Abbad Hayet
Abbad Hayet
REGLEMENTATION PRUDENTIELLE, STABILITE FINANCIERE ET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE EN ALGERIE Hayet ABBAD* Mohamed ACHOUCHE**
RESUME
Le fonctionnement du systme financier peut avoir un impact dcisif sur la croissance conomique et sur la stabilit de lconomie, car il permet la fois de soutenir lactivit court terme et daffecter les ressources linvestissement sur le long terme. Les modalits de lintervention publique dans la sphre bancaire et financire ont beaucoup volu suite la mutation financire. Le dmantlement de ce type de contrle (drglementation) a laiss place une supervision prudentielle dont le but est dorienter les comportements des institutions financire vers plus de prudence. La rglementation bancaire actuelle Ble II sappuie sur la supervision, la discipline du march et les ratios prudentiels. La crise financire dnomme de subprime qua travers le monde durant ces dernires annes a pouss plusieurs conomistes se demander si cette rglementation prudentielle est toujours dactualit, et surtout pourquoi na-t- elle pas permis de prvoir et dviter la crise actuelle. Cette communication vise entre autres, enrichir la discussion portant sur la ncessit dune rforme de larchitecture de supervision des banques, et plus particulirement son rle pour garantir la stabilit du systme financier. Notre problmatique sarticule alors, au tour des questions suivantes : Pourquoi une rglementation prudentielle ? Les accords de Ble II tels quils sont dfinis par le Comit sont-ils ncessaires et suffisants pour garantir la stabilit financire ? Sont-ils toujours dactualit ? Quand est t-il pour lAlgrie? Le prsent article accorde une place prpondrante ces problmatiques dans le contexte du systme financier Algrien. Ces problmatique font lobjet dun grand dbat entre les conomistes, les partisans et les opposants dune rglementation prudentielle. Cest la raison pour laquelle, au cours de cet article, nous essayerons en premier lieu danalyser, limportance du systme financier dans la croissance conomique, en deuxime lieu, nous allons analyser les risques dinstabilit bancaire, ensuite, nous aborderons les thories de la crise financire, tout en essayant danalyser limpact de la crise financire internationale sur lconomie Algrienne, ainsi, nous essayerons dexpliquer les tenants et les aboutissants de la rglementation prudentielle, en troisime lieu, le rle de la rgulation et la supervision dans la stabilit du systme financier Algrien, en dernier lieu, nous prsenterons le cadre des nouvelles mesures rglementaires Ble III. MOTS CLES Stabilit financire, dveloppement conomique, rglementation prudentielle, systme bancaire.
Maitre assistant classe -B-, facult des sciences conomiques, sciences commerciales et sciences de gestion, universit A/ Mira de Bjaia.- Laboratoire dconomie et dveloppement - [email protected]. ** Facult des sciences conomiques, sciences commerciales et sciences de gestion, universit A/ Mira de Bjaia - Directeur du laboratoire Economie et dveloppement - [email protected]
INTRODUCTION
Le systme financier est considr comme le nerf principal qui rgule le cycle de vie de la croissance conomique des diffrents pays, il est galement l'un des indicateurs les plus importants du dveloppement conomique et social. Il influe sur la croissance conomique long terme par son effet sur lefficience de lintermdiation entre pargnants et emprunteurs finaux ; par le degr auquel il permet une surveillance des utilisateurs de fonds externes, ce qui se rpercute sur la productivit du capital utilis ; enfin, par son incidence sur le volume de lpargne, qui conditionne la capacit future de lconomie de gnrer des revenus (de Serres et al., 2006). Ainsi, un systme conomique dvelopp doit tre caractris par un systme financier sophistiqu, qui contribue au processus de la ralisation de l'quilibre conomique, la fois interne et externe, et encourage l'activit d'investissement travers ses crdits et ses garanties. La stabilit financire est devenue une source de proccupations majeures au plan mondial. Les raisons principales de cette proccupation sont la multiplication des crises financires depuis la fin des annes 80 nos jours, notamment avec les crises successives en Asie, en Amrique latine et aujourdhui dans le monde, ainsi que les cots financiers et socioconomiques qu'elles engendrent. La stabilit financire est un bien public au sens o elle profite lensemble des agents conomiques. Avec la mondialisation, les externalits prennent une dimension globale : cest le cas des crises financires internationales qui affectent les structures conomiques et sociales des pays touchs par la crise (Sgard, 2002); et ont des effets en chane sur la croissance et les finances publiques de nombreux autres pays affects par les mcanismes de contagion. La prservation de la stabilit financire internationale peut tre, dans ce cadre, assimile un bien public mondial dont la production implique des interventions globales hors march, menes dans le cadre de politiques publiques coordonnes entre pays ou par des organisations internationales, mettant en uvre des instruments tels que les contrles des mouvements de capitaux. Le modle de D. Diamond et Ph. Dybvig (1983) dcrit le systme bancaire comme intrinsquement instable. La vulnrabilit du systme bancaire rsulte de sa fonction de transformation. La fonction de financement sexprime lors de la transformation des actifs non liquides en passifs liquides, elle ne peut cependant pas offrir ce service sans subir un risque de panique et de retrait massif des dpts. Le risque de panique bancaire mis en vidence par Diamond et Dybvig sur le plan macroconomique ne semble pas aujourdhui pertinent. En fait lexistence dun prteur en dernier ressort, la banque centrale, a permis dviter des crises bancaires majeures mettant en jeu le systme bancaire en entier. Etant donn que la stabilit financire est considre comme un bien public, elle relve de la responsabilit collective des autorits et des acteurs des marchs, qui doivent repenser et rebtir larchitecture de supervision et de rgulation au niveau local, rgional et international. Lobjectif principal est de renforcer la capacit de rsistance du systme financier dans son ensemble, y compris dans ses composantes individuelles. Il sagit de renforcer lorientation macro-prudentielle de la supervision tout en assurant les interactions ncessaires avec la surveillance micro-prudentielle. La rglementation relative aux normes prudentielles et la transparence financire visent uniquement les tablissements de crdit agrs, savoir les banques et tablissements financiers. Les banques et les tablissements financiers jouent un rle fondamental dans le financement de lconomie, leur sant traduit celle de lconomie nationale. En effet, dans un environnement international, marqu par une forte mondialisation, la bonne sant des tablissements bancaires et financiers conditionne la stabilit financire aussi bien interne qu lchelle mondiale, do lintrt de veiller notamment la consolidation du systme financier international. Cest dans ce sens que
sinscrivent les travaux du comit de Ble qui se sont traduits par un ensemble de recommandations (Ble I et Ble II), visant la mise en place des rgles prudentielles dont sinspirent actuellement les autorits montaires de chaque pays. Quant au systme financier Algrien, il constitue un pan important de lconomie en Algrie. Une rglementation et un contrle efficaces sont ncessaires pour assurer le bon fonctionnement des tablissements financiers en gnral et des banques en particulier, et pour maintenir la stabilit financire. Cette rglementation est fonde initialement sur le respect du Ratio Cooke mis en place lors des accords de Ble I, puis sur le respect du Ratio Mc Donough tabli Ble II. Bien quen Algrie, les banques et tablissements financiers ne sont pas affects directement par les crises financires, notamment celle des prts subprimes de dbut 2007, il demeure que son systme bancaire nest pas labri des risques. Conformment leur mtier dintermdiation financire, les banques algriennes, comme toutes les autres banques, sont exposes dans le cadre de leur activit divers risques : risque de crdit, risque de march et les risques oprationnels.
