie vom Bundeskriminalamt im Rahmen eines Forschungsprojekts festgesteUt wurde, ist der erste Brief
eines Taters (mit dem er zum ersten Mal seinen geschtzten Bereich verlasst) von zentraler Bedeutung. Der
Tater hat eine langere Zeit der Tatplanung abgearbeitet, bevor er den ersten Brief absendet. In diesem
ersten Briefmuss er ein Machtgefiil!e aujbauen, seine Kompetenz darlegen, i.d.R. Gyndejr sein Handeln
mitteilen (optional) und mit al! diesem begynden, warum der Adressat ihn ernst nehmen muss. lm
vorliegenden ersten Briefwar es dem Tater ein Anliegen,folgende Formulierungen zu benutzen:
"betrayal will be punished" und "the heads are considered to be responsible"
Der BegrifJ "Betrayal" hat jr die Tater eine zentrale Bedeutung. Er wurde im ersten Erpresserbrief
bereits genannt, ohne im Zusammenhang mit einer Geldbergabe zu stehen. lm dritten Erpresserbrief
wurde das Wort verschlsselt und im vierten Erpresserbrief ganz bewusst entschlsselt, obwohl die
Operation ''Artabely'' aus Tatersicht eigentlich beendet war. "Betrayal" ist ein Synonym zu "disloyality".
Um eine "Betrayal" zu begehen, muss vorher ein enges Treue-Verhaltnis bestanden haben. Der mogliche
Verrat von Geheimnissen ist nur eine denkbare, hier aber nicht vordergyndige Auspragung.
Von grundsatzlicher Bedeutung scheint ihm al!erdings zu sein, dass Verrat bestraft wird und zwar in der
Form, dass "The heads are considered to be responsible".
Dass der Autor an der Bestrafung der Verantwortlichen an hochster Ebene interessiert ist, weist darauf
hin, dass er entweder schon eine negative Erfahrung in dieser Richtung gemacht hat oder ein starkes
Gerechtigkeitsempfinden hat. Die Hauptmotivation jr die Anschliige drfte im Bestreben zu finden sein,
Verantwortliche zur Rechenschaft zu ziehen.
War zu Beginn der Serie unklar, welche Kopfe bei welchen Organisationen gemeint waren, so erscheint
nach der Betrachtung der gesamten Anschlagsserie diese Tiiterdrohung mit dem Attentat zum Nachteil des
ehemaligen Gendarmeriekommandanten Wagner umgesetzt zu sein, zumal keine weiteren Attentate bis zum
heutigen Tag erfolgten.
Wie bei der Analyse zum Anschlag z.N von Wagner bereits erlautert, haben Reformen bei der
Gendarmerie erst nach dessen Ablosung Platz gegrifJen. lm ersten Brief wurde von den Tiitern
angekndigt, dass "Verrat bestrafi werden wrde" (siehe oben). Da dieser Satz in unmittelbarem
Zusammenhang mit dem Verantwortlichmachen der Kopf steht, ist zu vermuten, dass die offenkundige
292 Analyse du B.K.A., extraits des pages 14,27,62 et 63
100
Reformunwilligkeit von Wagner angesichts der totalen berforderung der Gendarmerie aIs "Verrat"
angesehen werden kann. Konsequenterweise mssen dann auch die Kopfe bestraft werden.
Les auteurs des attentats se sont d'itratives reprises moqus de la Gendannerie dans certaines
lettres (<< you lost, BETRAYAL , sometimes it needs hard work too, <<they are acting
worse than cup scouts) et ont nargu la Gendannerie par certains faits: remise de ranon (Place
du Thtre) attentats (Gendarmerie, Centre de Confrences, Colonel WAGNER, etc.) et piges
feu (Itzig- Asselscheuer-Aroport).
Il rsulte de l'ensemble des lments reproduits ci-avant qu'au-del de tout doute raisonnable
(beyond a reasonable doubt), formule parfaite pour dfinir le critre de la preuve en matire pnale
et qui est traditionnellement utilise en droit anglo-amricain, que les 'auteurs des attentats
proviennent de la Gendarmerie Grand-Ducale.
La suite de l'enqute dans cette direction a apport des lments supplmentaires.
Il convient de prciser qu'en 1985 l'anne luxembourgeoise s'occupait exclusivement du dminage
des munitions et explosifs militaires, le dminage d'explosifs non-conventionnels tant du ressort
de l'Armurerie de la Gendarmerie. Les membres de la Brigade Mobile de la Gendarmerie avaient
appris l'utilisation d'explosifs dans le domaine pionnier et pratiquaient le dynamitage d'accs
ferms dans le cadre de leurs interventions.
Il n'est donc que normal que ces units disposaient de documentations et d'instructions au sujet de
ces activits.
La Gendarmerie disposait d'une documentation:
"Tatrnittelmeldedienst rur Spreng- und Brandvorrichtungen
-Allgemeine Mitteilungen / Sonderausgabe - "
Cette documentation est un ajout la brochure
"Tatmittelmeldedienst fr Spreng- und Brandvorrichtungen
-Allgemeine Mitteilungen 1984-1-
Hiiufig velWendete Tatmittelteile beim Bau von unkonventionellen Spreng- und
Brandvorrichtungen"
Le B.K.A. collectionnait travers toute l'Allemagne et mme l'tranger les diffrents procds
utiliss par des criminels pour fabriquer des bombes.
y taient exposs toutes sortes de mcanismes pour l'amorage d'explosifs et le dclenchement
d'incendies criminels 293.
Cette documentation tait diffuse en Allemagne pour informer en premire ligne ceux qui
travaillaient dans les domaines incendies, terrorisme ou dminage. Elle a de mme t mise
disposition aux participants de cours de formations ou d'infonnations en Allemagne ou l'tranger.
Lors d'une explosion dclenche de manire pyrotechnique, la longueur de la mche dtennine le
temps qui coule entre l'allumage et l'explosion.
293 Rapport 392 du 0J.l2.2006 du Groupe AE, page 116
101
Par contre lors d'une explosion dclenche de manire lectrique, l'auteur doit, pour retarder
l'amorage, construire un mcanisme avec du matriel qu'il peut se procurer nonnalement dans les
commerces.
On peut, soit inventer et crer son propre systme soit se rfrer un modle ou une
documentation avec les instructions utiles et procder confonnment la documentation dont on
dispose.
Tous les systmes d'amorage utiliss par les auteurs au Luxembourg frent trouvs dans les deux
brochures cites ci-avant. En d'autres mots, les auteurs des attentats ont eu recours des systmes
qui taient utiliss par diffrents auteurs ou diffrents groupes d'auteurs et cela travers toute
l'Allemagne.
La conlusion est ds lors pennise de dire que les brochures d B.K.A. reoiges en ErS4 ont servi
aux auteurs des attentats Luxembourg de manuel d'utilisation. Toutes les constructions faites par
les auteurs se retrouvent dans ces brochures avec les mmes lments de construction:
la canette remplie d'explosifs comme objet de jet;
les minuteries mcaniques avec les diffrentes possibilits de mcanismes de contacts
pour interrompre le circuit lectrique;
la construction d'une bombe avec effet de fume paisse;
la pince linge comme interrupteur du circuit lectrique;
la pince linge comme interrupteur avec amorage dclenche par la victime, dans ce
mme contexte l'emploi d'un commutateur de niveau mercure est suggr.
Les connections des cbles se faisaient par ligotage, serre-fils ou bande adhsive.
Il importe de noter que les auteurs n'ont pas laiss d'empreintes digitales, mme pas l'intrieur du
ruban.
L'enqute a tabli que la brochure du B.K.A. "Tatmittelmeldedienst fur Spreng- und
Brandvorrichtungen" parvenait depuis 1974 la Gendarmerie de Luxembourg 294, mais il n'a pas
t possible de retracer quelle(s) unit(s) elle a t distribue. Vu son contenu spcifique et
sensible on peut tre sr que cette brochure n'tait pas diffuse toutes les units, mais plutt dans
un cadre restreint. La Sret Publique, l'armurerie (Service de dminage) et la Brigade Mobile,
l'unit cre pour combattre le terrorisme, figuraient toutefois parmi les destinataires primaires.
L'armurier de la Gendarmerie instruisait les volontaires l'Ecole de Gendarmerie et de Police
Diekirch au maniement d'annes et d'explosifs. Depuis au moins 1983 il Yprsentait une bote en
plastic qui servait dmontrer diffrents piges feu. Cette bote construite par l'armurier de
l'arme cachait l'amorage lectrique par la pince linge ainsi qu' l'aide d'un commutateur de
niveau mercure 295.
Toutes recherches pour retrouver cette bote en plastic frent infructueuses, mais une perquisition
au service de dminage de la Police 296 pennettait de dcouvrir une bote du mme genre. Cette
bote en bois prsentait galement diffrents systmes d'amorage lectriques pour piges feu.
Elle contenait des commutateurs charge, la pince linge ainsi qu'un circuit lectrique pour
294 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 116 etrapport 687 du 03.11.2008
295 Rapport 392 du 01.12.2006 du GroupeAE, page 115
296 Le dminage d'explosifs non-cenventionnels tait attribu l'armurerie de la Gendarmerie sous la responsabilit du directeur des services.
L'armurier FEIEREISEN Albert tait form en Belgique et assurait ce domaine jusqu'en 1990.
Auprs des Units Spciales ft cr en 1990 une section appele SDNE (service de dminage et de neutralisation d'explosifs). Tous les
matriaux de l'armurerie du domaine dminage fUrent donc dmnags la section SDNE de la Gendarmerie. Aujourd'hui encore, le
dminage est intgr dans les Units Spciales de la Police.
102
l'amorage par un commutateur de niveau mercure. Cette installation lectrique tait alimente
par 2 batteries 9 volts, forme en bloc 297.
Cette bote servait galement l'instruction. Le constructeur de la bote n'a pas pu tre identifi.
Cette bote qui portait l'inscription crite la main "Dies ist die Nr. 1" semble avoir t
confectionne au mme moment que la bote en plastic. Tous les lments de construction qu'elle
contenait provenaient des ateliers de la Gendarmerie et peuvent tre attribus cette poque.
Selon les experts le commutateur de niveau mercure utilis pour le pige feu dans la torche
l'aroport est d'origine amricaine 298. Il s'agit d'un interrupteur qui avait dj servi faire quelques
milliers de couplages. Le numro de fabrication tait gratt de telle manire que les numros sont
devenus illisibles. Les auteurs craignaient donc qu'ils pouvaient tre identifis par cet interrupteur.
Dbut des annes 80, la Gendarmerie avait saisi dans les cafs travers tout le pays des machines
sous qui frent dans une premire phase entreposes dans divers dpts. Aprs la destruction de
ces diffrents dpts, ces machines rurent dmontes par l'armurerie de la Gendarmerie en pices
dtaches. Certaines de ces machines sous taient munies d'un tel interrupteur de niveau
mercure et une fois dmonts, ils frent entasss et dposs l'armurerie. Parmi ces machines
sous ont galement figur des appareils aux jeux de hasard amricains. On dispose donc de
plusieurs indices qui vont dans la direction de dire que l'interrupteur pourrait venir de ces machines
sous.
Tous les attentats ont t perptrs sur le territoire de la ville de Luxembourg ou dans les alentours
immdiats. Le rayon d'action maximum partir de la ville de Luxembourg a t de 8 km. Ainsi les
auteurs sont rests matres de la situation dans le temps et dans l'espace mme en n'agrandissant
pas le terrain d'action. Ils avaient en effet des possibilits presque infinies en agissant sur tout le
territoire national. Le rseau national de la CEGEDEL comptait plus de 1200 pylnes. La mission
des forces de l'ordre de surveiller tous ces pylnes aurait t complment impossible. Rien que
cette ide a d donner des cauchemars tous les responsables.
La question se pose videment de savoir pourquoi les auteurs n'ont pas saisi cette possibilit.
Ils pouvaient mieux agir sur un terrain qu'ils connaissaient bien que sur un terrain qui leur tait
Inconnu.
Ceci pourrait s'expliquer par le fait que les auteurs avaient des attaches avec ce territoire d'action
soit par une liaison professionnelle, soit par un lien priv.
La raison tait-elle de ce procurer un alibi?
Risquaient-ils d'tre appels en service aprs la dcouverte d'un attentat? Etaient-ils forcs tre
prts intervenir dans un dlai de temps raisonnable?
La plupart des units de la Gendarmerie n'avaient pas connaissance des dtails dont les auteurs
avaient connaissance. Seulement les services qui taient concerns de plus prs par les attentats,
comme le commandement de la Gendarmerie, le commandement d'arrondissement de
Luxembourg, la Sret Publique ou la B.M.G. pouvaient disposer des ces informations. Ces
services taient tous installs Luxembourg-Verlorenkost.
297 Le pige feu dans la torche l'aroport tait galement aliment par 2 batteries 9volts, forme en bloc. Les deux poles des batteries taient lis
de telle faon que le voltage restait le mme, mais l'amprage tait doubl 1,1 aIh. Suivant les indications du fabriquant Dynamit Nobel, il faut
une nergie lectrique de 0,45 aIh pour faire exploser un dtonateur lectrique. Ainsi les auteurs ont port une attention au fait que l'amprage
d'une seule batterie ne suffisait la rigueur pas pour faire exploser le dtonateur en question. Rapport 385 du 23.07.2003 du Groupe AE, page
58.
298 Rapport 392 du 01.12.2006, page 115, rapport 369 du 07.02.2003 et rapport 545 du 10.04.2006 du Groupe AE
103
nfallait donc trouver dans la Gendannerie un groupe d'auteurs qui 299
disposait d'une homognit tendue;
tait intangible la pression croissante manant de la Force Publique, des mdias
et mme de toute une nation qui essayait d'identifier ou de trouver les
Bommeleer ;
avait toutes les qualits dj relates ;
avait accs aux premires infonnations internes de la Gendaffilerie ;
tait propuls par une mme motivation pour arriver un but qui ne peut tre
autrement qu'un certain profit des crimes.
