UNIVERSITE SIDI MOHAMED BENABDELLAH
Faculté des sciences juridiques
Économique Et sociales
Fès
« Master recherche : Droit des transports et de la logistique »
L’impôt sur le revenu :
Cas
du Revenu Professionnel
Thème préparé sous la direction de monsieur GOURARI et
réalisé par
Zineb HAZZAZ ABOU AMAL
Sanae LAHKIM BENNANI
Ahmed Adnane BENNIS
Année universitaire: 2010 – 2011
1
INTRODUCTION
Le système fiscal Marocain est marqué par un dynamisme résultant des
mutations qui ont affecté les structures économiques et sociales de notre
pays. Avant les années 80, le système fiscal se présentait comme un
ensemble hétérogène composé d’une mosaïque d’impôts 1. Ce n’est
qu’après la mise en place de la loi cadre relative à la réforme fiscale 2
que le royaume se trouve doté d’un système fiscal plus au moins
structuré avec l’institution de la TVA en 1986, de l’IS en 1987 et de l’IGR
en 1990. Afin de renforcer la transparence et faciliter l’assimilation des
dispositions fiscales par les usagers, le Maroc est entré dans une
seconde phase de reforme fiscale ; celle de l’établissement du code
général des impôts en 2007.
L’impôt est souvent perçu comme un « mal nécessaire » destiné à
permettre le financement de l’action des pouvoir publics. Il se définit
comme étant une prestation pécuniaire, requise des particuliers par voie
d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture
des charges publiques.3
Les impôts sont prélevés directement sur les personnes physiques ou
sur des personnes morales ou indirectement sur les transactions, sur
des biens corporels ou prestations de services. Ils sont directs lorsqu’il
frappe directement le revenu ou le patrimoine du contribuable. Ils sont
indirects lorsqu’ils sont perçus à l’occasion des emplois qui en sont faits.
Toutefois, ce sujet est consacré seulement à l’étude des impôts qui sont
prélevés directement sur les personnes physiques et en particulier
l’impôt sur le revenu.
Institué par la loi n°17-89, l’impôt sur le revenu est l’un des piliers de la
politique fiscale marocaine en raison de son rôle de redistribution. Il est
1
les personnes physiques, selon leurs revenus, étaient soumises à une multitude d’impôts et taxes : Impôt
agricole, Impôt sur les Bénéfices Professionnels (I.B.P.), Prélèvement sur les Traitements et Salaires (P.T.S.),
Taxe Urbaine (T.U.), Contribution Complémentaire (C.C.), Taxe sur les Profits Immobiliers (T.P.I.), Participation
à la Solidarité Nationale
2
Dahir n° 1-83-38 portant promulgation de la loi cadre n° 3-83 relative à la réforme fiscale (bulletin officiel n°
3731 du 2 mai 1984)
3
Définition donnée par Gaston Jèze, professeur de Droit public à Paris dans les années 20 à 40
2
déterminé annuellement à partir des déclarations des contribuables.
C’est un impôt unique et global en ce sens qu’il concerne tous les
revenus quelques soient leur nature et quelques soient les activités qui
les procurent. Il est aussi dit différencié, car il s’applique à un revenu
global provenant de plusieurs catégories de revenus. Enfin, cet impôt
est progressif, c'est-à-dire que chaque tranche de revenu est imposable
à un taux spécifique.
Notre sujet présente bien in intérêt se situant sur deux aspects ; l’aspect
théorique et l’aspect pratique. Dans le premier cas, il nous permettra de
définir le processus fiscal en matière d’import sur le revenu. Dans le
second cas, l’intérêt apparaît clair et net au niveau du budget national
dans lequel les recettes fiscales notamment l’impôt sur le revenu qui
constitue un poids plus important.
Annonce du plan :
L’impôt sur le revenu regroupe un ensemble de revenus répondant à des
règles uniques (partie I), à côté de règles spécifiques régissant chaque
revenu à part, seul le cas du revenu professionnel intéressera notre
propos au niveau de la seconde partie (partie 2).
