Dcomposition de Dunford
Jean-Baptiste Campesato
11 octobre 2009
La dcomposition de Dunford permet de dcomposer certains endomorphismes en une
somme dun endomorphisme diagonalisable et dun endomorphisme nilpotent commutant. Une
des applications est de raliser des calculs matriciels rapides (par exemple calcul dune puissance via la formule du binme) ou dobtenir la rduction de Jordan de lendomorphisme de
faon relativement simple. La rduction de Jordan fera probablement lobjet dun futur article.
Cet article prsente deux dmonstrations de la dcomposition de Dunford : la dmonstration
usuelle ainsi quune dmonstration effective trs en vogue sur internet. Cette dernire est base
sur la mthode de Newton-Raphson et permet ainsi dobtenir un algorithme programmable
pour calculer la dcomposition de Dunford dun endomorphisme.
Un peu de thorie. . .
Dcomposition de Dunford
L(E) est lensemble des
endomorphismes de E.
1.1
Soient K un corps commutatif, E un espace vectoriel sur K de dimension finie et
u L(E) dont le polynme minimal est scind.
Alors il existe un unique couple (d, n) L(E)2 tel que :
u=d+n
d est diagonalisable
n est nilpotent
n et d commutent : n d = d n.
De plus n et d sont des polynmes en u.
Dmonstration usuelle
Remarque : le procd de la dmonstration reste valable pour nimporte quel polynme
annulateur scind, entre autres, daprs le thorme de Cayley-Hamilton, pour le polynme
caractristique sil est scind. Dans ce cas on travaille avec les projecteurs spectraux et les
sous-espaces caractristiques. Notons aussi que lexistence dun polynme annulateur scind
implique que le polynme minimal lest aussi.
Lemme : le thorme des noyaux (ou lemme des noyaux)
L(E) est lensemble des
endomorphismes de E
et K[X]est lensemble
des polynmes
coefficients dans K
une indtermine.
Soient K un corps commutatif, E un espace vectoriel sur K et u L(E).
Soient P1 , . . . , Pm K[X] deux deux premiers entres eux.
m
Y
On pose P =
Pi K[X], alors :
i=1
m
M
Ker (P (u)) =
Ker (Pi (u)).
i=1
Pour tout i J1; mK le projecteur de Ker (P (u)) sur Ker (Pi (u)) Ker (P (u)) est
un polynme en u.
Dmonstration :
On procde par rcurrence sur m :
Initialisation au rang m = 2 :
pgcd(P1 , P2 ) = 1 (A1 , A2 ) K[X]2 tel que A1 P1 + A2 P2 = 1 (Bzout).
Soit x Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)) alors daprs la relation prcdente
x = [(A1 P1 )(u)] (x) + [(A2 P2 )(u)] (x) = 0.
Donc Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)) = {0}.
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 2/8
Soit x Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)) alors !(x1 , x2 ) Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)) tel
que x = x1 + x2 et :
(P (u))(x) = [P1 P2 (u)] (x) = [P1 P2 (u)] (x1 ) + [P1 P2 (u)] (x2 )
= [P2 (u) P1 (u)] (x1 ) + [P1 (u) P2 (u)] (x2 )
Car les polynmes en u commutent.
= 0
Donc Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)) Ker (P (u)).
Soit x Ker (P (u)) alors daprs la relation de Bzout :
x = [(A1(P1 )(u)] (x) + [(A2 P2 )(u)].
x1 = [(A1 P1 )(u)] (x)
, il vient alors :
Posons
x2 = [(A2 P2 )(u)] (x)
(P2 (u))(x1 ) = [(P2 A1 P1 )(u)] (x)
= [(A1 P1 P2 )(u)] (x)
Car les polynmes en u commutent.
= [A1 (u) P (u)] (x)
= 0
x1 Ker (P2 (u)).
(P1 (u))(x2 ) = [(P1 A2 P2 )(u)] (x)
= [(A2 P1 P2 )(u)] (x)
Car les polynmes en u commutent.
= [A2 (u) P (u)] (x)
= 0
x2 Ker (P1 (u)).
Donc x = x1 + x2 = x2 + x1 Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)).
Donc Ker (P (u)) Ker (P1 (u)) Ker (P2 (u)).
On a ainsi montr que Ker (P (u)) = Ker (P1 (u))Ker (P2 (u)) et que le projecteur de
Ker (P (u)) sur Ker (P1 (u)) est (A2 P2 )(u) et que celui de Ker (P (u)) sur Ker (P2 (u))
est (A1 P1 )(u). Il sagit bien de polynmes en u.