On peut donc exclure que les auteurs proviennent des units des arrondissements de Diekirch et
d'Esch-sur-Alzette et mme des units territoriales de l'arrondissement de
", 392 du 01.12.2006 du Groupe AE. page 126
104
VII) Analyse des auditions et interrogatoires de diffrents membres de la Brigade Mobile
de la Gendarmerie
Au regard des conclusions tirer des dveloppements contenus aux chapitres III et VI du prsent
rquisitoire se posait la question de savoir de quel groupe de la Gendarmerie venaient les auteurs
des infractions vises.
Si les enqutes sont arrives d'itratives reprises la conclusion qu'il y avait lieu d'examiner de
plus prs les missions, activits, connaissances et aptitudes de la Brigade Mobile de la
Gendarmerie, ou de membres de celle-ci, ce ft notamment en raison des faits suivants 300:
- De toutes les units de la Gendannerie, seulement les membres de la Brigade Mobile de la
Gendarmerie remplissent parfaitement toutes les caractristiques dgages de l'analyse des faits
indiqus au chapitre III.
- En cas de survenance de faits tels que la srie d'explosion la Brigade Mobile de la Gendarmerie
devait par la nature des choses tre infonne de tout nouveau dveloppement de l'affaire, chaque
fait pouvant ncessiter une intervention rapide de leur part.
La B.M.G. disposait depuis octobre 1985 directement de toutes les infonnations sur les mesures
rpressives et prventives prises par les forces de l'ordre, vu que le G.Q.R. tait attach la
B.M.G. et dirig par ses commandants.
Mme les rapports du G.O.R. adresss au groupe d'enqute de la Sret Publique transitaient par la
direction respectivement le secrtariat de la B.M.G.
- L'lment de l'excellente condition physique des auteurs des attentats tait donn dans le chef
des membres de la Brigade Mobile de la Gendarmerie.
- Le fait que les membres de la Brigade Mobile de la Gendarmerie devaient toujours tre prts pour
intervenir dans l 'heure suivant un fait 301 explique de manire tout fait plausible le fait que les
attentats eurent toujours lieu dans un rayon de plus ou moins 8 kilomtres de la Ville de
Luxembourg, de sorte qu'ils pouvaient toujours se grsenter dans un laps de temps trs rduit aprs
les attentats leur poste de travail Verlorenkost 3 2.
- Certains avaient acquis des connaissances en matire d'explosifs et matrisaient donc le
maniement avec ceux-ci 303 et il tait connu que d'autres taient des bricoleurs.
- Ils pouvaient s'infonner dans des documentations professionnelles et disposaient donc des
connaissances pour construire des mcanismes servant retarder l'amorage lectrique.
Il se trouve que les brochures Tatmittelmeldedienst jr Spreng- und Brandvorrichtungen.
Allgemeine Mitteilungen. taient disponibles en des lieux o, entre autres, des membres de la
Brigade Mobile de la Gendarmerie participaient des stages de formation organiss par le B.K.A.
et diffrents L.K.A. ou autres services de Police en Allemagne 304. La B.M.G. comme unit anti-
terroriste devait tre destinataire primaire de cette brochure intressante.
- On a encore pu saisir auprs de l'Unit Spciale de la Police (succdan de la Brigade Mobile de
la Gendarmerie) la bote de dmonstration 305 simulant diffrents piges feu avec entre autres la
300
Rapport 581 du 02.012007 du Groupe AE
301 Note du 21.05.1985 de Pierre REULAND- voir ci-avant page 44
302 Tous les membres de la BMG habitaient Luxembourg-Ville ou dans les communes avoisinantes.
303 los STEIL et Michel SCHICKES avaienlsuivis des cours spoiaux l'tranger.
304 Voir ci-avant page 101
305 Procs-verbal 542 du 04.04.2006 et rapport 592 du 21.06.2007 du Groupe AE
105
pince linge et le circuit lectrique pour commutateur mercure, procds qui frent galement
employs lors des attentats. Il est difficile dterminer si cette bote tait ds l'origine la proprit
de la B.M.G. ou si elle tait la proprit de l'armurerie et qu'elle a t transfre avec le service de
dminage lorsque cette mission ft reprise par les units spciales. La coopration entre
l'armurerie et la Brigade Mobile de la Gendarmerie tait forcment trs troite l'poque, non
seulement par les engagements aux mmes missions mais encore par les ressorts communs armes,
munitions et explosifs.
Ainsi, en 1983 une bombe qui avait t dpose devant l'ambassade de la Turquie ft dsamorce
par l'armurier de la Gendarmerie en collaboration avec la B.M.G., notamment Jos STEIL. Les
d
, . l'f: t ' , d' 306
rapports expertIses y re ah s on ete resses par eux .
- Vu la bonne relation entre ces deux services, la B.M.G. avait donc un accs facile l'armurerie et
-- par c0n-squent aux f f u ~ e u x COITlillutateurs mercure provenant du dmontage- des. appareils de
jeux de hasard qui y frent entasss et dposs pour tre utiliss lors d'exercices ou de
dmonstrations instructives 307.
- Ils savaient pertinemment qu'il serait impossible aux forces de l'ordre de maintenir durant une
priode prolonge un grand dispositif engageant un grand nombre d'agents : time and space are
on our side .
- Ils avaient des formations en extorsions. Ils disposaient donc d'une certaine exprience par ces
formations et par des cas rels survenus au Luxembourg. La Brigade Mobile tait intervenue lors
de toutes les dernires demandes d'extorsions (au moins trois) qui ont prcd la tentative
d'extorsion dont s'agit 308.
- Par leurs missions spciales ils connaissaient parfaitement les lieux des attentats 309.
La B.M.G. disposait de cette homognit dcrite au chapitre III. Ces membres avaient l'habitude
d'agir ensemble, de travailler en groupe et de bien grer toutes pressions.
Les formations collectives, les maintes missions et interventions dlicates ou dangereuses qui dans
la plupart des cas demandaient un travail en groupe pendant des jours et nuits conscutives
exigeaient une cohrence exemplaire.
Rien que l'observation GEIBEN et surtout l'enqute mene autour de lui devait ncessairement
entraner une enqute propos de son entourage dans la Gendarmerie. De mme le rle des plus
ambigus de STEIL rclamait galement une enqute parmi les membres de la Brigade Mobile de la
Gendarmerie.
306 Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe AE, page 113
307 Rapport 369 du 07.02.2003 du Groupe AE, sub 3
308 Il s'agissait des enlvements SCHMIT en 1981, GRAFFE en 1982 et de l'extorsion BOUQUET en 1982 - Rapport 392 du 01.12.2006 du Groupe
AE, page 39
309 Ainsi, on peut citer :
Aroport: laboration des plans de scurit, protections rapporches lors de visites dyp10matiques, exercices de prises d'otages.
Hollerich: Elaboration du plan de scurit lors de la visite du pape; lors de l'enlvement SCHMIT, la remsie de la ranon y avait eu lieu.
Kirchberg: protections des lieux et protections rapproches l'Hmicycle.
Casemates: tous les membres de la Brigade Mobile sont passs par la brigade de gendannerie de Luxembourg. Ils connaissaient donc
Luxembourg-Ville et ses allentours et ces casemates fermes au public. Ceci est confirm par les auditions de Michel SCHICKES et
Jean-Marie PETERS.
Carrires: lieus d'entranement.
Rapport 581 du 02.01.2007 du Groupe AE
106
Motivations
L'ide de commettre des attentats n'tait pas une ide spontane.' il est vident qu'un
enrichissement peut tre exclu comme mobile. Toutes les personnes participants aux attentats
devaient donc avoir un autre mobile mais en tout tat de cause, une motivation idaliste.
Avant de dcider de commettre les attentats il y eut une priode o les auteurs vivaient une
insatisfaction durable qui les emmenait avoir un besoin d'agir et de changer quelque chose. Les
ides mrissaient lentement avant que la dcision de commettre les attentats tait prise. Cette phase
prenait beaucoup de temps mais n'influenait pas la motivation des auteurs.
Cre en 1979 pour combattre le terrorisme et la criminalit violente, la Brigade Mobile tait un
petit groupe de 7 gendarmes sous les ordres du Lt. GEIBEN 310. En 1983 lorsque le Lt. Reuland a
repris le commandement il disposait dans la B.M.G. d'un adjoint, de 8 gendarmes d'intervention et
de 3 matres-chiens. Ce groupe d'lite, toujours l'affiche de la Gendarmerie, n'a pas connu
l'expansion promise en hommes et en missions spciales lors de sa cration. Au contraire cette
unit hautement qualifie et entrane pour combattre le terrorisme avait au fil du temps t
dgrade une unit de scurit et de protection des lieux. Les nombreuses et ennuyeuses missions
de protection ou d'escorte pour la famille Grand-Ducale et les runions ou confrences du
gouvernement ne laissaient gure de place aux formations et entranements ce qui entravait la
qualit des missions oprationnelles.
En janvier 1985 l'effectifn'avait toujours pas chang.
Ds le 8 janvier 1985 Monsieur le 1er lieutenant Pierre REULAND, avait adress un rapport fort
dtaill au Commandant de la Gendarmerie Wagner Jean-Pierre intitul La lutte anti-terroriste au
G.-D. de Luxembourg, -l'avenir de la B.M.G.- au sujet des missions de la B.M.G., et plus
spcialement de son quipement en personnel et matriel, dfaut de quoi, elle ne serait plus en
mesure d'effectuer de manire convenable les missions lui confies 311.
Aussi demandait-il que les effectifs de la B.M.G. soient augments dans les meilleurs dlais de 10
+/- 30 units.
Les conclusions de son rapport se lisent comme suit:
La [Link]. est une ralit; elle afait ses preuves grce un personnel dvou et qualifi.
Nanmoins cette [Link]. est arrive un point dcisif: ou bien elle est largie telle que prvue en
1979, ou bien elle est voue la mdiocrit court terme et ds lors sa disparition!
Quel gchis de perdre ces fonctionnaires excellents avec toutes leurs connaissances ne parlons
pas des espoirs nourris pendant cinq ans qui soudain sont dus.
Le moment est venu de profiter des expriences de nos pays voisins qui depuis longtemps ont
abandonn la multitude des units pour crer un seul groupe d'intervention polyvalent d'une part
et suffisamment fort d'autre part pour combattre efficacement le terrorisme.
Le Grand-Duch de Luxembourg doit se doter d'une unit capable de lutter efficacement contre
cet ennemi impitoyable de nos socits occidentales qu'est le terrorisme. 312
310 Rapport 586 du 15.01.2007 du Groupe AE
311
Rapport 586 du 15.01.2007 du Groupe AE, annexe 16
312 En 1990, l'effectif de la BMG comptait 19 membres contre JO en 1985.
107
Dans les conditions donnes, il n'est pas autrement surprenant que les membres du Service de
Police Judiciaire qui taient en charge de l'affaire ont procd l'audition de tous les membres de
la Brigade Mobile de la Gendarmerie l'poque des faits.
Monsieur Marc SCHEER ft auditionn le 10 novembre 2006, le 14 dcembre 2006 et une
troisime fois le 24 janvier 2007
313
.
Lors de l'audition du 10 novembre 2006
314
il dclara quant l'attentat aux casemates:
Extraits du rapport no AE-583 du 13.02.2007 du Service de Police Judiciaire:
3.1.1 SCHEER Man vom Freitag. den 10.11.06 -
Auszug Vemehmung SCHEER betreffend die Sprengvorrichtung: "Sie befragen mich, was die
Tater mit den Plastikbehaltern, welche mit einem Treibstoffgemisch gejllt waren bewirken
wollten, resp. konnten. Meiner Meinung nach wurde das Treibstoffgemisch nicht ausgeschttet,
sondern es sollte in den Behiiltern ein Gasgemisch entstehen, welches vermittels der Sprengschnur
entzndet werden soUte. Es ware somit neben der eigentlichen Explosion zu einem Feuer
gekommen und man hiitte eventuell die Auswirkungen an den Kasemattenausgiingen im Petrustal
sehen konnen ".
Die hier detailliert von SCHEER beschriebene Funktionswirkung der von den Ttem angewandten
Sprengbrandvorrichtung stimmt mit den Aussagen berein, welche der
Waffenmeister/Sprengmeister JUNCK Ernest und der damalige BMG-Sprengmeister SCHICKES
Michel machten und den Rckschlssen welche sie zogen, als wir sie hierber befragten. Die
damaligen Ermittler der Sret Publique und des Erkennungsdienstes hatten in diesem Falle
angenommen, das Treibstoffgemisch ware ausgeschttet worden, was jedoch jetzt durch die
vernommenen Experten widerlegt wurde. SCHEER bemerkte sogar in diesem Zusammenhang,
dass die Behalter nicht voll sein durften, damit ein gr6Beres Volumen an leicht entzndbarem
Gasgemisch entstehen Wfde, wobei der Brand durch die Explosion der Sprengschnur zustande
kame. Auch konnte sich SCHEER die von den Ttem erwnschten Auswirkungen bildlich
bemerkenswert gut vorstellen.
3.1.2 Aussagen SCHEER Marc vom Freitag, den 10.11.06 - Zndmechanismus Eierwecker
Auszug Vemehmung SCHEER betreffend Zlldvorrichtung: "Ich kenne diese Art von Zeitzndung
aus Fallbeispielen von SEK-Lehrgiingen. Der Mechanismus ist sehr einfach aufgebaut und man
kann eine Zeitverzogerung von knapp einer Stunde benutzen. Ich weif3, dass z.B. solche Eierwecker
dazu benutzt wurden, um in Sdfrankreich Briinde zu legen. Mir ist nicht bekannt, dass die Tater
solche Eierwecker wahrend der Attentatsserie benutzten. Meines Wissens nach wurde kein BMG
Mitglied zu Rate gezogen um Erklarungen betreffend den technischen Aufbau der Bomben zu
geben.