3
Partie I : les principes généraux d’assujettissement à l’impôt sur le
revenu
Le code des impôts soumet l’ensemble des revenus composant le
revenu général imposable à des règles ou principes généraux. D’abord,
quand aux personnes assujettis à l’IR et la nature du revenu concerné
par cet impôt, ensuite, quand à des données liées à la notion de
territorialité.
Chapitre I : l’impôt sur le revenu : personnes et revenus imposables
Section I : les personnes assujetties à l’impôt sur le revenu
Impôt personnel, l’IR frappe en principe tout particulier résident au
Maroc ou à l’étranger, à condition bien entendu que le contribuable
dispose de revenus imposables au-delà des exonérations légales.
- Les personnes imposables
L’article premier de la loi 17-89 dispose « il est institué un impôt sur le
revenu global des personnes physiques, appelé impôt général sur le
revenu ». Comme son nom l’inique, l’IR n’intéresse, en principe, que les
personnes physiques.
Les personnes physiques sont donc imposables, en leurs noms, au titre
de l’ensemble de leurs revenus. il en est ainsi : 1°/ des personnes
réalisant des revenus professionnels ; 2°/ des salariés du secteur public
et privé ; 3°/ des détendeurs de revenus fonciers provenant de la
location de terrains ou d’immeubles ; 4°/ des personnes réalisant des
profils sur les cessions de terrains ou d’immeubles ; 5°/ des personnes
ayant disposé, durant l’année, soit de revenus de capitaux mobiliers, soit
de profils provenant de la cession des valeurs mobilières ; 6°/ des
agriculteurs pour les revenus provenant des exploitations agricoles .
4
Cette dernière catégorie de contribuables est exonéré de l’IR jusqu’au 31
décembre 2010.4
Cependant, il faut préciser que la notion de personnes physiques, ne
doit pas être considérée comme désignant uniquement les individus.
L’IR est imposable également à certains groupements de personnes
physiques, qu’il s’agisse de sociétés de personnes ou d’autres
groupements. Les sociétés soumises à l’impôt sur le revenu sont au
nombre de trois. Il s’agit des sociétés en nom collectif, des sociétés en
commandites simple5 et des sociétés de fait6 .
Sont passibles également de l’impôt sur le revenu, les personnes
physiques membres des associations en participation ou d’une
indivision7. Les associations en participation sont passibles de l’IR
même lorsqu’elles comprennent des personnes morales. La division des
cotes dans ce cas est logique étant donné qu’il s’agit des sociétés
occultes et sans personnalité morale ; c'est-à-dire qu’elle ne dispose pas
de raison sociale, ni de patrimoine propre et, partant inexistante à
l’ égard des tiers. L’imposition est établie en fonction de la part de
bénéfices revenant à chaque participant.
- Les personnes exonérées
En vertu de la loi 17-89, certaines personnes pourtant résidentes au
Maroc voient leurs obligations fiscales atténuées.
Dans le cadre des règles de courtoisie internationale, il a été décidé, en
effet, d’exonérer de l’impôt sur le revenu, les ambassadeurs et agents
diplomatiques, les consuls généraux, les agents consulaires ainsi que
les personnes résidentes pour les produits qui leur sont versés en
4
Cette exonération a été décidée par le Dahir n° 1-84-46 portant loi du 21 Mars 1984(B.O n° 3727 du 4 Avril
1984).elle été prorogée jusqu’a 31 décembre 2010 par la loi de finances pour l’année 2001.
5
Les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite simple ne sont assujetties à l’IR que dans la
mesure où elles n’ont pas opté pour l’impôt sur les sociétés.
6
Les sociétés de fait ne sont imposables à l’impôt sur le revenu si un ou plusieurs membres sont des personnes
morales
7
L’indivision est une situation juridique organisée dans laquelle des droits de même nature s’exercent sur un
même bien, par des personnes différentes, sans qu’il y ait division matérielle dudit bien. Cette indivision peut
résulter soi d’un acte juridique, soit d’un fait juridique
5
contrepartie de l'usage ou du droit à usage de droits d'auteur sur les
œuvres littéraires, artistiques ou scientifiques8
L’exonération est subordonnée à deux conditions :
La première est relative à l’extranéité des revenus : l’exonération ne
porte que sur les revenus de sources étrangères. Ainsi, l’exonération
n’est pas acquise si le loyer d’immeuble que perçoit un diplomate
français est situé au Maroc.
