Entreprise 2018
Entreprise 2018
ENTREPRISE 2018
A L’ORIGINE…
Depuis la publication par l’Ordre des Experts-comptables en 1999 de “Repères pour le Futur”, la prospective
est une activité pérenne et en filigrane de l’Institution, avec une observation permanente des mutations du
monde, de notre société, des entreprises. Entreprise2018, est l’un des l’aboutissements de cette veille durable
au sein du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables dans ce monde tumultueux et de plus en plus
imprévisible ! Il est nécessaire à la Profession Comptable Libérale de conserver une capacité d’étonnement et
d’observation sur les signaux faibles, sans pour autant se limiter à sa biosphère, puisque son activité dépend…
de l’ensemble des agents économiques !
Téléchargez le carnet de tendances 2007 de l’Ordre des Experts-comptables avec tous les signaux
faibles de notre environnement !
[Link]
ENTREPRISE 2018
L’économie 2.0 va bouleverser la nature même de l’entreprise A vec certitude, nous pouvons affirmer que tous les métiers vont être transformés. Ceux de nos clients et
Don Tapscott par conséquent le nôtre. Nous devrons faire évoluer nos missions et en créer d’autres pour répondre à de nouveaux
besoins et de nouvelles attentes. Les compétences que nous saurons développer seront au cœur de toute réflexion
pour rester dans la course. C'est pourquoi en 2008, le Président Jean-Pierre Alix a souhaité placer les travaux du
Congrès de l'Ordre et cet ouvrage sous le signe de l'entreprise et de ses besoins et attentes futurs.
Je m'intéresse au futur, c'est là que je vais passer le reste de ma vie ! Par définition, le futur, celui que l’on prévoit, ne se réalisera jamais vraiment comme on le pensait. Pourtant, une
Einstein culture de l'anticipation est indispensable pour aller de l’avant.
On sait que la culture française est très ancrée dans ses racines issues de son long passé. Aussi ne s’agit-il pas de
les effacer, de gommer ce qui fait notre identité, mais de les faire vivre aux côtés d’une vision tournée positivement
vers le futur.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. Tout laisse à penser que l'entreprise du futur sera composite, avec un mélange surprenant de recettes, d’expériences, de
Mark Twain savoir-faire hérités et conjointement de technologies avancées, de nouveaux modes de management et d’organisation
où la mobilité prendra une part importante. Chaque composant s’incorporera assez facilement dans un système où
cohabiteront passé, présent et futur dans un souci d’efficacité.
Il est cependant primordial de ne pas oublier que toutes les évolutions économiques sont dictées par des besoins
humains, que le monde évolue au rythme de l'homme. Les innovations ne se propagent que si cela correspond à des
Ceux qui aperçoivent la lumière avant les autres sont condamnés à la poursuivre
besoins du moment. Face à la fascination pour la haute technologie, il faut se poser la question de l'usage et de la
en dépit des autres. Christophe Colomb fonction mais aussi de l’humain avec ses désirs, ses peurs, ses envies et ses urgences.
Parce que l’humain est au cœur de toutes ces évolutions, il ne faut pas sous-estimer le temps nécessaire à l'homme
”
pour intégrer une nouveauté, pour adopter un nouvel usage ou pour changer tout simplement. Nous ne pouvons faire
de l’homme une variable d'ajustement dans l’économie et le monde actuel, qui approche de plus en plus l’irrationnel,
la complexité, la volatilité. Les changements ne pourront se faire qu’en l’accompagnant jour après jour sur une
nouvelle voie de développement soumise à une accélération parfois perturbante.
Cette tension permanente qui va toucher toutes les strates de la société, nous devons nous y préparer en restant
attentif, en veille de façon permanente.
On pourrait être tenté de théoriser, modéliser l'entreprise du futur, pourtant force est de constater qu’on ne peut faire
l’économie de l'analyse dans son environnement, de sa biosphère locale qui la façonne : besoins d'une région, de sa
population, ses nœuds de transports, ses atouts concurrentiels, etc. Plus largement, nous devons pouvoir la replacer
dans le contexte global et concurrentiel où les frontières n’existent plus. Nous sommes tous interconnectés et nous
“Alors que les hiérarchies ne disparaissent pas, de profonds le serons de plus en plus.
C’est pourquoi nous devons rester attentifs, en veille pour anticiper et acquérir une véritable réactivité.
changements dans la nature de la technologie, de la démographie L'entreprise2018, ressemblera furieusement à celle de 2008, mais aura intégré les dernières innovations
et de l'économie globale sont en train de donner lieu à la montée technologiques, se sera adaptée aux modifications dans l’urbanisme des villes, devra faire avec les conséquences du
changement climatique et adoptera une vision plus durable de son activité.
de nouveaux modèles de production basés sur la communauté, la Les véritables changements sont sans doute plus complexes à apporter : nouveaux comportements, nouvelles
collaboration, et l'auto-organisation plus que sur la hiérarchie postures, nouvelles relations sociales, nouvelles interactions, nouvelles façons de faire ou de penser et c’est bien
là que réside l’un des plus grands défis pour nous tous chefs d’entreprise appelés à développer, rentabiliser nos
et le contrôle.” activités. Saurons-nous susciter l’envie chez la génération Y montante ? Saurons-nous tirer partie de l’expérience de
nos seniors parallèlement aux nouveaux modèles économiques 2.0 ?
Don Tapscott, Le futur est un nuage de points représentant toutes nos trajectoires diversifiées et personnelles, à nous de savoir les
coauteur de Wikinomics, un best-seller sur la Netéconomie. mettre en musique !
ENTREPRISE 2018
SOMMAIRE
PREMIERE PARTIE L’externalisation stratégique 29
Panorama de la mobilité internationale 30
AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0 7 Offshoring ou Backshoring ? Le cas du Maroc 31
Les commodities, des marchés très profitables 32
Avant-propos / Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ? 8 Le concept économique de "destruction créatrice" 33
Global + local = Glocal 34
Economie 2.0 9 Nombre record de brevets en 2007 35
L'économie numérique reste encore bien virtuelle pour les PME comme pour les particuliers 9
L'économie numérique croît plus vite que l'économie réelle 10 Croissance 36
Internet, ça paie ! 11 Quels sont les défis que la PME doit relever pour survivre et croître? 36
Le poids du capital immatériel s'accroît dans les grandes entreprises : Les entreprises des pays émergents sont les plus rentables 38
la valeur des entreprises françaises est immatérielle à plus de 60 % 12 Et si la maîtrise de l’anglais était devenue un facteur essentiel de croissance ? 39
On dématérialise tout ! 13 Croissance : plus de 1 000 PME ouvrent leur capital aux investisseurs 40
Les bureaux virtuels, nouveaux piliers du travail collaboratif 2.0 14
Les grandes entreprises françaises se mettent à la ToIP 15 Nouveaux comportements 41
Des investissements publicitaires en ligne florissants en 2007 16 À la recherche des entrepreneurs du meilleur : Le site "Graines de Changement" 41
Etude de conjoncture des pme-pmi 2006-2007 par Bnp Paribas Lease Group : La positive attitude : Morceaux choisis pour les inconditionnels de l’optimisme 42
les technologies de l’information et de la communication [tic] dans les pme françaises. 17 Plus d’un Français sur deux serait prêt à revoir son salaire à la baisse
La création d’emplois dans le commerce électronique devrait progresser de 12 % en 2008 18 pour décrocher le job de ses rêves ! 43
Un nouveau défi pour les utilisateurs du web 2.0 : Gérer leur identité numérique ! 19 Les valeurs d’entreprise : identité et performance 44
La "Radio Frequency IDentification" [RFID] 20 La condition humaine 2.0 : l’homo sapiens hyperconnecté 45
Les français plébiscitent les TIC 21
Les ventes mondiales de PC ont augmenté de 16 % au deuxième trimestre 21 Nouveaux comportements durables 46
Services collaboratifs webdeux 22 L’empreinte écologique 46
Le recyclage, marché du siècle ! 47
Innovation 23 Un métier pour la planète ! 48
L’innovation ouverte ou "crowdsourcing" 23 Le tourisme équitable 49
Une success-story sur le marché du dépannage informatique 24 Le commerce équitable : un humanisme citoyen 50
Glaizer, le coach de l’innovation 25 Green Tech et CleanTech : les éco-activités innovantes 51
L'écologie économise et conquiert 26 Les énergies renouvelables 52
10e trophées INPI 26 Indicateurs verts 52
Penser autrement 27
Innovation inside 27
Mutations industrielles : les délocalisations 28
> > > ENTREPRISE2018
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ENTREPRISE 2018
SOMMAIRE suite
DEUXIÈME PARTIE Edition & Entreprise2018 90
Édition du futur par Lorenzo SOCCAVO 90
ENTREPRISE2018 : LE FUTUR DES POSSIBLES 53
Emploi & Entreprise2018 94
Art/Culture & Entreprise2018 54 Métiers de demain & profils émergents selon l’Ordre des Experts-comptables 94
L’art dans l’entreprise ou la découverte d’un laboratoire d’innovation permanente… 2018, tous intermittents du spectacle par Jean-Yves PRAX 100
par Armelle Weisman 54 Emploi du futur par Maurice Thévenet 110
Vers une relation active et dynamique par Eve Lamendour 56 Identité au travail du futur par Maurice Thévenet 110
Art & Culture : un rôle de plus en plus important dans les entreprises et la vie économique Ressources humaines par Jean-Marie Peretti 111
par Laurent Bibard 57
Entrepreneur & Entreprise2018 112
Bureaux / Espaces de travail & Entreprise2018 59 Entrepreneur par Hamid Bouchiki 112
Quels espaces de travail en 2018 par Françoise Bronner 59 L’entrepreneur du futur se conjugue au présent ! par la CGPME 114
Bureaux : Cinq tendances émergentes Hervé Mathe 65 Le dirigeant de demain d’après Meryem Le Saget 114
A l’heure des patrons “marchands de rêves” d’après Catherine Blondel 115
Capitalisme & Entreprise2018 67 Expert en comptabilité et expert consultant en organisation comptable et financière
Capitalisme 2018 : le changement dans la continuité par Radu Vranceanu 67 par Serge Aubailly 116
ENTREPRISE 2018
SOMMAIRE suite
Identité numérique & Entreprise2018 171 Stress du futur & Entreprise2018 231
Identité numérique, la bataille de demain par Olivier Iteanu 171 Stress : un futur coup de bambou financier par Laure Deschamps 231
ENTREPRISE 2018
SOMMAIRE suite
Cerveau gauche, cerveau droit, d'après Herrmann 267 Fiche action : innovation 283
Comment pratiquement innover dans le monde des services ? 283
Enseigner et apprendre à cerveau total 268
Innovation & experts-comptables : tout est dans la tête ! 284
Entretien avec Gilles Delouche, Président de l’INALCO 269 7 bonnes raisons pour surtout ne pas innover 284
Evoluer, c’est secouer les habitudes… 269 7 raisons pour innover dès maintenant 284
Si on ne réagit pas, on se condamne à stagner… 269
Payer pour le savoir est dangereux… 270 Innovation : pour remettre de l’enthousiasme, gardez en tête… 285
Etudiant comptable d’aujourd’hui & imagination 275 L’entreprise du XXIe siècle, selon Jacques Attali 288
Collaborateur de demain ? 275
Le capital immatériel, un atout stratégique concurrentiel pour les entreprises
Et si l'on rêvait !!! 276 par Marie-Ange Andrieux 289
Quelles nouvelles missions pour la prochaine décennie ?!? 276
Vers une société de la connaissance et du savoir, le knowledge management 292
“Le client n’est pas la source de l’innovation” par Joseph Schumpeter 278 Culture entreprise : comment mettre en place une organisation apprenante
Aussi, n’attendons pas demain pour innover ! 278 et un système de knowledge management ? 292
L’aspect tactique de la gestion des connaissances 292
Entretien avec Christian de Boissieu, Professeur d’économie à l’université de Paris I 279 L’aspect stratégique de la gestion des connaissances 293
Nouvelle économie, Terre Promise de l’innovation ? 280 Capital Relationnel, Capital Immatériel 294
Internet démultiplie les capacités d’échange 280 Pistes pour réveiller votre réseau et/ou l’entretenir 294
La nouvelle économie remet en cause l’organisation des entreprises 281
Fiche action : Immatériel 295
L’innovation dans le monde des services 282
La montée du secteur des services 282 Les nouvelles utopies à inventer pour un monde en mutation 297
L’innovation 282
Spécificités de l’innovation dans les services 282 Epilogue 298
page 7
AU FIL DE
L’ACTUALITÉ
REPÈRES, CHIFFRES CLÉS
& SIGNAUX 2.0
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
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ENTREPRISE 2018
AVANT-PROPOS
Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?
N’allez surtout pas vous imaginer que cela se résume à lancer
un blog et un wiki interne, cette notion recoupe en fait des
pratiques bien plus riches et surtout engendre des mutations
qui vont au-delà de la mise en ligne de nouveaux outils…
Tout comme la révolution du web 2.0 ne repose pas sur des innovations technologiques [mais y est néanmoins
indirectement liée], l’Entreprise 2.0 regroupe un certain nombre de nouvelles pratiques de collaboration qui ne
nécessitent à priori pas d’aménagement dans un système d’information.
Une entreprise n’acquiert pas du jour au lendemain son statut "2.0". C’est un processus long et progressif dont les
premières étapes n’ont quasiment aucun impact sur le système d’information. Par contre, une fois les pratiques de L'ENTREPRISE 2.0 EN PRATIQUE
collaboration de base [blog et wiki] assimilées, l’entreprise adoptera progressivement un SI plus flexible avec une
• Fil RSS : fil d'information envoyé sur un navigateur ou
forte modularité qui permettra de mettre les collaborateurs au cœur des processus et de personnaliser la connaissance
et les outils en fonction du contexte quotidien. une application bureautique via un flux XML. Le podcast
utilise les mêmes technologies.
L’Entreprise 2.0, c’est avant tout l’école du partage et de la collaboration. Lancer un blog, un wiki ou un espace • Mash-up : c'est, à l'origine, un service sur Internet mixant
de travail en ligne sans s’assurer de l’adhésion des collaborateurs est une perte de temps et d’argent. Il va en effet plusieurs autres services disponibles sur le Web. Il peut être
falloir modifier les habitudes, méthodes et outils de travail. Le but de la manœuvre étant de faire circuler plus vite la étendu aux services en ligne ou aux applications sur serveur
bonne information à la bonne personne [c’est ce que les Américains appellent la "business-critical information"].
d'entreprise mêlant d'autres applications d'entreprise.
• Tagging : action de relier un document ou une page à une
balise sémantique. Soit, plus simplement, à des mots-clés. Très
utilisé dans les weblogs ou les outils de partage de musique.
• Vote : système destiné à mettre en avant ou non un document
dont la qualité est remarquable ou pas. En cours aussi bien
dans les lecteurs MP3 que sur les sites de démonstration de
logiciels, de services en ligne, etc.
• Wiki et blog : systèmes de gestion de contenu. Le premier
contient une gestion des versions. Le second intègre un
système de mise à jour chronologique de la page et des fonctions
comme la possibilité d'ajouter des commentaires, des rétroliens
[track back], etc.
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
reste encore bien virtuelle pour les PME comme
pour les particuliers
Deux études de l’IFOP mandatées par Risc Group mettent
en relief une faible sensibilisation des PME et du grand public
français aux enjeux liés aux nouvelles technologies.
Juin 2008
Risc Group, le Global Managed Services Provider [GMSP] européen et Panda Security, l’un des principaux fournisseurs
mondiaux de solutions de sécurité, dévoilent ensemble les résultats de deux enquêtes réalisées par l’IFOP et portant sur
la perception de l’économie numérique par les PME et les particuliers. Ces résultats forment la base du Baromètre annuel
IFOP/Risc Group : "PME et particuliers : regards croisés sur les nouvelles technologies".
Les résultats de ces enquêtes, présentés dans le détail par Frédéric Micheau, Directeur des Etudes de l’IFOP, Loïc Pequignot,
Président de Risc Group et Roberto Casetta, Vice Président Sales Europe de Panda Security, mettent en relief un
constat surprenant : les PME et le grand public français se disent peu sensibilisés aux enjeux liés aux technologies
de l’information. Même si elles sont conscientes des principaux bénéfices offerts par les technologies de l’information, "D’une part, nos enquêtes démontrent que pour les dirigeants
46 % des PME restent sceptiques quant au rôle de celles-ci dans le développement de leur chiffre d’affaires. Et trois
de PME, l’informatique est un outil indispensable, dont les
français sur quatre ignorent ce que recouvre le terme d’"économie numérique".
apports restent limités, notamment en termes de productivité.
Parallèlement, ces enquêtes ont livré d’autres enseignements majeurs : Parallèlement, les PME peinent à gérer un outil informatique
• Seulement 54 % des personnes interrogées considèrent que l’informatique permet d’augmenter le chiffre d’affaires de
trop complexe et confié à un trop grand nombre de fournisseurs
l’entreprise et 25 % s’avouent sceptiques quant à son apport dans l’accroissement de la productivité des salariés.
• Même si elles affichent leur satisfaction vis-à-vis des services fournis [90 %], les PME souhaiteraient et d’intervenants" commente Frédéric Micheau, Directeur
majoritairement [66 %] avoir affaire à un seul prestataire afin de réduire les coûts et de disposer d’un interlocuteur des études de l’IFOP.
unique capable de prendre en charge l’ensemble de leurs besoins informatiques.
• Les PME peuvent envisager de recourir à l’externalisation dans certains domaines, tels que l’actualisation des "D’autre part, les particuliers disent ignorer à peu près tota-
logiciels et applications [53 %], la sécurité [48 %], le support [42 %] et le stockage [36 %].
lement ce qu’est l’économie numérique et attendent de l’Etat
• Internet est le premier canal permettant aux PME de s’informer sur l’offre de produits et services informatiques
[46 %], suivi des mailings [42 %], puis de la presse spécialisée [27 %] et du bouche à oreille [26 %]. un engagement plus soutenu. Les français expriment de fortes
• Plus de trois quarts des personnes interrogées préfèrent acheter [76 %] les produits et services informatiques dont attentes en matière d’incitation à acquérir des équipements
l’entreprise a besoin, plutôt que de les louer [23 %]. informatiques, de développement du secteur des nouvelles
• 77 % des particuliers ignorent ce que recouvre le terme "économie numérique" et 81 % des français n’ont jamais technologies et de formation, qu’il sera essentiel de prendre en
entendu parler du Secrétariat d’Etat pour le Développement de l’Economie Numérique [pourtant créé en mars 2007, compte pour répondre aux objectifs des Assises du Numérique."
deux mois avant le lancement de l’enquête].
• Le grand public assimile principalement l’économie numérique au "commerce en ligne" [45 %] et aux "nouveaux
moyens de communication" [42 %]. La synthèse de ces deux études peut être téléchargée
• Une courte majorité de Français estime que le développement du secteur d’activité des nouvelles technologies aux adresses suivantes :
constitue un chantier prioritaire pour le Gouvernement [51 %]. [Link] [en français]
ou [Link] [en anglais].
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
croît plus vite que l’économie réelle
Selon le Digiworld Yearbook 2008, les marchés
du DigiWorld ont atteint 2.750 milliards EUR en 2007,
en progression de 5,8 % par rapport à 2006.
L’Europe et l’Amérique du Nord concentraient encore 64 % du marché du DigiWorld en valeur en 2007. En ajoutant
le Japon et la Corée du Sud ainsi que les marchés des quelques autres économies avancées de la région Pacifique
[Australie, Nouvelle-Zélande], l’ensemble représente toujours plus des trois-quarts du marché mondial en valeur.
Les pays émergents ont aujourd’hui un potentiel, en volume en particulier, beaucoup plus élevé, mais l’effet est freiné
en valeur par des niveaux d’ARPU [Average Revenue pet user] en général plus faibles que dans les marchés avancés.
Toutefois, la dynamique de l’Europe, prise dans son ensemble, n’en apparaît pas moins aujourd’hui en retrait, avec un
niveau de croissance qui est depuis plusieurs années derrière celui des autres régions, y compris de l’Amérique du
Nord, et a même creusé l’écart au cours de la période la plus récente. Le Vieux Continent a ainsi perdu 1,7 point en
termes de poids dans le DigiWorld entre 2004 et 2007.
En Asie/Pacifique, les marchés avancés [Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande] ont vu leur poids au sein
des marchés TIC de la région tomber de 56 % à 50 % au cours des trois dernières années. Le contraste est saisissant LES NOUVEAUX ENJEUX DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
entre leur dynamique, qui ne dépasse pas 3 % par an, et celle des pays émergents de la région, menés par la Chine
et l’Inde, aux alentours de 10 % par an. • Accélération de la croissance des débits, tant pour les communications
fixes que mobiles.
En termes de contribution à la croissance, le poids de chaque grande région est toutefois plus équilibré. Si les pays • Explosion des nouveaux modes d’utilisation de l’Internet rassemblés
émergents d’Asie assurent un quart de la croissance mondiale et les autres régions émergentes environ 20 %, tout sous l’ombrelle Web 2.0.
comme l’Europe, l’Amérique du Nord reste le premier contributeur, avec près de 30 %.
• Désagrégation des chaînes de valeur reliant les consommateurs
aux fournisseurs d’équipements, de services et de contenus...
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
INTERNET,
ça paie !
En 2007, les ventes en ligne ont progressé de 35 %,
selon l’étude publiée par la Fevad et le Secrétariat
d’État chargé des entreprises et du commerce extérieur.
Et l’on prévoit une croissance de 30 % en 2008.
Alexander von Schirmeister, président d’eBay France : “L’achat sur Internet est désormais ancré dans les mœurs
françaises : tous les âges et catégories sociales sont concernés. Au total, près de 15.000 Français disent gagner
leur vie, totalement ou partiellement, en vendant sur eBay. Parmi eux, un nombre croissant de TPE-PME : on
assiste à un vrai phénomène d’entreprenariat, tous secteurs confondus…".
A côté d’exemples traditionnels, comme le foie gras ou les vins, viennent s’ajouter des fabricants ou distributeurs LA CONFIANCE, UN SENTIMENT SI CHER ...
d’accessoires auto ou moto, de vêtements et même de designers. Du coup, eBay devient un observatoire de
tendances économiques. Selon une étude récente [[Link]
php?i=etude_ecommerce], une part non négligeable de
Pour soutenir les Net Entrepreneurs, Alexander von Schirmeister a créé l’association "Renaissance numérique" qui consommateurs est prête à payer plus cher sur un site de
réunit des universitaires et de grands acteurs du Web.
confiance :
"Pour une TPE-PME qui hésite à ouvrir un site marchand, la solution eBay apporte ses 10 millions de visiteurs 26 % des personnes interrogées seraient prêtes à payer 5 %
uniques avec des frais d’insertion très bas. Une solution à considérer également en phase de lancement lorsqu’on plus cher sur un site dans lequel elles auraient confiance. Ce
veut tester la réaction du marché à un nouveau produit". type d’information, en fonction de la clientèle ciblée, peut
justifier certains investissements, notamment en matière de
refonte de site Web.
ENTREPRISE 2018
LE POIDS
DU CAPITAL IMMATÉRIEL
s’accroît dans les grandes entreprises :
La valeur des entreprises françaises est immatérielle
à plus de 60 %
L’économie devient massivement immatérielle et la valeur
des entreprises cotées s’éloigne de plus en plus de leur valeur
comptable. Aujourd’hui, seule une part marginale de cette
valeur immatérielle est reconnue dans les comptes
de l’entreprise.
Selon une étude récente d’Ernst & Young*, la valeur des entreprises européennes est aujourd’hui immatérielle à
plus de 60 % et seulement 36 % du capital immatériel est inscrit au bilan. Les actifs immatériels représentent donc
un véritable enjeu, notamment pour la valorisation des entreprises.
Pour la deuxième année consécutive, malgré les turbulences du marché, le capital immatériel est la première
richesse des entreprises européennes.
Pour 78 % des entreprises interrogées, tous secteurs confondus, la part de l’immatériel représente en moyenne
plus de la moitié de leur valeur [contre 70 % en 2006].
Dans 15 des 18 secteurs d’activité analysés, le capital immatériel est la première richesse des entreprises. Sa part
dans la valeur globale dépasse celle de l’ensemble des actifs corporels
L’OBSERVATOIRE DE L’IMMATÉRIEL DÉNOMBRE
Pour 7 secteurs d’activité [contre 6, l’année précédente] la valeur du capital immatériel est même supérieure à 9 ACTIFS IMMATÉRIELS
80 % : Tabac, Luxe & Alcool, Produits de Consommation, Services aux entreprises, Media et Voyages, Pharmacie et
Constructions. Capital Client,
Capital Humain,
L’étude montre que la part du capital immatériel dans la valeur des entreprises a augmenté de 3 % et cette augmentation Capital Organisationnel,
découle d’une tendance globale de l’ensemble des secteurs. Cependant, les secteurs dont la part d’actifs immatériels Capital Système d’information,
marque la plus forte croissance sont l’Energie [+9 %], la Construction [+8 %], la Chimie [+8 %], et la Construction
& Matériaux [+8 %]
Capital Marques,
Capital Technologique,
Avec 3500 milliards d’euros et pour la deuxième année consécutive, la valeur cumulée des actifs immatériels des Capital Actionnaire,
cent premières entreprises européennes analysées est supérieure au PIB de la France. Capital Partenaire.
À partir de 2008, le capital Développement Durable et sociétal
* 2ème édition du baromètre des actifs immatériels dans la valeur des 100 entreprises les est également pris en compte.
plus importantes en Europe - publié le 23 janvier 2008
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
On DÉMATÉRIALISE
tout !
Plus qu’une évolution technologique, c’est une révolution,
puisque depuis l’Antiquité, l’essentiel du commerce, de la
science, de la culture et des préceptes légaux ou spirituels
reposent sur l’écrit et ses différents supports.
La dématérialisation, c’est le remplacement du support papier par un fichier informatique à l’occasion de l’échange
ou de la conservation des informations. Elle apporte au moins deux fonctionnalités nouvelles, liées à l’entrée des
documents dans le système d’information :
• L’optimisation des flux de documents avec les applications de workflow,
• Le partage de l’information, spécialement avec les applications GED.
La loi du 13 mars 2000 [JO du 31 mars 2001] pose le principe [très théorique...] de l’indépendance entre le document
écrit et son support technique. Ces dispositions sont conformes à l’esprit des directives européennes, mais se sont
révélées peu applicables en l’absence de directives précises ainsi que d’une jurisprudence effective.
En droit commercial, la preuve est libre. C’est-à-dire qu’il revient au juge d’apprécier l’authenticité du document
qui est produit. Il peut donc s’agir d’un e-mail, d’une image numérisée ou d’un PDF d’un document. Dès lors, un
document électronique peut avoir la même valeur de preuve qu’un document papier.
La loi a également reconnu la validité juridique de la signature électronique au même titre que la signature manuscrite.
Le décret du 30 mars 2001 pris en application de cette loi détermine les conditions pour que des procédés de
signature électronique puissent être considérés comme fiables, notamment le recours à des prestataires de services
de certification qui délivreront des certificats de signature électronique après avoir vérifié l’identité des demandeurs
[ces prestataires utilisent des systèmes de cryptographie à clés asymétriques, ou PKI].
Enfin, l’archivage légal a pour vocation la conservation des documents dans des conditions qui permettent de les
réutiliser avec une valeur de preuve [c’est-à-dire qu’ils doivent rester probants en cas de litige et de passage devant
un juge]. INTÉRÊT DE LA DÉMATÉRIALISATION
• accélération des flux
• diminution des coûts de traitements
• diminution des frais d’envoi
• suppression d’une grande partie des surfaces de stockage
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
LES BUREAUX VIRTUELS,
nouveaux piliers du travail
collaboratif 2.0
Dopés au partage de documents et à la bureautique
en ligne à la sauce Ajax, les bureaux virtuels s’affranchissent
des contraintes techniques et envahissent les entreprises.
L’offensive ne fait que commencer.
Entré dans la danse en 2006, Google aura impulsé un nouvel élan à un segment de marché qui a pris le temps de
surmonter un certain nombre de contraintes techniques et sécuritaires, se présentant comme de véritables freins
à l’adoption.
Le premier atout des solutions de bureaux virtuels en mode Web est lié à leur mode collaboratif qui permet de
travailler sur un même document de façon simultanée et de se libérer de son poste de travail, tout en ayant une
capacité de stockage confortable.
Du partage de documents aux listes de contacts, en passant par la messagerie instantanée et les espaces de
blogs/wikis ou la gestion des flux RSS, les bureaux virtuels en ligne sont d’abord appréciés pour leur bon rapport
services rendus/coûts.
Disponibles en mode SaaS, les bureaux virtuels collaboratifs sont appréciés tant pour leur compatibilité avec les
postes de travail que pour l’intuitivité de leurs interfaces. Et ce, bien que leur manque de capacité d’intégration au
SI puisse apparaître comme une faiblesse.
Certains acteurs, à l’image de Google ou de Nectil, permettent toutefois de contourner cette limite en proposant
des interfaces de programmation ad hoc permettant d’assurer ces précieuses interconnexions. Avec, par exemple
dans le cas de Nectil, la mise à disposition d’un framework de développement complet, incluant toutes les routines
"On se dirige davantage vers une complémentarité entre les
de programmation nécessaires pour interfacer le bureau virtuel avec ses infrastructures applicatives tierces [ERP,
centre d’appels...]. bureaux virtuels et les environnements collaboratifs existants,
tout du moins pour les entreprises qui en sont déjà équipées.
En revanche, pour celles qui n’en sont pas dotées, les bureaux
virtuels peuvent constituer un premier choix qui tend à se
généraliser notamment au sein des petites structures et des
PME" - François Dispaux, PDG de Nectil.
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ECONOMIE 2.0
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ENTREPRISE 2018
LES GRANDES
ENTREPRISES
françaises se mettent à la ToIP
La téléphonie sur IP [ToIP], solution technique permettant de gérer
des communications en IP [Internet] jusqu’au poste téléphonique de
l’utilisateur, s’installe progressivement mais résolument dans le paysage des
télécommunications d’entreprises en France.
Selon une enquête du Groupe SoluCom, 89 % des entreprises de plus de 200 salariés considèrent que la téléphonie sur IP est une évolution
inéluctable. Certaines sont déjà passées à l’action : 23 % des moyennes et grandes entreprises interrogées déclarent avoir déployé aujourd’hui au
moins un site en ToIP [ce pourcentage devrait passer à 31 % en 2008], et 17 % affirment qu’une telle solution est déjà implémentée ou en phase
d’implémentation.
Celles qui ne sont pas encore passées à l’action envisagent de le faire rapidement : 50 % des moyennes et grandes entreprises déclarent avoir
lancé une étude ou une expérimentation pilote de cette technologie, et 26 % pensent équiper plus de la moitié de leurs postes téléphoniques en
IP d’ici 2008. Ce volontarisme s’accompagne d’un grand optimisme puisque 75 % des entreprises françaises de plus de 200 salariés pensent
terminer l’essentiel du déploiement d’ici 2010.
Certains secteurs sont plus avancés en matière de ToIP, aux premiers rangs desquels l’industrie, le transport et les services.
La sécurité est une préoccupation, mais pas un frein incontournable, ni déterminant par rapport aux autres freins identifiés à l’adoption de la ToIP,
notamment la complexité technique et organisationnelle inhérente à ces solutions technologiques [30 % des entreprises interrogées jugent ce
paramètre freinant], la dégradation possible de la qualité sonore [26 %], ou l’attente de meilleures solutions technologiques et commerciales [24 %].
Le premier, et principal moteur qui pousse les moyennes et grandes entreprises à basculer vers la téléphonie sur IP est la recherche d’économies, pour
près des trois quarts des entreprises de plus de 200 salariés interrogées. 48 % en attendent des économies supérieures à 10 % de leur budget de
téléphonie actuel. 40 % des entreprises sont d’ailleurs prêtes à accepter une légère dégradation de leur disponibilité si cela leur permet de générer
des économies complémentaires. Le deuxième critère d’adoption cité est l’arrivée en fin de cycle des équipements existants et la nécessité de les
renouveler.
Enfin, l’étude montre que la taille de l’entreprise, ainsi que sa dimension internationale, joue un rôle moteur sur la dynamique ToIP. Ainsi, entreprises
qui ont une forte implantation à l’international sont globalement plus avancées. En revanche, la ToIP est encore très peu implantée dans les petites
entreprises françaises [à peine 11 %].
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ENTREPRISE 2018
DES INVESTISSEMENTS
publicitaires en ligne florissants
en 2007
En atteignant 2,76 milliards d’euros en 2007, les investissements publicitaires en ligne ont progressé
de 34,5 % en un an. Internet devient le quatrième média du marché publicitaire, devant l’affichage.
18/02/2008
L’Interactive Advertising Bureau [IAB] et le Syndicat des Régies Internet [SRI] viennent de présenter les résultats
de l’étude des investissements publicitaires sur Internet en 2007, menée par TNS Media Intelligence. Et ils sont
parlants. Le média Internet confirme dans la durée, et sur des bases solides, sa présence de plus en plus importante LA VPC INVESTIT 56 % DE PLUS EN 2007
dans les investissements plurimédias. Quelques chiffres éloquents. Le Web aura drainé, sur les seuls formats “display”
[le Search Marketing n’entrant pas dans le cadre de l’étude], pas moins de 2,76 milliards d’investissements en Et cette croissance s’inscrit solidement dans le paysage des
ligne, en progression de 34,5 % sur une année.
investissements publicitaires. D’une part, parce que le nombre
Internet est ainsi le seul média à enregistrer une croissance à deux chiffres. Comme le souligne Éric Trousset, directeur d’annonceurs en ligne progresse fortement. En effet, selon
marketing du pôle Investissements publicitaires de TNS Media Intelligence, "le marché publicitaire global a atteint l’étude menée par TNS Media Intelligence, le Web compte
23 milliards d’euros en 2007, soit une progression de 6,2 % par rapport à l’année dernière, dont trois points de 56 % d’annonceurs supplémentaires en un an. Ils étaient
croissance proviennent d’Internet". 3 339 en 2007, dont 1 815 nouveaux annonceurs. Autre
fait marquant : 38 % de ces nouveaux annonceurs sont des
En comparant la croissance du Net à celle des autres médias, Internet passe en valeur brute devant la publicité
extérieure, atteignant une part de marché en valeur brute de 12 %, soit une croissance de 2,5 points par rapport à annonceurs exclusifs qui ne communiquent que sur le Web.
2006. "À l’horizon 2008 ou 2009, le Web pourrait passer devant la radio", souligne, à la lecture de ces résultats, Enfin, parmi les secteurs communiquant le plus en ligne, on
Éric Trousset retrouve les Télécommunications, le Voyage/Tourisme, la
Finance et la Distribution. Cette dernière enregistre d’ailleurs
une progression de 51 % avec 275 millions d’euros investis
sur le Web. Soit une part de voix de 10 % pour l’Internet.
Au sein de ce secteur, "la Distribution généraliste progresse
de 37,5 %, la Distribution spécialisée de 93,4 % et la VPC de
56 % ", souligne Corinne In Albon, responsable du marketing
opérationnel de TNS Media Intelligence.
Quant à la palme du plus gros annonceur du Web, elle revient
à eBay qui aura dépensé pour ses publicités en ligne la modique
somme de 77,7 millions d’euros en 2007.
Dans le secteur de la Distribution, c’est La Redoute qui
arrive en tête [42 millions d’euros investis], suivie de CDiscount
[40 millions d’euros] et d’Alapage [30,7 millions d’euros].
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ETUDE DE CONJONCTURE
des PME-PMI 2006-2007 par BNP Paribas Lease Group : les
technologies de l’information et de la communication [TIC]
18 janvier 2007 dans les PME françaises.
BNP Paribas Lease Group [BPLG], numéro 1 français et leader européen du financement de biens d’équipement professionnels
par crédit-bail ou location financière, publie aujourd’hui les résultats de son enquête de conjoncture annuelle, réalisée
auprès de près de 90 000 PME-PMI françaises de 6 à 200 salariés. Les résultats présentés sont obtenus à partir des 3 500 Internet :
premières réponses. Tous les secteurs d’activité marchands sont concernés à l’exclusion de l’agriculture. Bilan 2006 et
perspectives 2007 sont étudiés au travers d’indicateurs d’activité, de rentabilité, d’investissement et d’emploi.
une technologie
Communiqué de presse mieux maitrisée
Plus de 9 PME françaises sur 10 sont désormais dotées d’une connexion à Internet :
En 2006, les investissements en TIC ont été dans l’ensemble moins prioritaires aux yeux des patrons de PME de 6 à 200 6,7 % ne sont pas connectées. Les PME utilisent de plus en plus les fonctionnalités
salariés et 2007 devrait s’inscrire dans la même tendance. Ils ont privilégié l’acquisition d’ordinateurs portables. L’équipement offertes par Internet : 98 % consultent le courrier électronique, 94 % l’utilisent pour
en téléphonie fixe a moins progressé que les années précédentes. La téléphonie mobile de type "Smartphone" est peu échanger avec leurs clients et fournisseurs, et 88 % d’entre elles consultent leur
employée. L’utilisation d’Internet progresse désormais à un rythme faible. Plus de 9 PME françaises sur 10, sont équipées compte bancaire par Internet.
en haut débit, mais la création de site stagne et la vente via Internet n’a que peu progressé. Ces usages sont portés par une forte pénétration du haut débit, qui atteint, toutes
zones géographiques confondues, plus de 80 %, pour une moyenne nationale de
Investissement : pause en 2006 et légère progression pour 2007 91 %. Quant au Wi-Fi, il est utilisé par 19 % des PME.
Comme prévu fin 2005, 2006 a marqué un léger ralentissement de l’investissement dans les Technologies de l’Information Les PME françaises n’ont cependant pas rattrapé leur retard en matière de site internet.
et de la Communication [TIC] : 62 % des patrons déclarent avoir investi dans les TIC contre 66 % en 2005. Le nombre La proportion de patrons déclarant en posséder un est passée de 52 % à 54 % en
moyen d’ordinateurs achetés ou loués par les PME en 2006 suit cette tendance, il passe de 3,6 en 2005 à 2,4 en 2006. quatre ans. Ce taux est proportionnel à la taille de l’entreprise. La présence d’un site
La proportion d’ordinateurs portables dans les achats des PME ne cesse de progresser : est plus fréquente dans les Services [66 %] et le Commerce de gros [61 %] que dans
64 % en 2006 vs. 52 % en 2005. Les secteurs les plus représentatifs de cette dynamique sont ceux qui étaient traditionnellement le Transport [33 %].
sous-équipés, tels le BTP et le Transport. Une tendance qui devrait se confirmer : 87 % des intentions d’achats d’ordinateurs La vocation du site Internet est de plus en plus commerciale. En effet, si la part des
pour 2007 portent sur des portables. patrons estimant qu’il sert uniquement la notoriété de l’entreprise est toujours la plus
En 2007, les patrons de PME envisagent de privilégier les investissements productifs, au détriment des TIC. Ils ne sont en importante, elle a diminué par rapport à 2005 [59 % contre 67 %]. Ils sont tout
effet que 46 % à déclarer vouloir investir dans les TIC dans le courant de l’année. aussi nombreux à l’utiliser pour procurer des services à leurs clients [59 %] et pour
recueillir des commandes, des réservations et des demandes de devis [42 %]. Ces
Téléphonie mobile et fixe : des évolutions technologiques à intégrer applications commerciales progresse chaque année davantage.
Plus de 17 % des PME envisagent de renouveler leur matériel de téléphonie fixe. Le choix technologique plonge 61 % des Si la vente par Internet est déclarée en hausse par 55 % des patrons concernés, ils
dirigeants dans la perplexité. Parmi ceux qui se sont décidés, 57 % optent pour la VoIP [Voice over Internet Protocol]. sont, comme l’an dernier, 42 % possédant un site, à effectuer des ventes directement
Environ 23 % des salariés sont équipés en téléphone mobile. Selon les secteurs, cette proportion varie, de 13 % pour ou indirectement via Internet. En moyenne, les PME concernées réalisent 8 % de leur
l’Industrie à 57 % des salariés dans le Transport. Seuls 2,4 % des salariés sont équipés de Smartphone, technologie chiffre d’affaires via Internet. Ce taux atteint 23 % pour les Cafés, hôtels, restaurants
mobile qui n’a pas encore percé et qui ne devrait pas dépasser un taux d’équipement de 2,6 % en 2007. et 22 % pour les Services liés à l’immobilier.
*Les indicateurs utilisés dans cette enquête sont des soldes de réponses exprimant une opinion opposée. Exemple : si pour 37% des entreprises le volume d’affaires a été en hausse en 2006 par rapport à 2005 et pour 22% en
baisse, l’indicateur de volume d’affaires sera de : 37 – 22 = +15*. Un indicateur positif exprime une amélioration sur l’année précédente, un indicateur négatif une dégradation. BNP Paribas Lease Group/janvier 2006 - Reproduction
presse autorisée sous réserve de la mention "Source BNP Paribas Lease Group". Plus d’informations : [Link]
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ENTREPRISE 2018
LA CRÉATION D’EMPLOIS
dans le commerce électronique devrait
progresser de 12 % en 2008
La Fédération du e-commerce et de la vente à distance [Fevad]
et l’institut Benchmark Group viennent de publier une étude
qui révèle que les effectifs du e-commerce ont progressé de
21 % en 2007.
La croissance des ventes en ligne [+34 % en 2007 selon la Fevad], portée par la forte progression du nombre
d’acheteurs et l’arrivée de nouveaux acteurs dans la vente en ligne, a permis de maintenir la création d’emploi dans
le secteur à un rythme soutenu.
Le commerce électronique occupe plus de 20 000 emplois directs, hors intérimaires et commerçants indépendants et
hors emplois indirects. Au total, on peut considérer que la vente à distance et le commerce électronique représentent
aujourd’hui plus de 80 000 emplois directs et induits.
Entre 2004 et 2006, le marché de l’emploi dans le commerce électronique a fortement bénéficié de la politique
de recrutement des sites Internet spécialistes de la vente en ligne ["pure-players"], engagés dans une stratégie de
conquête offensive des parts de marché.
Aujourd’hui, ces sites continuent de jouer un rôle moteur dans la création d’emploi. Toutefois, l’étude montre que
c’est chez les nouveaux acteurs [enseignes de la grande distribution, marques] que les effectifs augmentent le plus
vite depuis 2007.
Les créations d’emplois devraient se poursuivre au cours des deux prochaines années. Selon l’étude, l’emploi
devrait progresser de 12 % en 2008, et 10 % en 2009.
En moyenne, on estime que sur la période 2006-2009, chaque point de croissance dans le e-commerce se traduit
par un 1/2 point de croissance dans l’emploi.
Ce sont les PME dont le chiffre d’affaires e-commerce est compris
entre 100 et 500 millions d’euros qui ont le plus recruté depuis 2000.
Dans cette tranche, figurent notamment les leaders du e-commerce dont
les effectifs ont suivi l’envolée de leur chiffre d’affaires. On retrouve
ainsi des pure-players du voyage ou encore des distributeurs de produits
high-tech ou de biens culturels.
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UN NOUVEAU DÉFI
pour les utilisateurs du web 2.0 :
Gérer leur identité numérique !
Avec la prolifération des blogs et wikis, la multiplication
des réseaux sociaux et l’explosion du trafic sur les
plates-formes d’échanges, les contenus générés par les
utilisateurs prennent une place toujours plus importante
dans la consommation quotidienne de l’Internet.
Tous ces contenus laissent des traces sur les sites qui les hébergent et dans les index des moteurs de recherche ;
ils sont également systématiquement rattachés à un auteur. De plus, la notoriété numérique des individus ainsi que
sa valorisation va rapidement amener les internautes à se soucier de leur identité numérique.
L’identité numérique d’un individu est composée de données formelles [coordonnées, certificats…] et informelles
[commentaires, notes, billets, photos…]. Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus
globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage et ses habitudes. Ces petits bouts d’identité
fonctionnent comme des gènes : ils composent l’ADN numérique d’un individu.
DE QUOI SE COMPOSE L’ADN NUMÉRIQUE
Gérer son identité numérique veut dire surveiller l’utilisation de chacune de ces bribes d’information ; cette tâche
D’UN INDIVIDU ?
est complexe, surtout pour un individu qui souhaite exploiter l’Internet comme une vitrine. Nous allons donc
progressivement devoir acquérir une vision à 360° de toutes les traces que nous laissons au quotidien de manière
• Les coordonnées
à maîtriser l’image que nous donnons de nous-mêmes. Les occasions de laisser des traces sont en effet de plus en
plus nombreuses et les moteurs de recherche conservent chacune de ces traces pendant de nombreuses années. • Les certificats
• Les contenus publiés ou partagés
Voilà donc quel sera le prochain défi à relever pour les utilisateurs de l’Internet : prendre toutes les précautions • Les avis sur des produits
nécessaires pour ne pas ternir l’image d’eux-mêmes qu’ils sont progressivement en train de construire. • Les hobbies
• Les achats réalisés
• La connaissance
• Les portails et réseaux sociaux
• Les services qui gèrent la notoriété d’un individu
et sa réputation
• Les services de rencontre
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La “RADIO FREQUENCY
IDENTIFICATION” [IFRD]
Cette technologie permet d’identifier un objet, d’en suivre
le cheminement et d’en connaître les caractéristiques à
distance, grâce à une étiquette émettant des ondes radio,
attachée ou incorporée à l’objet. La technologie RFID permet
la lecture des étiquettes même sans ligne de vue directe
et peut traverser de fines couches de matériaux [peinture,
neige, etc.].
L’étiquette radiofréquence [transpondeur, étiquette RFID], est composée d’une puce [en anglais "chip"] reliée à une
antenne, encapsulée dans un support [RFID Tag ou RFID Label]. Elle est lue par un lecteur qui capte et transmet
l’information.
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LES FRANÇAIS
plébiscitent les TIC
Les résultats de son enquête européenne sur : "Les Modes de Consommation des Services Internet Haut Débit" réalisée par Juniper Networks en avril
2008 dévoilent qu’une majorité de Français considère que les services offerts par le web font partie des moyens de communication les plus importants
L’enquête indique également que les consommateurs privilégient de plus en plus Internet pour un éventail toujours plus large de services de divertissement,
d’information et de communication, au-delà des e-mails basiques et au détriment de modes de communication traditionnels. Ce constat met en relief
une importante opportunité pour les fournisseurs d’accès, qui peuvent capitaliser sur leurs réseaux pour accroître leurs revenus – l’infrastructure hautes
performances étant à la base de la qualité de service, elle-même favorisant la création d’éléments de différentiation et la fidélisation des clients.
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SERVICES
collaboratifs webdeux
Blogs, wikis, flux RSS, tags : autant de technologies qui
se démocratisent. Objectif, dynamiser la mise en production
d’applications et de services innovants
Les applications professionnelles sont de plus en plus collaboratives : partage des connaissances, bases de
capitalisation partagées par toutes les structures, usines ou implantations du groupe et nouvelle visibilité entre
périmètres métiers variés. Le recoupement et la réutilisation des informations sont de plus en plus intégrés.
Pour l’entreprise, il s’agit bien sûr de gains importants, rejaillissant directement sur la qualité de service, les
délais et les coûts. L’enjeu pour elle n’est plus de canaliser les pratiques informationnelles sur des outils officiels.
Désormais, elle doit fournir les outils permettant l’expression de ces pratiques et faciliter ainsi la construction de
l’intelligence collective.
Et les exemples ne manquent pas. Sur les produits industriels, par exemple, la capitalisation des connaissances entre
techniciens pour la détection de pannes et leur réparation prend tout son sens. La mutualisation des connaissances
techniques et le partage d’expériences sont tout à l’avantage de l’entreprise et participent à la qualité de service
globale.
AUTRES SERVICES WEB 2.0 UTILISÉS EN ENTREPRISE :
Les services Web 2.0 les plus utilisés en entreprise sont avant tout les blogs. C’est l’aspect participatif du Web 2.0
avec l’accès également à des flux RSS. Chez Ortronics [500 personnes], une filiale du groupe Legrand, on utilise Les réseaux sociaux en ligne comme LinkedIn, OpenBC,
la solution BlueKiwi dans un contexte d’échanges à l’international. Idem au sein du groupe Danone, avec le projet Viaduc [devenu Viadeo] ou 6nergies. Ils ont la faveur des TPE
"Danone blogs" qui permet d’organiser et d’animer les réflexions stratégiques en prolongeant les discussions. Ou
et des PME qui s’en servent pour trouver des projets, des
encore au sein de la direction commerciale de Dassault où le web 2.0 par l’intermédiaire de blogs permet d’animer
une force de vente de 180 personnes en partageant les expériences et en valorisant les bonnes idées. fournisseurs ou prospecter des clients. De même, les internautes
peuvent y trouver du travail ou développer leurs réseaux
professionnels.
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INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
L’INNOVATION
ouverte ou “crowdsourcing”
Utiliser le gisement de "cerveaux" qu’offre l’Internet pour
résoudre des problèmes scientifiques et techniques. L’idée fait
son chemin dans le monde industriel…
Pour beaucoup d’entreprises, l’Internet est devenue un média stratégique. Au-delà de l’affichage d’une ligne de
développement et de produits commercialisés ou dans les "pipelines", pour lequel le net est surtout un amplificateur
de la communication classique d’entreprise, se trament en coulisses toute une série de développements destinés à
stimuler l’innovation des entreprises grâce aux ressources externes offertes par les réseaux et les "communautés"
Internet.
Innover, aujourd’hui, demande non seulement d’avoir des idées et des capacités internes de développement mais
aussi d’exploiter les compétences externes à l’entreprise, dans une logique donnant/donnant, afin de répondre au
mieux aux attentes des consommateurs.
Cette nouvelle approche contraste clairement avec le modèle classique de R&D monolithique, dans lequel
l'innovation relève de la responsabilité d'un nombre relativement restreint de centres de recherche ou d'universités.
Au contraire, l'"innovation ouverte" décrit des business models cherchant à compléter les processus d'innovation
internes par des ressources externes. UN MARCHÉ MONDIAL DE L'INNOVATION A ÉMERGÉ
L’industrie pharmaceutique externalise ainsi bon nombre de recherches par des contrats avec des sociétés de
L'innovation se banalise et peut être achetée, vendue, prêtée,
biotechnologies. Par ailleurs, des prestataires de services se sont positionnés sur le marché de l’"innovation
ouverte" [open innovation], un terme proposé en 2003 par Henry Chesbrough, du Center for Open Innovation de concédée sous licence, protégée et réinvestie. Dans ce modèle
Berkeley, aujourd’hui repris sous l’expression "crowdsourcing" [littéralement "approvisionnement chez monsieur ouvert, les entreprises s'appuient sur des ressources externes et
tout le monde"], terme avancé en 2006 pour distinguer ce processus de l’externalisation [outsourcing]. des bonnes pratiques pour améliorer leurs capacités d'innovation
et bénéficier de retours sur investissement globaux plus
importants.
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
INNOVATION
page 24
ENTREPRISE 2018
UNE SUCCESS-STORY
sur le marché du dépannage
informatique
La société DEPANORDI, entreprise spécialisée dans le dépannage
informatique à domicile, a été créée en 2004 avec 3 salariés.
Fin 2008, elle comptera 15 agences et une trentaine d’emplois.
En mai, la société a effectué une seconde augmentation de capital, passant ainsi de 158 000 à 258 000 €. Cette
opération a pour but de consolider les acquis et de passer à la vitesse supérieure en se donnant les moyens de
gérer jusqu’à 35 agences depuis le siège marseillais.
Dans le cadre de son développement national, Dépanordi accélère le déploiement de son réseau de franchises et • 2004 : Début d’activité
travaille sur la consolidation de ses partenariats - Le Neuf, SFR, La Poste, Orange, Carrefour. De nombreux FAI • 2006 : 1 agence, 3 salariés
modifient leur politique de service après-vente pour se tourner vers des sociétés comme Dépanordi, afin de rassurer • Février 2007 : Obtention de l’agrément des services à
leurs clients en leur faisant bénéficier d’un service de proximité ayant pignon sur rue, uniforme et de qualité. Ces la personne
nouveaux prescripteurs participent à l’essor de Dépanordi sur le plan national.
• Mai 2008 : 5 agences et 15 créations d’emploi
En parallèle, la société met en place sa stratégie de croissance externe. • Second semestre 2008 : 10 ouvertures supplémentaires
La notoriété montante de la marque attire de nombreuses petites PME isolées désireuses d’intégrer le réseau en + 15 nouveaux emplois
apportant leur portefeuille clients existant. Une belle opportunité pour Dépanordi qui entend devenir le leader • Salaire moyen d’un technicien : 1500 € [20 % supérieur
national du dépannage informatique à domicile en 2009. à la concurrence]
ENTREPRISE 2018
GLAIZER,
le coach de l’innovation
Agence en Innovation, spécialisée en stratégie d’accompagnement
d’entreprises innovantes, Glaizer group est un cas unique
dans son secteur. En quatre ans, la société a développé une
expertise multidisciplinaire pour monter des projets en
gestation et s’est ouvert les portes du marché international.
Steeve Augoula, d’origine gabonaise, a 37 ans. Après une formation supérieure en mathématiques [une thèse sur
la combustion du carburant de la fusée Ariane 5 …], il lance son entreprise en 2003 sur une intuition : l’innovation
allait devenir l’enjeu majeur pour les entreprises des pays occidentaux. Aujourd’hui, Glaizer fait valoir un taux de
croissance à 3 chiffres et un chiffre d’affaires multiplié par 12 en quelques mois.
La société Glaizer est spécialisée dans l’accompagnement de projets d’innovation : intelligence économique, intelligence
compétitive, stratégie innovante, guerre économique, droit commercial, recherche appliquée et résolution de
problèmes…
Glaizer Group peut se targuer d’être l’une des rares entreprises françaises à pouvoir offrir à des clients sans structure ni
fonds propres, mais dotés d’un concept innovant, l’opportunité de monter un projet commercial viable et performant.
• Création de Glaizer Group en 2003
En maîtrisant tous les aspects sur lancement d’une innovation, Glaizer en réduit les risques d’échec. C’est
• Début 2006, premières embauches
pourquoi, cette Agence en Innovation fonctionne sur un management fluide entre des profils très hétérogènes qui
• 2008 : 30 salariés [taille critique évaluée à 50 salariés]
maximisent leur complémentarité et renforcent ainsi l’efficacité de l’entreprise.
• 95 % des clients sont des TPE/PME porteurs de projets sans
Deux régions, l’Alsace-Lorraine et le Poitou-Charentes, sont partenaires pour développer sur leur territoire des structure préalable
générateurs pilotés par Glaizer.
Dernier chantier en date : l’international où, là aussi, les perspectives sont plus qu’attractives. Israël et le Maroc
s’intéresseraient de près aux expertises multiples de Glaizer.
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INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
L’ÉCOLOGIE
économise et conquiert
Installée à Lille l'entreprise Méo [30 millions de CA, 8 salariés] torréfie et commercialise des cafés haut de gamme
dont 30 % labellisés commerce équitable Max Havelaar. Après avoir employé en stage pendant 14 semaines une
ingénieure stagiaire de l'Esiec de Reims [financée à 50 % par Eco-emballage], elle a mis en place une action
d'optimisation de ses emballages qui lui a permis d'économiser 11 tonnes de polyéthylène, 20.000 caisses de
carton, 167 palettes et... 5 camions par an soit 7,5 tonnes de CO2 épargnés.
Résultat : 30.000 euros d'économies de matières, réduction de la contribution à éco-emballage, mais surtout, selon
Gérard Meauxsonne, président du directoire, un formidable bénéfice d'image d'entreprise "écocitoyenne".
e
10 TROPHÉES
INPI
Les dixièmes trophées INPI de l'innovation ont récompensé quatre PME et un laboratoire dans des domaines très
divers : Cousin Biotech [Nord, spécialisée dans les implants médicaux et chirurgicaux à base de textiles techniques,
Tordo Begrano [Alpes Maritimes] qui conçoit des ferrures métalliques et composites, Parrot [Paris] leader mondial
des équipements bluetooth de téléphone main libre pour l'automobile, Nuxe [pari, produits de beauté innovants
à base de plantes traditionnelles] et le laboratoire de recherche Celia [Bordeaux] spécialisé dans les lasers haute
intensité et haute densité d'énergie.
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
PENSER
autrement
Pour favoriser l'innovation, il faut, "penser autrement". L'innovation managériale constitue une "source incomparable
de compétitivité qui vient approvisionner le moteur de la croissance. Bien plus que les produits et les technologies",
explique Gary Hamel consultant et professeur à la London Business School. Une étude du cabinet Oliver Wyman
Delta Organization & Leadership en partenariat avec The Economist Intelligence Unit montre que parmi les 35 %
de grands groupes qui parviennent à susciter l'innovation comme L'Oréal, IBM, Cisco, etc.], toutes ont à leur tête
un dirigeant qui a délibérément su créer un environnement propice à la nouveauté et les eux tiers ont mis en place
un système d'encouragement des salariés à apporter leurs idées.
Autres pistes favorisant l'innovation : l'ouverture aux propositions des clients ou d'autres sources transversales ou
collaborations extérieures, des recrutements "inédits", la création d'espaces de collaboration, la valorisation et la
récompense des initiatives.
CHEZ GOOGLE LES CLÉS DE CETTE CULTURE C’EST…
1. Les idées viennent de partout : Google attend que tout le
monde innove, même le département comptabilité.
2. Partagez tout ce que vous pouvez: toutes les idées, tout les
inside
favorisent l'intelligence sur l'expérience.
4. Aménager du temps pour la créativité : les employés disposent
de 1 jours par semaine pour développer leurs idées. La plupart
des idées de Google viennent de ces 20 % de temps.
Une entreprise "Innovation Inside" considère le management de l’innovation stratégique pour son avenir, aussi, 5. Se lancer plutôt qu'attendre la perfection : Google lance
met-elle en place une culture spécifique : pluridisciplinarité [ingénieur et artistes en même temps par exemple], souvent et très tôt ses nouveautés en beta.
transversalité, créativité, intérêt pour les consommateurs [centrés utilisateurs], ouverture d'esprit, polyvalence, etc. 6. Utiliser des chiffres plutôt que des appréciations : décourager
Son organisation est sous tension, tous les jours, afin de stimuler la recherche permanente de concepts novateurs. Elle l'emploi du 'j'aime pas" et privilégier des metrics.
s’appuie pour cela sur un management où l’on développe une culture d’intrapreneuriat, où l’on généralise l’utilisation
7. La créativité adore les restrictions : donner une vision à suivre,
des techniques de résolutions des problèmes, où l’on brainstorme [tempête dans le cerveau]...les salariés sont
ainsi associés de façon plus intensive en vue de générer encore plus de valeur pour l’entreprise.
des règles pour y arriver et des échéances pour y arriver.
8. Se soucier de l'utilisation et des utilisateurs et pas de l'argent :
donner des produits simples à utiliser et faciles à aimer.
L'argent suivra.
9. Ne tuez pas les projets, transformez les : il y a toujours quelque
chose à récupérer d'une idée.
10. Le management à la Google, avec 20 % du temps de travail
consacrés à des projets personnels.
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INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
MUTATIONS
INDUSTRIELLES :
les délocalisations
La délocalisation d'entreprise désigne le déplacement
vers l'étranger d'une activité économique existante en France
dont la production est ensuite importée. Nous assistons à des
délocalisations d'entreprises depuis une vingtaine d'années,
et ce mouvement va certainement se poursuivre.
Il n'existe pas de statistiques publiques précises sur les délocalisations. Cependant, on estime qu’elles représenteraient
globalement autour de 10 % du montant des investissements directs à l'étranger. Même si toute suppression d'un
emploi dans le secteur industriel ne fait pas l'objet d'une délocalisation, la diminution de l'emploi industriel en
France constitue un indicateur de l'ampleur de ce phénomène.
Les secteurs industriels concernés par les délocalisations sont nombreux : cuir, textile, habillement, métallurgie,
électroménager, automobile, électronique… Le secteur tertiaire est également touché : centres d’appels téléphoniques,
informatique, comptabilité… Toute production de masse et tout service répétitif sont en fait susceptibles d'être
délocalisés dans des territoires où le coût de la main-d’œuvre est nettement moindre.
La désindustrialisation des uns signe l'industrialisation des autres. L’Inde est la première bénéficiaire de cette DÉLOCALISATIONS : LES RAISONS
tendance car elle dispose d’une importante main-d’œuvre qualifiée et anglophone. En France, des sociétés telles
qu’Axa ou la Société générale ont délocalisé leur comptabilité en Inde, British Airways et Swissair leur activité • Coûts plus bas [main-d’œuvre peu coûteuse, meilleur
de réservation… Le Maghreb, la Turquie, les pays d'Europe centrale et orientale [PECO] et l'Asie, notamment la accès aux ressources naturelles, fiscalité et réglementation
Chine, sont les autres principaux pays d’accueil des activités délocalisées. plus attractives] ;
• Pôle de compétence technologique ou, du moins, de
Mais, pour être économiquement viables les délocalisations sont tributaires de coûts de transports faibles. Avec
personnel compétent ;
l'augmentation du prix du pétrole, les coûts de transports précédemment marginaux deviennent significatifs et la
rentabilité d'une telle démarche se réduit. On pourrait donc assister à une relocalisation de certaines industries… • Marché local assurant des débouchés plus vastes ou
intéressants ;
• Infrastructures mieux adaptées ou d'un environnement
plus attrayant.
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ENTREPRISE 2018
L’EXTERNALISATION
stratégique
L'externalisation est avant tout un mouvement stratégique.
Elle relève d'une décision de la direction générale qui
touche au cœur de métier de l'entreprise et à son périmètre
d'activité.
L'externalisation stratégique se distingue de la sous-traitance traditionnelle. Elle concerne en effet des activités qui
contribuent substantiellement à la création d'une partie de la valeur ajoutée par l'entreprise. Ce sont des activités
supports, comme l'informatique, le transport, la logistique, les télécommunications, la gestion immobilière, ou
bien des activités qui contribuent fortement à la qualité du service ou du produit, et donc à la création de valeur
pour le client.
L'externalisation soulève de nombreux enjeux et présente des risques. D'une part, externaliser des compétences
trop sensibles fait courir le risque à l'entreprise de perdre sa capacité à innover et à se métamorphoser. D’autre
part, il est souvent délicat de déterminer la valeur stratégique des compétences, car celle-ci peut évoluer dans le
temps ou sous l'influence de l'environnement [par exemple, technologies nouvelles, innovation, nouvelles formes
d'organisation de l'activité].
Ensuite, les risques existent, qui sont de deux ordres principaux : ils sont liés tout d’abord à la concentration du LES CARACTÉRISTIQUES
marché des prestataires. Dans les télécommunications, par exemple, il existe très peu d'opérateurs d'envergure DE L'EXTERNALISATION STRATÉGIQUE
mondiale susceptibles d'accompagner des entreprises clientes dans le monde. Même situation sur le marché de
l’informatique, où sept à huit entreprises se partagent actuellement près de 60 % du marché de l'externalisation • Le transfert de propriété de tout ou partie d'une activité
aux Etats-Unis.
autrefois menée en interne, qui s'accompagne fréquemment
Enfin, l'externalisation crée un lien de dépendance quasi-irréversible : lorsqu'une entreprise externalise sa fonction d'un transfert de salariés ;
informatique ou logistique par exemple, son besoin en la matière ne disparaît pas pour autant. Elle devient donc • Un contrat global, beaucoup plus étoffé et long qu'un
dépendante d'une prestation qu'elle a choisi de ne plus réaliser en interne. contrat de sous-traitance ;
• Un engagement à long terme entre l'entreprise et son
prestataire [durée moyenne : 6 à 7 ans] ;
• Une définition contractuelle des prestations et des obligations
de chacun.
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PANORAMA
de la mobilité internationale
Selon l’enquête "Managing Mobility" menée fin 2006 par ECA
International auprès des responsables RH de plus de 270
sociétés [notamment Accenture, Accor, Alitalia, BMW, EDF,
Norton Rose, Saint-Gobain, Ubisoft], le nombre de missions
internationales a augmenté pour 72 % des entreprises.
l’augmentation du nombre
des expatriations
72 % des sociétés interrogées ont ainsi proposé un nombre supérieur de missions à l’international, longue durée
sur ces deux dernières années et plus des deux tiers prévoient des augmentations dans les années à venir. L’essor
des expatriations est principalement attendu en Asie, qui rivalise avec l’Europe et les Etats-Unis comme principales
régions d’origine et d’accueil des expatriés. Principale motivation des affectations en 2006 [82 % des réponses],
le “cycle de vie”
reflet de l’ouverture de nouveaux marchés : la gestion d’une opération locale [en 1996, la première raison invoquée d’une mission
était le transfert de connaissances].
à l’international
l’augmentation du nombre La sélection de candidats potentiels est réalisée en interne, auprès de collaborateurs
identifiés, pour 84 % des sociétés ; au travers d’une annonce officielle auprès
de femmes expatriées de l’ensemble des équipes dans 45 % des cas ; et dans 75 % des cas un
entretien avec le responsable hiérarchique direct valide la démarche.
Représentant 6 % des expatriés en 1996, elles sont désormais 20 % en 2006 à entreprendre une mission à
l’étranger. La nature des secteurs historiquement concernés par l’expatriation [chimie, industrie] mais également Les problèmes liés à la famille [41 %], notamment la carrière du conjoint, et la
le facteur culturel, et la place de la femme dans la société de certains pays d’accueil, expliquent en partie cet écart faiblesse dans la sélection des candidats [31 %] sont les principaux facteurs
entre expatriés hommes/femmes. À ce titre, 22 % des sociétés présentes à l’international déclarent adopter une évoqués en cas d’échec des expatriations d’après les responsables interrogés.
politique encourageant la mobilité féminine. Il apparaît également que près d’un tiers des sondés ignore la performance
de leurs expatriés sur place, ce qui souligne le manque d’échanges entre les
équipes du pays d’accueil et du pays d’origine. Enfin, le retour des expatriés
est rarement envisagé avant le départ [4 %] et se formalise dans la majorité
des cas 6 mois avant la fin de la mission [48 %].
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ENTREPRISE 2018
OFFSHORING
OU BACKSHORING ?
Le cas du Maroc
Le manque de ressources humaines et l'inflation des salaires font planer le doute
sur le secteur de l'Offshoring au Maroc. Plusieurs grands noms de l’informatique penseraient
sérieusement à plier bagages.
Jamais le problème des ressources humaines ne s'est posé avec autant d'acuité pour les opérateurs internationaux de nouvelles technologies qui ont délocalisé une partie de
leurs activités de développement informatique au Maroc. L'offshoring informatique, communément appelé ITO [Informations Technologies Outsourcing], rencontre de plus en
plus de difficultés à mobiliser les ingénieurs et techniciens nécessaires pour faire tourner les systèmes installés à Casablanca.
Face à ce casse-tête des ressources humaines et de la formation, plusieurs entreprises de renom de l'ITO penseraient sérieusement à abandonner leurs positions au Maroc. Quoi
qu'il en soit, ils n'auront pas trop de difficultés à se désengager, car l'offshoring est l'un des secteurs où les droits de sortie sont parmi les moins élevés.
Les opérateurs rencontrent deux principales difficultés. Tout d’abord, l'offre en ingénieurs et techniciens spécialisés en informatique se limite à 1.600 cadres par an. Ce chiffre
est très faible par rapport aux besoins du secteur de l'ITO qui se chiffrent à plus de 3.000 nouveaux cadres, dès maintenant.
D’autre part, la course au recrutement des ingénieurs en informatique entraîne une hausse fulgurante de leurs salaires. Les employeurs du secteur sont obligés de revoir à
la hausse les rémunérations chaque trimestre. À ce niveau de salaire minimal, les cadres marocains ne sont compétitifs que par rapport à leurs homologues espagnols, qui
touchent 25 % de plus qu'eux. Mais comparés aux ingénieurs de l'Europe de l'Est, notamment de la Roumanie, ils coûtent beaucoup moins cher. De plus, les opérateurs d'ITO
reconnaissent à ces derniers un niveau de compétence souvent plus élevé que chez les Marocains.
En effet, certains logiciels enseignés aux ingénieurs marocains sont parfois obsolètes par rapport aux besoins des opérateurs de l'ITO. De plus, les ingénieurs et techniciens
marocains manquent souvent de compétences en matière de communication et de langues. Les couches de formation supplémentaires aussi bien dans les disciplines techniques
qu'en communication nécessitent entre trois mois et six mois. Ce qui engendre des coûts et des manques à gagner considérables.
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ENTREPRISE 2018
LES COMMODITIES,
des marchés très profitables
La hausse des prix des commodities, en attirant
vers elles l’attention des investisseurs, leur a permis
de devenir des sous-jacents recherchés, ce qu’ils n’étaient
pas il y a dix ans.
Cette réhabilitation s’est faite en trois étapes : après un point bas à la fin des années 90 est intervenue la hausse du
prix du pétrole, puis celle des métaux de base [cuivre, aluminium, minerai de fer] pour la production industrielle,
enfin celle des produits agricoles.
Surfant sur ces marchés désormais à la mode et misant sur l’émergence de nouveaux sous-jacents comme l’électricité
ou les gaz à effet de serre, les banques de financement et d’investissement ont développé et professionnalisé leurs
départements commodities. Les acteurs anglo-saxons sont les plus présents, mais les banques françaises ne
sont pas en reste, avec BNP Paribas, Caylon et Société Générale en bonne position, et la tendance est partout au
recrutement.
Les commodities qui offrent le plus fort potentiel de hausse sont les métaux précieux dont le cours a augmenté de
25 % depuis le début de l’année 2008, en particulier l’or et le platine, et les matières agricoles.
Les métaux précieux servent de valeurs refuges en cette période de forte inflation et les investisseurs les utilisent
aussi pour se prémunir de la baisse continue et sans précédent du dollar américain. LES CINQ GRANDES CATÉGORIES DE COMMODITIES
Quant aux denrées agricoles, elles ont subi une hausse sans équivalent depuis 30 ans. Les prix des matières • Energie : pétrole brut, pétrole raffiné, gaz, gasoil, fuel,
agricoles telles que le blé, le soja et le maïs, utilisées dans la fabrication des aliments de base, ont plus que doublé en essence
un an. Les cours du blé, du maïs et du soja ont augmenté de 240 %, 150 % et 150 % respectivement sur trois ans !
