100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
2K vues590 pages

Eglise Catholique - Histoire Des Jésuites - 1826 - LAUMIER

Transféré par

willybsb
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
2K vues590 pages

Eglise Catholique - Histoire Des Jésuites - 1826 - LAUMIER

Transféré par

willybsb
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

I

D'9"'''dbyGoogie

D'9"'''dbyGoogle

D'1""OObyGoogie .

• Dt

Diqitized by Coogle

Diqitized by Coogle

-~

-. . ~

8. L'BJlTOIBB

,

DES JESUITES.

Diqitized by Coogle

-'I

DUNKERQUE. IMP'RIMERIE DE VEYVE WEINS, rue du College, N.- 2.

Diqitized by Coogle

,. ,

RESUl\IE

DE L'alSTOIRE

r

DES JESUITES,

nuvlS L' OUGur.

IOIQO'.f. L.f. DI![Link] Ol! LaOI! loculd; BDIVI DI! COIISJOJi .... TJOIIS 80. LI!8 U~8ES DE LBIJB [Link] BY 011 LEO a CHCTII, liT 0'01'1 BX ... JJBII calTIQCE 011 LJ:[Link]'lSTITVTIOl\8~

Par Ca. LAUMIER.

DUPONTet C.· Libraires,rueVivicnne,N.· 16.

A BRU"XiELLES , Cbez GaIGNON, Libraire ,

A MONS,

Chez I'&!\Lll'X , Libraire.

D'9"'''dbyGoogie.

Diqitized by Coogle

DMJ

1L37 PREFACE.

IL est peu devilles , no us dirons meme



de provinces et de monarchies, sur les-

quelles on ait autant ecrit [Link] sur la

. Societe de Jesus; et malgre cette multitude de livres qui sembleraient avoir du porter, de tous cotes, Ies connaissances les plus positives, il estpeu d'institutions . humaines qui soient moins connues et qui aient ete plus mal jugees, A qui ~'en prendre de cette ignorance, sur une chose depuis si longtemps debattue , et qui ne devrait offrir aucune matiere Ii la controverse P a cettc multitude de livres meme dont nous parlous ici., I

DlglllZedby\JOOg e

8

PREFACE.

LesJesuites,attaquesetdefendusavec

. passion , nesont connus que parce qu'en ont dit , ou leurs partisans, ou leurs ennemis. Toutesles fois qu'un ecrivairrles a pris pour objet de son travail, il s'est cru en conscience oblige de faire une satyre ou une apologie, et, par suite de cette fausse idee, les Jesuites ont etc transformes en heros, en martyrs. religieux, en bienfaiteurs de I'humanite , oven brouillons, en sacrilges, en ennemis deDieu ,en destructeurs de toutc societe rcligieuse ct civile.

Des deux. cotes on a exagere ,-<:,t nous avons cherche a prouvcrque les-Iesuites ne sont , rigoureusemcnt parlant, rien dctout cela. Hommes comme lcs autrcs mcmbreade la societc , ils se sont trouvcs

Diqitized by Coogle

PREnCE.

surlaroutedeshonneurs,delapuissan~~ et de la fortune, et ils ont marche en avant. Comme tous ceux qui apercolvent unbut, et qui veulent l'atteindre, ilsontbrlse , et quelquefois avec violence, les obstacles qu'ils. rencontraient sur leur chemin , telle estla politiquedel'ambition, telle ,fut celie des Jesuites , p:lrce qu'i1s etaient amhitieux.

Leur convenait-il de l'etre? non, sans doute. Comment Ie sont-ils deven us? parsuitedece desirviolent qui travailletoute aggregation d'hommes , tout homme isole; qui les porte 11 prendre un rang plus eleveque les autres, etasesaisir de la domination. Pal' quels moyens etaient-Ils parventl. a fonder une puissance aussi gigantesque, et comment Ie sceptre dout

Diqitized by Coogle

10

PREFACE.

iIs etaient annes, a-t-il ete brise dans leur main? Voila ce qui ne peut se dire dans une preface, et ce que ron apprendra dans Ie Resume que nous publions de leur histoire.

Si ron a conserve Ie souvenir d'un ouvrage frivole dans lequel nous avons mis en action, d'une maniere qui a etc jug~eheureuseetplaisante, lamorale de la Compagnie de Jesus, on croira notre Besumeecrit sur Ie meme [Link]'attendraa une satyre sinon Ingenieuse , du moins violente; on se trompera: I'histoire ne s' ecrit ni comme un roman frivole, ni pour Ia meme classe de Iecteurs. Nous avons du traiter serieusementdes choses serieuses et surtoutapporterdans

Diqitized by Coogle

PREFACE.

1 (

notretravaillaplusgrandebonnefoi etla plus severeimpartialite.

Nousavons Iu avec une attention scru- . puleuse, Ia plus grande partie decequi a ete ecrit , pour et contre Ies Jesuitesj nous avons eu egard au temps ou ron a ecrit , a la position des auteurs, aux raisons qu'ils ont pu avoir d'etre apologiates ou detracteurs , et, sans epouser les passions de personne , nous nous semmes forme une idee juste ou non, mais qui est notre, et c' est cette idee qui nous a diriges dans l' execution de notre euvrage,

Peut-etre , en n'arborant aucunecou-' leur, mecontenterons-nous plus d'un

Diqitized by Coogle

PREFACE.

parti; qu'il nous reste celui desgensde bonne foi , des amateurs de la verite, et nous serons fiers encore; s'il n'est pas le plus nombreux, c'est du moins celui dontle jugcmentestle plus honorableet Ie plus flatteur.



Diqitized by Coogle

J

RESUME

r

, .

DES JESUITES."

._i"""'~~ ...

PREMIERE PARTIE. '

D'EP'r1!1 LA FOl'M;lON DE LEua'15stlTUT Jus,Qtr',L LEVa [Link] DE RANCE, EN 1591.,

'I

-I CH"IPiTRE PREMIER.

[Link] D& ,,'&V&O.. All •• IZIAIlB IIKeLi.

Ox sait que Ie premier titre rey~tu, en faveur des Jesuites , des sceaux de la chancelle- . rie romaine, est de I'annee 1~4o., et que l'ex!stence de cettecompagnie ne remontc pas audela du seizieme siecle. Cettc epoquesera teujours celebre dans Ies annales du monde. La nature parut se reveiller d'une longue letbarSic, prendre de nouvelles forces et lea communiquer aux esprits empresses de s'Clancer vers des spheres jusqu'alors ineonnues. De tOJIS cotes Ie genie de I'hemme cher~ha,4cs d)D(lu~les, tapt dans le monde ~altrie~&\c

Diqitized byCooglel

2

dans les espaees Intellectuels ; la physique, la politique , la religion, eprouverent une revolution qu'en etait loin de pressentir, et la terre s'enrichit , au-dela de I'Ocean , d'un nouvel hemisphere devine et decouvert par un homme immortel.

L 'arrivee de C hristophe. Colomb sur les plages americalnes , upera , .dans 1es idees et dans Ia polltique , une revolution tout entiere, On verifla avec certitude l'existence de ces Antipodes, soupconnee depuis longtemps par un petit aombre d'esprits justes , et condamnee avcc assurance, comme impie et extravagante, par I'universalite des autres, qui, remplis d'une pi etC mal entendue, pretendaient poser des limites au pouvoir de celui qui a cree , et les hommes, et les animaux , et les pres in animes.:'

Tout frappa d'etonnement les Europeens , dans les climats nouveaux dont its venaient de '{:tire la conquete, D'autres cieux se deployaient sur lenr-tete ;d'autres plantes, d'auties animaux s·offraientli leurs regards; un peuple doux,inoffcnsif, desarme , accournit aeux, leur prodiguait dessoins-, des caresses, et les 'adorait comme des dieux, Les Espagnols ne retrouvaient rieo de ce qu'ils avalent laisse dans I'ancien monde.

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE~S nSUITES.'5

MalheureU8emeot, Ie sol que foulaient. depuis longtemps des trilius, iunocentes et benreuses, renfermait cemetal odieux doot Ips peuples du vieux monde ont faille"r -diviui-

. teo Le bruit-de cette decouverte retentit en Eu, rope, et des nuees de brigands, dec(lres du - nom de con queran ts , franchirent leti mers ,

portant avec eux la foudre et les tempetes, - Abusant, avec la plus ceuelle inhumanite ~

- de la superiorite de leurs forces, et de l'avan-

- tage que leur donnaient t sur des hommes it

demi-nus , Ies inatrumeotsmeurtriersdontils. etaient armes, ils commirent des atrocites , qu'apres quatre Ji~cles, On n'a point- encore pardonnees it leurs descendants. Des nations entieres perirent par Ie glaive, ou furent en- terrees vivantes dans les entrailles de la terre, pour en arracher cet or, present funeste que la nature avait fait it leurs climats, et en enrichir des mattres crucis, auxquels il ne plaisait, qu'autant qu'it etait lIOuiUe du sang des

malheureux Americains. '

Ceue barbarie, dont , grAces au clel , une seule nation se rendit eoupable, ouvrit, a -toutes les .autres , un commerce immense. De Douveaux beselns et de nouvelles maladies DaquirenJa-Ia-fois CD Europe; 16s Americuius periaaient en ehargeant leurs tyrani de nou-

Diqitized by Coogle

IlESUME

· velles chalnea , et eft empoisonnant jusque dans sa source, cette generation d'boromes ferotes de qui its n'-anient re~u que Fesela-

· ·vage et la mort. .,. I

· . Charles Vet son cruel fils fnrent longtemps

· Seals po8llesseurs des tresors du Nouveau-Mon-

· de. Ne croyant rien d'lmpossible A leur ambition, les projcts Ies plus gigantesques prirent naissance dans leur t~le orgueillewe : iIs offrirent des fers A I'Europe, et l'Europe [Link] pres d'en chargersea mains. Quelques voix genereu86S, cependant , Be flreat entendre; les etats opprimes , ou sur le polat

· de I'etre , se cealiserent entre eux : alors Be . forma ce fameux systeme d'equiIibre qui,

uivi pendant de longues annees , mil un Crein aux eotreprises des puissances du premier ordre, que Louis XIV voulut detrulre , et qu'il fut force de respecter.

C'est pourtant Ace systeme si van~ par Ies petits etats qu'il protegeait , que l'Europe dut les Iongues et ruineuses guerres qui l'oot desolee sous le regne du fils de Louis XIII. En rendant Ies forces egales , on donoait autant de moyens pour l'attaque que pour Ia defense; on a rendu , peodant un temps, Ies conquetos moins faeiles , et Ies devastations plus

. complQtcs ct plus frequcntes. On a attache ,

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOIl\E DES JESUITES. -5

par les liens d'un vasselage deguise seus le Dom d'alliance, las etats d'un raug inferieor aux puissances du premier ordre, et on a force de marcher, pour des inter~ts qui leur etaient etrangers, et sous des drapeaux qui souvent Ieuretaient ineonnus, dessoldats qui n 'avaient aucune raison pourrompre, avec leurs voisins, une paix qu'ils ne demandaient pas mieux que de maintenir. La multitude des interets partienliers rendit les querelles plus frequentes , et cet etat de choses amena precisement les desastres qu'on voulait eviler.

En meme temps qu'un nouveau commerce et une nouvelle politique s'introduisaient en Europe, des esprits inquiets et turbulents y jetaient les semenees d'un nouveau culte, et prechaient des doctrines inconnues jusqu'alors, Lesrichesses dont on avalt surcharge l'eglise et Jes ordres religieux, avaient , a un tel polnt, corrompu les hommes attaches auxautels, et produit un relachement si funeste dans Jell liens de la discipline, que pendant trois siecles , on ne voit pas un seul concile s'assembler , sans qu'il n 'enemane quelques calions, destines a prevenir ou a reprinter Ie luxe et l'incontlnenca des clercs. Cell desordres , toujours conda~nes par la partic saine du cler6~. et toujours seandaleusement reuou-

Digitized by Go~gte

6

vele8 par la portion oorrompue, servirent de pretexte it de hardisnovateurs. lis demanderent d'abord une reforme dans laconduite des gens d'eglisej bientot apres, iIs seumirent a un examen, ce qu ~illeur etait ordonne de respecter, ils discuterent les pcuvoirs envertu des- ' quels une faible partie de Ia population commandait it I'autre. En AUemagne, en Suede, en Dannemarck , en Angle,terr.e, on osa attaquer des droits conferes par Ie fils de Dieu luimeme j et ce siege antique et respectable que Jesus-Christ a fonde , et queses vicaires O'llt transporte it Rome. Jut ehranle sur sa base. De la discussion des pouvolrs , 011 passa [Link] discussion du dogma, et des points de doctrine consacres par la veneration des hornmes et l'asscotiment des slecles. furentretrauches, sails respect. du livre de la Ioi,

L'Italie, ravagee et humiliee par lei! descendants encore barbares de ces Goths auxquels on avait doone depuis le nom d'Espagnols , et par Ie,S flls de ces Sicambres cooquerants de la Gaule, qui, unis et confondus avec Iespeuples ql~'ils avaient vaiucus , possedaient encore touJe la valeur et presque toute l'ignorance de leurs peres ; l'Italio, dis[e , entre les ~ains de laquclle s'etait brise le sceptre du monde , pl'COolit sur les vainqueurs

Diqitized by Coogle

DE t'UISTOIRE DES JESUITES. 7

la superiorhe reelle et 5l6rieuIC' que dODncnt l'esprit' et lei talents,jouissait de cette tranquillite que dalgne aeoorder nn maitre it rei. clave qui s'est soumis, eteherchait, dans Ies beaux arts, une grande eonsoletlon pour uno grande Iafortune, Michel ~ Ango, Raphael, l' Arioste. 16 Tasse , developpaient en paix 1'6- tendue de Ieue senie; et couvraicnt leur [Link] et Jeur patr~ d'une gloire plus Immertcllo que celle des beaux jomll de Rome et de Ia Grooe.

Sons Francroil I ... • ~t ses suecessenrs , I" France, cecupee , Boit a resister aux projets ambitieuxde Charles-Quint, solt a cembattre eeux de set propres BUjets qui. co matiere de religion, avaient adopte les idees nouvelles, avait uo instant Vll Ie flambeau du.f¢1Ue jeter quelques faibles etiueelies; mais a l'aspect do IIOS diseordes eivlles , les Muses eploeees anient prisla foite, et la Iumlere dont elles pa ... ... .ussaientdisposeesaccJairer notre patrie, .'ctait eteinte dans des flots de sang humaio.

L'Aogletcrre, livree a des querclJes theoto- 6ique. et a des .editions iotericurcs, brisait et reprenait , pour Ie briser encore; Ie jOllg Ill' pootire romain, et , tout oecepee de sa gran-_ deur Culure, jetait les fondemeoll de cet eJRpile immeDH qui devait, VlUll tart!" compler

Digitized by Coogle

-8

d'innombrables sujets dans toutes les parties du monde , devenir l'arbltre, et quelquefois Ie maitre de l'Europe entiere. -

Tout-a-coup, etcomme par miracle , apparurenta-Ia-fols Charles-Quint, Frant;ois 1.", Leon X, Henri VIII, Calvin, Luther, et tant d'aulres hommes bien differents entre em: par Ie rang etle merite , mais tous egaux am: yeuX de la posterite par leur reputation, et dont l'influence politique et religleuse se fait sentir

encore auiourd'hul, '

Ce fut au milieu de - ce siecle si feeond en grands evcnements et en grands hommes, que I'Institut des Jesultes prit naissance.

Cet institut, comme tous les etablissements humains, fut d'abord faible et chancelant, at rien lie semblait lui reserver dans I'avenir, Ia _ puissance colossale a laquelle il est parvenu

- depuis, Le monde chretien etait peuple d'or-

-dres religieux qui , sous toutes sortes de noms,

sous toutcs sortes de costumes, cultivaient la ' vigne du Seigneur. Les uns, riches et envi-

- ronnes de loute la puissance des seigneurs feodaux , vivaient avec Ie luxe et I'ostentation des gens du monde; d'antres , pauvres et humilies , se nourrissant du pain de I'aumene , fatlguaient , epuisaient la charite publique ; 10 temps n 'etant plus ou nos igu~anls ct supers-,

D'9"'''dbyCoogie -

DE L'UISTOIRE DES JESUITES 9

titienx ancetres donnaient des chateaux et des domaines, pour obtenir l'ioefl'able bonheur de mouri .. et d'~tre enterres dans larobe d'un ' aoine. Les religieux mendiants couraient grandement Ie danger d'accomplir leur voeu de pauvrele beau coup plus severement qu'i111 ne Be proposaient de Ie faire, lorsque Ies Jesuites se presenterent pour partager avec eux Ies produits d'un champ deja epuiae.

La societe de Jesus etait , des sa naissance, menacee d'une mort rapide, ou d'une existence obscure et pauvre. Elle a triomphe des dangers qui attaquaient son berceau. A qui doit-elle ce bonheur jI A deux choses : elle a su Be donner des constitutions plus parfaites qu'aucune corporation religleuse existante avant elle; et de plus, elle a pant it propos.

Un Ieglslateur, quel qu'ilsoit, a moins qu'il De vienne d'un pays ou les sciences sont a un haut degre de perfection, n'est pas autant qu'on Ie croit au-dessus de son slecle ; sa superiorite n'est gueres que relative, et malgre Ie respect que je conserve pour ceux qui rassemblerent les peuplades errantes de l' A ttique et du Latium, pour leur donner des lois et en faire un corps de nation ~ [e me permels de croire que Lycurgue; Solon, Romulus, et m~ me Ie Iii se Noma, seealeut, de nos jours, de

Diqitized by Coogle

10 REsmrE'

bien pauvres hommes d'etat, et toute l'admi ration que , par tradition ,npus .[Link] pour ces grand .. personnat;es, s'evanoulratt biantOt, selon moi , IIi pous leur donnions un . etat it gouverner. II suit de ce que je viens de dire, que les premiers fondateurs d'ordres re-

ligieux, a I'exception , peut-etre , du fameux saint, Bernard, n'~taient ~ueres moins ignorants que Ies hommes qu'ils rangeaient sous leur banniere, Dans UJ,) siecle grossier, Ies institutions doivent avoir une empreinte derusficite qui ne provlent pas [Link] des hommes, rna is qui est la faute des temps. Saint Bruno et saint Francots d" [Link], que ['honore , COmme saints, mais dont je puis, comme hommes, examiner Ies discours et Ia conduite, ne furent pas des genies superleurs ; mais audessus , cependant , de leur siecle , ils firenj admirer leur eloquence et leur savoir, devinrent fondateurs d'ordres ,' et commanderent a 'des hommes qui falsaient bon .marche de la science et qui admiraicnt a peu de frats,

Quoique plus eclaires que leurs contemporains, ees hommes celebres, car je ne veux considerer leur vie qu'en ee qu'elle a de materiel et d'humain , ces hommes celebres, dis[e, durent conserver bien des ehoses de In grosaierete de l'epoque dans laquelle ili vivaient,

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOIRE DES JESUITES. J I

et Ie code qu'llsdonnerent a leurs sujets dut cootenir bien des fautes contre la justice, contre la raison et contre la politique.

Ces fautes, inapereues par les hommes que I'on rapprochait pour vivre en corps endeplt de rage, des gouts, du earactere et du 'temperamment , ee vice de constitution qui aurait dli amener Ia ruine de I'instilut qui en etait atteint, tout cela futdecouvert etsignaIe plus lard, mais le respect pour les institutions anciennes, pour les choses que la religion a eensacrees , ferma les yeux aux plus Interesses, at tout resta comma il etait, par la seule raitlvn qu'il Hait ainsi depuis Iongtemps,

Lescorporations rellgleuses, asiles des Ames tendres, eontemplatives, acquirent done de nombreux sujets, quelquefois des rlchesses " hnmenses , mais aucune ne parvint au pou-

fOir ; if attendalt las Jesuites. "

Saint Ignace de Loyola, on peut le dire san. insulter sa memoire , n'Hait pas un hom me , meme a la hauteur de son slecle , l'histoire Ie sa vie en fait foi ; mais quand il eut forme e projct de fonder "un nouvel ordre, it eut le )(Ioheur de rencontrer , dans les premiers :ompagnons qu'i1 s'adjoignit, des collaboraeul'l d'un grand mertte, et it eut-Ie bon esllit d'accepter Ie sacrifice qu'ils voulurcnt

Diqitized by [Link]

, 1 2 [Link]

bien luifaire de leurs talents et de leur pen4- tration.

Les compagnons de [Link] sentirent que les bases sur lesquelles reposaient les autres congregations rellglenses , quoique tresrespectables sans doute ,.n,'elaient plus en harmonie avec I'etat des Iumieres ; les siecles avalent marche , its ne voulurent point rester en arriere, En consequence, Us crurent ne devoir imiter lei autres ordres, qu'en ce qui pouvait assurer Ia prosperite du leur; ils penserent qu'il serait. bien de perfectionner Ies:

. reglements des autres, et de faire, de tout ce I qu'ils en emprunteraient et·de tout oe qu'iIs I y ajouteraient , un code de lois qui leur donnAt', sur Ies corporations rellgteuses deja existantes, une superiorite solide et non contestee.

- [Link] .fondateurs d'ordres avalent , par i des miracles, prouve la verite de leur mission. :

Saint Benoit ayant trouve , dans un de ses I couvents , Ie diable de I'impurete cache 80US : la robe d'un moine, ce que je crois tres-pos- I slbte , I'avalt chasse a grands coups de fouet , I et Ie diable avail pris la voice a Ia vue d'une i foulede spectateurs, Saint Norbert, prechant en francals a des Allcmands qui n 'entendaicnt. queleur langue , s'c·n etalt flit comprendea iii 1l!C!'vcillc. ,S~nt 1~l'an~oi5 d'.~si3c, appelc Ie

Diqitized by Coogle .

DE L'UISTOIRE DES JESUITES. 15

docteur seraphique , -avait ressuscite une pouIe , et de plus, avait reeu les stlgmates de la main d'un ange, les eordeliers l'assuraient. Tous ees prodiges eoneiliaient aux religieux la con fiance et la veneration publiquea, et inspiraient A chacun une haute qpinion de son ordre.

Les Jesuites auraient peut-etre bien risque Ie miracle oblige, mais le siecle etait trop eclaire pour qu'on put le faire sans se compromettre; Ies ref ormes avaient I'reil au guet , c ils auraient signale sans pith! au public Ia , moindre fraude , tant pieuse qu'elle put ~tre.· Ignace et ses compagnons firent donc sagement de ne pas recourir aux prodiges qui les auraient discredites d'avanee, Ils se oontente- . rent de travailler it un miracle de politi que et deMgislalion, et de creeer cas constitutions reeonnues une des choses les plus belles et les. micux appropriees au but que 1'00 se propo- . sait, et dont nous ferons plus tard l'examen et l'analyse.

A l'avantage que leur procura la superioriM de leur regie, DOUS a vons dit qu~ les Je- - wiles unirent, celui de parattre a propos~ En. c1fel, I'etat de l'.t:~~pef;emblait pr~sag~r dessacces. Di;visce et dechlrec ~-~a-~oi~, par des disputes religicusesct des qllel'~l:lcs:llOlilillucs,

- Diqitized by G<llJgle

14 llESUME

enorg\leillie des decouvertes de ses navigateurs , des succes de ses litterateurs et de ses artistes, eUe offrait it l'ambition et au genie mille chemins ouverts pour arriver it la gloire ou a Ia fortune. Les nouveautes dont elle etai~ pleine , etaient on stlr garant qu'elle ell accueillerait d'autres. Le moment elait proplce, les Jesuites surent le saisir, maisd'autres causes de succes s'unissaient encore a ees premieres.

/ Les 'papes; attaques sur leur tr~ne par des novateurs hard is et entreprenants, mecontents de leur ancienne milice, des rangs de Iaquelle ~tait sorti leur plus redoutable adversaire, cherchaient de tous c~tes des defenseurs moins opulents et plus soumis , et Ils ne pouvalent manquer d'accueillir des combattants qui s'offraientavec toute la ferveurd'un nouveau zele , et qui meltaient au nombre des conditions de leur association, I'obeissance la plus absolue et la plus passive aux ordres du Saint-Siege .

