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Comprendre la dénombrabilité en mathématiques

Ce document traite de la dénombrabilité des ensembles. Il définit ce qu'est un ensemble dénombrable et donne des exemples d'ensembles dénombrables et non dénombrables. Le document montre notamment que l'ensemble des réels n'est pas dénombrable.

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Comprendre la dénombrabilité en mathématiques

Ce document traite de la dénombrabilité des ensembles. Il définit ce qu'est un ensemble dénombrable et donne des exemples d'ensembles dénombrables et non dénombrables. Le document montre notamment que l'ensemble des réels n'est pas dénombrable.

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DENOMBRABILITE

P. Pansu 14 mai 2005

Motivation

Il y a til plus de r eels dans ]1, +[ ou dans lintervalle ]0, 1[ ? Oui, bien s ur. Des droites passant par lorigine dans le plan, il y en a-t-il autant en dessus ou en dessous de la bissectrice {x = y } (voir gure) ? Par sym etrie, il y en a clairement autant.

Or toute droite passant par lorigine (` a lexception de laxe Oy ) est repr esent ee par une equation de la forme y = ax, o` u a est la pente. Les droites situ ees au dessus de la bissectrice correspondent aux pentes a > 1, celle situ ees au dessous aux pentes 0 < a < 1. Il y aurait donc autant de r eels ]1, +[ ou dans lintervalle ]0, 1[ ? Et des rationnels, il y en a til plus dans R ? dans ]0, 1[ ? dans [0, 1] ? Il y a til plus de r eels que de rationnels ? On va voir que tous les ensembles innis ne sont pas equivalents, certains sont plus grands que dautres. On commence par etudier les plus petits dentre eux, ce sont les ensembles d enombrables.

2
2.1

Ensembles d enombrables
D enition

Rappel. Une application f : A B entre deux ensembles est une bijection si, pour tout y B , l equation f (x) = y poss` ede une et une seule solution x A. Dans ce cas, on note la solution x = f 1 (y ), et lapplication f 1 : B A sappelle lapplication r eciproque de f . Elle satisfait f f 1 = idB et f 1 f = idA . Pour v erier quune application f : A B est une bijection, il sut souvent de deviner son application r eciproque. En eet, sil existe g : A B telle que f g = idB et g f = idA , alors f est une bijection et g = f 1 . 1

D enition 1 Un ensemble E est dit d enombrable sil existe une bijection de E sur un sousensemble de lensemble N des entiers naturels. Exemple 2 Tout ensemble ni est d enombrable. Lensemble des entiers naturels pairs est d enombrable. Remarque 3 Une bijection sur un sous-ensemble de N, cest la m eme chose quune application injective E N. Plus g en eralement, sil existe une application injective de E dans un ensemble d enombrable, alors E est d enombrable. Proposition 4 Soit E un ensemble d enombrable inni. Alors il existe une bijection de N sur E . Autrement dit, on peut num eroter les el ements de E , i.e. ecrire E = {e0 , e1 , . . . , en , . . .}. Preuve. Soit A un sous-ensemble inni de N. Notons a0 son plus petit el ement, puis a1 le plus petit el ement de A \ {a0 }, puis a2 le plus petit el ement de A \ {a0 , a1 }, etc... Par r ecurrence sur n, on construit un el ement an de A, le n-` eme par ordre croissant, tel que les el ements de A qui sont inf erieurs ` a an sont exactement a0 < . . . < an1 . Comme A est inni, le proc ed e ne sarr ete jamais. Montrons quil epuise tous les el ements de A. Si x A, lensemble des el ements de A qui sont inf erieurs ou egaux ` a x est ni. Soit n le nombre de ses el ements. Alors x = an . Lapplication N A, n an est donc une bijection. Soit maintenant E un ensemble d enombrable inni. Par d enition, il existe un sous-ensemble A de N et une bijection f : A E . A est inni, donc il existe une bijection g : N A. Alors f g est une bijection de N sur E . Exemple 5 Lapplication fpair : n 2n est une bijection de N sur lensemble des entiers naturels pairs.