• Matières premières agricoles : blé, maïs, soja, coton, sucre,
Les causes de l’envolée des cours des matières premières sont principalement structurelles : augmentation café, cacao
constante de la population mondiale ; changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents ; diminution • Métaux industriels : aluminium, cuivre, plomb, nickel, zinc
de la surface cultivable, en raison de l’urbanisation ; fort développement des biocarburants. La dégradation des • Bétail : bovins, volailles, porcs
conditions météorologiques accentue les difficultés. • Métaux précieux : or, argent, platine, palladium, diamants
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INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
LE CONCEPT
ECONOMIQUE
de “destruction créatrice”
La "Destruction Créatrice" est une notion propre
à l’économiste autrichien Schumpeter, libéral convaincu,
pour qualifier d'une manière générale les innovations.
Très simplement, si une nouvelle machine plus performante
remplace une ancienne, elle est plus bénéfique que QUELS SONT LES FACTEURS DE LA DESTRUCTION
la précédente. CQFD. CRÉATRICE ?
Schumpeter centre son analyse du capitalisme sur la notion de déséquilibre créateur, conséquence des innovations • Le crédit : Il y a nécessité pour l'entrepreneur d'emprunter
introduites par des entrepreneurs soucieux d’augmenter le profit de leurs entreprises. Il décrit la croissance comme car il ne dispose pas de ressources financières dès l'origine.
un processus de destructions et de reconstructions des activités liées aux creux des innovations. Ainsi, toute
Le rôle du crédit est d'autant plus important qu'il engendre
période de crise est suivie par une période de croissance car pendant la première, le progrès technique va aboutir
à une hausse de l'investissement et permettre par l’innovation le retour à la seconde. Conclusion, ce sont les un pouvoir d'achat suffisant pour écouler la production et
innovateurs qui conduisent notre économie à la croissance. réaliser le profit de l'entrepreneur.
Quand un épuisement de l'innovation se manifeste, il y a apparition d'une nouvelle grappe plus performante encore • L'entrepreneur, figure emblématique chez Schumpeter, à
[processus de "destruction créatrice"]. Les anticipations de profits sont élevées dans les branches novatrices, ce
l'origine même de la croissance. Dans sa théorie de l'évolu-
qui va stimuler l'investissement et déclencher une vague secondaire [destruction créatrice car destruction d'une
branche et création d'une autre plus performante]. Mais la généralisation de l'innovation et l'accroissement de la tion économique , Schumpeter vante sa "capacité à aller de
production dans ces branches peuvent aboutir à une baisse des profits. Dans de telles conditions, une impulsion l'avant, et à ne pas subir l'insécurité et la résistance comme
finit par s'épuiser : les entreprises les moins solides disparaissent, c'est la dépression caractérisée par Schumpeter les éléments d'une contrainte". La motivation individuelle
de processus normal, de résorption et de liquidation de l'économie. de réussite est égale au gain que génère l'innovation.
ENTREPRISE 2018
Global + Local =
GLOCAL
La glocalisation [ce qui est "glocal"] est une combinaison de global et de local.
C'est un concept alliant les tendances globales aux réalités locales.
En japonais, le mot "Dochakuka" signifie que les techniques pour cultiver la terre doivent s'adapter aux conditions locales. Et c’est cette imprononçable
parole japonaise qui aurait donné son origine à "glocal", un terme aujourd'hui très en vogue.
C’est Roland Robertson, sociologue à l'Université d'Aberdeen, en Ecosse, qui a popularisé ce concept de "glocalisation" qui a le mérite de restituer à la
globalisation sa réalité multidimensionnelle. Le "glocal" comporte une vision plus complexe que la "globalisation", un phénomène qui a été jusqu'ici
considéré uniquement dans sa dimension économique, laissant de côté ses aspects sociaux et culturels. Le concept "glocal" contribuerait donc à restituer
à la globalisation sa dimension sociale.
La glocalisation des technologies de communications sur Internet permet, par exemple, de fournir des services globaux, comme elle permet à des communautés
locales d'améliorer leur communication. La notion d'interne et externe devient plus floue, et la navigation sur la toile également plus fluide pour les particuliers.
Et il est vraisemblable que, paradoxalement, les premiers effets à long terme de la globalisation des systèmes d'information se manifestent par un renforcement
des réseaux sociaux et urbains locaux. Et par un renforcement des disparités locales.
La glocalisation est une expression utilisée également dans le monde des affaires pour représenter l'effort de diversification ou l'ajustement de l'offre selon
la qualité de la clientèle locale.
La glocalisation représente aussi un mouvement de culture alternatif qui consiste en une personnalisation, une customisation des biens industrialisés par
les utilisateurs eux-mêmes.
Contrairement à ce que l'on craint, la globalisation des échanges informationnels ne va pas nécessairement uniformiser la culture, comme le rappelle justement
Alain Touraine. L'anglais va sans doute devenir une langue véhiculaire, comme il l'a été et l'est toujours pour l'Inde, ou comme le latin l’a été pour l'Europe
du Moyen-âge, mais cela ne signifie pas la disparition brutale des cultures locales et régionales. Celles-ci n'ont, de toute manière, jamais cessé de se
transformer et elles continueront à le faire.
Plus que jamais, il en ressort que le local est et reste l'essentiel de la condition humaine. Il faut être dans le local pour s'assurer les ressources nécessaires
à l'économie de subsistance, pour naviguer dans le cyberespace, ou pour rencontrer de vraies personnes…
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INNOVATION
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ENTREPRISE 2018
NOMBRE RECORD
de brevets en 2007
Jamais autant de demandes de brevets n'ont été déposées
dans le monde. Symbole de la montée en puissance de l'Asie,
la Corée du Sud détrône la France de la 5e place mondiale.
Chez les entreprises, le nouveau roi de brevets s'appelle
Matsuhita.
Les dépôts de demandes de brevets ont atteint le chiffre record de 156.100 en 2007, en augmentation de 4,7 % par
rapport à l’année précédente, selon le bilan publié jeudi par l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Pour
la quatrième année consécutive, les taux de progression les plus importants sont enregistrés dans les pays d’Asie du
Nord Est, d’où proviennent plus d’un quart (25,8 %) des demandes internationales.
Les Etats-Unis restent cependant les rois incontestés de l’innovation, avec un tiers des demandes (33,5 % en hausse
de 2,5 %) devant le Japon (17,8 %) et l’Allemagne (11,6 %). Mais la France, cinquième avec 4,1% des demandes,
a été dépassée par la Corée du Sud qui a augmenté le nombre de ses dépôts de 18 % l’année dernière. Parmi les 15
principaux pays déposants, le rapport relève par ailleurs que la Chine a enregistré une croissance à deux chiffres (avec
un bond de 38% de ses demandes, elle est désormais au septième rang mondial). Les autres pays ayant enregistré
une croissance à deux chiffres en 2007 sont le Brésil (15,3 %), la Malaisie (71,7 %), Singapour (13,9%) et la Turquie
(10 %).
Parmi les entreprises, l’année 2007 a été aussi marquée par des changements. Le japonais Matsushita a ainsi pris
la première place mondiale (2100 demandes) au néerlandais Philips (2041 demandes publiées en 2007). L’allemand
Siemens (1644) conserve la troisième place. L’équipementier télécom chinois Huawei Technologies a gagné neuf
places pour occuper le quatrième rang avec 1365 demandes publiées en 2007. Il est suivi par Bosch, Toyota,
Qualcomm et… Microsoft, qui a gagné 38 places pour s'emparer du huitième rang. Parmi les 20 premières
entreprises déposantes, six proviennent des États Unis, six du Japon et trois de l’Allemagne. La France ne classe que
2 groupes dans les 50 premières entreprises innovantes au niveau mondial : Thomson (26e rang et 416 demandes)
et France Télécom (35e).
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CROISSANCE
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ENTREPRISE 2018
QUELS SONT LES DÉFIS
que la PME doit relever pour survivre
et croître ?
Pour se maintenir et croître, la PME, confrontée à une
économie en profonde mutation, doit faire face à de nombreux
défis. Elle doit essentiellement changer, s’adapter et créer
de la valeur.
Cette démarche essentielle passe entre autres par : Version intégrale sur :
• le financement de sa croissance [Link]/download/nonprotege/i_actualites/[Link]
• la découverte de nouveaux marchés par l’e-business
• le recrutement et la motivation de son personnel
• la transformation en une PME globale et le développement d’un réseau mondial
Internet et
• l’optimisation de sa logistique [exemple : produire en temps réel]
• le développement de sa technique du networking
réseaux numériques
L’essor d’Internet et des réseaux numériques a développé considérablement
ENTREPRISE 2018
QUELS SONT LES DÉFIS que la PME doit relever pour survivre et croître ?
Economie en réseaux
et standards
Les standards sont nécessaires à une économie en réseau. En effet, ils simplifient, facilitent, rendent moins
coûteux et plus efficaces les échanges notamment les coopérations. Ils sont en fait un catalyseur de l’expansion
Des systèmes
économique et une source importante de valeur ajoutée. La mise en commun de ressources et les vrais partenariats
créent de la valeur par synergie.
d’information
Ces standards représentent aussi un instrument de contrôle des marchés.
A terme, les standards ouverts devraient se révéler plus efficaces que les standards propriétaires car ils permettent
adaptés
de mutualiser l’énergie, la créativité, les ressources d’un plus grand nombre de participants. Les entreprises se doivent de répondre rapidement et efficacement aux
D’autre part, la communication dans l’économie en réseau implique également de pouvoir suivre les objets dans le demandes de la clientèle et des prospects. Ces derniers attendent de plus en
flux allant de la production à la consommation, de maîtriser parfaitement la logistique. Cette exigence de traçabilité plus des réponses précises en temps réels.
répond donc à un besoin technique, mais également financier [stocks et en-cours réduits] et commercial [procédés Cela exige la mise en place de procédures rapides et efficaces pour traiter
de fidélisation, par exemple] ainsi qu’à une obligation de société [la protection du consommateur]. les demandes de prix, opérations commerciales, établissement de dossiers,
devis… de façon cohérente et coordonnée au niveau de l’organisation dans
son intégralité.
Il faut également remonter l’information sur les ventes le plus vite possible. Il est
Progrès technique et essentiel en effet que l’information remonte de l’aval vers l’amont [du détaillant
vers le fabricant par exemple]. Une bonne gestion du flux est généralement plus
mondialisation intéressante que la remise en cause systématique des prix.
La mise en place de certaines procédures permet de diminuer fortement le
Le progrès technique est l’un des moteurs du changement, renouvelant marchés, métiers, leaderships et imposant niveau des stocks et d’augmenter le chiffre d’affaires. Il est également possible
l’innovation. de chercher à vendre avant de produire. Les produits sont mis en fabrication
Il produit constamment plus de connaissances générant un travail plus immatériel. Dorénavant, ce qui crée de la selon les commandes et le client est servi juste à temps
valeur ajoutée, c’est la capacité à construire des relations, produire du sens pour établir ces relations, produire de la Cela peut aussi passer par une personnalisation accrue des relations avec le
qualité dans un monde en concurrence, inventer des solutions nouvelles pour rester viable dans un environnement client qui débouche sur des réponses pointues correspondant aux attentes de
en mutation. La créativité a pris le pas sur les seules ressources physiques et financières rendant à l’homme une ce dernier.
place stratégique dans les organisations et la société. Enfin, l’information à destination interne comme externe peut passer par des
La mondialisation des économies des marchés et des idées qui s’accroît est une autre conséquence, accentuant la documents numériques consultables en se connectant à des serveurs. On peut
concurrence, mais renforçant les interdépendances à tout niveau. Internet a réduit ici de façon radicale les contraintes ainsi disposer en tout temps d’une information à jour, trouver des réponses à
de temps et de distance. Ainsi, les niches non rentables localement, le deviennent pour des offres mondiales. des problèmes ou établir soi-même des offres. Cela peut même entraîner la
constitution de base de connaissances permettant à tous les collaborateurs
d’une entreprise de bénéficier de l’expérience de tous et d’étendre le potentiel
de compétences.
Source :
Consommer, distribuer et produire en 2010 - GENCOD EAN France
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CROISSANCE
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ENTREPRISE 2018
LES ENTREPRISES
des pays émergents sont les
plus rentables*
Selon l’étude publiée le 19 mai par Ernst & Young,
les grandes entreprises des pays émergents ayant atteint
une taille suffisante pour menacer leurs concurrents des pays
développés ne sont plus des cas isolés. Elles représentaient,
en décembre 2007, 19 % de la capitalisation boursière cumulée
des mille premières entreprises mondiales [ce taux n'était
que de 5 % en 2000]. Le nombre de ces firmes figurant au
palmarès est passé de 100 à 221 dans le même laps de temps.
Au sommet de la pyramide, huit groupes issus des pays émergents figurent désormais parmi les 20 premières
capitalisations mondiales. Les BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - concentrent plus de la moitié de ces nouveaux
champions : 53 % des entreprises émergentes en nombre et 68 % en valeur en sont issues.
Leur très forte croissance ne s'est pas faite au détriment de la rentabilité, comme cela est parfois le cas, quand les
firmes sacrifient leurs résultats pour financer leurs investissements. Bien au contraire.
Globalement, le taux de croissance annuel moyen de leur chiffre d'affaires sur cinq ans, de 2002 à 2006, est 2,9
fois supérieur à celui des firmes des pays développés. Leur taux de marge opérationnelle 2006 est de 25 %, contre LES ENTREPRISES DES PAYS ÉMERGENTS
14 % pour les pays développés. L'écart est presque le même pour le taux de marge nette [16 % contre 8 %]. Ces
REPRÉSENTENT :
résultats, et le potentiel qu'ils représentent, sont salués par la Bourse. La progression des cours des entreprises
des pays émergents, du 31 décembre 2006 au 31 décembre 2007, est en moyenne 2,5 fois supérieure [et 2,2 fois
supérieure sur 5 ans] à celle des pays développés.
• 19 % de la capitalisation boursière
• Un taux de croissance annuel moyen du CA 2,9 fois plus
Ces nouveaux concurrents participent à l'amélioration du niveau de vie de leurs salariés et relèvent les défis que important que les pays développés
toutes les entreprises du monde devront relever : celui des coûts, bien sûr, mais aussi des ressources humaines, • Une marge opérationnelle moyenne de 25 % [contre 14 %
du marketing, de la mobilité et de la rapidité d'action, et bien entendu de l'innovation, en n'hésitant pas à chercher pour les pays développés]
les bonnes idées ailleurs qu'à l'intérieur de l'entreprise.
• Une marge nette moyenne de 16 % [contre 8 %]
• Une progression des cours de bourse sur un an 2,5 fois
supérieure à celle des pays développés
ENTREPRISE 2018
LA MAÎTRISE DE L’ANGLAIS
était devenue un facteur essentiel de
croissance ?
On a beaucoup parlé en Europe ces dernières années des bonnes
performances économiques des Pays du Nord, de l’Allemagne
ou encore du Royaume-Uni. On cite souvent leur dynamisme
à l’exportation ou encore leurs organisations sociales et
économiques. On oublie souvent de dire que ces pays ont un
point en commun : une bonne maîtrise de la langue anglaise.
Outre les Britanniques et les Irlandais, 89 % des Suédois ou encore 56 % des Allemands peuvent communiquer
en anglais, alors que seuls 36 % des Français en sont capables. Un retard qui s’expliquerait par le manque de
motivation, le manque de temps, le coût financier et la difficulté de pratiquer.
Comme les nouvelles puissances économiques que sont l’Inde ou la Chine utilisent aussi l’anglais comme véhicule de
communication internationale, on réalise tout de suite le handicap qu’un pays comme la France devra rapidement
surmonter.
% PAR PAYS DES PERSONNES POUVANT
Mieux comprendre l’anglais en s’informant, c’est possible : des articles originaux écrits par des journalistes de TENIR UNE CONVERSATION EN ANGLAIS*
nationalités différentes sont publiés tous les jours. La lecture et l’écoute de ces textes variés permettent de travailler
naturellement la compréhension et d’acquérir du vocabulaire. Suède 89
Pays-Bas 87
Enfin, il existe aussi de nombreuses ressources qui permettent de s’entraîner seul et à son rythme et d’identifier
ses points faibles. Certains sites [par exemple, [Link]] offrent non seulement la possibilité de s’exprimer en Danemark 96
anglais au sein de la communauté, mais aussi de se faire corriger ou de poser ses questions à des professeurs. Belgique 59
Allemagne 56
France 36
Italie 29
* Source : Eurobarometer
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
CROISSANCE
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ENTREPRISE 2018
CROISSANCE :
plus de 1 000 PME ouvrent leur
capital aux investisseurs
Moins d’un mois après son ouverture,
le site [Link] compte déjà plus
de 1 000 PME inscrites et 2 000 investisseurs.
Thierry Nahon, PDG de Lunatic Construction, est le 1 000e dirigeant de PME, à inscrire sa société sur
[Link]. Il en témoigne :
"En inscrivant ma société Lunatic Construction SAS sur le nouveau site [Link], il a suffi de quelques
jours et de quelques clics pour que des investisseurs français et même étrangers se manifestent et sollicitent des
entretiens, pour devenir des partenaires financiers. Le projet, qui a déjà fait ses preuves à petite échelle, est original :
surdimensionner les briques des jeux de construction pour enfants, les décliner dans toutes les matières et les
détourner de leurs fonctions de base pour fabriquer des meubles ou construire des maisons."
[Link] est un site gratuit de mise en relation entre les PME à la recherche de capitaux et les investisseurs, A PROPOS DE LUNATIC CONSTRUCTION SAS :
particuliers ou professionnels. Développé par OSEO en partenariat avec l’Ordre des Experts-Comptables, il répond
concrètement au souhait des Pouvoirs publics d’inciter les personnes physiques, et plus particulièrement les redevables • Société au capital de 365 405 €.
de l’ISF, à investir dans les PME pour renforcer leurs fonds propres et favoriser ainsi leur croissance. • Fondée en 2007 par Thierry Nahon & Philippe Landecker.
• Spécialisée dans l’édition d’objet design et la fabrication de
mobilier pour la décoration.
• Labellisée FCPI, soutenue par OSEO et en passe d’obtention
du statut de JEI.
• Aujourd’hui LUNATIC CONSTRUCTION ouvre son
capital pour 1,5 million d’euros.
• Pour en savoir plus : [Link] &
[Link]
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS
page 41
ENTREPRISE 2018
À LA RECHERCHE
des entrepreneurs du meilleur :
Le site “Graines de Changement”
Toutes les études le montrent, les gens ont besoin
de bonnes nouvelles : moins de mariages princiers ou de
stars que d’informations qui les aident à agir sur leur
vie, leur communauté et le monde.
Graines de Changement est une agence d'information qui a pour mission de partir en quête des "entrepreneurs
du meilleur", ceux qui se sont donné pour rôle de transformer positivement leur société, leur entreprise, leur vie.
Laissant de côté l'information à sensation pour s'intéresser à celle qui propose des solutions, Graines de
Changement veut contribuer à l'émergence d'un monde plus responsable, durable, humain et joyeux en diffusant
des informations exclusives qui parlent du meilleur de notre temps, des informations à la fois exaltantes et
surprenantes. Des informations qui fassent découvrir des personnages réels, des expériences vécues, des
solutions concrètes, des approches neuves, voire provocatrices et des idées rafraîchissantes.
Graines de Changement a été créée fin 2003 par Elisabeth Laville [directrice et fondatrice d'Utopies, le
premier cabinet de conseil en développement durable créé en France en 1993], Marie Balmain [responsable
du développement durable chez Pierre & Vacances] et Jean-Sébastien Stehli [rédacteur en chef adjoint à GRAINES DE CHANGEMENT
l'Express]. [[Link]
ENTREPRISE 2018
LA POSITIVE ATTITUDE :
morceaux choisis pour les
inconditionnels de l’optimisme
“
"C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore." Anatole France
"Un pessimiste fait de ses occasions des difficultés, et un optimiste fait de ses difficultés des occasions." Harry Truman
"Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté." Winston Churchill
"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait." Mark Twain
"La seule chose promise d’avance à l’échec, c’est celle que l’on ne tente pas." Paul-Emile Victor
"L’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions." Marcel Proust
"Que fait-on quand un problème est insoluble ? On change le problème." Jean Monnet
"Vous ne pouvez empêcher les oiseaux de chagrin de survoler votre tête, mais vous pouvez les empêcher de faire des nids dans vos cheveux." Proverbe chinois
"Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres." Lao Tseu
"Une société sans rêve est une société sans avenir." Carl Gustav Jung
" La sagesse suprême était d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuivait." Francis Scott Fitzgerald
"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit." François de La Rochefoucauld
"Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais." Oscar Wilde
"Les passionnés soulèvent le monde et les sceptiques le laissent retomber." Albert Guinon
ENTREPRISE 2018
PLUS D’UN FRANÇAIS SUR DEUX
serait prêt à revoir son salaire à la baisse pour
décrocher le job de ses rêves !
Selon une enquête récente menée par Monster au niveau mondial
sur plus de 34 000 salariés, plus de la moitié des salariés
français [66 %] seraient prêts à consentir à une baisse
de salaire si cet effort leur permettait d’obtenir le job
de leurs rêves.
Une information néanmoins à tempérer car notre pays se situe nettement en dessous de la moyenne mondiale,
76 %, soit plus de trois salariés sur quatre.
On constate que l’idée de "gagner moins pour travailler mieux" est moins en vogue dans les pays qui sont marqués
par un taux de chômage élevé.
C’est en Irlande que les salariés sont les plus concernés par la question : 84 % d’entre eux se disent prêts à gagner
moins d’argent pour obtenir le travail rêvé. De même, les Américains, à 82 %, suivis de près par les Britanniques
et les Canadiens [81 %] sont majoritairement disposés à envisager une baisse de salaire pour parvenir à cette fin.
Les Italiens aussi [82 %] sont prêts à faire ce compromis.
Les salariés les plus réticents à une baisse de salaire sont dans deux pays de l’Est, en Hongrie [38 %] et en
Pologne [35 %], ces pays se caractérisant notamment par un taux de chômage supérieur à la moyenne de l’Union
européenne.
LES DIMENSIONS ESSENTIELLES À LA RÉUSSITE D’UNE
"Pour un employeur, il est assez gratifiant de constater que l’argent n’est pas le seul moteur qui motive ses troupes
au travail. De la même manière qu’un salarié aspire à trouver un emploi qui lui correspond, il est tout aussi important
CARRIÈRE, SELON MONSTER :
pour un employeur de trouver la meilleure personne en adéquation avec le poste proposé. Cette relation doit
s’inscrire dans une dynamique positive, tant pour le salarié que pour l’employeur…", a commenté en marge de ce • Satisfaction au travail
sondage Bruno Brémond, Vice-président directeur général de Monster France et Europe du Sud. • Perspectives, avoir une vision claire de son plan de carrière
• Champ de compétences
• Rémunération et avantages
• Équilibre entre vie privée et vie professionnelle
• Carnet d’adresses / réseau
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS
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ENTREPRISE 2018
LES VALEURS
D’ENTREPRISE :
identité et performance
Dans une économie qui se mondialise, c'est de plus en plus
la culture qui crée les surcroîts d'efficacité et les facteurs
de différenciation concurrentiels au travers même des
fonctionnements de l'entreprise.
Vecteurs de cohésion, les valeurs apportent des éléments d'appartenance et d'identité nécessaires aux salariés
pour éviter la déstabilisation dans ce monde changeant et exigeant, et concourent à leur motivation et à leur
engagement.
Elles ont aussi des effets sur les capacités d'adaptation et de globalisation, sur les freins au changement, la vitalité
et la souplesse du corps de l'entreprise, avec une acuité particulière dans les situations de fusion/acquisition.
Fédératrices des différentes dimensions de l’entreprise, les valeurs apportent une vision renouvelée de la communication
autour d’un concept clé : sa réputation. Le fondement de la réputation tient, avant tout, dans l’absence d’écart entre
ce que dit l’entreprise et ce qu’elle fait. Entre ce qu’elle communique par toutes les techniques - media et hors media
- et la façon dont elle se comporte concrètement : la qualité de ses prestations ou de ses productions d'abord, sa
conduite sociétale enfin. LES 10 PREMIÈRES VALEURS D'ENTREPRISE
Les dimensions identitaires des valeurs soutiennent la communication externe, leurs dimensions éthiques fondent • Innovation / Progrès 31.7 %
le comportement des hommes. Un paradigme qui se synthétise en une équation :
Identitaire + Ethique = Réputation.
• Intégrité / Honnêteté / Transparence 26.4 %
• Responsabilité 26.4 %
Diriger par les valeurs est un levier pour faire évoluer les comportements et les pratiques. C’est passer d'une • Esprit / travail d'équipe 23.3 %
logique d'obéissance dans une culture hiérarchique, pyramidale et cloisonnée, à une logique de coresponsabilité • Orientation / Satisfaction Clients 23.0 %
dans une culture de responsabilisation, matricielle et transversale. • Humanisme 14.3 %
• Rapidité / Réactivité 14.0 %
• Environnement 13.6 %
• Qualité / Fiabilité 13.1 %
• Partage / Solidarité 13.0 %
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS
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ENTREPRISE 2018
LA CONDITION *
HUMAINE 2.0 :
l’Homo Sapiens hyperconnecté
Avec le développement du cyberespace, des réseaux, de la
téléphonie mobile, le monde est devenu en quelques années
un gigantesque océan tourmenté, envahi non plus seulement
d'énergie et de matière, mais, la numérisation aidant,
d'informations, de savoirs et de connaissances.
Des informations, il y en a de toutes formes et de toutes sortes, brutes ou dégrossies, surexposées ou juste entreposées.
Chacune a ses atomes propres : les bits. Chacune a sa possibilité d'extension moléculaire : l'hypertexte, qui permet
à la mémoire de chacun de devenir la mémoire de tous. Pas un élément du réel qui ne puisse être désormais
encodé, stocké, manipulé, expédié. Et pour ainsi dire, dans le même temps "virtualisé". Voici advenue le règne de
l’"hyper-information".
Dans Homo sapiens 2.0 [éd. Max Milo], Gérard Ayache, spécialiste de la communication, tire des conséquences
anthropologiques de ce mouvement lancé jadis sur un tout autre rythme par l’imprimerie. L’homme, qui vit de plus
en plus dans l’instant [un instant mondialisé], changerait également dans son corps : "augmenté" ou "complété"
qu’il est désormais par les outils technologiques que sont téléphones et ordinateurs, dont il ne peut se séparer.
Cette multiplication des hyperconnectés s’opère alors que l’universalité et la diversité des savoirs disponibles Une étude commandée par la société Nortel aurait récemment
aujourd’hui à travers les flux informationnels induit une collectivisation de la connaissance. Un brassage permanent mis au jour un plus grand attachement des salariés à leur portable
d’idées, de valeurs, de cultures. Qui s’accompagne d’une sursaturation émotionnelle et, par mimétisme, d’une multiplication qu’à leur porte-monnaie, lorsqu’ils sont appelés à partir en
des stéréotypes. L’hyper-information modifie le rapport de l’individu au réel, au pouvoir, à l’information, dont il n’est déplacement. 16 % des 2 400 salariés interrogés dans 17 pays
plus seulement le récepteur, mais un "interacteur" opérant dans la complexité, sur un territoire allant de l’univers
qualifiés d’"hyperconnectés" utilisaient quotidiennement
aux méandres du cerveau humain […]. Doit-on s’en inquiéter, comme bon nombre de scientifiques, d’enseignants
ou de médias ? 7 appareils différents, professionnels ou personnels, et 9 applica-
tions distinctes telles que messageries instantanées, boîtes élec-
troniques, Webconférences, etc. Selon l’étude, la proportion
pourrait monter à 40 % dans 5 ans…
ENTREPRISE 2018
L’EMPREINTE
écologique
L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce
l'homme sur la nature. C'est un outil qui évalue la surface
productive nécessaire à une population pour répondre à sa
consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de
déchets.
Dans les années 1990, deux Canadiens, M. Wackernagel et W. Rees, ont développé le concept d'empreinte écologique
afin de mesurer le poids réel de l'activité humaine sur la terre.
QUELQUES VALEURS D'EMPREINTE ÉCOLOGIQUE
L'empreinte écologique est calculée en hectares globaux. Un hectare global est un hectare biologiquement productif PAR CONTINENT OU PAYS*
avec une productivité mondiale moyenne. L'empreinte écologique correspond à la surface nécessaire au mode de
vie d'une personne pour produire sa nourriture, les biens qu'il consomme et absorber ses déchets. On peut étudier • États-Unis : 9,5 hectares par personne
l'empreinte écologique d'un individu, d'une famille, d'une ville ou d'un pays. • Canada : 6,4 hectares par personne
• France : 5,8 hectares par personne
La planète nous offre une surface biologique productive [ou bio-capacité] constituée des sols et espaces marins : 11,3
milliards d'hectares de surfaces sont ainsi biologiquement productifs. En prenant une population de 6 milliards
• Royaume-Uni : 5,4 hectares par personne
d'hommes, il y a donc sur terre 1,8 hectares globaux, disponibles par personne de terres et de mers biologiquement • Suisse : 5,2 hectares par personne
productives. • Belgique/Luxembourg : 4,9 hectares par personne
• Allemagne : 4,8 hectares par personne
Or, l'empreinte écologique moyenne est évaluée aujourd’hui à 13,5 milliards d'hectares globaux, soit 2,2 hectares • Chine : 1,5 hectare par personne
globaux par personne. Il y a donc un dépassement de 21 % par rapport à l'espace disponible. Les activités humaines
• Afrique : 1,2 hectare par personne
consomment ainsi largement plus que la capacité de régénération de la planète.
• Inde : 0,8 hectare par personne
* Source : WWF
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS DURABLES
page 47
ENTREPRISE 2018
LE RECYCLAGE,
marché du siècle !
Depuis 1995, PAPREC est le leader français du recyclage.
Le groupe s’est lancé le défi de valoriser les ressources
de la planète en produisant les nouvelles matières premières
dont l’industrie mondiale a besoin.
À l’origine spécialisée dans le recyclage des vieux papiers, PAPREC s’est depuis diversifiée et couvre l’ensemble
de la palette des métiers du recyclage. Son activité consiste à collecter les déchets chez les collectivités ou les
industriels et, au lieu de les incinérer ou de les enfouir, de les recycler et de les valoriser, puis de les vendre sur
le marché mondial.
L’entreprise traite aussi bien les papiers et cartons que les bois et les plastiques ; mais aussi les déchets de chantiers,
les déchets d’équipements électriques et électroniques, les déchets industriels banals ou spéciaux, la collecte
sélective des ménages…
Si la collecte se fait uniquement en France, la moitié des matières premières recyclées est vendue à l’étranger, en
Europe et en Asie.
Développement durable oblige, le marché du recyclage a un formidable potentiel : le secteur a pris une dimension
considérable puisque aujourd’hui on fabrique plus de papier dans le monde à partir de produits recyclés… En
1960, les FCR [fibres cellulosiques recyclées] représentaient seulement 10 % du marché. Elles en représentent
plus de 50 % aujourd’hui.
ENTREPRISE 2018
UN MÉTIER
pour la planète* !
Le développement durable est devenu en quelques années un
véritable phénomène de société, touchant de plus en plus de
monde : 44 % des Français disent tenir compte des engagements
de "citoyenneté" des entreprises lorsqu’ils achètent des
produits et 61 % se déclarent même prêts à payer un
supplément de prix de 5 % pour des produits qui présenteraient
une garantie "éthique".
Et il ne s’agit pas seulement de déclarations d’intention, comme l’atteste le succès du café équitable ou des produits
bio. Petit à petit, le développement durable vient remettre en question tous les aspects de notre mode de vie et les
Français sont de plus en plus soucieux de l'environnement dans leur quotidien.
Cette lame de fond a aussi des conséquences sur le marché de l'emploi. D'un côté, le développement durable
change en profondeur les entreprises, faisant émerger de nouveaux marchés, créant de nouveaux métiers et faisant
appel à de nouvelles compétences. De l'autre, il appelle à une plus grande responsabilisation de chacun au
quotidien et fait émerger un besoin d'engagement individuel fort : au-delà du développement de l'économie sociale
ou du bénévolat associatif, des milliers de jeunes diplômés et de cadres cherchent désormais à mettre leur vie
professionnelle en accord avec leurs engagements personnels de militants, de citoyens ou de consommateurs.
70 % des étudiants, et la même proportion de personnes occupant déjà un emploi, disent qu'ils intègreront des
critères éthiques dans leur recherche d'emploi à venir ou éventuelle.
LE GUIDE PRATIQUE DES CARRIÈRES
Le guide pratique des carrières du développement durable, dont la seconde édition est parue en septembre dernier, est
devenu une référence pour les étudiants et les personnes en réorientation professionnelle. Il vise à les accompagner DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
dans leur recherche d'un emploi qui contribue à changer le monde : conseils pratiques, plan d’action, liste des
formations proposées sur le sujet, sélection de sites Internet et d’autres sources d’information inspirantes, pistes Les auteurs : Elisabeth Laville est la fondatrice d’Utopies, un
concrètes pour nourrir son réseau, acquérir une expérience formatrice, orienter sa recherche d’emploi et envoyer cabinet de conseil considéré comme l’agence pionnière dans le
des candidatures… conseil en développement durable en France. Marie Balmain
est en charge du développement durable chez Pierre & Vacances.
Des informations actualisées avec les données les plus récentes de l'évolution du marché [commerce équitable,
éco-conception des produits, écotourisme] pour se constituer un réseau, acquérir une première expérience et
trouver sa voie dans le développement durable.
* Guide pratique des carrières du développement durable – 2e édition mise à jour et enrichie -
328 pages – 15€ TTC – ISBN : 978-2-7440-6305-3
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS DURABLES
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ENTREPRISE 2018
LE TOURISME
équitable
Le tourisme équitable est un ensemble d'activités et de
services, proposés par des opérateurs touristiques à des
voyageurs responsables, et élaborés en grande partie par les
communautés d'accueil autochtones qui ont leur mot à dire
sur l'évolution de la définition de ces activités.
Le développement local
Les activités touristiques proposées localement doivent être pensées et gérées pour contribuer directement au
développement durable des communautés et territoires d'accueil. Les bénéfices tirés de ces activités touristiques,
en particulier ceux des organismes de promotion et de vente, sont réinvestis majoritairement dans des actions de
développement local maîtrisées par les communautés d'accueil.
ENTREPRISE 2018
LE COMMERCE
EQUITABLE :
un humanisme citoyen
Le commerce équitable est un partenariat commercial,
basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise
à plus d'équité dans le commerce international. Il contribue
au développement durable en proposant de meilleures conditions
commerciales aux petits producteurs dans les pays du Sud et
en sécurisant leurs droits.
Le commerce équitable organise les échanges autour de critères impératifs, qui peuvent être vérifiables à tout
moment, et d'autres critères qui s'inscrivent davantage dans une démarche de long terme, que chaque acteur du
commerce équitable cherche à atteindre. Ses engagements impératifs ont trait aux droits élémentaires de l'homme
et à la transparence des relations permettant à chacun de faire valoir ses droits. Les autres engagements ont trait à
une amélioration indispensable de l'organisation de la filière, mais doivent tenir compte des contextes de départ.
Engagements impératifs :
• Dans une approche solidaire du commerce équitable, travailler d'abord avec les producteurs parmi les plus LES ACTEURS DU COMMERCE ÉQUITABLE EN FRANCE
défavorisés, dans le cadre d'un développement durable.
• Refuser systématiquement une quelconque forme d'esclavage ou de travail forcé, y compris l'exploitation des La Plate-forme française pour le Commerce Équitable [PFCE]
enfants. regroupe :
• Contractualiser entre les différents partenaires des garanties portant sur le prix et la qualité des produits, le
versement d'un acompte et le délai de livraison. • Des importateurs [Solidar'Monde et Artisal]
• Privilégier des relations commerciales durables avec les producteurs.
• Des importateurs détaillants [[Link], Sira
• Assurer la transparence dans le fonctionnement des différents partenaires.
• Accepter le contrôle sur le respect de ces principes, à chaque étape du processus. Kura, Artisans du Soleil et Alter Eco]
• Des boutiques [Ti ar Bed, Artisans du Monde]
• Des associations de promotion [Aspal, [Link]]
• Une association de labellisation [Max Havelaar]
• Des structures de solidarité [Echoppe, Comité Catholique
contre la Faim et pour le Développement, Ingénieurs Sans
Frontières].
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NOUVEAUX COMPORTEMENTS DURABLES
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ENTREPRISE 2018
GREEN TECH
ET CLEANTECH :
les éco-activités innovantes
Le secteur des éco-activités comprend les éco-industries
[métiers de l'environnement : eau, air, sol, déchets, bruit],
l'énergie [maîtrise de l'énergie, énergies renouvelables,
technologies associées à l'énergie pour les bâtiments et
les transports] et les activités de services et conseils
liées à l'énergie et à l'environnement [conseil, diagnostic,
certification, éco-conception, éco marketing etc.].
Les Green Tech sont des éco-activités innovantes à forte différenciation et fort potentiel de croissance [richesses
et emplois]. Les Clean Tech sont des technologies ayant une valeur ajoutée environnementale, quel que soit le
secteur d'activité dans lequel elles s'appliquent [notion de substitution technologique et de réduction d'empreinte
écologique à l'œuvre dans les approches d'éco-conception].
Les biotechnologies appliquées à l'environnement [Green Biotech] et les technologies numériques appliquées à
l'énergie et à l'environnement et à la "ville durable" [Green IT] sont aussi des gisements majeurs d'éco-innovation.
C’est dans les domaines de l’énergie que résident les champs majeurs d'éco-innovation car les besoins sont considérables :
capacité à réduire/optimiser la consommation d'énergie, production et stockage alternatifs d'énergie, moyens de
produire du froid et de la chaleur, de se déplacer etc. L'éco-efficacité énergétique sous-tend d'ailleurs de nombreuses La France est le 4e pays dans le domaine des éco-technologies
industries, et, notamment, celles du Web qui engendrent des besoins croissants en Data Centers énergétivores. On de l’environnement et de l’énergie durable derrière les Etats-
est bien loin d'un simple effet de mode ou d'une bulle.
Unis, le Japon et l’Allemagne et compte bien continuer à
Les éco-entreprises appartiennent à de nombreux secteurs différents et peuvent avoir des métiers très divers. dynamiser ce secteur. Selon le rapport sur le développement
Leur point commun : rechercher des solutions technologiques à des problèmes écologiques. Les éco-innovateurs des éco-entreprises en France publié en novembre 2006 par
ont par définition en commun d'avoir un fort potentiel de croissance et un réel impact sur l'environnement et le Thierry Chambolle, président de la commission environnement
climat. de l’académie des technologies, "8000 entreprises, notamment
des PME, ont déjà investi dans le marché des éco-technologies.
Et d’ici fin 2010 ce secteur pourrait générer 620 000 emplois
contre 400 000 à ce jour".
> > > AU FIL DE L’ACTUALITÉ : REPÈRES, CHIFFRES CLÉS & SIGNAUX 2.0
NOUVEAUX COMPORTEMENTS DURABLES
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ENTREPRISE 2018
LES ÉNERGIES
renouvelables
Comparées aux énergies classiques, fossiles et nucléaires,
les énergies renouvelables présentent le double avantage
de ne pas être source d'émissions de gaz à effet de serre
lors de leur utilisation et de présenter des gisements LES CINQ FAMILLES D'ÉNERGIES RENOUVELABLES :
renouvelables, donc inépuisables.
• L'énergie éolienne : l'exploitation de l'énergie du vent permet
Ce sont des énergies de flux, par opposition aux énergies dites de stock [gaz, fioul, charbon, uranium] dont les de produire de l'énergie mécanique [moulin à grains] ou
gisements sont limités. Ce sont par ailleurs des énergies locales qui participent au développement local et qui sont électrique [éolienne].
créatrices d'emplois.
Les énergies renouvelables peuvent permettent de produire soit de la chaleur seule [eau chaude pour le chauffage ou • L'énergie solaire : l'énergie du soleil peut être exploitée pour
la production d'eau chaude sanitaire], soit de l'électricité seule [éolien, biogaz, solaire photovoltaïque, hydroélectricité], la production d'eau chaude, le chauffage [solaire thermique
soit en cogénération [biogaz dans des moteurs avec récupération de chaleur sur le circuit de refroidissement, ] ou la production d'électricité [solaire photovoltaïque].
turbines à vapeur à partir de bois, biogaz, géothermie].
• L'énergie issue de la biomasse : production de chaleur [et
L'électricité produite à partir d'énergies renouvelables est appelée “électricité verte". L'obtention de certificats verts
permet aux producteurs d'électricité de mettre sur le marché européen du kWh d'origine renouvelable à des acheteurs
d'électricité par cogénération] par combustion directe du
potentiels [collectivités, entreprises]. Ce dispositif a été mis en place dans le cadre de la directive européenne sur bois, de la paille [ou autres sous-produits agricoles]. Dans
la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables pour contribuer au développement de la production cette catégorie, on trouve aussi le biogaz issu de la décom-
d'électricité verte en Europe. position anaérobie [méthanisation] de la biomasse et les
cultures énergétiques [entre autres, les biocarburants issus
Indicateurs verts
de colza ou de betterave] .
ENTREPRISE2018 :
LE FUTUR
DES POSSIBLES
> > > ENTREPRISE2018 : LE FUTUR DES POSSIBLES
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ENTREPRISE 2018
ART/CULTURE
& Entreprise2018
L’art dans l’entreprise ou
la découverte d’un laboratoire
d’innovation permanente…
Parallèlement à la diffusion du mécénat culturel, Il est de bon ton de penser qu’art et entreprise ont trouvé un
l’art entre dans l’entreprise. Vecteur de communication terrain d’entente. Et peu à peu, on s’y laisse prendre, comme une
interne ou externe, outil managérial et constructeur
de lien social, l’art ouvre les frontières entre le mode, une vogue passagère pour les plus sceptiques, tout au plus
monde professionnel et privé pour impliquer les un créneau à exploiter, parce qu’il paraît que, parce que quand
salariés. Une manière de renforcer sa culture
d’entreprise et de mobiliser ses équipes autour
on y pense… Et si c’était bien plus que cela ? Et s’il s’agissait
de projets motivants. d’une tendance lourde, d’un lieu inédit qui inventerait,
en secret, le monde de demain ? Il est sans doute temps d’apporter
un peu d’eau au moulin des optimistes et des visionnaires…
La mode du mécénat
On serait tenté de passer rapidement sur certains arguments déjà entendus mais néanmoins essentiels qui font du mécénat l’un des moyens les plus
novateurs pour réinventer l’entreprise. On serait tenté, mais on ne le fera pas et on rappellera brièvement que le mécénat et tout particulièrement le mécénat
culturel est un moyen puissant au service de la "diplomatie d’entreprise" (V. Seghers), en interne comme en externe. Non content de rehausser la
réputation de l’entreprise, de participer à l’implantation des groupes dans des territoires ou de l’aider à séduire de nouvelles clientèles, le mécénat
joue un rôle fondamental dans la cohésion des équipes en interne et dans l’attractivité de l’entreprise auprès des jeunes diplômés. En somme, tout le
monde est d’accord. Le mécénat, c’est bien. Voilà donc qui a la force d’un bon slogan. Efficace, droit au but.
Mais l’art peut faire plus. Beaucoup plus. Ce qui rapproche aujourd’hui l’art et l’entreprise c’est sans aucun doute l’innovation. Les artistes ne cessent
de créer des formes esthétiques originales (musicales, plastiques...), de nouvelles formes sociales (espaces de sociabilité, performances relationnelles,
activisme politique...) et de nouvelles postures critiques (abandon des conventions, luttes contre les codes, détournement des règles établies...). Or
c’est bien de cela dont l’entreprise se nourrit. L’art révèle les attentes de la société, ses limites, ses maux, ses audaces.
> > > ENTREPRISE2018 : LE FUTUR DES POSSIBLES
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ENTREPRISE 2018
ART/CULTURE & Entreprise2018
Ainsi, les arts technologiques dans leur ensemble ("art numérique", "net art", "video art"...) constituent par exemple suprématie de l’ego, insuffler du doute ne peut pas faire de mal." Dans la même veine, la première édition de la
un laboratoire extraordinaire d’innovations et d’anticipations technologiques et sociales. Les artistes numériques biennale d’art contemporain de Rennes en juin 2008, a interrogé les relations entre l’art et l’entreprise en proposant
inventent de nouveaux dispositifs, précurseurs de logiciels et produits audiovisuels révolutionnaires ("i-movies", notamment des rencontres avec une quinzaine d’artistes qui ont dévoilé leurs travaux après une immersion dans
"after effects", appareil photos numériques, caméras DV) et dont s’inspirent des entreprises comme IBM, des entreprises bretonnes, de novembre 2007 à avril 2008 grâce au mécénat du groupe alimentaire Nora. Un
Sony, Xerox, Bell ou encore France Telecom... Le MediaLab du MIT de Boston ou le Zentrum für Kunst und dialogue art-entreprise qui a souligné les apports mutuels comme les incompatibilités d’objectifs de chacun.
Medientechnologien de Karlsruhe en Allemagne ne se s’y sont pas trompés, incluant depuis plusieurs décennies
déjà la recherche en arts aux programmes d’innovation des entreprises. Parce qu’il est à la fois interactif et Chacun a sa place pour plus d’apports mutuels
pédagogique, il ouvre des perspectives immenses que les acteurs majeurs du champ culturel n’ont pas tardé à investir.
Et de fait, il ne s’agit pas d’inféoder l’art à l’entreprise ou de faire de l’entreprise un chantre de l’art pour l’art. Si les deux univers
Ainsi, certaines institutions proposent d’ "entrer" dans les œuvres, de découvrir le grain de la peinture, d’assister à la
s’apportent des richesses diverses, c’est bien parce qu’ils ne partagent ni les mêmes buts, ni les mêmes méthodes. C’est
reconstitution des étapes de travail du peintre ou même de relooker un tableau d’un grand. On imagine aisément
bien plutôt dans la fréquentation réciproque, côte à côte, que se créent les frictions créatives. Certains, comme Pierre-Michel
les idées et bonnes pratiques que le monde marchand peut aller puiser en allant voir du côté de l’art et des artistes.
Menger dans son ouvrage, Portrait de l’artiste en travailleur, mettent en exergue les similitudes entre la posture de l’artiste et
Au passage, les artistes du numérique bousculent les codes légaux en interrogeant le problème de "l’auteur" et
le travailleur contemporain, ou en tous cas ce que ce dernier doit devenir pour s’affirmer dans le capitalisme d’aujourd’hui. Et
de ses droits, mais aussi l’espace public ou encore la signification de la réception d’une œuvre d’art. Ainsi le
ce n’est effectivement pas les ponts qui manquent, entre entrepreneurs et artistes, que ce soit dans l’attention des uns et des
projet "Chain Reaction" avait consisté en son temps en un "cadavre exquis" visuel dans lequel chacun pouvait
autres portés au réel et à ses mutations, à leur capacité d’accepter l’imprévu et à l’intégrer dans le processus de création ou la
choisir une image et l’envoyer sur le serveur où elle prenait sa place dans une généalogie. Dans le même
prise de risque, les théories pullulent en tous genres pour rapprocher ces deux mondes, encore inconciliables hier.
esprit, l’œuvre la plus célèbre d’Eduardo Kac, "Ornitorrinco", représentait un télérobot que les internautes
Ainsi, pour citer Louis Schweitzer: "il faudra intégrer les "produits de désordre" pour être irremplaçable. Il ne suffit plus
pouvaient diriger en ligne, le net leur donnant la possibilité de voir à travers les yeux du robot. S’appuyant
d’être aussi bon que les autres, il faut être irremplaçable. Même si vous êtes très bon, vous n’êtes pas irremplaçable, car
sur cette même "cyberception" qui veut que la perception dépasse le physique, de nombreux jeunes artistes
immanquablement quelqu’un sera aussi bon que vous un jour. Mais si vous êtes différent, vous devenez irremplaçable. Il
développent ainsi des projets, plus ou moins ambitieux, accessibles notamment sur certains blogs ou sites en
faut donc avoir cette capacité de faire ce que personne d’autre ne fait. En cela, l’inspiration, la diversité, la créativité, sont des
tous genres. Et tout doucement ces questionnements apparemment à la marge viennent envahir le secteur de
valeurs clés."
l’industrie et des services comme autant d’aiguillons de l’innovation et du mouvement.
L’innovation ne se cantonne pourtant pas aux technologies. Elle est avant tout sociale, organisationnelle. Les artistes Enfin, si l’art et l’entreprise ne font qu’ouvrir un dialogue qu’on imagine à l’avenir pérenne et riche de bien des décou-
captent la sensibilité et l’air du temps. Ainsi, en exposant à la Biennale de Venise l’interprétation par 107 femmes d’un vertes, le premier apport de l’art est d’apporter du sens, en créant des expériences, tantôt pour les sens, tantôt pour
e-mail de rupture, Sophie Calle propose, entre autres, de s’interroger sur l’objet e-mail, son langage et sa réception. l’esprit. Dans un contexte où les choix professionnels des jeunes diplômés se font de moins en moins sur des critères
On se prend alors à imaginer la réunion de 107 directeurs marketing autour d’une campagne d’e-mailing massive, de revenus ou de prestige de l’entreprise, au profit de la recherche de sens et d’épanouissement personnel, il faut
analysant chaque mot, chaque tournure de phrase par le prisme de son expérience et de son vécu. De l’exercice, sans doute rappeler que l’art ouvre le monde, et le monde professionnel en particulier à ces nouvelles perspectives.
certes cocasse, ressortirait sans doute bien des pistes pour réinventer les campagnes marketing de l’avenir… "La vraie vie n’est pas absente, elle est intermittente, un éclair dans la grisaille dont on garde ensuite la nostalgie
émue. Ou plutôt, il n’y a pas de "vraie vie" au sens d’une vérité et d’une seule mais beaucoup de vies intéressantes
Diffuser, diffuser, il en restera bien quelque chose… possibles et c’est cela la bonne nouvelle. Ce fut également la noblesse du surréalisme que d’exalter "le merveilleux
quotidien", que de nous inviter à une révolution du regard pour voir notre environnement avec des yeux neufs. La
En somme, ce rapport art/entreprise demande, pour être reconnu par tous, à être exploité dans toutes ses poésie ne se cache pas dans les cieux ou un futur hypothétique, elle est accessible à tous, tout de suite. A l’artiste de
dimensions et à tous les étages. Il faut pour cela convaincre les décideurs de faire entrer l’art dans l’entreprise, nous montrer que la vie dite commune est tout sauf commune, de nous éveiller à sa féérie. Une révolution esthétique
à l’image de cette courageuse expérience initiée par Francis Rousseau, président d’Eurogroup. Ce dernier a est d’abord une révélation qui rajeunit le monde, ouvre sur lui des perspectives inédites. Le quelconque est toujours
invité l’artiste Igor Antic, ancien élève de Daniel Buren, à partager pendant cinq mois le quotidien des consul- l’exceptionnel invisible comme l’exception est un quelconque exhumé." (Pascal Bruckner)
tants d’Eurogroup. Une première dans les pratiques des entreprises. Du haut de son atelier au 21e étage de
la tour Vista, à Puteaux, siège du cabinet-conseil Eurogroup, Igor Antic a observé, décrypté le quotidien des
consultants et a fini par capter et donner forme "à capter l’inconscient collectif du cabinet". Le président justifie
sa démarche en soulignant que "Le travail d’un artiste invite à prendre du recul, à réfléchir à nos métiers et Armelle Weisman / aw@[Link] / [Link]
façons de fonctionner. Cela crée un nouvel espace de critique". Le même président va même plus loin : "Si P : + 33 (0)6 61 13 96 27 / T: + 33 (0)1 55 25 75 07 / F: + 33 (0)1 55 25 75 74
la démarche de l’artiste permet de casser les normes et les règles, c’est bien. Dans un monde où règne la Paris Innovation / 80 rue des Haies, 75020 Paris
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ENTREPRISE 2018
ART/CULTURE & Entreprise2018
ENTREPRISE 2018
ART/CULTURE & Entreprise2018
à l’enseignement du français, celui de la culture générale ainsi que la philosophie et la connaissance
des arts. Le succès de ces formations a été décuplé par leur propagation en formation continue.
Que sont concrètement ces initiatives ? Les modalités selon les besoins des salariés et des entreprises
varient. Quelques exemples donnent à voir la forme que ces actions de terrain vont être amenées à prendre :
• Un atelier annuel d’écriture pour travailler grammaire, orthographe et style dans un premier Art & Culture : un rôle
temps, puis des jeux pour apprendre à rédiger un mémorandum en 30 minutes ou une note de
synthèse à partir d’un grand nombre de sources ;
de plus en plus important
• Des conférences hebdomadaires organisées sur le site d’une grande entreprise informatique.
Pendant trois mois, les salariés vont s’initier à l’art moderne et contemporain. Ils vont par la
dans les entreprises et
même occasion enrichir leurs compétences analytiques et modifier leur appréciation des problèmes
qui se posent à eux au quotidien ;
la vie économique
• Un cycle de conférences fondées sur la littérature et la philosophie permettant une remise en
perspective ludique des connaissances en culture générale. Proposées sur la base du volontariat L’art et la culture vont de plus en plus concerner
à l’heure du déjeuner, ces séances vont offrir aux salariés d’une entreprise excentrée un temps de l’entreprise dans l’avenir, et ont déjà largement
cohésion inter-départements et vont renforcer la culture d’entreprise ;
commencé de le faire, pour trois raisons au moins :
• Un cycle hebdomadaire basé sur le cinéma et les séries télévisées va permettre de faire réfléchir
des cadres d’origines et de formations diverses à leurs pratiques managériales de façon ludique. une raison de méthode : l’art comme pratique est
Cela permet d’enrichir leur vision du management et d’aborder de façon opérationnelle les questions exemplaire de l’innovation si nécessaire aux
qu’ils se posent au quotidien ; entreprises désormais, une raison politique au sens
• Des conférences mensuelles en histoire de l’art orientées sur la représentation du corps humain
de l’art classique à aujourd’hui destinées à des professionnels du secteur médical. Membres des fort, liée à la montée en puissance de la
professions libérales, les participants ont pu se forger une expérience commune lors des ces responsabilité sociale des entreprises. une raison
rencontres qui ont été un moment d’apprentissage et de partage d’expérience dans un contexte "sectorielle" enfin, liée au développement actuel
favorable.
de l’industrie du luxe.
L’ensemble de ces actions menées par les entreprises en faveur de la culture et de l’art favorise au
cours de la décennie à venir le long terme, le travail de fond et l’efficacité discrète d’une pluralité de Une méthode et une attitude
projets modestes et peu médiatiques. Ainsi, l’engagement des entreprises de 2010 dans l’art et la
culture se fait non seulement de manière symbolique mais il est d’autant plus vif et dynamique qu’il L’art et la culture concernent éminemment l’entreprise d’un point de vue méthodologique : la créativité, la capacité
se joue aussi au quotidien et concerne l’ensemble des salariés. d’imaginer l’inimaginable, la capacité à donner forme à ce qui n’est tout d’abord qu’un projet, l’élan vers l’inconnu,
et la sensibilité subtile qui ouvre les horizons des artistes, sont autant de manières de favoriser l’innovation dans les
Eve Lamendour entreprises.
IEMN – IAE Les entreprises sont de plus en plus en soumises à la tension entre la nécessité d’être efficaces de manière visible
Attachée d’enseignement, Doctorante en gestion pour leurs actionnaires et les différentes partie-prenantes, et la nécessité tout aussi radicale, bien que difficilement
Université de Nantes identifiable au quotidien, d’évoluer sur le moyen et le long terme en innovant – que cela soit par une réactivité et une
[Link]@[Link] capacité d’adaptation essentielle à leur évolution dans un environnement de plus en plus imprévisible et changeant,
ou par une capacité proactive d’innovation qui les met à la pointe de cette évolution. C’est sur ce dernier point que l’art
et la culture seront de plus en plus indispensables aux entreprises dans l’avenir : la capacité d’innover et de s’adapter
sans cesse dépend directement de la capacité à entendre, écouter, imaginer un projet, rêver l’inouï, qui caractérise
fondamentalement l’art et la grande culture.
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ENTREPRISE 2018
ART/CULTURE & Entreprise2018
Art et culture encore au cœur des entreprises, car l’illusion d’entités économiques séparées du "reste" de la vie des femmes et des hommes – la vie "politique"
au sens noble du terme – est bel et bien dépassée. Nous vivons à une époque qui appelle les entreprises à jouer de plus en plus le rôle de fédérateurs d’intérêts,
de rassembleurs de femmes et d’hommes en interne comme en externe, de modèles s’il le faut, et en tout cas d’acteurs structurants pour la vie de tous les jours,
maintenant et dans l’avenir. Ces rôles et missions prennent actuellement les noms de "responsabilité sociale", de "développement durable" pour lequel l’économie
a un rôle tout à fait décisif à jouer, et d’éthique. Les entreprises sont enfin de nouveau comprises comme inscrites dans les réseaux complexes et multiformes de la
vie en général, soit de la vie sociale, politique et culturelle.
Un secteur
Le domaine du luxe connaît actuellement une montée en puissance inédite, caractérisée par le déplacement de son économie des vieilles contrées européennes à
l’origine de l’industrie du luxe – par excellence la France et l’Italie – vers les pays émergents dont l’Asie en particulier. Or, le secteur du luxe est à l’origine même
caractérisé par une dominante esthétique, artistique par conséquent et culturelle déterminante. L’industrialisation croissante du domaine n’enlève rien à cette
caractéristique : le luxe doit désormais composer avec la contradictoire tension entre production à grande échelle et culture d’une certaine notion d’élitisme culturel
et esthétique. Or, cette évolution est en harmonie avec certaines des questions structurantes de l’art et de la culture au XXe et au début du XXIe siècle : art de la rue,
cultures du quotidien affrontent la question de l’esthétique du banal et de l’ordinaire, exactement de la même façon que le secteur même du luxe doit désormais
compter à la fois avec l’exceptionnel et une certaine forme d’élitisme qui définit le luxueux désirable, et le répétable, économiquement abordable par toutes et tous,
qui caractérise l’industrialisation du secteur.
Laurent Bibard,
Professeur à l’ESSEC
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BUREAUX / ESPACES
DE TRAVAIL
& Entreprise2018
Quels espaces de travail
Le travail change, le bureau aussi. Les espaces
en 2018
de travail s’adaptent à la mobilité croissante des
salariés. De l’entreprise à la carte au bureau Espace Ressource ?
nomade, de nouvelles façons de vivre au bu- Espace Expérience ?
reau apparaissent. D’ailleurs selon une étude
de Sociovision Cofremca, un salarié moyen ne
Espace Co-créatif ?
passe guère plus de 40 % de son temps de tra-
vail dans son bureau au profit de réunions, dé- Nous sommes entrés dans l’économie du savoir, où l’avantage concurrentiel d’une entreprise réside dans les compétences et talents de ses employés
placements, discussions entre deux portes – Capital Intellectuel – et dans les relations qu’ils tissent – Capital social – afin de créer de la valeur ajoutée. L’interaction, le travail en réseau – et
ou devant la machine à café. Aussi le moment notamment les réseaux sociaux informels basés sur la confiance – la collaboration, la co-création, l’animation participative et les modes de travail
est-il bienvenu pour penser de nouveaux espaces collaboratifs préfigurent ce que sera le travail à l’avenir. Quelques tendances se profilent depuis quelques années, telles :
propices au travail tout en restant humains et
• la diminution de l’espace individuel attribué aux collaborateurs,
conviviaux…
• l’augmentation des espaces dédiés au travail en équipe et au travail collaboratif,
• l’augmentation du télétravail et des modes de travail flexibles,
• l’usage généralisé des technologies permettant le travail à distance, la collaboration et la connectivité permanente,
• l’apparition de nouvelles situations et lieux de travail,
• et plus globalement une prise de conscience du rôle que l’espace peut jouer dans la stratégie de l’entreprise.
Progressivement, un glissement s’opère dans lequel l’espace de travail n’est plus uniquement considéré sous un angle purement financier et des
critères de rentabilité. En premier lieu, il contribue à la performance des collaborateurs par la prise en compte de leurs besoins et de leur bien-être
physique et psychologique. Dans un second temps, il peut être considéré comme une ressource dans l’atteinte des objectifs organisationnels,
et enfin être le lieu d’une expérience positive, dépositaire d’une valeur d’estime et d’usage supérieure. Dès lors sa conception intègre des prin-
cipes de design (notamment le co-design, la co-création ou les méthodologies participatives) qui permettront de le doter de nouvelles formes,
fonctions et rôles.
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
Rentabilité Performance Ressource 2018 ? Du contrôle à la co-création
"efficiency", effectiveness, Levier dans l’atteinte Expérience Années 1990-2000 Années 2000 Année 2018
optimisation des coûts, "productivité", des objectifs et valeur d’usage
Modèle • Individu • Equipes • Réseaux relationnels et informels
critères quantitatifs critères qualitatifs organisationnels supérieures
organisationnel • Hiérarchies • Matrices • Communautés de pratique
• Cercles de connivence
• Réseaux sociaux virtuels
En 2018, on peut imaginer que les espaces de travail : • Coopérations faibles
• favoriseront l’innovation et la création de valeur ajoutée,
Management Par le contrôle Par objectifs Par la confiance
• faciliteront la communication, l’interaction, la collaboration et la co-création,
• seront un levier d’attraction et de fidélisation des talents et des collaborateurs, Qui ? • Des cols blancs • De nouveaux cols / tra- • Travailleurs du savoir co-créatifs
• faciliteront la création de connaissances nouvelles, la gestion des connaissances et des qui administrent vailleurs du savoir blancs • Créatifs culturels
et exécutent • qui initient, sont force de • Auto-entrepreneurs
savoirs (l’apprentissage, la transmission, le partage des connaissances explicites et tacites),
proposition, qui créent de • Free agents créatifs
• permettront d’optimiser les processus de travail, d’accélérer prise de décision la valeur
et mise en œuvre, • Des Indépendants / free
• favoriseront l’accompagnement du changement, lance
• permettront à quatre générations, aux attentes et aux aspirations très différentes de travailler
Mode relationnel COMMUNICATION INTERACTION COLLABORATION ET CO-CREATION
ensemble,
Modes de travail Je communique Nous interagissons • Nous co-créons
• accueilleront une diversité de modes de travail, de culture et d’origines. • Traiter • Développer • Innover
• Créer • Construire • Dépasser
L’environnement de travail de GOOGLE à Zürich, inauguré en mars 2008, constitue un point • Communiquer • Interaction • Collaborer / Co-élaborer
de départ intéressant. Jamais un espace de travail n’aura été autant médiatisé sur le net et
Quoi Tâches individuelles Process / Projet Innovation et dépassement
volontairement présenté comme un outil de management. Ainsi, les objectifs liés à cet espace Travail en équipe Dynamiques informelles
de travail furent clairement d’attirer et de retenir les collaborateurs les plus talentueux, de favoriser Travail en réseau (organisationnel,
l’interaction et le travail collaboratif, d’assurer un confort et un bien-être suprême, et de créer informationnel, relationnel)
toutes les conditions d’une expérience à nulle autre pareille. Cabines de massage, salle de
Espaces Reflète la hiérarchie et Organisé autour des équipes Levier dans l’atteinte des objectifs
gym, lounges qualitatifs, salons de réunion cosy, bulles pour travailler seul et se concentrer l’organigramme et des activités. organisationnels.
ou travailler en petits groupes (dans des cabines de téléski redécorées ou dans des igloos Les employés étaient Autonomie croissante des Recherche d’un équilibre entre travail
tropicalisés). Ce lieu, co-crée avec les futurs collaborateurs, peut légitimement se targuer d’être plus ou moins "enchaînés" salariés, avènement du individuel, travail en équipe, travail
une référence, tant en matière d’espace vecteur de l’identité de l’entreprise (espace Marque ou à leur poste de travail. travail en équipe projet, en réseau. L’espace devient un outil
encore "branded spaces") qu’en matière "d’espace-expérience". Les organisations d’organisations matricielles stratégique, il permet d’innover,
étaient structurées de et transversales. On crée des d’attirer et de retenir les meilleures
façon pyramidale et la espaces dédiés au travail en compétences, il faorise la collaboration,
communication très équipe en plus des espaces il renforce les réseaux sociaux
formelle. Les espaces individuels. On augmente la informels qui créent de la valeur
respectaient la structure proportion d’espaces partagés ajoutée et optimisent les processus,
hiérarchique avec des et d’espaces propices à il accélère les prises de décisions,
bureaux individuels et l’interaction. il permet de se ressourcer, de se
des salles de réunions former, de s’épanouir et d’être créatif,
formelles. il est vecteur d’image, il facilite les
différents process, il permet à des
personnes de culture différentes de
travailler ensemble.
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
L’espace traditionnel s’efface progressivement
Traditionnellement, l’espace de travail reflète la structure organisationnelle de l’entreprise. Ainsi, la hiérarchie, l’organigramme,
le statut déterminent l’attribution de l’espace, l’allocation des surfaces, le type de mobilier. Chaque personne dispose
d’un poste de travail attitré, qui répond à la totalité des besoins quotidiens de son utilisateur. Ce type d’espace, s’il un lieu statique, où les mobiliers sont impossibles à déplacer. Il s’agit – par le design des
est décrié aujourd’hui et considéré comme un frein à la communication, l’interaction et au travail en équipe, reste solutions et équipements – de permettre de tenir dans le même espace une réunion formelle,
parfaitement adapté aux services où la présence au bureau est nécessaire et la structure hiérarchique complexe. La un brainstorming devant des panneaux géants, une présentation multimédia, une session de
priorité y est donnée à l’espace personnel. Les réunions se déroulent de façon formelle dans des salles de conférence formation, des sessions de travail en sous-groupe, et de permettre le passage instantané d’un
cloisonnées ou dans des zones dédiées. Il peut être également être décliné dans des espaces cloisonnés, semi-ouverts mode de travail à un autre.
ou ouverts. En mode cloisonné, les managers disposent de bureaux individuels, les collaborateurs de bureaux pouvant
accueillir de 2 à 4 personnes. Un tel aménagement offre un confort acoustique et une privatisation optimale pour la De même, le travail en équipe, qui devient une des formes majeures de l’organisation du
concentration. En mode ouvert, l’espace traditionnel offre des groupes de quatre à huit postes et quelques bureaux travail, demande à ses participants un travail à la fois individuel et collectif, une grande
cloisonnés. Cet aménagement améliore la communication et le partage spontané d’informations grâce à la proximité réactivité et une forte créativité. Le passage permanent du travail individuel au travail collectif, ainsi
et le rapprochement des personnes. que la différence d’activités au sein même de l’équipe, requièrent de repenser la conception et
les fonctions de l’espace. Selon le type d’équipe, ses besoins et ses ativités, on peut imaginer
Dès les années 90, les entreprises furent confrontées à l’avènement de la mondialisation, aux nouvelles technologies des espaces spécifiques. Une équipe de centre d’appel n’aura pas les mêmes besoins, modes
de l’information et de la communication, à la nécessité de réinventer de nouveaux modèles organisationnels et modes d’organisation et espaces qu’une équipe-projet.
de management. Le démantèlement des pyramides hiérarchiques amena des organigrammes plats, des structures
transversales ou matricielles, le développement du travail en équipe et en mode projet, ainsi qu’une autonomie
croissante donnée aux collaborateurs. De manière plus plus fondamentale encore, c’est la relation de l’entreprise à ses Exemple de d’aménagement d’un espace-projet
collaborateurs qui s’en trouve transformée. De l’administration du personnel à la gestion des ressources humaines,
cette relation devient plus complexe : l’employabilité pose véritablement le défi pour les employeurs de veiller à l’avenir Une équipe-projet réunit au sein d’un même espace et autour d’un même objectif des individus
au maintien de la capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies de compétences différentes, pluridisciplinaires et complémentaires. Ils dépendent fortement
et des organisations. L’autonomie et la plus grande liberté d’action donnée aux collaborateurs sont les clés d’une les uns des autres et l’interaction spontanée, immédiate, l’échange d’idées et la circulation
motivation, d’un engagement et d’une implication nouvelle. des informations sont essentielles dans la conduite de leur projet. Toutes les formes d’échanges
formels ou informels, sont indispensables au travail de l’équipe : réunion, brainstorming,
De manière globale, les évolutions des modes de travail mettent l’accent sur le développement des compétences individuelles, collaboration à 2, à 3, 4, ou encore le coaching. Le travail en équipe projet devra prendre
qui devient un élément clé des processus de travail de l’entreprise et la reconnaissance des collaborateurs comme en compte :
seule véritable avantage concurrentiel. Chaque collaborateur voit les limites de sa fonction évoluer, il peut s’insérer de
façon plus dynamique dans les projets et les processus de l’entreprise. Dès lors l’aménagement de l’espace n’est plus • l’évolution du nombre de membres de l’équipe dans le temps,
principalement dicté par un schéma hiérarchique, mais résulte de l’analyse des besoins et des activités des individus, • l’importance de la mobilité des membres de l’équipe,
des équipes et des groupes. L’espace est organisé de manière à ce que les processus puissent se dérouler de la manière • l’équilibre entre travail individuel et dynamique de groupe,
la plus performante. Il s’agit de faire le lien entre l’organisation, sa culture, son métier, ses modes de travail et ses espaces. • l’accueil de partenaires, fournisseurs, sous-traitants tout au long du projet.
