Hello Guide
Hello Guide
Outils qualit
llection
Outils qualit
Genevive AUROI-JAGGI
Conctact
Edition
Mise en pages
Corinne CHEVALLIER
Impression
Universit de Genve
rambule
Genevive AUROI-JAGGI
Directrice Service formation continue
1. Choisir le sujet
2. Phase prparatoire
3. Dveloppement du sujet
11
4. Structuration
13
19
6. Style
25
7. Rvision et rcriture
29
8. Mise en forme
33
9. Plagiat
37
Repres bibliographiques
39
Introduction
ntroduction
Lchauffement
Tout d'abord, il est rarement possible de sattaquer froid la rdaction. De mme que tout
effort sportif ncessite un chauffement pralable des muscles, lactivit rdactionnelle
gagne tre prcde par un moment de lecture et/ou de relecture des sources consultes
ou des pages dj crites.
Lentranement
Dans le mme ordre dides, il faut privilgier dans la mesure du possible lentranement. Il
vaut mieux travailler rgulirement, mme pendant un laps de temps limit, que pratiquer
limmersion totale de faon discontinue.
Un objectif raisonnable
Enfin, il ne faut pas placer la barre de lambition trop haut, mais fixer un objectif raisonnable
par rapport au temps disponible et aux exigences spcifies par les formateurs.
Choisir le sujet
C h o i x
d u
s u j e t
q u i
m o t i v e
Choisir le sujet
il doit comporter une avance, mme minime, dans ltude de la matire choisie, ce
qui exclut demble les thmes routiniers, trop rebattus ou carrment obsoltes;
loppos, il ne faut pas non plus sauf exception (par ex. le texte littraire) que la
subjectivit et loriginalit tout prix dictent elles seules les principaux choix;
dans tous les cas, on veille limiter le champ dinvestigation, de peur que lampleur de
la matire aborde ne rende cette dernire incontrlable et nancre la rflexion dans
une gnralisation aussi laborieuse que strile.
Dfinir
La dfinition du sujet prend en compte deux paramtres troitement lis:
le destinataire: pour qui est-ce que jcris? quel est le profil de mon lecteur?
et le but: quel objectif me suis-je fix? quelle action mon texte entend-il exercer sur
ses lecteurs?
Les sujets sont susceptibles davoir des formes trs varies. Ils peuvent tre constitus dun
simple lment (par ex. le rchauffement climatique) ou dun ensemble de composants plus
ou moins complexes. Ceux-ci peuvent tre compars (par ex. ressemblances et diffrences
entre deux phnomnes) ou donner lieu des problmatisations (par ex. lcole obligatoire
doit-elle tre slective?).
Dlimiter
Une fois le sujet choisi, il faut le dlimiter aussi prcisment que possible: si je veux tudier
le Grand Thtre de Genve, est-ce que jexamine son histoire, ses caractristiques
architecturales, lactivit musicale qui sy droule ou bien les trois aspects la fois?
Ensuite, on tche de donner au travail un titre et un sous-titre, mme si ceux-ci sont
susceptibles de varier au cours de la recherche.
La prise en compte du destinataire et du but permet de dterminer le type de texte rdiger
(enqute? essai? rcit littraire? etc.) ainsi que de fixer un certain nombre de paramtres
importants pour mieux orienter la recherche:
le point de vue: mon attitude par rapport la matire tudie est-elle objective (texte
caractre scientifique ou technique) ou subjective (texte littraire)?
la perspective: est-ce que je situe ma matire dans un cadre spatial, temporel, affectif
et/ou social?
le filtre culturel: si jtudie par exemple la flore dune rgion, est-ce que ma description
sera celle dun botaniste, dun paysagiste ou de monsieur Tout-le-monde?
Une bonne dfinition de ces paramtres permet de choisir un langage et des stratgies
rhtoriques conformes aux destinataires et aux objectifs envisags.
Phase prparatoire
Phase prparatoire
Une fois le sujet du travail dfini et dlimit, on entre dans le vif de la recherche. Au dpart,
les connaissances mobilises sont souvent insuffisantes. Rcolter des matriaux nouveaux
partir de diffrentes sources permet dlargir son savoir.
Plan de recherche
Cette qute se fait parfois tous azimuts, mais llaboration dun plan de recherche peut se
rvler fructueuse et faire conomiser beaucoup de temps. Ce plan prend la forme dune
grille de questions, chaque question correspondant des thmes et des sous-thmes.