2.2

Exemples

Exercice 6 Montrer que N N est d enombrable. En d eduire que le produit dun nombre ni densembles d enombrables est d enombrable. Fin du cours n0 8 Solution de lexercice 6. N N est d enombrable. On se prom` ene dans un quadrant diagonale par diagonale. On pose g (0) = (0, 0), g (1) = (1, 0), g (2) = (0, 1), g (3) = (2, 0), g (4) = (1, 1), g (5) = (0, 2), g (6) = (3, 0),... Pour n N et 0 k n, +1) + k ) = (n, k ). On num erote ainsi tous les couples dentiers naturels. on pose g ( n(n2 On d enit h : N N N N N par la formule h(n, m) = (n, g (m)). On obtient ainsi une bijection de N2 = N N sur N3 . Par r ecurrence sur k , on montre ainsi que Nk est d enombrable. Soient E1 , . . . , Ek des ensembles d enombrables. Soit fi = Ei N une bijection sur un sousensemble de N. Alors E1 Ek Nk , (x1 , . . . , xk ) (f1 (x1 ), . . . , fk (xk )) est injective, donc cest une bijection sur son image, un sous-ensemble de Nk , qui est d enombrable, donc E1 Ek est d enombrable. Exercice 7 Montrer que Q est d enombrable. Solution de lexercice 7. Q est d enombrable. Tout rationnel s ecrit de fa con unique comme fraction r eduite x = p/q o` u q 1 et p q = 1. Lapplication f : Q Z N, f (x) = (p, q ) est injective, cest une bijection sur son image, un sous-ensemble de Z N. Comme Z N est d enombrable (exercice 6), Q est d enombrable. 2

Exercice 8 Soit (En )nN une famille d enombrable de sous-ensembles d enombrables dun ensemble enombrable. E . Montrer que la r eunion nN En est d Solution de lexercice 8. Unions d enombrables de d enombrables. Notons Fn = En \ (E1 En1 ). Alors nN En = nN Fn , et les Fn sont deux ` a deux disjoints. Soit fn : En N une injection. Pour x Fn , posons f (x) = (n, fn (x)). En juxtaposant enombrable. equent, nN En est d les fn , on obtient une injection de nN Fn dans NN. Par cons Exercice 9 Montrer que lensemble des polyn omes a ` coecients entiers est d enombrable. Montrer que lensemble des sous-ensembles nis de N est d enombrable. Solution de lexercice 9. Polyn omes a ` coecients entiers. A chaque polyn ome de degr e d, associons la suite (a0 , . . . , ad ) de ses coecients. On obtient ainsi une injection de lensemble Pd des polyn omes de degr e d, ` a coecients entiers, dans Zd+1 , qui est d enombrable. Comme lensemble des polyn omes ` a coecients entiers est la r eunion P , il est d e nombrable, dapr` e s lexercice 8. d d N Soit Fn lensemble des sous-ensembles ` an el ements de N. A un tel sous-ensemble, on associe la suite de ses el ements, rang es par ordre croissant. On obtient ainsi une injection de Fn dans Nn . Dapr` es lexercice 6, Fn est d enombrable. Lensemble des sous-ensembles nis de N est la r eunion enombrable, dapr` es lexercice 8. On peut aussi plonger cet ensemble dans nN Fn , donc il est d lensemble des polyn omes ` a coecients entiers, en associant ` a chaque sous-ensemble ni A de N le polyn ome iA ti . Exercice 10 Soit A = Q [0, 1] et B = Q]0, 1[. Existe-til une bijection de A sur B ? Solution de lexercice 10. Q [0, 1] nest pas plus grand que Q]0, 1[. A et B sont des sous-ensembles de Q, donc ils sont d enombrables. Ils sont tous les deux innis. Dapr` es la proposition 4, il existe une bijection f : N A et une bijection g : N B . Alors g f 1 est une bijection de A sur B . Voici un proc ed e pour construire explicitement une bijection de A sur B . Soit C B lensemble des nombres de la forme 2n , n 1, et D = C {0, 1}. Pour construire une bijection de D sur C , il sut de poser f (0) = 1/2, f (1) = 1/4 et, pour n 1, f (2n ) = 2n2 . On prolonge f par lidentit e sur A \ D = B \ C .

