Abel-Rémusat - Foe Koue Ki
Abel-Rémusat - Foe Koue Ki
@ - Fo Kou Ki, ou Relation des royaumes bouddhiques, voyage dans la Tartarie, dans l'Afghanistan et dans l'Inde, excut, la fin du IVe sicle par Chy F Hian. Traduit du chinois et comment par M. Abe.... 1836.
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I9S3
PS
PAR
CHY
HIAN.
INTRODUCTION.
Tant aux
de
le plus
lev-
croyances du
la composition les
tout dans
souleves,
le Commentaire
y est joint;
les particularits
touchent aux subtilits d'une rapportes mtaphysique si abstruse, aux rveries d'un mysticisme si raffin ; elles expliquent tant de contradictions, rectifient tant d'erreurs, que lorsque, par des circonstances aussi funestes un esprit ordinaire qu'imprvues, s'est une mme trouv sphre l'ont appel aussi les rsumer, inopinment des ides transport dans
leve
au-dessus
communes,
ramen : fatale
tout
de sa faiblesse empare
impression,
de lui
M. Rmusat ce livre
crire
des sujets
qui
rflexion avait
et l'emploi pour
ensemble
ii les opinions dans indiennes leurs tempre raisonne, et par d'une ne peut
INTRODUCTION. et assez de force Son pour les faire apprcier vive, la critique dans que toutes mais la
rsultats. un jugement
svre pour
assez
sources,
procds
ingnieux
doctrine atteindre.
a tent
de s'lever
multiplis, o l'intelli-
Et soit que, la considrant dans ce qu'elle a de purement il et cherch pntrer dans spculatif, ce sanctuaire tout de mystres et de symboles o elle a comme enferm il l'et la religion considre ; soit dans que, se plaant avec son que, sur un presque influence s'attachant sparer dans terrain tous sur plus solide,
et le faible, observe
sa sublimit des
se bornant
l'exposition
ses progrs accompagn des causes il faut auxquelles depuis bords l'Hindoustan du grand
est ne
et jusqu'au
de quelque manire son sujet, qu'il et envisag dans le rsum offert cette critique qu'il aurait gnraux, cette tous n'auraient t sans sans mystres. et eu consciencieuse rudition ces pour sans ces les les dans des faits
leve de dtail de la
qui distinguent
Philosophe, de cach
mtaphysique auraient
dogmes
voiles, opinions
croyances plus
ont
em-
n'auraient dans
de fables,
les dates
d'incertitude,
INTRODUCTION. ments rgions auxquels l'rudition, rassemblent plus de confusion. Comment oser s'lever conduire toutes moins les
connus
les notions
et touchent
le plus le que
d'exagr;
la difficult de documents
et de rapprocher s'attache
auxquels rserve
si vari, au lieu
par
dune
publication
la mort
auparavant,
de jeter prsent
un
d'oeil un et y
sur les efforts des points des peuples. a prise, rcents peut et
qui ont t tents jusqu' rests les plus obscurs dans Quoique celle qu'il des de l'on connaisse
pour des
l'histoire
et la part assigner
de lui
de l'tude hors
et des traditions
bouddhiques, travaux
il ne ont
paratre
prcd KI. En
du FO KOU il ne suffit
le mrite, pour bien juger a produit, il faut surtout pas de savoir ce que le mrite et les obstacles les facilits d'aprs qu'il a pu rencontrer fallu vaincre.
Il y a vingt Bouddhisme,
ans,
quand
commena suivre;
s'occuper ni conseil,
du ni
il n'avait
dont les rsultats se bornaient d'essais, que d'un petit nombre des rapprochements On hasards ou des conjectures tmraires. s'tait peu occup de ses abstractions morales et mtaphysiques, ou ceux qui avaient t tents d'y jeter les yeux avaient, les uns renonc, souvent dent rente les autres elles aucune et qui sont mal rendues russi par qui nous des les faire connatre. Trop
expressions
se groupent
de mtaphores
prises
d'objets
matriels
notre langage que ceux qui ont servi former figur. Le vide pour Yesprit, Yignorance pour la matire, Iapparence les cinq pouspour le corps, les cinq racines pour nos organes, sires pour nos sens, les cinq amas pour nos facults, et une infinit d'autres termes si loigne du mme du cercle genre, ordinaire doivent tre pris dans que des une longtextes.
ou sensibles
autres
elle a pu rien,
chapper
l'intelligence
en pareil les radicaux, il cas, que d'entendre quand savoir quel sens abstrait reste encore ou dtourn on a attach, soit par convention, tel ou tel driv. soit par caprice, Pour absurde ciation tout tait ne s'tre arrt qu' la signification on n'a pas l'ide littrale et souvent dans l'apprcause Bouddha le nant qu'une de
bouddhique,
double loi de
ce qui existe, et l'on a prononc une loi de nant, que s'y conformer, principe illusoire. tait de l'tre, et les tres
admettre n'ayant
et la rigueur qui
entrane,
aurait
autre moins directe, quelque interprtation On aurait raisonnable. t conduit alors faire sortir gage nigmatique un ensemble rationnel d'ides oppos
chercher
v de
prime-abord. Cependant, Indiens que dont d'une A vrai ceptions nuer l'on elle il faut en convenir, dans par l'objet. d'autant bizarres, qui les toute une l cette antique tellement plus sagesse des
idoltrie de l'examen
mritait
Quels
enseignements et de
entache rcits
y abondent,
en rien
forme.
d'aucune L'un
rejete de la
examen.
rduite
premires bases de
du genre
croyances, qui
appartenaient
de l'insignifiance d'un des qui, prtendu deux depuis zls qui dans
religions
millions mconnu
diffrentes
parties faute
le condamnaient sans le
condamn. abandonna
assez
tait et qui,
difficile, en
apparence,
devoir
effort sut
distinguer
vi la doctrine de la extrieure,
INTRODUCTION. qui n'est qui de Dieu, des vagues des qu'un consiste l'esprit phnomnes polythisme dans oppos allgorique, dogmes et d-
quelques
simples, dans
la matire, il sut et
naturels;
travers d'ides
termes,
et de propositions, mritaient que les au sens philosophie de l'admettre tude seules noncs commun. chinoise sans des
ou mauvaises, clairs, et indienne encore contraires sur loign la pale conl'avait fait la
attir ou
faits,
dductions
de succs
semblaient et
Il accorda du leur qu'on l'tendue les peuples ; adoptes, Siamois, les culte, impory redes du
d'attention
davantage s'occuper non sur les tance, plus marque, rgions monde avec mais qu'elles les plus quelques relativement se sont intolrants, modifications, au que
opinions, ou les
leur soumises.
antiquit Tolres
nations
naissance prs
elles chez
de race dans
moeurs, les
toutes
nomades ces
elles qui,
jamais de la Chine,
impossibles
du nord
se rpandaient
INTRODUCTION. se grossissant et menaaient pays grands bien des peuples l'Europe. ni d'aucune vnements, examins pour comment ne s'est et vaincus, Etrange poque d'aussi en dtail; de faisaient rvolution, n'offrent tonnantes c'est trembler dont l'Asie les
d'tre
vaste le
recherches voyons
l'historien,
mditations
sophe;
il a t compris. occup des tartares. de la religion faits qui la Une mais les ides fois trop de Bouddha concernent seulement systmatique, qu'incidans les
Deguignes demment, annales soumettre tait dhistes heureuse. les des propre, , et l'on
l'occasion
scrutatrice, et cette
traditions que
sait
louable autres,
tentative
Georgi
toutes
dateur
le P. Paulin ou
S.-Barthlemi au moins
grecque, ou plutt
Joerig,
Bergmann, vu du Bouddhisme
lui-mme, Deshauterayes et l encore ses fictions; on a au srieux; des romans des mythes mytholo-
eu le tort ridicules giques fanatiques mot, gine pntrer figure. grossiret on n'a d'une
les
trop
des articles
de foi,
pour
et les conceptions de toute une pour remonter qu'on allgorie ne qu'au peut lieu ne ou
la C'est
valeur parce
expression de Ja
s'accommoder de prter
de pareilles
inventions,
aux nom-
vin breuses folie on qu'il devait populations ne convient n'y voir mme ou pour d'offrir des cette du sujets cause,
si l'on enrichir
veut, une
lgende,
au vulgaire,
peu et rapide
je crois, dans
que
le les
a d
sa grande
toutes
les tribus
peuples turbulentes
les Chinois, se sont levs, qui, comme par la culture des lettres et la pratique des arts, au rang des nations les Mais c'est l aussi ce qui l'a fait proscrire des lieux plus polices. mmes de son origine, ce qui lui a attir les perscutions d'une secte, cette d'offrir folies son ane patrie seule, idoltriques et sa rivale, de tant jalouse d'ides de rgner sans partage dans cts toutes refusaient et les
primitive des
rpandues et
de tous dchues,
populations ftichisme
nerves que
d'un
les Bouddhistes
La diffrence deux
doctrines,
se rapporte t aperue
sacrs
la religion d'erreurs
et cette
schisme ne de
notre
l'adoption
religion
l'exclusion Bouddha
la prfrence
Brahma,
INTRODUCTION. doctrine lition relatives formes duction distinctions conues des nous n'avons autorits seurs sociale rarchie, s'taient Gange dirent les s'est des de Shkya : elle sur celle des Vdas; aussi sur sur une le maintien suite
ix ou l'abo-
castes l'me,
se fonde facults,
de distinctions aux
ses
sa destine,
sa runion
et leur
dsunion,
et la pro; ont sur pour nous et des dfenla vie de hiceux rives : ils les livres qui du
subtiles,
souvent o plus la
matires d'autant
eu, pour
et les juger,
se contentrent
forcer les
teno
intolrante
principes jusque
mme
de Calcutta institutions et
tche
d'interprter
les
Buchanan,
rduits suspectes, pu
entrans dfinitivement
ou n'ont
rapport Wilford,
de
ceux par
qui
les tant
consultait
fraude
INTRODUCTION. lui faisaient que ce trouver qu'il de des dans dsirait nous les textes y mettre voir. en sanscrits, M. Rmusat garde contre a fait entremoins n'a le
aucune des
occasion ennemis
Bouddhistes, ce
la possibilit dans
y a de
nous ont
leur
contribu diriges
fortune; qu'il
il leur
n'a pas
compltement, quelques
et les gards constat ont moins clairer exig rare. de le aclopLow, ont infades sicle,
permis
de
obtenus premire
d'ailleurs des
l'intrt
et l'utilit peu
communes et M.
Johnstone ce sujet
lueurs en la
dcouvrant secte et
perscute, Mahony,
le
Joinville sans
rcemment en Rappliquant
l'puiser;
second
des
monuments qui,
littraires au xme
religieuses La
parmi
les Tartares.
grammaire
et le dictionles sur
M. Schmidt, a publis ne
ouvrages la langue
repose qui
l'application aujourd'hui
en fera,
mais
surtout
confraternit de Paris,
la
Socit
munificence
de
INTRODUCTION. sommes livres devenus tibtains Les au style ceux commenc surmontes; de le Tibet, le matriaux l'Inde au possesseurs et mongols difficults de des ces du qui qui deux Gandjour ne nous et d'une laisse rien collection envier la
xr de aux gramsorte
en quelque que
difficults tre
dsormais mettre le
pour
a t devoir
banni, nous
longtemps, moisde d-
semblent son de
abondante vient
que tels
Hodgson
couvrir poser
que
qu'ils
permettent
de supdes livres dont la lipartie Socit a conquelque d'esjour des idiome sur quesont De con-
portion en sanskrit.
considrable Ces
des
ouvrages, par en la
collection du
envoye seront
Npal,
asiatique sacr ct prer les tions t des qu'on que origines les rdigs
de
Paris,
profitant pour la
fonds
textes.
l'explication, en fera et celle originaux jaillit de sur et certains, doit esprer que,
parts
la lumire
repose arrivent;
ce culte. des
et les esprit
des progrs
annes, France
judicieux
qu'habile
INTRODUCTION. en le rapprochant des pris tous autres naissance dialectes dans qui, l'Inde s'apla-
ont successivement l'antiquit, et dans les contres voisines. Sur nissent, Mais il ne si les s'agit plus que les seul
les points
les routes
de les parcourir. taient sacrs, pour crits jamais dans sa taries, l'idiome doctrine sortir des
sources plus un
la divinit
avait
pour
transmettre encore
ou s'ils ne de la Chine
devaient et du Tibet
conservs; des
si l'on Brahmatres
les textes
rdigs o
de la religion singhalaises mologie n'tait nant natre comme des plus aux la
religion; apparte-
noms en
saints,
recon-
si l'on
les livres des Tibtains rejetait diffrences dans les classifications cosMongols et des cause lgendes prtendait mlange primitive ces plus de leur date qui la y comont docni de dans imles
des
nationales retrouver de et
si l'on sans
entire, dans
reproduits
conson-
analogues
transmises le systme
Chinois.
connaissance
bouddhique,
INTRODUCTION. plent comme avec avantage de une de l'absence ce qu'on srie peut des meilleures en autorits, ce genre,
xm et on
exemple
a de M. Rmusat D'un des pour auteurs se sont YHistoire ressants dates les autre et ct,
de travaux
tt interrompus. historiques dans leur la gographie, ou qu'ils fixent ddain les ne Dj d'int-
nombreuses des la
positions
procds indiens
pas
fait
scrupule avait
mme. combien
et quels
prcieux dans
dbris
conservs
ide
les races On
d'hommes deux
y voyait, la
barrire
leur
l'ouest, de J. C,
au temps Mais
Deguignes
born
dtruite, causes,
attention,
et s'il en
les consquences, d'une ou il les a nonces ses recherches rigoureuse d'autres tails lui sont personne Dans son plus et dans faits, neufs, ainsi avant un
et les appliqua,
esprit moins systmatique, de sujets qu' la discussion qu'ils sont puiss des
parce
qu'avant
n'avait ouvrage
INTRODUCTION. d'ingnieuses aucun quelque il s'en secours, vaste empare les rsultats, les des par pour thories en Europe, et difficile fortement, parties, fait les lments n'avait qu'il soit, pu constitutifs lui donner
il en succder avec
et renverse
observations
superficielles L'histoire
voyatient facilecritique :
c'est ne
une peut
d'esprit et
Il y a l, saisir de que
en effet, des
sries Comme
suites
gnrations.
en proportion vnements;
encore semble
desquels ; o ne lois
eu des
plus habitudes
variables,
locales qui
ce des
manque
distinde ses
dans
qu'il propre,
trangers et la descen-
M. Rmusat
a su tracer Asie;
l'origine c'est en
nomades
de la haute de
natures qu'il et
des rapports
autres,
le genre
INTRODUCTION. ports. montre royaumes comme nent, yeux, parlent, primitif modifi Pour lui, les mots des par sont des faits au moyen de desquels presque
Tartares
lie
celle
philosophiques peuples de celui dtourn reconnatre Sous sont dire pour de leurs des
et religieuses, l'ancien armes. hommes l'une de celles son qui contiA ses qui la tat on! le
beaucoup
succs
rvolutions sur
mettent
la situation
sociale
de vue, secrtes
leur
insu,
il des
suppler
silence
des des de
des
l'tendue soit
moyens retrouver
soumis-
agit nombre
plus
puissam;
ment aussi
d'individus dans
s'y
l'examen Le
diffrents
diverses institutions
peuples au glaive
morale,
d'envahir,
de dvaster
xvi Dans nations lrant le principe, de race ne fit que tandis des autres une turque
INTRODUCTION. gale frocit se faisait : le fanatisme des unes et les place remarquer d'un chez culte les intoet turde
renforcer que
au carnage habitudes
la rapine, bulentes
moeurs pour
s'effaaient
l'uniformit nervante
et contemplative, se ft paisible sur L'action peuples l'alphabet la conversion adopter leurs qui
comme
si l'influence elles
contre. les
Recherches
progrs fut
surtout leur
marquable. intellectuelle, sieurs hindous toute tropole religieux, chercher Histoire naissance tres lorsqu'il sicles
culture Plu-
avaient la Tartarie du
lettres
dans m-
mridionale. ; elle
Bouddhisme et les
l'Inde
rapports y
Samanens sacrs
orientaux
et de pieux
enseignements. un en point
se prpare servira
de ralliement, s'occupera
d'audoctrines
la route
indiennes A la tions
ont Chine
suivie mme,
immuable, nouvelle;
de elles
graves
innova
s'introduisirent
et jusqu' dt
des
exprimer
philosophie parce de
croyances
qu'elle
de s'occuper
dogmes
et de symboles;
INTRODUCTION. moeurs le fondes est furent par que sur en ordre nous, dont dont par n'ont l'introduction tant de preuves le dogme d'harmonie plus paratre le modle l'exemple est dans est dans Les par l'univers, les
xvn dont
principe
ides les
sectateurs et M. R-
tseu
a appuy recevoir
la
Chine
paradoxale
seraient-pas Des
suivre
l'examen. inapprciables, ce qu'elles servi qu'on expliquer n'avait pas ont enregistres de positif certains souponnes, tablies. et rap-
avec
incontestablement suivre
t permis lui
de les
consquences, qui
peuples avant
le nord
conqutes en le voit,
Musulmans. n'tait-on
regrets,
la Chine,
Chinois
ont
patrie,
des
premires
excursions
de cela,
colonies presque
dans
d'une sur
travers
inconnue? c
INTRODUCTION. chapitres Alors qu'il avant sur la religion de Bouddha taient depuis. suffisamment loin fut d'avoir un le il sa on y derniers si avait ne que et le lui tre la gloire
ses premiers de
essais.
Quelquefois tablis;
de
y est dj
le germe
svrit
a trop
dans une
son qui
ne suffisait ou rien
la sienne. de rserve, cette ne rien moindres son attention omettre de sur qui sont est mieux de ceux la si
de
timidit ne retrouve
religieuse qu'on
hasard, les
dans
notices
M. Rmusat,
le FO KOU KI , ainsi relatifs ingal assurer qui l'ont au Bouddhisme. et se drobe ses pas, prcd, d'tre dans juger,
si facilement calcule
sous tous.
il les
il est
entran
de s'garer timide ce
ses vues,
mais
mries, autorit
rflexion respecte
n'a pas
de lui,
oblig
d'tre
consciencieux
INTRODUCTION. ses doutes, Jamais svre dans ses dductions, sacrifier rserv dans
il ne consentira
ni sa raison car et
placs qu'il
la dignit
acquis
des principes littraires ait laiss plusieurs ouQue l'on s'tonne bien
ou
seulement ; que de
le court courageuse
espace
de vivre
activit sans
recevoir
se laisser
aucune, ides
et dont riches
moindres autant
et brillantes ? quel
a recueilli sitaire ou
son hritage
confident
de ses penses nous conduira tout ce qu'il aurait nous rvlera se ft prolonge au moment avait les acquises les
qu'il allait atteindre, nos connaissances encore? profiter enfin Il a t un de avenir M. Pitoutes qu'il quasavoir, lier le en
si sa carrire musat
quelques de nous
annes faire
bases
rante-quatre de son
dans se
toute mettant
la force
son
ge,
peine tant
l'oeuvre de travaux
et excuter ou indits
mdits
ou inachevs. ces derniers, les relatifs les cinq est yeux au sans mme culte conde de
loung, sont de se
transcrits orientale.
l'Asie
achev connatre
contenta
de
de concilier, contenues Tartares. prochements des diffrences entre qui tions sens, pres,
collecexpressions a consacr," et religieux conjectures, ceux des plus les notions Chinois utile et des rap-
dans Pour
indiens,
dans
et cette
et les
faciles, l'on
de rechercher points pentaglotle, d'tudier subir, enfin des soit aux ides sur le les
plusieurs
termes leur
originaux orthographe;
dans noms
et chacun et uns du
des
autres
Burnouf, serait
un
la religion
Bouddha. Encore grand lents tations, mettre de tous stant l'Inde Bouddha les Tartares; et et n'et-ce t l de qu'un des moindres rsultats de ce
Obligs taient
mot rapprocher chaque de confronter toutes attribus, compte des plus lgres
diffrences
lesquels la Chine,
rdigs
au Tibet, sur
de l'autre, si quelques-uns
directement perdus
ginaux,
derniers,
dans
INTRODUCTION. forme sur des authentique copies et primitive, trangres, sans altration Fan, et ni n'ont existent mlange. qui fait pas t refaits purs et du t aprs de facile
encore, Il la base
dictionnaire
et aux Bouddhistes, inclinait vers souleve, les Chinois diffrences quelques semblent rgulire, une le pli, langue et que partout doute systce
propre
ceux-ci. question
le sanscrit de
le plus
aux
lois
et une mots
marche
constituaient
des
probablement
idiome
propagrent
s'tablirent
diffrences
pas de
toutes dmler
Sans migration. dues une intention les modifications de celles palis, les
matique; doit ment guent mais dans chinoise auraient livres mire crits de
la difficult comme
Dans
de ceux que
en sanscrit qui leur correspondent cette distinction soit souvent insensible ou moins altres de langue le sanscrit t du que Fan, la langue
plus Sous
le nom
qui leur sont venus de ces langues, et ceux dans la seconde. Aucune Telle
auraient
analyse,
M. Rmusat.
tradition renferme
cette
hypothse;
particularits
INTRODUCTION. sans grande cependant prcision, fournir et ce sujet les moyens d'atlong-
rclamera
de nouveaux sur
a Hirarchie et une
qui nous
aurait
claircir. le plan et le
premier
morceaux
est tout
de l'ouvrage, le second est un chantillon il aurait t trait; l'un est la thorie, l'autre La succession pour de dieux et rgulire, y de tous perptuer les personnages la doctrine ramene par qui secrte, une M. Rmusat et Shkya au ont
chronologie en trois
religion
Chine, dans
et d'obscurit de l'me ne
que
existence; revtu de
dignit, avait
pour avoir
trouvt
combinant
de personnes,
chronologiquement
et des successions
auxquelles
INTRODUCTION. il ne ment manquait reconnues. de cette indiens, des l'incertitude La dissertation de la de ou que ce Les degr historiens de certitude chinois, supplaient par leur pour qui tre faisaient
principale ments
au silence exactitude
des monuminutieuse,
calculs
quoique des
pourrait suivie,
ide pour
si l'on
n'avait,
natre. pour de la
fondamental,
et jusqu'ici
asiatique. il serait faire difficile, apprcier pour tout autre et et les plus faits que celui qui l'avait de que cette l'on nos pour d'tre prcises du Boudle
l'tendue
regrets sujet
diminuer
satisfait, sur
vnements et
dtails contres
chronologie a fleuri,
la gographie
rassembls, pour
une
succession
de nouveau; langues
que M. Pimusat considrable de temps sa vaste conil faudra des nations sa pntrade
de la plupart
il faudra des
ingnieuse,
tmoignages,.et
INTRODUCTION. pour ne s'carter aussi jamais leve que des la faits sienne tablies rels; pour entre il
philosophie des
tableau
communications Asie et de
religieuses l'Hindoustan,
les peuples
de la haute
modifiant avec En des ides attendant, singulire seules connue diverses de cette par o
le Lamisme,
cette
et sur
constituent et t sur
importante, de hasarder
ides
l'origine
due
chrtiennes aux
successeurs prend de
imagin
hommes Tibtains,
protgs moins
la nature aux
furent de
leurs
l'Asie, dont
et ne cette
rvolutions pendant
globe des de
presque de leurs de de
leur
ouvrant venir
jusqu' Tibet.
empire sur on
Boukharie. nous
soumis au
est presque de
seulement et
ce fut
commencement
splendeur
INTRODUCTION. de gloire que le Bouddhisme de la par la masse une autorit s'introduisit nation, qui alla il finit parmi par eux. prvaloir, jusqu'
d'abord Lamas
prirent
o elle
l'poque en une domiconqutes pays est qu'ils Tartares. l'attenen trente comme civise
religion
l'augmentant, armes sur pour ont pour les les ptres les
remarquable
ne pas montr
traditions du Cette
proches
hritiers
primitif. leur
lisation rduit,
simples
de morale histohin-
et de littrature, riquement dous En prcise romanesque fait ct natre; l'accs leurs mme des connues premiers
portes, par
des des
poques
rcentes,
missionnaires
instituteurs. qu'il un des intrt rveries temps substituait solide plus qu'il ainsi, et durable ou moins par la cet ingnieuses pour toujours connaissance intrt tout avaient de ce
mme opinions
fermait
systmatiques, caractriser propres les Tibtains demi-civilisation ce faut qu'il Bouddhistes connatre dont une ont
M. Rmusat ces
lesquelles de l'espce
puis, qui
a t la
penser
les fera
sacrs,
et
rellement,
ceux
dsordonne
de Bouddha l'ensemble
deviendront de
ce personnage
et lui permettront
de dterminer
de l'espce humaine avec laquelle elle a le plus de rapports est la race indienne. Combinaison aussi simple qu'ingnieuse, qui a renvers de fond en comble des hypothses chafaudes sur une futile en elle-mme, mais d'o question fait dpendre de la civilisation l'origine que Bouddha que qu'ils arts tait ces un deux avaient ngre venu pendant orientale, de t l'Ethiopie peupls par un moment on a
usages, de en
cultiv toute
espce de
routine,
a pas
histoire d'claircir
vrits et de
indiffrentes, discuter,
soit une
prudent
rvoquer, sicles
prmais
et le savoir
sa persuasion,
se soustraire l'hritage
transmettre de toutes
accru
lui-mme
une de
discussion des
les
explications de but
que
Histoire
doctrine leur du
contribue
Deguignes questions
a eu qu'il
claircies. en rapport
moyens le but
sa disposition
INTRODUCTION. posait, tifie, fallu il a t entran indcises progrs des rapprochements des que difficults des rien qu'il
et il a laiss rsoudre.
Les une
compare approfondie
langues et plus
connaissance
quelques permis C'est jour tre rits; ront jamais une sur
tant de dcouvertes asiatiques, dans le champ des antiquits annes, M. Rmusat de russir o Deguignes se perfectionnent que les sciences la valeur des renseignements qu'il balance, d'autres dtruite dcouvertes, mme par
ainsi aussi
diminue, un jour
progrs pourcertains rsultats de ses recherches, sans pouvoir l'opinion que tous ceux qui ont le droit d'en avoir sujets se sont avec tant forme, d'un ensemble de travaux et
de nouveaux
accomplis
d'application,
de persvrance
l'crit des
il
a consign de Deguignes
est
moins des
ides
explication
fondamentaux triade
de la religion de'cette
samanenne unit-trine,
suprme,
et en particulier qui est la base de Bouddha, provient, Ce sont la Loi, auxquelles trois tre, Etres le
la croyance de tous les peuples bouddhistes. voil les trois causes desquelles tout Clerg, tout retourne, sur tout s'appuie. lesquelles trois reprsentations d'un
ou plutt
mme
YIntelli-
et dans la Multiplicit. par la Parole, des mmes mots appliqus la fois leves en et des objets purement philosophique l'enveloppent, que prsente matet on la
de chaque parvenir
de foi toutes
INTRODUCTION. doctrines. C'est un et pas figur, important invent dans par avec l'indes le
ce langage
le plus saints
auquel l'exaltation la
des
raison
l'ignorance premire
et la confusion. donne de n'a pas du seulement systme de l'importance elle et par voir, entre par les
l'ensemble
diffrence du Tibet
et de la Chine, et l'on
doctrine samanenne
suprme, qu'il
et trine
tout
Bouddha ont
premier pu
sanctifis
compltement,
des vertus, la prire et l'extase, on rentre dans le sein pratique de la divinit, dont tous les tres sont sortis par manation, et l'on s'identifie de nouveau avec elle. H y a loin de l cette doctrine du vide et du nant sur aux laquelle sont dirigs Cette les reproches notion par de d'exl'esprit
a remplac, du un
Gange, systme
au-dessous et de la
intellectuelle
Bouddhistes
INTRODUCTION. ne sorte aussi se sparrent davantage peu des Brahmanes ou, possible. que si l'on pour veut, unifier pour en
la divinit, que
en rendre
intelligences et pour
humaine, par
montrer sans
qu'on
comme sans relaqualits de vide, de nant : dnomination toutes recevoir la celles de nom, ngation que l'on applique qui avait mat-
mais
l'avantage la corporit
d'attributs
de persuader
aux
aux jouissances l'esprit, vers comme Avec pense mer qui siste une si l'on comme autant pareille un
mme
envisager objets comme cartant ide, aucun Leur atteindre Mais pour
nos
extrieurs un rve. de sa
croyance, toute de
conoit
qu'en toute
toute dans la
distraction, contemplation prtendre tout, n'est ou plutt leurs qu'aux Bouddha, seuls
s'ab-
il n'y
ait
ne puisse faire
lui-mme. pour
qu'une
Bouddhas, non
puissances mais de
remplissent de
degr avec
confondu n'tait de
pas l'ge
loign actuel,
ou lequel
le Bouddha des
d'aprs
personnages
imaginaires
xxx pour frentes duire tre reports, priodes reconnatre manifestations du trouve
INTRODUCTION. dans cette mme qualit de Bouddhas, pourrait des au Bouddhas mme de le difconet de
Cette
conjecture
de la pluralit remonte
de leurs
temps
et comment presque
la divides
culte
tres
se trouvent de l'tre
donc
placs
des
distances plus ou
plus
ou
grandes
primitif,
avec parler
s'en
le langage
traverser oppos. de et
la vie de
et de la mort ct elle modifie variation, les nature, est qui par l'en du sort de la
passant altrait o
l'autre
sa nature; l'illusion, la
secondaire avait
accidentel la rapports
produit et les
dpendance, qui
en dcoulent, de sa
penses, l'extinction
Indestructible passions. elle doit tendre; auquel Les diffrents dans et de degrs
les
la mditation
dsigns,
la doctrine
superposs, les brutes la transmigration, depuis dans le FO KOU KI, que les hommes que les incarnations du premier non retenue le mais dans tablie et plus du sens
de mondes
cieux
que
phases On
Bouddhas que
et Bodhisattwas, ont
Dvas,
classe
nullement
suivant
seulement la route ou
engages
perfection. entrevue,
confusment
xxxi du
pas
dieux
pouvoir; de
de
leur enfin
signes
en marquer
surnaturelles peuvent
suprieurs les surpasser mme religion soumis Des liards, terre indique, tous ceux
mais
divers
moyens
sont groupes, puissances imaginaires dans l'espace que la vue de l'homme au ciel, et dans les divers tages
et milde la dont
d'univers
la plus
puissante
y occupent, degrs
dtermins
correspondants de leur
mythologique. hirarchie
lesquelles
ni de grandeur, au fond,
ne peut
recommande,
en tous
et absolu. D'innombrables primordial sens et dans un espace incommensurable, divine, les plus Toujours et les folles auteurs exagrations de des lgendes pour l'infini et
rehausser toujours
proccups
INTRODUCTION. vains efforts pour le saisir, en employant absurde d'essayer qui ils ont tent de
dans
sparent la se un
quantit
habitent, elles
est assigne,
les priodes
lesquelles
subsistent de numration
on sait
qu'ils
ont invent
toujours somme et
une
indiciblement o l'unit
de leurs de zros
de quatre
qu'un appareil
chiffre
modeste.
plus d'un
extravagant certain
cet sont
absurdits en qui
assez
curieux,
ce qu'elles
con-
appliqu soutenir
avec leur
garements
arith-
en temps d'aprs
se forme,
sens,
limites
de la cration. d'un
la doctrine
auquel deux
principes, en d'autres t
remarqu
ce dualisme, prennent
l'univers leur
accroissement
et se dtruisent, aucune
intervention
les passions
et les vices
INTRODUCTION. circonscrivent, phnomnal; des tres bornent sa dure vivants, finalement dans un des laquelle et tendent les oprations du des
la moralit existence
la substance livres
universelle.
les plus clbres, tous bouddhiques les mondes sont forms de la force et par la vertu des actes des tres vivants. ils se dtruisent; ils se reforment; Forms, dtruits, leur Cela commencement est inimaginable et leur ! pensent de de la formation, l'univers; ils ont les voulu de l'tendue, procds tout numet qu' manire et fin se succdent sans interruption.
Bouddhistes et
proportions est
rduire,
propre
satisfaire
l'imagination leur
l'accabler; d'envisager, la position apprci cosmogonie juger proch, que qui des
ce qu'il y a d'essentiel dans la nature matrielle en elle-mme, de ses parties, dans son se trouve Essai expos,
tout
travail
l'tendue, que
sur la cosmographie et la dont il ne faut pas prcieux, et dans lequel l'auteur a rapde profondeur, du systme de prcision
de finesse
l'idoltrie que
bouddhique
cette est
religion
noises.
crit
qu'il
ait publi. et
analys
auxquels de
conduire haute
disciples de l'tendue
donner
de la jusun sujet
la cause inspire,
sa per-
INTRODUCTION. pour chre sa mmoire. de de le contre tranges, nigmatique, son intrt, ses Frapp par la mort de se
affections, choses, en
il essaya
ce dcouragement qu'entrane un ses son pour pour de refuge mythes langage aiguiser
toutes
ce dprissedans du un
intellectuel obstin et et de de
chagrin, la douleur. de
Boudincoassez ou
sa lui
parut
offrir sa pense,
rationnels
toute cet
l'avoir
si sage, savoir
d'une
si saine,
que sucqu'il
distractions tout la
victime pour
efforts
en triompher.
Le Commentaire le complment On y
tre
je viens en et un la
sumer. les
corps,
croyances o
connaissait et soulve pu
quelques-uns, discutes
toutes
approfondies, t rsolues
manire sorte
dbarrasser
quelque envelopp,
Bouddhisme
la superstition
et de
INTRODUCTION. ramener ses tait de leur sens ses les moral, mtaphysique, ses expressions religion des cosmogonique figures clbre, peuples important qu'elle Asie ans en a suivie ont eu qui de sous l'ont
influence ni moins
curieux,
niJmoins la route
marquer
de reconnatre habitants le nord pendant fini sans par castes, les nations, les chez de de
et l'ordre
la
haute mille
l'Inde, plusieurs
avant du
y rgna ayant
prvaloir, expulss
rivale.
toutes vingt
leur
pacifiant
altrant
institutions, le
les langues
entier
humaines, l'amnent, le
aux l'inaction
philosophique
principes
poques
principales
dans quatre de
de cette missions
propagation. se rpandent
la mort les
de Bouddha, limitrophes
contres orientale;
dans et de
la Perse Kandahar
la ferveur sur le
aptres en
dans les
l'Inde autres
Gange,
Siam, la petite
dans
la Baetriane, Japon;
en Core
et jusqu'au
ils couvrent
INTRODUCTION. qu'ils parcourent, laissant partout indiennes Lamisme, le pntr ans les plus ou et consacrent sur leur passage' le souvenir la foi, poque. rform. est sans le la La Au Boudpu do-
langue, troisime
institutions celle du du
: c'est d
ve sicle, dj
avait deux
avoir
maintenir; Ds
cents
la religion ds
frquentes de la Chine,
des au
tongouse qui
avoisinent
jusqu'
Khotan, de Boud-
mettent
profit des
l'objet seconde
de
la p
moiti Rmusat
plusieurs
crits,
s'tait
attach
qui ont su faire le tour de l'Asie longque les Chinois, le cap de Bonne-Esprance, avant que nous eussions doubl pas aussi dispos ignorants en gographie Des textes qu'ils et au positive nombreux ont prise, qu'on prouvent, deux cents est
le croire.