. Les pays opulents ~ d'ailleurs, que 1'0n venait de decouvrlr; etaient habites par des peupies qui languissalent dans Ies tenebres de l'idol4trie; il etait instant de porter la lumiere evangcliql1e, A des climats dont Ie sol rc- , dlait de si riches tresors ; l'cspritde conquete

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE DES JESUITES. 15

avait gague aus« la cour de Rome. Deja, ttue1ques religieux zeIes pour Ia propagation de Ia foi, s'etaient transportes dans Ie Nouveau-Monde, et avaient verifie Ies merveiUes qu'on en racontait. Temoins des barbaries exercees par les Espagnols, ils prechaient les

. Americains que ron egorgeait sur les champs de bataille,catechisaient, confessaient , baptisaient ceux que 1'0n pendait ou que l'on brillait vifs apres la victoire ; et en Europe, ou lea conversions etaient racontees , on louait Dieu qui permettaitque son nom fut glorifte' et sa religion re'tue dans tout I 'univers.

Les papes cherchaient partout des ouvriers. evangelfques qui voulussent entreprendre Ies honorables travaux qui les attendaient audela des mers. Ce fut alors que se presenta saint Ignace, • dont Ies disciples s'etant voues,

• avec un zele aveugle, a la defense du Sain~

• Siege, ont depuis , par un zele plus eclalre,

• porte le christianisme clans tous les pays ou

• if yavait beaucoup de richesses et d'Incre-

• duJite .• *

• Binoire impartiale dea J'uuite ••

Diqitized by Coogle

16

RESUME

CHAPITRE 11.

RISTOI .. Da SA lilT IClfACalDIQV' A L"" POIIDATIOII D.S dSUITI'It aT L' "ppaOBATIOlf D. LBva IlIunUT PolK LII PAPK.

SUftT Ignace deLoyol~naquiten 1491,d'une famille noble, au chateau de Loyola, dans la ~'. province de Guipuscoa. Eleve ft la cour de

, . Ferdinand-le-Catholique, son education Cut telle 'qu'elle pouvait etre, dans un siecle grossier , oh les hommes les plus instruits n'avaient, sur leurs eentemporains , d'autres avan tages, que eelui de joindre it quelques idees Raines, un grand nombre d'erreurs ridicules ou dangereuses, Des qu'il eut flni ce qu'on 'appelait ses exerciees , it prit du sen ice milltaire. Jusqa'a vingt-neuf aDS, sa vie Cut celle d'UD soldat deseeuvre, et partagee entre les devoirs desa profession et la [Link] it laquelle , selon la coutume des Bspagnols , U consacra une bonne partie de ses instants.

Il se distingua, dit-on , a la prise de Nojare , at plus encore en 1521 , au siege de Pampelune, ou il combattit sur la breche avec uDC grande bl"[Link].1J eut , dans ceue dernie-

Diqitized by Coogle

DE L'[Link] DES JESUlTE8. 17

re aft'aire, la jambe droite fracassee par un ~clat de pierre; il se 6t porter, Ies uns disent, a son chateau de Loyola, d'autres dans un hopital, pour se faire administrer les secours que sa position exigeait. Un chirurgien maladroit lui remit la jambe d'une telle maniere , qu'un os mal joint formait une preeminence difforme qui lui deplut, II se 6t casser la jambe une seconde fois, et seier, au-dessous du genou un os tropsaiUantqu'on n'avaitpu replacer.

Tant de SOiDS pour conserver un agrement exterieur , ne furent pas recompenses par Ie succes ; apres beaucoup de pc ines et de douleurs, la jambe malade se trouva , malgre son entiere guerlson , plus conrte que I 'autre. Ignace, Be voyant condamne it rester boiteux, essaya un autre genre de tourment, Taus les jours il se faisait tirer la jambe avec violence, ell I'assujetissant avec des eellsses en fcr, dans I'inutile espoir de I'amener a la meme Ion .. sueur que I'autre., Une telle perseverance et nne telle obstination , dans una chose de peu d'importance, mettent a decouvert dans Ignace, un caractere ferme, tenace, qu'aucun danger n 'effralc, qu'ancune difficulte n 'arrete. Tel est en effet celui qu'il deploya toute sa vie.

Tandis qu'illansuissait dans SOli lit, il de-

D,g""edby(jd'ogie .

lu~smIk

mauda des livres. L'Espagne n'avail alors pour lecture que ces longs et monstrueux romans de chevalerie, si bien en harmonie aavec Ie gout du siecle et de la nation, et dont

-I'Ingeuleuse satire de don Quichotte a fait si gaiement justice ;"on ne put lui en fournir , parcequ'on n'en avail. point. Onluidonnaen place d'autres ouvrages tout aussi propres a exalter son imagination malade, mais dont Ie but devait etre de diriger cette exaltation Ters des choses d'une autre nature.

A force de lire les actions extraordinaires des premiers saints de I'eglise chretienne , il s'enflamma du deslr deles imiter. Ces penitences si rigoureuses , cettepauvrete , ce dedain de soi-meme et desautres, ce mepris des injures, des tourmenis, des plaisirs, lui parurcnt des vertus auxquellesil devait aspirer; Il se sentit anime du desir d'imiter taut d'hommes qui, par un martyre lent et volontaire , s'etaient sacrifles a la divinite, II hrulait d'avoir des visions, de soutenir des. combats pour la foi , et de mourir en la confessant au milieu des suppliccs.

Dans un esprittcl que celui d'Tgnace, une impression queleouque ne pouvait pas eire passagere. En eQH, a peiue fut-il gueri, (llI'il lie retira du moude , se choisit uue retraite

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOIRE DES JESUITES. 19

daDs I'abbaye du Mont-Serrat, et Be livra a toutes Ies austerites des anciens cenobites.

II desiralt des visions, il en eut, Le diable lui apparut en personae, mais un signe de croix, fait avec devotion, le mit aussitOt en fuite. La Sainte- Vierge daigna' se rendre visible It ses yeux, et Ie combler de grilce. et de consola- . tions.

Tant de belles actions, qui n'avaient pour· speetateurs que Ies obscurs habitants d'UD eloltre , merltaient bien d'~tre produites an grand jonr ; aussi , Ignace eonent Ie projet de rentrer dans Ie monde , ou l'attendaient les destinees les plus brlllantes. Avant de prendre ce parti , il resolut de decider sa vocation et de se consacrer particulierement au service de la mere de Dieu. Conservant encore, dans SOil pieux enthouslasme , toutes les idees profanes de la chevale:rie qu'il avait si longtemps respectees, ilchoisit Marie pour sa dame, et se dec lara son chevalier.

Dansla consecration de sa personne , ~I observa tousles riles en usage parmi la noblesse. II fit Ia f!eiLie d61 ormes devant I'autel de la Vierge , et suspendit son _epee 11 un pilier de I'eglilie, pour marquer qu'il renoncait , pour touiolll'S, it faire partie d'une [Link] secullere , puis illlOOit de l'abbaye.

Diqitized by Coogle

20

00 raconte que comme il serendait ~ MontSerrat , il fit rencontre d'un Maure avec qui il s'entretint de Jesus-Christ, de Ia Vierge et des mysteres , sur lesquels la foi doit tenir lieu de raisonnement; son compaglI60 se permit des objections que' SOD ignorance ne I'empecha pas de relever, et it se separa

de lui. •

, Quelque temps apres , plein de scrupule d'avoir si mal defendu une cause aussi belle que celie de sa dame. m.cb6 de ne pas avoie employe, 'au lieu du glaive de la parole , le glaive materiel dont il tltait arme , il retourna sur ses pas ; mais, heureusemeut pour lui et pour son antagoulste , 'sa mule prit un autre chemin, et le detracteur de Ia Vierge echappa a la mort qu'Ueut certainement rectue, si Ignace avail pu Ie rejoindre.

Quoi qu'iI en soit de cette anecdote que I' enI housiasme religieux d 'Ignace rendtres-croyable , apres son depart de I'abbaye de l\lcntSerrat, Ie nouveau chevalier D6 rentra poiut encore dans Ie monde; il se retira a !\lanrese , et demanda un asile daas un hopital. La, il se depouilla de tous les ornements superflus dont la vanite couvrait les seculicrs , iI qulua ses h .. [Link]. donna SOil argent, ct se v~tit des haillous J'UD pauvre; il neglige a sa

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIllE DES JESUI'rES. ~ I

barbe et sell ehereux, se souilla le visage d'ordures, mcttant autant de soin a se defigurer que les autres en mettent a 56 charger de parures. Dans cet equipage propre a inspirer en meme-temps la compassion et l'efI'roi, il asslstait a tous lesofflees, jednait assiduement, se donnait la discipline trois fois par jour, et n'avait, pour sa subsistance, que Ie pain qu'ii allait mendier.

Cette vie " toute horrible qu "elle ~ait, lui parut encore trop d€licate et trop moUe. Il se retira dans nne caverne, ou il passa sept jounJ etsept mrits sans manger. II allait perir , lorsque la eharite de quelques religieux I'arraeha it la mort. On Ie ,for«a a prendre des aliments ; on Ie ramena dans son [Link], ou I!On imagination, troublee par lea, exces auxquels il s'Hail livre, lui procura des vision. plus distinctes -. Il vit clairement Dleu , Ia Trinite, la Vierge et tous les myst~res ; etdans une lethargle qui dura huit [ours, Jesus-Christ lui revela, dit-on, Ie plan de la societe qu'il etait

appele a former. •

Apres dix mois de sejour a MaDr~e, it lui

, viot dans I'esprit de visiter Ies lleux saiuts; il s'embarqua a Barcelonne , prit terre a Gaete, vint a Rome 00 il rectut la benediction du pape, etarriva Ie 4 septembre 1525 a J erusa-

Diqitized by Coogle

22

RESUME

Iern. I,~, lion enthousiasme lI'echautrant' a la vue do cette terre sacree ou se sont passees tant de .choses mlraculeuses, il aurait bien vou1u se fixer en Palestine, pour y [Link] a 1a conversion des mahometans, mais le provincial des Franciscains, gardien du SaintSepulcre , ne voulut pas le lui permettre. II revint done it Vanise en 1524, avec le dessein de faire des etudes qui Ie missent a meme de travailler a la conversion des pecheurs, Pendant son voyage, il fut pris pour un espion, et n 'eehappa qu'avec peine aux >plus> grands dangers.

Dans le temps qu'il etait malade a Manrese , par suite des mortifications auxquclles il Be condamnait, ou peut-etre dans le cours de ses voyages, il composa un livre intitule: E:r:erclce« spirituels , ouvrage digne de ses visions et du temps ou .il les avait eues. On y. voit i Jesus-Christ et Ie diable sur Ie point de se li- i vrer bataille, rangeant leurs troupes, ha- I ranguant leurs soldats , etc. Telle est 1a ten- I dresse paternelle .que conservent les au- I teurs pour les .enfants de leur veine, qu'Igna- I ee mieux consellle, devenu plus sage, reCOINlU I par l'eglise pour chef d'une societe nom-I breuse, au lieu de chercher a faire oublier ce produit de son esprit malade , en reeem- I

D'9"'''dbyGoogie I

DE L'HlSTOIRE DES nsuITEs. .25

mandait la lecture et Ie retravaillait avec une complaisance toufe particullere. Cettemanie de placer son orgueil dans ce dont il aurait dd rougir , faillit devenir funeste a son institution. comme nous le verrons plus tard.

Rentre a Bareelonne, Ignace se mit a etudier la grammaire a l'age de trente-trois ans, vivant d'aumones et prechant toujours en attendant qu'il sut precher. II trouva meme quelques devotes qui. entralnees par son enthousiasme on seduites par la nouveaute et la singularlte de sa mission. lui conflerent la direction de leur conscience.

L'empressement du nouvel apetre alarma lavigilance soupeonneusedu Saint-Office. Des predicateurs hardisavaient aneantl Ie ponvolr pontifical en Allemagne, etl'on etait en garde centre les novateurs qui cherchaient partout Maire des proselites. Arr~te, puis relache, ilse reudit, pour faire sa philosoph ie, a Alcala, ou son zele mal juge, un air de singularite dans les vetements et dans les manieres , lui valureot de nouvelles persecutions. Pris par les nos pour un magieien , soupc:ori~ par d'aunes d'llluminlsme , recherche et emprlsonne par l'Inquisition , il se rendit it Salamanque , toujourdrequentant les eeoles , toujours prechant sans eloquence; at dirigeaftt les fem- 0 DleS saUl avoir Ie pouvoir de lQ,gt:\\ir~o::Jo8Ie

, ,

BESUME.

L'Universite de Paris passait alors pour le sanctuaire des connaissanees humaiues, Ses eccles etaient frequentees par tout ce qu'il y avait d'hommes qui cherehaient a s'instruire. Toutes les nations policees y. envoyaient leur jeunesse rendre hommage it la superiorite de ses maitres. Le bonheur d'avoir etudie a. Paris, devenait, dans tous les

. royaumes etrangers , une distinction glorieuse , et presque une preuve incontestable de merite. Telle eta it ,l'affiuence des audileurs, qu'on avait vu les professeurs obliges de donner leurs leeons en plein air, parce qu'aucune salle n'aurait pu contenir leurs ecoliers.

Dans un temps d'ignorance generale , quelle etait la methode d'enselgnee , et quelles etaient les sciences qu'on yenait cheroher de si loin et a si grands frais ? une scholastique barbare, appeleephilosophie , qui eternisait le delire et l'enfance de l'esprit humain. Quels I etaient Ies livres que 1'0n mettait entre let' I mains des ecoliel's? les categories d' Aristote, : la somme de saint 'I'homas , la physique d'Al-: bert-le-G rand, et autres ouvrages equivalents. :

Les mattres enseignaient , le :Illie~x qu'lf Ieue, etalt possible, ce q,u'ils savalent, mais tout leur, sayoir ctait bien-au .. dessous de !'ignorance ....

. DIgI,,'edbyGoogie·

DE L'mSTOIRE DES JESUITES. 25

<:en'ilst pas que l'Universite de Paris fdt plus eclairee ou plus ignorante queles autres corps ~oseignanls. Tel etait alors I'etat des sctences , tel etait surtout l'empire de la routine, qui faisait trouver bien tout ce qui etait, Quelques hommes de godt~ quelques bons litterateurs, se formaient bien ct~.et la dans I6 silence du cabinet, mais ils gardaieot pour enx des Iumieres qu'ils n'auraient pu propager sans peril: on sait comment finit Ie savant et malheureux Ramus, pour avoir combaltu les idees reeaes j et si Rabelais ~[Link] aux persecutions, illedoit a la singularite de son livre, qui fit regarder sea satires comme Ies , [Link] .d 'un esprit folatre,

Les scieuces barbares qu'enselgnait l'Unlversile de Paris, exciterent l'envie de saint Ignace. Il se faisait [Link] capitale de la France l'idee Ia plus flatteuse , mais il ne pensai t. poiet a sa grandeur ct:ll sa magnificence, et DC s'occupatt que des brillantes lumieres qu'Il pouvait acquerir daos ses eccles,

11 'fint done a Paris, et quoiqu'il etudiat Ie latin depuis quatre aos, commeil o'en savait pas un mot, iI se deeida it recommencer ses classes. II entra .au c;olJege de Sainte-Barbe, ll.'awt sur lesbancs ~ au' milieu d'un troujICilu d'enfants, a'[Link].a I~urs exerclces, et

• • D,g"'''dbyGo~8Ie

RESUME

manqua de subir la punition qu'on leur inOigeait, et que les Jesultes avaient adoptee plus tard pour leurs eeoles , parce qu'on l'act:usait de detourner de leurs devoirs ses jeunes com-. pagnons d'etude,

La vie pauvre et humiliee d'Ignace , attira les regards sur 1ui ; ses camarades et ses maftres coneurent de I'affeetion pour sa personne. II avait gagne Pierre Favre, son repetiteur, et Fran~oi!l Xavier. professeur de phiIosophle au COllege de Beauvais: a ces deux

. disciples, se joignirent '[Link], JacCJlleS Laynez, qui 8uc~eda a SOil maitre, qui'

. eut la plus grande part a' Ia. formation des Jesuites •. et qui passe pour I'auteur de Ieurs. reglements ; Alphonse Salmeron, dont les ouvrages furent proscrlts ; Alpho~se Bobadilla, et Simon Bodriguez , dont l'hisloire rie .dit rien, et qui n'avaient peut-etre d'autres talents qu'une grande soumission aux ordres de lEiur chef.

Ignace 1 voyantses sh: eompagnons animes de son esprit et decides A se eonsaerer a Dleu, se mit dans l'esprit, non pas de fonder un nouvel institut, il n 'eut:pas d'abord des vues aussi elevees , mais de travailler ala conversion des Turcs, Pour~l1ivi en Espa:gne pal' l'Inquisltlon, . n voulait aller -en Sytre' di~uter' contre las-

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOInE DESJESUITES. 27

mahometans, aussi igcorantsque les inquisiteurs tt aussi intraitables en matiere de religion.

Le jour de l~ Assomption 1534, Ignace et &ell compagnons se re~n~ent dans la chapelle souterraine deJ'abbaYe8 Montmartre. Favre, qui etait pretre, y dit Ia messe, et les autres eommunierent r ils s'engagerent , par un voeu solennel a aner precher l'evangile nux. iofldeles j at, dans Ie cas oueelaseralt impossible, a offrir leurs services au pape, pour la bonne eeuvre a Iaquelle il voudrait les employer. Des raisons de sante ayant oblige Ignace d'aller en Espagne, et quelques-una des nouveaux associes n'ayant pas flni leur theologie, pour leur eo donner Ie te~ps, il fut convenu qu'on se rejoindrait a uoe epoque determinee. Cette reunlon eut lieu A VenOO, vers la flo de 1536.

Pendant la separation, In colonie naissaote s'augmenta de trois membres, et l'envie d'aUer chercber le martyre en Palestine se refroidit. Lee passages, d'ailleurs, etaient fermea; n fallut done en venir it. la seconde condition de l'association, et mettre a la disposition du pape, la nouvelle milice qu'on levait a IOn profit.

lsnaee, dont les vues ,'elnient agrandles ,

Diqitized by Coogle

nES1JME

ne fut probablement pas {;lcM que Ia premlere partie de son veeu fut impossible it. accompUr, il renonca lans peine aux palmes sanglantesqu'ilse promettait de cueillir en Asie. Suivi de sea compignons, Use rendit it. Bome,

Cet ordre • derait un jour panenir au fatte du pouvoir, courot des dangers des lea premiers jours de sa creation, et faiHit ~tre englouti dans uo autre, tout anssi nouveau , mail qui et~it soutenu parune main plus puissante. Pierre Caraffe, qui occupa depuis la chaire papale , soua le nom de Paul IV, alors ev~que de Theate, venait de fonder le~ theatins, espece de moines qui n'ont jamais prospere , malgre Ie nom et Ie pontlflcat de leur [Link] prelat, trouvant duzele a lguace et des talents a ses compagnons , youiut en enricbir sa colonie naissante, iI leur [Link] de se faire Tbeatins. Il'avait d'autant plus lieu d'esperer un acte de complaisance, que c'etait a sa recommandation que leur chef. poursuivi en Bspague par le Saint-Office, accU8ea Venise de soreellerie, et, qui pis est, d'heresie , devait la tranquilllte avec laquelle it parcourait en ce moment les etats romains.

Lorsque Pierre Caraffe fit cette proposition a Ignace, Ies Vl1CS de ceful-ei elaient fbeeR ; Ie nombre de ses disciples eveillait son ambl-

Diqitized by Coogle

DE t'IIISTOlRE nF.S JESUl'I'E1. ~9

tion : n allpirail it deyenir elref" ct forrdateur d'un nouvel ordre, et it rejeta l'ldee d'etre moine sous les lois d'un autre, d'une manlere si adroite, et avec dCII raisons si plausibles, que l'eveqne de Tbeatc ric prit point son ref\IB en mauvaise part, et lui continua sa protection.

Ignace, sorti de Cp peril, di!!pcrsa ses com .. pagnons dam I'Italie , dans les unlversltes , pour lie Caire on nom par leurs talents et at· tirer des sujets ~ I'ordre, II n'en rerint ql1e deux. pour raider au grand ouvrage qn'a mee1itait.

Les succ~s de ses missioDnaires furent britJants et rapides ; eu peu de temps, its furent admis dans la ceur' des grands, ~t honoree de leur coooance. Un P. Lejai fut cholsl, pour directeur, par nne marquise de Pesquaire , qui a'attacba it lui avec la tendresse d'tme devote, Ie logea daus sa malson, etle donna poor .cOD" fesseur au due de Ferrare. D'autres membres du nouvel instilut furcnt nommes it des places honorables dans Rome, . et obtinreDt partout la bienveillance et I'estime,

- ]~ace f!o1l0aktoull ses loinS a Ia prosperite de 800 ordre, d abaedonnait-les a(fair~ le detail ascII coltabotateul"S. n De dirigeait plus cJe femmet) maia Ie pape Jui dowtait de. ma ..

Digitized by\JOOgIS.

50

RESUME

ques particulil!res de 800. estlme, Jesus-Christ lui apparaissait la nuit aux portes de Rome, et lui promettait sa protection dans eette capitale du monde chretlen , oh I'attendait plus d'une ccntrariete,: Cette vision est la dernlere qu'ilaiteue. Depuis ce temps, docile aux consells de ses eompagnons , ne rougissant pas de se Iaisser diriger par des hommes qui lui etalent superieurs dans I'etendue des Hies et des talents, il chercha, aupres des puissances dela terre, uu appui solide , et , sims negliger ni dedaigner les secours et les consolations d'en haut, il crut devoir leur adjoindre ceux qu'il ponvait obtenir des hommes qui oot lei-has le pouvoir et Ie credit. Devenu di-

. goe de figurer a Ia tete d'un grand corps -et d'en regler tous les mouvements, il ne fut IJ)uS poursuivl par cell fantemes, enfants d'uu cerveau derange par [Link] regime; son esprlt , toujours occupe d'objcts interessants, et soutenu parune vie reglee , se rassit , et Ignace montra en lui, un homme tout-a-fait different du chevalier extravagant de la mere

.de Dieu. '.'

Avant d'envoyer ses disciples precher la pa. role divine ,Il1X peuples d'Italie et solliciter la faveur des grands, Ignace avait fait avec eux (luclques reglements prelimiuaires qui mar-

• D'9"'''dbyGoogie

DE L'HISTOIRE DES JESUITES. 5. quaienlla ferveur de leur zele, lis convinrent de mendier leur pain, de loger dans les h~pitaux, d'etre superieurs chacun A leur tour, de precher parlout ou ils se trouveraient, enfin de ne point recevolr d'argeot.

C'est presque toujours par la ferveur, l'huinilite et Ie desiuteressement , qu'ont commence Ies ordres religieux qui depuis soot parvenus a la plus effrayante opulence. II faut frapper les yeux des hommes par Ie mepris de toutcsles choses qu'ils estiment , pour s'attlrer leur veneeatlon, On couche d'ahord soua Ie chaume d'une humble cabane , et on Jioit par fouler des tapis somptueux, sous les lambris dores d'un palais. Quand Ignace eut paru a Rome, quand il eut ele accueilli du pape Paul III. comme un esprit ardent qui pouvait ~lre utile, quand on lui cut aceorde la permission de precher sans craindre les poursult68 de I'Inquisition, quand 86S [Link] furent places dans Ies chaires publiques , il fallut ajouter de nouveaux rrglements aux anciens : une position nouvelle exigeait de nouvelles conventions.