1- LIMPORTANCE DU SYSTEME FINANCIER DANS LA CROISSANCE ECONOMIQUE
Le lien entre le dveloppement financier et le dveloppement conomique a t reconnu dans la littrature conomique depuis une trentaine dannes. Gurley et Shaw (1955), Goldsmith (1969) en furent les prcurseurs. Explicitement ou implicitement, on retrouve chez ces auteurs lide quun systme financier efficient active la croissance conomique tout en lorientant1. Pour ces auteurs, la principale contribution du systme financier la croissance conomique repose sur le fait que ce dernier permet dassurer le fonctionnement dun systme de paiement efficace et volutif, qui mobilisent lpargne et amliorent son affectation linvestissement grce aux taux dintrt rels positifs. Cependant, un bon fonctionnement du systme financier est indispensable pour maintenir la croissance conomique. La prise de conscience de limportance dun systme financier rsilient et performant dans lappui et le soutien aux efforts de croissance, a fait que les pays, quils soient dvelopps ou en dveloppement, essayent de lexploiter au mieux, en prenant soin dopter pour les stratgies et les politiques qui leur semblent les plus efficaces. Cette prise de conscience repose sur lhypothse selon laquelle, le secteur financier peut, en se dveloppant, entraner un dveloppement du secteur rel. Ds le XVIIIme sicle, A. Smith (1776) a trait, dans la Richesse des Nations , du rle jou par les banques dans la facilitation des affaires commerciales. Il affirme que les oprations bancaires permettent de dvelopper lindustrie du pays. Il prcise : Ainsi toute augmentation ou diminution dans la masse des capitaux tend naturellement augmenter ou diminuer rellement la somme de lindustrie, le nombre de gens productifs, et par consquent la valeur changeable du produit annuel des terres et du travail du pays, la richesse et le revenu rel de tous ses habitants. 2. Au XIXme sicle, W. Bagehot (1873) a attir lattention sur le rle fondamental jou par le systme financier britannique dans la mobilisation et lallocation des ressources financires aux emplois les plus productifs3. Une large partie de la littrature traitant de la relation qui lie le dveloppement financier la croissance conomique, voque les travaux prcurseurs de J. Schumpeter (1911), qui notent limpact
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SODOKIN. K, (2004), pargne, systmes de financement et dveloppement conomique en Afrique : une alternative postkeynsienne, laboratoire dconomie et de gestion, Universit de Bourgogne, France. 2 Smith. A (1776) : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations , Gallimard (dition 1976), Paris, p. 167 cit dans Sadane. D (2002) : Systmes financiers et transition : O en est-on ? , Revue dtudes comparatives EstOuest, Vol 33, N4, p. 6. 3 Abouch. M et Ezzahid. E (2007) : Financial Development and Economic Growth Nexus : The Moroccan Case , 11mes Rencontres Euro-mditerranennes, Nice 15-16 novembre 2007, p. 2. Cit dans Samouel .B (2009) : le dveloppement financier pour les pays du sud de la mditerrane lpreuve de la mondialisation financire , thse de doctorat, Universit Paris XIII-Nord, p. 17.
positif que peut avoir le dveloppement du secteur financier dun pays donn sur son taux de croissance par tte. Largument essentiel que dveloppe J. Schumpeter (1911) pour dfendre son point de vue est que les services fournis par le secteur financier (principalement lallocation du capital aux projets prsentant les meilleures opportunits de profit sans risques potentiels de pertes dues lala moral, la slection adverse ou des cots de transactions levs) reprsentent un vritable propulseur de lactivit conomique. Les travaux empiriques effectus lpoque ont semble-t-il donn raison ces affirmations. Un peu plus tard, J. Gurley et E. Shaw (1960) ont attir lattention sur le rle du canal du crdit et plus particulirement sur le rle des institutions financires dans loffre des fonds pour financer lactivit relle. Ils ont aussi dfendu lide que les diffrences entre les systmes financiers expliquent les diffrences des niveaux de dveloppement conomique4. Rtrospectivement, R.Hicks (1969) souligne limportance des innovations financires qui ont eu lieu au XVIIIme sicle, dans la russite de la premire rvolution industrielle. Mais lapport le plus important stipulant la neutralit de la finance date de 1958 avec la thorie de F. Modigliani et M. Miller, mme si celle-ci est plutt dordre microconomique. Ils ont dmontr, dans un monde sans impt et sans cot de transaction, que la valeur de l'actif conomique est indpendante de la faon dont cet actif conomique est financ entre dettes et capitaux propres. Ce thorme a t modifi une premire fois en 1963 par l'intgration de la fiscalit des entreprises. Dans ce cadre l, F. Modigliani et M. Miller (1958) ont dmontr que la valeur de l'actif conomique de l'entreprise endette est gale la valeur de l'actif conomique d'une entreprise non endette majore de la valeur actuelle de l'conomie d'impt lie la dductibilit fiscale des intrts de la dette. En 1977, M. Miller a produit un troisime article qui intgre cette fois-ci, non seulement la fiscalit des entreprises, mais aussi celle des particuliers. Dans ce cadre, il montre que la prise en compte de ces deux fiscalits produit les mmes conclusions que celles de 1958, savoir que la faon de financer un actif conomique entre dettes et capitaux propres n'a pas d'influence sur la valeur de cet actif conomique5. Par ailleurs, le dveloppement dune conomie ncessite de plus en plus de nouveaux mcanismes de financement permettant dassurer aux entreprises les moyens ncessaires la ralisation de leurs investissements. Les entreprises ressentent, de plus en plus, un besoin de financement externe alors quen parallle dautres agents conomiques, notamment les mnages, se trouvent dans une situation inverse avec une capacit de financement quils dsirent fructifier travers des placements productifs dintrt. En ce qui concerne les banques Algriennes, aussi bien publiques que prives, leurs activits est trs dynamique en 2010. Ce constat peut tre expliqu par la croissance significative de leur activit crdits comme nous pouvons lillustrer par les tableaux ci-aprs: Tableau 1: Rpartition des crdits lconomie par secteur (En milliards de dinars)
Total crdit 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Juin Juil. Aot Sep Oct. Nov. 1779,8 1905,4 2205,2 2615,5 3086,5 3182,2 3235,6 3256,6 3302 3343,1 3373,9 Secteur Public 882,4 847 988,9 1201,9 1485,2 1451,8 1499,6 1509,9 1533,2 1572,6 1580,9 Secteur Priv 897,3 1057 1216 1413,3 1600,6 1729,6 1735,2 1745,9 1768 1769,7 1792,2
Trabelsi. M (2002) : Finance and Growth : Empirical Evidence from Developing Countries, 1960-1990 , Cahiers du Centre de Recherche et Dveloppement en Economie (CRDE), Universit de Montral, N13, p. 1.cit dans Samouel .B, (2009), op cit, p. 17. 5 Samouel .B, (2009), op cit, p. 18.