Depuis amicales de
plus ou qui
semblent la Perse.
tracer, Dans
de la Chine de J. C, la
contard, les
de la famille venaient se
en Perse Ta
rfugier
l'empereur
INTRODUCTION. tsoung. acqurir c'est tenues plus Les Chinois profitrent des lieux de qui tous ces vnements t le thtre; tablies et
la connaissance aux
en ont
proslytisme d'tonnement et les et des gager, vaincu pandre pour donn actes La ait dent, avoir mers
o le zle du que celles sans une admiration mle traverser franchir les des fleuves dserts os s'en-
religieux armes,
aucune
n'avait qui
surmonter
avaient pour r-
toute-puissante la croyance
des empereurs, ils taient les contres lieux religion. religieuses de Lao que
d'autres
vrifier
ancienne le souvenir
gard
celle notre de
cette ne doute
une
des
dans
l'importation,
prceptes
reconnat
fondateur
de notre situes
l'ouest
INTRODUCTION. ne des qui porte saurait docteurs nier de d'ailleurs la Raison l'analogie et celles qui des
opinions
analogie
mis si
passe
pour de
le sige et a pris o
premiers que
souverains la civilisation
la Chine, chinoise
croire qui,
la premire, de dix-huit
des
apports le roi
envoy ordonna
Gtes; savant
le mme
temps,
ce pays
nomm de la secte de Bouddha, disciple dans l'Inde les prceptes. pour y tudier les historiens partout pire, tion sur mais chinois, nos on les sectateurs leur pas. qu'une manifest plusieurs sur dessiner
King
lou,
A cette
officielle
Bouddha Ming
lui-mme
un
songe
d'aller
religion temples
INTRODUCTION. revinrent royaume leur culte accompagns du Milieu ft de commena deux religieux. des Des Ce fut alors
xxxix que le
possder
Samanens,
et que fr-
profess
communications l'Inde,
quentes chez
intrieure.
l'entremise de
tandis
la fin
trangers
la Chine doctrines
tablissements les
l'Inde. kharie,
chinois avait
et en 2 65, une
nombreuse La
collection notice
M. Rmusat universelle, de le
a consacre fait connatre exera, l'occident autour accouraient de ses religieuse comme miet celle de
Samanen, du ive
renomme;
embrassrent cette
regarder de la religion
progrs tho ye
la Chine. Kieou ma
ho,
Tan
ma
le premier
de l'HinFo thou
que
et comme de la religion
puissamment
l'influence
io chi est
de famille yang,
de Ping
[Link] taitKoung; origidans le Chn si. Consacre ds sa naissance l'ge de trois ans, un ds avec le degr
il reut
dsignent le seul
alors,
Celui asctique." qu'il est CHY FA HIAN, bu Manifestation n cessaient grand concours son les de la loi. d'attirer de re-
simplement
FA HIAN, ce
de Kieo Si 'an
complter tous
qu'aprs
initi
suffisants qui
enlevrent
presque entre t
la partie petits au
pour
et tartare,
se trouvaient ou abandonns,
et la foi,
et d'appui, de choses,
contres
traversent
du Tibet, l'aide de
o sont cordes
globe, valles
et des prcipices
profonds
de huit
pieds,
passent
INTRODUCTION. l'Indus L, et suivent les bords du Gange ceux aprs Indes fait par jusqu' qui avoir et relch environ mer. taient navigu Java, douze son embouchure. partis avec
XLI
lui, prs
sui\la l'an
lieues trente et la
les
consacrs admirer
vertus,
la pit,
religieux. difiants des l'attendaient Bouddhistes se prparait vers le milieu du ne dans s'tait sa pas eux patrie. amle
contre
dans
et pour ou Mais de se ds
obligs des
cacher
livres annes
devinrent du sicle
parcouraient et la Perse
Ming dans
Yun,
surnomm
li et d'autres,
occidentales, thsang
les livres
Hiuan
ses pas;
ou du moins,
contient
de cent quarante description pays diffrents, le plus tendu et le plus dtaill de tous ceux sons. Vers le mme temps, le souverain
du royaume
de Kaschgar
XLH envoyait l'empereur relations sicles dans qui trois cueillir de le manteau Kao crites que dura
INTRODUCTION. de Shkya, On a, comme en deux religieux Tang, une prcieuse le relique, des
tsoung. par
catalogue
cinquante-six des
pendant des
considrable de l'empereur
cents des
et des un
atanier.
homme de Confucius,
doctrines
et tait du voyage.
natif
d taille; plus on
situs dont
de la Chine, peu de
connaissance
d'ailleurs,
mentionnes. Je ne puis bls dans des cette la hte son plus indiquer que quelques que dans savoir, et dnue traits principaux aurait offert et rassemcomplet et revtu style. Mais avoir N'est-ce reet la
ensemble, riches
dtails et du
esquisse,
au sujet
de l'intrt spectacle
grand o
doctrines
et se per-
loin
de l'influence philo-
produites;
runissant, placs
par aux
le systme deux
abstrait,
des peuples
extrmits
INTRODUCTION. de la civilisation, spars, difficiles rence digne que de moins comme encore que et par par de ils le sont des distances la disparit leurs aux deux aussi de bouts de l'Asie,
franchir, leurs
leur Qu'y de
d'attention, d suivre
l'histoire
espce,
Qu'y sur
remarquable verselle, sa nature avec sacrent, valles Et dans important l'histoire connatre de la haute les rapports sur
de voir
l'manation sr l'identit
humaine,
avec
propages, et les
le langage de l'Inde de
la Chine, jusqu'au
l'Himalaya
sociale
de
peuples d'isolement
l'opinion
d'utiles prcieux,
les Persans,
conqu'y a-t-il de plus curieux que de les dcouvrir avec la plus minutieuse dans des relations exactitude, signs, la Chine, crites et d'apprendre chinois par des voyageurs des lieux auxquels dans l'Inde, s'attache, quel tait l'emplacement la plus grande clbrit ? religieuse Cet genres vrages, soudre aperu, d'intrt pourra tous dont et faire le but d'utilit pressentir obscurs est qui de donner une ide ces des diffrents d'oude r-
sortes
difficult
les points
qu'ils
prsentent.
Il y a l beaucoup
XLIV de questions de nos actuel sinon dont Hiuan blier travail, nieuses qu'on gretter rsolues,, quelques thsang, pour les dont faire faits auxquelles
et qu'il
nouveaux
exposs,
il estrempli,
observations tout
pleines nous
sagacit resi
assez
ce que
avons
commence,
mais
inopinment,
ont
tous
les l'un et
trois
par-
offrent, dtails, et
diffrents, de
trs-importants
chronologie phie
religieuse,
et fournissent aux
l'histoire
et la gograde rencelui de accorder, qu'elle l'Inde partout ne semo au tait elle sur de de ce
Mais de
Bouddhisme la
HIAN rendent
particulirement deux autres, par son dire, avait secte influence au rapport
seulement ainsi
pour
sortie pntr,
tait
conservait de quatorze
Dans perdu
l'Inde
centrale,
Brahmanisme; l'avaient
contres,
celui-ci
et les crmonies
du Boud-
INTRODUCTION; dhisme; ' cela une cess antique les avantages assurs et Bnars, ses adeptes, n'avaient de nos jours tait pas
XLV pour
d'existery
si)renomme
comme de
cole de la sagesse ds Brahmanes, ' de = La ' lationf Soung y un et celle au contraire; la suprmatie 6 vi^etvn sicles, dans ls que les
peuple
d Hiuan premiers
conqurir de leurs
aux
opposantsde causes
septentrionale d'autres
l'Hindoustan. avaient
contribu,
les unes
de la Perse
par les Arabes, par suite de f introduction de Zoroastre dans la Boukharie. Ainsi, au dire de la domination et dplac des les Turcs avait dj, de son des runion Turcs; temps, monts des devait,
les moeurs
quelques ments
plus
tard,
bouleverse...:;:.".:..".-...
fcheux. des moins Gtes, qui modifia sur tout les ces que les
remarquable
s'taient partie
les pays longtemps, que les deux rives de l'Indus, Chine, en reconnaissaient changeant disperss qu'avaient
mais de
religion,
Gtes, errante
de nouveau partout,
portrent
leurs comme
migrations, partout
taient dans
demeurs leurs
fidles,
envahissements.
Si on
ne le retrouvait
INTRODUCTION. rgn, il tait un dans tous ceux, Les bien plus le venus en sorte de o il
avaient
cherch hordes eu
refuge.
tartares
premire de l'Asie
extension aujourd'hui pt
les
contres
dominant,
quoique
s'opposer
ce
y pntrer jamais. aux pays nous en tenir quelle teint tait dans des sa situation, les provinces religieux tombaient et les valles n'offraient thsang,
et l'poque o il nous importe nous le trouvons, au vne sicle, orientales y diminuait; en ruine; qu'habitent de la Perse. les tours Tous et les les mo-
l'intelligence prsent
plus que de
avait t autrefois qui'y si florissante. L'Ouclyna ditions thsang qu'un tant ont que petit pour t des nombre le but tirer, racontes souvenirs
transplante,
et que FA HIAN y avait et le Kandahar, o tant de saintes F presque croyants. que HIAN, ne fournissent ; il n'y
effacs
voyage,
en pouvons prdcesseur; bien y trouve lixit dont que dans ils sont pour des
des
circonstances quoique
favorables tendue,
aussi gards,
sa relation, moins
a-t-elle,
celle avec
plus les
de lgendes, dtails,
beaucoup et elle
prsents, regarde ce
ce qui
sont
concerne
autres,
INTRODUCTION. rapport trois de sicles la gographie entre nous et les de l'histoire, voyages, l'occasion peut Enfin rsum tre dans ayant l'intervalle t,
couls que et
deux
d'extraits
l'appendice de l'itinraire
de Hiuan
de sa rela-
complte moins
M. Rmusat regretter
en donner, claircissements
il l'aurait
accompagne. Le voyage pour religieuse travers de des de FA HIAN n'offre la gographie des contres qui, pas positive des que avantages pour Mais ont moins l'histoire la marche disparu conpolidu dans
pays
quatorze
sicles
reconnatre il dcrit rencontre par leurs qu'ils d'autres ruines occummes, une faire verra reque les
qu'il
levs que
l'emplacement taient,
port,
ce qu'elle
et de ses connaissances cjftique pas, afin de tenir note l'itinraire^as comme relatives la position des villes,
et pour
observer
caractristiques
de chaque
localit;
il suppute
XLVIII les distances, ceux les qui chant de ceux ou qui calcule
INTRODUCTION. les positions, tudie rvolutions les compare les noms produits et avec par cette d' prsent le temps, sagacit rapprochinois, indiens,
d'autrefois, les
le certain, renseignements
qui
ont
t tirs,
des
voyageurs
il parvient
tracer
la srie
position,
retrouver modernes,
anciens leur
dans
indienne
transcriptions
rendus entr
en
outre tre
particulier.
de ce genre, tre
pour
avec
manire
Rmusat
cadre les
tous notes
dissmins dans
avait
la chane qui
tous
rsultats.
Mmoire, i83o,
de cette publication
compagnie. tuelle, il y
sa forme, fond, et
le
conclusions
dduites
INTRODUCTION. des nral, questions doivent qui y sont agites, ici. le rsum des principaux faits Rappliquant l'ouvrage
XLIX en g-
trouver
place
qui
FO KOU KI, et qui me semblaient, il a donn ou incertains, ou envelieu, inconnus. leur une exactitude prcision Le caractre en matire parde rapour peut
entirement chinois,
ti ticulier chronologie,
les
approfondis, la date
livres suspecter
indiens,
et qu'on regarder
On doit la Chine,
comme du
commencement
suivants. tabli
dans du petits la Tartarie lac tats de au centrale, Lob, nord chez les
environs les
dans des
monastres indiennes,
peupls
des langue
assez
connue
de localits. mme dans religion tout tait encore qui plus florissante l'ouest alors les de mon-
les tats
indiens
occupaient
Oudyna,
Tchyoude leur
Bouddhistes locales
y avaient placent
docLrines
de l'Inde rend
l'occident
souponne. connatre
F HIAN en l'poque et
l'existence et fournit
l'origine,
INTRODUCTION. manquaient pour expliquer orientales. le pays du du Npal, qui est situ les rivires qu'on mouni pre lequel sur le bord le mlange et la
doctrines c'est--dire
montagnes patrie
vritable dans
transporte aux de
le Behar d'Aoude
Kapila, prince
environs
ce pays,
tributaire
rsidait du
Toute"
sa prdication d'Aoude,
au nord
provinces
de Bnars au nord
et dans dans
le Behar le voi-
de Patna,
le
y avait
con-
opposition : des
de supriointerrupdont en ruine,
xe sicle
avant
subsistaient
encore,
pntr
le Bengale,
et
embouchures 6 On assurait
la mme
religion et il
avait
aussi ds lors,
le Dcan, en
existait de
forme
temples,
dont
des
poques
si recules
mythologiques. dominant avec Ceylan, et les crmonies On y trouvait du voyage des de de MM. E.
Le Bouddhisme
ce culte
livres
religieux.
croyait, depuis
anne
Ces faits
doivent
INTRODUCTION. Burnouf l'introduction 8 dans faciliter un On toutes et Lassen du cherchait les parties ont si bien discuts Ceylan. des langues sacres, la On d'Aoude, il n'est entre en entreprise pour fixer l'poque
LI de
l'Inde, textes
complter religieux.
et
l'intelligence nombre
trs-grand
la province ; et toutefois
au Bengale, la diffrence selon recherche ils taient contenaient, du riche et les qu'il autant long qu'ils
devait crits
exister
ou en pli. diffrents des idiomes doctrines des lieux dans et des saints, H dides vo-
qu'ils motifs
la visite par
entrepris thologiques,
notre de
voyageur. souvenirs
sur
le titre que
et le sujet la collection
s'tait que
montrent
en tait
son premier soin A peine arriv, est de faire des richesses les Samanens profiter qu'il rapporte et du savoir il ne a acquis. Il ne reverra qu'il pas sa patrie, devoir ne soit rempli. Au prendra pas de repos que ce dernier Tchhang Nanking, o avec le conlieu d'aller 'an, il vient cours travail religieux avoir de fut d'un docteur indien, et nomm Pa lo thsan, relatif sans il entreprend doute aux un traits
de critique et aux
de rdaction,
donn
et qui pourrait prceptes qu'il avait rassembls, traduction des livres du lgislateur lieu la grande en ou cent quatre quatre-vingt-douze ans aprs (vers mille 4-i8 versets, qui
la haute excute
Asie, trois
), et laquelle
c'est qu'il FA HIAN a probablement Ce qui est certain, pris part. des Soung, n'crivit la relation de son voyage que sous la dynastie et l'anne 419. Elle fut revue par consquent postrieurement
INTRODUCTION. sous est roi sur les celle [Fourm. diffrents Ming, qui par nous Hou a servi; et fait tchin elle partie heng et Mao
cccrv), sujets
que
M. Rmusat avait
de philosophie, d'histoire aux mmoires de nos compare pour est aucun par mise la un recueil rputation de traits dont de science quelquefois ligne des dans le
Fourmont l'art
sur
la magie
divinatoire. qu'il
rpertoire fragments,
reproduit est
en totalit.
autorit
en qui
premire traitent
ouvrages
peuples de Khang
le Dictionnaire de citations
remplis
empruntes
meilleurs Le style de
crivains. F HL\N est appliqu simple et faire concis; perdre plus M. rien Rmusat s'est a
ne lui une
de ce qu'il qu'l-
et de naf. ne pas
traduction
littrale
de bonne
chaque
pour
ainsi
citerai
la locution il parle nom s'agit a telle Kieou confrres, dinaires scrupuleux qu'il mle d'un
: de tel lieu on vient se servant se dsigner pas all, pour et pour presque lui-mme; il dira satisfaire cder
o il a t, pour
indfini
o il ne soit
: telle
distance
il y de ses
Il crivit lo chi, de
jaloux
conserver
sa narration.
Il tait
explorations
INTRODUCTION. par un sentiment cieuse superstition; cune bellir lit circonstance, qui n'admet aussi il n'a mme dans Ce qu'il ce qu'on grand Si l'on et les de pas l'inexactitude, aucun pouvait fait, avoir une
LUI conscienaud'emfidce
seulement, qu'il
dans ne
il a toujours d'autrui. chinois parcouru persuad pieux choses Tout motifs comme entier tout, certains ce
parle des
la foi voyageurs
rapproche occidentaux
de ceux
plusieurs
sicles
lui,
ont
mmes sa
contres, Il
sincrit.
dans son entreprise, qui le soutenaient il les a vues, et de les dire comme obligations les les prodiges reliques de son dont qu'on apostolat,
il
a dites.
avant clans
qu'on
y pratique,
pas
ce point le repos
d'idalisme, comme
ce degr
la demeure
de toute toute
de la raison.
sa morale sans
vertu.
l'exaltation toutes
toutes
et ces faiblesses
de sympathie pour sa personne, il dit Quand pour ses paroles. n'exagre tre basse. rien; En elle est modeste
ce qu'il sans
son
rcapitulant
ce que j'ai
prouv,
INTRODUCTION. Les sueurs qui ont coul dans a t but pas l'objet auxquels Caucase inau mes conqui sr de
motion.
serve m'a
hasarder
ce qui des
dangers du
donne
succombant prouve
de l'Himalaya,
l'motion
Ceylan
autres et
touchants
de vritable
sibilit. Le FO KOU KI, dit phique, par est crit dans M. Rmusat un style dans son Mmoire et qui le sujet connu. et imbus. et des indiqus le livres de par souvenir sacrs. qui gogra-
ne prsenteque le voyaparle
rait is geur
lui-mme
affectionne homme
Il en s'adresse Les
en
ce
sujet
familier
d'autres
hommes les
en sont
pareillement
autres par
ce mot sont
rappeler des
lgendes, diffrents
viennent de telles
pass
nombre tours
monastiques, embarrassante.
contribuent Tout
la lecture expliqu
de ce petit ailleurs, et la
INTRODUCTION. seule lative tendre de observation la nature d'un voyageur des que des j'aie prsenter dans qu'on Ayant ce moment est pour en objet droit est
LV red'at-
principal nglig de
s'instruire
traditions
prodiges,
ou parce y conservait, que de saints personnages s'y taient arrts ou y avaient laiss des traces de leur passage, voil ce se proposait de voir, et c'est aussi ce le qu'il qui est devenu sujet habituel de ses remarques. Partout o il est conduit, ce qu'il voit avant les de tout, c'est le nombre des moines bouddhistes qu'il pr-
monastres prfrence
; voil toutes
statistiques une
de la mme de Tudle a t
il a pu et par d'exaLa
la
accus voyages.
grer
avait trouvs dans qu'il F HIAN est un plerinage entrepris intresser le culte consulter. des auquel Des
ses pour
intressant
mythologiques, ce dont il
observations et voulu
remplir
n'empche noms et la
une
poque
que l'on
dans diens
eux-mmes. compare,
prcieuse
gographie
l'histoire
des rgions
INTRODUCTION. s'entourer, de l'Inde itinraire pour peut l'entendre, fournir, de toutes et user des les lu-
de critique encore
travers
contres
connues. les en
ouvrages effet,
de
la
nature par
de des
celui-ci, concordances
le
soin
d'claircir de base
qui
servent
ce qui
reconnues, et s'exou le
ont
le thtre facilement,
certains
pour
de Hiuan
le FO KOU KI, il nous pour sept un geur la gographie premiers ouvrage sicles inutile, sans
royaumes Mais
ce serait
de se borner les
traduire qu'il
a racont, et
examiner
titres cette
malheureusement elle
si considrables, si peu
de personnes tenter
n'est
de la voir
juger,
si le travail sans
indis-
peut n'taient
tre
inconvnient.
et des
villes,
taient leur
compltement
ignors,
reprennent, mesure;
que de nom ou qui au centre de l'Asie, d'autres, leur de ou qui n'avaient ralit Kapila, gode
place
Ks'ala,
royaumes,
moins
fameux pour la
les annales
du Bouddhisme
est dtermine
INTRODUCTION. premire tout canton fois avec prcision; et un par royaume, particulier. empires,
ou petit pays ayant n'tait pas celle des se trouvait morcele qu'il et ceux-ci
nom
grands
en beaucoup des
de petites Il nous
indpendantes transmis les noms, cueillir, nations des lutions forme qu'ils musulmanes villes qui soit
appelle sont
royaumes.
intressants
re-
des remplacs, ou
dtruites,
et dplac
chinoise, difficiles
dfigure
au point
reconnatre
; nanmoins et
M. Rmusat tablir sa
a su
les
combinaisons
cherch
peuvent des
en erreur, la situation
indications
frappante chinois
du nom que soit la ressemblance avec un nom indien reconnu pour circonstances dans
recueilli ancien,
avoir discut les qu'aprs la confirmer ou la dtruire, dence qu'une mental, fortuite premire a, d'erreur des
dplacer connaissance. dj
cit, de
la marche comme
de Chine dans H
maintenant,
INTRODUCTION. limites sur nos sont cartes. bien fixes et peuvent alors tre rde tait princidonn Le et lieux m-
traces dont
Il existait mal
beaucoup
la circonscription,
encore pauts
varier lieux
en des
chaque instant. Il y avait n'ont nos gographes auxquels l o ils ont donne sur que marqu des des
et des chinois
villes ne
trs-vagues,
thode on n'en
pareille
d'un
montagnes,
lesquels de
plerins sur
s'tre en
cart plus
la carte. des
occasion, Quant
venue
au
secours
gographiques. de Tartarie, a faites Indes les indiquer. dans par les eau,
F HIAN a journes parties soit dans de de la les mais qu'en sont mesure
et de la Chine.
Ce mode ne
l'incertitude deux ou
qui en est insparable trois endroits de l'itinraire. le voyageur surtout quand estime plus noncer les il est la exprime question 260e
Quand en
trs^petites,
peut une
tre fraction
partie Au reste,
d'un
petite.
comme de
sert
que
pour
floigneinent
certains
monu-
INTRODUCTION. ments entre eux, et qu'en il n'y a lieu la mesure son voyage, sera ces occasions ici
ux souvent
pas, Enfin
discussion la de
intressante dont
de
la portion ou yodjna
la longueur des
value
les
Quelques-unes F HIAN ou jusqu'ici explications sentent 1re d'avec prouve, gine erreurs sont faits tantt qui en Mais tine ainsi sacrs. acception ture ne une rait du pouvait des plus les ou
particularits
historiques
il fait allusion, des vnements auxquelles ignors dont la scne avait t dplace, ont ncessit des dont l'tendue varie en raison de l'intrt que prpoints discuter. et la Les distinction (Shkya); de notes du relatives Bouddha celles dans la fixation mythologique lesquelles de rectifie de -Shkya, des on l'oriles de
Bentley, encore de
l'antiquit o l'on
la naissance
lesquelles causes et
et leurs des
la valeur
conserv
la partie l'exposition
du
Commentaire du
est
des-
morale l'usage
qu'
termes en forges et
que partie
religieux
Ces
dtournes
dont
taient, qu'il et
ajouter, Dans
monter. des
l'apprciation merveilleuses,
proprits
nglig,
INTRODUCTION. entraner dans rpandus sorte de langue les consquences l'Asie d'association, et qui : c'est tre est celle les plus orientale qui commune que les elle pour toutes ont erroun
dans
aucune peuples
le pah\
Comme
familire il ne
et pour Il a ainsi
lesquelles rempli
d'quivalents d'une
en chinois. souvent
sa narraet quel-
embarrassante indiens,
quefois plus
douteuse,
moiti
ni chinois, langue o
l'altration
intonations, de moyens
dpourvue
les exprimer.
ces transcriptions, disparat destines qui doivent le totalement, veiller frapper mot avec
le caractre et que la pense, l'oreille. indien certitude et l'on ces manque Fan est ne ainsi les
chinoise images
plus quand
que
Mme
reprsent que
l'on
se dissimuler ne soient
rapprochements pas de
indique, pour
complte
le nombre, qui de
l'idiome dans
semblent
avoir
consult,
interprtations,
INTRODUCTION. moins qui mitifs, mme en l'analyse a t des de exacte faite dans drivs jeux des termes secte; de la langue, donnant et des de mots le prs, mode que ainsi, des l'application comme allusions usuelles.
LXI
leur et de
priou
sens vritables
formes de cette
d'un
trs-grand d'en
espce le qu'il a
M. Rmusat
d'altration
obtenus gnrale, La
mthode
rgulire
restitution
quelques
vritable lequel
graphe,
sens
considrables toute approfondie lumires dans de cette cette des celui carrire.
dveloppements qui M. qui M. exigeait Rmusat s'est une s'est avanc Burnouf la
Eug.
trs-petit aimait
nombre
de
reconnt
parl
a prt,
que
l'expression permis de
sentiments Juge et
tout
dans dans
prix lgendes
inestimable,
voyageur tendues,
alludans
ont
t on
plusieurs
assez
lesquelles de ces
les
moins
rarement
heureuses; prdications du
premires
Bouddhisme,
LXII l'expression pour absurdes mmes, qu'aux et au peine qu'on d'une puisse
INTRODUCTION. pense se thologique en Si, attention font au droit lieu qu'aux encore de de les les usages trop peu. connue quelque en eux-
croire
rappellent,
revivre,
qu'au
genre on y
supposent, qui pourront en dire autant servent En ne nous qu'on content laissant et
donner de
remarques de ces
conceptions
tranges bouddhiques.
de base nous
arrtant
instruction Presque prtendre conjectures, pour oblig des quels tiques, ligieuse tion, les les de
exposer la libert
hypothses
latitude tout
applications. faire un
occup
quivalents soient, concourent Bouddhisme. avec thoriques des ont Mais poques le plus
caractrisred'attencomment
sur
soumises
des qu'une
ne composer de tous
les
rapports d'riger
les points
entre
eux,
gard
et leurs
consquences ses
et il n'appuie authentiques,
remarques
preuves
incontestables;
scrupuleusement
INTRODUCTION. ce qu'il distinction conduit ment, ses sait avec certitude de de ce qu'il la science avec l'aveu ne fait positive ce que supposer. l'opinion conoit
LXIII Cette le
rigoureuse toujours
d'avec qu'il
nettet de
claire-
ce qu'il ne
ignore, pas
ce qu'il
souponne.
On
veut
n'a
d'une
saurait a faites
rsoudre, pas
sa mthode par de
guides les
ceux
siennes
et comme
complter
division, Cette
mais forme,
il
aucun
a, dvefavoFO
traduction, du citations
lacunes
qu'il
chapitre ensuite,
Kiaprolh de
tre dj,
tre
nces-
INTRODUCTION. ouvrage, en entrepris dans au qu'il l'orthographe trace; dans et tre hxvariables. tre faite le les crire, notes qui plus ni d'un par les plan ait des mains si habiles, Il s'est t conadopt
devait pour
passant gnrale,
regretter
plausibles, l'avait
mots
Rmusat
de Fo,
prononciations qui ni de ne
russes
franrguimporque
observation, les
expliquer de que
certains ces
et pour pour-
confusions
occasionner. tout la en ne ngligeant intelligence les traditions rien de du ce qui texte, tait en essence qui
parfaite et du en
concerne accord M.
d'extension de son
aurait de ses
principalement gographiques.
sur notes
points
il serait et l'on
s'appesantir facilement la de
rien
dire les M.
reconnatre envers
donner plus
celui
qu'aucun
aucune
prcieux science ne
pouvaient
m'of-
INTRODUCTION. frir la les des zle triaux quelque d'un malgr prmuni avoir qu' plus et les gard : des conseils et des des de encouragements. langues et de la M. Chine Jacquet, qui et de l'Inde
critique
d'rudition et qui
qu'exige
indo-chinoises,
courage, en de
mettre fourni
oeuvre ct
travail,
son
je me svrits
contre plutt
me que
que
remplir.
tait
attendu
depuis
longtemps, indit. du
et il y a un Il avait des t
an
dj
quoique frais
annonc
devant
Comit
de Londres. les
avantages
trangers de bien
se charsurveiller et lorsque
revoir, Il avait
le frapper, bien
le poids tait
que r-
partagions, dans
forces d'avoir
pouvait de
apporter. continuer
s'tait
propos
d'achever,
je n'excuserai
INTRODUCTION. par volont je le dsir et par ne pour dont me que mes j'avais efforts, de rpondre, confiance titre que au
une d'autre de
sentiments dont
je suis l'estime,
personnes qui me
j'ambitionne et suppler
manquent
au savoir
LANDRESSE.
Dans un ouvrage rempli comme celui-ci cle mots dont la transcription incertaine et difficile, il tait presque impossible est variable, l'orthographe fautes n'chappassent point la lecture la plus attentive. que quelques Voici celles qu'une dernire rvision, faite avec le soin le plus minutieux, a permis de reconnatre. P. i,l. 12, i g, 21, 59, 60, 67, 70, 78, 110, 12Q, 131, 135, 1I12, 148, 5. Au lieu de Hoe ing.. lisez Hoeying. 2 5. ltihsa. Ityoukta. . en chinois Sang en chinois Seug. i!xles Lah des Tibtains. 8. les Lha des Tibtains. . la foule des dieux et des 11. la troupe des hommes clestes. hommes. 15. 1 li. 34. uit. 16. antpen, 10. tipnait. 29. 2 3. uit. Pi thsiu. Khasolang onge Chy lifoe Rdjagrika. Para adhi moksha jjj ^a i?e iu tha Protapanna Soung y an Naga krochouna Karkoutchanda . Pi tsou. Khasalang ouge. Che lifo. Rdjagrlia. Pratimksha. J^N ' ^v?. Foyu tha. Srotpanna. Soung y un. Naga kchouna. Krakoutchhanda. Shkya. Yuan kian loui chou. Kia ch. Keou chen mi.
15g, 160, 5. 200, Skkya Yuan kian houi chou. . . 201, note d. 1 7, et partout dans ce chapitre, Kia se. . 272, . 1o, et p. 3 1 3,1. 1, Kou than mi 3o5,
fc
Sj
$>
FO
KOU
Kl
OU
'JpLATION
DES
ROYAUMES
BOUDDHIQUES.
I.
Monts Loung. Thsin d'occident. Liang du midi. Liang du nord. Thun houang. Dsert de sable.
Anciennement les
Tchhang
et les livres thologiques prceptes altrs Par ce motif, par des lacunes.
des caractres marque cycliques Tao tching, Hoe ing, Hoe'we (5) et plusieurs concert avec eux, chercher dans l'Inde les la religion. Ils partirent ils vinrent Ce sjour
et dj la seconde anne Houng chi (4), Ki ha, il partit avec Hoe hing, autres, lois et pour aller, les prceptes de de
de voir
le (mont) Loung (6), et, ayant travers au royaume un sjour (8). de Khian houe (7), o ils firent au royaume ils allrent en avant et parvinrent termin, 1
de Tchhang'an,
2 de Neou ihan
FO
Le pays de Tchang y tait rendaient les routes impraticables. par affection pour eux, les retint Ce fut Pao alors qu'ils rencontrrent
troubles
ymi, Seng king (i3) et plusieurs dans runis une mme intention ensemble; en route
Tchi y an, LIoe kian, Seng chao, autres. Charms de se trouver , ils continurent fut venu, (i4). L sjour ils se remirent sont des retranli leur
et quand le terme de ce sjour Thun houang et ils arrivrent s'tendre qui peuvent au nord. Ils s'arrtrent 80 un mois
chements du sud
li de l'est
l'ouest,
et ko
et quelques Ensuite jours. la suite de quelques F hian et cinq autres devant, partirent et se sparrent de nouveau de Pao yun et des autres. ambassadeurs, de Thun Li hao, leur Le gouverneur fournit les choses houang, le Fleuve de sable (i5). pour traverser Il y a dans ce fleuve de sable des mauvais et des vents si gnies, les rencontrer, on vient on meurt, et que brlants, que, quand n'en rchappe. On ne voit ni oiseaux en haut, voler ni personne marcher en bas. De tous cts, et jusqu'o la vue peut quadrupdes dont ils avaient besoin s'tendre, d'autre si l'on cherche le lieu propre traverser, signe pour le faire reconnatre, que et qui seuls peuvent servir d'indices. qui y ont pri, Ils voyagrent et l'on peut valuer pendant dix-sept jours, li le chemin i5oo firent atteindre le royaume qu'ils pour Chen chen. n'aperoit les ossements de ceux on
de
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
I.
( 1) Cliyf hian. ] C'est un de ces noms que les Bouddhistes de la Chine adoptent en entrant dans la vie religieuse, et qui indiquent ou des dispositions morales, ou une aptitude particulire de certaines observances de la vie monastique : c'est quel-
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
I.
que chose d'analogue ce qu'on appelait autrefois chez les peuples catholiques nom de religion (nomenprofessionismonasticoe), comme la mre des Anges, la soeur de la Rdemption, le pre de la Misricorde, etc. L'objet des moines chinois, en changeant de nom, est, comme autrefois chez nous, d'annoncer l'intention de renouveler leur vie et de renoncer leur famille. Ces noms, traduits ou imits du sanscrit, sont tous significatifs et dsignent des ides morales ou asctiques : le religieux de la quitude {'An tsing), le repos de la loi ( Tao 'an), la svrit de la prudence ( Tchi mang)*, etc. Le nom de Chyf hian signifie manifestation de la loi de Chy (Sbakya). On l'abrge dans la suite du discours, conformment l'usage observ pour les noms propres, et l'on dit simplement F hian; c'est de cette manire que le voyageur, qui parle toujours de lui-mme la troisime personne, crit le plus souvent son nom. (2) Tchhang 'an, ] repos perptuel, est le nom qu'a port la ville, ou, pour parler d'une manire plus exacte, le dpartement qu'on nomme prsent Si 'an ( Si ngan dans le Chen si. C'est maintenant le nom d'une ville du troisime ordre, au fou) sud de cette mtropole, et qui passe pour en avoir t l'ancien emplacement sous les Thsin et les Han. Lorsque la capitale a chang de nom, on l'a longtemps encore appele Tchhang 'an, par imitation de l'antiquit. (3) Les prceptes et les livres thologicjues.] Dans l'original, Li. Tsang lia signifie prcepte; Tsang veut dire collection. L'ensemble des livres religieux se nomme communment San tsang, les trois collections, proprement les trois contenants ( en sanscrit, les trois Pitaka) ; et cette expression s'applique aussi la doctrine qui y est renferme , la religion elle-mme. Les trois parties de la triple collection sont les King, ou livres sacrs, les Prceptes, et les discours, Lun. On les nomme en sanscrit Sotra, Vinaya, Ahhidharmah. Les San tsang sont nomms en mongol Gorban amak sabac. (Il) Houng chi.] C'est le nom des annes du rgne de Yao heng, prince de la petite dynastie des Thsin postrieurs, qui rgna dans le Chen si la fin du ive et au commencement du v sicle de notre red. La premire anne Houng chi rpond l'anne cyclique Ki ha, 399. Il y a donc une sorte de contradiction dans le rcit de F hian, qui marque la fin de l'anne cyclique Ki heu et la deuxime anne Houng chi comme poque de son dpart. Mais si ce n'est pas simplement une faute dans son texte, on peut supposer que ces petits princes de race tibtaine qui rgnaient, dans un temps de trouble et de confusion, l'une des extrmits de l'empire, n'observaient pas trs-exactement les rgles du calendrier chinois, et ne marquaient pas l'ouverture de l'anne politique prcisment au premier jour de l'anne astronoVoyezWen hian thonng hhao, livre CCXXVI, pao-./, et suiv. b Fanyming ming i, livre IV, ouvragequi est 0 cit dansle San tsang f sou, ivre VIII, pag. 28 v. c Geschichte lier Ost-Mongolen, pag. 4o. d HistoiredesHuns, tom. I, pag. 162. 1.
FOE
KOUE
KL
mique. Il faudrait alors que Fa hian et quitt Tchang 'an dans les derniers jours de l'an 399, quand on y avait dj renouvel le nom d'annes Houng chi, bien que l'on y comptt encore l'anne cyclique Ki ha. Cette supposition ne manque pas de vraisemblance. (5) Hoe king, Tao tching, Hoe ying, Hoe ive et les autres. ] F hian ne dit nulle part le nombre prcis de ses compagnons de voyage; il en nomme ici quatre, et l'on verra plus bas que plusieurs autres encore se joignirent -ceux-l. C'tait alors un usage assez ordinaire parmi les religieux bouddhistes, de se runir en troupes et des plerinages communs, de temple en temple et de ville en Avilie, d'entreprendre de l'Inde la Chine et de la Chine dans l'Inde. Les quatre noms qu'on voit ici sont des noms de religion. (Voyez note 1.) Leur signification est : Hoe king, clat d'intelligence ; Tao tching, ornement de doctrine ; Hoe ing, correspondance cit, minence de perspicacit. de perspica-
(6) La montagne Loung.] Montagnes dans la partie occidentale du Chen si, au N. E. du district de Thsin'an, l'E. de la rivire Thsing. On distingue le grand et le petit Loung. Le nom de cette montagne se trouve sur les cartes chinoises rcentes, 35 de lat. et 1o l'O. du mridien de Pe king. (7) L royaume de Khian koue] tait au del de la montagne de Loung. On serait tent de prendre Khian koue pour un nom de pays. C'est celui d'un prince de la race des Sian pi, appartenant la petite dynastie des Thsin occidentaux, ou de Loung si (occident du mont Loung), laquelle rgna dans la partie occidentale du Chen si, la fin du ivc et au commencement du ve sicle \ Khian koue tait mont sur le trne en 388. [Khy fou Kou jin fonda, en 385 de J. C, avait fortifi Young sse tchhing, et y avait tabli nom honorifique de Yuan tchhouan. Elle tait Kin hian, dpartement de Lan tcheou fou du la dynastie des Thsin occidentaux; il sa rsidence. Cette ville reut alors le situe au N. E. de la ville actuelle de Kan su. Quand, en 388, Khian koue
succda son frre an Kou jin, il transporta sa cour Kin tchhing, qui est le Kin hian de nos jours. Voyez Thoung kian liang mou sous les annes indiques, et Ta ung tchi, dition de 17/1/1, sect. CLVIII,f. 18 v. KLAPROTH. thsing y il10 ] (8) Sjour. ] Dans le texte, Ma tso (s'asseoir en t). Cette expression doit tre prise dans un sens gnral, et ne signifie nullement qu'on s'arrte en t ou qu'on passe l't; elle revient frquemment dans le rcit de F hian. est vraisemblablement employ pour ~K cause de l'identit de prononciation. Histoire desHuns, loin. I, pag. 200. Li ta hi sse, liv. XLIV,pag. 18 v.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
I.
(9) Le royaume de Neou than.] Ce nom n'est pas non plus , comme on pourrait le croire, le nom d'un pays, mais celui d'un homme. Neou than, que Deguignes appelle Jo than ", appartenait la race des Sian pi et la petite dynastie des Liang mridionaux qui rgnait dans le Ho si, l'occident du fleuve Jaune, et qu'on fait commencer en 397. Neou than ne monta sur le trne que l'anne Jinyin du cycle (4o2); ce qui prouve que F hian et ses compagnons s'taient longtemps arrts en route avant de parvenir un point si peu loign. Au reste, il crit mal la premire syllabe du nom de ce prince, -|JL au lieu de *&; mais on peut aisment faire cette faute quand on crit de mmoire, parce que ces deux caractres se prononcent galement neou. Peut-tre aussi avait-il entendu prononcer le nom de ce prince sans jamais l'avoir vu crit. Rien n'est plus commun que les mprises de cette espce. [Les princes de la petite dynastie des Liang mridionaux avaient pris le titre de rois de Siphing, d'aprs le nom de leur rsidence, qui tait Siphing, ville situe dans le voisinage ou peut-tre sur l'emplacement de Si ningfou, dans le Kan su. Voyez Tlioung kiang kang mou, sous l'anne 62 avant J. G., et le Ta thsing y thoung tchi, dition de 17/1/1, sect. CLXVI, f. 8v. KL.] (10) [Comme F hian se rendit de Si ning Kan icheou, il devait ncessairement passer la grande chane de monts couverts de neiges perptuelles, et qui spare les dpartements de Kan tcheou et de Liang tcheou, de la grande valle dans laquelle coule la rivire appele par les Mongols Oulan mouran, et par les Chinois Houang choui ou Ta thoung ho. Cette haute chane fut appele par les anciens Hioung nou, Khi lian chan. A prsent sa cime la plus leve, qui forme un glacier colossal, porte chez les Mongols du voisinage le nom tibtain de Amiyc gang g ai- oola, c'est--dire, montagne du KL.] grand-pre, blanche de neige. (11) Tchang y, ] maintenant Kan tcheou, se trouvait, au moment du voyage de F hian, sous la domination des princes de la dynastie des Liang septentrionaux. Les troubles dont parle F hian en cet endroit, et qui l'arrtrent dans sa route, provenaient des guerres que toutes ces petites dynasties se faisaient les unes aux autres, et qui amenrent la destruction de tous ces petits tats. Le roi de Kan tcheou alors rgnant tait ou Touan nie, qui mourut en koi, ou son successeur Meng san, qui lui succda en koi, et occupa le trne jusqu'en 433 \ F hian ne le nomme pas, et cela est fcheux, parce que cette circonstance sage Kan tcheou. et fix l'poque prcise de son pas-
(12) Bienfaiteur.] Dans le texte, tan youi. C'est un mot chinois d'origine sanscrite, comme les Bouddhistes en ont introduit beaucoup. Celui-ci est driv Aufan ' [Link] h Huns,tom. I, p. 198. [Link] ta hisse, liv. XLIV,pag. i3 r. Ilisl. desHuns, l. I, p. ->.',.