Sie zeigen mir die Asservate des Attentates Kasematten vor. Ich habe den Eierwecker noch nicht
gesehen, kenne aber wie ich bereits ausgesagt habe das Prinzip. Die Verwaltung hatte derartige
Blockbatterien jr die Warnlampen, wobei ich jedoch nicht sagen kann ob diese der Marke Berec
waren. Ich erinnere mich an blaue Batterien und an die Marke VARTA. "
313 Les notes d'une entrevue infonnelle du 08.06.2004 servaient de base l'audition du 10.11.2006. Rapport 589 du 08.02.2007 et rapport 583 du
13.02.2007 du Groupe AE
314 Cette audition commenait le 10 novembre 2006 et elle a t continue le 13 et le 16 novembre 2006.
108
Wiihrend SCHEER diese Aussagen bezglich der Zndvorrichtung und insbesondere betreffend
den Zndmechanismus anhand eines Eierweckers machte, zeigte er mit seinen Hfulden wie man
einen Eierwecker aufzieht und sagte hierbei w6rtlich, zu unserem gr6Bten Erstaunen:
,,Dat war keng grouss Sach, mir hun en einfach opgedreint, dohinner geluecht a sin gangen ".
Wir Vernehmungsbeamte hatten uns nicht verh6rt und auch SCHEER wurde bewusst, was er eben
gesagt und demonstriert hatte. Der bei seiner Vorfiihrung stark in seine bedegungen vertiefte
SCHEER vermittelte den Eindruck, sich in die Zeit zurckversetzen zu k6nnen und hatte
tatsachlich gesagt "wir haben den Eierwecker aufgedreht, hingelegt und gingen". AIs wir nun,
durch seine Aussage und Demonstration bedingt, gezwungenermaBen insbesondere bezglich der
Herkunft seines Fachwissens in Punkto Eierwecker nachhakten, geriet er hierdurch offensichtlich
in Erklarungsnot, da er den Sinn unserer genaueren Nachfragen erkannt hatte. Er erklarte uns dann,
dass zum Beispiel Eierwecker in Sdfrankreich benutzt wurden, um Brande zu legen. Wir zeigten
ihm die Asservate vor und SCHEER bemerkte er wrde diese Art Batterien kennen, da es solche in
der Verwaltung gab.
AIs wir unmittelbar nach diesem Vorfall die Aussagen von SCHEER niedergeschrieben hatten und
die Vernehmung anschlieBend ausdruckten, verlieB comch SCHEUER den Vernehmungsraum, um
mit cornch KLEIN Carlo betreffend der erstaunlichen Aussage und Demonstration von SCHEER
Rcksprache zu nehmen, indessen dieser die Pause nutzte, um zur Toilette zu gehen.
S'il est exact que Monsieur SCHEER n'a pas sign les dc1arations affrentes, il n'en reste pas
moins qu'on voit vraiment mal pourquoi les enquteurs les auraient relates si elles n'avaient pas
correspondu la ralit.
Il est vident que suite ces dc1artions, la continuation de son audition ce prsentait tout
autrement.
Le 9 novembre 1985, vers 21.58 heures le gardien de prison Monsieur Daniel LAUCKES quittait
son poste de travail la prison de Schrassig pour rentrer Soleuvre. Vers 22.05 heures en roulant
de Sandweiler en direction du lieu dit Irrgartchen (actuellement Rond Point Robert
Schaffner ) il remarqua, lorsqu'il se trouvait la hauteur du cimetire amricain, deux personnes
qui traversaient la route de Remich de la droite vers la gauche (dans sa direction) pour courir dans
le bois situ gauche de la chausse. L'adjudant Jean-Paul SCHLESSER de la brigade de
gendarmerie de Luxembourg, qui n'a pas procd une audition formelle 315, a relat la
description faite par Monsieur LAUCKES des deux personnes en question comme suit 316:
1. Person : auffallend gross, etwa 1,90 m und von schlanker Statur ;
2. Person: mittelgross, etwa 1,75 m (deutlich kleiner ais die 1. Person), untersetztejedoch
keineswegs korpulente Statur; trug eine dunkle Hose und eine womoglich
braune Jacke, welche bis zu den Lenden reichte (blouson), sowie eine
Wollmtze von dunkler Farbe mit kleinem Schirm (derartige Mtzen werden
unter anderem bei der Armee benutzt und konnen unter dem Schutzhelm
getragen werden). 317
315 Une audition crite a t ralise le 08.02.1988 - Rapport AE 285 du 19.05.1988
316 Rapport 2723 du 13.11.1985, adress au Commandement de la Gendarmerie
317 La description de la stature de cette deuxime personne fait penser au guetteur des casemates.
109
Lors de l'audition du 10 novembre 2006, Monsieur SCHEER dclara quant l'attentat
l'aroport le 16 novembre 2006
318
:
"Betreffend das Attentat auf die Installationen des Flughafens, habe ich lediglich die Erinnerung,
dass es hieB, die Tater seien in Hahe des Wasserbehalters der Gemeinde Luxemburg auf das
Ge1ande des Flughafens gelangt. Ich kann mich daran erinnem, dass damaIs eine Person an der
Hand verletzt wurde, aIs er eine Taschenlampe aufhob, welche dann explodierte.
Frage: Welche Aufgaben hatte die BMG auf dem Flughafengeliinde und wie waren sie in die
Sicherheitsmassnahmen am Flughafen eingebunden?
Antwort: Ieh weiss nicht, ab wann wir auf dem Flughafengelande selbst Patrouillen fuhren und ob
dies im Zusammenhang mit den Attentaten stand. An besondere Sicherheitsmassnahmen auf dem
Gelande kann ich mich nicht erinnem. Ich weiss nicht wie oer Flughafen gesichert war und ob es
damaIs eine elektronische Absicherung gab. Wir benutzten hierbei stets den Weg welcher dicht am
Flughafenzaun entlang fuhrte. Mir sind keine besonderen Sicherheitsmassnahmen bei den
Gebauden des Fluglandesystems bekannt. Falls wir die Piste berqueren mussten, gaben wir dem
Tower Bescheid.
Frage: Sie haben ausgesagt, es wiire damaIs gemutmaj3t worden, die Tiiter hiitten das Geliinde in
der Niihe des Wasserbehiilters betreten. Wir teilen ihnen mit, dass ein Zeuge aussagt er habe
verdiichtige Personen kurz vor dem Attentat gesehen, aIs diese die Strasse vom Flughafengeliinde
kommend, in Hohe des amerikanischen Friedhofes, in der rue de Sandweiler berquerten. Haben
sie Kenntnis von diesen Beobachtungen?
Antwort: Ieh habe dies nie erfahren und es wurden in diesem Zusammenhang keine Patrouillen in
dieser Gegend von uns durchgefhrt.
Sie teilen mir die Beschreibung der Personen mit, welche der Zeuge beim F1ughafen gesehen hat.
Die Beschreibung so wie sie sagen passen auf WILMES und mich. Ich hatte effektiv eine solche
Wollmtze und auch eine grne Feldjacke. Es kann sein, dass wir am Abend des Attentates dort
waren und ber die Strasse liefen. Ich kann dies jedoch nicht mit Bestimmtheit behaupten. Ich
kenne den Weg weIcher vom Parking des amerikanischen Friedhofes hinab in Richtung Hamm
fuhrt. Die BMG fhrte in diesem Weg bungen durch. Es kann sein, dass das Fahrzeug auf dem
Parking des Friedhofs abgestellt war.
Frage: Es wurde festgestellt, dass in der Taschenlampe aIs Unterbrecher, ein Ouecksilberschalter
eingebaut war. Kennen Sie dieses System?
Antwort: Ich kenne das System eines Kippschalters, welcher aufBewegungen reagiert."
Le rapport no AE-583 du 13.02.2007 du Service de Police Judiciaire renseigne sur le droulement
de l'audition. Extraits:
3.2.4 Aussagen SCHEER Marc yom Monta2. den 13.11.06 - Attentat FINDEL und
Fluchtweg der Tiiter und Zeugenbeobachtung
Wir befragten SCHEER, ob er die beiden gesprengten Gebaude LOCALIZER und GLIDEPATH
kennen wrde, was er vemeinte. Wir erklarten ihm die Lage der beiden Gebaude und SCHEER
sagte, dass er gehart habe, die Tater seien beim WasserbehaIter ber den Draht gestiegen d.h.
318 Rapport 589 du 08.02.2007. Rappelons que cette audition s'est droule sur trois journes.
110
nahe Kalchesbruck. SCHEER erkHirte, dass die BMG im und am FlughafengeHinde Patrouille fuhr,
konnte dies jedoch nicht mehr zeitlich genau einrahmen, sagte jedoch, ihre Mission habe darin
bestanden den Zaun des FlughafengeHindes nach Lochern zu untersuchen. Wir teilten SCHEER
dann mit, dass ein Zeuge die Tiiter sah, aIs diese, nachdem sie die Bombe gelegt hatten, zur
Sandweiler Seite beim Soldatenfriedhof ber die Strasse liefen, also auf der anderen Seite des
Flughafengeliindes und wir fragten SCHEER ob er nichts davon wsste. SCHEER vemeinte diese
Frage und sagte: ,Jch habe dies nie erfahren und es wurden in diesem Zusammenhang keine
Patrouillen in dieser Gegend von uns durchgejUhrt" (Vemehmung SCHEER yom 10.11.07 319,
Seite 5 Abschnitt 2 und 3). SCHEER erkHirte weiter, er wrde die Gegend kennen, da dort ein
gewisser "Conter" gewohnt hatte und bemerkte, die Tater hatten dort aIle Fluchtmoglichk:eiten und
eine gute Gelegenheiten etwas zu "bunkem" gehabt.
Wir m6chten hier ausdrucklich darauf hinweisen, dass wir SCHEER befragten, ob er etwas von
den Beobachtungen des Zeugen die Tater betreffend wsste, dieser antwortete, sie "die BMG"
hatten dort keine Patrouillen durchgefuhrt. Dies war nicht unsere Frage gewesen! SCHEER sah
sich aber dazu veranlasst, in diesem Moment zu verdeutlichen, dass sie (BMG) an besagter
Ortlichkeit keine Patrouillen fuhren. Wir hatten SCHEER in keiner Weise zu einer Prasenz an der
bergangsstelle der Tter gefragt. Fr uns war dies eine absolut unlogische und zudem unpassende
Antwort! Wir hatten nicht einmal andeutungsweise in Erwagung gebracht, er oder die BMG
konnten etwas mit den Beobachtungen des Zeugen und dem Fluchtweg der Tater zu tun haben.
SCHEER hatte bereilt auf eine nicht gestellte Frage geantwortet und aIs das Thema
Zeugenbeobachtung Findel bei seiner Vemehmung am Donnerstag, den 16.11.06, nochmals zur
Sprache kam, geriet SCHEER bei seinen weiteren Aussagen, wie unter Punkt 3.3.2 ausfuhrlich
erlautert wird, arg in Erklrungsnot.
3.3 Weiterfhrung und Abschluss der Vernehmung SCHEER Marc am Donnerstag, den
16.11.06
Am Donnerstag den 16.11. 06, 0800 wurden die noch aufstehenden Fragen zu verschiedenen
Tatorten gestellt. Die Reaktionen und Antworten von SCHEER waren ohne Besonderheiten, bis zu
dem Zeitpunkt, als wir emeut auf das Attentat FINDEL zuruckkamen. Wir befragten ihn zuerst
ber die Sprengfalle "Taschenlampe" mit dem Quecksilberschalter als Unterbrecher.
3.3.1 Aussagen SCHEER Marc vom Donnerstag, den 16.11.06 - Attentat Findel und
Sprengfalle mit Quecksilberschalter
Erstaunlich explizit waren die fachlichen Darstellungen von SCHEER ber den Aufbau der
Sprengfalle "Taschenlarnpe FindeI", nachdem wir ibm die berreste der Taschenlarnpe anhand
eines Vergleichsfotos vorgezeigt hatten und ihn nach seinen Erkenntnissen betreffend den
Zndmechanismus vermittels Quecksilberschalter befragten.
SCHEER: "Sie erklaren mir, dass es sich bei der Taschenlampe um den gleichen Typ handelt,
welchen die Tater in Asselscheuer zuyckliej3en und der Ein/Ausschalter keine Funktion hatte um
den Zndkreis zu schliej3en. Der Kopf der Taschenlampe, lasst sich vermittels eines
Bajonettverschlusses auf die Taschenlampe aufsetzen. Meiner Meinung nach mussten die Tater
die genaue Position des Quecksilberschalters kennen. Der Schalter musste meiner Meinung nach
in der Taschenlampe starr befestigt sein und die Tater mussten diese Position genau kennen.
Eventuel! klebten sie den Schalter auch vermittels eines KlebstofJes fest. Sie mussten jedenfal!s
sicher sein, dass der Quecksilberschalter nicht mehr verrutschte als sie die Taschenlampe
schlossen ".
319 Lisez 10.11.2006
111
Die Erklfuungen betreffend die Positionierung des Quecksilberschalters verrnittels Klebstoff
entsprechen der Vorgehensweise der Tater. Nicht einmal die damaligen Ermittlungsbeamten des
Erkennungsdienstes der Sret Publique hatten das Vorhandensein des Klebstoffes am FuB des
Quecksilberschalters richtig gedeutet und schrieben in Bericht 400/86 unter dem Photo NS8 zum
Quecksilberschalter "Klebstoff als Schutzurnhllung der Kontakte". Wie uns andere Experten
heute versicherten, war die Manipulation der Taschenlampe mit dem verwendeten
Quecksilberschalter fr die Tater bei Dunkelheit auBerst gefahrlich, da keine andere Sicherung
eingebaut war.
Wir mssen hierzu festhalten, dass weder der Quecksilberschalter und die sich daran befindlichen
Klebstoffreste, noch die diesbezglichen Erlauterungen des Erkennungsdienstes auf dem
obengenarmten Foto NS8, welches wir SCHEER vorzeigten, vorhanden sind. SCHEER wurde
unsererseits auch nicht informiert, dass der Quecksilberschalter in der Lampe festgeklebt warl
- -
Wenn auch fr einen Laien das Aufbauprinzip einer derart praparierten Taschenlampe durchaus
nachvollziehbar ist, analysiert SCHEER exakt die Punkte, auf welche es bei der Manipulation und
dem Zusammenbau des Sprengk6rpers ankommt. SCHEER erklart folgerichtig sowohl die
Vorgehensweise der Tater aIs auch den Aufbau der Sprengfalle!