La deuxième se rapporte à la réciprocité : l’exonération s’applique
iniquement lorsque les pays concernés concèdent le même
traitement et les mêmes avantages aux ambassadeurs, diplomates,
consuls et agents consulaires marocains.
Enfin, il ya lieu de préciser que pour ce qui est des agents et employés,
des représentations consulaires étrangères, seules sont concernés par
l’exonération ceux ayant la nationalité étrangère : les employés de
nationalité marocaine recrutés sur place demeurent imposables.
Section II : les revenus imposables à l’IR
Il existe schématiquement deux définitions de la notion de « revenu ».
Selon une définition étroite, ou juridique, le revenu désigne « le fruit
périodique d’une source durable ».selon une acception large, ou
économique, le revenu se définit comme « l’enrichissement d’un sujet
économique au cours d’une période donnée »9.
Conscient de la difficulté de donner une définition précise et générale
qui renfermerait la notion du revenu imposable, le législateur
Marocain, comme la plupart des législateurs étrangers, s’est contenté
de procéder à une simple énumération limitative des revenus
passibles de l’impôt sur le revenu.
Aux termes de l’article premier de la loi 17-89, l’impôt sur le revenu
s’applique aux revenus catégoriels suivants :
8
Cette exonération a été a été ajouté par l'article 15 de la loi de finances pour l'année 1995
9
Arnoud de Bissy, Droit fiscal des affaires, troisième édition, 1999, p.34
6
1° - les revenus professionnels ;
2°- les revenus provenant des exploitations agricoles;
3°- les revenus salariaux et revenus assimilés;
4°- les revenus et profits fonciers ;
5°- les revenus et profits de capitaux mobiliers.
Chapitre II : La territorialité de l’impôt sur le revenu
Le principe de la territorialité de l’impôt sur le revenu trouve son
fondement dans l’article 2 de la loi 17-89. D’après cet article, Sont
assujetties à l'impôt sur le revenu :
a) en raison de leur revenu global de source marocaine et étrangère, les
personnes physiques ayant au Maroc leur résidence habituelle ;
b) en raison de leur revenu global de source marocaine, les personnes
physiques qui n'ont pas au Maroc leur résidence habituelle.
Il résulte de cet article que l’application de l’IR est liée soit à la notion de
résidence (section I), soit à la notion de la source de revenu (section II).
Section I : Domicile fiscal au Maroc
Il est évident que l’impôt sur le revenu porte sur la totalité des revenus,
qu’ils soient d’origine marocaine ou étrangère, lorsque la personne y
dispose d’une résidence habituelle.
Une personne est réputée avoir une résidence habituelle au Maroc, si
elle y dispose d’un foyer permanent d’habitation, du centre de ces
intérêts économiques ou lorsque la durée continue ou discontinue de ses
séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute période de 365 jours.
Les critères ainsi précités sont donnés par ordre d’importance, en ce
sens que le foyer permanent d’habitation est le premier critère à prendre
en considération et ce n’est qu’à défaut de celui-ci qu’il est tenu compte
du centre des intérêts économiques et enfin de la durée de séjour.
Un contribuable doit donc nécessairement se trouver dans l’une de ces
situations pour qu’il soit considéré comme ayant au Maroc sa résidence
habituelle.
7
Ce qu’il faut retenir, c’est que pour toutes mes personnes physiques
ayant une résidence habituelle au Maroc, l’impôt est établi au lieu de leur
résidence habituelle. Lorsque le contribuable dispose de plusieurs
résidences, l’imposition est établie au lieu de sont principale
établissement.
Les agents de l’Etat qui exercent des fonctions dans un pays étranger
(agents diplomatique et consulaire …) sont réputés avoir leur résidence
habituelle au Maroc. Aussi sont ils soumis à l’impôt sur le revenu sur
l’ensemble de leurs si toutefois ils sont exonérés de l’IR à l’étranger.
Leurs revenus de source marocaine demeurent en revanche assujettis à
l’impôt.