FO
KOU
KI.
(sanscrit) tan ou tan na (dna), don, aumnes ou largesses faites dans une vue religieuse, ce qui compte au nombre des dix moyens de salut (pramita); il s'y est joint une syllabe chinoise, youe (franchir, aller au del, passer par-dessus), et le compos exprime que celui qui sait pratiquer la bienfaisance, franchit la mer de la pauvret a. (i3) Tchiyan, Hoe kian, Sengchao, Pao yun, Seng king et autres.] Voil cinq nouveaux compagnons qui grossissent la suite de F hian. Sa troupe se composait en ce moment de plus de dix religieux; mais ils se sparrent plusieurs fois dans le cours du voyage, se runirent ensuite, et finirent par se disperser tout fait. Ces cinq nouveaux 7107715 de religion (voyez note 1) sont significatifs comme les autres; en voici la valeur : Tchiyan, majest de la prudence; Hoe kian, rserve de perspicacit; Seng chao, connexion de religieux; Paoyun, nuages prcieux (divins); Seng king, clat des religieux. ( 1 ) [ Thun houang fut une place militaire de grande importance depuis le temps des Han jusqu'aux Thang. Sous les cinq petites dynasties qui ont rgn aprs les Thang, elle porta le nom de Cha tcheou ou ville de sables, qu'elle a conserv jusque sous les Ming. La ville nomme actuellement Cha tcheou est situe cinq six lieues plus l'orient, sur la rive droite du Sirgaldzin gol. Il parat que l'ancien Thun houang a t galement dplac plusieurs fois. KL. ] Li hao enleva ce pays la petite dynastie des Liang septentrionaux, et y forma lui-mme une principaut sous le nom de Liang d'occident. Il ne prit pas le titre de roi, mais simplement celui de Koung (prince). La premire anne de son rgne est Kencj tseu du cycle (Aoo) ''. Au reste, F hian, qui ne lui donne avec raison que le titre de gouverneur (ta cheou) de Thun houang, se trompe en crivant la deuxime syllabe de son nom, comme il s'tait galement tromp au sujet de la premire syllabe de celui de neou than : il l'crit "t/i- au lieu de ~|K L'analogie des prononciations rend compte de cette mprise comme de la prcdente. Voyez note 9. (15) Le Fleuve de sable, ] dans le texte, Cha ho. On dit ordinairement Cha m. La description que le voyageur fait ici du grand dsert est fort exacte; elle ressemble beaucoup celle de Marc-Polc; seulement F hian en exagre la largeur, qui ne saurait tre value, entre Cha tcheou et le lac de Lob, plus de 11 o lieues, 1 100 li, au lieu de i5oo. Peut-tre les tablissements du peuple que les plerins allaient visiter, n'taient-ils pas alors immdiatement sur le lac de Lob, mais un peu plus l'ouest, sur les rivires de Khadouet de Yarkand daria. 1 Sun son, liv. XXXIII,pag. 2b v. et alibi. '' [Link] Huns,t. II, p. ix, 267. Li ta Msse, tsangf [Link]. '' Liv.I, chap. xxxv,d. dp Marsden,p. Sg.
CHAPITRE
IL
Le royaume de Chen chen (1) est un pays montueux et trs-ingal. La terre y est maigre et strile. Les moeurs des habitants, leurs habillements et semblables sont grossiers ceux de la terre de Han (2) : la seule Le roi diffrence est dans l'usage du feutre et des toiles. y avoir dans ses tats l'tude de la petite aussi bien royaumes, de l'Inde (7), avec des de ce pays honore la loi (3). Il peut mille environ tous attachs religieux, quatre translation (4). Les laques (5), dans tous ces que les Cha men (6), pratiquent diffrences plus qui tiennent nement. A partir l'occident royaume de ce point, ressemblent a une tous tous la loi ou moins
de grossiret
ou de raffi-
les royaumes qu'on trouve en voyageant plus ou moins celui-ci : seulement chaque barbare (8) ; mais les reliqui est diffrente l'tude des livres de l'Inde et de la langue
ici un mois et quelques sjournrent jours; en route, et voyageant puis ils se remirent quinze jours du ct du ils parvinrent au royaume de Ou i (10). Les religieux du nord-ouest, de Ou i sont aussi au nombre d'environ tous royaume quatre mille, del petite translation. Ils sont, quant la loi, exacts et bien rgls. Les Cha men de la terre de Thsin (n) qui arrivent dans cette contre ne sont aux usages de ces religieux. F hian, pas prpars muni d'une se rendit au campement o Koung patente, alors, le retint deux mois et quelques rgnait jours. Ensuite de Pao yun et des autres. Tous ensemble trouvrent auprs qui tait sun, qui il revint que les
8 habitants
FO
KOU
KI.
du royaume de Ou i n'taient de la pratique point occups des rites et de la justice, et qu'ils exeraient envers peu l'hospitalit les voyageurs. C'est pourquoi Tchi yan, Hoe kian et Hoe 'we retournrent le dessein autres immdiatement de demander reu une dans des secours patente donc se le pays pour ; Koung mettre de leur sun en Kao tchhang (12), dans F hian et les voyage. leur avait tout donn de suite des et
avaient
route
est
dsert
et sans Il
On dans
a la Ils
aux fatigues comparer que puisse furent en route un mois et cinq jours, aprs quoi Yu ihian. atteindre
passer
les rivires.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IL
(1) Le royaume de Chen chen.] Ce pays, d'abord nomm Leou lan, tait situ aux environs du lac de Lob. C'est une contre sablonneuse et strile, et cet tat n'a jamais t puissant. Il fut connu du temps des Han, et confinait alors, du ct du sud-est, avec la peuplade tibtaine appele Eul kiang, et du ct du nord-ouest, avec les Ougours Tchhe sse. Le nom de Leou lan fut chang en celui de Chen chen dans le premier sicle avant J. C. Ma touan lin donne une courte notice sur ce paysa. Voyez aussi Deguignes, Histoire des Huns h.
(2) La terre de Han.] La Chine, ainsi nomme depuis la dynastie de Han, dont la puissance a laiss de longs souvenirs. On dit encore prsent Han jin, les Chinois, Han in, la langue chinoise , quoique les Han aient cess de rgner depuis seize cents ans. (3) Le roi honore la loi.] Il s'agit de la loi par excellence, c'est--dire Fo ou du Bouddhisme. de la loi de
(lx) Quatre mille religieux, tous de la petite translation.] Les religieux sont appels ici du nom qu'on leur donne le plus souvent, Seng, du sanscrit Sang a (unis, joints par un lien commun). J'ai donn l'explication de cette expression, qui s'est introduite "" ' Wenhian khao,liv. CGCXXXVI, (houng pag. g. [Link]. II, pag. xj.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
II.
9 elle revient
dans la langue chinoise, et qui sert dsigner les prtres bouddhistesa; celle de fidles ou ecclsiastiques.
On partage, sous le point de vue moral, les Sangas en quatre classes : i ceux qui accomplissent lajustice; ce sont les Bouddhas, les Lokadjyeshthah (honorables du sicle), ainsi que les Bodhisattwas, les Pratyeka-Bouddhas, les Shrwakas, etc., dont la vertu est au-dessus des lois mmes, et qui, surmontant tous les obstacles, ont obtenu leur propre dlivrance (moukti). 2Les Sangas ordinaires dusicle; ce sont les hommes qui rasent leur barbe et leurs cheveux, qui se revtent du kia cha, qui ont embrass la vie religieuse et ses obligations, et savent observer les prceptes et les dfenses de Bouddha. 3 Les Yayangseng, Sangas moutons muets; ce sont les hommes stupides et ignorants qui ne savent pas comprendre la diffrence qu'il y a entre l'action de commettre ou de ne pas commettre les pchs fondamentaux (tuer, voler, forniquer, mentir), et qui, tant tombs en des pchs moins normes, ne sont point capables de faire clater leur repentir. 4 Enfin les Sangas honts qui, ayant embrass la vie religieuse, ne se font pas scrupule d'enfreindre les prceptes et observances qui leur ont t imposs, et qui, affranchis de toute honte et de toute pudeur, ne craignent pas mme les fruits amers qui leur en reviendront dans les sicles futurs h. La petite translation, la grande translation, sont deux expressions qui reviendront souvent dans le rcit de F hian : il faut les expliquer une fois pour toutes. Deguignes en a fait imparfaitement connatre le sens c, et n'a pu en retrouver l'origine. On dit en chinois ta tching, la grande rvolution; siao tching, la petite rvolution. Tching est un mot qui dsigne la translation, le passage d'an lieu un autre, la rvolution, le tour, et aussi un moyen quelconque de transport, comme un char, une monture. Il est l'quivalent parfait du sanscrityna, qui a les mmes significations" 1. Mais l'un et l'autre acquirent dans la doctrine bouddhique une valeur toute particulire. Ce n'est pas, comme l'a cru M. Schmidt, celle de tradition (Ueberlieferung)" : c'est une expression mystique pour dsigner l'action que l'me individuelle peut et doit exercer sur elle-mme, afin de se transporter une condition suprieure. Comme cette action et ses rsultats ont plusieurs degrs, on distingue deux, trois, ou mme un plus grand nombre eynas, en chinois tching, en mongol kulgun 1; et suivant qu'on dirige ses efforts vers une perfection plus ou moins leve, on appartient la petite, la moyenne, la grande translation ou rvolution. Voici, cet gard, les distinctions les plus gnralement tablies. Le vhicule qui est commun toutes les translations, c'est la contemplation des a sur Journalasiatique,cit [Link].t. VII, p. 267. Observ. points,etc., dansle Nouveau etc. p. 20. samanenne, quelques pointsdela doctrine prcdemment, p. 25g. h Ti d Wilson, Sanscrit h. v. tsangchi lan king, liv. V, cit dans le San Diclionary, " im Gebieteder oelleren tsang f sou, liv. XVI, pag. 8. Forschungen rcligioesen " [Link] Acadmie der des inscript, etbelles-lettres, lddungsgcschichie VoelkerMiltelasiens, pag. 241 [Link],p. [Link] lesObservations surquelques Schmidt, [Link].
10
FOE
KOUE
KI.
quatre vrits : la douleur, la runion, la mort et la doctrine a, et celle des douze enchanements 1. Par ce moyen, les hommes sont transports hors de l'enceinte des trois mondes et du cercle de la naissance et de la mort 0. Il n'y a, proprement parler, qu'une translation, c'est celle de Bouddha. Il est enjoint tous les tres vivants de la mettre en pratique, et de sortir de l'ocan des peines de la naissance et de la mort, en dbarquant sur l'autre rive, qui est celle de l'absolu [Link] et dsir rpandre immdiatement la connaissance de la loi et enseigner tous les hommes la translation unique; mais il dut proportionner son enseignement aux facults de ceux qui le recevaient, et de l vint la diffrence des Yncts ou moyens de transport. On distingue d'abord la translation des disciples ou auditeurs ( Ching ven, en sanscrit Shrwaka) et celle des intelligences distinctes" (Youan ki, en sanscrit Pratyeka-Bouddha){. On en ajoute une troisime, celle des Bodhisattwas, qui sont des tres bien plus voisins encore de la perfection absolue 5. Enfin, on fait une autre classification encore sous cinq chefs, savoir : i la translation des hommes; 2 celle des dieux (Deva); 3 celle des Shrwakas ou auditeurs; lx celle des Prafyeka-Bouddhas ou intelligences distinctes; 5 celle des Bodhisathvas h; ou un peu diffremment : i ou la translation des hommes et des dieux; 2 celle des Shraivakas; Pratyeka - Bouddhas ; " celle des Bodhisathvas ; 5 celle des Bouddhas ' translation, Mah yna : mais la division en trois est la plus usuelle on trouve la mention la plus frquente dans les livres ordinaires. le petit Yna 3 celle des ou la grande et celle dont
C'est au Tri yna que s'applique la double mtaphore des trois chars et des trois animaux qui passent un fleuve la nage. Le char est pris ici comme emblme de ce qui s'avance en roulant, de ce qui sert de vhicule; et cette ide est en rapport avec celle qui s'attache au mot yna, et aux moyens par lesquels les hommes parviennent sortir de l'enceinte des trois mondes pour entrer dans le nirvana. Le premier char est attel d'un mouton; cet animal, quand il prend la fuite, court sans regarder derrire lui s'il est suivi du reste du troupeau. Il en est ainsi des Shraivakas, qui, par l'observation des quatre ralits, cherchent sortir des trois mondes, mais ne s'occupent que de leur propre salut, sans regarder les autres hommes. C'est ce qui est dsign dans les livres classiques par ce passage : Ces disciples, en cher chant le char aux moutons, sortent de l'habitation du feu. Le second char est tran par des cerfs, sorte d'animaux a On qui, tout en courant, peuvent regarder der-
expliquede plus d'une manirecesquatre vritsou [Link]-aprsles notessur le [Link]. '' Nouv. [Link]. VII, pag. 291. Voyez c Hoa yan king sou, liv. II, cit dans le San tsang f sou, [Link], pag. 2 v. '' F honaking, liv. I, cit dans le San tsang f liv. sou, IV, pag. /|. " Journalasiatique,t. VII, p. 260. VoyezNouv.
Hoa yan kinq sou, liv. I. Thianta ssekiao yi isi lehu, cit dans le San tsang f sou, liv. VII, pag. 3. Voyez ci-dessous, xm, i3. S F hoaking,liv. II, cil dans le San tsangf sou, [Link], pag. g v. ' Yulan sou,citdansle 5atsang pan king f sou, liv. XXII,pag. 171;. Hoayan, Ki tchingkiao i, cit dans le San tsang f sou, [Link], pag. 16.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IL
11
rire eux le troupeau qui les suit. C'est la figure des Pratyeka-Bouddlias qui, par la connaissance des douze Nidnas*, parviennent sortir de l'enceinte des trois mondes, et ont la pense du salut des autres hommes. Le troisime char est celui que trane un boeuf, qui reprsente les hommes Bodhisattwas de la doctrine des trois Pitakas (chap. XVI, 22 ), pratiquant les six moyens de salut, et ne songeant qu' faire sortir les autres de l'enceinte des trois mondes, sans y penser pour eux-mmes, comme le boeuf qui supporte avec patience tous les fardeaux qu'on lui impose 11. Les trois animaux qui traversent un fleuve la nage, sont l'lphant, le cheval et le livre. Le fleuve est la raison pure, 3-Wj?', les Shrwakas , les Pratyeka-Bouddhas et les Bodhisattwas sortent galement des trois mondes et rendent tmoignage la raison pure : mais leurs facults et leurs moyens varient d'tendue; leur conduite et leur dignit sont plus ou moins considrables. C'est ainsi que quand un lphant, un cheval et un livre traversent ensemble une rivire, ils y entrent plus ou moins profondment. L'lphant, qui touche le fond du fleuve, reprsente l'homme Bodhisallwa, pratiquant les six moyens de salut, et, par dix mille actions vertueuses, apportant du profit tous les tres, supprimant les erreurs de la vue et de la pense, les effets de l'habitude et des passions, et manifestant le bodhi (la sans toucher le lit du fleuve, est doctrine). Le cheval, qui enfonce profondment mis pour l'homme Pratyeka, qui, par les moyens dj expliqus, supprime les erreurs de la vue et de la pense, ainsi que les effets de l'habitude et des passions, et vide, sans toutefois pouvoir atteindre le terme de toute puret. Le livre enfin, qui flotte la surface de l'eau sans pouvoir enfoncer, figure le Shrwaka, pratiquant les quatre ralits, supprimant les erreurs de la vue et de la pense, mais sans pouvoir se dlivrer tout fait des effets de l'habitude et des passions, bien qu'il manifeste la nature du vritable vide c. Une exposition dtaille de tout ce qui est entendu par l'action de ces diffrentes classes d'tres, serait en quelque sorte un trait du Bouddhisme; et si je voulais mme en abrg, elle m'entranerait bien au del des bornes d'une l'entreprendre, simple note. Il suffira de dire que ces modes de translation sont autant de nuances et de degrs qui s'tablissent dans la mditation, et dont les effets conduisent l'homme des grades plus ou moins levs dans la hirarchie psychologique et psychogonipetite translation, que qui s'tend depuis les tres infrieurs jusqu' l'absolu. Dans 1& on s'attache la pratique des prceptes et des rites religieux. Les cinq prceptes et les dix vertus sont le vhicule dont se servent les hommes et les dieux pour ce genre de translation qui est la moindre de toutes. Par l on chappe seulement aux quatre mauvais pas, qui sont : la condition d'Asoura, celle de dmons, celle cle brutes, et les enfers. A cela prs, on reste enferm dans le cercle de la transmi'' Observations sur quelques etc. p. 58. points, 11 F honaking, liv. II, cit dans le San tsang f son, liv. XI, pag. 8 v. c Thianta sse kiao i et Fa honahiuanyl, cils dansle .Santsang f sou, liv. XI, pag. i ?.. manifeste la nature du vritable
12
FOE
KOUE
KI.
gration. Dans la translation moyenne, trois ordres de personnages parviennent sortir de l'enceinte des trois mondes, en s'aidant ou des instructions orales de Bouddha (les Shrivakas), ou de mditations sur les vicissitudes individuelles et le vritable vide de l'me (les Pratyeka-Bouddhas), ou enfin des dix moyens de salut appliqus tous les tres vivants qu'on entrane avec soi hors de l'enceinte des trois mondes (les Bodhisathvas). Enfin, dans la grande translation, l'intelligence, parvenue son point de perfection absolue, fait parvenir tous les tres vivants la condition de Bouddha ". Pour traduire tout cela en langage europen, on pourrait dire que la petite translation consiste dans la morale et le culte extrieur; que la translation moyenne s'excute par des combinaisons psychologiques spontanes ou et que la grande translation a pour base une thologie abstruse, une traditionnelles; ontologie raffine, le mysticisme le plus exalt. . On conoit que diffrents peuples bouddhistes, selon leurs dispositions plus ou moins contemplatives et le degr de leur culture intellectuelle, ont d s'arrter plus ou moins haut dans l'chelle des translations. Les peuples du nord, au tmoignage des Chinois, ont toujours prfr la petite translation, c'est--dire la morale et la mythologie, qui seules pouvaient s'accorder avec des habitudes nomades et des inclinations belliqueuses. Les nations du midi, soumises l'influence du climat et plus portes aux rveries savantes, ont ordinairement aspir la grande translation, et ont cherch la rpandre chez leurs voisins h. On voit pourquoi les religieux d'un monastre tion nent leur neuf pouvaient cultiver l'une ou l'autre. On comprend aussi la distincque les Bouddhistes tablissent entre leurs livres sacrs, selon qu'ils contienl'exposition des dogmes les plus relevs de leur thologie , ou les principes de morale et des mythes de leur symbolique. Voil pourquoi ils partagent ces sortes de livres (Sotra, Geya, Gth, Ityoukta, Djtaka, Adbhoutadharma, Ou-
dna, Fapoulia, Vykrana) en deux familles, appartenant les uns la grande, et les autres la petite translation*. Enfin, cette classification donne une notion prcise au sujet des distinctions indiques vaguement par plusieurs auteurs sur l'existence d'une doctrine populaire et d'une doctrine sotrique dans le Bouddhisme, l'une et l'autre attribues Shkya-mouni lui-mme d. Cette longue note ne sera pas trop tendue si elle claircit compltement un sujet qui n'avait pas encore t trait fond. J'y renverrai dans le cours de la relation de F hian, quand il sera question de monastres de la grande ou de la petite translation. (5) Les laques,] en chinois Sou jin, * Hoa les hommes d vulgaires. Cette expression se
yan, chapitre sur la Rvolution unique, cit dansle Santsang f sou,[Link], pag. 16. h Tchi tou lun, livre XXXIII, cit dans le San 20. tsang f sou, [Link],p. 26, [Link], c L'histoire tibtaine en fournit un p. exemple : mars i83i,p. i53. comparezle JournaldesSavants,
du royaume de Tunquin, VoyezMarini, Relation tibetan. pag. [Link], Jlphabetum pag. 223, der Ost-Mongolen, 2^2, etc. Geschichte p. 16, 356. Histoire desHuns, tom. II, p. [Link], dans les Transactions t. II, ofiheroyalasiaticSociety, pag. 254.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
II.
15
trouve dj deux lignes auparavant; mais ici elle est dtermine dans son sens relatif la religion, par son opposition avec le mot Cha men, Samanen. Voyez la note suivante. (6) Les Cha men.] pi Vv C'est ainsi que les Chinois transcrivent le mot sanscrit Sramana, sous sa forme pli Smana. Ils l'crivent aussi quelquefois 1^ _J| Sang men. Ils ajoutent que le sens de ce mot est : celai qui resh'eint ses penses, ou celui qui s'efforce et se restreinta. D'autres ajoutent que c'est le nom commun des religieux bouddhistes ou hrtiques \ Les anciens ont connu ce nom et l'ont transcrit avec exactitude c. Il a pass de proche en proche chez diffrents peuples tartares et jusque dans la Sibrie, o il est descendu des jongleurs ou sorciers de la plus grande ignorance. Nos voyageurs l'y ont recueilli sous la forme Schamane, et dans un temps o l'on manquait encore des moyens ncessaires pour constater les rapports et les diffrences des mots qui tiennent aux croyances des Asiatiques. Ce nom de Chamane, et celui de Chamanisme, qui en est driv, ont t appliqus un systme religieux qu'on supposait originaire du plateau de la grande Tartarie, et qu'on regardait comme la base des religions de la Bactriane, de l'Inde et de l'Egypte. Langls a parl en plusieurs endroits, avec une rserve mystrieuse, de prtendues dcouvertes faites ce sujetd : les progrs de la critique historique ont fait justice de ses hypothses. On est surpris d'en retrouver encore quelque trace dans les recherches de M. Schmidte, qui ne parat pas avoir reconnu l'identit des Samanas* et des Chamanes, soit entre eux, soit avec les Samanens. On distingue quatre sortes de Cha men caractriss par les dnominations suivantes : i Ching tao Cha men, ceux qui accomplissent la doctrine, c'est--dire qui, en vue de Bouddha, embrassent la vie religieuse et parviennent teindre la et par consquent cupidit, dissiper l'ignorance et les autres imperfections, effectuer les principes de la doctrine; 2 Chou tao Cha men, ceux qui, ayant obtenu pour eux les avantages qu'on vient de dire, sont en tat de promulguer la vraie loi, et d'engager les autres hommes entrer dans la voie de Bouddha; 3 Hoa tao Clia men, ceux qui renversent la loi en en enfreignant les prceptes, pratiquant toutes sortes de mauvaises actions, et se vantant d'a</ir brahmaniquement (Fan long) 4 Ho tao Cha men, ceux qui font revivre la quand ils font tout le contraire; doctrine ou qui sont la doctrine vivante, parce qu'ayant teint la cupidit, dissip l'ignorance, et mis en pratique toutes sortes de bonnes actions, ils agrandissent les Journal, New sries, Klaproth, dans VAsiatic [Link], p. a63. Santsang f sou, [Link], p. 7 v., 1. XXXIII,p. ilxetpass. h Youan kianlouhan, liv. CCCXVII, pag. 25. c Strabon, 1. XV, pag. 712, d. Saf. Strom. [Link]. [Link]. p. 168 sqq., [Link]. " [Link] l'Jcad [Link] b. I. t. XXVI-XXXI. d Consultezles notessur le de Thnnberq, Voyage tom. III, pag. 2/18. Notice surleritueldesMandans les Notices dchous, et Extraits, [Link], 2/18. " Geschichte der Ost-Mongolen, pag. 353, 416. f Fin derI,ehreBuddhas, Anhnger pag.3oy.
FO tablies,
KOUE
et ils commandent
(7) La loi de l'Inde, ] Thian tch f. Thian tch est le nom le plus ordinaire de l'Inde dans les livres chinois. La seconde syllabe s'crit avec un caractre *L qui passe pour tre ici l'abrviation de w= th; il faudrait donc lire Thian tou, et ce mot serait une forme de plus du nom de Chin tou, Hian teou, Sin theou, Youan tou, Yin tou, toutes transcriptions plus ou moins altres de celui de Sin theou, Sind, Hincl, Indou, lequel signifie lune, suivant les Chinois c. On trouve un pays de dans le Chan ha king; et Kou Thian tou avec une orthographe peu diffrente, pou prtend qu'il s'agit de Thian tch ou de l'Inde J; mais cela est douteux, parce que Tchao sian ou la Core est nomme en mme temps. On sait, au reste, que l'Inde n'a t connue des Chinois qu'au temps de l'expdition de Tchang khian chez les Dahee, 126 ans avant J. C. Quant au nom mme de Thian tch, il n'a t employ, pour la premire fois, que la 20 anne fang lu, 1 5g de J. C. Thian tch, pour dsigner l'Inde, est cit pour la premire [Le nom de "^"^^ fois clans les annales chinoises, la 8e anne du rgne de l'empereur Ming ti, des Han (65 ans avant J. C). Ce nom ne se trouve ni dans les King, ni dans aucun ouvrage antrieur la dynastie des Han. Le dictionnaire Chou wen, rdig par Hiu tchin, en 121 de notre re, ne contient pas mme encore le caractre tch, qui est le second dans le mot Thian tch. KL.] (8) Langue barbare,] dans le texte, hou y a. Cette expression dsigne habituellement les langues des Tartares et des autres peuples peu civiliss. La remarque de F hian donnerait lieu de croire que les peuplades qui habitaient l'ouest du lac de Lob, en tuant du ct de Khotan, appartenaient toutes des races particulires et avaient des idiomes diffrents, sans parler mme de celui des Hindous que la religion avait introduit dans ces contres. Les langues dont il s'agit devaient tre le tangutain ou tibtain, le turc, quelques dialectes gtiques, et d'autres idiomes inconnus. Il est douteux qu' cette poque aucune nation mongole se ft avance dans cette direction. (g) Les livres de l'Inde, la langue de l'Inde,] le sanscrit, selon toute probabilit. On ignore si les livres bouddhiques taient ds lors crits en pli. Au reste, les diffrences qui caractrisent ce dernier idiome, en distinguent les mots de ceux qui leur correspondent en sanscrit. Les Chinois n'ont pas fait cette distinction, et elle disparatrait entirement dans les transcriptions trs-altres que la 1 111 kiasseti lun, citdansle San tsanq de Tliang. [Link] i tian, 1. LVIII,s. 2 , p. 1. f sou, [Link], pag. 7 v. Wen hian thoungkhao,[Link], p. i4. '' '' Yanssekou, cil dans Conter Khanghi Tseutian, [Link], rad. l'Encycl. jap. LXIV, i5. 0 Dr despaysde l'occident, dans l'Histoire CXVIII,tr. 2 svription
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IL
15
nature de leur langue leur permet de faire des mots sanscrits. Sous le nom de langue fan a, ils ont donc entendu galement le sanscrit et le pli. H y a lieu de croire que les livres qui leur sont venus par le nord taient dans la premire de ces langues, et que ceux qu'ils ont tirs du midi taient crits dans la seconde. F hian, qui visita les monastres du nord et ceux de Ceylan, qui tudia la langue des livres sacrs pour se mettre en tat de les copier et de les expliquer ses compatriotes, ne nous fournit aucune lumire sur un point de critique qu'on est surpris de voir chapper son attention. (10) Ou i] ou les barbares de Ou. Ce nom, comme il est crit ici, ne se trouve nulle part ailleurs ; mais il est facile de le reconnatre l'aide d'une correction trs-simple. Au lieu de a|> i, barbare, il faut lire "SH hou, qui a la mme valeur. C'est vraisemblablement l'effet d'une simple inadvertance de l'diteur chinois, qui a mis un mot pour l'autre, cause de l'analogie des significations; ces sortes de substitutions arrivent frquemment. La correction que je propose est si simple, qu'il y a un autre diteur qui l'a adopte sans croire ncessaire d'en avertir, en transcrivant un passage du Fo kou kih. Ou hou serait alors le nom des Ougours. Il y a parmi les tribus dont se forme la nation Hoe h, des Ou hou, dont le nom a la mme prononciation, quoiqu'il soit crit un peu diffremment 0. (ii) La terre de Thsin.] On dsigne par ce nom la Chine entire, et c'est, comme on sait, celui d'une dynastie du troisime sicle avant notre re, laquelle a, la premire,, t connue des peuples occidentaux, et a t pour eux l'origine des dnominations de 5m, Qivai, Tchina, Tchinistan, Chine. Mais au temps o crivait F hian, plusieurs petites dynasties tablies dans le Chen si avaient fait revivre le nom Thsin dans cette contre o il avait autrefois pris naissance. Le voyageur qui tait parti de ce pays, fait sans doute allusion ces dynasties en donnant aux religieux chinois le nom de religieux de Thsin.
(12) Kao tchhang.] C'est le nom que commena porter sous les 'Wed, c'est-dire au m0 sicle, le pays des Ougours antrieurs ou mridionaux, rpondant peu prs l'emplacement de la ville actuelle de Tourfan. Les voyageurs s'taient avancs plus l'ouest, par consquent, du ct de Kharachar. Trois d'entre eux retournent, pour obtenu des pi'ovisions, dans le Kao tchhang; c'tait en effet se rapprocher du point d'o ils taient partis, le lac de Lob. Les autres vont directement au S. 0. pour se rendre Khotan. route avec un plus haut degr de prcision. a Pian i tian, [Link]. pag. 2. * Pian i tian, l. LV; Noticesurlu thian, pag. 5. [Link] la villede Khotan,p. 1 . Les dtails manquent pour fixer leur
c "=| 1L Vovezle liv. CCCXLVII du Wenhian khao,pag. 6. thoung d Wenhian khao,liv. CCCXXXVI, thoung p. i3 v.
CHAPITRE
III.
Royaume
d'Yu thian.
dTu thian (i) est heureux et florissant. Le peuple royaume y vit dans une grande abondance. Tous les habitants, sans exception, la loi, et c'est la loi qui leur procure la flicit dont ils y honorent On compte eux plusieurs fois dix mille jouissent. parmi religieux, la grande rvolution sont adonns (2). Tous lesquels beaucoup leurs repas en commun. Les gens du pays fixent leur deprennent meure les toiles. Devant la porte de toutes les maisons, on d'aprs parmi lve deux carre, tout tours petites toises de hauteur. o les religieux de (3). Les On plus petites peuvent a construit des monastres reoivent l'hospitalit avoir environ
Le
trangers
ce qui leur est ncessaire. Le roi du pays fit reposer Fa hian et ses compagnons dans un Seng kia lan (5) ; ce Seng kia lan se nommait Kin ma ti (6). C'est un temple de la grande translation Ils prennent (7), o il y a trois mille religieux. un signal son le rfectoire, chacun avec leurs donne en frappant (8). qu'on ils ont une contenance grave avec ordre et en silence. rang, et autres vases. Ces hommes quand ils
en commun, repas ils entrent dans Quand leurs et pose. Ils s'asseyent Ils ne font pas de bruit purs ne se permettent
bassins
les uns les autres pas de s'appeler mais ils se font des signes avec les doigts. mangent, Hoe king, Tao tching et Hoe tha (9) partirent devant grent du ct royaume observer la du de Kie tchha (10). Fa hian
et se diri-
et les autres,
des Images (11), s'arrtrent procession H y a dans ce royaume jours. quatorze grands ne saurait le nombre des petits. Le compter
CHAPITRE
17 de
ier jour de la l\e lune (12), on balaye et l'on arrose la ville ; on orne et l'on met en tat les chemins tend de
et des tentures devant grandes tapisseries ville. Tout est par et arrang Le roi, magnifiquement. et des femmes sont tous placs en cet endroit. lgantes gieux ceux du Km ma li tant livrs l'tude le plus; que le roi honore miers la procession des Images. construit un char quatre roues de trois des toises (i3) environ, dans
de la grande translalion, sont aussi ce sont eux qui font les preA trois ou quatre li de la ville, on les images ; il est haut
avec des sept choses prcieuses, au milieu; couvertures de soie. L'Image (i4) est place sa (i5) sont ses cts; autour et par derrire sont les dieux. Toutes sont
orn mobile, pavillon des rideaux et des tentures, deux images Phon des
en or et en argent, avec des pierres sculptes en l'air. est cent pas de Quand l'Image suspendues de sa tiare, se revt le roi se dpouille d'habillements et s'avance ; il sort de tenant nus, pieds de la ville, accompagn la main des fleurs et de sa suite,
ses pieds Il se prosterne et l'Image. des parfums. des fleurs et en brlant Au moment rpandant entre dans la ville, les dames et les jeunes filles qui l'Image au-dessus de la porte, de toutes sur le pavillon jettent parts de toutes profusion tout couvert. Il sortes de fleurs, de manire que le char
diffrents et chaque crmonie, chaque y a des chars pour un jour des Images Seng kia lan fait la procession particulier. et la procession Cette crmonie commence le ier jour de la ke lune, des Images est termine le 11\ : alors le roi et ses femmes retournent au palais. A sept il y a un Seng kia lan qu'on nomme le nouveau temple du roi. On a mis quatre-vingts ans le et il a fallu le rgne de trois rois pour l'achever. Il jDeut avoir btir, 3 ou huit li l'ouest de la ville,
18
FO
KOU
KI.
de sculptures toises (i6) de hauteur. On y voit beaucoup vingt-cinq Tout ce qu'il sur des lames d'or et d'argent. et d'ornements gravs de la tour. la construction a t runi dans y a de plus prcieux de Fo, admirablement une chapelle dcore; On a lev ensuite les poutres, fentres, sont les les piliers, tout couverts battants de lames des des les treillis portes, construit d'or. On a aussi
et si les religieux, des cellules pour qui sont si belles sparment les dcrire. bien dcores, qui puissent qu'il n'y a pas de paroles de la chane des six royaumes Les princes qui sont situs l'orient tout ce qu'ils en offrande des montagnes (17), y envoient peuvent dont une petite et y font de riches avoir de plus prcieux, aumnes, seulement est mise en usage. partie
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
III.
(1) Le royaume de Yu thian.] C'est la ville de Khotan, l'une de celles de la Tartarie o le Bouddhisme parat avoir t tabli plus tt et pratiqu avec le plus de magnificence. Le nom de cette ville ne vient pas du mot mongol j--^=-^ ( ville), comme on l'a cru longtemps "; mais il drive, ainsi que je l'ai fait voir, de deux mots sanscrits, Kou stana, lesquels signifient mamelle de la terre. On commence voir dans ce pays beaucoup de noms et d'expressions emprunts l'idiome sacr que la religion parat y avoir comme naturalis. Au reste, je n'aurai pas besoin de joindre des notes tendues ce chapitre, parce que j'ai rassembl et publi sparment toutes les traditions relatives Khotan que contiennent les livres chinois 11; il me suffira d'y renvoyer. Le passage de la relation de F hian qui concerne Khotan , s'y trouve rapport c avec quelques lgres diffrences. La version prsente est plus exacte. (2) La grande translation.] 1 Voyez chap. II, note A.
fortifie,commeKhoteu mongol, car une ville en [Le mot p^J2-vt Khotan,ou, commeon crit sansn plonastique la fin, L..OA gnrals'appelle danscettelangue. KL.] ordinairement Balghasoun h JFist. Khot, n'est pas d'originemongole, mais est un de la villede Khotan, etc. Paris, 1820, des nombreuxtermessanscritsqui sesontintroduits i [Link]-8. c en mongol.C'estcfJTfKotta, qui signifieune place Pag. 11 i 5.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
III.
19
(3) Petites tours. ] Le mot chinois que je rends ici par tour, est $%. Th. Il rpond au terme sanscrit Sthopa", qui signifie iumulus; mais dans le langage des Bouddhistes, ces deux mots dsignent les constructions sept, neuf, et mme treize tages, que l'on lve pour recouvrir les lieux o l'on a dpos certaines reliques de saints ou des dieux, et qu'on nomme vulgairement pagodes. On en verra plusieurs mentions dans la suite du rcit de F hian. Les autres relations, les itinraires et les lgendes parlent chaque instant de tours de cette espce. La dimension des tours varie beaucoup. Celles dont il est question ici n'avaient que deux toises chinoises, ou 6m, 120. On en cite de beaucoup plus petites encore qui sont des simulacres de tours, ou comme des bornes riges pour la dvotion des particuliers. D'un autre ct, il est parl d'une tour situe dans le pays des Gandhra, qui avait 700 pieds chinois d'lvation, ou environ 21 G mtres, plus de deux fois la hauteur de la flche des Invalides Paris. (h) Des monastres.] Dans le texte, Seng fang, maison de religieux. On emploie ordinairement d'autres expressions. Voyez la note suivante. kia lan.] Ce mot, emprunt au sanscrit, parat ici pour la premire (5) 5e7i<ji fois; il a besoin d'tre expliqu. Les auteurs chinois qui l'emploient disent qu'il signifie jardins ou jardin de plusieurs, ou jardin de commwiaut \%A~jfc h- Jardin se dit beaucoup pour habitation dans le langage des Bouddhistes. On trouve aussi en chinois Kia lan, par abrviation ; mais, quoi qu'en dise le dictionnaire de Khang hic, Kia lan seul ne peut signifier jardin de plusieurs. J'ai soumis ces transcriptions et ces interprtations chinoises M. Eugne Burnouf, qui propose de restituer Seng kia lan en Sanggram, maison de la runion ou des (prtres) unis. Sur le sens du mot Sanga, en chinois Sang, on peut voir ci-dessus, chap. II, note 4. Je n'hsite pas regarder Seng kia lan comme l'quivalent sanscrit du chinois Seng fang, maison des religieux, employ quelques lignes auparavant. Voyez note kQuoi qu'il en soit, le Seng Ida lan est la demeure des Feou thou d, c'est--dire de Bouddha et des Sangas; c'est tout la fois un temple et un monastre, c'est ce qu'on nomme en sanscrit ordinaire Vihra; et la partie de l'difice o sont les objets livrs l'adoration des fidles, est un Tchatya. Les Tibtains nomment les monastres dGan pa, et les Mongols Kit. On peut voir la description de ces temples bouddhiques dans l'ouvrage de Georgie, et leur reprsentation dans les planches jointes au mmoire de M. Hodgson f, et dans la collection de Parlas 8. Khanghi Tseutian, au mot Th, rad. xxxn, tr. 10. On peut voirp. 53i, tom. I, part, i du Morrison's [Link] Th. Dictionary, Santsang [Link]. f sou,passim, Khang Lan, rad. CXL, tr. i4; id., [Link], rad. ix, tr. 5. c [Link]. d hi [Link]. Kia. ' Rang libet. Alphab. pag. /107. f Transactions [Link], of the royalasialicSociety, pag. 2/15,257, pi. irr, v, vi, vu. S Sammlung historischerNachrichlenbcr die t. II, pag. 1/13, pi. x, xi. Mongolischen Flkerschuften, 3.