Hrdit : supposons la proprit vraie pour un certain m N.
Soient P1 , . . . , Pm+1 K[X] deux
entres eux.
! deux premiers
m
m+1
m
Y
Y
Y
Pi et Pm+1 sont deux polynmes
Pi =
Pi Pm+1 , comme
Posons P =
i=1
i=1
i=1
premiers entres eux daprs le cas m = 2 :
Ker (P (u)) = Ker ((P1 . . . Pm )(u)) Ker (Pm+1 (u)) et les projecteurs m+1 de
Ker (P (u)) sur Ker (Pm+1 (u)) et 0 de Ker (P (u)) sur Ker ((P1 . . . Pm )(u)) sont des
polynmes en u.
m
M
Puis daprs lhypothse de rcurrence : Ker ((P1 . . . Pm )(u)) =
Ker (Pi (u)) et
i=1
pour tout i J1; mK le projecteur i de Ker ((P1 . . . Pm )(u)) sur Ker (Pi (u)) est un
polynme en u.
m+1
M
On a ainsi que Ker (P (u)) =
Ker (Pi (u)).
i=1
Puis le projecteur de Ker (P (u)) sur Ker (Pm+1 (u)) est m+1 qui est un polynme
en u et pour tout i J1; mK le projecteur de Ker (P (u)) sur Ker (Pi (u)) est i 0
qui est bien un polynme en u.
Ce qui clt la rcurrence.
Lemme : critre de codiagonalisation (ou de diagonalisation simultane)
Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K.
Soient (f, g) L(E)2 alors :
f, g diagonalisables et commutant f et g sont simultanment diagonalisables.
Cest dire quil existe une base de E telle que f et g soient tout deux diagonaux.
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 3/8
Remarque : on peut dmontrer laide dune rcurrence forte et du lemme de stabilit une
gnralisation de cette proprit. En effet si on se donne une famille dendomorphismes diagonalisables commutant deux deux, alors ils sont simultanments diagonalisables. Une dmonstration est donne en annexe la fin de cet article.
La dmonstration du critre ncssite le lemme suivant :
Lemme dit de stabilit
Soient (f, g) L(E)2 .
1. Si f et g commutent alors pour toute valeur propre de f , le sous-espace
propre de f associ est stable par g.
2. Si f est diagonalisable alors lendomorphisme induit par f sur un sous-espace
vectoriel F de E est aussi diagonalisable.
Dmonstration du lemme de stabilit :
Soit x Ker (f IE ) alors :
(f IE )(g(x)) = f g(x) g(x) = g f (x) g(x) = g(f (x) x) = g(0) = 0.
Ce qui montre le premier point.
Pour montrer le second point on va utiliser le fait quun endomorphisme est diagonalisable si et seulement sil est annul par un polynme scind racines simples.
Daprs lhypothse il existe P K[X] scind racines simples tel que P (f ) = 0.
Si on note f 0 = f|F alors x F , [P (f 0 )] (x) = [P (f )] (x) = 0.
Donc P annule f 0 et donc f 0 est diagonalisable.
Dmonstration du critre de codiagonalisation :
On rappelle quun
endomoprhisme u de E
est diagonalisable si et
seulement E est somme
directe de ses
sous-espaces propres.
: soient {1 , . . . , r } lensemble des valeurs propres de g et {1 , . . . , s } lensemble
des valeurs propres de f .
s
M
Comme f est diagonalisable on sait que E =
Ker (f i IE ).
i=1
Puis daprs le lemme prcdent pour tout i J1; sK Ker (f i ) est stable par g et
g|Ker (f i ) est diagonalisable. Ce qui implique que :
r
M
Ker (f i ) =
(Ker (f i IE ) Ker (g j IE )).
j=1
s
s
r
M
M
M
On a ainsi : E =
Ker (f i IE ) =
(Ker (f i IE ) Ker (g j IE )).
i=1
i=1
j=1
Si on ne garde que les intersections diffrentes de {0} on peut crire E =
l
M
Fk avec
k=1
l rs.
Si on note pour tout k J1; lK Bk une base de Fk alors B =
convenant.
l
[
Bk est une base de E
i=1
: si f et g commutent dans une base, ils commutent dans toute base.
Or par hypothse il existe une base de E o f et g sont diagonaux. Or deux endomorphismes diagonaux commutent. On a donc exhib une base o f et g commutent.
