la langue française
La langue française est la langue parlée en France et dans les
pays francophones. C’est une langue romane ou néo-latine
(comme l’italien, l’espagnol, le portugais et le roumain) qui vient
en grande partie du latin.
Vieille de plus de 1 000 ans, elle a une histoire longue et
complexe et reste en constante évolution.
D’OÙ VIENNENT LES MOTS DU FRANÇAIS ?
Les mots français ont trois origines possibles :
→ ce que l’on appelle le fond primitif, c’est-à-dire le vocabulaire latin
« vulgaire » que l’on parlait en Gaule ;
→ ce que l’on appelle les emprunts, c’est-à-dire le vocabulaire emprunté
à une autre langue ;
→ ce que l’on appelle les formations indigènes, c’est-à-dire le
vocabulaire créé en France à partir de mots déjà existants ou de
contextes régionaux, sociaux, historiques, etc.
À QUELLE FAMILLE LINGUISTIQUE APPARTIENT LE
FRANÇAIS ?
On suppose qu’il a existé, il y a plus de 3 000 ans, une langue qui serait
l’ancêtre commun de la plupart des langues d’Asie et d’Europe : l’indo-
européen.
Par exemple le mot mère en français se dit mater en latin, mêter en grec
ancien, matar en sanskrit, mayr en arménien, mutter en allemand,
mother en anglais, madre en italien et en espagnol, etc. Tous ces mots
différents, qui se ressemblent beaucoup, viendraient de l’indo-européen
mater.
PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE
La langue française est une langue romane ou néo-latine (comme
l’italien, l’espagnol, le portugais et le roumain) qui vient en grande partie
du latin.
Le latin parlé sur le territoire français a évolué avec le temps et est
devenu, au Moyen Âge, du latin « vulgaire » ou « populaire », tandis
que disparaissaient les langues de la Gaule, notamment le gaulois et le
francique. Il reste du gaulois quelques termes ruraux comme
« charrue », « sillon », « glaner ». Du francique, la langue des Francs, il
ne reste que peu de mots, dont « France » et « français ».
Par la suite, la langue a continué son évolution. Avec l’usage, la langue
orale s’est de plus en plus éloignée du latin populaire. Parallèlement, le
français a continué de s’enrichir en empruntant des mots à d’autres
langues ou en créant de nouveaux mots, au fur et à mesure des besoins.
LES EMPRUNTS AUX LANGUES ÉTRANGÈRES
La plupart des termes français sont issus du latin, mais d’autres langues
ont aussi marqué l’histoire de notre langue. Le français a en effet
emprunté de nombreux termes à d’autres langues et ce dans des
contextes historiques, culturels ou sociologiques assez précis (une
guerre, une colonisation, une amitié, etc.).
Le français a, par exemple, emprunté à l’Italien de nombreux mots
relatifs à l’art de la guerre à la suite des guerres d’Italie (1494-1559).
Ainsi le mot « citadelle » (citadella en italien) apparaît en français en
1495, le mot « canon » (canone en italien) en 1585 et le verbe
« attaquer » (attacare en italien) emprunté en 1540.
Ces emprunts sont plus ou moins assimilés phonétiquement dans la
langue française. En général, il a fallu au moins un stade d’adaptation à
la phonétique française pour arriver à l’orthographe actuelle.
l'histoire de quelques mots, de l’arabe au français
latin ancien français
sanskrit arabe espagnol italien
médiéval français moderne
(ar)rasif arrecife récif (1688)
(chaussée, levée,
digue)
çârkara sukkar zucchero çucre sucre (XIIe)
ta'rifa tariffa tarif (1641)
(notification)
sifr (vide, zéro) zephirum zefiro puis zéro (1485)
l'histoire de quelques mots, de l’arabe au français
latin ancien français
sanskrit arabe espagnol italien
médiéval français moderne
zero
nuhh (moelle) nucha (XIe) nuche nuque
(1377)
mahzan magazenum magazzino maguesin magasin (v.
