Ac & A Discours
Ac & A Discours
Michel Santacroce, Cnrs, UMR 6057 "Parole et Langage" Universit de Provence, France [Link]@[Link] Saint-Chamas, M.L.M.S. diteur, aot 2000. Rsum : Sont examins et exposs brivement les caractristisques communes et les points de convergence entre analyse du discours et analyse conversationnelle. Sommaire :
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Titres 1. Les orientations: deux paradigmes 1.1. Les proprits communes 1.1.1 L'tude des conversations naturelles 1.1.2 Cohrence 1.1.3. Logique des actions 1.2. Les diffrences 1.2.1. Le domaine de rfrence 1.2.2. Les diffrences mthodologiques 1.2.3. Les diffrences pistmologiques A- Rgles d'interprtation et rgles d'enchanement B- Pertinence conditionnelle et organisation prfrentielle 2Le modle hirarchique et fonctionnel genevois 2.1. Le cadre gnral 2.1.1. L'incursion 2.1.2 Les transactions 2.1.3 L'change 2.1.4 L'intervention 2.2. Les fonctions illocutionnaires 2.3. Les fonctions interactives 2.4. L'acte de Langage Rfrences bibliographiques Marges Linguistiques, aot 2000 -
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chez Labov 1976 et 19781, ou relevant de l'ethnographie de la communication: Gumperz et Hymes 19722, Gumperz 19893) ont fortement influenc la tradition conversationnaliste, et mme provoqu la tentation, dans le domaine de la linguistique, d'une linguistique interactionniste (Kerbrat-Orecchioni 1990, Vion R. 1992)4.
1.1.2. COHRENCE
Les deux approches s'intressent principalement l'organisation squentielle des conversations, et plus spcifiquement aux principes, rgles ou normes qui en assurent la cohrence. Il est ce titre intressant de constater qu'une grande partie des travaux sur la cohrence textuelle, dvelopps en linguistique textuelle (Beaugrande et Dressler 19815, Charolles 19886), n'ont pas, ou peu, t pris en compte dans la tradition de l'analyse des conversations. Cela dit, les problmes de cohrence ne peuvent que trs difficilement tre rsolus d'un point de vue interne au discours, et c'est principalement par le recours des principes de gestion des informations contextuelles que les thories de la conversation ont abord cette question. Il n'est pas surprenant qu'une partie des descriptions conversationnelles consistent en une description ethnographique prcise du contexte interactionnel et social. D'un autre ct, la tentation a t grande de dfinir le contexte pour l'interprtation des conversations en termes de rseaux de connaissances, et de rduire l'ensemble des informations pertinentes des univers dfinis a priori (notamment dans le domaine de l'analyse des conversations applique au dialogue homme-machine (Reichman 1986)7.
LABOV (W.) 1976. Sociolinguistique. Paris: Minuit et LABOV (W.) 1978. Le Parler ordinaire, 2 vol., Paris: Minuit. 2 GUMPERZ (J.) & HYMES (D.-H.) 1972. Directions in Sociolinguistics. The Ethnomethodology of Communication. New York: Holt, Rinehart & Winston. 3 GUMPERZ (J.) 1989. Engager la conversation. Introduction la Sociolinguistique interactionnelle. Paris: Minuit. 4 KERBRAT-ORECCHIONI (C.) 1990. Les interactions verbales. Paris: Armand Colin ; Coll. Linguistique ; VION (R.) 1992. La communication verbale - Analyse des interactions. Paris : Hachette. 5 BEAUGRANDE (R.A. de) & DRESSLER (W.) 1981. Introduction to Text Linguistics. Londres: Longman. 6 CHAROLLES (M.) 1988. Les plans d'organisation textuelle : priodes, chanes, portes et squences . in: Pratiques, 57, Metz. 7 REICHMAN (R.) 1986. Getting Computers to Talk like You and Me. Cambridge (Mass.), M.I.T. Press.
logiques sont fondamentalement lis la thorie des actes de langage; partir d'elle, on peut prdire (Searle et Vanderveken 1985)1 I'existence de relations entre actes dans les squences d'actes que forment les conversations (une question appelle une rponse, une invitation une acceptation, un ordre une acceptation, etc.). En analyse conversationnelle, la logique des actions qui sous-tend l'organisation conversationnelle concerne principalement les squences d'actions canoniques ou ralises de manire prfrentielle par les sujets parlants (les notions d'organisation prfrentielle et de pertinence conditionnelle).