Section II : Domicile fiscal à l’étranger
Les personnes ne disposant pas au Maroc de résidence habituelle
échappent à l’empire de souveraineté fiscal marocaine. Néanmoins,
lorsqu’ils bénéficient de revenus de source marocaine, l’impôt est
exigible pour ce qui est de cette part. C’est donc l’application du principe
général de la territorialité selon lequel « les revenus acquis dans un pays
soient imposés dans ces mêmes pays, quelles que soient la nationalité
ou la résidence du contribuable ».10
Ces revenus peuvent être le fruit d’une possession de bien 11 , de
l’exercice d’une activité au Maroc ou de la réalisation d’opérations
lucratives occasionnelles.
Pour ces personnes qui ne disposent au Maroc ni de résidence
habituelle ni de principal établissement, l’impôt est établi au lieu du
domicile fiscal qu’ils sont tenus d’élire au Maroc 12.
Les contribuables sont tenus d’informer l’administration fiscale de tout
changement de son lieu d’imposition dans les trente (30) jours qui
suivent la date du changement.
10
Rachid LAZRAK, l’impôt général sur le revenu (l’imposition des bénéfices et revenus des personnes
physiques), éditions la porte, 2004, p 29
11
L’IR est dû en raison des profils tirés de la gestion ou de la cession de biens mobiliers ou immobiliers (loyers ,
profils immobiliers…).
12
L’article 5 de la loi 17-89 relative à l’impôt général sur le revenu
8
A défaut, les contribuables sont notifiés et imposés à la dernière adresse
connue.
Les principes territoriaux d’imposition à l’IR sont résumés dans le tableau
suivant :
Résidence habituelle Au Maroc Hors du Maroc
Revenus de source Imposable à l’IR Imposable à l’IR
marocaine
Revenus de source Imposable à l’IR Non imposable à l’IR
étrangère
Source : M.NMILI, Les impôts au Maroc : techniques et procédures, éd : 2008
Partie II : Particularité du Revenu professionnel
9
Auparavant soumis à l’impôt sur les bénéfices professionnels qui s’appliquent tant
aux personnes physiques qu’aux personnes morales, les bénéfices dits
professionnels constituent, de par le nombre de contribuables et de la diversité de la
richesse de la matière imposable, l’une des principales catégories de revenus
imposables à l’IR.
L’article 10 du texte de l’IR censé définir les bénéfices professionnels ne donne
pourtant pas de définition. Il se contente d’énumérer les bénéfices réalisés par les
personnes physiques provenant de l’exercice de professions ou d’activités
spécifiques. Ces bénéfices sont au nombre de quatre. Il s’agit des bénéfices
découlant de l’exercice des activités industrielles et commerciales ; des bénéfices
découlant des professions immobilières ; des bénéfices provenant des professions
libérales et enfin des bénéfices à caractère répétitif.
Parmi les bénéfices précités, seuls ceux découlant de l’exercice d’une activité
commerciale qui intéresse notre propos. Le transport étant une acticité commerciale
et classé par le code de commerce parmi les actes de commerce, nous pouvons
concevoir que les revenus perçus par les entreprises de transport sont soumis à
l’impôt sur le revenu lorsque leur forme juridique correspond à celles qui selon la loi
sont assujettis à l’IR13. En effet, quels sont les différents régimes d’imposition de ces
revenus ?
Le texte relatif à l’impôt sur le revenu instaure deux sortes de régimes d’imposition.
Un régime du bénéfice net réel et d’autres régimes spécifiques tel le régime net
simplifié et le régime du forfait (chapitre I). le contribuable assujettis à cet impôt est
tenue envers l’administration fiscale d’un certain nombre d’obligations (chapitre II).
Chapitre I : les régimes d’imposition du Revenu professionnel
Le législateur a prévu pour la détermination du revenu professionnel des régimes
spécifiques, savoir, celui du Résultat Net Réel (RNR), du Résultat Net Simplifié
(RNS) et du Bénéfice Forfaitaire (BF).