Dmonstration de la dcomposition de Dunford :
Existence :
Soit u (X) =
m
Y
(X ai )i le polynme minimal de u (avec i 6= j ai 6= aj ).
i=1
On sait que u (u) = 0 (lapplication nulle) et que les (X ai )i sont deux deux
premiers entres eux, donc daprs le thorme des noyaux :
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 4/8
E = Ker (u (u)) =
m
M
i=1
Ker ((X ai )i (u)) et i J1; mK le projecteur i de E sur
Ker ((X ai )i (u)) est un polynme en u.
m
X
Posons d =
ai i et n = u d.
i=1
On a bien que u = n + d et que n et d sont des polynmes en u et commutent donc.
Il reste vrifier que d est diagonalisable et que n est nilpotent :
i
Pour
Smtout i J1; mK soit Bi = (eik )k une base de Ker ((X ai ) (u)) et alors
B = i=1 Bi est une base de E vrifiant d(eik ) = ai eik .
Donc d est diagonalisable.
Pour tout x E il existe une unique dcomposition x = x1 + . . . + xm dans
m
M
Ker ((X ai )i (u)).
i=1
Soit = max{i } alors n (x) =
m
X
n (xi ) =
i=1
m
X
[(X ai ) (u)] (xi ) = 0.
i=1
Donc n est nilpotent.
Unicit :
Soient (d0 , n0 ) un autre couple convenant. Alors comme d0 commute avec n0 il commute aussi avec u et donc avec tout polynme en u, en particulier avec d. Donc d et d0
sont codiagonalisables, et donc d-d est diagonalisable. De mme n et n0 commutent
et donc n n0 est nilpotent (formule du binme en la somme des deux indices de
nilpotence).
On a u = d + n = d0 + n0 = d0 d = n n0 avec un endomorphisme
diagonalisable et nilpotent, or le seul endomorphisme tant les deux la fois est
lapplication nulle (en effet comme lendomorphisme est nilpotent il admet 0 comme
seule valeur propre et comme il est diagonalisable E est gal son unique sous-espace
propre : son propre noyau).
Donc d = d0 et n = n0 .
1.2
Dmonstration effective
La premire dmonstration donne une mthode de calcul de la dcomposition de Dunford
dun endomorphisme polynme minimal scind.
On propose ci-dessous une dmonstration effective base sur la mthode de Newton-Raphson
qui permet de montrer lexistence de la dcomposition de Dunford et dobtenir un algorithme
pour la calculer. Cette mthode est trs en vogue sur internet. Voici ladresse du document
qui semble la base de ce phnomne :
http ://agreg-maths.univ-rennes1.fr/documentation/docs/Jordan.algor.pdf (Daniel Ferrand)
Une recherche sur internet permet dobtenir plusieurs variantes (jai notamment apprci celle
de Sbastien Breteaux http ://favetto.free.fr/agregation/dunford_ferrand_simplifie.pdf
et celle de Nicolas Ressayre http ://www.math.univ-montp2.fr/ressayre/dun.pdf).
Pour nous assurer que le polynme minimal de notre endomorphisme est scind nous allons
travailler dans E un espace vectoriel sur K de dimension finie o cette fois K est un corps
commutatif algbriquement clos (par exemple C daprs le thorme dAlembert-Gauss).
Dans toute la suite on considre u L(E).
Nous avons dabord besoin dun lemme :
Lemme
K[X, Y ] tel que Q(X + Y ) = Q(X) + Y Q0 (X) + Y 2 Q(X,
Q K[X], Q
Y)
Dmonstration du lemme :
Il suffit de le montrer sur un monme (formule du binme) :
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 5/8
(X + Y )m =
m
X
m
i=0
X i Y mi = X m + mX m1 Y + Y 2
m
X
m
i=2
X i Y mi2
Dmonstration effective de la dcomposition de Dunford
Nous nallons montrer que lexistence, lunicit tant dmontre la fin de la dmonstration usuelle.