Exemple:
Thme
Problme
Un pays
Sous-thmes
Sous-problmes
Dimensions
Situation gographique
conomie
etc.
Cette grille nest pas statique, mais volue au gr des recherches en saffinant
progressivement.
Lutilisation des sources crites est facilite par le recours, lorsquils existent, des rpertoires
bibliographiques. Dans cette phase exploratoire, il est parfois ncessaire deffectuer des
lectures prliminaires, en commenant par des ouvrages de caractre gnral (articles
dencyclopdie ou dictionnaires spcialiss, manuels, livres de divulgation, etc.). Tout comme
le plan de recherche, la bibliographie se constitue et senrichit progressivement.
Les documents crits reprsentent dans bien des cas une source capitale. Il faut donc
exploiter au mieux leurs contenus, en prenant des notes et en enregistrant soigneusement
les ides ou les ractions quils ne manqueront pas de produire.
Fiches
Pour gagner du temps dans la phase successive du travail (traitement des donnes rcoltes),
le rdacteur prendra des notes en recourant plusieurs types de fiches:
Dautres formes de fiches sont videmment envisageables, selon le type de recherche que
lon mne et les spcificits de celle-ci. Dans tous les cas, la distribution du matriau sur
plusieurs fiches contribue maintenir une attitude analytique tout au long des lectures, qui
se rvle particulirement bnfique dans la phase successive du travail.
10
Dveloppement du sujet
Dveloppement du sujet
Au fur et mesure de la rcolte des donnes, le plan de recherche est affin et de nouvelles
questions se posent. Il sagit dun processus dynamique, en constante volution. Face la
masse dinformations recueillies, les ides et connaissances sont mises en relation avec les
matriaux et les concepts rcemment acquis grce la consultation des sources et/ou
lobservation sur le terrain. Une analyse et une valuation rgulire de ces lments est
ncessaire. Il sagit de dterminer quels aspects paraissent particulirement intressants,
utiles ou prometteurs et mritent dtre approfondis.
Cette opration permet de produire de nouvelles ides et dengager de nouvelles recherches.
Pour ce faire, il sagit notamment de:
Ces deux oprations, forcment concomitantes, permettent dtablir la liste des points
mritant dtre approfondis par lanalyse et/ou par une meilleure documentation. Elles
conduisent peut-tre aussi formuler certains sous-problmes (dont lunit et la cohrence
conceptuelles apparaissent immdiatement videntes) sous forme partiellement rdige.
Mme sils ont une forme fragmentaire et provisoire ce stade du travail, ces dbuts de
formulation peuvent se rvler utiles par la suite, car ils permettent une mise en relation la
fois plus concrte et complexe du matriau travers le prisme de la langue et de sa syntaxe.
11
Vos notes
12
Structuration
Tr i , s l e c t i o n , o r g a n i s a t i o n d e l a m a t i r e
Structuration
Aprs avoir consult toutes les sources et rassembl un nombre suffisant de donnes, on
passe la phase suivante du travail: la planification. Face la masse dinformations et
dides disponibles, il faut trier, slectionner et organiser la matire. On a peut-tre
pralablement procd des regroupements partiels, mais le moment est enfin venu de
porter un regard global sur lensemble des donnes rcoltes.
Structurer
Pour structurer celles-ci, il faut identifier les grandes articulations thmatiques et logiques
ainsi que les petites units qui en dpendent. Certains lments rests isols peuvent tre
incorpors, alors que dautres, bien que non dnus dintrt, se rvlent trop dtachs du
sujet dtude et sont sacrifis. Cette opration, longue et complexe, est facilite par le recours
deux procdures qui doivent salterner et sintgrer:
Au bout du compte, une structure hirarchise et cohrente est cre, o chaque lment a
sa place. Il va sans dire que cette pyramide a une orientation globale clairement
reconnaissable dans la mesure o il faut proposer une interprtation du phnomne tudi,
autrement dit une thse que l'on illustre et dfend dans son travail.