On constate une croissance importante des crdits allous aux secteurs publics et privs. En contre partie, on constate une augmentation du niveau dactivit conomique pour la priode 2005-2011, la croissance du PIB est reprsente par le tableau suivant : Tableau 2 : Croissance annuelle du PIB (en pourcentage) de 2005 2011
Anne 2005 2006 2007 Taux de croissance du PIB rel (%) 5,10 2 3 Taux de croissance du PIB rel hors 6,3 hydrocarbures (%) Source : Autorits algriennes et estimations et projections des services du FMI 2008 2,40 6,1 2009 2,40 9,3 2010 3,3 5,9 2011 2,5 4,9
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COMME
OBJECTIF
DE
LA
La stabilit financire traduit une situation dans laquelle le fonctionnement des diffrentes composantes du systme financier et surtout leurs relations rciproques, sont assurs de manire saine et sans perturbations majeures. Elle peut tre apprhende partir des manifestations de linstabilit financire, dfinie comme une perturbation sur les marchs de capitaux, conduisant une monte des risques et une rduction de la performance des institutions financires dans lallocation optimale des ressources, notamment en faveur des investissements les plus rentables. Cette instabilit rsulte, par consquent, des difficults de fonctionnement des institutions financires et des marchs de capitaux. Mishkin (1996) considre que linstabilit financire peut survenir dans le cas o le systme financier ne parvient pas canaliser les fonds vers les opportunits dinvestissement. Plihon (2006) associe linstabilit linscurit et la considre comme pralable au risque systmique. Ce dernier peut survenir lorsque les interactions entre les agents individuels et les marchs conduisent une situation dinscurit et dinstabilit gnrale; ce qui affecte lensemble du systme financier et se propage lconomie toute entire6. 2.1. Analyse et identification des risques dinstabilit bancaire7 : Dans une approche financire, le risque peut tre dfini ex ante comme tant la volatilit de la valeur dune action ou des fonds propres, dun actif, dun portefeuille dactifs, dune unit de la banque ou de lensemble de celle-ci (Mikdashi 1998, p. 81). En terme gnral, le risque est le danger dune rduction de la valeur du portefeuille dune banque suite aux changements dans lenvironnement des affaires (Pyle 1998, p. 8). Ds lors, lidentification des vnements lorigine des pertes des valeurs des actifs, reprsente la premire mesure contre une dfaillance bancaire. Le Comit de Ble sur le contrle bancaire classifie les vnements susceptibles de provoquer des pertes potentielles dans les catgories des risques de crdit, des risques de march et des risques oprationnels. Le risque de crdit est inhrent aux pertes rsultant de la dfaillance dune contrepartie de la banque. Ds le moment o le dbiteur ne peut plus honorer ses engagements, cest--dire payer le principal et les intrts, la banque sexpose la faillite8.
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Andalla. D, stabilit financire et supervision bancaire au sein de la CEDEA, Bulletin de lAgence Montaire de lAfrique de lOuest (AMAO), Directeur de Publication Prof. Ndiaye .M ,Mars 2010 , P 10.
Le risque de march reprsente le danger de pertes sur des positions bancaires, dues aux facteurs externes de la banque tels que les fluctuations des taux dintrt, des taux de change, des prix des actifs ou des modifications de politique conomique9. Le risque de march se transforme souvent en un risque de liquidit. On rappelle que le risque de liquidit auquel sexpose la banque est la consquence dun brusque accroissement des retraits des dpts du passif par un grand nombre de dposants. Leffet de domino et leffet dinformation, suscits par la dfaillance de la banque peuvent crer un mouvement de panique et pousser dautres banques la faillite. On se dirige alors vers une propagation globale du risque de liquidit qui peut mettre en pril le systme bancaire. Ce danger reprsente le risque systmique, il paralyse non seulement lensemble du systme financier mais galement lconomie relle Mis part des effets dus aux risques de march et de crdit, la solvabilit des banques est menace du risque oprationnel. Il est associ au risque de pertes directes ou indirectes dune inadquation ou dune dfaillance attribuable des procdures, personnes, systmes internes ou des vnements extrieurs . (D.Tartari, 2002, p 101). 2.2. La crise financire internationale et son impact sur lconomie Algrienne En raison de la mondialisation, tous les pays subissent dune manire directe ou indirecte les suites de cette crise. Les pays riches, les pays mergents, les pays en dveloppement, chacun a sa part du cataclysme du systme libral. Mme si lAlgrie ne fait pas partie du peloton touch par la crise internationale, nanmoins, elle subi comme le reste, les consquences de laprs la crise. LAlgrie qui a affich une croissance de 2,4% en 2008, semble en mesure de supporter les consquences de la crise financire internationale. Le paiement de la dette par anticipation et la constitution dun fond de rserves, lexplosion des prix des hydrocarbures, tout cela permet au pays dtre en bonne posture pour amortir court terme les effets de la crise10. LAlgrie qui rcolte prs de 98% de ses recettes lexportation de la vente des hydrocarbures, ne peut tre pargne ternellement des effets de cette crise, surtout, si cette dernire perdure. En effet, le pays peut tre touch par la crise travers divers facteurs tous lis aux exportations des hydrocarbures. La diminution des exportations, rsultat du ralentissement de la demande mondiale en nergie, de la volont dtablir des cours planchers, de la dprciation du dollar qui menace la valeur des exportations ou des grandes incertitudes concernant les prix du march international du ptrole, sont des lments qui amplifient les risques de voir lconomie indirectement touche et svrement atteinte par les suites de la crise financire long terme. En temps de crise conomique internationale, le FMI prvoit un taux de croissance conomique en Algrie de 2,1% en 2009 et 3% en 2010, loin des prvisions du gouvernement (LF 2009) de 4,1% (le taux de croissance hors hydrocarbures tant lui-mme tir plus de 80% par la dpense publique via les hydrocarbures). Ainsi, et cause de la structure mono exportatrice de son conomie que lAlgrie reste vulnrable et risque de subir les consquences indirectes de la crise conomique internationale. Une crise qui naura pas dimpacts prononcs et clairs dans limmdiat, cependant long terme, ses consquences peuvent se rvler svres.
