Descartes Biographie
Descartes Biographie
René Descartes
René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine, aujourd'hui dénommée
Descartes, et mort à Stockholm dans le glacial palais royal de Suède le 11 février 1650, est
un mathématicien, physicien et philosophe français. Plus qu'un penseur scientifique, cet
observateur singulier en son temps, contemporain de Poussin, est considéré comme l'un
des fondateurs de la philosophie moderne.
Sa méthode, exposée à partir de 1637 dans le Discours de la méthode, et développée par la
suite, affirme constamment une rupture par rapport à la scolastique enseignée dans
l'université, quitte à stigmatiser la méfiance ou la haine de courants pédagogiques : la
réflexion cartésienne est devenue essentiellement rationaliste, alors qu'elle est d'abord une
découverte de la liberté, intimement liée à la joie de penser et de modéliser à partir de
l'entité simple, de l'élément connu en usant d'un supposé bon sens partagé par tous. La
démarche est libérée de la contrainte du livre et de la référence savante. Construite sur le
doute et l'observation, la méthode apporte joie et liberté au penseur Descartes. Le "je pense
donc je suis" qui en est l'âme est aussi sa définition personnelle de l'âme.
En usant de la raison seule dans l'étude des phénomènes, Descartes fait figure d'apôtre de
la modélisation scientifique. L'analyse ou anatomie minutieuse débouche sur une
reconstruction, un véritable "comment ça marche", voire une cosmogonie palpitante. En
dissociant la matière ou le corps machine de l'âme ou de la vie de l'esprit, le cavalier
Descartes fonde une nouvelle métaphysique radicalement différente de l'ancienne qu'il
fracasse, la charge ouvre notamment la voie à des penseurs de la morale, à un Malebranche
et à pléthore de spécialistes des animaux-machines à l'époque des Lumières, ainsi qu'un
surprenant christianisme épiscopal cartésien ou à des religions naturelles que sont le
déisme et le théisme. Le méticuleux Spinoza qui a lu Descartes a pris ses distances.
L'évolution philosophique s'inscrit apparemment en prudente réaction au procès de Galilée
qu'il soutient dès 1633, mais plus sûrement dans une quête des racines qu'il pense
métaphysiques de l'arbre-tronc physique. Descartes a une influence considérable sur la
pensée scientifique et religieuse, principalement en France et par conséquent dans
l'Europe savante. L'impact cartésien concerne des questions théologiques et des
ordonnances de gestion pratiques, de l'âme chrétienne jusqu'à l'arpentage en mille-carré
du Nouveau Monde. On ne peut pourtant attribuer à Descartes l'entière paternité de la
philosophie moderne, ni même de la variante cartésienne puisque ce sage jugeait nuisible
un quelconque usage ou imposition politique de la philosophie.
Biographie
René Descartes est né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine aujourd'hui devenue
Descartes, dans une famille bourgeoise aisée de Touraine. Il est le troisième enfant de
Joachim Descartes, conseiller au parlement de Rennes. Sa mère meurt un an après sa
naissance, et Descartes est élevé par sa grand-mère et son père. Enfant maladif, il se fait
remarquer par ses dons intellectuels précoces. Son père l'appelle son petit philosophe, car
René ne cesse de poser des questions[1] .
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Souhaitant voir du pays pendant sa jeunesse, l'excité entraîné par un "coup de foie", comme
il se décrit plus tard, s'engage en 1618 en Hollande à l'école de guerre de Maurice de
Nassau, prince d'Orange. Il fait la même année la connaissance du physicien Beeckman. Ce
savant apothicaire avait coutume de cerner des problèmes non résolus de mathématiques
et de physique, avec son cercle d'amis, et d'afficher les questions en souffrance sous forme
de concours en des lieux de passage, proposant une récompense à celui qui ajouterait une
voie vers une solution valable. Alors que maintes questions n'avaient trouvé aucun penseur
et encore moins de réponse, un jeune cavalier français inconnu planche sur les problèmes
des affichettes et rafle les récompenses avec brio, les solutions simples fascinent le cercle
flamand et ainsi naît une amitié scientifique. Le jeune Descartes sort de l'ombre et adresse
les premières lettres que nous avons conservées, ainsi qu'un compendium érudit sur la
musique baroque, l'Abrégé de musique, objet de sa fascination du moment, à son aîné Isaac
Beeckman. Le physicien Beeckman, promu en véritable détecteur de talent, tient un journal
de recherches, il y relate les idées sur les mathématiques, la physique, la logique, la chimie
etc. que Descartes lui communique au gré de leurs discussions à bâton rompu ou de leurs
échanges épistolaires ; Descartes consacre ses heures de loisir, mais aussi de veille
imposée au corps de garde, à la lecture et à la réflexion, à l'étude des mathématiques et des
phénomènes physiques.
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C'est pendant ses quartiers d'hiver (1619 - 1620) à Neubourg que se révèle à lui une pensée
décisive pour sa vie. Le 10 novembre 1619, il fait en effet trois songes exaltants qui
l'éclairent sur sa vocation :
« Le 10 novembre 1619 lorsque rempli d'enthousiasme je trouvai le fondement d'une
science admirable… » (Olympiques, fragment)
Baillet en a fait le récit, dont voici le début :
« La recherche qu'il voulut faire de ces moyens, jeta son esprit dans de violentes
agitations, qui augmentèrent de plus en plus par une contention continuelle où il le
tenait, sans souffrir que la promenade ni les compagnies y fissent diversion. Il le
fatigua de telle sorte que le feu lui prît au cerveau, et qu'il tomba dans une espèce
d'enthousiasme, qui disposa de telle manière son esprit déjà abattu, qu'il le mit en état
de recevoir les impressions des songes et des visions.