20
FOE
KOUE
KI.
(6) Kiu ma ti. ] Ce nom est videmment sanscrit. Peut-tre faut-il le restituer Gmati, de go, vache, btail. Telle est l'origine du nom de la rivire Gmati (Goomty) dans la province d'Aoude \ (7) La grande tiwislation.] Voyez chap. II, note ti(8) Un signal qu'on donne en frappant. ] Il y a dans le texte Khian tchhou i,'A 4j On appelle ainsi une plaque de mtal, de pierre ou de bois, qui rsonne quand on la frappe, et qui sert donner le signal d'une assemble h. (9) Hoe th] est un des compagnons de F hian, que celui-ci n'a pas nomm Son nom signifie pntration clans l'numration qu'il a faite au commencement. intelligente. Voyez chap. I, note 1. (10) Sur le pays de Ki tcha, voyez la note 6 du chapitre V. (11) La procession des Images.] Cette manire de promener les images des dieux sur un char magnifiquement dcor, est commune aux Brahmanes et aux Bouddhistes c. 1' (12) Le 1e jour de la li" lune.] Si, comme cela est vraisemblable, compte ici la manire chinoise, la crmonie qu'il dcrit devait vers le k juin et se continuer jusqu'au 18. le voyageur commencer
(i3) Trois toises, ] environ 9,180. Les chars qui servent aux processions l'Inde, ont au moins cette lvation, au tmoignage de nos voyageurs.
dans
(ili) L'Image.] F hian ne dit pas quelle est cette image de la divinit princicelle d'un Bouddha; mais pale que l'on promenait : c'tait vraisemblablement nous n'avons pas assez de renseignements sur l'tat du Bouddhisme Khotan, dans le v sicle, pour dterminer si leur principal objet d'adoration tait un Bouddha terrestre comme Slikya-mouni, ou un Bouddha divin comme Amitabha, ou enfin le Bouddha par excellence. La circonstance dont il sera parl dans la note suivante, rendrait cette dernire supposition d'autant plus probable, que le Kiu ma ti tait un monastre de la grande rvolution. (i5) Deux Phou sa.] L'image principale avait ses cts celles de deux Photi sa ou Bodhisathvas. A prendre ce rcit au pied de la lettre, il semblerait que le * Wilson, Sanscr. Diclionaiy, pag. 278. 1 Outchhe Kian. yunfon. Voy. 0 Sonnerat, pag. 226. aux Indesorientales,tom. I, Voyage
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
III.
21
dieu tait accompagn de deux divinits infrieures, peut-tre de deux Bodhisattwas. Il est plus vraisemblable que Bouddha avait ses cts ses deux acolytes de la triade suprme, Dharma et Sanga". On pourrait encore supposer qu'il s'agissait des autres triades qui abondent dans le Bouddhisme, comme les trois Bodhisattwas, Mandjousri, f adjra-pni et Padma-pni h, ou bien Amitabha, Avalokiteshwara et Shkya, ou bien Amitabha, Shkya-mouni et Matreya, etc. Les dieux dont les images taient places plus loin sont nomms Thian dans le texte : ce sont. les Dvas des Indiens, les Lha des Tibtains, les Toegri des Mongols, tels qu'Indra, fort infrieures, dans Brahm, et les autres divinits du panthon brahmanique, le systme des Bouddhistes, aux Bodhisattivas, etc. aux Intelligences pures ou purifies, aux Bouddhas,
y6m,5oo,
du
(17) La chane des montagnes.] On veut parler ici des monts Tsoung ling, les montagnes de l'Oignon 0, l'ouest de Khotan, chane qui va, dans la direction du nord au sud, rejoindre le massif de l'Himalaya. On verra plus bas que F hian donne un nom quivalent celui <YHimalaya, diverses chanes qui portent habituellement d'autres dnominations. Quant aux six royaumes situs l'orient de la chane, et dont les princes envoyrent au nouveau temple du roi des offrandes magnifiques, F hian ne les dsigne pas d'une manire prcise. Il faut sans doute compter les pays qu'il avait traverss et o il avait trouv le Bouddhisme tabli, Clien chen, Ou hou, Kao tchhang; les trois autres devaient sans doute tre compris entre le dsert et les montagnes de l'Oignon d. Voyezles planches jointes au mmoire de [Link],Transactions t. II, qfthe asialicSociety, n 2 , etle Nouv. [Link], [Link],pag.270. h [Link]. 279. Alphabet, 0 c Hist. de Khotan, prface, pag. VI; Mmoires l'Asie,[Link], /120. relatifs a Cf. Wen hian pag.2g5, thoungkhao, liv. CCCXXXVI, pag. 6.
CHAPITRE
IV. de Yu hoe.
Royaume
la 4e lune,
la crmonie
vingt-cinq pendant dans ce royaume. Le roi est fermeaprs quoi ils arrivrent jours, attach la religion mille ment (4). H y a dans ce pays environ la grande translation. On y religieux, appartenant pour la plupart sjourna et, aprs quinze avoir ling au midi, Les voyageurs se dirigrent ensuite jours. march ils entrrent clans les monts quatre jours, au royaume de Yu hoe (6), o ils se (5), et parvinrent s'tre reposs, ils reprirent leur de Ki route, et, en ils ils atteignirent king le royaume et les autres. tcha (7), o
de la procession des Images tant seul la suite d'un prtre barbare (i) qui vers se dirigrent (2). Fa hian et les autres furent en route
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IV.
(1) lin prtre barbare.] Le mot du texte que je rends par celui de prtre est Tao homme de la raison. jin, littralement, nom qu'on donne aux sec[ ,/v jtTao /"l est un synonyme de -j^jj&Taosse*, tateurs de Lao tseu et de la doctrine du Tao ou de la Raison suprme. Je ne vois pas pourquoi M. Abel-Rmusat a traduit ce terme par prtre barbare. KL. ] (2) Ki pin, ] la Cophne ou le pays arros par le Cophs h. Rennell a cru que b Slrab. liv. le dictionnairechinoisOutchheyun soui XV, trad. fr., tom. V, pag. 33. [Voyez de Lingi toung, [Link], [Link],et le dictionPlin. [Link], d. Hard., pag. 3i7, 3ai, 32/1, 325; nairejaponais-chinois Wosctsysilsliaidmzen,diEmend. pag. [Link]. de [Link]. 98. KL. tionde 1826, fol.32 verso. Fest. Avienus, v. i35/|. ]
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IV.
23
celui des affluents de l'Inclus qui est ainsi nomm par les anciens, tait le Cowmull*; Sainte-Croix pense que c'est plutt le Merham-hirh. Le nom de Cow est probablement un reste de l'antique dnomination. Le Ki pin, que quelques auteurs c, et que Deguignes a pris pour Samarcande, parce qu'il avait pris Samarcande pour le Kaptchaki, rpondait la contre o se trouvent les villes de Ghizneh et de Kandahar. Il est assez clbre clans les gographies chinoises e, et le Bouddhisme parat y avoir t trs-florissant. [Le Gmal, et non pas Cmvmull, prend son origine Dourtchelly, clans le pays de Ghizneh, au sud de Sirefza, et coule d'abord au sud-ouest; bientt il tourne vers le sud, et continue de suivre cette direction jusqu' Domandi, o il reoit la rivire de Mammye et le Kondour, qui a sa source dans le voisinage de Tirwa. D'ici le cours du Gmal se dirige l'est sur Sirmgha, o il est joint par le Zhobi. C'est une rivire presque aussi considrable que le Gmal mme : elle sort des montagnes de Kend l'est de Berchori, et coule dans un canton auquel elle donne son nom. Un peu l'est de Sirmgha, le Gmal traverse la chane de montagnes de Soliman, passe devant Raghzi, et fertilise le pays habit par les tribus de DauUt khal et de Gandehpour. Il se dessche au dfil de Pezou, et son lit ne se remplit plus d'eau que dans la saison des pluies; alors seulement il rejoint la droite de l'Indus, au sud-est du bourg de Paharpour. KL. ] (3) Tseu h.] Ce pays est plac par F hian vingt-cinq jours de marche de Khotan, mais il n'indique pas la direction. C'est en considrant la route que les suivre, et les points connus o ils arrivrent plus voyageurs ont d naturellement tard, que j'ai trac cette partie de l'itinraire au S. 0. de Khotan. Les gographes de la Chine identifient le nom de Tseu h, qui semble signifier union des fis, avec ceux de Tchu kiu pho ou Tchu kiu phan, qui paraissent emprunts du sanscrit. A dfaut d'autres renseignements, je transcrirai ici les dtails qui se trouvent ce sujet dans les collections chinoises f. Le pays de Tseu h a t connu dans le temps des Han postrieurs (au m0 si cle). Il formait autrefois un seul royaume avec celui de Si ye (nuit occidentale). <(Les deux tats ont maintenant des rois particuliers. La demeure de celui de Tseu h s'appelle la valle de Kian; elle est 1000 li (100 lieues) de Son le (Khachgar). On y compte 35o familles et 4ooo soldats s. Sous les 'We du nord, la 3 anne King ming (5o2), la 12 lune, il vint un tribut du pays de Tchu kiu phan. Ce pays est l'ouest de lu thian (Khotan). [Link] l'Hindoustan, trad. franc., tom. II, pag. 219-20. Examen deshistoriens d'Alexandre, pag. 7^0. c Pian i tian, liv. LUI, [Link],tom. II, pag. Ixxxix. Voyezla notice sur ce pays, traduite du Wen asiahianthoung khao,dans mesNouveaux Mlanges tom.I, pag. 2o5. tiques, f Piani tian, [Link]. de l'occident, cite l S Noticesur les contres mme, pag.1. chinois ont confondu avec le Kachemire
24
FO
KOU
KI.
Ses habitants vivent au milieu des montagnes. Il y a du bl et beaucoup de fruits sauvages. Tout le monde y pratique la loi de Fo. La langue est la mme que celle de Khotan. Cet tat est soumis aux Ye tha (Gtes). Il vint un nouveau tribut la l\e anne Young phing ( 511 ), la 9e lune a. (( Le Tchu kiu pho, aussi nomm Tchu kiu phan, envoya payer le tribut dans les annes Wou t (618-626); c'est le pays qu'on nommait Tseu h sous les Han. Il y a quatre pays (connus du temps des Han) qui sont runis celui-l : Si ye, Phou li, Y na, Te jo. Il est 1000 li prcisment l'ouest de Khotan, et 300 li au nord des monts Tsoung ling. A l'ouest, il touche au pays de Klw phan tho; au nord, goo li, il est frontire du Sou le (Khachgar). Au midi, 3ooo li, est le royaume des Femmes ; il renferme 2000 soldats. La loi de Feou thou y est honore. Les caractres sont ceux des Brahmanes13. Tou chi ajoute ces dtails que le roi de Tchu kiu pho tait originaire de Khachgar, qu'il paya le tribut dans les annes Young phing de Siouan ti; que la langue de ce peuple ressemble celle de Khotan, avec quelques lgres diffrences ; que la figure des habitants ressemble celle des Chinois, et aussi celle des habitants de Sou le. Ils ont pay le tribut sans interruption au temps de la grande dynastie Thangc. On trouve ailleurs' 1 cpie les diffrentes sortes de grains sont en abondance dans le pays de Tchu kiu pho; qu'on n'y mange que du bl, qu'on n'y voit pas de boucheries; que ceux qui se nourrissent de chair, ne mangent que de celle des animaux morts naturellement; que les moeurs des habitants ainsi que leur langue sont analogues celles de Khotan ; que les lettres sont les mmes que celles des Brahmanes ; qu'enfin, le pays peut avoir cinq journes de chemin de circonfrence. On voit que ces diffrents rapports placeraient le pays de Tseu h l'ouest de Khotan, une distance de cent lieues, par consquent 370 de latitude et 710 de longitude orientale du mridien de Paris, vers le point qu'occupe sur les cartes modernes la ville de Yerkiyang". Il faut remarquer que cette position est assigne au pays nomm Tchu kiu pho, et que l'identit de celui-ci avec le Tseu h de la gographie des Han et de F hian ne repose que sur l'autorit de la gographie des Thang. D'ailleurs le pays de Yerkiyang est dcrit par les gographes de toutes les poques, et ne saurait tre confondu avec Tseu h. Une autre raison qui m'a empch d'admettre sans restriction celte position, c'est qu'elle amenait Tseu h trop loin l'ouest. De ce point, quatre jours de route au midi, vingt-cinq jours l'empereurSiouan wou ti, citedansle LXlivredu Piani tian, pag. 1 verso. '' des contres de l'occident Voyezla Description annexe l'Histoiredes Thang, cite l mme, pag. 2. e tian, citl mme,pag. 2 v. Thoung * [Link]'Wedunord,viede 11 [Link] Kia lan (monastre) de Loyang, cite l mme. 0 d'au[M. Abel-Rmusat, n'ayant sa disposition tres cartesque celles en Europe, qui ont t publies ne pouvaitsavoir que la vritablelatitudede Yerkiyangest de 38 20', et sa longitude E. de Paris, de 73056'] KL.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IV.
25
de plus dans une direction cpii n'est pas dtermine, un mois de chemin l'ouest au travers des montagnes de l'Oignon, quinze jours encore vers le sud-ouest pour atteindre le haut Indus, sont une srie de distances qu'il est difficile de compter en prenant Yerkiyang pour point de dpart. [La position du royaume de -y-^f~ Tseu h se trouve dtermine dans la dernire dition du Ta thsing y thoung tchi (sect. 419). C'est le canton actuel de Kouke yar (rivage escarp bleu), situ au sud de Yerkiyang par 700 ko' E. de Paris, et 370 3o' lat. N. sur la droite de la rivire Kar sou, qui coule au nord et se runit au Tiz b ou Tingsa b osteng, affluent de droite du Yerkiyang daria. Ce canton se trouvant presque 5 de longitude ouest de Khotan, et les routes qui y conduisent n'tant pas directes , il n'est pas tonnant que F hian ait mis vingt-cinq journes pour y arriver. Le royaume de Tchu kiu pho s'tendait depuis Ingachar ou Yanghi hissar, dans le territoire actuel de Kachghar, jusqu' Yoal arik, dans celui de Yerkiyang. Il n'est donc pas identique avec le royaume de Tseu h. KL. ] () Fermement attach la religion. ] L'auteur emploie une expression particulire et prise dans le vocabulaire asctique de sa religion : c'est jt|t ;f pi' tsing tsin, qui signifie proprement efforts vers la puret, progrs dans les choses subtiles (saintes), en sanscrit vrya. C'est un des dix moyens d'arriver la perfection absolue, ou, comme disent les Bouddhistes, d'atteindre l'autre rive. J'ai dj eu bien des occasions de parler de ce moyen ou pramit \ On trouvera de nouveaux dtails ce sujet dans le Commentaire sur le Vocabulaire pentaglotte, que nous prparons, M. E. Burnouf et moi, sect. xn, n. A. (5) Les monts Tsoung ling.] On a dj vu (chap. III, note 17) que cette chane de montagnes, dtache du massif de l'Himalaya, court, selon les Chinois, dans une direction peu prs septentrionale. Il s'agit sans doute ici de quelque rameau dtach de la chane du ct de l'orient. Les voyageurs, partant de Tseu h, le rencontrrent aprs s'tre dirigs Arers le midi pendant quatre jours; ils furent cinquante-cinq jours le traverser; sur ce nombre, il y eut trente journes de marche vers l'ouest, et au milieu mme de ces montagnes se trouve, ainsi qu'on le verra plus bas, un royaume appel Ki tchha. (6) Royaume de Yu hoe. ] Ce mot parat offrir la transcription de quelque nom local ; mais il est tout fait ignor d'ailleurs h, et le pays o les voyageurs se trouvent est encore trop peu connu pour nous fournir des moyens de comparaison. (7) Royaume de Ki tchha,] autre pays sur lequel les gographes chinois ne nous fournissent non plus aucun renseignement 0. Voyez ci-dessous, chap. V, note 7. " en particulierle Nouveau [Link], pag. 200. [Link] i tian, liv. LXIII, Journalasiatique, Voyez sect. 2; liv. LIV,articlesOutchhaet Kiaanyu mo. [Link] i tian, liv. LXIII, sect. 3. 4-
CHAPITRE
V.
Royaume de Ki tchha.
Le
roi
cle Kie
tchha
clbre
le pan the yue sse (i). Pan tche yue sse assemble cjuincjiiennale. Au temps fix pour de tous les cts les Samanens. Ils viendes nuages, sance, avec pompe et gravit.
Au lieu
on suspend des tentures, un trne garni de fleurs de nymet d'toffes de soie; et dans le fond on diset ses officiers Cela dure faire leurs y viennent un mois, ou deux, ou (2). Quand leur tour trois le roi
Le roi
la loi.
: gnralement la crmonie a lieu dans le printemps le roi a lev l'assemble, il exhorte ses officiers faire leurs ou dvotions. Les uns y mettent tout le monde un
et de sa
ainsi que de distinction, personnages et de toutes d'toffes de laine et d'objets les choses prcieux, les Samanens avoir besoin. Tous les officiers s'engagent peuvent on rachte des religieux des voeux et font des aumnes ; ensuite autres ces objets. Ce pays que le bl. et montagneux. Il n'y mrit ont reu que les religieux
est
froid
Aussitt
pas leur
d'autre
l'anne,
le temps, de serein qu'il tait, devient neigeux ne reoivent a-t-il coutume d'ordonner leur que les religieux est parvenu sa maturit. vision annuelle qu'aprs que le grain
CHAPITRE
V.
Il y a dans ce royaume un vase o Fo a crach ; et de la mme couleur que le pot de Fo (4). II y a de Fo (5); et, en l'honneur de cette dent, les gens du une tour. H y a plus de mille religieux, tous attachs petite rvolution. A l'orient de grossiers diffrence formment roues qui des ces
Samanens,
la
(6), et l'efficacit
ne saurait
montagnes
diffrents
: il n'y sucre,
ling f]). Quand les plantes et les fruits trois vgtaux, le bambou, Tsoung semblables ceux de
et la canne
soient
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
V.
(i) Pan tche yu sse.] Ce mot est videmment d'origine sanscrite, et conformment l'interprtation qu'en donne l'auteur, grande assemble quinquennale, il se compose du radical pantcha, cinq [et de youktih, runion, assemble. KL.] ~~ ^ *"** (2) [Dans l'original : ~ % % % flf^j fy ^^ J( A' qu'il faut traduire ce passage de la manire suivante : Ou le premier mois, ou le second, ou le troisime, mais gnralement au printemps. KL.] (3) Distribution, aumne.] Le voyageur emploie ici le terme consacr, "ij/tL^T pou chi, l'quivalent du sanscrit dna. C'est le premier des dix pramit ou moyens de salut. Voyez ci-dessus, chap. I, note i 2 , et chap. IV, note . de la profes(Il) Le pot de Fo. ] Le pot est l'un des ustensiles caractristiques sion du religieux mendiant. Celui dont s'tait servi Shkya mouni durant son existence terrestre, est devenu une relique trs-prcieuse. Il en sera question plus tard. Voyez chap. XII. 4.
28
FO
KOUE
KL
(5) Une dent de Fo.] Les dents de Fo sont au nombre des reliques les plus clbres du Bouddhisme. L'histoire de cette religion prsente beaucoup de faits relatifs ces restes prcieux du corps de Shkya mouni. (6) Roues.] H y a dans le texte $. tchhouan, objet circulaire et tournant, et non pas J?A. lun, roue (en sanscrit tchakra, en tibtain hGor-loe, en mongol entendre ce passage diffremment; mais il s'agit kurdou). On pourrait peut-tre ici des roues prires ou cylindres sur lesquels on colle des priprobablement res , et qu'on fait tourner ensuite avec autant de rapidit que cela est possible, pour obtenir et procurer aux assistants, chaque tour de roue, le mme mrite que si la prire avait effectivement t rcite. On peut voir la description de cet usage dans les relations des Aroyageurs qui ont visit la Tartarie a. Au reste, l'ide de roue, de rvolution circulaire, est une de celles qui reviennent le plus souvent dans le langage mtaphorique des Bouddhistes. On a dj vu cpie c'tait le sens propre de l'expression mystique de yna (chap. II, note li). La roue est au nombre des huit symboles (les huit vtargas; naman takil en mongol) qu'on voit dans les temples bouddhiques b. Elle est le signe de la puissance suprme entre les mains des monarques qui sont censs avoir exerc une domination universelle, et qu'on nomme par cette raison tchakravarti, tourneurs de rouec; elle est l'emblme de la transmigration des mes, qui est comme un cercle sans commencement ni fin. Elle est aussi l'emblme de la prdication; et pour due qu'un Bouddha a commenc prcher sa doctrine, on dit qu'il a une premire fois fait tourner la roue de la loi. Cette expression, qu'on rencontrera dans le rcit de F hian, tient vraisemblablement l'emploi des roues prires. Enfin, les diverses branches d'une doctrine, ou les systmes diffrents qu'embrassent ceux qui l'ont adopte, reoivent aussi le nom de roue, et l'on dit les prceptes de la roue de la loi suprieure, de la roue de la loi moyenne, de la loi infrieure d. Au reste, les roues prires paraissent tre maintenant particulires aux Bouddhistes des contres du nord, et je n'ai pas trouv de mention de cet usage dans les extraits des livres indiens qui sont venus ma connaissance. C'est ce qui justifierait la remarque cette note. " faite par F hian dans le passage qui a t l'occasion de
Pallas, trad. fr., tom.I, pag. 568. B. Bergu. s. w., tom. III, mann, Nomadische Streifereien, Reisein denKaukasus, tom.I, pag.125.'Klaprotli, pag. [Link] hLassa, dansles [Link]. 2srie, tom. XIV,pag. [Link]. des Voyages, Tibet, pag. 5o8, 5i i et [Link] Soungnum, extraitedu Journalde Calcutta(Journal asiatique) , tom.I, pag. 352.
h Pallas , hisioriseher Nachrichten, Sammlnngen u.s. w., t. II, pag. [Link], [Link], pag. /]6o. c [Link],pag. [Link] OstMongolen, passim. d orientaux, Sanang sctsen, Hist. des Mongols textemongol,pag. [Link] JournaldesSavants, janvier 1831,pag.3g.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
V.
29
tchha, ou selon la prononciation (7) [La position du royaume de jt^fiixjKi vulgaire Kiet tchha ou Ket tchha, est d'autant plus difficile dterminer, cpie ce nom ne se trouve dans aucun autre crivain chinois connu en Europe. M. Rmusat penchait y reconnatre le Kachemir, mais ce pays n'est pas aussi froid que l'est le Ki tchha selon F hian, et il produit, au rapport de Moorcroft, du froment, de l'orge, du bl-sarrasin, du millet, du mas, des lgumes, du panic et du riz. Cependant, comme le dernier est le plus cultiv, on peut le regarder comme la principale des crales du pays a. D'ailleurs, pour se rendre de Tseuh ou Kouke yar dans le Kachemir, F hian aurait d traverser la branche suprieure de l'Indus qui vient du Tibet, o elle porte actuellement le nom de Singh tchoii ou Sing dzing khampa, et qui est beaucoup plus considrable que celle qui, venant du nord, prend sa source au pied mridional de l'immense glacier Pouchti kher et s'appelle rivire de Khmeh. Dans les hautes montagnes de l'Asie centrale, les chemins qui conduisent travers les glaciers, ou qui les vitent par des dtours, restent presque toujours les mmes : il est donc vraisemblable que celui qu'a suivi notre voyageur, ne diffre pas de celui qui, encore aujourd'hui, conduit de Khotan et de Yerkiyang au Tibet occidental. Ce chemin remonte la partie suprieure du Tiz b jusqu' sa source, passe par le dfil de Kar koroum, au sud duquel il suit le cours du Khamdan, affluent du Cliayouk, et puis le cours de celui-ci jusqu' Leh ou Ladak. De cette ville on se rend dans le Baltistan, en restant au nord de la branche tibtaine de l'Indus; et nous verrons qu'on n'y passe le Kmeh que beaucoup plus loin. F hian, en partant de Tseu h (ou Kouke yar), a donc suivi, dans une direction mridionale, le Kar sou jusqu' ses sources, qui sont dans les monts Tsoung ling. De l il a tourn d'abord au sud-est pour atteindre et remonter le Tiz b, puis il a suivi le cours du Khamdan et du Chayouk jusqu' Ladak, qui parat tre son royaume de Yu hoe. De Yu hoe il y a vingt-cinq journes (sans doute l'ouest) pour arrivera Ki tchha. Il faut donc .chercher ce pays dans le Baltistan, qui est le petit ou premier Tibet, ou dans le voisinage. KL.] 2 Journal the tom. II, pag. 23. of royalgeographical Society of London,
CHAPITRE
VI.
Monts Tsoung ling. Neiges perptuelles. Inde du nord. Royaume de Tho ly. Colosse de Mi le Phou sa.
on alla vers l'ouest en se dirigeant du ct Du pays de Ki tchha les Tsoung de l'Inde du nord. On fut un mois en route pour traverser et en t. Il il y a de la neige en hiver ling. Sur ces montagnes, leur s'ils venimeux venin, qui vomissent y a aussi des dragons manquer la pluie. la neige, le viennent leur proie (i). Le vent, de tels obstacles aux sable volant et les cailloux rouls opposent il n'y en a pas un Voyageurs, que sur dix mille qui s'y hasardent, les habitants de ce pays hommes des On nomme qui y chappe. Montagnes Quand Au moment petit royaume de religieux, de neige (2). on a travers d'entrer nomm tous cette dans Tho on arrive de cette dans l'Inde du nord on trouve grand
chane,
(3). un
les limites
contre, un
nombre
(6), transporta la stature de Teou chou (7) pour y contempler Phou sa (8), et en faire, tre redescendu, aprs taille en bois. Cet artiste monta trois fois
Lo han (5) qui, par l'effet un sculpteur dans le ciel et les une de traits de Mi le
le
une statue haute de huit toises (9), et aprs il excuta personnage, de fte, cette staet dont le pied avait huit coudes (10). Les jours de lumire; tue est toujours les rois de ces pays lui resplendissante rendent l'envi les plus grands honneurs. Elle subsiste encore actuellement dans cet endroit (n).
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VI.
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NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VI.
' PassaSe CJue (i) [L'original porte : ^ tf_ Jh] ^J^^^F "M ^ |L4~ je crois plutt signifier : ail y a aussi des dragons venimeux, qui, s'ils sont m contents, vomissent du venin. Il s'agit ici vraisemblablement des vapeurs et exhalaisons vnneuses qui infectent plusieurs valles de l'Himalaya et des mon KL. ] tagnes du Tibet. (2) Hommes des Montagnes de neige. ] On reconnat clans cette dnomination celle des montagnes du grand Caucase indien, couvertes de neiges perptuelles, en sanscrit Himalaya. Au reste, la phrase chinoise est embarrasse et peut-tre corrompue ; on en jugera.
Littralement: Occurrentium his oerumnis, decies mille, non unus servatar. Istius terroe homines nomine vocantar niveorum montium homines. La difficult tombe sur le mot jin (homines), qui ne devrait pas tre rpt deux fois. Il n'y a point de variantes dans les deux textes. [Je pense que le premier caractre $%_ yu, rencontrer, appartient la phrase et se rapporte aux vents, la pluie, la neige, au sable volant et aux prcdente, cailloux rouls que les voyageurs rencontrent; alors le sens du reste serait : Ces obstacles quoique innombrables n'en forment pas un vritable pour les gens du pays ; aussi ces gens sont-ils appels gens des Montagnes de neige. KL.] (3) L'Inde du nord. ] La contre appele Inde du nord, P Thian tch, parles Bouddhistes et les gographes chinois qui les ont suivis, n'tait pas comprise dans les limites actuelles de l'Hindoustan ; mais cette dnomination s'appliquait aux pays situs au N. E. de l'Indus, au midi d'Hindou kouch, dans la partie orientale de ce qu'on appelle maintenant Afghanistan. Vlnde du nord contenait, outre le Tho ly (Darada?), seront nomms plus bas. l'Oudyna, le Gandhra et quelques autres pays qui
inconnu
d'ailleurs.
chi(5) Lo han.] Lo han, et plus exactement A lo han, sont la transcription noise du mot sanscrit Arhan, vnrable. A b han, suivant les Chinois, signifie qui n'est plus soumis la naissance, ou cpii n'a pas besoin d'tude (wou seng,
52
FOE
KOUE.
KI.
wou Mo). V Arhan est celui qui est arriv la perfection et qui sait y conduire les autres . Il est dix millions de fois suprieur YAngm, et un milliard de fois infrieur au Pratyka Bouddha, selon le tarif des mrites acquis par les diffLes Arhan rentes classes de saints, tarif qui est attribu Shkya-mounilui-mme1'. jouent un trs-grand rle dans toutes les lgendes bouddhiques. Les Tibtains les nomment gNas-hrtan; on en compte dix-huit principaux, qui sont figurs clans les mythologies chinoises (Sanihsc thou hoe, Jin-sse, 1. IX, p. ho). On en dsigne ailleurs seize auxquels on donne l'pithte de grands, et qui vivent dans diffrentes les du monde terrestre c. L'Arhan dont il est ici parl se nommait Mo thian ti kia (en pli Madhyntika ), au rapport de Hiouan thsang. Voyez ci-aprs, VIII, i. -fo $. jfE} force suffisante des dieux. La par(6) Une puissance surnaturelle.] faite connaissance des vrits du Bouddhisme procure aux saints de cette religion dix sortes de puissance. i Ils connaissent les penses d'autrui. 2 Ils ont la vue connaissent perante et pure des yeux du ciel, c'est--dire qu'ils voient clairement, sans obscurit, sans obstacle, tout ce qui existe dans l'univers. 3 Ils connaissent le pass et le prsent, li" Us connaissent la succession non interrompue, sans et sans fin, des kalpas ou ges du monde, actuels et futurs. 5 Ils commencement ont la finesse des oreilles du ciel, c'est--dire qu'ils entendent clairement, distinctement, sans efforts et sans obstacles, tous les sons, toutes les voix qui se produisent dans les trois mondes et les dix parties de l'univers, et qu'ils en discernent l'origine sans difficult. 6 Ils ne sont point assujettis aux conditions corporelles, et peuvent, volont, former des apparences pour accomplir leurs intentions. 7 Ils distinguent les nuances des mots heureux ou malheureux, prochains ou loigns. 8 Ils ont la connaissance des formes : sachant que la forme est vide, ils peuvent revtir toutes sortes de formes; et sachant que le vide est forme, ils peuvent anantir les corps. g Ils ont la connaissance de toutes les lois. io Ils ont la science de la contemplation d. Parmi les dix grands disciples de Shkya mouni, le sixime, nomm Mo kian Les autres brillaient par lion, s'tait acquis la plus grande force surnaturelle. l'exacte observation des prceptes, par la manire dont ils prchaient la doctrine, ou dont ils expliquaient les choses spirituelles, etc. ". La puissance surnaturelle est ce cpie les Mongols appellent riddi khoubilganl. Sanang setsen en rapporte plusieurs exemples e. ,l Commentaire sur le Hoa yan king, cit dans le Santsang f sou,liv. XXXVIII,pag. 18 u. Fan y mingi, cit dans le San tsang f sou, liv. XLI, pag. 12 [Link]).liv. XIX, pag. 8. u. s. f, tom. II, pag. 386. Pallas, Sammlung., M. Schmidt,Notes surSanangsetsen,pag. 3i 2. s Pag. i5, 33, 43, etc. " Transactions the [Link], of royalasiaticSociety, 2/i5. Cf. Schmidt, Notessur Sanang setsen, 3i/|. h Fochouessechicul tchangking,pag. 4 v. 5. [Link] religion samanenne, [Link] l'[Link] [Link] belles-lettres, [Link], p. 25/|. c F tchu ki, cit dans le San tsangf sou, liv. XLV,pag. 17.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VI.