SEARLE (J.-R.) & VANDERVEKEN (D.) 1985. Foundations of Illocutionary Logic. Cambridge: Cambridge University Press. 2 GOFFMAN (E.) 1973. La Mise en scne de la vie Quotidienne, 2 vol., Paris: Minuit.
discours (par exemple les units acte, intervention, change, transaction, incursion dans le modle d'analyse du discours genevois, (Roulet et al. 19851, Moeschler 19852). D'autre part, la formulation de principes ou de rgles de concatnation pour ces catgories (rgles d'enchanement, principes de composition) permettant de distinguer les squences discursives bien formes (cohrentes) des squences discursives mal formes (non cohrentes). Le point crucial est ici la notion de bonne formation squentielle (ou cohrence) qui se trouve tre le correspondant discursif de la notion syntaxique de grammaticalit: de mme que le sujet parlant a une capacit linguistique (une comptence) lui permettant de formuler des jugements de grammaticalit sur des phrases, I'hypothse de l'analyse du discours est que le sujet parlant est capable de porter des jugements sur la bonne formation squentielle des discours, et donc de reconnatre un discours cohrent d'un discours non cohrent. L'une des notions centrales de l'analyse du discours est la notion de cohrence, qui a fait l'objet de dveloppements parallles, surtout sur le texte crit, dans le cadre des grammaires textuelles. Il faut remarquer que, dans le cadre des analyses du discours, la notion de cohrence est une notion strictement squentielle. Mais il est impossible de distinguer les faits de squences des faits d'interprtation. La cohrence ne peut tre dfinie d'une manire strictement squentielle: c'est une notion la fois squentielle et interprtative. On notera aussi que la problmatique de l'analyse du discours, et notamment celle des units, a reu une formulation rcente insistant sur les diffrences entre la syntaxe de la phrase (ou microsyntaxe) et la syntaxe du discours (ou macro-syntaxe) dans le cadre des travaux de Berrendonner (Berrendonner et Keichier-Bguelin 1990)3 Paralllement, Charolles (1988)4 a propos une approche stratificationnelle permettant de localiser diffrents niveaux d'organisation discursive (chanes rfrentielles, espaces mentaux, structures textuelles, nonciation) et a propos une analyse du discours en termes de chanes, de portes, de squences et de priodes (voir galement Adam 1990)5. De son ct, I'analyse conversationnelle s'est principalement intresse au problme de la squentialit, et notamment aux rgles ou principes permet tant aux participants d'une conversation d'ajuster leurs prises de parole. Le systme d'allocation des tours de parole propos par Sacks, Schegloff et Jefferson (1974 et 1978)6 est bas sur les notions de slection du prochain locuteur,
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ROULET (E.) et al. 1985. L'articulation du discours en franais contemporain. Berne: Peter Lang. MOESCHLER (J.) 1985. Argumentation et Conversation - Elments pour une analyse pragmatique du discours. Paris: Hatier-Crdif ; Coll. Langues et apprentissage des langues . 3 BERRENDONNER (A.) & REICHLER-BEGUELIN (M.-J.) l990. Dcalages : les niveaux de l'analyse linguistique .in: Langue Franaise, 81, pp. 99-125. 4 CHAROLLES (M.) 1988. Les plans d'organisation textuelle : priodes, chanes, portes et squences . in: Pratiques, 57, Metz. 5 ADAM (J.-M.) 1990. Elments de linguistique textuelle: thorie et pratique de l'analyse textuelle. Lige: Mardaga ; Coll. Philosophie et Langage. 6 SACKS (H.), SCHEGLOFF (E.) & JEFFERSON (G.) 1974. A simplest systematics for the organization of turn-taking in conversation in Language, 50, 4, pp. 696-735. Repris dans SCHENKEIN (J.) 1978. Studies in the Organisation of Conversational Interaction. New York: Academic Press/7-55.