Il nous apprend que le dixième de novembre mille six cent dix-neuf, s'étant couché tout
rempli de son enthousiasme, et tout occupé de la pensée d'avoir trouvé ce jour-là les
fondements de la science admirable, il eut trois songes consécutifs en une seule nuit,
qu'il s'imagina ne pouvoir être venus que d'en haut. »
Il raconte alors comment il s'enferme dans son poêle[3] et conçoit sa méthode. La légende
raconte qu'alité, il regarde le plafond au plâtre fissuré et imagine un système de
coordonnées, permettant de décrire lignes, courbes et figures géométriques par des
couples de nombres arithmétiques, dont il ne reste qu'à analyser les propriétés.
Il fait alors vœu d'un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette à Loreto (accompli finalement en
1623), renonça à la vie militaire et, de 1620 à 1622, il voyage en Allemagne et en Hollande,
puis revient en France. Ce qu'il a écrit pendant cette période se trouve dans un petit
registre mentionné dans l'inventaire fait à Stockholm après sa mort, mais il est aujourd'hui
perdu. Il nous est néanmoins connu par Baillet et par Leibniz qui en avait fait des copies.
Ces copies furent retrouvées par Foucher de Careil et publiées en 1859 sous le titre
Cogitationes Privatae. Mais il se trouve qu'elles ont depuis de nouveau disparu. De cette
époque nous possédons également un De Solidorum elementis.
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En 1622, Descartes estime sa fortune suffisante pour ne pas avoir à travailler ; il règle ses
affaires de famille et recommence à voyager, visitant l'Italie. De l'été 1625 à l'automne
1627, Descartes est de nouveau en France. Il rencontre le père Marin Mersenne à Paris et
commence à être connu pour ses inventions en mathématiques. Il fréquente le monde,
cherche la compagnie des savants et se bat en duel. Mais, à l'automne 1627, chez le nonce
du pape, le cardinal de Bérulle lui fait obligation de conscience d'étudier la philosophie. Il
part alors à la campagne, en Bretagne, pendant l'hiver 1627 - 1628.
C'est de cette époque (1622 - 1629) que datent divers traités de mathématiques (sur
l'algèbre, l'hyperbole, l'ellipse, la parabole) connus par le journal de Beeckman, et d'autres
petits traités qui sont perdus. L'œuvre la plus importante de cette période s'intitule les
Règles pour la direction de l'esprit.
Cherchant la solitude, il décide de s'installer dans les Provinces-Unies ; il y fait d'abord un
bref séjour à l'occasion duquel il va voir Beeckman, mais revient probablement à Paris
pendant l'hiver 1628, puis s'installe définitivement en Hollande au printemps 1629. Sa vie
est entièrement consacrée à l'étude. Il s'inscrit à l'Université de Franeker. Il continue
pourtant de se déplacer (de 1629 à 1633 : Franecker, Amsterdam, Leyde, Deventer).
Souhaitant ne pas être dérangé, il n'indique jamais sur ses lettres le vrai lieu où il se
trouve, mais donne le nom de quelques villes.
À Amsterdam, Descartes vit au centre de la ville, dans la Kalverstraat, le quartier des
bouchers, ce qui lui permet de faire de nombreuses dissections. Il rencontre des savants :
Reneri, Hortensius, Plempius, Schooten, etc. Ses rencontres, comme sa volonté de vivre
solitaire, sont ainsi toujours subordonnées à sa passion de la recherche. Il commence en
1629 un Traité de métaphysique (aujourd'hui perdu), mais il ne semble pas que ses pensées
se soient encore dirigées vers les thèses des Méditations métaphysiques. S'il formule
néanmoins le 15 avril 1630 sa théorie de la création des vérités éternelles, c'est qu'il
s'interroge sur la place de la science ; sa métaphysique se développe ainsi d'après ses
réflexions de physique, et il ne tire pas encore au clair tous les fondements qui seront
exprimés dans ses ouvrages ultérieurs.
Mais Descartes s'occupe également de mathématiques : il tente de réformer le système de
notation et introduit l'usage des lettres de l'alphabet latin. C'est en 1631, quand Gollius lui
proposa le problème de Pappus, qu'il découvre les principes de la géométrie analytique. Il
commence les Météores à l'occasion de l'observation des parhélies (observations faites à
Rome, en 1629). Il étudie l'optique, découvre les lois de la réfraction, et achève la rédaction
de la Dioptrique. Enfin, Descartes veut expliquer tous les phénomènes de la nature : il
étudie les êtres vivants et fait de nombreuses dissections à Amsterdam pendant l'hiver 1631
- 1632. De là viendront le Monde et le Traité de l'homme. Les observations anatomiques de
Descartes nous sont connues par les copies de Leibniz et des fragments (Excerpta
anatomica, Primae cogitaniones circa generationem animalium, Partes similares et
excrementa et morbi, ce dernier daté de 1631). Mais les dates de certains textes sont
incertaines (pour certains jusqu'à 1648 peut-être).
Les lettres de cette période le montrent tout occupé de science ; on trouve néanmoins
quelques remarques d'esthétique sur la musique. Elles nous renseignent également sur son
caractère susceptible et dur, méprisant l'irrésolution. Dans sa lettre à Mersenne du
4 novembre 1630, Descartes dit songer à faire un traité de morale. L'infatigable père
Mersenne se trouve au centre d'un réseau de mathématiciens et de scientifiques de
nombreux pays. La biographie du religieux Mersenne montre qu'il est l'animateur
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d'Utrecht, initiée de façon peu amène par le prédicateur Voetius. Les partisans de Voetius,
en particulier le prête-nom Schoop, accusent publiquement ce vagabond penseur instable
et épris de bougeotte, de détourner la jeunesse des vertus studieuses. Ils n'hésitent pas à
pourfendre en chaire un philosophe, épris du doute divin, sans résidence et certitude fixes,
un inventeur d'une fausse méthode assimilable, par ses techniques fumeuses de pensée et
ses creuses méditations spirituelles, à une apologie de la fainéantise ou de la rêverie en
chambre.