13
Les rapports susceptibles dtre tablis entre les diffrentes units peuvent tre de diverse
nature:
rapport hirarchique: un lment peut avoir un caractre plus global quun autre, qui
lui sera donc subordonn. Lordre dans lequel les lments en question sont prsents
peut varier selon les besoins. Il peut se fonder sur une approche inductive (des faits
particuliers aux ides gnrales) ou dductive (des ides aux faits). Il peut aussi se
baser sur des critres psychologiques au sens large: familiarit (du plus connu au
moins connu), intrt (du plus intressant au moins intressant) ou importance (du
plus important au moins important);
paralllisme: deux ou plusieurs lments peuvent se situer sur le mme plan
hirarchique; on ne passe pas forcment par le premier pour accder au suivant. Cest
le cas lorsquon fournit plusieurs exemples: ils peuvent se suivre sans que lun soit
subordonn lautre, leur ordre de succession rpondant des critres variables
(numratif, alphabtique, chronologique, spatial, etc.);
rapport de consquence: pour introduire tel lment, je dois d'abord voquer tel autre.
Pour bien encadrer le phnomne tudi, par exemple, je vais peut-tre devoir
proposer un historique des recherches effectues son sujet, voquer les thories
communment admises, etc.; je cre ainsi une sorte de chane, o chaque unit
introduit la suivante en posant les jalons ncessaires pour avancer dans lexposition
de ma thse;
expansion latrale: sans que larticulation hirarchique des units en prsence en soit
modifie, jouvre une sorte de fentre latralement lobjet central de mon discours,
en approfondissant une question pourvue dune certaine autonomie et en revenant
au point principal ds que possible.
14
Structuration
Exemple en arbre
Dynamique dmographique
des chasseurs-cueilleurs
Chapitre 2
article
Variables dmographiques
Modles thoriques
Donnes environnementales
article
Relief
Vgtation
Mthodes et outils
Hydrographie
Ctes
Chapitre 4
Simulation dynamiques
de lvolution humaine
Modles dmographiques
Structure du programme
FRICTION
Chapitre 5
Anaylses dexpansion
dmographique et spatiale
Conclusions
article
Monde raliste
Perspectives
Monde simple
Analyses de sensibilit
Annexes
Mthode dassignation
inter-scnarios
Annexe on-line
Extrait de: Nicolas RAY, Modlisation de la dmographie des populations humaines prhistoriques l'aide de donnes
environnementales et gntiques, thse de doctorat soutenue la Facult des sciences en 2003, disponible en ligne:
www.unige.ch/cyberdocuments/theses2003/RayN/these.pdf
15
Introduction
2.2
2.3
2.4
Conclusion
Introduction
3.2
Outils et mthodes
3.2.1 Systme d'Information Gographique
3.2.2 Slection des donnes
3.2.3 Cartes de friction
3.3
Vgtation
3.3.1 Approches cartographiques
3.3.2 La vgtation au dernier maximum glaciaire - article
3.3.3 La vgtation prsente potentielle
3.3.4 Srie temporelle de la vgtation europenne
3.3.5 Capacit de soutien de la vgtation
3.3.6 Friction de la vgtation
3.4
Relief
3.4.1 Donnes de base
3.4.2 Friction du relief
3.5
Hydrographie
3.5.1 Donnes de base
3.5.2 Capacit de soutien hydrographique
3.5.3 Friction hydrographique
3.6
Environnement ctier
3.6.1 Donnes de base
3.6.2 Capacit de soutien ctire
3.6.3 Friction ctire
3.7
Conclusion
16
4.1
Introduction
4.2
Structuration
Le programme friction
4.3.1 Structure gnrale
4.3.2 Uniformisation des donnes environnementales
4.3.3. Module d'entres-sorties
4.3.4 Module dmographique
4.3.5 Module gntique
4.3.6 Expansions dans un espace discrtis
4.3.6.1
4.3.6.2
4.3.6.3
4.3.6.4
4.4
4.5
4.6
Analyse de sensibilit
4.6.1 Introduction
4.6.2 Implmentation de l'analyse de sensibilit dans FRICTION
4.6.3 Applications des analyses de sensibilit en monde carr uniforme
4.6.4 Applications des analyses de sensibilit en monde raliste
4.7
17
vocation du problme;
solution propose et critres sur lesquels celle-ci se fonde;
approfondissement du dtail de la solution en un certain nombre dinformations.
Ne pouvant se baser sur un modle aussi schmatique, le plan est dvelopp en se fondant
exclusivement sur la spcificit de la matire tudie et des donnes rcoltes pour la traiter.
Toutefois, les exigences propres toute dmarche scientifique conduisent intgrer dans le
travail un certain nombre de points qui prennent place respectivement au dbut et la fin
du texte. Il faut en effet ncessairement voquer dune part la mthodologie employe, les
types de source utiliss ainsi que les objectifs poursuivis et proposer dautre part une
valuation des rsultats obtenus.