3.3.2 Aussage SCHEER Marc vom Donnerstag, den 16.11.06 - Attentat Findel, Fluchtweg
der Titer und Zeugenbeobachtung
Die Vemehmung war fast abgeschlossen, aIs wir SCHEER nochmals auf den Fluchtweg der Tater
und die Beobachtungen des Zeugen (Siehe Punkt 7, 7.1 und 7.2) ansprachen. Wie unter Punkt
3.2.4 erwahnt, hatten wir SCHEER bereits gelegentlich seinen Aussagen am Montag, den
13.11.06, darauf aufinerksam gemacht, dass die Tater in der route de Sandweiler von einem
Zeugen gesehen wurden, aIs sie vom Flughafengelande herkommend, ber die Strasse in Richtung
Soldatenfriedhofliefen. Wir weisen nochmals daraufhin, dass SCHEER am 13.11.06 ohne Anlass
erklarte, sie (BMG) waren dort nicht aufPatrouille gewesen.
AIs wir nun am Donnerstag, den 16.11.06, den SCHEER hieraufhin ansprachen und ihm
wiederholten, es waren dort zwei Tater gesehen worden, unterbrach SCHEER den
Vernehmungsbeamten SCHEUER in seinen Ausfhrungen. SCHEER bemerkte nicht nur, wir
hiitten ihm die Information betreffend die Tater, welche ber die Strasse liefen bereits gegeben,
sondern derselbe wiederholte nochmals seine Aussage vom 13.11.06, d.h. sie (BMG) waren dort
keine Patrouille gefahren. Durch diese Wiederholung wollte er somit besonderen Wert darauf
legen uns mitzuteilen, dass die BMG keine Patrouille an der Ortlichkeit fuhr, wo die Tater ber die
Strasse liefen und vom Zeugen gesehen wurden.
Ais die Vemehmungsbeamten dem SCHEER anschlieBend die Beschreibung der Statur der vom
Zeugen (LAUKES Daniel) beobachteten Tater nannte, d.h. ein Grofter und ein Kleiner, entgegnete
SCHEER prompt:
"De WILMESE Jos an ech".
AIs der Vemehmungsbeamte SCHEUER dem SCHEER auBerte, dass die Tater Mtzen trugen und
er die Art der Mtzen beschrieb, wiederholte SCHEER die Worte "De Wilmese Jos an ech" und
erklme, er habe ebenfalls eine solche Mtze. SCHEER war merklich nerv6s und angespannt
geworden und aIs wir nochmals wiederholten, es waren dort zwei Tater gesehen worden, ein
GroBer und ein Kleiner, entgegnete SCHEER sogleich:
"Dat kann de Jos an ech gewiecht sin ".
Wir waren ber diese Aussage von SCHEER mehr aIs erstaunt, schlieBlich hatten wir, wie
SCHEER dies auch unmissverstandlich vorher bestatigt hatte, von Tatem gesprochen und
112
SCHEER hatte bereits vorher zweirnai unaufgefordert ausgesagt, sie (BMG) waren vor nicht Ort
auf Patrouille gewesen.
SCHEER wurde nochmais prazise und nachdrcklich befragt, ob sie (SCHEER und WILMES)
dort waren, worauf SCHEER antwortete, es k6nne doch sein, dass sie dort aufPatrouille waren.
AIs der Vemehmungsbeamte SCHEDER nochmals nachfragte, ob sie vor Ort waren und yom
Zeugen gesehen wurden, verIor SCHEER die Beherrschung. Dm zu verbergen, dass er dabei war
die Fassung und die Kontrolle ber sich selbst zu verlieren, Iachte er jetzt laut und theatralisch
wobei er ausrief:
"Dat war de Jos an ech..... H.
Wir wiesen SCHEER auf die Bedeutsarnkeit seiner Aussage hin und wir verdeutlichten ihm, wir
wrden dies sa niederschreiben, damit kein Missverstiindnis aufkommen wrde. AIs wir ihm
emeut die Personenbeschreibung mitteilten, wurde SCHEER sarkastisch und entgegnete:
"An huet en net och nach gebliirt, houere SCHElER komm elo?"
SCHEER war nun noch nerv6ser und angespannter aIs vorher und wiederholte mehrmals, dass die
M6glichkeit bestnde, dass sie dort gewesen waren, wobei er die Bemerkung machte:
"De Gandhi (WlLMES) an ech, butsch agelacht"
Diese Iakonisch ausgedrckte Befiirchtung, wegen seiner Aussagen ins Gefangnis zu kommen,
verdeutlichte sich anschlie13end, wie wir unter Punkt 3.3.3 berichten.
Wir notierten diese Aussagen von SCHEER (Vemehmung 10.11.06/13.11.06116.11.06, Seite 5
Abschnitt 4):
"Sie tei/en mir die Beschreibung der Personen mit welche der Zeuge beim Flughafen gesehen hat.
Die Beschreibung so wie sie sagen passen auf WILMES und mich. !ch hatte effektiv eine solche
Wollmtze und auch eine grne Feldjacke. Es kann sein, dass wir am Abend des Attentates dort
waren und ber die Strasse liefen. Ich kann dies jedoch nicht mit Bestimmtheit behaupten. Ich
kenne den Weg welcher vom Parking des amerikanischen Friedhofes hinab in Richtung Hamm
jhrt. Die BMG fhrte in diesem Weg bungen durch. Es kann sein, dass das Fahrzeug auf dem
Parking des Friedhofs abgestelit war
H

Die in Worten niedergeschriebenen Aussagen von SCHEER geben nicht einmal annahemd das
Stimmungsbild und den Druck, welche wahrend dieser Phase der Vemehmung auf SCHEER
lasteten, wieder. Fr aIle Beteiligten war eine heikle Situation entstanden und die Bedeutung und
die Emsthaftigkeit der Sachlage war allen bewusst.
Aufgrund der Aussagen SCHEER und der daraus entstandenen neuen Situation, mussten wir den
Entschluss fassen die Weiterfiihrung der Vemehmung des Zeugen SCHEER vorerst zu beenden.
Wahrend der Ausdruck der Vernehmung vorbereitet wurde, wiederholte SCHEER mehnnals, dass
er und WILMES "dort" gewesen sein k6nnten. Unmittelbar danach fragte SCHEER ob wir den
Grund, d.h. das Motiv fUr die Attentate kennen wrden und er bemerkte hierbei, dass faIls man
dies wsste, man auch in eine Richtung ennitteln k6nnte.
113
3.3.3 SCHEERMarc rechnet mit Konseguenzen angesichts seiner getiitigten Aussagen
Wahrend der Vernehmungsbeamte SCHEUER den Vernehmungsraum verlieB, ging SCHEER zur
Toilette und als er zurckkam, auBerte er gegenber dem Vernehmungsbeamten MARX, er msse
nun seinen Kollegen WILMES anrufen, damit dieser sich fertig machen konnte. AIs der Kollege
MARX fragte, wie er dies meinen wrde, erwiderte SCHEER, dass er mit Konsequenzen rechnen
wrde, da er ja erzahlt habe sie (WILMES und SCHEER) waren vor Ort gewesen. SCHEER fragte
anschlieBend ironisch, ob sie auch eine gemeinsame Zelle bekommen konnten.
AIs der Vernehmungsbeamte SCHEUER den Vernehmungsraum wieder betrat und dem SCHEER
die ausgedruckte Vernehmung vorlegte, damit er sie durchlesen und unterschreiben konnte, sagte
SCHEER zum Vernehmungsbeamten SCHEUER, er habe WILMES angerufen und sein Kollege
wrde im Gefangnis eine gemeinsame Zelle reservieren. Obwohl diese sarkastischen
BemrlGll1gen von SCHEER bewusst sehr provokativ formuliert waren; 'wo1lfen wir wie
vorbemerkt, zu diesem Zeitpunkt nicht mehr umfassender hierauf eingehen.
SCHEER sprach nicht, wahrend er die Vemehmung durchlas. Derselbe wirkte extrem
nachdenklich und er machte weder eine Andeutung noch kommentierte er einzelne Passagen oder
Formulierungen.
SCHEER war sich, aIs er seine Vernehmung durchlas und unterschrieb, sowohl seiner Aussagen
als auch der hieraus moglicherweise resultierenden Konsequenzen, vollkommen bewusst! Obwohl
sich SCHEER selbst ausgemalt hatte, dass er und WILMES hierdurch bedingt mit einer
Gefangnisstrafe rechnen konnten, wollte SCHEER seine Aussagen weder berichtigen noch
streichen lassen. SCHEER unterschrieb die Aussagen kommentarlos.
Ohne, dass wir auch nur andeutungsweise eine Tatbeteiligung von SCHEER in Erwagung zogen,
hatte SCHEER am 13.11.06 und am 16.11.06 zweimal ausgesagt, sie (BMG) waren nicht vor dem
Attentat am Flughafengeliinde in der route de Sandweiler auf Patrouille gewesen. Nach der
Darlegung der Zeugenaussage bezog er die Taterbeschreibungen eindeutig auf sich und seinen
Kollegen WILMES Jos. Nun sah er sich dazu genotigt seine und die Priisenz seines Kollegen
WILMES Jos doch noch an fraglicher Stelle vor dem Attentat, aIs moglich darzustellen.
Wahrend der gesamten Vernehmung lag das Dienstjournal der BMG aus dem Jabre 1985 vor
SCHEER auf dem Vemehmungstisch und derse1be hatte mehrmals das Journal durchgeblattert und
einze1ne Einsiitze oder Missionen kommentiert. In dieser entscheidenden Phase seiner
Vemehmung aber fragte SCHEER weder uns, noch nahm er selbst das Dienstjoumal um
nachzusehen, ob er und sein Kollege WILMES am Abend des Attentates auf den Flughafen, im
Dienst waren.
Wir wussten aber bereits zu diesem Zeitpunkt, dass gemiiss Dienstjournal, am Abend des
Anschlages Finde1 kein BMG-Beamte gearbeitet hat. Fr SCHEER ware es ein Leichtes gewesen
dies nachzufragen oder aber selbst zu berpTfen. Wie aber hiitte er dann, nach seinen getatigten
Aussagen, eine obendrein nicht dienstliche Priisenz am Tatort erkliiren konnen? Wir inforrnierten
ihn auch nachtraglich nicht ber diese Begebenheit.
Suite cette dclaration les enquteurs procdaient le 30 novembre 2006 une audition de
Monsieur Daniel LAUCKES 320, qui aprs avoir rappel le dbut de son trajet dans la soire du 9
novembre 1985 dclara:
320 Rapport 583 du 13.02.2007 du Groupe AE, sub 7 et armexe 16
114
Gefhlsmassig, glaube ich etwa drei Minuten, ab der Haftanstalt gefahren zu sein, aIs ich meine
Beobachtung machte. Ich sah weder am linken oder rechten Fahrbahnrand ein Fahrzeug abgestel1t,
aIs plotzlich, kurz nach der Einfahrt zum amerikanischen Soldatenfriedhof, ein Mann von rechts
kommend ber die Fahrbahn lief. Es war in der Hohe, wo sich damaIs im Zaun des
Flughafengeliindes e i n ~ Eingangspforte befand. Von der Sandweilerstrasse aus, fiihrte ein
Schotterweg, zirka la Meter weit zu dieser Pforte. Gegenber, auf der linken Strassenseite,
befindet sich eine Boschung und ein Abhang.
Unterhalb des Abhanges befindet sich unweit eine Strasse, welche vom Soldatenfriedhof in
Richtung des Friedhofes von Hamm fiihrte.
1ch schiitze, dass ich etwa 150 Meter entfernt war, aIs ich den ersten Mann erb1ickte. Derselbe war
bereits im Begriff ber die Strasse zu laufen. 1ch schiitze, dass ich zirka 100 bis 110
Stundenkilometer fuhr. 1ch erschrak, bremste mein Fahrzeug ab und hupte. Kurz hinter dem ersten
Mann, folgte ein zweiter Mann und lief ber die Strasse. lch schatze meinen Abstand zu
demselben auf zirka 20 Meter. Ich hatte zwischenzeitlich mein Fahrzeug abgebremst und stand
still. Der erste Mann hatte den Enken Fahrbahnrand erreicht, blieb kurz stehen, wartete auf den
anderen, und beide liefen dann den Abhang hinunter. Ich hatte das Fenster geoffnet, und da ich
erschrocken und wtend ber ihr Verhalten war, schrie ich die Beiden an. Der Erste drehte sich
noch beim Fahrbahnrand um und sah in meine Richtung. Der Zweite war vor meinem Fahrzeug
entlang gelaufen ohne mich anzusehen. Auf der linken Seite befand sich damaIs eine nicht sehr
hohe Leitplanke. Der erste Mann war vor der Leitplanke stehen geblieben um auf den Zweiten zu
warten, und aIs dieser ihn erreicht hatte, lief der zweite Mann zuerst den Abhang hinab.
Frage: Konnen Sie heute noch die beiden Manner beschreiben?
Antwort: Der Mann, welcher aIs erster ber die Strasse lief war der grossere der Beiden. Er hatte
eine scWanke Statur, ich schiitze seine Grosse auf etwa 1,80 Meter, d.h. er war auffallend grosso Er
war dunkel bekleidet. Von diesem Mann konnte ich das Gesicht sehen, kann mich jedoch nicht an
die Gesichtszge erinnem. Ich bin mir jedoch sicher, dass er keine Brille trug. lch weiss heute
nicht mehr ob er eine Kopfbedeckung trug. Von der Kleidung selbst kann ich heute keine Angaben
mehr machen. lch schiitze das Alter des Mannes auf zirka 25 bis 30 Jahre. Der Mann war dem
Aussehen nach Mitteleuropiier.