En 1643, il rencontre Élisabeth de Bohême, fille de l'électeur Palatin détrôné en exil en
Hollande, et commence une abondante correspondance avec la merveilleuse jeune femme
d'esprit. L'intérêt et les incessantes interrogations pertinentes d'Élisabeth stimulent le
penseur qui s'attèle à la rédaction du Traité des Passions (1649). Il fait trois séjours en
France (1644, 1647 et 1648). C'est au cours du second qu'il rencontre Pascal et qu'il lui
inspire les expériences du Puy-de-Dôme sur la pression atmosphérique. En 1650, il accepte
l'invitation de la reine Christine à Stockholm ; la rigueur du climat et l'horaire matinal de
ses entretiens avec la reine avant 5 heures du matin sont inhabituels au penseur et ont
raison de sa santé. Il n'a hâte que de partir au retour du printemps, mais meurt d'une
pneumonie le 11 février 1650.
En 1667, les restes de Descartes furent rapatriés en France. Depuis 1819, sa tombe est à
l'église Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Bien que la Convention nationale, en 1792, ait
projeté de transférer ses cendres au Panthéon de Paris avec les honneurs dus aux grands
hommes, ses restes sont, deux siècles plus tard, toujours « coincés » entre deux autres
pierres tombales - celles de Jean Mabillon et de Bernard de Montfaucon - dans une chapelle
abbatiale de l'église Saint-Germain-des-Prés, à Paris. L'arrêté de la Convention n'a toujours
pas été appliqué.
Intuition et déduction
C'est à partir de ses intuitions des principes que Descartes propose de raisonner,
c'est-à-dire de nous avancer dans la connaissance au moyen de la déduction. La déduction
est ainsi un mouvement de la pensée, consistant en une série d'intuitions enchaînées, mises
en relation par ce mouvement continu de l'esprit. Par ces séries d'intuitions reliées par le
raisonnement, nous ramenons ce qui est inconnu aux principes, c'est-à-dire à ce qui est
connu. Ainsi, en raisonnant sur la base de l'évidence, la pensée étend son domaine de
connaissance au-delà des principes.
La méthode de Descartes ne prétend pas déduire a priori les phénomènes. Mais c'est
l'expérience des cas particuliers qui met la pensée en mouvement, et cette pensée déduit et
trouve de nouvelles connaissances. Néanmoins, si ce ne sont pas les causes qui prouvent
les effets, il reste que la vérité est établie par des déductions à partir de principes, plutôt
que par l'accord avec l'expérience. Ainsi Descartes est-il rationaliste quand il estime que la
déduction est par elle-même suffisante pour valider la connaissance, et que ce sont les
causes prouvées par l'expérience qui expliquent l'expérience. Cependant, lorsque
l'expérience n'est pas conforme à ses principes, Descartes préférera privilégier les
principes plutôt que de se plier à la réalité des résultats expérimentaux, parfois à l'excès.
Sur ce point, Newton s'opposera au cartésianisme, attribuant la plus grande importance à
l'adéquation entre les théories scientifiques et les faits expérimentaux, quitte pour cela à ne
pas former d'hypothèses (par exemple sur la nature de la force gravitationnelle). La science
est certes pour Descartes un système hypothético-déductif s'appuyant sur l'expérience,
mais il reste que pour lui il devrait être possible de comprendre le monde physique par une
théorie explicative complète prenant la forme d'une algèbre universelle.
Cette méthode scientifique étant établie, se pose alors la question de savoir quels sont les
premiers principes : sur quoi notre pensée peut-elle se fonder pour s'assurer la certitude de
ses connaissances ? Nous pouvons en effet douter de toutes nos connaissances.
Dans la sixième partie du discours de la méthode, Descartes indique qu'il a cherché à
trouver les « principes ou premières causes de tout ce qui est ou qui peut être dans le
monde, sans rien considérer pour cet effet que Dieu seul qui l'a créé ».
La certitude que Descartes se propose de trouver est au contraire absolue, et c'est une
certitude analogue à celle des démonstrations mathématiques qui nous font voir avec
évidence que la chose ne saurait être autrement que nous la jugeons et qui ne donne pas
prise au scepticisme :
« Ces longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont
coutume de se servir pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations, m'avaient
donné occasion de m'imaginer que toutes les choses qui peuvent tomber sous la
connaissance des hommes s'entresuivent en même façon, et que, pourvu seulement
qu'on s'abstienne d'en recevoir aucune pour vraie qui ne le soit, et qu'on garde
toujours l'ordre qu'il faut pour les déduire les unes des autres, il n'y en peut avoir de si
éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre. »
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Ainsi, par le nom de science, Descartes n'entend-il rien d'autre qu'une connaissance claire
et distincte. Le point de départ de la théorie de la connaissance, ce qui sera retenu tout
particulièrement par un cartésien comme Nicolas Malebranche, c'est la simplicité et la
clarté des premiers éléments. Mais cette pensée de l'évidence serait vide si elle ne prenait
pour matière l'expérience, et ne procédait par induction, c'est-à-dire par l'énumération des
éléments d'une question à résoudre. Seule une telle connaissance, en augmentant notre
savoir, « en formant notre esprit à porter des jugements solides et vrais sur tout ce qui se
présente à lui » (Règles, I) peut nous permettre de posséder toute la certitude et la vérité
dont notre esprit est capable.
C'est pourquoi il faut dire également que toutes nos connaissances dépendent de notre
entendement, et que ce dernier procède de la même manière dans toutes les sciences. Il y a
ainsi pour Descartes une unité de la méthode, et il ne peut y avoir qu'une méthode vraie qui
exprime l'unité et la simplicité essentielle de l'intelligence : la méthode en est la
manifestation ordonnée.