33
Teou sou, (7) Le ciel de Teou chou.] Ce nom, qui se transcrit ordinairement ou plus exactement Teou sou tho, reprsente le mot sanscrit Touchita, et dsigne le sjour de la joie. C'est l'un des tages superposs ou paradis placs au-dessus du monde matriel, que l'on nomme en sanscrit bhouvana. Le Touchita est le quatrime de ces tages, compris dans le monde des dsirs, selon la classification la plus rpandue a, et le troisime du Kmavatchar, selon l'arrangement des Bouddhistes du Npal h. Le P. Horace de la Penna, qui en parle sous son nom tibtain de dG Idan, le place au premier rang infrieur parmi les habitations des lia ou dieux 0, tandis qu'ailleurs il le compte comme le quatrime en montant, Le nom de ce paradis signifie parmi les stations du monde de la concupiscence 11. savoir suffisant, parce que les dieux qui y habitent savent se tenir en garde contre les cinq dsirs, ou les dsirs des cinq sens". On l'interprte aussi par joyeux, dlicieux, lieu de dlices et de satisfaction. C'est l le sens de l'expression tibtaine f et des explications tartares s, comme c'est le sens du mot sanscrit. Dans ce paradis, les dieux vivent cinq cent soixante et seize milliers de millions d'annes. Leur taille est de cinq cents donpa (mesure tibtaine de quatre coudes), et ils se reproduisent par le simple attouchement des mains \ chinoise de Matreya Bodhisattwa. Mi le est (8) Mi le Phou sa, ] transcription la prononciation trs-abrge et trs-corrompue de Matreya, mot sanscrit qui 1 c'11'-Le signifie, suivant les Chinois, fils de la bont ou de la tendresse, J^r %ie ^sei mot chi, joint au radical tseu, rend l'effet de l'inflexion sanscrite sur le radical mitra. Ce personnage, qui doit succder Shkya mouni comme Bouddha terrestre, D'autres tait, sous le nom de Ayito, au nombre des disciples de ce dernier'. assurent qu'il est n dans le ciel l'poque o Shkya embrassa la vie religieuse, c'est--dire quand la dure de la vie moyenne des hommes tait de cent ans. Depuis ce temps il rside en qualit de Bodhisattwa dans le Touchita, et il y rsidera jusqu' son avnement dans la qualit de Bouddha. Cet avnement, suivant une prdiction que Shkya fit ses disciples dans la ville de Che we, aura lieu une poque trs-recule, quand la vie des hommes, par une srie de diminutions et d'accroissements successifs, aura t porte quatre-vingt-quatre mille ans, c'est--dire dans cinq milliards six cent soixante et dix millions d'annes k. Le nom de la ville o il prendra naissance, celui du prince son pre et de la San Thiantha ssekiaoi, cit dans le San tsang tsang f sou, u. s. f c Boolan h.v. sou, [Link],pag. [Link] Schroeter, Diciionarj: pentaglolle, [Link], n 4. u. s. S Vocabulaire pentaglotte, h Tibet, Hodgson, Sketch of the Buddhism,dans les Alphab. pag.483. 1 etc. tom.I, pag. 234. Ta tchi tou lun, cit dans le San tsang Transactions, f sou, Tibet, liv. XLIV,pag. 6. Alphab. pag. 182. * Ibid. 1 Encrei. liv. IV, pag.32. pag. 483. jap. 5
54
FO
KOUE
KL
princesse sa mre, ont t galement annoncs par Shkya. Son pre se nommera Sieou fan ma, sa mre Fan ma you. Ce sera la plus belle personne du monde, gale en attraits la femme d'Indra, ayant les lvres comme la fleur oubara, l'haleine comme le santal. Matreya natra, comme Shkya, par le flanc droit de sa mre. Alors les dieux, habitants du Touchita, entonneront des cantiques", etc. Matreya vivra quatre-vingt-quatre nirvana aura la mme dure. (9) Huit toises], 2/1'", ko. (10) Huit coudes], 2'", kk. (11) Elle subsiste encore.] F hian s'exprime ici en homme qui a vu le colosse dont il parle. On verra, dans le chapitre suivant, quelle poque la tradition qu'il a recueillie faisait remonter l'rection de cette statue. * Ghin i tian, liv. LXXVIII, pag. 3. mille ans, et la loi qu'il lguera aprs son pari
CHAPITRE
VIL
On
suivit
la chane
au sud-ouest,
en
marchant
pendant
quinze
Cette route est extrmement difficile et fatigante, jours. remplie d'obstacles et d'escarpements On ne voit dans ces mondangereux. de rochers d'ltagnes que des murailles qui ont huit mille pieds vation. avancer, Quand on s'en le pied Au bas est une approche, venait glisser, rivire nomme la vue se trouble; et si, en voulant il n'y a rien qui pt le retenir (i). le fleuve Sin theou (2). Les anciens
les rochers ouvrir une route, et ils ont taill des perc pour chelles on a pass ces chelles, Quand qui ont sept cents degrs. on traverse le fleuve sur (un pont de) cordes Les deux suspendues. rives du fleuve sont loignes l'une de l'autre d'au moins quatre-vingts des Han, dans leurs Tchang khian et Kan yng (3), sous la dynastie dont les secrtaires du cabinet des affaires tranvoyages, interprtes la relation gres ont donn (4), ne sont, ni l'un ni l'autre, parvenus pas. ce point. jusqu' Les religieux ont demand la loi de Fo avait commenc pondu m'ont l'rection passrent : Je assur de m'en suis inform F hian si l'on savoir quand pouvait l'orient. Hian leur a rgens ce pays, et tous ce fut aprs traditions, des Cha men de l'Inde de
ont
avec eux les livres sacrs et la colemportant lection des prceptes. La statue fut rige trois cents ans aprs le ni houan de Fo, ce au temps qui, par le calcul des annes, rpond de Phing wang, de la famille de Tcheou on peut dire (5) : c'est pourquoi que la grande doctrine a commenc se propager et se rpandre
ce fleuve,
56
FO
KOU
Kl.
l'poque Sans le secours de ce grand ( de l'rection ) de cette statue. matre Mi le, qui et continu l'oeuvre de Chy kia et rduit ses lois en la connaissance de rpandre des trois Qui et t capable pratique? tres prcieux chez les habitants (6), et de la faire pntrer jusque de l'extrmit du monde, en leur apprenant connatre avec certitude d'une l'origine opration de la rvolution Telle (7). humaine. des Han mystrieuse? a t la cause Ce n'a du pas t l'effet ti
songe
de Ming
de la dynastie
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIL
( 1) Il n'y a rien qui pt le retenir. ] Cette description des escarpements dans les hautes chanes de l'Himalaya est d'une exactitude parfaite, et tous les voyageurs qui en ont parcouru quelques parties, s'accordent dans le rcit des difficults de toute espce qui rendent la marche travers ces montagnes aussi pnible que les prilleuse : les rochers pic, les escaliers taills dans les escarpements, chanes tendues au-dessus des valles et les ponts suspendus. (2) Le fleuve Sin theou.] Le nom du Sind est crit ici jjjfr. Ailleurs on le trouve orthographi /j^Mg ou $_E}-3Z. Ce nom signifie, suivant les Chinois, fleuve qui sert de preuve ou de tmoignage, y^Tj^- D'aprs la cosmographie bouddhique, il sort de la partie mridionale du lac A neou tha, passe par la bouche de l'lphant d'or, fait une fois (alias sept fois) le tour du lac, et va se jeter dans la mer du sud-ouest \ On sait que, selon cette cosmographie, quatre fleuves partis du mme point se dirigent en sens opposs : i Le Heng Ma ou Heng (Gange), dont le nom sanscrit signifie venu de la maison cleste, parce qu'il coule d'un lieu trs-iev. Il sort de la partie orientale du lac A neou tha, ainsi nomm d'un mot sanscrit (anawadata), qui signifie exempt de tumulte. Ce lac est au midi de la montagne des Parfums, et au nord des grandes Montagnes de neige; il a huit cents li de tour. L'or, l'argent, le verre, le cristal, le cuivre, le fer, etc. ornent ses rivages. Le Gange sort de la bouche d'un boeuf d'argent, et, faisant une fois le tour du lac, il se jette dans la mer du sud-est. 20 Le Sin tou (Sind), dont on vient de parler. * A han king(le longAgama),cit dans le Santsang Tchang f a sou, liv. XVIII, pag. 21v.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIL
57
3 Le F thsou (Vatch, Oxus ou Djihoun ), dont le nom sanscrit signifie rivire pure; il sort du ct occidental du lac A neou tha, par la bouche du cheval de verre ou de saphir, fait une fois le tour du lac, et va se verser dans la mer du nord-ouest. k Le Si to, d'un mot sanscrit (s'ta) qui signifie froid, sort de la partie septentrionale du lac A neou tha, par la gueule du lion de Pho ti Ma (sphatika, cristal fait une fois le tour du lac, et va se jeter dans la mer du nord-est. Quelques-uns prtendent que ce fleuve s'enfonce sous terre et va sortir des montagnes du dsert de pierre, o il forme la source du fleuve Jaune de la Chine a. Pallash, d'aprs la cosmographie mongole Ertundjin tooli, nomme les quatre fleuves Ganga, CMlda, Baktchoa ( Wakshou, Oxus) et Aipara. B. Bergmann, citant le mme ouvrage 0, rapporte d'autres noms : Ganga, Sidda, Barkho etBaklchi ou Chida. Le P. Horace, d'aprs les Tibtains, nomme ces quatre fleuves mGan-hgis, Sindhou, Paktchhou et Sidai. [Le lac A neou tha ou Anawadata est le Rwanhrada des Hindous et le Mapam datai des cartes mandchou-chinoises faites sous Khang hi et Khian loung. Dans les dernires, les quatre bouches sont appeles les quatre portes, mais c'est d'une seule que sort une rivire qui communique l'ouest avec le lac Langga. Voici les noms de ces quatre portes: Touigochal, l'orientale; GMou ourgo, la mridionale; Arabko, l'occidentale, qui communique avec le Langga, et Dadzan loung, la septentrionale. Il ne faut cependant pas oublier que F hian n'a pas travers la branche suprieure de l'Indus, qui vient du Tibet, ou qui sort, d'aprs les ides des Bouddhistes, de la partie mridionale du lac Anaivadata. Le voyageur a seulement pass la seconde branche de l'Indus, appele Klumeh. M. E. Burnouf propose une autre explication du mot A neou tha. En pli, ce lac se nomme Anavatatta, mot qui ne peut tre autre chose que le sanscrit anavatapta, c'est--dire, cp n'est pas clair ou chauff (par les rayons du soleil). Cette explication s'accorde bien avec l'opinion qui fait de ce lac le Rvanhrada. KL.] (3) Tchang khian et Kanyng.] L'intention du voyageur est de relever le mrite des efforts qu'il a d faire pour atteindre une contre si loigne de la Chine, et il cite les deux expditions les plus lointaines qui eussent t faites jusqu' lui, par des gnraux chinois, pour montrer qu'il avait dpass le point le plus recul o fussent encore parvenus ses compatriotes. Tchang khian, que Deguignes, par erreur, a nomm Tchang kiao", est un gnral chinois qui, sous le rgne de Wou ti de la dynastie des Han, l'an 122 avant J. C, fit la premire expdition mmorable dans l'Asie centrale. On l'avait envoy en ambassade chez les Yu ti, mais il avait t retenu par les Hioung nou, et gard dk ans chez ces peuples. Il s'y tait mme mari et avait eu des a c Nomadischc [Link], pag. 198. A hanking(le longAgama),cit dans Streifercien, Tchang d leSantsang [Link]. 186. f sou, liv. XVIII,p. 21 v. ' Histoire desHuns, t. I, p. 27; t. II, p. 48. Sammlungen, u.s.f, [Link], pag.3-j. de roche),
58 enfants. Durant
FOE
KOU
KL
ce sjour, il avait acquis une connaissance tendue des contres situes l'occident de la Chine. 11 finit par s'chapper et s'enfuit plusieurs dizaines de journes du ct de l'ouest, jusque dans le Taivan (Farghana). De l
il passa dans le Khang kiu (la Sogdiane), le pays des Yu ti et celui des Dahse. Pour viter son retour les obstacles qui l'avaient arrt, il voulut passer au milieu des montagnes, par le pays des Khiang ( le Tibet ) ; mais il ne put viter d'tre encore pris par les Hioung nou; ce qui, pour le dire en passant, fait voir qu' cette poque le Tibet tait dj expos aux incursions des nations septentrionales. Il parvint s'chapper de nouveau et revint en Chine aprs treize ans, sur cent qui avaient form sa suite son n'ayant plus que deux compagnons, dpart. Les contres qu'il avait visites en personne taient le Ta wan, le pays des grands Yu ti, celui des Ta Ma (Dahoe) et le Khang kiu ou la Sogdiane. Mais il avait en mme temps recueilli des renseignements sur cinq ou six autres grands tats, voisins de ceux-l, et son retour il fit part l'empereur de ses observations. Quand j'tais chez les Tahia, dit-il, je remarquai des cannes de bam bou de Khioung et des toiles de Ch. Je demandai comment on s'tait procur ces objets. Les Tahia me rpondirent : Nos marchands vont faire le commerce dans le pays de Chin tou (Sind). Le Chin tou est au S. E. des Ta hia, quel ques milliers de li. Les moeurs de ses habitants et leurs vtements ressemblent ceux des Tahia; mais leur pays est bas, humide et chaud. Ces gens montent sur des lphants pour faire la guerre. Leur pays touche la grande mer. Sui vant mon calcul, le pays des Ta hia est douze cents li au S. O. del Chine. Et puisque le Chin tou est quelques milliers de li au S. E. des Ta hia, et que l'on y trouve des objets venus de Ch, ce pays ne doit pas tre loign de Ch. En consquence, j'ai voulu passer par le pays des Khiang ; mais en vou tant viter les dangers qui me menaaient chez ces peuples, je me suis avanc un peu trop vers le nord, et j'ai t fait prisonnier par les Hioung nou. Cepen dant il doit tre facile de sortir par le pays de Ch, et l'on ne serait point expos aux attaques des brigands. L'empereur ayant appris que les Ta wan, les Ta hia, les An szu et autres peuples formaient des tats puissants, o l'on trouvait beaucoup de choses rares; que ces nations avaient une grande ressemblance avec le royaume du Milieu, mais qu'elles taient peu guerrires, et qu'elles estimaient beaucoup les marchandises de la Chine; sachant aussi que dans le nord, les grands Yu ti, les Khang kiu et autres peuples puissants et belliqueux pouvaient tre attirs par l'appt des richesses, et que si on parvenait leur faire goter des ides de justice, une vaste rgion de dix mille li d'tendue serait ouverte aux officiers de l'empire, et de toutes parts entre les qu'alors la vertu et les bonnes moeurs se rpandraient quatre mers, il donna son approbation au projet de Tchang khian, et ordonna diffrentes routes. qu'on fit. partir de Ch plusieurs envoys cpii prendraient
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIL
59
Ils sortirent en effet par quatre points, et firent chacun mille ou deux mille li; les routes fermes au nord par les Ti et les Tso, au sud mais ils trouvrent par les Sou et les Kouen ming. Ces peuples n'ont pas de chefs et se livrent, au brigandage. Ils firent prir plusieurs des envoys chinois, de sorte que la communication projete ne put avoir lieu. On apprit seulement qu' mille li du ct de l'occident, tait un royaume o l'on se servait d'lphants pour monture, et que l'on nommait Thian, et que c'tait l que passaient les marchandises qui venaient de Ch. Quelques-uns russirent y arriver. Ce fut ainsi qu'en cherchant communiquer avec les Dalise, les Chinois commencrent connatre le royaume de Thian. On avait dj fait bien des tentatives pour ouvrir des relations avec les barbares du sud-ouest ; mais on y et renonc sans les assurances donnes par Tchang khian sur la possibilit d'arriver chez les Dahse par ce chemin. environ, Tchang khian servit ensuite dans les guerres contre les Hioung nou; et les connaissances locales qu'il avait acquises pendant son sjour chez ces peuples, furent fort utiles aux gnraux chinois. Il fut, en 123 avant J. C, lev un poste important. Mais deux ans aprs, ayant chou dans une expdition contre les Hioung nou, il encourut la peine capitale, et fut, par grce spciale, condamn seulement la dgradation et rduit au rang du peuple. Il ne laissa pas, sur les rapports qu'aquelque temps aprs, de donner d'utiles renseignements vaient entre eux les princes des Hioung nou, des Ou sinn et des Yu ti, sur la soumission des Sa par ces derniers, et sur d'autres vnements relatifs ces nations occidentales, qui avaient de l'intrt pour les Chinois cause de la exercer alors sur l'Asie intrieure \ J'ai cru domination qu'ils prtendaient devoir entrer dans ces dtails, parce qu'ils se rapportent la premire dcouverte de l'Inde par les Chinois. Il n'est en aucune faon parl de cette contre avant cette poque, au moins dans ceux de leurs livres que nous connaissons. L'autre gnral dont parle F hian dans le passage qui a t l'occasion de cette longue note, est Kanyng, que le clbre Phan tchao, conqurant de la Tartarie pour l'empereur Ho ti, envoya, l'an 97 de J. C, jusque sur les bords de la mer occidentale, c'est--dire de la mer Caspienne, avec ordre d'aller soumettre l'empire romain. Les informations que ce gnral prit chez les Tiao tchi (Tadjiks) et de ce projet. On lui dit que la mer tait vaste, et que les An szu le dtournrent ceux qui la traversaient dans un sens ou dans un autre, mettaient trois mois quand ils taient favoriss par un bon vent; que si le temps tait contraire, il sur fallait quelquefois deux ans, et qu' raison de cela ceux qui s'embarquaient cette mer, avaient soin de se munir de provisions pour trois ans ; que sur mer, les meilleurs soldats taient dans l'impatience de revoir la terre, et qu'il en prissait " Fie de Tchangkhian, dans l'Histoiredes Han, Thsianhan chou, liv. LXI,p. i, 5.
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FOE
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KI.
beaucoup par l'effet du regret qu'ils avaient d'avoir laiss leur pays. Kan yng se rendit ces reprsentations et s'arrtaa. On voit que Tchang khian et Kan yng sont du nombre des Chinois qui ont voyag dans les contres occidentales la plus grande distance de leur pays. Il n'est pas mme tout fait exact de due qu'ils n'ont pas t aussi loin que F hian; car le premier, en allant chez les Ta hia et en revenant du Khorasan par la route du midi et les limites du Tibet, a d passer deux fois l'Indus, et Kan yng, parvenu sur les bords de la mer Caspienne, avait atteint un point plus recul que celui auquel est parvenu le voyageur bouddhiste. Mais celui-ci n'avait probablement pas une ide trs-prcise de la situation des pays dont il parlait, ni de la vritable direction des expditions anciennes dont il rappelle ici le souvenir. (k) Les secrtaires interprtes du cabinet des affaires trangres. ] J'ai introduit dans cette phrase une lgre correction dont je dois rendre compte. On lit dans les deux textes 5C1/JT'I^^Li' ce cIm' ne ^ aucun sens. Je lis $iLn\xtSffLjKieouyi est le nom d'une sorte d'interprtes ou de secrtaires attachs au tian chou kou, ou bureau o se traitaient les affaires des peuples trangers rcemment soumis l'empire , sous la dynastie des Hanh. C'est aux rapports de ces employs qu'on est redevable de beaucoup de renseignements gographiques et ethnographiques suites contres lointaines. [Je pense que M. Abel-Rmusat s'est tromp dans la correction de ce passage, clans lequel il faut mettre un point aprs le caractre Y)\, et qu'on doit traduire : Les deux rives du fleuve sont loignes l'une de l'autre d'au moins quatre-vingts pas; il y a neuf stations (o on le passe). On ==, raconte que Tchang khian u et Kan yng ne sont, ni l'un ni l'autre, parvenus jusqu' ce point. KL. ] (5) Phing wang de la dynastie de Tcheou.] Il s'agit ici d'un fait extrmement imde l'poque o cette religion s'est rpanportant pour l'histoire du Bouddhisme, due au del de l'Indus, et dans les contres orientales de l'Asie, en Tartarie et dans ce dernier jusque dans la Chine. On a coutume de placer son introduction pays l'an 61 de J. C, et de l'attribuer un vnement dont il sera parl dans la note 7 ci-aprs. C'est en effet la date de ce que l'on peut appeler son adoption officielle , car c'est alors que le culte de Bouddha fut port avec solennit dans la capitale, et profess historiens authentiques. * Notice sur les contres publiquement pour la premire fois, au tmoignage des Mais des faits isols, et dont le souvenir s'est conserv t. XXV,p. 3o; [Link] l'Institut,[Link]. et t. VIII, p. 116, 123. belles-lelt., 1 Thsianhan chou, liv. XIX, 1" sect., p. 7 v.; tr. i3. Khanghi Tseutian, au mot F, rad. CXLIX,
occidentales,annexe l'Histoiredes Han, Heouhan chon, [Link], p. G, note [Link] tian, liv. LVI, art. 3, de VInstitut, [Link]-lett., ; Mm. p. >.
NOTES vaguement,
SUR
LE
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VIL
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n'en attestent pas moins que le Bouddhisme avait pntr clans diverses provinces des poques antrieures, et s'tait tabli obscurment sans tre remarqu. On croit mme qu'il avait t prch trs-anciennement, que l'incendie des livres, sous Chi houang ti de la dynastie des Thsin, tait la cause qui l'avait fait oublier 3; et l'on raconte, que la vingt-neuvime ou la trentime anne du rgne de ce prince (ou 217 ans avant J. C), un Samanen, des contres occidentales, nomm Che li fang, vint Hian yang (bourgade prs de Si 'an fou du Chen si), avec dix-huit autres religieux, apportant des livrs sacrs en sanscrit. Ils s'adressrent la cour; mais l'empereur, choqu de leurs habitudes extraordinaires, les fit mettre en prison. Alors Li fang et ses compagnons se mirent rciter le Maha pradjha pramit; une vive clart remplit toute la prison, et immdiatement aprs un gnie, de couleur d'or, de la taille de seize pieds, arm d'une massue, vint enfoncer les portes et dlivrer les prisonniers. L'empereur, effray, se repentit du traitement qu'il leur avait fait subir, et les renvoya aprs leur avoir rendu de grands honneurs h. Vers l'an 122 avant J. C, l'expdition du gnral Hou khiu ping contre les Hioung nou conduisit les Chinois dans un pays nomm Hieou thou, situ au del des montagnes de Yarkand. Le roi de ce pays offrait des sacrifices une statue apporte l'empereur en 121e. Yan faite en or pour reprsenter le prince des statues de Fo actuellement en sacre, la fit placer dans le palais des sources douces. Elle avait plus d'une toise (3"', o5 ) de hauteur. On ne lui offrait pas de sacrifices, seulement on brlait des parfums en son honneurd. C'est ainsi, ajoute-t-on, qu'a commenc s'introduire la doctrine de Fo. Tchang khian, au retour de son ambassade chez les Ta hia, rendant compte de ce qu'il avait appris [Link] des Feou thou 0. d'un envoy Chine alors, nations voisines, parla Sous 'A-ti (l'an 2 avant des Yu ti, nomm suivant l'expression de des Chin tou ou de l'Inde, et du culte de J. C), un savant nomm Thsin king reut / tsun kheou, des livres bouddhiques. La d'homme en or. Cette statue fut prise et sse kou remarque ce sujet qu'on l'avait des gnies clestes, et que c'est l'origine usage. L'empereur, la considrant comme
l'historien desWe, connut cette doctrine, du mais elle n'y crut pas f. Voil tout ce que j'ai trouv de relatif l'introduction l'an 61 de notre, re, o l'on a coutume Bouddhisme en Chine, antrieurement de placer cet vnement. On verra bientt quelques dtails sur la part qu'y prit l'empereur Ming ti. Quant la connaissance * de cette religion, que les Chinois trouvrent, ds leurs
VoyezWen hian thoungkhao, livre CCXXVI, 3Pagh pian, cit dans le Chin i tian, Fof kin thang liv. LIX, p. 5. c Thsianhan chou, Fiede Wouti.
1 'We chou,noticesur lesdeuxsectesde Chvkia et de Lao tseu. c Id. ibid. ci-dessus la note d. Voyez 1 Wen hian khao,liv. CCXXVI, thoung p. 3 ; 'We chou,utsupr; [Link], liv. LIX, p. 7. 6
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premires expditions, tablie au nord du Tibet et dans la Boukharie, F hian est l'auteur qui nous a conserv la tradition la plus prcise et la plus intressante. Suivant lui, les Bouddhistes du bord de l'Indus avaient appris que leur religion s'tait rpandue au del de ce fleuve, par les soins des Samanens de l'Inde, au eut et cet vnement temps de l'rection du colosse de Matreya Bodhisattwa, lieu trois cents ans aprs le Nirvana de Shkya, l'poque du rgne de Phing l'an 770 wang de la dynastie de Tcheou. Or, Phing wang commena rgner avant J. C., et mourut l'an 720. Pour le dire en passant, cette indication reporterait la mort de Shkya, antrieure de trois cents ans, dit l'auteur, l'rection du colosse, l'an 1020 au plus tard. Or, sans entrer ici dans la discussion de toutes si les dates assignes par les Bouddhistes des diverses nations cet vnement suivi important pour eux, je dois faire observer que le calcul le plus ordinairement par les Chinois, place la naissance de Shkya l'an 1027 ou 102g, et sa mort instruits des l'an g5o a. Le calcul suivi par d'autres auteurs chinois trs-bien traditions bouddhiques1", serait encore bien plus contraire la chronologie de Chi f hian, puisqu'il place la naissance de Shkya la neuvime anne de Tchouang wang (688 avant J. C.), et qu'il ferait par consquent descendre sa mort l'an 609, plus d'un sicle aprs l'poque assigne l'rection du colosse de Matreya. Ce ce sont les expressions du texte : elles montrent que, dans qu'il faut remarquer, l'opinion de F hian, Matreya n'est pas seulement un personnage mythologique, confin dans le Touchita; mais que son action s'est exerce sur la terre, et qu'elle a contribu soutenir l'influence de l'apostolat de Shkya, et la propager jusque chez les peuples de l'extrmit du monde. Il faut comparer ce passage avec les autres traditions qui placent trois sicles aprs Shkya l'avnement d'un persond'une sorte de rformateur ou de continuateur nage de l'ordre des Bodhisattwas, des prdications bouddhiques, d'un rdacteur des livres sacrs, et qui le font agir dans la partie occidentale de l'Inde. Il sera parl du colosse de Bodhisattwa dans la relation du pays d'Oudyna par Hiouan thsang. ou de (6) La connaissance des trois (tres) prcieux], c'est--dire du Tiiratna, Bouddha, Dharma, Sanga. J'ai rassembl ailleurs beaucoup d'indications sur les noms de cette triade chez les diffrents peuples bouddhistes c. Je dois y joindre ce passage curieux d'un auteur musulman d : Quand les Tibtains prtent ser ment, ils invoquent le Kandja soum (lisez dKon mtchhog soum), c'est--dire le Dieu triple; kandja signifiant dieu, et soum, trois. Ils disent cependant qu'il n'y a qu'un * t. I, p. 115, 117. Comparez Mlanges asiatiques, b Histoire des'We,noticesur lesdeuxsectes,etc.; Histoire desSouX, partie littraire; Wenhian thoung khao, liv. CCXXVI, p. 1; Chini tian, liv. LIX, p. 1, 3. Voyez Hodgson, Sketchof the Buddhism,dans les Transactions of the royalasiaticSociety,t. II, et les auteurs cits dans mes Observations sur quelques samanenne. pointsde la doctrine Relationdun voyage dans l'Asiecentrale,par Mir Fzzet-ullah, en 1812 (Magasinasiatique de M. Klaproth, tom. II, p. i5).
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VII.
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Dieu, et que des autres, l'un est son prophte et l'autre son verbe, et que l'union des trois dans la formule du serment se rapporte un seul Dieu. H y a aussi une grande ressemblance entre les lamas du Tibet et les moines des pays chr tiens, etc. Les voyageurs bouddhistes, pour dire qu'un peuple, un prince la religion samanenne, se bornent remarquer pratiquent qu'ils sont profondment attachs aux trois prcieux. Le dogme des trois prcieux est pour eux comme le fondement de la doctrine, un point qui, une fois admis, entrane avec lui tous les autres. Ne pas croire aux trois prcieux, est un pch irrmissible a. Il serait difficile d'entendre ces passages dans le sens troit qu'on donne communment ces trois mots, Bouddha, la loi et le clerg. On veut parler videmment d'une triade suprme o l'intelligence absolue se manifeste dans la parole et la multiplicit. Sans rentrer ici dans une discussion de mtaphysique et de thologie, qui a dj trouv place ailleurs, je rapporterai une anecdote que me fournit un livre chinois imprim au Japon. La quinzime anne du rgne d'un prince de Sin ra (Sin lo, en Core), nomm F hing wang (le roi promoteur de la loi, 528 de J. C), la religion de Fo commena s'tablir dans cette contre. Auparavant, sous le rgne de No khi wang, un Samanen nomm Me hou tseu tait arriv de Kao li (la Core proprement dite ) la ville de I chen na. Il s'tait creus une grotte pour y demeurer. L'empereur de la Chine, de la dynastie des Liang, envoya en prsent au prince de Sinra toutes sortes de parfums ; mais ni le prince ni ses sujets n'en connaissaient l'usage, ni mme le nom. Hou tseu le leur enseigna. Ces substances, leur dit-il, sont destines tre brles. L'odeur exquise qu'elles rpandent parvient jusqu'aux saints esprits; et parmi ceux qu'on nomme saints esprits, il n'y en a aucun qui soit au-dessus des trois prcieux : le premier s'ap pelle Fo tho; le second, Tha mo; le troisime, Seng kia. Si vous formez des voeux en brlant ces parfums, divine ne manquera pas d'y rpondre. l'intelligence La fille du roi se trouvait malade en ce moment. On chargea Hou tseu de brler des parfums et de prononcer des formules de prires. La princesse se rtablit Le roi, charm, rcompensa magnifiquement le Samanen 11. J'ajouterai, puisque l'occasion s'en prsente, que les images, les livres et le culte de Fo furent introduits dans la Core, la seconde anne du roi Siao cheou lin (372); que l'usage de l'criture s'introduisit dans le P tsi (autre partie de la anne du rgne de Siao kou wang (37k) ; et qu'un reliCore), la vingt-neuvime gieux tranger, nomm Ma la nan koue, vint de Tsin (la Chine) dansle mme pays, la dixime anne du roi Kieou cheou ( 3SZi) ; le roi alla au-devant de lui, le mena dans son palais et lui rendit de grands honneurs. C'est alors que le Bouddhisme s'tablit dans le P tsi. L'anne suivante, on commena l'rection d'un temple de Fo sur le mont Han, et dix personnes y embrassrent la vie religieuse. Je ne dis rien de l'tablissement du Bouddhisme au Japon. Titsingh, dans ses " b Fyuan tchulin, cit dansle San Isangfsou,1. XXIX,p. 28 v. Encyclop. japonaise,1. XIII, p. 1o. 6. immdiatement.
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Annales des Daris, et M. Klaproth, dans les claircissements qu'il a joints cet ouvrage, donneront sans doute sur ce sujet toutes les explications ncessaires. (7) Le songe de Ming ti.] Ming ti, de la dynastie des Han, eut un songe : il vit un homme, de couleur d'or, d'une taille leve, la tte coiffe d'une aurole blanche lumineuse, voler dans l'air au-dessus de son palais. Il consulta quelquesuns de ses courtisans sur ce songe. On lui rpondit que, dans les contres occidentales, il y avait un esprit nomm Fo. En consquence, l'empereur chargea un grand officier, nomm Thsa yn, et un lettr, nomm Thsin king, d'aller avec plusieurs autres, dans l'Hindoustan, prendre des informations sur la doctrine de Fo , dessiner ou peindre des Feou thou (temples et idoles), et recueillir des pret revint avec deux d'entre eux, Ma ceptes. Thsa yn s'adressa aux Samanens, teng et Tchou fa lan, Lo yang. Ce fut alors que le royaume du Milieu commena possder des Samanens et observer les usages relatifs aux gnuflexions. Un prince de Tchou, nomm Yng, fut le premier embrasser la religion nouvelle. Yng s'tait aussi procur le livre de Fo en quarante-deux chapitres, et des images de Shkya. Ming ti fit peindre des reprsentations religieuses et les plaa dans la tour de la puret. Le livre sacr fut dpos dans un difice en pierre prs de la tour de Lan; et comme, en revenant Lo yang, Thsa yn avait plac ce livre sur un cheval blanc, on construisit un monastre qui fut nomm temple du cheval blanc. Ma teng et F lan passrent leur vie dans ce monastre.
CHAPITRE
VIII.
du pied de Fo.
on a pass le fleuve, on est dans le royaume d'O tchang (i). d'O tchang forme prcisment la partie septentrionale Ce royaume de l'Inde. On y fait absolument usage de la langue de l'Inde centrale (2). Quand L'Inde lements ceux centrale est ce qu'on nomme royaume du Milieu (3). Les habildu peuple et sa manire de se nourrir sont aussi semblables Milieu. La loi de Fo o les religieux en y est extrmement taient des sencj s'arrtrent, kia lan, tous appartenant
kia lan. H y a en tout cinq cents seng l'tude de la petite translation ou des (). S'il vient quelque tranger et on les nourrit Pi khieou (5), on les reoit avec empressement, trois jours. Aprs ces trois jours, un autre gte. Quand la tradition on les avertit de se chercher eux-mmes
dans parle du voyage de Fo qui vint jusque l'Inde du nord, c'est de ce royaume Fo y a laiss qu'il est question. de cette empreinte de son pied. La dimension varie suil'empreinte de ceux qui la contenaient vant la pense encore (6) ; elle subsiste prsent. La pierre lieu o les mauvais La pierre est haute est plate d'un ct. Trois o les habits ont t schs au soleil (7), et le ont dragons d'une toise; t convertis, elle a deux subsistent toises
galement. et elle
en carr,
Hoe king, Tao des religieux, en avant pour le royaume de Na ki, hian et les autres s'arrtrent
tching
et Hoe
o est l'ombre
partirent de Fo (8). Fa
tha,
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FOE
KOU
KI.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
(i) Le royaume rf'Ou-tchang.] Le nom de ce pays signifie jardin, en sanscrit Oudyna; et le pays tait ainsi nomm, parce que l avait t autrefois le parc d'un roi de la roue (tchakravarti radja). F hian est le premier Chinois qui en ait eL Ou tchang. Soung yun l'crit parl : il orthographie le nom de ce royaume i & % Oa tchhang > et Hiouan thsang l'crit ainsi : 5$ ^J- J|L Ou tchang na. Ce dernier voyageur rapporte aussi les deux orthographes altres }tt <j JL Ou sun tchhang, et A^ i=L Ou tchha. Celle qu'il a suivie est la transcription aussi exacte qu'on puisse la faire en chinois du mot sanscrit Oudyna, le tch ou dj se substituant presque toujours la dentale mouille dans la transcription des noms hindous. dans les lgendes bouddhiques, Le pays ! Oudyna est trs-clbre mais les voyageurs de cette religion ne sont pas les seuls qui l'aient fait connatre aux Chinois. Ceux-ci ont eu avec les princes d'Oudyna quelques rapports politiques, notamment en 5o2, en 5i i, en 518, en 52 i, en 6Zt2. L'existence historique de ce royaume ne saurait donc tre mise en doute entre l'anne 4oo ou 4oi , dans laquelle F hian le visita, et l'anne 6A2 , o son prince crivit une lettre l'empereur de la Chine. S'il fallait s'en rapporter aux lgendes, ce pays aurait dj exist sous le nom d'Oudyna au temps de Shkya mouni; mais la critique n'est pas encore en tat d'adopter'"ou mme de discuter de semblables traditions. Ma toaan lin met ce royaume l'orient du Kandahar 3, et y place l'habitation des Brahmanes, la premire entre les tribus des barbares. Ce pays ne pouvait tre loign des cantons 'Altok et de Pechawer; mais son nom ne se trouve plus parmi les dnominations gographiques de ces contres. Il n'y a Tien qui y ressemble dans la liste des noms anciens de lieux qui se rapportent aux parties septentrionales et occidentales de l'Inde, noms que Wilford a extraits des Pouran'sb, C'est une observation qui ni dans celle que Ward a tire du Mrkandeyapouran'. peut se gnraliser, et qui s'appliquera toute la suite de notre itinraire. Trop de rvolutions ont boulevers le sol de l'Inde, pour que des noms de lieux, qui remontent quatorze cents ans, puissent tre cherchs sur les cartes rcentes, particulirement quand ils tiennent un tat politique qui a vari cent fois. Les Hindous n'ont pas mme l'ide des travaux critiques par lesquels, la Chine comme dans l'Occident, on tablit les concordances qui servent de base la gographie ancienne; et parmi les savants europens, que l'tude du sanscrit et mis en tat de suppler l'absence de matriaux de cette nature, un fort petit nombre se sont sentis attirs par des recherches arides, pineuses et souvent ' Liv. CCCXXXVIII, i3. '' Asiat. Res.t. VIII. * Ward'sView, etc. 1.1, p. 11. p.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
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ingrates. On n'a pas encore donn assez de suite la gographie des Pouranas de Wilford : il et t pourtant bien intressant d'tendre les investigations et de rectifier les erreurs de cet crivain laborieux, mais trop systmatique. La lecture de ces anciennes compositions, du Rmyana, du Mahabhrata, et de quelques autres pomes, comme le Megha douta, entreprise dans le but d'en dpouiller toute la partie gographique, serait un vritable service rendu l'rudition. On admire avec raison, dans ces ouvrages, des peintures gracieuses et d'lgantes descriptions ; mais ces beauts, quel qu'en soit le mrite, ne sauraient tre que pour des esprits superficiels l'objet d'un intrt exclusif. Des souvenirs fugitifs, propres fournir des inductions chronologiques, ou faire esquisser le tableau des anciennes divisions de l'Inde d'aprs les crivains indiens, auraient infiniment plus de prix aux yeux des savants. Il y a eu d'heureux essais en ce genre dans ces dernires annes, mais on n'a point encore embrass le sujet dans son ensemble : aussi la dtermination de tous les lieux dont parle F hian a-t-elle exig un travail considrable ; ce qui tait impossible au temps de Deguignes, tant encore aujourd'hui hriss de difficults. On voit, par la relation de F hian, que le Bouddhisme tait tabli au ive sicle dans la partie orientale de l'Afghanistan, sur la rive droite de l'Indus, et dans une contre que l'on nomme encore Kafristan ou pays des Idoltres ; car c'est ce canton que rpond incontestablement l'Oudyna, quelle qu'ait t son tendue du ct de l'occident. Nous apprenons d'ailleursa qu'au vu" sicle, la mme religion y existait encore, quoiqu'elle laisst voir quelques symptmes de dcadence; que sur quatorze cents monastres qu'on y comptait autrefois, plusieurs fussent tombs en ruine ; que beaucoup de religieux se fussent transports ailleurs , et que ceux qui restaient eussent perdu l'intelligence du vritable sens de leurs livres. Ces faits, consigns dans des ouvrages antrieurs aux invasions des Musulmans, sont d'accord avec les tmoignages que ceux-ci ont mis un peu plus tard, et peuvent mme servir les expliquer. Plusieurs faits relatifs au royaume d'Oudyna, et qui ont t nois au temps des dynasties des We septentrionaux et des Thang, la relation suivante, extraite du Kou kinthouchou, Piatiitian, liv. La troisime anne King ming, du rgne de Siuan wou ti de connus des Chise trouvent dans
'We du nord (5o2 de J. C), des ambassadeurs vinrent apporter un tribut. Ce royaume est au midi du Siu mi (Sou merou). Au nord, il a la chane des montagnes de l'Oignon ; au sud, il confine l'Inde. Les Brahmanes sont, chez les trangers, considrs comme la caste suprieure. Les Brahmanes sont verss dans la science du ciel et dans le calcul des jours heureux et malheureux. font rien sans consulter leurs dcisions. Pian i tian, liv. LXIII, descr.d'O tchang,pag. G. Les rois ne
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Ce pays contient beaucoup de forts et produit des fruits. On conduit les eaux pour arroser les champs. La terre est fertile et abondante en riz et en froment. Il y a beaucoup de sectateurs de Fo. Les temples et les tours sont trs-orns et elles se soumettent magnifiques. Quand deux personnes ont une contestation, prendre mdecine. Celle'qui a tort prouve de violentes le droit pour elle ne ressent aucun mal. Dans leurs lois, les coupables ; ceux qui auraient mrit cette punition S. O. des montagnes de l'Intelligence; l est le mont Tan on a construit un temple. On leur porte des aliments douleurs, et celle qui a on ne punit pas de mort sont seulement exils au
the. Sur cette montagne l'aide de plusieurs nes. Il n'y a personne au bas de la montagne pour les diriger ou les retenir, et ils peuvent d'eux-mmes aller et venir. des monastres rapporte le voyage de deux habitants de Thun houang nomms Soung yun tse et Hoe seng, qui se rendirent dans les (Cha tcheou), contres a occidentales. Ils employrent douze mois avant d'entrer dans le royaume de Ou tchang. Ce royaume touche, au nord, aux montagnes de l'Oignon ; du ct du midi, il tient l'Inde. Le climat y est tempr. Le pays a plusieurs milliers de li d'tendue; il est bien peupl et riche en productions. Il y a un monticule isol, voisin d'une rivire dont les eaux sont noires, et de l'le des Gnies. Les champs de la plaine sont trs-fertiles. C'est le lieu de la demeure de Pi lo chi eul, o Sa tho a fait l'abandon de son corpsb. anciennement les moeurs de ce pays fussent loin d'tre trs-parfaites, cependant, l'exemple du roi, on y avait fait des progrs dans la puret, on pratiquait des jenes en se nourrissant de lgumes, on honorait Fo le matin et durant la nuit; on frappait alors sur un tambour, on sonnait de la conque, on jouait de Quoique la guitare, de la flte, d'autres instruments vent; et ce n'tait qu'aprs que la moiti du jour avait t employe de cette manire, que l'on s'occupait des affaires de l'tat. On ne punissait pas de mort les criminels, mais seulement on les exposait sur une montagne dserte, o on les laissait chercher boire et manet on ger. Quand une affaire prsentait des doutes, on prenait des mdicaments, s'en rapportait au tmoignage qu'ils rendaient sur le clair et l'obscur, le grave et le lger, ou sur le temps. La terre est bonne et fertile; les habitants vivent dans l'abondance. Toutes les crales y croissent, ainsi que les cinq principaux fruits, et beaucoup d'autres qui viennent maturit. La nuit on entend le bruit des cloches qui, de tous cts, remplissent l'air 0. La fertilit de la terre donne naissance des fleurs extraordinaires qui se succdent l't comme l'hiver. Les prtres ont coutume de les cueillir pour aller les offrir Fo. ' Tchhing (ville), est une fautedans le texte: il fautjit +5S contre. Ce passageparat altr : il est du moins peu intelligible. c Littralement, le monde. ' L'histoire
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
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Le roi voyant arriver Soung yun, l'envoy du grand royaume de 'We, pour le saluer, et ayant reu ses lettres de crance , demanda Soung yun s'il tait un homme du pays o le soleil se lve. l'orient de notre pays, rpondit Soung yun, il y a une grande mer du sein des eaux de laquelle le soleil sort. Tel est l'ordre du Jou la (Tathagta). Le roi demanda encore : Ce pays produit-il de saints personnages? Soung yun parla alors de Tcheou koung, de Confucius, de de Lao tseu; il indiqua les vertus de chacun d'eux : puis il parla du Tchouangtseu, mont Phencj la, de la porte d'argent, de la salle d'or, des gnies et des immortels qui y habitent; il en vint aux habiles astrologues et devins, aux mdecins, aux magiciens, et traita de toutes ces choses sparment et avec ordre. Quand il eut fini, le roi lui dit : Si les choses sont comme vous le dites, c'est le royaume de Fo , et nous devons, pendant toute la dure de notre vie, respecter les habitants de ce pays. Soung yun et Hoe seng sortirent ensuite de la ville pour chercher les vestiges de la doctrine du Jou la. A l'orient de la rivire est le lieu o Fo fit scher ses habits. Autrefois, lorsque le Jou la voyageait dans le royaume de Outchang, il convertit le roi des dragons. Celui-ci, dans sa colre, avait excit une violente tempte. Le seng Ida li de Fo fat tremp en dedans comme en dehors par l'eau de la pluie. Quand elle eut cess, Fo, assis au bas du rocher du ct de l'orient, fit scher son Ma cha " au soleil. Quoiqu'il se soit, depuis ce temps, coul bien des annes , les taches et les endroits clairs sont comme s'ils taient nouveaux. Non-seulement on voit distinctement les traces, mais jusqu'aux plus menues impressions des fils. Au moment o nous allmes les voir, c'tait comme si l'on n'en et pas encore t, et il semblait qu'on et gratt ces raies. Au lieu o Fo s'est assis, ainsi que dans celui o les habits ont t schs, on a lev des tours, qui en marquent le souvenir. A l'ouest de la rivire est un tang : c'est celui o habitait le roi des dragons. A ct est un temple avec une cinquantaine de religieux. Le roi des dragons oprait souvent des merveilles. Le roi du pays, pour le conjurer, jetait clans l'tang de l'or, des pierres prcieuses, des perles. Ensuite (le roi des dragons) les fit jaillir des deset ordonna aux religieux de les recueillir. Les vtements et la nourriture servants de ce temple sont fournis par les dragons. Aussi les habitants le nomment temple du roi des dragons. Au nord de la ville royale, dix-huit li, il y a une empreinte du pied du Jou la; on a bti une tour de" pierre pour la renfermer. L'endroit du rocher o est l'empreinte est comme si l'on et imprim un pied dans la boue. La mesure n'en est pas fixe; elle est tantt plus grande et tantt plus petite. Il peut maintenant y avoir dans le temple soixante et dix religieux. [Le kia cha estune espceJe collet que les religieuxbouddhistes portent sur les paules. KL.]
