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Faux et usage de faux en droit pénal

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avril159
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De part le vol l’escroquerie, l’abus de confiance et le recel .

Le faux
constitue aussi une infraction de droit commun et plus particulièrement une
infraction visant à protéger la moralité des affaires.

A première vue, l’incrimination du faux ne semble pas s’inscrire directement


dans le droit pénal des affaires. En effet, les textes qui en organisent la
répression sont placés au premier titre du deuxième livre du code pénal relatif
aux crimes, délits correctionnels et délits de police, avec le chapitre qui
sanctionne la contrefaçon et les usurpations.

Selon le code pénal , le faux consiste en toute modification sur la base d’un écrit
de la vérité , de nature à porter atteinte aux intérêts patrimoniaux , moraux ou
sociaux des personnes physiques ou morales.

Le faux peut être en écritures, de monnaie ou de sceaux… Mais La répression


du faux en écriture présente beaucoup plus d’ intérêt car l’écrit suppose plus de
réflexion qu’une parole et il en résulte dans nos civilisations, une confiance
toute spéciale attachée à ce qui est écrit.

Généralement, le délit du faux est commis pour s’en servir, mais le législateur
marocain fait la distinction entre le faux en écritures privées, de commerce ou de
banque et de son usage qu’il convient d’étudier séparément.

I . Définition :
Pour qu'il y ait infraction, il faut la réunion de trois éléments :

 un élément légal,
 un élément matériel,
 un élément moral

 Elément légal

 Faux
 Selon l'article 351 du code pénal :

« Le faux en écritures est l'altération frauduleuse de la vérité, de nature à


causer un préjudice et accomplie dans un écrit par un des moyens
déterminés par la loi ».

Ainsi, pour qu’il y ait faux, il faut que la vérité ait été altérée(modifiée,
falsifiée) , dans un écrit et par l’un des procédés limitativement énumérés
par la loi .

 Usage de faux  :
le législateur tend à protéger particulièrement les écrits, c'est-à-dire
punir plus souvent et plus sévèrement, ceux qui font de l’écrit, un
mauvais usage. Ainsi l’élément légal d’usage de faux est prévu par

l’article 359 qui énonce que « …celui qui fait usage de la pièce qui savait
fausse est puni des peines réprimant le faux ….».

Le plus souvent, un document n’est falsifié qu’en vue d’être ensuite


utilisé. Mais, en droit, la même personne commet alors deux infractions
différentes :

Fabrication
+
Usage de faux

En effet, de même que la fabrication de faux est punissable en elle-


même, indépendamment de tout usage de la pièce falsifié, de la même
manière, l’usage de faux est puni, même si la fabrication n’a pas été
commise par son utilisateur.

Elément matériel

 L’altération de la vérité
Pour exister l'infraction doit être matérialisée par un acte.
L’altération de la vérité, dont la notion a été dégagée par la jurisprudence
et par la doctrine, est l’élément matériel central du faux. Elle doit être
définie comme une action ayant pour résultat de rendre le document non
conforme à la vérité.
Dans ce sens, le texte marocain prévoit une liste limitative des procédés
caractéristiques du faussaire, dans le but de contenir l’incrimination
dans des limites raisonnables . Ces actes sont prévus par l’article 352 du
code pénal marocain :
Supposition ou substitution de personnes, par exemple :
(affirmation fausse qu’une personne était présente) ;
Altération ou contrefaçon des actes, écritures ou signatures
(par imitation) ;
Fausses signatures ;
Addition, omission ou altération de clauses, de déclarations
ou de faits que ces actes avaient pour objet de recevoir et
de constater;
Fabrication de conventions, dispositions, obligations ou
décharges ou par leur insertion ultérieure dans ces actes;
Des écritures faites ou intercalées sur des registres ou sur
d'autres actes publics, depuis leur confection ou clôture.

 Elément moral

Pour qu'une infraction soit constituée, il faut que l'acte provienne de la


volonté de l'auteur,

 Faux
L’article 351 du code pénal marocain dispose : « Le faux en écritures est
l’altération frauduleuse de la vérité..». Ainsi, celui qui commet un délit de
faux doit agir sciemment, c'est-à-dire avoir eu la connaissance de
l’altération de vérité, et avoir eu la conscience que le faux pouvait causer
un préjudice.
 Usage de faux
L'usage de faux est le fait d'utiliser sciemment un écrit falsifié .Donc
l’élément moral suppose uniquement la connaissance de la fausseté de
l’écrit.

III- Les sanctions :


Etant donné que le faux et l’usage du faux sont deux infractions
différentes, le législateur marocain a bien distingué les sanctions propres
à chacune. De ce fait, il y a possibilité de réprimer l’une de ces deux
infractions sans réprimer l’autre, par exemple, il est possible de
sanctionner l’usage du faux sans sanctionner le faux ou le contraire. C’est
la cas où l’auteur du faux ne présentait pas l’intention coupable ou si il
est inconnu, la sanction dans ce cas ne va concernée que l’usage du faux.

Par ailleurs, le faux et l’usage du faux peuvent être qualifiés de délits


comme ils peuvent être qualifiés de crimes. C’est la raison pour laquelle
l’ampleur des sanctions est importante.
Par exemple, le faux commis par un magistrat, fonctionnaire public,
notaire ou adel en écriture authentique ou publique est sanctionné de la
réclusion perpétuelle. Donc, il est considéré comme crime.