A signaler que le bénéfice des sociétés en non collectif, des sociétés en commandite
simple et des sociétés en participation est obligatoirement déterminé selon le régime
du résultat net réel. Les indivisions et les sociétés de fait peuvent opter pour le
régime du forfait ou du régime net simplifié.
Les sociétés en non collectif, des sociétés en commandite simple et de fait sont
imposées à l’IR au nom du principal associé, lorsqu’elles n’ont pas opté pour l’IS.
Section I - Le régime de droit commun : le résultat net réel (RNR)
13
Société en commandite simple, société en non collectif ou société de fait.
10
Nul doute que toutes les entreprises de transport assujetties à l’IR et dépendent du
régime du bénéfice net réel, sont tenu obligatoirement de clôturer leur exercice
comptable le 31 décembre de chaque année 14.
La détermination du RNR est déterminé d’après l’excédent des produits sur les
charges de l’exercice, engagées ou supportées pour les besoins de l’activité
imposable, en application de la législation et de la règlementation en vigueur, rectifié
sur l’état de passage du résultat net comptable au résultat net fiscal, conformément à
la règlementation fiscale en vigueur.
1. Les produits
Les produits à retenir pour le calcul du bénéfice imposable sont énumérés par le
code général des impôts (article 34) il s’agit des produits, plus values, profits et
gains, qui englobent entre autre :
Les produits d’exploitation ;
Les produits financiers ;
Les produits non courants ;
Les subventions et dons…
2. Les charges
Pour ce qui est des charge il a y des charges déductibles et ceux qui ne le sont pas.
Charges déductibles : les charges engagées ou supportées, déductibles des
produits déjàs cité pour la détermination du RNR sont énuméré dans le code général
des impôts(article35 & 10) et dont on cite :
Les achats de matières de fournitures15 ;
Les impôts et taxes ;
Les frais du personnel ;
Les amortissements ;
Les provisions ;
les frais financiers…
Charges non déductibles : il s’agit des amendes, pénalités et majorations de toute
nature mises à la charge des contratbuables pour infractions aux dispositions légales
ou règlementaires notamment en matière :
D’assiettes d’impôts directs et indirects ;
Du paiement tardif des dits impôts ;
De législation de travail ;
14
loi 17-89 relatif à l’impôt général sur le revenu, article 13.1
15
Lorsqu’elle dépasse le montant de 10000 Dh elles ne peuvent être déductible qu’à hauteur de 50% en cas
d’absence de facture et à hauteur de 100% en cas de règlement par chèque barré non endossable, un effet de
commerce ou virement bancaire.
11
De règlementation de la circulation…
Et en général de tout règlement non justifiées par une facture régulière ou autres
pièces probantes.
Le déficit reportable
Le déficit d’un exercice peut être déduit du bénéfice de l’exercice suivant. A défaut
de bénéfice ou en cas de bénéfice insuffisant pour que la déduction puissent être
opérée totalement, le déficit ou le reliquat de déficit peut être déduit des bénéfices
des exercices suivants jusqu’au quatrième exercice qui suit l’exercice déficitaire.
Cette limitation de délais ne s’applique pas aux déficits correspondants aux
amortissements qui restent déductibles sans aucune limitation de délais.
Section II- les autres régimes : Résultat Net Simplifié et bénéfice
forfaitaire
Paragraphe 1 : le régime du résultat net simplifié (RNS) :
Ce régime est ouvert à certaines entreprises de faible envergure, qui répondent à certain
critère
Les bénéficiaires qui peuvent prétendre au régime du résultat net simplifié les entreprises
individuelles, les sociétés de fait et les indivisions. Par contre les sociétés en commandite
simple et les associations en participation ne peuvent pas opter pour ce régime.
Ceci étant, les entreprises qui désir se prévaloir du RNS sont celles dont le chiffre d’affaire
annuel ou porté à l’année ne dépasse pas le plafond suivant :
-4000000 DH s’il s’agit d’une activité de fabrication et de vente de produits
artisanaux, de vente en gros des denrées alimentaires et d’armateur de pêches.
-2000000 DH s’il s’agit de profession commerciales, industrielle ou artisanales autre
que celles relevant de la limite de 500000 DH
-500000 DH s’il s’agit de profession libérales ou de revenus ayant un caractère
répétitif et ne se rattachant pas aux revenues salariaux, foncier, agricoles ou de capitaux de
mobiliers.