Der zweite Mann, war kleiner, zirka 170 m grosso Seine Korperstatur war durchtrainiert, d.h. er sah
nicht dick sondern eher kraftig aus. Dieser Mann hatte eine dunkle Mtze auf, wobei nur ein
AugenscWitz sichtbar war. Es war eine Art "Cagoulle". Auch dieser Mann war dunkel bekleidet.
ber die Art der Kleidung, und das Schuhwerk der beiden Miinner vermag ich heute keine
Aussagen mehr zu machen.
Il importe donc, entre autres, de retenir que les dclarations du tmoin LAUCKES correspondent
parfaitement en ce qui concerne le physique des deux hommes apperus sur la route, savoir un
homme de grande taille et mince et un autre de plus petite taille et plutt corpulent, correspondent
parfaitement d'une part en ce qui concerne le physique des Messieurs WILMES et SCHEER. D'un
autre ct, la manire de traverser la route savoir que le grand homme mince prcdait l'homme
la petite taille a t faite par Monsieur SCHEER avant que Monsieur LAUCKES n'apporte
subsquent par son tmoignage les mmes prcisions.
115
Lorsque Monsieur SCHEER ft rentendu le 14 dcembre 2006 par le Service de Police
Judiciaire
32l
et confront une nouvelle fois ses dclarations antrieures et celles de Monsieur
Daniel LAUCKES il s'tait rendu compte ,des consquences pour lui des propos tenus
antrieurement, et il a essay de rectifier le tir et dclara 322:
Frage: Wir stellten ihnen gelegentlich ihrer Vernehmung folgende Frage: Wir teilen ihnen mit,
dass ein Zeuge aussagt, er habe verdiichtige Personen kurz vor dem Attentat gesehen, ais diese die
Strasse vom Flughafengeliinde kommend, in Hohe des amerikanischen Friedhofes, in der rue de
Sandweiler berquerten. Haben sie Kenntnis von diesen Beobachtungen? Wir gaben ihnen
hiraujhin eine Beschreibung der Personen und haben wortwortlich sogar von Tiitern gesprochen.
Sie haben darauf hin folgendes geantwortet: "Sie teilen mir die Beschreibung der Personen mit,
welche der Zeuge beim F1ughafen gesehen hat. Die Beschreibung so wie sie sagen passen auf
und mich. 1ch hatte effektiv eine solche Wollmtze und auch ein.e Es
kann sein, dass wir am Abend des Attentates dort waren und ber die Strasse liefen. 1ch kann dies
jedoch nicht mit Bestimmtheit behaupten. 1ch kenne den Weg welcher vom Parking des
amerikanischen Friedhofes hinab in Richtung Hamm fiihrt. Die BMG fhrte in diesem Weg
bungen durch. Es kann sein, dass das Fahrzeug auf dem Parking des Friedhofs abgestellt war."
Was hiitten sie und Wilmes vor dem Attentat an dieser Stelle tun konnen? Nennen Sie uns einen
plausiblen Grund wieso sie kurz vor dem Attentat an dieser Stelle die Strasse berquert hiitten.
Antwort: Ich habe das ganze falsch verstanden und bin davon ausgegangen dass der Zeuge zwei
Personen nach dem Attentat beobachtet hat. 1ch habe weder wahrgenommen, dass sie von Tatem
sprachen noch davon dass der Zeuge diese kurz vor dem Attentat gesehen hatte. Auch ist mir dies
nicht aufgefallen, aIs ich die Vemehmung durchgelesen und unterschrieben habe. Meine Aussage
beruht alleine auf der Beschreibung der zwei Tater. Von der Statur her hatten wir beide
zweifelsfrei auf die Beschreibung gepasst, ich sagte dies nur so ohne mir der Konsequenzen
bewusst zu sein.
Frage: Sie wurden wiihrend dem Gespriich mehrmals befragt ob sie wirklich vor Ort waren,
woraujhin sie mehrfach gesagt haben, die Moglichkeit bestnde, dass sie es waren. Wir fragten Sie
wo sie ihr Fahrzeug abgestellt hatten und sie antworteten, hochstwahrscheinlich auf dem Parking
des Soldatenfriedhofes. Nachdem wir sie mehrmals befragt hatten und sie mehrmals geantwortet
hatten, es wiire durchaus moglich, dass sie und WILMES dies waren und nachdem sie
nachgedacht hatten, machten sie folgende Bemerkungen: Dat wiirt io Konsequenzen hun,
hoffentlech kreien mir eng Zell zesummen usw. Welche Konsequenzen errechneten Sie sich nach
ihren Aussagen?
Antwort: Ich wollte nur einen Witz machen. 1ch nahm das ganze nie emst. 1ch war mir nicht
bewusst, dass meine Worte derartige Folgen hatten.
Lors de l'audition du 24 janvier 2007 Monsieur SCHEER dclara encore 323:
Frage: Waren Sie alleine oder zusammen mit ihrem damaligen Arbeitskollegen WILMES Joseph
am Abend des Attentates auf die Anlagen des Flughafens Luxemburg, d.h am Samstag den 09.
November 1985, gegen 2200 Uhr, vor dem Attentat aus dienstlichen oder privaten Grnden in der
Niihe des Flughafengeliindes, genauer gesagt in der route de Sandweiler, in Hohe des
amerikanischen Soldatenfriedhofes?
321 Rapport 589 du 08.02.2007 et rapport 583 du 13 .022007 du Groupe AE
322 Il ft accueilli par le commissaire Marc WEIS et dans l'ascenseur, Monsieur SCHEER remarqua qu'il s'attendrait une accusation.
323 Rapport 589 du 08.02.2007 et rapport 583 du 13.02.2007 du Groupe AE
116
Antwort: Privat war ich mit Sicherheit nicht kurz vor dem Attentat d.h. am 09.11.1985 am
Flughafengeliinde resp. in der Nahe des Tatortes. Dienstlich war ich meiner Meinung nach auch
nicht dort obschon die Moglichkeit bestanden hatte, dass wir dort eine Sicherheitspatrouille
gemacht hiitten und auch noch auf anderen PHitzen waren, nein. Was wir mit Sicherheit nicht
waren, ist, dass wir dort ber die Strasse liefen mit Mtzen auf dem Kopf.
Frage: Ais Sie am 10.08.04 betreffend das Attentat Findel befragt wurden, sagten Sie, dass Sie
ber das Attentat Bescheid wssten und in der Gegend, jedoch nicht am Tatort weilten. AIs Sie am
13.11.06 auf das Attentat Findel angesprochen wurden, sagten Sie, Sie hatten gehort, dass die
Tiller in der Nahe des Wasserreservoirs den Zaun berwunden hatten um aul das
Flughafengelande zu gelangen. Wir teilten ihnen sodann mit, dass ein Zeuge die Tater gesehen
hatte, aIs diese das Flughafengelande kurz vor dem Anschlag verlassen hatten, woraujhin Sie
antworteten dies ware ihnen nicht bekannt gewesen. Am 16.11.06 befragten wir Sie nochmals zum
Attentat Flughafen und sagten ihnen eindeutig am Anfang dieses Gespraches abermals, dass dort
zwei Tiller, kurz vor dem Attentat gesehen wurden, woraufhin Sie uns prompt antworteten, dass
wir ihnen dies bereits gesagt hatten, sie jedoch nichts davon wssten und auch kein Dispositif am
Flughafen hatten. Unmittelbar danach sagten Sie aus es konne sich hierbei um WILMES Jos und
Sie handeln. Am 14.12.06 sagten Sie aus, Sie hatten ihre vorige Vernehmung zwar durchgelesen
und unterschriebenjedoch waren Sie davon ausgegangen, dass der Zeuge von zwei Personen. d.h.
nicht von Tatern sprach und Sie hatten auch nicht wahrgenommen, dass der Zeuge diese
Beobachtungen kurz vor dem Attentat machte. Sie hatten lediglich anhand der Beschreibung der
beiden Personen ihren Namen und den Namen ihres Kollegen WILMES genannt. Waren Sie oder
ihr Kollege WILMES Jos, vor oder nach dem Attentat, aus beruflichen oder privaten Grnden an
der in Frage stehenden Ortlichkeit, haben siejemals dort die Strasse zu Fuss berquert?
Antwort: Ich wusste, dass ein Attentat am Findel geschehen war und es kann sein, dass wir nach
dem Attentat rund um das Flughafengebaude Patrouille fuhren so wie auch um andere Objekte.
Die am 10.08.04 getiitigten Aussagen bezogen sich nicht auf den Abend des Attentates sondem auf
die Zeit danach. Ich kenne den Tatort Findel nur von den Fotos welche sie mir im November 2006
gezeigt baben.
Es stimmt dass icb sagte, dass davon die Rede ging, dass die Tater in der Nahe des
Wasserreservoirs ber den Zaun geklettert waren. Es stimmt, dass sie mir mitteilten, dass deren
zwei gesehen wurden aIs sie zur Sandweiler Seite ber die Strasse liefen, wobei icb nicbt mehr
weiss ob sie von Personen oder Tiitem spracben. Es stimmt dass sie mich am 16.11.06 nochmals
darauf anspracben und ich ihnen antwortete sie hatten mir dies bereits gesagt, ich habe jedoch
nicbt gehort, dass sie von Tiitem sprachen und nicht davon, dass diese VOT dem Attentat ber die
Strasse liefen. Icb babe meine Aussagen vom 16.11.06 durcbgelesen und unterschrieben, jedoch
habe icb nicht darauf geacbtet, dass sie von Tiitem sprachen, welche vor dem Attentat ber die
Strasse liefen. Ich nannte, aIs ich die Personenbeschreibung borte prompt den Narnen von
WILMES und mir, jedoch bezog sicb dies lediglich auf die Personenbeschreibung die sie mir
gaben. Icb war weder var nocb nach dem Attentat mit WILMES oder alleine, an besagter
Ortlichkeit, in der rue de Sandweiler ber die Strasse gelaufen.
Frage: Unsere Fragestellung und ihre Aussagen bezogen sich eindeutig auf die genannte
Ortlichkeit und auf das Attentat Findel. Sie wurden am 16.11.06, nqchdem wir ihnen die
Personenbeschreibung der Tater mitgeteilt hatten und Sie uns sagten, es konne sich um WILMES
und Sie selbst handeln, nicht nur einmal sondern mehrmals, kurz hintereinander von uns befragt
ob Sie und WILMES an der Ortlichkeit waren. Wir haben Sie, nachdem Sie mehrmals antworteten
es ware moglich, dass Sie und WILMES dort eventuell auf Patrouille waren, ausdrcklich darauf
hingewiesen, dass wir dies so niederschreiben wrden, damit kein Missverstandnis aufkommen
wrde. Wir haben hierbei mehrmals wiederh0lt. dass es sich um Tater handeln wrde, welche
schwarze Wollmtzen trugen, woraujhin Sie antworteten, dass sie solche Wollmtzen hatten und es
moglich sei, dass sie dort auf Patrouille waren und dort hinber liefen. Falls Sie, wie Sie nun
aussagen niemals zu Fuss, dort ber die Strasse liefen, wieso kam ihnen sofort, nachdem wir ihnen
117
die Beschreibung der Titer nannten, der Gedanke es konne sich unter den genannten Umstinden
um Sie und WILMES handeln?
Antwort: Es stimmt wohl, dass sie mir dies mehnnals sagten und micn ausdreklieh darauf
hinwiesen und naehfragten ob ich und WILMES wirklich an Ort und Stelle waren und es stimmt,
dass ich ihnen mehrmals antwortete es konne sein, dass wir dort waren. Wir waren oft dort auf
Patrouille. Ich hatte eine blaue Wollmtze und zwar blaue Wollmtze und nicht wie sie sagten
schwarze. Wir sind ofters um das FlughafengeHinde gefahren. Es stimmt auch, dass sie mieh
darauf hinwiesen, dass sie dies niederschreiben wrden, damit kein Missverstndnis entstehen
wrde. Ich habe dies ausgesagt, da es hatte sein konnen, dass wir dort in der Gegend einmal auf
Patrouille waren und ich konnte dies nicht verneinen aber ich bin nie dort ber die Strasse
gelaufen.
Frage: Wir haben sie nicht nur gefragt ob sie dort aufPatrouille waren sondern fragten sie ganz
klar ob Sie dort ber die Strasse liefen wobei sie mehrmals antworteten es ware-miJg/ich.-- Wies()
sollten sie dort ber die Strasse laufen?
Antwort: Es war so vieles moglich, dass wir dort stehen blieben ... nein, ich bin mir sicher, dass
wir dort nicht stehen blieben, wir waren nicht au13erhalb des Autos, ich jedenfaIls nicht. Ich war
nicht mit Jos dort.
Frage: Warum haben sie dann am 16.11.06 diese Moglichkeit aufgelassen und nicht gesagt es
wrde ausser Frage kommen, dass sie dort waren?
Antwort: !ch wiederhole mich, ich sah am 16.11.06, aIs sie mich verhorten mehrere
Moglichkeiten, dass wir dort auf Patrouille gewesen waren und wollte dies nicht aussch1iessen, ich
habe jedoch zwischenzeitlich gengend ber die Sache nachdenken konnen und bin mir sicher,
dass wir nicht dort waren.
Frage: Erkliiren Sie uns wie Sie draufkommen, wir kannten von etwas anderem aIs von Titern
sprechen, wenn wir Sie im Rahmen des Attentates Findel auf eine dementsprechende
Zeugenaussage hinweisen? Welche Personen kommen ihrer Meinung nach noch in Frage dort mit
Mtzen maskiert, bei Dunkelheit ber die Strasse zu laufen?
Antwort: Maskiert waren wir jedenfalls nicht, aIs wir auf Patrouille waren, vielleicht war es
jemand, welcher dort seine Notdurft verrichtete oder eine Autopanne hatte, ich weiss es nicht. Es
ist eine so dumme Aussage, dies passiert, wenn man etwas zu locker nimmt. Ich realisierte nicht,
dass sie von Tatem sprachen.