Jl Cut done arr~te que ron nommerait un superieur perpetuel , tout-puissant, et qui residerait dans la capilale du monde ehretieu , pour ~tl'e it memc de receroir DfOID,lllemeu&

. Dlgltlzedbyt;oOgit

lesordres du "ape, et A qui on vOdcrait one obelssance absolue. Cctte polltlque adroite avait pour but d'assurer au fondateur de l'ordre Ie prix de ses longs travaux, et de peevenir favorablement le pape, en faisant dependre la societe de sa volonte personnelle.

Tout arriva comme on I'avait prevu, Paul III, flatte de voir augmenter Ie nombre de ses sujets, approuva authentiqoement la so~ ciete , par nne bulle du 27 septembre 1540. Ignace, arrive au terme de son ambition , tint une assemblee dunourel ordre , et rut elugeneral sans opposition.

Le triomphe d'Ignaee n'etait pas cependant aussi complet qu'il l'eut desire. L'approbation que Ie pape avait donnee au nouvel institut, etait l'objet de quelques censures. Il se trouve partout des hommes qui ne donnent rien A la precipitation, et veulentexaminer les choses avant de les adopter. Un cardinal nomme Giudiccioni, se declara fortement I'adver ... saire dell Jesuites, 11 regardait comme inutiles les anciens ordresreligieux , et Hail loin d'en approuver un nouveau.

Ignace, effraye de cette opposition, qui 'pouvait arreter la promulgation de Ia bulle, et peut-etre la Caire revoquer , imagina. dit.,n , de promcltre a Dleu ~~~j~~ij~~emesaes;,.

DE L'HISTOIl4E DES JESUITES. 53

Ai Ie cardinal revenait it del sentiments plus favorables. Non content de ce veeu temeraire et inutile, pulsque Dieu n'est point un juge Intldele qu'on puisse sedulre , ou un prolecteur mercenaire qu'on puissc acheter , il fit nne cour assidue aux amis du cardinal, Ia fit au cardinal lui-meme , redoubla de complaisance et d'assiduitelt aupres du pape ; et Giudiccioni, las d'une inutile opposition, et peut-etre aussi voulantplaire au souverain pontife, qui paraissait decide it passer outre, retira son opposition, et la bullefut enGn promulguee,

Par cette bulle, les membres du nouvel ordre devaicnt prendre Ie titre de cleres regullers de la compagnie de Jesus. Le nombre des profes ne devait pas depasser soixanteo Seize ans apees, Ie pape Jules III, en confirmant la societe, leva cette elasse , et lui permit de recevoir autant de sujets qu'il s'en presenterait. Les Jesuites n'avaient pas atteudu cette permission pour en faire usage.

Ainsi fut fonde I'ordre des Jisuites. On yoit que cet institnt, ouvrage d'une ftlrveur Impetueuse et d'un zele peu reflechl, n 'eutra pas d'abord dans les projets de l'homme extraordlnaire qui lui donna la nalssance. Ce ue fue qu'en passaut d'une chose a une autre, aide

Diqitized by Coogle

54 nEsu:d

des circonstances et du hasard, que Ie eercle des idees du chevalier de la Vierges'agrandit, ct qu'il se viL tout-a-coup chef et fondateur d'uue societe qui n'etait point d'abord entree daus 86S plans.

Ce qui n'est pas l'ouvrage du hasard , ee sont ces constitutions admirables qui ont donne a la monarchie d'Ignaee cette force native qui I'a soutenue coutre les attaques Ies plus vlolentes, qui I'a repandue avec honneur dans toutes Ies parties de l'univers, et qui, pendant deux cents ans , l'a garantie des fai~ blesses et des passions de 86S prop res sujets et et des insultes de see ennemis. La fondation des Jesuites est l'ouvrage d'un homme dont Ies idees n 'ctaient pas toujours saines ; le1U'8 constitutions sont I'ceuvre dugenle. Jevais en don~er l'analyse.

Diqitized by Coogle

DE L·IIISTOIRE DES JESpITES. 35

CHAPITRE 111.

AIULY81l Dill COl'lBTITI1T10l'lS DEI nlSIlITIlS.

NOll! De DOUS occuperons ici 'que de 13 lei ire des constitutions des Jesuites, pour ne pas interrompre Ie recit des evenements': nous plaeerons , dans Ia demiere partie de eel ouvrage,I'examen critique de .ces memes constitutions,

La'charle constitutionnelle des enfants d'lgaace est divisee en dix parties, precedees d'un examen general qu'il faut prealablement Caire subir a tous ceux qui demanderit it '~tre admis dans 13. [Link] examen a pour but Il'eprouver la vocation des candidats , de les instruire des obligations qu'Ils auront a remplir, et de mettre le~ superieurs a meme de juger des Conctions auxquelles its sont propres. '

La societe 'declare que soon but est non-soulement de vaquer, aveola grAce dc Dieu , au salut et a Ia ,perfectiop de ses membres , mals [Link]-f'ravaiUerforfemerit, avec Ia meme grAce, au salut'etA'Ia pe-rfectiob du l>r~chain.

Pour parveuir plus s\trcmcnt it ce bur, on

Diqitized by Coogle

36

IESUME

y failles trois voeux de pauvrete , de- chastet6 et d'obeissanee ; de pauvrete , en ce sens , que la societe ne veut, ni ne peut possedee aucun revenu,' soit pour sa subsistance, soit pour tout autre motif que ce soit , ce qui ne doit pas s'eutendre seulement de chacun de ses memhres en parliculier, mais meme des egl!seJI et des maisons de la societe professe, On lie pourra pas meme , quoiquc tout autre Ie pulsse licitement, recevoir aucun des emoluments ou des aumones que l'on a coutume de donner pour les messes , sermonsv leoturcs , administration de sacrements , ou IOtit autre oeuvre ple , de celles que Ia societe peut exercer conformement il son institut; mais on en attendra Ia recompense de Dieu seul , pour I~ service duquel 00 doit !aire tout saus Iuteret,

Quoique la societe ait des colleges" et des. maisons de Doviciat,dotes de revenus , pour la subsistance des ecoliers , [usqu'a ce qu'ils soient admis dans la societe professe ou dans ses maisons, on ne pourra pas· detourner les I'eveuus at les appliquer ad'autres usages. Les malsons professes ue pourront pas y avolr-recours, nl pour leurs bcsolns, oi pour ceux des . peres qui y sent attaches, meme en quallte de . euad j 1I te urs,

DE L'BISTOIilB ~ES'" lESVITES. Sj

t. lOCiete professe , ooh'e" les: troll yams foat nous aVOlls 'parle [Link], .en fait en ... eore UD formel au [Link] pohtife. actuel au futur, en qualit6' de "icaire de Jesu8'wClirist , qui cODsiate' a aller , sans slUgger ;d'exclise s , ui rien demander pour 14 route 9 partout ou Sa [Link] rordoBDllt'a, soit chez les chretiens, soit chez les infldeles, poor tOut ee quieeneerne le ~!11\e ~¥i~et: Ie l~ieD de: la r~li-

IIWD• I

La, vie ~eri~ure, est, commune, .On n 'est ~treio.t a .aucune pWt~teQce ou mortification [eurnaliere , m~. Of' pOijrfa, aveh I;l permis-, liOD du ~per!eur, ~,cho~8U:celles.'1ui parattroDt les pl~s ~onvepfll?Ies,pour I'avaneement de l'Amc. I • " "

. Lea me~bres de lasoclete sent divises en;

.. .. );". .' .

quatre classes, La premiere, et la plus elevee,

~~t composee de 'cculx que 1'00, adm.~t afaire, profcflsioo;, ils pronorrcent les quatre vreux,

J . " '. " I ),. .

apres les c!,preuve~ et les noviciats necessalres,

Ces membres doivent ~tre lettres , de bonne;

mceurs , et avolr re~u la prett-ise. ": .

La seconde clas~e ~st eomposee ~e,j coad-: I [utenrs ·tJ.~iirls, ~1?'6UI' ~ec()nder la s,bci~te" 'tant ~ti' 8(11tltU~rq~1'hii :rkmpOrel'. 1fs/..e foat que, , feR' "'ol ... ~r'eHlte~9 ltmo:c.":· "

- Le'. ~[Link]:in:a·h·~i~lt,ne claRst" •• V·

Diqitized by Goo3Ie

38

.. ill qn~[Link] jugesdignes deeette Ca'\'ool";_·~t,·apr~. un iuseJbent po~ sur·lead <liHpoHitiODll- et-leut ,oapacite _ pOW' les selen-, ces ; ils 8onl·assujtHis aux epreuvea etaux 80-. 'V leiats , ~llt' let! trbis premiers nellX et prenneut l'eogagemeut d'entrer dans Ia societe ~ daus celle <l6s classes superieures, ou on voudr.a bien les admettre,

Dans la quatriemeclasse , 80nt re~us in(le ... flniment ceux que la societe n'a point encore. plaCes d:.oll une 'des~ elasees auperleures , . et qui' sootobligllls d 'entre~ iildifferemmeDt dans

celle' qne l'e supCi'le\ir leur uiisignera. . .

.- A:lfant d"'~tre"admis a la p~ofession, ou d'~'-' tre re~u a. prononeer les voeux simples de .co·:": adiuteur ou d'ecolier , I'aspirant sera ~ssu;.eti JJ. mi noviciat de deux all·n~[Link]~8. Les ecoli ers, pour passer a un des gradessuperleura,. attendront encore une an nee au-dela de leurs' etudes. Le superieur pourra memeprolongeree lempsd'.epreuve, s'Il Ie [uge a![Link] Ie courant des deux annees de noviciat, on uc porters point I'habit de i~ societe, -

• La noviclat est [Link],d'ul) temps d'epr~l1"" ,,~. L 'aspirant, JOel/II a ~i~r6::d'.b08pjlf\I.¥A Qq ? a~l1~l(~ne pendant dOllZI( a qq,"zC(,!w1.l~~." e,8~ 1,!\"1l~ ~[Link]!)ep~xionsl. 4: p~enw:q c~-

Diqitized by Coogle

DE L'HlSTOmE Dis risuITES. 59'

uaissanee des ()bligatiGDs du Doviciatdoot il otI're de H charger, comme aussides eoo!ltitntions 'de la societe et des brefs apolltolique8 qui Ies ont confmnees. S'il persiste, il appartieD\ ala maison SQUa Ie titre de lJO'fice. .

Les qualites D4cessaires pour:~treadmis au noviciat, sont : dene s'~tre pOi.t :sepate do l'eglise en renoneant a 13 foi ou eos'etant nuoi Aquelques-lloeS des eotnmuDioo. scllimatiques; .de ne ,poiDt avoir et~ condamue pour quelque 'proposition, beretique:, dens Jl<[Link]..avoit et~ dedue suspect d'beresie, par lentence publique ,.ou frappe d'excommilnieation; de nepoint aveir commii d':homieide, et nepoint avoil' ~t6 regarde publiqliement comme inflme, pour des peches enormea :neanmoin&.,celte iu61mie o'entraino exclusion. que pour [Link]' o,il elk' ~t ;nomire ; et sicel,ui .[Link] .. aurai1et~ couvert claus un pays ~loi5nc! ~. pal'[Link]- ;etro :re~enu on .. tie~ment au eenice de Dleu , U}lC)urrait ~tre ~u dana la lOCiete" qOi, d,an.41e :CCl2Ij devrait redouble .. de Yigilaneepeadant:IO(lou,.,du $Ul' vici ... t et desepreavelf r de n'afPU' pM. pdt l'babit dana .(plelque autroo.a..! r~[Link] commeirbreJaif JOl*QUJM clol'Cf ffgulip':1"'~ DC poimarO .... euN_lIOUS. r·obei ... ri,,~4~u .. IUp6rielU', II(IU tJU'OQ,aJl eu DOD falt,pro",,'

Diqitized by Coogle

. 40 ' l\iSl:B,

.ion; de ll~pointavoir'W ermUc:llool·1es ~ -lemur. d'un ,moine ,4eJ1e poiDl ~[Link] ~D6~ , daDJ ,leJI liOJl' 6'UD tnariBge eoD~6, OU

. 'daD' [Link] d'UDe 1el"[Link]; eoliD, do ne pOinUlre altaque d'uncinfil'l1lite quiaWai.,. bUs8e Ia raison ,e~ de De poiDt avail" une [Link]~, prochaine fl· ane lnfitmite de ceU.

, nature.. . '

- Q,uand,lepostulantn'estdanl atleundescila CiereprObatioa mentj&Dll~lIi-de8I1UI,· n eel Clblige -de: repondre a une, lerie de - qu,estiona .~ Bauaisiance; I8S pelie at mene, -86a pa.. reuts, sa famille, sea atfaireapai1iculiCl-es, sea goW. "se. incliDatioU8,: * capacit& ll,eat. 0.. blige de ,endre compte-de sa cOlJduite reii' .. gieuse, publique'et [Link]. n. doit· dille 5i; enmatiere de foi .etde doe'r.in8'~,n .'en repporto .. ra, chlnale..mmte., ,tt obi cUcJsiop d~ la sOciete t enlin, 8'n"st absomRietlt~eciae lI:qUiUer Ie 1I10Dde ;pour ·8uivre-J~8U8 .. C&~t. ' .

Qaandil;[Link]. cell queationl :d'one mllnibre saiJsfaisaDte tit aftirmathe ,OQ iui demande aeptllf quaDd U iI'est relloia' d. 1l&<[Link] Il'Dhiu; 's'U '8 tonjouni ,ehan. [Link]~ ~i ~"eri: dans ~8 sajnt: ptioj~ 4 peu'quoi;'Jj prec~l'e.<huool6t6 i;iout aUh!e 0 ..... Jle-mtJgteuxi;' .. ~i I compte'! 1l¥a\icllol' da>nS' I. -oMmip :c1'uae petted'Joa ,plqs .wbUme,) ~\Jl •

Diqitized by Coogle

" DE L'UISTOJ,U DES .JESUITEI. 4&

pu lui inspirer l'idie d~ s'v attacher ; s'H a'e16 cooseille ouprov~qut'i)a; quelques-uns de Se8 ,membt:es "ou s~£~t~e.)dee,~ a eltU~sl?irel)

par Dieu lui-mbne.,; " :

L 'ex;ynen so cout~e~ et 1'0n 'app~D!1 a~l ,postulant que la .ocit:~e ~ -volilant a4rpettrp dans son sein , q~~ des hommes ~nlier~lI1en:t .d~tache.s de .la chair et du sang ,il dpit, comjDl6ncer A faire abnegalionde ~ volonte pel';.sonnelle, et vivresousl'obejssance de plusieur:s ,8~perie~, 4a~~ uue des maisons de proba,lion o~ dans un..des c~Ie.6~s de I'ordre] 'JU'~I

',~oit se defaire des, bi~DS. 'lu'ilp08sMe; el,,1l:e eeus qui lui pourraient echoir, C~ biens s.c;,J'o~t employ~ premieJ'eDlellt, 8 ,P''\T,e~, ses dettea, s'il ~ a, et ensuite eonsacr¢s a des~-

. mc'Jne. o~ a des ~~V1'~s pies. Sf , p'our de bqI!Des raisops,il n'ahandonne pas lies biens 4~8 sa pcstulanee , ilf~pt qu'il Ie fasse uu ~~'i. pres , ou des que le superieur le lui ord~,,~~,-

'ra pendant le ceurs de son noviclat, Apre,s Co Doviciat, lea pl'of~ e~ Ies ceadjuteurs deivent reeHemeul lea apaJHlo~npr, lea uus avant la professioD, ~~ a~,~vaDt de prono~ce~ I~a

trois VCllUX simple&.; " "

Cette disldhulio,. ~e.;biena du postulaut., clolt ~tre faito alix pauvre~, pre~ra~Y«;.Dt:l:'l , .. ~. pareDta, p~u~ J¥9U~~I:,9.I.1'il, se dfPoaiUo

, D,g""edbyGOC'[fte

42 . dauB .; . .

. de tonte'affection df!!ldtdonn~e pour 8afa~iI''le , pour llviter d't!ti'e tentratnil par l'affection plutM que par Ie ;devofy (lli pouqe'fenher', par-Ia , Ie coeur de ses parents, se priver de ;ltesv~~ance de recoui'ira eux en ,?ascWrl~cessite, s'isoler ainsi eompletement , etse inett~

'dans la neeessite de perseym-er. ,

· Sicependant les parentsdu postnlant ~taien't

. dans une pauvrete':c!'gale a celledes autres, et 'meme plus penible , les superieurs uamine'runt si, pour des raisons hOl1n~tes i. iI'ne :serliit pas con venabfe de 'leur abandonnee Ie tout ou partie des biens de celni qui renonce

· au D1onde.· ' . ' .' ).;

On cfemande 'donc au postulant s;U ,est dans l'i'iltenti'oii d'aband'onner"ks biens des ce'mo-

· ulent , . ou aussitllt qu 'ap~!f la .·premi~re an'Ii~e, son superieur 'Ie loi ordonnera,

~[Link] declare qu'une foil! entre dansfa nrat-

· sdit;,11 be peut plullgarder d'ai"gentsut S3 per-

· sonne', . nlen conserv~~ de place- chez on ami qui .habite le meme lieu, mais qu'lldoit I'em'player en oeuvres pies ,oti le'don'nerag~rder a cl3iuh'It:ii, dansla maisorr, est charge de ce soin.. On lui demande, qaand it a de l'argent, :s'i\coiulent a en fai~')'l\sascou Ie dep~t qui

·1~la~l.e·infliqhe." "' .... :., .

. Si le postulant. 'est ecelc~ia~iJ}tu~~ Oil lui. 51 ..

DE L'UI8TOUlE. D'IB JESUITE.. 1l'S

'gnifie q~i1 ne pent 'ooWretwl' aqCaD: ~~ et qu'iI dolt ,.ei!igDer, daDs. le'tempi! de lOb noviciat , ou des que le superieur [Link] I'ordre, ceux dontil'potm:ai't'se fIoeuvcr investi. 00 l'avertit qu"ll oepeut entllOllmill, au dehors, auwae: cOlllJDUDio~ido; auCMae eoerespondaqee, ,Untllla p8rJpil8iQil~ ~ ·da auphieur, qui deyDa ~ .aant lui J68 IdaIres qui -lui seroot luboueeay'et AIir", Ja:pau..:

TOirdelee [Link] d4 .. i'e~oir~.i8eIOIO qu'[Link]&le •.. ·, " . .,,";

Eo vel'w de eee paroles: .CUal qlli JaIl/UZit:p41 Ion pere ,. 14 mb'e,.t ~"on titIV,. fte.p,euf, etre 'mon duCipl4, (to avenit Ie pOItUlltnt qa'. dui.t tie depouiller de toote aft'ectioo de I. chair envers ses pareots; pourleaconvelltir en alfection 8piloitoelle et ne les aiioer que· de eet amour. qu'exige lacbarite hie'o onloi1uee, tel que doit l'avoir uu bomme mort au MODele; . .et qui De \'it plus que pour Usus-eJuoilt., .

Oa lui [Link], pour Son plusgraod aYaocemeot dans let piete, et:.urtOl1t pollr augmeoter eo luil'bumUi\[Link] la .. ou.~tlSioo. il consent a ce que chacun .diooUNre ,a ses sup6rie&l1'8 ;: toote. le8. erreues ou taus .ses : defauts t eemme Quai de deyoiler les errenrs et Ie. decauts des autres , soit a C!JI.-IIl~e&, avec ehat-ite, $01t au .,:;upCrlCW' ;. uuand U eu

- • D,g,t,zed,.bye;oogle . .

:u "oD .

..-eH requiI; eda •• ,..[Link] a ',toul4Wlea correctiON -.u11ui pGblropl ~

WBi~ . .

A not d Peotzw ~b'. nne maison ou dan8un '0011.,. ou apre. y.~treentre et pendant sou 1IOviciat, Ie postulant esl aoumia a; six .epreu.'Yes priDcipaIes, outre heaUCOtlp d'autrea cloot nest [Link]. lea OOnatitU\iODS.o: .11 pouRa

. Jes fain·dans }'[Link] superieur'pleseri·ra •. Le .auperieur poul'lla ~.ies moderer, Ies commuer , en .mUSOD.· des personp8l, dea tempil, des lieUi et des circonstaoces.

La premiUo conulile apaliler un mois) plus ou moins, dansles emrcices spifituelB, c'ell- a~dire. a esamlaersa conscience, re .. echir sur sa 'ie passee , f&[Link] coufelsion Seoo. rale, detellterse, peches, mediter sur les wyateres de la relision, .·~ercer daD. l'Or~ voc~1c: Ou mentale,

La seconde, a aervil' penchmt ~n autre moia dans un h6pital, 'en y yivaat , y coucbaat" e' .'y emp!oyant aD service des malades, et mtOle de. persennes en sante, pendant uno ou plusieurs heures ehaque jour.

La troisielDC [Link] a voyaser on autre ~oia, sans argent, et a mendier 100 pain de porte eo porte, pour s'exercer dans l'[Link] et s'a,CcoutLUllcr aux reflU~ct aw: prilA-

QIJ." DlgIIIZedby\Jl)0gK .:

DE L'HISTomt DEtUESUl'rns. 45

La'qttatrieme7 a remplir les flHicesles plus viIs, dans nne Maison de Ia societe., pendall{

aD mais enlier, , . .

.La ciaquleme , a cateclliaer, pendant·uq moo, IN 'eofauts ·tilleS: pe~nJies peu .inetrui .. lea, suit en publle , 'soit eo pamculier.. ..

: La sbieme ~ enfln, .coo. iSle :a' 88 prod'l1ir8 poor prechee oil confessee; ou faire.I'un et l'autre, suivant I'edgence des temps, del 1ieux et ties pea-SOnnell,. apres 8voil'd9DnC de. preuvea d·MifiC6tiondarislerio"iciat.

La maladie., m~me Ia plusgrave , [Link] .. penie poi.t Ie JlO.'Ymedes' [Link] «pIe sa posi .. lion lui permet de rem pUr :. ildoit au moins Mielel'", pat' lion hllm1lite aha patience, eeux qui ·&eront prbs de lui. et ooqxqui Ie visiferont; il ::loit abandoDnu aux. m~decills spiri .. tDeIs et temporels quola :societe luicnvoie, 1. 10m de BOD ([Link] .deson·4ma., . r·

Qimnd Ie novidat est finl, Ie candidat, s'il desire 6tre t'~a poofits ,[Link], .outeoJier,· et que Ja :soeiet~;[Link]·de sucapacil"; et de sea i:Doour.;peut·~ttie remis it uu temp. pb'ls~Joig_ ,. j osqu~. ee ~'lI. oarede8 garau-

ties sUfAsantes~:l .1' . I ,,' .

. LeI persoun.' ~.octeit t 8I'[Link]: les Ifl'tJ, dans Ja tllOOlpSje ,ou dausle droit cauont,.e,ton1 assujeti(JI'a,ao~ell plllS aev~c,

Diqitized by Goo8ie

46 BisUD

en plutat, Ubameq qul p~c~de, onenie-

joute un autre. .

On leur demande s'ilsontassez'de m~lDoire pour bien apprendre et bien retenir ee qu'ils out appris; s'ils ont l'intelligenee Becessaire pour com prendre avec rapidite; si lear .g01U les porte Ii. I'etude j si·l'etude n'a pointoaas6 quelqueprejudlce a leur sante j s'i1.8secroient assea de force de corps pour supporter les iravaux requis par la s~Wte., soil dans l'etude , soit daosla predi~tion, 'soit dans I'enseignement; quand ils sont ~. s'ils Be .sont exerces A pr~her , a confeeeer et a a~is-:trer Ies sacrements.