3
3.1

Ensembles non d enombrables


La droite r eelle

Th eor` eme 1 (Cantor). R nest pas d enombrable. Preuve. Il sut de trouver un sous-ensemble A de R qui nest pas d enombrable. Soit A lensemble des r eels compris entre 0 et 1 et dont le d eveloppement d ecimal ne comporte, apr` es la virgule, que des 1 et des 8, comme 0.88118188881111818881181888881.... On raisonne par labsurde. Supposons quil existe une bijection f : N A. Pour chaque n N, notons f (n) = 0.an,1 an,2 an,3 . . . an,k . . . o` u an,k vaut 1 ou 8. Soit x le r eel dont le d eveloppement d ecimal est x = 0.a1,1 a2,2 a3,3 . . . ak,k . . . et y = 1 x. Alors y A, car le d eveloppement d ecimal de y pr esente un 1 (resp. un 8) l` a o` u celui de x pr esente un 8 (resp. un 1). Il existe donc n N tel que f (n) = y . Or le n-` eme chire 3

de y vaut 9 an,n , alors que celui de f (n) vaut an,n , contradiction. On conclut que A nest pas d enombrable, donc que R nest pas d enombrable. Fin du cours n0 9 Corollaire 11 Lensemble des nombres irrationnels nest pas d enombrable. Preuve. Par labsurde. Comme Q est d enombrable, si R \ Q etait d enombrable, la r eunion R serait d enombrable, contradiction. D enition 12 Un nombre r eel ou complexe x est alg ebrique sil existe un polyn ome P non nul, a ` coecients entiers, tel que P (x) = 0. Un nombre qui nest pas alg ebrique est dit transcendant. Exemple 13 2, 2 + 3 sont alg ebriques. En eet, 2 est racine de P (x) = x2 2, 2 + 3 est racine de Q(x) = x4 10x2 + 1. Il est moins facile de donner un exemple de nombre transcendant. Proposition 14 Il existe des nombres r eels transcendants. Preuve. Montrons que lensemble des nombres alg ebriques est d enombrable. Dapr` es lexercice 9, lensemble des polyn omes non nuls, ` a coecients entiers, est d enombrable. On peut donc num eroter ses el ements P0 , P1 , . . . , Pk , . . .. Pour chaque entier k , notons Zk lensemble ni des es lexercice 8, il est racines de Pk . Alors lensemble des nombres alg ebriques est kN Zk . Dapr` d enombrable. A fortiori, lensemble des nombres r eels alg ebriques est d enombrable. Comme R nest pas d enombrable (th eor` eme 1), il existe des nombres r eels non alg ebriques, i.e. transcendants.

3.2

Equipotence

Les exemples qui pr ec` edent donnent envie de poser des questions plus g en erales. D enition 15 Soient E et F deux ensembles. On dit que E et F sont equipotents sil existe une bijection de E sur F . Exemple 16 Deux ensembles nis sont equipotents si et seulement si ils ont le m eme nombre d el ements. Deux ensembles d enombrables innis sont toujours equipotents (proposition 4). R nest pas equipotent a ` Q (th eor` eme 1). Deux intervalles de R, non r eduits a ` un point, sont equipotents (voir exercice 17 et la feuille dexercices). Exercice 17 Soit [a, b[ un intervalle semi-ouvert. Montrer que [a, b[ est equipotent a ` R. Solution de lexercice 17. Les intervalles sont equipotents. Soit C ]a, b[ lensemble des nombres de la forme a + 2n (b a), n 1, et D = C {a}. Pour construire une bijection de D sur C , il sut de poser f (a) = (a + b)/2 et, pour n 1, f (a + 2n (b a)) = a + 2n1 (b a). On prolonge f par lidentit e sur [a, b[\D =]a, b[\C . On obtient une bijection de [a, b[ sur ]a, b[, lequel est equipotent ` a R. Voici un th eor` eme qui va aider a ` prouver que deux ensembles sont equipotents. Th eor` eme 2 Cantor-Bernstein). Si E est equipotent a ` un sous-ensemble de F et F est equipotent a ` un sous-ensemble de E , alors E et F sont equipotents.