Frage: Nachdem wir ihnen die Statur der beiden Tater beschrieben hatten, welche der Zeuge sah,
fragten Sie, indem Sie von sich sprachen: Hatte ich nicht noch eine grne Feldjacke an, woraufhin
wir antworteten dies konne durchaus sein. Sie waren hieraufhin emotional stark aufgeregt und
lachten auf diese Frage hin laut wobei Sie wortlich sagten: "Dat war de Jos an ech ". Wir haben
lhnen die Zeugenaussage betreffend die Statur und das Aussehen der Tater nochmals erlautert
woraufhin Sie fragten, ob WILMES nicht noch rief "Houeren SCHElER komm elo". Wir tei/en
ihnen nun mit, dass der Zeuge aussagte, dass die grassere Mannsperson aIs erste ber die Strasse
lief und am linken Fahrbahnrand kurz stehen blieb und wartete. Der Zeuge musste sein Fahrzeug
wegen diesem Mann abbremsen und der zweite kleinere Mann lief kurz vor dem Fahrzeug des
Zeugen ber die Strasse, dem grosseren Mann folgend, den gegenber liegendenden Abhang
hinab. Wieso gehen Sie davon aus, dass WlLMES aIs erster ber die Strasse lief und ihnen zurief,
Sie sollen sich beeilen?
Antwort: Es ist absolut richtig, ich legte mir die Szene so aus wie ich sie in meiner Vorstellung vor
mir sah, aIs wenn WILMES und ich zusammen auf Patrouillen gewesen waren. Er mit seinen
langen Beinen lief sowieso schneller aIs ich. Ich sab das ganze aIs Witz. !ch hatte eine ganz
118
schlechte Fantasie aIs ich das sagte. !ch kann mich nicht erinnem, bei dieser Aussage stark
aufgeregt gewesen zu sein, ich war stark aufgeregt, aIs sie mich am 14.12.06 zu den
Unstimmigkeiten vemommen haben, damaIs regte ich mich wirklich auf. Ich konnte, obwohl sie
mir das ganze wiederholten, nicht glauben, dass sie das ganze emst nehmen WIden, dies war
meine Misere. Ich war es nicht welcher ber die Strasse lief und ich kam im Traum nicht darauf,
dass einer auf die Idee kommen konnte mich zu verdachtigen.
Frage: Wir haben ihnen die Reihenfolge in welcher die Tater ber die Strasse liefn nicht in ihrer
Vernehmung vom 16.11.06 genannt. Wie kann es sein, dass Sie in ihren Aussagen betreffend die
Reihenfolge richtig lagen, falls Sie nicht selbst hinberliefen?
Antwort: Es liegt in der Situationskomik selbst indem ich mir bildlich ausmalte wie wir ber die
Strasse liefen. WILMES voran und ich hinterher, sonst nichts.
Frage: Nachdem wir die Befragung betreffend das Attentat Findel beendet hatten, wurde die
Vernehmung von uns abgebrochen und ausgedruckt. Sie gingen zur Toilette und aIs Sie
zurckkamen, sagten Sie wortlich zum Kollegen MARX, Sie hiitten WILMES angerufen, woraujhin
der Kollege MARX Sie nach dem Grund fragte. Sie antworteten hieraujhin, dass Sie ja erziihlt
hitten Sie waren vor Ort gewesen und dies wrde ja Konsequenzen haben. Sie sagten weiterhin
zum Beamten MARX: "Hoffentlich bekommen wir eine gemeinsame Zelle" Falls Sie uns bei al!
dem, was wir am 16.11.2006 betreffend das Attentat Findel besprochen habenfalsch verstanden
haben, wieso haben Sie wahrend Sie zur Toilette waren und Zeit hatten ber ihre Aussagen
nachdenken konnten, Konsequenzen, jr sich und ihren Kollegen WILMES Jos errechnet? Wieso
sollten Sie sich, falls Sie nichts mit der Angelegenheit zu tun haben, Gedanken darber machen,
dass Sie wegen ihren kurz vorher getitigten Aussagen ins Gefiingnis mssten?
Antwort: Mir war auf der Toilette bewusst geworden, dass sie eventuel1 einen Zusammenhang
zwischen meiner Aussagen betreffend die Anwesenheit am Tatort und den Tatem ziehen wrden
und mich deswegen verdachtigen WIden. !ch machte die Bemerkung betreffend die
Konsequenzen lachend gegenber dem Kollegen MARX, da ich selbst nicht glaubte, dass sie mich
wirklieh verdachtigen wrden. !ch habe keinesfalls WILMES Jos angerufen um mit ibm zu
sprechen.
Frage: AIs der Kollege SCHEUER, nach dem Ausdrucken der Vernehmung, wieder in den
Vernehmungsraum kam, wiederholten Sie ihm gegenber die Bemerkungen betreffend ihren
Kollegen WILMES und sagten Sie hatten ihn angerufen, damit sie eine gemeinsame Zelle
bekommen wrden. Sie waren sich demnach ganz genau bewusst, was Sie ausgesagt hatten und Sie
haben uns nicht, wie Sie am 14.12.2006 aussagen falsch verstanden. Wieso haben Sie am
14.12.2006 ihre Aussagen derartig korrigieren wollen?
Antwort: Ieh war mir wie ich bereits aussagte bewusst, aIs ich von der Toilette kam, dass ieh
Blodsinn erzahlt hatte. Ieh habe anfangs nicht aufgepasst was ich erzahlt hatte. Am 14.12.2006 war
ieh mir bewusst geworden, dass ich Blodsinn erzahlt hatte und wollte dies richtig stellen. Ich war
einfach der Meinung dies wrde kein Mensch emst nehmen.
Frage: Beim Durchiesen ihrer Vernehmungfragten wir Sie, wo sie ihr Kfz abgestellt hatten, aIs sie
sich an besagter Ortlichkeit befanden, woraujhin Sie antworteten; hochstwahrscheinlich auf dem
Parking des amerikanischen Soldatenfriedhofes. Falls sie dort auf Patrouille waren und etwas
kontrollieren wollten, wieso sollten sie ihr Fahrzeug auf dem Soldatenfriedhof abstellen, um
anschliessend 150 Meter von hier entfernt, die Strasse zu berqueren, zum Flughafengelande zu
gehen, und anschliessend wieder laufend zu ihrem Fahrzeug zurckzukehren. Was oder wen hatten
sie denn dort eigentlich berprfen konnen? Wieso sollten sie ihr Fahrzeug derart weit entfernt
abstellen um etwas zu kontrollieren?
119
Antwort: Vergessen sie dies, ich war nie dort. Wir hatten kein Auto auf dem Parking stehen und
wir standen auch nirgends anders. Wir waren nicht dort ber die Strasse gelaufen und auch nicht
am Attentat beteiligt.
Frage: AIs der Kollege WEIS Sie vor ihrer Vernehmung am 14.12.2006 an der Eingangstr
abholte und Sie zusammen mit ihm im Auftug fuhren, sagten Sie zu ihm, dass falls das ganze
vorber sei, Sie mit gerichtlichen Folgen d.h. mit einer Anschuldigung rechnen wrden, ihre Worte
waren: "Wann die ganz Geschicht hei eriwer ass, wiirt ech missen mat enger Uschellegung
rechnen ". Sie haben anschliessend ihre am 16.11.2006 getiitigten Aussagen aIs falsch bezeichnet
und abgeiindert. Wieso konnten Sie vor ihrer Vernehmung mit einer Anschuldigung ihrer Person
rechnen?
Antwort: Ich war mir bewusst, dass ich am 16.11.2006 den ganzen BI6dsinn erzahlt hatte und nicht
h ~ t t ~ ~ t U S der Vemehmung streichen Iassen. !ch konnte mir deDken, aIs sie micn arnjefen, dass es
sich nur um die idiotische Aussage vom Flughafen Finde1 handeln konnte. Mir wurde bewusst was
ich damit ausge16st hatte und dachte man wrde ber meine Aussagen lachen und es ware gut.
Frage: Haben Sie mit WILMES ber die Aussage Findel gesprochen bevor wir sie am 14.12.2006
nochmals dazu vernommen haben? WILMES wurde am 14.12.2006 ebenfalls von uns
einvemommen, wussten Sie dies?
Antwort: Ich weiss nicht mehr ob ich mit WILMES Jos darber gesprochen habe, ich kann mich
nicht erinnem, ich habe mir keine Gedanken darber gemacht. Ich habe nicht gewusst dass
WILMES ebenfalls am 14.12.2006 vemommen wurde.
Frage: Hat WlLMES Jos mit ihnen ber seine Vernehmung vom 15.11.06 resp. 12.12.2006
betreffend die Attentate gesprochen oder haben sie ber ihre Vernehmungen mit WILMES
gesprochen?
Antwort: Ich kann mich nicht erinnem, mit WILMES betreffend unsere Vernehmungen
gesprochen zu haben. Was andert dies auch an der Sache, ich kann mich nicht erinnern.
Frage: Sie wurden von uns darauf hingewiesen, dass es wichtig wiire ob Sie an der Ortlichkeit
waren oder nicht und wir haben ihnen sogar ausdrcklich gesagt, wir wrden dies so
niederschreiben wie Sie es sagten. Dieses Gespriich war sehr intensiv und Sie wurden hierdurch in
einen aufgeregten Zustand versetzt. Das Gespriich dauerte nicht nur einen Satz lang sondern zog
sich ber mehrere Minuten hinweg, wobei wir Sie mehrmals fragten und Sie mehrmals
wiederholten, es wiire moglich, dass Sie und ihr Kollege WILMES dort waren. Anliisslich ihrer
Vernehmung 14.12.2006 sagten Sie, Sie hiitten einen Witz machen wollen, aIs Sie von
Konsequenzen sprachen. Sie hatten die Vernehmung vom 16.11.06, aIs Sie die Aussage machten,
zu diesem Zeitpunkt noch nicht durchgelesen und unterschrieben. Spiitestens nach dem Durchlesen
der Vernehmung, hiitten Sie uns darauf hinweisen mssen, dass Sie nicht wirklich an der
Ortlichkeit weilten und nur einen Witz machen wollten. Sie wurden schliesslich zur einer
Attentatsserie vernommen und sagen aus die Moglichkeit wrde bestehen Sie und ihr Kollege
WILMES wiiren var dem Attentat am Tatort gewesen. Wieso hiitten Sie dies aIs eine Art Witz
darstellen wollen? Sie haben uns eben noch ausgesagt, dass ihnen bereits am 16.11.2006 bewusst
war, was sie ausgesagt hatten, aIs sie von der Toilette kamen und von Konsequenzen sprachen.
Antwort: Ich realisierte nicht, dass man dies aIs seri6s nehmen wrde, ich dachte nicht, dass man
es derart verwerten wrde. Heute wrde ich ganz anders aussagen. Ich war mir wie ich bereits
sagte bewusst, dass ich etwas ausgesagt hatte was nicht stimmte, aber ich kam nicht einmal auf die
Idee zu sagen sie sollen dies streichen, da es nicht der Wahrheit und der Realitat entsprach. Ich
sagte es aus Jux, es war zum Lachen gedacht.
120
Fragji: Ihnen wurden die berreste der Taschenlampe von der Sprengfalle Findel vorgezeigt.
Betreffend den Quecksilberschalter befragt, sagten Sie aus, dass ihrer Meinung nach der
Quecksilberschalter vermittels Klebstoffes, wobei Sie den Ausdruck Il Glufix" gebrauchten,
befestigt werden musste, damit die Tater dessen Position genau kennen konnten und damit er nicht
mehr verrutschen konnte. Der Quecksilberschalter war effektiv in der Taschenlampe und zwar im
Kopf der Taschenlampe festgeklebt. Sie hatten keine Ausbildung ais Sprengmeister und haben wie
Sie selbst aussagten nicht an bungen teilgenommen, bei welchen Quecksilberschalter eingesetzt
wurden. Vorher stammt ihr Fachwissen betreffend den Aufbau einer salchen Sprengfalle resp. die
sichere Handhabung eines Quecksilberschalters aIs Zndunterbrecher?
Antwort: Ich sagte nicht "Glufix" sondern "Superglu" und es bedarfkeines Fachwissens. Nachdem
Sie mir die berreste vorgezeigt hatten, war es :fur jeden der ein bisschen handwerkliches
Geschick hat einfach sich vorzustellen wie man so etwas zusarnmensetzt. Man braucht kein
Experte zu sein um diese Sprengfalle zu bauen, doch schon um sie zu manipulieren. Ich meine
damit man muss schon ein gewisses Know-how haben um die Taschenlampe zu bauen, ich weiss
wie ein Quecksilberschalter funktioniert, jedoch nicht wie die Taschenlampe aufgebaut war.
Quant l'attentat aux casemates Monsieur SCHEER a rectifi ses dclarations comme suit 324:
Frage: Waher kennen Sie den Zndmechanismus mit dem Eierwecker?
Antwort : Mir ist dieses System mit dem Eierwecker von ausHindischen Lehrgangen bekannt. !ch
denke hier an Lehrgange in Belgien ESI bei deutschen SEK und Erfahrungsaustausch innerhalb
derBMG.
Frage: Haben sie selbst schon solche Eierwecker aIs ZeitschaIter benutzt?
Antwort: Nein, ich kenne dieselben nur aus der Theorie, selbst habe ich keine solche Zeitschalter
benutzt. Ich glaube auch, dass ich dabei war ais hier in Luxemburg aIs in der Gruppe darber
geredet wurde wie das System funktionnieren wrde.
Frage: Sie haben wahrend ihrer Aussage am 13.11.06, aIs sie hierber im Rahmen des Attentates
Kasematten befragt wurden, uns gegenber wortlich ausgesagt:
"Dat war keng grouss Sach, mir hun en einfach opgedreint, dohinner geluecht a sinn gangen".
Gemass vorigem, haben sie jedoch praktisch nie mit einern Eierwecker ais Zndunterbrecher
gearbeitet. Was bedeutet ihre Aussage?
Antwort : An eine Aussage in dieser Forro kann ich mich nicht erinnern. Ich zweifle stark daran
dass ich dies so gesagt habe. Dies ware ja ein Gestandnis. Ich habe damit wohl sagen wollen, die
Handhabung sei nicht so kompliziert und wollte sagen: Sie haben ibn aufgedreht, hingelegt und
sind gegangen, dies auf die Tater bezogen.