Le postulant rev~tu du earactere ~acerdotal, doft s'en depouiller tant que dure SOD noviciat. 11 ne peut confesaer, [Link] maison, ni au dehors j il ne peut pas m~ dire publiquement la meDe avant de l'avoir c61l:[Link] en particulier, en presence d'une 011 plusieura personnel de la maisoo, et. avant d'avoir t!t6 averti de sa conformer, daaala'fa'ton de [Link] ~ aux autreS membrea de la societ6 •

. Le postulant, [Link] .. tOit· son age, .800 rang dans le monde et SOD savoir, doit~ ~tl!O content de la claae dans laqw:lle Ie place le superieur. Si eelui-ci juge Ii. prepos de lui~ ... ner Ie nOm de c:oadjuteqr temporei J' et d~

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE DES iisUlTES. 47

l'employer'aux ouvrages les plus vils de la mai- 1100, il doit se rej!)uir, et remplie, aveehumilite et exactitude, las Conctions qui lui sont

~p~. •

Les coadjuteurs sont ~e deux eapeces: lee uns , appeles coadiuteurasplrituels , tous rev~tus de la pretrlse , et [Link] iDstruits pour seconder les profes dans le spirituel et le temporel; lea autres, nommes coadjuteurs temporels, qui De sont point dans Ies ordres sac~, Iettres ou non, aident Ie superieur dans les choses temporelles.

La principale fonction des premiers eat de seconder la societe dans les confessions, les eshortatlons , et I'enseignement du catechlsme et des autres sciences.

Lea derniers soot admis pours'occupee des uOfIea matmelles [Link] de Iii maiSOD; ils doiventse persuaderqu'en debarrassantla societe de soins importuns et desagreahIes, ils travaillent a sa ,prosperite et au bien des ames ,. et, par consequent, ne rien fair& avec negligence et degont , mais, au conlraire , agir, dans tout ce qui leur est oedonne , avec zele , humilite eUerveur; et, s'lls ont les lumieres ~ffi8al)tell pour eela , illeur est enjoint de travalller &J:\·bien spirituel du pro~in, dans desentretlens .patticuliers, loit

Diqitized by Coogle

48 . :: '.IliSUD

en enseignant ed.'.Iu'ils ,avcmhsolten repri'mant lesdesoedres done iti sOnt ~moin8.

Le coadj~teul' spiritoel t instruit et reeonnu , doit e donner tout entier, et sa,os paeta-.

~ get aux fouctions'qui lui [Link]!ltiees ; Il ne doit , ni dieectement , ni Indlrectement , ni par lui, 'ni par d'autres , cbereher a Innoveeau ft changer sa premiere vocation' contre una autre, comme , par exemple., Cairo, des ,de-. marches pour passer de Ion grade 11 eelui- de profes QU deecadjuteur-temperelvIl dbit mQ.l!~. cher avec humilite at obeissaoce dans lei voiequi lui a etC montree,

Pareillement, oelui quta ·ete admill au.8I'ade deCO:ldjuleur temporel ;' doit teUero«lOt lI'at-· . tachor aux chosesqut soot de sa premierevo- I ention ,qu'ir ne puis5e tenter. en aUOtltIle ~_ I ~on, depasser de I'eta&de [Link]-o-' 1 rei a eelul de cpadjutetll' ~pirituel. d'eeolier onde profell' Il aueameme soln, s'jldemeure' dans Ie meme et,at, .de De pas aequerir pimp d'jOlltruction qu'il n'ea avaitquand·ll m,eDtrtl tianll ROn grade .. '

. TO\1s les eoadiuteurs', tant spirituels que tcml,orels. apres deux·anneas de noviciat et· CI~pr'e\1ve, et une d~!'pln •• ,,'ils SOIit ecotiel"!l, !t'ils veulent deil).eur~, d:at\S': la, jjOoiCtll'i pi'o-l. IlOtlCent w.·trot,,:~ux de P,.uvrete, de (lla5tet

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOIRE' DES JESUI'l'ES. 49

et d'obelssanee, et ils sont reputescoadiuteur. spirltuels ou temporels fonnes ; its sent attacbes a la soceitc! , et ne peuvent plus s'en separer. Neanmoins, la societe, s'il$ trompaient lies esperance!!, si, au lieu d'edifler, jls etaiC!nt Ull sujet de scan dale , pounaiLles renvoyer';' et. • pour Iors, HII seraient entierement quittes envers elle, et releves de leurs voeux,

, Aprea les epreuves et Ie noviciat , si les ecoliers veulent continuer leurs etudes dans les maisons ou colleges de [Link] , et sl la so .. l!iete, [Link] superieur, est content d'eux , ils soot admis a prononcer les [Link] de pauvrete , chastete et obelssaneevavec la promesse d'entrer dans1a societe apres leurs etudes. Cette p"omesse' devi-a ~tre faite avant de commencer leurs classes, au pendant leurs ' eours. Des lars, (es ecollers sont lies a la so ... cieM, mais la soeiete n'est point lice a euz ~ elle n 'est point tenue de les admettre au rang de profes [Link] coadiuteurs formes, S'ils se [Link] pendant leurs etudes, leur renvoi peut ~tre prononee ; alors ils sont 16- leves de leurs voeux.

. Si la vocation .1'un ecoGeryient a se reCroidir, fIi SOD gOtH et son apUtude aux ef'..1des de .. • ieaJlcnt rnoinl!f grands, soit par suite d'ua -der.ans0R\6Dt.danu4 sqnte ou d/Ul1I ~ illcul~

Digitized by Goo§ie

50

JtESUuE

tes Intellectuelles , le superieur lui demande s'il soufl'rirait patiemment que la societe Ie rendit au monde, en le relevant de ses vmax et en le dechargeant de sa' promesse.

Celui qui est reconou pJ'opre aux etu des ~' doit repondre it la question, s'il consent a.e Iaisser diriger, dans ses travaux, par l'avis de la societe, ou de son general, ou du superieur du college dans lequel il etudiera ; s'ilse conteotera d'y vivre comme les autres , sans privileges ni prerogatives, en abandonnant au superieur du college Ie soio de Ie conduire ; s'il est Irrevocablemeut decide, a la fin de ses etudes , it entrer dans la societe.

. Quand les ecoliers ont termine leurs etudes, ils sont encore interroges , tant en general qu'en particulier, et obliges de declarer s'ils persistent dans leur resolution ; et, dans Ie cas afl'rmatif, la societe decide dans quels grades ils seront employes.

Ceux que la societe appelle Indifferent" parce que n'ayant pas de vocation ou de disposition decidees , ils sont, ou aptes a tout, ou ne [Link] a rien, on les avertit de ne pretendre, en aueun temps, sous quelque preteste que co soit, dlreetement ou indirectement, a obtenir, dans la societe, un grade plutOt qu'un autre; par excmple, celui de

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE DES J:£SUITES. 51

protes, de coadjuteur spirituel, preferative-menl a celui de coadjuteur temporel ou d'ecolier, A pres eel avertissement, OD leur de-, maude s'ils Ire sentent absolument indifferents, tranquilles , et disposes a servir Dieu et de vaquer au salut de leur ame, dans quel~ue office bas ou abject qu '00 veuille leur confler , dussent-Ils y rester toute Ieur vie. Si leur reponse est affirmative, on les instruit sur les devoirs qu'on se propose de leur donner a remplir, etla societe les emploie ainsi qu'elle

Ie juge convenable; .- - -

Tels sont les actes preparatoires , ou, a proprement parler , la preface du code des Jesultes. Nons allons voir, a-present, I'ensem .. Jlie des reglemcDts.

Diqitized by Coogle

:Bisun

CIJ.4PITRE 11<

COI'iT1JlU4:l"lOK DU IltJolB ICnT.

. ,

ApllEs l'examen dent je viens de donner I'analyse, suit Ie corps dell constitutions, divise en dix parties, ehacune sur un sujet different: .

La premiere traite de l'admission de ceux qui veulent suivre l"institut, au noviciat,

La seconde , du renvoi de ceux qui ne paraUront pas avoir les qualites requises pour

faire partie de 101 societe. . -

La troisieme , de Ia conservation de cenx qU'OIl y retiendra, et de leurs progres dans

Ies sciences et Ia plete, -

La quatrieme , de la manlere de former; dans les sciences et dans les autres moyens d'etre utile au prochain, ceux qui sont assez avances par em-memes dans Ia piele et dans la vertu,

La cinquleme , de l'adoptlon , dans le corps .de Ja societe, de ceus qui auront ete !lins~ formes.

La iixU:me, de ee que doiveut observer; par Diqitized byGoo8I~

bE L'OISTOIRE DES JESCITES. 5:)

rapport a eux-memes, ceux quilOlll d~ja incorp ores it la sOj.;i6te.

La septleme , de ee qu'il faut obeerver, re .. lativemeut au prochain , daDsla diatribution des ouvriers daUB la \igne du Seigoeur, et dana Ie travail dO'Dt OR Ies chargera,

La huitieme , de ce qui contribue it unir lea membres disperses de l'ordre entre eux et avec leur chef.

La neuvieme , de ce qui coucerne ~ chef et I'administratioa dont it est Ia source, ~, de lui. se repand dans tout Ie corps.

La dlxleme , de co qui regarde generalement Ia conservation du corps. son aecroissement, et Ie maintien de Ia societe dans SOD bon etat.

Nous allons denner une analyse aeparOO de ehaeune de ces. parties.

. Premiere partie. La Iaculte d'admeUre dana Ia compaguie , &ppartient it un certain nombre de mcmbrt!8 it qui le general la- confere , quel que soil Ie grade dont ils sout revetus, Les proviociaux, lea commiSlaires du seotral ou du provincial, quoiq oe abse nts, pourront pJ'oDOnctr l'admissiood'UIl candldat , 'sur le rapport qu'illeur sera, fait. Lea F.8.)teurs de eollege , Ies prefetll de. mai8ons, .peurrons cowmeil1'C qud{IW'UD pour examiner; milia

Diqitized by G0<5S'ie

5!l RESUME'

quand ils seront sur les lieux, ils deVront pro-

noncer l'admission eux-memos. -

. Le choix des sujets paratt , a la societe, una chose tellement importante, que bien que. dans I'examen, on explique Ies qualites physiques ct morales que doit posseder tout can;' didat, on revlent encorelonguementaurcette matiere, et on dit , aux -membres revetus du pouvoir d'admettre, de nerecevoir, pour coadjuteurs temporels , que deshommes d'une eonsoience pure, d'une humeur douce et traitable; 00 veut qu'ils aimeot la vertu et Ia perfection ,qu 'ils soient portes a la devotion, ediflants pour Ia maisonet Ies etrangers , et que, contents du sort de Marthe, dansla 80- ciete , et bien affectionnes pour sonInstitut , ils desirent ia seconder pour IIi. gloire de Dieu

Quant it l'exterleur, qu'ils soient d'une figure honuete -, qu !ils [euissent d'une bonne sante et de "usage de leurs forces, pour se livrer aux travanx dont ils seront chargea ; qu'Ils paraissent avoir, ou du moins pr6mettre ala [Link] talentpropre it la secondel'.

Ceuxquiseront admis pour aider la societe dans le spirituel, doivent joindre, a l'esprlt , une doctrine saine, ouune aptitude a I'acque;rir; uue graude discretiuu dans Ie maulcmeus

Diqitized by Coogle

/

DE L'OISTOInE DES .JESUITES. 55

aes afl'aires, ou un bO~l jugcmcnt qui les dispose a I'aequerle par la suite; une bonne me- / moire, et une facilile a comprendre ctretenir

facilernent. ' .

. Quant a la voloute , il faut qu'its sojent appliques a toutes sortesde vertus et de perfections spirituelles, qu'ils soient tranquilles, constants, laborieux, zeIes pour Ie 'salut des Ames, et affectionnes A l'instilut. .

Pour les facultes corporelles, il est a desirer qu'ils alent de la facllite et des graces darts l'eIocution , une figure agreable et prevenante , une boone sante, et des forces suffisaotes pour les travaux qui leur seront confles. L'age fixe pour Ie noviciat est quatorze ans aceomplis , et 1'00 De peut pas etre admis au grade

de profes 'avantvlngt-clnq,' .

Les dons exterieurs de noblesse, de rtehesBe, de bonne reputation , De seront point des titres pour ~tre admis, quand ils seront seuls';

• mais ils rendront plus propre A, Nre re~u , celui qui. d"ailleurs, 'possedera les autres,

Lea raisons, pour etreexclus , sont d'Mre torti quelque temps du sein de l'eglille; en renoneant a la foi chez les lnfldeles ; en tombant dans des errenrs contre elle , el pour 'lellqneIles ori ' anrait eM condamne parune, 6euleDCe'pu~lique, on {lui seraleut Iii ave-

D'9"'''dbyC;oogie.

~

56 ,~UME

'~~,s. qti.'eiles eUs3e~t donne matiere a soup~Ous legitimes; d'avolr ele separe de I'eglise comme sehismatique OU heretique , it moins que le schisme OU l'heresie, etant Ie peche do Joule ~ne natlnn , et non' celui du postulant en particulier , celul-ci ail fait abjuration et Be soit soumis a I'eglise;

D'avoir commis un homicide, ou subi UDe 'condamnatiou Iufamante..

.,' D'avoir [Link]~sSe Line autre religion, ou a'foir eM ermite sous un froc de moine,

: ." .D:·~tre e¥~[Link] d, .... ns lea lieu's .dumarlage 0':'-

,.'une servitude leg~linle. ': {

, , D'etre sujet it des, maux de t~[Link] it des In.6rmiteS capables d'affaiblir Ie 'i~G~meot, ou .avoir des dispositions lues [Link]~.

, 'Oui~~ 'cese'uip~c~meDts,qu(Soot capitaua 1il C;~ .est , appeles de second ordre, qui )1'euLPaluent pas necessairement I'esclusion ,' :I;l1~i8 qui rendeut Ie suje! moins prppre a ~tre

~admis. '

Ces empechements sont, quant itl'inlc~rieur, .des p~siolls. ct des aflectlons qui parattraieut

· indompt,abIes, ou .des peches d'babitude dont ou.n'aurai] pas Jieu d'esperer I'amendement,

UDe Intentica moins droi!~ qu'il ne convieuj,

• ,de l'avoir eq P'~h'iUlt ell ,1~Jj6~~m , c~mme celle

· ~ laquelle,II':I:ait14dan~e4J (lu<:lq~ecoQsidcr~.

[Link] hUlU;[Link].· D,g"'ledby~o~8Ie

I

DE L'BISTOIBE'DES JESUlTES. 57

, Une Inconstance et un relachemeni si notable, que celui qui demaoderait a entree, paraUrait devoir ~tre peu utile, par la suite, pour remplir Ies charges de la sociele.

Des devotions Indiscretes qui font communement tomber dans des illusion. et des erreurs eonslderables.

L'ignorance des Iettres, ou un defaut , soit de memoireou d'esprit poueles apprendre , Boit de Ja ngue pour les euseigner "surtout-dans eeux qui temoignent Ie desir d'aller plus loin que u'onteoutume d'aller Ies ccadjuteurs splrituels,

Un defaut de jugement, un eutetement • dans SOD opinion, et uu defaut de soumlssiou

a la decision des autres.

Quallt a l'exterieur, Ies decants corporels, la maladie, Ia faiblesse de constitutlon , uno \ dilformite remarquable , l'age trop tendre ou trop avance , des deltcs ou obligations civiles' emportaat pouvoir de coutraindre. .

Quand un postulant se presente , it est re .. ~u, a titre d'hospltallte , daes une habitation voisine de la maison, ou les membres de la societe demeureut en eommun ; et , pendant douze ou quinse [ours, 00 ttudiera ses dispositioos, et 00 I'Instrulra de ce qui concerne la sOciete et de ce qu'elle attend de lui.

D'9"'''dbyGoogie '

58

On admettra facilement dans ceUe malsorr, appelee matson du premier noviciat, Nearrmoin!!, Ie candidat qui, des 8011 debut, u'annonceralt pas les qualites requises ; pourrait ~tre renvoye sur-le-champ , sans qu'illui rut permis de passer outre.

Quand le postulant rennit toutes les quall-.

Ms requises , et qu ~il persiste a declarer qu'il veut vivre et mourir dans la societe , on ue Ie re-;oit pas sur-le-champ , meme au prcmier noviciat; on differe quelque temps a lui rendre reponse , pour avoir Ie loisir de prendre sur lui d'amples infonnations. Si, cepcndant, n se presentait un sujet d'une haute capacite, et s'Il etalt a craindre que des retards trop proIouges ne Ie fisscnt changer d'avis , on I'admettrait de suite. S'il y avail lieu de cralndre qu'il rut detourne de son desselu , ou fortement sollicite d'y renoncFr, on le transporterait, avec la diligence convenable, dans d'autres lieux de la societe, Aprea l'avoir prealablement examine.

Deux ou trois jours apres. son entree dans la maison du noviciat, commencera l'esamen dont il est parle dans Ie chapitre precedent; .. On donnera au novice connaissance dell brefs apostoliques, des constitutions et regles qu'Il doit observer daw la soc:UU et daDs la malson

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE DES ;rESUITES 59

ou il entre; on lui laissera meme la partie des regles qu'i1 a Ie plus besoin de coaaattre, pour qu'illes examine aloisiI'.

Pendant ce DOl. Iciat , Ie postulant d~voilera sa conscience au superieur ou a celui qu'il aura commis a cet 'effet , a moins qu'on ne juge it propos de remettre cette affaire a UB autre temps: il fera UDe confession generale, s'j} ne fa pas encore faite, au confesseur qui lui aura ete nomme par le superieur; et, apres qu'on aura ecrit , sur un livre destine a cct usage, tout oe qu'il aura apporte it la maison, et qU'OD lui aura fait Iiigner et ce livre, et la res~llltion oil ~ est d'observer toU! ce qu'on lui p~opose, Il entrera dans Ia matson de l'habitation commune, apres avoir reeu l'absolution et Ie sacrement de I'eucharistie.

Seconde partie. Comme nous l'avons dit, eetteseconde partie traile du renvoi de ceux qu 'apres l'admission ~ on a Irouve peu propres a la societe pendant Ie noviciat.

La faculte de rcnvoyer appartient a la s0- ciete universelle assembles en congregation geJlerale. Le chef supreme eo est iovesti dans tous Ies cas, pourvu qu'il n'y soil pas personoellement interelise; les au Ires membres De la possedent qu'autant que Ie general la le1• communique.

Diqitized by Coogle

60

Tout membrc de la societe, quel que soil 80n Age, son grade, Ie temps qu'Il a passe dans I'ordrc , peut 6tre renvoye , avec plus ou moins de difflcultes , et pour des raisons plus ou moins graves.

Le superieur a droit de renvoyer un homme qui paralt avoir de mauvais penchants ou des vices qui blessent la majeste divine, et dont il

-ne peut lie corriger. ,

Celui en qui on a decouvert. pendant Ie cours de sen noviciat, quelqueempechemane 'fjll'it a eelc; celui qui aurait cache une maladle ou uno inflrmite ; qui [Link] un mau:vais exemple ; quiserait remuant et troubleFait la tranquillite des antres ; qui refuserait -d'obeir ;.qlli serait engage dans Ies liensdu mariage ou d'une servitude legitime, ou au",ait des dettes consideeables-, qu'il aurait , ainsi que toutes les autres choses doni il est ici 'pade, oachees lors de son examen,

On doit user des plus eharitables menage-menisenversceu;,(·que I'on renvoie ; la societe doit Caire tous sos efforts pour les amener a -reccnnaltre eux-memes leur indignlte , et A

-demander leur llberte, Etquand ils ont obte-

.nu leur renvoi, on que lasociete l'a p1'ODOn'ee, il est du devoir du superieur de leor donner lea conscil!l qu'il erolra prop ... a lei bioa'

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOI1\E DES ;rESUITES. 61

diriger c1ansleomonde oidls vont rentrer. On I doit s"etrol'Cerquele renvoid'un sujet, ne soit point une raison de trouble ou de scandale pour lu autres; que ceux qui dem41renl. n'aient point une opinion defavorable de eehii qu'on renvoie; enfin, que la severite dont on aura"fait usage, toumt' au profi t de la malSOn, en y rechauft'alit Ie zele et la ferveur.

La socie~ ne doh rico a oelui qu'elle a ren\'oye 0\1 qui s' est retire volontail1!meot de son sein, et ne fera ~me rien pour rappeler eeIui-ci , a moins qu'il ne promette a la societe tID snjet eminent en doctrineeteo prete; dans ee call, sa legere~ pourra lui lltre pardonnee, et les superieurs , quand il sera revenu , decideront s'ils doiveot exiger de lui uoe reparation, eu lui-aeeorder un pardon pur et simple.

Celui qui aura eM renvoye , et qui Ilemandera a rentrer, pourra lltre admis, quaod il sera p1'ouve qu'il eflt corrige des vices qui ont donne lieu jl son renvoi ; quand les raisons qui I'ont faitexpulserne subslstent plusj et quand Ie superieur qui l'anra excIu y donnera SOD consentement , et qu'il promettra de faire tout68les repa\'ations qU'OD exigera de Jui.

, T.oisiem6 partie, Cette troisieme partie. qui eoaceme les novices, est uo ehef-d'esusre de prMoyaliee -etde sagesse, et je me plais a re-

Diqitized by GooglS

(

connaltre qu'il serait Impossible de rien Imaginer de plus propre A entretenlr lao paix de l'esprit, la purete desmreurs et Ia sante du corps, parmi des hommes destines A vivreensemble.

Le novice ne doit avoir anoune oommunication, ni de vive voix , ni par ecri t, avec ceux qui pourraient lui inspirer de la tiedeur, pour l'iostitut. line doil point sortir de Ia maison sans Ia permission dusuperleur, et sans ~tre aecompagne d'une personne prudente que celul-ci designera,

Si quelqu'un etait solliciie 011 trouble par des gens qui ne marcheraieot pas droit dans l~ voie spirituelle. le superieur verrait s'il Q~ serait poiot expedient de Ie transplanter dans UD- autre endroit OU il pourrait plus commodement s'adonner au service de Dieu, Pour lors , Ie superieur it qui 00 l'enverrait, serail eclaire sur son compte, sufflsamment PQur son utillte et celie de ses sojets.

Si , quelquefols , on croy;ait devoir permet- . ire it un novice de .parler a ses parents, aux amis qu'il avait lorsqu'il etait dans Ie monde, it ne Ie ferait qu'en presence de quelqn'n~ nomme par Iesuperlenr, et briey,[Link]; A molus que, pour des 'raisons [Link]~, Je [Link]'eJ,l ordonnat auteemcut. Q~!rnAqle,

.. D'9"'''dbyGoogie •

DE UISTOfllE DES JESVITES. 63

.i un novice avail lllcrire au dehors ~ n ne le fermi qu'apres en avoir obtenu la pennission et avoir montre sa lettre a eelul que -le IIUp~':' rieur aurait commiS pour en prendre eonnaislance. Si one lettre est 6critel un novice, eUe sera d'abord remise au superieur ou llson representant, et celui-el en Cera lecture et Ia remettra a eelui A qui elle est adressee , ou la retiendra, suivant «JU'U [ugera convenable.

Dansla maison, • novices ne conveneront point librementavec tout Ie monde, mais seulement avec ceux que le superieur leur aora cUsignes, comme ~tant propreaAlell Mi6er et lies instruire. I1s seront modestes dans leurs discours, dans leur demarche; ne laisseront khapper aucuo signe d'impatience et d'orgueiI; d~fereroot' eo tout aox autres, en les regardant tous, intenenrement, comme leurs 8u~rieurs par les [Link] et la piete , et leur reodant, exthieurement, I'honneue et Ie respect dO. a l'etat de chacun.

- I1s seront lIobres et temperaDt8 dans leurs repas , pendant leiquels n leur sera fait une

. lecture edifiante a la port~ de ehacu ... d'eux, ou bien une harangue lUi' un lujet propre a lea porter A la pi~M.