d'auto-slection, et de point de transition pertinent. La grammaire mise en place est donc un systme de rgulation, tacitement admis et ncessaire du point de vue de l'conomie de l'interaction, dont la fonction est de permettre le bon droulement des interactions verbales. La squentialit est alors principalement aborde en termes de gestion de tours de parole. Quant au problme de la cohrence, il n'est pas formul dans le cadre d'une problmatique de la bonne formation squentielle, mais comme le rsultat de principes dirigeant l'organisation prfrentielle des conversations. Cette proprit est fondamentale, car l'organisation prfrentielle n'est pas dfinie a priori, pour des raisons internes au modle conversationnel: si certaines ractions sont dites prfres, ou non marques interactionnellement, c'est que l'on a pu montrer qu'elles apparaissaient plus souvent dans cette position que les ractions dites non prfres ou marques. Ainsi, les squences offre-acceptation, requte-acceptation, critique-contestation sont prfres, c'est dire non marques interactionnellement parce qu'elles sont plus frquentes et qu'elles entranent moins de consquences sur le droulement ultrieur de la conversation que les squences offre-refus, requte-refus ou critique-admission.
d'interprtation et d'enchanement formules sont le rsultat des prdictions de la thorie pragmatique sous-jacente.
Rgles denchanement
Action 1 (Action 2) Action 3
Rgles de production
Rgles dinterprtation
Rgles de production
L1 L2
nonc 1 nonc 2
nonc 3
Rgles dinterprtation
Rgles de production
Rgles dinterprtation
(Action 1)
Action 2
(Action 3)
B-
De leur ct, les approches du type analyse conversationnelle procdent par gnralisation: la mthodologie n'est plus dductive, mais inductive. Cela tient au fait que pour formuler une rgle ou un principe, I'analyse conversationnelle requiert un grand nombre de faits ou de donnes. Les donnes sont nombreuses, et seule la rcurrence permet de formuler une hypothse. Ainsi le problme de la squentialit ne sera pas trait en termes de rgles d'enchanement, mais en termes de pertinence conditionnelle et d'organisation prfrentielle. Pour introduire la notion de pertinence conditionnelle, il faut faire intervenir une notion centrale de l'analyse conversationnelle, celle de paire adjacente, qui reoit la dfinition suivante chez Levinson (1983, 303-4)2 : Une paire adjacente est une squence de deux noncs qui sont adjacents, produits par des locuteurs diffrents, ordonns en un premier membre et un deuxime membre, typs, en ce sens que le premier membre requiert un deuxime membre particulier . Le principe qui gouverne les paires adjacentes est la pertinence conditionnelle d'un deuxime tour (Schegloff 19723, Levinson 19834). Le
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MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil. LEVINSON (S.-C.) 1983. Pragmatics. Cambridge: Cambridge University Press. 3 SCHEGLOFF (C.-A.) 1972. Sequencing in conversational openings .in: GUMPERZ (J.) & HYMES (D.) (eds) : Directions in Sociolinguistics. The Ethnomethodology of Communication, pp. 346-380, New York: Holt, Rinehart & Winston. 4 LEVINSON (S.-C.) 1983. Pragmatics. Cambridge: Cambridge University Press.
critre de la pertinence conditionnelle explique la condition de la dfinition de la paire adjacente, qui suppose une diffrence entre squence typique (paire adjacente) et squence non typique (squences intercales). La pertinence conditionnelle est dfinie de la manire suivante (Levinson 1983, 306): Dans une paire adjacente, tant donn le premier membre de la paire, un second membre est immdiatement pertinent et attendu. Si celui-ci n'apparat pas, son absence est remarque; et si un premier membre d'une seconde paire apparat sa place, il est interprt comme le prliminaire du second membre de la premire paire dont la pertinence ne peut tre mise en dfaut que par la mention de l'chec de l'action de prliminaire . Le reprage de paires adjacentes a permis de faire une hypothse tout fait gnrale sur l'organisation prfrentielle des squences conversationnelles: dans une paire adjacente, le second membre de la paire est toujours le membre prfr, ou non marqu, de la paire. Lorsque c'est le membre non prfr, ou marqu qui est slectionn, on a observ qu'il apparaissait aprs une pause, qu'il est introduit l'aide d'une prface indiquant typiquement son statut non prfr et avec une mention des raisons expliquant la non-ralisation de l'action prfre (Levinson 1983,307). La notion d'organisation prfrentielle peut ds lors tre dfinie par la rgle suivante (Levinson 1983, 333): Essayez d'viter l'action non prfre, cest dire l'action qui apparat gnralement dans un format non prfr ou marqu . Les deuximes membres de la paire sont classs en termes de constituants prfrs vs non prfrs de la manire suivante :
Offre / Invitation
Premier membre
Demande
Question
prfr
acceptation
acceptation
rponse attendue
non prfr
refus
refus
MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil.