Il s'y ajoute que certaines dclarations de Monsieur Marc SCHEER qui sont relates dans le
rapport 583/AE du Service de Police Judiciaire sont pour le moins tranges.
Ainsi lorsqu'il a dclar propos de l'attentat la Piscine Olympique qui eut lieu lors de la
passation d'armes entre Monsieur Jean-Pierre WAGNER et Monsieur Aloyse HARPES
Jidfereen huet seng Manier, seng Freed zum Ausdrock ze brengen , on peut se poser la
324 Audition du 14 12.2006 - Rapport 589 du 08.02.2007 et rapport 583 du 13.02.2007 du Groupe AE
121
question de savoir pour qui en dehors de la Gendarmerie le dpart la retraite de Monsieur
WAGNER a pu tre une occasion de faire la fte.
Il s'y ajoute que Monsieur SCHEER a pu fournir aux enquteurs des explications les' plus
sophistiques en ce qui concerne l'laboration et la confection des diffrents procds employs
pour provoquer les explosions. La torche au Findel est un bon exemple. li en est de mme pour
l'installation dans les casemates.
A propos de l'ensemble des dclarations de Monsieur SCHEER il y a lieu de remarquer qu'
propos de chaque attentat il peut donner les explications les plus sophistiques quant au
mcanisme appliqu tout en afftrmant ne pas avoir de connaissances en matire d'explosifs, sauf
gu'-J'un ou l'autre cours auprs du B.K.A. il aurait appris ceci ou cela.
Eu gard l'ensemble des lments qui prcdent dont notamment ses dclarations relatives
l'attentat au Findel du 9 novembre 1985 Monsieur Marc SCHEER a t arrt le 23 novembre
2007 suite un mandat d'amener dlivr par Madame le juge d'instruction directeur 325.
Il s'entend qu'aprs ses dclarations du 10 novembre 2006 et 14 dcembre 2006 il ne pouvait plus
tre entendu comme tmoin, un tmoin tant astreint dire la vrit ne pouvant tre forc ou mme
invit faire des dclarations qui sont susceptibles de le charger.
Que dans ces conditions il ft inculp tait du point de vu procdural la seille voie possible pour
continuer l'instruction. Ceci lui permit d'ailleurs un accs au dossier. Toute autre personne se
trouvant face des charges d'une gravit comparable aurait d'ailleurs immanquablement
galement t inculpe.
Monsieur SCHEER a continu dclarer devant le juge d'instruction que son rcit initial relatif
l'attentat Findel aurait t une blague et que quant ses soi-disantes connaissances en matire
d'explosifs celles-ci seraient nulles, mais qu'il aurait tout simplement appris par des collgues de
travail aprs les attentats comment chaque systme d'explosion aurait t construit 326.
Lors de sa deuxime audition devant Madame le juge d'instruction directeur 327 il a, sur conseil de
son avocat, eu recours son droit de se taire et de ne rpondre aucune des 19 questions (y non
compris d'ventuelles questions subsquentes) qui figuraient sur le relev des questions prpares
par Madame le juge d'instruction directeur et dont il prit connaissance avant de quitter le cabinet
d'instruction.
L'affirmation de Monsieur SCHEER que ses dclarations du 10 novembre 2006 n'taient qu'une
blague ne saurait tre retenue. C'est en effet en vain qu'on recherche l'aspect humoristique de ses
dclarations, qui ne rentrent dans aucune catgorie d'humour.
Un commissaire en chef, donc un policier au plus haut degr de sa carrire, et certainement rompu
aux arcanes de la procdure connat toutes les suites possibles de ses dclarations en signant celles-
Cl.
Finalement, il est renvoy aux circonstances qui ont entour toute cette audition qui sont
reproduites ci-avant. Ceci est encore corrobor si l'on a pris connaissance de l'enregistrement
audio-visuel ralis lors de l'audition de Monsieur SCHEER du 24 janvier 2007.
325 Procs-verbal 615 du 23.11.2007 du Groupe AE
326 Audition du 24.11.2007 auprs de Madame le juge d'instruction directeur
327 Audition du 18.11.2009
122
Messieurs SCHEER et WILMES ont t demands de justifier dans la mesure du possible leur
emploi de temps lors des diffrentes infractions commises par les auteurs des attentats. Ces
vrifications taient peu concluantes du fait que les attentats avaient t commis par au moins
quatre auteurs. Pour aucune effraction durant toute cette longue priode ils ne pouvaient justifier
un emploi du temps tel que vacances, formations, maladies qui aurait permis d'exclure leur
participation.
A noter encore que le 25 novembre 2009 Monsieur SCHEER fait verser par l'intermdiaire de son
mandataire le certificat de 1'htelier Straub du Schwarzwaldgasthof zwn Lowen situ Titisee-
Neustadt en Fort Noire, duquel il rsulte que Monsieur SCHEER sjournait avec sa famille dans
cet htel durant toutes les vacances de Carnaval depuis 1984, Madame le juge d'instruction
directeur ayant demand de justifier, dans la mesure du possible, son emploi de temps lors des
diffrentes infractions commises par les auteurs des attentats 328.
Monsieur SCHEER joue en l'espce de malchance: Il rsulte en effet des registres o ont t
inscrits les jours de travail des membres de la B.M.G. que durant le week-end de Carnaval 1984 329
Monsieur SCHEER assumait le service de permanence. Il y a lieu d'y ajouter que le registre en
question reflte les situations de travail effectives puisqu'en cas de modifications de jours de
service celles-ci y taient scrupuleusement marques.
En ce qui concerne Monsieur WILMES, il est vrai que les charges son encontre ne rsultent pas
uniquement de dclarations faites par Monsieur SCHEER, qui mettent en cause plus que
gravement et indivisiblement Messieurs SCHEER et WILMES.
L'attitude et le langage du corps (body languag:;) de Monsieur WILMES rorent frappants. Lors de
ses auditions, il tait trs rticent dans ses dclarations, ce qui s'explique par le fait qu'il
pressentait dans chaque question un pige. Il faut relever que Messieurs SCHEER et WILMES
voulaient tout pris cacher qu'ils s'taient concerts avant et pendant les diverses auditions. Une
telle attitude tait dans les conditions donnes compltement incromprhensible, un contact entre
les deux personnes tant considerer en l'espce comme tout fait normal.
Dans ce contexte, il est importa..11t de rapporter un extrait du rapport no AE-583/07 quant au
comportement de Monsieur WILMES lors de ses auditions:
Dass es tatsach1ich eine Absprache zwischen WILMES und SCHEER gab, offenbarte WILMES
selbst am Ende seiner Vernehmung, d.h. am Dienstag, den 12.12.06. Wahrend wir die Vernehmung
ausdruckten und ohne, dass wir WILMES mit der Zeugenbeobachtung Findel und den
diesbezglichen Aussagen des SCHEER vom Donnerstag, den 16.11.06, konfrontiert hatten, sah
sich WILMES gezwungen, das Erinnerungsvermogen von SCHEER in Frage zu stellen. WILMES
fragte, ob es den "Bloden SCHEER" noch geben wrde und bedeutete anbindend, dass das
Gediichtnis von SCHEER nicht mehr das Beste sei. Er wisse, dass SCHEER manchmal anfangs
von einer Sache berzeugt war und sich nachher nicht mehr so sicher war, ob das was er ausgesagt
habe, wirklich so stimmen WTde. Auch wenn SCHEER behaupten wrde, sie beide waren
zusammen an einem Ort gewesen, wrde dies gar nicht bedeuten, dass dies auch in Wirklichkeit
genau so war. WILMES bemerkte hierzu, er wolle dies nur in punkto Gedachtnis von SCHEER
verdeutlicht hahen. Wir gingen zu diesem Zeitpunkt nicht auf diese Bemerkungen ein.
Il ne voulait non seulement cacher un contact avec Monsieur SCHEER, mais il est plus tonnant de
constater que Monsieur WILMES a rpondu une question qui ne lui avait pas encore t pose.
Avant qu'il ait t confront aux dclarations de Monsieur SCHEER concernant leurs prsences
328
Rapport 722 du 22.12.2009 du Groupe AE
329 Week-end du vol Wasserbillig
123
prs de l'aroport lors de cet attentat, il incriminait la mmoire de Monsieur SCHEER ainsi que la
fiabilit de ses souvenirs et de ses affinnations.
En ce qui concerne Monsieur WILMES, il y a encore lieu de faire remarquer qu'il en
l'occurrence d'un excellent bricoleur: n'a-t-il pas construit l'occasion de ftes particulires des
paquets surprise qui, losqu'on les ouvrait, dclenchaient des ptards, ceci la surprise de tout le
monde. Il utilisait pour le dclenchement le mme mcanisme que celui utilis par les auteurs lors
de l'attentat Hollerich et pour la construction du pige feu Asselscheuer c'est dire un circuit
lectrique avec comme interrupteur la pince linge 330.
Vu que lors de l'attentat Hollerich au moins un auteur tait sur place au moment de l'explosion il
se posait la question qui de la B.M.G. a pu tre celui qui a dclench cette explosion. Tous les
membres de la RM.G. taient en mission pour la protection de la famille Grand-Ducale et des
notabilits lors des festivits de la fte nationale. Il a pu tre tabli que Monsi_eur WILMES
quittait le dispositif de scurit entre 21.30 et 22.00 heures. Pour cause de mal de tte, exact ou
allgu, Monsieur WILMES demandait tre dispens de continuer son travail, ce qui lui ft
accord 331.
Lors de sa premire audition le 10.08.2004 devant les enquteurs Monsieur WILMES avait dclar
qu'il avait quitt le service pour cause de mal de tte. Un fait tonnant, vu que selon le journal de
service de la B.M.G. il tait en service en ville pour la protection de la famille Grand-Ducale.
Monsieur WILMES ne pouvait pas rpondre aux questions o il s'tait trouv avec la famille
Grand-Ducale au moment de l'explosion et quelles taient les ractions des membres de la B.M.G.
Un membre de la B.M.G., Monsieur WILMES, avait donc dclar qu'il n'tait plus en service au
moment de l'attentat 332.
Il est important de rappeler que lors de cet attentat c'est la premire fois que l'explosion ft
dclenche moyennant une pince linge. A noter encore qu' l'poque Monsieur WILMES
habitait Hollerich 333, donc tout prs de lieu de l'incident.
Eu gard la version des faits donne par Monsieur SCHEER, qui a mis en cause directement
Monsieur WILMES, et eu gard au dveloppement qui prcde, Monsieur Joseph WILMES a
galement t arrt le 23 novembre 2007 suite un mandat d'amener dlivr par Mme le juge
d'instruction directeur.
Un point particulier relie encore Messieurs SCHEER et WILMES :
Durant toute l'enqute des dizaines de policiers et gendarmes en activit lors des faits viss ont t
entendus, mais eux taient les seuls faire preuve d'une nervosit extrme, les autres rpondaient
au contraire bien calmement aux questions qui leurs taient poses.
Au vu des dveloppements qui prcdent il y a lieu de dire qu'il y a des charges suffisantes de
culpabilit pour renvoyer Monsieur SCHEER et Monsieur WILMES devant la chambre criminelle
du tribunal d'arrondissement de et Luxembourg du chef de tous les faits propos desquels une
instruction judiciaire a t ouverte, les faits constituant un ensemble indivisible ainsi qu'il rsulte
des dveloppements qui prcdent o par la force des choses tous les membres du groupe sont
impliqus de manire active et ceci inextricablement 334.
330 Rapport 583 du 13.02.2007 du Groupe AE, sub 4.2.3
331 Rapport 583 du 13.02.2007 du Groupe AE, sub 4.4.3
332 Rapport 603 du 11.07.2007 du Groupe AE, chapitre 2.9.
333 Monsieur WILMES habitait de 1968 1979 Luxembourg-Hollerich, 74, rue de l'Acirie
334 Afin d'viter toute confusion, il y a lieu d'indiquer qu'aucune instruction ne ft ouverte
- de l'attentat de la maison de Bourscheid (ni Diekirch, ni Luxembourg)
- d'un des vols commis dans le contexte des attentats, et
- pour extorsion de fonds.
