Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5.
Contreventements
1/24
5. Contreventements
5.1 Choix du systme de contreventement
Il y a lieu de rappeler que la transmission courte et directe tant des charges verticales (charges permanentes et charges dexploitation) que des forces horizontales (vent ou action sismique) est certainement la transmission la plus fiable et la plus conomique.
1er au 3me niveau
Fig. 5.1-1 Disposition des lments structuraux peu recommandable :
RdCh.
Les poteaux centraux sont repris par des poutres, Les voiles en pignon manquent dappui au RdCh ;
Les exigences de fonctionnalit et les volutions de lquipement hospitalier imposent a priori la conception dun volume facilement modulable avec un minimum de contraintes imposes par la prsence des lments structuraux. Cette dmarche implique que des dispositions soient prises au moment de la conception pour que les interventions ultrieures puissent tre faites sans affaiblissement de la structure et assurer le transfert des efforts. Les ensembles structuraux, assurant le transfert des efforts, doivent tre aisment dissociables en lments simples, afin quil ny ait aucun doute sur le comportement de la structure laction sismique. Ainsi la bonne conception des structures suppose la ralisation dun ensemble form par les planchers et les murs ou les portiques en bton arm, disposs dans deux directions du plan et constituant un rseau tridimensionnel plus ou moins continu obtenu par : le fonctionnement en diaphragmes des planchers, rle essentiel dans le comportement sismique densemble, le fonctionnement en diaphragme vertical, contreventement des murs ou portiques en bton arm, obtenue par une disposition des lments structuraux
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
2/24
avec une rsistance et rigidit quivalentes dans les deux directions principales et descendus en ligne droite (plombs) jusquaux fondations. Leur rigidit a aussi pour effet de protger les lments non-structuraux fragiles contrairement aux structures en portiques. Les figures 5.1-1 5.1-3 montrent 3 exemples dune mauvaise conception.
H = 1,00
H = 1,00
Voile en drapeau ??
50
50 50 x 80 120 x 185
120 x 170
Fig. 5.1-2 La structure verticale est reprise au RdCh. uniquement lextrieur ; instabilit sous laction sismique : en bleu les voiles en gris les poutres en vert les poteaux
R = 20 50 40 x 40 50
120 x 170
Fig. 5.1-3 Le contreventement nest pas assur
60 x 60 60 x 100
120 x 185
70 x 165
P5
Fig. 5.1-4 La structure verticale est reprise au RdCh. uniquement lextrieur ; instabilit sous laction sismique : en bleu les voiles en gris les poutres en vert les poteaux ou paroi moule
Paroi moule
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
3/24
On peut formuler les dispositions et observations suivantes : rpartition rgulire et uniforme en plan dun nombre suffisant dlments structuraux, qui permet des transmissions courtes et directes des forces sismiques (fig. 5.1-5), uniformit (rgularit) en lvation qui tend liminer des zones au niveau desquelles des concentrations de contraintes peuvent se produire, un nombre rduit de murs entrane une concentration des sollicitations horizontales avec un risque de dcollement de leurs fondations, De mme, rpartir les lments principaux de contreventement proximit de la priphrie du btiment est certainement un facteur favorable pour reprendre les mouvements dus la torsion, mais entrane une dpense dacier ncessaire au transport des efforts (fig. 5.1-6),
Action Sismique
Action Sismique
Fig. 5.1-5 Voiles rgulirement reparties dans les deux directions
Fig. 5.1-6 Voiles disposs sur le contour du btiment
soumis simultanment aux forces de gravit et aux actions horizontales de contreventement, les murs sont le sige de contraintes dautant plus importantes quils comportent des ouvertures. La contrainte moyenne de cisaillement est un indicateur pertinent de la concentration des contraintes au droit des trumeaux et donc de la consommation dacier. Le choix des structures au moment de la conception sont multiples, toutefois trois solutions sont les plus utilises : A - Disposition des voiles sur le contour extrieur compose de :
Voiles en bton arm ajoures en faade avec un pourcentage vides/pleins de 40 60 %. N.B. : Les faades en voiles ajours non plombes jusquaux fondations ne participent pas au contreventement. Voiles en bton arm constituant les cages (noyaux) descaliers et dascenseur,
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
4/24
Entre les faades et les noyaux, un systme de poteaux supportant des poutres disposes dans une ou deux directions.