Bien que placs au dbut et la fin du travail, ces points ne sont pas forcment dvelopps
dans l'introduction et dans la conclusion mais plutt dans le premier et le dernier chapitre.
Lintroduction et la conclusion gnrales ne doivent tre rdiges que lorsque toutes les
autres parties ont trouv leur forme dfinitive; elles servent :
donner une vue globale du travail au lecteur pour lui permettre de mieux suivre la
dmarche propose;
Lorsquon commence rdiger son travail, une partie du chemin est dj parcouru. La
construction ne se fait pas dans le vide, mais dans un espace explor et mme partiellement
meubl. Si lopration dcriture se droule linairement, elle nen est pas moins un processus
dynamique.
Contrle en direct
Ce contrle en direct est dautant plus important que cest seulement lorsque je rdige que
je peux mettre rellement mon plan l'preuve.
Si ncessaire, il faut donc procder des ajustements. Parfois, ceux-ci soprent directement
pendant et grce la rdaction. Il peut arriver que, dans un bel lan, on crive plusieurs
pages loignes des lignes directrices pralablement dfinies. Loin dtre dommageable, cet
cart peut se rvler prcieux, condition dtre bien conscient des ventuels changements
amorcs et de linfluence qu'ils sont susceptibles dexercer sur larticulation du discours.
18
Je ou nous
Si lauteur du travail est tenu de respecter une certaine neutralit de ton (cf. 6.1.), il a le loisir
de sexprimer la premire personne du singulier je ou du pluriel nous, comme celui de se
fondre dans une tournure indfinie on.
lui de dcider sil exclut la premire personne du singulier et opte pour le pluriel de
modestie nous, comme souvent dans les textes valeur scientifique. On peut remarquer
quen effaant les marques de sa subjectivit, il signale aussi son impartialit, son souci
dobjectivit intellectuelle. Il veille le cas chant mettre au singulier les adjectifs et les
participes qui se rapportent la premire personne du pluriel, avec le genre correspondant
au sexe de ltre dsign, en crivant par exemple: Nous sommes convaincu(e) etc., et non:
Nous sommes convaincu(e)s etc.. Il va de soi que le nous ne renvoie pas ncessairement un
tre unique dans son discours, quil peut associer au je de lnonciateur le tu/vous du/des
destinataire(s).
Hormis cette dcision initiale de lvitement ou non de la premire personne du singulier,
lauteur est libre de varier entre les diverses positions nonciatives que lui offre la langue,
dalterner entre elles au fil du texte, lessentiel tant quil ait conscience de leurs nuances, de
leurs implications de sens. Il se montre attentif cependant la cohrence au sein dune
mme phrase, des pronoms personnels et des pronoms rflexifs, et se garde derreurs ou de
maladresses frquentes, telles que: Nous avons choisi de se demander au lieu de Nous avons
choisi de nous demander , ou: On a choisi de nous demander au lieu de On a choisi de se
demander .
19
Non seulement chaque tape de la rflexion ou enqute est restitue, mais le point de vue
du lecteur est intgr. Il convient de:
20
Il est tout fait autoris de formuler des hypothses mme infirmes par la suite, lchec
dune tentative, limpasse dun dveloppement peuvent prsenter en soi un intrt, et
constituer une tape importante du travail. Le rdacteur nhsite pas ainsi faire apparatre
la pense telle quelle se dploie, recourir des formulations telles que: On pourrait
imaginer que . Mais . Ce qui ne revient pas bien sr consigner tout et nimporte quoi.
Dans un travail en formation continue, lauteur dialogue donc avec son lecteur, et les
instances imaginaires qui se disputent en lui. Il discute de mme avec les textes qui font
autorit en la matire dont il traite. On peut noter quon ne parle pas de dialogisme lorsque
lnonc dun auteur est cit, et donc clairement attribu. Mais il sagit ici encore dintgrer
dans son discours dautres points de vue et voix.
le raisonnement inductif qui part, linverse, dun cas particulier pour aboutir une loi
gnrale (cf. les gnralisations partir dexemples);
le raisonnement causal qui sappuie sur les causes dun fait, dune situation pour en
tirer des consquences;
le raisonnement analogique, qui tablit un rapport entre deux domaines et en fait
ressortir les ressemblances en vue dune certaine conclusion (cf. les comparaisons);
le raisonnement par opposition, qui confronte deux situations pour en montrer,
toujours en vue dune conclusion, les diffrences, les divergences.