Preuve. On traite dabord le cas particulier o` u F est un sous-ensemble de E contenant un sous-ensemble A equipotent ` a E . On a d ej` a fait ce travail ` a plusieurs reprises, dans le cas o` u F est le compl ementaire dun ou deux points dans E (exercices 10 et 17). Soit g : E A une bijection. Soit C0 = E \ F . Alors C1 = g (C0 ) est disjoint de C0 puisquil est contenu dans F . De m eme, C2 = f (C1 ) est disjoint de C0 et de C1 . En eet, il est contenu dans g (g (E )) g (A) g (F ) F alors que C0 est disjoint de F et C1 disjoint de g (F ). Posant Ci+1 = g (Ci ), on construit ainsi une suite densembles deux ` a deux disjoints. On pose C = iN Ci et D = i1 Ci . Alors g induit une bijection de C sur D. On compl` ete avec lidentit e de E \ C = F \ D. Le cas g en eral se ram` ene au cas particulier.

3.3

Davantage densembles equipotents ` aR

Exercice 18 Montrer que lensemble NN des suites dentiers est equipotent a ` R. Solution de lexercice 18. NN est equipotent a ` R. On code un r eel par son signe (0 ou 1), le nombre de chires avant la virgule, puis la suite des chires du d eveloppement d ecimal (lorsquil y en a deux, on choisit celui qui ne se termine pas par une suite de 9). Cela donne une bijection de R sur un ensemble de suites dentiers. Inversement, etant donn ee une suite dentiers (un ), on convertit chaque un en en une suite, celle qui vaut 1 un fois, puis toujours 0 ensuite. Autrement dit, on pose vn,i = 1 pour i un et vn,i = 0 sinon. On code donc les suites dentiers par des suites doubles de 0 et de 1, i.e. des suites index ees par N N et ` a valeurs dans {0, 1}. En utilisant une bijection f : N N N (exercice 6), une suite double devient une suite simple (vf (n) )nN . On code enn cette suite en un r eel, celui dont le d eveloppement d ecimal est 0.vf (0) vf (1) . . . vf (n) . . .. Comme les r eels construits nont pas de 9 dans leur d eveloppement d ecimal, il nont quun seul d eveloppement d ecimal, donc deux suites distinctes donnent deux r eels distincts. On obtient ainsi une bijection entre lensemble NN des suites dentiers et un sous-ensemble de R. En appliquant le th eor` eme 2, on conclut que NN et R sont equipotents.

3.4

Des ensembles tr` es grands

Th eor` eme 3 (Cantor). Soit E un ensemble. Alors E nest pas equipotent a ` lensemble P(E ) des sous-ensembles de E . Preuve. Par labsurde. Supposons quil existe une bijection f : E P(E ). Soit F = {x E |x / f (x)}. Alors F est un sous-ensemble de E , donc il existe e E tel que F = f (e). Supposons que e F . Alors e f (e), donc, par d enition de F , e / F , contradiction. Par cons equent, e / F. Mais alors e / f (e), donc, par d enition de F , e F , contradiction ` a nouveau. On conclut que E et P(E ) ne sont pas equipotents. Corollaire 19 Lensemble des parties de R nest ni d enombrable, ni equipotent a ` R. Exercice 20 Montrer que lensemble RR des fonctions de R dans R nest ni d enombrable, ni equipotent a ` R. Solution de lexercice 20. RR est plus grand que R. On code chaque sous-ensemble A de R par sa fonction caract eristique, d enie par A (x) = 1 si x A, A (x) = 0 sinon.

On obtient une bijection de lensemble des parties de R sur un sous-ensemble de lensemble des fonctions RR . Si RR etait equipotent ` a un sous-ensemble de R, il en serait de m eme de lensemble des parties de R, dapr` es le th eor` eme 2, or ce nest pas vrai, th eor` eme 3. On conclut que RR nest pas equipotent ` a R ou ` a un sous-ensemble de R. 5