L’aménagement doit donc être en cohérence avec l’organisation de l’entreprise, structuré par pôles d’intérêts, par activité,
selon le métier, et non plus selon le statut. Soit une véritable prise en compte des fonctions de l’environnement de L’aménagement d’un espace-projet peut donc être organisé en fonction du type d’activités
travail. L’accroissement de l’autonomie des collaborateurs engendre des initiatives et exigences importantes quant au à accomplir. Basé sur un principe d’interaction maximum, un lieu est donc attribué à l’équipe,
bon fonctionnement et la souplesse d’utilisation de leur lieu de travail. Ainsi une salle de réunion ne peut plus être constituant un espace partagé et évolutif selon les besoins. Pensé comme un support de
l’équipe pour atteindre ses objectifs, ce type d’espace doit permettre un équilibre entre travail
individuel et collectif. Il facilite l’interaction, la création, ainsi que l’échange d’idées et d’information.
L’espace projet comporte des zones attribuées aux individus et des zones d’activités
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
partagées. La zone centrale, qui permet d’organiser de multiples formes d’échanges est au La conception d’un aménagement par activité repose sur le principe d’un espace optimisé pour un type d’activité.
cœur de l’activité de l’équipe. Les postes attribués sont placés en périphérie, afin de favoriser Ainsi les collaborateurs se déplacent d’un espace à un autre selon la tâche à effectuer. L’aménagement se compose
la concentration et le travail individuel. La fonctionnalité de ces postes répond précisément d’une variété d’espaces différents incitant les utilisateurs à se déplacer selon qu’ils aient besoin d’un bureau cloisonné
aux besoins de l’activité principale de l’utilisateur (créer et traiter). Ces postes compacts confortable pour des travaux de concentration, ou d’un poste de saisie informatique en libre service ou d’une salle
peuvent être complétés par des tables nomades nécessaires à la collaboration informelle et de réunion. Les utilisateurs résidents dont l’activité est essentiellement individuelle disposent d’un poste attitré. Pour
spontanée à 2 ou à 3. Les panneaux mobiles permettent à chaque individu de déterminer le les autres utilisateurs, la mobilité permet de prolonger le territoire de travail à l’extérieur de l’entreprise (bureaux sa-
niveau de privatisation et d’interaction souhaitée. L’aménagement permet de gérer la croissance tellites, travail à domicile) et joue un rôle d’accélérateur dans les échanges d’informations. Sur le site, les travailleurs
de l’équipe : les frontières de l’espace d’équipe se reconfigurent facilement tout au long du nomades disposent de postes non-attribués en libre service ou réservables. Pour ces travailleurs nomades, une forme
projet grâce à la mobilité des éléments nomades (tables, panneaux, rangements, panneau de territoire personnel est maintenu par des rangements mobiles attribués, des cases courrier. Il importe également
d’affichage). Les postes d’appoint permettent d’accueillir de nouveaux membres ou des qu’ils puissent avoir le maximum de contacts et d’échanges informels avec les collaborateurs résidents. Le nombre de
prestataires externes pour une durée limitée. Les espaces partagés comportent une zone centrale postes de travail est inférieur au nombre de collaborateurs, mais la capacité d’accueil est plus importante grâce à la
ouverte et flexible qui incite à l’interaction spontanée, où le mobilier nomade permet de multiplication des espaces de réunions et des espaces de convivialité qui stimulent les interactions spontanées. Les
multiples reconfigurations. Ainsi des activités différentes, avec des durées variées peuvent différents espaces sont également conçus en fonction de la durée et de la fréquence d’occupation.
être menées. La mobilité des éléments nomades permet de passer rapidement d’une activité
à une autre. Cette zone répond véritablement à des besoins collectifs, notamment en matière
de présentation, d’expérimentation, de sessions de création et de partage d’information. Des Quels espaces pour le travail 2018 ?
espaces cloisonnés sont réservés pour des activités ponctuelles : nécessitant beaucoup de
concentration (cellule de concentration individuelle), exigeant de la confidentialité dans la La maîtrise des processus d’innovation, le développement du capital intellectuel de l’entreprise, le partage des savoir-faire
prise de décision ou le coaching (bureau du chef d ’équipe), demandant un meilleur confort, entre collaborateurs sont les nouvelles clés de la performance des organisations du XXIe siècle. Au delà des activités
une intimité acoustique et visuelle pour le partage d ’informations sensibles et les échanges formelles, l’espace a vocation à supporter des processus informels et relationnels qui constituent le fonctionnement
en toute confiance (telle une réunion formelle lorsque l ’équipe présente l’avancement du tacite de l’organisation, ainsi que les nouveaux modes de travail en réseau. Travailler devient coopérer au sens le plus
projet à d ’autres services de l’entreprise). large. Le travail en équipe continue de croître, de plus en plus de visiteurs, de consultants, et de clients sont présents.
Priorité est donnée à la collaboration, le partage des connaissances et la mobilité. L’espace de travail devient le lieu
privilégié des activités collectives et surtout des échanges facilités. Il s’agit de favoriser à la fois les activités explicites
L’aménagement d’un espace par activités et les dynamiques informelles et tacites par une variété d’espaces et notamment d’espaces de socialisation et de
transmission de savoirs. L’aménagement privilégie les espaces accessibles au plus grand nombre d’utilisateurs. Ces
L’avènement des technologies de l’information et de la communication et les évolutions des derniers peuvent disposer de salles de réunion polyvalentes, se détendre dans des espaces propices à la contemplation
modes de travail donnent régulièrement l’opportunité de s’interroger sur un avenir où le bureau- et à la prise de recul, ou dans des zones plus ludiques, ou encore s’isoler dans des bulles de concentration. Les zones
espace physique disparaitrait pour nous permettre de travailler n’importe où. L’espace physique ludiques sont conçues pour que les personnes puissent se détendre et décompresser. L’espace de contemplation
entrerait donc en compétition avec l’espace virtuel ou informationnel, ou selon la formule quant à lui favorise la détente physique et morale, il permet de se ressourcer et peut également servir d’espace de
d’un fabricant d’ordinateur portable, "qu’importe le bureau, pourvu que l’on soit connecté". Par réflexion. Tous ces espaces permettent d’équilibrer travail et socialisation et soulignent l’importance de l’interaction
ailleurs, la notion de bureau mobile renvoie à la fois à l’environnement physique du travailleur informelle pour créer des relations de confiance entre les individus. Les travailleurs nomades, les clients, ou tout autre
nomade et à un environnement logiciel. Il parait logique de travailler là où cela fait du sens, visiteur disposent également d’une variété d’espaces (zone dédiée comportant des postes de travail, des salons, un
de repenser la conception des espaces de travail afin qu’ils permettent aux différents profils lounge ou un café, un espace reprographie, des salles de réunion). Ils peuvent ainsi travailler seul en attendant un
d’utilisateurs de travailler efficacement et d’offrir une infrastructure qui soit supérieure à celle rendez-vous ; travailler en binôme ou en groupe avec des personnes internes ou externes à l’organisation et réaliser
que l’on pourrait trouver ailleurs. L’aménagement d’un espace par activité reflète cette double des travaux en commun de courte, moyenne ou longue durée. Un consultant peut ainsi disposer d’une zone privée et
logique d’une ressource pour les utilisateurs et les différentes fonctions de l’entreprise. confidentielle pour la durée de sa mission. Les utilisateurs en permanence sur le site peuvent disposent de postes attitrés,
regroupés au sein de zones plus privatives. L’aménagement aura véritablement pour vocation de faciliter l’appropriation
des espaces par les utilisateurs, de supporter les réseaux informels qui au delà des structures fonctionnelles permettent
à une entreprise d’innover, de développer plus rapidement produits et services, d’accroître son capital intellectuel,
d’attirer et de retenir les compétences et les personnalités les plus talentueuses et les plus dynamiques.
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
Une proportion d’espace plus importante dédiée à la collaboration et aux modes de travail collaboratifs ne sauraient
cependant faire oublier que l’être humain a besoin de disposer d’un espace personnel, ou pour le moins d’un point
d’ancrage. Un tel territoire :
• l’assure de son appartenance et de son intégration à un groupe ou à une entité, peu d’originalité dans l’architecture intérieure). L’importance des échanges informels et de
• respecte ses besoins physiques (travail dans les conditions d’ergonomie adaptées) et psychologiques (rôle du travail, du l’interaction spontanée n’y est guère prise en compte alors qu’elle est source d’innovation.
poste de travail et de l’environnement de travail au sens large dans la construction de l’identité), Les espaces ne permettent pas de passer en un instant d’un mode de travail individuel à
• joue un rôle structurant dans une période de changement permanent et de perte de repères, un mode de travail collectif et sont rarement reconfigurables. Ils n’offrent pas une variété de
• lui permet de sécuriser ses objets personnels et professionnels, zones pouvant accueillir différents modes de travail (se concentrer, se détendre, se ressourcer,
• lui permet de se connecter à différents réseaux et d’accéder à de multiples ressources. rechercher des informations, échanger informellement). Les équipements technologiques
s’ils permettent d’afficher des informations, en revanche n’en favorisent pas le traitement, la
L’aménagement 2018 pourrait donc être un aménagement où les utilisateurs disposeraient au-delà d’un territoire création d’une vision partagée, la fertilisation croisée, la synthèse créative, la pensée latérale,
personnel de la liberté de gérer flux d’information et niveau d’interaction. Par la mise en œuvre de diverses technologies, systémique ou multidisciplinaire. De larges surfaces d’affichage permettraient par exemple de
mobiliers et typologies d’espaces, les collaborateurs pourraient déterminer le niveau de privatisation ou la confidentialité stimuler la production d’idées et de faciliter la construction d’une vision partagée. L’utilisation
selon leur besoin, choisir quand, ou et comment ils échangent avec d’autres personnes. Il s’agit également de respecter de logiciels de mapping faciliterait également le partage de différents cadres de référence,
un besoin d’intimité, de ne pas être en permanence observé, distrait ou dérangé sans qu’on le souhaite. la production de nouvelles idées, leur structuration ainsi que l’accélération de la prise de
décision.
Créer les conditions de la confiance et de la co-création Créer les conditions d’une collaboration efficace repose également sur la maîtrise de méthodologies
participatives et de modes d’animation spécifiques. En effet, créer de la valeur ajoutée
A l’ère de la communication instantanée, des réseaux sociaux et des travailleurs mobiles, il devient fondamental de ensemble et collaborer n’est pas inné. Les méthodologies participatives sont un ensemble
distinguer la collaboration d’un mode d’échange renforcé. La collaboration est en effet un processus bien plus intense de techniques précises et éprouvées qui stimulent la créativité et la réflexion collective. Elles
et plus exigeant que la coopération. Il est plus difficile à établir et requiert de la confiance, de l’empathie, une vision favorisent une expérience intense qui amène à une vision partagée, une co-création de
partagée et un engagement dans l’atteinte des résultats. Le véritable travail collaboratif est rare. En effet, il ne se limite solutions et une mise en action collective. Elles peuvent s’articuler autour de phases de travail
pas à un échange ou un partage d’information renforcé. Son essence réside en ce que chaque interlocuteur permet à individuel, de travail en sous-groupe, de phases de restitution et de partage. L’utilisation de
l’autre, aux autres de créer de la valeur ajoutée. Ainsi collaborer c’est donner à l’autre les moyens de contribuer à l’atteinte ces techniques d’animation participatives sont garantes de la possibilité donnée à chaque
des objectifs. De manière plus imagée, c’est un joueur qui permet à son co-équipier de marquer le but. Ou encore un collaborateur de s’exprimer et de créer de la valeur ajoutée. En effet, la réflexion et la production
acteur qui au-delà d’incarner son personnage permet à ses partenaires d’exprimer tout leur talent. La collaboration ne d’idées en mode individuel précédant le travail en sous-commissions permet à l’individu
se décrète pas, elle requière du temps, une écoute, un partage. Selon Laurence Prusak, Directeur de l’institute IBM pour d’être force de proposition et de contribuer à la dynamique de groupe. L’application de ces
le Knowledge Management : “Sans interaction en face à face, de manière informelle, afin de développer une relation de méthodologies à des projets complexes détermine non seulement la qualité et le nombre
confiance, de partager un cadre de référence ou un contexte, de se confronter expériences, de développer un vocabulaire de solutions générées, mais est garant de l’appropriation des plans stratégiques ainsi "co-élaborés"
commun, de se comprendre, une sorte d’entropie vous gagne et vous perdez toute dynamique. Vous aurez certes des et de la motivation des collaborateurs à les mettre en œuvre. On peut imaginer que les
échanges, mais vous n’aurez pas de réel partage d’information ou de savoirs, vous n’aurez pas de création de valeur méthodologies participatives permettront aux modes collaboratifs de se diffuser bien plus
ajoutée, de nouvelles idées ou de solutions inédites." largement en ce qu’ils seront appréciés dans leur dimension de co-création et de co-action.
Peu d’aménagements, de mobiliers ou équipements concourent à créer des espaces fonctionnels et dotés d’un confort La co-création serait une approche permettant véritablement de repenser la conception, d’optimiser et
minimum afin de favoriser la collaboration. En effet, ils ne contribuent guère au bien-être physique et psychologique, d’accélérer la réalisation de projets de transformation, à travers des méthodologies innovantes,
à créer une atmosphère source de motivation et d’inspiration, à provoquer la surprise, voire des états "disruptifs" qui créatives et participatives. Appliquée à la conception des espaces, la co-création n’aurait pas
amènerait des solutions radicalement innovantes. Bien souvent, il s’agit de s’adapter à l’environnement (éclairage pour but de stimuler la créativité dans l’absolu ou d’enseigner aux collaborateurs les bienfaits
standard, salles aux murs aveugles, sans correction acoustique, accès peu aisé aux réseaux, pauvre qualité de l’air, du travail en groupe. Son objectif serait véritablement de produire un ensemble de solutions
et de propositions, ainsi qu’un plan de mise en œuvre effective. La co-création permettrait
donc la conception d’espaces de travail prenant en compte la culture et les valeurs, le système
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
de représentation de l’entreprise et également ses aspirations à une transformation et un changement positif pour tous. De nouvelles fonctions
Idéalement, toutes les possibilités d’intervention sur la ressource spatiale (mobiliers, éclairage, tableaux interactifs,
objets et matériaux, acoustique, personnalisation) illustreraient le passage des collaborateurs d’un statut passif à un rôle Les espaces de travail pourraient donc être construits autour de nouvelles fonctions afin
actif. Au-delà d’optimiser les différents modes d’animations, espaces et équipements auraient vocation à servir de catalyseur de créer une expérience particulière. Les déterminants de cette expérience ne seraient donc
et à créer et faire vivre une expérience qui soit un vecteur de transformation pour les collaborateurs. L’environnement pas uniquement des équipements, mais bien les hommes, les méthodologies participatives
deviendraient source d’inspiration, il permettrait de prendre du recul, d’ouvrir de nouvelles perspectives, il stimulerait et la ressource spatiale. Cinq dimensions pourraient être prises en compte : les fonctions
la créativité, il contribuerait à l’épanouissement. Les collaborateurs pourraient se détendre, se ressourcer, explicites, les fonctions tacites, les fonctions expérimentales, les fonctions sensorielles, les
expérimenter, se former, découvrir, explorer, ressentir, s’inspirer, s’étonner, échanger, se remémorer, fonctions symboliques.
élaborer, créer. Les ambiances lumineuses, visuelles, musicales varieraient selon les activités, les styles de travail et 1/ La dimension explicite : le besoin est exprimé de façon fonctionnelle et fait par exemple
les souhaits. Les collaborateurs auraient toute latitude pour aller rechercher de l’information dans les bases de données, appel à des équipements classiques (sièges, tables, dessertes etc.).
utiliser les chemins de méditation ou les bulles individuelles pour se concentrer, déambuler le long de chemins de 2/ La dimension tacite : le besoin est latent, non exprimé mais a été observé : il s’agit par
conversation pour échanger selon des modes différents comme l’attention flottante, qui permet une autre écoute. exemple du détournement d’un mobilier pour l’adapter à une autre fonction que celle
assignée au départ. Il peut s’agir aussi d’un utilisateur se recréant une bulle exprimant
Elaboration d’idées, de stratégies, analyses, évaluations, synthèses, expérimentation, exploration, itérations, découvertes, ainsi un besoin de privatisation ou de confidentialité.
choix, recherche d’un consensus, alignement, construction d’un plan d’action, appropriation. La co-création pourrait 3/ La dimension expérimentale : il s’agit d’inciter les utilisateurs à s’approprier et à expérimenter
permettre d’aborder les activités et le travail sous de nouveaux angles , par l’apport de nouvelles disciplines, telle des mobiliers et des artefacts innovants, inventant de nouveaux usages, de nouvelles
l’anthropologie ou les sciences cognitives. fonctions ; provoquant une expérience de "disruption ", encourager à penser "out of the box".
4/ La dimension sensorielle : la prise en compte des 5 sens, des perceptions (choix
Ainsi la recherche de l’état de "flow "pourrait ouvrir de nouveaux horizons dans la conception des espaces. D’après les des matériaux et finitions, "effets de surprise", objets insolites), le confort physique et
recherches du psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, le "flow", imparfaitement traduit par l’état de flux ou encore l’expérience psychologique, le recours à la réalité augmentée permettent de stimuler les processus
optimale de bonheur peut être défini la la manière suivante : cognitifs, l’apprentissage et insufflent une nouvelle inspiration.
• En état de “flow“, nous sommes complètement à ce que nous faisons, engagés, concentrés, que cela soit dû à notre 5/ La dimension symbolique : les qualités de l’environnement renvoient à l’imaginaire et à
curiosité intellectuelle ou le résultat d‘un apprentissage. des univers de représentation symbolique, et transforment le regard des utilisateurs sur
• Nous vivons une sorte "d‘extase“, comme si nous étions en dehors de notre réalité quotidienne habituelle. leur environnement de travail.
• Nous ressentons une grande clarté, une fluidité, une maîtrise parfaite quand à ce qui doit être accompli et la manière
dont nous progressons. L’Espace L’Espace L’Espace L’Espace L’Espace
• Nous savons que ce que nous faisons est réalisable, que nous avons les compétences et les talents nécessaires et nous Ressource Marque Expérience Durable Co-créatif
ne sommes ni anxieux ni gagnés de temps à autre par l‘ennui.
C’est un outil Il est l’expression Basé sur Porteur d’un Il permet la
• Nous sommes emplis d‘un sentiment de sérénité. Nous n‘avons aucune inquiétude, ni ne ressentons une toute puissance au service de la culture, l’expérimentation, projet collectif , mise en oeuvre
euphorique bien que nous évoluions vers des solutions que nous n‘aurions jamais imaginées. des objectifs des valeurs, l’alliance du réel basé sur le lien de nouvelles
• Plongés dans notre activité, nous ne voyons pas le temps passer et vivons une expérience particulière et mémorable. organisationnels de l’imaginaire et du virtuel, la social, le respect formes de travail
de l’entreprise, de l’entreprise. réalité augmentée, de l’environne- participatives
d’optimisation de C’est un espace l’intelligence ment, ethique, et co-créatives,
la performance. signature, outil de ambiante, l’effet humaniste, qui stimulant la
C’est un espace communication, de surprise, privilégie la créativité,
de services, de d’inspiration et l’étonnement, transmission l’ntelligence et le
continuité du de motivation la disruption, de savoirs et de génie collectif.
business et de par l’image de le jeu. savoir-faire.
sécurité. marque.
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ENTREPRISE 2018
BUREAUX / ESPACES DE TRAVAIL & Entreprise2018
Des bureaux 2008 aux environnements 2018
Ni Google, ni aucune étude, ou recherche d’envergure ne saurait démontrer une corrélation inattaquable
entre la qualité de l’espace de travail et la performance de l’entreprise. En revanche, il est indéniable que
la conception d’un nouvel aménagement est bel et bien un projet complexe requérant un management
spécialisé et l’intervention de nombreux experts. Aménager n’est pas disposer le maximum de bureaux
dans le minimum d’espace. Ou encore de faire fonctionner une organisation dans un bâtiment, en intégrant la
technologie et en tenant compte du métier de cette entreprise et des attentes de ses collaborateurs. Si quatre
Bureaux : Cinq
expertises majeures doivent être conjuguées afin de concevoir un espace – de la logique immobilière, à
la logique organisationnelle, en passant par la logique technique (flux et machines) et la logique d’image
tendances émergentes
– l’espace renvoie également à une réalité essentielle : sa représentation dans l’esprit et la perception des Maire de New-York et grand défenseur des espaces de travail ouverts, Michael R. Bloomberg défend
utilisateurs qui y vivront au quotidien. que "l’implantation des bureaux reflète la culture d’une organisation, et de plus en plus, elle reflètera
l’état de notre économie"*. De fait, de plus en plus de concepteurs d’environnements tertiaires se
C’est pourquoi on pourrait envisager d’une part de se séparer du mot bureau (source par ailleurs de rendent à l’évidence que ceux-ci doivent d’abord être alignés sur les dimensions essentielles struc-
confusion, puisqu’il désigne à la fois l’immeuble, l’espace de travail, la pièce de travail, le poste individuel turant le fonctionnement des entreprises**. Les options esthétiques conservent une place***, mais
ou encore le meuble) pour utiliser de façon plus large la notion d’environnement de travail. Et d’autre part, elle s’affirme secondaire en comparaison des besoins de supporter les processus de production,
de co-créer des solutions avec les personnes qui seront amenées à y vivre et y travailler, afin qu’elles stratégies de développement, ressources humaines et systèmes de reconnaissance. L’évolution de la
soient acteurs et ambassadeurs des décisions prises. Un environnement serait à la fois un lieu physique nature même du lieu de travail, de sa localisation comme de son rôle, adopte des voies qui souvent
et virtuel qui allierait trois dimensions : semblent paradoxales, voire contradictoires. A quoi ressemblera le bureau de 2018 ?
• des utilisateurs, leur créativité et intelligence collective,
• des activités et des processus participatifs et co-créatifs, • Des technologies de l’information et de la communication convergentes, omniprésentes, voire op-
• des ressources spatiales et des équipements. pressantes, ou bien simplificatrices des procédures et libérant enfin la créativité tout en favorisant la
productivité ? Chacun transportera son bureau dans sa poche et donc ne le quittera jamais vraiment
En s’inspirant de Dammasio dans son ouvrage "L’erreur de Descartes", on pourrait imaginer que les et il faudra beaucoup de volonté pour s’assurer d’un bonne équilibre de vie et travail. D’un autre
environnements 2018 soient des lieux et des situations porteurs de sens, des expériences enrichissantes coté, l’idée du "bureau itinérant" ne vient-elle pas en contradiction avec la remise en question
alliant intelligence rationnelle, intelligence émotionnelle, intelligence sensorielle et intelligence relationnelle. sérieuse de l’automobile à tout faire et l’encouragement au plus grand usage des transports en
Et que l’Humain soit par la co-création réellement au cœur de leur processus de conception. commun ?
Françoise Bronner • Des infrastructures physiques toujours plus imposantes ou la reconquête de l’espace urbain
Journaliste, créatrice de CREATRICKSTER et SE DESIGNS traditionnel ? En 2008, la course au gigantisme bat son plein dans le secteur des immeubles de bureau,
francoisebronner@[Link] tant à La Défense qu’à Shanghai, Dubaï ou Moscou, mais ces constructions éloignent souvent
les équipes des centres-villes. Ainsi presque quotidiennement, une grande entreprise parisienne
annonce le regroupement de ses services dans un nouvel ensemble localisé en périphérie, voire en
grande banlieue. Cela satisfait au souci des aménageurs et peut permettre un fonctionnement plus
rationnel. L’impact des tensions sur l’énergie, l’attachement de nombreux personnels à l’ambiance des
quartiers animés aux commerces nombreux et opportunités de rencontres fortuites conduira-t-elle en
2018 à un retour massif de plates-formes de rencontres aux centres des villes ?
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• Un entassement grandissant de véritables masses "d’employés de bureau" ou la généralisation du
travail à domicile assorti de lieux de rencontres dans les univers virtuels et parfois autour d’une véritable
table en chêne ? Si aux Etats-Unis, des IBM, Microsoft ou Safeco réussissent dans leur incitation à
maintenir chez eux de nombreux salariés, le mouvement peut-il vraiment se généraliser dans une
Europe à l’habitat plus exigu et au souci de socialisation au travers du lieu de travail plus marqué ?
Les nombreuses "distractions" du domicile ne réclame-t-elle pas de l’employé une considérable
discipline individuelle, ainsi que des systèmes d’évaluation de performance moins subjectifs que ceux
encore en place ? Jusqu’où pourra-t-on se projeter dans des mondes artificiels, tels que Second Life
et d’autres, et produire de la relation de travail fructueuse au travers d’avatars ?
• Multiplication des petites boîtes fermées ou espaces ouverts favorisant les échanges mais réduisant
l’intimité ? C’est sans doute Frank Lloyd Wright qui a le plus contribué à diffuser le concept d’espace
ouvert de travail au travers de sa conception très remarquée, au début du vingtième siècle, du siège de
l’entreprise Johnson Wax à Racine dans le Wisconsin. Dans ce lieu mythique, aujourd’hui désaffecté,
on peut observer l’alignement des piliers de béton évasés vers le haut soutenant la structure du toit
plat et censés représenter un bois dans lequel s’essaime une longue séries de bureaux identiques.
Autorisant les agencements les plus flexibles et un niveau élevé de productivité des surfaces, favorisant
l’intégration d’informations de sources multiples dans les projets complexes et positivement perçu par
les jeunes talents juste sortis d’écoles, les plateaux de bureaux sans cloison ni distinction de statut
des utilisateurs divers se sont assez naturellement répandus dans les télécommunications, siège de
Bouygues Telecom parmi bien d’autres, ou le conseil, ancien quartier général d’Accenture sur les • Le bureau comme lieu de contrainte, voire d’hostilités, ou espace privilégié d’expression et de
Champs-Elysées par exemple. Du moins en France, l’attachement à l’espace privé, pour des motifs de sérénité ? La recherche permanente d’une performance des organisations toujours plus élevée
représentation, de possibilité de meilleure concentration, ou le simple souci de bien-être, est réapparu induit une montée des tensions dans les entreprises. Les témoignages, études et statistiques de
en force. Ainsi des alignements de quantité de bureaux fermés, souvent desservis par d’interminables santé publique le dévoilent assez clairement. La crainte de désormais fréquentes délocalisations
couloirs ont repris position dans de nombreux immeubles. En 2018, allons-nous continuer à fermer d’activités tertiaires, le développement général d’une plus grande précarité de l’emploi, la
nos portes ou au contraire favoriser l’ouverture aux échanges, aux idées, voire aux émotions ? concentration des heures durant sur les écrans des ordinateurs, ou tout simplement les directives
elliptiques d’un management lui-même troublé accentuent le stress déjà inhérent à tout travail
exigeant. Les entreprises "ordinaires" vont-elles tenter de compenser ce phénomène qui peut
devenir contre-productif en généralisant le recours à l’évaluation de la santé émotionnelle des
personnels, à la manière de Qantas, Sanofi-Aventis ou certaines filiales de BMW ? L’agence
de publicité londonienne Iris Worldwide n’a-t-elle pas créé en son sein une fonction de "Chief
Happiness Officer" alors que le cabinet d’avocat californien PLA Piper a entraîné la totalité
de ses 400 employés pour une journée à Disneyland ? Voudra-t-on suivre Google dans ces
efforts pour multiplier les services aux employés sur sites et hors sites, de la garde d’enfants au
coiffeur, des cours de philosophie à l’organisation de vacances ? Et comment cohabiterons les
générations de contributeurs dans les bureaux d’un 2018 qui verra certainement sur le même
plateau œuvrer des cadres de 25 ans et des techniciens de 70 ans et plus ?
Hervé Mathe,
Professeur à l’ESSEC
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ENTREPRISE 2018
CAPITALISME
& Entreprise2018
Capitalisme 2018 :
le changement dans la continuité
Après l’effondrement du modèle collectiviste d’organisation économique dans les pays de l’Est de l’Europe et son abandon de facto par la Chine,
les quelques politiciens ou pays qui continuent à le défendre font sourire. Si les variantes du modèle capitaliste sont nombreuses, les fondements
sont les mêmes : respect de la propriété privée et allocation des ressources par le marché. Ces principes ne peuvent que perdurer et leur application
"Avec le mouvement socialiste international, Karl se renforcer, car eux seuls garantissent la liberté d’action des individus.
Marx a lancé une tentative remarquable de concevoir
le monde dans sa globalité. C’est un penseur S’il ne s’agit dans ce texte que d’intuitions, à terme des nouveaux marchés devront apparaître, sous l’emprise d’une forte dynamique de l’innovation
extraordinairement moderne parce que ses écrits
dont seul le capitalisme a la recette. La vague de déréglementation des secteurs traditionnellement sous le contrôle de l’Etat – transports, énergie,
ne dessinent pas les contours d’un Etat socialiste
recherche – devrait se poursuivre, en Europe notamment. Le développement du secteur financier devrait continuer avec l’apparition de nouveaux
organisé, mais ceux du capitalisme du futur."
Jacques Attali. produits et nouvelles techniques d’évaluation, bien que l’émergence de bonnes pratiques et règles d’organisation ne sera pas exempte de frictions
Quels seront les contours du capitalisme en 2018 ? et crises. Mais il s’agit là du prix à payer pour une meilleure allocation des capitaux vers les projets utiles et pour faire fructifier au mieux les
Une bonne question dans un monde en proie à des économies de tous les épargnants, grands ou petits. Au cœur du capitalisme de demain nous trouverons une plus large gamme des prix pour des
évolutions rapides et irréversibles tant sociéta- ressources disponibles dans le futur, donc aléatoires.
les, qu’économiques ou politiques…
Contrairement à une idée reçue, le rôle des Etats ne sera pas diminué, mais transformé. Moins d’intervention directe en tant qu’acteur se
substituant au secteur privé, mais plus de vigueur pour maintenir le respect des lois. Renforcer, pas atténuer la concurrence, sera la meilleure
manière de protéger les consommateurs contre les abus potentiels des grandes firmes. Qui dit concurrence dit ouverture des marchés à l’international.
Non seulement biens et services devront circuler plus librement, mais aussi capitaux et travail. Le patriotisme économique qui consiste à favoriser
la formation de champions nationaux inefficaces au profit d’entreprises multinationales efficaces prouvera ses limites. Très probablement les Etats
continueront à fournir certains biens publics. L’éducation et la santé publique maintiendront leur statut d’objectifs prioritaires, auxquels s’ajoutera
une plus forte présence de la protection de l’environnement et de la sécurité. Les tensions liées au vieillissement des populations devront
s’accentuer et engendreront une refonte du système de sécurité sociale, probablement orientée vers un recours plus fort à l’épargne privée.
Aujourd’hui les médias aiment nous faire peur, en instillant le doute dans la capacité de l’humanité à faire face aux défis du 3e millénaire. Les journaux
abondent de commentaires sur tel ou tel échec économique et passent sous silence les succès. Or, il ne faut pas être dupe : sur plus de deux
siècles, les réalisations des pays capitalistes l’ont emporté largement sur les difficultés et le niveau de vie de leurs citoyens s’est constamment
amélioré. Il n’y a aucune raison pour que cette tendance forte s’inverse. Malheureusement pour la qualité de l’information publique, les optimistes
vendent moins de livres que les prophètes de l’apocalypse.
Radu Vranceanu,
Professeur à l’Essec
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ENTREPRISE 2018
CLIMAT
& Entreprise2018
Bienvenue dans
l’économie climatique
Le climat va entrer dans le business et pas seulement par la
petite porte du bilan sur le développement durable. Anticipations
"Le souci de la santé humaine est l’une des meilleures
raisons d’étudier les effets du changement climatique des dérèglements, rationalisation des choix environnementaux,
planétaire. Les incidences combinées du changement création de nouveaux modèles : l’impact de l’homme sur la nature
climatique sur le milieu physique, les écosystèmes,
l’économie et la société se reflètent dans la santé...
soufflera en 2018 le chaud et le froid économique.
"Organisation mondiale de la Santé. Climate change
and human health: impact and adaptation, 2000. Même si citoyens et entreprises se sentent de plus en plus concernés par les questions environnementales, ils ont tendance à sous estimer l’urgence
Document WHO/SDE/OEH/004, Genève et Rome, 48 de la situation. Rajendra Pachauri préside le GIEC, le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat auquel collabore toute la
p. communauté scientifique mondiale et qui fait référence en matière de suivi des changements climatiques. Dans un entretien au journal Le Monde
Le climat prend une place incontournable dans la vie le 8 juillet 2008, cet expert, prix Nobel de la Paix, a présenté la situation : "Pour contenir la hausse des températures en deçà des 2°C, 2,4°C, qui
économique d’aujourd’hui et son ampleur ira grandis-
est, selon nos travaux, la ligne à ne pas franchir pour ne pas se mettre gravement en danger, il ne nous reste que sept ans pour inverser la courbe
sant. Il ne s’agit plus de savoir s’il fera beau ou mau-
mondiale des émissions de gaz à effet de serre. C’est très peu."
vais pour le prochain weekend en Normandie, mais
quelles seront les conséquences sur le fonctionne-
ment et l’utilisation des outils économiques…
Constat à froid
Moins d’une décennie pour agir mondialement. Le dernier rapport du GIEC, publié en février 2007, brosse le tableau planétaire : "Le réchauffement
climatique est sans équivoque. On note déjà, à l’échelle du globe, une hausse des températures moyennes de l’atmosphère et de l’océan, une
fonte massive de la neige et de la glace et une élévation du niveau moyen de la mer." Les scientifiques du GIEC indiquent que la température à
la surface du globe se met à augmenter très vite, sur l’échelle temporelle du climat. Elle s’est accrue de 0,6°C depuis le début du XXe siècle – de
0,9 °C en France. Et la température pourrait engendrer une hausse supplémentaire de 1,8 à 4°C au cours du XXIe siècle. Ce qui est pointé du doigt,
c’est bien sûr l’activité humaine, le développement économique fondé sur l’utilisation des sources d’énergies fossiles, comme le charbon et le
pétrole. Cela a entraîné des émissions croissantes et excessives de gaz à effet de serre. Et malgré les stratégies d’atténuation de ces émissions et
les pratiques de développement durable, les experts du GIEC savent que les émissions mondiales des gaz à effet de serre vont continuer de s’accroitre
dans les prochaines décennies : "elles augmenteront de 25 à 90 % entre 2000 et 2030, les combustibles fossiles gardant une place prépondérante
parmi les sources d’énergie jusqu’en 2030 et au-delà."
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CLIMAT & Entreprise2018
Nouvelles cartes Actions concrètes
Quelles vont être les conséquences de ce dérèglement de la planète ? Elles sont et Bien sûr, dans 10 ans toutes les entreprises françaises ne seront pas encore directement touchées dans leur cœur de métier.
seront multiples, entre réchauffement des terres émergées, diminution des nappes Mais par contre, elles auront dues, toutes, intégrer la réflexion stratégique de l’environnement et du climat dans leurs processus.
neigeuses, hausse estimée des vagues de chaleur ou encore épisodes de fortes Dans le numéro de mai 2008 de Business Digest, Anne Gouyon, directrice associée du cabinet de conseil en stratégie BeCitizen,
précipitations. En Europe, les experts mondiaux s’attendent à une augmentation des détaille le concept d’Economie Positive – marque déposée par le cabinet : "L’Economie Positive revient aux fondamentaux de
inondations, dans les terres et sur les côtes. De plus, "les régions montagneuses l’entreprise : la création de valeur et de bénéfices – en démontrant que l’environnement se gère comme un enjeu stratégique, sur
devront faire face au recul des glaciers, à la réduction de la couverture neigeuse et lequel reposent les leviers de croissance de demain. (…) Pour une entreprise ou une collectivité, l’Economie Positive répond à
du tourisme hivernal ainsi qu’à la disparition de nombreuses espèces", précise le un impératif stratégique, anticiper l’évolution du contexte macroéconomique : coût croissant des émissions de carbone, hausse
rapport du GIEC. Le sud de l’Europe devra pour sa part faire face à une augmentation du prix de l’énergie, de l’eau et des matières premières, contrainte croissante sur la gestion des déchets, des produits toxiques
des températures élevées et à la sécheresse. Les changements climatiques devraient et de la biodiversité, etc." Et BeCitizen propose sa démarche pour gérer les ressources de l’entreprise, en les réduisant, les
"nuire à l’approvisionnement en eau, au potentiel hydroélectrique, au tourisme estival réutilisant, les recyclant ou les substituant. Le concept tord le cou aux approches souvent pratiquées du développement durable
et, en général, aux rendements agricoles." Il ne s’agit pas là de catastrophisme mais comme une obligation et un prétexte de communication plutôt qu’un axe stratégique.
de simples constats dressés par les meilleurs spécialistes. Certaines sociétés françaises ont déjà pleinement conscience des enjeux. C’est le cas d’un groupe bancaire, qui a décidé
d’inscrire les problématiques environnementales dans ses axes prioritaires. Cela lui demande d’instiller, à chaque niveau
hiérarchique, une nouvelle démarche, très concrète. Le pôle de gestion immobilière, qui gère les immeubles du groupe, a
Effets de balancier dressé, dans un premier temps, un bilan extrêmement complet des nuisances causées par ses activités, quelles qu’elles soient :
depuis les transports des salariés jusqu’aux émanations de la cantine d’entreprise. Puis à tous les niveaux, en interne et chez ses
Dans ce contexte d’insécurité climatique, comment peut-on encore ne pas se poser prestataires et fournisseurs, il préconise de nouvelles solutions, dans le choix des matériaux de construction, des procédures
la question de l’impact de l’évolution sur son activité ? Cette année, en France, EDF a internes, des fournitures, des modes de déplacements, etc. Et un contrôle permanent des mesures et des efforts est désormais
déjà été confrontée à la fonte des glaces… à Chamonix. Une centrale hydro-électrique réalisé et inclus dans le pilotage de l’entreprise.
est en effet installée à 1490 mètres d’altitude, sous le glacier de la Mer de glace pour
capter l’eau issue du glacier. Créée sous 200 mètres de glace, cette centrale sera
bientôt découverte. "En 1970, nous ne pensions pas que quarante ans après, le glacier Big Bangs
serait autant remonté. Il nous faut maintenant nous adapter pour continuer l’exploitation",
a expliqué en avril dernier au journal Le Figaro Pierre-Marie Clique, le directeur Au niveau de la production énergétique, de vrais big bangs devraient se produire. Le secteur lui aussi va être impacté par
délégué de l’unité de production hydraulique Alpes d’EDF. Un nouveau site va ainsi les nouvelles tendances et approches entrepreneuriales. Joël de Rosnay, président du comité de développement stratégique
être construit, quelque 1000 mètres plus haut pour retrouver un bon niveau d’épaisseur du forum Netxplorateur prévoie par exemple l’émergence d’un nouveau peer to peer – cette forme d’échanges directes entre
de glace. Au-delà de cet exemple, de multiples impacts sont attendus dans les particuliers : "Les citoyens fabriqueront eux-mêmes leur énergie renouvelable et proposeront d’échanger leur excédent via
prochaines années, qu’ils soient positifs ou négatifs, d’un point de vue strictement Internet. D’ailleurs, Google investit largement dans les énergies nouvelles, ce qui est un signe prometteur du développement du
économique, en fonction des secteurs d’activité. Il est prévu, entre autres, une baisse secteur." Valeur montante du grand froid dans les discours de communication, création de nouveaux business écolo/éthique,
du nombre de jours et nuits froides et une réduction des températures les plus basses. développement d’un tourisme climatique, préférences de consommation dictées par des choix environnementaux raisonnés : la
Et à l’inverse l’augmentation du nombre de journées et nuits chaudes et plus chaudes modification du climat n’a pas fini d’impacter sur les processus et modèles économiques. Que ce soit pour anticiper les effets
qu’auparavant. Le tourisme hivernal a du souci à se faire… Tandis que les vendeurs des changements climatiques sur son activité, pour améliorer son propre bilan énergétique ou pour rationnaliser son budget,
de climatiseurs ont tout à se réjouir. Du côté des transports, des perturbations moins la question environnementale devra en 2018 faire partie du cœur stratégique du business.
fréquentes sont attendues, pour cause de neiges et verglas plus rares. Enfin, dans
l’agriculture, les régions chaudes doivent s’attendre à une baisse de leurs rendements Laure Deschamps / Journaliste Nomade
ou du moins en France à un autre calendrier annuel des récoltes – avancées pour Tel. 06 63 14 85 53
certaines, remises en cause pour d’autres. 51 rue des Morillons / 75 015 Paris
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L’entreprise verte
Il est toujours difficile de prévoir l’avenir. Surtout à l’avance. Mais, en ce qui concerne les grands changements qui vont
bouleverser l’entreprise, une chose, du moins, est assurée, certaine et pour tout dire parfaitement indéniable : chaud,
le printemps sera chaud. Oui, global.
Comme l’été, bien sûr, et l’automne. Et l’hiver. Et l’on mesure mal ce que cela peut signifier concrètement, pour l’entreprise.
Le réchauffement climatique va bouleverser un certain nombre de données économiques ; et il est temps de s’y préparer. Un premier volet, simple, est facile à percevoir : produire vert, c’est d’abord…
Les experts du GIEC* prévoient, pour 2100, un accroissement de l’ordre des températures compris entre 1,1° (si nous produire efficace. Mieux gérer. Moins consommer d’énergie, d’eau, de matière
faisons, dès maintenant, un effort colossal pour réduire l’émission de gaz à effet de serre) ; et 6,4°, si tout se passe mal. première. Inutile d’y insister – même si le gâchis est encore de mise dans bon
Or, dès à présent, les premiers scénariis noirs, émis par le Giec, sont d’ores et déjà dépassés. En plus sombre... nombre d’entreprises.
Sans aller jusqu’aux extrêmes, il est donc, dès maintenant, certain que l’augmentation de température sera comprise Mais produire vert, c’est aussi, combiner l’ensemble des facteurs afin de minimiser
entre 2 à 4° avant la fin du siècle. ses pollutions. Exemple : en 12 ans, suite à la délocalisation des entreprises,
Et alors ? à l’évolution de l’emploi et à la hausse des prix de l’immobilier, "la péri
Ma foi, avec 2° de plus, il fera aussi chaud à Brest, qu’il fait chaud à Milan aujourd’hui. urbanisation et la moindre stabilité de l’emploi ont généré une multiplication
Avec 4° de plus, il fera aussi chaud à Lille qu’à San Sebastian ; à Paris qu’à Nice de nos jours. Marseille connaîtra le par près de 5 de la distance domicile-travail et une multiplication par près de
climat de Ouarzazate ; et l’on fera du Bordeaux à Edimbourg, ainsi que quelques Pommard intéressants, aux alentours 7 de l’usage de la voiture pour ce motif"****.
de Varsovie. Produire vert, c’est donc, très vite, optimiser les flux de transports de ses
Ce petit détail aura un léger impact, on s’en doute, sur une série de facteurs économiques (outre les viticulteurs, les salariés. Demain, les entreprises devront, prioritairement, relocaliser au sein
marchands de crème glacée ou de ventilateurs me comprendront)**. de leurs bassins d’emploi (sur des zones desservies par les transports en
Mais surtout… ce changement climatique, et les conséquences qu’il va entraîner au niveau mondial, notamment en commun), et/ou construire des logements attenant à ses établissements (l’avenir
termes de santé publique et de migrations, ne laissera pas d’autre choix à l’entreprise, que de devenir écologiste. risque de nous ramener au vieux modèle Michelin...). Et pour tout emploi qui
L’affichage obligatoire des performances environnementales des appareils ménagers, le Diagnostic de Performance le permet, favoriser le télétravail et les réunions virtuelles (vidéo-réunions,
Énergétique appliqué à l’immobilier, le bonus/malus écologique mis en place sur l’automobile, puis sur les frigos ; la etc.)… De là, également, une évolution totale du mode de management et
taxe sur les voyages aériens, ne sont que des zakouskis aimables de ce qui attend le monde économique. des rapports sociaux, à prévoir et à anticiper.
Qu’elle le veuille ou non, sous la pression des gouvernements et – surtout – des consommateurs, l’entreprise, demain, Produire vert, bien sûr, c’est aussi revoir toute sa supply chain, et ses produits.
devra passer au vert. En penser l’intégralité du cycle de vie (conception, production, distribution,
On le sait. Spinoza aussi, le savait : "Natura non imperatur nisi parendo", on ne commande à la nature qu’en lui usage, recyclage), pour les rendre moins polluants. Les rendre plus légers, en
obéissant. Déjà, en 2008, un tiers des entreprises doivent fournir un bilan carbone à leurs clients et partenaires, si réduire leur emballage. Revoir la fréquence de leurs transports, pour diminuer
elles veulent faire du business***. Mais demain, c’est toutes les entreprises qui devront impérativement fournir à leurs leur impact environnemental (adieu les flux tendus, retour des stocks ?!).
consommateurs et à l’Etat fournir un bilan de leur impact environnemental global. Certains le font déjà ; et ils y gagnent : le groupe de distribution anglais
Tesco a ainsi imposé à ses fournisseurs une refonte de leurs bouteilles de vin.
* Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Dernier rapport : novembre 2007. Résultat : 2 600 tonnes de verre en moins chaque année, et des millions
** Ainsi d’ailleurs que quelques autres responsables d’activités diverses, comme les fabricants de piscines et de maillots de bains, de pull-over, d’euros et de tonnes de CO2 économisés.
de moufles, de skis et de remontée mécaniques, les hôteliers et cafetiers, l’ensemble des secteurs travaillant pour des personnes sensibles aux
canicules (enfants, malades, 3e âge), les agences de voyage et plus généralement tout le secteur du tourisme, les fabricants de deux roues et de
décapotables, les agriculteurs et les pépiniéristes, les professionnels des couvertures chauffantes de poëles et de chauffage central, les importateurs
*** IBM Institute for Business Value Global - Corporate Social Responsibility survey - 2008.
d’éventail, les spécialistes du chocolat chaud, etc.
**** Futuribles / Etude rétrospective et prospective des évolutions de la société française
(1950-2030). En 1960, un actif parcourait 3 km par jour en moyenne. Contre 40 en 2000.
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Mais encore une fois, tout ceci est connu, perçu, compris ; dès maintenant. Et cela ne suffira pas.
L’entreprise verte, la vraie, c’est encore autre chose. C’est la fin de la production.
Car toute production entraîne une pollution.
Demain, l’entreprise verte aura abandonné ce système infernal d’obsolescence intégrée, poussant à produire sans
cesse des objets volontairement fragilisés, vendus successivement à grand renfort de publicité tapageuse, afin d’exa-
cerber péniblement des désirs superfétatoires.
Demain, l’entreprise verte produira – très peu, très bien et très écologiquement – quelques très rares produits, d’une
durée de vie maximale*… Qu’elle ne vendra pas. Et elle gagnera, ainsi, beaucoup d’argent.
Une de ces entreprises du futur existe. Un fabricant de moquette américain. Interface, bien sûr. Leader mondial de la Ceci semble étrange, mais ne fait qu’accompagner une tendance lourde,
moquette de bureau. Au départ, rien de plus polluant à produire… et à recycler. Son patron, Ray Anderson, voulait qui affecte déjà tous les secteurs, à commencer part celui de l’énergie :
agir pour la Planète, il l’a fait, avec Entropy. Une moquette solide, produite écologiquement, d’origine végétale. Qui la délocalisation, jusque chez le client final, des éléments de la production.
ne se vend pas, mais qui se loue, par abonnement. Le carré de moquette une fois usé, Interface le remplace, le Car, comme le panneau solaire, ou comme l’éolienne horizontale qui
reprend, le recycle (en un nouveau carré de moquette). Bilan écologique : des déchets divisés par trois, un impact s’implante maintenant sur le toit des HLM, le fabber est écologiquement
écologique zéro prévu pour 2020. Bilan comptable : un doublement du chiffre d’affaires. sensé.
Bien plus qu’un produit, l’entreprise verte, demain, vendra de l’usage et du service : non pas de la moquette, mais Finis la fabrication de masse (polluante), le transport des marchandises
de la conception, de l’utilisation, et de la réutilisation écologique de carrés de moquette. (polluant), les transports des ouvriers vers l’usine (polluants), la perte
Mais bien sûr, cela ne suffira pas. en ligne et les déchets (polluants) : ne circuleront plus, sur les routes
Alors, après demain, l’entreprise ne produira plus du tout. Elle ne louera pas non plus. Mais elle gagnera quand (de l’information), que des semi-remorques de "programmes-produits".
même beaucoup d’argent. Ce qui est beaucoup moins pénible pour l’environnement : tant il est vrai
Déjà, un certain nombre d’entreprises vendent des "fabbers" : des imprimantes 3D, en anglais des "digital fabricators" qu’un kilo-octet est beaucoup moins lourd qu’un kilo de plomb.
ou "factories in a box" (des … "usines en boîte"). Le système est simple. Un matériau – type résine – est installé L’entreprise, alors, ne vendra plus que des tasses virtuelles, des
dans une de ces imprimantes, un logiciel fourni le design – exemple : une tasse à café –, et "l’imprimante" produit cyber-soucoupes, de e-produits. Donc, en fait : de l’intelligence, de la
la tasse à café, à l’aide d’un faisceau laser**. créativité, de l’imagination***.
Rien de plus vert. A ce stade, enfin, elle sera véritablement devenue verte.
Demain, le commerçant de quartier – voire le consommateur final – disposeront d’une résine écologique et recyclable En réalisant, par là même… une belle, une très belle valeur ajoutée.
sur place, et d’un fabber (écologiquement et durablement conçu, sur la base d’un standard industriel mondial). Ce
qui leur permettra, à la demande, d’imprimer les produits désirés, dont la tasse à café "achetée" par le client. François Camé
Journaliste / ETIK-PRESSE
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[Link]
* La durée de vie du produit devra, d’ailleurs, être mentionnée sur l’étiquette. Il ne s’agit même plus d’une prévision hasardeuse : l’idée a déjà été *** Oh, certes. Dans nos schémas de pensée actuels, évidemment, il y a un risque…Un
émise lors du Grenelle de l’environnement… et elle sera, certainement, bientôt retenue. De même que les étiquettes de supermarchés doivent certain nombre de petits malins inventeront certainement, à plus ou moins long terme, un
tout à la fois indiquer le prix des produits alimentaires – et leur prix au kilo , les étiquettes risquent prochainement de devoir mentionner la durée moyen de pirater ces "programmes-produits". De "hacker" les tasses à café, de "cracker"
de vie de l’objet, et … son prix / an (le prix du produit rapporté à sa durée de vie). les pots de fleurs. Ce qui minorera les profits. Bien sûr. Mais entre temps, nos schémas
** Voir notamment la société Desktop factory, qui en propose déjà à moins de 1 500 dollars… [Link] de pensée auront évolué. Nos business models et donc nos profits aussi. Car, cela va de
soi, l’entreprise verte sera, aussi, une entreprise "coopérative" (voir ci-après : l’entreprise
coopérative).
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CONSOMMATEUR
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Consommateurs :
la schizophrénie vous guette
La consommation est en train de vivre de profonds changements.
Tous les signaux le montrent aujourd’hui et les marques ont
Une seule chose à retenir, le consommateur du fu-
tur est tout et son contraire… Il veut du hard-dis- conscience qu’elles vont devoir s’adapter à de nouveaux
count pour le courant, il veut du luxe pour un plaisir consommateurs, aux facettes multiples, égoïstes un jour,
maximum et à n’importe quel prix. A chaque ins-
tant il est lui et un autre, pourtant en 2008, il perd
solidaires un autre, confiants une semaine, fuyants la suivante.
le moral ! Que lui réserve l’avenir ? La baisse du
pouvoir d’achat, la crise financière modifieront- Mais où se trouvent ces fameuses soldes privées ? Jacques sort son portable et lance un petit SOS sur la zone du 8e arrondissement marseillais.
elles durablement ses comportements ? Les réponses des consonautes connectés ne tardent pas, lui soufflant dans son oreillette qu’il doit prendre la prochaine à droite. Son vélo aussitôt
vibre pour lui rappeler qu’il est interdit de téléphoner en roulant et qu’il enclenche le système de brouillage. Cette scène vous semble presque
familière. Dans 10 ans, elle vous semblera évidente. Nombreux sont ceux qui se demandent à quoi peuvent bien servir des plates-formes web
comme Twitter : ce site permet aujourd’hui à quiconque d’envoyer en permanence des mini messages instantanés à sa communauté pour tout et
ne rien dire, qu’il fait beau, qu’on mange des spaghettis, ou bien encore qu’on s’ennuie au bureau. Une manière d’être connecté en permanence
et de témoigner des tout petits instants de sa vie quotidienne. Futile, le même système communautaire devient utile pour orienter un "ami" perdu
aux abords d’un magasin, prévenir instantanément tout le cercle de fans identifiés d’une marque d’une promotion intéressante ou encore lancer
une idée de boycott d’une chaine prise en flagrant délit d’irrespect environnemental . Internet n’a pas réinventé les usages : les Cibistes routiers
se prévenaient hier des contrôles. Aujourd’hui, il suffit aux utilisateurs du GPS Coyote System d’appuyer sur un bouton pour prévenir instantanément
tous les autres automobilistes équipés du même boîtier et situés à leur proximité, de la présence d’un radar. Cependant, le Web a amplifié les
effets communautaires de la consommation. Et le phénomène ne fait que débuter.
Le client est devenu roi
Les marques savent pertinemment qu’elles ne peuvent plus fonctionner sur les anciens modèles de relation client. Auparavant, elles menaient
le jeu : elles maîtrisaient la communication de leurs produits. Elles entament depuis peu une gigantesque transformation dans leurs processus
de vente et de promotion : car le pouvoir de communication est passé du côté du consommateur. Les avis du cercle famille et amis ont toujours
pesé dans la balance d’une décision d’achat. Mais ces avis ont trouvé de formidables nouveaux transmetteurs : l’e-mail au départ, puis les
forums, les comparateurs de produits et de prix, les blogs ou encore les réseaux sociaux. Et demain des systèmes indépendants des marques
verront le jour, contrôlés par les consommateurs eux-mêmes, rassemblés en communautés d’intérêt, géographiques ou encore typologiques.
Les consommateurs dialoguent déjà entre eux en faisant circuler à leur guise infos, tests, critiques positives ou négatives d’un produit et d’une
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marque. "Désormais nous ne sommes plus acteurs de la seule société de l’information, mais acteurs de ce que l’on pourrait appeler
la "société de recommandation", écrit Joël de Rosnay dans son ouvrage 2020, les scénarios du futur*. En effet, les internautes
ont l’opportunité de participer à l’élaboration d’un faisceau d’informations utiles à d’autres en créant des contenus, des systèmes
d’évaluation ou des journaux en ligne notamment."
Une étude de juin 2008 de Fleishman-Hillard – Harris Interactive réalisée auprès de presque 5000 consommateurs en France, au
Royaume Uni et en Allemagne démontre la force de l’impact d’Internet. 81 % des Français déclarent avoir la sensation de gagner du
temps grâce au Web et 50 % d’entre eux indiquent que ce média les aide à prendre de meilleures décisions d’achats. D’un autre côté, L’expert comparatif
28 % seulement d’entre eux déclarent avoir confiance en l’information fournie par les entreprises sur Internet ! Le consommateur
connecté de 2008 s’est largement émancipé des discours marketing et a retourné la situation. L’étude conclut qu’Internet a deux fois Dans 10 ans, les réflexes comparatifs devraient être toujours bien ancrés dans
plus d’influence auprès des consommateurs que la télévision, un résultat qui aurait semblé hallucinant il y a dix ans. Et dans 10 ans ? les esprits : crises énergétiques, crises alimentaires, persistance des peurs
Qu’en sera-t-il quand toute la France, ou presque, sera connectée ? communautaires, redéfinition de l’échiquier économique mondial : l’homme
2018 vit dans l’insécurité financière ou dans son ressenti. La recherche du prix
juste est exacerbée. Avec la géolocalisation fine, il devient d’ailleurs de plus en
Du pouvoir et du doute plus facile, pendant qu’on achète un produit dans un hypermarché, de demander en
temps réel à un autre consommateur, en train de faire ses courses dans une
"Les entreprises sont confrontées à un consommateur infra-individuel : c’est un individu multiple, fragmenté et en réseau qui garde autre enseigne, s’il constate un écart de prix significatif. Des communautés
le lien avec sa "toile" via les nouvelles technologies, comme le téléphone mobile, Internet et les sites communautaires. Les marques indépendantes de toutes marques se sont créées pour répondre à ce besoin de
devront développer des démarches plus partenariales vis-à-vis de lui, et avant tout, le connaître en finesse dans ses nouveaux modes comparer et les lobbies de la grande distribution n’ont cette fois rien pu faire. Le
de fonctionnement", estime Raphaël Berger, le responsable adjoint du département consommation du Crédoc. La France compte de client zappeur de 2008, acheteur en hard discount comme en enseigne de luxe,
l’ordre de 36 millions d’internautes – soit des individus de 11 ans et plus qui se sont connectés dans les 20 derniers jours – d’après a aiguisé ses armes.
le dernier baromètre Médiamétrie Netratings. En 2018 les modes d’accès au Web seront multiples et totalement intégrés dans notre
vie quotidienne, via des puces, des codes barres, des téléphones, des vitrines de magasins ou des rampes d’escalators. Pour déclarer
ses impôts, demander des allocations, rechercher un emploi, le Web ne sera plus une option mais un passage obligé. Le consommateur Le bio responsable
connecté d’aujourd’hui est multiple et fragmenté, disent les observateurs. Celui de demain sera schizophrène. Car, cela est bien
connu : détenir le pouvoir n’empêche pas de douter, bien au contraire. Voici cinq types de consommation, contradictoires pour 54 % de Français indiquaient en décembre 2007, dans un sondage IFOP Planet
certains, qui devraient tirailler le client de 2018 : Care pour le magazine LSA, que l’environnement entrait de manière très importante
dans leur critère de choix des produits. 77 % d’entre eux, selon cette fois un
sondage Opinion Way pour LSA en octobre 2007, se disaient prêts à boycotter un
L’affranchi technoïde distributeur semblant néfaste pour l’environnement. Et 82 % se déclaraient prêts
à boycotter une marque. "On voit naître un nouvel acteur social, un consommateur
Voici un consommateur qui se sent libre et tourné vers lui même. Peu importe à vrai dire la technologie utilisée. Ce qui compte c’est d’un nouveau genre utilisant les ressources de la consommation et sa part de
la qualité du service proposé et l’adéquation de ce service avec ses propres attentes. Ce client, quel que soit son âge, est habitué à PIB dans l’économie (60 %) pour agir sur le monde, parfois en tout conscience
utiliser en permanence les services à distance. Et il n’éprouve aucune crainte à tester et développer de nouveaux usages en ligne. politique, parfois non", indique en juin 2008 l’agence Thema, spécialiste de
L’ordinateur fixe n’a plus de sens pour lui, habitué à ouvrir son mobile et à surfer en ligne quel que soit l’endroit où il se trouve. la sociologie de la consommation, dans la conclusion de son étude sur les
Dans sa poche se trouve une clé usb nouvelle génération, dotée de tous ses logiciels et documents, qui lui permet de travailler ou de "changements climatiques dans la consommation". En 2018, la consommation
s’amuser dans le même environnement où qu’il se trouve et sur n’importe quel terminal. Habitué à avoir accès à des services gratuits, éthique et responsable est sortie de l’ornière. Bio et commerce équitable sont
il adhère au modèle de relation client qui en découle. Il estime en effet que délivrer des informations sur lui-même, ses habitudes en train de se regrouper sous l’influence de labels planétaires. Et les entreprises
de consommation et ses goûts fait partie de la règle du jeu. Il pense même que c’est un plus : on lui propose ainsi des produits et ont intégré dans leurs processus des notions très concrètes d’équité d’échanges
marques qui correspondent vraiment à ses envies et besoins. économiques et de respect environnemental. Le consommateur responsable
s’intéresse peu aux modes et canaux qu’on lui propose. Il cherche du sens dans
le produit qu’il acquière et a pris le réflexe de vérifier son mode de fabrication.
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Le prudent ou l’invisible
De la même manière que le consommateur 2018 plaide pour des achats raisonnables, il
vote pour une utilisation raisonnée de la technologie. "La technologie n’est jamais neutre,
Le Consommateur du futur :
mettait en garde en 2008 Dominique Maniez, auteur des 10 plaies de l’Internet*. J’en suis
arrivé à la conclusion que les gens sacrifient complètement leur vie privée pour exister sur
Prise de conscience et
Internet. Et, en tant qu’utilisateurs de services en ligne, ils ne prennent même pas la peine de
lire les contrats, de se renseigner sur la politique de confidentialité des sites qu’ils utilisent.
quête de sens
Combien d’utilisateurs de Gmail savent que leurs e-mails sont analysés sémantiquement
pour leur proposer de la publicité ciblée ?" Dix ans plus tard, la prise de conscience de la
Parfois il faut annoncer un futur noir pour pouvoir y
préservation de la vie privée a fait du chemin. Pour les consommateurs prudents, il s’agit de échapper. Le cinéma nous apprend beaucoup sur la question.
choisir avec vigilance les services en ligne proposés. Et de maîtriser la donne, en ne délivrant Dans le film "Fahrenheit 451", Truffaut s’inspire du
d’informations sur soi qu’en connaissance de cause. Pour les stratèges de l’invisible, c’est un
romain de Ray Bradbury qui imagine un univers futuriste
petit jeu permanent du chat et de la souris. Ne pas laisser de traces en ligne, refuser de divulguer
toute information personnelle, ne pas être repéré ni géolocalisé : la démarche demande une où les livres sont interdits et brûlés. Cela dans le
attention soutenue. Mais les adeptes de l’anti-technos ont créé ensemble tous les outils but de montrer l’importance de la culture au sein de la
technologiques et services d’alerte nécessaires à la gestion de cette démarche d’invisibilité. société, qui, sans elle, se voit complètement dénuée de
toutes valeurs humaines, au profit de la consommation de
Le co-partenaire masse et d’un bonheur sans consistance.
Puisque le consommateur recherche des produits adaptés et personnalisés, pourquoi ne Consommateur 1.0
pas aider ses marques préférées à les concevoir ? "Le consommateur considère la marque
comme un partenaire et celle-ci essaie en retour de concevoir le produit sur mesure. Cette L’acte de consommer un bien ou service a toujours existé, mais au long des 60 dernières années nous avons vu
coproduction entre les marques et les consommateurs met en exergue l’ère de l’égo-casting l’évolution de la société de consommation et la plongée dans cette société de l’ère de l’abondance où tout est disponible
ou règne l’ultra-personnalisation de l’offre", anticipait les Pages Jaunes et le Credoc fin 2007, sur les gondoles et les nouveaux produits et services n’arrêtent pas de faire irruption dans notre vie.
parmi les tendances à 10 ans de la consommation. Dans les nouveaux schémas marketing de La démocratisation des biens de consommation est une réalité, l’individu s’est transformé en consommateur et
l’entreprise, le client est considéré comme une entité à part entière. Il intervient dans les process plusieurs individus en société de consommation. Mais au départ c’est toujours un individu qui manifeste son désir à
et dans les décisions : le marketing soumet à sa communauté de clients des idées de nouveaux consommer. Mais consommer quoi ? Consommer comment ?
produits et services, afin d’avoir un retour, avant même le lancement d’une nouvelle production. Toutes les nouveautés exhibées dans les réclames puis dans les spots publicitaires, tout ces "must haves" qu’il fallait
Le consommateur co-partenaire ne voit que des avantages à la formule : on lui prépare du sur- avoir pour être plus beau, plus intelligent, avoir un sourire plus éclatant.
mesure, correspondant réellement à ses attentes du moment. La croissance économique a permis que de plus en plus de personnes puissent accéder aux biens ou bénéfices
auxquelles elles n’accédaient pas auparavant.
Laure Deschamps / Journaliste Nomade A titre d’exemple, aujourd’hui le balayeur possède ainsi que le jeune cadre un téléphone portable, parfois, grâce au
Tel. 06 63 14 85 53 type d’abonnement, c’est le même modèle. Les pistes sont brouillées. Nous sommes arrivés dans l’ère de l’abondance.
51 rue des Morillons / 75 015 Paris D’après ces indices comment pouvoir prédire le profil du consommateur dans quelques années et comment en s’inspirant
laure@[Link] du romain de Bradbury ne pas prévoir un futur noir pour la consommation, mais quelque chose qui donne envie d’y
[Link] participer.
Juillet 2008 Pour rester dans l’univers cinématographique, "Brazil "de Terry Gillian nous montre la peur de l’État et le refuge dans
la consommation. Les films qui mettent en scène la société de consommation la peignent toujours en noire. Essayons
de lui trouver une autre couleur.
* Les 10 plaies d’Internet – les dangers d’un outil fabuleux.
Editions Dunod, mars 2008.
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Consommateur 2.0
Les transformations de ces dernières années ont façonné une nouvelle société de consommation avec des codes et des comportements
qui commencent à défier les stratégies marketings les plus pointues. Grâce à l’évolution du niveau de culture, l’individu consommateur
possède de plus en plus d’information, quelqu’un qui a plus d’information est à même de pouvoir prendre une meilleure décision. Les
outils classiques de la radio (environ 70 ans) et télévision (50 ans) de diffusion d’information, donc de la publicité se sont vus dépassés
par l’évolution d’Internet (10 ans). L’autre révolution importante est le téléphone portable (5 ans) qui rend l’information instantanée.
Le rapport de force entre une entreprise ou marque toute puissante et l’individu qu’il fallait consommer pour continuer à exister dans
un monde de paraître est en train de devenir plus musclé. On voit également l’apparition des associations de consommateurs, des
magazines comme "30 Millions de consommateur" ; aujourd’hui "60 millions de consommateurs"
L’individu est maintenant complètement outillé pour affronter les industriels.
Le consommateur est en train de s’organiser et de faire peser son opinion auprès des entreprises. Il est conscient de son pouvoir et
commence à s’en servir.
Au sein du Web 2.0, les interfaces permettent aux internautes d’interagir avec le contenu des pages mais aussi entre eux. Des "influenceurs"
qui créent leurs blogs sont capables de mobiliser d’autres consommateurs en faveur d’une cause ou d’une nouvelle façon de consommer.
Le village global avec son marché local.
Cette révolution de l’utilisation d’Internet a fait naître un nouveau type de consommateur, plus acteur, plus impliqué et avec plus de
pouvoir : le consommateur 2.0. Comment aujourd’hui mieux comprendre et appréhender ce client particulier ? Consommateur 3.0
Les préoccupations de ce client si particulier pointent vers l’écologie, le développement durable et l’éthique. Le pouvoir d’achat a
également une place importante dans les forums de discussion. D’après ces informations, découvrez le profil du consommateur de demain :
Les injonctions "5 fruits et légumes par jour" "fumer tue" "à consommer avec modération" sont le résultat des procès gagnés par les
consommateurs contre les entreprises. Il est multi-tasking : Il fréquente plusieurs réseaux et se nourrit de plusieurs
sources d’information en même temps.
L’abondance d’informations permet d’avoir connaissance de la traçabilité du produit, l’éthique, son empreinte écologique, et des informations
notamment sur l’entreprise qui réalise le produit. Le boycott est la nouvelle arme des groupes de consommateurs. Ce bras de fer parfois Il est bien informé : Il sait déjouer les discours marketing et il est moins
un peu tendu entre entreprises et consommateurs est en train de façonner une nouvelle société de consommation. influençable par la publicité.
La jeune génération se sent de plus en plus concernée par la préservation de la planète et la façon de consommer joue un rôle fondamental Il garde le contrôle : Il contrôle les infos qu’il accède et quand il veut ces
pour cette préservation. Il suffit d’écouter les commentaires des enfants avec leurs parents dans les supermarchés. infos.
Ces derniers, d’ailleurs, sont déjà en train de façonner leur comportement d’achat pour les prochaines années.
Pour pouvoir séduire ce consommateur caméléon, les marques vont devoir d’abord
Des nouveaux comportements et nouveaux groupes de consommateurs avec des critères plus rigides d’achat voient le jour. Il faut jouer la transparence et dans un dégré supplémentaire devenir une marque/ produit
également signaler l’apparition des groupes de "non consommateurs". Un des exemples "The Compact" qui prônent le principe de la qui apporte du contenu avec un rôle social. Fournir une expérience sera tout aussi
décroissance. important que fournir un produit. Proposer moins de matière mais plus de valeur.
D’ailleurs plusieurs groupes de gens ont réduit leur consommation au minimum nécessaire pour donner du sens à l’acte d’achat. Dans Affranchi du poids social, sa consommation est dictée par l’accomplissement de
un monde d’abondance, pouvoir donner du sens à son acte d’achat permet de renouer avec le plaisir de consommer. soi. La consommation se dématérialise au profit d’une expérience ou d’une sensation
Dans un monde de multi-choix parfois le non choix est le pouvoir ultime de la société de consommation. individuelle ou collective. La quête de sens sera le moteur de la nouvelle
génération de consommateurs. L’évolution de demande des livres de philosophie,
suggère une transmutation des valeurs de la société.