L’option reste valable tant que le chiffre d’affaire réalisé est inférieur ou égal pendant deux
exercices consécutifs aux limites mentionnées.
La demande d’option doit être formulée par écrit et adressé par lettre recommandé ou
remise contre récépissé à l’inspecteur des impôts directs et taxes assimilé du lieu de leur
principal établissement ou de leur domicile fiscal.
Pour ce qui du résultat net imposable, il est quand à lui déterminé selon et dans les même
conditions applicables au RNR avec toutefois une simplification.
12
En effet, le RNS est déterminé d’après l’excédent des produits, profits ou gains sur les
charges à l’exclusion des provisions. En cas de déficit, le report n’est pas admis.
Il est à noter que les entreprises soumises à l’IR sous le RNS, sont obligatoirement tenues
de clôturer leurs exercices le 31 décembre de chaque année.
Paragraphe II- le régime forfaitaire, régime optionnel sous condition
Ce régime forfaitaire est un régime financièrement parlant résiduel mais qui arrange
tout le monde : d’une part, les contribuables sont incapables de s’aligner aux
exigences d’une comptabilité normale ou simplifiée pour une multitude de raison.
D’autre part, l’administration est incapable d’effectuer des contrôles systématiques et
efficaces pour l’évaluation réelle du bénéfice.
Seront examinés successivement, les conditions d’application dudit régime, puis les
éléments du calcul du bénéfice forfaitaire.
I - conditions d’application du régime forfaitaire
L’application de ce régime est justifiée par le souci d’alléger les obligations des
contribuables modestes en leur faisant éviter les rigueurs des régimes réels et ce soit
à cause des limites du chiffre d’affaire, des formalités de l’option ou parce qu’elles
sont exclus du régime du forfait.
a- conditions liées aux limites du chiffre d’affaire
À ce titre, il faut se référer à l’article 20 de la loi 17-89 relative à l’IR, le régime
forfaitaire en vertu dudit article s’applique aux entreprises de transport dont le CA
annuel ne dépasse pas 250.000 DH dans la mesure où ces entreprisses fournissent
des prestations de service
b- les formalités de l’option
À ce niveau, il faut signaler que le régime forfaitaire est un régime qui ne s’applique
pas de plein droit. Ceci dit, il appartient au contribuable de se placer par lui-même
sous le forfait. La non option dans les délais et les formes requises implique
l’application, de plein, du régime réel normal.
L’option est valable tant que le CA réalisé n’a pas dépassé pour deux exercices
consécutifs la limite fixé par l’article 20 susmentionné.
la demande d’option doit être dressé contre récépissé au service local d’assiette des
impôts directs du lieu d’imposition du contribuable avant le premier mois de l’année
dont le résultat sera déterminé d’après ce régime.
c- les personnes exclues du régime du forfait
13
Outre les exclusions en raison des seuils du CA, le législateur a décidé de privé
certaines personnes de ce régime du moment où elles sont techniquement capables
de s’offrir les services de spécialistes pour l’organisation et la tenue d’une
comptabilité correcte. Il s’agit en l’occurrence et en vertu de l’article 20-A à titre
indicatif, des personnes suivantes :
les professions libérales
producteurs de films cinématographiques
marchands en gros et en détail d’orfèvrerie, bijouterie, joaillerie.
les activités de promotion immobilières
les exploitants de maisons de santé et de cliniques et de laboratoires
II - la détermination du bénéfice forfaitaire et du bénéfice minimum
Le législateur marocain est allé trop loin dans sa volonté de limiter les effets de la
dissimulation et de l’évasion fiscale. Dans ce sens, le fisc n’admet pas dans le cadre
de ce régime un résultat déficitaire voir même un résultat nul. Selon l’article 22, si le
bénéfice forfaitaire calculé est inférieur à un revenu dit minimum ce dernier doit
obligatoirement se substituer au revenu forfaitaire.