Tous seront oecupes aox choses IIpirituellea on exterieures, de manlere ace qo'il n'y ait

pas un iD8taDt de doOne la l'oisivete. -

D'~"'''d by Coogle

64, d8U~

POUl' Jee exerCler lla ~"uTl'e~4 ,. on ~U:&"~ -pren4ra..A De $8 ",,,if 1:l'~~qlJ. [Link]:I leur etapt p~opre, quolque , ~[Link] Ia pre.,. miere aliluee, ils pe ~ept:po'~~.t~D~ ~ ,re~ ~Olil~m: ft I~~~ J>~eD8 , ~ IIlQine, [Link] .supqieur De, 1·ordoD~8 •. Si'la. P088818i~ 48 ()tl8 )1ien, ~1JJI, J .. pb: .. i~ ~rop d'attachement aux cll08e. t6mp,ot~lell, ,ils : d"[Link]~t en faire sur-le ... 4>ha~p fa dist,r.'ibutioo; renonces a &ell biens. est fai,e l'a,ha~." n~eqlelP8nt de. ceux que I'[Link] parfloi~1\l8Ale.()u·par ~ au ... tres, ~s·:eAeore dece~aulliq~eJ4.0P a.dr9iJ de ~1Q~",:PlW .WlC~sipn:di,~e .o~coUa~ teral~ .. :~t des beneSi'ces, soit ~c\1ijerlJ:t .80i~ eccWaiallt.i'lQeIJ ,dont on tlst inve.!jti. ';,

, L(l,8 :Qovices ae poW-font ni P\'t\te~ »i em., pruater, 118 Qe pourl7o~t 4alement r,i~Q ~ penser de ce qui ap'par~Qt ala maisqD ~ san.

raveu 40 '&Up.4r.i.f:ur. . : '

. CelU~qui, ~[Link]\-d~n~:l'oblllS8aD~ O'l apres y ~lr~ ~ll:e, 'Toqdr,ajt., ~~ 800 prOP'«J mOl,1!VelJMpt" .appllquer ,~,bieJlS'~ wu1asemen ~ .41 I~.~citte ,; CQ; t.9Iolt ~ en ,paft.i~ • doit laisser. lit 8up~r)ear .lqill~re. ~f~D f~~ .\a ~"W;oq

~ teU. [Link] ou coUeiJedetl'ordre. fj!.l'U: h,., gera convenabler sl, cep~,clan\;w .-iooa\ewr insistait potJr que 'sa liberali~et),t \IDe ·defti~atioD, 'plutOl qu'uae aUlfe, 11 faudrait a~~k :

~igitized by Coogle

D. J:~ISTOiMJ'" .ds:urrKJ.. 19

.~'li~.dall\ ~1aI8tf;&db'lGt~· ...... ~

IIICJfDi1 mMlftMo".;' .. " , . .,,';, ,:.:Wf!{'; • 'f!

Lea Ito.,. deWeraFflJSltrDfner' Jew. ~~~ eieoae [Link]& Jobi8,'~) !l&iUf'tH holt lOti"" au moh_, arl'~-~~ de1a pc!DiteoGe et::de~lfe_amtJeV ,'moiM de dis ... peB!le 00 ~·e1t~1Qs~n;· nn~:.mt;1I' 't.I.·un seul ecmC'etMe\l." 'iifllbm~ par ·Id ~ut1et'ieliit"Si eel .. De '" peat pas, ehaque novice aura 8&b (lOR~ hettI"' pMtia..erit; qUi' .a1iiilHh:iit de_ da. _"b aU ~rieUr,:Rbut:JtWen'd61laerOOtl~ .I&fssance. a6n'qtt·il;al'P~ 1e fODMde, la ott

M Ie mal.. ,. ' " " -. ... ~ : 1.' .

; Un'homnHfnlfMie~ihfft~;d9igera fa d4m';' jaite te~itmBe tle8~ DO\r~'i' d oena:-cl demMJl .... -en ·luUou&·td·secou ... ·!lptri~ Inels dont ils auront be80h'qit -te\W ~nlJefgn~r" teibmeftt,ils'ddiW;dk6 ~mPol'ter"taBt it I'exttriem' qlJ'~ t'hfeftttw-r;'ltM edaertera a rem .. pit ~. deWir~ "It!s'W!fJMndl'a avec amitie , te.. aw..- .. tt a· Be"pitilti: ~Il()her . lett ten fafioll8 au~ illfiloWt·sbf8ts ~ mais a ouvrir 1eura.e'aYee ;ol.·a·~ .... ~fes8eur ou ldeur IU~ .. , eo leurftlfsaint CbDD.U~, non-seuIebtene' &eiin defaJWt!J !'lmaflli m~e encore Ies Pftrild~. (It lee mortiaeut~filf<tu'ils It'impo":

..... : •• J .14; • I • ,,I ~rd ~ -v:

M.

a:iSVIIlB

fe.,n.'J~[Link]'eDl dan. lea lIl8ieon':de lasooie-. te , a mom. que co' ne Ioit des !emm..- d'~QO. graBtle-1lh,ri~ et d'un -grand ()rHit, qui de~ndeDt A voir 18 lb)4UlIPn OU Ie colN:ge :.l~. autres [Link];uesdaDsles:eglises de-rinatitut. I,.c, IJli\Wons ne devl'()nt eontenle oi arm~8, -ni illstrumcnt. de je1U. 'on de mu'sique, nirie1Jflui· pui88C distraire till lIerv~

de Dieu, ;:. .: .. I

La prude~c~eJ Ia charite du superiear on de ceux qu'iI. seserasubstltue; 6x-eront 10 genre et Ia mesuredes correctioQ!! a infliger. Chacun sera tenu de s'y soumettre avec. ~ [Link]~aorend~Qt-et d'al'ancem~tspil'ituel, .q1:1apd m~e elles lI~raieDt imppsees ~ P9ur1Hl deCaut eu une action, qui 1)0- &erai,

point reprebenB~ble. I'

On au,ra soin d'~ tJ)UI anim6s du m~me esprit; on n 'i,lclme~ntpoint de [Link], oi dansIes ~rmOn" oi dan81e& le\:OD8 publiques, oi dan.s ~ livre8, qui ~ pourroot j~maj8 ~tre mls au jour IClDJ l'approb&iioD e. Ieconsentement duge~al" obUge d'cll commettee l'eJ[~~.n 4J,oiBpenonDelaqlJ)OiJls, d 'une doctriJ,lc lItiQc., .et aapablc8 d'~." boos juges dans la IWttij:N qu'iis tmijeront.()[Link]' (-viler, autant que Caire se peut , Ia diveNit6 d'ayis dans Ie .l!!a~~meDt <lts atraire8, attea-

D'9"'''dbyGoogie .

Dll L'OISTOmB DE.! JESVI1'Es. 67

du qtl'ello engendre coDlDlunement 1 .. disconic, et qu'eUe est eontraire it l'union dee omura. 11 faut procurer tres-soigneusement cette union entre tout et cette uoiformite de pensee8 et dedoc~, et PO rieo lOuft'rir qui y serait cootraire.

OO'cxpliquera, certains "joU1'8 de la semaine-, I~catecbiame, .et on doDnera la maniere de se [Link], de commUllier avec fruit, celie d'entendre la messe , de la IICmr, de prier, de mediter ,de lire, Ie tout en .e" mettaDt it la portee de ehacun,

Les novices s'exerceront ilfaire d018ermOD8 daDS Iamalso», alia qu 'outre I'avantage d'employer leur temps, ils aequierent quelqoe·usa ... «e [Link] voix., Ie gclte,- et que, ddmptantleur timidite oaturelle ,ils preDDent I 'habitude do parler eo public. -' .'

La plus parfaite et Ia plus humble obel ... · sauce est reeommandee aux DO~ices. Leursuperieur, quel qu'il soit. doi~ toujOU1'8 leur-re-

~ presenter [Link]'ilt. I~ est , en c~luenee , du devoir Ie plus severe, de l'aimer et de Ie respecter ,[Link] montrer ees sentiments en lui ob6issant promptemelltet couregeusemeot, sans rellcrve, sans ebservatleu Ad. sa08 murmure, quoi~iI commande [Link] [Link]~pqgoauk •. Le-novicedoit anean-

- D'9"";dbyGoogie

68

tir [Link] tJ cmtieremeo'·.tt 'VQlOa~ '6& IQD &ejitimeQt t -pour. 88 IOUmettn> t en tol.l't

, poiat,.la v<donte etatJ"8oti,aenl de SO.8U..., ,perie~, 11 ae doit poinl-l:~:£8tninerqad 'n' celui qui COIDmaM.6, Plaia lui;·obeil' CfIIDIllq a Jesus-Christ. ' .. :.. . _ .. Le 'OONicti doit ~imer lapa~t~~' qvoi ... uoe intenbiOIl .dreite., oOIl-Htllemerit. qoa:nt I a1J~ 4evoirs de ,SOD etat, ,maL' COCON dan8 oha ... ecne. des actioRs de savle, It dei, cberolie .. !;lieu eo :tout, eDM' depOuUlaQt;" [Link]" falre se peut , de l'amotir. de toU1e8 :lieicl'ea-ttures ':lJOOt rappGrtcr toute800 a&'601100 a. leur'wrem-. Men Ies [Link] luicolBlDe il le8aim~:eD·elles. , . . . -Les etqdes' des 'Mdce. .devrorit cODiriliU~ a,aupbter er&ooee ~~, »[Link] eux ..... memes, Il o'y aura point, daO's'leji ~

) et:daoslEl.'lmaisooi'jleial800iCle:,cJeelque:de belles-Iettres, .8 moiDS q'u:il paraiaBe [Link] de lesfuire· e~udier a: un petit nombre';de 'su 1 . jets, en "aveur de ,tuiihseira fait Qnee~

lion'. " ' . . ; .. " )

'I1:J aura quelqu'un~daD8la maisch» quhe4 racbarge de rIlPPder. eel! regles aWl'ri()vice.~ et:; .une;foiafan,'ils prh'.l'ont le !luper-iew de kMr·[Link]'i peulld iBobser ... wu«s tit lea violatido', 4Ullt ill auroot pU ..

-ndre coupablc.. D'9"'''dbyGoogie

DE L'UISTOIREDllS 1isUiTES. 6" , ' Q~Qt "UJ; loilJlI corp(1r~1s.,on auta 8t)ip de' De point ~88ujelil' lea nov~el$ Ii des, trav,,~ .[Link] de lIrurs forces [Link];s ou m!H'''' Ies, Si I'uo d'eotre eus s·aper~Qi' qu,eq\JeLq'GjJ c:hoee lui est nuisible, ou qu'U ait bel9Jln. de qaelque chose de partlculier , par rappo ,11 a Ja 'nourritllre, au "~tement, IUllOlelJl,[Link] : , a,u "'avail, alQ'exerclc:e., it en avertira le s llp4-dew ou celui qu·il aur:. comtnia pOW' l' elOt.

La vie sera COQU]lune : Jea MUres du I ~er, tiu coucber et des repa., .eroA1' tlxees,.et. . iDva~ riableOlent lea meroea, A [Link] .upe4 rieur ne fasse une exception 0., fav.1)Ir d ,~que\. qu'UD qui anrai' besom de :8ldv~ UD rigime particulier. Quant a,' ee 'ltd JlOpOelne I aJlClGl"ritwoe, Ie v~tement. et ,le.J.~ent, c. IB aura lOin que tout ee qw"![Link] ~ \4}~ps toit de nature ille conserver en eante .• :'

Un a8J'Cice' moliere ~CDIIlJD.a»,.416 :aux DOvieea. La mbrlUica'[Link]'C).Or,SI cae: doit point palSBl' 168 bornc!8.;et deve~r·ilJ JlkIer~ te , par des veille,.: .... aJMIinell~, I il'[Link] pe..,ikluees -on 'truatllrl -.Utjetll~ tiOp multiplies, qlli ,aui8ent. etdiDail:fPlJedtl,etdu~ viennent desobstacles it .de ,plus gt'8Jl~fm~ C'eat pourquoi'U fautque [Link] lIOn cumeuear ce ,qulil Cera en ce geore pet aicelui",ci ju;. qu'U pa ... ,lea b\>rnea .. la,

Diqitized by Coogle

)0 BE8UIIE

modlSl'8tion, OU qu'.n moin. il soit en doute .'il ne lea p8l8e PUt ille [Link] A lIOn supt!riear. Quelqu'un charg~deveillerAla saDt~ du corps, sera attacht\ fl chaque maison.

Dan. leurs relations entre eux , il ne convient point que les novices conversent ensemble; mais Us doivent garder Ie silence, si ce

· n 'estdnns les caR 00 il est neeessalre de parlee, Pour lors, ils s'entretiendrant, de preference, avec des personnel m6res et prudentes, qui

· leur aoront ete designees par Ie superieur. De

· m&ne, s'ils sont deux qui alent leur lit dana '

· 1a m~me c:hambre, iI faut qu'l y en ait un des deux, qui soit tel, que I'autre profile de sa compagnie; et II est cODvenable qu'il y ail quelques· anciens entrem~aes dans les chambres , ou ron mettra Rpar~ent chaeun des jeunes. .

D'ordinalre, peesonne n'entrera dans la·

. chambre sans la pmnission du superieur, et quand on y sera entre avec permission. la porte reatere ou.ei1e tant qu'on y sera deux, .afia que Ie mperiev et lei officien prePOSH pour [Link] ,puiuent entrer toutei lei foia qu'n

leur plalraw .

, .

Diqitized by Coogle

DE L'mST01RE D'ES 1l1SUITEs. 71

,

.... ..aI '" III '&II 'III MIW l'1li .. ....... ....• .,..,.""",ww.~

CH..IPITBE Y. ',

COIITIIIlJATIOII DO .hI. lOUT.

LA qnatri~me partie des constitution. des Semites concerne l'instmction de oeux que la aociete eonserve, daul 800 leio, et dollt eIle espere utiliser les talents, tant pour Ie bien du proebain que pour lesien.

La lIOCiete, devant dODDer des es:emples de selenee et -de vertus, n'odmettra, daDS ,SOil sein ,'que des jeunes !8ns savants et verwflUl[. ou qui auront rec;u da, eiellCle8 dispositioo" pour Ie clevenir; en censequeacie; elle.-oU!Vn- ' ra des colleges et des [Link], :80. !Ua'paurront acquerir les [Link].le1i1r iJeront' Del. ceasaires. taotdu c(\~ede l'[Link]~cdt1~

Le plus grand respect et I. pl\l8, piOf~ .eneralion est ordOlln06 pour ItA foadateurs et les bienfaiteiddesoolleges ; itseea caebre, pour eux , des messes particuli~re8,tt solennelles; illeur lera onert" a eos; ou a leurs delleeodantl, on a eelui qu'i1. auront' nomme pour recevoir cethol'ilmage, un eierge orne de leUl'l annes ou de quelques sig!,es de w:~

Digitized by \u-oogle

oi!li' ,

vO,tio~: Ceo C?~~~o" symbol~ de la reeonnals-

.sance qu 'on leur conserve, ne leu r confere aueun droit de Pim'olill.g.:r,' eus: ou it leurs descemlants, soil sur I'administration de I'etablissement 'qd'Us auront fonde , soit, sur les biens temperels dont-ils l'auront dote. Un pareil droit ne pourra jamais exister, Lei honneurncrolit plus grands poer eeuxqulauront ronde enti6relnent un ~ollege'; que pour ceux qUi ell auront leulement-aide les commencemerits. On ohservera, 'Al'egardde ees demlers, ee que le general jugera con venable;

Le 'geueralaura.1e pouvoir, au DOm de toute la'BociUio, derecevoir Ies colleges qui lui se- 1'_: ofl'erta Ilbrernene , de ooavenlr avecIe fonaate~i Hes.:eohditions .de sa liberalite ; et , .. l6l1es' h'e&aient;;pasemierement couformes a la 'l'hg1e"tle'la8ociete;' il deeidera sL, dam "'inU~t de tous ~:t+ 'pent deroger a laeegle, Si'la'soii6ae Ii~PeJ'9oUqu'un college lui soit jf ,marge ,-elle ~(jlTa , .dans une congregation :generale,l'abandopner, en diminuer les char.. ~ ou·m. mains cherehera sefalre donner 'ms ino:teas de 'Ies supporter, quand Ie general n'aura pas,pou",uQ cct,h,coD'Venient~

Le general, aura , ~vec la societe, le pouvoir 'd'abandonncr ou d'aliener ,Ie) colleges erles -mai.soD8 d';j4 re9ucs. On ne reeerra peiDt"

Diqitized by Coogle,

DB L'HIsTdInn DEs ~SUITE~. ,3 "ans les eoll~s de la 8Oci~te 'j -de charges dOames , Ai de tbndations pieuacs, emportant 1'0- "igalion de dire lies meS8el. RIeD De doit distraire de. elude;. Les aatres mailODs et les estises de la 80CleM prof ease , De doi~ent point DOD ptos aceeptee-de ehnrg~; a'ftD de pouvoiJ", aur-le-champ; ex6cuter toOl lei ordres du SalDt-Sf~e. '

I~a IIOClete prendra: pOQee"on aes [Link] et des biens temporel. qui en tf~pendront. Un ' reoURlr sera ohar~e de l~urcoU8enation et administration. II' pou"oira aux;hesoins, t~nt des bAiiments que de. ecollerlf qUi 'y demenrent, 'que de eeus quiee dls.,osent • yentrer', et meme de ceux qui soot eharg~s-des affili("eS du [Link]-fra reiidioec()I:Il~t~'Ilu genei'al oua son delegue.

Le general 'rie'~pOUTl"[Link] aueune partie des reveaus des eo1~cs:~: Ii 888 besolns particuliers, I eeo.x de lIa' [Link], OU de Ia so':" eiete profesee. Dans ee dernler cas, II y a exception en Caveur dcspt"ofes qui seront utlles ~ux colleges , comme les'p~urel1r!1, les pre .. dicateurs , les professeujs , les eonfesseurs ,' et aussi en favf'Ur dC!1 visUm ... s, il qtli'"11 pourrl\ donner la table pour un jo\\P,~ol.l offrir quelque argent Oil -quelque seeours pour continuet'leurro\1t~.

DigitizedbyGOO~

.;4 ,lt~SUME

Dans lea colleg~'qui pourroot nourrir ~u .. se ecoliers ctles precepteurs, 00 De [Link] point d'aumoneset on u 'cn recevra point. On aoceptera ,..neanmoins, les. donatio os de bieos~fonds o!fer:ts .p,ar· des [Link]'Urs, et qui, eo a"g\Wil.n~!lt lAS. revenUIj ducollege , Je metten] ;,. JJl~~ d:eptr9~Jli.r·UQ plus grand nombre d'ecollers et de professeues. ~i [Link],us llC:.~Dm8CJi\~·tll¥l ~rDQur-4'i~ le nom-.

. hre [Link]-IJol)~l!&d~sign~s, on pouJ.'rareeevoir- 4P8 '''~641~!, .apalS nonen dem;wdj}r,

. et" ~i .le,colleg~flllti\ansla dcrnie!"~pauVI:ete, lin pourra- dWlI.u del' . des aum{,Jles, ct meme mendier de ~tIf~~po;t;t~,.l~ijt que [Link] y ~[Link]~j~r~~ :1' . ".' 1 .:' . '

Personae ;J)~,~'~tMrtl adtnis: dans llJJcun des colleges, au rang d'ecoliee de lasoclete , B:il se ~roaV6·fr • .[Link])t~ d7l,lD des empechements m~ntionD~s.~p.?pS lqjpFemiere partie des constitutions •. Les ;~~HHIs:geDs p,·t':stmtes aux collegel! doivent [Link]~ de honnes meeurs , sains de corps , . pour'i\ls, <k: ~})ositions, et prop res auxt':ludes~.OI)..n.'i-\dmeitlr.a,al1 r<lng d'eeoliel'lt .approuvt':a;; ~~ w.u~~~uj auront et~ el:aIDint$dans les lP~ifD~s.,~P~ colleges ~ [Link]. aVQir C a 4 Je\lr,d~\l~.ar,l}tA~HO:vici!lt. ;00 permettra reo .. .tree'des ,[Link].S: a,d'autre,[Link], [Link] dens; ::lllllct'sd'eprcuvcs, [Link]'oup dCLIg.;lliQutiee

Diqitized by Coogle

DI l'HISTOtRE'DF18 ItSUITE8. ~5 mftI8a~tes, iIiitls lis De aerOnl ~.dolierS ~pprOtt"": yes qu'lt la fin de ees deni ans ; M aprils avoir

proltonc6 leurs YOHR:.· . ..' '. ... . •.

Les colleges pourront admettrd un eertalrr nombred;ecoUel'8pauvresquin'auraietrtpoillt ledessein d'enl'erdans la societe; pourvu qu'ils ne soient dans ancun des cas d'empechement, et qu'ils aient, d'ailleurs, Ies qualites requlses, Ces sortes cl'ecoliel'8 se modeleront su'r eenx de Ia soeiet6, seront sounns a ia me ... me r~gle, 10geronU. part, De porteront polnt l'habit ,\e la maisoD,' n~aororit 'aueune communication ni arec les externes,' ni avec Ies

kdliers de la societe. . . .

Le general jugera de la pauvret~ desecollers qui De sont point de lit malson , ou , celul a. qui il aura communique ce pouvolr, en jugera il sa place. On pourra reeevotr, pour debonnes raisons, des enfants de malsoiis nobles ou riches, It conditloltqtt'i1s'VivrOmal(eursdepells.

L'Age eompetent paratt devoir ~tre 'fixe depuw quatorze aDS jusqu'avingt: .. trois, sf lei J!,Ostulants n'ont faiteljcore al1cu~progl'~8 Jans les lettres. En g6ieral,. plus: lis seront pounus des qlJaUtesrequisell dans la .ocldle. plus ils seront propees It y ~tre·ddmi •. Nt!anmoiDs. U (aot~treplutlltrelerv4!quefaciledalls 1 ... admllliou •. 00 pourrait, :quoique rare-

D'9"'''dbyGoogie

j6 .. 0:' ~~.j '.'

..-ent, adQletlre quelquel ~coliers ~"'aDsers a 1a societe,. !ine jlvec ceux 'de la loci,"', pour dee raisonB dete~io;[Link]. au jugeme,D\ du superieur., .,

Pour la conse"atif.)n delasante ~I ecolien, on obscnera ee qui a ete ellt 1hnslatroiaieme partie, en prenant garde,.tres-particulierement, que Ies eeeliers n'etudlent poiat daDa Ie temps oltl'etude 'pourrait ~tre contraire a Ia sante , qu'ils dorment un tempi BuObant, tit soient modere. dans. lei ka\'8UX d'esprit.

Us 88 lineroot A' des exercicea Ipirilnell, entendront la messe tous les jours ,approcla8- root lbus les huit [ours des saerements , ferbnt des meditations. Lea cOllt}iuteUl'S [Link] qui ne .sauront pas lire diront Ie rosaire ., et tous renouveUeront mCDtalement , a,Piques et a Noel, lea va;uxqu'ilaal,lront proaencee, L'examend~ ,<:ouscience eat aU8li spkialemeut recommande~ Udoit Olre fait deux fois par jour., ,

Lea ecoliers SClroDt inatruits sur es langues savantes, la rethorique, la logique , la philosophie naturelle et morale, Ia metaphysiqu3, la theclogle , tantscolastique que positive, et I'ecriture sainte; Ils se livreront, preferablomeat, a [Link] ces scleneesque leul'8uperieW' l~ [Link]~ndera, pa~ qu'u. aQl"a rc;coa-

'. D'9"'''dbyGoogie

DE L'BISTOlBE DEI .mSUlTE8. 77

DU qu'il8 J IlODt plus proprea. Le recteur d6- aigDera Ie temps qu'il convient de dODner ~ ehacune , et Ie moment OU il sera bieD de passer de rune A l'autre.

On suivra, dans chaque faculte, la doctrine Ia plus sdre 6t la plus approuvee , et les .auleu ... qui I'enseig,l;lent; ee dont aura soin le J'8CteuJ', qui suivra, en cela , toutce qui aura .ete defini par la Ilociete.

0J,1 ecartera tous Ies obstacles qui penvent detourner de I' etude, taot ceux qui vieudraient de devotions et de mortifications prises sans .. esure , que ceux 'qui naltraient d6j soioset de. eccupatlons exteneure8 comme des offices domestiques8 la maison etau dehors, desentretieDs, des confessions, et d'autres fonctions utilesau proehain, autant,oeanmoins, qu'on . pourra s'eo absteoir.