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La nostalgie
A la recherche de sécurisation, le consommateur se tourne vers un passé mythifié. Revu et corrigé par la vague rétro, le passé fait En termes de loisirs, vont se développer les vacances sous bulle. Dans ces villégiatures
revivre une imagerie ancienne réactualisée. Après la New Beetle, la mini Cooper, la Fiat 500, le secteur des transports va persister dans un univers homogène, l’on pourra partir en famille ou groupe d’amis ou bien joindre
dans la voie de la nostalgie. Les grandes marques automobiles réinventent un passé rêvé, les deux roues déclinent l’art du vivre un lieu où l’on est assuré de ne trouver que ses pairs. Pour la clientèle exclusive par exemple,
de la Vespa ou du Solex quand la vitesse n’est plus de mise et que les coûts pétroliers font des déplacements un nouveau luxe. Le va se développer une offre de séjour assurant une expérience de vacances réussies. A travers
transport ferroviaire va lui aussi user de ce goût passéiste pour réinventer les croisières ferroviaires, remises à la mode et destinées l’Europe et sur les autres continents, vont fleurir des villages authentiques et modernes
à des profils très divers de consommateurs : une clientèle exclusive mais aussi des étudiants branchés par les programmes à la fois, conciliant la recherche de l’authenticité et le goût de la modernité, et favorisant
Erasmus et des voyageurs individuels, fans de la prose du Transsibérien ou à la recherche d’aventure au long cours. les contacts nouveaux entre pairs. L’on verra des cadres supérieurs britanniques, français
Mais la vague nostalgique va concerner l’ensemble des domaines de la consommation : habillement, équipement de la ou néerlandais venir trouver une bulle typique et protectrice à la fois dans des villages de
maison, loisirs, la musique et les séries télévisées en particulier. Dans l’alimentation, l’histoire des marques sera toujours Dordogne, de Toscane ou de Tanzanie. Ce monde rural revisité par la modernité verra des
davantage mise en avant comme garant de l’authenticité des produits quand la suspicion sur leur origine reste présente et hameaux minutieusement reconstitués mais dotés de wifi et d’un bar ou d’une albergo
que tout ce qui sent l’industrie connaît un désamour de la part des consommateurs. Les mythes publicitaires vont prendre typique où chacun sera assuré de passer la soirée en échangeant en anglais ou en français
une place plus importante que jamais et témoigner d’une inventivité sans pareille. au fin fond de la Toscane avec de nouvelles relations qui sortent des mêmes écoles, font
La vague nostalgique non seulement rassure mais déculpabilise. Elle permet aux consommateurs de concilier un désir de bien les mêmes carrières et ont les mêmes préoccupations.
faire et le plaisir de consommer qui n’est pas éteint même s’il s’est fait raisonnable. Pour comprendre véritablement le poids de
cette tendance, il faut avoir en tête l’effet de la pyramide des âges propre à la quasi-totalité des pays développés : une population
vieillissante qui se sent souvent en rupture avec une jeunesse numériquement marginale. Cet aspect démographique va générer L’enfant gâté
des effets contradictoires : on observera des tendances au rapprochement au sein de la famille mais aussi des tensions marquées
entre générations. D’un côté, les parents en devenant grands-parents vont conserver le rôle fort de la famille : aide financière, Le syndrome de l’enfant gâté désigné aussi par un pastiche "parce que je le mérite" d’un fameux
partage tardif du même logement (c’est déjà une tendance nette en Italie), d’un autre côté, les temps de loisirs vont tendre à slogan va toucher toutes les générations. Chacun veut le mieux de ce qui est disponible (loisirs,
marquer et séparer plus nettement les différents groupes d’âge. Au-delà de la sphère familiale, il sera de plus en plus malséant apparence, conjoint, travail) pour lui. Cette tendance à l’individualisme va coexister avec le désir
pour des quadragénaires de partager des pratiques de loisirs avec un autre groupe d’âge ou tout simplement de fréquenter les d’être reconnu dans son groupe d’appartenance, souvent nous l’avons dit un noyau cohérent
mêmes lieux. En dehors de la sphère familiale, chacun cultivera une nostalgie qui lui est propre. de personnes d’un même groupe d’âge et de même formation. Cette coexistence ne se fera pas
toujours sans tension. Ce syndrome de l’enfant gâté va voir certains retraités revendiquer des
loisirs individuels ou de couple et se désimpliquer de la famille, se rendant indisponibles pour
Le lien leurs enfants et petits-enfants quand leurs activités (associatives, culturelles, de loisirs créatifs,
de voyages, etc.) les retiennent et leur permettent de se réaliser enfin pleinement.
Plus que les produits ou services, c’est le lien social ou tribal qui va prévaloir pour les consommateurs. Il s’agit avant tout de Dans le domaine professionnel, ce syndrome va radicaliser le gap générationnel : la rupture
se joindre au groupe. Les consommateurs vont être à la recherche de contacts. Le téléphone portable a été un des premiers se fera particulièrement sentir entre les nouvelles générations et les professionnels déjà
marqueurs forts de ce comportement qui peut paraître grégaire, il va pourtant ne faire que s’accentuer dans le futur. Les installés dans l’entreprise. Dans le monde des cadres, on verra des jeunes diplômés partir
communications et le ciblage des médias vont se sophistiquer pour répondre encore mieux à cette tendance. Les diverses tôt du bureau parce que leur vie les attend dehors quand leurs aînés ont pris l’habitude de
communautés trouveront sur internet leurs sources d’informations et de loisirs. Le poste de télévision disparaîtra au profit se rendre disponibles quand il s’agit de boucler un dossier. De même, les stagiaires issus
de l’écran multimédia diffusant internet, faisant office de visiophone, donnant accès aux programmes choisis et visualisés des grandes écoles vont souvent refuser des tâches indignes d’eux que leurs supérieurs
à l’heure voulue. Et dans la pléthore d’offres, ce sont les communautés électives qui serviront de repères et permettront à hiérarchiques interloqués se retrouveront à mener à bien. Les entreprises auront là à gérer
chacun d’exister dans un groupe. La segmentation par groupe d’âge initiée par le marketing va alors connaître un bonheur une nouvelle forme de carriérisme désimpliqué de la part de salariés-consommateurs et à
inégalé : si les communautés apparaîtront se constituer sur un pôle d’intérêts communs, très vite le critère de l’âge va prendre en compte une montée de l’incompréhension entre générations.
déterminer ce que ces intérêts peuvent être. Chaque groupe d’âge va se voir doté d’une panoplie spécifique : habillement,
vocabulaire, loisirs. La chose n’est pas nouvelle, elle prendra un caractère plus coercitif de fait de la pression sociale à se Eve Lamendour
conformer aux pratiques de son groupe d’appartenance. IEMN – IAE / Attachée d’enseignement, Doctorante en gestion / Université de Nantes
[Link]@[Link]
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ENTREPRISE 2018
DESIGN
& Entreprise2018
L’entreprise 2018
vue par des designers
Paris, jeudi 8 mars 2018, 8h30, Marc, chef de produit
d’un groupe du secteur agroalimentaire, finalise le rapport
Design, un mot qui fait peur au commun des mor-
tels car depuis longtemps associé au luxe, à l’ex- "Health Chocolate", relatif à un projet de nutrigénomique*.
ception créative d’un groupe restreint d’initiés.
Pourtant, il semble que de plus en plus, le design En quelques minutes, un logiciel a rassemblé toutes les données relatives au sujet contenues dans son ordinateur et les a synthétisées. A peine
soit intégré au management, par son action fé- le temps de s’étirer se dit-il en reculant son siège afin de s’extraire de sa coque de travail mobile. L’immense plateau baigné de lumière du service
dératrice autour d’un projet commun à tous les marketing est encore bien calme à cette heure, mais il ne tardera pas à ressembler à une vraie ruche, heureusement que son "cocon "est insonorisé.
salariés d’une entreprise, créatif et innovant, et
Marc remarque qu’il manque les dernières réglementations en vigueur, il envoie un email à Sibylle, la nouvelle recrue du service juridique, afin
à la stratégie des entreprises par la réponse qu’il
peut apporter aux nouveaux modes de travail et
qu’elle les mette à sa disposition dans la table interactive multi-touch de la salle de réunion, un outil permettant le partage des données des différents
d’organisation. Alors le design mettra-t-il dans services de l’entreprise, sous réserve de droits d’accès définis en amont de chaque projet. Dans un quart d’heure, il soumettra son étude à Diego,
l’avenir des couleurs dans le monde du travail ? son homologue madrilène, et à Samuel, le responsable du projet, qui, aujourd’hui, travaille depuis son salon de la banlieue ouest ; il suffira que
A suivre... leurs hologrammes apparaissent autour de la table interactive pour que la réunion commence.
Samuel n’est pas mécontent de pouvoir éviter un trajet ce matin. La veille, il a travaillé tard chez lui, très tard, jusqu’à ce que son bureau convertible lui
signale que trop, c’est trop, en éteignant son ordinateur et en se transformant en mobilier de repos. Sans lui demander son avis. Sacrés capteurs !
Grâce à ceux dont est équipé son bureau intelligent, impossible de feindre la pleine forme quand se cumulent tous les signes de fatigue… Si sa
demi-nuit de sommeil avait pu lui apporter les réponses aux problèmes sur lesquels il bute, il serait carrément content. Hélas, il est loin de les
avoir résolus et ce n’est pas seul qu’il y parviendra : le rapport de Jean est tombé hier soir. Jean est philosophe et conseiller éthique indépendant,
il intervient sur plusieurs projets de nutrigénomique et tire la sonnette d’alarme : l’ADN, c’est bien beau, mais jusqu’où peut-on aller, comment
éviter les dérives, comment les identifier pour les prévenir… ? L’éthique étant une des priorités de son entreprise, pas question de faire l’impasse
sur ce point. La réunion du jour promet pas mal de discussions qui iront bien au-delà des problématiques marketing, qui, décidément, n’est plus
ce qu’il était…
Tandis que Marc se réjouit d’avoir bouclé son dossier en un rien de temps et que Samuel médite sur la complexité du "marketing enrichi",
Diego, à Madrid, s’inquiète du retard de son métro. Bien sûr, il pourra se connecter et être présent à l’heure dite à Paris – du moins, son image
holographique –, mais il se soucie de tous ces voyageurs autour de lui, pas évident d’aborder un projet hautement stratégique dans les transports
en commun… À quand l’enveloppe isolante invisible ou toute autre solution garantissant la confidentialité des échanges ?
* Après les alicaments, viendront les produits de nutrigénomique, un des principaux chantiers de groupes comme Danone et Nestlé, fondé sur l’adaptation des aliments au profil ADN de
chacun d’entre nous (source Management, n°203, août 2008).
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ENTREPRISE 2018
DESIGN & Entreprise2018
Hyper-technologie, connexions en tous lieux, travail collaboratif, télétravail, frontières plus floues entre vie professionnelle et vie Les entreprises seront aussi amenées à reconsidérer le corps des individus pour
personnelle, intervention de nouveaux acteurs non issus de la sphère économique apportant des points de vue différents dans la façon réduire le décalage entre la poussée technologique fulgurante et le cadre de vie
d’aborder les problématiques de l’entreprise, fin des hiérarchies traditionnelles, nouveaux espaces de travail, objets intelligents, valeurs professionnel en introduisant notamment des postures de travail contemporaines
éthiques et humanistes en hausse… l’entreprise de 2018 tiendra-t-elle compte de ces données ou bien ne sera-t-elle pas si éloignée de celle de – elles supposeront des avancées comportementales notables. Travailler au sol,
2008 ? "Compte tenu qu’en dix ans la vitesse de changement des entreprises est beaucoup plus lente que la vitesse de renouvellement de comme le suggère Olivier Peyricot, designer lauréat de la consultation "travailler
leurs offres, les organisations évoluent en effet plus lentement que les technologies, elles seront certainement très proches de celles que autrement demain" organisée par Actineo (Observatoire de la qualité de vie au
nous connaissons aujourd’hui", observe Alain Cadix, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI – Les bureau) et VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement), pourquoi
Ateliers). Cependant, "le rêve est utile, certaines prospectives verront le jour, elles feront évoluer le management vers plus d’autonomie pas ?
dans la façon de travailler", remarque Anne-Marie Sargueil, directrice de l’Institut Français de Design qui, depuis 1951, accompagne L’Homme en tant que salarié sera considéré comme un créateur de valeur, les
les entreprises dans une démarche créative et citoyenne et décerne le label Janus aux produits qui répondent le mieux aux critères entreprises auront alors à envisager pour lui de nouveaux signes de statut, passant
d’éthique, d’apparence, de matériaux employés et d’intérêt pour l’usager. notamment par l’aménagement de son bureau mais aussi par de nouveaux modes
de rémunération. "Si on part du principe que la personne crée de la valeur, on ne
peut limiter sa rétribution à un salaire, des solutions de type droits d’auteur ou
L’entreprise qui mise sur l’Homme royalties doivent apparaître et déterminer le partage du gain entre l’entreprise et
le salarié", explique Françoise Bronner, journaliste, conceptrice d’aménagements
"La génération Y de 2008, génération d’Internet et des OGM, formée et recrutée via le bac S, scientifique, ne jurant que par la raison et spécialiste de mobilier tertiaire.
absolue, illustrée – c’est un exemple – par un diplômé d’HEC toisant un diplômé de la Fac de Philo de Paris 1, pourrait à l’avenir faire Enfin, l’Homme en tant que consommateur sera perçu comme un destinataire et
le constat que la technique sans les usages, la raison sans le cœur, ça ne marche plus", pointe Jean-Louis Fréchin, fondateur de l’agence No la notion d’expérience reçue par le destinataire remplacera celles de produits et
Design. Les avancées technologiques posent des questions complexes dont il faut tenir compte pour éviter un risque de déshumanisation services. "Les entreprises ne doivent pas oublier le fait que les consommateurs
du monde. Une des voies à suivre, ouverte par les américains qui ont centré leur attention sur l’entreprise citoyenne (en termes achètent aussi pour faire plaisir à l’autre, il faut replacer la question de l’amour, du
d’environnement, de rôle social, de responsabilité, problématiques abordées notamment au sein de la Fondation Bill Clinton), serait plaisir, du confort dans leur réflexion sur ce qu’elles proposent à leurs clients",
celle qui permet de sortir des modes de raisonnement binaires opposant les "anti tout" issus de la pensée de Rousseau et les "techno à insiste Jean-Louis Fréchin.
fond" adeptes de Voltaire, de croire en l’homme pour en finir avec la technique triomphante sans les valeurs humanistes. Il est intéressant
de constater que Microsoft parle aujourd’hui le même langage que le philosophe Pierre-Damien Huygues, responsable de la section
design à la Faculté d’Arts Plastiques de Paris 1 Sorbonne, qui prône d’enrichir le monde plutôt que de l’exploiter. L’entreprise qui explore l’entre-deux
L’Homme donc, acteur mais aussi client de l’entreprise, lui qui par sa plus grande autonomie et exigence en tant que personne pousse
les entreprises au changement, vers quoi les amènera-t-il en 2018 ? L’entre-deux, l’interstice – espace cher à Gilles Deleuze dont la philosophie
A revenir en premier lieu aux basics de l’être humain, à tenir compte de la valeur cognitive et émotionnelle de ses cinq sens, de ses imprégnée de notions comme la connexion et l’hétérogénéité (à l’image du rhizome
besoins physiologiques pour son bien-être et sa performance. Des espaces de détente, dont les agences de communication ou de design qui se multiplie, s’étend) a influencé la création d’Internet –, le pli à l’intérieur
furent pionnières dans les dernières décennies, se généraliseront dans la plupart des secteurs, les entreprises les plus innovantes iront duquel peuvent se nicher de nouvelles possibilités – ce que les entreprises nomment
plus loin en créant des espaces de sieste, inspirées entre autres de la cellule Narco, créée par Marie-Virginie Berbet, biologiste et designer innovation – suppose quelques contorsions ou changements d’attitudes pour
qui travaille sur le stress et les émotions, et qui permet une sieste courte de dix minutes pour le bénéfice commun de l’entreprise et du être exploré.
salarié. "Le but est de réussir à réintégrer notre nature dans notre mode de vie qui a déréglé nos rythmes, cette cellule n’est pas conçue "Dans certains cas, il est dangereux de ne pas se pencher au-dehors, prendre
pour s’installer dans le sommeil mais pour prévenir les pathologies liée à la fatigue*", précise-t-elle. Autre dispositif menant à la prise les problèmes à l’envers serait parfois un plus ! ", s’exclame Anne-Marie Boutin,
en compte des rythmes chrono-biologiques dans le cadre du travail : un sous-main équipé de capteurs physiologiques (pouls, etc.) Présidente de l’APCI (Agence pour la Promotion de la Création Industrielle), qui,
et comportementaux (niveau d’activité de la personne), relié à une lumière s’adaptant au rythme de la personne ; grâce à lui, on limite en 2008, fustige la lenteur et la frilosité de bien des organisations. Les entreprises
les comportements qui génèrent le stress, en permettant soit de se relaxer en phase de pic d’activité, soit de se stimuler en période de qui réussissent aujourd’hui sont celles ayant compris et intégré dans leur
baisse de vigilance. fonctionnement l’agilité, le travail collaboratif inter disciplines, le mode projet,
dans le sens se projeter, aller de l’avant : l’automobile, le sport, l’électroménager,
* Le rapport Giordanella, remis au Président Jacques Chirac en décembre 2006, faisait un état des lieux du sommeil et des propositions pour sa meilleure prise en compte
dans tous les aspects de la vie. Il signalait notamment que les salariés de grandes entreprises se cachent dans les toilettes pour faire la sieste.
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DESIGN & Entreprise2018
la mode et le luxe ; leurs activités bien que différentes tournent autour d’un point
commun : le mouvement. En 2018, les entreprises les plus innovantes seront celles
qui auront adopté la pensée design (design thinking) promue notamment par
Anne-Marie Boutin, une pensée globale, dynamique, intuitive, associative, synthétique,
capable de mélanger des chiffres et des valeurs, osant des métissages et des regroupements
improbables, réduisant ainsi les distances entre univers métiers ou culturels différents.
Ce seront des organisations apprenantes, qui, face aux mutations provoquées par L’entreprise de toutes les mixités
les avancées technologiques qui font que tout est connecté, se mettront en situation
d’apprentissage pour décrypter l’inconnu. Elles créeront du lien, opèreront par médiation, La mixité ne procède d’aucune règle définie, tout est dans tout et réciproquement disait Pierre Dac, on peut imaginer que les entreprises
se fonderont sur les expériences acquises des personnes, valoriseront l’échec, "face seront les mêmes dans dix ans, à ceci près que les personnes, en tant que personnes autonomes et non en tant que salariés, auront créé
à l’hyper technologie, l’art est une alternative ; face à l’inconnu, face au risque, il n’y a d’autres options dans l’entreprise en faisant rentrer des bouts de leur vie personnelle dans leur vie professionnelle, et ceci est valable
pas d’école, pas de savoir ", pointe Jean-Louis Fréchin. Des approches comme Play aussi venant des patrons, "nous sommes imprégnés d’une culture sciences humaines qui nous donne les moyens d’y parvenir",
Factory du designer italo-japonais Isao Hosoe, procèdent de cet entre-deux et rompent note Anne-Marie Sargueil.
avec les codes traditionnels de l’entreprise. "Dans notre imaginaire, le concept de Mixité en termes de statuts tout d’abord, dans un contexte de cycles de plus en plus courts en effet, les gens alterneront des
factory (atelier, fabrique, usine) évoque un mouvement mécanique ou une atmosphère périodes de salariat avec des phases de chômage ou de travail en tant qu’indépendant, ils devront être capables de passer d’un
dominée par un gris uniforme, sans aucune nuance. A priori, le jeu ou toute activité statut à l’autre, de travailler chez eux ou pas, seuls ou en équipe, etc. "L’homme est un animal social et ne peut fonctionner,
ludique semblent complètement exclus d’un tel univers. Mais que se passerait-il si travailler isolé ou uniquement connecté au virtuel. Demain, il travaillera comme il consommera de l’énergie (un peu de pétrole,
nous introduisions "un peu de jeu" dans un tel environnement ? C’est une activité un peu de solaire…), il fabriquera une vie à la carte, avec du confort, et sera amené à concevoir lui-même sa carte", remarque
spontanée, profondément créative et créatrice, à travers laquelle il est possible d’accepter Régine Charvet-Pello.
les erreurs : à partir d’un évènement inattendu, imprévisible, il se peut alors que quelque Par ailleurs, les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle vont s’estomper, générant un risque de confusion entre les
chose de nouveau, d’inédit soit créé. Le jeu développe la créativité sans imposer, ni deux, d’autant plus fort que "l’individu, valorisé et donc surinvesti aura du mal à se fixer des limites", explique Dominique Sciamma,
contraindre…", répond Hosoe à ceux qui s’étonnent qu’un tel concept puisse être responsable du pôle design interactif au Strate Collège Designers. Pour compenser les contours plus flous entre la sphère privée
associé au monde du travail. et la sphère professionnelle, plusieurs hypothèses peuvent être envisagées. Dans le cadre du télétravail par exemple, il faudra
L’entre-deux peut également être exploré pour utiliser les ressources en marge de définir chez soi l’espace de travail, qui pourra être dédié ou faire partie du mobilier. Ce mobilier sera-t-il suffisamment intelligent
l’entreprise, celles des personnes qui n’ont pas encore mis un pied dans le monde du pour nous jeter dehors quand nous en faisons trop – une version à domicile du siège éjectable –, l’outil de travail se mettra-t-il en
travail, les étudiants diplômés, celles de personnes en fin de carrière, les seniors, celles grève quand un certain niveau de fatigue sera atteint ? Les voitures d’aujourd’hui repèrent les signes de somnolence, les bureaux
des personnes entre deux emplois, ou encore, celles des personnes discriminées, de demain feront certainement encore plus, dans dix ans en effet, les ordinateurs auront multiplié leur puissance par cent, leur
comme les personnes ayant un handicap. Une démarche de design for all peut être
fonctionnement sera de l’ordre de la réaction plus que du calcul (même si cela reste du calcul), les objets, bourrés d’électronique
facteur d’innovation sociale, soit en proposant des objets ou agencements de l’espace
et de logiciels, auront des comportements, décideront de quoi faire en fonction de l’environnement.
qui servent à tous, soit en incluant d’autres tempos dans un contexte d’accélération
Il y aura aussi mixité entre mode sédentaire et nomade. En 2018, le Web 4.0 sera bien embarqué et permettra d’être connecté à
toujours plus poussée comme le signale Anne-Marie Sargueil.
tout, les transports en commun seront-ils des lieux de travail, la mobilité deviendra-t-elle la règle ? Comment s’isoler alors, accéder
à l’information, où seront les ressources, sur nous-mêmes, dans le métro ? Si en 2008, un slogan scandé par les fabricants de
technologies fait fureur, "qu’importe le bureau du moment qu’on est connecté", il sera certainement couvert en 2018 par d’autres
voix, le Japon par exemple est déjà actuellement en train d’interdire le fait de travailler n’importe où pour préserver la confidentialité.
"La question de la mobilité est un faux débat car on est toujours dans un lieu ; on peut également douter de la validité de ce
discours, et la mobilité n’est pas forcément source de performance", signale Françoise Bronner. Par ailleurs, l’innovation, la
résolution de problèmes passent par la rencontre entre les gens, le lieu doit donc créer des opportunités de rencontre.
Mixité encore, dans les modèles économiques : "ne pas être dans LA vérité et la loi pure et dure, penser à un business model
qui s’inspire de tout, combiner modèle capitaliste et modèle éthique, passer de l’un à l’autre, comme Bill Gates qui, ces dernières
années, a engagé Microsoft dans une politique de développement durable, ou encore le bangladais Muhammad Yunus, prix
Nobel d’économie en 2006, surnommé le banquier des pauvres pour avoir créé la première institution de microcrédit ", note
Anne-Marie Sargueil.
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ENTREPRISE 2018
DESIGN & Entreprise2018
L’entreprise qui bouscule les hiérarchies et s’appuie sur les compétences LE SENSORIEL POUR COMPENSER LE VIRTUEL ET INTERAGIR AVEC SON ENVIRONNEMENT
Si la fin des hiérarchies n’est pas annoncée, car d’après Alain Cadix, il y aura toujours nécessité d’un "Il existe une frustration vis-à-vis du réel du fait du développement du virtuel depuis la fin des années 90",
note Ignazio Mottola, fondateur de BartProject Interactive Design. Ce développement a eu un impact certain
arbitrage, d’une décision – les entreprises superposeront donc une organisation hiérarchique, une sur toutes les enseignes vendant entre autres des équipements nouvelles technos, de type Fnac ou Darty, car
organisation matricielle et une organisation en réseau –, elles seront fortement bousculées par le les gens font maintenant leur repérage de produits dans les points de vente pour ensuite comparer les prix
développement du mode projet. "Plus que le pouvoir, ce sont les compétences des salariés qui induiront et acheter sur le Web. "Possible que dans dix ans ce type de magasin se transforme en show-room, les sites
leur positionnement dans l’entreprise. Par ailleurs, la valeur ajoutée se situant dans la conception, on de e-commerce se mutualisant pour les créer", imagine Ignazio Mottola, ou qu’ils soient amenés à réfléchir à
demandera aux salariés de penser de plus en plus, or si l’individu pense dans son travail, il pense une autre façon d’attirer et de retenir les clients, en suggérant plus qu’en accrochant. La vitrine audio-active
conçue par [Link] pour la Fnac et couronnée par un Janus du Commerce en 2008 illustre cette ap-
aussi pour lui : les politiques et les dirigeants d’entreprises devront en tenir compte" , note Dominique proche plus sensible du client. Le concept ? La vitrine est une peau qui fait le lien entre le magasin et la rue,
Sciamma. Pour gagner des marchés, il n’y a pas d’autre solution que de hausser le niveau, les entreprises elle relie le magasin et le passant, discrètement, en lui donnant envie de s’approcher de la vitrine pour "tou-
capitaliseront sur l’intelligence du salarié, qui lui devra concevoir, élaborer de plus en plus, il faudra donc cher" la musique. Dans un environnement envahi par le virtuel, les gens sont de plus en plus éloignés de la
le former en conséquence pour le maintenir à la pointe des connaissances. Le fonctionnement par projets matière, "et plus ils sont dans cet éloignement – qui touche autant les services, les relations que les objets –,
plus ils sont exigeants au niveau de la qualité physique de l’objet quand ils sont confrontés à lui dans le réel.
amènera sans doute à concevoir des formations plus légères, plus courtes, par exemple sur un sujet Ils auront donc les mêmes exigences quand ils travaillent que lorsqu’ils consomment ", note Régine Charvet-
précis concernant un projet particulier. Et si l’entreprise 2018 annonçait la fin de tâches chronophages Pello, fondatrice de RCP Global Design, agence de design sensoriel. Une rencontre entre la standardisation
et à faible valeur ajoutée, comme les tâches administratives ? Si l’administratif devenait un administratif industrielle et une demande individuelle très pointue va donc pousser les entreprises à rechercher le moyen
opérationnel, uniquement lié aux projets en cours ? Il s’agirait alors d’automatiser tout ce qui peut l’être, de de se différencier ; le design sensoriel est un moyen d’y parvenir car il découle de la réflexion du positionne-
prendre en compte la montée en puissance de la dématérialisation des flux et de placer son temps et son ment de l’objet et de son utilisateur dans le monde virtuel. Ainsi, la société Legisway, éditeur d’un progiciel
permettant aux grands groupes de gérer leurs contrats, réfléchit actuellement à la façon d’améliorer son offre
énergie sur d’autres activités comme le conseil, le relationnel en interne, les relations clients… et mise sur le look and feel. "L’objectif est de travailler mieux et plus vite, de manière plus sécurisée et ainsi,
de faire en sorte que les contraintes contractuelles de nos clients soient des leviers de business pour eux, le
contrat devient en effet un outil de compétitivité que ce soit au niveau commercial, comptable, juridique,
L’entreprise 2018 : lieu de travail ou lieu de rencontre ? etc. Nous réfléchissons avec [Link], à une interface intuitive, sous la forme d’une table interactive
facilitant le travail collaboratif, pour faire converger notre technologie et une ergonomie qui rendra notre
Dans dix ans, quelle seront les conséquences des avancées technologiques sur le territoire de l’entreprise, progiciel plus simple et agréable d’utilisation, permettant ainsi à des équipes juridiques la plupart du temps
deviendra-t-elle un hub, une super interface ? "L’entreprise du futur pourrait être envisagée non plus en sous-effectif de gagner du temps dans leur travail", explique Delphine Lanchy, directrice commerciale de
comme un lieu de travail et de stress, mais comme une entreprise dans laquelle on accède de partout et à Legisway. Pour Olivier Bergeron, fondateur de [Link], les interfaces collaboratives, la technologie
tout moment, pour une meilleure performance. Elle pourrait agréger la masse d’informations nécessaire à cachée (fresh technlogy) qui permet d’interagir avec son environnement, vont modifier la façon de travailler,
apporter plus de confort d’utilisation (lors de la lecture sur écran par exemple) mais aussi, modifier peu à
la gestion de son activité et en faciliter l’accès, mais elle pourrait être aussi un lieu d’événements propice peu les façons de raisonner puisque le rapport à l’outil deviendra plus sensoriel, plus personnalisé.
au vrai relationnel entre les personnes, c’est-à-dire favorable à la rencontre physique", propose Olivier
Bergeron, fondateur de l’agence de design sensoriel [Link]. Dans la mesure où elle externalise de
plus en plus certaines fonctions, l’entreprise peut en effet, selon Régine Charvet-Pello, devenir davantage
un lieu de partage de valeurs, de relation plus que de production de travail. Selon les emplois, on n’ira LE RETOUR EN FORCE DE LA MARQUE ET DU LOCAL
pas dans l’entreprise tous les jours, mais la venue dans l’entreprise, aux étapes importantes d’un projet Dans un environnement de plus en plus complexe et concurrentiel, dans un contexte d’incertitude (politique,
par exemple, "fera événement" en quelque sorte comme le signale Alain Cadix. économique, d’approvisionnement), les entreprises vont chercher à réduire le risque : "le graphisme, le packa-
Qu’elle devienne lieu d’événement ou qu’elle reste essentiellement un lieu de travail, l’entreprise ging doivent le permettre. La garantie viendra entre autres de la marque qui supplantera les MDD (Marques
du futur doit être un lieu intelligent. Pour Anne-Marie Sargueil, le discours actuel sur la qualité de la De Distributeurs)", observe Alain Cadix. Qui dit marque, dit ADN de la marque, et suppose une affirmation
de son identité culturelle. "Quand on achète français, on achète un savoir-vivre, une finesse, une élégance…,
vie au bureau alors que l’on propose majoritairement des espaces aussi fermés, étroits, sombres, est être de quelque part a donc une valeur", explique Jean-Louis Fréchin. Demain, il ne suffira plus d’estampiller
inacceptable. "La créativité ne peut pas s’exprimer dans la contrainte, hormis celle qu’on s’est fixée, et "made in France" sur un produit mais de faire ressortir tout ce qui évoque les caractéristiques d’un produit
la créativité, c’est de la productivité, de la création de valeur", précise-t-elle. Il faut donc des lieux à français. Gare cependant aux nationalismes qui ressurgissent en période de crise et de complexité.
mi-chemin entre ce qu’on a chez soi et le monde de l’entreprise où la notion de collectif est importante,
Sophie Girardeau
injecter dans la notion de "boîte", des espaces de vie, ouverts, confortable, aller aussi vers les valeurs de
Communication/Conception/Rédaction
confort qui permettront le développement d’espaces de tranquillité, d’agrément. Une entreprise qui vit.
Journaliste - Auteur
06 83 47 21 12 / [Link]@[Link]
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DISTRIBUTION
& Entreprise2018
Un hyper en 2018
Lorsque cet hyper de 12 000m² ouvrit en novembre 1969 au bord de l’autoroute, il était au milieu de quelques hectares de champs, la
commune d’accueil avait 5000 habitants au milieu de communes de 5000 à 10000 habitants chacune. Avec sa cafétéria en étage avec vue sur
l’autoroute, l’une des premières de France, il avait un air futuriste, visionnaire de l’an 2000. le premier Prisunic était à 3 km, le premier hypermarché
(en fait un centre commercial avec un supermarché alimentaire) à 15 km.
Paris, le 4 juin 2008 – Il existe une étroite cor- Pour ses 10 ans, je crois me souvenir que sa galerie marchande de quelques boutiques avait été complétée par une grande surface de meubles et
rélation entre le développement durable et la
ménager-TV ce qui en faisait avec environ 20 000 m² l’un des plus grands sinon le plus grand centre commercial de la région, voire du département.
chaîne logistique du futur pour les secteurs
Son parking de 2000 places brillait des pare-brises des voitures alignées impeccablement en épis perpendiculaires à la façade. La visite du
des produits de grande consommation et de la
grande distribution. Tel est le principal ensei- samedi après-midi était réglée comme du papier à musique pour les 300 000 habitants de proximité immédiate, à 15/20 minutes de voiture.
gnement d’une nouvelle enquête intitulée "La
chaîne logistique du futur à l’horizon 2016 : ré- Pour ses 40 ans, dans un an, il sera au cœur d’une zone pavillonnaire de quelques années déjà. La population a profondément changé depuis son
pondre aux besoins des consommateurs en res- ouverture glorieuse et revendiquée. Les usines sidérurgiques ont pour ainsi dire disparu, il ne reste que quelques ouvriers hautement spécialisés. Les
pectant l’environnement ", publiée conjointement mines ont fermé depuis longtemps. Les gueules noires ou ouvriers sidérurgistes de 1969 pour qui la "Mob’" bleue était le moyen de transport
par le CGI (Global Commerce Initiative) et Capgemini. naturel à moins que ce ne soit le car ou le vélo, sont tous à la retraite depuis longtemps et font figure d’anciens racontant une époque aujourd’hui
Ce rapport présente un nouveau modèle de la chaîne digne du musée pour ne pas dire de Germinal, pour ceux qui vivent encore. L’industrie automobile a pris le relais de l’emploi mais les cols blancs sont
logistique intégrée qui, au-delà des critères habituels aujourd’hui bien plus nombreux que les cols bleus, cols bleus aux mains propres et fines qui n’avaient rien à voir avec les "paluches" rugueuses
(disponibilité des produits en rayon, réduction des
et massives des ouvriers de 69. Dans un an, il n’y aura pour ainsi dire plus de familles nombreuses de 4 enfants et plus. Les magrébins
coûts, performance financière), tient compte de
et africains auront fait oublier les ritals, yougos et polacks d’il y a 40 ans et plus profondément intégrés à société française. L’hyper n’est
paramètres environnementaux, tels que la réduction
des émissions de CO2 et de la consommation d’énergie, plus unique, dans la vallée qui s’étire sur près de 140 km, il y a un supermarché (hard-discount ou soft-discount ou classique) tous les
une meilleure traçabilité et une diminution des 2 km de zone à population dense et les hypermarchés avec centres commerciaux très fournis (de 20 000 m² sous un même toit à plus de 40 000 m²
engorgements liés au trafic. en parc commercial) se sont multipliés pour en faire l’une des zones les plus denses de France. Comme partout, les spécialistes (bricolage,
meuble, ménager, sport, jardinage, textile, chaussure, etc.) se sont multipliés en ville comme en périphérie. Les plus grandes villes se sont
piétonnisées.
En novembre 2018, l’hyper fêtera sa réouverture pour ses près de 50 ans ! En fait, il ne s’agira pas de réouverture au sens premier
puisqu’il n’a jamais vraiment fermé. Mais pendant 2 ans, le centre commercial presque dans son ensemble – de nombreuses boutiques ont fermé
et les m² des locomotives se sont réduits – n’a pas cessé d’être déplacé, soit dans le bâtiment en démolition progressive, soit sous tente, soit en
partie dans les nouveaux bâtiments …
Comme le terrain était à la sortie de l’autoroute urbaine et gratuite et à moins de 2 km de la gare SNCF (en fait, on ne dira plus gare SNCF, mais
gare RFF, Réseau Ferré de France), il avait acquis une valeur immobilière importante. L’autoroute à 3 voies est pour ainsi dire saturée de 6h à 22h.
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Les murs anti-bruits l’ont isolée et il est question de la couvrir pour y tester un nouveau mode transport de véhicules électriques
à flux contrôlé, mais pour le moment les voitures sont encore à peu près libres de circuler. En revanche, la ligne de chemin de fer
dessert la conurbation de près de 140 km de long, plus de 2 millions d’habitants, mêlant universités et pôles recherche, production
automobile et haute technologie, industries agro-alimentaires et centres de décisions européens, centres de logistiques et centres
administratifs et de santé et soin. Entre les dessertes locales de passagers et marchandises et les trains de transit internationaux, il
y a quasi saturation. Le canal qui longe la rivière locale a été réaménagé et dessert la région en marchandise lourde, dont le centre
commercial qui est à moins de 800m du canal.
L’emplacement de l’hypermarché s’est trouvé à un nœud entre une gare, une sortie d’autoroute et un port fluvial. Les hectares de
terrains tendaient les bras à une opération immobilière importante poussée par la commune hébergeant le terrain et la communauté
de communes ayant besoin de ce poumon d’extension pour répondre aux exigences (à la législation et à la taxation) de densité
d’habitat et d’activités. C’est donc un ensemble immobilier de 3 à 6 étages qui a été construit, mêlant habitat, emplois, écoles et
formation, loisirs et bien sûr commerce mais aussi parcs et jardins familiaux tant au sol et sur les toitures d’immeubles. L’ancien
centre commercial a à peu près récupéré ses m² répartis sur 2 à 3 niveaux mais a surtout muté en développant une offre de loisirs
et d’espaces de sport et santé permettant un élargissement des horaires de fréquentation. Le parking connaît une occupation plus
régulière en alternant les temps de clients, d’emplois, de loisirs et de formation. Un transport local autonome et en site propre Le centre commercial est enfin un centre de vie dans ce qui était attendu depuis 50
répond aux attentes de la population âgée en journée, aux employés en début et fin de journée, aux clients en fin de journée et de ans ! Son architecture s’est construite selon les plans de villes et non selon les plans
semaine, aux activités de loisirs et sports à d’autres moments et autres jours. Ce moyen de transport couvre la zone géographique des centres commerciaux classiques des années 1970-2010. Des espaces sociaux
des 300 000 habitants de 1978, sauf que la zone couvre près de 400 000 habitants et que son profil a largement changé : plus de et de rencontre ont ouvert pour répondre aux attentes de toutes les générations et de
foyers avec de moins de personnes par foyer, plus âgé en moyenne, moins homogène culturellement. toutes les associations qui pullulent dans les villes.
Dans ce nouvel espace, la ville a enfin repris ses droits, l’hyper n’est plus à la course
Sauf pour travailler – on ne déménage pas à chaque changement d’emploi, les déplacements par voiture se font plus rares sur la aux m² et aux prix bas, le consommateur-citoyen trouve l’épanouissement qu’il attend.
conurbation – on trouve à peu près tout sur place. L’hypermarché s’est largement transformé, en fait il n’existe plus en tant que tel, Alléluia !
même si sa surface de vente persiste. Constatant la multiplicité des profils de sa zone de chalandise, il a divisé sa surface consacrée à
l’alimentation an autant de profils : le hard-discount est d’accès ultra-rapide, la commande par Internat est livrée directement dans Hummm, vous trouvez le schéma trop idéaliste ? … Pourquoi pas … En 2018, la
une zone séparée limitrophe du parking, un marché a ouvert dans sa zone la plus proche du canal, la surface pour célibataires nappe de pollution a envahi la conurbation de 2 millions d’habitants. C’est donc une
(attention, un célibataire est un "foyer d’une personne" et non un jeune de 20 à 30 ans !) et pour repas rapide par exemple pour les immense bulle qui a recouvert le centre commercial lui assurant un air pur de 17h à
employés est en bordure du centre commercial pour conserver une ouverture jusque minuit 7j/7j, le cœur de l’hypermarché dans 21h chaque soir sauf le dimanche et le lundi … Trop noir ? … En 2018, la taxe carbone et
sa fonction autonome regroupe différentes boutiques spécialisées où l’on peut payer séparément ses achats ou en payé regroupé le prix des carburants ont raréfié les déplacements des consommateurs. Des autobus
les achats de toute la surface, évidemment la livraison est possible. Une grande partie de la surface non alimentaire de l’hypermarché électriques en réseau couvrent la région immédiate. Avec des achats faits finalement
a été réinventé comme un ancien "magasin populaire", un magasin où il fait bon se promener … sans chariot. à pied – mais conclu le plus souvent par une livraison – l’hypermarché a profondément
modifié la nature de son offre … Trop rose ? … A vous de construire le futur qui
vous convient, tout est ouvert ! Mais attention, avec un pouvoir d’achat en berne,
une pollution qui devient de plus en plus dangereuse, des contraintes évidentes de
densification urbaine … 2018 c’est vraiment demain.
Philippe Cahen
Mission, Animation et Formation en Prospective
[Link]
[Link]@[Link]
Tel : + 33 1 44 49 94 96 et + 33 6 09 75 86 35
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La boutique Elle exhibera fièrement son score en tous ces domaines par un label garantissant ses performances et le respect de la
du futur déontologie environnementale et sociale de toute la chaine de satisfaction des consommateurs dont elle sera la vitrine
ultime.
La boutique du futur, compte tenu du coût de l’énergie, sera de proximité en un sens élargi : La boutique du futur sera hyper-réactive grâce aux technologies de l’information et de la communication. Sa vieille économique
proche des clients mais vendant des produits dont la production ne viendra plus nécessairement permanente lui permettra d’être toujours à la pointe de la gestion, du marketing et de la communication interactive avec
du bout du monde en dégageant un maximum de CO2. ses clients et sa zone de chalandise.
Elle se situera en centre ville ou dans les quartiers et les villages plutôt qu’en périphérie Plus besoin pour le chef d’entreprise de passer des heures devant un écran face à un fatras d’informations plus ou moins
lointaine. Si elle nécessite l’emploi de la voiture individuelle, elle sera située dans un lieu commode vérifiées, de publicités inutiles ou de spam parasitaires ! La gestion des flux lui permettra de ne recevoir que les informations
entre le lieu de domicile et le lieu de travail, sans obliger à faire de longues distances supplémentaires. filtrées qu’il aura choisies pour leur efficacité dans l’aide à la décision et à l’anticipation.
Tout sera désormais compté dans le prix réel de vente et particulièrement le coût de transport, Son tableau de bord permanent lui permettra de prendre les bonnes décisions, de gérer ses approvisionnements, sa
qu’il s’agisse du coût financier ou de l’impact sur l’environnement. Les consommateurs et la politique commerciale et sa communication, avec un maximum de fiabilité. Grace aux technologies nouvelles, la gestion
règlementation étant devenus particulièrement vigilants en ces domaines. des marchandises et la gestion des flux d’information ne seront plus séparés mais interactifs. De ce fait le décideur saura
conjointement pour un produit donné : où en est son stock, quelle est la marge générée par le produit, quelle proportion
Cette boutique fera appel aux technologies les plus sophistiquées pour son aménagement, a été vendue au taux de marque originel, quelle proportion en solde, quel type de clients est acheteur de ce produit. Cette
sa décoration et son éclairage de telle sorte qu’elle produira un maximum d’effet pour un information sera disponible en temps réel, que le commerçant ait une ou plusieurs boutiques.
minimum de consommation énergétique. Les économies de consommation réalisées grâce à
l’utilisation des "leds" permettront une climatisation et un chauffage efficace face aux modifications Sa réactivité sera donc maximale, qu’il s’agisse de procéder à de nouveau achats, de construire ses vitrines réelles et
climatiques. Ces conforts supplémentaires, dans la mesure du possible, feront appel à des virtuelles en sélectionnant des produits vedettes ou de déclencher une promotion visuelle et par mail pour donner un
compléments d’énergies renouvelables. second souffle à un article décevant.
Son isolation thermique et phonique sera particulièrement soignée de même que sa modularité Ces outils informatiques ne seront plus ajoutés comme des corps étrangers et pas toujours esthétiques. Ils seront intégrés
qui permettra de suivre modes et saisons sans travaux lourds. Les matériaux, les revêtements au décor et à la mise en scène de la boutique. Leur qualité sera visible et lisible par les clients ; elle sera significative du
et peintures seront choisis avec un respect minutieux de la protection de l’environnement niveau de gamme et du standing du commerce.
et de la santé de ses consommateurs. Les substances allergisantes et cancérigènes feront
l’objet d’une traque obstinée et minutieuse. L’étiquetage intelligent mis en œuvre dès la production ou le conditionnement permettra le suivi du produit dès sa mise en
rayon. Il entrera dans les stocks. Son prix sera calculé en fonction du taux de marque choisi, il s’affichera sur l’étiquetage
Cette précaution sera rendue plus nécessaire encore par la généralisation du marketing électronique intégré au mobilier. Il sera de même sécurisé, si par hasard quelqu’un oubliait de passer par la caisse, il
poly-sensoriel : la vue bien sûr, mais aussi l’ouïe, l’odorat, le goût el le toucher seront sollicités déclencherait les alarmes…
pour créer l’ambiance globale du point de vente. Pour dynamiser les ventes, on ajoutera une Enfin puisque la technologie aura permis de minimiser un grand nombre des soucis quotidiens du commerçant, tous
architecture sonore et olfactive à l’architecture visuelle et lumineuse. les efforts de la boutique du futur seront tournés vers la relation humaine car l’accueil, le sourire et le sens du service
La boutique du futur sera d’un accès aisé et d’une ergonomie facilitant la vie des personnes feront toujours la différence quel que soit le niveau technologique de la société. Rendre son client heureux, c’est la valeur
âgées et des handicapés. fondamentale du commerce depuis que le monde est monde !
Sa démarche citoyenne sera complétée par une vigilance permanente sur l’aspect "équitable"
des produits mis en vente : pas question de se laisser aller à choisir des produits à coût Le CEFAC [Centre d’Etudes et de Formation des Assistants techniques du Commerce, des Services et du Tourisme],
provenant d’un dumping social ou de l’exploitation de femmes, d’enfants ou de populations fragiles. membre du Club de l’Economie Numérique
[Link]
[Link]
Le Club de l’Économie Numérique est une entité de [Link] SAS, une société de Bestofmedia Group.
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Des innovations qui facilitent la vie 5 concepts ont été particulièrement plébiscités par les shoppers :
• Le paiement biométrique par empreinte digitale, le client règle ses achats en plaçant son doigt sur un
lecteur d’empreinte digitale. Ce processus élimine totalement le besoin d’avoir sur soi de l’argent liquide,
des chèques ou une carte de crédit. 55 % des participants à cette étude ont l’intention de l’utiliser. 62 %
pensent d’ailleurs que ce service, attrayant et innovant, sera mis en place d’ici 2015. L’attrait est de 45 %
[pour une moyenne de 33 % d’attirance sur l’ensemble des concepts testés]. La France, derrière la Chine
et l’Espagne, arrive en tête des pays les plus enthousiastes pour ce concept.
• La Cabine d’essayage interactive. Via un écran tactile, le client peut communiquer avec le personnel de
vente depuis la cabine d’essayage. Il peut ainsi demander différentes couleurs, tailles, des accessoires qui
La distribution
se rapportent à ce qu’il a choisi sans avoir à retourner dans les rayons pour rechercher de l’aide. 50 % des
shoppers ont l’intention de l’utiliser et 70 % pensent que cette cabine sera présente d’ici à 2015.
de demain
• Le chariot intelligent dispose d’un écran vidéo et de contrôles de navigation sur la poignée. Grâce à ce système, Pour imaginer la distribution de demain, il faut revenir aux fonctions que la distribution
les clients peuvent localiser les produits dans le magasin, accéder à leurs listes de courses, télécharger des remplit et en imaginer le futur. La distribution remplit deux fonctions fondamentales
recettes, vérifier les prix, recevoir des promotions, des coupons de réduction et même scanner leurs achats qui ont toutes deux des effets structurants sur le monde dans lequel nous vivons. Cela
pour gagner du temps à la caisse. Ce concept génère un réel engouement, de part sa nouveauté notamment
[65 %] mais seulement 35 % des personnes interrogées sont attirées par ce concept. est vrai depuis l’origine des échanges, donc depuis la nuit des temps, et dans toutes
• Le miroir de la cabine d’essayage interactive. Il ressemble aux autres miroirs mais c’est, en fait, un écran les cultures, civilisations et états de développement économique. De plus ces trois clés
digital de haute résolution avec une caméra intégrée. Il retransmet en direct des images holographiques sont stables. On peut donc raisonnablement penser qu’elles resteront les clés de la
d’habits sur l’écran. Le client peut ainsi voir à quoi il ressemble dans les habits et transmettre en direct distribution de demain.
une vidéo des essais à ses amis pour avoir leur avis. Ce concept futuriste ne fait toutefois pas l’unanimité :
l’attrait global n’atteint que 32 % et l’intention d’utiliser 39 %. Seuls 49 % des personnes interrogées,
majoritairement chinois et espagnols, pensent que cette technologie sera disponible d’ici 2015. La fonction première de la distribution est de permettre d’échanger des biens ou services
• Recevoir des informations produits ou promotionnelles sur son téléphone mobile géolocalisé. Le client entre acteurs prêts à céder quelque chose qu’ils contrôlent en échange d’autre chose
s’inscrit sur un réseau qui, selon l’endroit ou il se trouve, lui enverra des SMS sur des produits et des offres qu’ils n’ont pas. C’est une fonction que l’on peut globalement qualifier d’économique,
pouvant l’intéresser et situés dans des magasins à proximité Ce service apparaît comme peu attractif, car même s’il ne s’agit pas toujours d’échanges marchands, ni toujours d’échanges entre
peu nouveau [35 %] et dont l’intention d’usage est particulièrement faible [19 % pour une moyenne sur
tous les concepts de 40 %]. Toutefois, ce concept semble inéluctable. deux parties, ni toujours de recherche d’égalité dans les termes des valeurs échangées
En effet, 72 % des personnes interrogées [pour 65 % de moyenne] voient ce service mis en place dans les tels que perçus par les acteurs. Elle a deux aspects, l’un physique, l’autre organisationnel.
années à venir. Avec le temps les équations "de ces deux aspects ont considérablement changé, les
Eric Montazel, Directeur Conseil Retail & Shopper Insights de TNS Sofres déclare : "Cette étude révèle un dernières années ayant vu une accélération des changements et même une véritable
réel potentiel pour les innovations qui facilitent la vie du consommateur et qui lui font gagner du temps.
Au vu des résultats des différents pays sondés, le consommateur global n’existe pas …et le distributeur global mutation. Les deux facteurs les plus visibles sont l’évolution technologique et l’évolution
non plus. La distribution reste une activité qui doit s’adapter à la culture et à l’environnement local." des attitudes des acteurs, et notamment de la part des "acheteurs "qui répondent à
ces évolutions et les suscitent. Il est très vraisemblable que ces évolutions vont se
poursuivre à une rapidité élevée et qu’en comprendre l’évolution implique justement de
comprendre les évolutions des technologies et des attitudes.
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La fonction seconde de la distribution est sociale. Depuis la nuit des temps également, les échanges
ont réuni les hommes, et par là assuré leur présence en un lieu et à un moment donnés, et ils ont
donc provoqué le débordement de la fonction première vers, au sens propre, la vie et l’organisation
de la cité, et donc de la "politique". C’est donc une fonction que l’on peut qualifier de "sociale".
Les effets induits structurants des deux fonctions évoquées sont ce que l’on peut globalement
qualifier de "moteur d’aménagement de l’espace humain", aménagement du territoire, mais aussi
aménagement des organisations, avec des liens d’induction entre les deux. Si la construction des
voies romaines était sans doute essentiellement de considération militaire, les foires du Moyen
Age, la construction de voies de communication "à grand gabarit" de désenclavement sous Colbert,
celle des chemins de fer, et plus près de nous le développement de l’aérien et récemment celui
d’internet et des "autoroutes de l’information" ont eu avant tout des motivations de développement
économiques par les échanges de type commercial, c’est-à-dire par la distribution d’ "excédents"
mieux valorisables "ailleurs" qu’en leur lieu de première disposition, et dans la reconnaissance
qu’il y a création de valeur "récupérable" en changeant le lieu et le temps de la disponibilité. Ainsi le phénomène 24/7 est très structurant dans ce type de distribution alors que la distribution "physique
"reste partout dépendante des lois sociales locales. Et prendre des habitudes d’achat du type n’importe où,
Une des grandes novations des dernières décennies a été la montée en puissance de la "distribution n’importe quand, déborde sur les attentes envers la distribution classique. Fondamentalement le moteur du
non destructive", c’est-à-dire, soit de l’acquisition par "copie" d’une disponibilité d’usage, l’original changement d’attitudes est la "prise de pouvoir "par des consommateurs qui ne veulent plus connaître ni le
restant entier dans les mains de son propriétaire initial, soit la vente de services dont la disponibilité jour ni l’heure, et qui ont suffisamment d’expérience et d’autonomie pour inverser le sens du pilotage de la
aux autres n’est pas entamée par le transfert de la capacité d’usage à un individu. Ce sont des distribution de l’aval vers l’amont, alors même que la technologie permet de remplacer, dans des conditions
évolutions qui vont probablement se poursuivre massivement du fait de la non dépendance du lieu économiques acceptables, le "gravitaire "qui poussait économiquement la distribution dans ses capillaires,
et du moment où la distribution exécute sa fonction économique à la présence d’agents humains en par des "déclencheurs "que les acheteurs maîtrisent.
contact direct. D’autant plus qu’à côté de la distribution par automates qui concerne produits physiques
et certains services, on peut souvent associer à la distribution à distance des délocalisations et Reste bien sûr l’avenir de la distribution des milliards de produits que nous "consommons "chaque année
détemporisations. et qui sont du type traditionnel, c’est-à-dire que leur consommation ou usage en entraîne la destruction. Il
s’agit de l’avenir des formats de distribution classiques de notre époque et des centaines de milliers d’emploi
qu’ils assurent. Les nouvelles ne sont pas catastrophiques, mais elles ne sont pas excellentes. Aujourd’hui
un acte d’achat est fondamentalement "composite ". Nos "boîtes à chaussures "périphériques dénoncées en
leur temps par des hommes politiques pourraient connaître le sort des pionniers de la "roue de la distribution"
et perdre la préférence des acheteurs si ce qu’elles apportent : choix, prix, disponibilité immédiate, et une
certaine "joie d’achat" est mieux fait par d’autres systèmes.
Les changements de paradigme (transport, coût d’accès, temps, moment, plaisir, corvée, capacité au "multi-tâches"
etc…) pourraient provoquer de sérieuses restructurations. Les clients n’ont jamais été fidèles à un système
dépassé quand "mieux "devenait massivement disponible. Tout est dans le concept de "mieux". Mieux comprendre
ce qu’est la "valeur" pour l’acheteur et pour le consommateur, et se redéployer pour en apporter plus sous
les formes les plus désirées, fera la différence, et peut permettre à des formats actuels qui furent modernes
il y a peu, de rebondir avec vigueur. Ne pas y réussir, sera fermer les bras. Le marketing a de l’avenir dans
la distribution !
Daniel Tixier,
Professeur à l’Essec, Titulaire de la Chaire Produits de Grande Consommation
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ECOLE / ENSEIGNEMENT
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Vers une formation au long cours
Pour comprendre la situation actuelle, un peu d’histoire récente est nécessaire. Si l’on se place en 2019 pour regarder en arrière, on observe que les
changements de la décennie ont été nombreux et ne se sont pas passés sans heurt. Ils témoignent cependant d’une forte implication des pouvoirs
publics ainsi que des entreprises dans la question de la formation. L’enseignement a été désigné "enjeu essentiel aux sociétés du XXIe siècle."
Globalement en dix ans, les nouvelles technologies se sont installées dans l’enseignement sans changer le rapport essentiel de l’encadrement des
élèves et étudiants par le corps enseignant. Celui-ci a finalement connu un renforcement symbolique (modification des grilles de rémunération,
Selon certains travaux, dont ceux de Microsoft hausse des salaires et plus grande exigence en termes de responsabilité administrative) et un renforcement pragmatique (le maintien des effectifs
dans son programme "Partners in Learning" (par-
enseignants malgré la baisse des effectifs d’élèves a permis de constituer de classes moins nombreuses, plus faciles à encadrer). La journée de
tenaires de l’éducation), les compétences des
cours a été allégée à tous les niveaux de l’éducation et le tutorat a été renforcé sans pour autant que les cours magistraux disparaissent.
citoyens et salariés pour le XXIe siècle seraient :
la résolution de problème et la pensée critique, la
communication orale, la communication écrite, le
travail en équipe, le travail dans la diversité, l’utili- Le secondaire : des années pour apprendre et pour se découvrir
sation des technologies, le leadership, la créativi-
té, l’apprentissage tout au long de la vie, l’éthique Globalement, le collège reste centré sur les savoirs fondamentaux et le lycée orienté sur la découverte. Le choix de matières privilégiées est
professionnelle, l’éthique sociale. Nous pouvons cependant effectif dès la quatrième et les savoir-faire de l’artisanat, de l’industrie et des arts appliqués occupent une place à l’égal des disciplines
donc sérieusement nous poser la question : l’école tirant vers l’abstraction comme les mathématiques. Ce changement est moins le fait d’un renversement de la hiérarchie entre disciplines que le
d’aujourd’hui répond-elle vraiment aux besoins des fait de reconsidérer la valeur de savoir extrêmement divers par une société post-moderne habituée à placer sur un même plan des choses variées.
entreprises de demain ? Le fait que les autres nations européennes aient fait en masse un choix différent pour ce qui est de la place prédominante des mathématiques
et que les programmes d’échanges d’étudiants mais aussi d’enseignants ainsi que la mobilité des cadres a facilité cette évolution. La sélection
par cette dernière discipline a vécu : le mouvement a été impulsé par l’enseignement supérieur quand les grandes écoles d’ingénierie ou de
commerce, mais aussi les écoles de médecine, d’architecture ont modifié leurs critères de recrutement pour accepter des profils plus variés que
précédemment. Littérature, économie, langues, histoire, sciences ont retrouvé une place de choix dans les programmes aux côtés du théâtre, du
dessin, de la mécanique, etc. Avec cette évolution, la question d’une orientation précoce dès le collège ne s’est pas posée en termes conflictuels,
elle a répondu aux attentes de nombreuses familles qui jusque-là s’épuisaient dans une course aux cours de rattrapage, de remise à niveau et de
cours d’explication des cours reçus au collège.
La démultiplication des matières au collège allant jusqu’à une discipline de découverte de l’esprit d’entreprise à la fin des années 2000 a laissé
la place à un recentrage des matières sur les disciplines fondamentales. L’apprentissage couvre moins de domaines mais se fait davantage en
profondeur. Par ailleurs, l’évolution démographique (baisse de la natalité et inversion de la pyramide des âges) a accompagné ce changement :
les effectifs par classe sont moindres, atteignant au plus 20 élèves au collège comme au lycée.
La suppression du baccalauréat attendue de tous leurs vœux par d’aucuns, crainte ou rejetée par d’autres a donné lieu au début 2011 à plusieurs
mois de grève dans les collèges, lycées et les universités. La longue concertation préalable n’a pu empêcher ces mouvements de contestation
mais elle a permis que leur ampleur soit circonscrite à l’hiver et au début du printemps. Fin avril, les cours reprenaient pour se poursuivre jusqu’à
juillet compris et à la rentrée décalée à fin septembre 2011, la réforme actée avait concerné l’ensemble des lycéens français. A l’image de leurs
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ECOLE / ENSEIGNEMENT & Entreprise2018
pairs dans de nombreux pays, ces lycéens sortent dorénavant des lycées avec un diplôme de fin d’études secondaires. Leur mention fondée sur Le parcours universitaire a maintenu la logique d’une licence en 3 ans susceptible
les notes obtenues tout au long de leur scolarité en classes de première et de terminale leur permet d’intégrer l’enseignement supérieur. Cette d’être suivie d’une maîtrise en 2 ans. La sélection entre la 4e et la 5e année universitaire
mention est calculée sur la base de cinq matières de leur choix qui orientent leur parcours dans l’enseignement supérieur. En amont et en aval a disparu pour laisser la place à une sélection à visée d’orientation au moment de
du secondaire, les changements ont aussi été notables. l’entrée en maîtrise. Le plus haut degré universitaire reste le doctorat obtenu 3 ans
après la maîtrise.
La distinction française entre grandes écoles et universités a quasiment disparu en
Le primaire : des élèves bénéficiant d’un enseignement de qualité dans un contexte amélioré fin 2019, la majorité des établissements a en effet été amenée à fusionner au début
de la décennie et le statut de ces établissements a été unifié malgré la persistance
Malgré les pressions parentales, la maternelle reste accessible à partir de 3 ans et exceptionnellement de 2 ½ ans. Pour répondre aux attentes locale de quelques appellations particulières : faculté, école, institut. En effet, malgré
des parents, les crèches se sont encore développées. Par ailleurs, employeurs et gouvernement face à la nécessité de travailler davantage la part toujours plus importante des nouvelles classes d’âge à intégrer l’enseignement
imposée aux salariés (et souvent parents) ont fait le choix d’une meilleure prise en charge de ce mode de garderie. supérieur, la démographie a fait que le nombre d’étudiants n’a cessé de baisser depuis deux
Pour le primaire, les enfants découvrent une école ouverte du lundi au samedi matin. Le mercredi reste férié. La semaine de quatre jours décennies. Pendant un certain temps, différents établissements assuraient leur existence
n’a pas fait long feu sous la pression des pédiatres voyant affluer dans leur cabinet des parents aux enfants épuisés et hyper nerveux. La par un recrutement de plus en plus massif d’étudiants étrangers. La perte d’effectifs
journée de classe s’est allégée et les effectifs par classe ont pu être revus à la baisse du fait de la démographie (baisse de la natalité et hausse et la vaine concurrence entre différents établissements bénéficiant de moyens trop
des migrations). Les classes de primaire comportent dix à quinze élèves. Le programme a connu peu d’évolutions : d’une part les savoir disparates et visant un même public ont suffi à justifier d’abord et à faciliter ensuite
fondamentaux de l’apprentissage primaire : savoir lire, écrire, compter ; d’autre part les activités d’éveil. Les modes d’apprentissage du français nombre de ces rapprochements.
ont cependant vu s’affronter violemment les anciens et les modernes, certains prônant le retour à un enseignement renforcé du français, d’autres
le rejetant ce qu’ils considéraient comme une position traditionaliste et réactionnaire. C’est la mesure de la moindre compétence linguistique
de toute une génération de jeunes gens (étudiants, apprentis et jeunes salariés) qui en entreprise se sont vus dans l’obligation de reprendre des Se former au long cours
cours de remise à niveau qui a poussé le législateur à renforcer la place de la grammaire et de la littérature dans les apprentissages. Il est typique
de l’écart de générations de noter que ce qui a choqué en premier lieu les députés de 2010 était le fait que les nouvelles générations partageaient La vie professionnelle au cours de la dernière décennie s’est faite plus plastique :
moins des lectures ou des révoltes communes que des émissions de télévision favorites ou des marques de vêtements préférées. les salariés du public et du privé ainsi que les professions libérales sont amenés à
travailler plus longtemps, l’âge de la retraite étant passé à 69 ans. Aucun gouvernement
n’a encore osé passer cette barre symbolique bien que dans certaines sphères on
Le supérieur en ébullition : sélection, fusion, modification des moyens disponibles parle désormais de fixer la limite à 72 ans. Dans ce cadre, les changements de
carrière ne sont pas rares et les travailleurs dans leur ensemble doivent plus que
La disparition du baccalauréat couplée aux forts taux d’échec en première année universitaire a obligé les établissements du supérieur jamais se former au cours de leur vie professionnelle. Ce sont les entreprises autant
à mettre en place une forme inédite pour certains établissements de sélection – orientation. L’entrée à l’université se fait sur dossier et que les salariés qui sont demandeuses. Les universités réformées adaptent les horaires
donne lieu à un entretien préalable entre deux représentants de l’université (membres du corps enseignants ou de l’administration) et de leurs formations traditionnelles aux contraintes des salariés et proposent aussi
l’étudiant ou l’étudiante. La première année quelle que soit la discipline choisie comprend un fort enseignement d’ordre méthodologique et de plus en plus de sessions de formation continue quand les cabinets et organismes
les réorientations en cours ou fin de cette première année vers d’autres filières sont facilitées. Cette réforme de l’entrée à l’université a privés ou associatifs développent en ce sens une offre tous azimuts.
été possible du fait de l’ajustement de moyens offerts aux établissements. Concrètement les frais d’inscription ont nettement augmenté et Quant au discours sur la nécessité pour les salariés de prendre en charge par eux-mêmes
parallèlement les bourses publiques sont devenues plus nombreuses et plus conséquentes. Le système des bourses privées préexistants leur formation au long de leur vie professionnelle, il s’est délité faute de substance.
s’est aussi développé considérablement permettant à de nombreuses entreprises de participer au financement des études des jeunes L’allongement du temps dédié au travail a remis entre les mains des entreprises
générations. Les entreprises ont en effet insisté sur la nécessaire adaptation de l’enseignement à leurs besoins. La voie qui a obtenu l’obligation de veiller à la formation de leurs salariés et de financer de façon toujours
in fine l’accord des différentes parties est celle d’une meilleure adaptation de l’enseignement à son public étudiant, de la décision des plus importante cette fonction. La nouvelle réglementation impose pour le temps de
contenus dévolue à l’université et du financement de bourses privées par les entreprises selon des critères définis par les entreprises avec formation un minima d’une demi-journée hebdomadaire trois mois par an.
les équipes universitaires. Les bourses privées représentent en 2019 plus de la moitié des bourses versées, soit une hausse de 170 %
(en valeur calculée en euros constants) par rapport à 2009 et ce, malgré la baisse des effectifs étudiants. Eve Lamendour / IEMN – IAE
Attachée d’enseignement, Doctorante en gestion / Université de Nantes
[Link]@[Link]
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ENTREPRISE 2018
ECOLE / ENSEIGNEMENT & Entreprise2018
Ecole et enseignement
du futur…
A horizon 10 ans, la tentation pourrait être grande
d’accorder une place majeure aux nouvelles technologies
dans l’évolution de l’enseignement.
On peut pourtant prendre un pari contraire pour au moins deux raisons. Tout d’abord cela fait déjà plus de quinze ans que toute une
série d’outils plus ou moins sophistiqués ont déjà permis de mettre en ligne des contenus multimédias, de créer des plates-formes
d’échange, de développer le travail académique à distance, souvent au niveau international, et de façon asynchrone, au point où
des professeurs et étudiants savent aujourd’hui réaliser de vraies productions sans réellement se rencontrer. Les usages ont déjà
beaucoup évolué ; ils restent à améliorer ou réinventer, mais prenons le pari que la technologie ne sera pas en tant que telle un • La deuxième évolution sera la diffusion de modes de relations mutuellement fruc-
facteur de bouleversement. L’autre raison est démographique : à horizon 10 ans, de nombreux grands pays développés (Allemagne, tueux entre écoles et entreprises.
Italie, Japon,…et France dans une moindre mesure) subiront de façon encore plus évidente les effets d’une faible natalité structurelle. Les entreprises auront compris que la relation avec l’enseignement ne peut se
Les objectifs liés à l’économie de la connaissance conduiront à augmenter la proportion d’individus formés dans l’enseignement concevoir que dans la durée, que, comme tout investissement dans la création
supérieur, mais globalement la tension sur la ressource humaine elle-même représentera probablement un enjeu beaucoup plus d’un bien public, il n’est pas toujours possible d’en tirer un bénéfice immédiat, et
grand que l’intégration des nouvelles technologies. que ce bénéfice est protéiforme, il ne se limite pas qu’au recrutement de ses futurs
employés. Les écoles auront cessé de craindre la marchandisation de leur action
Alors qu’est ce qui pourrait marquer le paysage de façon un peu nouveau d’ici à 10 ans ? Imaginons en rêvant un peu, trois et auront appris à enrichir en toute autonomie leurs contenus par des expertises
évolutions : et des visions du monde qu’elles ne possèdent pas. Les surfaces de contact entre
• La première est liée à la nécessité de ré-apprendre aux jeunes à travailler avec les vieux… et réciproquement ! les deux mondes seront donc à la fois plus grandes et moins "visqueuses" .
Le "spectre des âges" à manager dans les entreprises va s’élargir. Réintégrer au marché du travail des jeunes qui en sont
exclus trop tôt et des "vieux" (plus de 55 ans ?), qui ont pris l’habitude de penser pouvoir le quitter rapidement, supposera de • La troisième évolution sera possible grâce à une gestion modernisée de la ressource
concevoir de nouveaux cursus à la fois internes aux entreprises et mixtes, en partenariat avec des institutions académiques. humaine enseignante.
L’idée d’apprentissage tout au long de la vie est une tarte à la crème depuis longtemps. Gageons qu’à horizon 2018 cela devra Un professeur d’université en début de carrière sera au moins aussi bien rémunéré que la
inclure l’entrée, le plat principal et le dessert… et dans les repas quotidiens ! La société saura grâce à de nouveaux parcours secrétaire d’un associé de l’un des "big four", ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et il
pédagogiques capitaliser sur l’expérience des anciens et en transmettre efficacement les clés à des jeunes parfois résistants aux aura au sein de son institution académique des perspectives qui l’encourageront à
approches traditionnelles. investir dans la production de recherche et l’accompagnement des étudiants. La
France de 2018 n’aura de ce point de vue là plus rien à voir avec celle de 2008 et
elle servira d’exemple aux autres pays européens déjà engagés sur la voie de la
réforme. La contrepartie naturelle de cet investissement public considérablement
augmenté sera notamment le développement de la mobilité internationale des
enseignants et la généralisation de principes d’évaluation de la qualité, déjà à
l’œuvre dans les meilleurs établissements. L’économie de la connaissance aura
enfin reconstruit ses piliers opérationnels.
Nicolas Mottis,
Professeur à l’Essec
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ENTREPRISE 2018
EDITION
& Entreprise2018
Édition du futur
Il est judicieux de s’intéresser aujourd’hui au devenir
des entreprises d’édition, non seulement parce que nous
évoluons dans des cultures et des sociétés de l’écrit,
Les jours du livre papier sont-ils comptés ? Seront- du Livre, mais également dans la mesure où nombre d’entreprises
ils relégués définitivement sur les rayonnages de
nos bibliothèques pour décorer un mur en 3D ? La pres-
utilise des supports d’édition, tant pour leurs documentations
se quotidienne est-elle définitivement à la merci professionnelles, que pour leur communication interne et
des journaux gratuits à l’information sommaire et
prédigérée ? Si l’on considère les tonnes de papier
externe et leurs actions commerciales.
entassées encore dans nos bureaux, nos cartables et
nos boîtes à lettres, il semble difficile de se proje- Historiquement l’édition est née de la librairie vers 1730, les libraires étant alors eux plus intimement liés à l’impression et à la fabrication des
ter dans un avenir du tout numérique même par livres.
conscience écologique. Et vous, êtes-vous prêts L’édition, telle que nous la concevons aujourd’hui ne s’est développée qu’au 19e siècle seulement, s’est industrialisée et informatisée au 20e siècle et
à abandonner vos dossiers, à perdre le plaisir des traverse en ces premières années du 21e siècle une importante mutation due, à la fois, à la numérisation des textes / dématérialisation des livres,
sens procuré par l’achat d’un livre passionnant ? à l’impression numérique à la demande (POD), à l’émergence de nouvelles pratiques de lecture issues du Web 2.0.