Préceptes de la méthode
Les règles de la méthode sont ainsi présentées par Descartes dans le Discours de la
méthode :
«[…] comme la multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices, en sorte qu'un
état est bien mieux réglé lorsque, n'en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement
observées ; ainsi, au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est
composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une
ferme et constante résolution de ne pas manquer une seule fois à les observer. »
• l'évidence :
« Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse
évidemment être telle ; c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la
prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se
présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune
occasion de le mettre en doute. »
• l'analyse :
« Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de
parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre. »
• la synthèse et le raisonnement :
« Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les
plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés
jusques à la connaissance des plus composés, et supposant même de l'ordre entre ceux
qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres. »
• le dénombrement :
« Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si
générales, que je fusse assuré de ne rien omettre. »
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Le doute méthodique
Pour s'assurer de la solidité de nos connaissances, il
nous faut trouver une bonne fois pour toutes un
fondement inébranlable à partir duquel nous pourrions
déduire tout le reste. Ainsi peut-on dire que la méthode
cartésienne commence en réalité par la mise en doute
systématique de toutes les connaissances qui nous
semblent évidentes.
du bâton brisé dans l'eau), Descartes arrive, dans la Première méditation métaphysique, au
« doute hyperbolique »: ne se pourrait-il pas que nos sens nous trompent tout le temps,
comme dans le rêve ou la folie?
Ce doute hyperbolique l'amène à mettre en cause l'existence de l'ensemble des choses
matérielles, de son corps et par conséquent de l'existence même du monde qui l'entoure.
Mais il reste encore quelques vérités qui nous semblent très évidentes, parce qu'elles
portent sur les éléments les plus simples : ainsi des vérités mathématiques. Néanmoins, il
arrive que nous nous trompions en calculant ; mais ce n'est pas encore là le doute le plus
radical que nous puissions concevoir, car nous pouvons faire l'hypothèse d'un « dieu
trompeur », d'un « malin génie » qui nous aurait créés tels que nous nous trompions
toujours (Première Méditations métaphysiques).
Le doute devient alors hyperbolique, et son caractère excessif fait de lui un doute
métaphysique, car il ne concerne plus seulement les sens et les jugements que nous
pouvons formuler à partir de leurs témoignages ; ce doute est la formulation de l'hypothèse
que l'erreur et l'illusion sont ontologiquement liées à notre entendement, qu'elles sont donc
radicales et insurmontables ; rien ne semble plus pouvoir être tenu pour certain. Même les
mathématiques, aussi évidentes soient-elles pour notre pensée, pourraient bien n'être que
le résultat d'une tromperie dont nous sommes les victimes.
Par ce doute hyperbolique, nous en arrivons donc à ne plus pouvoir rien juger, à ne plus
pouvoir rien tenir ni pour vrai ni pour faux, à ne plus tenir aucun être comme réel.
Dans la deuxième Méditation métaphysique, Descartes montre, par l'exemple du morceau
de cire, que ce ne sont pas nos sens qui nous trompent, mais le jugement que nous
formulons sur leurs témoignages. C'est l'entendement qui conçoit le morceau de cire en
tant que substance étendue, au-delà des formes, des couleurs, des odeurs, etc. que nous
pouvons lui prêter. Ainsi, s'il y a erreur, elle ne peut venir que de la précipitation à juger de
ce que nous recevons par le moyen de la perception ; c'est pour nous une marque
d'imperfection et une source intarissable d'erreurs.
Le cogito
Mais il reste, dans ce néant universel, quelque chose dont nous ne saurions jamais douter :
nous savons que nous doutons, et le sachant, nous avons l'intuition immédiate et claire que
nous ne sommes pas rien : tandis que je doute, je sais que j'existe, car s'il y a un doute, c'est
qu'il y a nécessairement quelqu'un qui est là pour douter : cogito, ergo sum, « je pense
donc je suis » (Les Principes de la philosophie, §7). Cette intuition n'est pas conçue comme
un raisonnement (penser est ici une opération, une expérience) ; le « donc » de la
proposition ne doit pas être interprété comme l'expression d'une déduction : « je pense, je
suis », ce n'est pas un syllogisme, c'est une certitude immédiate qui comprend ces deux
termes :
« Après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut
conclure, et tenir pour constant que cette proposition : « Je suis, j'existe », est
nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon
esprit. […] Je ne suis donc, précisément parlant, qu'une chose qui pense […]
C'est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut
pas, qui imagine aussi et qui sent.»
Cette certitude étant mise au jour, il apparaît néanmoins qu'elle n'est pas une
connaissance. En effet, savoir et conscience ne sont pas ici la même chose : je sais que
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j'existe, mais je ne sais pas ce que je suis. Je sais seulement que je pense, i.e. que je doute,
que je sens, que je veux, etc. Je suis donc une chose qui pense, c'est-à-dire une réalité
pensante (ou une substance mais cette notion de substance sera introduite par Descartes
dans les Principes de la philosophie). Tout part donc pour moi de ma pensée : ma réalité la
plus certaine et la plus immédiate consiste dans cette conscience de ma réalité pensante.
Par cette remarque d'apparence anodine, Descartes évacue l'essentialisme de la nature
humaine : il est faux d'affirmer que je suis un animal rationale (un animal raisonnable),
comme le dit une définition classique de l'homme, car je ne sais ni ce qu'est un animal, ni
ce qu'est la raison, ni encore moins comment elle se trouve en l'homme.