B Disposition des voiles dans les deux directions et de manire assez uniforme sur toute la surface dun bloc. Cette disposition est peu compatible avec lvolution dun hpital. C Utilisation mixte en plan et en lvation des portiques et des murs en bton arm Les rcents sismes ont montrs avec rgularit le meilleur comportement des structures en voiles en bton arm par rapport aux structures en portiques bton arm. Pour les structures voiles, il faut avoir : un nombre suffisant : au moins deux voiles par direction, une disposition judicieuse : voiles assez carts une paisseur du voile suffisante pour pouvoir mettre en uvre les barres et couler le bton. Les valeurs du coefficient de comportement q, pour les structures en bton arm, sont donnes par la rglementation en fonction du type de structure (tableau 5.1-1), des matriaux utiliss et des dispositions constructives adoptes pour favoriser la ductilit des lments et assemblage, cest dire leur aptitude supporter de dformations suprieures la limite lastique.
Tableau 5.1-1 Coefficient de comportement q (Rgles PS 92) pour des btiments avec des structures en bton arm Btiments Btiments Btiments rguliers : moyennement irrguliers : Contreventement qi rguliers : 0,85 qi 0,70 qi qH Voiles Le coefficient de comportement doit faire lobjet de la vrification de la compatibilit de dformations. Sauf pour les btiments dont la hauteur H 28 m Portiques seuls sans aucun remplissage mme pas des allges Portiques seuls si la formation de rotules plastiques dans les lments comprims porteurs est admise ou sil existe des articulations dans ces lments Portiques avec remplissage en maonnerie, a posteriori Structures comportant des transparences Le coefficient de comportement doit faire lobjet de la vrification de la compatibilit de dformations qV qH qV qH qV
3,5
1,75
2,98
1,49
2,45
1,23
2,5
4,25
2,13
3,5
1,75
3,76
1,88
3,20
1,60
2,63
1,32
1,5
1,28
1,05
sans objet
23
1 1,5
1,5 2,5
1 1,25
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements Voiles et portiques Les voiles et les portiques sont disposs dans le mme plan ou dans des plans parallles.
5/24
1 = q
V qi i
2 i
V : fraction de leffort tranchant quilibr, en pourcentage, par les voiles
Pour les btiments dont la hauteur au-dessus du sol nexcde pas 28 m les rgles PS 92 permettent de ne pas effectuer la vrification de compatibilit de dformation si lon retienne, pour les structures dont le contreventement et assur uniquement par des voiles, des valeurs du coefficient q plus faibles (tableau 5.1-2). Bien entendu du choix de la valeur du coefficient de comportement dpend lconomie du projet do la tentation de choisir la valeur la plus grande pour ce coefficient. Il ne faut pas perdre de vue que pour les btiments contrevents par des voiles de plus de 28 m de hauteur ou dans le cas des transparences on se doit de valider la valeur retenue du coefficient de comportement.