Penser la cohrence
Il convient aussi de bien disposer les arguments, de les placer de faon ce quils
senchanent aisment, lanalyse de lun conduisant au suivant. La cohrence du propos
tmoigne en faveur de la solidit de la thse.
Les arguments illustrent chaque fois un autre aspect du problme, en lclairant dun
nouveau jour.
Y a-t-il un seul ordre possible pour prsenter les arguments? Faut-il commencer par les
arguments les plus forts ou, au contraire, terminer par eux?
21
Les citations peuvent soit apparatre dans le corps du texte (entre parenthses ou non, ce qui
dpend du degr dinsertion de la citation dans la phrase, mais toujours en recourant des
guillemets), soit tre isoles du discours. Dans ce dernier cas, on va la ligne, en adoptant un
caractre plus petit et des marges plus grandes.
Voici des exemples de ces diffrentes faons de faire :
1. J.-J. Rousseau prtend que l entreprise que constituent ses Confessions est indite.
2. La singularit que revendique J.-J. Rousseau au sujet de ses Confessions (une entreprise
qui neut jamais dexemple) a marqu lhistoire littraire.
3. J.-J. Rousseau proclame ainsi loriginalit absolue de sa dmarche: Je forme une
entreprise qui neut jamais dexemple et dont lexcution naura point dimitateur.
4. J.-J. Rousseau insiste demble sur la nature indite de son projet:
Je forme une entreprise qui neut jamais dexemple et dont lexcution naura
point dimitateur. Je veux montrer mes semblables un homme dans toute la
vrit de sa nature; et cet homme ce sera moi.
Ponctuation
Quant la ponctuation, elle trouve sa place :
lintrieur des guillemets si elle appartient au discours cit;
Les citations pour le reste doivent faire sens en soi, leur syntaxe et leur ponctuation ne pas
tre brises. Elles sont aussi assorties de rfrences bibliographiques prcises (cf. 8 et 10).
22
On nhsitera pas mettre en italiques certains mots de la citation qui ne le sont pas dans le
texte original, afin dattirer sur eux lattention, mais condition seulement de signaler ces
changements dans le texte ou en note, par une formule telle que: Je souligne ou Nous
soulignons.
en parties;
en sous-parties;
en paragraphes.
Il comprend:
titres;
sous-titres.
et o prcisment?
lintrt va-t-il croissant, sintensifie-t-il?
23
Vos notes
24
Style
6
Style
25
elle rpond un souci de rigueur. Il convient de rester prudent dans le recours aux
synonymes. Souvent les mots donns comme quivalents dans les dictionnaires ne savrent
pas vraiment substituables, ils comprennent des nuances de sens, impliquent des
dplacements dont il faut tre conscient.
2
3
4
5
26
Louis-Ferdinand Cline, Mort crdit, Paris, Gallimard (Folio), 1952 [1re d.: 1936], p. 13.
Pierre Michon, Vies minuscules, Paris, Gallimard, 1984, p. 9.
Antonin Artaud, Hliogabale ou lAnarchiste couronn, Paris, Gallimard, 1967 [1re d.: 1934], p. 15.
Marguerite Duras, LAmant, Paris, Minuit, 1984, pp. 9-10.
Style
Le style syntaxique de ces deux noncs diffre nettement, et sa complexit dans lexemple
tir dArtaud induit un autre rythme, plus lent. Gardez en tte en crivant quil existe diverses
manires de dployer une phrase, pianotez sur le spectre des possibles, acclrant ou
dclrant la cadence, afin de tenir veill le lecteur, par le biais du changement.
Naturellement, le maniement des phrases complexes o senchssent les subordonnes a
quelque chose de prilleux. On risque davantage dy perdre la matrise de la construction
syntaxique, ou de sy emptrer et de noyer le fil de son propos. On y est donc attentif. Il faut
spcialement:
veiller aux glissements oprs par lusage des participes prsents et des infinitifs qui
ont cette caractristique de ne prsenter nulle indication de personne;
On veille ce quils ne flottent pas comme dans le cas: Les chiens mangeaient en trottant;
avanant lentement dans la fort, la neige tombait. Il sagirait danacoluthe, ou de
discontinuit syntaxique: le participe se raccordant smantiquement aux chiens,
grammaticalement la neige, induit un trouble qui entrave le cours de la lecture.