Raisonnons par analyse synthse :
Analyse : Si on a un couple (d, n) convenant alors comme d est diagonalisable son
polynme minimal est scind racines simples puis les racines du polynme minimal
de d sont les valeurs propres de u (En effet on peut montrer que comme d et n
commutent ils sont trigonalisables simultanment dans une base en d0 et n0 et donc
u = d + n est semblable d0 + n0 o la matrice de n0 na que des 0 sur sa diagonale,
ce qui permet de conclure.).
r
Y
Synthse : Alors si on note u (X) =
(X i )i le polynme caractristique de u et
r
Y
i=1
u
Q(X) =
(X i ) =
alors un endomorphisme d vrifiant Q(d) serait
0
pgcd(
u , u )
i=1
un bon candidat pour obtenir lendomorphisme diagonalisable de la dcomposition
de Dunford : il serait diagonalisable car annul par un polynme scind racines
simples, vrifierait les conditions ci-dessus, il resterait vrifier que n = u d soit
nilpotent, que n et d commutent et sont des polynomes en u.
On va donc chercher un tel d grce la mthode de Newton-Raphson.
u0 = u
un+1 = un Q(un )Q0 (un )1
Justifions dabord quelle est bien dfinie, cest dire que le terme Q0 (un ) est bien
inversible. On va le montrer en deux tapes :
On montre dabord que pour tout v K[u], Q0 (v) est inversible : comme les racines
de Q sont simples, Q0 est premier avec Q et donc avec le polynme minimal de u et
donc aussi avec celui de v que lon note v .
Donc daprs le thorme de Bzout il existe (A, B) K[X]2 tel que
AQ0 + Bv = 1 A(v) Q0 (v) = Id.
Donc Q0 (v) est inversible et son inverse est un polynme en v et donc en u.
On montre dsormais par rcurrence que n N, un K[u] :
Initialisation : u0 = u K[u]
Hrdit : supposons un K[u] alors Q(un ) K[u] et daprs le premier point
Q0 (un ) inversible avec Q0 (un )1 K[u].
Donc un+1 K[u], ce qui clt la rcurrence.
Dfinissons la suite dendomorphismes suivante :
K[u] est lensemble des
polynmes en u
coefficients dans K.
On va maintenant montrer qu partir dun certain rang Q(un ) = 0, et donc que
un stationne. Pour montrer la convergence de la suite dans la mthode de NewtonRaphson dans le cas de fonctions relles on utilisait la formule de Taylor-Lagrange,
on va adapter ceci notre suite grce au lemme.
n
On va montrer par rcurrence sur n que n N, Q(un ) Q(u)2 K[u] :
0
Initialisation : Q(u0 ) = Q(u) Q(u)K[u] = Q(u)2 K[u]
Hrdit : on applique le lemme, donc il existe v K[un , Q(un )Q0 (un )1 ] = K[u] tel
que :
Q(un+1 ) = Q(un Q(un )Q0 (un )1 )
= Q(un ) Q(un )Q0 (un )1 Q0 (un ) + (Q(un )Q0 (un )1 )2 v
= (Q(un )Q0 (un )1 )2 v
n+1
= Q(un )2 (Q0 (un )2 v) Q(u)2 K[u] par hypothse de rcurrence.
Ce qui clt la rcurrence.
Daprs le thorme de Cayley-Hamilton u (u) = 0. Or par dfinition de Q,
n0 N, n N, (n n0 u |Qn Qn (u) = 0).
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 6/8
n
Comme n 7 2n est strictement croissante et que n N, Q(un ) Q(u)2 K[u], on
en dduit qu partir dun certain rang, Q(un ) = 0, et donc que la suite stationne.
Notons d lendomorphisme de E sur lequel la suite stationne, on a Q(d) = 0 avec Q
scind racines simples, donc d est diagonalisable.
Si on note n1
le rang ou la suite stationne, il vient :
u d = (u0 u1 ) + (u1 u2 ) + . . . + (un1 1 un1 )
= Q(u0 )Q0 (u0 )1 + Q(u1 )Q0 (u1 )1 + . . . + Q(un1 1 )Q0 (un1 1 )1 Q(u)K[u]
n
car n N, Q(un ) Q(u)2 K[u] Q(u)K[u]
Donc il existe v K[u] tel que u d = Q(u)v et alors (u d)n0 = Q(u)n0 v n0 = 0
(car Q(u) et v sont des polynmes en u et donc commutent).
On a ainsi montr que u d est nilpotent.
Puis d K[u] (on a montr au dbut que la suite restait dans K[u]) donc d et u d
sont des polynmes en u et commutent donc.
On a ainsi obtenu une dcomposition de u vrifiant tous les points demands.
En pratique
Dans cette partie K est un corps commutatif, E un espace vectoriel sur K de dimension finie
et u L(E).
2.1
Calcul des projecteurs
Supposons le polynme minimal de u scind : u (X) =
(X ai )i =
i=1
Pi (X) = (X ai )i et (i 6= j ai 6= aj ).