Tableau 5.1-2 Coefficient de comportement q pour des btiments dont H 28 m (Rgles PS92) Btiments moyennement rguliers : 0,85 qi qV qH Btiments irrguliers : 0,70 qi qH qV
Contreventement assur uniquement par des voiles H 28 m
Btiments rguliers : qi qH qV
Voile le plus reprsentatif : H = hauteur B = largeur
H/B 2
1,5
2,55
1,28
2,1
1,05
1 < H/B < 2
1 + H/B
0,50 0,85 (1 + H/B) (1 + H/B)
0,70 (1 + H/B)
H/B < 1
1,7
1,4
Pour les hpitaux rcemment construits en zone sismique la valeur du coefficient de comportement se situe entre : q = 1,4 2,1 LEurocode 8 limite la valeur infrieur du coefficient de comportement 1,5. En fonction du niveau de ductilit moyen (DCM) ou haut (DCH) et du type de la structure les valeurs du coefficient de comportement (btiments rguliers) sont donnes par la figure 5.1-3. Pour les btiments irrguliers il faut appliquer une rduction de 0,8.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
6/24
q
6 5 4 3 2 1
Systmes en pendule invers Ossatures plusieurs traves de plusieurs tages
DCH
DCM
Fig. 5.1-3 Eurocode 8, coefficients de comportement q en fonction du niveau de ductilit et du type de contreventement. Cas des btiments rguliers.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Ossatures une trave de plusieurs tages
Murs peu arms
Murs coupls
2 murs non coupls par direction
> 2 murs non coupls par direction
Ossatures 1 tage
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
7/24
5.2 Plancher, lment de contreventement
Quel que soit le systme de contreventement (portiques, voiles, noyaux, etc.) et indpendamment de sa fonction porteuse, le plancher a une fonction prcise de poutre-auvent et, ce titre, il doit tre considr comme un lment principal. En effet, en tant que poutre infiniment rigide et indformable dans son plan, il doit : rendre les murs de contreventement solidaires pour avoir une rponse densemble laction sismique horizontale, assurer une rponse densemble cest--dire lgalit des dformations, dans le cas de systmes ayant des caractristiques de dformabilit horizontale diffrentes (par exemple voiles et portiques). collecter les forces dinertie et les transmettre (rpartir) aux lments structuraux verticaux par des liaisons adquates entre planchers les murs et les portiques. Cette solidarisation densemble est obtenue par la mise en place de chanages, mcaniquement continus, les uns formant ceinture sur le contour, les autres reliant les murs ou les portiques situs sur les faades opposes. Il y a lieu de remarquer que la sollicitation du plancher est dautant plus importante que la forme est irrgulire, non compacte ou trs allonge en plan, ncessitant des armatures consquentes dans les chanages. matriser la prsence douvertures importantes qui modifient la transmission des efforts sismiques. La position de trmies proximit des lments de contreventement peut empcher lobtention dune liaison efficace et impose des dispositions constructives de contournement (fig. 5.2-1). Cette disposition peut entrainer un accroissement important (fig. 5.2-2 5.2-4) des ratios darmatures dans les dalles.
Action Sismique
Action Sismique
Fig. 5.2-1 Ferraillages spcifiques pour le transfert des efforts Autour des trmies Chanages planchers Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
8/24
20/7cm
100 cm
20/9cm
110 cm
Fig. 5.2-2 Cartes de ferraillage comportant des zones trs sollicites pour le transfert des efforts
Fig. 5.2-3 Ferraillage complmentaire sur les prdalles
Fig. 5.2-4 Ferraillage complmentaire sur les prdalles
Si les murs en bton arm ne sont pas continus jusquaux fondations (fig. 5.2-5) on se trouve alors dans le cas des niveaux transparents , et les efforts horizontaux sont vhiculs par le plancher (fig. 5.2-6).
F/2
F/2
Fig. 5.2-5. Transmission des forces horizontales en prsence dun portique au RdCh.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
9/24
Fig. 5.2-6. Transfert des efforts horizontaux vers les pignons travers le plancher
Si, de plus, les murs existants au niveau transparent sont disposs dune manire dissymtrique ou leur nombre est insuffisant, on peut mme arriver une situation dinstabilit (fig. 5.2-7).
Moment de torsion daxe vertical
F
F
Fig. 5.2-7 Systme instable tant donn la prsence au rez-de-chausse dun seul voile en pignon
Une forme irrgulire ou la prsence dune ouverture importante dans le plancher risquent de modifier la transmission thorique des efforts telle quindique par exemple dans la figure 5.2-8 et rendre le systme instable.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
10/24
Trmie dans le plancher
F/2
F/2
F D d
F D d
Fig. 5.2-8 Le plancher en L comportant une trmie ne peut pas assurer, dans des conditions conomiques normales, le transfert direct de la sollicitation horizontale F
Dans le cas de voiles trop carts, le plancher aura un fonctionnement en poutre horizontale (fig. 5.2-9).