Descartes est donc parvenu à une certitude première, mais il apparaît pour le moins
difficile d'en déduire une connaissance quelconque. Descartes semble maintenant enfermé
dans ce que l'on nomme le « solipsisme ». La question est alors de savoir si nous pouvons
donner un fondement réel, objectif à notre connaissance, ce que Descartes affirme :
« Prêtez-moi seulement votre attention ; je vais vous conduire plus loin que vous ne
pensez. En effet, c'est de ce doute universel que, comme d'un point fixe et immuable,
j'ai résolu de dériver la connaissance de Dieu, de vous-même, et de tout ce que
renferme le monde. » (Recherche de la vérité par les lumières naturelles)
Les idées
Descartes analyse alors les idées que nous avons, indépendamment de leur vérité ou de
leur fausseté ; il les examine ainsi en tant qu'elles sont dans la pensée, en tant que
représentation (c'est-à-dire en tant qu'elles ont un esse objectivum). Descartes se place
ainsi en deçà du vrai et du faux par une distinction radicale et anti scolastique de lesse
objectivum et de lesse formale. Il analyse les idées qui sont en son esprit à la lumière des
principes que nous concevons intuitivement comme évident. Or, certaines de nos idées
semblent venir de l'extérieur de nous ; d'autres semblent être de notre propre fait. Toutes
ces idées doivent avoir une cause, car c'est un principe postulé par Descartes que tout effet
doit avoir une cause (principe de causalité) ; nous allons voir qu'il utilise également ce
principe ontologique suivant lequel un effet ne renferme pas plus de réalité que sa cause.
Nous avons en nous, selon Descartes, l'idée d'un être infini, somme de toutes perfections et
de toutes réalités. Mais nous ne pouvons manifestement pas en être les auteurs.
La notion de l'infini ne peut venir d'un être imparfait : un être imparfait, c'est-à-dire cette
substance pensante qui doute et qui désire. Cette idée n'est ni une construction de notre
esprit à partir d'éléments de l'expérience (où trouverions-nous donc cette idée dans les
choses particulières ? Toute cause extérieure est finie, limitée), ni une création
indépendante de notre raison imparfaite.
Le raisonnement de Descartes postule alors certains axiomes, et peut se formuler ainsi :
• Puisque tout effet a une cause,
• et que la cause n'a pas moins de réalité que l'effet,
• il faut que cette idée de l'infini soit causée par quelque être parfait qui en est le véritable
auteur ;
• donc Dieu existe.
Dieu existe, et l'idée que j'ai de l'infini est la marque de son ouvrage ; c'est la marque du
créateur dans sa créature. D'après Descartes, cette idée nous est donc innée : dès que je
pense, la clarté et l'évidence dans ma faculté me font concevoir que Dieu existe.
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La causalité
Une autre difficulté de la métaphysique cartésienne est l'emploi de la causalité dans la
preuve de l'existence de Dieu. En effet, un tel principe menace de dépasser l'idée même de
Dieu, car ne faut-il pas en vertu du principe de causalité que Dieu ait également une cause
? Pour résoudre cette difficulté, Descartes distingue entre ce qui a une cause hors de soi
(substance au sens large) et ce qui a sa cause en soi (la substance per se). Il faut que Dieu
soit à lui-même sa propre cause ; le rapport de Dieu à Dieu, pour ainsi dire, est un rapport
de cause à effet. On nomme causa sui ce rapport de causalité propre à l'être suprême. Ce
rapport s'explique, selon Descartes, par l'idée de toute-puissance : la puissance infinie de
Dieu lui permet d'exister par lui-même. Descartes opère ainsi la synthèse entre la notion de
substance et celle de cause de soi-même. L'objection classique (formulée par Antoine
Arnauld) contre cette idée de la substance est que l'on ne peut donner ce que l'on n'a pas :
la cause précède l'effet, et il faut donc que Dieu existât avant que d'être son propre... effet !
On voit que cette idée implique également que l'on distingue en Dieu passé, présent et
futur, et que l'on y associe la possibilité de l'existence, ce qui serait une imperfection de son
être.
La réponse de Descartes est que l'on ne peut pas ne pas appliquer le principe de causalité à
Dieu. Mais cette causalité, dans le cas de Dieu, ne peut être conçue par nous que par
analogie, car nos facultés sont trop imparfaites pour le comprendre. Il suit donc de notre
imperfection que nous comprenons Dieu comme une cause de soi, et que seul Dieu peut
être la cause de Dieu, car autrement il serait la cause d'un autre être et ne serait pas
parfait. Pour ce qui est de la relation de temps qu'implique la causalité, elle n'est rien pour
Dieu : Dieu est éternel, immuable.
Une dernière difficulté qui a été soulevée contre le système cartésien est que l'on ne
comprend pas comment, d'un être absolument parfait sous tous rapports, ont pu naître des
êtres finis. Le fond de toutes choses est parfait, et cependant l'imperfection y subsiste. Pour
Descartes, cette objection ne tient pas compte du fait que toute finitude est une limitation,
une négation : un néant d'être. Il y a là une théodicée : les choses créées sont
nécessairement finies, et leur finitude est néanmoins une source de perfection pour le
monde si nous le considérons dans son ensemble.
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L'homme est donc un composé de deux substances. Cela soulève une autre difficulté (posée
par exemple par la princesse Élisabeth de Bohême, lors de leurs échanges épistolaires) :
comment comprendre l'union de l'âme et du corps ?
D'une part, une telle notion de l'âme provoque une violation évidente des principes de la
physique cartésienne : en effet, l'âme produit des mouvements sans compensation : elle
modifie le mouvement des esprits animaux, et est même modifiée elle-même par ce
mouvement, et pourtant elle demeure un principe spirituel irréductible aux mécanismes de
la nature. L'idée de l'âme est ainsi contraire au principe de l'inertie [réf. nécessaire].