Un cas particulier du risque de crdit est le risque-pays. Il rsulte de lincapacit ou du refus dun pays honorer ses engagements financiers externes envers dautres pays ou envers des agents conomiques privs, oprant dans ce pays. Le risque-pays sapplique aux diffrentes formes dendettement et ses composants dpendent de la situation conomicopolitique. 9 Le crash de 1987 ou la crise du Mexique taient des exemples dune situation o leffondrement des prix sur les marchs obligataires a entran la faillite des banques. 10 A. MERNACHE, CONSEQUENCES DE LA CRISE INTERNATIONALE SUR LES ECONOMIES MAGHREBINES: LE CAS DE LALGERIE , CENTRE DE RECHERCHES COMMUNAUTAIRES ET DE DOCUMENTATION EUROPEENNE (CERCO CDE), UNIVERSITE DE PARIS 12, P 13.
Le paiement de la dette par anticipation a permis lAlgrie de faire de grandes conomies en matire de paiement dintrts et des charges financires11. Cela a minimis dune manire significative le poids du service de la dette, estim 11,7% des exportations en 2005, et a aid lEtat mieux matriser ses finances et se protger dun dficit du trsor public et des effets de la crise internationale actuelle. Lcroulement de la demande du ptrole travers le monde est relatif la situation critique que traversent les conomies des pays dvelopps. Augmentation de chmage, dcadence de la production, la faillite de quelques secteurs industriels, particulirement le secteur automobile12 , vont certainement entrainer un net recul de la demande mondiale en nergies fossiles. Les dix premiers clients de lAlgrie notamment en termes dimportation dhydrocarbures, sont pleinement touchs par la crise13. Comme nous le constatons travers le graphique (01) les prvisions de lAEIA (American Energy Information Administration) aux USA (plus grand clients dAlgrie avec 32% de part du march) indiquent une baisse de consommation de 700 000 barils par jour, soit une chute de -3,3% en 2009. Ca va de mme pour la consommation nergtique en Espagne (12% de part de march algrien), en Italie (19%), en France (9%) entre autres14. Graphique1 : Prvisions de consommation des nergies fossiles aux Etats-Unis en 2009. Milliers de barils par jour.
Cette baisse de consommation des clients de lAlgrie va se conjuguer avec le ralentissement de l'conomie mondiale qui pousse la demande de ptrole connaitre une forte baisse.
2.3- Rgulation-supervision : quelles perspectives pour laprs crise ?
Alors que nous commenons graduellement tre en mesure de voir au-del de la crise actuelle, il est indispensable dexaminer les moyens mettre en uvre afin de renforcer la capacit de rsistance future du systme financier. Nanmoins, il serait illusoire de penser que les crises financires puissent tre compltement radiques. En effet, celles-ci reprsentent
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A titre de rappel, la croissance du rapport de service de la dette tait de 30% entre 1977 et 1991, pass de 33% en 1982 68% en 1986 et 86% en 1988, est rest proche de ces niveaux dans les annes quatre-vingt-dix. Ensuite il a tourn aux alentours de 30 50% pour atteindre presque 21% en 2000. 12 Touch par le recul de son chiffre d'affaires de prs de 24%, Renault accuse une perte nette de 2,712 milliards d'euros au premier semestre 2009. PSA Peugeot Citron annonce de son ct avoir enregistr une perte nette de 962 millions d'euros. 13 La preuve est que les exportations vers lUnion europenne, principal partenaire de lAlgrie, avec 55,8% des importations ont diminu de 35,76% au premier semestre 2009 pour totaliser 12,42 milliards de $, contre 19,34 milliards de $ les 6 premiers mois de 2008. 14 Les principaux clients de lAlgrie au premier semestre 2009 ont t les Etats-Unis avec 3,03 milliards de dollars, lItalie (2,95 milliards de dollars), lEspagne (2,82 milliards de dollars) et la France (2,31 milliards de dollars).
une composante part entire des cycles conomiques. De plus, les dynamiques inhrentes aux systmes financiers sont souvent amplifies par linterdpendance croissante entre les tablissements financiers, les marchs financiers et les infrastructures. Le risque rside dans le fait que ces interconnexions peuvent accentuer et propager les chocs initialement contenus. Par consquent, des risques majeurs peuvent merger du systme financier lui-mme et des turbulences de grande ampleur peuvent avoir pour origine des chocs initiaux tout fait minimes. Ainsi, lobjectif des rformes actuelles est de renforcer la solidit des systmes financiers afin de minimiser les risques dmergence de turbulences systmiques. Dans ce cadre, les banques centrales sont amenes jouer un rle prpondrant. En Algrie, leffort soutenu du Conseil de la monnaie et du crdit, de la Commission bancaire et de la Banque dAlgrie en matire de rglementation, de contrle et de supervision des activits bancaires sinscrit dans lobjectif premier de prmunir lindustrie bancaire contre tous risques majeurs, dont le risque systmique, mais aussi de veiller sa solidit.
2.2.1. Les squelles de la crise et la rforme de la rgulation financire :
La crise a mis en vidence des faiblesses structurelles substantielles du systme financier. Elles sont la fois dordres micro et macro-prudentiels. Linsuffisance de lattention accorde laspect macro-prudentiel de la supervision en est une illustration. Lobjectif de la rgulation financire est de tenir compte de tous les risques et den attnuer les consquences et de garantir que les intermdiaires financiers ragissent aux signaux de prix et de risques. Atteindre les deux objectifs constitue une tche difficile vu que les risques sont volutifs, multiformes et corrls; ils sont galement au sein du systme financier la fois endognes et dpendants des choix effectus en matire de rgulation (Danielsson [2009]). Cela rend trs difficile une prise en compte approprie du risque par la rgulation. Il est important de mettre en uvre des rformes pour prvenir laugmentation parallle et dangereuse du levier dendettement et du risque de transformation, qui sont deux facteurs essentiels lorigine de la pro-cyclicit. Paralllement, il est ncessaire dtendre le champ de la rgulation pour englober tous les acteurs, les produits et les marchs. A cet effet, il convient de crer un cadre macro-prudentiel compltant la perspective micro-prudentielle et attnuant ses externalits ngatives potentielles au niveau du systme financier. Afin de limiter les effets de contagion.