Tandis que le faux commis par toute personne non partie à l'acte qui fait
par-devant adoul une déclaration qu'elle savait non conforme à la vérité
est punie de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à
500 dirhams, de ce fait, il est considéré comme délit.

Le législateur marocain a fixé de nombreuses sanctions du faux ou


l’usage du faux qui varient en fonction de la qualité de l’auteur et de la
nature de l’acte commis. Parmi ces sanctions, on trouve celle relatives à
des faux spécifiques à savoir, le faux en écriture de commerce et de
banque, le faux en écriture privé et le faux dans certains documents
administratifs.
1-Faux spécifiques  :
 Faux en écriture de commerce ou de banque

Auteur Sanction du faux

 Emprisonnement d'un à cinq ans et d'une


Quiconque amende de 250 à 20.000 dirhams
 Interdiction de l’exercice d’un ou de plusieurs
des droits mentionnés à l'article 40
 Interdiction de séjour qui ne peut excéder cinq
ans

 Banquier,  La peine peut être portée au double du


 Administrateur de société maximum prévu au premier alinéa
 Personne ayant fait appel
au public en vue de
l'émission d'actions,
obligations, bons, parts ou
titres

 Faux en écriture privée 

Auteur Sanction du faux

 Emprisonnement d'un à cinq ans et d'une


Quiconque amende de 250 à 2.000 dirhams
 Interdiction de l’exercice d’un ou de
plusieurs des droits mentionnés à l'article
40
 Interdiction de séjour qui ne peut excéder
cinq ans
 Faux dans certains documents administratifs 

Documents Auteur Sanction du faux

 Emprisonnement de six mois à trois


Quiconque contrefait, ans et d'une amende de 200 à 1.500
falsifie les documents dirhams.
désignés  Interdiction de l'un ou plusieurs des
droits mentionnés à l'article 40
pendant cinq ans au moins et dix ans
au plus.

Quiconque se fait l'emprisonnement de trois mois à trois


(Permis, délivrer indument des ans et d'une amende de 200 à 300
Certificats, documents désignés dirhams
Passeports,  Emprisonnement d'un à quatre ans et
cartes...etc.) d'une amende de 250 à 2.500
Fonctionnaire qui dirhams
délivre les documents  Interdiction de l'un ou plusieurs des
désignés droits mentionnés à l'article 40
pendant cinq ans au moins et dix ans
au plus.

Concernant l’usage du faux, les sanctions sont les mêmes pour les
cas de ces faux spécifiques. Toutefois, il est possible que la sanction de
l’usage du faux soit différente du faux,
Par exemple, le faux commis par un magistrat en écriture authentique et
publique est la réclusion perpétuelle, alors que l’usage de la pièce faussée
est punie de la réclusion de cinq à dix ans.
2- Dispositions du droit commun  :
 Prescription

La prescription est la durée au delà de laquelle une action en justice n’est


plus recevable.
Pour le faux, l’action publique court du jour où le document est altéré.
Alors que pour l’usage du faux, elle court du jour où le document altéré
est utilisé
L’infraction se prescrit dans 10 ans si elle est considéré comme crime, et
dans 3 ans en cas de délit.

 Tentative

La tentative du faux est incriminé au même titre que l’infraction


consommé, la référence de ceci est, en plus des dispositions de droit
communs, figure dans l’article 357 du code pénal marocain qui stipule :
« toute personne...qui commet ou tente de commettre un faux en
écriture de commerce ou de banque est punie de l'emprisonnement ... ».

 La complicité 

Le complice d’un faux ou usage du faux est sanctionné de la peine


réprimant l’infraction.
Le faux et l’usage du faux sont deux infractions différentes bien que
ils soient souvent réprimées de la même sanction. De ce fait, on constate
qu’il y a possibilité de réprimer l’auteur de l’une des deux infractions sans
réprimer l’autre, tel est le cas où l’un des auteurs est inconnu.

De même, la prescription de chaque infraction est indépendante de


l’autre, alors qu’elle débute au jour de la fabrication du document faussé
pour l’infraction du faux, elle est déclenchée par l’utilisation de ce
document concernant d’usage du faux. Par conséquent, il se peut que
l’infraction du faux soit prescrite sans que celle de l’usage du faux le soit
réellement.

En matière de sanction, le faux et l’usage du faux peuvent être qualifiés


de délit ou de crime en fonction de l’auteur et la nature de l’acte commis.
Ainsi, le faux commis par un magistrat, fonctionnaire public, notaire ou
adel en écriture authentique ou publique est considéré comme crime
tandis que celui commis par un banquier est un délit.

L’incrimination des deux infractions a pour vocation de punir le recours


à des procèdes et moyens frauduleux en vue de tirer bénéfice de certains
faits et situations. A cet effet, les sanctions appliqués visent à protéger la
moralité du monde des affaires. C’est pour cette raison qu’on constate
que le législateur a accordé un intérêt particulier au délit du faux commis
en écriture de commerce et de banque.

Enfin, il est opportun de noter qu’en pratique le faux et l’usage de faux


sont souvent associés à d’autres infractions tels que l’escroquerie, le
blanchiment de capitaux ou le recel.

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