2.1.1. LINCURSION
L'incursion est le constituant maximal coextensif l'interaction (verbale) entre deux ou plus de deux locuteurs. Outre le fait d'tre compose d'une ou de plusieurs transactions, l'incursion a pour caractristique principale d'tre initie par un change d'ouverture et termine par un change de clture. Les changes d'ouverture et de clture sont typiquement des changes confirmatifs (Goffman 1973)3: ils ont pour fonction de confirmer l'existence des relations sociales entre les interlocuteurs de l'incursion, et participent de ce fait aux rituels de confirmation.
MOESCHLER (J.) 1985. Argumentation et Conversation - Elments pour une analyse pragmatique du discours. Paris: Hatier-Crdif ; Coll. Langues et apprentissage des langues . 2 ROULET (E.) et al. 1985. L'articulation du discours en franais contemporain. Berne: Peter Lang. 3 GOFFMAN (E.) 1973. La Mise en scne de la vie Quotidienne, 2 vol., Paris: Minuit. 4 AUCHLIN (A.) & ZENONE (A.)1980. Conversations, actions, actes de langage : lments d'un systme d'analyse . in: Cahiers de linguistique franaise, 1, pp. 6-41, Universit de Genve.
actionnelle. Le niveau macro-structurel, au plan des relations fonctionnelles, est dtermin par la condition si... alors et les arguments de la relation sont exprims par la relation positive (satisfaction) ou ngative (chec). Par exemple, on trouvera dans la macrostructure des relations du type: si la demande d'achat choue, alors engagez une transaction de demande de commande ; si la demande de commande est satisfaite, alors passez l'offre de commande , etc.
2.1.3. LCHANGE
Structurellement, une transaction est compose d'changes rparateurs (Goffman 1973). Un change rparateur est une structure renvoyant au rituel de rparation d'une offense territoriale, provoque par exemple par la ralisation d'une demande. Pour l'analyse de l'interaction verbale, (Goffman: 1973) dfinit deux cycles rparateurs, comprenant respectivement les mouvements (moves) de rparation-satisfaction d'une part et d'apprciation-minimisation d'autre part, la minimisation pouvant tre absente. Les constituants de l'change sont les interventions (move chez Goffman 1973 et Sinclair et Coulthard 1975 1). Dans le modle hirarchique et fonctionnel, la structure basique d'un change rparateur est une structure trois interventions. La structure basique d'un change peut tre reprsente sous la forme arborescente suivante2 :
I1 initiative I = intervention E = change
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raction
I3
valuation
Le nombre des interventions de l'change varie en fonction de la nature de l'change. Si la raction est ngative, alors l'change se poursuit et donne lieu un nombre d'interventions variables. Les principes mis en place par
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SINCLAIR (J.) & COULTHARD (R.-M) 1975. Towards an Analysis of Discourse. The English Used by Teachers and Pupils. Oxford: Oxford University Press. 2 MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil.
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l'analyse hirarchique sont de deux types: un principe de segmentation, qui permet de dterminer les constituants de l'change (les interventions) et un principe de clture. Le principe de segmentation est motiv par le fait que, dans le modle hirarchique et fonctionnel, il n'y a pas de relation un-est-un1 entre tours de parole et constituants de l'change (interventions): la forme superficielle du dialogue en alternance de tours de parole ne reflte ni la structure hirarchique de l'change ni son organisation fonctionnelle. En effet, un tour de parole peut tre le lieu de la fin d'un change et le lieu du dbut d'un autre. En second lieu, la dfinition de l'change suppose un principe de dfinition de l'change complet, c'est--dire un principe de clture. On dira qu'un change est complet ou clos, s'il satisfait la compltude interactionnelle ou contrainte du double accord, imposant aux deux dernires interventions d'tre coorientes argumentativement (Moeschler 19822, Roulet et al. 19853). A l'analyse hirarchique de l'change se superpose l'analyse fonctionnelle. D'une part, les constituants de l'change reoivent une fonction (une interprtation pragmatique); d'autre part, l'organisation fonctionnelle n'obit pas au principe de composition hirarchique, mais un principe rcursif fonctionnel.