2.2.2. Les dimensions macro et micro-prudentielles de la supervision: deux piliers ncessaires15
Lapproche macro-prudentielle a pour but de contenir lmergence de risques systmiques. Langle danalyse se situe au niveau du systme financier dans son ensemble. Quant lapproche micro-prudentielle, elle sintresse chaque tablissement financier de faon individuelle et vise limiter le risque de dfaillance des institutions. Compte tenu des faiblesses constates, il est ncessaire que la supervision micro-prudentielle soit renforce et complte par une approche macro-prudentielle. Cette dernire vise prendre en compte limpact du comportement collectif des tablissements et les effets de contagion inhrents aux marchs. Le risque est considr comme endogne au systme. Cependant, lapproche macroprudentielle ne doit pas se substituer lapproche micro-prudentielle. Elle doit venir lappuyer afin damliorer la rsilience du systme financier face aux chocs, quils soient dune nature endogne ou exogne. La complmentarit des deux approches exige la normalisation du cadre de coopration. Le cadre macro-prudentiel doit tre bti sur des normes microprudentielles efficaces aussi bien en termes danalyses et doutils quen termes daccs et de collecte de linformation ; tandis que le cadre micro-prudentiel peut bnficier des analyses, des alertes et des recommandations manant du cadre macro-prudentiel.
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Dans ce contexte et afin de renforcer la capacit de rsistance du secteur bancaire, de nombreuses initiatives en matire de rglementation et de supervision micro-prudentielles ont t proposes par la Commission europenne et par le Comit de Ble.
2.2.3. Les fonds propres : instrument cl de la gestion des risques
Les fonds propres sont lensemble des ressources qui couvrant le risque de la banque, c'est--dire celles qui ne seront en principe rembourses quavec la liquidation de la banque (fonds propres), ou celles qui ne doivent tre rembourses qu trs longue chance (quasi-fonds propres). La solvabilit dune banque est reprsente par sa capacit faire face aux demandes de retrait de ses dposants, et cela fait partie de la responsabilit des autorits de tutelle; de sassurer que les banques sont bien aptes faire face leurs obligations. Il y va en effet de la stabilit de lconomie tout en entire dun pays. Or, une banque se trouve davantage en scurit si une partie de son actif circulant nest pas finance par des ressources qui viendront chance dans lanne. Lactif prsente toujours un caractre alatoire et donc risqu; en particulier quand il est constitu essentiellement de crances comme pour les banques, alors que les dettes elles sont inluctable; cest pour quoi il faut quune partie de lactif soit finance non pas par les dettes mais par du capital. Dautre part, si on impose une banque daugmenter ses fonds propres elle a plus perdre en cas de faillite et aura donc tendance adopter des activits moins risques. Donc, le niveau des fonds propres est garant de la solidit financire de la banque. Pour toutes ces raisons, le Comit de Ble a fait du montant des fonds propres son cheval de bataille. Le montant de ces derniers est considr comme la condition sine qua non permettant dexprimer la capacit dune banque faire face une ventuelle faillite. Le montant des fonds propres est donc un gage de scurit permettant dabsorber des pertes ventuelles et de protger les dposants. Cest pourquoi, le ratio de solvabilit dans le cas des banques sexprime par le rapport du montant des fonds propres au montant des crdits distribus, ceux-ci tant pondrs par leur caractre plus au moins risqu (Boissieu. C, 2004, p 148).
3. REGULATION ET SUPERVISION POUR ASSURER LA STABILITE DU SYSTEME FINANCIER ALGERIEN
Il tait devenu imprieux pour la communaut financire internationale de mettre en place des mcanismes de prvention et de protection afin de prmunir le systme bancaire contre les diffrents chocs. C'est ainsi, qu'avec les travaux du Comit de Ble, ont t mises en place de vritables normes prudentielles ayant pour but de limiter l'exposition aux risques bancaires et amener les banques prendre des engagements en tenant compte de normes universellement acceptables. Ces normes se sont affines et ont dbouch sur la mise en place d'un ensemble de rgles de bonne conduite et de transparence que les banques et tablissements financiers se doivent de respecter et les banques centrales de rglementer et d'en contrler le bon respect. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'effort soutenu du Conseil de la Monnaie et du Crdit, de la Banque d'Algrie et de la Commission Bancaire en matire de rglementation et de supervision de l'activit bancaire16.
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les banques de droit algrien respectent largement les rgles prudentielles, les vingt tablissements agrs respectent largement les rgles prudentielles, elles enregistrent un ratio de solvabilit bancaire (couverture des engagements par les fonds propres) de lordre de 24% la fin 2011 grce notamment aux effets de la recapitalisation des banques effectue en 2009, soit, un ratio fonds propres rglementaires par rapport aux risques encourus de 24% et un ratio fonds propres rglementaires de base par rapport aux risques encourus de 17,2%.
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3.1. Rle de la banque dAlgrie pour le maintien de la stabilit du systme financier17 : Comme toute autre Banque Centrale, la Banque dAlgrie (BA) est tenue de veiller lefficacit de lintermdiation bancaire. Pour assurer sa mission, la BA exerce un contrle et une surveillance particulire des agrgats financiers et des procdures de cration et de retraits dagrment des banques et tablissements financiers. Cet interventionnisme a pour objet de protger les pargnants et les investisseurs en faisant viter aux tablissements une mauvaise gestion des risques. Dans ce contexte, la loi de 199018, relative la Monnaie et au Crdit a institu la Commission Bancaire. Cette dernire est l'autorit charge de contrler le respect, par les banques et les tablissements financiers, des dispositions lgislatives et rglementaires qui leurs sont applicables et de sanctionner les manquements constats. Pour prendre en charge lensemble de ces dispositions lgales, le Conseil de la monnaie et du crdit et la Banque Centrale ont mis en place une rglementation bancaire applicable aux banques et tablissements financiers. La Banque est charge, pour le compte de la Commission, d'organiser et d'effectuer les contrles sur pices et sur place. En application de la rglementation, la Commission Bancaire peut demander aux banques et aux autres tablissements financiers, tous renseignements et claircissements, ainsi que toutes justifications ncessaires l'exercice de sa mission. Elle peut tendre son contrle aux participations et aux relations financires, entre les personnes morales qui contrlent directement ou indirectement tout intermdiaire financier, et est autorise demander toute personne concerne, la communication de tout document ou de tout renseignement. Pour parfaire sa mission, le secret professionnel ne lui est pas opposable. Bnficiant de pouvoirs trs tendus, la Commission est autorise prendre des mesures disciplinaires qui peuvent prendre diffrentes formes et qui vont de lavertissement au retrait de lagrment19. Lanne 2010 a t marque par le renforcement du cadre institutionnel de la supervision bancaire suite aux nouvelles dispositions introduites par lordonnance n 10-04 du 26 aot 2010, modifiant et compltant lordonnance n 03-11 relative la monnaie et au crdit. En effet, les nouvelles dispositions lgislatives donnent un ancrage lgal la stabilit financire, comme mission de la Banque dAlgrie, tout en renforant la supervision du systme bancaire. A travers les deux principaux piliers du dispositif de supervision, savoir le contrle sur pices et le contrle sur place, les superviseurs des banques et tablissements financiers sont appels porter une apprciation sur linstitution contrle aussi bien sur la fiabilit de ses comptes, la qualit de gestion de ses risques et la qualit de ses dclarations priodiques effectues la Banque dAlgrie et/ou lautorit de contrle (Commission bancaire). Lapprciation porte aussi sur lapplication des textes lgaux et rglementaires, les mesures prises pour assurer la scurit des systmes de paiement et la qualit de son contrle interne, dispositif rendu obligatoire pour les banques et tablissements financiers par la lgislation en vigueur. Pour sassurer de la solidit des banques et tablissements financiers et de la qualit de leur intermdiation, le renforcement des capacits de contrle bancaire par les inspecteurs de la Banque dAlgrie sest poursuivi au cours de lanne 2011, en particulier par la formation spcifique dispense. Leffort poursuivi pour rendre plus efficace le dispositif de contrle a permis la Banque dAlgrie, au Conseil de la monnaie et du crdit et la Commission
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M. BOUMGHAR, H. MINIAOUI et M. SMIDA, LA STABILITE FINANCIERE, UNE MISSION POUR LA BANQUE CENTRALE ?, Les Cahiers du CREAD n87 /2009 69, p 82. 18 Loi N 90/10 du 14 avril 1990. 19 Il sagit de : lavertissement, le blme, linterdiction dexercer certaines oprations, la suspension temporaire d'un ou plusieurs dirigeants avec ou sans nomination d'administrateur provisoire, la cessation de fonction d'un ou plusieurs dirigeants avec ou sans nomination d'administrateur provisoire, le retrait dagrment.