D'autre part, si l'âme agit sur le corps et inversement, ces deux substances ne peuvent être
indépendantes l'une de l'autre : la causalité implique un rapport de dépendance. L'âme et le
corps sont donc dans une certaine communauté, et leur indépendance réciproque affirmée
par Descartes rend cette union inintelligible [réf. nécessaire].
Descartes admet ces difficultés : en effet, dit-il [réf. nécessaire], nous ne pouvons comprendre
cette union, mais nous en avons néanmoins l'expérience tout au long de notre vie.
Cette distinction réelle du corps et de l'âme ne s'oppose donc pas à leur union: le «
dualisme » cartésien ne signifie pas qu'âme et corps soient complètement séparés: il y a
ainsi « certaines choses que nous expérimentons en nous-mêmes, qui ne doivent pas être
attribuées à l'âme seule, ni aussi au corps seul, mais à l'étroite union qui est entre eux (...):
tels sont les appétits de boire, de manger, et les émotions ou passions de l'âme, qui ne
dépendent pas de la pensée seule, comme l'émotion à la colère, à la joie, à la tristesse, à
René Descartes 19
l'amour, etc. tels sont tous les sentiments, comme la lumière, les couleurs, les sons, les
odeurs, le goût, la chaleur, la dureté, et toutes les autres qualités qui ne tombent que sous
le sens de l'attouchement. » (Principes de la philosophie, I, 48).
c'est-à-dire signe de notre imperfection; mais elle n'est rien du point de vue de Dieu,
c'est-à-dire négation, car l'erreur n'a pas d'existence substantielle et ne résulte que du fait
que « Dieu nous a pas donné tout ce qu'il pouvait nous donner, et (...) qu'il n'était point tenu
de nous donner » [14] . Mais puisque l'erreur n'affecte pas notre nature elle-même, ce sont
[15]
donc seulement des « défauts de notre façon d'agir » . Par là Descartes s'oppose à une
conception augustinienne et pessimiste de la nature humaine.
La morale cartésienne
Descartes n'a pas souhaité écrire de traité de morale :
« Il est vrai que j'ai coutume de refuser d'écrire mes pensées touchant la morale, et
cela pour deux raisons : l'une, qu'il n'y a point de matière d'où les malins puissent plus
aisément tirer des prétextes pour calomnier ; l'autre, que je crois qu'il n'appartient
qu'aux souverains, ou à ceux qui sont autorisés par eux, de se mêler de régler les
mœurs des autres. » (Lettre à Pierre Chanut, 20 novembre 1647)
Néanmoins, il s'empresse de faire part de ses idées touchant la morale, quand il s'agit de
les communiquer à la princesse Élisabeth, puis à la reine Christine de Suède. C'est donc,
outre le Traité des passions et quelques passages du Discours de la méthode,
essentiellement dans sa correspondance que l'on trouvera la philosophie morale
cartésienne.
Si le doute méthodique est bénéfique pour ce qui regarde la connaissance théorique,
l'extension de ce doute à la pratique nous paralyserait. Or, il faut agir, même dans
l'incertitude. Descartes propose donc dans le Discours de la méthode une « morale par
provision », en attendant de trouver mieux. Il énonce ainsi les trois maximes provisoires
suivantes:
• première maxime : la coutume, observer la religion et les mœurs de son pays ; résumée
sous cette forme, cette maxime, qui rappelle les conseils de Montaigne, montrerait le
conformisme de Descartes et expliquerait l'absence de philosophie politique chez lui.
Descartes distingue pourtant, dans cette maxime, entre plusieurs types d'opinions à
l'intérieur même du pays: il ne s'agit pas de suivre toutes les opinions, mais seulement
certaines d'entre elles.
• deuxième maxime : la résolution, exécuter avec fermeté le parti une fois pris ;
• troisième maxime : la maîtrise de soi, chercher plutôt à se vaincre que la fortune.
Dans sa correspondance, il s'efforce de formuler une méthode pour atteindre le souverain
bien, i.e. les jouissances intérieures de l'âme, qui seules sont éternelles et fondées sur la
vérité. Pour cela, il énonce les moyens suivants :
• avoir clairement connaissance du bien, i.e. en premier lieu, connaître Dieu, ce qui nous
fait éprouver envers lui un amour intellectuel ;
• maintenir sa volonté fermement et résolument. Si nous perdons notre temps à nous
interroger sur tous les éléments de notre vie quotidienne, nous n'arriverons jamais à rien.
Il nous faut donc souvent trancher des problèmes, sans en avoir une connaissance
complète. Mais, une fois la décision prise, il faut se maintenir fermement en son
jugement, tant que les événements ne nous prouvent pas notre erreur.
• maîtriser ses passions, et laisser ce qui n'est pas en notre pouvoir, i.e. savoir distinguer
entre ce qui n'est pas en notre pouvoir de ce qui est en notre pouvoir. Seule la volonté est
en notre pouvoir, à strictement parler. Cette vertu est la vertu cardinale du
cartésianisme, c'est la générosité :
René Descartes 21
« Ceux qui sont généreux en cette façon sont naturellement portés à faire de grandes
choses, et toutefois à ne rien entreprendre dont ils ne se sentent capables. Et parce
qu'ils n'estiment rien de plus grand que de faire du bien aux autres hommes et de
mépriser son propre intérêt, pour ce sujet ils sont parfaitement courtois, affables et
officieux envers chacun. Et avec cela ils sont entièrement maîtres de leurs passions,
particulièrement des désirs, de la jalousie et de l'envie, à cause qu'il n'y a aucune
chose dont l'acquisition ne dépendent pas d'eux qu'ils pensent valoir assez pour
mériter d'être beaucoup souhaitée ; […] » (Passions de l'âme, art. 156)
Les sciences
Science et philosophie agissent constamment l'une sur l'autre dans la pensée de Descartes,
puisque sa méthode vise à permettre à l'homme de bien conduire sa raison et chercher la
vérité dans les sciences, à nous rendre plus sages et plus habiles et à nous assurer non
seulement la connaissance, mais, d'une certaine manière, la maîtrise et possession de la
nature aussi bien que de nous-mêmes. Telle est la finalité de son système, finalité à laquelle
se subordonnent tous les moyens mis en œuvre.