Rendez-vous en 2018…
En parallèle le modèle américain et sa distinction entre editor (éditeur) et publisher (entrepreneur en édition qui regroupe plusieurs maisons
d’édition) tend à gagner l’ensemble des pays dits occidentaux.
Aujourd’hui la grande édition française sent son empire trembler sur ses bases.
Le 28 mai 2008 la ministre de la Culture, Christine Albanel a annoncé que le livre et la lecture allaient être rattachés à la future Direction générale
du développement des médias.
Les dés sont donc jetés : en 2018, le livre (en tant que dispositif de lecture) sera un média, les livres (en tant que textes) seront des messages
multi, pluri ou hypermédias, et les maisons d’édition des industries culturelles.
Depuis l’an 2000 et les vagues d’acquisitions concentrations et caetera, nous pouvions déjà presque parler de “majors de l’édition”, comme nous
parlons de majors du disque ou du cinéma.
Pour se développer économiquement les entreprises d’édition n’ont aujourd’hui pas tant besoin de lecteurs, que d’acheteurs de livres. A l’extrême,
sur le papier (sic), produire des livres qui alimentent la chaîne diffusion/distribution, office/librairies, retours des invendus/pilon, suffirait presque à
maintenir nombre d’entreprises dans une survie artificielle.
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ENTREPRISE 2018
EDITION & Entreprise2018
Des orientations à prendre…
En 2008, les jeunes majors de l’industrie de l’édition doivent contrôler et ralentir la mutation du livre pour préserver
leurs intérêts économiques. Ceci est légitime et raisonnable en considération des milliers d’emplois en jeu dans la
fameuse “chaîne du livre”.
Nonobstant les éditeurs vont devoir dans les années à venir :
• Désincarcérer l’édition de l’industrie du print. Les trois schémas ci-après ont pour vocation d’illustrer la nécessaire reconfiguration de la classique
• Désenchaîner les textes des livres. chaîne du livre horizontale : auteur > éditeur > diffuseur/distributeur > libraires/bibliothèques >
• Penser réticulaire (et plus chaîne du livre). lecteurs, dans les dix prochaines années, en une structure réticulaire aux échanges en grande
• Repenser et adapter le CPI (Code de la propriété intellectuelle). partie encadrés par de nouveaux entrants : réseaux sociaux, moteurs de recherche, services
• Reconfigurer la distribution (accès, abonnements...). du Web 2.0, POD (Print On Demand) et services d’édition à la carte.
• Mettre auteurs et lecteurs au cœur des projets éditoriaux. La représentation de cette architecture réticulaire est ici encore imparfaite, il manque
• Gérer le rapport contenus professionnels/UGC (User Generated Content, contenus produits par les lecteurs). certainement nombre de doubles flèches et, par exemple, les fonctions d’e-diffuseur/
• Intégrer la gratuité au sein de nouveaux modèles économiques. e-distributeur sont d’ores et déjà assurées aujourd’hui par les agrégateurs, nouveaux partenaires
• Adapter le marketing et les relations presse. déjà incontournables (en France : Mobipocket racheté par Amazon, Numilog racheté par
> Ces orientations permettent déjà de se faire une idée assez précise de ce que pourrait être l’édition en 2018. Hachette, Cyberlibris en partenariat avec la Fnac).
L’objectif de ces illustrations est simplement de faire comprendre qu’il ne suffira pas de mettre un
Les éditeurs y gagneraient à ne pas mettre forcément leurs pas dans ceux qui les ont précédés, et notamment e- devant les acteurs traditionnels de la chaîne du livre pour passer l’épreuve avec succès.
l’industrie du disque qui reconnaît aujourd’hui avoir joué la mauvaise carte avec les DRM.
Diffuseur Libraires
Auteur Éditeur Lecteurs
Distributeur Bibliothèques
e-Diffuseur e-Libraires
Auteur Éditeur Lecteurs
e-Distributeur Bibliothèques technophiles
Informatisés numériques
Réseaux Moteurs
Éditeur
Sociaux de recherche
Bibliothèques
e-Distributeur
numériques
Lecteurs
ENTREPRISE 2018
EDITION & Entreprise2018
Cinq tendances émergentes
En 2008 nous pouvons distinguer cinq tendances émergentes dans le monde du livre et
de l’édition :
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EDITION & Entreprise2018
L’édition en 2018
Aussi, au vu des orientations à prendre que nous avons précédemment définies, du schéma proposé de reconfiguration de la
chaîne du livre et des cinq tendances émergentes que nous venons de distinguer, en 2018 le paysage de l’édition française
pourrait être le suivant :
D’un côté, un très petit nombre de grandes majors de l’entertainment (voire de l’infotainment), fruits d’holdings internationales
issues de joint ventures des médias et de l’industrie de l’électronique, diffusant en masse la culture dominante, en grande partie
rentabilisée par des modèles publicitaires, et, d’un autre côté, un très grand nombre d’auteurs-éditeurs, de micro-éditeurs et
de structures éditoriales alternatives, collaboratives, coopératives d’auteurs et autres initiatives parallèles qui mèneront comme
aujourd’hui de véritables politiques éditoriales d’auteurs et assureront la bibliodiversité via un modèle économique plus proche
de celui de la fameuse longue traîne analysée par Chris Anderson.
Cette édition alternative s’inscrira dans le contexte global d’une nouvelle gouvernance économique, fondée en partie sur une
vulgarisation maîtrisée du gratuit et du libre via des communautés d’intérêts, transfrontalières et échangeant principalement en
globish, “global english"basique internationalement compris.
Il faut souligner ici que, tant pour la bibliodiversité éditoriale que pour la diversité culturelle dans son ensemble, c’est là, et ce En guise de conclusion…
dès aujourd’hui, un combat vital à mener pour la francophonie. Si aujourd’hui des dangers menacent le livre et l’édition, ils ne sont pas dans les
nouvelles technologies (bien au contraire). Si dangers il y a, ils sont dans les
Les maisons d’édition du 20e siècle qui existeront encore et se développeront à l’horizon 2018, seront celles qui auront su, monopoles qui se mettent en place et dans les réactions qu’ils provoquent.
à la fois préserver et régénérer leurs pratiques, et qui auront fait preuve d’initiatives et d’innovations, en mettant en place de
nouveaux modèles économiques de diffusion distribution, mais, surtout, en inventant de nouveaux services éditoriaux (passage L’édition doit éviter deux écueils :
du concept de produit éditorial à celui de service éditorial) qui puissent à la fois répondre aux usages émergents des nouveaux > son phagocytage par les majors de l’entertainment, ce qui la conduirait
lectorats, constitués de plus en plus des digital natives, et, évoluer dans le temps ; ce seront les groupes qui au-delà de leurs à un fonctionnement à l’américaine dans lequel chaque livre doit être rapidement
départements R&D auront ouvert des couveuses de projets et des pépinières pour des start-up de l’édition, qui auront su gérer le rentabilisé.
passage de relai du pouvoir culturel des mains de quelques grands communicants à celles de chacun, via les réseaux peer-to-peer, > une crispation politique conservatrice, ce qui conduirait à son évincement
les plateformes collaboratives et réseaux sociaux. du champ médiatique.
En marge de cette approche de l’édition du futur, il conviendrait d’évoquer les librairies et les bibliothèques du futur qui seront Pour 2018 l’enjeu principal n’est pas dans la numérisation ou le développement
demain virtuellement dédoublées dans le Web 3D, dont des univers comme Second Life sont aujourd’hui des laboratoires. des nouveaux dispositifs de lecture. Il s’agit pour l’édition d’inventer un nouveau
Librairies et bibliothèques modélisées en 3D seront 7J/7 24H/24 accessibles de n’importe quel endroit du monde (tout au dialogue, avec les auteurs, et, avec les lecteurs, de s’inscrire dans les nouveaux
moins occidental et asiatique) ; libraires et bibliothécaires en télétravail recevront et conseilleront les internautes, chacun par le espaces de conversations dont le Web 2.0 a entrebâillé la porte.
truchement de son avatar. L’évolution des supports de lecture(s) et l’adaptation de l’édition, tant aux nouveaux
usages émergents du 21e siècle qu’aux nouvelles donnes économiques de la
mondialisation, ne sont, à mon avis, que les symptômes d’une mutation bien
plus profonde : celle de la lecture.
Lorenzo SOCCAVO
Prospectiviste de l’édition – Conférencier
[Link]
[Link]@[Link]
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ENTREPRISE 2018
EMPLOI
& Entreprise2018
Métiers de demain & profils
émergents selon l’Ordre des
Experts-comptables
Retrouvez le dossier complet réalisé dans le cadre du 61e Congrès de l’Ordre sur [Link]/61
Les exercices de prospective emploi-formation
et sur le blog [Link]
réalisés par le Bureau d’informations et de prévisions
économiques (BIPE) établissent, selon certains Des qualifications aux compétences, du réel au virtuel, du Quotient Intellectuel au Quotient Emotionnel, nous passons progressivement de l’ère
scénarios macroéconomiques, des prévisions de des métiers à celles des emplois.
besoins en recrutements de jeunes répartis par niveau Répondre à la question des emplois de demain, c’est se questionner sur les orientations que devront prendre nos enfants, nos clients et nous-mêmes
de diplôme. Le dernier exercice précise par domaine dans le futur.
professionnel le volume de ces recrutements. Si l’Ordre des Experts-comptables s’est inscrit dans cette réflexion à l’occasion du congrès annuel en 2006, c’est que son métier évolue et que
Plusieurs domaines vont sensiblement l’augmenter : la profession comptable sera au cœur des emplois de demain si les professionnels anticipent en apportant aux entreprises clientes encore plus
bâtiment-travaux publics, fonction publique- de services et de conseil à forte valeur ajoutée.
professions juridiques, services aux particuliers,
enseignement, commerce, santé. Le niveau de
formation attendu sera supérieur à celui observé
dans les sorties actuelles du système éducatif. > Les emplois de demain en bref
Le nombre de sorties du système éducatif restera
supérieur à celui des besoins en recrutement laissant Observer l’évolution des emplois et des compétences, c’est avant tout prendre en compte les mutations sociétales qu’elles soient sociales,
des marges de manœuvre aux politiques de forma- culturelles ou technologiques.
tion-emploi. Toutefois des tensions pourront ap-
paraître principalement sur les niveaux élevés de
formation ou dans certaines régions et certaines
branches professionnelles. Des métiers désa-
Le temps : une donnée incontournable !
voués, sous considérés reviennent sur le devant
de la scène mais manquent cruellement de main- L’accélération, la compression, des phénomènes qui impactent tous les champs de la société du 21e siècle : comme on le lit un peu partout sans
d’œuvre. L’enseignement, l’entourage familial sau- parfois totalement l’intégrer, tout va de plus en plus vite…les mots d’ordre sont réactivité, service et adaptation continue.
ront-ils évoluer pour redorer leur blason ?
L’indispensable mobilité !
Occuper un emploi demain, c’est être mobile. Mobile géographiquement ou virtuellement, mobile entre ses emplois, mobile au travers de la
formation tout au long de la vie et surtout mobile émotionnellement. L’intelligence émotionnelle prend le pas sur le quotient intellectuel. L’intelligence
émotionnelle est essentielle en entreprise : "Elle fluidifie les relations. Elle permet de se placer au centre des réseaux relationnels et d’être plus
efficace."Les métiers de managers, de coordonnateurs, d’animateurs de communautés virtuelles, multiculturelles, multisectorielles sont parmi
les métiers phares de demain.
> > > ENTREPRISE2018 : LE FUTUR DES POSSIBLES
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ENTREPRISE 2018
EMPLOI & Entreprise2018
Faire preuve de confiance, de faculté d’adaptation et de talent pour la coopération ! > Emplois de demain :
synthèse des travaux de réflexion
Ces compétences non techniques sont déterminantes dans la réussite professionnelle aujourd’hui et le seront encore plus
demain.
Ce temps rare et rapide induit la tertiarisation des emplois. Les services sont partout et la créativité de chacun doit pouvoir Les emplois de demain ne sont pas ceux d’aujourd’hui, ou pas vraiment…
s’exprimer quel que soit le domaine. La clé du succès réside dans la qualité du service, c’est-à-dire l’adaptation, la personnalisation
du service à la demande individuelle du client [individu, communauté ou entreprise]. • L’environnement économique & concurrentiel bouge.
Ils concerneront tout autant : • Les technologies changent.
• les emplois dits peu qualifiés mais qui sont appelés à se professionnaliser comme les services à la personne : aide à domicile, • Le contexte social et sociologique évolue.
écrivain public, jardinier, agent d’entretien, assistante maternelle, • Les marchés, produits, apparaissent, disparaissent, etc.
• les emplois à forte valeur ajoutée du conseil, le conseil en tout et pour tout, qu’il soit lié : • Les métiers sont impactés par ces évolutions.
- aux nouvelles technologies : diététicien génétique, conseiller en génétique, dépluggeur [conseiller / psy spécialiste des • Ils naissent, vivent, se transforment, se diversifient, se regroupent.
addictions liées à une utilisation excessive des technologies], • Les besoins en compétences évoluent.
- aux nouveaux modes de consommation, à l’aspiration au bien-être : coach privé, conseillé en écotourisme, professeur de > Anticiper les besoins en emploi de demain, c’est favoriser l’employabilité des futurs/
sport à domicile, concepteur de voyages atypiques, actuels salariés
- à la judiciarisation de la société et son internationalisation : chargés de finances internationaux, avocats, juristes, assureurs,
conseillers en multiculturalisme.
Et bien sur pour vendre et développer tous ces services, il faudra des cadres commerciaux toujours plus créatifs et performants. Des facteurs macro influencent la transformation des métiers
La prégnance du virtuel, un générateur d’emplois liés aux nouvelles technologies de l’information et des télécommunications
et en particulier à Internet ! • Des mutations démographiques : vieillissement de la population : nouveaux
Écrivains/scénaristes de téléréalité, concepteurs de programmes protecteurs des données personnelles sur le web, artistes services aux personnes en termes de loisirs, de consommation, mais aussi de
numériques, développeurs, programmeurs, architectes, animateurs de sites virtuels, jeux en ligne, loisirs numériques… dépendance.
• Des mutations culturelles et sociales : développement de la société des
services : travail des femmes, structures familiales à géométrie variable, recherche
L’environnement, au cœur des préoccupations sociétales ! d’un nouvel équilibre des temps personnel/social/de travail ; de nouveaux modes
de vie et de consommation : le rapport qualité prix, la recherche d’un produit de
De nouveaux services toujours à inventer vont se développer : conseil en déontologie, agence de pub éthique… qualité associé à une qualité de service / un conseil ; la consommation éthique ; une
consommation adaptée à la structure familiale à géométrie variable, aux tribus et groupes
sociaux qui veulent cultiver une forte identité [gays, bobos, alterconsommateurs…] ;
Les métiers traditionnels réinventés ! exigence croissante d’un cadre de vie agréable et sûr : la santé, le bien être,
besoin de convivialité, d’authenticité et de sécurité.
Les développements technologiques vont s’immiscer dans les métiers traditionnels et les faire évoluer progressivement répondant
ainsi aux besoins de racines de la société mais aussi d’un artisanat inclus dans un pack global de services : tailleurs de pierre, • Des mutations économiques :
relieurs, selliers, sculpteurs, graveurs, marbriers, ébénistes, vernisseur/laqueurs, tourneurs, tapissiers, doreurs/encadreurs... - mondialisation des marchés et concurrence accrue : la concurrence des pays à bas
salaires entraîne une remise en cause permanente des activités professionnelles à
Les familles, les métiers vont se croiser, s’hybrider pour proposer des réponses aux évolutions de notre société et de nos mœurs. faible valeur ajoutée. On en a vu hier les conséquences sur la filière textile/habillement ;
Créer son activité de demain, c’est observer les tendances, évolutions et mutations en cours dans notre société et chez les d’autres activités plus techniques sont aujourd’hui menacées, ainsi que des activités
autres. C’est aussi croiser l’analyse de l’évolution des comportements humains et les grandes mutations économiques et de services comme les centres d’appels ou les études informatiques.
technologiques. - prépondérance de l’économie des services [disparition progressive des secteurs
Primaire et Secondaire].
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ENTREPRISE 2018
EMPLOI & Entreprise2018
• Des mutations environnementales :
- Importants changements climatiques, gestion de l’eau, gestion des déchets.
- Aspiration à un développement durable.
La capacité des individus à s’adapter à l’environnement et à l’organisation qui fonde son activité est devenue fondamentale :
la technique ne suffit plus !
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ENTREPRISE 2018
EMPLOI & Entreprise2018
Les tensions sur le marché de l’emploi : paradoxes français
• Les étudiants les plus vieux du monde, les retraités les plus jeunes du monde !
- La vie active se concentre sur une classe d’âge.
- Quand les 3 générations se rencontrent dans les entreprises, elles ont du mal à cohabiter. • Revaloriser les métiers manuels
- Renforcer l’alternance, les formations longues, le compagnonnage.
• De fortes tensions de recrutement sur certains secteurs - Faire évoluer les mentalités des parents, des enseignants, avec notamment d’importantes
- Depuis 30 ans, les français ont une image négative des métiers manuels et techniques. campagnes de communication.
- Faciliter la création d’entreprises par des réformes administratives.
• Le papy-boom ne génèrera pas un nombre proportionnel d’emploi en regard des départs - Revaloriser les salaires.
- Les organisations seront rationalisées.
• Valoriser et optimiser le potentiel des seniors dans les entreprises
• Les acquis sociaux, le corporatisme, des freins aux réformes. - Développer le transfert de connaissances et de savoir faire.
- Allonger la durée d’activité et promouvoir le cas échéant les temps partiels.
• La rigidité du code du travail et les charges qui pèsent sur les entreprises, freins à l’embauche et à l’esprit - Impliquer les seniors dans le système éducatif [exemple possible d’évolution de carrière].
d’entreprendre. - Mobiliser les seniors sur les secteurs en pénurie de main d’œuvre [ex. lien intergénérationnel
tels que les crèches en maison de retraite].
• Les dysfonctionnements du système éducatif, trop généraliste et élitiste avec un système d’orientation déficient.
• Faciliter l’intégration des jeunes sur le marché du travail
• Une étanchéité des systèmes et un manque de dialogue, de coopération, d’interaction : recherche/entreprises, - Au niveau du système éducatif : réformer le système d’orientation, renforcer l’adaptation
école/entreprises, public/privé, diversité culturelle/sociale. aux métiers par des formations courtes et un accompagnement personnalisé et modulaire
+ travailler sur la valeur de l’effort et la responsabilisation.
- Au niveau de la société : développer les activités de solidarité telles que service civil,
Propositions scoutisme, chantiers jeunesse.
- Au niveau des entreprises : promouvoir la participation des salariés dans la définition
• Réformer le système éducatif des axes de progrès et l’amélioration des conditions de travail.
- Développement des travaux collectifs.
- Développement des liens avec l’entreprise : alternance et intervention des entreprises dans les enseignements.
- Développement des qualités et valeurs civiques et sportives.
- Rendre poreux des univers aujourd’hui cloisonnés : universités/grandes écoles/entreprises + ouverture des
entreprises à des profils atypiques.
TOP 10 DES MÉTIERS LES PLUS RECHERCHÉS D’ICI À 2010
• Promouvoir et encourager la formation tout au long de la vie, gage de l’employabilité des salariés • assistantes maternelles,
[emplois multiples, forte évolution des emplois, valeur ajoutée du salarié] • agents d’entretien,
- Gage de l’attractivité des entreprises [évolutions technologiques, réactivité, adaptation des personnels]. • cadres administratifs et dirigeants d’entreprise,
- Même si l’alternance toute la vie peut paraître une utopie, les entreprises étant de plus en plus court-termistes, • enseignants,
rechignent à un investissement à long terme dans leur main-d’œuvre. • professions intermédiaires du commerce,
• ouvriers qualifiés du bâtiment,
• conducteurs de véhicules,
• ouvriers de manutention,
• ouvriers des industries de process,
• informaticiens
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EMPLOI & Entreprise2018
Emploi en 2010 Créations nettes Besoin de remplacement Des pénuries de main d’œuvre
(en milliers) d'emplois sur 2000- lié aux départs en retraite
2010 (en milliers) sur 2000-2010 (en milliers) • Les métiers manuels en déficit d’image [pénibilité, salaires peu attractifs]
Domaines où départs en retraite et repli de l'emploi se compensent - Électriciens
- Maçons
Agriculture 809 -198,4 240
- Mécaniciens…
Indus Légères 410 -66,5 144 • Les métiers en crise de conditions de travail
Domaines en croissance peu affectés par les départs en retraite - Médecins, infirmières, aides-soignants
- Métiers liés aux services à la personne
Informaticiens 590 204,4 56
- Ingénieurs et chercheurs sur les technologies de pointe et biotechnologies
Chercheurs 427 170,2 63 - Enseignants
Communication 458 105,3 55 • Les métiers qui subissent les mutations de la société de consommation
Ingénieurs et cadres 148 13,8 41
- Commerce de proximité
techniques industr.
Domaines combinant croissance de l'emploi et importants départs en retraite
Les secteurs traditionnels font peau neuve
Services aux particuliers 3669 792 707
Commerce 2541 306,5 435 • Les métiers artisanaux font peau neuve intégrant nouvelles technologies et/ou répondant à une
HCR 1158 150,1 170
demande de plus en plus pressante :
- Tailleur de pierre, relieur, sellier, écrivain public, sculpteurs, graveurs, marbriers, ébénistes, vernisseur/laqueurs,
Transports 2041 302,8 396 tourneurs, tapissiers, doreurs/encadreurs...
Gestion 3007 480,8 580 • Les métiers liés à la sauvegarde et à la conservation du patrimoine sont en plein boom :
Santé 2095 239,7 362 - Les collectivités locales sont friandes de garde-pêche et de cantonniers de rivières.
- Le développement des centres d’équitation de loisirs et de sport réclame des maréchaux-ferrants et des selliers.
Les domaines de l'industrie et de la construction
- Le tourisme redécouvre les sabotiers, les dentellières, les vanniers... tous ces métiers qui rappellent et sauvegardent le
Electricité 328 15,3 72 patrimoine français.
Mécanique 1366 70,4 321
Indus Process 1255 176,1 252
De nouveaux métiers liés aux évolutions socio-économiques
Maintenance 704 84,1 168
Contruction 1612 19,3 421 • Évolutions démographiques : papy boom et accroissement de l’espérance de vie impliquant dépendance,
Les domaines de l'industrie et de la construction
vieillesse, maladies de dégénérescence, handicap
- professions médicales ou de soins : aide-soignant, directeur des soins, infirmier, gériatre, télé médecin,
Administration 1571 16,9 494 - professions de rééducation : diététicien, ergothérapeute, masseur-kinésithérapeute, opticien/lunetier, orthophoniste,
Banques 574 15,5 201 orthoptiste, pédicure/podologue, psychomotricien,
Enseignements 1385 166,7 419 - professions médico-techniques : ambulancier, audioprothésiste, manipulateur d’électroradiologie médicale, prothésiste
dentaire,
Ensemble 2626 2855 5651
- professions administratives : attaché d’administration hospitalière, directeur d’établissement sanitaire et social,
directeur d’hôpital, inspecteur de l’action sanitaire et sociale, médecin inspecteur de la santé publique,
- autres métiers qui participent au mieux-être des personnes âgées : cuisinier, coiffeur, éducateur sportif, socio-
esthéticien, consultant en longévité, assistant personnel, aide à domicile, etc.
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• Évolutions sociales : tout service sur mesure et lié au bien-être Métiers traditionnels et nouvelles compétences
- Nouveaux services à la personne qualifiés et facilitateurs de vie domestique
- Hyper performance, surmenage : coach diététique, conseiller en gestion du temps, conseiller en "joie au travail" • Développement de la prise en compte du client et de l’orientation client
Le monde de la nuit regorge de métiers innovants à tous les niveaux de l’entreprise
- Vendeur thématique spécialisé - L’approche plus commerciale impacte tous les métiers [production, assurance,
- Livraison alimentaire à domicile conseil…]
- Crèche 24/24H, nounou - Le métier de commercial évolue, il doit allier compétences de vente, d’organisation,
- Les médecins alternatifs, masseurs, reflexologues, acuponcteurs… de marketing et des compétences techniques sur le produit proposé.
- Concepteur de tourisme/aventure virtuel
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A retenir
• Une tertiarisation croissante des emplois
• La capacité à gérer l’information
• La capacité à apprendre tout au long de son parcours
• La professionnalisation des services à la personne
• La coresponsabilité des individus et des entreprises dans la construction et l’évolution
permanente des compétences
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L’auteur propose l’hypothèse que cette révolution aura 6 impacts majeurs d’ordre sociétaux ; bouleversant
successivement* :
L’espace et le temps
Réseaux et territoires virtuels, asynchronisme, représentations cartographiques et métaconnaissances,
les nouveaux médias.
Les organisations productives
Organisations en réseaux ouverts, Communautés de pratiques, entreprise élargie, management des flux
immatériels…
L’homme ; sa relation au travail et à soi même, dans la société Depuis les années quatre-vingt, on nous a répété que la perte des emplois industriels était due à la concurrence
"[Link]", créativité, innovation, entrepreuneuriat de soi-même, la mode du coaching, nouveau contrat étrangère des Pays à faible coût de main-d’œuvre. Mais depuis peu, certains économistes commencent à
social, solidarité, décloisonnement travail-loisir, les réseaux sociaux… émettre un doute : ce déclin ne serait-il pas imputable à une tendance plus lourde, celle qui consiste à remplacer
L’éducation, la culture et les valeurs les êtres humains par des machines, mécaniques d’abord, puis électroniques ?
Apprendre quoi ? pourquoi ? Le pouvoir de l‘image, des médias – marketing viral – L’interculturel – Ce phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il s’est déjà produit au début du XXe siècle avec l’avènement du machinisme
L’intergénérationnel – la solidarité. et la fameuse dépression noire qu’il engendra. Pendant que, grâce à la mécanisation, la productivité américaine
Le capital et la propriété faisait un bond de 40 % entre 1920 et 1927, deux millions et demi d’emplois disparaissaient ! Rappelons
Capital immatériel, questions de propriété intellectuelle, innovation, esprit OpenSource… qu’en 1912, il fallait presque 5 000 heures-homme pour fabriquer une voiture, contre 800 seulement au
Les territoires et leur gouvernance milieu des années 80.
Obsolescence des mailles géographiques de l’administration territoriale – rôle des institutions publiques
dans le soutien aux réseaux productifs et à l’innovation – convergence université-recherche-industrie… Aujourd’hui la révolution technologique a emboîté le pas : elle affecte d’abord les emplois manufacturiers où
Dans cet article, nous nous concentrerons sur les points 2, 3 et 4 en proposant un scénario un peu iconoclaste force est de constater que plus de 75 % de la main-d’œuvre y effectue des gestes répétitifs que des outils
sur l’émergence d’un "Homme entrepreneur de lui-même", puis de l’impact de cette émergence sur – le automatiques, robots et ordinateurs de plus en plus sophistiqués pourraient très bien réaliser. Pour Jeremy
contrat social qui le lie avec l’entreprise, – ses réseaux d’interdépendance sociale et professionnelle, Rifkin**, la réduction des emplois manufacturiers pourrait concerner 90 millions de personnes pour les seuls
– son développement personnel, non pas uniquement comme professionnel performant, mais aussi Etats-Unis, sur une population active de 124 millions. Peter Drucker estimait que les emplois industriels y
comme homme et citoyen accompli. passeraient dans la prochaine décennie à moins de 12 % de la population active.
Corrélativement, au cours des années 80, les entreprises ont dépensé plus de 1 000 milliards de dollars en
Avertissement au lecteur : le point-de-vue proposé ci-dessous n’est pas un scénario souhaité par l’auteur, ordinateurs et outils automatiques, montrant qu’elles préfèrent l’investissement à l’emploi salarié.
pas plus qu’il ne contient d’intention idéologique ou politique. Il est évident que la diminution de l’emploi Alors, dans une "usine sans travailleur", on peut encore espérer qu’il y ait un déplacement des emplois
salarié aurait des conséquences sociales très graves, de même que l’avènement des "knowledge workers", manufacturiers vers le tertiaire, des cols bleus vers les cols blancs, de la technique vers l’administratif ? Il
tel que décrit ci-dessous, a un côté très élitiste et pourrait poser d’énormes problèmes de précarité. n’en est rien, au contraire : Les technologies de communication, de bureautique, de gestion ont été, à leur tour,
Mais, comme le veut la méthode des scénarios, c’est une situation probable et, même si c’est désagréable, les agents de la "grande lessive du reengineering" c’est-à-dire d’une reconfiguration de l’entreprise visant à
l’intérêt de l’analyser est d’en anticiper les conséquences et de s’y préparer. simplifier les lignes hiérarchiques et notamment à supprimer les postes d’encadrement intermédiaire. Pour
Michael Hammer***, le reengineering pourrait supprimer entre 40 % et 75 % des effectifs de cadres.
1. Et si l’emploi salarié disparaissait ? Il nous reste à espérer que cette révolution technologique crée de nouveaux métiers, et soit le moteur d’une
Le rôle des êtres humains en tant que principal facteur de production est amené à diminuer, croissance économique, celle de l’ère high-tech. Les petites entreprises, très souvent à la pointe des innovations
de la même manière que celui des chevaux dans la production agricole. technologiques, constituant un vivier pour l’emploi.
Wassily Leontief, prix Nobel On pourrait par exemple citer le secteur du jeu vidéo, avec EA Games qui, n’ayant pas encore soufflé sa 25e
bougie, emploie déjà 6 100 personnes et réalise un chiffre d’affaire de 3 milliards de dollars. Ou bien les
biotechnologies, qui ont créé plus de 90 000 emplois en dix ans.
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Mais hélas, cet optimisme ne résiste pas longtemps aux statistiques :
d’abord parce que les nouveaux emplois créés dans les nouvelles technologies ne requalifient pas les
personnes mises sur la touche, mais une élite jeune et hyperspécialisée ; et surtout parce que le nombre ForeSight 2020
d’emplois créés dans les nouveaux secteurs est ridiculement faible par rapport au volume des licenciements.
Dire qu’Ubisoft a créé 3 000 emplois en 10 ans est certes admirable et spectaculaire, mais pour rester Le magazine The Economist a publié en 2005 une enquête faire auprès de 1 650 managers au niveau
dans le secteur high-tech, entre 2004 et 2005, 10 000 emplois sont supprimés par Kodak, 15 000 par mondial, sur leur perception du Monde, de leur entreprise et de leur environnement, dans les 15 années
Hewlett Packard et encore 10 000 par Sony ! à venir. Cette enquête dévoile deux réponses particulièrement saillantes :
Et ce n’est pas fini : Un groupe d’étude prévoit au Japon que les robots pourront accomplir les tâches de Atomisation
3,5 millions de personnes dans une quinzaine d’années et aider ainsi à combler les risques de pénurie "La globalisation permettra aux entreprises d’utiliser la planète pour recruter les meilleurs talents et
de main d’oeuvre face au vieillissement de la population. Le Japon pourrait également économiser une acquérir les meilleures ressources. Mais il va en résulter une fragmentation géographique des équipes,
vingtaine de milliards de dollars de versements d’assurance-maladie en 2025 en utilisant des robots des processus, des clients et de toute la chaîne de valeur. En conséquence, la capacité de collaboration entre
pour surveiller l’état de santé des personnes âgées. Les machines pourraient également être employés des équipes dispersées et multiculturelles deviendra l’une des préoccupations majeures d’efficacité
utilement dans l’aide aux personnes, s’occuper des enfants ou faire le ménage. collective".
Autrement-dit, pendant que notre cher vieux plan comptable refuse toujours catégoriquement de s’intéresser
aux intangibles, comme par exemple : les clients, la marque, les processus, les compétences… et
s’arc-boute sur des principes de valorisation des entreprises d’avant-guerre, le transfert de Zidane
au Real Madrid se paye 69 millions d’euros, un magazine people verse 15 millions de dollars pour
obtenir l’exclusivité des photos des jumeaux d’Angelina Jolie, et Harry Potter est évalué à 4 milliards de
* “The Post-Capitalist Society, Peter Drucker”, Collins Business 1994 dollars ! Ces exemples, direz-vous, relèvent d’un monde artificiel, de la frime, du virtuel, du spectacle…
** Opus cité déconnecté de la "vraie économie" ; pas si sûr… ne perdons pas de vue qu’en Californie, le PNB du
*** “The Work of Nations: Preparing Ourselves for 21st Century Capitalism”, Robert Recih, Vintage 1992
secteur "spectacles et loisirs" a dépassé celui de l’industrie aéronautique !
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Mais même, admettons, et prenons un exemple dans le secteur industriel :
Un géologue, obscur spécialiste des dépôts salifères en marges continentales passives (on est loin de Brad Pitt…), est salarié Un nouveau contrat social
d’une firme pétrolière brésilienne et gagne 20 000 euros par an (il s’agit d’une Société d’Etat). Il contribue fortement à la découverte
d’un nouveau gisement pétrolier. Bravo. On va dire qu’il est payé pour ça ! Jusqu’à présent, l’entreprise avait toujours ignoré l’Homme : Les référentiels de compétences
Certes, seulement voilà : Tupi, dans la baie de Santos au Sud de Rio, présente des réserves estimées entre 5 et 8 milliards de étaient conçus dans des logiques de pesée des postes (classification et rémunération),
barils…à 150 euros le baril, cela peut nourrir quelques regrets ! les GPEC s’appliquaient à des familles de métier, et même le management par processus,
parfois synonyme de "prochain dégraissage ", ne qualifiait que des activités, des tâches
Notre analyse : dans ce cas, la compétence est évidemment subordonnée à "l’appareil technico-industriel" de l’entreprise : et des fonctions. Postes, métiers, activités, tâches, fonctions... mais d’individu que neni !
certes notre géologue peut revendiquer une découverte, mais 1/ cette revendication n’a aucune valeur juridique et 2/ il n’aurait
de toutes façons pas eu les moyens – d’acheter la concession, – de mettre le gisement en exploitation-production, – de raffiner On voit maintenant se dessiner une dualité entre les actifs de l’Entreprise d’un côté et
et – de distribuer le pétrole, c’est-à-dire de mettre en œuvre l’ensemble du process allant jusqu’au premier dollar de retour à ceux de l’Homme de l’autre, jetant les bases d’un nouveau contrat social.
la pompe. A l’Entreprise revient la propriété des équipements lourds, du process et de certains
En revanche, l’actif dont notre géologue peut se prévaloir, est une expertise rare, attestée, qui peut se valoriser auprès d’autres savoirs normalisés, règles et consignes d’exploitation, le design et les produits…
grandes firmes pétrolières internationales. A l’Homme revient cette alchimie créative, capacité à prendre les bonnes décisions face
De salarié, il peut devenir consultant, "knowledge worker" et multiplier ses honoraires par 10 ou 20. à des situations inédites, à inventer, à séduire un nouveau client, à mobiliser une équipe,
Ce schéma est du reste largement répandu ; par exemple, Gaz de France en Norvège, qui exploite des gisements importants en à créer de liens durables, à donner du Sens.
Mer du Nord, reste opérateur devant des géants comme Exxon, Mobil, Total, et pourtant n’emploie que 26 salariés, principalement
en back-office ; les compétences cruciales (géologie, géophysique, gisement) sont entièrement confiées à des consultants qui Entre les deux, on retrouve les "intangibles" dans une sorte de no-man’s-land, où la
mutualisent ainsi leur expertise de projet en projet. revendication par l’un ou l’autre des parties reste floue, beaucoup plus compliquée en
tous les cas : Knowledge, Client, Innovation, Réseaux…
Si l’on définit les "knowledge workers" comme tous les professionnels qui valorisent leur Savoir comme un actif propre, non
subordonné à un emploi salarié dans une entreprise, alors ces exemples montrent que ce phénomène envahit progressivement actionnaires
tous les secteurs professionnels, y compris les plus traditionnels. On était habitué à trouver dans ce paysage les artistes Entreprise
(intermittents du spectacle), écrivains, les sportifs et autres stars ; on pouvait également y inclure les professions libérales : Capitaux Homme
juristes, comptables, consultants, chasseurs de tête, architectes, intermédiaires d’investissement, médecins et psychologues…
mais voilà qu’arrivent sur le marché des informaticiens, des graphistes et designers, des spécialistes RH, sécurité, marketing, Dt nomination sociale Réputation
achats, qualité, formation… et pourquoi pas un spécialiste du laminage à froid, de l’horlogerie, des propriétés ophtalmiques Équipements lourds
Qualification
de la silice synthétique, du plutonium… Actifs tangibles
Aucune fonction, aucun secteur ne semble devoir être épargné. Et si cela devenait le modèle de l’emploi de demain ? Tous Développement
Ressources Humaines
personnel
intermittents du "spectacle" !
Processus Expérience
Knowledge
Pour l’heure on voit bien que cette notion de "travailleur du savoir" génère un certain nombre de questions embarrassantes : Savoirs explicites, Normes, Savoir-faire
Quelle organisation convient le mieux aux travailleurs du savoir ? Les organisations hiérarchiques classiques et pyramidales, règles, modes opératoires,
ou de nouvelles organisations d’indépendants en réseau, d’associés ou de partenaires ? Consignes d’exploitations etc. Capacité à séduire
Clients et fidéliser des client
Un travailleur du savoir doit-il aller au bureau tous les jours et avoir un chef pour être performant et productif ?
Produits
Est-ce que l’entreprise peut revendiquer la propriété des savoirs, savoir-faire et compétences de ses salariés ? sous-traitants ? Marque, design Créativité, intelligence
consultants ? Innovation
Co-traitants Réseaux sociaux
La rémunération doit-elle être proportionnelle – au poste, – à la tâche (mission), – à la compétence, ou – au résultat ?
Fournisseurs Réseaux Empathie, confiance
La rémunération salariale convient-elle pour rémunérer la production d’idées, d’intelligence, d’innovation, de créativité ?
Mobilisation, Sens
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Certes des dispositions juridiques sont censées exister, mais ne nous leurrons pas : les textes sont
difficilement applicables et chaque séparation donne lieu à des arbitrages difficiles : tel commercial s’en
va en embarquant des clients, tel consultant signe un modèle ou une méthode en son nom propre… et
Nonaka* n’est pas le livre de chevet des Tribunaux de Commerce !
Il est également frappant de constater que les dispositions qui régissent un contrat de mission ou de
projet entre une Entreprise et un sous-traitant ou consultant sont beaucoup plus claires, explicites,
complètes (cahier des charges technique, cahier des clauses particulières, clauses de confidentialité,
propriété intellectuelle, respect des délais, etc…) que les dispositions internes dans une entreprise
entre un manager et les tâches qu’il confie à ses employés. Avec un annuaire d’expertise, on peut ainsi taper une requête et localiser quelqu’un qui a été "acheteur
des ABS sur la Laguna dans l’usine de Flins"… puis découvrir que cette personne travaille juste dans le
bureau à côté du sien, et qu’il ne l’avait jamais dit ! (parce qu’on ne lui avait jamais demandé)**
Qui fait quoi – Qui sait quoi
Après plusieurs années de promotion active de ce genre d’outil auprès des plus grandes entreprises
Depuis longtemps déjà, on avait décelé dans les entreprises que les personnes, en cas de problème françaises, il faut avouer que le résultat fut plutôt décevant : si ces démarches ont été accueillies avec un
(question technique, incident…) préféraient avoir recours à leur "réseau perso" plutôt qu’à des moteurs vrai succès et adhésion par les collaborateurs eux-mêmes, parce qu’elles étaient régies par des principes
ou bases de connaissances ; on se souvient de verbatims entendus dans nos enquêtes comme : de participation, transversalité, reconnaissance, les managers restaient plutôt frileux, arguant de prétextes
"j’appelle Catherine, c’est mon meilleur moteur de recherche" plus ou moins fallacieux : confidentialité, confusion entre expertise (expérience factuelle déclarée) et com-
"si tu poses une mauvaise question à un système, tu auras une mauvaise réponse – si tu poses une pétence (GPEC), difficultés de mise à jour… bref, comme d’habitude, ils ont tellement peur de perdre leur
mauvaise question à un expert, il t’aidera à reformuler et t’aiguillera vers la bonne personne" pouvoir, qu’ils pilotent leur entreprise avec les deux pieds sur la pédale de frein !
"tu devrais aller voir Roger, si je me souviens bien il a travaillé sur ce truc il y a 3 ans…"
Le phénomène Web 2.0 et les réseaux sociaux
Le bénéfice des réseaux personnels réside dans – cette capacité à donner une réponse "en contexte" à Mais voilà que pendant que ces managers résistaient à la mise en place de ces outils en interne, le Web
une question, – cette capacité à activer une mémoire et des liens vers "la bonne personne", – voire cette 2.0 se chargeait de combler cette attente : sur des sites comme [Link], 2 millions de professionnels
sérendipité, art de découvrir des choses qu’on ne cherchait pas à travers les hasards de rencontres plus décrivent leur parcours professionnel et se côtoient de la façon la plus incontrôlée, ouverte, gratuite,
ou moins fortuites, des méandres de conversations informelles dans les couloirs, à la cantine. publique et aléatoire ! On y rencontre même Jérôme Kerviel.
N’en déplaise à tous ces analystes-informaticiens qui cherchaient à mettre la connaissance en boîte de Bientôt le seul endroit au monde où l’on ne trouvera pas les CVs des collaborateurs c’est dans l’intranet
conserve, c’est la machine à café qui reste l’emblème du Knowledge Management ! de l’entreprise qui les emploie !
La limite des réseaux perso., c’est justement d’être "perso", avec ce caractère non professionnel, sans Par exemple : en tapant plasturgie dans le 57, sur Viadeo on trouve :
garantie, hasardeux, non partagé. XXX, Ingénieur de recherche, Intervenant en rhéologie des polymères appliquée à l’extrusion, thermoformage
Dans cet esprit, nous avons donc fortement préconisé la mise en œuvre d’outils de repérage systématique et soufflage, Université de Metz
du "Qui fait Quoi – Qui sait quoi", l’idée étant de conserver ce côté humain et informel des réseaux
d’expertise, tout en les professionnalisant. Parcours professionnel (…) Juillet 2002 – août 2005 : Conseiller technologique.
Intervient auprès des industriels de la plasturgie dans le cadre de projets de transfert de technologie dans
les domaines de la simulation numérique des écoulements (injection et extrusion) ou la caractérisation
des matières plastiques en laboratoire.
Avril - juillet 2002 : (…) Validation de la simulation sur un équilibrage en vitesse d’une filière pour pièce
plastique complexe, participation à la mise en œuvre d’un système d’équilibrage automatique.
Difficile d’être plus explicite ! L’outil calcule les liens sociaux et déclare que notre individu peut entrer en
* “I. Nonaka, japonais considéré comme le père fondateur du Knowledge Management, a notamment mis en évidence la différence relation avec plus de 326 600 personnes.
entre les connaissances explicites (à gauche dans notre schéma) et les connaissances tacites (à droite)
** Ce qui rappelle une boutade "si tu invites à une soirée des gens qui ont tous le même groupe sanguin et que tu ne leur dis pas, ils
passeront la soirée à parler d’autre chose"
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Bien sûr on peut tenter de se rassurer en qualifiant FaceBook de site pour ados, ou Viadeo de site pour chercheurs d’emplois,
mais pour combien de temps ? Car ces sites ne se contentent pas de mettre des fiches déclaratives d’expérience à disposition du
public, ils proposent des forums thématiques sur lesquels les membres entrent en relation, échangent, voire même se rencontrent
physiquement.
L’équipe du RESEAU VIADUC NANCY organise une fois tous les 2 mois une soirée Networking innovante et créative. Créée
en juin 2006, comptant plus de 500 personnes, cet espace permet aux membres du réseau Internet Viadeo de se rencontrer et
de partager des informations, des connaissances et des compétences. Notre objectif est l’échange (business, professionnel et
amical...) dans un cadre convivial, détendu et non formaliste.
D’un point de vue social, le phénomène Web 2.0, la blogosphère, les forums et Communautés virtuelles viennent attester de
cette attente de l’individu a être reconnu comme tel, d’assumer la paternité des opinions qu’il exprime, mais aussi d’interagir,
d’échanger de la connaissance, de confronter des idées, par delà les frontières géographiques et sociales, et en s’affranchissant
du diktat des médias. Le parti des Médicis est une réseau très simple et centralisé en étoile autour d’eux
(figure ci-dessous). La conséquence est que leurs alliés ne peuvent communiquer
L’analyse des réseaux sociaux les uns avec les autres que par l’intermédiaire des Médicis.
Si nous admettons que l’individu agit fortement sur son groupe social et que le groupe crée une contrainte qui pèse en retour Si l’on étudie de plus près les différentes alliances des membres du clan Médicis il
sur les choix, les orientations, les comportements, les opinions des individus, alors il devient important de mieux analyser ces ressort que ceux-ci prennent soin de séparer relations économiques et matrimoniales.
réseaux humains : leur structure, leurs normes, et la position de chaque individu. ; en d’autres termes : Qui connaît Qui ?
C’est l’objectif d’une science relativement récente : l’Analyse des Réseaux Sociaux (ARS ou SNA pour Social Network Analysis), BISCHERI
qui a pour objet de cartographier des réseaux d’acteurs, en superposant des cartes avec des "liens déclarés "de différente nature : LAMBERTES
PERUZZI
• liens d’affinités,
• liens financiers,
• liens de production, GUADAGNI
STROZZI
• liens de connaissance/information, de recherche et développement, etc…
et ainsi de visualiser les interactions au sein de tous types de communautés : réseaux de chercheurs, districts industriels ou
pôles productifs, réseau de santé, etc…
RIDOLFI TRONIBLION
Les cartes révèlent assez clairement :
• un leadership implicite dans un groupe, le "leader d’opinion", CASTELLON ALBIZZI
• des affinités/inimitiés entre personnes, les flux les plus actifs, GINOFI
• une fragmentation en "îlots" ou des "trous de connaissance", MEDICI
• des communautés informelles, réseaux d’influence,
• des vulnérabilités dues au fait qu’une personne unique est en position de bloquer tout un réseau, etc…
BAREADORI ACCIALIOL
SALVATI
Exemple : L’ARS montre comment les Médicis ont bâti leur domination sur les autres familles florentines au 16e siècle.
Pour dominer Florence, il faut bloquer les autres sans se bloquer, anticiper toutes leurs actions possibles et réagir. L’ARS montre
comment les Médicis et leur parti politique sont parvenus à bâtir leur domination par le biais d’alliances matrimoniales et écono-
miques ; les liens de mariage et d’affaires étant à l’époque des indicateurs d’alliances politiques. FAZZI
Les Médicis font des affaires avec leurs voisins, car la proximité leur permet de
continuer à les contrôler, et "ils donnent leurs filles en mariage "aux familles éloignées,
car les liens matrimoniaux permettent de rester informés, dans la durée.
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Le rôle central de la confiance
Il faut dix ans pour construire la confiance, et dix minutes pour la perdre !
La confiance est un facteur déterminant de la performance collective et en particulier dans le cas des
communautés basées sur les échanges immatériels. Même si, d’expérience ou d’intuition, nous partageons
tous cette conviction, les mécanismes de création de la confiance restent énigmatiques et peu maîtrisables :
la confiance, qu’est-ce que c’est ? Comment la créer ? A quelle rationalité obéit-elle ?
Nous avons interrogé les professionnels eux-mêmes sur cette question ; ils ont spontanément confirmé le • Sens (unité de langage, de valeurs)
caractère primordial de la confiance dans la performance collective et ils ont précisé les facteurs susceptibles Une connaissance ne peut être partagée que par l’utilisation d’un code et d’une syntaxe connue d’un groupe
de la créer (ou de la détruire) : social, qu’il soit verbal ou non verbal, alphabétique ou symbolique, technique ou politique…
Mais ce n’est pas tant un problème de traduction (linguistique) que de sens (sémantique) : dans une
• Réciprocité (jeu gagnant-gagnant) conversation, deux interlocuteurs peuvent arriver à partager des mêmes points de vue s’ils établissent un
J’accepte de donner mes idées, mon ingéniosité, mon expérience au groupe, mais j’attends que les autres processus de coopération : écoute active, participation, questionnement, adaptation, feed-back, reformulation.
membres en fassent autant ; chacun veille à respecter un équilibre en faveur d’une performance collective. En effet, si le mot, comme symbole collectif, appartient à la communauté linguistique et sémantique, le
Ce mécanisme de surveillance exclut le "passager clandestin ", c’est-à-dire celui qui à l’intention de recueillir sens qu’il recouvre est purement individuel car il est intimement lié à l’expérience et à l’environnement
les fruits du travail du groupe sans y avoir vraiment contribué. cognitif dans lequel se place l’individu.
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L’innovateur, imposteur ou héros ?
…ça dépend s’il a réussi
Le must en matière d’incapacité des entreprises (et des banquiers) à reconnaître et gérer les individualités est le domaine de l’innovation et
en particulier de l’innovation radicale*. En face de la présentation d’un projet innovant, ils vont se focaliser sur le contenu, la validité des
hypothèses scientifiques, la pertinence des études d’opportunités, la qualité rédactionnelle du dossier, les Rsi, Roadmaps, Bizplans et tout
un arsenal de rationalités**… oubliant que le seul facteur qui permettra à l’innovation d’aller jusqu’au bout, c’est l’innovateur lui-même et
les extraordinaires qualités humaines qu’il va devoir posséder.
Mélange détonnant d’ambition et d’humilité, de folie créative et de rigueur, de ruse et d’honnêteté, de pugnacité, de ténacité, d’opiniâtreté,
de passion communicative.
Il devra affronter tous les "experts" qui vont lui prouver que son idée "ne marchera jamais", tous les "parrains" qui chercheront à se l’approprier
pour quelques euros symboliques, tous les "petits chefs" qui lui demanderont de se calmer et de rentrer dans le rang.
Car ces mêmes qualités qui font de lui un "explorateur" remarquable, peuvent le rendre difficile à vivre, impossible à manager. Intuitif et
d’esprit vif, il peut être facilement impatient avec ceux de son entourage qui ne le suivent pas à la même vitesse, ou négliger leur point de vue ;
indépendant d’esprit, cela peut le rendre inapte au travail en groupe ; créatif, il peut se désintéresser des tâches routinières ; extrêmement
critique et exigeant, à l’égard de lui-même et des autres, il peut être épuisant et invivable ; ne reconnaissant d’autorité que dans la compétence,
il peut être irrespectueux… marginal et non-conformiste, et peut avoir beaucoup de difficultés à se faire accepter par le pouvoir en place.
Quicksilver fut lancée sur la plage australienne de Torquay par une bande de surfeurs hippies…auxquels pas un banquier sérieux n’aurait
prêté un dollar.
En 2006, QuickSilver Inc. vallait 2,5 milliards de $, et s’offrait Rossignol ! pendant que les deux fondateurs, Alan Green et John Law,
continuaient d’aller checker les vagues tous les matins, en compagnie de leur meilleur ami, Doug Warbrick qui lui, avait fondé Rip Curl, le
concurrent à moins de 100 mètres, sur la même plage.
Nous sommes possédés, au sens dostoïevskien du terme, par une société qui pense à notre place, fait peser sur nos esprits son imprinting et la ZOOM SUR… LE BA,
normalisation culturelle, ses mythes, croyances et systèmes d’idées. Nous nous droguons de ces systèmes d’idées pour apaiser nos crain- VOIE JAPONAISE
tes, incertitudes, précarité, doutes. Nous sommes à l’âge de fer de l’esprit humain ! Quelles sont les possibilités d’affaiblir cet imprinting DE LA CRÉATION DU SAVOIR
cognitif ? Deux conditions nous viennent à l’esprit :
Le Ba est représenté par un idéogramme kanji dont la partie
gauche peut être assimilée à l’eau bouillante ou à ce qui soulève, et
dont la partie droite signifie ce qui rend possible (enable).
Favoriser la diversité des points de vue D’un coté, il désigne un potentiel, de l’autre un moteur ou un
mouvement qui imprime une [Link] qualifie de good ba, les
L’échange intense d’idées et de points de vue, l’antagonisme, les débordements d’idées, la multiculturalité, affaiblissent les dogmatismes bonnes situations relationnelles où l’on s’énergise, celles qui rendent
et les intolérances. créatif et où les interactions sont dynamiques et positives. On peut
assimiler le ba à un milieu où les personnes (potentiel) qui s’y
H. Takeuchi, Doyen de Hitotsubashi Institute à Tokyo déclare*** que "le dialogue consensuel est une perte de temps ; seul le conflit fait investissent (moteur) éprouvent une évolution qualitative.
grandir", phrase que je prête volontiers à ma fille quand elle avait 17 ans ! Dans cette perspective, un ba se manifeste comme un niveau de
Mais le débat contradictoire a besoin d’être encadré afin d’éviter son dérapage dans des conflits militaires ou idéologiques. L’Athènes du conscience collective et en développement à travers des interactions
Ve siècle institua une telle règle. internes à un groupe et avec ses environnements utiles.
Concrètement, un Ba est un lieu ou une réunion de gens qui
La confrontation d’idées antagonistes peut, soit créer une contradiction personnelle, voire une crise spirituelle, stimulant la réflexion et apportent des points de vue ou des opinions différentes. C’est cette
éventuellement l’élaboration d’une solution nouvelle, soit susciter une hybridation, une synthèse créatrice entre des idées contraires. "tension "entre des points-de-vue, cette notion de débat contradictoire
(conflicting perspective) que le Ba cherche à respecter.
* On définit l’innovation radicale comme la mise sur le marché de produits ou services correspondant à des usages qui n’existaient pas, par opposition à l’innovation incrémentale, Contrairement à la pensée occidentale, il ne s’agit pas de viser
qui se contente d’améliorer des produits ou services déjà existant. à une simplification pseudo-rationnelle du type "si donc alors
** Parfois qualifié de "slideware" "mais à créer un concept nouveau respectant toute la richesse et la
*** entretiens personnels complexité du débat qui l’a sous-tendue.
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Permettre l’expression des déviances : profession "fou du Roi"
Dans toute communauté, famille, société, il y a une minorité de déviants par rapport à la Loi, à l’Autorité, et cette
minorité peut se rebeller, ou se marginaliser jusqu’à la délinquance. Il y a d’ailleurs une relation réciproque de
cause à effet entre la domination de la normalisation et l’expression des déviances. Au départ, l’idée nouvelle
germe dans un bouillon de culture, d’un groupuscule de marginaux, passionnés. Puis l’innovation s’effectue par
transformation de déviances en tendances.
Mais il est des cas où cette déviance est saluée comme "originalité" et, bien qu’elle échappe à la norme, elle
bénéficie d’un statut élitaire.
Dans la nuit des Rois* de Shakespeare, les codes sont inversés : les fous sont sages, et les rois sont fous ; si les
fous cachent une grande sagesse derrière leurs apparentes espiègleries, c’est parce que ce leurs messages ne sont La professionnalisation (terme proposé par **G. le Boterf) apporte la combinaison de plusieurs ingrédients :
pas énonçables dans la société du moment. • on établit d’abord une cible de professionnalisation, à moyen terme (3 à 5 ans) centrée sur l’apprenant,
Beaucoup de Princes de la Renaissance ont ainsi gardé auprès d’eux des bouffons avec l’obligation quasi-contractuelle ou sur une famille d’apprenants.
d’être irrespectueux et insolents ! • Ensuite on conçoit un parcours de professionnalisation, alternant des actions ponctuelles de formation
avec des situations professionnelles, des actions de tutorat, voire de coaching.
Le développement personnel • On laisse plus d’ouverture à l’interdisciplinarité, voire l’interculturalité.
Il existe enfin un dernier domaine en très forte mutation depuis une dizaine d’années, qui traduit cette attente • Enfin, on ne travaille pas exclusivement sur un contenu métier, mais également sur les facteurs
d’autonomisation par l’individu de ses actifs professionnels : c’est tout ce qui touche à ce qu’on pourrait dénommer "le d’environnement de la performance : savoir-être, maîtrise des relations interpersonnelles, adaptation,
développement personnel". Nous l’illustrerons à travers trois de ses manifestations les plus tangibles : la formation, le maîtrise du contexte, résistance au stress, stabilité émotionnelle, etc…
coaching et la participation à des activités de solidarité.
Le coaching
Mutation de la formation professionnelle Comment expliquer cette incroyable furie actuelle pour le coaching si ce n’est par une attente des professionnels
à développer leur propre potentiel, à mieux affronter les situations de stress ou de crise, à accroître leur
Si la compétence n’est plus seulement l’affaire des employeurs, si l’emploi salarié à vie n’est plus de mise, alors intelligence émotionnelle, etc…
l’individu doit réaliser que son parcours professionnel lui appartient en propre, que son portefeuille de compétence Mais ce qui est retenir dans ce phénomène, et qui fera la transition avec notre tout dernier paragraphe,
devient un atout (actif) pour gérer sa mobilité professionnelle et son employabilité. c’est cette interpénétration de deux mondes autrefois hermétiques l’un à l’autre : le monde professionnel
Les dispositifs classiques de formation consistaient souvent en – un catalogue de modules unitaires, – essentiellement et le monde privé.
en présentiel, – axés sur le contenu (programme), – laissant peu de place à une interaction réelle avec l’expérience Ce qui est particulièrement frappant avec le coaching c’est de retrouver dans son corpus métholodogique
des participants, et surtout, – sans évaluation réelle, c’est-à-dire mesure de l’impact sur les pratiques individuelles un modèle de développement de l’autonomie qui résume quasiment tout notre article.
et collectives. L’avènement du e-learning n’a fait qu’outiller ces pratiques, rendant les modules accessibles de Le modèle d’autonomisation propose quatre stades de développement :
manière asynchrone et distante, mais sans changer fondamentalement les finalités de l’apprentissage. Ce genre 1. Dépendance : c’est le stade de l’enfant avec ses parents, du salarié avec son employeur…
d’action de formation convient très bien pour apprendre "Word "ou "Excel ", mais on en voit bien les limites quand 2. Contre-dépendance : c’est le stade conflictuel de l’adolescent, opposition également familière dans
il s’agit de former des sages-femmes à la prise en charge psychosociale d’une grossesse ou des managers au le monde de l’entreprise entre travailleur et patronat ;
recrutement. 3. Indépendance : le jeune adulte coupe les ponts ; là encore la métaphore professionnelle s’applique :
après dix ans de bons et loyaux services***, notre jeune cadre surdiplômé, pourtant promis à une
brillante carrière, décide de voler de ses propres ailes, voire de faire le tour du monde en vélo !
4. Inter-dépendance : l’individu, personnel ou professionnel, assume pleinement ses relations avec
l’entourage, tisse des liens, veille à la réciprocité, s’équilibre en Société.
* La nuit des rois est la traduction française de "Twelfth Night"qui signifie la douzième nuit. Dans l’Angleterre Elisabethene, la douzième nuit après
Noël, c’est-à-dire l’Epiphanie, était effectivement l’occasion d’une fête en l’honneur des fous.
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Quête de Sens et compétences solidaires
A partir du moment où l’on admet que l’individu est détenteur de son capital de connaissances et que ces dernières se constituent au fil
d’expériences, de rencontres, d’échanges… il devient de plus en plus artificiel de délimiter la sphère "privée "de la sphère "professionnelle".
La quête de Sens, de réalisation de soi, la recherche d’excellence ne concerne plus seulement le "salarié performant ", mais l’Homme en tant
que citoyen, père ou mère de famille, acteur social et solidaire.
La troisième matérialisation de cette mutation réside dans ce véritable engouement pour les activités dites "solidaires". Au-delà de l’évidente
urgence à se mobiliser pour notre planète, que ce soit au niveau écologique, humanitaire, socio-éducatif ou économique, cette participation
trahit une quête de Sens par l’individu.
Nous nous sommes associés à plusieurs initiatives de solidarité, dont l’une d’entre elles, Planète Urgence, repose un certain nombre des
questions fondamentales qui ont été abordées tout au long de cet article.
Planète Urgence a développé le concept dit de "congés solidaires" ; décrivons-le par un exemple : un bénévole, spécialiste de la nutrition, Mais si l’on considère plus laïquement le point G comme l’apex de notre
salarié de Danone, part passer ses vacances dans un village malgache où il aide les villageois à construire une micro-usine de charcuterie. Il développement personnel (G comme Goal), à la fois en tant que professionnel
apporte ses compétences professionnelles, pas uniquement sur les recettes elles-mêmes, mais sur les aspects hygiène et sécurité alimentaires, et en tant que personne, au sein d’une Société, alors cela devient très
équilibres économiques, gestion de projet… inspirant.
Tous les bénévoles qui ont participé à ce genre d’initiative s’accordent à dire qu’ils ont passé des moments privilégiés, en contact avec une
population locale qui les accueilli merveilleusement, etc… certains affirment même qu’ils ont beaucoup appris ! Jean-Yves PRAX
Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner Site : [Link]
Convergence de la vie privée (congé, démarche bénévole, engagée et militante) avec la vie professionnelle (utilisation de ses Mail : [Link]@[Link]
compétences), volonté de participer à des actions de solidarité pour donner un Sens à sa vie, puis découverte que l’action
solidaire locale n’est pas un don, mais un échange… tout y est !
Biographie
Conclusion : le point G Jean-Yves PRAX, Dr Sc, est Président et fondateur de Polia Consulting,
Point G Au Japon, cette quête de Sens est traduite par le concept du Chi, qui signifie cabinet de conseil spécialisé dans le Management des connaissances,
la Sagesse. Il y a plusieurs Chi d’ordres différents : l’innovation et le management territorial.
Le premier, littéralement "wisdom of knowledge" représente simplement la Il est chargé d’enseignement à Sciences Po Paris, à l’ENA, dans des
Unité d’orientation Sagesse comme l’utilisation des connaissances au service de l’action* (de universités italiennes et japonaises. Il est auteur de plusieurs ouvrages,
(futur) Sagesse ?? la bonne action). Accumuler des connaissances n’a pas d’intérêt si cela ne dont : Le manuel du Knowledge Management – mettre en réseau les
permet pas de prendre les bonnes décisions pour engager notre avenir. La hommes et les savoirs pour créer de la valeur – 2e édition 2007 –
Unité d’action Chi Sagesse est donc vue comme une synthèse de prudence et d’intelligence, de DUNOD. Objectif Innovation, avec B. Buisson et P. Silberzahn, DUNOD
(passé) Connaissance ? connaissance et d’inventivité qui permet d’engager l’avenir dans une perspective 2005.
qu’on qualifiera de "durable" pour utiliser un mot à la mode.
Ba
Le deuxième, littéralement "wisdom of mind", que j’oserai traduire par "le point Avec son équipe de consultants, il capitalise 15 ans d’expérience soit
G" (G comme God bien sûr !) représente les valeurs universelles, que plus de 150 missions pour le compte d’entreprises de toute taille et
Unité sémantique Information l’auteur Takanashi présente comme les "vital elements referring to personal de toute nature, comme Saint-Gobain, l’Oréal, Areva, CNES, Danone,
aptitude, behaviour, human relations and aspirations". Bien sûr tout cela prend Thalès, Sanofi-Aventis, mais aussi des PMEs ; il a récemment réalisé
beaucoup de sens quand on se réfère aux cultures bouddhiste et shintoïste plusieurs missions pour les institutions territoriales d’accompagnement
Unité de format Données pratiquées au Japon et largement présentes dans leur vie quotidienne, y à la mise en œuvre des clusters, pôles de compétitivité, de l’intelligence
compris professionnelles. économique et du management territorial de la connaissance. Il a co-fondé
l’ONG Polia Management Solidaire qui travaille sur le processus
d’autonomisation des ONGs du Sud.
* Cette Sagesse était dénommée Phroenesis dans la Grèce ancienne
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Emploi du futur
L’emploi du futur semble pour partie être déjà en La cinquième tendance ne concernera pas forcément tout le monde mais elle sera capitale pour les
place, ou du moins ses principaux vecteurs d’évolution. organisations. Non seulement celles-ci auront de plus en plus besoin de management, c’est-à-dire de
cette mission de coordonner le collectif de travail pour qu’il produise du résultat, mais, plus encore, les
compétences requises pour être un(e) bon(ne) manager seront de plus en plus difficiles à acquérir dans
En effet la première tendance est l’omniprésence de la technologie, ou plutôt de l’opportunité/menace de une décennie où les entreprises vivront pleinement les remises en cause profondes des mécanismes
celle-ci. Dans les domaines de la fabrication, de la recherche ou du service, aucun emploi n’échappe aux d’autorité. Au-delà d’une longue période où les organisations se seront structurées, organisées et modélisées,
évolutions de la technologie et la perpétuation de cet état de fait a au moins deux conséquences parfois le souci de l’exécution reviendra en force. On peut dire qu’un avenir certain est promis à ceux(celles) qui
oubliées qui modifient la manière de prendre en compte ces emplois. La première c’est que les détenteurs auront su développer la conviction, la compétence et le goût pour les missions managériales. Des difficultés
de n’importe quelle fonction doivent être en veille et formation permanentes. La seconde conséquence certaines sont aussi promises à toutes les organisations qui auront négligé la longue préparation de managers
est un besoin d’éducation sur un rapport aux technologies : comment faire pour qu’elles soient sources capables d’exercer correctement cette mission avec toute la valorisation qu’elle requiert.
d’opportunités et non génératrices de menaces.
Maurice Thévenet,
La seconde évolution, elle aussi déjà en marche, mais qui ne fera que s’amplifier, c’est l’éclatement continu Professeur au Cnam et à l’Essec
des formes d’exercice d’un emploi. Pourra-t-on encore parler d’emploi quand les modes d’exercice, les
liens juridiques, la variété des compétences requises font éclater les catégories traditionnelles. En effet, si
la technologie peut faire évoluer le contenu même de l’emploi, c’est aussi son environnement qui change :
les filières professionnelles deviennent floues, les parcours de carrière non définis, les dénominations
mêmes des emplois deviennent de plus en plus absconses. Identité au travail
Au-delà de ces évolutions déjà entamées qui concernent la notion même d’emploi, on continuera de voir
se développer le besoin d’emplois de service de plus en plus nombreux, en particulier les services à la
du futur
personne ou, de manière plus globale, toutes les fonctions qui facilitent la vie sociale. Cette évolution
traduit un fort enjeu : en effet la performance du service tient beaucoup à la capacité d’engagement de la Après avoir vécu, dans nos sociétés, de profondes
personne dans son activité. On peut imaginer que l’on aura bientôt pris la mesure des limites de toutes évolutions ces dernières décennies marquées par
les certifications et normalisations ; on se sera alors aperçu que pour nécessaires qu’elles soient, elles ne la diminution du temps de travail au cours de
peuvent nullement suffire. Au-delà des référentiels de compétences, on s’interrogera alors sur le moyen
de développer cet engagement personnel qui relève de notions très anciennes de professionnalisme et de
la vie, l’ouverture du travail salarié à toutes
conscience professionnelle : un champ immense pour la formation… les composantes de la population, et sa place
de plus en plus relative dans l’existence et son
La quatrième évolution a trait à la formation. Au-delà des connaissances de base les détenteurs d’emploi
auront besoin d’une grande capacité à apprendre. S’il est une forme de mobilité à laquelle de plus en plus
bouquet de valeurs de base, on peut noter cinq
de personnes seront confrontées c’est celle de l’environnement des connaissances nécessaires à la maîtrise tendances fortes pour la décennie à venir.
de leur emploi. On en aura alors fini avec l’illusion de devoir acquérir des compétences pour reproduire ce
que l’on a appris : il s’agira plutôt d’apprendre à apprendre, de développer sa culture de base et les capacités Premièrement, on verra se développer la question de la place du travail parmi les différents compartiments
mentales permettant de s’ouvrir à d’autres champs de connaissance. Ce n’est pas qu’une révolution de de son existence. Alors que vie professionnelle et vie personnelle ont été traditionnellement séparées, la
l’enseignement qui est en jeu mais peut-être aussi de nos pratiques culturelles et intellectuelles. question de l’équilibre, ou de l’harmonie, entre ces deux facettes de l’existence deviendra de plus en plus
importante. Ce n’est pas tant la question de la valeur du travail qui est en cause que celle de sa place dans
l’existence et les personnes tout autant que les institutions auront à le prendre en compte.
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La deuxième tendance concernant l’identité au travail sera la place de plus en plus importante
prise par la santé au travail. Cela ne concerne pas seulement l’extension du champ des maladies
professionnelles mais aussi la prise en compte de plus en plus précise des risques et
aspects psychosociaux de l’expérience de travail. Ces dernières années, le thème du stress
est devenu central dans l’approche de son expérience du travail : sans doute, dans les années
qui viennent, et comme le suggère un récent rapport au Ministre du Travail, s’attachera-t-on
à définir des bases épistémologiques et méthodologiques solides afin de mieux savoir de
quoi on parle pour pouvoir mesurer et analyser plus sérieusement le phénomène.
La troisième tendance d’évolution de l’identité au travail est liée à ce que l’on pourrait appeler la
question du partenariat. Le rapport au travail dépend grandement de ce partenaire pour
lequel on travaille. Les dernières décennies avaient vu se développer la question du salariat,
c’est-à-dire du rapport à un employeur privé. Cette situation s’est profondément transformée,
dans un pays comme la France, par le développement du nombre d’emplois publics ou
quasi-publics (nous entendons par là les très nombreuses organisations qui font contrat
privé avec leurs salariés mais fonctionnent sur des fonds essentiellement publics). On peut noter
Ressources humaines
également le développement du travail intérimaire, voire des personnes "auto-employées".