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bancaire de ragir rapidement lvolution de la situation prudentielle de certaines banques et tablissements financiers. En effet, lamlioration de la situation financire des banques algriennes, aussi bien publiques que prives, et le renforcement de leurs Fonds Propres ont permis ces institutions davoir des niveaux de Fonds Propres trs au-del du minimum rglementaire exig par le rglement de la Banque dAlgrie n08-04 du 23 Dcembre 2008 relatif au capital minimum des Banques et Etablissements Financiers exerant en Algrie, qui ne doit pas tre infrieur 10 000 000 000 DA pour le Banques et 3 500 000 000 DA pour les Etablissements Financiers. Selon le rapport de la Banque dAlgrie sur la situation conomique et montaire en Algrie pour lanne 2010, le ratio de solvabilit (adquation des Fonds Propres aux risques encourus) des banques, tant publiques que prives, est nettement suprieur 8%, il est pass de 22,11% en 2009 23,31% 2010: Tableau 3: Le ratio de solvabilit des banques algriennes
2009 2010 Ratio de solvabilit globale (ratio cooke) 22,11% 23,31%
Par instruction n09-200220du 26 Dcembre 2002, la Banque dAlgrie a instruit les Banques et les Etablissements financiers de dclarer trimestriellement leur ratio de solvabilit aux priodes suivantes : 31 Mars
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Instruction de la Banque dAlgrie n 09-2002 du 26 Dcembre 2002 fixant les dlais de dclaration par les Banques et Etablissements Financiers de leur Ratio de Solvabilit, article n 1.
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Ce ratio doit faire lobjet dune dclaration, dont le modle est prvu par linstruction n 04-99 du 12 Aot 1999 qui doit tre tablie en double exemplaires et adresse la Banque dAlgrie, Direction Gnrale de lInspection Gnrale (DGIG), dans un dlai de trente (30) jours partir de chacune de ces priodes. Le respect du ratio de solvabilit des banques algriennes permet non seulement le renforcement des Fonds Propres de Base (FPB) par laugmentation du niveau du capital minimum mais galement le renforcement des Fonds Propres Rglementaires (FPR) par incorporation dune partie de ces bnfices. Tableau 5 : Evolution des Fonds Propres des banques algriennes
FPR1 Banques Publiques Banques Prives 506 178 2009 FPB2 359 179 Total FP 865,3 357,2 FPR 571 197 2010 FPB 422 199 Total FP 993 396 FPR 12,8 10,8 Variation % FPB 17,5 10,9 Total FP 14,76 10,86
Source : Banque d'Algrie Evolution conomique et montaire en Algrie , rapport 2010 1 FPR : Fonds Propres Rglementaires 2 FPB : Fonds Propres de Base
Le systme des Rserves Obligatoires (RO), constitue un lment de la rglementation des banques et tablissement financiers et un instrument indirect de la politique montaire visant la stabilit interne et externe de la monnaie. Il a t mis en place dans un contexte conomique marqu par la mise en uvre de laccord Stand By avec le Fonds Montaire International (FMI) qui a modifi les instruments de rgulation de la liquidit bancaire en introduisant des instruments indirects de la Politique Montaire, notamment Le systme des Rserves Obligatoires. Selon le rglement de la Banque dAlgrie n04-02 du 04 Mars 2004, les Rserves Obligatoires sont constitues sur lensemble des exigibilits de la banque, collectes ou empruntes21. Lassiette de ces rserves obligatoires est dfinie par linstruction n02-04 du 13 Mai 2004 relative au rgime des Rserves Obligatoires, comme lensemble des dpts en toute nature, savoir les dpts vue, les dpts terme, les livrets et bons dpargne, les bons de caisse Larticle 18 de ce rglement stipule que, dans le cadre des principes dicts, la Banque dAlgrie fixe par instruction, les conditions effectives de constitution de Rserves Obligatoires. La dernire instruction en la matire et qui reste toujours en vigueur est linstruction n04-201022 qui a fix le taux de ces rserves 09% de lassiette dfinie par le Rglement n04-02 du 04 Mars 2004 et les autres dpts23. Le tableau ci-aprs va nous permettre de suivre lvolution de ce taux au cours de ces dernires annes :
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Rglement de la Banque dAlgrie n04-02 du 04/03/2004, article 05. Instruction de la Banque dAlgrie n04-2010 du 15/12/2010, article 03. 23 Instruction de la Banque dAlgrie n02-04 du 13/O5/2004, article 02.