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Au midi de la tour, vingt pas, il y a une source dans un rocher. Fo s'tant purifi et ayant mch une branche d'osier, la planta en terre : elle est devenue un grand arbre, que les barbares nomment Plio leou. Au nord de la ville est le temple de Tho lo, o il y a beaucoup d'adorateurs de Fo. hefeoa thou" est haut, et grand, mais les cellules des religieux sont trs-resserres. Il y a tout autour du temple soixante statues dores. Tous les ans, le roi tient une grande assemble dans ce temple; tous les Samanens du royaume s'y rassemblent comme des nuages. Soung yun et Hoe seng ont vu ces mendiants; et leur conduite rgulire, leurs pieuses austrits, leurs moeurs ont excit leur respect et leur admiration. Ils leur abandonnrent un esclave mle et un autre femelle pour faire les offrandes de vin et balayer le temple. Au sud-est de la ville royale, huit jours de marche, dans les montagnes, est le lieu o Fo fit l'abandon de son corps un tigre affam. C'est une montagne trs-escarpe, avec des prcipices, des cavernes, des pics qui entrent dans les nuages. L'arbre du bonheur kalpa darou et le champignon ling tclii y croissent en abondance. Les sources qui sont dans la fort, le mlange agrable des fleurs y charment les yeux. Soung yun et Hoe seng donnrent de l'argent pour faire une statue dans le Feou thou sur le front de la montagne, et gravrent sur le rocher une inscription en caractres li, pour rappeler les grandes actions de la dynastie 'We. Sur cette montagne est le temple de l'or conserv; il y a plus de trois cents religieux. Au sud de la ville royale, plus de cent li, est le lieu o jadis le Jou la, tant dans le pays de Maliieou, prit sa peau dtache pour papier, et un de ses os. pour pinceau. Le roi Ayeou fit btir une tour cette place; elle est haute de dix tchang. A l'endroit o l'os fut dtach, la moelle a coul sur la pierre, et l'on voit la couleur de la graisse, et la tache huileuse comme si elle tait rcente. Au sud-ouest de la ville royale, cinq cents li, est le mont Chen tclii, ou des biens; il y a des sources douces et de beaux fruits, dont il est parl dans la lgende. Les montagnes et les valles y sont agrablement diversifies. Les arbres des montagnes conservent leur verdure en hiver. Cette riche vgtation, cette douce temprature, le printemps dans sa fleur, les papillons, semblables des fleurs qui voltigent, produisent un ensemble dlicieux. Au milieu de cette scne sduisante,, Soung yun, qui se trouvait dans une contre si loigne de son pays, tait agit de mille penses diverses, et sentait natre en son coeur les motions d'autrefois. Il y passa un mois pour obtenir des Brahmanes des charmes qui le calmrent. Au sud-est de cette montagne, il y a une maison de pierre dite du prince, o se voient deux chambres. Devant la maison du Prince, dix pas, est une grande pierre carre. On dit que le prince avait coutume d'aller s'y asseoir. Le roi Feou thouest le nom [ qu'on donne aux pyramidesou oblisques qui renfermentdes s'arra, ou reliquesde Shkyaou d'autres saints personnages. On appellegalementainsi les chapelles dans les KL. ] quellessontplacesleurs images.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
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A yeou y fit btir une tour pour en consacrer le souvenir. Au midi de la tour, un li, est le lieu o tait la cabane du prince. En descendant de la montagne, au nord-est, cinquante pas, est le lieu o le prince et la princesse firent le tour d'un arbre sans se sparer, et o les Brahmanes les flagellrent de manire faire couler le sang terre. Cet arbre subsiste encore, et conserve les gouttes de sang dont il fut arros. L est une source d'eau. A l'ouest de la maison, trois li, le roi du ciel Indra se changea en lion, et l est la place o il se tint assis sur le chemin, cachant Man yun. Les vestiges de son poil, de sa queue et de ses ongles subsistent encore prsent, ainsi que le lieu o A tcheou tho Idiou et son disciple offrirent des aliments leurs parents. Dans ces divers lieux, il y a des tours pour en conserver le souvenir. Dans les montagnes sont les lits de cinq cents anciens Arhan. Ils sont sur deux files du sud au nord, et la place o ils taient assis les uns vis--vis des autres; sur la seconde range, il y a un grand source d'eau o but le prince. Au nord nombre d'nes; personne ne les garde, sortent trois heures du matin, et gardent la tour, et c'est l'immortel W temple o vivent deux cents religieux, et la est un temple toujours entour d'un grand et ils vont d'eux-mmes o ils veulent. Ils midi ils mangent. Ce sont des gnies qui pho qui leur a donn cette commission. Il au sa la o
y avait jadis dans ce temple un Cha mi qui avait l'habitude de jeter les cendres dehors, et par la volont des huit gnies, il les attirait lui. Insensiblement peau se colla et ses os se sparrent. L'immortel W pho prit sa place dans fonction de porter les cendres au dehors. Le roi a lev un temple W pho,
est son image recouverte de feuilles d'or. Auprs d'un petit dfil, il y a le temple de Pho Man, construit par Ye tcha. On y trouve quatre-vingts religieux. On dit que le Arhan Ye tcha venait souvent y l'aire des offrandes de vin, balayer, ramasser du bois. Les mendiants vulgaires ne peuvent demeurer dans ce temple. Nous, Samanens de la grande dynastie 'We, emes la gloire de venir jusqu'ici; mais nous nous en retournmes, n'osant y faire sjour. La troisime anne Young phing (5io), la neuvime lune, le pays de Ou tchang envoya un tribut. La quatrime anne, la troisime lune et la dixime lune, il en vint un autre du mme pays. La mme chose eut lieu la septime lune intercalaire de la premire anne Chin houe de Hiao ming ti (5 18), et la cinquime lune de la seconde anne Tching kouang (621). Sous la dynastie des Thang, la seizime anne Tching houan (6/12), il vint des ambassadeurs de Ou tchang. Il n'en est pas question dans la vie de Ta tsoung; mais on lit ce qui suit dans la Notice sur les contres occidentales : Ou tchha, aussi nomm Ou tchang na et Ou tchang, est juste au midi" de l'Inde. Ce pays a cinq mille li de longueur. Il confine l'orient avec le pays de Pho lia (Pourout), Faute vidente,pour droitau nord,ainsi qu'onle voitimmdiatement aprs, 7-
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six cents li. A l'ouest il est quatre cents li de Khi pin (Cophne). Les mon tagnes et les valles se tiennent et se succdent. Elles produisent de l'or, du fer, du raisin, l'herbe odorifrante y Mn. Le riz y mrit au bout, d'un an. Les habi tants sont faibles, la fort adonns aux pratiques superstitieuses, trompeurs, magie. On n'emploie pas les supplices dans ce royaume; les coupables qui au raient mrit la mort, sont exils dans les montagnes dsertes. Quand il y a des doutes sur la culpabilit, on les dissipe au moyen d'une boisson mdicinale qui fait distinguer le vrai du faux. Il y a cinq villes : le roi demeure dans celle de Chou meng pe li, aussi nomme Meng ki li. Au nord-est est le ruisseau Tha li lo : c'est l'ancien pays de Ou tchang. La seizime anne Tching kouan (6/12), le roi Tha mo in ilio ho sse envoya des ambassadeurs qui apportrent du camphre. Une lettre impriale lui marqua la satisfaction qu'on avait de cette conduite. On remarque qu'en passant les montagnes au nord de Pho lo ton lou, et faisant six cents li, on atteint la tribu de Ou tchang. Le Thse fou youan houe rapporte ainsi la lettre de Tha mo in tho ho sse : Le trs honorable souverain, dou de bonheur et de vertu, qui rgne la fois sur le milieu et sur le haut, monte le prcieux char du ciel, dissipe toutes les tnbres, et, comme le seigneur Indra, est capable de soumettre le roi des A sieou lo (Asoura). Votre esclave se repose sur la racine de vos bonts, et, comme s'il et obtenu la race d'Indra vivant, salue votre trs-honorable personne et lui offre du camphre. fut flatt d'un hommage venu de si loin, et fit sceller de son sceau L'empereur une rponse bienveillante. la Notice des pays occidentaux sous la grande dynastie des Thang, le royaume de Ou tchang n'a pas plus de cinq mille li de tour. Il est rempli de montagnes et de valles qui dpendent les unes des autres, et de courants et de lacs dont les sources se communiquent. On y sme des crales; mais, malgr le soin qu'on a de labourer la terre, elles ne produisent gure. 11 y a beaucoup de raisin et peu de cannes sucre. La terre produit du fer, de l'or; elle convient au y Mn. Les forts sont extrmement touffues; les fleurs et les fruits viennent en abondance. La chaleur et le froid se temprent; le vent et la pluie se succdent avec rgularit. Les habitants sont d'un caractre timide et astucieux; ils aiment l'tude et ne transgressent pas les lois. L'astrologie est leur occupation habituelle. La plupart sont vtus de laine blanche, et peu d'entre eux ont d'autres habillements. Quoique leur langage diffre, il approche beaucoup de celui de fin tou, ainsi que leur criture, leurs crmonies, leurs usages. Ils honorent beaucoup la loi de Fo, et leur culte appartient la grande translation. Sur le fleuve Sou, pho f son thou, il y avait autrefois quatorze cents Ma lan (monastres). Beaucoup sont dj tombs en ruine. Jadis on y trouvait dix-huit mille religieux; leur nombre est prsentement fort diminu. Tous tudient la grande translation, et se livrent la contemplation : ils se plaisent lire leurs critures, mais ils n'en entendent pas le sens Suivant
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la conduite est pure. Ils gardent sont en usage parmi eux. Suivant : la premire est celle de F mi (conversion de la terre); la troisime, celle de Yn houang ou Ks'yapa (lumire hue); la quatrime, celle de Chou i thsiyeou; et la cinquime, celle de Ta tchoung ou de la multitude. Dix temples au moins sont habits ple-mle par des hrtiques. Les villes sont au nombre de quatre ou cinq. Le roi habite le plus souvent dans celle de Meng Me li. La ville a seize ou dix-sept li de circonfrence. La population y est trs-nombreuse. A l'est de la ville de Meng ki li, et quatre ou cinq li, est un grand sou ton po" o se trouvent un trs-grand nombre de merveilles divines. Quand Fo tait vivant, il institua dans cet endroit l'immortel Jin jo roi de Ky li. (Ce mot, en chinois, signifie dbat, discussion. On disait prcdemment ko li: c'tait une corruption.) Pour couper les membres (Lacune dans le texte.) Au nord-est de la ville de Meng ki li, en faisant deux cent cinquante ou deux cent soixante li, on entre dans une grande montagne, et on arrive la fontaine du dragon A po lo lo, qui est la source du fleuve Sou pho f sou thou. Les eaux se partagent en coulant du ct du sud-ouest. Et comme hiver, il y fait un froid excessif; matin et soir il y tombe de la neige. Au milieu de la neige et de la pluie mles ensemble, il y a une lumire de toutes couleurs qui resplendit de tous cts. Le dragon A po lo lo naquit dans le temps que Kia ch pho Fo tait parmi les hommes. Il porta le nom de Keng khi; et profondment vers dans l'tude de la magie, il empcha, par ses formules, que les dragons ne produisissent des orages de pluie. Les gens du pays se confirent lui et lui offrirent le superflu de leurs moissons. Les habitants furent trs-touchs ; ils conservrent le souvenir de ce bienfait, et, par maison, on s'imposa un boisseau de grain pour les offrandes. Plusieurs annes aprs, il arriva qu'on manqua ce devoir. Keng khi, mcontent, souhaita de devenir un dragon venimeux. Il excita une tempte mle de vent et de pluie, qui dtruisit les moissons; et quand il eut ordonn qu'elle cesst, il fit cet tang et la source du Dragon, d'o coule une eau blanche qui dtruit les biens de la terre. Chy kia jou la, plein de bont pour les hommes et dirigeant le sicle, fut touch de compassion pour les habitants de ce pays, qui n'taient exposs qu' ce seul malheur. Il fit descendre un esprit qui vint en cet endroit pour convertir le dragon furieux. Il prit un sceptre divin de diamant, et frappa sur le ct de la montagne. Le roi des dragons pouvant sortit et vint faire sa soumission. Il couta la doctrine de Fo, purifia son coeur, et crut la loi. Jou la lui fit aussitt la dfense de nuire aux moissons. Le dragon rpondit : Tous ceux qui mangent, comptent sur les champs a lamulns, Sllwtipa, pde oj earlh. Chapelle,couvent.
profond. Les prceptes sont mis en pratique, et les observances, et les formules d'enchantement ce que la tradition enseigne, il y a cinq sectes (silence de la loi); la seconde, celle de Houa ti
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des hommes. Aujourd'hui je reois votre sainte instruction, je crains de pou voir difficilement me garantir de la ncessit. Je souhaite que sur douze annes, il y ait une rcolte qui me soit abandonne. Le Jou la eut compassion de lui et le permit. C'est pourquoi il y a tous les douze ans un dsastre de l'eau blanche. Au sud-ouest de la source !A po lo lo, plus de trente li, sur nal de la rivire, sur une grande pierre, il y a une impression du mesure en varie selon le bonheur et la force des hommes. C'est du Jou la quand il quitta ce lieu aprs avoir soumis le dragon. le bord septentriopied du Jou la. La
la marque du pied Les hommes des temps postrieurs amassrent des pierres en cet endroit pour y faire un temple. De prs et de loin on y accourt pour offrir des fleurs et des parfums. En descendant la rivire, environ trente li, on vient une pierre o le Jou la lava ses habits; les raies de son Ma cha y sont empreintes comme si elles taient graves. Au midi de la ville de Meng ki li, quatre cents li, est la montagne et la valle de Hi lo. La'rivire coule vers l'ouest, et retourne ensuite vers l'orient. Des fleurs mles et des fruits rares sont entrans par le courant. Les bords sont escarps et les montagnes coupes par de profondes valles o se prcipitent des torrents. Les voyageurs y entendent quelquefois le bruit de voix ou de cris, ou le son d'instruments de musique. Les rochers sont carrs comme un lit, de mme que si on les avait travaills la main. Ils se tiennent et se prolongent en se suivant les uns les autres. Ces escarpements et ces valles sont l'endroit o Fo, ayant entendu la moiti d'un pome, fit le sacrifice de sa personne et de sa vie. (Prcdemment on disait kie : c'est un mot sanscrit abrg. On dit aussi kie tho, par altration du mot sanscrit. Maintenant, pour rendre exactement le son du mot, on dit kia tho: "|j cheou.) Au midi de la ville de Meng ki li, deux cents li environ, sur le revers d'une montagne, on trouve le Kia lan (monastre) de Ma ha fa na. (Ce mot fan, crit la chinoise, signifie la grande fort".) C'est le lieu o le Jou la pratiqua jadis les oeuvres de Phou sa et fut surnomm roi de Fo tha tha. (Mot/o?i, qui en chinois signifie don universel.) Fuyant les ennemis et abandonnant son royaume, il arriva jusqu'ici. Il rencontra un pauvre Brahmane qui demandait l'aumne. Ayant perdu son royaume et son rang, n'ayant rien donner, il ordonna qu'on le lit lui-mme et qu'on le livrt au roi de ses ennemis, pour que l'argent qu'on donnerait pour lui servt d'aumne. Au nord-ouest du monastre de Maha fana, en descendant les montagnes l'esli, on arrive au Kia lan de Mo yu. (Ce mot signifie fve en pace de trente-quatre chinois.) Il y a un Sthopa haut de plus de cent pieds. Au revers, sur une grande pierre carre, est une trace du pied du Jou la. Fo ayant foul cette pierre, en fit jaillir la lumire J3$T,|w kcou tclii, qui claira le monastre de Maha fana; il raconta les aventures de sa propre naissance en faveur des hommes et des dieux. s l'a na est le mot sanscritvana,fort. KL. ce qui en chinois signifie pome. Un pome a trente-deux vers,
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Au bas du mur du Sthopa, il y a une pierre entoure de jaune et de blanc. H a y toujours un suc graisseux. Dans le temps o Fo mettait en pratique les actions de Phou sa, pour que l'on entendt la droite doctrine dans cet endroit, il se rompit un os pour crire les livres sacrs. A l'ouest du monastre de Moyu, soixante ou soixante et dix li, il a un y Sthopa qui a t lev par le roi Wou yeou. C'est l que le Jou la, pratiquant jadis les actions de Phou sa, reut le titre de roi de CM pi kia. (Ce mot fan, en chinois, signifie donner. On disait autrefois, par abrviation, roi de Chi pi.) Il avait pri Fo, et c'est rellement dans cet endroit qu'il coupa son corps pour le livrer l'pervier au lieu de la colombe. (Voyez IX, .) Au nord-ouest du lieu dit pour la colombe, deux cents li au moins, on rencontre le ruisseau Chan ni bche, et on arrive au monastre de Sa so cha ti. (Ce mot signifie en chinois mdecine du serpent.) Il y a un Sthopa haut de plus de quatrevingts pieds. C'est le lieu o le Jou la, tant jadis Indra, rencontra une troupe de gens affams et pestifrs. Les mdecins n'y pouvaient rien; et, sur les routes, ceux qui mouraient de faim se succdaient sans interruption. Indra, plein de compassion, songea les dlivrer de cette calamit, et il changea son corps en celui d'un grand serpent. Il appela les cadavres dans les rivires et les vallons : en l'entendant, tous trs-joyeux se mirent fuir et courir. Il gurit les affams et les malades. Non loin, il y a le grand Sthopa de Sou ma. C'est le lieu o jadis le Jou la, tant Indra, par compassion pour des pestifrs, se changea en serpent Sou ma. De tous ceux qui en mangrent, il n'y eut personne qui ne ft consol. Sur le bord des rochers, au nord du ruisseau Chan ni lo che, il y a un Sthopa. Les malades qui y arrivent sont guris, et sont garantis de beaucoup de maladies. Le Jou la tant autrefois roi des paons, y vint avec sa troupe. Presss de la chaleur et de la soif, ils cherchaient de l'eau qui ne s'y trouvait pas. Le roi des paons, d'un seul coup de bec, frappa le rocher et en fit jaillir de l'eau qui coula et forma de suite un lac. Ceux qui en boivent sont guris de leurs maux. Sur le rocher, il y a encore l'empreinte d'une patte de paon. Au sud-ouest de la ville de Meng ki li, en faisant soixante ou soixante et dix li, l'orient du grand fleuve, il y a un Sthopa haut de soixante pieds environ, qui a t lev par le roi de la Haute arme. Anciennement le Jou la, tant sur le point d'entrer dans l'extinction, avertit ainsi tous les peuples : Aprs mon nirvana, Je roi de la Haute arme du royaume d'O tchang na doit donner une partie de mes reliques tous les princes, pour tablir une mesure gale. Quand le roi de la Haute arme fut venu, il y eut une consultation sur leur valeur. Alors les hommes clestes et la foule rptrent les paroles de la prdiction et de l'ordre du Jou la. On partagea les reliques, et chacun les emporta dans son royaume; on leva en leur honneur le Sthopa. Sur la rive du grand fleuve, il y a une
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grosse pierre de la forme d'un lphant. Anciennement le roi de la tlaute arme fit placer les reliques sur un grand lphant blanc, et vint en s'en retournant cet endroit. Alors l'lphant se prosterna et mourut; il fut chang en pierre. A cet endroit on a construit un Sthopa. A quarante ou cinquante li de la ville de Meng ki li, en traversant le grand fleuve, on vient au Sthopa Louhi ta kia. (Ce mot signifie rouge en chinoisa.) Il est haut de plus de cinquante pieds, et a t rig par le roi Wou yeou. Anciennement le Jou la, pratiquant les actes de Phou sa, devint roi d'un grand royaume, sous le titre de Tscu li (force de bont). Dans cet endroit il se pera le corps et on disait ye cha; c'est prit son sang pour nourrir cinq yo cliah. (Prcdemment une corruption. ) Au nord-est de la ville de Meng ki li, trente li, on vient au Sthopa de pierre appel Ko pou to (ce mot signifie en chinois merveille unique) ; il est haut de quarante pieds. Anciennement le Jou la discourut sur la loi en faveur des hommes et des dieux, et leur ouvrit la voie. Aprs que le Jou la s'en fut all, la foule, qui se dsolait de son dpart, l'honora en lui offrant des parfums et des fleurs sans interruption. A l'ouest du Sthopa de pierre, trente ou quarante li, en passant le grand fleuve, dans un temple, il y a une image de A fou lou tchi ti chefa lo Phousci. (Ce mot signifie en chinois contemplant ce qui est de soi-mme. Ce sont des mots unis et des sons qui s'enchanent dans un mot sanscrit. En les sparant on y trouve afolou tchi to, qui se traduit par contemplant, et chefalo, qui se traduit par existant de soi-mme. Prcdemment on le traduisait par voix, sicle de lumire, ou par voix contemplant le sicle, ou par existant de soi-mme et contemplant le sicle. Tout cela est altr et corrompu c. ) Les secrets de sa majestueuse intelligence ont t illustrs par les vestiges de son gnie, et ses compagnons dans la loi accouraient pour lui offrir leurs hommages sans interruption. l'tre qui existe par luiAu nord-ouest de la statue de Phou sa contemplant mme, cent quarante ou cent cinquante li, on vient au mont Lan pho lou. Au sommet de ce mont est l'tang du Dragon, qui a plus de trente li de tour. Les eaux en sont pures et forment des nappes transparentes comme un miroir clair. Pi lou chy kia attaqua, devant le roi, les quatre Chy, qui s'taient Anciennement Chacun d'eux se sparant s'envola de son opposs l'arme ct. Il y eut un d'eux, nomm Chy tchoung, qui, aprs tre sorti de la capitale '' C'est le mot sanscritlhitalta, [ qui, ainsi que KL.] Inhila,signifie, romjc. h Les cha,en sontdesdmons [ jo sanscrityakcha, hindoue,sontspcialement qui, selonla mythologie attachs Kouvm, dieu de la richesse, et chargs d'avoirsoinde sesjardins et de sestrsors. KL. ] " ^ [ fou lu'c''' '' c^iefa1Phousa est la transcriptionchinoisetant soit peu corrompuedu sanscrit Avalkiles wara BodhisaUwa, c'est'-dire, leBo KL.] lematrequicontemple avecamour. dhisaltwa,
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du royaume, voyagea par terre et par eau; mais fatigu l'excs, il demeura moiti du chemin. Il y eut alors une oie qui vint en volant devant lui, et qui se montra si bien discipline qu'il la put monter. L'oie s'abattit cet tang. Chy tchoung, qui avait voyag par les airs et qui se trouvait dans une contre loigne et trangre, sans connatre les chemins, chercha un abri sur un arbre pour y dormir. La fille du dragon du lac, qui se promenait sur le rivage, aperut tout coup Chy tchoung, et fut trs - effraye ; elle prit la figure d'un homme et le tira avec la main. Chy tchoung s'veilla en sursaut, et lui adressant des remercments : Un pauvre tranger tel que je suis, dit-il, comment daignez-vous venir son secours? Je suis sincrement touch de ce que vous assistiez un fugitif expos dans les dserts. La jeune fille rpondit : Mes parents m'ont enseign vnrer les fidles. Mais quoique vous m'ayez honore de vos regards, je n'ai pas encore reu vos ordres. Chy tchoung reprit : Dans le fond des mon tagnes et des valles, o est votre habitation? Elle rpondit : Je suis la fille du dragon de ce lac. J'ai appris la fuite des saints et leur msaventure : heu reusement je suis venue voir ici, et j'ai pu vous offrir des consolations dans vos fatigues. Le destin a voulu que Yan sse existt ; j'ignore quelle est sa volont. D'ailleurs j'ai pour surcrot de malheur ce corps de dragon; l'loignement vous a empch de l'apprendre. Cliy tchoung dit : Veuillez en une parole me soumettre sincrement votre dsir, et il sera satisfait. La fille du dragon dit : J'coute respectueusement vos ordres, et je m'y soumets. Chy tchoung, liant son coeur par un serment, dit : Que tout ce que j'ai de force, de bonheur et de vertu fasse reprendre cette fille du dragon sa forme humaine. Par l'effet de cette vertu divine, le dragon redevint homme l'instant. Pntre de reconnaissance et de joie, elle remercia Chy tchoung et lui dit : J'tais accable de douleur, mais mes maux se sont convertis en biens. Vous avez daign employer vos forces. Ce que vous me rendez d'ge, redevenue en un matin dans ma forme, je dsire vous le consacrer pour reconnatre ce bienfait. Je m'puiserai votre service sans satisfaire ma gratitude. Je veux aller l'annoncer mes pa rents, et ensuite ils vous prpareront une rception convenable. La fille des dragons rentra dans le lac; et, s'adressant son pre, elle lui dit : En me pro menant, je viens de rencontrer Chy tchoung, qui, par sa puissance, m'a rendu la forme humaine. Le roi des dragons, joyeux de cette faveur et plein de reconnaissance pour le saint, suivit sa fille, et, pour lui faire une invitation, sortit du lac. Il remercia Chy tchoung et lui dit : Malgr la diffrence des espces, je me soumets votre respectable puissance, et je vous invite venir dans ma maison, o je vous offrirai mes hommages et mes soins. Chy tchoung accepta l'invitation du roi des dragons, et alla habiter dans le palais des dragons. On vint au-devant de lui en crmonie, et avec de la musique, en grande joie. Chy tchoung, en voyant la forme des dragons, fut frapp de crainte et de dgot, et voulut 8
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prendre cong et sortir. Mais le roi des dragons l'arrta et lui dit : J'ai heureuse ment prs d'ici une maison ; vous y pouvez habiter. Tout le pays est vos or dres. Nous sommes vos sujets, etc. Chy tchoung remercia et dit : Je ne dsire pas ce que vous dites. Le roi des dragons plaa une riche pe dans un coffre, la recouvrit avec une merveilleusement belle toffe de laine blanche, et dit Chy tchoung : Prenez cette toffe et portez-la au roi du pays. II acceptera cer tainement le tribut d'un tranger; et, dans cet instant, vous le tuerez, et vous vous emparer de ce royaume. Ne sera-ce pas une bonne chose? Chy tchoung agra le conseil du dragon, et s'en alla faire son offrande. Le roi d'O tchang na leva lui-mme l'toffe de laine, alors Chy tchoung le prit par la manche et le tua. Les courtisans et les gardes poussrent de grands cris, et furent troubls sur les degrs. Chy tchoung, tenant l'pe la main, dit: L'pe que je tiens est celle que le dieu dragon a bien voulu me donner pour chtier. Ensuite il lui trancha la tte. Tous ceux qui ne se soumirent pas furent pouvants de ce pouvoir surhumain, et les autres honorrent son rgne. Ensuite il tablit son gouet la commisration qu'il montra pour les sages toucha la multitude. vernement, Ayant prpar la loi, il se rendit au palais du dragon, et ordonna la fille de celuici d'aller en avant pour rapporter cette tte dans la capitale. La fille du dragon s'acquitta de ce devoir. Partout o elle allait, la tte de Yan sse montrait neuf ttes de dragon. Chy tchoung, effray, ne sut comment faire; et, attendant qu'elle ft endormie, il tira son pe et les coupa. La fille du dragon se rveilla en sursaut et dit : Ceci n'est pas au profit de votre postrit. Mes ordres n'auront pas t vains. C'est une petite blessure, et tes fils et tes petits-fils en ressentiront de la douleur la tte. C'est effectivement le mal auquel on est expos dans ce pays. Chy tchoung tant mort, son fils lui succda. C'est lui qui fut Wen ta lo sy na. (Ce mot signifie en chinois arme suprieure.) Le roi de l'arme suprieure lui ayant succd, sa mre porta le deuil. Le Jou la revint de soumettre le dragon A po lo lo. Il descendit du haut de l'air dans son palais. Le roi de la Haute arme se trouvait la chasse. Le Jou la, en faveur de sa sur la loi. Rencontrant la sainte audition, elle reprit mre, prcha sommairement aussitt son clat. Le brillant Jou la demanda : Votre fils est mon parent ; o est-il maintenant? La mre rpondit : Il est parti ce matin pour aller la chasse : il va bientt revenir. Le Jou la et le peuple voulurent sortir pour l'aller chercher. La mre du roi dit : Je suis heureuse d'avoir seule rencontr le saint parent Jou la, qui veut bien nous consoler, et qui daigne descendre auprs de mon fils ; mais il va bientt revenir, et je vous prie de l'attendre un peu. L'honorable du sicle reprit : Cet homme est mon parent; il peut apprendre la loi et croire , etc. Je m'en vas. Quand il reviendra, dites-lui : Jou la s'en va d'ici; dans la ville de Keou chi, entre les arbres so lo, il entrera dans le ni pan [nirvana). Il convient de recueillir ses che li, et de l'honorer. Le Jou la et sa suite s'envolrent pourrez
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par les airs. Le roi de l'arme suprieure revint de la chasse, et voyant de loin une vive lumire au-dessus de son palais, il craignit que ce ne ft un incendie. Il quitta la chasse et s'en revint. Voyant sa mre rendue son clat et toute joyeuse, il lui demanda : Aprs que j'ai t sorti, quel heureux vnement est venu et a pu rendre ma mre son ancien clat? La mre rpondit : Pendant que tu tais sorti, le Jou la est venu ici : aprs avoir entendu la loi, j'ai recouvr ma beaut. D'ici, le Jou la se rend la ville de Keouchi, et il doit, entre des arbres so lo, entrer dans le ni pan. Il t'invite venir en toute hte pour prendre part aux che li. Le roi ayant appris cette nouvelle, etc., pressa son char et arriva entre les deux arbres. Le Ni pan tait dj fini, et dans ce moment, les rois, mprisant son loignement et estimant les che li, ne voulaient pas partager les che H avec lui. Alors la troupe des hommes clestes publia la volont de Fo, et les rois, l'ayant apprise, lui donnrent sa part quitablement. Au nord-est de la ville de Meng ki li, on passe les montagnes, on franchit les est prilleux et escarp; les et obscures. On marche le long des montagnes et les valles sont trs-profondes cordes, ou sur des ponts faits de chanes de fer, ou sur des poutres volantes, ou sur des ponts forms de bois assembls. On grimpe ainsi plus de mille li, et valles, l'on arrive au ruisseau de Tha li lo. C'est l que se trouve l'ancienne capitale du royaume d'O tchang na. On en tire beaucoup d'or, du parfum y Mn. Dans le ruisseau Tha li lo, auprs d'un grand monastre, il y a une statue du Phou sa bienfaisant, sculpte en bois; elle est de couleur d'or, resplendissante, majestueuse , et haute de plus de cent pieds. Elle a t faite par l'Arahan Mo thian ti kia. [Mo thian ti est une abrviation corrompue.) Il l'acheva aprs avoir lui-mme contempl trois fois ses perfections merveilleuses. Depuis que cette statue existe, la loi l'orient. A l'orient de ce point, en traversant les s'est rpandue considrablement montagnes et franchissant les valles, remontant le fleuve Sin tou, marchant suides ponts volants, des poutres assembles, des prcipices, des terrains marcageux, en faisant cinq cents li, on vient au pays de Po lou lo (limite de l'Inde du Nord). [Ici suit, dans l'original, la figure d'un homme d'O tchang na avec un paon.) (2) L'Inde centrale.] Vraisemblablement Madhya des a ou la rgion moyenne. On peut voir, dans le mmoire gographique, quelles paraissent avoir t les limites des cinq thian tcha ou des cinq parties de l'Hindoustan et de la partie centrale en particulier. Il est remarquable que, suivant F hian, on ait fait usage dans l'Oudyna prcisment du mme langage que dans l'Inde moyenne. L'expression dont il se sert a mme quelque chose'de singulier : %% jffjTs^ 07i emploie) tout fait la langue de l'Inde centrale. T* Tp jH, on fa'L ( Pou 1' scon remonte le fleuve Sin tou. Le chemin
[Je pense qu'il faut traduire : finem fecit lingnoe Indioe medioe, ou jusqu'ici tend la langue de l'Inde moyenne. KL.] 8.
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(3) Le royaume du Milieu,] dans le texte, Tchoung kou. Comme c'est prcisment la Chine, il faut prendre l'expression dont on se sert pour dsigner communment ne pas confondre les passages qui se garde, dans les relations bouddhiques, l'apportent la Chine avec ceux qui sont relatifs aux contres de Matoura, de Magadha, et autres royaumes situs dans l'Inde centrale. Cette confusion ne peut avoir lieu dans le livre de Chy F Man, qui, en parlant de son pays natal, le dsigne toujours par les noms de dynasties Han, Thsin, etc. Sur le mot de royaume du Milieu, voyez le chap. XVI. () Seng Ma lan l'tude de la petite translation.] Voyez II, k ; III, 5.
(5) Des Pi hhieou;] c'est la transcription du sanscrit bhikchou, mendiant. On les nomme en tibtain dGe slong a. Lorsque quatre fleuves se jettent dans la mer, ils ne reparaissent plus avec leur nom de fleuve. Lorsque les hommes des quatre castes sont devenus Samanens, ils ont le titre commun de ^g*j Chy tchoung, race de Shkya (synonyme de bhikchou). Le Tsun ching king les nomme J0t ,,?* Pi tlisiu (nom d'une herbe des monts Himalaya1'), et les autres king y |-|- Pikhieouc.)i Les religieuses mendiantes sont appeles /[L Fr )X_jP[ khieou ni [bhkchouni). Ce terme est honorable, parce qu'il ne s'applique qu'aux religieux qui mendient par un principe de dvotion et d'humilit. Ceux qui se dvouent ce genre de vie ont pratiquer douze sortes d'observances qu'on nomme theoa tho, d'un mot sanscrit qui signifie secouer, parce que ces observances servent secouer la poussire et les souillures du vice. Les mendiants doivent carter d'eux toutes les occasions de trouble, fuir les vains ornements, dtruire dans leur coeur le germe des dsirs, viter l'orgueil, et, en purifiant leur vie, chercher la suprme raison, la rectitude et la vrit. Les douze observances qui leur sont recommandes dans cette vue se rapportent aux quatre actions ou manires d'tre qu'on nomme 'weyi savoir : marcher, s'arrter, s'asseoir, [gravit, ou ce qui doit tre fait gravement), tre couch. Ce qui suit est extrait d'un livre spcialement consacr aux douze observances et qui en porte le titre CM eul theou tlw king d. i Le mendiant doit habiter dans un lieu qui soit a lanjo [ranyaka), c'est-dire , en sanscrit, lieu de repos, lieu tranquille. C'est le moyen d'loigner les troubles d'esprit, d'carter la poussire des dsirs, de dtruire jamais toutes les causes de rvolte, et d'obtenir la raison suprme , etc. 2 Il doit constamment mendier sa nourriture ( en pli pin'd'aptika), afin d'tein-
" et alibi. [Link],p. 212, 2/15, b Thscniji A han king, cit dans le Yuan Man louihan, liv. CCCXVII, p. 24. San tsang j sou, liv. XXII, p. g v.