Dans une phrase, il y a ncessairement un sujet et un prdicat on dit quelque chose
propos de quelque chose. Les phrases nominales, constitues uniquement de substantifs,
sont des abrviations de phrases compltes, et on leur prfre celles-ci, pour des raisons de
clart. Toute prise de parole consiste en un rappel dlments connus (cest le thme de
lnonc) et un apport dinformations nouvelles propos de ce thme (cest le rhme). On ne
doit jamais perdre cela de vue. On peut choisir partir de l doprer des mises en reliefs de
certaines parties de la phrase, si lon veut attirer lattention sur elles. Au lieu de dire, par
exemple: Le canard (thme) est noir (rhme), on dira: Il est noir, le canard, ou: Le canard, il est
noir.
Lauteur a cette conscience aige de ce dont on parle et de ce quon en dit, au niveau de la
phrase et galement du paragraphe, qui forme une unit plus ou moins longue (rarement
plus dune page). Les mises en relief lui insufflent un dynamisme, placent des accents, et
dirigent lattention du destinataire.
27
Vos notes
28
Rvision et rcriture
Rviser,
modifier,
rcrire
Rvision et rcriture
7.1. Il se pencha sur la page qui tait dj noire de
corrections
Les grands crivains rflchissent sur leurs pages, rvisent sans cesse, modifient, rcrivent,
et ces processus dapproximation successive par paliers une forme dfinitive ou au
moins satisfaisante de loeuvre doivent mme tre perus comme strictement lis sa
construction, son invention, au dclic crateur.
Cest bien ce qui est dcrit dans un admirable passage dun roman en partie
autobiographique de W. Nabokov, Le don, qui a comme personnage principal un jeune lettr,
lequel sattelle son tour la tche, qui domine ses penses, dune biographie-roman:
Il demeura encore immobile un moment, puis il enfila automatiquement son
pantalon noir bande de satin, et se souvenant quil stait dcid ce matin-l
liminer la dernire des phrases quil avait crites le jour prcdent, il se pencha
sur la page qui tait dj noire de corrections. En relisant la phrase, il se
demanda: devrait-il la laisser intacte aprs-tout; il fit un renvoi, crivit un adjectif
additionnel, demeura fig sur la phrase et la raya rapidement toute entire. Mais
laisser le paragraphe dans cette condition, i. e., avec sa structure qui pendait au
bord dun prcipice avec une fentre bouche par des planches et une vranda
qui scroulait, tait une impossibilit physique. Il examina ses notes pour cette
partie et soudainement sa plume se mit en branle et senvola. Quand il regarda
de nouveau sa montre, il tait trois heures du matin.6
Mme dans une criture foncirement communicative et fonctionnelle, comme celle requise
dans un travail de mmoire en formation continue, il est profitable aux scribes du
quotidien que nous sommes de prendre pour modle ne serait-ce qu'une parcelle du
perfectionnisme formel et expressif des vrais crivains, pour relire, une fois, voire plusieurs
fois, dun oeil attentif et critique ce que nous venons de produire.
Le don, traduit de langlais par R.R. Girard, Paris, Gallimard (Collection LImaginaire), 1967, p. 232.
29
le rdacteur attentif reviendra pour un instant en arrire pour une rapide relecture des deux
phrases qui le composent une relecture qui devrait lui faire dcouvrir que la relative finale
de la premire phrase nest peut-tre pas sa place (elle suggre, o elle se trouve, que
numrique est un qualificatif de bonne vieille FM).
De mme, aprs avoir crit les premires lignes du texte qui suit, le rdacteur aurait d
sarrter un instant sur son premier jet, pour se rendre compte que quelque chose bote dans
le rendu externe sur la page donc dun raisonnement mental en soit tout fait correct (ici,
spcifiquement, le fait que le maillon de la chane argumentative requis par compte tenu des
services etc. ne peut tre prsent seulement de faon implicite dans plus de 7500 signatures...):
Une ptition circule dans tous les services de ltat; plus de 7500 signatures ont
t recueillies ce jour, compte tenu des services difficilement atteignables et du
temps trs court consacr la rcolte. Ce chiffre jamais vu auparavant montre
une trs nette volont du personnel damliorer ses conditions de travail.
Mais la rvision peut (et doit) se faire aussi la fin du travail dcriture. Il sagit alors de la
rvision finale.