Void l'ordre qu'on suivra dans les etudes.

On M rendra fort dans Ia langue latine, avant que d'etudier lea arts liberaux ; ensuite , 4ao8 ceux-ci , avant que de passer it Ia theelogie scolastique; etenfln , dans celle-ci , aYallt de passer ala theologle posilive. Pour I'ecriture sainte, on pourra I'etudier , ou pen ... daot Ie meme temps, ou apres. II en sera de JDfme de l'etude des langues dans le-quelles l'ecriture sainte a etB compoeee ou traduite.

.' D'9"'''dbyG,(jOsie

,8 niSU1l£

Lei colll!ges auront, autant que falre- 1M pourra. UDe bibllotheque, Le reeteur du col .. lege aura !lOin de veiller A ee que les malt res et leurs dlsciplesfassent egalement bien leurt

devoirs. "

Les ecoliers des difer8eS f~cultes provoqueront ou soutiendront des disputes.' publiques ou partlculieres, pour se former a rarg\lmeb~ talion et donner des preuves de eapacite, Les humanistes parleront communement latin, formeront soigneusement leur style, et , toutes les semaines, un des plus. anciens prononcera, un jour deslgne , un discours gree ct latin, sur. un 8ujet donne, et propre a Mifier ses auditeurs,

Dans les hautes classes, les [Link] sont invites a prendre des notes, soit dans les Ie~on!l qu'ils recoivent , soit dans les auteur. qu'ilslisent, afin d'avoir promptement, illeur . disposition, les materlaux de leurs compositions.

A la fin de leurs etudes , les eeollers souliendront un cxamen public, 'et le superieur deoidera s'ils doivent, ou non, donner des le«;ons publiques ou particulieres , (lour leuru .. tHite ou pour celle des autres,

La societe ouvrira desecoles puhliques dans see. colleges, au moins pour lea humalliie.,

D'9"'''dbyGoogie .

DB L'UISTOtIlE ~ JEIlUITES. '9 -«lans Ies Heux uu on ponH:a 1~ tah.e :bommh. dmaent. On en :(\uYl'ira~ peul' les f.1Clln~ti superieures~ dans lea lieux ou lea colleges ~fa bUs

Ie permettrontv . ;:" . ,

00 veillera autant sur la rcligi~n et'snr 1'C!I bldlurs des eeoliers qce rut'leurs etudes; 'o~ De manquera pas dechatleelesexteenes' qunnd ils eo auront [Link] ~radon.;. 'Dee gratuitement, .' .. :{ . :4

Les ecolicrs qnl., de' ravis do superieur,;

sont destines anx ordres sacres , seront: his:"

.. roits dans la fiu;on de dire la messe , et la'so. eiete suivra partout, autant que faire se pour-

ra, lea memes ceremonics , pour lesquelles

elle se eonformera, autant que la dlverslte des pays pourra Ie permettre , a l'usaga rornaln , comme Ie plus general et eelui quoIe 8ai'ut. Siege a adopte, Les eeollers :s'exercerollt auss1 [Link] lei Seririonset les lectures salntes, d't'mc maniere proprea edilier Ie procha1n , et dif- ., ,. fereote de celledes classes. lis s'applfquerontj pour cela, a bien apprerrdre la langue' du pays qu%! habiteront. lis etudlerorrt [Link] le mirristere des sacrements de la penifence ~I:

de la communion'. Ils s'acooutumeront a don-

ner dell el."Crcihs IIpirifuels 'anx autres , apre~

tea avoir faits-cux memes. et ils [Link] lrTen<[Link]' riuson: de ces exercie~.'Gn!l allp(Jl".u-

'. Digitized by oogle

80

aieud



100t. tout Ie lOi~ otceuaire pqurt~uTer ullO . Ja~o d'~i6oer Ie. catecbis,me, qui soil, la portee delenAtut~ ~t «;le& igDoraoi8; eofio , iIa .'exerceroot it disposer les malades a bie~ mourlr,

. Les eccliers ~nt retires de. colleges, quaod ils ne soot poiot propres auxsciences, et quaod a~ cootraire" par uo~ heure~ precooite, Ds soot juges plus utiles [Link], at meme COOlacres it l'eoeeipemeot, ou quand Us oot

ani lears etudes. \

La societe .professe a Ie soin geoe,al et l~ Burin tendanee des colleges, excepte eo ce qu.l regarde les coostitutions, [Link] ou I'aIlenation de ees colleges. La puissance et I'administratioo publique , et , pour parler en ~neral; l'exeI;cice total de eette surintendanee, . appartieut au General de l'ordre.

Le General, par Iui-meme ou par eelul it qui i1 eo aura doone ~ pouvoir, placera uo .recteur choiai parmi lee coadiuteurs-, pour presidei' A un college. Celui-ei reodra compte au provincial, ou it celul que le Geoeraf deslloera. Ce seraauss! au Gcoeral qu'appartlen~ra Ie pouvoir [Link] Ie recteur, eta Ie debarrasser de cette charge fIW!Ilc;l il Ie jugera eonveuable,

Le recteur doit itre uo homme trea-exelQ.

D'9"'''dbyGoogie .

DE t'BIITOIU DES n:SUITES. 81

plairu, [Link], et trea-monift~ 8UJ' lea mauvaisea ineliaations ; it faut qu'il lOit lurtout bien ~prouve dans l'obeislaOO8 et dans l'humilite; qu'll-alt Ie donde [Link];. qu'il soit propre a gouvemer, verse dans lea affairea, e1erOO dans Ies choses .pirituelles '; qu'il sache , en tOQ$ temps; unir In severit~ a la douceur ; .qu'Il soil vfgilabt, patient dana Ie travail, et meme savant; qu'en6n , il .oit, tel, que les superieurs puissc!nt Be fier A lui , et lui communiquer leur pouvoir en toute stl-rete, d'autant .que plus Ie pouvoir sera etendn, et miens: lea [Link] en etat d'b-

tre mieux 50uverne.. •

Le premier de""oir do reotenr 8era de porter ~t Je college SUI' ses epaules, totum colleglwn fJaiut humeri' ,uu lustmer" par les prieres et par Ies saints {{birs; ensuite , de travailler A y Caire observer lea eonstltutlons , de Teiller aTOO soin 8U1' tons les membrea du college , de les garantir de tout ce qui pourrait leur ~tre nuisible, soit au dedans; 80it au deJaon, etc, II doit donner lul-meme I'exemple de l'obeiMance, par la 1Ioumisaion, DOn-senlement VM-Tis du General, mai8 encore vi ... "'Tia du pronnciai, en lea inlltruisant ~ lout ee qui se-fuse d'important dans Ie 00(... ~, et en eQoutaDt tOUl lea arChes qui lid lOut traDamiJ.

Diqitized by Coogle

1t:Esuri

, Le reeteur veillera A ee que ohaqne coH~' soil pourvu du nombre d'offleiers necessaires ~ sa bonne administration. II aura soin que chaq1¥ officier soit propre au ministi!re qui lui sera confle , le remplisse avec exactitude, qu'Il soit environne de l'obeissance et du·re.-.; pect qui lui soot dt\s. II doit professer ou enseigner par lui-meme, le eatechlsme, pendant six semaines.

La societe se chargera aussi du soio des unlversites, en laissant au general A regler les eonditions eo parell cas; et s'Il se commet des fautesgraves, it est it propos que les mlnistres de Ia justice ordioaire, soit seculiere, sott ecclesiastiqae , suiYent, quant A la punition des ecoliers , la volonte du recteur , qui leur aura ete signifiee. ,

Les sciences que la societe enseignera dans les universites ;' SODt Ies memes que dans les colleges, et un nombre IIttffisant de professeurs iustruits, sera attache ~ chaque faculte, Les leeous seront publiques.

On 0 'expliquera que les livres dont la dootrine est reputee la plus solide et la plus sure pour chaque faculte, 09 ne tonehera point a ceux dont les auteurs ou les sentimeots soot suspects. Eo theologie , on li~ }'Ancieo et Ie lSOI.l'V~'lU-TCitament, etla seolastlquede saiot

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIl\E DES JESUI'fEs.85 Thomas. On s'abstleadra ,' dans les"humanites , -de rien expliquer , dans les auteuragrees et latins, qui soit eoatraire aux bonnes meeurs. Les livres des aneiens , avant d'~tre conlies auxeeollers , seront purges des cheses et des pru:oles-, desbonnetes. On suivra la doctrine d' Aris1ote, dans la logique , Ia philosophie nalurelle et la metaphysique. Quant laux arts Iiberaux , OQ' fera un choix , ct on designera eeus des auteurs qui auront asses d'autorite pour [Link] classiques,

Il n 'y a point de terme 6xe pour l'etude des tangues! le recteur on Ie chaneelier sent matIres de ie prolonger ou de Ie raccourcir.

. L 'etude des arts liberaux sera de trois ans et demi , apres lesquels on pourra etre recu maitre es-arts, Le cours de theologie durera six ans, apres lesquels il sera pcrmis d'aspirer au doctoral.

Les degres seront conferes gratuitcment et apres un examen public et severe, a moins que ,' pour des zalsons particulieres , on ne juge que Ieeaudidat doiv~" 6tre 'examine en partlculier.

Lea ecollers cJ,l!.lIDiv~mtes scrOll!, eomme ceuxde.$[Link],elc:t6s !lam Iesbon ues uueqrs C!t1a cralutede Diau;., it. [Link]& IUl-X

" " • D'9"'''dbyGoogie

Risun

m6mel deYOirs spirituels, et [Link]: m~:" mesfouctions Oll penitences domestiques. , .

Le soin universel ou la surintenclaqce et le gouvernement .de l~univerBite, appartiendra au recteur, qui po"!lJTa ~~re eelui qUi sera a la t~te dn principal college de Ia BoeieU. So • -election appartiendra au general OU a. tout autre a qui il commettra le soln de Ie desi.~ gner •. mais il dena touiours .~ confirm~ par Ie general.. La recteur aura quatre oonseiJ.. Iers ou assistants. avec qui il oonferer.l de, choses les plus importantes.

Chaque [Link] aura un cba.~c4;llier. bolpfme tres-rerse dans ~~ Iettres , rempll du z~~ et du [ugement necessaires ; un secretaire , qui aura un registre ou serontportes les ooms des ecoliers qui frequenteront assiduementles ecoles, et recevra la promesse qu'Ils feront (I'oMir au recteuret d'observer les constitutions eo ce qui les c~ncerne. 11 Y;lura UO'lW'taire , pour certifier la verite des grades qu'on doonera, ainsi que de tous les actes qui le demanderoot.

" L'uoiversUe etant composee de trois facul':' fes, celle des langues , celle des arts 'et celie de theol~e, il y' anra un doren.3. la tetede ehacuned;'eUes" pour veiUer a leur breR. ,)

Dans leaall'airos-qllint regarderonl qn'une

Diqitized by Coogle

, DE L'HlSTOnE DES JESUlTES. 85

faculte, Ie reeleur appeUera, outre lei alSiJtauts , Ie cbaocelier, Ie .cloyeo et les deli5D~

. 4e ceu.e faeulte, Dans celles qui eenceme!'Ont toutes lei facultes , il appellera tous lea doyens et tous les design6s. Il pourra ~me eouvequer nne congregation, eI y app~er 4'autres membres de la societe el'des etran .. sers.

11 y aura un ,syndic general, pour donner des avis au recteur, au provincial et au Gene... ral , sur les personnes et sur les choses, Outre' celui-la, le recteur aura sel .ynmes partlculiers, pour l'instruire de tout ce qui arrirer .. dans chaque classe, et .a quol il faut mettre ordre. Si les syndics n'ont rien d'important a rapporter au superieur, ils lui diront, au moins tous les samedis, qu ·il n 's a rlen, de nouveaa,

De meme que le reeteur doit ~rire sur Ie ehapitre de tous les precepteurs et des autres membres de Ia societe, le collateral ou sup ... pleant du reeteur , Ie syndic et les c,on~[Link]~ ecriront sur son compte et sur celui des autres , une fois par an all General, ct deux fois all provincial; qui, de son eOte~ avertir'l·le General, dans les cas qui l'exigeroilt.

Ces lettres serOnt eaehetees de rnaDi~re que pet'8ODJ!e ue puisee savolr ce qU'UD autre aura ecnt. Elquand Ie geoeraloU leprovinclal vou-

D,g""'dbyG30gie •

-----

_ I c ~ [Link] plus exacts

_: "IE - es. !!IoGa seulemeot Ie colla-

__ ... s:" ,.- d lis caaseilIers ecriront sur

d .~ _1CIdeIlr et de tous Ies autres, - _ cb _ ties aaaitres des ecoliers

- .... _!'I.IJ1&IIIr'!!!JO!IO cl ~ c.a.;.tem-s fonnes, ecrira ,

_1Irl_;C ~ Ir "-pte. de tout Ie. mOD___ IdI-'" .i;a ft:deDr; et, a6n que cela ne

___ =Ir r:-s - - .. rer.." d'habitude, des

•.. _dl ..... .-",: cIIIIc cspece, an moms [Link] les .. ,

~.lIL1~"'-

G .... ~~ rartR- Cette )?artie traile de

r ,~ i .~ .. tIowsb sociite. AnGeneral,com·

~ £. -:a'''' ~. au a. ~x qu'il a desi..... ~ Ie- ~TOir d·adJ:[Link]. lei, ~. 2-- ~,cba.s la societe quatre ma-

i~~ - ,

-. s-~~-

~ _ ~ ~ ~ plus ite-Ddu, 13 societe co

~ _....-:;. tC'II1 tflD. n~Dt SODS Pobelssa» -~ ~--

"._- ::zli- ~ ks nonees, et tous ce

.~~c= & k ~Il de nne et de mou'

o _-JIiP'

'fIl.. J_ ~V:k. 50al ~ Ies epreuVeS"POI

~ ~ ~ .. ~'UD des grades donI ~~.

~~ ~ ~plas~t, [Link]

~ .:-~~meme,avec

~ ;~ ~d ks. profes i car c'c~

~ 0,,",,,, "v Goosle

I I

---.J

DE L'HlSTOIRE DES JESUlTES. 87

us trois parties, ou de ees trois membres, que la societe ~st formee,

Dans un trolsieme sens , qui est Ie plus propre, elle ne comprend que les coadjuteun fo ..... mes et Ies profes , et c.'esf dans ce sens qu'il fant enteodre la promesse que foot les ecoIlers d'entrerdaos la societe, c'est-a-dire pour ~tre au nombre de ses profes ou de ses cead}uteurs formes,

Eofio , dans Ie sens le plus etroit, Ia socict6 oe renfenile que les pro1"ei, Don pas qu 'elle D'ait -encore d'aufres membres, mais parco .;: '1ue eeux-el soot Ies principa:ux de la societe :".- et qne quelques-una d'entrc enx , comme n ·.~~lera dit plus bU4 ont voix active erpasslve '~tos I'electlon du geocrdl. . . :~ Parmi Ies profes , on fait encore une dis .. l lnetion. 11 eo est [Link] les ecoliersetles adjuteurs, ne foot que lea trois premiers QX; il eo est d'autres qui font Ie quatrie, et sonr'uommes profes dcs quatre vreUL

,e sont ceux-la qui constituent Ia societe par cellence , et out voix dans 1 'election des efs superieurs de I'ordre,

~, Dans Ia faeon d'admettre dont DOUB avons

Ie plus haul, nousn'avons enteudune don-

1 connalssance quedel'admisslon dans la

~ rete, considiree dans la ,p~ere [Link] . :tiCli'

Diqitized by Coogle

-

88

d·~tre. La r~on d'admettre dans la sooi~M, consideree dans les sens de plus en,plus restreints, est plus intime, et accompagnee de

nouvelles epreuees, -

On D 'admettra it. la profession que eeux dont Ia vie aura ete bien' connne par epreuves Iongoes et severes, et approuvee par le General. lis devront ~tre suffisamment instruits dans les humanites, les arts llberaux, la theologle et I'ecritiIre sainte.

Le vreu soleunel de profes , qui, eomme DOQl I'avens dit; oblige a Ia pauvrete , a la ehastete, it. CobeinaDce et it. Ia sou mission aux ordres du Saint-Siege, est prononce it. haute T~ix, danB reglise, en presence des personnes de la maison et des etrangers-que Ia ceremonie aura attires. Le profe.s re~oit ensuite le sacrement de l'eucharistie ; Ion nom est inscrit sur un registre, et ses veeux sont conserves.

Les coadj uteurs formes et les ecoliers approuvesquine sont soumisqu'auxvreUxsimpleset Don solennels, les proneaceeone dans I'eglise ou dansia chapelle de Ia maison, en presence de ceux de Ia maison et des etrangers qui 88 trouveront presents. Leurs noms seront inserits sur un registre, et leurs vmux conserves.

Ceax qui r~lident dans les maisons doivent renoUTeIer lean vreax am deUJ: ates solen-

Diqitized by Coogle

DB L'Hl8TOIll:E DES JE8tJITES. 89

nelles dont DOUR avon!! parl~ , et encore A une autre fete , si Ie superieur Ie juga convenable , nOD pas entre Ies mains de quelqu'un, mais chaerm d'eux lisant son veeu devant Ie Saint-Sacn-ment, eo presence dea autres et d'un certain oombre de personnel.

Diqitized by Coogle

~.

[Link]:d

CHAPITll.E 1'1.

, C:[Link] DII JdKB IUIBT •

.

SlXd~ME partie. De eeux qui SODt rectus et adoptes dans Ie corps de la societe, quaDt a leurs personnes. La chastete et Ia pnrete de mreurs sont recommandees it ceux qui sont admis a la profession ou au rang ~e coadjuteurs formes; ils doivent, dan's la pratique de ces vertus, se rendre , si cela est possible ~ aussi parfaits que les anges. ~Iais ce qui leur est Ie plus intensement prescrit , la vertu par excellence, celie qu'ils doivent avoir' continuellement sous les yeux , est I'obeissance.

L'obeissance do it etre prompte , vive, voIontaise. A I'ordre du superieur, tout doit etre interrompu, une affaire, une lettre commencee, Ceux qui vivent sous I'obelssance doivent se laisser dirlger et conduire par la divine providence, qui se sert de l'cntremise de leurs superieurs , comme s'ils etaient un oadavre qui se laisse remuer en toos sens et manier comme OD veut, 00 commele baton d'on vieillard qui sert it eelui qui let lient. '" la main, it

Digitized byuObgle

DE L'HISTOlB.E DES JESUITES. 91

quelque fln qu'il veuille I'empleyer, e/t de qnelque cote qu'il veuille le tourner, Et slbi quisque persuadeat ; ,quod q,ui ,ub obendienti4 !Jrount se {erri ac regi a dioin« pro!Jidentia, per superiores IUDS sincere debent, perinde ac s; coda"" essent, quod quoquo VerSiU (erri et qudcumque ratione' tractari se sinit : !Jel similiter tJtque sen;' baeuius , qui ubicumque , et qudcumque , ire !Jelit eo uti , qui lum manu tenet, el inseroerii,

Le respect wur Ies superieurs est l'objet d'un article special. Ils doivent etre veneres, aimes comme des peres, et instruits de tout ee qui se passe. Chacun dolts'adresser 'a eux dans ses besoins spirituels ou temporels , et il est expressement defendu de deoiander, directement ou indirectement , .ou faire demander sans leur permission. au Saint-Pere ou a toute personae etrangere a Ia societe, aucune grace pour lui eu pour qui que ce soit.

II faut, autant que faire se pourra, aimer et conserver dans sa purete , Ia pauvrete, comme Ie plus ferme rempart d'une religion. On ne se pennettra jamais de rien innover, clans les constitutions, qui pulsse Falterer (Ia pauvreM), it moins que co ne soit pour Ia rendre encore plus austere.

Dau~ lei mailODl ou dans les eidiscs. gue la

Digitized by~oogle

92 d!lm

socMt~ accepter=- pour le seeours des Ames, il n 'y aura point de revenus, pas meme pour Ia sacristie, pour la fabriqne, ni pour telle

. autre destination que ee soit. Si quelqu'un des foodateurs des maisons etait dans l'intention

-, de laisser des revenus pour l'usage de la fabrique, on ne regarderait pas cela comme oppose A la pauvrete , pourvu que Ie maniemeot de ces revenus ne fl\t pas entre les mains de Iasoelete ,etqu'elle n'acqutt PelS, par lA, d'action contre eux, quoiqu'elle aurait neanmofns Ie soin [Link] a ceque celui-qui en serait charge fit bien son devoir.

Les profes vivront d'aum6nes ,dansles maisons, tant qu'on ne les enverra point allleues, -et Us n'oceuperont point, pour l'ordinaire , Ies places de recteurs dans les colleges on dans Ies universites de la societe, lI. moins que la necesslte on la plus-grande utilite de ces universite~ ne l'exige; et its n'useront point. dans les maisons, des revenus de ces colleges, Neanmoins, les profes employes dans les colleges comme professeurs, predicatenrs ou confesseurs, ou envoyes pour visiter ou diriger ces eolleges , ou enfin qui, avec la permission du General, s'y retieeront pour se livrer A qnelque composition, pourront y avoir leur habitation et vivre de leurs revenus-. tant que du-

I . D,g,t,zedbyUO()glt:

reront eun functions et leur aejour.

DE L'UISTOiRE DES J:£SUlTES. 93

us co:ut1uteurs Yivront d 'au m(\nes dans Ie. maisonsjet des revenos des colleges, quund

Us y seront employes. .

Les maisoos et lea egUlles dela soci6b§ n'aoront ni revenus , ni meme aucnne espeoe de propriete partiouliere ou commune, si ce n'est Ie logement, et une maison de campagne pour les convalescents, dorit on pourra consomme!' lea fruits, et non les vendre.

On n 'excitera personae a faire des fonda-'tions d'aumones perpetuelles, Si quelqu'un eo faisait, on n 'acqnerrait point Ie droit de les demander en justice.

Tous ceux qui sont sous l'obeissaDce de la societe se souviendront qu'ils doivent 'donner gratuitement ce qu'ils ont rec;u de meme , et, en consequence, ils ne demanderont et n 'accepteront ni d'honoraires , IIi d'aumenes qui semblent entrer en compensation aveclesmessea, confessions, leeons, 'fisites spirituelles ; fI ne sera pas meme place, dans les eglises ~ de ces troncs 00 les 6d~les viennent deposer

leurs aumones, .

On ne fera point, aus grands. ae ces petits prhents qni en provoquent de plus preeleuxj on ne leur .rendra ~oint de visltes , si ee n'est par suite d'une 'fleille amitie, et sans bot inUreue.

Diqitized by Coogle

'4 rismln

9 .

. Chacun serapret a mendier deporte en por ..

te , quand I'obeissanee ou la oecessjte y contraindront. Chacun despeofes et des coadjuteurs formes sera' Inhabile a sncceder ; Ies maisons, les eglises et Ies colleges, ne pourront meme Ie faire it leur place.

, Quand le Saint-Pere ou Ie superieur enverront ces profes ou cea coadjuteurs travailler a la vigne du Seigneur. ils ne pourront rien demander pour leur voyage; ils i'offriront avec destnteressement ; ils n'auront point de voifure ou de chevaux de main, et Ieront la route it pied, it moins que I'a~aire pour laquelle OD Ies envoie n'exige de la .eelerite,

. L'habit dolt etre hounete, conforme au lieu ou I'on vit, et en harmonie avec Ia pauvrete .a laquelle an est voue, L'usage de la soie et des vetements somptueux est defendu, Quant .au manger. au dormir ct aux autres choses .necessalres it lit vie, on se conformera au re... gime prescrit par le medecin.