2.1.4. LINTERVENTION
L'intervention est la plus grande unit monologique du dialogue. Selon le principe de composition hirarchique, l'intervention est compose d'actes de langage. Mais le principe de rcursivit autorise des structures d'intervention formes partir d'changes, d'interventions et/ou d'actes de langage. Principe de rcursivit selon lequel tout constituant complexe (de rang change et de rang intervention) est un constituant rcursif, c'est--dire peut tre constituant d'intervention. Pour rendre compte du principe de rcursivit, il est ncessaire de complter le principe de composition hirarchique par un principe fonctionnel, le principe de composition fonctionnelle, qui associe aux constituants de l'change et de l'intervention non plus des contraintes de rang catgoriel, mais des contraintes de fonctions pragmatiques4. Ainsi l'change est compos de constituants relis par des fonctions illocutionnaires (des interventions); I'intervention est compose de constituants relis par des fonctions interactives (des changes, des interventions et/ou des actes de langage).
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Une relation un-est--un est une relation qui un lment d'un ensemble de dpart associe un et un seul lment de l'ensemble d'arrive. Ainsi, la relation entre tour de parole et intervention n'est pas un-est--un, car un tour de parole peut contenir plus d'une intervention. 2 MOESCHLER (J.) 1982. Dire et Contredire. Pragmatique de la ngation et acte de rfutation dans la conversation. Berne: Lang. 3 ROULET (E.) et al. 1985. L'articulation du discours en franais contemporain. Berne: Peter Lang. 4 L'analyse fonctionnelle est bien indissociable de l'analyse hirarchique raison pour laquelle les analyses produites dans ce cadre sont souvent appeles analyses hirarchiques fonctionnelles.
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fonction d'un de ses constituants, cest dire d'une de ses interventions. La question est alors de savoir quelle intervention dtermine la fonction de l'change. Si l'on diffrencie les fonctions des constituants de l'change, cela revient tablir pour la structure de l'change une hirarchie parallle celle existant entre constituants de l'intervention et annuler la pertinence de la diffrence entre fonction illocutionnaire et fonction interactive.
Constituant monologique dialogique
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rcursif intervention
non rcursif
acte de langage incursion change transaction Daprs Moeschler & Reboul: 1994 : 486
Si un change est directeur, par rapport quel constituant lest-il ? Dans la hirarchie des fonctions, un change directeur devrait l'tre dans le cadre d'une intervention. Le paradoxe serait atteint, car les changes devraient tre chaque fois intgrs dans une intervention, et ultimement, tout discours dialogique aurait la structure d'un discours monologique. ll est donc prfrable de conserver une asymtrie entre constituants rcursifs (change-intervention) et non rcursifs (acte, mais aussi incursion et transaction) d'une part, et entre constituants monologiques (acte et intervention) et constituants dialogiques (change, transaction et incursion) d'autre part, ce que reprsente la figure prcdente2.
MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil. MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil. 3 Cest dire l'intervention 4 MOESCHLER (J.) 1990. Pragmatique et linguistique de la parole . in : AMACKER (R.) & ENGLER (R.) (ds) Prsence de Saussure. Berne: Lang.