30
D. Chesnet et D. Alamargot, Analyse en temps rel des activits oculaires et graphomotrice etc. (2005), cit. par L. Heurley, La
rvision de texte: Lapproche de la Psychologie Cognitive. In: S. Ptillon et F. Garnier (ds.), La rvision de texte: mthodes, outils et
processus (= Langages 164), 2006, p. 13).
Dun court article intitul La radio numrique simpose, dans le GHI du 16-17 septembre 2009, p. 19.
Rvision et rcriture
La rvision finale ou rvision stricto sensuse fonde essentiellement sur une relecture au
terme de la rdaction, et peut amener comme dans le cas prcdent du monitorage en
temps rel, la rcriture ou la restructuration de parties spcifiques ou de tout le travail.
Cette relecture, plus ou moins approfondie, pourra tre dune part slective, en visant
certains aspects particuliers du texte, et en faisant abstraction des autres; ou dautre part
intgrale, cest--dire gnralise, prenant en compte tous les aspects du texte la fois.
Lidal pour une rvision finale serait videmment dtre la fois approfondie et gnralise.
Mais cela demanderait un tel effort dattention et de concentration quil vaudra mieux se
contenter de slectionner quelques aspects seulement, quitte revenir plusieurs fois sur le
texte (cest la technique des relectures orientes, ou finalises).
Parmi les aspects du texte auxquels il convient de prter une attention pousse on
mentionnera en premier lieu, videmment:
larchitecture globale (quil est souhaitable de rendre bien lisible dans un sommaire
suffisamment analytique); et:
Mais aussi:
Et encore:
Et finalement:
la plus grande concision tant donn que limpact dun texte est souvent
proportionnellement inverse son degr de dilution verbale...
31
Vos notes
32
mise en forme
Une
bonne
mise
en
pages
Mise en forme
Une bonne prsentation formelle du texte rdig sa mise en forme ou mise en pages,
comme on dit contribue dune manire importante laccueil qui lui sera rserv, et donc
aux effets que le texte sera susceptible de produire ainsi qu son valuation globale.
Limprimerie a dvelopp travers les sicles des principes et des techniques raffins de mise
en pages repris au cours des dernires dcennies en informatique par la publication assiste
par ordinateur (PAO), domine par les puissants logiciels commerciaux Quark Xpress et
Adobe InDesign, auxquels sajoute maintenant Scribus, un open source disponible sous
www.scribus.net. Nous nous limiterons ici quelques conseils lmentaires relatifs une
mise en pages minimale laide des traitements de texte les plus rpandus.
Voir note 10
33
Lon remarque par ailleurs dans ce mme exemple un dfaut relativement vident de rvision
de la ponctuation son niveau logique et textuel (la scansion des units de forme et de
sens). Dans le deuxime paragraphe, les deux-points, le point et le point-virgule, au lieu
daider le lecteur dlimiter sans ambigut les units de contenu, se suivent dune faon
assez aventureuse.
10
34
On se rfrera au modle (parmi d'autres possibles) des Repres bibliographiques sous 10 en remarquant toutefois quil sagit
uniquement douvrages (livres); pour un article dans une revue, on pourra crire par ex.: Laurent Heurley, La rvision de texte:
Lapproche de la Psychologie Cognitive, Langages 164 (2006), pp. 10-25. Et pour un article dans un recueil: Norbert Reiter, Schon
und Erst. In: Harald Weydt (d.), Sprechen mit Partikeln, Berlin & New York, 1989, pp. 428-40.
Le plagiat
C o p i e r ,
c o l l e r ,
v o l e r
9
Le plagiat
lheure o des millions de pages web sont accessibles et reproductibles par un simple clic,
le risque de cder la tentation du copier-coller augmente, tout comme celui de ne pas citer
correctement et compltement ses sources. Or, une telle omission, quelle soit volontaire ou
non, est considre comme une fraude quon appelle techniquement plagiat.
Le plagiat consiste, dans un travail crit, insrer des formulations, des phrases, des passages
ou mme des chapitres entiers repris la lettre de travaux dautres auteurs en les faisant
passer pour siens, quel que soit le support de la source consulte (Internet, travaux imprims
ou non publis). Il suffit que lemprunt autrui ne soit pas clairement indiqu pour quon
puisse dj parler de fraude. C'est pourquoi il convient de signaler systmatiquement toutes
les reprises textuelles ou mme conceptuelles de passages crits par autrui ainsi que
leurs sources prcises (en note ou entre parenthses).