Les profes et les coadjuteurs formes ne doivent point se livrer it des meditations ni des veilles excessives , a des mortifications indiscretes' ~ it des [efmes prolonges qui affalblissent les facultes intellectuelles, mais ils ne doivent paS tomber dans la tiedeur et Ie relachement,

ni frequenteront .SQUVeDt Ies sacrements ,

Diqitized byGoo8I~

DE L'HISTOIRE DES mSUITEs. 95

diront la messe au molns tons leS huil iours , it moins d'exemption legitime; ils n'auront

. point de cheeur pour chan tel" les heures canoniales, les messes ou les autres offices; ils ne se chargeront point de la direction des Ames, ui de la snrveillance spirituelle des comljOunautes de femmes; ils ne s'astreindront point it l'obligation de dire perpetuellement des messes dans leurs eglises, et ne se char .... geront point de liens qui pnisscnt g~ner leur liberte,

Us s'elo'gneront de toutes affaires temporelles; ne pourront point etre executeurs testamentaires eu charges de pouvolrs , dans une eause civile. Si les colleges ont quelque affaire a traiter, ils aurout leur proeureur pour le faire et defendre leurs droits.· Si la ohose interesse les maisons on Ie corps entier de la societe, uri des coadjuteurs , ou quelqu'un du dehors, pourra s'adioindre a ce meme proonreur, pour faire triompher Ie bon droit de la societe.

Pour eviler toute sollicitude etrangere a Ia profession religi~use, . aueun profes , coadjutcur rorm~,· et memo aucun dell ecoliers de la &O('ieM. ne se laisscra Interroger, sans la permission du superieur, eumatlere civile ,·ct moins eneore cn matiere crlmlnelle, a·IJlQint

• D,g,t,~edbyGDogle

96. RESUME

qu'il D'Y lIDit Coree par quelqu'un it qui Il De pourrait desobetrsana pecher, Et Ie superieur .n 'accordera point eette permi~sio,ll, Iii ce D 'est dans les causes qui toucheur [Link] religion catholique, ou dans; d'autres causes pieuses favorahles it oette religion, sans cependant etre nuisibles a personne.. .

Septleme .pal'tie. Cette partie concerne Ia distribution de eeux qui soot incorpores ~ h . societe, et la [Link] de Ies repartir dans la

. vigne du Seigneur; pour I'utilite du prochain.

Les missions o~doDoeespar le souverain pontife soat. mises au rang. 4es premiers . travaux imposes aut: Jesuiles, Sur I'ordre de la cour d~ Bome , les missionnaires doivent partir pour quelque eu,Iroit du monde qui leur 80it (If,lligrte, et y l'e$~r tout Ie temps qui leur iCJF3 presorit, Ils ne peuvent ricn demander, nipo.1ll' leur v()J~ge, nipour [Link]·, qui [Link] de troismois, siIe moment de leur retour n'[Link] ~t~ fIxe.

Outre les missions ordonnees par le papc , U en est d'autres oommandees par Ie Gen~ral ou ses delegues. Cbaque Jesuite doit les accepter pour Ie temps et leIieu i1x~l!, eo restant toujours , cependant, JrOU& res ordres du Saw Pece. Chaque missipDnaire envoye par les superieurs, dQit e~ muni d'Instructions VCI'-:-

Diqitized b,.Coogle

DE L'UISTOIRE DES JESUInS.

97

bales et ecrltes , et rendre compte it SOn I'C-

tour, ou pendant sa mission.

1'0 missionnaire envoye dans .un vaste empire. peut se fixer dans celIe de ses province. dans Iaquelle il croira ses travaux plus utiles, quand le lieu de sa residence ne lui aura pas ite designe , et se servir , pour Ies conversions. de la lecture ou de la predication, si si on ne lui a point enjoint d'employer un moyen determine.

Les maisons et les colleges serviront Ie prochain par des prieres , des exhortations, des " entretiensreligieux, des conferences privees, des predications publiques , au dedans ou au debors des eglisea; par I'ndministration gratuite des saeremeuta , par de bons exemplesj en reconciliant les ennemls , en faisant des eeuvres de cbarite, des catechismes ; en composaut des lines ,pieux., ete..

Huirieme partie. CeUe partie traite. de Ia manicrs 'd'entretealr I'nnion entre ceux qui sont disperses , ct de faire-, de tous Ies membres de la societe, un tout compacte et ina! .. terable. '

Poorquecette union soitplusfacile, on aura sain de ne point elever un trop grand nomke de personnes au grade de prof~ L'obei ... . aauce doit ~lreJe Hen de I'uuion , et si. un mis-

Diqitized by C910gie

\ 98 RRSUKE

sionnnire y manquait, il Caudrait, Ou le remplacer, on lui donner· un compagnon 'qui lui en rappelat Ie preeepte et lui en offrit l'exempie.

',. Celu] qui semera la division et la discorde parmi ceux qui vivent ensemble, doit etre eloigne com me une-peste,

" L'uniformite de regimc, de' v~lement~ de ceremonies et de doctrine" est recommandee parliculierement, comme un des grands moyeris d'entretenir l'union entre Ies mem-. bres de la societe. II sera aussi tres-utile ponr Ie meme but, que les inferieurs et les supe-, rieurs entretiennent ensemble un commerce de lettres tres-suivi , et qu'ils soieut frequemment eclaires les uns sur les autres. Les supericurs locaux , les recteurs et les membres envoyell au loin, ecriront a leur pQ>vincial ton-, tes les semaines ,.si faire se peut. Lea provlnciaux eeriront au General, toutes Ies semaines aussi, quand il n'est 'pas eloigne , ou all. moins tous les mois , s'Ils sent dans des toy anmes di fferents. Le general devra leur faire re..., pondre, au molns tous Ics mois. Les superieura locaux et les recteurs reeevront aussi, [Link] une fois par mois , une [Link] general. L&. Jlrowincial .r:ccevra ~ tom! les quatre JU!>~, nn' elai. du peuJ:mcl de ehaque [Link], OU cul-,

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOIRE DES JESUITES. • 99

lege qUi sont sons son autorite , et il en [Link] une copie au General.

La congregation generale de tous Ies merabres de I'ordre qui ont droit d'y assister, ne se tient pas a des epoques 6xees, et ne levient pall regullerement. Elle se rassemble quand iI faut elire un General, soit que cellii qui etait revetu de cette dignite ait passe dans le Seigneur, ou ail ete depose. L'autre cas ou ron pourratenir une congregation geuerale, est quand it faudra dellberer sur des choses tres-importantes , et dont-Ies suites doivent ~tre perpetuelles , comme L a dissolution des maisons ou des colleges. leur translation d'un lieu a l'autre, ou des affalrestees-difflclles qui concerneraient la societe entlere,

Les profes et quelques coadjuteurs (lesignes ,par le General, oat seuls le droit de former lao 1!ongregation generale. dans laquelle ne sont point admis les ecoliers approuves,

Sl Ia congregation se tient pour I'eleetion du General ou pour quelque chose qui Ie con'eeme , chaque province enverra trois deputes. D'abord, Ie provincial, au cas qu'Il le puisse; et , en cas d'empechemeut , un representant: -easuite , deux deputes nommes dans une congregation provinciale, a laquelle a&.[Link], qVeC droit de iulfrage, tous les pro--

Diqitized by Coogle

100 Rfsud

res de Ia province qui le pou~ont, les prefete des maisons , les reeteurs des colleges, Ies procureurs, ou ceuxqu'ils enverront en leur

nom pour les remplacer. .

Si 13 congregation generate n'a pas-Ie G~neral pour objet, Ie provincial, sans assembler sa province, choisira deux: sujeta, a la volonte du General, auxqnels il se reuntra, et ces trois deputes, munis des pouvoirs de Ia province, assisteront et Ia representeront a 101 congregation generale,

De tous les profes qui seroot a la congregation, chacun aura un suffrage; le General seul en aura deux, A. nomhre egal , Ie 'provincial aura la preponderance. Si les provlnclaux soot partages , Ie cllte ou sera Ie General, ou SOD Yicaire, s'i! Hail mort,.emportera Ja balance •

. Le profes que Ic general a designe. pour 800 vicaire, est celui qui a le droit de convoquer Ia congregation generale , quand it s'agit de proceder lI. I'election du chef de l'ordre. La G~neral seul a le pouvoir d'assembler la congregation, quand il est question d'affaires etrangeres lI. son remplacement. Si Ie General est dec~de sans designer un vicaire, Ies protes qui se trouveront aupres de lui, lars de 80n deces., en eliront un , qui devra de luite conyoqu~r la congregation;

Diqitized by Coogle

n:a L'm8Totnl DU ttluttll. J 01

I.e lieu 00 .'assemblera la Aoci~te, pollrl'i ..

Ieetion d 'un General, peA alt devoir ~tre, oedinairement , la ville dans laquelle Ie souverain pontife tient sa eour, a moius qu'elle ne decide, II. I'amiable , ,de s'assembler dans un autre endroit plu. commode a tout Ie monde, Si a'est Ie General qui assemble Ia societe pour d'autrea affaires, ce 861"a it lui de choisir et a marquer Ie lieu qu'il jugera le plus COn venahie. II y aura bn~jours einq a six mois entre J8 date des lettres de convocation et l'ouverlure de Ia premiere seance de I'assemhlee,

Las profes des quatre 'VWUX ont seuls vois deliberative et droit de suffrage, pour I'elec-

. tion du general, qui doit obtenir plus de la moitie du nombre des voix. Taut que dure I'election, lea profes sout enfermes dans le lieu de Ia congregation, et nourris 1e pain et d'cau,

jusqu'll ce qu'ils aient elu Ie General. Les sol- _

licitations, Ies hrigues , sont punles par I'exelusion de Ia congregation, la privation du droit d'eligibilite, et meme du droit de suf-

frage. .

Si Ie depouillement des votes ne donne pas de majorite en faveur d'un candidat , on nommera trois 08 cinq electeurs , qui l'eliront euxmeme,dl Ia majorite de, voix.

Quand l'electioll sera cousommee , it 'Cl'a Diqitized by G00ilOC

'J' O:J 1I:Es,1.:D

(1,lfe'n'du d,e l'aUaquer et d'en proToqller nne 'Butte, !lOU, peine d'ttrereg:ll'd~ comma scbill'matiqae , eomme auteur de In ruine de Ia F,Ociete , et enconrlr des censures graves et mt)meI'excommunication,

Lars des assemblees qui n'auront pour objet que des affaires generales et importantes pour Ia societe, II ne seta point necessaire d'~tre enferme. On devra terminer, Ie plus promptement qu'on Ie pourra. ce qu'on aura it traiter, Les affaires seront decidees a lama[orite des voix , et , a defaut de cette majorite , par une commission de quatre membres, presldee par Ie [Link], qui sera Ie cinquieme, La decision de eette commission sera obligatoire pour toute la societe,

Les ordonnances faites dans nne congregation seront recueillies par un secretaire , et publiees partout ou besoiu sera. Rlles auront force de loi , taut qu'clles n'auront pas ete rcvoquees par une autre cougl'egation generale,

Diqitized by Coogle

1>E L'BISTOIBE IjES nSUITEs. 1 Q3

CB.4PITRE I'll:

COl'lTIJU1ATIO. B:r Fll'I DO IICU 8UUlI.

N E1JV1zn partie. De ce qui coneerne Ie chef de la societe et Ie gouvernement qui prend sa source eu lui. CeUe partie des constitutions de l'ordre, sur laquelle repose sa prosperite et sa gloire, est traltee .avec un soin particuIier, NollS tacherons, dans cette analyse, de De rien omettre d'important.

D'abord, pour que I'autorite supreme solt . plus respectee , elle est confiee au General, pour toute sa vie. Void les qualites que 1'ou exige dans Ie chef souveraio de la societe.

I.' La premiere de tontes , est d'etre tresuni aDieu, et , pour ainsi dire, familier .aveo lui, tant ,Par Ia priere que dabs toutes ses actions, POUf en obtenir, com me de la source de tout bien, UDe participation plus abondante de ses dons et de ses graces, pour tout Ie corps de Ia societe. .

2.' La seconde , que ce soil un homme de bon exemple; qu'il soil charitable euvers Ie prochaiD, et priDtipaiemeut enversl"\iOcie-

- Dlgltlzedby\J-OOg e

104 dsuD

te ; qu'il possede la naie humilite qui le rendra aimable aux yeux de Die9 comme il ceua dell hommes.

5.· Qu'll soit degage de toutes les affections desordonnees , afin qu'elles ue troublent point sa raison; qu'a l'exterieur, it soit s~ compose et si circonspect dans SCIt discours, qu'on ne puisse rien remarquer en lui, pas meme uno parole, qui ne serve it. I'ediflcation , soit de la societe, dont il 'doit ~tre Ie modele, toit dee

etrangers. _

4 .• Qu'Il sache [Link] roideur et Ia ~veri~ a la bonte et a la douceur j qu'Il De se laisse jamaisdetourner de ce lIu'it croira agreable ADieu; qu'il sache , cependant, compatir 0\ ses enfants, en lie comportant de man iere que ceux qu'iI corrigera, sentent qu'it s'acquitte de son devoir avec charlte , et pour leur bien.

5." Qu'il ait de la grandeur d'ame, de la force d'esprit, pour supporter I'Inflrmite de plusieurs , entreprendre-de grandes cboses et y perseverer, sans se laisser abattre par Ies, contradictions', seduirc par los sollicitatlons , effrayer par les menaces, ~t sans s'enocgued .. lir dans Ie succes , ou succomber dans les , re .. verso

_ 6.· Qu'it ait un h6D [ugement et beaucoup d'intelli&ence, pour retrouver-cea dons, tl4H.C

Digitized by \Jovg~

DB I.'HISTOIRI DES nSUlTEIi. 105

c1ansla theorie , lIoit dans la pratique j quoique Ja science lui soit tres-necessaire, puisqu'il doit ~tre a la t~te d'hommes savants, il pourra y suppleer par la prudence, la connalssance du cceue humain ,etl'habitude des affaires.

'J •• Qu~il soit dou~ de discretion, tant pour l'administration des eheeee interieures que pour celle des choses exterieures, et pour la

direction de taot d'esprits different.. _

8. Q Les qualites les pius necessaires.,.-r [Link] les affaires, sent 1a vigilance et Ia sollicitude en les commencant , et la dcxterite pour Ies conduire it leur fln-et a leur perfection , afln qU'apres avoir ~te commencees, elJes ne soient jamais laissees imparfaites par

negligence ou par relachement, •

9'· Que Ie General soit,\:unc figure preveDante ;qu'il ait une sante robuste , et soit d'un Age qui lui laisse Ie libre et eotier usage de toutes se. facultes.

10.· Qu'it [ouisse d'une bonne reputation ; qu'il possede toutes les qualltes qui doooent de la consideration et du credit, tant dans la lOCiete que daas Ie monde, .. '

EoGn, le General dolt ~tre du nombre de teU~ qui oot toujours pane pour aToll' tputes let vertua il-la-Cui&, et q~l ont rondu Ie pIal

Diqitized by Coogle

l06

lIiSUMB

dcservlces a la societe, etqu'on yalongtcmps (:on~ul pour tels. S'il lui manquait quel-. ques-ulles des qualites susdites , qu"aumoins Il ait une probite exquise, de l'amour ponr la societe, un bOD [ngement avec la science convenable.

, L8 General a l'autorite supreme sur Ia [Link] pourra, soit par lni-meme , soit par ceux qu'il dcsignera, recevoir, dans les mai~u dans les colleges, ou partout oll bon lti~mblera, ceux qu'il eroira pro pre. a I'Instilut, soit qu"il [uge a propos de les admettre au noviclat , it Ia profession, ou au rang de coadjuteurs formes ou d'ecoliers appreuves, 11 pourra renvoyer de la societe.

, Ce sera aussi it lui it en voyer a l'etude des lettres , ceux qu'il jugera a propos, et partout oil U le vondra. II pourra aussl Ies rappeler avant ou aprcs leurs eludes, et les transferer d'un lieu a un autre.

II aura la surintendanee et Je gouvernement des colleges; iI eri nommera ou destituera lea offlciers , leur communiquera la portion d'[Link] qu'iI jugera necessalre.

II a~ra soin que les reeteurs des' colleges et ,t1es imiversites lui rendent compte de leur charge'. Ce sera a lui a administrer leurs a''faires ~ ence qui -regarde lea &oieucc8 et lea

Diqitized by Coogle

DE L'HT~OrRE D~ rnSUITES. 1,0'1

mceurs .. 11 exercera cette adA1~[Link]~ pay des deIegues qu'[Link]-meme, ':

C 'est aussi dans le, General q1I1.e reside Ie pou.:'" .oir de passer toutes sortes de contrats d;il~ chat ou de vente de tels biens mobiliers q~~ ce soit , tant des maisons que des colleges de lasocicte .. comme d'imposee, ou de racheter touies sortes de ceus sur les immeubles d'u~ college ,'pour soo"utilii~; ou po'",r son avantage, avec la fac~te dese liberer en restituant l'argent qui aura ete, donne. Mais Ie GeI~e~i\l ue pourra nialiener, ni dlssoudre Ies ma~~oll~ et les colleges de la societe" une fois edges, sans une congregation gellt:fale~ ,

Le General disposera dece dont '! aura eM £ait Iiberalite a la societe, a,yec Ia liberte d'eu mire l'usage qu'elle .VOll;dl·~it. '~f pourra I'<.lPpliquer a tel outel qo1l4g~ '. ,Ie vendre o~ le garder, Les provlnciaux , Ies ,.~perieurs 10-:, eaux , les recteurse! tous ceuxqu'iJ commettra , [ouircnt du ~¢me pouyoirp~~r 1.1 partie qu'il leur encommuniquera, ,

II veillera.a I'execution des constitutions, et aura Ie pouvoir d'atcorder des dispenses quand le cas l'exigera, soit .en totalite , soit eo partie. Il aura tout pouvoir dans les mis~i()08, ,~D.s: pouvoir' cependant s'opposer a eelles qui serout. ordoliPce~ par Ie S~iili-Slc6e .

. ' 'D'9'''''dbyGoogie .

108 . 1\l~8UME

11 POUl'Tl\ envoyer;en quelque pays que ce ROi~ pour Ie temps qu'it voudra, et pour quclque minlstere q!l'il [ngera eonvenable , .eeux de 8C8 sujets qu'il iugera apropos, qu'i1s aientou nen fait profession. 1I p()ul'Ta rappelcrlesmissionnaires, lcs remplacer; leur donner des adjoints. Il dlstrfbuera aussi les offices de predicateurs , de professeurs, de confesseurs , seIon la volonte et Ia eapaeite des sujets.

II communiquera a eeux de ses sujetsqu'il en aura juge dignes , la portion d'autorHe qu'il croira convenabJe, Ja revoquera , la transportera a un autre. n imposera des penitences ('our la reparation des fautes, Ce sera a lui de convoquer la congregation generale et a ordonner la reunion des congregations provinciales, quand Ie bien de la societe Ie demandera. II poul'Ta dirigcr ces congregations, Ies preroger, les dissoudre.

Penonne ne pou'rra recevoir de di~DiM8 hors de la societe, sans sa permission, qu'll n'aecordera que lorsqu'il y sera fore'c par l'o~ beissance qu'il doit an Saint-Siege.

,II oommera les reeteurs de colleges et des unlversite», les superleurs loeaux des maisons Ji profcsses, ainsi que les prorinciaux. Ceux-el seront nommes Jlour trois ans ; neanmoins ;

it pourra prolongcr on abreger Ie temps de

Diqitized by Coogle

DE L'HISTOiRE DES J~SUITES. i 09 leur exereice ; it leur communiquera Ie pouvoir qu'il juge~a convenable, '

n pourra revoquer ce pouroir , 'le .restreindre, lui dunner plus d 'etendue , . demander compte de l'emplol qu'on en aura fait. S'il a-" vait donne, it. Ull provincial, la faculte de placer des superlcurs locaux ou des recteurs, ce ICrait toujoun it. lui ales [Link] ou ales destituer.

n nommera auss! les oIDcier"s necessalres au gouvernement de la soeiete , comme le proeureur-general et le secretaire,

n pourra, sans attendee une congregationt~l1t!raie, reoerolr lcs maisons, les colleges. les unlversites qu'on offrira A:ia societe, les pourvoir de professeurs', de pl'etres, en ayant iOin que lea conditions' de la Ii';eralite' soient profit abies et ~o~. onereuses ~ la societe. .

Jfconnaitra, autant qu'it Ie pourra, la cons- . cieoce de tousceux qui soot SOllS son obeissanee , surtou! celles des proVinci,iux et de tous eeux it qul Il c8uGera les fonctious lesplus Im-

portan(es; .• ,

Generalementparlant. il commanders a ~, '~n vcrttJ de' l'obeissance qUi iui est due, Jt dans routes I~s choses qui'ieodl'out au but de l·ulruM 'du prochain et de sa perfection, . 4ne ta I()'ciele·jt·proposc pOlJi!lA J;loiJ-e de [Link].

Digitized by Goo~lf

, i

J 10 rlsuri

Et, quoiqu'Il ait communique son pouvoir a d'antres superleues subalternes , it des visiteurs ou a [Link] , il sera toujours maitre d'annule~, de modifier ou de confirmer ce qu'ils auront fait, et de faire tout ce qu'it [ugera it propos.

Les prevoyances ou les devoirs dela societe envers .sen General ,. sont :

1.' Quant it I'exterieur, de pourvoir aux depenses de sa personne, pour tout ee qui 'resarde le vetement, Ie logement, Ia nourriture, , Elle pourra accroltre ou restrelndre ces depenses, selon qu'elle le jugera con venable,

2.' Elle veillera it ee qu'ilne passe pas Ies hornes de .Ia moderation, dans Ie travail et dans les mortiflcatlons. Il devra se laisser ramener it ces bornes , et acquiescer .au [uge-

ment de Ia socie[~; ,

5.° La societe auratoujours, aupres de.i. une pcrsonlle chargee de veiller sur I'etat de. /1011 arne" qul devral'avertir , avec Ia modes-. tie et Thumilite convenables ,de oe qu'cIle penscra etre desirable en lui ,·pour Ie plus

~rand service et Ia gloire, de Dieu, , ,

4·? Si quelqu'un le pressait d'accepter une ,lignite qui Ie forc;,at de reDo~cer it sa place, il

.' ... " '

ne pourrait I occuper sans le consentement

de, Iii sodete ; et Ia societe De donnera jamail

Diqitized by Coogle

DI L'HISTOIRE iDES JtSVlTES. 11 1

un eonsentement pareil, A moins qu'elle n'1 .oit forcee par I'obelssance qu'eUe doit au St.-

Siege .

5.· SI Ie General, par reldchement ou paresse, par maladie grave ou (\ar extreme vieilIesse , negligeait les affaires de la societe, de telle maniere qu'elles en souffrissent gravement, il devra se cholsir , ou recevoir de 1<1 societe, un coadjuteur ou vicaire,. pour gouverner Ia societe. Ce coadjuteur n'exercera que Ies p~uvoirs que le General ou la societe lui auront confles,

£?. Si Ie General vivah en etat continuel de peche mortel , et nommement le peehe de la chair,. ac nominatim copula carnis; s'il blessait quelqu'un avec une arme, un couteau, etc. ; .'iI convertissait It son usage, ou dounait 1.1. quelqu'un du dehors, les revenus des colleges ; s'il alienait les immeubles des maisons , .'il professait ou suivait nne mauvalse doctrine, et que la chose ftlt suffisamment constatee, la [Link] et devrait meme Ie de~ poser, et, qui plus est, le chasser de SOD cerps,

Le General sera aide par quatre .assistalltIJ elus' par ceux qui ont droit de choisir Ie ch~t de l'ordre. Ces assistants, qui (ormeront son CODICil, ne s'eloigneront jamais d. sa penon·08, HroDt toujourl au f:ompl.t ~ . et lenni del

Diqitized by Coogle

) 12 lieu:N~

din et Caire tout ce qu'ill jugeroDt cODy~Da· bla au bien de Ia soclete , relative~e~l 1 oe qu~ vient d'~trt ex~ ..