Fig. 5.2-9 Fonctionnement du plancher en poutre sur deux appuis en cas de seulement deux voiles de contreventement situs dans les pignons
La fonction du plancher en tant que poutre-auvent impose une liaison efficace sur tout le pourtour avec la structure de contreventement. Il est donc primordial de soigner la mise en uvre des attentes pour permettre le transfert des efforts horizontaux. La mauvaise disposition des attentes ou leur absence peut entrainer la fissuration des prdalles sous laction seulement de la charge permanente.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
11/24
Fig. 5.2-10 Mauvaise position des attentes dplies
Fig. 5.2-11 Dpliage seulement des attentes suprieures
Fig. 5.2-12 Mauvaise position des attentes
Fig. 5.2-13 Mauvaise position des attentes
Fig. 5.2-14 Mauvaise position des attentes
Fig. 5.2-15 Le scellement dattentes ne permet la transmission des efforts sismiques
Fig. 5.2-16 Mauvaise position des attentes
Fig. 5.2-17 Mauvaise position des attentes
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
12/24
Fig. 5.2-18 Bonne disposition des attentes avant dpliage
Fig. 5.2-19 Niveaux diffrents entre les attentes et les prdalles
Fig. 5.2-20 Disposition correcte
Fig. 5.2-21 Scellement dattentes inefficace
Fig. 5.2-22 Impossibilit de disposer les barres en attente de la prdalle sur la poutre support
Fig. 5.2-23 Dtail de la figure 5.2-22
Fig. 5.2-24 Suspentes de la prdalle arrte avant lappui
Fig. 5.2-25 Bonne ancrage de la prdalle
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
13/24
Fig. 5.2-26 Mauvaise position des attentes
Fig. 5.2-27 Absence des suspentes des prdalles
Fig. 5.2-28 Disposition convenable des attentes
Fig. 5.2-29 Bon ancrage de la prdalle
Fig. 5.2-30 Disposition convenable des attentes
Fig. 5.2-31 Dtail de la figure 5.2-30
Fig. 5.2-32 Dpliage des attentes avant la pose des prdalles sur vide-sanitaire.
Fig. 5.2-33 Bonne position des attentes
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
14/24
5.3 Stabilit globale et locale
5.3.1 Stabilit dun groupe de blocs Plusieurs blocs ragissent avec un meilleur rendement, sils sont lis et non spars par des joints de dilatation, afin de former un bloc unique Si plusieurs blocs spars par des joints de dilatation prsentent le mme systme de fondation et la mme qualit de sol de fondation (fig. 5.3.1-1a), il est conseill de supprimer ces joints au moins au niveau de linfrastructure. Dans cette configuration, lconomie du projet (gros uvre, second uvre, rseaux et quipements) est amliore et une plus grande scurit est acquise en cas de dfaillance locale du sol. En effet, quels que soient leurs dplacements (mouvements), en phase (fig. 5.3.1-1b) ou en dphasage (fig. 5.3.-1c), il est certainement plus conomique de prvoir une liaison pour assurer la continuit de linfrastructure et quilibrer les soulvements. Par ailleurs gnralement les rgles de construction proposent mme de ne pas prolonger les joints dans les parties enterres et les fondations o il peut tre prfrable de nen pas prvoir afin dviter les fondations excentres ( moins des coupures totales ne soient ncessaires en raison de conditions de fondations diffrentes). Bien entendu, si la longueur de linfrastructure dpasse les longueurs conseilles dans diffrentes rgions, il y lieu de prendre des dispositions spcifiques (voir 4.3).
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
15/24
J.D.
J.D.
Sisme
(a)
Fondations indpendantes par bloc avec J.D.
J.D.
J.D.
Sisme (b)
Infrastructure sans J.D.
J.D.
J.D.
Sisme
(c)
Infrastructure sans J.D.