La métaphysique est pour Descartes le fondement de toutes les sciences. Il illustre sa
conception du rapport entre les connaissances humaines par cette image :
« Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique,
le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres
sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la
morale, j'entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une
entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse. Or
comme ce n'est pas des racines, ni du tronc des arbres, qu'on cueille les fruits, mais
seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie
dépend de celles de ses parties qu'on ne peut apprendre que les dernières. »
Les Principes de la philosophie, lettre-préface de l'auteur
Descartes souligne par là l'importance qu'il accorde à la métaphysique, mais il s'agit d'une
métaphysique subjective reposant sur des objets abstraits. Elle mélange philosophie et
sciences, et structure les connaissances d'une manière radicalement différente du
découpage de la philosophie que l'on connaissait à son époque.
Postérité
Descartes ne se destinait pas à une carrière philosophique. Ce furent la controverse
ptoléméo-copernicienne et le procès de Galilée (1633) qui orientèrent sa carrière vers la
philosophie.
Quelques philosophes aux Pays-Bas puis en France ont suivi Descartes (voir cartésianisme).
Ultérieurement, la confirmation à la fin du XVIIe siècle des hypothèses héliocentriques
grâce au formalisme mathématique élaboré par Newton a popularisé la philosophie de
Descartes, engendrant une philosophie mécaniste.
Le dualisme de substance développé par Descartes, a posé des difficultés à ses successeurs.
Spinoza explicita une théorie de la substance, tandis que Malebranche développa une
philosophie originale sur le problème corps-esprit, l'occasionalisme, dans lequel intervient
la foi.
René Descartes 22
Œuvres
• Compendium musicae (daté du 31 décembre 1618)
• Cogitationes Privatae :
• Parnassus
• Democritica
• Préambules (Praeambula. Initium sapientae timor Domini)
• Experimenta
• Olympica
• Aquae comprimentis in vase ratio reddita a D. Descartes
• De Solidorum elementis
• Excerpta mathematica (dont Ovales opticae quatuor)
• Thaumantis Regia
• Studium bonae mentis
• Traité de la divinité
• Traité d'escrime : œuvre perdue, probablement uniquement manuscrite, écrite vers
1613, citée par Adrien Baillet
• Les Règles pour la direction de l'esprit, œuvre inachevée, en latin (Regulae ad
directionem ingenii), vers 1628
• Traité du monde et de la lumière, 1632-1633, publication posthume, notamment en 1664
• Explication des engins par l'aide desquels on peut avec une petite force lever un fardeau
fort pesant, 1637
• Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les
sciences, 1637, préface à
• la Dioptrique
• les Météores
• La Géométrie
• Méditations métaphysiques (traduction littérale du latin : Méditations sur la philosophie
première, 1641, avec six séries d'Objections)
• Correspondance avec Elisabeth, 1643 à 1649
• Les Principes de la philosophie, 1644, édition latine, 1647, traduction française, revue
par Descartes, avec Lettre-Préface à l'édition française
• Les Passions de l'âme, 1649
• Recherche de la vérité par les lumières naturelles, texte inachevé, publié pour la
première fois dans les Opuscula posthuma, 1701
Éditions
• Œuvres de Descartes, Paris, F.G. Levrault, par Victor Cousin, 1824-1826 (disponibles sur
Gallica [19])
• Descartes, Œuvres, édition Charles Adam et Paul Tannery, Léopold Cerf, 1897-1913, 13
volumes ; nouvelle édition complétée, Vrin-CNRS, 1964-1974, 11 vol. (édition de
référence)
• Descartes, Œuvres et lettres, textes présentés par André Bridoux, Bibliothèque de la
Pléiade, NRF, Gallimard, 1953
• Descartes, Œuvres philosophiques, textes établis, présentés et annotés par Ferdinand
Alquié, 3 vol. (I : 1618-1637, II : 1638-1642, III : 1643-1650), Classiques Garnier,
1963-1973
René Descartes 24
Épitaphe de Descartes
MEMORIAE RENATI DESCARTES
RECONDITIORIS DOCTRINAS
LAVDE
ET INGENII SVBTILITAT
PRAECELLENTISSIMI
QVI PRIMVS
A RENOVATIS IN EVROPA
BONARVM LITTERARVM STVDIIS
RATIONIS HVMANAE
IVRA
SALVA FIDEI CHRISTIANAE
AVTORITATE
VINDICAVIT ET ASSERVIT
NVNC
VERITATIS
QVAM VNICE COLVIT
CONSPECTV
FRVITVR
Chapelle Saint-Benoît, Traduction partielle : Le premier qui, depuis la renaissance
Saint-Germain-des-Prés.
des Belles Lettres en Europe, a revendiqué et assuré les
droits de la raison humaine.
Notes et références
[1] Adrien Baillet, Vie de Monsieur Descartes (1re éd., 2 tomes, Paris, chez Daniel
Horthemels, 1691), réimpressions : Olms, New York, 1972 ; La Table Ronde, collection La
Petite Vermillon, 1992.
[2] Descartes, Œuvres, édition Charles Adam et Paul Tannery, t. X, p. 214. Sophie Jama,
La nuit des songes de René Descartes, Aubier, 1998, p. 195.