Chieultheou thoking, le Livresacr des douze cit dans le San tsangf sou, [Link], observances, [Link]. p. 10. Cf. Vocabulaire peniaglotte,
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
61
dre tous les dsirs. Le mendiant ne doit accepter d'invitation de personne. 11faut qu'il mendie la nourriture ncessaire la sustentation de son corps matriel et de ses devoirs moraux. Une doit faire aucune diffrence des alil'accomplissement ments qu'il obtient, bons ou mauvais, ni concevoir aucun ressentiment lorsqu'on lui en refuse, mais tre toujours dans une galit d'esprit parfaite. 3 En mendiant il doit prendre son rang (en pli ythpant'ari) sans tre attir par les mets savoureux, sans ddaigner les personnes, sans choisir entre les pauvres et les riches, et prendre son rang avec patience. 4 Le mendiant qui s'occupe de bonnes oeuvres doit faire cette rflexion : C'est beaucoup d'obtenir un repas ; c'est trop de faire un petit repas (djeuner ), et un second repas (aprs midi). Si je n'en retranche un, je perdrai le mrite d'une demi-journe, et mon esprit ne sera pas entirement livr la raison. En consquence, il vite la multiplicit des repas, et adopte l'habitude de n'en faire qu'un seul [ekapnika). 5 Les aliments que le mendiant a obtenus seront diviss en trois portions : une portion sera donne la personne qu'il verra souffrir de la faim ; une autre sera porte dans un lieu dsert et tranquille, et dpose sur une pierre, pour les oiseaux et les btes. Si le mendiant ne rencontre personne qui soit dans le besoin, il ne doit pas pour cela manger la totalit des aliments qu'il a reus, mais les deux tiers seulement. Par l son corps sera plus lger et plus dispos, sa digestion plus prompte et moins laborieuse. Il pourra sans peine se livrer la pratique des bonnes oeuvres. Quand on mange avec avidit, les entrailles et le ventre grossissent, la respiration est gne ; rien ne nuit davantage aux progrs de la raison. Cette cinquime observance se nomme en sanscrit khaloupas'waddhaktinka. 6 Le suc des fruits, le miel et autres choses du mme genre ne doivent jamais tre prises par le mendiant pass midi. S'il en boit, son coeur se laisse aller aux dsirs et se dgote de la pratique de la vertu. 7 Le mendiant ne doit dsirer aucun ornement; il ne recherche pas les habits somptueux, mais il prend les vieux haillons dchirs que d'autres ont rejets, il les lave et les nettoie, et s'en fait des vtements rapicets, seulement pour se garantir du froid et pour couvrir sa nudit. Les vtements neufs, les beaux: habits donnent lieu aux dsirs de renatre, ils troublent la raison; ils peuvent aussi attirer les voleurs. 8 Tratchvarika, ou seulement trois habits. (Cf. XIII, 10.) Ces mots signifient que le mendiant se contente du Ma cha de neuf, de sept ou de cinq pices. Il a peu de dsirs et il est facile satisfaire. Il ne veut avoir ni trop, ni trop peu de vtements. Il s'loigne galement des hommes vtus de blanc, qui sont pourvus de nombreux habits, et des hrtiques qui, par esprit de mortification, vont entirement nus, au mpris de toute pudeur : l'un et l'autre excs sont galement
62 contraires
FOE
KOU
KL
la raison. Les trois habits tiennent un juste milieu. Au reste, le mot de kia cha signifie de couleurs diverses, cause des pices qui forment le vtement du premier, du second et du troisime ordre. 90 S'ms'cniika, ou l'habitation au milieu des tombeaux, procure au mendiant des ides justes sur les trois choses qui sont la premire porte de la loi de Fo : l'instabilit, ou le peu de dure du corps, compos des ciTKjf amas, qui retournent leur origine et se dtruisent; la douleur, qui presse et opprime le corps entre l'poque de la naissance et celle de la mort; et le vide, puisque ce corps est d'emprunt, form par la runion des quatre lments et sujet la destruction. C'est effectivement l'observation qu'en fit Shkya mouni, qui lui ouvrit le chemin de la sagesse suprme. En demeurant au milieu des tombeaux, le mendiant voit le spectacle de la mort et des funrailles. La puanteur et la corruption, les impurets de toute espce, les bchers, les oiseaux de proie, font germer en lui les penses relatives l'instabilit, et htent ses progrs dans le bien. io Frkchamolika, ou tre assis sous un arbre. Le mendiant qui n'a pas atteint la sagesse au milieu des tombeaux, doit aller mditer sous un arbre, y chercher la raison, comme fit Bouddha, qui accomplit sous un arbre les principales circonstances de sa vie : il y naquit, il y complta la doctrine, y tourna la roue de la loi, et finalement, y excuta son pari nirvana. C'est un effet de la destine. Nous apprenons d'ailleurs que d'autres Bouddhas s'y sont galement de ces oprations soumis, ,et l'arbre est tellement inhrent l'accomplissement suprmes, que le mot bodhi dsigne galement l'arbre et la doctrine. 11 Etre assis sur la terre, bhyavakshika, est encore un avantage pour le mendiant. Assis sous un arbre, comme moiti couvert par l'ombrage, il jouit de la fracheur. Il est vrai que la pluie et l'humidit l'atteignent, que la fiente des oiseaux le souille, qu'il est expos la morsure des btes venimeuses; mais aussi il se livre la mditation. Assis terre, son esprit se rcre; la lune, en l'clairant, semble clairer son esprit, et il y gagne de pouvoir plus facilement tre en extase. 12 Nachadhika, tre assis, et non couch. La position de l'homme assis est celle qui convient le mieux au mendiant. Sa digestion, sa respiration sont galement faciles, et il peut aisment atteindre la sagesse. Les vices font irruption sur celui qui se livre la paresse, et le surprennent leur avantage. La marche, la station, mettent le coeur en mouvement et l'esprit en dfaut. Le mendiant doit prendre son repos assis, et sans que ses reins touchent terre. J'ai pens que cet extrait d'un livre consacr aux habitudes du mendiant bouddhiste , ferait mieux connatre les ides de la secte que la rptition de ce qu'on trouve sur le mme sujet dans les relations des voyageurs. On remarquera ce qui est dit sous le n 8, comme tant en opposition avec les manires de voir attribues aux digambaras ou gymnosophisles.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
VIII.
65
(6) La dimension de cette empreinte varie. ] Le texte dit : tantt longue, tantt courte, cela dpend de la pense des hommes a. On pourrait croire ce passage altr, si la mme ide bizarre n'tait reproduite, d'une manire encore plus prcise, par les autres plerins bouddhistes qui ont visit l'empreinte du pied de Fo dans le pays d'Oudyna. (7) La pierre o les habits ont t sches.] Cette aventure, arrive Bouddha, est raconte en dtail par Soung yun. La manire abrge dont F hian indique les traits de la vie des personnages de sa religion, par une simple allusion qu'il suppose bien connue de ceux qui il s'adresse, est une le plus d'obscurit dans sa relation, parce que nous sommes lgendes compltes o soient rapports tous les miracles Bouddhas, Bodhisattwas, Arhans, etc. Le sens commun n'aide en rien pour claircir ces endroits, car la plupart de ces actions fabuleuses sont un degr d'extravagance qu'il n'est pas facile de deviner. Il en serait peu prs ainsi, si, dans la vie de Mahomet, on disait simplement et sans explication, Y aventure de l'aiguire, Y affaire de la montagne, le miracle de la lune et de la manche: de telles indications seraient inintelligibles livre propre expliquer ces fables. pour celui qui ne serait aid d'aucun quelque circonstance des choses qui jettent loin de possder des attribus aux divers
(8) L'ombre de Fo.] Pour ce prodige, l'un des plus absurdes dont il soit fait mention dans les lgendes bouddhiques, voyez ci-dessous le chapitre XIII, les notes sur ce chapitre, et la partie du Si yu M relative au pays de Na ki lo ho. (g) Du pays d'Oudyna, F hian franchit, en allant vers le midi, une distance en qu'il a nglig d'noncer, mais qui ne saurait avoir t trs-considrable, juger par la suite de son rcit. On ne doit pas oublier qu'il tait rest l'ouest du Sind, en des contres que l'on comprend ordinairement dans la Perse, qui faisaient alors partie de l'Inde, et qui sont vritablement intermdiaires entre ces deux pays, et distinctes de l'un et de l'autre par la nature de leur population comme par leur situation gographique. C'est l qu'il trouva un petit tat qu'il nomme Su ho to, et qui est absolument inconnu d'ailleurs. * Ou [ plutt : cela dpend de la ferveurde l'me en priant. KL. ]
CHAPITRE
IX.
Royaume
de Su ho to.
Dans florissante.
le royaume
de Su ho to (1), la loi de Fo
est galement
trs-
cleste (2), prouva le Phou Chy, l'empereur et en colombe en pervier sa (3). II se changea (4). [Le Phou sa] dchira la colombe. la sa chair racheter Aprs que Fo eut accompli pour Anciennement, il passa par cet endroit avec ses disciples, et il leur dit : Voici ma chair la colombe. Les le lieu o j'ai jadis dchir pour racheter et ils levrent dans gens du pays apprirent par l cette aventure, loi, cet endroit une tour qui est enrichie d'ornements d'or et d'argent.
NOTES (1)
SUR
LE
CHAPITRE
IX.
Le royaume de Su ho to.] La forme de ce nom semble bien annoncer une origine indienne ; mais il est tout fait inconnu d'ailleurs. Tout ce qu'on sait de la position du pays qu'on appelle ainsi, c'est qu'il tait au midi de YOudyna, et cinq journes l'ouest du Gandhra de F hian. L'aventure fabuleuse qui y est sanscrite originale; mais il y a rapporte, pourra faire retrouver la dnomination sans doute longtemps que cette dnomination a disparu dans la contre laquelle elle a appartenu, par l'effet de l'influence persane et de celle du musulmanisme. (2) Chy, empereur cleste.] C'est Indra qu'on dsigne ainsi dans les livres bouddhiques de la Chine, quand on n'y transcrit pas son nom, In tho lo". On l'appelle aussi Ti chy, le seigneur des dieux, et Chy tlii houan in (vraisemblablement Shatamanyou ), ce qui signifie, dit-on, en sanscrit, puissant roi des dieux b. On sait Indra passe pour le seigneur du que, dans l'ordre des divinits bouddhiques, Trayastrinsha, ou du sjour des trente-trois dieux ( comparez XVII, 2), le second des Bhouvanas du monde des dsirs, en montant. On lui donne en tibtain le nom b * .S'oit isangf sou, liv. XLVI, p. n. [Link]. XXXIII, p. .
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
IX.
65
de dVang po, seigneur, et beaucoup d'autres dnominations qui ne sont que des pithtesa. En mongol, on l'appelle Kliormousda; et ce nom, aussi bien que la circonstance des trente-trois dieux auxquels il sert de chef, a t, pour M. Schmidt, l'occasion d'un rapprochement curieux avec Hormuzd et les trente-deux amschaspands h. Il est difficile de contester cette analogie, et plus difficile encore de l'expliquer jusqu'ici, puisque la nomenclature mongole est la seule qui la prsente, et qu'il n'y en a pas de trace chez les Hindous, lesquels ont d, plus que tout autre peuple d'Asie, avoir occasion de faire ou de fournir des emprunts aux Persans. (3) Phou sa] ou Bodhisathva. Celui dont il s'agit ici est Shkya mouni, dans une de ses existences antrieures, o il n'tait encore parvenu qu'au rang de Bodhisattwa. (Voy. X, k-) Ces personnages sont caractriss, dans leur vie humaine, par une bont extrme, une bienveillance universelle, un dtachement qui les porte se sacrifier pour le salut de tous les autres tres, comme dans l'exemple cit ici. n'a [) Il se changea en pewier et en colombe. ] Cette double transformation rien d'impossible dans les ides bouddhiques. Les dieux et les saints peuvent revtir plusieurs corps la fois, ou crer plusieurs apparences existant simultanment : c'est ce que signifie la phrase chinoise. Voyez pag. 55. ' le Dictionnaire de Scliroeter,passim. b Forsehungen,u. s. w. Voyez
CHAPITRE
X.
Royaume
On
descendit
de
Su
ho
to
vers
l'orient,
de chemin,
et on arriva
pendant cinq journes de Kian tho we (i) : c'est le lieu le temps o Fo tait
de ses yeux (5). On a pareiltour avec des ornements d'or beaucoup sont livrs
de ce royaume,
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
X.
(1) Le royaume de Kian tho we.] On serait tent de prendre ce nom pour celui du canton de Gandhava, qui a t introduit assez rcemment sur nos cartes \ Mais F hian, a visit les l'opinion d'un autre voyageur chinois, qui, postrieurement mmes contres, et qui s'est attach rectifier les erreurs commises par son prdcesseur dans l'expression des noms gographiques , nous conduit considrer Kian tho we comme une altration du nom bien connu de Kian tho lo : or, dans ce dernier se retrouve videmment celui des Gandari de Strabon h, le Gandhra des Pouranas c, le Kandahar des gographes musulmans, lequel est rest affect une ville clbre. Il ne faut pas que la position plus occidentale de cette ville soit regarde comme le sujet d'une objection contre une synonymie incontestable. Divers tmoignages, au nombre desquels il faut placer ceux des gographes chinois de la dynastie des l'invasion des Musulmans, les Gandhra Thang, font voir qu'antrieurement avaient form un tat puissant et tendu l'ouest de l'Indus. Nous en possdons, dans les collections chinoises, une description dtaille, postrieure de deux sicles celle du Fo kou Ici. Plusieurs traditions importantes pour le Bouddhisme avaient, cette poque, cours chez les Gandhra et dans les petits tats voisins. " dansle Bloutchistan, trad. fr. t. II, pag. 117. h [Link]. Ward, t. I, p. 11 Pottinger,Voyage
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
X.
67
Quelques-unes rappelaient les actions attribues Fo, au temps o il tait Bodhisattwa, c'est--dn'e, comme on l'a observ plus haut, dans une des priodes de son existence que la mythologie place avant l'poque de sa vie relle. de la (2) F i. ] Ce nom parat significatif: F i, avantage ou accroissement loi. Ce doit tre la traduction de quelque nom sanscrit comme Dharmavardhana, qui a appartenu plusieurs princes indiens. D'aprs cette tradition, le fils d'un roi de Mgadha aurait rgn dans le pays de Gandhra. Ce point d'histoire aurait besoin d'tre clairci par l'examen des livres sanscrits, qui, en juger d'aprs les extraits cits par M. Wiisona, peuvent fournir d'autres faits l'appui d'une runion quelconque entre Mgadha et Gandhra, des poques anciennes de l'histoire de l'Inde.
(3) Ayu.] Ce roi est plus souvent appel Wou yu. Son nom transcrit exactement est A chou Ma [asoka, sans tristesse). Il tait arrire-petit-fils du roi Ping cha ou Pinposolo [Bimbsra) , .dont il sera parl plus bas, et il vivait cent ans aprs le Nirvana de Shkya mouni. En mongol, on le nomme Khasolung ougeh, mot qui a la mme signification, mais que M. Schmidt n'a pas restitu, ni peut-tre reconnu. Comme on attribue ce roi la fondation de presque tous les difices religieux qui existaient autrefois dans les diverses parties de l'Inde, et qu'on la rapporte l'an i i 6 aprs le Nirvana de Bouddha, 9 de la rgence Koung hoc, 833 avant J. C., c'est l un synchronisme de la plus haute importance; et comme il est fond sur dans l'poque du rgne d'Asoka, et qu'il en sera fait mention trs-frquemment la suite de ces relations, nous reviendrons plus d'une fois sur l'histoire de ce monarque. Il faut surtout voir ce qu'en dit Hiouan thsang, dans sa Description de Mgadha, et les notes sur ces endroits. (4) Dans le temps o Fo tait Phou sa, ] c'est--dire, dans celle des existences, antrieures l'existence que nous reconnaissons comme historique, o Shkya mouni tait dj parvenu l'ayant-dernier degr de la perfection morale et intellectuelle ,-et avait obtenu la qualit de Bodhisattwa. Cette partie de la lgende tant peu connue , et formant, s'il est permis de parler ainsi, Yavant-scne de la vie de Bouddha, j'en vais donner un extrait, d'aprs une prdication que Shkya mouni fit, dans le royaume de Kapila, dans la chapelle de la famille Shkya, sous un arbre de l'espce appele nyagrodha [ficus religiosa), et laquelle assistrent, avec les mille deux cent cintous parvenus au rang d'Arhn, cinq cents religieuses quante grands mendiants, mendiantes, un nombre infini 'Oupsika et A'Oupsik (fidles de l'un et de l'autre sexe), de Brahmanes ; les quatre rois du ciel, le roi durayastrinsha (Indra), "Varna, les dieux du Touchita ( VI, 6 ), le dieu Nimalothi, le dieu Pholo nimi, Brahma et les " Mudra c liakshasa,prface, p. n. h Geschichle derOst-Mongolen, p. 16. Wakan kwlJ'en nen tsou.(Table [Link] Y et chinoise, liv. I, p. 17 v.) Histoire gakfoun-no japonaise 9-
68
FO
KOUE
KL
dieux mmes de l'Aghanichta, avec les princes des Nagas, des Asoura, des Kia lieou etc.; et de plus le roi Pe tsing, le roi Wou lo, des Tchin tho lo, des Mahieoule, le roi Kan lou tsing nou (sans colre), le roi Wou youan (sans indignation), (puret de la rose), ainsi que neuf cent mille grands et magistrats du pays de Kapila, qui tous taient venus honorer Shkya dans sa qualit rcemment reconnue de Bouddha. Maha Mou Man lian ", un des disciples favois de Shkya , fut celui qui provoqua de sa part des explications sur sa destine passe. Shkya fit alors un discours, dont je me borne transcrire les principales circonstancesh : Ma vie actuelle a dur pendant d'innombrables kalpas. J'tais d'abord un homme ordi naire qui cherchait la doctrine de Bouddha. Mon me reut une forme mat rielle en passant par les cinq voies. Quand un corps tait dtruit, j'en recevais un autre. Le nombre de mes naissances et de mes morts ne peut se comparer qu' celui des plantes et des arbres de l'univers entier. On ne pourrait compter et les corps que j'ai eus. La priode de temps qui comprend le commencement la fin du ciel et de la terre s'appelle un kalpa, et moi-mme je ne puis noncer les renouvellements et destructions du ciel et de la terre que j'ai vus. La cause des motions pnibles, ce sont les passions mondaines. J'ai t longtemps flot tant et comme submerg dans l'ocan des dsirs, mais je n'ai souhait que de remonter leur source : tel a t le but de mes efforts, et c'est ainsi crue j'ai a russi en sortir au temps o le Bouddha Ting liouang Anciennement, (lumire du vase, Dpankara) releva le monde, il y avait un saint roi nomm Tcng ching (abondance de lampes), qui rgnait dans le pays de Thi ho 'we. Son peuple tait favoris d'une grande longvit, et vivait dans la pit et la justice. La terre tait fertile, et l'on jouissait d'une paix profonde. Ce fut alors que naquit le prince qui porta le nom de Ting kouang. Ce prince tait dou de facults sa vieillesse, <(sans pareilles. Le saint roi, qui le chrissait, sentant approcher voulut lui rsigner son royaume; mais le prince le cda son frre cadet, et, embrassant la vie religieuse, il fonda la doctrine samanenne et devint Bouddha. Il parcourut le monde la tte d'une troupe innombrable de disciples. Quand il voulut revenir au royaume de Thi ho 'we, pour convertir sa famille et les prin cipaux du pays, on craignit la multitude opposer une arme. Le Bouddha, parles [ MahaMonkianlian signifiele grandMoukian [Link] motMouhianlianest traduitdans les livres bouddhiquesdes Chinoispar & pp] hou teou, c'est--dire, lentille (ciccr lens). C'est le sanscrit Un ermite qui a la mmesignification. Manggalyam, les lentilles, de la haute antiquit aimait beaucoup d'o lui vint son nomde familleMangjalyam, qui des dix estdevenu sonnom [Link] estle sixime grandsdisciplesde Shkya,et celui qui avaitacquis et l'on voulut lui qui l'accompagnait, six facults surnaturelles dont il jouisla plusgrandeforcesurnaturelle; c'est pourquoion le nomme .- 3* ijs Tho? oule premier dansla sainte pntration. [Sanisangfsou, [Link],p. i3. ) Le mmepersonnageest ailleursappelen sanscrit lililha, ce que les Tibtains, les Mongolset les Mandchousrendent par ex gremiovelex amplexu nains.[Vocabulairepentaglolte, sect. xxi, n 3.)KL.] b D'aprsle Sieouhingpen ke king, cit dans le Chini lian, liv. LXXVII,p. 8.
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
X.
69
saita, connut ce dessein, et il leva une forte et haute muraille, puis une seconde, et rendit ces deux murailles transparentes comme du verre, de sorte que l'on voyait trs - distinctement au travers six cent vingt mille Bikchou (mendiants), tous pareils des Bouddhas. Le roi reconnut son erreur. On adora le Bouddha, et l'on fit les prparatifs d'une grande fte pour le recevoir. Dans un espace de quarante li, on aplanit les chemins, on les arrosa d'eau de senteur, on leva des pavillons et des tentures avec toutes sortes d'ornements d'or, d'argent et de pierres prcieuses. Le roi vint la rencontre du Bouddha, et celui-ci ordonna aux Bikchou de rpondre aux honneurs qu'on lui rendait Sur ces entrefaites, il y avait un jeune lettr Fan tclii (Brahmatchri)1", nomm Lumire sans tache. Ds sa jeunesse, il avait donn des preuves d'une intelligence suprieure. Son me s'tait ouverte aux plus rares connaissances. Retir dans les forts et les montagnes, il y menait une vie pure, s'adonnant la contemplation, mditant sur les critures, et il n'y avait rien qu'il ne st parfaitement. Il avait converti un grand nombre d'hommes. Dans ce nombre tait un Brahmatchri nomm Pou tsi tho, qui desservait un grand temple o il clbrait toute l'anne les cr monies et les sacrifices. La foule de ses disciples s'levant quatre-vingt mille a lui avaient apport, la fin de l'anne, de Yor du Dakshin, de l'argent, des pierres des chars, des chevaux, des moutons, de riches vtements, des prcieuses, toffes, d'lgantes chaussures, des dais enrichis de perles, des btons d'tain ( l'usage des mendiants), des aiguires. Le plus habile et le plus intelligent devait possder tous ces trsors. Sept jours n'taient pas encore couls, quand le jeune Bodhisattwa entra dans cette compagnie. Il y prcha sept jours et sept nuits. Les auditeurs furent ravis, et leur chef, plus content qu'eux encore, voulut offrir au Bodhisattwa une fille vertueuse ; mais le Bodhisattwa ne l'accepta pas, et ne voulut prendre qu'un parasol, un bton, une aiguire, des chaussures et mille pices de monnaie. Il rendit tout le reste au matre, qui voulut du moins partager avec lui; mais le Bodhisattwa refusa encore, et lorsqu'il quitta ses dis ciples, il leur distribua chacun une pice d'argent. En continuant sa route, il vint dans un pays o les habitants paraissaient joyeux et o se montraient de toutes parts des prparatifs de ftes. Il s'informa du motif de ces ftes: on lui dit que Ting kouang allait venir recevoir les hommages du peuple. Le jeune * oBrhman, fromthe timeofhis investiture wilhthe ci-dessus,VI, 5. Voyez cord, tothe periodofhisbecoming a householdcr : 1 f - A?f* Fan tchi, dit le San tsanqf sou it is also appliedto aperson, whocontinues with his spiritual teacher, through life, studyirmthe (liv. XVI, pag. i5 verso), est un mot sanscritqui Vedas, and observing thedutiesofthe student;it is en chinois-^- 1/^tt, c'est--dire, la postrit signifie alsogivenasa titlc toPandits learnedin the Vedas ; des Danstoutesleslgendes to a classof ascetics;hy the Tanlras, it is assigne! purs(oudesBrahmanes). ce tenue chinoisremplacele sanscrit to personswhosechiefvirtueis the observance of bouddhiques, continence;and it is assumedhy many religions Brahmatchri, dans sondicque [Link] Kr,. tionnairepar : The religionsstudent; the young vagabonds. ]
70 Bodhisattwa
FOE
KOUE
KL
sauta de joie en apprenant la venue du Bouddha, et demanda quel des hommage on allait lui rendre. Rien que de lui offrir des fleurs, rpondit-on, Il entra en hte dans la ville; mais le parfums, des toffes, des banderoles. roi avait fait dfendre de vendre des fleurs pendant sept jours, afin de les rserver pour la crmonie. Le Bodhisattwa se sentit trs-mortifi de ce contre-temps ; mais le Bouddha avait pntr la pense du jeune homme. Une fille vint passer avec une cruche pleine de fleurs : le Bouddha l'claira d'un rayon de lumire; la cruche devint transparente comme du verre, et le Bodhisattwa, lui ayant achet ses fleurs, s'en alla fort content formant Le Bouddha tant arriv, une multitude immense l'accompagna, autour de lui plusieurs milliers de fois cent rangs. Le Bodhisattwa voulait appro' cher pour rpandre ses fleurs, mais il ne pouvait y russir. Le Bouddha, qui s'en aperut, fit sortir de terre un grand nombre d'hommes d'argile qui l'aidrent pntrer dans la foule. Alors le Bodhisattwa jeta cinq fleurs qui demeurrent en (( l'air, et formrent un dais large de soixante et dix li. Deux autres fleurs s'arrtrent sur les paules du Bouddha comme si elles y eussent pris racine. Le Bodhisattwa charm rpandit ses cheveux terre, et supplia le saint personnage de marcher dessus. Aprs quelques faons et de nouvelles instances, le Bouddha y consentit ; alors sa bouche souriante projeta deux rayons de lumire de diverses couleurs, qui se sparant sept pieds de distance, firent trois fois le tour de sa personne, et. dont l'un claira les trois mille grands milliers de mondes, sans que rien y chappt, et revint sur le vertex ( du saint ) ; l'autre descendit dans les dix huit rgions infernales, et suspendit un moment les tourments qu'on y endure. Les disciples demandrent au Bouddha l'explication de son sourire. Vous voyez leur rpondit-il, l'honorable du sicle vous annonce que la ce jeune homme, puret qu'il a voulu acqurir dans un nombre infini de Kalpas, en soumettant son coeur, surmontant la destine, et chassant les passions; que ce vide suprme ni fin, qui rsulte de l'amas des vertus et qui doit accom sans commencement plir ses voeux, il les a obtenus ds prsent. Puis s'adressant au jeune homme lui-mme : Dans cent Kalpas, continua le Bouddha, tu obtiendras de devenir Bouddha; tu t'appelleras Chy kia iven (ou le pieux, l'humain). Le nom du Kalpa o tu natras sera Pho tho (sage) ; le monde s'appellera Cha fou. Ton pre sera P tsing, ta mre Maye, ta femme Kieou i, ton fils Lo. Ton compagnon sera A non; ton disciple de droite, Chy lifo; ton disciple de gauche, Maha Mo kian lian. Tu instruiras les hommes des cinq mondes grossiers ; tu sauveras les dix parties, le tout exactement comme moi. L-dessus Bodhisattwa le Pieux, que cette prdiction comblait de joie, perdit la facult de penser, et tomba en extase ; mais en mme temps son corps s'leva en l'air et y demeura suspendu la distance de cinquante-six pieds de terre. Il redescendit ensuite et se prosterna aux pieds du Bouddha. Alors il se fit Samanen; et quand le Bouddha prchait la loi, Bodhi-
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
X.
71
sattwa le Pieux l'assistait. Lorsque Ting kouang parvint au Nirvana, ce Bouddha reut ses prcejites et maintint la loi dans toute sa puret. 11 ne se lassa jamais de pratiquer la bont, l'humanit, la charit et toutes sortes de vertus. Quand sa vie fut termine, il naquit dans le Touchita; mais comme il dsirait toujours sauver ceux qui taient dans l'aveuglement et l'obscurit, il descendit sous la forme de roi tourneur de roue [tchakravarti), l'empereur qui marche en volant. Il tait posses seur de sept trsors plus prcieux les uns que les autres la roue d'or, les perles divines, la femme parfaite (de jaspe), le ministre rempli de science, une arme bien discipline, la crinire enrichie de perles d'un cheval couleur de pourpre, et la queue pareillement orne de perles de l'lphant blanc. (Comparez XVII, 12.) L'ge des hommes tait alors de quatre-vingt-quatre mille ans. Il avait dans son palais quatre-vingt-quatre mille femmes. Il lui naquit mille fils, tous vertueux et braves, de telle sorte qu'un seul d'entre eux en valait mille. Le saint roi gouverna avec la plus grande sagesse, et fit fleurir la vertu. Il tablit la paix dans tout l'univers. Le vent et la pluie venaient propos pour faire mrir tous les grains. Ceux qui s'en nourrissaient, n'avaient que peu de maladies. La saveur en tait comme une douce rose, et ces aliments procuraient une sant parfaite. Il n'y avait que sept infirmits : le froid, le chaud, la faim, la soif, les deux besoins na turels et les dsirs de l'esprit. Quand le saint roi eut puis son ge, il monta au ciel de Brahma, o il devint Brahma. La dure de la vie d'un Brahma est de deux rgnrations du monde ou deux mille six cent quatre-vingt-huit millions d'annes. Au ciel, il tait Indra. La vie d'un Indra est de mille ans, dont chaque jour vaut cent de nos annes, ou trente-six millions cinq cent mille ans. Sur la terre, il tait roi saint. Ces vicissitudes eurent lieu trente-six fois; mais enfin il prouva de nouveau le dsir de sauver les hommes, et au temps convenable, il redevint Bodhisattwa. En se soumettant la douleur, il avait travers trois asankhya de Kalpas (trois cents quadrillions de fois seize millions huit cent mille ans). Au bout de cette priode, il voulut tmoigner sa commisration pour toutes les douleurs, et faire tourner la roue en faveur de tous les tres vivants. Il fit l'abandon de son corps un tigre affam a, et traversa ainsi neuf Kalpas en se livrant aux plus grands efforts. Dans les quatre-vingt-onze Kalpas restants (de puis le temps du Bouddha Ting kouang), il s'appliqua l'tude de la raison et de la vertu, s'introduisit dans les penses du Bouddha, pratiqutes six moyens de salut, et runit dans son coeur la vrit de l'aumne [dna), de l'observation des prceptes [s'la), de la confusion salutaire [kshnti), de l'activit sainte [vrya), avec l'exquise connaissance [prdjn), et la subtilit [oupya) ; il s'accoutuma [ Il naquit alors commetroisimefilsdu puissantmonarque Mahrath,et s'appelaitMahSatwa. Sesdeux frres ans taien! MahKda et Mah Diva. L'meincarnedansle premiertak cellede Mutrcya,et l'me du secondcelle de Mandjousri. -KL.]
72
FO
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KL
traiter tous les tres vivants avec la tendresse qu'il aurait montre l'gard d'un enfant nouveau-n. Enfin, il amassa toutes les vertus d'un Bouddha, de sorte qu'ayant, dans le cours des Kalpas, parcouru avec effort les dix terres (ou sta tions pour l'unification a ), il se trouva dans la vie parvenu ce point qu'on nomme ekavtchika, et o l'me n'a plus qu'un seul obstacle surmonter pour atteindre la suprme intelligence. Alors ses mrites tant accomplis, et le cercle de la divine prudence tant entirement immense parcouru, il dut descendre pour devenir Bouddha. Il se donna lui-mme dans le Touchita quatre sujets d'observation : il observa le pays o il devait natre, et le pre et la mre dont il (Je dans le texte) devait recevoir la naissance, et ce qui convenait pour l'enseignement et la conversion qu'il projetait. Je savais d'avance, continue Shkya (en parlant dsormais la premire personne), que c'tait le roi P tsing qui devait tre mon pre dans le sicle. Keou li cha ti avait deux filles qui taient alors se baigner dans un tang du jardin des femmes. Le Bodhisattwa tendit la main et dit : Voici la mre qui doit m'engendrer dans le sicle. Quand le temps de ma naissance fut venu, il y eut cinq cents Fan tchi (Brahmatchri), tous jouissant de cinq facults surnatu relies (sur six), qui passrent en volant sur les murailles du palais sans pouvoir y pntrer. Frapps d'tonnement, ils se dirent les uns aux autres : Nos facults divines nous permettent de passer au travers des murailles ; pourquoi donc ne pouvons-nous pntrer ici? Le matre des Brahmatchri leur dit : Voyez-vous ces deux filles? L'une des deux doit engendrer le grand homme, possesseur des trente deux lakcliana (beauts corporelles), et l'autre doit nourrir ce mme grand <(homme. Cet tre divin et redoutable va nous priver de nos facults surnatu relies. Cette nouvelle se rpandit bientt dans tout l'univers. Le roi P tsing, transport de joie et dsirant que l'empereur qui marche en volant vnt natre dans sa maison, demanda la jeune fille en mariage, et vint la recevoir comme son pouse. Le pieux Bodhisattwa, mont sur un lphant blanc, s'approcha <(du sein de sa mre, et choisit pour natre le huitime jour de la quatrime lune. La dame s'tant baigne et parfume, prenait du repos, quand elle vit en songe un lphant blanc qui rpandait la lumire dans tout l'univers. Un concert de voix et d'instruments se faisait entendre, on rpandait des fleurs, on brlait des par fums. Quand ce cortge, qui traversait les airs, fut parvenu au-dessus d'elle, tout disparut subitement. Elle s'veilla tout effraye, et le roi lui ayant demand la cause de son pouvante, elle lui raconta le songe qu'elle venait d'avoir. Le roi, inquiet son tour, consulta les devins, qui le rassurrent. Ce songe, dirent-ils, est la marque de votre bonheur, roi ! Il annonce qu'un saint esprit est des cendu dans le sein (de la princesse). Cf. Vocabulaire [Link] pentaglolte, Elle concevra de ce songe, et le fils qu'elle
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
X.
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engendrera sera, dans votre maison (comme prince), empereur qui marche en volant et faisant tourner la roue ; et hors de la maison ( dans la vie religieuse ), il tudiera la loi, deviendra Bouddha, et dlivrera les dix parties du monde. Le roi fut ravi de cette assurance ; la dame en prouva de corps et d'esprit la plus salutaire influence. Les princes des petits tats voisins, apprenant que la femme du grand roi avait conu, vinrent lui rendre hommage ; chacun d'eux lui paya tribut avec de l'or, de l'argent, des perles, des habits prcieux, des fleurs et des parfums, lui exprima son respect, et lui souhaita mille bonheurs. La dame tendit la main et refusa leurs offres avec civilit. Depuis que la dame avait conu, les dieux lui prsentaient les mets les plus savoureux ; une vapeur subtile la nourrissait sans qu'elle et besoin de recourir aux cuisines du roi. A la fin du dixime mois, le corps du prince tant tout fait form, le huitime jour de la quatrime lune, la dame sortit, traversa la foule et alla se placer sous un arbre : les fleurs s'panouirent, et une brillante toile apparut cette lgende au point o commence la partie de l'existence du J'interromps saint personnage, pendant laquelle il atteignit la dignit de Bouddha. Plusieurs traits de cette dernire carrire pourront trouver place dans les notes qui suivront ; mais il faut remarquer que le nom de Bodhisattwa est encore appliqu Shkya dans plusieurs aventures de sa vie terrestre, relatives un temps o il n'tait antrieures sa trentime anne. pas encore devenu Bouddha, c'est--dire (Voyez XII, 2.) de ce trait de
(5) L'aumne de ses yeux.] II est parl dans les autres relations charit du Bodhisattwa.
10
CHAPITRE
XL
Royaume
il y a un sept journes de marche, Tch cha chi lo. Tch cha chi lo signifie en chinois nomm royaume o Fo tait Phou sa (2), il fit en ce lieu Tte coupe (i). Dans le temps ce nom au pays. on a donn l'aumne de sa tte (3), et c'est pourquoi A l'orient de Kian tho we, Plus corps grandes de ces l'orient un tigre encore, affam ornes les on vient (4). Dans de toutes grands au lieu ces deux o (Fo) endroits, a abandonn on a lev son de
tours, contres,
sortes
de choses
et le peuple eux dans des fleurs ; on ne cesse d'y rpandre qu'ils y pratiquent Ces tours, et les deux autres dont il a t des parfums. sont appeles par les gens du pays les quatre grandes
Les rois
haut,
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
XL
tchyoutasira (tte tombe), (1) Tch cha chi lo.] Il faut lire vraisemblablement mot sanscrit qui aurait peu prs la signification indique par F hian. La sifflante remplaant la dentale la seconde syllabe, ne doit pas arrter dans une transcription chinoise. On a dj vu un exemple de cette substitution, et on enverra encore d'autres par la suite. Au reste, il n'est pas tonnant qu'une dnomination fonde sur une pareille aventure, ait compltement disparu avec le Bouddhisme dans la nous manquent pour localit laquelle on l'avait applique. Les renseignements fixer prcisment la place de ce canton sur nos cartes : il ne devait pas tre trsloign de Shoraivak et du canton actuel de Sarawan. (2) Fo tait Phou sa.] Voyez X, k. (3) L'aumne de sa tte.] Cette circonstance, ainsi que celle de l'aumne des yeux
SUR se trouve
LE
CHAPITRE
XL
75 que Hiouan
rapporte
(4) Abandonn son corps un tigre affam.] Voyez ci-dessus, X, k- Jadis Bouddha tant prince sous le nom de Sa tho (Sattwa), se promenait dans les montagnes ; il vit un tigre qui mourait de faim, et jeta au-devant de lui son propre corps, pour lui sauver la viea. [Dans sa Grammaire mongole, imprime Saint-Ptersbourg en 183 i, M. J. J. Schmidt a donn cette lgende bouddhique, extraite du 26e chapitre du livre intitul i~-\) 1I\{_I 1 Alton, gerel (en sanscrit Souwarna prabhsa) ou l'clat de l'or. Il l'a accompagne d'une analyse grammaticale et d'une traduction allemande.] KL. (5) Les quatre grandes tours, ] savoir : la tour du pays de Su ho to, o le Bodhisattwa avait rachet la vie des colombes aux dpens de sa propre chair ; celle du Gandhra, ou de l'aumne des yeux; et les deux qui sont indiques dans ce chapitre. " Santsangfsou, [Link],p. i v.
10.
CHAPITRE
XII.