a- détermination du bénéfice forfaitaire
le bénéfice forfaitaire est déterminé par application au CA réalisé un coefficient fixe
relatif à chaque profession ou branche d’activité. ces coefficient représente les
marges susceptibles d’être réalisé au titre de l’exercice de certaine profession,
compte tenu des charges supporté par l’exploitation. Cependant, cette méthode fait
abstraction de multiple éléments qui peuvent influencer le bénéfice d’une entreprise :
l’emplacement, l’chalandage, la clientèle, la valeur professionnelle de l’exploitation …
Ces coefficients peuvent être extrêmement bas pour les activités qui connaissent
des charges considérables (les marchands en gros à titre d’exemple) comme ils
peuvent êtres extrêmement importantes pour les professions libérales et les
prestations de service dont le transport fait partie.
Les coefficients les plus courants s’établissent à 8 % 10% 12% 15% 20%
b- la fixation du bénéfice minimum
Ce mécanisme de bénéfice minimum est consacré par l’article 22. il consiste à définir
un revenu taxable annuel qui ne peut en aucun cas être inférieur à un revenu
minimum. Ce bénéfice minimum est égal à la somme de deux éléments :
- l’élément fixe déterminé pour chaque établissement suivant la classe de la
profession et de l’activité exercée.
14
- l’élément variable déterminé pour chaque établissement en appliquant à la
valeur annuelle retenue pour le calcul de la taxe proportionnelle des patentes
un coefficient dont la valeur est fixé entre 1 et 5. le chois de coefficient dépend
de certains éléments qui influent le niveau de l’activité et que la loi laisse à
l’appréciation de l’administration fiscale, notamment l’emplacement, les
moyens techniques et humaine de l’entreprise, la clientèle….
L’article 22 précise également qu’il ya lieu d’ajouter à ce bénéfice minimum, le cas
échéant, les profits, plus valus, indemnités, subventions et autres dons.
Toutefois, on ne peut passer sans souligner deux remarques flagrantes. De un,
l’administration n’a pas prévu des modalités d’actualisation de coefficient (le même
coefficient s’applique pour certaine activités depuis de dizaine d’années, alors que
ces activités sont actuellement en déclin. de deux, pour la détermination de l’élément
variable, le fisc se base sur la valeur retenue pour le calcul de la taxe professionnel
des patentes. qu’en est t-il alors pour les activités non patentables ? sic
Chapitre II – les obligations du contribuable
La législation fiscale met à la charge du contribuable soumis à l’IR certaines
obligations qu’on peut classer sous deux catégorie à côté de l’obligation de liquider
l’IR relatif au revenu professionnel.
Section I – obligation d’ordre comptable
Cette obligation diffère sensiblement selon que l’on se place sous le régime du RNR
ou de celui du RNS.
Contribuable soumis au régime du RNR
Le résultat fiscal de chaque exercice comptable est déterminé conformément à la
règlementation comptable en vigueur et aux prescriptions du code de commerce de
manière à permettre à l’administration d’exercer les contrôles prévus par la loi.
Ceci se concrétise à travers la tenu d’une comptabilité régulière selon la
règlementation comptable en vigueur.
Le contribuable est tenu de délivrer aux acheteurs des factures ou des mémoires
prénumérotés et tirés d’une série continue et doivent comporter des mentions
précises telle que l’identité du vendeur, le numéro de l’identification fiscale et de
l’article des patentes, date de l’opération…
Un double des factures ou des tickets de caisse sont conservés pendant les dix
années suivant celle de leur établissement.
Contribuable soumis au régime du RNS
15
Les entreprises imposables suivant le régime du résultat net simplifié sont soumises
aux mêmes obligations de paiement que les entreprises imposables selon le régime
net réel.
En outre ces entreprises sont autorisées à tenir une comptabilité simplifiée (dispense
de l’obligation de la tenue du livre journal coté et paraphé) et produire un compte de
résultat abrégé.
Les documents à établir obligatoirement sont :
-le registre des recettes et dépenses, appuyé des factures ;
- la liste des tiers débiteurs et créditeurs indiquant la nature, la référence et le
montant détaillé des créances et des dettes ;
-les inventaires détaillés des stocks, marchandises, produits, emballages et
matières consommables ;
-le registre des amortissements, visés par le chef du service local d’assiette et
dont les pages sont numérotées.