On a vu que daprs le thorme des noyaux E =
m
Y
m
M
m
Y
Pi (X) avec
i=1
Ker (Pi (u)).
i=1
On cherche calculer les projecteurs i de E sur Ker (Pi (u)) qui sont des polynmes en u,
afin dobtenir la dcomposition de Dunford :
i J1; mK posons Qi = Pui alors les Qi sont premiers (mais pas deux deux !) entres eux et
m
X
Ai Qi = 1.
donc daprs le thorme de Bzout il existe (A1 , . . . , Am ) K[X]m tel que
En appliquant en u il vient :
des vecteurs de E dans
m
M
i=1
m
X
i=1
Ai (u) Qi (u) = Id, puis daprs lunicit de la dcomposition
i=1
Ker (Pi (u)), il vient que i J1; mK, i = Ai (u) Qi (u).
La difficult de la recherche des projecteurs rside donc dans la recherche dune relation de
Bzout (ce qui est simple si m = 2 mais moins au dessus !).
2.2
Petit pige
2 1
0
2 0
0
0 1 0
0 1 1 = 0 1 0 + 0 0 1
0 0 1
0 0 1
0 0 0
On a bien dcompos la matrice en la somme dun endomorphisme diagonalisable et dun
endomorphisme nilpotent... Cependant ils ne commutent pas ! ! !
Ceci pour montrer quil faut donc toujours refaire le raisonnement de la dmonstration pour
obtenir la dcomposition de Dunford dun endomorphisme et ne pas tre tent par une telle
simplification.
2.3
Application
En cours de rdaction. . .
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 7/8
2.4
Implmentation de la dmonstration effective
Voici une implmentation de la dmonstration effective ralise laide de Sage :
http://www.sagemath.org/.
Sage
def dunford(A):
p=A.charpoly(x);
p=p//(p.gcd(derivative(p)));
q=derivative(p);
An=A;
Ann=An-p(An)*(q(An)^(-1));
while An!=Ann:
Tmp=Ann;
Ann=An-p(An)*q(An)^(-1);
An=Tmp;
return Ann,A-Ann
Sage
dunford(Matrix(RationalField(),[[2,3,2],[-1,-2,-6],[1,1,5]]))
Rsultat
(
[ 3 4 4] [-1 -1 -2]
[ 0 -1 -4] [-1 -1 -2]
[ 0 0 3], [ 1 1 2]
)
On
trouve la
2
3
1 2
1
1
dcomposition
:
2
3 4
6 = 0 1
5
0 0
4
1
4 + 1
3
1
1
1
1
2
2 = D + N .
2
Annexe
Diagonalisation simultane gnralise
Soient E un espace vectoriel sur K de dimension n N et I un ensemble non vide.
Soit (fi )iI une famille dendomorphismes de E diagonalisables et commutant deux
deux.
Alors les fi sont simultanments diagonalisables : il existe une base de E telle que
i I fi est diagonale.
Dmonstration :
On ralise une rcurrence forte sur n = dim(E).
Initialisation au rang n=1 : la proprit est vidente.
Hrdit : supposons un certain n N telle que la proprit soit vrifie pour tout
k n.
Soit E un espace vectoriel de dimension n + 1.
Cas 1 : tous les fi sont des homothties et alors ils sont diagonalisables dans toute
base de E.
Cas 2 : i0 I tel que fi0 ne soit pas une homothtie.
Notons 1 , . . . , r les valeurs propres de fi0 et pour tout k J1; rK, Ek le sous-espace
propre de fi0 associ k .
Comme fi0 nest pas une homothtie, on a r 2.
Daprs le premier point du lemme de stabilit, i I, k J1; rK, Ek est stable par
fi .
i I, k J1; rK, notons fi,k lendomorphisme induit par fi sur Ek .
Soit k J1; rK.
i I, fi,k est diagonalisable daprs le second point du lemme de stabilit.
Dcomposition de Dunford - Jean-Baptiste Campesato - Page 8/8
Puis comme 1 dim(Ek ) n, on peut appliquer lhypothse de rcurrence la
famille (fi,k )iI . Il existe donc une base Bk de Ek telle que i I, fi,k soit diagonale.
Posons alors B =
r
[
k=1
Bk alors comme i I, k J1; rK, Ek est stable par fi , on a
que i I, fi est diagonale.
Ce qui clt la rcurrence.