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Linstrument des Rserves Obligatoires constitue un instrument actif de la politique montaire. Il a t mis en place pour agir directement sur le volume de la liquidit bancaire. Comme nous le constatons travers le tableau ci-dessus, le taux des rserves obligatoires a enregistr un trend haussier depuis lanne 2005 avec 6,50% pour se stabiliser 09% depuis 2009 jusqu nos jours. Cette tendance haussire explique clairement que la liquidit bancaire na pas cess daugmenter en Algrie, cela est d essentiellement laccroissement des recettes ptrolires avec laccroissement sans prcdent du prix du baril du ptrole. Cela dmontre galement que lasschement, de la liquidit des marchs interbancaires des puissances mondiale, provoqu par la crise financire internationale dite crise des subprimes, na pas touch le systme bancaire algrien, mais il est toujours utile de dire que cette situation est due essentiellement au cloisonnement du systme bancaire par rapport au systme international. Lencours des rserves obligatoires a enregistr en 2010 une croissance positive par rapport 2009. Il a atteint 494,13 Milliards de Dinars en 2010 contre 394,13 Milliards de Dinars en 2009 : Tableau 7 : Volume des Rserves Obligatoires - (En milliards de Dinars)
2010 2009 Rserves Obligatoires 494,13 394,13 Variation en % 25,37
Les banques activant en Algrie seront note par la Banque dAlgrie (BA) partir de 2013. Cette opration sera possible grce un systme de notation des banques que la BA a adopt en 2011 pour amliorer l'valuation, la gestion et le contrle du risque de crdit. Ledit systme a pour objectif essentiel de prserver la stabilit du systme financier algrien. Le systme vient dtre test par la BA qui a procd une opration pilote portant sur deux banques, une publique et lautre prive, pour voir de manire pratique le mode dapplication de la notation. La mise en uvre de ce systme, labor selon les standards internationaux, sera largie toutes les banques ds 2013, cela donnera une orientation plus oprationnelle lapproche risque de la supervision. Le systme de notation vise en particulier renforcer la capacit de dtection prcoce de la vulnrabilit des banques et tablissements financiers afin de prserver la stabilit du systme financier mais aussi assurer la protection des dposants. Il contribuera en outre llaboration dune politique macro-prudentielle travers la redfinition des tches des Banques centrales au lendemain de la crise financire internationale. Le systme en question, inclut plusieurs indicateurs de solidit financire et
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outils de contrle et dvaluation, dont le ratio de solvabilit, le rendement des fonds propres et des actifs ainsi que la gestion des liquidits et des risques bancaires.
4. LE DISPOSITIF BALE II24 MIS A RUDE EPREUVE LORS DE LA DERNIERE CRISE FINANCIERE
La dernire crise financire, qui a fortement impact les marchs financiers et plus globalement lconomie mondiale, a mis en vidence les limites du dispositif rglementaire actuel dfini par les accords Ble II. En effet, mme si le dispositif Ble II a permis une avance majeure dans lamlioration des mthodes de mesure des risques dans les tablissements bancaires (mesure affine du risque de crdit, introduction du risque oprationnel), la crise a rvl linsuffisance de ce dispositif couvrir correctement lensemble des risques (notamment le risque de liquidit, le risque de procyclicit, lencadrement insuffisant du risque de march). Sous limpulsion du G20, le Comit de Ble a labor un ensemble de nouvelles mesures dites Ble III visant renforcer les ratios de solvabilit de Ble II et amliorer de faon plus globale le dispositif de supervision du systme financier lchelle internationale afin de se prmunir contre de nouvelles crises systmiques. (Riadh Sellami, 2011, p 44, 45).
4.1. Le cadre des nouvelles mesures rglementaires Ble III
Lorientation des nouvelles mesures rglementaires Ble III sarticule autour de deux approches : une approche micro-prudentielle: pour amliorer, au niveau de chaque tablissement financier, la capacit rsister en priode de stress travers le renforcement des normes dexigence de fonds propres, de liquidit et de standard de gestion des risques ; une approche macro-prudentielle: pour limiter la pro-cyclicit et renforcer la surveillance du risque systmique. Le processus dlaboration des rgles Ble III25 a fait lobjet dun intense lobbying de la part des banques afin dajuster les modalits de mise en uvre. Un dlai assez long a t
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Ce que prvoient les accords de Ble II : Les accords de Ble imposent lunification de la gestion des risques ainsi que la mise en place de processus de modlisation. Ble II fait suite aux accords de 1988 appels accords de Ble qui dfinissaient principalement le niveau minimal de fonds propres (ratio Cooke). Ce dispositif repose sur trois types d'obligation (les piliers) (RUBEIZ. C, 2010 p 11) : Pilier 1 : les tablissements doivent disposer d'un montant de fonds propres au moins gal un niveau calcul selon lune des mthodes proposes. Pilier 2 : les autorits disposent de pouvoirs renforcs et peuvent notamment augmenter les exigences de garantie. Pilier 3 : les tablissements sont soumis la discipline de march et tenus de publier des informations trs compltes sur la nature, le volume et les mthodes de gestion de leurs risques ainsi que sur l'adquation de leurs fonds propres. Ratios prudentiels : - Ratio Cooke : Adopt lors des accords de Ble I en 1988, cest un ratio qui dfinit le montant de fonds propres minimum que doit possder une banque en fonction de sa prise de risque. Le ratio Cooke impose deux contraintes : (Fonds propres + quasi fonds propres) / ensemble des engagements > 8%, Fonds propres / ensemble des engagements > 4%. - Ratio Mac Donough : Ce ratio succdera au ratio Cooke suivant les accords Ble II. Il introduit pour son calcul la notion de risque et surtout les principes de leur surveillance constante. 25 Sur le plan micro-prudentiel, parmi les mesures cls proposes, on peut citer : le renforcement de la qualit et de la quantit des fonds propres (partie numrateur du ratio de solvabilit). Autrement dit, les fonds propres durs , composs dactions et de bnfices mis en rserve, devront prsenter 7 % des activits de march ou de crdit des banques, contribuant ainsi limiter lincitation la prise de risque; lamlioration de la couverture des risques de march et de contrepartie (partie dnominateur du ratio de solvabilit) : durcissement par rapport aux accords Ble II des rgles de calcul des exigences en fonds propres, notamment sur les activits de marchs et de la titrisation qui ont t fortement impactes lors de la dernire crise financire. Il est question de mettre en place une srie de mesures complmentaires pour mieux apprhender le risque en cas dvnement extrme; lencadrement du risque de liquidit. Le Comit de Ble propose la mise en place de deux ratios de liquidit : le liquidity coverage ratio (LCR), ratio court terme qui exigerait des banques de dtenir un stock dactifs sans risque facilement ngociables, afin de rsister pendant trente jours une crise ; et le net stable funding ratio (NSFR), ratio long terme qui
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ngoci afin de donner le temps aux tablissements bancaires de se conformer aux nouvelles exigences et dadapter ventuellement leurs activits et leurs business models sans menacer le financement de lconomie dans son ensemble : renforcement progressif des rgles de calcul des fonds propres ; 2013 jusqu 2019 ; ratio de liquidit : entre en vigueur en 2015 pour le ratio court terme LCR et en 2018 pour le ratio long terme NSFR ; le ratio de levier ne sera dtaill quen 2015 et ne sera intgr dans le pilier 1 quen 2018.