Fig. 5.3.1-1 Stabilit dun groupe de blocs : (a) cas o la stabilit est assure par chaque bloc individuellement avec fondations indpendantes, (b) cas o la stabilit est assure par la continuit de linfrastructure : mouvements en phase des blocs (c) cas o la stabilit est assure par la continuit de linfrastructure : mouvements dphas des blocs
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
16/24
5.3.2 Stabilit locale dun lment de contreventement Pour le transfert judicieux (conomique) des forces horizontales, la disposition des lments de contreventement doit tre telle quils puissent mobiliser le maximum de charge verticale et engendrer un minimum de moment dencastrement au niveau des fondations Ainsi, pour un meilleur rendement du point de vue de la rsistance, il est prfrable de disposer les lments de contreventement le plus lextrieur du btiment et mobiliser aussi la totalit de la masse. En effet, si lon compare la dformation des deux structures avec des consoles de diffrentes raideurs : Pour la console dune largeur rduite (noyau par exemple), on constate un besoin dancrage important ncessitant des fondations sur pieux ou barrettes (fig. 5.3.21a), cause de la faible dimension du bras de levier, A loppos, si le contreventement (console) concerne toute la largeur du btiment, on mobilise une charge verticale plus importante et paralllement le moment dencastrement est rduit (bras de levier plus important) dans des proportions qui permettent denvisager une fondation sur radier (fig. 5.3 - 1b).
H
Largeur du btiment
lment rsistant 1
(a)
H 2 lment rsistant
(b)
Fig. 5.3.2-1. Fonctionnement en console et ractions lencastrement : (a) Largeur de la console rduite (b) Largeur de la console gale la largeur du btiment
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
17/24
Lquilibre peut donc tre assur par les pieux ou barrettes (fig. 5.3.2-2a), par le voile et la fondation largies la largeur du btiment (5.3.2-2b) ou encore en mettant a contribution les faades par lintermdiaire des voiles ou poutres de transferts situs en sous-sol.
lment rsistant E 1 E 2 lment rsistant E
Largeur du btiment
Structure
Poutres ou voiles de transfert
Pieux ou barrettes
Fondations
Semelles ou radier
(a)
(b)
(c)
Fig. 5.3.2-2. Stabilit assure par les fondations : (a) cas du contreventement limit aux noyaux avec pieux ou barrettes (b) cas du contreventement utilisant toute la largeur du btiment avec radier (c) le soulvement est quilibr par les faades
5.3.3 Fonctionnement des poutres-voiles PV et poutres-chelles PE La transmission courte et directe des forces sismiques ne peut pas tre assure par des poutres-voiles PV ou poutres-chelles PE (voiles en drapeau). Les poutres-voiles PV peuvent assurer ventuellement le contreventement dun btiment, seulement dans les parties situes au minimum au-del de 2 x leur largeur (principe de Saint-Venant) et dune manire localise et non gnralise. Leur utilisation doit tre gnralement limite pour rsoudre un problme local. Le fonctionnement des voiles en drapeau PE est possible pour le transfert exclusivement de la charge verticale entranant des efforts (fig. 5.3.3-1) importants de compression et de traction dans les poutres ou linteaux (ncessitent parfois lutilisation de la prcontrainte). Ce fonctionnement gnre des efforts horizontaux, mme dans le cas dune symtrie de la structure. On rencontre :
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
18/24
Soit des systmes symtriques (fig. 5.3.3-2a et 5.3.3-2b), qui sont le cas le plus favorable (bien que les charges dexploitation donnent toujours lieu une certaine dissymtrie), Soit des systmes dissymtriques (fig. 5.3.3-2c), et dans ce cas, limportance des forces horizontales ncessaires la stabilit du voile en drapeau exigent la prsence dun contreventement par des voiles situs proximit. Le plancher dans sa fonction de poutre-auvent devra assurer ce transfert. On considre gnralement que le transfert des charges verticales seffectue dans la zone infrieure de la poutre-voile ou voile drapeau sur une hauteur gale 0,8 fois la porte. Le trac des isostatiques montre quau-dessus, la matire ignore quil existe une anomalie dans la structure. Bien entendu, les charges sollicitant la partie basse du voile drapeau doivent tre suspendues la partie haute par un ferraillage appropri. En outre, lors de la construction, un systme dtaiement efficace doit supporter toutes les charges jusqu ce que la rsistance de la partie active du voile drapeau soit acquise. Quel que soit le type de voile en drapeau il ne peut transmettre des efforts horizontaux et le cheminement des efforts verticaux doit tre tudi de trs prs.