Dan~ Ie cas on le G~n~ra1 aura it encouru Ia

, deposition, les quatre assistants Ie denoneeront it Ia societe, convoqueront une congre.. galion dans laquelle il sera appele , pour entendre ce dont on l'accuse , et fouroir sea moyens de defenSe. On ira ensuite au &crotin, pour savoir s'il est coupable, s'il y a lieu a 10 deposer et a prooeder a nne non'telle «Heetion. La majorite, pour ~tre eompetente, denaem-. porter Ies deu'X tiers des su1rrages.

. Quand on aura decide que Ie General 4oi1 ~tre remplace , 11 faudra, snr-le-ehamp , eo elire un autre t e~ ne pas se sepal'« que 1a, 8().00 ciete n'ait un chef.

Quand les'yices duGene~8(lrontnotoires, averes ,scandalenx, et de nature.! ent;ralneR' Iadepositlon , on l'invitera a Be demettre , at, pour cela , on traitera secretement avec lui. S'il s'y refuse, on prononcera la .depositioJ).

Si les vices qu'on a it lui reproeher ne son' poidt assez graves pour le Caire deposer, ... ais de

. nature it meriter une correction, on oommera quatre persoolles, auxquelles 00 ell adjoindra nne cinquieme , eo' cas de partage d'opi- , .Ilion , pour examiner quelle peine Q cenvlen-, dJ'ail de lui infliser,!

Diqitized by Coogle

DE L'UISTOlBE DES JiSVlTl!8. 1.1 :)

Si Ie ~eneral etai} frappe d'Incapaelte , it Jaudrait examiner s'il convieot de lui adjoindre un vi caire ou de Iui nommerde nouveaux 'mlnistres , outre ceux qu'il a deja. La chose j, sera deeidee a la pluralite des suffrages.

Le deveir duGeneral n'est , ni de precher , ni de confesser, ni de faire toute chose semblable, mais de gl)~verner lout Ie corps de la socieM; et il ne doit sa servir, que pour cette

fin, dupouvoir qui lui aura ete contie. .

II est essentiel qu "ilalt de bons ministres, pour Ie seconder dans les affaires de detail; il eorrespondra frequemment avec les provlnciaux, etceux-ci avec lesrecteu,rs et les superieurs provlnciaux, afin que la subordination soil mieux observee, NranmOins, il pourra trailer quelquefofs immediatcment avec lcs rec\curs et les superleurs locaux , et meme avec les partlcullers , lorsque le bien de la societe'. ou de se8~embre!i en partlculler , I'exigcra,

II sera tres-blen qu'iI ait chez lui les bulles et actes de concession qui concernant I'institnt, les facultes on privileges de la societe, et nn abrege de toutes ccs choses , avec un catalogue de tontes Ic's malsons , de tous les colleges, etun etat de leurs revenus ; un aut~~ de toutes Ies personnes quisont dans chaque province, non-seulement des 1,rofc,8, des coad-

, D,g,t,zedbyG~8~e

!

114. dSlld

[uteurs et des ecoliers, mai$ encore de C~ qui sont dans Ie noviclat, Le catalogue contiendra leurs noms et leurs qualites , et il aura SOiD de Ie faire renouveler tousles aDS, si

(lela paralt convenable. ,

Le General doit encore, moins qu'un autre, se laisser distraire des soins du gonvernement, par des affaires seculieres etrangeres a la societe, et ce qui a ete dit dans 1a sixieme partie lui est plus s£veremeDt applicable encore qu'a qui que ce soit. .

II De doit point s'occuper trop de l'exerclee des ministeres particuliers qui sont du ressort de la societe, et qui pourraient ~tre remplis par d'autres, tels que le SOiD d'une malson , relativement a sa subsistance et a son administrchion. Les officiers particullejs doivent .Ie debarrasser , en tout ou cn partie, des affaires de detail.

Il n'aura pour provinciaux, superieurs 10. ' C311X et recteurs, que des hommes d'une fide· lite et d'une capacite reconnues. II aura aussi des ministres pour les affaires "enerales. II I s'adjoindra un secretaire partlculler , qui lui rappellera Ie souvenir des choses qu'i1 pour- j rait oublier , I'obligation on it 'ellt d'y donner lies soins ,qui I'a."('ra de ses consells pour It'" t>,ocp,arer, de 1011 exactitudeH~'Cli~n travail

I>l!. t'BISTOIDI DES lESUlTES. 1 IS

pour lea mettre A fin. Ce secretaire dolt lui servir de memoire et de main.

11 convient que ce ministre soit un homme exact , qui ail Ie don du discernement , et , si . faire se pcut, celui de la science; une figure honnete ; l'habitude de traiter avec toute sorte de monde , soil de vive voix, soit par ecrit ; que, surtout, ce soit un hf)mm! a qui on puisse eonfier toutes sortes d'affaires, ct qui aime la societe.

Le Gem!ral aura un conseil auquel it conHera les affaires, de teUe maniere que ohacun des membres qui le composerav soit specialement fila Mte d'une partie qu'il dlrigera preferablement a toute autre, en [ouissant, neanmoins, de la faculte de discuter avec. ses collegoes, rcunis eo conseil, tout ce qui conceenera Ia 1I0ciete,.

Ces conseillers seront au nombre de quatre, et pourront etre Ies memes-que les assistants dont it a eM parte plas haut.

. Pour la prompte expedition des all'aires et la defense deIa societe, il sera bien de se scr'Vir du ministere d'un procareur-general qui ne ser .... point profes, residera ~Romc, et n'habitera point nne des maisons de III socieh!, 11 aura SCII II('COUri et ses ministres , pour les af-

.•• s qu'il ne pourra poirt~".tliV'reo.\\b1.\l scul>



Ilf) lisuJli

ies provinciaux, Ie. recteun de colItiJes ~ lea sup~rieul'll parl1cull~ dell maiaons, aurout leurs aidet en plUl ou moins grand, hombre , suivant les affa:u-'es qui leur seront eonflees, lis auront q;alement un conseil , pour Ies ai .. der dans Ies choses importantes; neanmoins,

I eux seuls auront la faculte de decider, '

Dlxieme [Link] partie, qui est la dernibre, traite de la fac;on dont tout te corps de la 8()00 ciete peut Mre conserve et s'accroltre dans son bon etat. Pour parvenu it. ce double but,les constitutions recommandent la pratique des vertus qui unissentl'bomme it. son createur, com .. me la probite , la charite, I'intention de servhDieu , Ie zete sincere de procurer Ie salut des Ames, pour la gloire de eelui qul les a ereees et rachetees , sans rechereher aucun avantage. On do it travailler aussi, avec soin , A se procurer les moyens bumains qui s'acqulerent par I'industrie , par une doctrine exact~ etpal' Ia maniere de I'exposer.

II sera tres-utild de conder Ia 8urintendan~ ee des coUegesa ceux qui n'enpeuvent retirer aucun avantage temporel; aux profes , par exrmple, qui lesjnaintlendront tonjours dana un bon Hat et .. ' ans une bonne discipline.

On fermera soigneusement la porte a rambition, 00 De brlguera point les offices dl\U

Digitized by GOogle ~

DB L'BI8TOJp; D:B~ JESUITES. I 17

Ia aociet~, et J@!! prelatnrea 9~ digni l~ eccle-, siastiques'horsde l'iostitut. Pour cela, Ies prores feront VOlU a Dieu de ne jamais rieo fair' ponr Ies obtenh-, et denonceront CeUI qui les aoront sollicitees. On «eclarera inhablle a une place, .~Juiqui sera reconnupou .. l;avoiram~ ))itionnee.

Chacun promettra anssl a Dleu , que s'iI est force, en' vertu de I'obeissance qu'il doit all Saint.-Siege ,a accepter une prelature hors de 1a societe, il eeoutera , en tous temps, les conseils du g~eral on de celui qu'il raettra ~ - saplaee pour lui en donner, et qu'il executera tou~ ce qu.i [Link] ainsi consellle , s'il crolt ql1e ce soi~ Iemeilleur parti,

On sera, .eomme iJ a MjA etc dit, tr~s-re4 ,serve sur Ies admissions, et 1'00 redoublera de severite dans les e~ameJu~ etIes epreuves , a mesnre que Ie candidat devra etre attache plus

intimement a la societe. ' '

11 est important que les superleurs aieot beaueoup d'autorite sur tous Ienrs sujets , et Ie General sur tous les membres de la societe.

Le lien des membres de Ia societe, doit Ia cbariU et l'amour mutuel qui seront entrete'nus par 4,es correspondanees frequentes; Jot . . connaissance ql,l 'on se procurera de. alfairas, '" l'[Link]~it~ de doctrine, et e~ toute autre

D'9';';'d by Coogle'

118 irtsud •

chose, autant que fail'6 se pourra. L'obc!~ sance doit surtout mainteoir Ie bon ordre dans la societe, et unir Ies particulien avec les superieurs , ceux-el avec Ies provinciaux, et to~ avec Ie General.

La moderation dans les travaux du corpset de l'esprit, est speclalement recommandee , erle relachement severement puni,

La eharlte et I'amour mutuel sont non-senlement reeommandes aux membres de Ia societe, les uns a I'egarddes autres, mais encore Tis-a.-vis des etrangers , surtout de oeux dont , labonne ou mauvaise volonte ser~it. assez puissante pour nuire it l'institut ou le servir asee efficacite. On sera indifferent, dans la .ociete, sur tous les troubles qui s'eJever()nt entre lea princes ou les seigneurs chretiens ; on ne penchera pas plutot vcrs un parti que vel'S uu autre, mais on montrera un amour universel qui embrassera tousles partis, quoiqu'ils soient

opposes. . .

On (era un usage prudent et mod~re de. graces qui ont etc acccrdees it ta. societe par le Saint-Siege, et on veillera avec soin sur la sante des particullers, ainsique cela a eM dit.

Que tous s'appliquent it observer les COD~ titutions; pour en venir a bout, n sera necessaire que tons les apprenueat , du moiD. 80

Diqitized by Coogle

nE L'BISTOIRE nES JESUITES. 119

ee qui les coneerne ; c'est pourquoi i1 faudra les lire ou entendre lire tousles mois.

Voila notre analyse, terminee ; voila, sinon toute la lettre, du moins tout l'esprit de ces fameuses constitutions, si vivement attaquees, Noris en ferons , comme nousl'avons dit, un examen critique dans notre derniere partie. Quant a present, nous allon, poursaiY1'8le

recit des evenements. . - .

Diqitized by Coogle

. .

ra.H'4UlI: D'IGl'UCE POua IB PROCURER DIIS [Link]'I

Burs LaS BIVII.S Iir4TS DE r,'BU!l0PB.

Araks s'etre Cree un empire, et lui avoir donne des lois qui en preparaient la gloire et la perpetuite , Ignace pensa a chercher des SUi" jets auxquols il put commander. Cette partie ie son ouvrage, si elle ne fut pas la plus difflclle , fut au moins eelle qui esigea Ie plus

de perseverance. - .

. La religion catholique, attaquee en Angleterre, voyait naitre le schisme qui dure encore de nos [ours , malgre Iacourte interruption qu'il eprouva sons Ie regue de la premiere des fi11es de Henri VIII. L'Irlande restait fidele a I'egllse romaine, mais les secousses qui agitaicnt l'Angleterre y causaient des ebraulements qui pouvaient amener nne perturbation generale, Pour preveuir Ies malheurs qu'il p;evoyait, le pape envoya, au secours des eglises d'Irlande, deux des ~ompagnons d'Ignace, qu'il rev~tit du titre'de non-

.' .

ces.

Ce titre, qui' sigdfie envoye, n 'e~porte a-

. D'9"'''db;Googie

DE L'HISTOIItE DES msuITEs, i 2'i tee lui aueune [uridiotion , ~ ne con'~re aueuu pouvoir a ceux qui en sont rev~tu~ ; mais Ie respect donl sont toujours environnes , atee [usteraison , les ministres du chef de l'~': glise , leur donne une autorlte a laquelle tout le monde s'empresse de se soumettre.

D'aiUeurs, ce titre de, nonces n'etait pas Ie senl qu'eussent le droit de prendre les deux disciples d'Ignace, Au pouvoir spirituel dont les environnait Ie souverain pontlfe qul les a'ail cholsis pour ses representants , s'en [oignait un plus reel, attache it un second titre.' Les nonces avaieht ete nommes' inqnisiteurs pour la foi , reformateurs et cons'olatcllJ"S des egIises d'Irlande; et , en consequence, pou- ' vaient exiger, des seigneurs catholiques, tous' les: secours temporels qui leur ~aient neces-' saires.

Soil que let 1'erveur de leur :tete Ies ait emportes trop loin. soit que leur empressement 1I justifier Ia conflance dn pape ait ete trop 'If, soit entin que des rellgieux sortis de l'obsctlrile de la vie privee , pour ~tre envlronnds d'une haute puissance, se soient trouves un insl<tnt eblouill de leur propre grandeur, ils oublierent la politi que dont leur ordre fit, 'dep'lis, un Sf savant usage. etqui leur avait ete reeemmandee , sans doute : Us agirent avec'

Diqitized by Ci'P0gie

122

RESUME

hauteur, furentaocuses d'exactions; les eatholiques, excites contre eux , se mirent en revolte , et Ies auraient livres au~ heretiques , si une prompte fuite ne les eut dero6es a C6

danger. ' .

Le pape avait aussl envoye , [Link] , un nonce apostolique, et avail attache a sa suite. trois Jesuites , auxquels il avait donne Ie titre de 8eS theologiens. lis surent s'introduire ala cour de I'empereur et s'y rendre agreables. Se croyant suffisamment appuyes , et ignorant, sans doute , I'Independance dont [ouissalent , alors , les princes souverai ns cIe Germ~ie, un d'entre eux VOU~l1t, dit-on , obliger I'eveque de Batlsbonne a des mreurs decentes , mais Ie prelat et les dioeesains ne prireut point en bonne part les remontrauces d'un religieux etranger ; on n~ lui repondie qu'en lui proposant de Ie jcter dans Ie Danu .. be. Cette menace fit comprendre au Jesuite que ses exhortations etaient intempestives; il vit bien que I'ordre n'etait pas encore assb sur des bases aS8eZ solldes , pour en faire coonaltre Ie but et I'esprit. II se rctira, et renvoya a d'au~ temps la reforme qu'il voulait

introduire. . .

u. detachemenf plus nombrenx etait en / Fr~nce, et ~teDl:lait Ie moment de mettre a

Diqitized by Coogle

DE L'BISTOIRE DES JESUlTEI. 1 ~3

profit 1a bonne volonte de quelques evbJuei qui voyaieot avec plaisil' Ie nouvel ordre,et en accueillaieot les membres avec bieirveHlance. Now raconteroos, plus tard, combien n fallui de pe~verance et de courage, de pOIitique et d'esprit it la colonie -naissante , pour fonder des etablissements dans ce royaume, aIon'ravage par Ie fanatisme et I'ambi ... tiQn.

A-peu-pr~ dans Ie meme temps, la societ4 fondail un college it Padoue, ville alors dependanle de Ia repuhlique de Venise. ITn ecclesiastique avait resigne un riche prieure 1 la societe, qui se proposait de Ie reunir a son college. Celte Uberalite donna matiere it UB proces. Un oeveu du [Link] se croyait, tout aussi bien que les Jesuites , eo etat de posseder unoeneflce , entrepritde Ie leur disputer. Le pere du reclamant , senateur puissant et eonsidere , ~ maoqua pas de trouver Jell raisons de son fils tres-justes , et de trailer les adversaires d'usurpateurs, de' gens avldes, etc. L'affaire fut portee devant les tribuDaDX de Venise, et plaidee avec beaueoup de vivacite.

Le neven, que les Jesnites voulaient faire ~vincer, apportait, pour defendre sa eause , dea raisons qui, quoique m~lees d'emporte-

Diqitized by Coogle

124 REsUME

ment , ne manquaient pas de solidlte; II representait au senat que si on donnait gain do cause aux nouveaux venus, on autoriserait et 'PIl exclterait leur avidite, par des antecedents ~'un fort mauvais exemple • .Jl cltait plusieurs pays oh , des leur arri~ee, Us avaient deb ute par depouiller les ordres anciens, II soutenait, avec chaleur, qu'U ~tait de la raison et de la justice, de conserver, aux citoyens, les QenbJWes fondes par leurs ancetres ; que les en de. poulller, pour en enrichir des etrangers , qui, ne sachant ni Ia langue, ni les lois, ni lea mceurs du pays, De pouvalent lui etre d'auCUDe utilite , etait agir centre toutes les reees de la prudence et de la justice,

L'uoiversite de Padoue appuyait ces motifs i;1.e tout son credit et de tout son pouvoir. La crainte de se trouver en concurrence avec les ,Jesuitcs, lui faisait employer tous les moyens .possibles , pour lee rcp~er de la ville. [Link] et Salmeron, les deux meilleures Mtes de ,l'ordre, etalent , pour defendre cette cause ,interessante, accourus de Trente, ou le pape .Ies avait envoyes, lis s'etaieDt crus autorisc!s a quitter Ie conclle , pour veDir combattre, a Venise, lei adversairel de leur i~stitut encore .paissant.

Tout Iepr esprit et tOJ,18 leUftl talents De renDiqitized b;Coogle

DE L'HISTOIRE DES nSUlTES. J 2S

daie~' pas mellleure la cause qu!ils'anienta defendre, Ils desespererent un instant si douIoureusementdu succes , que Lainez, effraye des dispositions du sen at, ecr:ivit,dit-on, a Ignace: .: Que tout etait perdu, et qu'il ne fallait .: plus chereher de protection que dans le .: ciel, lJ II sut pourtaat en trouver une sur ta terre : un present , fait a propos, ala maltresss du doge, decida l'affaire. Les Jesuites obtinrent I~ benefice, et Ie college. fut fonde,

La societe vit hientot ce succes sui vi ' ~ plusieurs autresvOn lui offrit, a Messine, d,e¥ etablissements richement dotfs, qu'elle s'[Link] d'accepter; et bientet elle [Link] en Espagne des colonies qui s'y etablirent soli~ dement, et porterenta un haul degre Ia puis.-

sance de l'ordre. .

L 'Bspagne , aujourd'hui sans agriculture, sa·ns indUsfrie, sans commerce , sans flotte et ~ns armee , placee , par suite de ses divisions [ntestines et la perte de ses colonies, au dernier rang des puissances continentales, ricbe, alors , des tresors du l"ouveau-Monde, [ouis~t du premier degre de consideration, et sa.

puissance faisait trembler l'Europe. .

Ce royaume venait de secouer entierement Ie joug des Sarrasins; et les diverses monarehies qui Je composaieut , rassemblees 1I0~

, D,g"'''dbl\,~o8Ie

126

Ie sceptre de Charles-Quint, qui, de son chef, possedalt les Pays-Bas, uue partie de I'Italie , et 1 'empire des son enfance , unies, en Amerique, a plus de terres que I'Europe n'en contient, mattresses de plus de tresors qu'elles n'en pouvaient meme imaginer, ces diverses monarchies ,Idill-je, fonnalent un colosse immense qui menaealt d'etouft'er, dans ses bras, Ie reste de I'univers.

On pretend que Charles-Quint et son His Philippe, formerent Ie projet que I'on attribua plus tard a Henri IV, a Louis XIV, et, de - nos [ours , a In grand capitaine, arbltre , longtemps, des destinees de l'Europe, celui d'uue monarchic universelle ; mais CharlesQuint et son fils trouverent, sur leur: chemin, des obstacles qu'ils ne purent surmonter. La eaptivite d'un roi de France et la defaite de sou armee , la prise et le pillage de Rome, par

Ie connetable de Bourbon, Ie desastre de Mulberg, qui couta a I'electeur de Saxe son trone, sa liberte , et fuillit rui';er entierement le parti des princes protestants d' Allemagne Iigues pour la defense de leur foi , n'empechereut ni la France de lever de nouvelles troupes et d'opposer une nouvelle reslstauce , ni Ies papes de Iraverser, sous main, lea pro;ets d'un vainqueur qui leur ~aJaj.i_aib!ezpIul n-- '

DE l.'mSTOIRE DES JESUiTls. I S7

doutable de leurs adversaires, ni Ie luthc!rianisme de Caire de nouveaux progr~a en GerA manie.

las d'une vie inquiete , fatigue de sa puIssauce et de sa gloire , Charles-Quint eeda ses eouronnes it son fils, pour mourir dans 18 retraite, oublie de l'Europe qu'il avait si longtemps troublee ~ meprise de Philippe II, qu'il avail rendu son maitre , accable de maladies, et peut-etre de regrets.

Dans la sphere elevee ou ce prince se lro ... vait place, il est presumable qu'il n'aperC}Ut pas meme les Jesuites, ou, s'il con nut leur exi&tence, il ne leur temoigna ni bienveillance, ni estime; et , sans fa'Voriser ni traverser leurs entreprises, il ne leur temoigna que de l'indifference, et leur abandonna Ie soin de leur propre grandeur •

. Cette insouciance etait humlliante' pour le nouvelinstitut, mais lesmembres qui le composaient avaient trop d'esprit et de ,politique, pour eIJOtemoigner de Thumeur. Ils se piquerent d'honneur, au contraire, et Toulurent prouver it l'empereur, qu'en les laissant ehercher en eus-memes Ies secours dont ils tivaient besoin , it n 'avait;' pas trop presume de leur pmdenee et de Itn-'J'S talei\tJ,tdbJbJ(~t~Crea.

1.2.8

RESUME

done a se creer d'autres proteeteurs , et fle 'eu~ellt Ie bonheur d'y parvenlr,

, 'ta' premiere et la pOlus Importante des conquetes que les Jesuites firent en Espagne, fut 'celie de Franeois de Borgia, fils d'un batard d'Alexandre VI, et petit-fils, par sa mere, - d'un batard de Ferdinand V. C'elait un vieillard riche, facile a seduire , et que la double hatardise dont it tHait entacbe , n'empechalt pas d'~tre due de Gandie, grand d'Espagne , et vice-rei de Catalogne. A peine connut-Il les Jesuites ~·qu'il leur donna un college dans sa v~e de Gandie; il s'adressa meme au pape, pour lefaire erigeren universite, Pierre Favre, qui etait alors a Valladolid, ou se tenait la cour, et qui cherchait a faire des pro. teeteurs a la societe, eut ordre d'aecourir a GaDdie " pour entretenir Ie due dans ses bonnes dispositions et en tirer des fruits.

Favre travailla avec taut de bonheur et d 'habilete , qu'apres avoir obtenu de Borgia qu'il se declarerait protee teur des Jesultes , ille deeida a se faire Jesuite lni-mem«, Ce coup da partie fu\ Ie plus heureux que la compagnie putgagncr. 00 "it un psre de famille , igno .. raut comme l'~[Link]'nt alOl'S tous les gralld, St;ign,'uI'S, \111 homme honore de toetes Ies di luiU:8, l~ toutede. dil;tinctiolll !llli peUVCll&

. D,g,t'iedby\Jo~gle"

D:E L'UISTOIU D:E8JiSUlTES. ~ 129

flatter l'ambition et l'orgueil d'un particulier, quitter sa famille, renoacer a ses titres, pour tIC soumettre a I'obelssance la plus severe, et commencer sea eludes soos Ia ferule des ie~Des gens qu'Il avait aecueillis et proteges. Les eomplaisances d'Igoace, on, Ie pense bien, adoucirent ce que cette demarche pouvait a,voir de trop rude. On lui permit de rester encore quatre ails dans Ie monde , pour arranger ses affaires et etahlir ses enfants ; mais on eut le soio de I'eovironner de gens qui ne laj~. aerent pas refroidir sa fcrveur.

Cette condeseendance, qui n'etalt paa to~a-fait nl seloo l'esprit, oi selon la lettre d\J reglemeot, avait peut-etre une raison que l'o~ ne dlsait pas. La fondation du college de Gandie n'tHait pas terminee , il eut ete Imprudeat d'ordonoer a Borgia de reooncer a s