Les occasions de ne pas se réjouir de voir le monde tel qu’il va sont nombreuses. Je ne fais pas allusion ici aux guerres qui ensanglantent des territoires entiers, ou à nos avenirs « démocratiques » promis aux bateleurs de foire de droite et de gauche, qui ont le vent en poupe. L’évocation quotidienne de ces calamités finissent par engendrer, du moins chez moi, une mise à distance du monde médiatique et de ses nouvelles qui nous écorchent, comme dit le poème.
C’est en parcourant la présentation du rapport des Etats généraux de la lecture pour la jeunesse, sur le site du ministère de la Culture, que la déprime m’a saisi. Une seule donnée figure dans cette courte introduction, suffisante pour m’accabler : 40% des 16-19 ans ne lisent aucun livre ! 40% ! Ce pourcentage était de 10% en 1970.
Le rapport en question a été rendu public le 17 avril. Cela fait douze jours. Je n’ai jusque-là ni entendu ni lu une quelconque réaction des bateleurs de foire évoqués plus haut, qui considèrent sans doute que c’est là une nouvelle sans grande importance, dont il n’y a aucun bénéfice politique à tirer. Ils préfèrent poursuivre leurs batailles de chiffonniers, pleurer la défaite d’un satrape hongrois, nous divertir avec les amours de printemps d’un apprenti fasciste et d’une princesse à particule, ou nous faire croire qu’un nouveau Zola dreyfusard est né avec Eric Coquerel se portant au secours de Master Poulet du côté de Saint-Ouen. Et puis il y a bientôt la présidentielle, on ne va pas gâcher la fiesta électorale avec la technologisation à outrance et la crétinisation de la jeunesse via les réseaux sociaux.
Le 18 avril, au lendemain de la parution de ce rapport, la désertion des jeunes vis-à-vis du livre aurait dû être illico déclarée catastrophe nationale. Ne pas l’avoir fait est une preuve supplémentaire de la médiocrité de la classe politique de ce pays.
Les livres
29 avril 2026 par Floréal
… ceci dit, très cher Floréal, on a vu très récemment d’énormes succès de librairie pour les… « bouquins » (?) de ces messieurs Sarkozy, de Villiers, Bardella…
Il doit être des circonstances ou ne pas lire fait un bien fou !
L’ignorance, c’est la force, réplique culte orwellienne de 1984.
Ne pas lire « dé-livre »… époque fascisante, si les nazis brûlaient les livres, les étatsuniens censurent de plus en plus de livres, alors que Donald ne lit rien et fonctionne comme la majorité de la population « à l’oral, aux visuels, à la télé et aux réseaux asociaux ».
Eh bien, Floréal, si c’est pour lire des conneries sur l’anorexie des auteurs ou leur traumatisme en tant que victime de pédophiles quand il ne s’agit pas d’histoire de deuil familial, quel intérêt ? Se réunir entre potes autour d’un baby foot est plus sympa. Comment, ils ne le font pas non plus ? Y’en a plus, que des écrans allumés sur Cnews dans les rades ? Mes illusions s’écroulent…