Compression
Q G G
Traction
Fig. 5.3.3-1 Disposition en drapeau des voiles / Poutres-chelles PE
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
19/24
Armatures de suspension ancres au-dessus de la zone active
(a)
tais phase provisoire tais phase provisoire
Contreventement
tais
tais
tais phase provisoire
tais phase provisoire
(b)
(c)
Fig. 5.3.3-2. Fonctionnement en drapeau : (a) symtrique, contreventement identifier dans un plan parallle (b) symtrique avec contreventement dans le mme plan (c) dissymtrique
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
20/24
5.4 Transmission au sol de laction sismique
Pour des fondations superficielles et dans le cas dun site horizontal il y lieu de vrifier les conditionnes habituelles de non-glissement. La transmission des efforts horizontaux seffectue par bute dans le cas dun sous-sol (fig. 5.4-1) ou par frottement entre les fondations et le sol.
E
Fig. 5.4-1 Transmission au sol par bute au droit du mur de sous-sol
Pour lapplication des mthodes courantes de calculs et dans le cas des fondations profondes, les rgles parasismiques, demande la vrification des conditions suivantes : les fondations profondes doivent avoir dans toutes les directions horizontales une flexibilit suffisante pour quelles ne dveloppent avec le sol quune interaction modre et que leur dforme puisse tre assimile la dforme du sol, en tte des fondations profondes on doit disposer un plancher (diaphragme horizontal) de rigidit suffisante pour uniformiser les dplacements de ces dernires, la structure doit tre suffisamment encastre dans le sol pour quon puisse considrer que les dplacements de sa base sidentifient ceux du sol situ dans son emprise. A dfaut dun encastrement suffisant il y a lieu de disposer la priphrie du btiment une bche de profondeur et de rigidit suffisantes pour remplir le mme office (fig. 5.4-2). La transmission au sol de laction inertielle se fait par lentranement (cisaillement) de la couche du sol situe sur la hauteur des bches. La vrification ltat limite de glissement doit tre effectue compte tenu dun coefficient de scurit partiel de 1,2. Les pieux sont seulement sollicits laction cinmatique. En labsence dun sous-sol ou des bches les pieux transmettent la fois laction inertielle (dplacement d au transfert des efforts du btiment) et laction cinmatique (dplacement d au mouvement sismique impos au sol, fig. 5.4-3).
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
21/24
Bches
Fig. 5.4-2 Transmission au sol par bute au droit des bches
Sol rocheux
E
Structure encastre Mouvement en champ libre Interaction inertielle Interaction cinmatique
Fig. 5.4-3 Transmission au sol par bute sur la longueur lastique des pieux
Sol rocheux
E+R
Remblai
Mouvement du remblai
Calcaire
Bche Pieux inefficaces
Fig. 5.4-4 Transmission au sol des sollicitations sismiques et de la pousse du remblai non-stabilis par lintermdiaire dune bche ancre dans le rocher
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
22/24
5.5 Ratios darmatures
Le diagramme de la figure 5.5-1 donne la variation du Ratio dacier en fonction de la contrainte moyenne de cisaillement : Dans la valeur du on retrouve implicitement : le nombre, la disposition et les dimensions des voiles. A partir dune dmarche statistique sur des structures quivalentes, on obtient les points singuliers du diagramme 5.5-1 qui donnent la pente de la droite / Ratio : 40 kg/m3 = 0,5 MPa = 1,125 MPa 75 kg/m3 = 2,0 MPa 120 kg/m3
(MPa)
4,0
60
80
100
120
140
160
180
200
220
240
260
-14 13
3,5
50 cm
3,0
40 cm 35 cm 30 cm
2,5
25 cm
2,0
1,5 < 1,125 MPa Pas darmatures deffort tranchant 1,0