Ainsi, plus que d’un changement de l’identité au travail, c’est plutôt à la poursuite de leur 5 Tendances qui caractériseront l’entreprise dans
éclatement que l’on va assister. dix ans en matière de RH :
La quatrième évolution concerne la diversité. Cette question, développée déjà depuis longtemps
dans d’autres pays, va continuer de prendre de l’ampleur dans notre pays. Le rapport au • Personnalisation : Des pratiques de gestion des ressources humaines de plus en plus personnalisées (one to
travail sera de plus en plus lié à une identité personnelle. Parmi les formes de celle-ci, une one), évoluant vers une "entreprise à la carte", permettant à chaque salarié de faire des choix en fonction de ses
place particulière concernera l’âge. Nos organisations de travail ont eu tendance à considérer propres attentes et préférences dans de nombreux domaines (aménagement des temps et de sa carrière, formation,
l’âge comme une constante. Finalement, avec un accès tardif à la vie active et un retrait rémunération…),
anticipé, le travailleur entre 25 et 55 ans est une sorte d’individu constant dont il n’était pas • Implication de la hiérarchie : Un management formé et évalué sur sa capacité à développer et mobiliser toutes
nécessaire de prendre l’âge en compte. Avec la nécessité d’allonger le temps de travail sur les compétences et énergies de ses collaborateurs dans une optique à moyen et long terme. Un management qui
la vie pour des raisons démographiques, il faudra bien prendre l’âge en compte, renouer ne pratique ni la gestion par l’oubli ni la gestion par l’exclusion de certains groupes ou de certaines personnes,
avec la psychologie du développement et imaginer des identités différenciées selon les notamment les seniors ou les "low performers", qui contribue au respect des engagements de l’entreprise en matière
âges qui ne tiennent pas seulement compte de l’évolution des capacités physiques. de responsabilité sociale, d’égalité des chances, de respect de la diversité et de l’égalité, et de non discrimination.
Dernière évolution possible, celle où le travail redeviendrait un lieu fort d’engagement • Bien être au travail : Une place croissante au "Management de la santé, de la sécurité, de la qualité de vie et du
personnel et de construction de son identité : lui sont liés en effet une institution, des bien être au travail" (MSSQVT) avec le développement des services à la personne – et notamment de l’assistance
relations, la réalisation de quelque chose, autant de lieux forts d’identité. A l’heure où les psychologique éventuellement nécessaire – la lutte contre tous les risques psycho sociaux et les facteurs de maladie
autres institutions ne sont pas au mieux de leur forme, la nouvelle frontière du travail ne professionnelle, la reconfiguration des postes et espaces de travail…
serait-elle pas de redevenir un fort lieu d’identification… • Création de valeur : Une intégration des objectifs économiques et sociaux, favorisant une GRH créatrice de
valeur, participant au développement du capital humain et des actifs intangibles et immatériels ;
Maurice Thévenet, • Fidélité organisationnelle : Une GRH développant à la fois l’attachement à l’organisation et les comportements
Professeur au Cnam et à l’Essec professionnels productifs, une implication professionnelle forte et durable.
Jean-Marie Peretti,
Professeur à l’Essec
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ENTREPRENEUR
& Entreprise2018
Entrepreneur
Je propose de définir l’entrepreneur comme un agent économique,
créateur d’entreprise ou pas, qui cherche à réaliser un profit
en vendant des produits ou services à un prix supérieur à leur
Le chef d’entreprise prend appui dans la gestion coût de revient.
quotidienne de son entreprise sur ses facultés
d’organisation. Pourtant, dans l’exercice de son art, plus
que jamais aujourd’hui, il doit puiser dans ses qualités L’entrepreneur, ainsi défini, s’est toujours manifesté sous des formes plurielles et rien n’autorise à penser que l’entrepreneur du futur aura un
humaines personnelles pour conduire son entreprise visage unique. Les premiers entrepreneurs ont été des marchands, des éleveurs, des cultivateurs, des artisans, des saltimbanques ou des
vers le succès. Le charisme, le comportement, les sophistes vendant, à Athènes, des leçons de rhétorique à des jeunes gens aspirant à l’exercice du pouvoir.
croyances, le respect de soi-même et d’autrui, la Puisque l’entrepreneur du futur sera aussi pluriel que ses prédécesseurs, il est plus utile de nous intéresser à l’environnement dans lequel
persévérance, la fidélité, la confiance, la compassion et il agira et souligner quelques tendances lourdes qui seront autant de sources d’opportunités ou de contraintes.
le courage font partie des valeurs pour un management Les tendances qui marqueront l’environnement de l’entrepreneur du futur sont déjà observables et certaines sont plus actives que d’autres.
agile et robuste. En quelques années, le contenu du Au lieu de chercher à surprendre le lecteur avec des tendances radicalement nouvelles, je me contenterai de regrouper des tendances
“métier"de dirigeant a fortement évolué avec un niveau émergentes et les amplifier pour en tirer quelques implications pour les entrepreneurs au 21e siècle.
d’exigence très élevé de professionnalisme. Aujourd’hui,
les individus sont de moins en moins disposés à suivre un
chef par le simple fait de la hiérarchie et de la contrainte.
Le défi n’est donc plus de commander, mais de mobiliser Mondialisation
l’imagination, l’esprit d’initiative, le dynamisme, le savoir
et le savoir-faire de ceux qui constituent l’entreprise. La La diffusion et la démocratisation des moyens d’information, de communication et de transport conjugués avec le développement du
liste pourrait être plus longue mais se résume en deux libre échange constituent un élément majeur de l’environnement des entrepreneurs actuels et futurs. Alors que le commerce international
mots : donner l’exemple ! était, traditionnellement, l’apanage d’une minorité de marchands et d’armateurs puissants, n’importe qui peut, de nos jours, acquérir des
Le dirigeant devient plus que jamais un chef d’orchestre ressources au moindre coût (presque) dans n’importe quel pays et vendre des produits et services (presque) partout dans le monde.
qui assure l’harmonie générale, le développement des Pour tirer pleinement profit de la mondialisation, les entrepreneurs du futur devront considérer le monde comme leur terrain de jeu naturel
talents de chacun dans le respect de la partition et de pour l’acquisition des ressources et ou la commercialisation de leurs produits et services. Les entrepreneurs, nombreux aujourd’hui, qui
l’orientation de l’entreprise vers des objectifs ambitieux.
auront une vision régionale, voire nationale dans le meilleur des cas, seront démunis face à des concurrents ayant une vision mondiale
Aussi pouvons-nous choisir entre quatre attitudes face
de leur activité. On peut certes objecter que la concurrence mondiale n’est pas pertinente dans plusieurs activités où la proximité physique
à l’avenir, de la passivité à la réactivité, en passant
par la réactivité ou la préactivité, mais une seule peut avec le client est indispensable. C’est peut-être vrai mais les développements récents montrent que la proximité est une notion toute
provoquer les changements attendus : la proactivité ! relative. N’est-il pas possible, dès aujourd’hui, de faire surveiller une personne âgée à son domicile corrézien par une équipe médicale de
très haut depuis l’Inde, ou ailleurs, dans des conditions économiques sans comparaison avec le coût d’un acteur de proximité?
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ENTREPRENEUR & Entreprise2018
Accélération des progrès technologiques
L’exemple de la surveillance médicale à distance n’est qu’une illustration des nombreuses possibilités
offertes par un progrès technologique en forte accélération depuis les dernières décennies du
20e siècle.
Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) est en train de
redéfinir nos rapports à l’espace et au temps. De nombreuses activités peuvent, d’ores et déjà, être
accomplies par n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Les entrepreneurs qui sauront tirer Socio-diversité
les conséquences de la compression de l’espace-temps en tireront beaucoup d’avantages. Citons,
pour illustrer, le cas d’une jeune entreprise française spécialisée dans la veille technologique et la Pour mener à bien leurs projets, les entrepreneurs ont besoin de collaborateurs dont les profits sont de plus en plus
production d’études sectorielles vendues à très bon prix à de grandes entreprises. Les fondateurs divers. Jusqu’à la fin du 19ème siècle, les entrepreneurs employaient des populations très homogènes du point de
ont compris que la diffusion d’internet et des sources d’information en ligne leur permet de localiser vue des profils sociaux, culturels et démographiques.
toute l’activité de veille et de production d’études au Maroc par des ingénieurs bien formés et trois Aujourd’hui, l’homogénéité socio-culturelle dans les entreprises est un phénomène du passé dans plusieurs pays
fois moins coûteux que leurs homologues français. avancés sous l’effet combiné des migrations, de la féminisation, de l’allongement de l’espérance de vie, de l’entrée
Au-delà des TIC, le progrès technologique s’accélère dans les domaines de la santé, de l’environnement, tardive dans la force de travail et de la diversification des modes et rythmes de vie.
de l’alimentation et de l’énergie. Le flux continu d’innovations offre aux entrepreneurs du futur Alors que les entreprises établies subissent la diversité et font de leur mieux pour s’y adapter, les entrepreneurs du
autant d’opportunités de créer de nouveaux secteurs d’activité ou de contester la domination de futur agiront dans un environnement où la diversité est une donnée initiale. Pour faire de la diversité une opportunité,
certains secteurs par de grandes entreprises établies et moins agiles. les entrepreneurs auront besoin d’une "bande passante" culturelle large pour communiquer et collaborer avec des
gens très différents, voire travaillant dans différentes régions du monde.
Développement durable
Entrepreneuriat de soi
"Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons
notre dîner, mais de l’attention qu’ils portent à leur propre intérêt". La phrase célèbre d’Adam Smith Pour réaliser leur projet, les entrepreneurs ont traditionnellement employé des collaborateurs qui se mettaient au
résume une conception encore très courante, mais de plus en plus dépassée, de l’entrepreneur. service du projet de leur employeur en contrepartie d’un revenu. Ce contrat psychologique, soumission contre
L’entrepreneur idéal, selon Adam Smith, agit avec son seul intérêt comme horizon ; la main invisible salaire, est en train de voler en éclat à mesure que les individus accèdent à leur autonomie et se dotent de stratégies
du marché se chargeant de fabriquer le bien-être général à partir d’intérêts particuliers. de vie. Les entreprises établies sont en train de découvrir que leurs collaborateurs ont des projets, des disponibilités
Les connaissances scientifiques et le débat public montrent, aujourd’hui, les défaillances d’une variables, des désirs, voire des émotions et, certaines, font des efforts sincères pour introduire suffisamment de
pensée économique qui ignore les externalités négatives des comportements "rationnels" des flexibilité dans l’organisation du travail pour y répondre. Les entrepreneurs du futur devront comprendre que, tout
agents sur les environnements physique et social. comme eux-mêmes, leurs collaborateurs sont aussi entrepreneurs de leur vie. Au lieu de demander seulement à
Aussi, l’entrepreneur du futur ne pourra plus ignorer les conséquences négatives de son action leurs collaborateurs de s’adapter à leur projet, ils devront aussi faire l’effort d’adapter leur propre projet à ceux de
sur l’environnement physique et social dans lequel il agira. Du reste, s’il ne le fait pas de son leurs collaborateurs. Ceci est la condition d’une relation employeur employé plus équilibrée et durable. Sa réalisation
propre chef, la société le lui imposera à travers une législation contraignante. passe par ce que j’appelle une "entreprise à la carte", un mode d’organisation et de management qui permet de
Au lieu de ne considérer que son propre intérêt, en laissant la main invisible se charger du reste, personnaliser les rapports entre l’entreprise et ses collaborateurs.
l’entrepreneur du futur partira d’une compréhension de ce qui peut être bon pour la société et y
cherchera son propre intérêt. Ceci n’est rien moins qu’une révolution copernicienne où les entrepreneurs Mondialisation, progrès technologique, développement durable, socio-diversité et entrepreneuriat de soi, telles sont
s’adapteront à la société au lieu de demander à la société de faire avec les conséquences de leurs donc les tendances structurantes à l’œuvre dans l’environnement des entrepreneurs actuels et futurs. Aux entrepreneurs
choix. d’être suffisamment stratèges pour y déceler des opportunités s’ils ne veulent pas en subir les contraintes.
Hamid Bouchiki,
Professeur à l'Essec
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ENTREPRENEUR & Entreprise2018
L’entrepreneur du futur se
conjugue au présent !
Aujourd’hui, l’entrepreneur est un pilote économique
sachant s’entourer des meilleures compétences pour Le dirigeant
conquérir de nouveaux marchés et développer sa PME.
Ce sera encore vrai demain.
de demain
1. Changer sa conception du futur
L’entrepreneur du futur saura mettre à profit "le raz de marée" de la dématérialisation pour aller plus vite, plus loin ! Utiliser les Malgré l’incertitude d’un futur qui s’annonce tous les jours différents, il faut assurer la
"téléprocédures" dans la conduite de ses affaires, répondre à des appels d’offre, prospecter des marchés potentiels via la vitesse pérennité de son entreprise et prendre des décisions qui engagent l’avenir. La planification
des flux numériques seront devenus des réflexes naturels du chef d’entreprise. traditionnelle est dépassée, d’où la nécessité de changer radicalement sa manière de
planifier. Le manager du futur consacre du temps, avec ses collaborateurs à développer
A l’horizon 2018, l’entrepreneur développera sa production à base d’énergies renouvelables et sera un ardent "promoteur" de la une vision de l’entreprise qu’ils veulent incarner, plutôt qu’un plan stratégique. L’image du
sauvegarde de l’environnement. Les objectifs de réduction de gaz à effet de serre et l’utilisation d’énergies nouvelles ne peuvent être futur désiré inspire toutes les actions quotidiennes. Le besoin des clients, l’observation,
réalisés sans l’investissement des chefs d’entreprises. La réalisation de ces objectifs suppose bien évidemment un soutien fort des les résultats, les idées nouvelles modifient la vision initiale et la rendent plus pertinente
pouvoirs publics sur la base de mécanismes incitatifs. mais les valeurs fortes restent les guides à tous pour agir. Cette vision sera d’autant plus
créatrice qu’elle sera partagée et cela dans la cohésion.
L’entrepreneur du futur protège et exploite ses innovations, sources premières du développement de son entreprise et vecteurs
indispensables d’une croissance durable. La protection et la valorisation de ses produits est indissociable d’une stratégie agressive 2. Equilibrer son style de management
en matière de brevets. Cette politique ne pourra être mise en œuvre qu’à partir d’un système performant de propriété intellectuelle L’entreprise est réputée pour ses qualités d’action, les responsables se doivent d’être
au niveau communautaire, accessible aux PME. efficaces, entreprenants, audacieux. Mais le monde évolue rapidement, l’entreprise doit
anticiper, repérer les changements, s’adapter. Pour cela elle a besoin d’autres compétences :
Le chef d’entreprise devra aussi composer avec de nouvelles règles comptables et fiscales. Les normes IFRS auront un impact écoute, intuition, observation, communication, participation du personnel, créativité,
évident sur la stratégie de développement des PME et la valorisation de leurs actifs. La concurrence fiscale deviendra enfin un sens du service, motivation… Ce sont des qualités d’écoute et de réceptivité.
outil de compétitivité pour toutes les entreprises évoluant dans la zone Euro, fondée sur une assiette de l’impôt déterminée par
des règles communes. Les professionnels du chiffre que sont les experts-comptables joueront alors un rôle déterminant auprès 3. Réinventer les relations hiérarchiques
de l’entrepreneur. L’entreprise aura une multitude de personnes attelées ensemble à un même but, dans des
structures de configurations diverses, sans privilèges ni territoires clairement affectés :
Enfin, l’entrepreneur du futur s’appuie plus que jamais sur une formation de qualité pour mener à bien ses projets. La remise en remplacer le pouvoir par la responsabilité avec un leader sur le terrain au service de
cause permanente de ses débouchés commerciaux, les mutations des secteurs industriels et l’externalisation de nombreuses fonctions ses collaborateurs, exprimant ce qu’ils pensent d’eux, leurs points forts ou faibles et les
de l’entreprise obligent le dirigeant de PME à s’appuyer sur une main d’œuvre qualifiée et concernée. Car en 2018, la valeur ajoutée aidant à progresser.
des PME, ce sera encore et toujours l’homme.
4. Sécuriser et motiver chaque personne
CGPME La motivation doit être plus forte que la peur de l’inconnu. La vision par sa capacité
Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises d’inspiration sécurise et donne envie de se lancer dans l’aventure en donnant le meilleur
de soi-même. Le management s’individualise “travail responsabilisant et porteur de progrès
contre salaire individualisé et reconnaissance de la contribution particulière de chacun”.
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ENTREPRENEUR & Entreprise2018
5. Penser d’une manière globale et systémique
Le manager prend le temps d’analyser les situations de manière plus globale et plus nuancée. Il cherche
les liens, confronte les opinions, considère les personnes et respecte les apports de chacun, prend du recul
et s’entoure de tempéraments complémentaires au sien. Il pilote les décisions mais toujours responsable il
en évalue la portée afin que les effets en soient positifs : “décider juste, pas avoir raison”.
A l’heure des patrons
“marchands de rêves”
6. Communiquer avec simplicité
Le pouvoir du 21e siècle repose sur l’information et les capacités relationnelles. La rapidité d’accès aux L’importance dite “stratégique"- un pléonasme
informations utiles grâce aux NTIC ne suffit pas, l’information doit être partagée et générer une réelle valeur
ajoutée. Le manager du futur est donc là pour synthétiser l’information, la faire comprendre, stimuler l’innovation. dont raffolent dirigeants et journalistes -
L’intégrité et la transparence sont les conditions nécessaires à la vitalité de l’entreprise de demain. du “capital immatériel”, fondé sur les hommes,
les connaissances et la marque contraint les
7. Développer sa créativité
Pour être capable d’innover. Retrouver d’abord un bon niveau d’énergie, ne pas rechigner devant les dirigeants à jouer de nouveaux rôles
difficultés et se dégager de sa négativité afin que l’énergie soit disponible pour la création. Le manager et à se concentrer sur de nouvelles priorités.
doit créer dans ses équipes l’atmosphère propice à la réflexion et aux nouvelles idées.
• La première est d’établir un réseau de relations, conséquent et utile, avec ses collaborateurs directs bien sûr,
8. Gérer sa vie professionnelle soi-même mais aussi avec les principaux clients, l’encadrement et les partenaires sociaux, sans oublier les journalistes,
Les filières ne sont plus toutes tracées, aussi faut-il être acteur de sa propre évolution, prendre en main les syndicats professionnels et même certains clubs d’affaires. De la qualité de ce réseau dépend très largement
son futur. Pour cela, il faut se connaître soi-même, être conscient de ses compétences, mais également sa capacité à agir. Le président enfermé dans sa tour d’ivoire a vécu.
bien se connaître en relation avec autrui. Ne pas miser toute sa vie sur sa seule activité professionnelle, • La seconde action, souvent négligée elle aussi, est d’animer son comité de direction, de façon à faire avancer
équilibre familial, autres centres d’intérêts, respect des différents aspects de sa vie sont des éléments ses projets, en évitant l’effet “courtisans"et “mauvaises têtes”, bien connu. Cette démarche conditionne
importants de la nouvelle vision du manager. la qualité de la délégation. Or, sans délégation, il n’y a point de management digne de ce nom. La patron
“moi-je-sais-tout"a fait son temps.
9. Nourrir sa solidité personnelle • La troisième, à l’heure où il est beaucoup question du “capital humain"et de la “gestion de la connaissance”,
Le manager de demain utilise les expériences qu’il vit pour atteindre une plus grande maturité et se concerne les attentes des collaborateurs.
dégager des multiples besoins qui fragilisent les personnes. Pour être capable de cet effort de vigilance La réponse à ces attentes a un impact direct sur la compétitivité. Le “technocrate”, l’œil rivé sur les seuls
et de détachement, il doit se ménager des occasions de ressourcement. Par sa sérénité et son regard ratios, a du souci à se faire pour son avenir et celui de son entreprise. Le dirigeant doit s’imposer comme
positif il fait profiter aux autres de son équilibre personnel et de son dynamisme, ce qui induit motivation “montreur d’étoiles"pour occuper pleinement sa fonction de porte-parole de l’entreprise. Il lui appartient de
et confiance en l’avenir. convaincre tous les "stakeholders" – j’aurais pu écrire “parties prenantes du reste” – des clients aux actionnaires,
des salariés aux fournisseurs, sans oublier les journalistes et les hommes politiques si nécessaire, afin qu’ils
10. S’adapter en permanence contribuent au projet qu’il porte pour son entreprise.
Anticiper et décider ce que l’on veut changer en soi et autour de soi, évoluer et s’adapter tout en assurant Ce sont là des rôles auxquels la plupart des dirigeants sont mal préparés car, avec le “capital immatériel”, le
la cohésion des équipes. Conduire le changement, c’est à la fois l’organiser avec rigueur et créativité mais management évolue lui aussi et l’intangible y prend désormais la première place. A compétences égales, c’est
aussi accompagner l’équipe dans la transition avec écoute et conviction. Le changement est le facteur la personne du dirigeant qui fait la différence, plus précisément sa capacité à faire rêver et donc, bien sûr, à
essentiel de l’évolution. rêver lui-même… Ce n’est pas si facile !
D’après Meryem Le Saget – Congrès de l’Ordre des Experts-Comptables 2001 & 2003 – Vade-mecum de D’après Catherine Blondel, Vis-à-vis, conseil de dirigeants,
l’entrepreneur proactif auteur de “Si les patrons savaient…" (Seuil)
“Le manager intuitif, une nouvelle force”, Meryem Le Saget, Editions Dunod, 1998 Congrès de l’Ordre des Experts-Comptables 2001 & 2003 – Vade-mecum de l’entrepreneur proactif
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ENTREPRENEUR & Entreprise2018
expert en comptabilité
et expert consultant en
organisation comptable
et financière
Anticipation…
Deux types d’experts dans le futur : expert en comptabilité et expert consultant en organisation comptable et financière.
Assistant expert sur le pc du client en direct : sur abonnement il pose toutes les questions que le quotidien fait
naitre (type MSN) les spécialistes du cabinet lui répondent en live ; je peux également l’interpeller pour l’avertir ou
l’informer.
Je livre les comptes sous forme d’une vidéo de synthèse. Mon poste de travail ressemble à ma voiture et me permet en live de répondre a toutes les questions
en cours.
De mon bureau je pilote des équipes chez le client et répond en live a leurs questions. Mon PDA le permet aussi et je peux en déplacement me connecter sur n’importe quel système
pour retrouver un poste de travail confortable (bureau loué a la minute n’importe où, poste, banque,
train…)
En contrepartie, j’organise très régulièrement des réunions avec mes clients et mes collaborateurs
pour garder un contact humain.
Au golf je continue à pouvoir couper tous les dispositifs pour passer un moment de calme quand
même ! (je laisse uniquement actif le caddie qui avance tout seul en m’indiquant les distances, la
force du vent et le comptage des points.
Serge Aubailly
ORCOM
[Link]
aubailly@[Link]
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ENTREPRISE 2018
ENTREPRISE2018
La naissance de l’entreprise
polycentrique
Se réinventer chaque jour : voilà une belle pensée à épingler sur
son agenda. En 2018 cette maxime ne sera plus de l’ordre de la
A quoi ressemblera l’entreprise de demain et
comment évolueront les activités des uns et promesse. Dans un monde économique mouvant et éphémère, l’entreprise,
des autres ? Comment réussir à s’adapter aux dans une décennie, aura révolutionné son organisation.
évolutions tant technologiques que sociétales ?
Comment résister aux contraintes générées par
un marché mondial de plus en plus concurrentiel ? Sommes-nous prêts pour l’avenir ?
L’entreprise qui ne prendra pas en compte dès
maintenant la complexité actuelle grandissante Il suffit de pousser la porte d’une société française pour émettre quelques doutes. L’information y est la chose la plus jalousement gardée : sa
aura probablement des difficultés à résister. quête permet d’accéder à la promotion ou à la prime. L’expérience terrain, la connaissance intuitive, les qualités créatives sont encore bien souvent
Seules les entreprises et les organisations qui mal récompensées. Et la majorité des dirigeants, quel que soit leur âge, se présentent en s’empressant de citer leur appartenance au cercle
tiendront compte des nouvelles réalités du marché d’anciens d’une grande école de la nation. Enfin, l’organisation interne ressemble généralement à un château de cartes : les petits soldats en
et mettront en œuvre des stratégies face à ces bas, les grands seigneurs en haut. Et vous dites que l’avenir économique sera placé sous le signe de l’échange et du dialogue ouvert ? En vérité,
défis seront en position d’en recueillir les fruits. les entreprises ne vont avoir que le choix de s’adapter au plus vite ! Car les usages technologiques poussent naturellement vers le collaboratif :
les hommes passent désormais leurs vies d’enfants, d’adultes, de parents, de consommateurs et de salariés à échanger, discuter, et publier
leurs avis à l’aide d’outils multiples et grâce à des plate formes variées. Le big bang du Net, s’il n’a pas créé une "nouvelle économie" a permis
ou amplifié de nouvelles règles : la numérisation des produits, la virtualisation des services, la création d’autres modèles – l’échange entre
particuliers, l’enchère à grande échelle, le transfert et développement de la vente à distance. En l’espace de 5 ans, le contexte de toute entreprise
s’est profondément transformé. Et il reste à chacune d’apprendre à s’y adapter. Mais que l’on se rassure : les cancres ne sont pas que français !
Partout dans le monde, les entreprises ont du mal à monter dans le train des évolutions des technologies et des usages. Selon le cabinet d’études
AIIM, presque 3 sociétés américaines sur 4 avouent ne pas comprendre grand-chose au Web 2.0. Et 42 % d’entre elles ne voient aucun intérêt
à utiliser ces technologies. Dans l’hexagone, l’informatique plus globalement est perçue par les TPE et PME comme un bon moyen d’optimiser
la production. Mais les machines n’auraient pas beaucoup d’autres vertus. Selon une étude de juin 2008 de l’Ifop pour Risc Group, la moitié à
peine des sociétés petites et moyennes considèrent ainsi que l’informatique leur permet d’accroitre leur CA et 25 % se disent sceptiques quant
à son apport à la productivité des salariés.
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ENTREPREPRISE2018
Des ronds dans l’eau du futur
Pour visualiser l’entreprise 2018, rangez votre boule de cristal, lancez une pluie de cailloux dans l’eau et regardez la
multitude de petits cercles qui vont s’interférer les uns avec les autres. L’entreprise poly cercles va venir remplacer l’entreprise
pyramide. Car demain – et aujourd’hui déjà – l’information devra être partagée par tous. Pour rester compétitif et surtout
réactif. Deux directeurs associés de Nextmodernity, Richard Collin et Marc de Fouchécour, ont organisé une conférence
sur l’entreprise 2.0 en juin à Paris. Et marc de Fouchécour a relaté l’exemple de la CIA américaine. "Ils ont pris conscience
que le monde était complexe, changeant et totalement imprévisible et que pour être efficace, ils devaient en adopter les
mêmes règles. Si bien qu’aujourd’hui, au sein de l’organisation, il n’existe plus que 3 niveaux d’information. Par ailleurs,
par le biais des outils de partage, l’information est organisée par thèmes et non par services." La première grande révolution
organisationnelle est bien là : le partage interne des connaissances. Et voilà l’entreprise 2.0 qui pointe le bout de son nez !
De quoi s’agit-il ? Simplement d’utiliser, dans un environnement d’entreprise, les outils de partage du "Web 2.0" : blogs,
wikis, réseaux sociaux, univers virtuels, etc. L’objectif du salarié de demain ne sera pas tant de détenir une information
mais de dénicher, au plus vite, la bonne information. Déjà les expériences se multiplient : les blogs internes permettent
d’accélérer le dialogue entre collègues éloignés et entre services, et d’encourager la créativité. Les wikis et plates-formes
d’échanges aident à la constitution de dossiers et à l’archivage d’informations. Les réseaux sociaux favorisent les contacts
et la mobilité internes. Pour l’entreprise 2018 ces usages internes seront une évidence. Chaque collaborateur, de chez
lui, d’un petit centre proche de son domicile ou au siège de son entreprise consultera le matin son espace de travail
personnel, un véritable tableau de pilotage : avec ses flux d’informations, ses réseaux, son agenda partagé et l’évaluation
de son apport à la stratégie de l’entreprise. A entreprise communicante salarié responsabilisé : l’employé va devenir
entrepreneur.
Donner du sens
Interférences Mais comment faire pour que tienne cet équilibre qui paraît si fragile ? "Avec l’explosion
digitale, la profusion des informations est telle que chaque entreprise a besoin d’un
Le partage d’informations et de compétences ne se réduira pas aux seuls salariés. Déjà les blogs publics d’entreprise ont repère pour qu’on la retrouve dans un ensemble devenu un magma d’informations.
entamé une nouvelle forme de dialogue avec les clients, fournisseurs ou partenaires. Des jeunes entreprises innovantes Chaque entreprise a besoin d’une cause ou d’une idée centrale" déclarait lors du forum
comme Netvibes – qui propose à tout internaute la création de son propre portail d’informations – ont dés aujourd’hui Nexplorateur, organisé au Sénat en juin 2008, Jean-Marie Dru, le président du groupe
intégré cette évolution. Quand les développeurs de Netvibes veulent proposer une amélioration ou une nouvelle fonction, de communication TBWA Worldwide. Tariq Krim, le fondateur de Netvibes, explique
ils la présentent en amont à la communauté de clients – partenaires de la marque. Suite aux avis et retours, ils mettent la que ces salariés ressentent une liberté mais également un sentiment de responsabilité
nouvelle fonction en place ou la modifient. C’est une approche nettement nouvelle du marketing qui remonte en amont de par rapport à leur travail. Il part du principe que chacun a du talent, quel que soit son
la chaîne de décision et sous l’impulsion des utilisateurs. parcours scolaire et professionnel et qu’il faut donner à tous les moyens de se lancer.
Lego est également passé du côté des entreprises futuristes avec Lego Digital Maker. Ce logiciel de jeu, libre de téléchargement, Pour lui, les jeunes arrivant sur le marché du travail cherchent à exercer un métier qui
permet de créer ses propres modèles de maquettes de legos. Voici un formidable effet 3 en 1 : communication, les passionne. Les DRH se rendent aussi compte que les jeunes n’attendent plus de leur
commercialisation et fidélisation. Le principe permet aux petits et grands fans de lego du monde entier de concevoir leurs future entreprise une carrière et des avantages financiers. Ils ne veulent plus être un pion
modèles. Mais aussi de les acheter, s’ils le souhaitent. Et de les partager avec les autres, via la galerie Lego en ligne. dans une machine. Ils cherchent du sens et souhaitent rejoindre un projet, une entreprise
Dans nos petits ronds dans l’eau on trouve ainsi des communautés de salariés, de clients – coopératifs ou mécontents, engagée. Une attente qui correspond à une autre tendance lourde de la société : l’éthique.
exprimant leurs avis librement comme ils le souhaitent – de fournisseurs ou de partenaires. Chacun à son niveau deviendra Développement durable, responsabilité sociale, respect environnemental : les engagements
le pilote éphémère d’une décision de l’entreprise ou de la marque. des entreprises en la matière se renforcent d’année en année. L’entreprise en 2018 sera
éthique ou ne sera pas. Et elle sera capable de cristalliser autour de sa marque des
valeurs solidaires.
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Casse-tête sécuritaire
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L’Entreprise en 2018…
Du Rêve à la réalité
Selon moi, jeune entrepreneur du web, l’entreprise
en 2018 sera avant tout ultra-technologique
et méga-innovante.
La technologie et ses outils innovants feront partie intégrante de notre quotidien. Nous nous servirons de nombreux La vie sera encore plus rapide, plus stressante. Les décalages horaires seront de
modules collaboratifs pour travailler, communiquer et obtenir instantanément l’information qui nous manque. moins en moins respectés car instantanéité, réactivité et mondialisation seront les
maîtres mots.
Les mondes virtuels en 3D auront explosé avec des milliards d’avatars qui nous serviront d’appui pour faciliter notre travail
dans la vie réelle. Nos avatars, paramétrés selon nos souhaits, seront d’une forte utilité pour aller chercher eux-mêmes C’est pourquoi en parallèle, l’entreprise 2018 sera contrainte d’être plus responsable,
l’information sur la toile, et nous la ramener rapidement et efficacement. plus vigilante vis-à-vis de son personnel, et sera soucieux de son bon équilibre
psychique et physique. Le télétravail explosera et de multiples services seront
Notre travail consistera à piloter et à suivre nos tableaux de bords qui agrégeront des flux d’information en provenance proposés aux salariés pour "déstresser" (coaching privé, séminaires…) et assurer leur
de toute part. L’ordinateur classique aura bien entendu laissé la place à l’écran tactile multifonctionnel. Notre bureau sera épanouissement personnel.
mobile dans tous les sens du terme.
La responsabilité de l’entreprise ne se limitera pas seulement à ses salariés et à son
Notre journée de travail alternera entre le réel et le virtuel, car le e-commerce sera fortement concurrencé par le v-business organisation interne.
avec des mondes virtuels en plein essor et ses nouveaux marchés. L’impact externe de l’activité de l’entreprise devra être respectueux de l’environnement…
Chaque entreprise devra avoir un impact nul sur l’environnement et des lois les
Grâce à cette ouverture technologique, l’entreprise 2018 sera encore plus facilement tournée sur le monde et l’international. contraindront à agir au service du développement durable. Tous les process de l’entreprise
"The world is flat" et s’aplatira encore plus. seront repensés dans cette logique écologique.
Nous jonglerons entre des clients locaux et ceux à l’autre bout du monde en un seul clic. Les problèmes de langues ne
seront plus un tracas avec des outils de visioconférences, et de traduction aussi automatiques que puissants. Les pays de Plus technologique, plus responsable, plus globale, l’entreprise 2018 nous réserve de
la Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) seront nos premiers clients et nos premiers concurrents. belles opportunités !
François-Xavier Tanguy
Ecrivain-voyageur, Expert-comptable, Entrepreneur Web
Co-fondateur de [Link], le premier site communautaire pour partager et
réaliser ses rêves
[Link]
[Link]
Tel : + 33 6 68 82 68 37
[Link]
Livre "Des Rêves Plein le Monde"(Editions Les Presses de la Renaissance)
Phnom Penh - Kaboul - Paris (25 000 Km à moto sur la "Route des Rêves")
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Technologies
à un futur souhaitable
L’évolution des entreprises dans les dix ans à venir ? Elles vont, progressivement, prendre toute la mesure de constats que
chacun peut faire aujourd’hui, et elles vont en tirer toutes les conséquences : elles vont guider leurs décisions, non seulement en
fonction de la demande des clients, mais aussi en regard d’un axe stable, dynamisant, la volonté de contribuer à un futur sou-
haitable. Ce faisant, elles y trouveront, ainsi que Pascal Lamy (Dr Général de l’OMC) l’écrit en préface du livre que j’ai consacré à
ce sujet* un surcroît de reconnaissance de la part de leurs clients, partenaires, collaborateurs. Et les responsables d’entreprises
y trouveront une occasion de davantage s’épanouir.
Le premier constat que chacun peut faire : la technologie évolue à une vitesse toujours plus grande, qui croît de façon expo-
nentielle ; l’électronique, "mère" des autres technologies, double de puissance tous les 18 mois. Le deuxième constat que nous
pouvons tous faire : la demande évolue aussi de façon exponentielle ; mais chacun peut constater que le temps nécessaire à Temps
l’apprentissage, à l’éducation, aux modifications des organisations ne peut pas être réduit par deux tous les 18 mois. Ainsi, 1945-1960 1960-1980 1980-1990
Temps de Temps Temps Innovation
la demande ne peut plus évoluer au même rythme que l’offre potentielle, et le différentiel de vitesse entre l’évolution de l’offre
la production du marketing de la qualité
potentielle et celle de la demande va s’accroissant.
Longtemps, la demande a été nettement "en avance de phase" par rapport à l’offre. L’entreprise pouvait alors être clairement Évolution comparée de l’offre potentielle et de la demande potentielle
guidée par la demande : la problématique centrale de l’entreprise était de produire mieux, à coût moindre, ce qui était demandé.
Dans un deuxième temps, autour des années 70, l’offre potentielle se rapprochant de la demande, il est devenu essentiel de Les responsables d’entreprise devraient prendre conscience qu’innover avec cet éclairage
savoir ce que voulait vraiment le marché : l’enjeu majeur s’est déplacé de la production au marketing. Entre 80 et 90, l’écart entre est d’autant plus pertinent que la responsabilité sociale de l’entreprise est totalement
offre potentielle et demande s’est encore réduit, est devenu impalpable, et c’est la qualité qui est devenu la préoccupation prin- modifiée : Tant que la demande pouvait être considérée comme préexistante à l’offre,
cipale. Mais environ depuis les années 90, l’offre potentielle est passée devant la demande. Après le marketing, c’est maintenant l’entreprise pouvait considérer que sa responsabilité sociale se limitait à produire en
l’innovation qui est le facteur clef, dans une dynamique où l’innovation potentielle précède le marché : comme on le dit, l’offre respectant les lois et des principes de justice sociale. Mais dès lors que l’offre, que
est créatrice, elle crée le marché. l’entreprise, crée le marché, la responsabilité sociale de l’entreprise est accrue : quel
marché va-t-elle créer ? quel futur va-t-elle créer ?
Progressivement, les responsables d’entreprises devraient tirer les conséquences de ce basculement qui s’est opéré entre offre/ Ainsi, les responsables d’entreprises devraient progressivement réaliser qu’il est non
demande et voir qu’il en est de la demande comme de l’aiguille de la boussole. Pour progresser vers le pôle, l’aiguille de la seulement logique pour l’entreprise, mais cohérent en terme de responsabilité sociale,
boussole est le meilleur guide. Mais, lorsqu’après une longue avancée, on arrive à proximité du pôle, l’aiguille devient, du fait que l’entreprise conçoive ses nouveaux produits et services, qu’elle innove, en se
même de cette proximité, instable. Elle s’affole. Pour ne pas tourner en rond et se perdre, il faut alors se donner d’autres repères, fixant pour but de contribuer à un futur souhaitable.
au-delà de la seule aiguille. La demande a longtemps été la boussole qui a guidé l’action des entreprises. Mais, du fait même
des progrès accomplis, elle devient maintenant instable (affolée ?). Et, de toute façon, seconde par rapport à l’offre créatrice. L’ambition de contribuer à un futur souhaitable comprend bien sûr celle du développement
Se donner un repère stable, dynamisant, au-delà de la vibration de la demande est nécessaire. Les responsables d’entreprises durable, qui est nécessaire et urgente. Mais choisir de contribuer à un futur souhaitable
devraient donc s’apercevoir progressivement qu’il peut être fructueux de se diriger selon une vision stable et dynamisante que est plus positif que s’obliger à tenir compte de contraintes et de limites. C’est aussi
l’entreprise intègre et assume en elle-même : une vision de ce qui est souhaitable pour le futur. un objectif plus large qui permet davantage de dynamiques croisées entre entreprises.
C’est enfin un objectif qui peut parler également aux entreprises comme aux personnes
et est donc plus motivant.
* Stratégie pour un futur souhaitable, Philippe Lukacs, Dunod, 2008
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Cet objectif devrait donc, progressivement, devenir celui de plus en plus d’entreprises. Celà étant, il
est évident que concevoir des innovations porteuses d’un futur souhaitable ne coule pas de source.
Innover est de toute façon toujours plus complexe que gérer l’existant. Et, dans le cas d’innovations
pour un futur souhaitable, la complexité est plus grande encore : les actionnaires risquent de pousser
à une focalisation sur le très court terme plus que sur un futur souhaitable. Comment donc l’évolution
décrite plus haut, pourtant logique, pourra-t-elle être menée ?
Pour répondre à cette interrogation, je propose, très pragmatiquement, d’observer des réussites exemplaires,
d’analyser comment ont été crées des innovations porteuses de futur souhaitable, qui ont aujourd’hui
un rayonnement mondial, qui ont toujours été rentables, mais qui, a priori, paraissaient irréalisables,
pour tous hormis leur créateur.
J’ai choisi d’analyser comment Muhammad Yunus a fait pour réussir la Grameen Bank. Le micro-crédit Toutes ces innovations partagent une problématique commune. Il a fallu avancer malgré le risque, dans une grande
sert maintenant d’exemple pour les politiques de développement mondiales. Pourtant, au début, tous incertitude au départ ; commencer avec très peu de moyens ; convaincre, surmonter les résistances ; arriver juste
disaient à Muhammad Yunus que son projet ne verrait jamais le jour, et il lui a fallu lutter contre au bon moment. Ainsi, étaient affectés tous les paramètres auxquels le management est confronté : le rapport au
l’incompréhension des banquiers et de l’administration, contre les obstacles mis par les mollahs, voire risque, aux moyens, à l’espace, au temps. Toujours dans un sens plus contraignant que dans la gestion classique.
contre les bandes armées qui sillonnaient la région où il était installé.
Ensuite, comment Nico Roozen a réussi à créer Max Havelaar. Max Havelaar est le premier exemple de Il est donc logique que ces analyses permettent de revisiter l’ensemble du management : la façon de concevoir les
commerce équitable distribué dans le "mainstream" de la grande distribution. Ce système s’est répandu buts, les moyens, les critères de décision. Et il est logique qu’en émerge, précisément, un mode de management
dans de multiples pays, pour un nombre toujours croissant de produits. Pourtant, les principaux acteurs particulièrement dynamique, qui permet d’avancer malgré des contraintes fortes : commencer avec au départ des
de la chaine du café, torréfacteurs, distributeurs, non seulement disaient à Nico Roozen que son projet moyens limités, progresser dans un environnement incertain, dépasser les habitudes.
était impossible, mais encore ont tout fait pour le rendre impossible. Ce nouveau mode de management qui apparaît n’est pas en rupture radicale par rapport au mode de management
Puis, comment Yvon Chouinard, sans formation, sans capital initial, a réussi non seulement à développer actuel : il peut être utilisé dès maintenant. Et les principes sur lesquels ils reposent sont en ligne avec la finalité
Patagonia, qui vend maintenant des vêtements de sport dans le monde entier, mais encore à passer, poursuivie, celle d’un futur souhaitable : les "moyens" et la "fin" sont isomorphes. Enfin, il s’ouvre plus largement
d’un seul coup, la totalité de sa gamme de vêtement de coton au coton bio. Pourtant le coton bio coûtait que les outils managériaux classiques sur l’ensemble des facultés de chacun : la raison, mais aussi l’imagination.
trois fois plus cher, et Yvon Chouinard savait que ses clients ne paieraient pas plus. Il s’ouvre sur d’autres savoirs : les sciences humaines, les cultures. Il est ainsi une occasion pour les responsables
Et enfin, comment Renault a réussi la Logan. La Logan est en rupture avec toute l’évolution de l’automobile, d’entreprise de mettre en œuvre toutes leurs capacités personnelles, de davantage s’ouvrir au monde et s’épanouir.
qui est, précisément, la technologie pour la technologie. Aujourd’hui, la Logan est un pilier majeur
du développement de Renault. Pourtant, au moment où Louis Schweitzer a lançé le projet, tous les On a vu plus haut les raisons pour lesquelles il devenait logique que l’entreprise guide ses décisions non seulement
concurrents le moquaient. en fonction de la demande client mais aussi en intégrant la volonté de contribuer à un futur souhaitable. On voit
maintenant que cette évolution, non seulement est logique, mais est réalisable, dès aujourd’hui. Comme l’écrit Pascal
Il s’agit de quatre créations qui concernent des domaines complémentaires : respectivement, une Lamy en conseillant aux entreprises de s’engager dans cette démarche, "un futur souhaitable, c’est faisable".
nouvelle forme de crédit, un nouveau mode de commerce, une nouvelle approche de produits de Je suis donc convaincu que, progressivement, dans les dix ans à venir, de plus en plus de responsables d’entreprises
consommation, un nouveau type de voiture. Elles concernent des structures de natures différentes : vont, en effet, prendre leur responsabilité et avancer en ce sens.
service, label, PME, grand entreprise industrielle. Elles sont l’œuvre d’innovateurs de cultures différentes
(bangalais, hollandais, canadien, français), mais ont acquis une dimension mondiale et fonctionnent Philippe Lukacs / C A T A L Y S E R
dans toutes les cultures. Le "socle" sur lequel, pragmatiquement, l’analyse s’appuie paraît ainsi être 1 rue Ballu 75009 Paris
solide… 01 48 78 53 72 / 06 07 05 59 45
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Prospective de
l’entreprise
> 1° Partie : Des clés
pour une prospective de l’entreprise
Que sera l’entreprise dans cinq ans, dans dix ans ? Il y a plusieurs manières d’engager
cette réflexion.
La plus fréquente consiste à spéculer sur des idées dans l’air du temps sans rien changer Les tensions de fond
au fond sur les croyances et les processus de décision, d’organisation et d’action.
Ces idées sont par exemple: Des tensions profondes sont à l’œuvre dont les équilibres sont instables.
• La compétition mondiale de plus en plus tendue et ses délocalisations ? Comme avec la tectonique des plaques des ébranlements majeurs affectent la surface. La prospective ne peut prévoir les moments
• La nécessité d’épouser les valeurs et les sentiments du public, développement durable, de rupture mais anticiper sur de nouveaux équilibres. Les tendances profondes peuvent être identifiées à trois couples de
commerce équitable, diversité des recrutements, thèmes à la mode. logiques opposées.
• L’adaptation aux changements incessants comme l’innovation technologique, les législations,
le coût de l’énergie. • La logique des acteurs
On se plaît alors à croire que les vicissitudes induites sont pour les autres et que l’on La logique spéculatrice, le règne de l’intérêt particulier; miser moins pour gagner plus, l’individualisme de toutes les parties
s’adaptera bien si nécessaire. prenantes.
Dans cinq ans, dans dix ans, les titres des journaux feront toujours l’actualité et les entreprises A l’opposé la logique industrieuse, la coalition des ressources, des moyens et des compétences pour réaliser des buts
seront toujours ce qu’elles sont, voilà la croyance la plus ancrée. communs.
Si le rythme des créations, disparitions d’entreprises s’accélère, si aucun des grands groupes L’exacerbation de la première et ses excès ne doit pas masquer la (re)montée en puissance de la seconde.
que nous connaissons n’existera en l’état, dans dix ans, l’absence de mémoire et de vision
prospective permettra malgré tout de maintenir la croyance. Et puis qui peut prédire l’avenir ? • Les logiques structurelles
Les futurologues se sont toujours trompés. La logique formelle, la reproduction des modèles et procédures, la conservation des cadres et des structures, la vertu de
Il y a cependant une autre manière, prospective, d’aborder cette réflexion. Comprendre ce conformité.
qui se trame en profondeur dans le monde d’aujourd’hui, discerner les implications pour La logique entrepreneuriale, l’engagement personnel et collectif, l’initiative et la créativité, la mobilisation dans l’action.
les entreprises, entreprendre les changements souhaitables en évitant les fausses pistes. Les modèles industriels et bureaucratiques traditionnels relayés par les grandes trames systémiques sont en pleine défaillance
Pour cela la prospective humaine apporte des repères qui font trop souvent défaut malgré alors que l’autonomie grandissante des acteurs débouche sur un foisonnement d’initiatives réclamant de nouvelles configurations
les intuitions de tel ou tel visionnaire, de tel ou tel prospectiviste. Trois phénomènes sont des entreprises.
d’abord à considérer pour comprendre les situations en cette période de mutation.
• Les logiques intentionnelles
La logique d’exploitation, des ressources matérielles, des ressources naturelles, des ressources humaines, des clientèles,
toutes justifiées par les nécessités, les besoins, la “demande”, l’avidité...
La logique de projet visant la production de plus grandes valeurs, des ambitions de progrès, de services, de développement
humain.
La première est fortement combattue et la seconde trouve de plus en plus de champ.
Dans chaque entreprise on peut repérer ces différentes tensions et leurs conséquences, les conflits et ruptures que cela peut
entraîner et celles que l’on veut favoriser.
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Les modèles d’entreprise
Quand on parle entreprise la variété des cas et des situations est immense. Quel rapport
entre Microsoft et l’entreprise artisanale du coin, entre tel grand groupe financier et les
établissements de production qu’il contrôle, entre les multiples secteurs d’activité privés
ou publics.
Il y a cependant une typologie possible des modèles d’entreprises ou des formes d’entendement
de ce qu’est une entreprise indépendamment de la taille.
On peut distinguer quatre modèles types dont la prégnance évolue, exprimant des changements Les âges et les niveaux de maturité des entreprises
que la prospective pourra discerner.
Comme toutes les organisations humaines, l’entreprise passe par différents niveaux d’évolution qui dépendent de son histoire
• L’entreprise de possession et d’emprise mais aussi de l’environnement économique qui est le sien.
Elle se justifie par la guerre économique qui légitime l’emploi de tous les moyens appropriés, Ainsi on trouve des entreprises de premier niveau qui sont entièrement centrées sur leur production dans une vision à court
chacune à son échelle. Elle est vouée à absorber ou être absorbée dans l’affrontement des terme de leur activité.
puissances à la recherche de la plus large emprise, des possessions les plus grandes. Les entreprises de second niveau sont en mesure de construire des structures plus complexes et d’élaborer des pôles et stratégies
à moyen terme. Cela demande un autre niveau de compétence intellectuelle, de connaissance des marchés, de communication
• A l’opposé l’entreprise rationnelle et technique. Elle se conçoit comme une organi- et d’organisation.
sation hiérarchisée de fonctions, avec l’exercice de compétences et de méthodes toujours Les entreprises de troisième niveau intègrent en plus une maîtrise des finalités à long terme, (du Sens, des valeurs) en rapport
plus avancées pour une performance grandissante et des résultats qualitatifs et quantitatifs avec la communauté entreprenante et ses fondements et avec toutes les communautés concernées (territoire d’implantation,
en progrès. C’est l’idéal que l’on enseigne dans les écoles et les formations où il n’est nulle communautés clientes, communautés partenaires, communauté de parties prenantes).
part question de volonté de puissance ou de motivations humaines.
• L’entreprise système avec l’idéal machinique d’un fonctionnement répétitif bien huilé. > 2° Partie : Entreprises - Prospective 2018
L’adaptation incessante condition de survie l’amène à adopter les modèles normatifs du moment.
Systèmes d’information, inter connections, gestion optimisée des flux et des circulations.
Ses modèles évoluent mais c’est le fonctionnement du modèle qui retient toutes les attentions, La prospective en période de mutation c’est surtout un changement de point de vue :
des hommes y sont de simples agents de circulation ou de régulation. • pour comprendre autrement les déterminants de l’entreprise,
• pour agir autrement, pour une performance accrue et aux critères réajustés.
• L’entreprise communautaire. A l’inverse l’entreprise est celle d’une “communauté Il est difficile de “voir"lorsque ça va dans tous les Sens et lorsque les instruments d’analyse disponibles ne permettent pas de
entreprenante”, une communauté de projet, de valeurs, une communauté de parties discerner les clés de l’essentiel. Et pourtant 10 ans c’est demain...
prenantes, communauté de communautés aussi. 10 ans demain c’est bien plus de changement que 50 ans d’hier ou même 100 ans. Combien de temps pour le déploiement
Elle est aussi communauté de services, services des communautés clientes, ses marchés... d’Internet ? L’explosion des économies émergentes ? Dans 10 ans quel visage pour les entreprises ?
communauté d’intelligence, de compétences. Il s’agit ici de développer une vision à 10 ans. Mais nous sommes en 2008, pas en 2018. C’est pour aujourd’hui qu’il s’agit de
De l’équipe au plus grand groupe en passant par toutes les associations et partenariats on est porter un autre regard pour comprendre et engager l’avenir.
dans une logique communautaire. Elle donne sa cohérence et sa performance à l’entreprise La mutation commence par les esprits et la capacité même de voir ce qui change, de le comprendre et d’en prendre la gouverne.
ainsi que la pérennité et la flexibilité de son évolution. Une vision c’est un exercice pour s’y entraîner, pas un livre de nouvelles recettes mais une nouvelle intelligence de ce qui est
déjà engagé.
Les tableaux qui viennent sont issus des travaux de prospective humaine et des apports de l’Humanisme Méthodologique pour
la compréhension des affaires humaines et l’apport de nouvelles conceptions de l’action. Ils proposent des éléments d’analyse,
d’inspiration, et font appel à l’imagination surtout à la créativité du lecteur.
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A 10 ans
L’économie communautaire
Avec la domination sans partage de l’occident, ses modèles de compréhension et de justification de l’économie se sont posés comme Les organisations et le management communautaires
universels. On en est venu à croire que les lois de l’économie ainsi que le jeu économique l’étaient.
On voit bien, avec l’échec répété de l’OMC et les tensions résultant de l’émergence de nouvelles économies que les pays, les régions n’ont La conception de l’organisation de l’entreprise est très liée au modèle sous
pas les mêmes valeurs, pas les mêmes histoires. jacent. Armée en campagne avec ses images anciennes, machine complexe
Braudel avait déjà distingué aussi trois niveaux économiques qui peuvent inspirer cette analyse. avec ses rouages, système pragmatique avec ses agents, des variantes sont
Il y a l’économie de proximité où les échanges sont inter relationnels et donc fortement conditionnés par la vie collective locale. aussi venues avec des modèles biologiques, scientifiques (supposés) ou
Il y a l’économie de marché définie par un champ culturel d’échanges à l’échelle d’un territoire local, d’un pays ou d’une grande région ou même centrés sur une dimension humaine (management émotionnel).
même d’une communauté de valeurs non localisée. C’est l’organisation communautaire qui va se révéler indispensable, associée
Il y a enfin l’économie monde où c’est l’affrontement des entreprises – puissances qui prédomine. à la prise de conscience de l’entreprise communautaire.
A chaque fois les règles et les valeurs sont différentes. Dès lors deux questions vont devenir cruciales :
Dans la mutation l’émergence des communautés de valeurs va amener à cette prise de conscience. Il n’y a d’économie que communautaire. • comment optimiser et manager une “unité"communautaire ?
Dès lors si l’affrontement des puissances ou l’anonymat des entreprises techniques et systémiques continuent d’ignorer les diversités et les • comment se constituent des ensembles complexes de communautés ?
identités culturelles, les entreprises humaines vont avoir à se positionner dans le champ de l’économie communautaire, s’y ancrer, y trouver C’est à la fois des questions d’organisation et de management avec ce que
leurs ressources humaines, y apporter biens et services. l’on peut appeler déjà le management communautaire avancé.
Libéralisme sans frontières ou étatisme protectionniste ? C’est en fait un tout autre jeu qui s’amorce. A la première question c’est la connaissance du phénomène communautaire
En effet les économies communautaires sont rattachées aux valeurs culturelles et notamment au Sens du bien commun de chaque communauté qui est source des réponses.
économique. Sur le fond l’unité communautaire dépend d’une unité de Sens et de valeurs.
Ainsi la reconnaissance du Sens du bien commun et des valeurs qui en sont les indicateurs déterminent les “biens et services"qui y ont Cette unité se décline en six conditions :
cours et la valeur qui s’y attache. • unité de direction, orientation et détermination,
Cela en a toujours été ainsi à toutes les échelles mais masqué par des logiques et des analyses différents, gommant les identités et valeurs • unité de contexte, champ d’activité,
culturelles pour de multiples bonnes raisons et les croyances associées. • unité de projet, buts et stratégies,
Dès lors les justifications économiques, les besoins et potentiels économiques ne sont pas les mêmes selon les communautés et pour les • unité d’action, coordinations,
entreprises non plus. • unité d’appartenance, vécus, liens et moments partagés,
Les entreprises humaines, communautaires, ont à situer leurs différentes communautés d’intervention. Cependant elles auront intérêt à • unité de représentation, image, identité collective.
savoir où se trouve leurs assises pour assurer une pérennité liée à l’histoire de leur communauté de référence qu’elle soit territoriale ou Ce modèle qui constitue l’unité communautaire de l’entreprise vaut à toutes
simple communauté de valeurs. les échelles. L’équipe, l’établissement ou l’unité d’activité (Business unit) mais
On voit poindre le problème des constellations communautaires, communautés de communautés tant pour les entreprises communautaires aussi l’entreprise entière ou même le groupe; le tout à géométrie variable.
que pour les communautés économiques d’enrichissement. La réponse a la deuxième question est celle-ci : un ensemble de communautés
doit être considéré comme une communauté.
Ainsi la complexité des ensembles communautaires se ramène à la désignation
et au management de communautés.
On peut y voir ainsi des communautés hiérarchisées, des communautés transverses,
des communautés de projet, des communautés partenariales, des communautés
d’enjeux de tous ordres, des communautés professionnelles.
On voit bien que les structures hiérarchiques ou matérielles ne suffisent pas
à traiter la flexibilité des organisations, des entreprises et leurs groupements
de plus en plus incontournables. Le modèle communautaire permet de penser
la diversité des organisations complexe et les conditions d’un management
communautaire avancé.
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La pérennité des entreprises et les structures ternaires
Il est clair qu’un conflit de temporalité existe entre une volonté de stabilité et de
pérennité et une innovation permanente dans l’activité. En outre les contextes sont Les lieux de l’entreprise
sans cesse en mouvement, techniques, situations, acteurs, marchés, etc. C’est
une source de déstructuration que l’on verra s’accélérer. Pour l’entreprise puissance, le schéma est classique un lieu de pouvoir, central et un déploiement des forces selon les champs
A cette question le modèle d’entreprise puissance va au cœur de la bataille et on de bataille. Les entreprises techniques sont localisées par leurs moyens techniques et les entreprises systèmes sont dispersées
en voit disparaître comme ils étaient venus dans des reconfigurations incessantes souvent dans un non lieu délocalisé.
orientées vers la puissance ou le sauve qui peut. Pour l’entreprise communautaire ce sont les conditions de l’existence et de l’action communautaire qui sont essentielles. Là, la
Les modèles techniques et systémiques vont intégrer le facteur temps et tenter de révolution d’Internet permettant d’établir des relations de proximité à distance change la donne.
s’aligner sur la plus grande vitesse ou bien ne pas l’intégrer et tenter de rigidifier Ainsi ce sont des “espaces virtuels"qui vont abriter les entreprises communautaires et leurs activités. L’énorme charge des déplacements
leur structure. Ce sera de moins en moins viable. et des concentrations physiques va se dissoudre et être réduite au nécessaire.
Le modèle des entreprises communautaires conçu comme des communautés de Là, le management communautaire est indispensable pour constituer les communautés d’enjeu et assurer leur développement
communautés peut lui maîtriser des temporalités différentes. et leur performance. Il deviendra surtout un “management de proximité à distance"qui réclame une plus grande maturité des
Ainsi un modèle ternaire répond à la complexité temporelle. parties prenantes.
L’entreprise doit se penser d’abord comme une communauté ancrée dans un univers Alors on verra des espaces virtuels incarner, identifier et localiser (sur Internet) les multiples communautés de l’entreprise.
communautaire plus large (pays, territoires, communauté d’enjeu) qui lui donne Le siège virtuel associé à une communauté de direction, les multiples équipes managées à distance, les projets avec leur espace
ses valeurs et aussi la plus grande assise pour sa pérennité. de rassemblement et de réalisation, les communautés-métier, transverses, des communautés stratégiques en partenariat et des
Le noyau communautaire assumera cette dimension avec des personnes et des communautés opérationnelles de durée de vie variable.
équipes relativement stables et en tout cas durables. Ce noyau identitaire, porteur Ces espaces virtuels de l’entreprise forment un espace virtuel global répondant aux mêmes lois de composition que les communautés
des valeurs, d’une vocation, d’une histoire, se pense dans le long terme. qui le constituent. Leurs frontières sont d’ailleurs de même ordre, à géométrie variable, étendue aux espaces virtuels habités par
L’entreprise doit aussi se penser comme partie prenante de projets et stratégies les parties prenantes, partenaires, clients et ceux des communautés d’ancrage auxquelles elles participent.
qui la dépassent sur le plan des enjeux, des compétences et des moyens. Ce schéma est déjà là pour de nouvelles entreprises. Il est encore ignoré par beaucoup surtout dans des pays trop ancrés dans
Alors ce sont des communautés stratégiques constituées avec des partenaires qu’il les modèles anciens. Le “télétravail"en est un symptôme, encore si faible dans notre pays.
faudra développer. Elles n’ont pas la même pérennité et vont évoluer en fonction Ce n’est pas seulement l’économie considérable de moyens matériels, locaux, déplacements et toutes les charges induites, ce
des environnements à maîtriser à moyen terme. n’est pas seulement l’accès à des espaces d’activité et de collaboration plus étendus, ce n’est pas seulement la réponse à des
Il y a enfin la production de biens et services soumis à l’innovation permanente aspirations et modes de vie moins standardisés, c’est aussi, grâce au management communautaire, la possibilité d’une plus
et aux fluctuations des marchés (économies communautaires). Les unités ont grande performance humaine par le biais des relations de proximité à distance.
alors une durée de vie relativement courte et sont constituées de ressources et de Les multiples sphères communautaires de l’entreprise et des parties prenantes ou des espaces d’activité, matérialisent dans le
moyens d’origines multiples. Ces communautés opérationnelles sont destinées à virtuel des ensembles complexes dont ce sera quasiment la seule visibilité. Paradoxe du virtuel, le concret de l’immatériel.
des vies courtes (court terme, relatif à l’activité).
La communauté de communautés qui constitue l’entreprise peut parfaitement Le travail
intégrer ces trois types. Mieux, des individus peuvent faire partie de plusieurs
communautés dans l’entreprise les unes pérennes, les autres volatiles. Plusieurs problématiques traversent ce thème :
Cela déterminera des rapports nouveaux et diversifiés entre les entreprises et leur • Le rôle du travail dans la vie des gens. Faut-il le réduire comme un mal nécessaire ou faut-il lui donner un autre Sens, convergeant
personnel avec des statuts différents. avec les enjeux économiques et ceux des entreprises
• Le rôle du travail dans la vie humaine selon les phases de maturité individuelles et collectives.
• Le “contrat de travail”, la conception et l’évolution des entreprises.
Déjà la contradiction entre un travail conçu comme une contrainte plus ou moins pénible à subir et les tentatives de mobilisation
et d’implication dans les enjeux de l’entreprise est fréquente. Les compensations deviennent d’ailleurs plus aléatoires devant la
flexibilité sinon la volatilité des activités des entreprises.
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Or la montée en puissance d’entreprises considérées comme des “communautés"engagées change tout. La convergence des
valeurs, le soutien de l’activité communautaire donnent paradoxalement une plus grande liberté d’expression et de contribution
que les modèles “contraints"que sont les autres.
Le travail est l’activité qui mobilise les potentiels personnels et collectifs pour contribuer aux enjeux communs, dans le Sens du
bien commun. Ce sont les “évidences"actuelles qui ne tiennent plus et de nouveaux modèles qui se développeront à la place.
Ils apparaissent sans doute comme marginaux aujourd’hui au contraire aux principes qui apparaissent intangibles à beaucoup,
notamment autour du salariat.
Crise des motivations, crise de l’emploi, crise des compétences, crise des retraites sont autant de symptômes de la fin d’une
époque. Reste à bâtir la suivante.
Il n’en résulte pas un modèle uniforme et, une plus grande compréhension de l’évolution humaine, amène à distinguer trois
étapes dans la maturité humaine et donc dans la nature et le rôle du travail humain.
Au niveau primaire, le travail est à la fois un apprentissage d’une certaine maîtrise des choses sous le signe de l’utilité pratique et
à la fois la production de “biens"qui, par définition, ajoute aux biens utiles à la communauté et aux utilisations par ses différentes On distinguera donc :
populations et parties prenantes. • le noyau de responsabilités communautaires,
Construction personnelle et construction sociale de la personne et de la communauté vont de pair. • le groupe des fonctions et compétences stratégiques,
A un autre stade, le travail est plus une contribution à la maîtrise des représentations collectives, facteur de socio performance. Les • les équipes opérationnelles.
services associés sont liés aux représentations partagées et réclament une activité intellectuelle de conception, d’expression, de L’innovation permanente et la rapidité des évolutions économiques en période de
communications. Activités d’encadrement et fonctions supports sont le plus souvent concernées. mutation conduit à différencier les types de contrats et de durées contractuelles.
A un autre stade, enfin, c’est la responsabilité et la maîtrise des situations qui sont sollicitées. Cela demande un discernement, une Rien n’empêche cependant que plusieurs contrats coexistent avec les mêmes personnes.
autonomie et un engagement majeurs que l’on associe souvent aux fonctions de direction ou de conseil. La créativité structurelle des entreprises répondra à la diversité actuelle des statuts
Dans tous les cas il y a un rapport direct entre capacités sollicitées et mise en œuvre et les services ou produits résultants. intervenant dans l’activité des entreprises.
La qualification de ces derniers (qualités et valeurs) n’est pas sans rapport avec la qualification des acteurs.
C’est la sortie des modèles mécanistes ou contraints qui permet de renouer avec des approches du travail-œuvre plutôt que du Les compétences de l’entreprise communautaire
travail-peine.
Enfin vient la question du rapport entre l’évolution des entreprises et celle du travail, aboutissant à des structures contractuelles Compétences individuelles et compétences collectives sont indissociables. On ne
différentiées. peut établir ou définir l’une sans l’autre.
On en viendra à croiser : Une compétence individuelle non située, indépendante d’un contexte collectif de
• la structure classique des rôles selon les niveaux d’évolution et donc de qualification du travail en intégrant les trois stades communauté engagée n’a guère de valeur.
précédents. Ils existents déjà mais quelques fois insuffisant clarifiés. Une compétence collective qui n’est pas portée par les individus dans un processus
• trois types de situations professionnelles, de concourance est une vue de l’esprit bonne pour des modélisations abstraites.
• les situations d’apprentissage justifiant l’expérimentation de plusieurs situations sans être attaché spécialement à une entreprise. La gestion des compétences, fusse-t-elle prévisionnelle, est dominée par le principe
Cela correspond d’ailleurs aux structures de production de durée de plus en plus courte. Il y faut une contractualisation spécifique de conformité. Les référentiels en sont des représentations extrapolées de l’expérience
et une sécurité économique indépendante. antérieure. Comment alors former à des compétences qui n’existent pas encore et
• les situations plus stratégiques qui réclament des emplois à durée de vie incertaine. Ces contrats temporels doivent avoir une donc qui ne peuvent être référencées. Ce sera la grande révolution de la formation
certaine fiabilité dans le temps comme dans le cas des emplois salariés. et des compétences à l’avenir.
• enfin l’identification à des responsabilités, à une autonomie responsable engage plus dans le devenir à long terme de la Le champ des compétences sera l’un des plus bouleversés par la mutation et un des
communauté entreprenante. plus “résistants"au changement.
On trouvera donc la subsistance crispée des modèles anciens, reproduits même sur
internet (e leaning) et le foisonnement de méthodes et de pratiques fondées sur la
révolution des compétences à venir.
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Cette révolution des compétences peut être éclairée par quatre analyses :
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Valeurs et évaluation
La question des valeurs monte en puissance. Cependant c’est la plus grande confusion qui règne (crise de Sens) notamment sur
le Sens même de la notion de valeurs.
Ici il s’agit de démonstrations ostentatoires basées sur les “bonnes"idées et la “bonne"conscience du moment, anonyme et
universelle. Là il s’agit d’un modèle moral à inculquer au personnel avec force communications internes.
Dans d’autres lieux, avec par exemple le management par la valeur (norme AFNOR) il s’agit simplement d’optimiser les processus de
production de valeur qui dépendent d’objectifs spécifiques ou la morale n’a rien à faire (dissociation des valeurs et de la valeur).
Or le thème des valeurs est porteur d’une autre vision souvent intuitive mais détournée de son Sens par des pratiques d’un autre La prise en considération de “l’appropriation"par les multiples groupes constituent une
type. Les valeurs sont des indicateurs du Sens du bien commun. Cela nous ramène au principe de communautés, communautés communauté d’entreprise qui réclament, non pas un standard de conformité, mais une
économiques, communautés d’entreprises, communautés d’enjeu, communautés de projet ou de devenir, etc. transposition ad-hoc des valeurs et référentiels généraux dans chaque secteur avec ses
On peut parler de communauté de valeurs là où le Sens du “bien"commun est recherché et cultivé. Notons que la valeur est la langages et ses références propres.
mesure de la contribution au bien commun ce qui fait le lien entre la valeur et les valeurs.
Il y a ici une image qui se forme de l’entreprise qui aura intégré : Une conclusion pour l’entreprise du futur
• Le Sens du bien commun et les valeurs comme principe éthique qui se dégagera des confusions actuelles,
• Le Sens du bien commun et les valeurs comme principe de définition d’une offre de services et de produits (biens et services) D’une certaine façon les ingrédients de l’entreprise du futur sont déjà là mais
pertinents pour une communauté économique (marché). Là c’est tout une approche du marketing (marketing des valeurs) bien souvent encore très immatures et mal identifiés. Surtout ils le sont au milieu de
de l’innovation et au-delà du commerce (commerce des valeurs) qui se substituera à des pratiques souvent profondément grandes confusions liées à la multiplicité des Sens et logiques à l’œuvre mais aussi à
dégradées intellectuellement et moralement. l’obscurcissement de ces questions par certaines logiques dominantes (spéculation,
• Le Sens du bien commun et les valeurs comme principe de compétences. A deux titres les compétences se définissent par mécanisation, rationalisation, rigidité, autosatisfaction narcissique). Cela dit on peut
une capacité de progression des valeurs (et de la valeur) mais aussi par la capacité “d’évaluation"indissociable de la notion s’attendre à ce que se dégage deux tendances pendant qu’un marais restera toujours
de valeur. ignorant lui de ce qui se passe.
C’est une nouvelle cohérence que l’entreprise à 10 ans expérimentera avec une montée en puissance progressive au milieu des D’un côté les entreprises de fin du monde qui vivent la mutation comme une fin du
désordres actuels. monde avec des effondrements qui sont déjà l’horizon de l’actualité. Le principe de
conformité dominant les amènent là, fatalement, de façon suicidaire. Persévérer dans
Les valeurs pour l’entreprise du futur c’est aussi l’importance des référentiels identitaires pour ces communautés entreprenantes les voies qui ont fait leurs preuves en d’autres temps ou emprunter compulsivement
avec des valeurs aux racines rétrospectives, introspectives et prospectives qui rassemblent et mobilisent pour de nouvelles les modes et les modèles qui devraient marcher.
ambitions de nouveaux projets. D’un autre côté il y aura les entreprises du nouveau monde, pas très différentes de celles
C’est aussi l’importance des référentiels opérationnels dont le partage fait la cohésion, la cohérence et la mobilisation collective. que nous connaissons mais qui auront changé de paradigme et auront fait de ce qui
Peut être aura-t-on acquis des compétences en ces matières, moins déficientes que celles trop souvent en vigueur est marginal aujourd’hui l’essentiel de leur existence. Le principe d’autonomisation
(empowerment) des communautés économiques, communautés d’enjeux, communautés
Enfin les référentiels d’évaluation indissociables des référentiels de valeur rejoignent ce souci de maîtrise de la socio performance d’entreprises en sera le guide avec la culture des valeurs et le Sens du bien commun.
des équipes, des entreprises et des groupements de tous ordres et de toutes tailles. Mais toutes ces entreprises n’existent que dans un contexte de fin d’un monde et ses
A ce sujet devenu crucial des valeurs pour les entreprises communautaires il faut ajouter trois précisions. désespérances et dans un contexte de Renaissance avec sa créativité, sa foi en l’homme
La nécessaire acquisition d’une connaissance et d’une ingénierie des processus en jeu (intelligence symbolique) qui existe déjà et ses entreprises et la formidable envie d’entreprendre qui semble faire défaut ici ou là
mais reste confidentielle. et exploser ailleurs. Le futur est en marche. Maintenant !