(entrepôt), 1400)
mazahin (pluriel)
zarafa aro(r)afa giraffa giras ou Girafe
(ancien orafle (1298)
espagnol)
LES EMPRUNTS AUX LANGUES RÉGIONALES ET À L’ARGOT
Les emprunts aux langues régionales sont le plus souvent culturels
(c’est-à-dire qu’ils restent marqués par la culture à laquelle ils ont été
empruntés). Cependant certains mots sont entrés de façon plus durable
et stable dans la langue française comme « bizarre » et « bagarre », issus
du basque.
L’argot, en tant que langue populaire, a également apporté de
nombreux mots à la langue française. Bien qu’un grand nombre de mots
empruntés à l’argot soient toujours considérés comme argotiques,
certains ont perdu leur caractère familier (coquille, boniment).
Dans les années 1980, un nouveau type de langue orale a fait son
apparition, le verlan, qui s’amuse à inverser les syllabes de certains mots
très utilisés. Certaines de ces modifications ont fini par se faire une place
dans la langue française familière comme « keuf » (flic) ou « ripou »
(pourri).
les emprunts aux langues régionales et à l’argot
alsacien choucroute, kouglof, winstub, baeckeofe, etc.
les emprunts aux langues régionales et à l’argot
basque bagarre, bizarre, isard, chistera, etc.
breton dolmen, biniou, etc.
provençal cigale, cabas, etc.
argot coquille, grivois, boniment, mec, bidule, connerie, fric, chiper, casquer, etc.
verlan ripou, meuf, beur, trom(é), etc.
QUELQUES RÈGLES SUR L’ÉVOLUTION DE LA LANGUE
FRANÇAISE
Les mots, même s’ils existent depuis des siècles, subissent une évolution
liée soit à la grammaire, soit à la phonétique, mais ils peuvent également
être soumis à d’autres procédés de création :
→ la dérivation : à partir d’un mot existant, par exemple un substantif,
on peut former plusieurs dérivés, notamment un autre substantif, un
verbe ou un adjectif et cela grâce à des préfixe et des suffixes.
exemples :
constitution → constitutionnel → anticonstitutionnel
manger → mangeable → immangeable
allier → alliance → mésalliance
→ la composition : la composition permet d’associer plusieurs mots ou
racines existantes soit en un seul mot, soit avec un trait d’union.
exemples :
dès + ore (« maintenant ») + mais = désormais
social + professionnel = socioprofessionnel
thermos + mètre = thermomètre
pot-au-feu
→ l’analogie : par analogie (ressemblance) avec d’autres mots, des
termes peuvent changer d’orthographe. On peut par ailleurs former des
mots par analogie avec les sons, ce sont les onomatopées.
exemples :
guipillon (de guiper) devient goupillon par analogie avec goupil (le
renard) qui est alors une fausse étymologie.
coucou, brouhaha, ronron sont des onomatopées
→ l’abréviation : l’abréviation est une évolution naturelle de la langue
qui consiste à retrancher certaines lettres d’un mot ou d’un ensemble de
mots afin d’en créer un nouveau plus court.
exemples :
pianoforte → piano
automobile → auto
cinématographe → cinéma → ciné
propriétaire → proprio
sigles, initiales, acronymes
compact disk → CD
Société nationale des chemins de fer → SNCF
salaire minimum interprofessionnel de croissance → SMIC
La plupart des mots français qui ne sont pas issus du fond primitif ont été
créés par besoin. Cependant la richesse de la langue française démontre
que parfois les mots ont aussi été créés par amour de la langue, par goût
pour les mots (poétique, rhétorique, politique, etc.) et aussi parfois par
fantaisie verbale (les poètes et écrivains Raymond Queneau ou Henri
Michaux ont par exemple créé des néologismes — de nouveaux mots —
pour les besoins de leur poésie et de leur littérature).