13-14
15
16
* < lim
0,5
16 15 -
15
-1
Retour dExprience Ratios constats
60 75 80 100 120
Voiles courts
140 160 180 200 220 240 260
R
kg acier / m3 bton
40
Fig. 5.5-1 Ratio daciers dans les voiles en fonction de la contrainte de cisaillement
Quelle que soit lpaisseur du voile, la variation du Ratio se trouve dans un fuseau dont la plage se rtrcie pour une contrainte suprieure 3,0 MPa, Dans le cas dune conception parasismique correcte, le retour dexprience montre que le ratio se situe entre 60 120 kg/m3, en fonction de la zone sismique, donc de lacclration nominale,
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
23/24
En-dessous dune contrainte de 1,125 MPa, pour un bton B25 et en respectant les Rgles PS92, il nest pas ncessaire de prvoir une armature horizontale deffort tranchant, Au-del dun Ratio denviron 140 kg/m3, la mise en uvre est extrmement difficile, dautant plus quil faut tenir compte de recouvrements et de croisements avec dautres lments (voiles, poutres, etc.), Lanalyse dtaille des ratios dans les murs en bton arm de plusieurs hpitaux en zone sismique permet de formuler les conclusions suivantes : La contrainte de cisaillement dans les voiles doit tre limite 3,5 MPa pour un ratio de 200 kg/m3, Il est dusage de limiter la contrainte de cisaillement dans les murs 2,0 MPa, soit un ratio denviron 120 140 kg/m3, pour avoir la certitude de la constructibilit dans des conditions convenables, Une bonne conception doit viter une rupture fragile par cisaillement, ce qui explique aussi la limitation de la contrainte de cisaillement 2,0 MPa.
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007
Conception et ralisation dhpitaux en zone sismique Chapitre 5. Contreventements
24/24
Valeurs indicatives des ratios courants
Acclrations nominales
Voiles + linteaux / Btiments Classe D ou IV
Zone Ib aN = 2,5 m/s
50 - 90 kg/m3 100 kg/m3
Zone II aN = 3,5 m/s
80 - 110 kg/m3 120 kg/m3 60 - 85 kg/m3 30 50 kg/m3 25 kg/m
3
Zone III aN = 4,5 m/s
100 - 125 kg/m3 140 kg/m3
Voiles courts / Btiments Classe D ou IV
Poutres voiles secondaires ne participant pas au contreventement Hors zone sismique, Btiments de 5 6 niveaux Hors zone sismique, Btiments denviron 15 niveaux
Voiles
40 kg/m3 (densit de voiles type habitation) 3 60 kg/m (densit de voiles type bureaux) 45 - 70 kg/m3 (45 kg/m3 pour un sol = 2 bars) 3 (>55 kg/m pour un sol = 4 bars) 60 - 80 kg/m3
3
Fondations continues ou isoles et pour des hauteurs courantes de bton
Radier
Non tanche Etanche dans la masse
fissuration trs prjudiciable
80 - 120 kg/m
3
Poteaux
y compris recouvrements, cadres, triers
si poteau dimensionn par le bton si poteau dimensionn par le bton et par lacier si poteau principal dun portique Courantes
110 kg/m
150 kg/m3 190 kg/m3 220 kg/m3
180 kg/m3 220 kg/m3 250 kg/m3
150 kg/m3 180 kg/m3
Poutres
En fonction de la porte et de la charge En considrant soit la hauteur totale, soit uniquement la retombe
3 100 130 kg/m (retombe + dalle) 3 130 150 kg/m (uniquement la retombe)
Moyennes
140 180 kg/m3 (retombe + dalle) 3 180 - 240 kg/m (uniquement la retombe) 180 250 kg/m3 (retombe + dalle) 3 240 - 350 kg/m (uniquement la retombe)
De reprise
Dalles
Cas de charges courantes type habitations ; porte 5,00 m Cas de charges courantes type habitations ; porte 7,00 m
10 kg/m (7 kg/m TS + 3 kg/m HA) Soit 50 kg/m3 13 kg/m (9 kg/m TS + 4 kg/m HA) Soit 65 kg/m3 12 15 kg/m
Lieux publics, porte > 7,00 m Dans le cas de patios il faut rajouter : Complment de ferraillage pour la prise en compte du phnomne de retrait des dalles
Env. 10 kg/m 8 kg/m
Victor DAVIDOVICI Consultant 29 mai 2007