Le travail de “méditation"nécessaire pour reconnaître dans l’existant les prémisses de cette importance à terme de la question des
valeurs sous des formes beaucoup plus professionnelles et systématiques. Roger Nifle
rnifle@[Link]
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L’entreprise
coopérative
Le constat n’est pas venu de ces start-up
californiennes, dont le destin s’inscrit Première étape : travailler avec son écosystème économique, s’inscrire dans une "écologie industrielle". Exemple :
Kalündborg. Un parc industriel danois, dont chaque entreprise ne travaille qu’avec les résidus de l’autre. "Dans ce
entre le garage matriciel des origines
parc", explique Jorgen Christensen, l’un des pionniers du projet, "le déchet d’une usine devient la ressource d’une
et les sommets du Nasdaq. Il vient d’IBM, autre, et des boucles de réutilisation permettent de diminuer les consommations de matière et d’énergie"**. La centrale
et plus précisément de son dernier rapport thermique locale distribue de la vapeur à la pisciculture, et ses résidus de dioxyde de soufre à l’usine d’à côté, qui
de prospective : l’IBM Global innovation l’incorpore dans sa production de carreaux de plâtre, dont les déchets à leur tour... Etc.
Résultats : des millions d’économies, et un bilan écologique brillant.
outlook 2.0. Autre exemple – non-industriel – de sardine efficace et porteuse d’avenir : RealNetworks. L’entreprise de logiciels
distribue gratuitement ses produits phares sur le web (exemple : Realplayer). Mais a mis en place un réseau de 5 000
Citation : "Si à une époque les chefs d’entreprise trouvaient leurs métaphores dans les domaines partenariats (dont certains passés avec son concurrent et ennemi Microsoft), qui lui permet d’afficher des bilans
bien délimités de la division militaire ou de l’équipe sportive, il se peut bien que les meilleures glorieux.
analogies pour représenter les configurations d’entreprises recourront bientôt aux modèles A plus petite échelle : voir aussi l’Ardèche. Aucune des sept PME de l’industrie de l’information du département
d’auto-organisation que l’on rencontre dans la nature : bancs de poissons, vols d’oiseaux ou présentes sur le département n’ayant les moyens de créer/gérer leurs sites web… elles ont créé en commun une
essaims d’insectes."* association 1901, qui emploie 3 webmestres à plein temps, et travaille pour chacun des associés, à tour de rôle.
Certes. L’idée d’envisager le Medef comme un syndicat représentatif des bancs de sardines, Mais la notion d’entreprise coopérative va plus loin qu’une simple mutualisation de moyens, de sous-produits, ou de
voire un lobby des oies cendrées, n’est pas d’un abord immédiat. Mais, poursuit le rapport : salariés. Elle suppose d’intégrer au cœur même de l’entreprise les différents éléments de son écosystème, pour mieux
"les entités qui s’auto-agrègent parviennent souvent à s’adapter plus facilement aux nouvelles s’y adapter, donc être plus efficiente.
opportunités et aux ruptures.". Déjà, notait Patrick Clève dans Arts et métiers Magazine***, "de plus en plus de sociétés sollicitent elles-mêmes
Chez certains auteurs, cette évolution a un nom : "l’entreprise collaborative". Pour de bêtes le regard critique d’ONG ou d’experts indépendants en matière de responsabilité sociale et environnementale. (…)
raisons historiques, on lui préfèrera celui d’entreprise "coopérative" – au demeurant plus juste, Traditionnellement, les dirigeants de sociétés se contentent de rendre des comptes à leurs actionnaires. Mais au fur
y compris dans le rappel qu’il contient au mouvement coopératif, lancé dès le milieu du XIXe et à mesure que les enjeux de responsabilité sociale et environnementale prennent de l’ampleur, les entreprises sont
siècle. amenées à prendre en compte l’avis d’acteurs extérieurs." En clair : "le temps de l’entreprise autiste est révolu."
L’idée ? Une entreprise, demain, ne sera efficiente que si elle est durable. Si elle respecte C’est en effet la tendance. Pour être durable, l’entreprise devra également intégrer l’ensemble de ses impacts ; bref,
l’environnement, bien sûr (cf. le chapitre sur "l’entreprise verte"). Mais bien au-delà : si elle sait "internaliser ses externalités", sur les trois axes du développement durable : environnement, social. Mais aussi économie.
travailler de concert et en partenariat avec l’ensemble de son biotope et de son écosystème. L’entreprise devra apprendre à travailler avec les associations de défense de l’environnement, les riverains et les
organismes de santé. Associer ses salariés et les pouvoirs publics, à ses choix. Prendre en compte les intérêts de ses
fournisseurs, de ses clients, de ses banquiers, des organismes consulaires, des autres entreprises locales. Etc.
Bien sûr, l’idée d’une codirection de l’entreprise avec l’insupportable président de l’association des naturalistes locaux
et le représentant de 50 millions de consommateurs peut légitimement agacer un chef d’entreprise.
En dehors même d’une remise en cause du pouvoir solitaire du "patron", au fardeau si lourd mais à l’usage si doux…
un tel système semble parfaitement inopérant, en l’état actuel des choses, dès lors que les intérêts de ces parties
prenantes, divergent – voire parfois semblent s’opposer frontalement – à celui de l’entreprise (du moins, à ceux de
ses actionnaires).
* IBM Global innovation outlook 2.0. Voir [Link]
** In "80 hommes pour changer le monde" S. Darnil et M. le Roux. Le livre de poche.
*** Arts et Métiers Magazine n°303 - septembre 2006
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Mais c’est précisément là qu’est l’enjeu. Et la solution. Pour reprendre les derniers travaux
des chercheurs américains* : l’entreprise ne saura s’adapter et devenir "durable" que si elle
sait transformer l’ensemble de ses "parties prenantes" – en anglais ses "stakeholders" – en
véritables "shareholders" : en actionnaires.
Déjà chez Logitech (informatique), tous les salariés, concierge compris, ont droit à des
stock options. Déjà Totalise, fournisseur britannique d’accès Internet gratuit, offre des
stock-options à ses clients. Déjà, Apple a embauché Lucas Newman, un développeur américain
connu principalement pour... avoir mis au point un véritable kit de développement non
officiel pour iPhone.
Déjà, l’entreprise coopérative sait composer, efficacement, avec les intérêts de ses concurrents
(RealNetworks et Microsoft), ses clients, ses salariés, et même ses "pirates"… L’entreprise de demain
Mais bientôt, elle ira plus loin, pour transformer l’ensemble de ses parties prenantes en
véritables associés. et ses services associés :
La démarche, en effet, n’est pas seulement "responsable". Elle est triplement rentable.
1. Elle transcende des intérêts divergents et les contraintes externes qui pèsent sur l’entreprise,
la société du bien-être
en les intégrant d’emblée dans le processus de décision (d’où de sérieuses économies). A quoi ressemblera l’entreprise de demain ? Telle est la question. On peut déjà la voir se profiler, nécessairement plus
2. Elle permet d’instaurer une confiance réelle avec les parties prenantes (au premier rang
"humaine" . Tout porte à le croire. C’est que le salarié n’a jamais été aussi soucieux de trouver un équilibre entre vie privée
desquels les consommateurs), de façon plus efficiente que n’importe quelle stratégie de
et vie professionnelle. Dans une société qui place l’épanouissement personnel et le plaisir individuel au rang des priorités,
"comm’".
3. Elle contribue à développer sur cette base des synergies innovantes (basées sur un
il était temps pour l’entreprise de faire sa mue. D’autant que l’environnement en entreprise n’a pas toujours bonne presse...
échange mutuel et transversal d’informations). Vilipendée pour être une source de stress pour les salariés du fait d’une pression accrue, elle était même devenue un frein
Une nouvelle fois, le monde naturel fournit une métaphore utile. "La symbiose", notent à cette quête d’hédonisme effrénée. Ce n’est donc pas par pure philanthropie si l’entreprise se met à la page. Les services
en les biologistes, "est une association à caractère obligatoire ou non et à avantages et/ associés en contribuant au bien être des employés sont autant d’encouragement à la productivité. Plus la peine de sacrifier
ou inconvénients réciproques et partagés, entre partenaires ("locaux") avec des bénéfices sa pause déjeuner ou de courir le soir à la sortie des bureaux, le concierge s’occupe de tout ! Mais il reste réservé pour
("globaux")". Elle n’est pas qu’un simple accord "win-win" : elle est une forme d’association l’heure à quelques privilégiés… Ceux dont les entreprises ont amorcé cette révolution de velours. Le concept est tout juste
extrêmement pragmatique, dictée par l’environnement, et permettant de mieux s’y adapter en passe de se démocratiser en France car les entreprises viennent de saisir qu’il est un levier efficace dans la politique
("survivre c’est transformer les inconvénients en avantages et éviter que les avantages de gestion des RH.
deviennent des inconvénients" note à ce propos un biologiste).**
L’avenir est là. Il dessine une "bio-entreprise" : une entreprise-sardine, sachant vivre,
s’adapter, bouger et chasser en banc, au sein de son biotope. Une entreprise-symbiose,
en phase avec son éco-système et sachant internaliser l’ensemble de ses impacts dans le
> La prise de conscience date des années 2000 en France
cadre d’un Projet-Entreprise : global … et partagé.
Dans les RH, l’heure est au traitement de plus en plus individualisé des salariés. Selon une enquête IFOP réalisée en
François Camé 2007, 69 % des DRH considèrent que c’est un facteur de productivité de l’entreprise, plus de la moitié des entreprises
ETIK-PRESSE déclarent ne pas avoir mis en place des mesures concrètes. En France, cette prise de conscience d’un nouveau levier dans
01 45 40 01 45 / 06 80 46 12 42 la politique de gestion des RH est récente. Seule 0,75 % de la population active a accès à un centre de services dans leur
fc@[Link] entreprise. Aux Etats-Unis, le chiffre grimpe à 31 % ! Des exemples à travers le monde existent déjà pour nous montrer
la voie : pays scandinaves et anglo-saxons étant à la pointe dans ce domaine. Les "employee assistance programs" sont
entrés dans les mœurs depuis longtemps en Amérique du Nord. Des études menées outre-Atlantique ont montré que cela
* Voir notamment les travaux de Ronald P. Mitchell, du département de Sciences Politiques de l’Université de aidait à réduire durablement l’absentéisme, les congés maladie et le turnover. Google est souvent cité en exemple pour ses
l’Oregon (Etats-Unis), et sa fameuse "grille de la concertation". services de conciergerie. Et sa filiale française bénéficie pleinement de toutes les infrastructures "corporate" : Wii, baby
** In "Héritage génétique, héritage épigénétique et héritage environnemental: de la bactérie à l’homme, le transformisme,
une systémique du vivant." P. Bricage, dept Biologie, Faculté des Sciences, Université de Pau, 2002
foot, salle de détente avec fauteuil de massages, cafétéria gratuite, boissons en libre accès... Se détendre pour libérer sa
créativité est la philosophie de la start-up devenue multinationale.
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Externalisés ou intégrés, ces services à la personne sont un avantage indéniable pour le salarié Les petites structures se mettent au diapason
Les services de conciergerie inspirés des Etats-Unis se sont multipliés ces dernières années mais ils restent encore une La société ADN PRO SERVICES, grâce à la conciergerie d’entreprise mobile, répond aux besoins
niche dans l’hexagone. Les filiales françaises de ces entreprises US (McDonald’s, Microsoft…) ont été les premières à des salariés quelle que soit la taille de l’entreprise à laquelle ils appartiennent. D’autres services
être dotées de ces infrastructures. Le principe est simple : chaque salarié paie chaque prestation au prix du marché, privés tels que [Link] s’appliquent autant aux entreprises qu’aux particuliers. Dans les petites
voire en dessous, et l’entreprise, un abonnement par mois et par employé. Témoins de ces changements : le centre structures, Aucune aide de l’Etat n’est spécialement prévue à cet effet. Citons l’exemple de la société Saguez
des jeunes dirigeants d’entreprise a fait du bien-être au travail une de ses priorités (tableau des coups de cœur, qui compte 90 employés. Cette agence de communication a quitté un hôtel particulier du 9e arrondissement
incitation aux exercices physiques...), 50 % de participants français figurent en plus au classement Best Workplaces parisien pour s’installer à Saint-Ouen dans un espace plus grand et tourné vers l’épanouissement des
(réalisé par l’Institut Great Place to work)... L’existence d’un observatoire de la qualité de vie au bureau, Actineo, lancé salariés. Petit-déjeuner offert, services gratuits de baby-sitting, salles de gym et séances de massage
en janvier 2005 en atteste. et un espace convivial pour manger au lieu et place de la traditionnelle cantine... Ca change la vie !
Pour les salariés du cabinet d’audit Deloitte, depuis longtemps les services associés à l’entreprise ne sont plus
une notion abstraite : pressing, soins esthétiques, coiffure... Microsoft a toujours misé sur l’équilibre vie privée/
professionnelle. L’attribution d’ordinateurs, de téléphones portables et d’une ligne ADSL à domicile facilite la vie des > A quoi ressembleront les services
collaborateurs s’ils veulent travailler de chez eux. General Electric a poussé l’expérience assez loin en créant une
"direction du bien être". La nécessité s’est faite sentir d’épauler les équipes dans un contexte de forte activité : projet associés dans 10 ans ?
de crèches, salles de sport, distribution gratuite de fruits dans les ateliers... Une structure mise en place en interne.
Au sein du groupe pharmaceutique Lilly, la politique est la même. A ceci près qu’il y a extinction des feux à 19h Les grandes tendances sociétales vont aller en s’accentuant et intégrer totalement le monde de l’entreprise.
pour rappeler qu’il est temps de rentrer. D’autres sociétés n’hésitent pas à confier cette mission à des prestataires Aussi, le tout-vert, le bureau 2.0 et la société dematerialisée tel qu’amorcés aujourd’hui seront une
extérieurs. realité bien ancrée à l’horizon 2020. L’intranet a commencé à bouleverser notre environnement de
En France, les suicides en série survenus chez Renault ont éclairé de triste façon la nécessité d’accorder de l’importance travail. Demain, il sera omniprésent, (avec lui de nouveaux métiers verront le jour), relié aussi bien au
à cette variable. Plusieurs salariés soumis à un stress extrême s’étaient donné la mort sur son site de Guyancourt. contact des clients et des partenaires (c’est-à-dire hors les murs), au réseau de téléphonie mobile.
Le sujet reste tabou. Mais cette affaire qui a fait grand bruit a obligé l’entreprise à reconsidérer son organisation.
La législation impose de toute façon aux employeurs de garantir leur sécurité et de protéger leur santé physique et
mentale. Les multinationales françaises ont été obligées de suivre le mouvement. Danone, Bouygues Telecom, Leroy Des changements profonds dans l’entreprise reprenant ceux observés dans la société
Merlin, Axa, Peugeot, Total ou encore Areva ont leur propre service de conciergerie. L’exemple de la société Laser,
filiale des Galeries Lafayette, laisse présager de ce à quoi pourra ressembler l’entreprise de demain : un lieu d’activité • Un grand nombre de structures vont basculer d’ici à 2009 dans ce qu’on appelle "le bureau virtuel".
professionnelle où l’art a droit de cité. Gageons que l’entreprise sera un vrai lieu de vie, théâtre de multiples activités Le mouvement sera d’abord porté par les entreprises innovantes. Les moins téméraires devraient faire
culturelles. C’est une autre piste à l’étude. leur mue, elles, en 2015 d’après les experts. Les bureaux virtuels en ligne sont d’abord appréciés pour
La société qui domine le marché en la matière n’est autre qu’une filiale d’Accor, "Bien-être à la carte", qui s’appuie leur bon rapport services rendus/coûts. Certaines entreprises telles ThinkFree, Zoho, ContactOffice
sur un réseau de 5000 partenaires partout en France. L’entreprise cliente peut alors intégrer un concierge dans ses ou encore Nectil, tentent de séduire les grandes entreprises. Que ce soit dans les jeux ou appliquée
locaux ou bien autoriser ses employés à le contacter par Internet ou téléphone. Nombreuses sont les sociétés à a la vie professionnelle, l’habitude est prise de fonctionner sur un mode virtuel. Mais tout concourt
proposer leurs services dans ce créneau depuis deux ans. Jusqu’à présent, seules les grandes structures pouvaient à penser que nous allons vers "l’immersion multisensorielle" c’est-à-dire une interface ou tous les
se prévaloir d’avoir une conciergerie pour aider leurs salariés dans leur quotidien. Les PME, de leur côté, ne pouvaient sens seraient mis a profit... L’espace de travail s’inscrit durablement dans le monde virtuel en 3D.
bénéficier que de prestations spécifiques telles que l’assistance téléphonique pour diverses tâches comme le pressing, • Une nouvelle génération de patrons "vert", plus soucieux que leurs ainés de considérations écologique.
la cordonnerie ou encore les massages relaxants. Exemple : le Comité 21, un réseau de près de 300 entreprises soucieuses de respecter les engagements
du protocole de Kyoto, on trouve un fabricant textile qui achète du coton équitable (Armor Lux),
des constructeurs de maisons portant le label Haute Qualité Environnementale (Villa Soleil)... Cette
démarche philantrope, certains l’ont compris, loin de contredire des objectifs de productivité, peut
au contaire contribuer à les atteindre : meilleure gestion, main d’oeuvre qualifiée de jeunes diplômés,
moins de ressources depensées pour une valeur ajoutée éthique.
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Nouveaux concepts : tour d’horizon
Cette liste ne prétend pas être exhaustive mais offre un bon panorama des innovations
avec lesquelles il faudra compter demain dans l’entreprise.
Les technologies sans fil seront au cœur des projets de demain. Place à un monde
très... tactile !
• Le lecteur biométrique : développé par Upek, cet appareil USB permet d’accéder
à toutes ses données protégées sur son ordinateur en faisant simplement glisser
le doigt sur le lecteur sans avoir à entrer aucun mot de passe.
• Le Neural Impulse Actuator est l’un des premiers outils de ce genre à être
commercialisé. premiers outils de ce genre à être commercialisé. Développé
Tsunami sur l’entreprise
pour les jeux vidéo, il permet de contrôler ses actions par le simple envoi de 2018 : une accélération du
"biosignaux électriques". Le casque porté par l’utilisateur traduit ces signaux à la
manière d’un électroencéphalogramme et les retranscrit en actions dans le jeu. rythme de changement sans
• Le WildCharge : Ce tapis est en fait un chargeur à induction qui recharge votre
appareil par simple contact. Avec ce seul appareil, il sera désormais possible de
précédent
recharger son ordinateur, son PDA et son baladeur en même temps.
• Les espaces de travail d’ici 5 à 10 ans. Ce produit s’articule autour de deux aspects A quoi ressemblera donc l’entreprise en 2018 ?
de la cognition : la mémoire et l’attention. Pour soulager l’effort de mémoire, il est
Poser la question revient à dire que nous n’en avons pas
équipé d’un système qui réalise des associations pour chaque nouvelle donnée.
Par exemple, si vous rentrez une carte de visite, il associe tous les contacts qui la moindre idée. Et comment le pourrait on ?
peuvent avoir un rapport, ainsi que les projets et les documents qui y sont liés.
Pour soutenir l’attention, grâce à un dispositif qui permet de détecter le niveau de Comparons l’entreprise de 2008 à celle de 1998, celle de 1998 à celle de 1988, cette dernière à celle de 1978... on se rend bien
concentration de l’utilisateur, il hiérarchise les données entrantes. Il pourra ainsi compte que derrière des façades souvent intactes les mécanismes profonds ont à chaque fois changé. De la même manière que
filtrer les appels s’il estime que le travail en cours est prioritaire ! la société elle même a profondément évolué sur ces mêmes périodes. Mais avec une constante : l’accélération permanente du
rythme du changement. A tel point qu’on peut se demander si l’avenir n’est pas à chercher de ce coté là : combien de temps ce
Audrey Khalifa semblant de stabilité durera-t-il quand la structure est soumise à des contraintes de plus en plus nombreuses et d’une puissance
Journaliste qui a plus a voir avec la lame de fond, voire le tsunami qu’avec la tectonique des plaques. Car rien n’a jamais été aussi vite : selon
[Link]@[Link] le département US de l’éducation, les 10 métiers qui emploieront le plus de monde en 2010 n’existaient pas en 2004, la moitié
de qu’un étudiant apprend aujourd’hui dans sa première année dans l’enseignement supérieur ne sera plus d’actualité lorsqu’il
rentrera sur le marché du travail. Les exemples sont légions et vont tous dans le même sens : les changements arrivent à un
rythme encore jamais vu et l’accélération est constante. L’entreprise ne sera pas épargnée et va devoir appréhender un monde ou
les certitudes laissent place à l’évolution permanente.
En effet, si dans un passé pas si éloigné, on pouvait observer une ou deux mutations profondes de l’entreprise sur la durée
d’une carrière, le rythme est plutôt aujourd’hui d’une tous les dix ans. Avant on constatait l’évolution a posteriori, avec du recul.
Aujourd’hui on le voit opérer sous nos yeux, on sent parfois même les fondations bouger comme "en temps réel". Dans tous les
domaines les certitudes ont une durée de vie de plus en plus courte. Seules les vérités scientifiques restent (et encore que...),
et le fait que deux et deux feront toujours quatre dans 10, 20 ou 30 ans est de celles sur lesquelles on pourra fort heureusement
continuer à s’appuyer. Reste à savoir ce que "quatre"signifiera, et ce qu’il servira à mesurer.
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Quelles sont donc ces forces qui font bouger l’entreprise ?
La première de ces forces est la transition d’une économie industrielle vers l’économie de la connaissance. Un terme un peu
abstrait pour des réalités très concrètes. La première est que l’information n’est plus une donnée périphérique à l’activité de
production, elle en est la matière première. Elle est même de plus en plus souvent le produit lui-même. Avec pour conséquences vivre avec. Le fonctionnement en réseau est donc quasi inné pour lui qui n’a pas connu le monde
une augmentation du nombre de flux d’information au sein de l’entreprise, de leur intensité, de leur importance et, en bout de sans internet, a appris la coordination via des jeux en réseau, et sait naturellement tisser des liens
chaine, une augmentation de la masse globale d’information disponible au sein de l’organisation. informels ponctuels afin d’atteindre ses objectifs en groupe. Le Y veut également prendre du plaisir au
travail, apprendre en permanence en échangeant avec ses pairs. Il est près à se désengager aussi
La seconde est que le travailleur du savoir, le knowledgeworker annoncé par Peter Drucker dès les années 60 n’est plus vite qu’il s’est impliqué dès lors que le travail devient routinier, peu épanouissant. Dernier point,
le salarié du futur mais bel et bien présent dans l’entreprise. Il est même largement majoritaire dans les économies il ne veut pas perdre sa vie à la gagner, ce qui signifie qu’il sera vigilant à l’équilibre entre sa vie
occidentables. Il ne produit plus de biens tangibles mais manipule de l’information, la transforme, la transmet. Et privée et sa vie professionnelle.
sa performance n’est plus liée de sa capacité à exécuter à l’infini la même tâche, souvent manuelle, mais à accéder à
l’information et aux personnes la détenant, c’est à dire à ses pairs. Le knowledgeworker n’est donc plus efficace seul Du coté de son rapport à la technologie le Y n’est pas plus technophile que ses prédecesseurs.
mais dans un réseau au sein duquel il est autonome. Il a besoin des autres autant que les autres ont besoin de lui. Mais il est né avec internet, ne conçoit pas le monde sans connexion, sans téléphonie mobile,
sans accès permanent à l’information et a son réseau. Et surtout à un monde où aucune barrière
La troisième est la conséquence de l’action conjuguée des deux premières : on multiplie logiquement les intéractions n’existe ni entre les individus ni entre les individus et l’information, à des années lumières de ce
dans un système qui a pour base la canalisation des flux. Ce qui concrètement parlant signifie qu’au lieu de permettre a que sont les systèmes d’information d’entreprise. Ajoutons à cela que cet utilisateur averti d’internet
A de trouver B et de discuter avec lui, A envoie un email à son manager qui, essaie d’identifier B et transmet la requête. apprécie la simplicité d’utilisation et les possibilités "sociales"offertes par l’internet d’aujourd’hui, qui
En faisant du manager un véritable hub des échanges on le détourne de sa tâche première et on sature sa capacité de lui offre en termes d’efficacité un potentiel largement supérieur à celui des applications d’entreprise
traitement jusqu’à ralentir tout le fonctionnement de l’entreprise et notamment la prise de décision. La primauté prise en termes d’échange, de collaboration.
par l’information et les échanges pousse donc le modèle traditionnel d’organisation centralisé aux flux bien définis dans
ses derniers retranchements. On perçoit bien quel sera l’apport de cette génération face aux enjeux de l’économie de la connaissance,
ce potentiel nouveau qui concorde parfaitement avec les enjeux des entreprises en termes de maitrise
On peut d’ores et déjà se demander dans quelle mesure l’entreprise dont l’organisation reste fortement inspirée d’un des flux d’information, de travail en réseau. Mais le modèle d’engagement qu’ils proposent à leurs
modèle industriel. Comme le dit Gary Hamel (Harvard Business School) dans "La fin du management" (Vuibert - 2008), employeurs n’a rien a voir avec ce qui a cours à l’heure actuelle et leur intégration représente un
la survie de nombre d’entreprises passera par un véritable changement de paradigme. challenge humain d’une importance capitale. Les forcera-t-on à rentrer dans le moule qu’on perdra
un potentiel de performance incroyable. Et la loi du nombre plaide pour eux dans le rapport de
La seconde est d’ordre plus sociologique. Une nouvelle génération de collaborateurs arrive dans l’entreprise. Qu’on les force, à l’heure où une vraie pénurie existe sur le marché des jeunes diplômés et où toute une
appelle "Generation Y"ou "Digital Natives", finalement peu importe, ce qui compte étant le fossé entre leurs valeurs, génération de baby boomers partant à la retraite est à remplacer.
leur mode de vie, leurs attentes et ceux de leurs aînés. Les caractéristiques qu’on leur prête (et qui tendent à se vérifier
d’ailleurs) concerne tant leur dimension humaine que leur rapport à la technologie. Humainement parlant, le Y est
pragmatique et cherche des résultats rapides. Mais il est également en quête de reconnaissance et de valorisation : Ce qui nous amène à la troisième force en présence : la technologie.
quand il atteint un objectif une récompense immédiate. D’ailleurs la notion d’objectif est très importante pour lui : il
s’engage sur des objectifs mais veut être autonome quant à la manière, aux moyens. C’est un point fondamental : il vend On ne peut pas ne pas le savoir tant les médias traitent et retraitent la question depuis près de deux
à l’entreprise une capacité à faire, et en aucun cas la maitrise de son temps qui n’"appartient pas"à son employeur. Ayant ans : le web 2.0 est là et il change la face du monde numérique. Voire du monde tout court. Soit,
grandi dans un monde multimédia, multicanal, il est capable de mener plusieurs tâches de front, téléphoner tout en mais quelles sont réalités derrière "la mode du moment"? C’est tout simplement internet qui se
ayant deux conversations sur sa messagerie instantanée, le tout en écoutant de la musique, non qu’il ait des capacités met à enfin tenir sa promesse originelle. L’internet de la fin des années 90 et du début des années
nouvelles mais parce qu’il a été soumis à un bombardement d’informations depuis son plus jeune âge et a appris à 2000 avait partiellement failli parce qu’il était un média essentiellement descendant, ne permettant
à ses utilisateurs ni d’intéragir entre eux ni de devenir, a fortiori, acteurs de la diffusion d’information,
parce que les services proposés étaient d’utilisation compliquée pour l’utilisateur lambda, parce
que les débits étaient encore lents et parce que, quoi qu’on ait bien voulu dire à l’époque, il n’y
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avait pas une masse critique d’internautes suffisante pour qu’il se passe vraiment quelque
chose. Mais en quelques années le paysage a totalement changé. Le haut débit est la norme
pour des centaines de millions d’utilisateurs, les applications se sont simplifiées à l’extrême
permettant leur usage par tous et, de fait, l’internaute est devenu un acteur de ce qui n’est
plus un média mais une plateforme sur laquelle il peuvent agir et intéragir à l’envi, publier, Il suffit en effet d’importer les outils du web 2.0 dans l’entreprise, chose d’autant plus facile qu’il existe désormais des
partager, discuter, créer des liens. A tel point désormais qu’on ne regarde plus internet comme offres qui en intègrent tous les aspects et permettent de créer des internets d’entreprise totalement sécurisés, les dits
un outil mais à l’aune des usages qui s’y développent. Point culminant de ce phénomène : outils convenant à merveille aux travailleurs du savoir qui ont besoin de connexions (humaines) et de flux d’information,
les réseaux sociaux qui permettent à des personnes de constituer des communautés, partager, et facilitant l’intégration des digital natives en proposant un mode de fonctionnement qui est inné pour eux. Tout irait
créer ensemble, s’entraider. Des usages à rapprocher du phénomène "Digital Natives", première donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que les choses ne sont pas aussi simples dans la transition vers
génération pour qui ce type de pratiques n’est pas acquis mais inné. Et là encore un point ce qu’on appelle désormais l’entreprise 2.0
de bascule vient d’être atteint : pour la première fois, en matière d’outils collaboratifs, de
travail en réseau, l’internaute dispose dans vie personnelle, qui plus est gratuitement, Une étude récente de chez McKinsey (McKinsey Quarterly – Building the web 2.0 enterprise ) montre que si certaines
d’applications largement plus performantes et simples d’utilisation que celle qui sont mises entreprises sont en train de réussir le virage avec succès, d’autres se retrouvent dans une sorte d’impasse provisoire. Au
à sa disposition par son entreprise. La volonté est alors grande de leur part de vouloir nombre des points qui différencient les deux types d’entreprises, on trouve le fait d’avoir positionné les outils au sein d’un
utiliser ces applications pour des usages professionnels, au mépris des règles de l’entreprise processus de changement organisationnel et managérial global ou de s’être contenté de mettre des outils à disposition en
et de ses impératifs de sécurité. Bien sur la risposte des Directions Informatiques eu lieu, attendant que quelque chose se passe. Il est bien évident que des nouveaux outils mis au service de nouvelles activités
rendant impossible l’accès à ces services depuis l’entreprise. Tout d’abord parce que les impliquent un nouveau mode de fonctionnement.
collaborateurs attendent de rentrer chez eux pour animer les communautés de travail qu’ils
ont créé. Ensuite parce bloquer l’accès à ces services sans proposer un équivalent en interne En 2018 la nouveauté technologique se sera plus que jamais banalisée et les outils, web 2.0 ou leurs successeurs que
crée une frustration énorme, qui va aller crescendo avec l’arrivée des Digital Natives (une nous ne connaissons pas encore, ne seront plus des outils mais le prolongement de leurs utilisateurs. Les Digital Natives
récente étude montre que 39 % des 18-24 ans américains sont prêts à quitter leur entreprise auront atteint des postes d’encadrement et de décision. L’économie de la connaissance ne sera plus une nouvelle réalité
si on leur interdit d’accéder à Facebook et 21 % en tireront une image très négative de leur dont on essaiera d’appréhender les conséquences, mais une nouvelle phase de l’évolution économique dont on aura depuis
employeur...). Et qu’en tout état de cause cela ne répond pas à la problématique de départ : quelques années intégré tous les impacts sur les modèles économiques, les modes d’organisation, le management.
des outils simples, adaptés aux besoins quotidiens des collaborateurs et avec lesquels ils
sont familiers. Car en effet, sans rendre obsolètes, et loin s’en faut, les outils traditionnellement A la vitesse où les changements prennent place et se se propagent il se peut bien que tout cela arrive bien avant 2018
mis à la disposition des collaborateurs par les directions informatiques, le passage à l’économie tant les premices sont déjà en place et commencent à prendre corps de manière dispersée dans nombre d’entreprises.
de la connaissance impose des outils adaptés aux besoins des knowledgeworkers. Mais de manière générale, et prenant en compte le décalage qui existe toujours entre leaders et suiveurs, on peut sans
grande crainte de se tromper avancer que l’entreprise de 2018 :
L’entreprise doit donc à la fois s’adapter à des enjeux liés à sa manière même de fonctionner,
à une nouvelle population qui propose un modèle d’engagement en rupture totale avec ce
qu’on a pu connaitre jusqu’à présent et à la pression des outils personnels qui s’invitent à la > Sera fortement virtualisée
table de la productivité professionnelle. Une remise en cause qui touche donc tout à la fois les
modes d’organisation, les hommes et les outils : de quoi effectivement donner le vertige. C’est une conséquence du fait que les collaborateurs devront désormais intéragir entre eux non seulement au sein d’entités
définies et généralement localisées au même endroit mais également globalement, de manière formelle ou informelle, avec
Certains parlent de tempête, nous irons plus loin : il s’agit d’une tempête parfaite. A la fois des collègues pouvant se situer n’importe où dans l’organisation (que ce soit fonctionnellement ou géographiquement).
parce qu’elle a un impact global mais parce qu’elle porte en elle-même son remède, remède C’est la notion de lieu qui sera à repenser : on distinguera l’endroit ou se trouve le collaborateur de l’endroit où il exerce
que nombre d’entreprises n’ont pas tardé à expérimenter. sa tâche puisque celle-ci aura le plus souvent lieu sur le système d’information de l’entreprise sans qu’on puisse savoir
à quoi il ressemblera dans dix ans. Il s’agira certainement d’un mélange entre les outils "structurants"que l’entreprise
connait aujourd’hui (gestion de projets, ERP), les plateformes de réseaux sociaux issues du web 2.0 et les univers virtuels
qui, s’ils ne sont aujourd’hui qu’à leurs balbutiements dans un contexte d’entreprise, auront largement eu le temps
d’arriver à maturité d’ici là.
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Réunir tous les individus de l’entreprise en un espace unique, donc forcément virtuel, afin qu’ils
puissent y exister et y transposer les pratiques qu’ils ont dans le monde réel est un enjeu majeur
de l’entreprise globale. Aujourd’hui quelques entreprises arrivent déjà à faire travailler de la
sorte des collaborateurs français, anglais, et chinois sur un projet américain. Demain ce sera la
norme : l’affectation d’une personne à un projet ne se faisant plus en fonction de la localisation
géographique mais de l’adéquation de la personne au projet. Et ce d’autant plus que le mode
de travail d’un "knowledge worker"n’est plus adapté à la logique de présenteisme et de contrôle
"physique"de l’activité de la personne mais davantage à un contrôle du seul résultat. > Sera une entité d’intégration et de coordination
Cela va également impacter la notion même de lieu de travail. De plus en plus d’entreprises, et Qui travaillera pour l’entreprise de 2018 ? Ses collaborateur bien sûr. Et quelques prestataires extérieurs, comme
notamment celles qui fonctionnent de manière globale et ont commencé à doter leurs collaborateurs aujourd’hui. Est-ce tout ? En 2018 l’entreprise étendue aura atteint sa pleine maturité et constituera une norme. Déjà
des outils nécessaires, explorent la piste du "home office", c’est à dire qu’elles permettent aux aujourd’hui l’entreprise travaille davantage en aval avec ses clients et en amont avec ses fournisseurs afin de proposer
collaborateurs de travailler depuis chez eux. Logique dans la mesure où la localisation de l’individu les meilleurs produits et services possibles. Mais il s’agit encore d’échanges entre entreprises, demain il s’agira
n’a plus d’importance sur son travail et ou le bureau n’est plus qu’un lieu de présence ou de d’échanges de collaborateur à collaborateur afin d’améliorer la qualité des échanges, réduire le temps de réponse de
rencontre mais n’est plus le seul endroit ou le travail se fait. Cela répond également à des enjeux l’organisation et ce dans la plus pure logique de réseau. Et la virtualisation de l’entreprise évoquée plus haut rendra de
financiers d’un autre type : prix de l’immobilier pour loger des équipes, coût des déplacements plus en plus simple l’intégration d’équipes de travail multi entreprises sur un même espace.
en raison du prix de l’essence, tout amène les entreprises à rationaliser les déplacements de
leurs collaborateurs. Ainsi nombre de grandes entreprises, IBM par exemple, mettent en place Mais ça n’est pas tout. Aujourd’hui, en 2008 des entreprises comme Starbucks ou Dell ont ouvert des plates-formes
des programmes de "mobilité"qui concernent aujourd’hui plus de la moitié des collaborateurs sur internet pour que le grand public les aide à faire évoluer leur offre, leurs produits. Innocentive permet à de grandes
qui répartissent leur temps entre chez eux et leur bureau. Une autre tendance est aux bureaux entreprises de partager leurs problèmes avec les utilisateurs du site (étudiants, consultants, chercheurs...), des primes
décentralisés qui permettent aux collaborateurs d’avoir un espace de travail à proximité de chez allant jusqu’au million de dollar récompensant celui qui apportera une solution. Cisco vient d’organiser un concours
eux ou de l’endroit d’un rendez vous sans plus avoir d’affectation géographique fixe. de "business models" où les participants pouvaient se servir du réseau social "Human Network", lui également mis
en place par Cisco pour affiner leur projet. Avec, pour les vainqueurs, un travail, la possibilité de mettre leur idée en
Enfin, pour davantage de flexibilité et de réactivité, il va falloir que les collaborateurs puissent oeuvre et une prime à la signature.
accéder à l’ensemble du système d’information de leur entreprise depuis n’importe quel terminal,
qu’il s’agisse d’un ordinateur ou d’un téléphone mobile. Cette logique va logiquement amener un A coté de cela l’Inde mise sur une population qualifiée dans de nombreux domaines, bilingue et l’infrastructure réseau
déplacement des outils informatiques du terminal vers le réseau, un simple navigateur internet nécessaire pour devenir leader sur le marché émergent mais Ô combien prometteur du Knowledge Process Outourcing.
permettant de se connecter aux espaces de travail virtuels de l’entreprise sans qu’aucune application Après les tâches routinières d’admininistration et d’exécution c’est désormais l’expertise et la connaissance qui
ne soit hébergée sur le poste du collaborateur. Ce phénomène aujourd’hui connu sous le nom s’externalisent. Et là encore des "exterieurs"qui seront impliqués ponctuellement ou au quotidien, sur une foule de
de "cloud computing"participera de l’évolution à la fois de l’entreprise et des outils vers le "tout problématiques.
réseau".
Après avoir externalisé certaines tâches de "services généraux"puis sa production c’est l’innovation et tout ce qui
relève des process intellectuels qui pourront connaître le même sort. L’assurance pour l’enteprise de ne payer que pour
la bonne expertise au bon moment, pour les experts de n’intervenir que là où ils ont une valeur ajoutée. Le challenge
de l’entreprise sera dès lors de coordonner tous ces intervenants dans un système lui permettant de co-construire et
co-produire avec son environnement.
Pas si nouveau que ça : nombre de constructeurs automobiles ne travaillent plus que sur le "concept’ et font tout
concevoir et réaliser à l’extérieur. Cette faculté aujourd’hui propre des grands de l’industrie sera demain ouverte à toutes
les entreprises faisant une utilisation intensive de l’information et des savoirs au quotidien, et cela indépendamment de
leur taille.
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> Tirera la quintessence du fonctionnement en réseau
Les deux point précédents désignent une entreprise en réseau, à la fois par les outils, par la multiplication > Aura repensé les notions de coûts et de valeur
des acteurs impliqués et par la manière dont ils sont impliqués. Mais la notion d’entreprise en réseau aura
bien évolué d’ici 2008 : il ne suffit pas en effet de mettre en place les outils permettant de travailler ainsi et de La mise en oeuvre des différents points qui précèdent s’accompagnera, en tâche de fond d’une réflexion
décréter qu’il en sera désormais ainsi pour que les choses se passent. Et a fortiori pour qu’on tire la pleine plus profonde sur des notions aussi essentielles que celles des coûts et des revenus. Car si tout le monde peut se ren-
quintessence de tout ce que cela permettra : après une phase d’apprentissage, dans laquelle nous sommes dre compte des gains potentiels d’une entreprise fonctionnant en réseau, les dits gains ne sont que partiellement
en train d’entrer, lors que laquelle le réseau sera une surcouche sur l’existant et une faculté, le réseau entrainera matérialisable dans un système fondé sur des mesure purement locales afin d’évaluer coûts, bénéfices et
une nouvelle manière de penser voir et penser l’organisation. Le réseau passera du rôle d’outil à une véritable performance. Démonstration est faite qu’un collaborateur peut participer à la création de valeur en dehors
manière de faire et de penser. même de son activité première, c’est d’ailleurs ce que veulent rendre possible les entreprises engagées sur le
chemin de la globalisation et de la transversalité. Or les logiques de mesure qui prévalent dans un système
Comme nous l’avons plus haut, le réseau pourra s’étendre à la fois dans et en dehors de l’entreprise. Voilà où le collaborateur est à usage unique ne sont guère pertinents dès le moment ou le collaborateur devient une
pour ce qui concerne le périmètre humain. Reste l’organisation du travail en réseau en tant que tel. ressource partagée. C’est d’ailleurs le manque de recul sur cette question qui constitue dès aujourd’hui un
frein majeur à la mise en place de réelles mécaniques collaboratives transverses. Comment ne faire supporter
Le travail en réseau tel qu’il est généralement conçu aujourd’hui est une forme avancée de la collaboration. Il a qu’à une entité la partie du coût qui bénéficie à tous ? Comment ne valoriser l’activité du réseau qu’au niveau
donc ses limites car il doit être organisé ce qui représente des frais de structures, et ne représente que d’infime de celui qui en tire profit en passant sous silence tous ceux qui l’ont aidé. Ce manque de visibilité, uniquement
progrès en termes d’agilité et de temps de temps de réponse : il faut toujours que l’information remonte avant dû à un système de mesure inadapté qui sacrifie trop souvent l’atteinte d’un maximum global au profit d’optimas
que quelque chose soit décidé puis organisé. Or une des caractéristiques de l’activité des collaborateurs locaux est destructeur de valeur dans une entreprise ou chacun est interconnecté et interdépendant.
dans l’économie de la connaissance par rapport au modèle industriel est justement qu’une grande part de
leur activité est la gestion des écarts, la résolution de problèmes, qui implique de pouvoir avoir accès aux Reste à trouver les indicateurs et instruments de pilotage pertinents, qui permettront en rendant mieux compte
personnes et sources d’information adéquates en fonction du besoin présent. Il ne s’agit plus d’une forme de d’une réalité nouvelle de rendre possible ce qui sera vital pour le fonctionnement de l’organisation.
collaboration à organiser mais d’un système de résolution de problèmes au quotidien qui repose davantage
sur la création d’un réseau ad hoc, provisoire, à l’initiative du collaborateur, afin de faire son travail quotidien, Aujourd’hui Google, pour ne citer que le plus connu, ouvre la voie. En décidant que 20 % du temps des
reposant sur la mobilisation des bonnes personnes, où qu’elles se trouvent dans l’organisation, et le libre collaborateurs serait affecté à des projets personnels et à l’innovation l’entreprise rend les choses possibles en
accès à toute information utile (retours d’expérience formalisés, best practices... etc...). les gravant dans le marbre. L’entreprise rassure également le management qui ne doit plus plus "valoriser"que
80 % du temps du collaborateur, la valorisation des 20 autres étant à du ressort de l’entreprise. On peut imaginer
Le réseau ne sera donc plus une manière de travailler définie par l’entreprise mais davantage une infrastructure que demain le temps d’un collaborateur sera affecté arbitrairement et pour partie à ses tâches "classiques",
technique, managériale et organisationnelle qu’elle mettre à disposition de ses collaborateurs afin qu’ils s’en à l’innovation, à des activités transverses. Cela se pratique déjà d’ailleurs pour d’autres types de ressources,
servent pour accomplir leurs tâches quotidiennes. Il s’agira d’un fonctionnement orienté besoin/résultat qui, matérielles elles. Mais dès lors que l’individu devient lui aussi une ressource partagée il semble que la clé de
en plus de simplifier la tâche de chacun qui pourra enfin tirer partie de l’organisation plutôt que s’éreinter à répartition devienne le moyen le plus simple de visualiser et donc piloter les choses concrètement. Si l’avenir
lutter contre elle dès lors que l’imprévu arrive (c’est à dire plusieurs fois par jour). Cela résoudra également de l’organisation est le réseau il n’est en effet pas concevable que les dispositifs de mesure et de pilotage
une problématique plus que sensible aujourd’hui qui deviendra critique si rien n’est fait bien avant 2008 : ignorent cette réalité sauf à se tirer une balle dans le pied et empêcher des transformations nécessaires pour
dans le système actuel le manager est transformé en gare de triage de l’information, en charge de l’essentiel de simples motifs d’orthodoxie.
comme du superflu. En lui permettant de ne se concentrer que sur l’essentiel et laisser les individus faire
seuls dès lors qu’ils le peuvent, on réduira son temps de réponse, de prise de décision et le manager pourra Bertrand Duperrin,
enfin recommencer à se consacrer à ses tâches premières qui ne sont pas de faire suivre de l’information et Consultant, blueKiwi, Software,
chercher des réponses pour les autres mais mettre ses équipes en capacité de réussir et prendre un minimum [Link]@[Link]<[Link]
de hauteur par rapport au quotidien. [Link]<[Link]
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C’est donc une course de vitesse. Quand on voit que certaines entreprises américaines ont
fait migrer dès 2008 leur cœur de système sur Facebook ou d’autres systèmes collaboratifs
enrichis avec sur la base de mashups, cela peut être inquiétant de voir des entreprises ou
des organisations en France qui pensent aux systèmes de demain avec des enseignements 7 évolutions qu’il ne faut surtout pas anticiper en 2008
datant des années 90.
Apprendre à vivre dans l’éphémère, un monde en version bêta, privilégier la vitesse sur la La génération Y qui va débouler sous forme de salarié Y, entrepreneur Y, client Y, citoyen Y. Ils/elles arrivent avec leur
sécurité et la précision, miser sur la pertinence et l’awarness plutôt sur la productivité de pouce déformé par les sms...Le plaisir mais pas le désir, une certaine gestion de l’inaction, une créativité déroutante, un
base. Apprendre à tirer profit des opportunités de croissance autour de l’économie digitale, rejet du principe d’autorité, la recherche de projets ayant du sens, insouciant et cynique, etc.
l’économie verte et l’innovation. 80 % des modèles économiques seront transformés à partir La transformation des métiers suite aux changements radicaux des secteurs d’activité.
de ces leviers de croissance. D’ores et déjà, nous savons que l’immobilité ou l’absence de Les services collaboratifs 2.0 qui vont influencer le design et l’organisation de l’entreprise (attention, il s’agit de services
stratégie a un coût. Temporiser un changement de modèle économique d’un entreprise, gratuits donc très louches).
c’est un retard préjudiciable pour son dirigeant. Continuer à fonctionner en mode 1.0 alors Le retour du local avec l’explosion du prix du pétrole avant la fin de l’année
que l’on pourrait être en 2.0, c’est un surcoût parfois. Toutefois, ne tombons pas dans le La fracture sociale et numérique exponentielle + développement de la pauvreté
piège des idées reçues : le 2.0, c’est avant tout une culture d’entreprise collaborative plutôt La mutation des modes de vie suite à l’élévation des températures et au climat yoyo
qu’une solution technologique. L’arrivée du capitalisme asiatique.
Tout se transforme et il faut en avoir conscience dès 2008. Le marketing va devenir expérientiel, Les services collaboratifs, vont-ils structurer l’entreprise en 2018 ?
street marketing ou neuro marketing avec déjà un goût de neurosciences... Future is today !!! Services collaboratifs : plus personne n’est une île en 20 x 8 et tout est interaction !
Dans le Web 1.0, on était dans l’ancien monde où l’internaute était spectateur, et lisait
passivement des infos mises en ligne par des organisations, mais avec des outils universels C’est l’ère du fine tuning social (dans le sens réseau social) et surtout du tout gratuit. Aujourd’hui les services internet 2.0
de structuration des documents grâce à une normalisation. Le Web 2.0 est le reflet d’une sortent du ghetto de la tribu des geeks/geekettes pour investir les entreprises les plus modernes, enfin celles ouvertes
société où l’on voit apparaître le consommacteur. Chacun injecte son propre contenu sur sur l’extérieur.
internet via les stars Youtube, Dailymotion [vidéo], Flickr [photo], les Blogs [écrit], Facebook Ces entreprises agiles ont fait tomber leurs lignes Maginot (ou mur de Berlin), car l’enjeu c’est d’accroitre les interactions
[réseau], etc… Chacun devient producteur de contenu et chacun peut partager avec la terre avec l’environnement et d’augmenter la transversalité en interne.
entière de l’information [par mail, blog, ou messagerie instantanée], des connaissances L’obsession de la sécurité est remplacée par la confiance. La bonne nouvelle c’est que tous ces services 2.0 sont entièrement
[wikis, signets collaboratifs, folksonomie] ou des savoir-faire [réseaux sociaux, portails gratuits et que l’usage des TIC n’a que pour seule limite l’imagination des entrepreneurs. La (r)évolution positive vient de
collaboratifs]. Le Web 3.0 est la version 2.0 mais boostée par la structuration fournie par le démarrer, départ immédiat. Quelques utilisations professionnelles possibles pour les entreprises... (liste non exhaustive).
Web sémantique, et notamment les ontologies et faciliter l’usage connaissances ambiantes Un petit détail : dans l’univers du 2.0, on ne construit pas des systèmes pour les 200 à venir car par définition on est dans
sur Internet. La manipulation des données sera facilitée! le changement permanent et un mode bêta.
Par ailleurs le Web 3.0 devrait mieux prendre en compte les formes de terminaux du futur
et aux conversations entre les machines. Le Web 4.0, c’est l’autonomie des SI dans la 1. Créer des projets collaboratifs
gestion du knowledge. Cela sera possible par une granularisation de l’information et des 2. Créer des chat d’entreprise
hubs intelligents, plus cognitifs. 3. Stocker des données en ligne
Sans attendre 2018, nous savons qu’aujourd’hui que nous ne pouvons plus vivre isolés sur 4. Utiliser des suites logicielles gratuitement en ligne
une île et que nous sommes entrés dans une ère où nous sommes interconnectés, avec un 5. Partager des photos ou des vidéos ou des vidéos
rôle prédominant de la communication, de notre habileté à faire notre selfbranding. Nous 6. Créer son moteur de recherche sur mesure
vivons une époque magnifique, où tout est possible, surtout pour ceux qui seront proactifs 7. Lancer sa propre chaine de radio ou de TV
et aptes à vivre de façon positive des changements permanents, des expériences inédites. 8. Créer son blog en complément d’un site (comme le font certains pdg de sociétés)
Préparez-vous à une expérience extra-ordinaire !!! 9. Partager des favoris (signets collaboratifs)
10. Initier une communauté (peuplade informatique sur un thème, un projet, etc.)
11. Réaliser des mashups en hybridant et assemblant d’autres applis 2.0
12. Partager dans son entreprise les informations stratégiques avec un wiki (transversalité)
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13. Définir son propre agrégateur de flux
14. Gérer ses contacts sur internet
15. Broadcaster son identité professionnelle
16. Définir une politique de suivi des flux RSS pour avoir un coup d’avance
17. Mettre en place un portail collaboratif
18. Définir des groupes d’experts en ligne pour résoudre des problématiques
19. Réaliser de la cartographie collaborative
20. Gérer des agendas de groupes Voyage au centre de
21. Utiliser les messageries instantanées
22. Mettre en ligne vos diaporamas et votre documentation en accès plus moins public l’entreprise 2020
23. Pratiquer le networking grâce aux réseaux sociaux (ex: partenariat Linked/Apec)
24. Traquer les signaux faibles sur le web grâce aux alertes automatisées > Appris par corps
25. Lancer des communautés avec des consommacteurs pour les intégrer dans l’entreprise
26. Développer des nuages de tags (cloud tendance !) 2 octobre 2020 à 12 h 10...Absent 12 ans du monde de l’entreprise, Linus Mei visite CinqS. Cette société a mis de
27. Communiquer sur des événements ou votre marque la souplesse dans ses rouages. Les bureaux sont des espaces modulables et configurables. Les salariés ont le choix
28. Faire de la communication dans les univers virtuels entre diverses technologies pour échanger avec leurs collègues. Ils travaillent autant voir plus hors de l’entreprise…
29. Organiser son entreprise en mode virtuel/nomade (ex: web conférence) Grâce à Fred Meylan, la responsable des communautés, Linus comprend que lorsque le monde change, l’entreprise
30. Gérer sa réputation sur la toile (buzz, rumeurs, citations, ranking, etc) doit changer de décor.
31. Faire converger des services 2.0 sur la téléphonie mobile
32. Définir une politique de social shopping • On s’étonne toujours trop de ce qu’on voit rarement et pas assez de ce qu’on voit tous les jours.
33. Convertir vos documents en ligne C’est avec cette phrase qui semble tirée d’un poussiéreux dictionnaire des citations que Fred Meylan m’accueille.
34. Intégrer les possibilités de géolocalisation avec d’autres applications 2.0 Ayant un savoir vivre très vieille école, j’évite de souligner sa banalité. Cela serait d’autant plus déplacé, que la dame
35. Utiliser les services téléphonie via internet affiche un sourire paquebot sur un visage au charme subtil.
36. Mettre en place des capteurs électroniques pour une veille instantanée
37. Trouver des solutions avec des experts d’autres secteurs d’activité sur des plateformes dédiées • Afin de vous faciliter la visite de CinqS, je vous propose d’utiliser un catom, dit la responsable des communautés
38. Proposer des mini contenus vidéos en streaming pour faire du marketing viral en me tendant un objet qui ressemble à une montre. Vous appuyez et un écran se déplie. Vous posez une question
39. Réaliser des sondages en ligne 40. etc. etc. et soit des informations s’afficheront, soit une personne de l’entreprise vous répondra.
Après avoir testé l’objet en voyant s’afficher des informations sur les catoms, la dame m’entraîne dans une salle qui
Anne-Caroline Paucot... ressemble à la salle de détente d’un club de vacances.
anne-caroline@[Link] ; 06 10 81 25 95
Des romans et des polars pour les entreprises [Link] • C’est l’échangarium, une salle de travail collectif. A CinqS, on pense que "à corps bien traité, esprit avisé". En
Le futur au présent [Link] 2020, les entreprises ont enfin compris que supprimer les tensions corporelles favorise la mise en mouvement de
la mécanique neuronale. Dans cet espace, on a essayé de faire en sorte que chacun puisse choisir le confort adapté
à sa morphologie et au type de travail qu’il fournit. Quand on se concentre pour rassembler et synthétiser des idées,
on n’adopte pas la même posture que lorsqu’on laisse aller son imagination.
• Dans ces fauteuils à bulles, vos collègues travaillent !, dis-je. Mais, en voyant mon interlocutrice effectuer un subtil
décrochement de tête indiquant clairement son étonnement, j’ajoute : Désolé, je n’ai pas l’habitude…
• Ne vous excusez pas, votre boss m’a mise au courant de votre absence.
L’absence évoquée par mon interlocutrice est en réalité une déconnexion de dix ans. Parti en 2008 vivre dans une île
où la mer, le ciel sont coloriés en bleu carte postale, je viens de revenir de mon exil avec deux objectifs ambitieux :
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• Examiner les changements qui ont eu lieu dans les entreprises et vérifier si, en 2020, 1. LA SINGULARITÉ OU CHRONIQUE D’UN SAUT ANNONCÉ
la singularité1 envisagée par des penseurs comme Ray Kurzweil a eu lieu ; voir si les En physique, on parle de singularité quand l’objet d’observation change d’état. La singularité se produit, par
prospectivistes ne se sont pas contentés de prévoir l’avenir mais ont aussi permis de choisir exemple, quand on observe les transformations d’un flocon de neige lors de l’évaluation de la température.
un futur désirable. A un moment, le flocon de neige n’existe plus car il devient de l’eau. Ce changement d’état fait qu’on ne
Avant mon départ, je vivais 8 heures à dix heures par jour dans un bloc en verre d’un espace peut prévoir ce qui se passe après.
Quand le progrès technologique devient exponentiel, il arrive à un moment où on ne peut plus spéculer
paysagé. Ma glotte était compressée par un nœud de cravate, mes pieds étaient enfermés dans sur ce qu’il se passe après.
des chaussures en cuir dur, mon dos était malmené par des fauteuils à l’ergonomie aléatoire. En 2008, plusieurs éléments laissaient imaginer qu’une singularité pourrait exister
Cette rigidité formelle donnait une image de sérieux que personne ne contestait. Découvrir que - La convergence des nano-bio-info-cogno technologies. Ce métissage des approches ouvrait un horizon
ce monde a évolué ne peut que surprendre le revenant que je suis. non exploré :
- La demande continue en bien matériel et la pression compétitive devraient pousser à continuer le développement
technologique.
• Ne vous excusez pas, votre question n’est pas déplacée, répond Fred Meylan. Dans cette - L’intelligence artificielle pourrait arriver à un niveau qui permette aux ordinateurs d’améliorer et d’accélérer
salle, si les uns travaillent pour l’entreprise, les autres jouent, regardent un film, font leurs les découvertes scientifiques et les changements technologiques.
courses, discutent avec leurs amis… A CinqS, certains salariés ont un temps déterminé à
consacrer à l’entreprise. Ils peuvent l’effectuer quand ils le désirent dans la mesure où leur
organisation individuelle ne freine pas celle des autres. D’autres travaillent par mission. Ils
2. DES HORAIRES À LA MISSION
ont des objectifs à atteindre et qu’importe le temps qu’ils y passent. Le seul point commun à Pendant des années, le temps de travail était contractualisé. L’entreprise achetait une durée de disponibilité
d’un salarié. Ce temps a évolué au fil des années. Longtemps resté à 40 heures, il est passé un moment
toutes les personnes présentes et qu’elles sont connectées au réseau2. à 35 heures pour remonter ensuite. Si les responsables des entreprises ne comptaient pas a priori leurs
Mon catom m’indique que pour la connexion au grand réseau des réseaux, les salariés ont heures, ce cadre servait de référence.
aussi le choix. Certains ont des claviers souples3 sur les genoux et projettent des images Avec l’évolution la dématérialisation de plus en plus grande du travail, cette notion a progressivement
holographiques qu’ils manipulent. D’autres écrivent avec des stylos électroniques sur du e-papier. disparu pour de nombreuses fonctions et a relayée par celles de contrat à remplir et missions individuelles
D’autres encore manipulent des textes et images sur des tables écran et l’enrichissent de com- ou collectives à effectuer.
Si ce système évite à l’entreprise de payer des personnes à bailler aux corneilles, il a l’inconvénient de
mentaires écrits avec leur index. pousser les salariés à agir sans prendre le temps de réfléchir. Nombreuses catastrophes résultent de cette
précipitation.
Les plus jeunes écrivent en agitant leurs doigts. Des capteurs enregistrent les mouvements Les salariés expérimentés et plus talentueux sont privilégiés, car ils passent moins de temps à effectuer une mission.
et les transforment en mots sur l’écran de leur choix. Si l’apprentissage est délicat pour les En revanche, tous sont pénalisés quand ils rencontrent des difficultés qui ne sont pas de leur ressort. En cas de
désavantage manifeste, ils peuvent faire appel à la commission d’équilibrage des rémunérations.
plus âgés, le système s’avère très performant pour la prise de notes debout.4 Cette multiplicité Cette absence de cadre temporel du travail a fait réagir les syndicats qui ont exigé que le personnel puisse
n’interdit par pour autant de travailler à l’ancienne avec clavier et écran posés sur le bureau. se mettre en mode déconnexion quand il le désirait.
• La souplesse qui fait partie des cinq S de l’entreprise nous oblige à proposer un vaste choix
afin que chacun puisse choisir l’outil du travail qui lui convient. La souplesse se retrouve
aussi dans l’habillement, ajoute Fred en me voyant déshabiller du regard un homme vêtu
3. CREVER L’ÉCRAN
d’une combinaison moulante arborant un arc-en-ciel fluo évolutif. Hier, si tout le monde était Les écrans rigides d’hier ont pris de l’espace. Un clic est les murs recouvert d’une peinture pixellisée deviennent
d’accord pour affirmer que l’habit ne faisait pas le moine, on rentrait dans les ordres quand des écrans. Les vitres font aussi cette fonction. Elles s’assombrissent et font apparaître films ou textes.
Si ces surfaces sont déjà occupées, on peut désormais projeter une image holographique à partir de
on pénétrait dans l’entreprise. Un ordre qui voulait qu’on enfile costard et cravate pour plus son combiné portable. Cette image peut être manipulée avec les doigts. Avec le pouce et l’index, on la
paraître et moins être. retourne, agrandit ou on supprime des éléments.
Pour ceux qui préfèrent des écrans plus intimes, les vêtements peuvent faire office d’écran portatif privé. Quant aux
nostalgiques du journal papier, ils peuvent déplier une feuille de papier et découvrir les informations du jour.
4. LA GÉNÉRATION POUCE
Première décennie du siècle, ils écrivent des textos à la vitesse de la lumière. Ces petits textes deviennent des
livres. Au Japon, les trois premiers best-sellers sont en 2007 écrits avec le pouce sur des téléphones portables.
Quelques années plus tard, les jeunes se débarrassent du téléphone en posant un capteur sur leur poignée.
Désormais, ils écrivent en agitant leurs doigts. Leur gestuel s’apparente à celle des sourds et muets.
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• Vous voulez dire que le conformisme vestimentaire 5. LE NOUVEAU CONFORMISME VESTIMENTAIRE
a disparu ? dis-je. Sam Tooby est NetLookeur, il conseille dirigeants et autres personnalités pour leurs habillements professionnels de la vie réelle et virtuelle. Il
répond aux questions de Linus Mei, journaliste en exil depuis les années 2008. Linus Mei : Dans la première décennie su siècle, si on n’hésitait
• Interroger notre NetLookeur5 . Il se fera un plaisir pas à répéter que "l’habit ne fait pas le moine", il semblait n’en être rien dans les entreprises. Chaque endossait les vêtements en adéquation
de répondre à vos questions. avec sa fonction. Peu nombreux ceux sont qui dérogeaient aux règles édictées par le top managers des entreprises. Est-ce que ce conformisme
vestimentaire subsiste ?
Sam Tooby : Je me souviens. C’était tenue stricte quatre jours de la semaine, décontractée chic le vendredi ou lors des séminaires à la campagne. Le
Souplesse dans les outils, dans la manière de travailler, patron changeait de marque de craate, ces vassaux faisaient de même. En 2020, ce conformisme subsiste et même il s’acentue. C’est logique. Comme
dans l’habillement… Ayant, comme je vous l’expliquais, l’ancestrale sécurité de l’emploi n’existe plus, les collaborateurs des entreprises évitent d’être par leur habillement le clou qui dépasse sur lequel chaque
connu les entreprises coulées dans le marbre et les possesseur de marteau aura envie de taper. En revanche, la mode a évolué.
faux-semblants, j’ai l’impression d’avoir débarqué sur
Quelles sont les grandes tendances de la mode vestimentaire professionnelle ?
une planète inconnue. Au risque de passer pour un A la une, on trouve les vêtements communicants. Tout le monde ou presque porte un vetcran ou un vêtement qui intègre un ou des écrans souples
extratemporel, j’interroge mon hôte sur la manière dont en fibres optiques. C’est, à l’instar de la cravate d’hier, un peu l’apanage du vêtement professionnel comme la cravate d’hier. Même si cet écran ne sert
l’entreprise a gagné en élasticité. à rien vu qu’il y a des écrans partout, il faut en avoir un sur soi. En revanche, les habiminés n’ont pas bonne presse dans l’entreprise.
A l’entendre, plusieurs phénomènes ont contribué à
Habiminé Vous pouvez me traduire ?
cet assouplissement. En 2008, des sociétés comme Un habiminé est un vêtement où des animations et messages défilent. Le tee-shirt intègre une puce qui communique avec des bases de données afin
Google avaient déjà compris que rigidité se traduit de proposer des messages personnalisés. C’est ainsi que si vous êtes dans la même pièce que l’amour de votre vie, votre tee-shirt peut faire défiler un
par l’ankylose de l’innovation, la stérilité des capacités "Je t’aime". Vous conviendrez sans doute que ce manque de discrétion ne convient pas vraiment à la vie professionnelle.
créatrices, la médiocrité des idées... Elles proposaient La deuxième tendance consiste à utiliser des textiles interactifs qui réagissent à la lumière, un changement de température ou un différents contacts.
des outils, espaces, modes de travail qui attiraient de Je crois que c’est une façon de dire aux autres que d’une part on parle le même langage mais qu’on a aussi sa propre personnalité.
nombreux jeunes qui n’avaient plus envie de se souvenir Les vêtements changent de couleur ?
que travail vient de tripalium, torture. Recruter de Oui, c’est assez sympathique quand les vêtements sont de bonne facture car les changements sont doux et créent une ambiance apaisante. En revanche,
nouvelles compétences étant vitales pour les entreprises, c’est très pénible lorsque on a affaire à de la confection médiocre. Cela devient vite aussi agressif qu’un mauvais parfum.
nombreuses ont fait le ménage dans leur organisation
Est-ce que tout le monde porte des vêtements informatisés ?
en commençant à supprimer les rigidités formelles. Non, dans certains secteurs d’activité, vous n’en verrez aucun. Par exemple, dans la banque. Le culte du secret étant toujours aussi vivace, les banquiers
La mondialisation a aussi participé à ce changement. craignent que ces vêtements servent d’espion. Si leurs craintes ne sont pas dénuées de fondements, ces vêtements espionnent en particulier ceux qui
Quand ses collègues habitent aux quatre coins du les portent. Certains peuvent surveiller leur mouvement et savoir s’ils marchent, courent, bougent...
monde, il est difficile de se limiter aux fameux horaires
de bureau d’hier. Souvent, vous les contactez depuis Est-ce que ces vêtements sont confortables ?
Très, ils sont en général réalisés en fibres textiles d’origine végétale. Baobab, kapok, cisal, chanvre, viscose de bambou... Ce sont des fibres qui outre
chez vous. Progressivement les frontières entre vie minimiser l’utilisation des produits polluants respirent, ne se chiffonnent pas. Associé à des algues, elles ont des propriétés antimicrobiennes,
privée et vie professionnelle sont devenues de plus anti-inflammatoires, hydratantes et déstressantes. En prime des microcapsules greffées sur les fibres emmagasine l’excès de chaleur corporelle
en plus floues. L’absence de démarcation nette s’est et vous la restitue lorsque vous vous trouvez dans un environnement plus froid.
traduite par, outre l’abandon des codes vestimentaires,
En quoi consiste votre travail de NetLookeur ?
des exigences plus importantes en matière de confort Mes clients possèdent des miroirs d’évolution qui leur permettent de voir comment ils seront s’ils changent physiquement - S’ils se greffent des cheveux,
de travail. s’ils maigrissent, s’ils changent de nez...- ou leur permettent d’essayer des vêtement sans se déshabiller. Si ces miroirs sont très performants, ils ont du mal à
s’envisager et s’accepter différent de ce qu’ils sont actuellement. Mon travail est de l’aider dans ce sens et de leur proposer un look en phase avec l’entreprise.
Quelle est votre méthode ?
Je fonctionne en leur faisant comprendre des principes basiques comme "Qui se rassemble, s’assemble" et leur demande de prendre des visages réfé-
rences de l’entreprise. Je peux vous l’avouer, les références sont souvent les patrons. On n’y peut rien, depuis la nuit des temps, tout le monde veut
s’identifier à ses dieux.
Après avoir discuté de leurs choix, je leur propose quelques modifications de leur look. Vous savez aujourd’hui, le champ des corrections est large. Le
clonage capillaire permet toutes les coupes de cheveux. Avec la chirurgie prothétique et esthétique notre corps peut être modelé à loisirs.
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Le troisième facteur d’évolution est lié aux problématiques En clair, vous intervenez pour que tous les collaborateurs d’une entreprise se ressemblent ?
environnementales. Pour réduire de manière drastique Oui. Cela semble vous choquer ! Pourtant, il n’y a rien de bien nouveau sous les Tropiques. Hier, l’entreprise conditionnait ces salariés de telle ma-
les gaz à effets de serre, les entreprises furent en 2012 nière qu’ils arrivent à penser, s’habiller de la même manière, adopter les mêmes coutumes. Aujourd’hui, la technologie rend un peu plus évident le
processus. C’est salutaire, car les seules choses étant clairement posées, on peut les accepter et les refuser.
taxées sur leur bilan énergétique.6
Vous voulez dire que c’est grâce à des gens comme vous que le conformisme dans les entreprises recule !
Comme ce bilan intégrait les déplacements des salariés, Peut-être, mais vous comprendrez qu’il est préférable que je reste discret sur le sujet.
cela se traduit par du travail alterné. Les salariés
commencèrent à travailler deux ou trois jours dans
l’entreprise et le reste du temps chez eux ou dans des
espaces de coworking de proximité7, ou encore 6. TAXATIONS ÉCOLOGIQUES
dans les bureaux mobiles.
Depuis 2012, l’entreprise est taxée sur son bilan écologique. Ce bilan intègre non seulement les dépenses énergétiques liées à son activité et aussi celles
effectuées par le personnel lors des déplacements ou pour venir au travail.