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(Anscombre et Ducrot 19831, Ducrot 19802, Ducrot 19843, Ducrot et al. 19804). On en trouvera une formulation explicite dans le principe de dpendance de l'intgration fonctionnelle vis--vis de l'intgration argumentative des constituants, ou encore l'hypothse de la coorientationargumentative comme condition de la cohrence 5 6 conversationnelle (Moeschler 1982 , Moeschler 1985 et Roulet et al. 19857). Rfrences bibliographiques:
ADAM (J.-M.) 1990. Elments de linguistique textuelle: thorie et pratique de l'analyse textuelle. Lige: Mardaga ; Coll. Philosophie et Langage. ANSCOMBRE (J.-C.) & DUCROT (O.) 1983. LArgumentation dans la langue. Bruxelles: Mardaga. AUCHLIN (A.) & ZENONE (A.)1980. Conversations, actions, actes de langage : lments d'un systme d'analyse . in: Cahiers de linguistique franaise, 1, pp. 6-41, Universit de Genve. BEAUGRANDE (R.A. de) & DRESSLER (W.) 1981. Introduction to Text Linguistics. Londres: Longman. BERRENDONNER (A.) & REICHLER-BEGUELIN (M.-J.) l990. Dcalages : les niveaux de l'analyse linguistique .in: Langue Franaise, 81, pp. 99-125. CHAROLLES (M.) 1988. Les plans d'organisation textuelle : priodes, chanes, portes et squences . in: Pratiques, 57, Metz. DUCROT (O.) 1980. Les echelles argumentatives. Paris: Minuit ; Coll. propositions . DUCROT (O.) 1984. Le dire et le dit. Paris: Minuit. DUCROT (O.) et al. 1980. Les mots du discours. Paris: Minuit. GOFFMAN (E.) 1973. La Mise en scne de la vie Quotidienne, 2 volumes., Paris: Minuit. GUMPERZ (J.) & HYMES (D.-H.) 1972. Directions in Sociolinguistics. The Ethnomethodology of Communication. New York: Holt, Rinehart & Winston. GUMPERZ (J.) 1989. Engager la conversation. Introduction la Sociolinguistique interactionnelle. Paris: Minuit. KERBRAT-ORECCHIONI (C.) 1990. Les interactions verbales. Paris: Armand Colin ; Coll. Linguistique ; VION (R.) 1992. La communication verbale - Analyse des interactions. Paris : Hachette. LABOV (W.) 1976. Sociolinguistique. Paris: Minuit. LABOV (W.) 1978. Le Parler ordinaire, 2 vol., Paris: Minuit. LEVINSON (S.-C.) 1983. Pragmatics. Cambridge: Cambridge University Press. MOESCHLER (J.) & REBOUL (A.) 1994. Dictionnaire encyclopdique de Pragmatique. Paris: Seuil. MOESCHLER (J.) 1982. Dire et Contredire. Pragmatique de la ngation et acte de rfutation dans la conversation. Berne: Lang. MOESCHLER (J.) 1985. Argumentation et Conversation - Elments pour une analyse pragmatique du discours. Paris: Hatier-Crdif ; Coll. Langues et apprentissage des langues . MOESCHLER (J.) 1990. Pragmatique et linguistique de la parole . in : AMACKER (R.) & ENGLER (R.) (ds) Prsence de Saussure. Berne: Lang. REICHMAN (R.) 1986. Getting Computers to Talk like You and Me. Cambridge (Mass.), M.I.T. Press. ROULET (E.) et al. 1985. L'articulation du discours en franais contemporain. Berne: Peter Lang. SACKS (H.), SCHEGLOFF (E.) & JEFFERSON (G.) 1974. A simplest systematics for the organization of turn-taking in conversation in Language, 50, 4, pp. 696-735. Repris dans SCHENKEIN (J.) 1978. Studies in the Organisation of Conversational Interaction. New York: Academic Press/7-55. SCHEGLOFF (C.-A.) 1972. Sequencing in conversational openings .in: GUMPERZ (J.) & HYMES (D.) (eds) : Directions in Sociolinguistics. The Ethnomethodology of Communication, pp. 346-380, New York: Holt, Rinehart & Winston. SEARLE (J.-R.) & VANDERVEKEN (D.) 1985. Foundations of Illocutionary Logic. Cambridge: Cambridge University Press. SINCLAIR (J.) & COULTHARD (R.-M) 1975. Towards an Analysis of Discourse. The English Used by Teachers and Pupils. Oxford: Oxford University Press.
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ANSCOMBRE (J.-C.) & DUCROT (O.) 1983. LArgumentation dans la langue. Bruxelles: Mardaga. DUCROT (O.) 1980. Les echelles argumentatives. Paris: Minuit ; Coll. propositions . 3 DUCROT (O.) 1984. Le dire et le dit. Paris: Minuit. 4 DUCROT (O.) et al. 1980. Les mots du discours. Paris: Minuit. 5 MOESCHLER (J.) 1982. Dire et Contredire. Pragmatique de la ngation et acte de rfutation dans la conversation. Berne: Lang. 6 MOESCHLER (J.) 1985. Argumentation et Conversation - Elments pour une analyse pragmatique du discours. Paris: Hatier-Crdif ; Coll. Langues et apprentissage des langues . 7 ROULET (E.) et al. 1985. L'articulation du discours en franais contemporain. Berne: Peter Lang.
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