[3] C'est ainsi que l'on appelait une chambre chauffée en hiver, elle l'était soit par un
poêle en céramique soit par une taque en métal apportant à cette pièce en général
surélevée et attenante, la chaleur du fourneau ou de la cheminée. Le vieux monde rural,
en particulier lorrain, a gardé l'expression le "poêle devant" ou "poêle derrière" pour
désigner les deux chambres chauffées entre une cuisine en position centrale.
[4] Jean-François Maillard, "Descartes et l'alchimie : une tentation conjurée ?", in Frank
Greiner (éd.), Aspects de la tradition alchimique au XVIIe s. Actes du colloque
international de l'Université de Reims-Champagne-Ardennes. 28-29 novembre 1996.,
Paris, Archè, 1998. Sylvain Matton, "Cartésianisme et alchimie : à propos d'un
témoignage ignoré sur les travaux alchimiques de Descartes. Avec une note sur
Descartes et Gómez Pereira", dans : Aspects de la tradition alchimique au XVIIe siècle,
Paris - Arché : Milan, 1998, pp. 111-184.
[5] Descartes, lettre à Mersenne, juillet 1640.
René Descartes 25
Voir aussi
Articles connexes
• Sur le contexte historique
• Révolution copernicienne
• Galilée
• Cogito
• Mathématiques en Europe au XVIIe siècle
• Sur les rapports avec la métaphysique
• Métaphysique (Aristote)
• Métaphysique
• Scolastique | Aristote | saint Thomas d'Aquin
• La notion de substance chez Aristote, et de substance en général, Cause première
• Rapports entre foi et raison
• Sur la postérité philosophique
• Cartésianisme | Rationalisme
• Husserl
• Leibniz
• Malebranche
• Spinoza
• Auguste Comte | Positivisme
• Sur les concepts philosophiques en rapport avec la philosophie de Descartes
• Raison
• Liste des concepts de la philosophie
• Téléologie | Quatre causes | Substance | Dualisme de substance
• Sujet | Objet | Autrui
René Descartes 26
Bibliographie
Voir la bibliographie détaillée sur wikilivre : René Descartes - Bibliographie.
• Jean-Luc Marion :
• Sur l’ontologie grise de Descartes. Science cartésienne et savoir aristotélicien dans les
Regulae, Librairie Philosophique J.Vrin, 1975.
• Sur la théologie blanche de Descartes. Analogie, création des vérités éternelles,
fondement, PUF, 1981.
• Sur le prisme métaphysique de Descartes. Constitution et limites de l’onto-théo-logie
cartésienne, PUF, 1986.
• Questions cartésiennes I. Méthode et métaphysique, PUF, 1991.
• Questions cartésiennes II. L’ego et Dieu, PUF, 1996.
• Descartes Méditations métaphysiques 1, 2 et 3 Folio plus philosophie (2006) Dossier et
notes par Martin Steffens. Lecture d’image : Seloua Louste-Boulbina (ISBN 2-07-033836-3)
• François Azouvi : Descartes et la France : histoire d'une passion nationale, Ed.:
Hachette; Pluriel-poche, 2006, (ISBN 2-01-279124-7)
• Samuel S. de Sacy, Descartes, Seuil, réédité en 1996 ;
• Yvon Belaval, Leibniz critique de Descartes, Gallimard, coll. « Tel », 1997 ;
• Jean-Marie Beyssade, La Philosophie première de Descartes. Le Temps et la cohérence
de la métaphysique, Flammarion, coll. « Nouvelle bibliothèque scientifique », 1979 ;
• André Glucksmann, Descartes, c'est la France, Flammarion, Paris, 1987
• Geneviève Rodis-Lewis :
• Descartes, Calmann-Lévy, 1995
• La Morale de Descartes, PUF, 1957, nouvelle éd., collection Quadrige, 1998,
• Descartes et le rationalisme, PUF, collection Que sais-je ?, 1966, 7e éd. corrigée,
1996,
• L'Œuvre de Descartes, 2 vol., Vrin, 1971.
• Pierre Guenancia, Descartes et l'ordre politique, PUF, 1983.
et pour un lectorat plus vaste, Descartes, bien conduire sa raison, Découvertes Gallimard,
Philiosophie, 1996.
• Denis Kambouchner, L'homme des passions. Commentaires sur Descartes. Albin Michel,
1995. 2 vol. 501p. chacun. Une somme sur le Traité des Passions.
• Alain, Descartes, 1928 ds Les Passions et la Sagesse, La Pléiade, 1960, pp. 923-995.
• Lev Vygotsky, Théorie des émotions. Étude historico-psychologique. Rédigée en 1933 et
publiée en russe en 1984. Traduction française avec longue introduction par Nicolas
Zavialoff aux Ed. L'Harmattan (1998), 416p. Pénétrante analyse du Traité des Passions.
• Patricia Janody, Constructions schizophrènes, constructions cartésiennes , 1998, Érès,
Paris
• Denis Kambouchner, Descartes et la philosophie morale, 2008, Hermann.
René Descartes 27
Liens externes
• Catégorie Descartes, René (http:/ / www. dmoz. org/ World/ Français/ Sciences/
Sciences_humaines_et_sociales/ Philosophie/ Philosophes/ D/ Descartes,_René/ ) de
l’annuaire dmoz
• Un article concernant les idées claires et distinctes (http:/ / www. lentrelacs. org/ article.
php3?id_article=14#top)
• [http:/ / www. sens-public. org/ spip. php?article281 Une étude des Règles pour la
direction de l'esprit]
• La généalogie du "sujet moderne" et la notion de substance (http:/ / nexus. project.
free. fr/ freiberg2. html)
• Discours de la méthode, version audio (http:/ / audiolivres. wordpress. com/ 2009/ 03/
13/ descartes-discours-de-la-methode/ )
• Méditations métaphysiques, version audio (http:/ / audiolivres. wordpress. com/ 2009/
03/ 13/ descartes-meditations-metaphysiques/ )
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