Pour Fred Meylan, cette souplesse est encore bien Cette loi a entraîné la création des Pime (Primes individuelles à la modération écologique) accordées lorsque les salariés diminuent leurs consommation
factice dans de nombreuses entreprises. On a colorié les énergétiques.
espaces en imaginant que cela suffisait pour que les salariés Les Pimes étant substantielles, les salariés se sont organisés pour limiter leurs déplacements professionnels en organisant des réunions, conférences et
voient leur travail en rose. Certains utilisent même les séminaires virtuels nombreux. Le contact direct étant néanmoins nécessaire pour la solidification des liens, généralement les entreprises n’intègrent
pas dans le calcul un nombre de voyage qui dépend de la fonction. Ce système a permis une diminution de moitié des déplacements professionnels
derniers progrès des technologies pour asservir leurs largement compensée par une permanence de liens virtuels et d’échanges à distance qui, grâce aux évolutions des technologies, sont de très grandes
salariés. Un patron a eu, par exemple, la bonne idée qualités.
d’installer des fauteuils émotionnels qui changent de Ce choix d’une virtualisation plus grande de l’entreprise a été au départ à juste titre largement contesté vu son coût énergétique. En 2008, les chiffres
couleur en fonction des émotions de la personne qui faisaient frémir : la consultation du site Google consomme autant qu’une heure d’éclairage avec une ampoule basse consommation, télécharger son
l’utilise. Rouge, si vous bouillonnez de colère, blanc si les quotidien en ligne par les réseaux mobiles consommait l’équivalent d’une lessive tandis qu’un un avatar sur Second Life a besoin d’autant d’énergie
qu’un Brésilien pour vivre30… Les plus gros centres de données mondiaux utilisaient à eux seuls 14 centrales électriques de 1000 Méga Watts. Différents
remontrances glissent dans un océan d’indifférence… systèmes ont permis de réduire considérablement ce coût énergétique de la virtualité.
L’entreprise finançant des espaces de coworking de quartier, le travail a distance a été développé. Etant anecdotique, en ne concernant qu’environ
6 % des personnes dans la première décennie du siècle il représente aujourd’hui plus de 40 % du temps de travail et 60 % des salariés travaillent hors
des locaux de l’entreprise au moins une journée par semaine.
Le covoiturage est devenu la règle et aujourd’hui rares sont les salariés qui n’y ont pas recours. Comme un escalier se balaye par le haut, nombreuses
entreprises interdisent à leur direction de faire plus de 20 % de leur trajet seuls dans une voiture. Les automobiles sont équipées de capteurs qui
enregistrent le nombre de passagers.
Dans cette mouvance, les EcoRéunions connaissent un grand succès. Le principe est de discuter en pédalant sur des vélos créateurs d’énergie. L’éner-
gie créée est mise au crédit du pédaleur.
Depuis 2014, les citoyens européens payent un impôt écologique calculé sur leur consommation énergétique personnelle. Moins, ils se déplacent,
moins la facture est élevée et plus, grâce aux Pimes, ils gagnent de l’argent.
De ce fait, on assiste à une sédentarisation de la société nécessaire pour la planète, mais peu bénéfique pour les mentalités. Les entreprises qui ont
pris conscience des conséquences négatives de cette absence d’aération des esprits ont mis en place des systèmes favorisant la mobilité professionnelle
moyenne et longue durée (entre six et dix-huit mois).
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Comme je devais encore avoir le faciès en point d’interrogation, la dame me rassure en me disant que les 8. LES CORSAIRES, DES SOUPAPES DE LIBERTÉ
corsaires8 se sont empressés de déconnecter la fonction émotionnelle des fauteuils. Les corsaires militent pour que la technologie ne transforme pas l’homme en bête traquée, pistée,
Pour Fred Meylan, les corsaires sont les soupapes de sécurité, car ils évitent de sombrer dans le surveillée, contrôlée et manipulée. Ils se définissent comme les soupapes de liberté d’un monde
"NewSangdisme". Un mot signifiant un abus technologique qui doit son nom à New Songdo9, une ville géré par la technologie.
coréenne fer de lance des nouvelles technologies. C’est grâce à eux que le DSG (Délit de souriante gueule) n’a pas été mis en place. Le gouvernement
• Les dérives sont nombreuses, ajoute mon interlocutrice. Certains patrons sous prétexte de garantir la avait envisagé d’interdire de sourire dans les lieux publics afin que les caméras de surveillance
puissent identifier les personnes qui s’y promènent.
sécurité du personnel installent des caméras qui voient à travers les vêtements. D’autres leur font porter des Ils ont été très présents au procès de Mathias Langloff condamné pour avoir jeté dans la rue un
vêtements qui mesurent leur activité musculaire. Mais l’intervention des corsaires demeure limitée car une paquet de cigarette vide. S’ils n’approuvent pas l’acte, ils refusent qu’on mette des puces RFID
technologie qui empiète trop sur l’intimité des individus, est refusée. dans tous les objets afin de traquer ceux qui font quelques entorses avec les règlements.
J’approuve en pensant à ces gamins, qui hier, lassés d’avoir des parents qui utilisent les téléphones portables Dernièrement, ils ont paralysé la chaine MacBurg qui a saupoudré ses boutiques de poussière
intelligente. Ces micro puces invisibles permettent d’identifier à leur insu toutes les personnes
comme laisse électronique, jetaient leurs téléphones. ayant pénétré dans ses locaux.
Dans l’échangarium, des dizaines de yourtes de différentes tailles sont plantés.
• Ce sont des TelSpaces ou si vous préférez des espaces collaboratifs pour travailler avec des personnes qui 9. NEW SONGDO, UNE VILLE TECHNO-MODÈLE
se trouvent ailleurs, explique Fred avant de préciser leur mode de fonctionnement. Imaginée et construite au début du siècle, New Songdo City est une ville installée sur une île
Les salariés peuvent utiliser trois systèmes pour se mettre en relation. Ils peuvent soit brancher un mur de artificielle de 600 hectares située à 60 kilomètres de Séoul. Financés par des fonds privés coréens
téléprésence qui permet de mener des réunions avec des personnes localisées dans différents endroits ou et américains, l’île a coûté environ 30 millions de dollars. Elle a été achevée en 2014.
projeter l’image holographique de leur interlocuteur. L’image semble si réelle que l’on a l’impression que la New Songdo est un modèle de la rugissante technologie. Tous les éléments de la ville sont connec-
tés. Chacun action et transaction sont enregistrés.
téléportation existe enfin. La troisième est l’échange dans Second office, la partie professionnelle de Second life. Si cette connexion permet aux habitants d’avoir des services personnalisés intéressants comme la
• Cela existe encore, dis-je étonné que dans un monde où tout change, des choses aussi médiocres perdurent. livraison automatique de produits manquants ou la mise au crédit écologique de la canette recyclée
dans la bon bac, elle montra vite ses limites. Des habitants condamnés pour avoir jeter un emballage
Fred m’envoie un sourire amusé que je comprends quelques minutes plus tard. Le second office d’aujourd’hui créèrent un mouvement de protestation contre cette hyper-technologie.
n’a plus vraiment à voir avec le Second life d’hier. Fini les paysages au graphisme sommaire et glacial, les
déplacements saccadés, les personnages aux expressions figées. Le monde virtuel a pris des rondeurs et les
avatars sont devenus des doubles numériques très réalistes.10 On ne parle plus de 3D mais de 6D.
10. SECOND OFFICE OU DE LA RÉALITÉ VIRTUELLE ET À VIRTUALITÉ RÉELLE
Première décennie du siècle, les mondes virtuels explosent. Certains sont dédiés aux jeux, d’autres
au travail. Ces univers créés artificiellement par des programmes informatiques hébergent moult
• Ne vous fiez pas trop aux apparences, s’exclame Fred… Comme la virtualité autorise petits mensonges communautés.
et coquetteries, nombreux améliorent leur image virtuelle. Les hommes se grandissent, les femmes Nombreuses entreprises les découvrent par l’intermédiaire de Second life, un univers clone de la
s’enlèvent des kilos et des rides. De plus, pour mener certaines missions, il est conseillé d’avoir des réalité créée en 2003. D’autres comme Sun ou IBM créent leurs propres univers pour réunir les
avatars qui ne sont pas des clones de soi-même. salariés. D’autres encore y viennent en créant des espaces commerciaux.
Fred Meylan possède cinq provatars ou avatars professionnels. Ses doubles numériques assistent aux réunions, Si les débuts des métavers sont laborieux, ils prennent leur envol quand la mise en place d’un
protocole commun permet d’opérer des passages entre les différents univers virtuels et le Web.
conférences, échanges qu’elle choisit. Ils enregistrent toutes les données et font un rapport synthétique. Progressivement, on passe du Net traditionnel aux les univers trois dimension en effectuant en
Le rapport quotidien dure six minutes, le temps idéal pour une attention permanente. Si elle désire en savoir simple clic. Plus besoin comme hier de s’enregistrer mille fois et de jongler entre les différents
plus sur un point, elle déplie la synthèse et obtient des informations plus complètes et détaillées. avatars et profils. En 2007, le célèbre cabinet Gartner prévoyait qu’en 2011, 80 % des internautes
• Ces données tiennent bien entendu compte de celles stockées dans ma boit, ajoute avant de préciser que auraient un avatar. A cette époque, c’était plus de 95 % des internautes qui avaient un ou plusieurs
doubles numériques.
la boit, acronyme de Business Organisation Itérative et taxinomique n’a qu’un vague lien de parenté avec Parallèlement le réel et le virtuel fusionnent. Une réunion est diffusée dans le monde électronique.
la boîte mail d’hier, disparue avec l’arrivée des OTM (Organisme Technologiquement Modifié) ou ceux qui Les doubles numériques réagissent de la même manière que s’ils étaient présents physiquement.
ont grandi avec Internet haut débit. La réalité est augmentée par des informations virtuelles. Lors d’une présentation, on pourra par
exemple avoir des images en 3D des objets évoqués.
Si la distinction entre réel et virtuel a longtemps été sujette à discussion, pour les personnes nées
après 1990 le débat n’existe plus. Pour elles, est réel ce qui est vécu tant dans le monde des atomes
que celui des bits et des octets. Rien de plus logique pour les nouvelles générations, car dans le
souvenir, une expérience ayant eu lieu dans le monde réel ou virtuel tient la même place.
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• Hier les managers se noyaient dans une avalanche de mails. S’ils se plaignaient, aucun dirigeant ne prenait des
mesures pour limiter le flux. Ils acceptaient que leurs collaborateurs les mettent dans des boucles, car cela leur
permettait de tout contrôler. A tous les niveaux, tout le monde faisait la même chose. Un manager pouvait certains
jours avoir à lire plusieurs centaines de mails. Les plaintes n’ayant jamais permis d’améliorer les choses, tout
devait continuer de la même façon si la génération Internet, ceux qui avaient été élevés avec Internet haut débit,
n’avaient pas mis un terme à cette accumulation. Nés dans les années 1990, ils n’utilisaient pas le mail qui avait
mauvaise presse : c’était un outil pour les vieux ou pour communiquer avec eux. Quand cette population a débarqué
dans l’entreprise, elle a imposé ses outils : le chat, les messages courts, le bloging, le micro-bloging… Les entreprises
ont résisté avant de se résoudre à évoluer. 11. UNE SURINFORMATION SALUTAIRE
• Vous voulez dire que la BOIT a résolu le problème de la surinformation. Paola Morandini, chargée de la gestion de l’information, répond à la question que
• Certainement pas et heureusement, car un problème réglé se traduit souvent par un problème plus important à Linus Mei n’a pas eu le temps de lui poser : Vous voulez savoir comment nous avons
résoudre. En revanche, nous avons appris à composer avec la surinformation comme peut vous l’expliquer Paola géré ce que vous nommiez hier la surinformation ? Pas de souci, je vous dis tout.
Morandini11. Le premier chantier consista à centraliser toutes les données. Hier les informations
étaient dispersées entre différents objets, différents comptes d’accès et différentes
applications. Le casse-tête se compliquait quand les personnes travaillaient sur
Après cette digression, Fred Meylan me précise le fonctionnement de Second Office. Un signe indique si le provatar plusieurs ordinateurs, et à différents endroits. Aujourd’hui, on a de partout accès à
présent est en mode écoute ou en mode participation. Quand il est en mode écoute, il n’intervient pas dans la réunion, toutes ces informations écrites, sonores et visuelles. Il suffit d’un mot, de référence
mais en revanche, il se doit de répondre si on le sollicite ce qui est, au demeurant le cas, à cet instant. sur un contexte pour les retrouver. Si je dis à la machine, "déjeuner avec John,
A cet instant, une demande d’intervention lui est signifiée par le clignotement de son bracelet. Une pression, sa discussion sur les nouveaux locaux", il me détaille tout ce que nous avons dit sur
le sujet. Il va ensuite rechercher tout ce qui, dans l’entreprise, a été dit et écrit sur
manche se transforme en écran qui fait apparaître la partie de l’univers virtuel qui la sollicite. L’échange dure quelques nos futurs aménagements. Je clique pour les lire ou écouter ceux qui m’intéressent.
minutes. Elle le conclut en disant à mon adresse : Je peux aussi lui dire : "Trouve-moi le dossier apporté par le jeune homme blond
• Ne vous leurrez pas, la technologie permet l’échange, mais aussi performante soit-elle, elle ne suscite pas l’envie qui portait une chemise orange." Si mes informations ne sont pas suffisantes, il me
d’échanger. En réaménageant l’espace, nous avons juste tenté de casser quelques barrières qui les empêchaient. posera quelques questions. Dans 95 % des cas, il faut moins de 30 secondes pour
trouver ce que je cherche.
Lorsque chacun est enfermé dans son bureau, qu’il est coincé dans sa fonction hiérarchique, qu’il est embrigadé L’intérêt de ce système est qu’il n’y a aucun classement. Chacun fait le sien ou aménage
dans des codes vestimentaires ou autres, la parole est rigide, contrainte, coincée dans une sphère raisonnable. Cet les informations comme il le désire. S’adapter au classement des autres est un exercice
enfermement empêche les sorties de pistes et envolées nécessaires à la mise en place des processus innovants de contorsion cérébrale qui est assez pénible.
nécessaires pour la survie de l’entreprise. Le deuxième chantier fut la gestion de l’information collective. Le principe adopté
fut un fil d’abonnement à des sujets de discussion des différents groupes avec lesquels
vous interagissez. Ainsi si vous vous occupez de la réorganisation des locaux et voyez
passer un message sur le sujet, vous cliquez et vous serez au courant de tout ce qui
se dit. Vous n’êtes plus pollué par les messages où vous êtes en copie, vous choisissez
ceux qui vous intéressent.
Le troisième fut ce qu’on a appelé la diversité culturelle. Le principe est de proposer
sur des informations variées afin d’acquérir une vision 360 ° d’un sujet. Cela répond
un constat d’inceste culturelle.
Je m’explique. Les chercheurs se sont aperçus que nous avions tous tendance à cher-
cher et trouver des informations qui correspondent à notre système de référence
et s’intègrent dans notre corpus d’idées. Si je veux trouver des informations sur
l’aménagement des bureaux, j’irais naturellement voir ce qu’on fait d’autres entre-
prises, mais j’aurais moins l’idée de me renseigner sur la manière dont les touaregs
travaillent sous les tentes. Et pourtant, si je veux trouver une idée originale, il faut
que j’aille me nourrir avec ce non habituel. Nous avons mis en place un balayage
aléatoire du Net.
Pour chaque sujet, il est proposé des dizaines de références. C’est en clair la version
plus sophistiquée de Google actualités. Hier, vous mettiez un mot et des liens vous
étiez proposés. Aujourd’hui, effectue une analyse plus fine pour faire des propositions.
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> Complexe managerial
2 octobre 2020 à 12 h 35. Linus Mei découvre Managéo, le système de management de 12. LE FANATISME TECHNOLOGIQUE
CinqS. Dopage des interactions, exacerbation de la serenpidité, gestion de l’inattendu,
ouverture des sources sont les ingrédients favoris de ce cocktail managérial. Hier, nous avions une foi religieuse et fanatique en la technologie. Nous étions persuadés que tous les problèmes créés
par une technologie seraient réglés celle qui lui succèdera. Est-ce aujourd’hui toujours le cas ? Émilie Desdemone ne
manque pas de réflexion pour répondre à la question de Linus Mei.
A l’issue de cette diatribe contre l’entreprise cloisonnée d’hier, les connaisseurs de Émilie Desdemone : Je me souviens. Cette foi dans cette technologie était d’une force inébranlable et rien ne la perturbait.
ma personne peuvent constater que mon impassibilité légendaire a été égratignée. A l’époque, on imaginait par exemple qu’Internet et toutes les technologies permettant des échanges à distance règleraient
Je n’aime pas qu’on crache dans la soupe d’un passé, certes dépassé, mais qui les problèmes des déplacements et donc contribueraient à la préservation de la planète. Il n’en fut rien. D’une part,
on constata que tous les serveurs et autres outils étaient très gourmands en énergie. D’autre part, la multiplication des
nous a permis de devenir ce qu’on est aujourd’hui. liens virtuels les dévalorisa. On avait tellement d’amis et connaissances virtuelles qu’on ne faisait plus confiance qu’aux
• Vous voulez dire que la technologie est neutre ? dis-je pour mettre mon grain de personnes que l’on connaissait dans la vraie vie. Dans l’élan, le télétravail diminua et les déplacements augmentèrent.
sel dans le débat sans froisser mon hôte. Elle permettrait juste de faire mais c’est Aujourd’hui, si les crashs informatiques mondiaux de 2015 et 2018 ont refroidi cette idéologie techniciste, elle est tou-
l’homme qui choisit ce qu’il veut en faire. jours présente. On imagine encore qu’en augmentant les méthodes de connexion au réseau des réseaux, on va trouver
• Vous voulez rire. Tout être humain est pétri des valeurs des choses qu’il possède un moyen d’éviter un nouveau cataclysme numérique. C’est à croire que tout le monde a embarqué dans un train à
pleine vitesse. On se désole tant de sa trop grande rapidité que ne pas pouvoir descendre, mais personne ne pense qu’on
et utilise. Mais sur ce sujet, je vous invite à contacter Emilie Desdemone12, peut faire ralentir l’engin.
elle a un point de vue intéressant sur ce qu’elle nomme le fanatisme technologique Cette croyance à la sainte technologie rédemptrice du monde se constate aussi dans le nombre croissant de technolâtres
ou la croyance que la technologie peut régler tous les problèmes et surtout les fous qui, persuadés que la science pourra demain leur redonner la vie, désirent se cyrogéniser.
catastrophes qu’elle a provoqué. C’est le mal par le mal. On fonctionne comme Linus Mei : La pensée dominante d’hier considérait que la technologie était neutre et que seul l’usage que certaines
ce général de l’armée intervenant au Vietnam au siècle dernier et qui disait : personnes en faisaient pouvait être remis en cause. Est-ce que cela a changé ?
"Nous avons détruit la ville pour la sauver." Après avoir absorbé les remarques Émilie Desdemone : Pas d’un iota. Les deux crashs n’ont pas fait évolué les mentalités. On pense encore que comme les
acerbes de notre collaboratrice sur le conditionnement par la technologie, je nouveaux fusils lasers pourraient servir à ouvrir des noix, ils ne vont pas inciter leurs propriétaires à la violence.
vous invite à mettre la technologie en perspective du temps d’une autre manière Linus Mei : Quels changements dans les mentalités occasionnées par les technologies avez-vous constaté ?
en interrogeant notre responsable de la mémoire sur les métiers sabot13 ou les Émilie Desdemone : Elles ont tout d’abord effectué un rétrécissement de notre champ temporel et spatial et en conséquence
métiers qui n’ont pas été bouleversé par l’évolution des technologies. de notre champ mental. Quand il fut devenu normal de pouvoir communiquer avec toute personne sur la planète,
quelle que soit l’heure et le lieu où l’on se trouve, il devint anormal d’attendre cinq minutes le métro, un ami ou qu’une
idée vous traverse la tête. Cette immédiateté empêche toute forme de maturation. Le fruit doit tomber avant que la fleur
A cet instant, le bracelet, puis la manche de Fred Meylan, se mettent à clignoter et ne s’épanouisse. Comme la nuit n’a plus le temps de porter conseil, on décide avant de réfléchir ou l’on sous-traite sa
elle se transforme en sapin de Noël de l’époque de l’insouciance climatique. réflexion a des intelligences artificielles.
• Désolée, c’est un collaborateur Coréen, dit Fred Meylan en arrêtant les illuminations. La dissolution des distances fait que la proximité n’existe plus. A cause de cela, on a de plus en plus de mal à communiquer
Il est deux heures du matin chez lui. Il faut que je le prenne. A cette heure, c’est avec ses voisins ou ses collaborateurs quand ils sont en face de moi. Dans ce laminage par technologies interposées, on
souvent important. perd au fil du temps la richesse de la communication non verbale.
On assiste aussi à une obsolescence mentale. Comme pour les objets d’hier, toute idée évoquée est déjà dépassée. Ce
Pendant que mon guide refait son monde avec son correspondant du bout du monde, phénomène résulte de l’impact des sites basés sur la génération de contenus par l’utilisateur comme hier Wikipédia. Les
j’utilise mon némone pour noter une judicieuse question à poser ultérieurement à informations s’ajoutent les unes aux autres, mais c’est le dernier qui a parlé qui a raison, ne serait-ce que pour quelques
mon interlocutrice : "Avec la mondialisation, les entreprises tournent 24 heures sur minutes. C’est aussi le principe de tous les blogs, fils de discussion. Avec les rugissantes technologies, nous sommes
24. A cause de cette foutue rotation de la terre, quand certains collaborateurs sont rentrés dans l’ère de l’ère de la vente aux enchères d’idées, d’informations, de contenus... Celui qui a le dernier mot
emporte la mise !
les bras de Morphée, les autres sont sur le pied de guerre. Avec le travail où l’on
veut, quand on veut et même si l’on veut, les frontières entre vie professionnelle et Linus Mei : Enfin, les idées sont rejouées en permanence.
vie privée ont disparu. Comment peut-on vivre, ou même supporter ces confusions Émilie Desdemone : Certes, mais ceux sont gagnants dans l’affaire se sont les vendeurs et non les penseurs.
de vies ?"14 Le troisième impact est la starisation de l’individu. Pendant quelques lustres, on nous a fait croire que si nous étions un
tant soit peu créatif, nous pourrions devenir des stars et être connus par le monde entier. Les suces story de quelques
musiciens, dessinateurs, écrivains devenus mondialement célèbres en quelques clics ont été savamment orchestrés par
les médias pour nous anesthésier le mental. La généralisation de cette mythologie fait qu’aujourd’hui on ne fait plus
pour soi, mais pour montrer aux autres que l’on existe. Et grâce à la technologie, une société du business narcissisme a
émergé. Aujourd’hui, on met aux enchères son âme et on la cède au plus offrant.
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13. LES MÉTIERS SABOT Psychanalyse ?
Les analyses se pratiquent de plus en plus à distance. Les propos de patients sont enregistrés et passés à
Un peu secoué par la critique de la société numérique de sa précédente interlocutrice, l’analyseur sémantique et au détecteur émotionnel. Les progrès de logiciels ont été marqués par l’arrivée des
Linus Mei demande lui demande à Marc Ghosn, le learning manager de CinqS de ART analyses réalisés par les technologies. Les psychanalARTs se contentent d’encaisser les chèques.
le rassurer en indiquant des métiers qui n’ont pas bougé depuis le début du siècle.
Et bien cher Monsieur, je pense qu’aucun. Tous les métiers ont été balayés par les Chirurgien ?
diverses technologies. La quasi totalité des relations avec les clients, fournisseurs, Il garde les mains dans les poches et reste chez lui. Il guide les robots qui effectue les opérations.
partenaires passent désormais par le réseau des réseaux. Le cortège d’innovations
issues du mariage des nano-bio-info-cogno technologies ont concerné toutes les Hôtesse de l’air et steward
professions. Mais prenons les choses en sens inverse, au début du siècle, quels métiers Pas faux. Ils ont été supprimés pour faire des économies et remplacés par des distributeurs individuels de
pensiez-vous qui ne subirez pas cette tornade ? boissons et nourritures et des téléhotesses. Pour gagner encore plus, après les agents des centres d’appel, des
avatars répondirent aux questions et tentèrent de calmer les angoisses des passagers. Comme ces édulcorants
Je ne sais pas... Coiffeur ? électroniques n’ont pas réussi à endiguer des mémorables paniques, les hôtesses et stewards ont fait leur
Perdu. Les coiffeurs utilisent aujourd’hui les miractions ou des miroirs qui montrent réapparition dans les avions. Pour les occuper pendant les voyages, on a supprimé les distributeurs de boissons
la tête qu’on a après une coupe. Cela aide les clients à effectuer leur choix. Ensuite, et nourritures. Aujourd’hui le personnel de bord fait donc exactement le même travail qu’hier.
ils disposent de robots de coiffage qui effectuent la coupe choisie. La chaine Jacques Vendeur de crêpes
Strange vient de lancer les robots de coiffage d’appartement qui sont amortis après Gagné encore. Ils nous attendent toujours au coin de la rue. La seule différence est que, préservation de la planète
une dizaine de coupes. A mon avis, cela va faire fureur. oblige, ils pédalent pour alimenter leur plaque de cuisson.
Plombier ?
Le plombier en salopette, toujours introuvable lorsqu’on a besoin, n’existe plus.
Aujourd’hui lorsqu’on a un problème de tuyauterie, un technicien effectue un
14 SUR LE PONT 24 HEURES SUR 24
diagnostic à distance. Ensuite, il lance une auto-réparation qui a été rendue possible "Avec la mondialisation, les entreprises tournent 24 heures sur 24. Du fait de la légendaire rotation de
par l’utilisation de matériaux programmables. Quelques impulsions électriques suffisant la terre quand des collaborateurs dorment, les autres sont sur le pied de guerre. Avec le travail où l'on
pour les faire changer des formes, on induit un allongement qui bouche la fuite. veut, quand on veut voire si l'on veut, les frontières entre vie professionnelle et vie privée ont disparu. Com-
En prime les fuites sont rares car les parties sensibles des conduites contiennent des ment peut-on vivre cette confusion des vies ?" Quand Linus Mei pose une longue question, Léo Adengué,
particules de nano-polymères qui adoptent une forme liquide lorsqu’elles sont soumises responsable de l'organisation du temps, prend le temps de lui répondre.
à une forte pression. C’est la technologie mise au point pour construire les habitations Le partage entre vie professionnelle et privée ne pose pas de problème si le top management de l'entreprise
dans les zones sismiques. Le liquide comble les fissures avant de solidifier. considère qu'une absence de confusion entre les deux temps de vie est essentielle. En cas contraire, les
collaborateurs se fatiguent, s'aigrissent et développent des graves pathologies individuelles et collectives.
Laveur de vitres ? Pour gérer ce problème, CinqS a mis en place un système où chaque collaborateur indique sa disponibilité.
Vous n’en verrez plus car les vitres sont autonettoyantes. Les gouttes d’eau n’adhèrent Vous pouvez être :
pas sur la vitre mais roulent dessus et entraînent les salissures. Cette technologie date - Open. N'importe qui peut vous contacter sur tous les sujets.
de 2006. Elle a été mise au point par Willam Barthlott de l’Université de Hambourg. - Dispo pour des personnes ou groupe de personnes ou pour tous les individus travaillant sur un sujet précis.
Le chercheur s’est inspiré des pétales de la fleur de lotus pour réaliser des surfaces En réunion ouverte. Toutes personnes intéressées par le sujet peuvent vous demander d'y participer.
possédant cette propriété. En revanche, on a vu l’apparition d’électriciens de vitres - Occupé. On peut vous contacter qu'en cas d'urgence.
pour l’entretien des vitres commutables qui deviennent surfaces éclairantes le soir. - Déconnecté. Vous ne voulez pas être joint.
Le système ne fonctionne que si tout le monde respecte vos indicateurs, patrons compris. A CinqS, cela
Horticulteur ? fait partie du règlement intérieur et une commission veille au grain. Si un collaborateur dérange un autre
Il est devenu designer-génétique. Son principal travail consiste aujourd’hui à bricoler qui s'est déclaré occupé ou déconnecté, un message lui est envoyé et il doit se justifier. On s'habitue vite à
des gènes pour créer des fleurs et des plantes exceptionnelles. La grande mode en ce respecter le principe.
moment est la fleur sensitive qui change de couleur en fonction de la voie de celui
qui lui parle. - Est-ce qu'un collaborateur peut indiquer en permanence qu'il est déconnecté ?
Lors de la culture, il utilise de la poussière intelligente. Des minuscules puces dotés - Dans la théorie oui. Dans la pratique, il creuse sa tombe professionnelle vu que mener une mission sans
de capteurs mesure les différentes composantes comme l’humidité, la pollution et échanges est impossible. A vrai dire, on a plus d'excès dans l'autre sens. Ceux qui sont nés en 1990 et
déclenchent arrosage ou autres. 2005 sont souvent victimes d'une "connectivite" obsessionnelle. Ils se sont démarqués des générations
précédentes en développant de nombreuses relations virtuelles, puis ils ont été fasciné par la virtualisation
de la réalité. Tout cela a été tellement vite qu'aujourd'hui ils ont peur de perdre quelque chose lorsqu'ils se
déconnectent. Le problème est qu'ils ont souvent du mal à faire la part des choses entre le réel et le virtuel,
le professionnel et le privé, le proche et le loin...
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A ma surprise mon némone se déplie. Un homme s’affiche sur l’écran et entame une réponse à mon interrogation.
A l’issue de l’entretien, un message signé Fred Meylan s’affiche sur l’écran : "Comme ce ne sont pas les heures qui sont
précieuses mais les minutes, je vous propose d’augmenter la valeur des dix suivantes en allant retrouver John Rzenuk Tout le personnel de CinqS s’affiche sur BackBook. Chacun doit créer et animer au minimum
dans la salle d’écosport. Il vous parlera de Managéo, la stratégie managériale de CinqS." trois groupes d’actions. Tous les thèmes sont permis. La seule règle est de se fixer un objectif qui
Alors que je lève la tête pour chercher mon guide afin qu’elle m’indique où la salle d’écosport, je vois un panneau dépasse le cadre de ce groupe afin d’éviter le nombrilisme intellectuel.
lumineux qui indique : "Salle d’écosport, suivez les flèches bleues." D’autres méthodes existent pour doper les interactions. Par exemple, la méthode de recrutement
Le guidage me conduit dans une salle de gym et une flèche pointe sur un homme qui pédale sur un vélo d’appartement : des jurés d’hier a été reprise pour des réunions de créa produits.
• Monsieur Linus Mei, j’imagine. Il y a un vélo libre, mais vous n’êtes pas obligé de pédaler.
• Vous faites du sport en travaillant !, dis-je avec une intonation qui une fois de plus trahit mon étonnement. L'ordinateur envoie des invitations à participer à des inconnus. La participation est rémunérée et
• Il faut bien. Lorsque nous pédalons ou ramons, l’énergie corporelle récupérée est utilisée pour alimenter les ordinateurs libre. Chacun peut se retirer quand il le désire :
et autres machines. Même si la production est minime, les petits fleuves font les grandes rivières. • Chez CinqS, nous sommes adeptes des frottements qui créent des interactions mais pas des
frictions qui les détruisent.
C’est donc en pédalant que mon interlocuteur commence à me raconter Managéo. Un récit qui passe par une révision Transpirant et soufflant, John Rzenuk m'explique que la nécessité de dopage des interactions a
des principes des systèmes complexes : contribué à sonner le glas des organisations hiérarchisées et cloisonnées :
• Un système est complexe, et je précise non compliqué, lorsque ses différentes parties interagissent. De ces interactions • Quand une fourmi a trouvé une astuce performante pour la communauté, la transmission
résultent des phénomènes et propriétés qui ne dépendent pas des constituants. Par exemple, les fourmis interagissent s'opère en un éclair. En quelques heures ce sont des milliards de fourmis qui l'adoptent. Cette
les unes avec les autres. Elles échangent des phéromones et bâtissent une fourmilière, mais aucune fourmi n’a diffusion est rendue possible par le fait que les fourmis n'ont pas de barrières hiérarchiques,
conscience de la fourmilière. Les phénomènes produits peuvent être dantesques par rapport à l’impulsion d’origine. d'a priori, de freins cognitifs. Seule la performance est reconnu. Pour copier cette fluidité, nous
• C’est l’histoire du froissement d’ailes de papillons qui provoque une tornade à l’autre bout du monde, dis-je pour avons conçu un système managérial basé sur la reconnaissance de la compétence.
signaler que mon éloignement ne m’a pas rendu totalement ignare.
• Oui, la nature est un bon terrain d’apprentissage pour la pensée systémique. Comme c’est une entreprise qui fonctionne
depuis des milliards d’années sans faire faillite, elle peut donner d’intéressantes leçons. Même si cette métaphore
négative n’a pas joué en la faveur des systèmes complexes, c’est l’idée phare de Managéo. On a une impulsion initiale
minime pour un résultat important. Nous utilisons ce mécanisme pour doper l’entreprise. On plante une idée et , par
15. BACKBOOK, L’ENFANT PROFESSIONNEL DE FACEBOOK
le jeu des interactions, on espère récolter beaucoup plus qu’on a semé. Si ce pari managérial est osé, car le risque Facebook est né à Harward en 2003. Un jeune homme de 23 ans Mark Zukenberg
de la tempête est toujours présent, il s’avère le seul possible pour surfer avec les incertitudes qui jalonnent le trajet l’a créé pour gérer ses relations sur le campus. En 2008, il rassemblait 100 millions de
d’une entreprise. personnes. Sur Facebook, on créait son réseau en invitant des amis, on participait à des
groupes sur des sujets les plus divers, on proposait événements. Facebook étant ouverte
aux applications tierces, les fonctionnalités furent chaque jour plus nombreuses.
Le concept générique posé, le premier souci de CinqS est de créer le maximum d’interactions entre les différents acteurs Le succès de Facebook reposa sur sa non spécialisation. On pouvait l’utiliser pour faire
de l’entreprise, les salariés, les clients, les fournisseurs. Pour alimenter cette dynamique relationnelle, un des outils des affaires, rencontrer l’âme sœur ou se distraire. Rapidement les entreprises l’utilisèrent
utilisés se nomme BackBook15 en référence au Facebook que j’ai connu dans ma vie de connecté d’hier. pour doper trouver de nouveaux collaborateurs, clients ou encore des idées.
Si cette diversité fit la richesse de Facebook, l’utilisation abusive des informations per-
- BackBook est un réseau social mondial. En clair, c’est votre FaceBook d’hier avec 12 ans d’évolutions technologiques et de sonnelles à des fins publicitaires provoqua des remous.
compréhension de mécanismes de réseau. L’outil n’est pas révolutionnaire, mais il correspond bien à une génération qui a Pour y répondre, Valentin Lucas, un étudiant français créa BackBook dont le modèle
constitué ses premiers réseaux avec des systèmes basés principalement sur "les amis de mes amis sont mes amis". Son économique est basé sur l’adhésion des entreprises. Comme le prix d’adhésion était
principal défaut pour l’instant est qu’il a encore du mal à intégrer la sérenpidité, ou les rencontres basées sur le hasard. dérisoire au regard de l’intérêt de la formule, toutes les entreprises (du groupe international
L’explosion des technologies relationnelles n’empêche pas qu’on a tous tendance à réfléchir en circuit fermée et qu’on à l’entreprise en nom personnel) y adhérèrent et poussèrent leurs collaborateurs à y être
actifs.
préfère la consanguinité des idées plus rassurantes mais moins créatrices. Aujourd’hui, BackBook est un outil incontournable de la gestion des relations entre
tous les acteurs de l’entreprise. Les backbookeurs, ou gestionnaires des réseaux Back-
Book, sont aujourd’hui très recherchés par les entreprises.
Si BackBook a eut de nombreux concurrents, son succès tient au fait qu'il s'est positionné
à l'interface de tous les univers virtuels et a contribué à faire le lien entre des espaces a
priori inconciliables.
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Je souris de cette avancée. Hier, comme beaucoup, j'ai souffert qu'on ne reconnaissait que les
diplômes et que nombreux managers en profitaient pour masquer leur incompétence.
• Et comment s'est opéré cette révolution ?
• Avant de partir dans votre île, est-ce que vous jouiez à des jeux vidéo ?, demande John Rzenuk.
Etant un adepte de World of Warcraft et autres jeux massivement multi joueurs, je réponds
par l’affirmative.
• Alors, vous vous souvenez que dans ces jeux, d’une part les meneurs sont choisis pour
leurs compétences, d’autre part chacun joue un rôle dans le dispositif. On gagne une mission lorsque Une entreprise ouverte, sans secret, sans hiérarchie qui métisse ses idées, les confrontent à celles de la
chacun est à sa place et respecte l’autre. Nombreux salariés de CinqS étant des anciens concurrence et profite du hasard… Ne croyant pas aux contes de fée, cela me semble inconcevable. Je fais
joueurs, cette philosophie est partagée par tous. part de mon incrédulité à mon interlocuteur.
L'axe suivant du dispositif managérial de CinqS est l’ouverture des sources. L’entreprise ne •C’est dans la logique du Web où l’on pouvait naviguer de lien et lien et faire le tour du monde sans avoir
cache plus ses secrets de fabrication, ses astuces marketing, ses ruses stratégiques. Après le de passeport. A un moment, l’entreprise n'a pas eu d'autre choix que de casser les barrières qui l’isolaient
"vivons cachés, vivons heureux" qui a longtemps été la seule règle dans les entreprises, elle et la coupaient de ses clients, dit-il en précisant que la plus grande difficulté fut de faire accepter aux
semble entrée dans l’ère du "Moins on cache, mieux on se porte". experts17 qu’ils devaient fonctionner autrement.
Selon mon interlocuteur, l’ouverture des sources est liée à la vitesse d’évolution du monde.
Quand tout va de plus en plus vite, les entreprises n’ont plus le temps de réinventer la roue en
permanence.
• Pour aboutir au même résultat, les entreprises dites "open source" doivent refaire les peintures, 16. LE DILEMME DE LA RÈGLE DU 80/20
celles qui cachent leurs informations sont obligées en plus de remonter les murs. Les managers
intelligents ont vite compris l’intérêt de l’ouverture. Dans la première décennie du siècle, Google popularisa la règle des 80/ 20 ou 80 % du temps
travaillé pour l’entreprise et 20 % sur un projet personnel. Le principe n'était pas humanitaire
ou philanthropique mais intelligemment intéressé. Pendant leur 20 % de temps libre, nombreux
Dans la lignée de l’ouverture des sources, Managéo préconise de s’organiser pour profiter de salariés participaient à des travaux de la communauté des logiciels libres ou effectuaient des re-
toutes les intelligences et en particulier celles qui se situent en dehors de l’entreprise. cherches dans des domaines pointus. Ces acquis profitaient à l'entreprise.
• Logique, s’exclame John Rzenuk, il y a toujours plus d’intelligences en dehors de l’entreprise En clair, les succès de Google furent de manière incontestable à mettre sur le compte de l’aération
qu’à l’intérieur. de l’esprit que le personnel acquérait avec ce système.
L’entreprise californienne fit école et aujourd’hui toutes les entreprises innovantes ont adopté ce
modèle. Comme il est fréquent que le projet personnel s’avère très rentable pour l’entreprise, la
Pour organiser la confrontation entre savoirs internes et externes, CinqS a mis en place une difficulté est aujourd’hui de déterminer ce qui est professionnel et personnel.
série de dispositifs. Outre le coworking et BackBook déjà évoqués, elle pratique la règle des
80, 2016 qui semble est devenu incontournable pour toutes les entreprises soucieuses de leur
avenir. 17. LA FIN DES EXPERTS
Dans la machine managériale de CinqS, le dernier étage de la fusée est la gestion de l'inattendu Début du siècle, être expert était bien vu. Avoir ce label signifiait qu’on possédait un savoir dans
qui résulte de ces interactions. un domaine que les autres n’avaient pas.
• Profiter du hasard est le plus compliqué car il faut pratiquer un assouplissement neuronal Mais, l'aura a été égratignée quand on a constaté qu'être expert signifiait en savoir plus sur un
permanent afin d'effectuer de nombreux écarts de pensées. En clair, quand il se présente, il sujet et moins sur les autres. Plus une personne était experte d'un domaine, moins elle était
ouverte aux autres.
faut le croiser avec de multiples données et imaginer en un temps record diverses solutions Avec le développement des systèmes collaboratifs à grande échelle, les savoirs individuels ont été
et choisir la bonne. C'est une pratique sportive qui nécessite de l'entraînement. Il faut bien perçus comme des briques permettant la construction collective. Ces savoirs ne s’imposaient plus
entendu avoir compris auparavant que le hasard n'arrive jamais par hasard. On crée les conditions mais se négociaient au sein d’un groupe. Les connaissances des uns n’étaient considérées comme
de son arrivée. valides que si elles étaient acceptées par le groupe.
Dans cette logique, le terme d’expert a disparu pour être remplacé par celui de contributeur de
savoirs. Des professions comme celles d’expert comptable ont changé de nom et se sont appelézs
Conseiller au bilan des entreprises ou conbilateur.
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Sur ces entrefaites, Fred vient nous rejoindre et dit en s’amusant :
•Alors, John vous a venté les mérites de son Wikipédement18 ? C'est grâce à cette méthode que la célèbre DChé
tour a été construite et a permis le recyclage de milliards de tonnes de déchets. Un système managérial qui frise
la perfection.
• Perfection... Un mot lénifiant qui pue l'ennui, rétorque John. Heureusement que la perfection n’existe pas ailleurs
comme ici. Partout, nous vivons une tension permanente entre libertés et aspirations individuelles et exigences du
collectif. Quand des individus se démarquent, ils sont exclus par le groupe. Quand le collectif imprime sa suprématie,
ils sont étouffés et le groupe se sclérose. Même si on réfléchit beaucoup sur le sujet, il a dans notre organisation
une tendance à vouloir taper sur le clou qui dépasse afin de faire disparaître de notre champ de pensée. Et pourtant, > gratuite payante
ce sont avec les idées qui dérangent, qui sortent du cadre qu’on peut aujourd’hui faire la différence.
2 octobre 2020 à 14 h 18. Linus Mei prend dix ans en quelques secondes en découvrant
les fabriquantes ou imprimantes qui créent des objets. Il s'emmêle aussi les neurones en
essayant de comprendre comment CinqS peut gagner de l'argent en vendant du gratuit.
18. UNE TOUR AU MODE WIKIPÉDEMENT A l’issue de son envolée iconoclaste, Fred se remet à clignoter.
Le Wikipédement est un mode de management issu de l’expérience de construction de l’encyclopédie
Wikipédia. Il consiste à élaborer une œuvre collective avec les apports de personnes qui n’ont a priori aucun
lien. Ce mode de management a permis d’unir les talents et le temps de 40 000 personnes pour construire Le nouveau paysage du stress
la D’ché Tour. Plusieurs milliards de tonnes d’ordures ménagères ont servi de matériau de construction
pour cet immeuble de 400 mètres de haut. John définit les principes de bases du Wikipédement. Selon une étude de Janvier 2020 du cabinet Gartnik group, les salariés des
De la hauteur entreprises 2020 sont moins stressés que ceux du début de la décennie.
La première chose est d’avoir un projet qui fasse rêver et qui a assez de hauteur pour que l’on ne le perde Les raisons semblent être :
pas de vue. On ne mobilise pas les énergies sur un projet tiède. Si j’avais proposé d’imaginer collectivement La prise de responsabilité dans la gestion de sa vie professionnelle.
des manières originales de recycler des déchets, j’aurais intéressé les spécialistes du domaine. Ils auraient Les salariés se sentent moins dépendants du bon vouloir de petits chefs en mal d'autorité.
travaillé ensemble pour proposer un peu mieux de la même chose. Il n’y aurait pas eu une de ces ruptures Ils prennent des décisions et de ce fait assument mieux leurs échecs et erreurs.
qui sert de trampoline au progrès.
Du sens • Le système d'organisation La hiérarchie étant liée aux compétences et aux talents et
L’important est que la finalité du projet soit extérieure au groupe de réalisation. Cela génère une motivation ne dépendant plus des diplômes et autres privilèges, elle semble plus efficace et moins
qui impulse une dynamique au groupe et fédère des compétences, des savoirs, des intérêts différents. pesante.
Des foules intelligentes
Il y a création d’un cercle vertueux lorsque un grand nombre de personnes se sent concerné par le projet.
Plus on est de fous, plus on dégage de l’énergie. Comme on fonctionne en système complexe, l’énergie • Le mode de travail N'étant en moyenne que deux jours et demi dans l'entreprise, les
collective est supérieure à la somme des énergies individuelles. Cette amplification existe lorsqu’on supprime salariés apprécient de retrouver leurs collègues et ils se sentent moins prisonniers des
les barrières entre toutes les formes d’intelligence et de savoir. L’important est de créer des chocs culturels horaires. Ayant une impression de liberté, ils acceptent mieux les surcharges de travail.
productifs.
Un mariage de savoirs • La vitesse Si elle a donné le vertige aux générations précédentes, les nouveaux salariés
La Tour D’ché est né d’échanges entre des spécialistes du recyclage des déchets qui se lamentaient sur
la pérennité de certains déchets - 400 ans pour la barquette plastique, 4000 ans pour les bouteilles en ayant le cerveau façonné aux multi-tâches et à l'éphémère, apprécient les changements
verre !- et des architectes. Ces derniers se dirent qu’ils avaient là un matériau bon marché et une source permanents qui évitent la sclérose des organisations.
d’apprivoisement en flux continu. Le lien entre les chercheurs en cognition augmentée, spécialisés dans Le bonheur n'est pour autant dans le pré de l'entreprise, car nombreux avouent de ne pas
l’étude du fonctionnement du cerveau lorsqu’il se trouve en état de surcharge d’émotions et d’informations, trouver le sens de leurs actions quotidiennes. Comme dit Marc, un cadre de 28 ans : "On agit,
et les logisticiens ont permis d’inventer les ateliers de construco-déstressage.
vit, travaille dans l'instant. On pose des touches sur le tableau de notre vie et on n'a aucun
recul pour découvrir notre œuvre et mieux encore l'apprécier."
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LES PRONETAIRES
Avec les robots et le développement de l'intelligence artificielle, on a un temps imaginé que
la technologie supprimerait les travaux ingrats. Il n'en fut rien. Le Net a fait apparaître de
nouveaux boulots pénibles.
Dans la liste, on a par exemple les farmers. Au début du siècle les farmers étaient des joueurs
qui, contre rémunération, permettaient à d'autres joueurs de passer des étapes délicates. Les
farmers étaient la plupart du temps des jeunes chinois qui travaillaient dans des conditions
inhumaines pour de riches américains. Aujourd'hui, les farmers sont tous ceux qui travaillent
pour performer l'image numérique d'un autre. Création de fils d'information, écriture de
commentaires, posts divers, photos, montages créatifs, recherche d'amis... En référence aux
nègres qui écrivaient des livres pour un autre, on les nomme aussi les black.
On a aussi les mécaniciens qui font des travaux que les ordinateurs ne peuvent pas faire
ou du moins en utilisant peu de ressources. Les mécaniciens vont par exemple repérer les En l’espace de moins de temps qu’il faut pour l’écrire, elle s’entretient avec les uns de la dernière cartographie des
personnes qui sourient sur une photo ou choisir dans une série de photos d'immeubles celle collaborations, un système qui géolocalise les acteurs d’une mission. Elle tente ensuite de convaincre d'autres d’intégrer
qui montre le plus clairement la façade d'un commerce donné. Le nom vient de Mechanical trente mots supplémentaires dans le chindish, la langue véhiculaire des affaires. Ses interlocuteurs désapprouve
Turk qui, fut, outre un automate du 18e se présentant comme un joueur d'échec, un service cet enrichissement en considérant que pour les échanges évolués on utilise la traduction automatique contextualisé
mis en place par Amazon, un géant du commerce. présent dans tous les systèmes de téléprésence. Dans l’élan, elle accorde une interview à la télé de la société sur les
travailleurs, victimes du numérique.
En prime, de nombreux sujets d'agacements existent, le cabinet Gartnik en a listé quelques unes :
- Les caméras de surveillance qui, sous prétexte de sécurité, voient à travers les vêtements des CHINDISH, LA LANGUE DES AFFAIRES
salariés.
Le chindish est un mélange de mandarin et chinois. Cette langue des affaires est composée de 500 mots.
- L'organisation du covoiturage et en particulier la nécessité d'attendre des collègues en réunion. Elle est utilisée surtout pour les échanges professionnels informels qui ne sont pas numérisés.
- L'obligation d'envoyer un message tous les dix minutes sur les fils de micro-blogging de l'entreprise.
- Les sièges et autres objets qui enregistrent et visualisent les émotions.
- L'incitation à porter des t-shirts qui diffusent des fils d'informations. Tout en s’animant, elle me confie à Capucine, l’animatrice de l’usinarium.
- La gestion du planning par géolocalisation des partenaires professionnels. En arrivant dans ce nouvel espace, je m’aperçois que je ne connais pas encore l’activité de CinqS.
- Les remontrances par projection de mots sur les murs du bureau. • Nous produisons des fabriquantes ou si vous préférez des imprimantes qui impriment des objets, répond Capucine.
- Les réunions "énergie" au cours desquelles il faut pédaler pour alimenter l'entreprise en kilowatts. CinqS travaille sur plusieurs modèles d’imprimantes. La première, basique, ressemble à une imprimante laser d’hier et
- Toutes les technologies qui évaluent de manière machinale les compétences, talents et évolutions fabrique des objets simples pour la maison. La deuxième intègre l’impression de mini robots qui vont assembler les
de projets. différents éléments imprimés. La troisième produit des objets éphémères. Quand ils sont utilisés, il suffit de les jeter
- La non protection de sa vie privée. dans la fabriquante qui les réutilise pour en fabriquer d’autres.
- Le maniement pervers des GV (Googleum vitae ou système permettant de disposer immédiatement
d'une masse d'informations sur un individu. )
- La systématisation des binômes JV (jeunes/vieux) et toutes formes d'automatisation d'une recette L’USINE À DOMICILE
qui a fonctionné.
Première décennie du siècle, les imprimantes entament leur révolution en proposant l'impression en 3D qui
- Les appareils qui mesurent l'état de stress et proposent des jeux qui permettent de prendre de permet de créer des objets en relief. Si le concept n'est pas nouveau, à cette époque le prix de ces machines tombent
la distance et relativiser. et deviennent rapidement abordables.
- Le dérangement par image holographique. Parallèlement les impressions sont de meilleures qualités et les modèles à télécharger plus nombreux.
- Les personnes qui continent à confondre progrès technologique et progrès sociétal. Mais le vrai changement arrive avec la diffusion des nano imprimantes moléculaires qui permettent de recycler
- Les robots et autres clones qui prennent des décisions incontestables. une vieille basket en gecko (une chaussure pour marcher sur le plafond) ou une assiette en appareil photo dernier
cri de la rugissante technologies.
La duplication des objets matériels comme le sont depuis longtemps les biens immatériels nous fait entrer dans
une économie de l'abondance qui nécessite une révision profonde de tous les modèles économiques.
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Les chercheurs et les techniciens n’ont pas chômé pendant mes dix années
d’absence. En 2008, même si les imprimantes 3D commençaient à se développer
et les prix tombaient, il aurait fallu être visionnaire pour imaginer que cela serait
un bien d’équipement courant dans les familles européennes.
• Ici, nous avons un modèle de fabriquante qui crée une réplique d’elle même,
dit Capucine.
Deux.. Tout ce qui est numérique est copiable et n’a donc aucune valeur marchande.
En voyant la construction d’un modèle cloné, j’ai l’attitude du gobeur de mouche et - Même, si à votre époque on essayait encore de lutter contre les copies de films, disques, livres, l’industrie a fini
ne peux pas m’empêcher de m’exclamer : par se rendre compte que rien ne pouvait endiguer le phénomène et qu’ il fallait donc intégrer cette donnée dans la
• C’est de la folie. Vous cassez votre propre boutique. réflexion stratégique.
Après s’être amusé de mon étonnement, Capucine dresse la liste des règles Trois. Les entreprises doivent inventer et réinventer des modèles économiques innovants.
actuelles du marché. Une fois encore, la référence incontestée de ce principe est Google. Au début du siècle, alors que les acteurs du Net
tentent de gagner de l’argent en faisant des portails susceptibles de générer un trafic suffisant pour vendre des espaces
Un. Les entreprises doivent rivaliser d’imagination pour vendre du gratuit. Avec la publicitaires, l’entreprise californienne se démarque. Outre créer un moteur de recherche performant qui devient
musique, les films, les jeux gratuits, les jeunes d’hier ont grandi dans une culture incontournable, elle comprend que 1 % de 1000, c’est plus que 10 % de 100. Forte de cette réflexion, elle imagine un
de la gratuité. Aujourd’hui, elle a imprimé une marque dans la société avec laquelle système de vente de mots clefs basés sur des micro-paiements effectués par les millions de propriétaires de site.
les entreprises doivent composer si elles veulent survivre.
Pour gagner de l’argent, CinqS jongle en permanence avec différentes composantes.
VENDRE DU GRATUIT La première est le zéro défaut de ses produits, car la moindre défaillance peut obliger l’entreprise à mettre la clef sous
Avec la duplication des biens matériels comme immatériels, les entreprises la porte. Un concurrent de CinqS a connu une fin tragique parce qu’un couple de jeunes mariés a failli périr étouffer en
ont été obligées de réfléchir à la manière de vendre du gratuit. Chaque imprimant sa liste de mariage. Les objets étaient tous cinq fois plus grand que prévu. . En quelques minutes, le récit
jour, elles se demandent pourquoi un client paierait pour avoir quelque de l’aventure avait fait le tour de la planète.
chose qu'il peut avoir gratuitement. Quelques réponses.
L’immédiateté. Dans une civilisation de l'immédiat, on paye pour avoir La deuxième est la proposition d’un juste prix. Comme le prix des fabriquantes est dérisoire, CinqS se rémunère sur le
sans attendre. La perception du temps étant relative, l'immédiateté
s'adapte au produit et au public. téléchargement de modèles d’objets. L’entreprise a créé des plateformes de création où créateurs, techniciens, clients
La personnalisation. Si l'aspirine est gratuite, les clients sont prêts à payer échanges. A l’issue de subtiles négociations entre savoirs, compétences et désirs, des prix sont fixés. Ils s’avèrent par
pour avoir une aspirine adaptée à leur ADN. Pour tous objets et services, exemple que originalité et la rareté d’un modèle a un coût que des consommateurs sont prêts à payer.
le principe est le même.
L’authenticité. Pour avoir une version fiable, certifiée, authentique et
qui fonctionne. La troisième est la mise en place d’un marketing responsable. CinqS s’est clairement opposée au neuromarketing et
Le mécénat. Les passionnés récompensent financièrement les artistes, streetmarketing qui polluent esprits et rues.
musiciens, auteurs et autres car ça leur permet de continuer à profiter
de leurs talents.
La trouvabilité. Dans un océan de données, les clients sont prêts à payer
pour les outils où les personnes qui vont rendre visible ou trouvable ce UN BOUTON ACHAT DANS LE CERVEAU
que l’ils cherchent.
Le neuromarketing est une méthode qui utilise les neurosciences pour stimuler la décision d'achat.
Apparu au début du siècle, cette méthode qui s'apparente à de la manipulation s'avère d'une redoutable
efficacité.
Si cette approche commerciale est aujourd'hui interdite en Europe, aucune sanction n'a été prévue pour
ceux qui continuent à l'utiliser.
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Elle communique à travers du co-développement solidaire. Elle a par exemple imaginé en
collaboration avec les Africains des fabriquantes sanitaires qui permettent de fabriquer dans
la brousse tous les objets nécessaires aux soins de la population. D’autres fabriquantes ont
été distribué aux réfugiés climatiques afin qu’ils puissent imprimer le minimum. CinqS ne
communique pas sur ses actions. Elle espère juste que les bénéficiaires de ses générosités
créent un buzz positif. Les retombées sont assez positives pour que l’entreprise ne remette pas
en cause cette stratégie.
> Strictement personnel
Pour compléter le dispositif, CinqS participe à des compétitions sportives responsables comme le
marathon durable des plages où les coureurs doivent pendant l’épreuve récupérer sur le trajet le 2 octobre 2020 à 16 h 18.Métissage de compétences, nouveaux métiers, oxygénation permanente des troupes,
maximum de sacs et déchets plastiques laissés par les générations précédentes. multi culturalité... Linus Mei inscrit ces mots sur son carnet pour se souvenir des problématiques de CinqS en
matière de recrutement.
Alors que Capucine termine son inventaire, Fred Meylan met de nouveau son grain de sel dans
la conversation ; Fred reprend ses clignotements et ses conversations multi-écrans. Son niveau d'adrénaline atteint un niveau
•Notre atout, c’est surtout que rien ne nous interdit de changer d’activité du jour au lendemain inconnu sur l'échelle de Richter quand un collaborateur propose de remettre en place un système de notation
si elle n’est plus rentable. Il y a trois ans, notre business central était le rapatriement des des personnes, produits, outils. Elle peste quelques longues minutes contre ce qu'elle nomme "le terrorisme
personnes blessées ou malades lors de leur voyage. Il y a deux ans, nous avons développé de la médiocrité".
dans cette logique de la télémédecine à distance. Le problème étant le manque de matériel Dans un moment de calme, je l'interroge sur la manière dont elle peut supporter ces sollicitations permanentes.
dans ces contrées pour opérer dans de bonnes conditions, nous avons lorgné du côté des • Je suis une digital native, une OTM, une génération Internet, une Y... Je ne sais plus comment vous nous
fabriquantes… Hier, les entreprises avaient un cœur de métier qui alimentait différents canaux. nommiez à l'époque. J’étais à peine finie que je jonglais entre moult chats, l’écriture d’un blog, l'envoi de
Aujourd’hui, nous avons plutôt un ou des flux de métier qui irriguent différents cœurs d’activité. SMS ; les copier-coller de l’encyclopédie Wikipédia, les jeux en ligne, les échanges de musique, les réseaux
Cette configuration nous autorise à faire battre des nouveaux cœurs. Facebook et autres. J'ai appris très jeune à faire plusieurs choses en même temps donc cela ne me pose pas
de problème.
• Vous avez de la chance, dis-je en bon immigrant numérique qui se sent victime de harcèlement lorsque mon
écran se met à s'agiter.
• Une chance et un handicap. Ce fonctionnement permanent dans l’instantané a aussi sa facette négative. Les
personnes de ma génération ont d’énormes difficultés à regarder en arrière et se projeter dans l’avenir. Sans
racine, on flotte et on a du mal à s'accrocher à la réalité. Sans horizon, on a des difficultés à donner du sens à
nos actions. Un des objectifs de notre système de formation est d’aider les salariés à s'inscrire dans le temps
et à avoir une vision du monde en relief. Pour nous il est évident que pour inventer l'avenir, il faut pouvoir
réinventer le passé.
Même si j'ai l’impression d’être une boule de flipper qu’on envoie se cogner à toutes les butées, c’est avec douceur
que j’atterris dans le giron d’Omar, le responsable des nouveaux savoirs et talents. Avec ce titre new look, Omar
s'occupe tout d’abord du recrutement, une activité qui à l'entendre est complexe.
• C’est cela, reprend Omar. Complexe et pas compliqué… Dans votre hier, on confondait si souvent.
Le premier enjeu pour Omar est de métisser les âges, les savoirs, les cultures, les approches. A CinqS, les salariés
viennent de 70 pays différents. Les effectifs sont composés de 30 % de scientifiques et ingénieurs, 30 %
d’administratifs et commerciaux et 30 % d’artistes.
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ENTREPRISE 2018
ENTREPREPRISE2018
LES NOUVEAUX DÉFIS DU RECRUTEMENT
Vaincre le terrorisme de la notation tous azimuts qui favorise la médiocrité, détecter des
individus qui métissent des savoirs, vérifier la disponibilité des offreurs de compétences…
Pour trouver la perle rare dans une marée de compétences, les filets sont complexes. Pierre
Bunner qui vient de publier un liblog sur le sujet répond aux questions de Julius Mei.
Pierre Bunner, vous venez de publier un liblog sur les nouveaux défis du recrutement.
Quels sont-ils ? • Cette synergie de compétences est un moteur de progrès permanent, dit Omar. Le dessinateur résume
Le premier est de vaincre le terrorisme de la notation tous azimuts. Lancé il y a une quinzaine en trois traits un problème scientifique et permet au commercial de comprendre l’enjeu. Un ingénieur
d’années par un site de vente aux enchères, ce système s’est répandu comme une traînée de et un financier vont mettre en place un cadre contraignant qui va doper la créativité de l’écrivain. Il
poudre. Après les vendeurs, les élèves et les parents ont noté les enseignants, les patients leurs écrira un scénario percutant qui sera exploité par le responsable marketing. A CinqS, on joue au billard
médecins, les clients leurs avocats, les employés leurs patrons... Si cette reconnaissance de la
performance a bouleversé des mœurs et renversé des pyramides, elle a aussi ses limites. Nous avec les idées. L’un tire une idée qui rebondit sur une autre et va actionner une troisième. Avec un peu
sommes tous esclaves de nos croyances et nous avons tendance à confondre ce avec quoi nous de doigté et d’exercice, on atteint la cible visée.
sommes en accord et la qualité de celui qui en rend compte.
Le deuxième est de faire cohabiter les plus de 60 ans et les nouveaux venus.
Vous indiquez qu’il favorise la médiocrité et massacre le talent. Pourriez-vous nous expliquer • Les plus âgés ont commencé leur vie professionnelle lorsque la retraite était à soixante et qu’on avait des
le principe avec un exemple ?
Pour l’article que vous êtes en train d’écrire, vous allez être noté. Comme vous êtes un carrières ascendantes. Ils prenaient du galon et du pouvoir au fil du temps et créaient un embouteillage
professionnel, si vous faites preuve de peu d’originalité, vous aurez une note entre 11 et 14. qui empêchaient la circulation des compétences dans l’entreprise. Les plus jeunes devaient attendre
En revanche, si vous êtes décapant et que vous avancez des idées peu banales, vous ne laisserez que les anciens prennent l’embranchement de la retraite pour pouvoir avancer. Aujourd’hui, on effectue
pas indifférent et aurez des notes soit très hautes, soit très basses. Les individus animés d’un son trajet professionnel en alternant entre les autoroutes et les routes de traverses à progressions plus
sentiment négatif étant plus prompt à la notation, votre note finale se situera en dessous de la
moyenne. Résultat, les rédacteurs en chef feront moins appel à vous et vos finances en pâtiront. lentes mais plus riches en expériences et sensations. Si la transition est délicate, c'est devenu plus
Lors de votre prochaine mission, il y a des grandes chances que vous ne preniez pas de risque et évident avec la mise en place des miles de deuxième vie.
que vous proposiez un article qui ne fasse pas de vague, en d’autres termes un article médiocre.
Votre deuxième défi est de détecter les talents ? Si je ne m’abuse, il n’y a rien de nouveau
sous le soleil. Hier les annonces emploi des journaux servaient aussi à cela. LES MILES DEUXIÈME VIE
La chose est rendue plus délicate du fait des nouvelles exigences des entreprises. Hier elles
recherchaient des personnes ayant une compétence unique : un comptable, un informaticien, Finie la retraite à âge fixe, on peut désormais s'éloigner de la société à tout âge de la vie. Pour
un juriste... Aujourd’hui elles sont en quête d’individus qui, métissant différentes compétences, cela, il faut accumuler des points.
ont un savoir faire et des réflexions originales qui feront la différence. Un informaticien et Outre la durée de temps travaillé qui fournit des points, le gain fait partie désormais de
juriste parlant cinq langues pensera différemment d’un informaticien ayant fait une thèse en toutes négociations salariales.
littérature et une école de théâtre et donc effectuera des développements autres. Dans cette Le compte miles deuxième vie est personnel. Il ne dépend nullement de l'entreprise qui vous
logique, le curriculum vitae s’avère dépassé, car il ne présente que des faits et n’indique rien emploie.
sur les interactions effectuées entre différentes compétences.
Le troisième défi est de vérifier la disponibilité des offreurs de compétences. Est-ce le rôle Le troisième est de gérer le roulement du personnel.
de l’employeur ?
Je ne sais pas si c’est son rôle, mais sans aucun doute son intérêt. Avec l’éclatement des entreprises en • Le fameux turn-over, dis-je.
services localisés aux quatre coins de la planète, l’emploi s’est morcelé. Il est devenu rare de • Turn-over, quel mot désuet ! Nous lui préférons celui d’oxygénation. Comme elle nous semble
travailler pour un unique employeur. On œuvre plus fréquemment deux ou trois en simultané et indispensable pour maintenir la performance créative des troupes, nous engageons nos salariés pour
six ou sept dans l’année. Certaines personnes ayant des compétences pointues sont fortement quatre ans. Chaque année 25 % partent et 25 % arrivent. Nous pouvons réengager d’anciens salariés
sollicitées et ont des surcharges de travail trop importantes pour mener à bien les missions. S’il
faut éviter de les solliciter, la vérification de la disponibilité est d’autant plus délicate que ces après deux ans, le temps qu’ils se soient aérés la tête.
personnes sont moins présentes physiquement dans les entreprises. • Les patrons aussi ?
• Evidemment. Un escalier se balaye par le haut. Si on commence le ménage au milieu des marches,
cela risque de mettre de la poussière dans les esprits.
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ENTREPRISE 2018
ENTREPREPRISE2018
Le dernier dilemme d'Omar est de disposer des compétences pour les nouvelles fonctions de
l'entreprise. Les grilles des métiers de mes années 2008 ont volé en éclat. Les anciens métiers ont
été reconfigurés et de nouveaux sont apparus. Le système de formation trainant un peu, l'affaire
est délicate.
Pour le recrutement, le fameux CV est parti aux oubliettes. Il a été remplacé par des logiciels LES JEUX SÉRIEUX
qui scannent le Net à la recherche des compétences voulues. Depuis une douzaine d’années, les
Les serious game est un jeu informatique qui combine une intention sérieuse de type pédagogique
internautes ont alimenté le grand réseau des réseaux avec des textes, des images, des films, des ou informative et des mécanismes ludiques.
sons… Un balayage intelligent permet de trouver la perle rare qu’il ne reste plus qu’à contacter. Les serious game sont aujourd'hui massivement utilisés par l'éducation nationale. Longtemps réticents,
les enseignants ont constaté leur efficacité. En clair, lorsque les enfants rejouaient la guerre de Cent
ans, ils se souvenaient de tous les détails.
Les entreprises les utilisent prioritairement aujourd'hui pour tester des nouveaux modèles économiques
LA RÉPUTATION NUMÉRIQUE et imaginer d'autres modes d'innovation et de collaboration.
La réputation numérique est l'image que l'on donne avec tous les éléments (articles,
commentaires, photos, vidéos...) qu'on dépose sur le Net.
Dans un premier temps (dans la première décennie du siècle) connaître la réputation • Alors que l’échec est le fondement de la réussite, explique Fred, nous avons tous peur de prendre le risque de
numérique d'un individu fut une affaire artisanale. On entrait dans le moteur de re- faire un faux pas. Dans les jeux sérieux, on comprend que chaque échec comprend une part de réussite.
cherche Google le nom d'une personne et on cliquait sur différentes pages. On procé-
dait également à des notations qui pouvait avoir des incidences non négligeables sur l'activité
professionnelle. Ainsi, en 2008, une étude montrait que les vendeurs qui disposent
d’une bonne réputation sur eBay parviennent à vendre leurs produits en moyenne à un DES MÉTIERS DE DEMAIN
taux 8 % supérieur aux autres vendeurs, pour un produit identique.
Dans un deuxième temps, des logiciels ont analysés et synthétisé ces informations. L'objectif Débloggeur Il balaye le Web à la découverte des blogs et propose aux entreprises les bloggeurs ayant
était de vendre les résultats tant aux employeurs qui en faisaient la demande qu'à ceux les compétences recherchées.
qui recherchaient l'âme soeur. Décodeur interculturel Les équipes de travail étant de plus en plus multiculturelles et multiethniques,
Des contre-logiciels sont vite aperçus. Aujourd'hui, très en vogue, ils permettent de se il analyse les composantes des différentes cultures du personnel et favorise des relations plus harmonieuses.
créer la réputation numérique que l'on désire. Il assiste les employés en poste à l’étranger en leur apprenant à découvrir la culture locale.
Amnésiste Ce thérapeute scanne les cerveaux de ses patients et efface des éléments de mémoire
qu’il est préférable d’oublier. La thérapie est très efficace en cas de deuil, car en quelques secondes
la personne n’a jamais existé pour vous.
• Vous avez donc résolu le problème du recrutement ? demandais-je. Réparateur d’implants Ce techno-chirurgien répare à distance les implants cellulaires et les puces
• En partie, celui qui concerne le repérage des compétences. sous-cutanées ou opère pour les changer.
• Plus exactement, nous avions cru un temps que le problème était résolu, renchérit Fred qui vient Protecteur de données personnelles Il surveille tout ce qui circule vous concernant et vous avertit de
d'interrompre ces échanges. Après avoir permis d’effacer les traces que nous laissons à notre insu toute intrusion dans vos données personnelles et d’une utilisation non autorisée de votre identité.
sur le Net, les logiciels permettent aujourd'hui de se construire son image professionnelle. Courtier en pollution À la demande de ses clients – des entreprises, des organismes gouvernementaux,
des sociétés d’État -, il achète ou vend des quotas de rejets de matières polluantes dans l’environnement
En clair, les internautes qui veulent se faire embaucher dans une entreprise se bricolent une fixés par les gouvernements.
réputation numérique en adéquation avec ses attentes. Une fois encore, on s'aperçoit que la Ethicien en invention Machines à contrôler les pensées d’autrui ou à les manipuler, clonage robotique
technologie déplace les problèmes mais ne les résout jamais. d’humains... Avec de commercialiser des inventions, les entreprises les présentent à un comité
Résultat, CinqS pour recruter des méthodes traditionnelles comme la cooptation. Comme hier, le d’éthique qui les labellisent si elles vont dans le sens du progrès de l’humain.