Il va sans dire que les noncs ne comportant aucun lment doriginalit comme par
exemple La Suisse est un tat fdral ne seront pas soumis ces rgles, et ce mme si
dautres auteurs les ont dj utiliss.
LUniversit de Genve a introduit des directives en matire de fraude et plagiat qui peuvent
tre consultes sur le site de lUniversit:
www.unige.ch/apropos/politique/integrite-acad.html
35
Vos notes
36
Repres bibliographiques
Repres bibliographiques
Dictionnaires
Le Trsor de la Langue Franaise informatis (= TLFi ), disponible sous http://atilf.atilf.fr
Jacques Beauchesne, Dictionnaire des cooccurrences, Montral, Gurin, 2001.
Henry Bertaud du Chazaud, Dictionnaire de synonymes et des contraires, Paris,
Dictionnaires LE ROBERT, 1992.
Henry Bertaud du Chazaud, Dictionnaire des synonymes et mots de sens voisin, Paris,
Gallimard, 2003.
Grammaires
Maurice Grevisse & Andr Goosse, Le bon usage Grammaire franaise, 14. d., Bruxelles, De
Boeck; Louvain-la-Neuve, Duculot, 2008.
Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat & Ren Rioul, Grammaire mthodique du franais, Paris,
PUF, 1994.
Michel Arriv, Franoise Gadet & Michel Galmiche, La grammaire daujourdhui: guide
alphabtique de linguistique franaise, Paris, Flammarion, 1986.
37
Ponctuation
Jean-Pierre Colignon, Un point cest tout ! La ponctuation efficace, Paris, CFPJ, 1993.
Albert Doppagne, La bonne ponctuation, Paris, Duculot, 1993.
Albert Doppagne, Majuscules, abrviations, symboles et sigles. Pour une toilette parfaite du
texte, Paris, Duculot, 1998.
Jacques Drillon, Trait de la ponctuation franaise, Paris, Gallimard, 1993.
Nina Catach, La ponctuation, Paris, PUF, 1994.
Style
Marcel Cressot & Laurence James, Le style et ses techniques. Prcis danalyse stylistique, Paris,
PUF, 1991.
Anne Herschberg Pierrot, Stylistique de la prose, Paris, Belin, 2003.
Jean Kokelberg, Les techniques du style. Vocabulaire, figures de rhtorique, syntaxe, rythme,
Paris, Nathan, 2000.
Georges Molini, La stylistique, Paris, PUF, 1997.
Argumentation
Jena-Claude Anscombre & Olwald Ducrot, Largumentation dans la langue, Paris, Mardagam,
1988.
Philippe Breton, Largumentation dans la communication, Paris, La Dcouverte, 2006.
Bertand Buffon, La parole persuasive. Thorie et pratique de largumentation rhtorique, Paris,
PUF, 2002.
Michel Dufour, Argumenter. Cours de logique informelle, Paris, Armand Colin, 2008.
Pierre Olron, Largumentation dans la communication, Paris, PUF, 2001.
Cham Perelman & Lucie Olbrechts-Tyteca, Trait de largumentation, Bruxelles, ditions de
lUniversit de Bruxelles, 1988 (19581).
Christian Plantin, Largumentation, Paris, Seuil, 1996.
Christian Plantin, Largumentation. Histoire, thories et perspectives, Paris, PUF, 2005.
www.fallacyfiles.org/index.html
www.nizkor.org/features/fallacies/index.html
Rvision et rcriture
EVA (Groupe), De lvaluation la rcriture, Paris, Hachette, 1996.
Lorraine Ppin, Renforcer la cohrence dun texte. Guide danalyse et dauto-correction, Lyon,
Chronique Sociale, 2001.
Sabine Ptillon & Franck Ganier (ds.), La rvision de texte: mthodes, outils et processus,
numro monographique de la revue Langage, 164, dcembre 2006.
criture journalistique
Yves Agns, Manuel de journalisme. crire pour le journal, Paris, La Dcouverte, 2002.
Jean-Luc Martin-Lagardette, Le guide de lcriture journalistique. Concevoir, rdiger, prsenter
l'information, Paris, Syros, 2000.
38
39
Universit de Genve
CH-1211 Genve 4
Tl: +41 (0)22 379 78 33
Fax: +41 (0)22 379 78 30
[email protected]
www.unige.ch/formcont