Royaume
Du royaume de Kian tho we, en allant au midi pendant quatre on arrive au royaume de Foe leou cha (i). Anciennement, jours, ce pays avec ses disciples, s'adressa A nan (2) et lui Ki ni mon pan ni houan (3), il y aura un roi nomm kia (4), qui lvera une tour dans cet endroit. Par la suite, le roi Ni kia se mit voyager; et comme il parcourait ayant paru dans le sicle, Fo, parcourant dit : Aprs ce pays, Chy, l'empereur Il rjroduisit un jeune Le dit-il. roi lui dit : Que donna Le roi lui de celle cleste bouvier fais-tu (5), voulut lui faire natre qui, sur sa route, l? Je fais une tour loges, une pense. levait une tour. Fo, rponune tour
de grands
et il fit construire
au-dessus
de ce jeune Cette tour tait haute de plus berger. toises (6), orne de toutes sortes de choses prcieuses ; qui la voyaient admiraient la beaut de la tour et du laquelle rien ne pouvait tre que leur magnificence, renomme portait que cette tour tait suprieure
La compar. toutes celles du Yanfeou thi (7). Quand la tour du roi fut termine, la au midi de la grande, haute d'environ trois pieds. petite tour parut, Le pot de Foe (8) est dans ce royaume. le roi des Anciennement, Youe dsirait le roi chi (9) leva une
s'emparer des Yu
arme et vint attaquer le pays. Il puissante du pot de Fo. Quand il eut soumis le royaume, tait fermement la loi de Fo, attach ti, qui
voulut
le pot et l'emporter : c'est pourquoi il ordonna des prendre et quand il eut sacrifi aux trois (tres) sacrifices, prcieux (10), il fit un grand lphant et plaa le pot richement approcher caparaonn, sur cet lphant ; mais l'lphant tomba terre et ne put avancer.
XII.
77
quatre on y plaa le pot, et roues, huit lphants le tirrent; mais il leur fut impossible de faire un du pot (n) n'tait pas encore alors que la destine pas. Le roi reconnut : il en prouva une vive mortification arrive ; mais il fit lever en et un seng kia lan (12). Il y laissa une garnison Il peut y et y fit faire toutes sortes de crmonies. pour le garder, Un peu avant le milieu du jour, avoir environ sept cents religieux. ces religieux tirent le pot du lieu o il est enferm, et, revtus d'habits toutes sortes d'honneurs. Ils dnent ils lui rendent blancs, ensuite, retournent et, quand le soir est venu, ils brlent des et s'en parfums deux boisseaux (i3). cet endroit une tour
Le pot peut contenir environ aprs. Il est d'une couleur o le noir domine; il est bien form mlange des quatre il est pais d'environ deux lignes, luisant et bien cts; le remplir avec quelpoli. Il y a de pauvres gens qui parviennent tandis que des gens riches, des fleurs ques fleurs, qui apporteraient en offrande, mesures pourraient (i4), sans jamais en mettre cent, mille ou dix mille grandes
le remplir. parvenir Il n'y eut que Pao yun et Seng king qui firent leurs dvotions au ensuite. Hoe king, Hoe tha et Tao pot de Fo : ils s'en revinrent rendus taient en avant et s'taient dans le royaume tching partis ki pour y adorer l'ombre et la dent de Fo, ainsi que l'os de son crne. Hoe king tant tomb malade, Tao tching resta pour de Fo leou cha. le veiller, et Hoe tha revint seul dans le royaume de Na Quand king king Il n'y Hoe tha, Pao yun et Seng ses compagnons, rejoint le pays de Thsin immdiatement (i5). Hoe repartirent pour du pot de Fo. se plaisait dans le temple extraordinairement eut donc crne que le seul de Fo. Fa hian qui se rendit au lieu o tait il eut
l'os du
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NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
XII.
(i) Royaume de Fo leou cha.] 11 n'y a gure lieu de douter qu'on n'ait ici la mention la plus ancienne du nom des Beloutches, sous une forme vraisemblablement emprunte la langue sanscrite. La ville de Pa lou cha, que Hiouan et celle de Fou leou cha, qui thsang place dans la partie sud-est du Gandhra, tait habite par les Yu 'ti (ci-dessous, note g), paraissent rappeler la mme dnomination. J'avais hsit reconnatre les Beloutches dans le pays de Fo leou cha, et je croyais d'abord que ce nom pouvait tre une altration de celui de Pars ou Fars; mais les circonstances gographiques et religieuses qui sont indiques au sujet de Fo leou cha et de Pa lou cha ne permettent pas d'admettre cette conjecture \ Il est peut-tre assez singulier de retrouver ce mot dans une relation chinoise du vc sicle, et plus encore d'apprendre, sur la religion de ce peuple, des dtails qui ne sont point connus d'ailleurs. La tour la plus magnifique qui existt alors dans tout le Djambou dwpa, c'est--dire, en style indien, dans le continent entier, avait t construite chez les Fo leou cha en l'honneur de Bouddha, et l'on y conservait sa marmite, ustensile indispensable et caractristique du solitaire bouddhiste. La possession d'un tel trsor attira dans le pays une invasion du roi des Yu ti ou Gtes, dont F hian recueillit la tradition accompagne de circonstances fabuleuses. Au reste, tous les gographes chinois sont d'accord au sujet de la domination que les Gtes ont exerce dans ces contres, et nous verrons encore leur nom ml dans une autre tradition relative la mme marmite de Fo, que le voyageur eut l'occasion de noter pendant son sjour Ceylan. A nan tho [Ananda), et dont le nom est expliqu par joie, jubilation 1, est l'un des disciples favoris de Shkya mouni, et l'un de ceux qui sont le plus frquemment cits dans les lgendes. C'tait celui qui passait pour le plus savant ( to wenc), le plus vers dans la doctrine des trois tsang [Pitaka), (2) Anan,] des livres sacrs, des prceptes et des discours. Quand Bouddha eut accompli la loi, le roi Hou fan [Amitodana), son oncle, envoya dire son frre an le roi P tsing [Shouklodana) qu'il venait de lui natre un fils. P tsing, ravi de cette nouvelle, dit aux ambassadeurs : Puisque c'est un fils, il faut lui donner le nom de Joie (Ananda). Ce prince s'attacha par la suite son cousin Shkya mouni, quand celui-ci embrassa la vie religieuse. Une notice sur la vie d'Ananda nous apprend qu'il tait Kshatrya, natif de la ville des Rois (Rdjagrika ), et fils du roi P fan. Ce dernier point est en opposition " Pian i tian, liv. c Fan i LXIII, pag. i5. ming i, cit dans le San tsangJ sou, 5aHtsang et [Link], pag. i3; Encyclopdie japonaise,liv. XIX, J sou, liv. XXXI, pag. 10 verso, [Utssim. pag. S. c'est--dire souvent nomm
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
XII.
79
avec le texte prcdent, qui fait Ananda fils du roi Amitodana. Aprs le Nirvana de son cousin, Ananda vint sur les bords du Gange. Cinq cents Arhn descendirent au travers des airs : dans le nombre taient Chang na ho sieou et Mo ti kia. H savait que tous ces personnages taient des vases de la grande loi, et il les appela lui. Jadis, leur dit-il, Tathgata a confi au grand Kashyapa le trsor des yeux de la droite loi. Quand celui-ci est entr dans l'extase, il me l'a remis; et moi, qui suis prt m'teindre, je vais vous le transmettre. Ecoutez les vers que voici :
Il existe une loi que je vais vous confier, Et cette loi, c'est la uon-existence (l'absolu). Il faut distinguer ces deux choses, Et comprendre la loi de ce qui n'est pas le nant. Ensuite l'Arhn s'leva en Tair, et aprs avoir subi dix-huit transformations, il se laissa emporter par le vent, et s'teignit en s'enfonant subitement dans le son mi [ l'extase ). On se pai'tagea ses sharra [ reliques ), et on leva des tours en leur honneur. Ceci se passa au temps de I wang de Tcheou (89/1-879 avant J. C.)\ Il y a un calcul chronologique faire sur ces indications. Shkya avait trente ans quand il accomplit la loi prs de la ville de Bnars ; c'est cette poque qu'Ananda vint au monde. Shkya vcut encore quarante-neuf ans : tel devait tre l'ge d'Ananda l'poque du Nirvana. Mah Kashyapa, le premier successeur de Shkya mouni, en qualit de patriarche, se retira dans le mont Koukkouta pda pour y attendre la venue de Matreya, la cinquime anne de Hiao wang des Tcheou, 905 avant J. C., quarante-cinq ans aprs le Nirvana, Ananda ayant quatrevingt-quatorze ans. On ne dit pas combien de temps il exera les fonctions de patriarche; mais pour qu'il et pu mourir au temps de I wang, quand bien mme c'et t la premire anne de ce rgne (89/1), il et fallu qu'il vct cent cinq ans. La chose n'est pas impossible ; mais elle permet d'autant plus de doutes, que les auteurs bouddhistes dont nous possdons les ouvrages nous laissent ignorer les moyens dont ils se sont servis pour tablir des synchronismes entre les dates des vnements, dans les premiers sicles de leur religion, et celles de l'ancienne histoire chinoise. Voici le rsum de celle-ci, d'aprs l'ouvrage cit prcdemment : Naissancede Shkya o H embrasse la vie religieuse... 19 Il accomplit la loi. Anandanat. 3o H entre dans le Nirvn'a 79 Mah Kashyapa meurt \ik Ananda meurt a San thsathouhoe we, liv. IX, p. 6 v. jin chinois que j'ai
Avant J. C. 1029 ike de Tchao wang 1010 4 3e 3e de Mou wang ggg 52e 95o . 5e de Hiao wang go5 Sousle rgne de I wang.. 89/1-879
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D'autres livres chinois fourniraient d'autres calculs qui seraient affects de la mme incertitude. La chronologie japonaise place la mort de Kashyapa en 905, et celle d'Ananda la onzime anne de Li wang, en 868a : il aurait eu cent trente ans. (3) Pan ni liouan.] Ni liouan, ou f extinction, se reconnat sans difficult pour la transcription du sanscrit nirvana. Mais on trouve frquemment dans les livres chinois cette expression prcde de la syllabe pan : c'est toujours quand il est ou de l'extase en gnral, mais du passage de question, non de l'anantissement la vie relle et relative l'tat d'absorption, effectu par un Bouddha. Ni liouan, c'est l'tat auquel les saints aspirent; pan ni liouan, c'est l'acte qui les y fait arriver. D'aprs cette observation, M. Burnouf pense que ce mot doit tre la transcription de pari nirvana, qui s'emploie en sanscrit dans le mme sens et dans les mmes occasions. [Le texte porte % n9 fan ninoaan heou. Le mot \&.\&W%J$L pan, ou plutt pouan, signifie, selon les dictionnaires chinois, 5e transporter d'un endroit l'autre. Il ne parat donc pas tre la transcription d'un mot sanscrit dans la phrase cite, dont le sens est d'ailleurs assez clair, car elle signifie : Aprs que je me fus transport dans le ni honan [ ou nirvana ). Le San tsang f sou (liv. XXXIX, fol. 2 k verso) dit pourtant que pan ni phan est une expression sanscrite qui signifie en chinois my tou, c'est--dire, le passage l'tat d'absorption. ] KL. [) Ki ni Ma, ] et plus bas, par abrviation, Ni Ma. C'est le mme prince que iliouan thsang fait rgner dans le Gandhra, quatre cents ans aprs leNirvn'a duTathgata, et qu'il nomme Kia ni se Ma. Ce doit tre le mme que le Kanika de Sanang setsen, que cet auteur mongol place trois cents ans aprs le Nirvana de Bouddha, et qu'il dsigne comme ayant t roi de Gatchou b, avec l'pithte de y*- ^\P^}-^A. prince de misricorde, aumnier, bienfaisant. M. Schmidt a lu Gatchi au lieu J~L-Ik de Gatchou, le nom du royaume de Kanika ; mais comme il n'a pas mis de note en cet endroit, j'ignore si la faute est dans le texte ou dans la traduction.
(5) Chy, l'empereur cleste.] Indra. Voyez IX, 2. (6) Quarante toises,] environ 122 mtres. Voyez, pour l'indication d'un sthopa encore plus lev, dans la mme contre, III, 3, et la relation de Gandhra par Hiouan thsang. de Djambou dwpa, que l'on (7) Yan feou thi.] Ce mot est une corruption rend quelquefois d'une manire plus exacte par le de Clien pou. La cosmographie comme celle des Brahmanes, bouddhique, partage la terre en quatre grands dwpa ou continents (les), disposs autour du Soumerou. Ces continents sont: a Wa kankuvto nen der Ost-Mongolen, isou, p. 16. h Geschichle Jeu gakj oun-no pag. 16.
SUR
LE
CHAPITRE
XII.
81
le Fo yu tha ou Fo pho thi [Porvavideh?). Ce nom signifie corps qui surpasse, parce que la superficie de ce continent l'emporte sur celle du continent mridional. On le traduit aussi par origine ou commencement, parce que le soleil se lve dans ce pays. Ce continent est troit l'orient et large l'occident, ayant la forme d'une demi-lune; son diamtre est de neuf mille yodjanas. Le visage des habitants est aussi en forme de demi-lune. Leur stature est de huit coudes, chacune de huit pouces; ils vivent deux cent cinquante ans. un synonyme de vidha, oriental. KL.] [Ce mot est proprement 2 Le Yan feou thi [Djambou divpa). Yanfeou, en sanscrit Djambou. Thi [dib, divpa) signifie le. Djambou est le nom d'un arbre. Dans les contres occidentales , il y a un arbre qu'on nomme Djambou. Au pied est un fleuve, et au fond de ce fleuve, il y a du sable aurifre \ Ce continent est au midi du Soumerou ; il est troit du ct du midi, et large vers le nord, de la forme d'un coffre de char; son tendue est de sept mille yodjanas. Le visage des habitants est de la mme forme que le continent. Le plus grand nombre d'entre eux ont trois coudes et demie de haut (img2i5); et quelques-uns ont jusqu' quatre coudes (2mig6). La dure de leur vie est de cent ans, mais beaucoup n'atteignent pas cet ge. [Les auteurs chinois disent que Djambou divpa signifie le d'or du levant. KL.] 3 Le Kiu ye ni [Gdhanya). Ce mot sanscrit signifie richesse de boeufs, parce que c'est en boeufs que consiste la richesse de ce pays; il est l'ouest du Soumerou. Sa forme est comme la pleine lune ; son diamtre est de huit mille yodjanas. Le visage des habitants est aussi semblable la pleine lune. Leur taille est de seize coudes; ils vivent cinq cents ans. k" Le Y tan yu [Oaitara-Kourou). Ce mot sanscrit signifie pays des vainqueurs, parce que ses habitants ont soumis les trois autres continents. [Le texte chinois dit que Y tan yu (en sanscrit Outtara-Kourou) signifie en chinois :
*, Endroit
li^U
11
plus lev, parce que ce pays est plus lev que les trois autres tcheou ou parties du monde. La version de M. Abel-Rmusat : Pays des vainqueurs, parce que ses habitants ont soumis les trois autres continents, est inexacte. D'ailleurs outtara en sanscrit signifie ce qui est prminent ou lev, et Kourou est le nom Il est au nord du Soumerou. Ce continent est carr propre d'une [Link].] comme une piscine ; sa largeur est de dix mille yodjanas. Le visage des habitants est de la mme forme que le continent. Ils ont trente-deux coudes de haut, et vivent mille ans. On ne voit pas chez eux de mort prmature y mingi, cit dans le San tsangJ sou, liv. XX, p. 8. * Fan h h.
Ahan (le long Agama), cit dansle San Tchang tsang Ja sou, liv. XVIII, p. 17. 11
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FOE [Les noms de ces quatre continents, TIBTAIN. i. 2. 3. II. Char gi Lus pag dwp. Djambou dwp ou Djambouglincj. Noub gi Balang bdjoddwp. Bdja Gra rnisnandwp.
KOUE
KL sont :
en tibtain et en mongol,
MONGOL. Donna Oulamdzi beyetodip. Djamboudip. Ourouna Uker edlektchidip. Moh dhto dip ". KL.]
Le Djambou dwpa reprsente videmment, dans cette cosmographie, l'Inde avec ce que les Hindous ont pu connatre des autres parties de l'ancien continent. J'aurai par la suite une occasion d'expliquer ce que sont les rois de la roue [tchakravarti rdja) ou monarques universels. Dans l'intervalle de la domination que ces rois ont exerce sur une ou plusieurs des grandes les dont je viens de parler, le Djambou dwpa tait partag entre quatre seigneurs : i A l'orient, le roi des hommes; on l'appelait ainsi cause de la grande population de cette partie du monde. Les moeurs y sont raffines : on y cultive l'humanit, la justice et les sciences. Le pays est doux et agrable. 2 Au midi, le roi des lphants. Ce pays est chaud et humide; il convient aux lphants, et c'est d'o lui vient son nom. Les habitants sont froces et violents ; ils s'adonnent la magie et aux sciences occultes, mais ils peuvent aussi purifier leur coeur, et, se dgageant des liens du monde, se dispenser des vicissitudes de la vie et de la mort. 3 A l'ouest, le roi des choses prcieuses. Ce pays touche la mer qui produit beaucoup de perles et d'objets prcieux, et c'est ce qui lui a fait donner son nom. Les habitants ne connaissent ni les rites, ni les devoirs sociaux, et ils ne font cas que des richesses. ka Au nord, le roi des chevaux. La terre est froide et dure ; elle convient la nourriture des chevaux. Les habitants sont braves et cruels; ils savent endurer la mort et les dangers h. [Je crois qu'il est ici question des quatre chefs qui se partagrent l'empire de l'Inde aprs le dmembrement de l'ancienne royaut de Delhi, et que la tradition nomme Narapati [le chef des hommes), TchaGadjapati (le chef des lphants), trapati (le chef du parasol), As'vapati (le chef des chevaux). E. BURNODF. ]
(8) Le pot de Fo.] Le pot est une des six choses indispensables au religieux mendiant. C'est avec le pot que le mendiant demande l'aumne, et c'est l qu'il met sa nourriture. Sa forme est celle d'une petite marmite basse, troite par en haut et large du ventre. La matire doit en tre simple et de vil prix, comme l'argile ou le fer ; il peut contenir un boisseau et demi au moins, et trois boisseaux au plus. On peut en voir une figure dans la petite Encyclopdie * Pallas, ibidem. Comparezd'autres dnominations sanscriteset tibtaines, dans le Vocabulaire [Link] tib, ainsi que dans l'Alphabet pentaglotte, tain du P. Georgi,pag.^S, 477et 478. Celles qu'on dans de trouve l'ouvrage Pallas, intitulSammlungen japonaise l-
zur Kenntniss der Mongolischen t. II, Vlkerschajlen, unter p. a5, ainsi que dans Bergmann's Streifereien denKalmiiken, t. III, p. 3i, sont dfigures. h Fyouantchulin (laFortde perlsdujardin de la loi), cit dansleSan tsang Ja sou,[Link], p. 12v.
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SUR
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CHAPITRE
XII.
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mentaire \ Celle de la grande Encyclopdie h est trop orne et reprsente un vase d'apparat de quelque riche couvent du Japon. Le pot et les vtements de Fo sont considrs comme de prcieuses reliques, qui doivent tre conserves religieusement et passer de main en main ; de sorte que l'expression chinoise i po (vtement et pot) est devenue synonyme de ce mode de transmission". On prtend que le pot et les habits de Fo ont t apports en Chine, dans le vc sicle, par le dernier des patriarches bouddhistes ns dans l'Hindoustan d. On Bodhidharma, verra, dans la suite de ces relations, beaucoup d'autres faits relatifs au pot de Bouddha. Le mot chinois po (pot) est l'abrg du sanscrit po to lo (Ptra) : les Mandchous en ont form leur mot badiri. En barman OOCOOO e. (g) Le roi des Youe chi.] Les Yu chi, Yu tchi, ou, comme M. Klaproth pense que l'on doit lire ce nom, les Yu ti ou Youttif, sont une des nations les plus clbres de l'ancienne Tartarie. Selon les Chinois, ils nienaient primitivement une vie errante dans le pays qui est entre Thun hoang (Cha tcheou) et les monts Khi lian. Une guerre que leurs voisins septentrionaux, les Hioung nou, leur firent dans la premire moiti du if sicle avant J. C, les obligea de fuir vers l'occident. Ils allrent s'tablir dans la Transoxane, au del du Fargana; et, ayant vaincu les Ta hia, ils s'arrtrent sur la rive septentrionale du We (Oxus), soumettant aussi les An szu, qui, dans ce temps-l, n'avaient pas de chef suprme. Ils occupaient, lorsque Tchang khian alla chez eux en ambassade 8, cinq villes dont les noms ne sont pas tous faciles reconnatre, attendu la disette de renseignements gographiques relatifs cette contre et cette poque : ces villes taient Ho me, capitale del tribu de Hieou mi; Chouang mi, habite par la tribu du mme nom; Hou h tsao, soumise au prince de Koue chouang ; Po mao, habite par la tribu de Hi tun; et Kao fou (Caboul), o vivait la tribu de ce nom. La ville de Lan chi est donne comme la rsidence de leur roi. Dans le premier sicle de notre re, le prince de Koue chouang subjugua les quatre autres, devint trs-puissant, et s'empara de tout le pays des An szu, de Caboul, de Han tha (Candahar), de Ki pin (Cophne). Son successeur accrut encore cette puissance en s'emparant de l'Inde. Les rois des Yu ti continurent d'exercer l'autorit dans ces diverses contres jusque dans le ine sicle. Au commencement du ve sicle, on parle encore de leurs incursions dans l'Inde, et on indique les points o s'tendaient leurs habitations. Pho lo (Balkh), l'occident; le Gandhra, au nord ; cinq royaumes, au midi de ce dernier, reconnaissaient leur puissance. Ce furent des marchands de cette nation qui, vers ce temps, apprirent aux Chinois faire du verre avec des cailloux fondus. Une " Hiun ' Judson, Barman thoulou,liv. XI, p. 6. meng pag. 362. Dictionary, b ' Tableaux de l'Asie, p. 288. liv. XIX, p i3. japonaise, historiques Encyclopdie Voyez ci-dessus,VII, . Khanghi Tseutian, au mot Po, rad. CLXVII, h du Baslin. 5. l'Histoire [Link]-Martin,Additions " Id. ibid. Empire,t. III, p. 386. 1 1.
84
FOE
KOUE
KL
habita branche des Yu ti, qui tait reste en arrire lors de leur migration, le N. E. du Tibet, sous le nom de Petits Yu ti. Une autre branche, qui porta le mme nom, mais qu'il faut bien distinguer de celle-l, se dtacha plus tard (dans le ve sicle) du gros de la nation, et habita la ville de Fo leou cha, situe au S. O. de Pho lo (Balkh), et qui doit tre le Pa lou cha de Hiouan thsang" ou le pays des Beloutches. On rapporte qu' l'orient de cette ville, dix li de distance, tait une tour de Fo, qui avait trois cent cinquante pas de circonfrence et quatre-vingts toises [ikk mtres) d'lvation. Depuis l'poque o ce monument gigantesque, nomm la tour de cent toises, avait t construit, jusqu' la huitime anne Wou ting (55o de J. C. ), on compte huit cent quarante-deux ans, ce qui en place l'rection l'an 292 avant J. C, et par consquent une poque plus ancienne que l'migration des Yu ti. On ne saurait douter que les Yu ti ne soient une de ces nations venues de la haute Asie dans la Bactriane, qui ont domin sur les provinces orientales le Boutchistan et la partie occidentale de de la Perse, l'Afghanistan moderne, l'Inde. Leur nom, dont il reste tant de traces dans toutes ces rgions, donne lieu de penser qu'ils appartenaient la race gothique, malgr leur origine orientale. Il est trs-remarquable de voir une nation de cette race aussi attache la religion de Bouddha que l'annoncent le fait cit ici par Chy fa hian, et d'autres traits qui seront relevs dans la suite de nos relations. (10) Aux trois prcieux. ] Voyez ci-dessus, VII, 6.
(11) La destine du pot.] Le mot yuan, que je rends par destine, signifie non arrt d'avance par un tre tout-puispas peut-tre ce qui a t irrvocablement sant et libre, mais l'enchanement invitable de toutes les causes et de tous les on verra ce sujet une tradition effets. Quant la destine du pot de Bouddha, curieuse dans le chapitre de la relation de F hian sur Ceylan. (12) Seng Ma lan.] Voyez ci-dessus, (i3) III, 5. contient dix livres de riz, ou cent
Deux boisseaux.] Le teou ou boisseau quatre-vingts onces de notre poids commun. (i/i) Grandes mesures.] Hou, le dcuple
du boisseau.
(i5) Le pays de Thsin. ] Les deux textes ont une variante en cet endroit; celui du Fo kou M porte : -j* -rk j^ j^. retournrent immdiatement dans la terre de Thsin, ou la Chine. L'extrait du Piani tian prsente : - ^fe jh^ jj& retournrent immdiatement pour rendre compte l'empereur. Mais cette formule officielle n'a et je n'hsite pas prfrer la premire leon. pas ici d'application, 8 VoyezXII, i.
CHAPITRE
XIII. de Fo.
Royaume de Na ki. Ville de Hi lo. Os du crne de Fo. Dent Bton de Fo. Manteau de Fo. Ombre de Fo.
de seize yeou y an (i), on l'espace du royaume de Na ki (2), et la ville de Hi lo (3). arriva la frontire la chapelle de l'os du crne de Fo. Elle est entireC'est l qu'est de toutes sortes ment dore et revtue d'ornements (4). Le prcieux a la plus grande roi du pays vnration l'os du crne; et, pour dans la crainte chefs des huit a un que quelqu'un des principales ne vienne familles l'enlever, il a fait choix de son royaume : chacun d'eux de la chapelle. De grand matin, et ils ouvrent ensuite la sceau,
En
marchant
vers
l'occident
sceau
ils vont
elle est ouverte, ils se lavent les mains avec des eaux Quand porte. de senteur, retirent l'os du crne de Fo et le portent hors de la chapelle, de toutes dessous, sur un trne de lev, choses pourvu d'une sortes la cloche La prcieuses. qui le recouvre, de pierre ronde et table de pierre qui est sont galement ornes table
de verre
de perles et de pierres fines. L'os est de couleur blanchtre; jaune il a quatre de circonfrence et une minence la partie supouces les gens de la chaprieure. Chaque jour, aprs le lever du soleil, sur un pavillon de gros tambours, lev; l ils frappent pelle montent de la conque et font retentir des cymbales sonnent de cuivre. Ds il se rend la chapelle, o il fait ses dque le roi les a entendus, en offrant des fleurs et des parfums. l'adoration votions est Quand finie, On chacun entre son par la en use ainsi par celle de l'occident. et ce n'est tous les matins, qu'aprs qu'il a fait la crmonie et accompli d'adoration, qu'il s'occupe rang porte orientale porte (la relique) et on sort sa tte (5) et s'en va.
Le roi ses
dvotions
86 des affaires cent affaires voir tout de l'tat. par Les cet
FO
KOU
de mme
le monde
H y a des tours chapelle. les unes ouvertes, hautes choses prcieuses, les autres fermes, d'enil y a constamment, viron cinq pieds. Pour les remplir, chaque matin, de fleurs et de parfums de la chades marchands devant la porte pelle, et ceux
faire leurs dvotions en achtent de toute qui veulent Les rois des pays voisins ont aussi coutume des d'envoyer espce. de faire les crmonies d'adoration en leur nom. charges personnes Le lieu occup est de quarante Quand par la chapelle pas en carr. le ciel s'abmerait et que au la terre s'entrouvrirait, cet espace n'en serait branl. point De ce lieu, en allant
nord,
la distance
d'un
la capitale du royaume de Na ki. C'est Phou sa acheta, avec de la monnaie d'argent, cinq fleurs, pour en Ting kouang Foe (7). Dans cette ville, il y a une faire hommage les mmes tour leve pour une dent de Fo (8). On y pratique crarrive monies que pour l'os du de la ville, Au nord-est de Fo y pratique d'une tte (9). On crne. un yeou yan, est, l'entre a aussi lev en cet endroit crmonies. il est long de bois, d'o Ce d'une une valle,
le bton et l'on
de six cent
le retirer. et marchant
du ct de quatre journes du seng kia li (10) de Fo, o se font on trouve la chapelle l'occident, il y a une scheresse les crmonies d'adoration. dans le Quand royaume, dorer; les habitants le ciel alors vont tous ensemble pluies. tirer le seng kia li et l'aenvoie de grandes
En entrant
la valle,
NOTES Au midi fice en pierre C'est l'endroit dre dix de la ville adoss o
SUR de Na
LE k,
CHAPITRE un demi
XIII.
87
une Fo
ombre comme
vritable
de couleur
d'or,
reprsentation la ralit. Les rois de tous les pays ont envoy des peintres pour la mais aucun n'a pu y russir. Les gens du pays ont une dessiner, tradition suivant mille Fo doivent finir par laisser leur laquelle ombre en cet endroit. A cent o il pas tait au avec environ monde, l'ouest de l'ombre, Fo, et les dans le temps et de
de lumire.
Plus
concert huit
ses
toutes (12), pour servir de modle tirait par la suite. Elle subsiste encore prsent. A ct est un modans lequel sont environ Dans ce lieu nastre, sept cents religieux. est la tour (de des Lo han et personnages). des Py tchi foe (i3), o ont demeur mille ces saints
toises
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
XIII.
(1) L'espace de seize yeou yan.] La longueur du yeouyan ou yodjana de l'Inde est estime k kros, c'est--dire k \, 5 ou mme g milles anglais. L'usage que F hian a fait de cette mesure inconnue la Chine, montre qu'il a pris des Hindous les indications des distances. Par plusieurs de celles dont il fait mention, et qui se rapportent fort bien aux distances de nos cartes, on peut croire qu'il a rendu fidlement, cet gard, les indications des gographes ou des voyageurs de l'Inde au commencement du vc sicle. Cependant, la plupart de ses mesures, exprimes soit en li, soit en journes, soit mme en yodjanas, semblent un peu trop fortes, et quelques-unes mme sont exagres. Les sinuosits des routes et la variation de la mesure itinraire dans diffrentes provinces peuvent, jusqu' un certain point, rendre
88
FOE
KOUE
KL
raison d'une trop forte valuation. Dans quelques occasions, il a t tromp par des rapports fautifs et presque fabuleux; mais c'est quand il parle de distances qu'il n'a pas t en tat de vrifier, ou de pays qu'il n'a pas visits lui-mme, et les erreurs de cette espce sont pour nous sans importance. Nous croyons pouvoir adopter, comme terme moyen de la valeur du yodjana du Fo kou ki, le plus petit de ceux dont parle M. Wilson, c'est--dire celui de k milles \ anglais ou de quinze au degr ( i lieue --)> lequel s'applique avec exactitude aux points les plus clbres, et dont la synonymie sera plus tard reconnue incontestable. Je dois encore ajouter ici quelques observations littraires ou historiques. On crit le nom de cette mesure, en chinois, yeou yan, yeou siun ou yu chen na; ce du sanscrit yodjana, et on l'interprte par mesure, qui est une triple transcription terme ou station. Le Y sou" en attribue l'origine aux stations que les monarques de la roue [tchakravarti rdja) ont faites en visitant les diverses parties de leur empire. C'est, dit un auteur chinois, comme le relais de poste de ce pays-ci. Un autre crivain l'value ko li, du temps des Tsin h. Les traducteurs des livres bouddhiques en distinguent trois d'aprs le Ta tchi tou lunc : le grand yodjana de 80 li, qui sert mesurer les pays de plaine, o les montagnes et les rivires laissent un chemin facile; le yodjana moyen, de 60 li, quand les montagnes et les rivires opposent quelques difficults aux voyageurs; et le petit yodjana, valant ko li, pour les pays o les montagnes sont trs-escarpes et les rivires trs-profondes. On peut voir, pour la longueur du yodjana valu dans l'Inde, YAyin ahberii et M. Wilson 6; et pour l'valuation d'aprs les distances rapportes par F hian, ce qui en a t dit plus haut. On doit supposer que ce voyageur a recueilli les indications qu'il donne de la bouche des naturels, ou peut-tre de quelque ouvrage gographique indien qu'il aura eu sa disposition. Dans l'un et dans l'autre cas, on ne peut esprer d'atteindre qu'une dtermination une sorte de moyenne, satisapproximative, faisante seulement pour la gographie historique d'une contre presque entirement inconnue. On doit remarquer encore que F hian commence faire usage de cette mesure itinraire dans le pays de Na ki , aprs s'tre servi jusque-l du li chinois ou de la journe de voyage. Ce fait est du nombre de ceux qui attestent la prdominance de la langue et des coutumes de l'Hindoustan cette contre, du ct du nord et du nord-ouest. hors des limites actuelles de
(2) Du royaume de Na ki.] La position de ce pays est assez difficile dterminer, tant cause du peu de points de comparaison qui nous sont offerts par les gographes occidentaux pour cette partie de l'Asie, que parce que F hian et Hiouan thsang ne sont pas entirement d'accord sur la marche que chacun d'eux a Voyezce nom cit dans le San tsangJ sou, liv. XIII, p. 5. '' Youan kianloulian, liv. CCCXVI, p. 6. '' c Fan i, cit dans le Sontsang y Ja sou,ibid. a Trad. ming t. II, angl. p. 187,349. c Sanscrit h. voc. Dictionary,
NOTES
SUR
LE
CHAPITRE
XIII.
89
suivie pour y arriver. Le premier l'atteint en faisant seize yodjanas l'ouest du pays des Beloutches. Le second y vient par Caboul, aprs avoir travers une grande rivire, qui doit tre un des affluents de l'Indus, et marche ensuite l'est jusqu'au pays des Gandhras. On ne peut nanmoins s'loigner beaucoup de la vrit, en plaant le pays de Na ki l'orient de Ghazna et du Kandahar actuel. Mais pour ne parler ici que des noms, celui de Na Me, crit Na ki lo ho par Hiouan thsang, se trouve, dans la relation des deux voyageurs chinois, Soung yun et Hoe sang, appel Na kia lo ho. On lit dans le Siyu ki une lgende qui peut en expliquer l'origine. Au reste, le royaume de Na ki lo ho envoya un tribut la Chine en 628. C'tait alors une dpendance de celui de Kia pi che. La Chine eut, sous la dynastie des Thang, des rapports politiques avec le royaume de Na ki, qui doit consquemment avoir eu une certaine dure. On apprit alors qu'il n'tait pas soumis un seul roi, mais tait partag entre plusieurs tribus qui, chacune, avaient leur chef; c'est la condition la plus ordinaire de la population du Sind, du Bloutchistan et de l'Afghanistan. Le pays est raboteux, ingal, coup par des valles, entour de hautes montagnes. Cette description s'applique galement toutes les parties de cette contre. Enfin, cinq cents li vers le sud-est nous ramnent au pays de Gandhra. Ces indications, quoique vagues, nous reportent au centre de et la ville de Hi h doit aA^oirt situe aux confins de ce pays, du l'Afghanistan, ct de la Perse. Or, au vu 0 sicle, le Bouddhisme tait encore la religion des habitants, parmi lesquels on trouvait peu d'hrtiques. Cependant le nombre des solitaires y tait diminu, et beaucoup d'difices religieux tombaient en ruine. Chy kia, en sa qualit de Bodhisattwa, avait autrefois laiss des traces de son passage clans ce royaume. (3) La ville de Hi lo.] Cette ville n'tait pas la capitale du royaume de Na ki ; mais elle tait situe trente li au sud-est de cette capitale, et parat surtout avoir t remarquable par le grand nombre de reliques de Bouddha que l'on y conservait. [k) Toutes sortes d'ornements prcieux.] Plus littralement, sept choses prcieuses. Mais le plus souvent cette expression s'emploie dans un sens indtermin, dcfiniltim pro indefinito. On varie dans la dsignation des sept choses prcieuses : en voici deux, sries avec quelques dtails qui paraissent assez curieux. 1 Sou fa lo [souvarn'a), nom sanscrit de l'or. Suivant le Ta tchi tou lan, l'or se tire des montagnes, des pierres, d sable, du cuivre rouge. Il a quatre proprits : il ne change pas de couleur; l'homme il ne s'altre jamais ; rien ne l'empche de reprendre sa forme"; il rend opulent. i A lou pa [ropya), nom sanscrit de l'argent. Selon le mme or blanc. om-rage, l'argent se tire des pierres fondues; on l'appelle communment * Cesensest [Link] lit ~j0fkjfit'f'p jpJL dans ^ctcxtc12
90
FO
KOU
KL
Il a les quatre proprits de l'or. 3 Lieou li, nom sanscrit d'une pierre bleue. Le Kouan king sou, ou l'Explication des livres des contemplations, l'appelle aussi fe lieou liye, ce qui signifie non loin; ce nom lui vient de ce qu'on la trouve dans une montagne des contres occidentales, laquelle n'est pas loigne de Bnars. [C'est sans doute le vadorya ou lapis lazuli. Pidora, qui signifie non loin, est le nom de la E. BURNOUF. La couleur bleue ou verte de montagne o l'on trouve cette pierre. ] cette prcieuse substance ne saurait tre dtruite par aucune autre matire. Son clat, sa duret, sont uniques dans le monde. k Pho li, autrement se pho ti Ma [sphat'ika, spath), est le nom sanscrit du chouyu ou cristal de roche a. Sa transparence et son clat sont uniques dans le monde. 5 Meou pho l ki lpho; ce mot sanscrit dsigne une substance prcieuse de couleur bleue et blanche. Sa forme est celle d'une roue avec un moyeu et des rayons (je pense que c'est une espce d'ammonite) ; sa duret et la beaut de ses teintes la font rechercher dans le monde. 6 Mo lo Ma li ou l'agate, pierre mle de teintes rouges et blanches comme le cerveau d'un cheval, d'o lui vient son nom (chinois) de ma nao [equi cerebrum). On peut la polir et en faire des vases, ce qui lui donne de la valeur. 70 Po ma lo kia [padmarga 1) ; ce mot sanscrit signifie gemme rouge (plus exactement couleur du nelombo). Le Fo ti lun (Discours sur la terre de Bouddha) dit que c'est un produit d'insectes rouges. Le Ta tchi tou lun dit que cette pi