En outre les entreprises doivent conserver pendant une période de 10 ans les
différentes pièces justificatives (doubles des factures de vente, de bon de
commande).
Section II – les autres obligations
Les contribuables dans le cadre du Revenu professionnel sont tenu à coté de la tenu
d’un comptabilité régulière à procéder à un certain nombre de déclarations.
Notamment, la déclaration d’existence d’une activité professionnelle que doit
manifester le contribuable, auprès de l’administration compétente, au plus tard le
30ème jour à partir de la date du commencement de la dite activité.
Une autre déclaration est indispensable est celle de la cessation d’activité
professionnelle pour le contribuable dans un délai de 45 jour de la date de la dite
cessation.
En cas de demande d’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire devant la justice le contribuable est tenu d’avertir l’administration fiscale de
cette démarche, afin de lui permettre de préserver ses doits auprès des créanciers
éventuels du contribuable en question, bien que le rang que la loi accorde au fisc soit
parmi les créanciers privilégiés.
La justification des dépenses par des factures régulières est indisponsable pour
permettre au contribuable de profiter d’inclure leur montant parmi les charges
déductibles.
16
Section III – la liquidation de l’IR relatif au Revenu Professionnel
Le revenu professionnel obéit à certaines modalités que le législateur a pris la peine
de préciser et que le contribuable a l’obligation de suivre et qui concerne la
liquidation du Revenu Professionnel. Ainsi le Revenu professionnel ne peut être
inférieur à une cotisation minimale.
La cotisation minimale
Cette cotisation minimale est le minimum d’impôt à payer quel en dépit de tous
résultat dégagé par l’assujetti.
Le taux normal de la CM est de 0,5%. Toutefois, ce taux est différent pour certaines
activités
6% pour des professions libérales et de prestation de services, tels le transport,
l’hébergement ou le courtage : 6%
25%pour certaines activités industrielles et commerciales dites encadrées (eau,
électricité…) :.
La CM doit être calculée et versée au plus tard, le 3 janvier de l’exercice suivant celui
de la réalisation du Revenu Professionnel.
Le paiement de l’IR professionnel
La CM constitue une avance au titre de l’IR relatif aux produits professionnel.
On distingue deux cas de figure :
Lorsque l’IR professionnel excède la cotisation minimale, le reliquat est à verser au
trésor public au plus tard le 31 mars de l’année suivant celle de la réalisation des
bénéfices imposables.
Dans le cas contraire, l’excédent de la CM sur la fraction de l’impôt relatif aux
revenus professionnels sera imputé sur l’excédent du Revenu professionnel sur la
cotisation minimale des exercices suivants dans la limite de trois exercices 16.
Conclusion
16
« Précis de fiscalité marocaine des entreprises » éd. 2007.
17
Les règles régissant l’IR en général et le revenu professionnel en particulier ont été
instauré par le législateur pour faciliter le contrôle de l’administration dans sa fonction
de recouvreur des créances publiques. Tout contribuable soumis à ces règles ne
procède pas forcement d’une façon spontanée au respect de ces dispositions légale.
l’irrégularité ou l’absence de déclaration peut mettre l’administration fiscale et le
contribuable dans une situation de litige.
Le règlement des litiges à ce niveau est soumi à un certain nombre de procédures
qui sans leur respect peut faire perdre au contribuable le bénéfice de contester les
décisions de l’administration fiscale. Entre procédure administrative et judiciaire le
contribuable se doit être vigilant pour sauvegarder ses intérêts.
Bibliographie
le code général des impôts édition 2010.
M.NMILI, les impôts au Maroc, techniques et procédures, éd 2008
Rachid LAZRAK, l’impôt général sur le revenu (l’imposition des
bénéfices et revenus des personnes physiques), éditions la porte, 2004
Arnoud de Bissy, Droit fiscal des affaires, troisième édition,
« guide pratique de la fiscalité marocaine » conforme au code général
des impôts 2010 ; Ed. les guide de l’entreprise.
le contrôle fiscal ; collection Fiscus ; ed. 2007.
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