3.5

Lhypoth` ese du continu

Un sous-ensemble de N qui nest pas ni est equipotent ` a N (proposition 4). Un sous-ensemble de R qui nest pas d enombrable est-il equipotent ` a R ? Ce nest pas certain. On appelle cet enonc e hypoth` ese du continu. La question de savoir si lhypoth` ese du continu est vraie ou non d epend des axiomes sur lesquels on saccorde pour fonder la th eorie des ensembles. Cohen a d emontr e en 1963 quil est impossible de d emontrer lhypoth` ese du continu, et quil est impossible de d emontrer son contraire, ` a partir de laxiomatique dite ZFC (pour Zermelo-Frenkel + axiome du choix), qui est le cadre admis par la plupart des math ematiciens. Il nen est sans doute pas de m eme si on admet les axiomes suppl ementaires sur lesquels saccordent les sp ecialistes de th eorie des ensembles. Fin du cours n0 10

Familles sommables

On a appris ` a sommer des s eries, i.e. ` a additionner tous les termes dune suite innie de r eels. On va voir que pour les s eries a ` termes positifs, lordre dans lequel on somme na pas dimportance. En fait, on peut consid erer des familles de nombres num erot es par un ensemble d enombrable quelconque. D enition 21 Soit E un ensemble d enombrable. Soit (ue )eE une famille de r eels positifs ou nuls index ee par E , i.e. une application e ue de E dans R+ . On dit que la famille (ue )eE est u F est un sous-ensemble ni de sommable si lensemble des sommes nies de la forme eF o` E , est major e. Si cest le cas, on pose ue = sup{ ue | F E, F ni}.

eE

eF

Exemple 22 Soit (un )nN une suite de r eels positifs ou nuls. Alors (un ) est une famille sommable si et seulement si la s erie de terme g en eral (un ) est convergente, et les deux d enitions de la somme co ncident. Ce que la d enition 21 fait appara tre, cest que lordre dans lequel on prend les termes ne joue aucun r ole. Exemple 23 Soit (um,n )((m,n)NN la suite double de r eels positifs ou nuls d enie par um,n = 2mn . Alors (um,n ) est sommable et sa somme vaut 4. En eet, si F N N est ni, il est contenu dans un carr e {m N, n N }, donc um,n
(m,n)F

um,n
m, nN N N

(
m=0 n=0 N

2 m n )
N

=
m=0 N

2 m (
n=0

2 n )

(
n=0

2n )2 = 4(1 2N 1 )2 4.

Les sommes partielles sont born ees, donc la famille (um,n ) est sommable. Elles sont inf erieures ` a 4, donc la somme est 4. Il y a des sommes partielles, celles correspondant aux carr es {m N, n N }, pour lesquelles la somme est arbitrairement proche de 4, donc la somme vaut 4. On termine par une proposition qui autorise ` a sommer par paquets. 6

Proposition 24 Soit E un ensemble d enombrable, et E = aA Ea une partition de E en sousensembles deux a ` deux disjoints. Soit (ue )eE une famille sommable index ee par E . Alors les ue est sommable, enie par sa = sous-familles (ue )eEa sont sommables, la famille (sa )aA d
eEa

et

eE ue =

aA sa .

Preuve. Soit a A. Si F est un sous-ensemble ni de Ea , alors eF ue eE ue . Les sommes partielles de la famille (ue )eEa sont born ees, donc cette famille est sommable, de somme sa . Soient a, a A. Si F est un sous-ensemble ni de Ea Ea , alors ue
eF

=
eF Ea

ue +
eF Ea

ue

sa + sa , donc la famille (ue )eEa Ea est sommable, et et F Ea sont des ensembles nis, ue +
eF eF eEa Ea

ue sa + sa . Inversement, si F Ea ue

ue

=
eF F

ue ,
eEa Ea

donc, en prenant la borne sup erieure sur tous les F puis sur tous les F , sa + sa =
eEa Ea

ue

ue .
eE

Cette propri et e s etend par r ecurrence ` a tout sous-ensemble ni B = {a1 , . . . , an } de A,


aB

sa

ue .
eE

Cela prouve que la famille (sa )aA est sommable, avec aA sa eE ue . Soit F un sous-ensemble ni de E . Alors F nintersecte quun nombre ni des Ea , les Ea tels que a B . Alors ue =
eF aB eF Ea

ue

aB

sa

sa .
aA

Par cons equent, ue =


eE

sup
F E, F ni eF

ue

sa .
aA

On conclut que

eE

ue =

aA sa .

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