4.2. Application dans le contexte Algrien
Les tablissements bancaires Algriens se sentent pour le moment moins concerns par les rgles Ble III compte tenu de leur faible taille, de la nature de leurs activits, tournes essentiellement vers le march local, et de leur faible exposition aux risques de march. En effet, les banques Algriennes restent relativement loin des activits de march et ne sont pas (encore) comparables des tablissements taille critique (les too big to fail ), lun des problmes majeurs traits par le rgulateur blois dans le cadre de la nouvelle rforme Ble III. De surcrot, la priorit du moment pour lAlgrie reste la mise en uvre des accords Ble II, qui constitue un levier important pour lassainissement et la modernisation de lindustrie bancaire Algrienne. Nanmoins, les banques Algriennes pourront bnficier du retour dexprience cumul par les grandes banques internationales sur la mise en uvre de Ble II et sur les leons tirer suite la dernire crise financire pour assurer une meilleure application des rgles prudentielles. On pourra ainsi imaginer une mise en place amliore de Ble II tenant compte de certains ajustements dj prconiss dans Ble III (par exemple le renforcement des exigences en capital numrateur ), permettant en consquence de combler le retard pris dans la mise en uvre de la rglementation bloise.
CONCLUSION
Lactivit bancaire est devenue plus que jamais un dterminant de la stabilit financire et conomique dans le monde. Dernirement, la crise des subprimes survenue aux Etats-Unis dAmrique a encore une fois plac les banques au centre des dbats sur les crises financires. La crise a mis en vidence le rle essentiel que jouent les banques centrales en matire de stabilit financire. Un contrle et une surveillance particulire des agrgats montaires et financiers et des procdures de gestion et de suivi des risques sont ncessaires pour s'assurer de l'efficacit de l'intermdiation bancaire. La supervision, qui doit tre permanente, vise galement protger les dposants et les investisseurs comme elle permet d'viter les risques systmiques dcoulant d'une mauvaise gestion et/ou d'engagements trop importants. La politique macro-prudentielle doit devenir larme principale de lutte contre linstabilit financire; et la Banque centrale un acteur majeur de cette politique. Le macro-prudentiel devient ainsi le chanon qui manquait jusquici entre politique montaire et supervision microprudentielle. La finalit dune approche macro-prudentielle est non seulement dassurer la stabilit et la continuit des changes au sein de la sphre financire, mais aussi de limiter le risque quune dtresse financire induise des pertes significatives en termes doutput rel. Celle dune approche micro-prudentielle est seulement de limiter le risque de dtresse financire pour des institutions individuelles, indpendamment de leur impact sur le reste de
vise le mme objectif, mais sur un an. En clair, les tablissements de crdit ne pourraient investir dans des actifs long terme quavec des ressources long terme. Idem quant aux actifs court terme ; lintroduction dun ratio de levier : il permet dvaluer la taille des engagements des banques par rapport la taille de leur bilan afin dviter un trop fort endettement des banques.
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lconomie. Ainsi La supervision micro-prudentielle est une condition ncessaire mais non suffisante de la stabilit financire vu que la matrise du risque par les banques notamment ne suffit pas garantir la stabilit financire globale, il est souhaitable de complter les dispositifs micro-prudentiels actuels ou prvus par une approche macro-prudentielle destine stabiliser le systme bancaire et financier dans sa dimension globale et macroconomique et par consquent, contenir le risque systmique. Au niveau des banques, les solutions de provisionnement mises en uvre aprs Ble I et Ble II sont de grandes avances mais se rvlent pro-cycliques et appellent mettre en place des provisionnements dynamiques. La supervision prudentielle permet la rsilience des banques aux chocs mais transfre ces risques bancaires aux marchs26. Aprs une priode dunanimit assez large en faveur du durcissement des dispositifs prudentiels, tant parmi les gouvernements ou les superviseurs quau sein des milieux bancaires, le temps des critiques et des mises en garde est rapidement venu. Les lobbies bancaires soulignent les effets potentiellement nocifs sur la croissance conomique des rglementations prudentielles qui sappliqueront bientt aux banques. Laugmentation des capitaux propres rglementaires et la limitation des leviers exposeraient les conomies concernes un risque daugmentation du prix du crdit, voire un rationnement du crdit, susceptibles de limiter le financement de la croissance. Il y aurait donc un trade off entre les nouvelles exigences prudentielles et le niveau de croissance dans laprs-crise. Cependant, si les nouvelles rgulations financires permettent de prvenir, dans lavenir, le dclenchement des crises systmiques, on vitera alors les cots trs levs, sur le plan de la croissance potentielle et effective, et dans le domaine de lemploi, que ces crises provoquent, selon tout un ensemble de canaux de transmission ; des estimations rcentes montrent que les effets, non seulement sur le taux de croissance court terme, mais galement sur le PIB potentiel, sont considrables (Lemoine, pavot [2009])27. Si les nouvelles rgulations prudentielles permettent de rduire la probabilit ou lampleur des crises, la croissance long terme ne sen portera que mieux, dautant que les corrections prudentielles envisages ont pour objectif de limiter la pro-cyclicit et lampleur des ajustements, bien sr en phase haute du cycle, mais aussi en phase de ralentissement ou de rcession, et mme au cours de la propagation des crises. En Algrie, paralllement aux travaux de mise en adquation du dispositif rglementaire aux nouvelles normes internationales, les rgulateurs doivent poursuivre et accentuer la rforme du secteur bancaire. De plus, le processus dinformatisation et dautomatisation des oprations bancaires, men en Algrie, sil nest pas parfaitement encadr, peut tre vecteur de risque oprationnel. En effet, si linformatique permet aux banques de centraliser et de traiter plus rapidement un grand volume dinformations, elle peut galement les rendre plus vulnrables, si les systmes sont mal protgs. Cette dmarche de modernisation, devrait terme inciter les banques locales, si elles sont privatises et assainies, vouloir grandir et accder plus librement aux marchs internationaux. A contrario, les banques pourraient ne jamais appliquer les mthodes avances de Ble II et conserver leur retard vis--vis des banques occidentales28.
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Ble oblige les agences de notation prendre uniquement en compte le dfaut de paiement: leur analyse reste exogne alors que le risque en cas de crise devient endogne (systmique) puisquune crise implique tous les acteurs et ce, en raison de leur interdpendance. 27 lemoine M., pavot J. (2009), Les effets de la crise sur la croissance long terme , Questions actuelles, conomie Monnaie-Finance, Banque de France, n 2, macroeconomic assessment group, financial stability board-basel committee on banking supervision (2010), Assessing the Macroeconomic Impact of the transition to stronger Capital and Liquidity requirements , Interim Report, aot. In Cartapanis A., (2011), LA CRISE FINANCIRE ET LES POLITIQUES MACROPRUDENTIELLES, Inflexion rglementaire ou nouveau paradigme ? , Presses de Sciences Po,Revue conomique, No 3, Vol. 62. 28 ABBASSI Chamseddine, 2008 Mise en place de laccord de Ble II dans les pays du Maghreb , En partenariat avec OTC Conseil, lUniverswiftnet .
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