124
IVllI) En droiij
Vu les observations qui prcdent;
Attendu qu'il existe des charges suffisantes de culpabilit charge de
1) Monsieur Marc SCHEER, n le 23 juin 1954, demeurant L-2672 Luxembourg, 1, rue de
Virton
2) Monsieur Joseph WILMES, n le 26 dcembre 1956, demeurant L-6951 Olingen, Il, rue de
Flaxweiler
comme auteurs, coauteurs ou complices, pour avoir commis les infractions suivantes :
1) principalement
d'avoir le 30 mai 1984, vers 23.20 heures, partant la nuit, Beidweiler, dtruit ou tent de dtruire
par l'effet d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appartenant la
socit CEGEDEL, en procdant une explosion de manire pyrotechnique,
subsidiairement
d'avoir le 30 mai 1984, vers 23.20 heures, partant la nuit, Beidweiler, dtruit sinon dgrad un
pylne appmtenant la CEGEDEL servant au transport et la distribution de l'nergie lectrique
en procdant une explosion de manire pyrotechnique;
2) principalement
d'avoir le 2 juin 1984, vers 23.20 heures, partant la nuit, Beidweiler dtruit ou tent de dtruire
par l'effet d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appaltenant la
socit CEGEDEL, en procdant une explosion par voie lectrique,
subsidiairement
d'avoir le 2 juin 1984, vers 23.20 heures, Beidweiler, partant la nuit, dtruit sinon dgrad
l'installation de la CEGEDEL servant au transport et la distribution de l'nergie lectrique en
procdant une explosion par voie lectrique;
3) principalement
d'avoir le 27 avril 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, au Staffelter dtruit ou tent de dtruire
par l'effet d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appartenant la
socit CEGEDEL, en procdant une explosion dclenche de manire pyrotechnique,
125
subsidiairement
d'avoir le 27 avril 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, au Staffelter, dtruit sinon dgrad
l'installation de la CEGEDEL servant au transport et la distribution de l'nergie lectrique en
plaant l'explosif dclench de manire pyrotechnique aux piliers de deux pylnes;
4) principalement
d'avoir le 7 mai 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, au Schleiwenhaff, dtruit ou tent de
dtruire par l'effet d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appartenant
la socit Ville de Luxembourg, en procdant une explosion dclenche de manire
pyrotechnique,
subsidiairement
d'avoir le 7 mai 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, Schleiwenhaff, dtruit sinon dgrad
l'installation de la Ville de Luxembourg servant au transport et la distribution de l'nergie
lectrique, en procdant une explosion de manire pyrotechnique;
5) d'avoir le 27 mai 1985, vers 22.55 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par l'effet
d'une explosion dclenche par une charge allumage pyrotechnique un difice de la Gendarmerie
Grand-Ducale, sis Luxembourg-Verlorenkost, servant des runions pendant le temps de ces
runions, sinon qu'ils devaient prsumer qu'il s'y trouvait une ou plusieurs personnes au moment
du crime, avec la circonstance aggravante que les membres de la Gendarmerie Nico EICHER et
Michel CONRAD frent blesss lors de l'explosion;
6) principalement
d'avoir le 28 mai 1985, vers 23.45 heures, partant la nuit, Itzig dtruit ou tent de dtruire par
l'effet d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appartenant la socit
CEGEDEL, en procdant une explosion pyrotechnique,
subsidiairement
d'avoir le 28 mai 1985, vers 23.45 heures, partant la nuit Itzig, dtruit sinon dgrad l'installation
de la CEGEDEL servant au transport et la distribution de l'nergie lectrique, en procdant une
explosion pyrotechnique de deux piliers de la conduite d'lectricit HEISDORF - DUPONT DE
NEMOURS;
7) principalement
d'avoir le 23 juin 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire des ouvrages
appartenant la Ville de Luxembourg Luxembourg-Hollerich, en procdant une explosion
dclenche par voie lectrique,
subsidiairement
d'avoir le 23 juin 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire ou de
dgrader des ouvrages appartenant la Ville de Luxembourg Luxembourg-Hollerich, et plus
126
prcisment des ouvrages servant au transport et la distribution de gaz, en procdant une
explosion dclenche par voie lectrique;
8) d'avoir le 5 juillet 1985 Asselscheuer, peu avant 20.00 heures, install un pige feu
consistant placer un fil de dtente au sol qui aurait d dclencher l'explosion de deux btons de
dynamite avec dtonateur lectrique, l'installation tant fixe un arbre, et ainsi tent
a) principalement:
b) subsidiairement:
de causer intentionnellement et avec prmditation la mort d'autrui
de causer intentionnellement la mort d'autrui
9) d'avoir le 5 juillet 1985, vers 23.50 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par une
explosion dclenche de manire lectrique, les casemates Luxembourg, partant un difice
public, situ en-dessous du Monument aux Morts de la Patrie;
10) d'avoir le 27 juillet 1985, vers 23.30 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire
l'immeuble abritant la S.A. Imprimerie Saint Paul situ dans la rue Plantin Luxembourg-
Gasperich, avec les circonstances aggravantes que le btiment en question tait destin
l' habitation et contenant une ou plusieurs personnes au moment des faits;
11) d'avoir le 28 aot 1985, vers 22.30 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par
l'effet d'une explosion allumage pyrotechnique un difice contenant deux policiers au moment
de l'explosion, le poste de police (dit poste d'octroi) situ Luxembourg au Rond-Point
l'intersection de la rue Porte Neuve et du boulevard de la Foire;
12) d'avoir le 28 aot 1985, vers 23.00 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruitre un
garage par l'effet d'une explosion allumage lectrique, partant un difice appartenant
l'Administration des Ponts & Chausses;
13) d'avoir le 30 septembre 1985, vers 00.57 heures, partant la nuit, Luxembourg, dtruit ou
tent de dtruire par l'explosion d'une charge allumage lectrique l'difice de la Piscine
Olympique situe Luxembourg-Kirchberg, avec la circonstance aggravante que le btiment en
question tait destin l'habitation et contenant une ou plusieurs personnes au moment des faits;
14) d'avoir le 19 octobre 1985, vers 23.02 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par
l'explosion d'une charge allumage pyrotechnique le Palais de Justice, sis Luxembourg, rue du
Palais de Justice, avec la circonstance aggravante que le btiment en question tait destin
1'habitation et contenait une ou plusieurs personnes au moment des faits;
15) d'avoir le 9 novembre 1985, vers 22.13 heures, partant la nuit, procd l'explosion l'aide
de charges pyrotechniques les installations techniques du systme I.L.S. (Instrument Landing
System) installes l'Aroport de Luxembourg-Findel dans deux btiments appartenant l'Etat
grand-ducal;
16) d'avoir le la novembre 1985, vers 15.45 heures, sans prjudice quant l'heure exacte, plac
au Findel un pige feu qui explose ds qu'on y touche et consistant dans une torche aux alentours
immdiats des susdits btiments 1.L.S. situs au Findel et ainsi tent
127
a) principalement:
b) subsidiairement:
c) plus subsidiairement:
17) principalement
de causer intentionnellement et avec prmditation la mort d'autrui
de causer intentionnellement la mort d'autrui
d'avoir caus Monsieur Jean FEYEREISEN avec prmditation des
coups et blessures ayant entran une incapacit de travail personnel;
d'avoir le 30 novembre 1985, vers 12.48 heures, Heisdorf, dtruit ou tent de dtruire par l'effet
d'une explosion un pylne, partant un difice ou une construction appartenant la socit
CEGEDEL, en procdant une explosion pyrotechnique,
subsidiairement
d'avoir le 30 novembre 1985, vers 12.48 heures, Heisdorf, dtruit sinon dgrad l'installation de
la CEGEDEL servant au transport et la distribution de l'nergie lectrique, en procdant une
explosion pyrotechnique de deux piliers de la conduite d'lectricit HEISDORF - DUPONT DE
NEMOURS;
18) le 2 dcembre 1985, vers 17.50 heures, Luxembourg-Kirchberg au niveau du Centre de
Confrences, dtruit ou tent de dtruire un difice public moyennant le jet d'un explosif
dclenchement pyrotechnique ;
19) d'avoir le 16 fvrier 1986, vers 23.07 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par
l'effet d'une explosion dclenche par un systme pyrotechnique la maison de Monsieur Camille
HELLINCKX, sise Luxembourg au nO 188 de la rue de Trves, avec la circonstance aggravante
que la maison en question tait destine l'habitation et contenait une ou plusieurs personnes au
moment de l'explosion;
20) d'avoir le 25 mars 1986, vers 23.13 heures, partant la nuit, dtruit ou tent de dtruire par
l'effet d'une explosion dclenche par un systme pyrotechnique la maison du colonel Jean-Pierre
WAGNER, sise Luxembourg au n 30 de la rue Jean-Baptiste Esch, avec la circonstance
aggravante que la maison en question tait destine l'habitation et contenait une ou plusieurs
personnes au moment de l'explosion.
Vu les articles 51,66,67,392,393,394,398,399,510,511,513,514,516, 517, 518,520 et 523
du code pnal ;
Vu l'article 8 de la loi du 2 fvrier 1924 concernant les distributions d'nergie lectrique dans le
Grand-Duch;
Vu l'article 7 de la loi du 20 avril 1962 de la loi ayant pour objet l'tablissement d'un rseau de
transport de gaz;
Vu les articles 1b, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions;
Vu les articles 127 et 130 du code d'instruction criminelle;
128
REQUIERT
qu'il plaise la Chambre du Conseil du Tribunal d'arrondissement de et Luxembourg,
de renvoyer Monsieur Marc SCHEER, et Monsieur Joseph WILMES devant la CHAMBRE
CRlMINELLE du Tribunal d'arrondissement de et Luxembourg,
du chef des infractions libelles cidessus;
ordonner la disjonction des poursuites "gard des autres auteurs. co-auteurs et complices des
mmes infractions non encore identifis ce jour
Luxembourg, le 25 mars 2010
Le Procureur d'Etat,
Robert BIEVER
T RE(S)
129
Relev chronologique des faits importants en relation directe avec les attentats l'explosif
des annes 1984 1986
1984
1) Entre le 20 et le 23 janvier 1984 Entre 17.00 et 08.00 heures Helmsange Vol d'explosif etc (3,5 kg LUXITE)
2) Entre le 02 et le 07 mars 1984 Entre 16.00 et 04.00 heures Wasserbillig Vol d'explosif etc (50 kg LUXITE)
3) Le 30 mai 1984
A 23.20 heures Beidweiler Attaque pyrotechnique du pylne n018
4) Le 2 juin 1984
A 23.20 heures Beidweiler Dgradation du pylne n
O
l8
2 jambes de pivot -renversement (aIl.
lec.)
1985
5) Entre le 02 et le 04 fvrier 1985 Entre 16.00 et 07.10 heures Helmsange Vol d'explosif etc (25 kg LUXITE)
6) Le 9 fvrier 1985 A 23.00 heures Helmsange Vol de matriel lectroniaue etc.
7) Entre le 15 et le 19 fvrier 1985 Entre 17.00 et 09.30 heures Senningerberg Vol d'explosif etc (84 kg LUXITE)
8) Entre le 15 et le 19 fvrier 1985 Entre 17.00 et 09.30 heures Altwies Vol d'explosif etc (168 kg LUXITE)
~
9) EHre le 15 et le 19 fvrier 1985 Ernzen Vol d'explosif etc (105 kg LUXITE)
10) Entre le 17 et le 19 fvrier 1985 Entre 16.00 et 08.00 heures Brouch Vol de cordon dtonant etc (150m)
11) Le 12 avri11985
A 23.00 heures Bourscheid Destruction pyrotechnique d'une
maison de Week-End
12) Le 27 avril 1985 A 22.00 heures Luxbg PIT-Gare llere lettre (d'extorsion)
13) Le 27 avri11985
A 23.50 heures Staffelter Attaque pyrotechnique contre 2 pylnes 1
N9 (temps d amoraae de 14 minute,'
14) Le 07 mai 1985
A 23.50 heures Schleiwenhaff Destruction pyrotechnique du pylne
n09 et renversement des pylnes nos.
10.11 et 12.
15) Le 08 mai 1985 A 07.00 heures Luxbg PIT-Gare l'ome lettre (d' extorsi on)
16) Le 10 mai 1985 Annonce au Luxemburger Wort
17) Le Il mai 1985 Annonce au Luxemburger Wort
18) Le 14mai 1985 A 24.00 heures Luxbg PIT-Gare 3
1eme
lettre (d'extorsion)
19) Le 15 mai 1985 A 12.20 heures Clervaux Remise fictive de fonds
20) Le 27 mai 1985
A 22.55 heures Luxembourg Dgradation du btiment de la
Gendarmerie (all. pyrotechniaue)
21) Le 28 mai 1985
A 23.45 heures Itzig Dgradation du pylne na 30 (temps
d'amorage de Il,5 minutes) ([Link].)
22) Le 29 mai 1985
A 00.20 heures Itzig 2
'eme
explosion 70 m du pylne
23) Le 29 mai 1985 A 14.00 heures Luxbg PIT-Gare 4'ome lettre (d'extorsion)
24) Le Il juin 1985 A 24.00 heures Luxbg PIT-Gare 5
,eme
lettre (d'extorsion)
25) Le 12 iuin 1985 Luxembourg Remise de fonds
26) Le 12 juin 1985 A 14.30 heures Luxembourg 6\eme lettre (d'extorsion) au Parking
Place du Thtre
27) Le 13 juin 1985 A 19.00 heures Luxbg PIT-Gare 7'eme lettre (d'extorsion)
(BMG-BRIG. STIJP-etc)
28) Le 23 juin 1985
A 23.50 heures Hollerich Destruction d'une conduite de gaz (aIl.
lec.)
29) Le 05 juillet 1985
A 22.15 heures Asselscheuerhof Pige feu allumage lectrique
30) Le 05 juillet1985 Entre 22.40 et 23.00 heures Luxembourg 4 personnes suspectes auprs des
casemates (Plteau du St Esprit)
portrait robot
31) Le 05 juillet 1985
A23.50heures Luxembourg Dgradation aux casemates (aIl. lec.
avec minuterie mcanique 60')
32) Le 27 juillet 1985 A 19.00 heures Luxbg PIT-Gare Lettre Sret Publique avec
dtonateur
33) Le 27 juillet 1985
A 23.30 heures Luxbg-Gasperich Dgradation du btiment du
Luxemburger
Wort (aIl. pyro.)
34) Le 28 aot 1985
A 22.30 heures Luxbg-G1acis Dgradation du poste de Police (aIl.
pyro.)
35) Le 28 aot 1985 A 23.00 heures Luxbg-G1acis Dgradation du garage
Ponts&Chausses (aIl. lec. avec
minuterie mcanique 60')
36) Le 30 septembre 1985
A 00.57 heures Luxbg-Kirchberg Dgradation de la Piscine Olympique
(ail. lec. avec minuterie mcanique
60')
37) Le 19 octobre 1985
A23.02 heures Luxembourg Dgradation au Palais de Justice (aIl.
DVTO.)
38) Le 09 novembre 1985
A 22.13 heures Luxembourg- 2 x destructions (aIl. pyro - interv. 2
Findel minutes) + pige feu ail. lectrique
(torche)
129
39) Le 30 novembre 1985
A 12.48 beures HeisdQrf Renversement du pylne n03 (ail. pyro-
temps d'amorage de 64 minutes)
40) Le 02 dcembre 1985
A 17.50 beures Luxbg-Kircbberg Explosion lors du sommet Europen
([Link].)
1986
41) Le 16 fvrier 1986
A 23.07 heures Luxembourg- Dgradation de la maison
Cents [Link] (aIl. pyro.)
42) Le 17 fvrier 1986 A 18.00 heures Luxbg PTT-Gare 8
itme
lettre (d'extorsion) (adresse
la direction de la Gendarmerie)
43) Le 2S mars 1986
A 23.13 heures Luxembourg- Dgradation de la maison WAGNER
Belair (all. pyro.)
130

Vous aimerez peut-être aussi