Durant des décennies, à Cuba, le régime castriste a organisé des « actes de répudiation » (voir textes ci-dessous) contre les personnes qui émettaient des critiques envers la dictature. Cela consistait à regrouper, devant le domicile de ces personnes, des partisans du régime vociférant des injures et des slogans ineptes. Il arrivait même parfois qu’on souille la façade de la maison de l’opposant, à coups de peinture ou de goudron. Quand le besoin s’en faisait sentir, le Parti communiste embrigadait dans ces actions répugnantes, pour faire masse, des employés de l’Etat et des habitants de tel ou tel quartier, tenus, sous peine de sanction prévisible, d’y prendre part. Des « volontaires désignés d’office », en quelque sorte. Il est même arrivé parfois qu’on y fasse venir des enfants et adolescents des collèges ou lycées lorsque le « coupable » était un enseignant. Aujourd’hui, en France, de pareilles meutes existent, à cette différence près que les participants sont de véritables volontaires. Aucun des nervis qui les composent ne s’y trouve obligé par crainte de perdre son emploi ou de se voir à son tour vilipender par les hurleurs et cogneurs militants. Longtemps, ces actes abjects restèrent le fait de l’extrême droite et des groupes religieux intégristes, catholiques ou islamistes, qu’on vit s’en prendre à des projections de films ou des expos dont le contenu heurtait leur fanatisme. Aujourd’hui, ce goût malsain pour la censure par action violente se répand bien au-delà. On vient de le voir à Grenoble où une bande d’abrutis haineux, mais de gauche, est venue interrompre la prestation d’une artiste « coupable » de penser et d’agir autrement qu’eux. Evidemment, pour justifier de pareils comportements qui amènent à jeter des bouteilles de verre sur une personne en scène, les militants endoctrinés et leurs amis nous servent à profusion leurs marchandises mentales, qu’ils appellent des opinions politiques. Quand en vérité, quelles que soient ces dernières, il faut être d’une médiocrité sans pareille, humainement parlant, pour se livrer de plein gré, à La Havane, Trifouillis-les-Oies ou Grenoble, à ce type de saloperie.
Mariano Rajoy, ancien président du gouvernement espagnol de 2011 à 2018, allergique aux couleurs de peau autres que la sienne et qui vient de se distinguer une nouvelle fois en affirmant que l’équipe de France de football ne comptait pas de Français, est ce même salopard qui, en novembre 2017, après qu’une rue d’une ville de Galice portant le nom d’un militaire putschiste et franquiste avait été débaptisée pour se voir attribuer celui de la poétesse galicienne Rosalia de Castro, affirmait que pour sa part il continuerait d’évoquer cette rue sous son ancien nom. Cette canaille était alors chef d’un gouvernement dit démocratique et il ne voyait pas pourquoi, avait-il déclaré, cette rue devait changer de nom.
Melaine Favennec s’en est allé. Encore un artiste que notre équipe du Forum Léo-Ferré avait programmé et qui vient de nous quitter. Melaine était un homme charmant, qui a chanté sa Bretagne natale sans en faire un pré carré barbelé, lui qui disait « mon pays c’est l’univers, l’univers ça commence là où je suis ». Il a mis en musique des poètes, et je me souviens avec émotion du spectacle qu’il a consacré à Max Jacob au Forum. Salut Melaine !
Il y a cinq ans exactement, le 11 juillet 2021, éclataient des manifestations massives dans une cinquantaine de villes cubaines, marquant un tournant dans l’histoire contemporaine de ce pays. Ce jour-là, des centaines de milliers de Cubains, excédés par les problèmes permanents de nourriture, de coupures de courant et d’absence de libertés fondamentales, se lancèrent dans les rues aux cris de « Liberté ! », « A bas la dictature ! » ou « La patrie et la vie ! », slogan répondant à celui du régime castriste « La patrie ou la mort ! ».
La réponse du régime au pouvoir sans partage depuis près de soixante-dix ans fut la même que celle de tous les pays communistes ayant connu une contestation d’importance : arrestations massives, procès expéditifs et lourdes peines de prison. « L’ordre de combat a été donné », déclara alors devant les caméras de la télévision nationale le pantin Miguel Díaz-Canel, qui sert de président de la République et dont Raoul Castro tient les ficelles. « On a choisi d’emprisonner, de frapper, de surveiller, d’expulser et de semer la peur », écrit Yoani Sánchez, opposante historique à la dictature. Le prix à payer a été très lourd pour cette population cubaine, aujourd’hui dans un état de fatigue et de désespérance terrible. « Au cours de ces cinq dernières années, Cuba a perdu plus d’un million d’habitants en raison de l’émigration, selon les estimations d’experts indépendants. Les autorités elles-mêmes reconnaissent un effondrement démographique spectaculaire. Les jeunes partent en masse, les familles se fracturent et les voisins apprennent à se dire adieu à un rythme qui rappelle les temps de guerre », poursuit la journaliste indépendante du site « 14yMedio ». Cinq ans après, cette répression n’a fait que s’accentuer. L’association Prisoners Defenders, basée à Madrid, qui a récemment rendu public son rapport mensuel, fait état de plus de 2100 arrestations pour raisons politiques depuis ce fameux 11 juillet 2021, dont 2000 directement liées aux événements de ce jour-là. Cette organisation dénombre 1306 prisonniers politiques en ce début de mois de juillet 2026, record absolu depuis des décennies, dont une quarantaine de mineurs au moment de leur arrestation. Le rapport de Prisoners Defenders indique par ailleurs que 458 de ces prisonniers souffrent de pathologies graves et 53 de troubles psychiatriques sévères, privés de soins adaptés. « Le régime ne se limite plus aux manifestants ; il s’en prend désormais à tous ceux qui sont capables d’informer, d’influencer ou de mobiliser la société. Le régime agit désormais de manière préventive. Il veut empêcher qu’une manifestation comparable à celle du 11 juillet puisse se reproduire. Il ligote le peuple cubain par la surveillance numérique, les contrôles, les arrestations et les intimidations avant même que la contestation ne s’exprime », explique Javier Larrondo, président de Prisoners Defenders. C’est en effet sur internet que s’effectue principalement la répression exercée par le régime castriste. Quiconque publie sur les réseaux sociaux pour dénoncer les coupures de courant, les pénuries alimentaires ou pour exprimer une critique quelconque, risque de se voir arrêté et poursuivi pour « sédition », « rébellion », « propagande ennemie », voire « espionnage ». Rien n’a donc changé dans cette dictature des Caraïbes, sinon en pire. « S’il devait faire face aujourd’hui à une mobilisation d’une ampleur comparable à celle de 2021, le gouvernement cubain la réprimerait de la même manière, voire plus durement encore », estime Javier Larrondo. De son côté, l’association Justicia 11J, qui a recensé dans le détail, de manière remarquable, toutes les victimes de la répression des manifestations de 2021, affirme que les années écoulées depuis lors constitue cinq années sans justice, mais les soixante-deux années qui ont précédé ces événements l’ont été tout autant. « Le résultat est là, devant nous : un pays plus triste, plus pauvre, plus vieillissant et plus cassé encore que celui qui était descendu dans la rue ce 11 juillet-là », conclut Yoani Sánchez.
A une personnalité politique près, j’aurais pu titrer ce billet « Les douze salopards », c’est dommage. Détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics ou complicité de détournement de fonds publics. Ce sont là les délits commis par onze membres de l’ex-Front national devenu Rassemblement national. Tous condamnés. Malgré sa condamnation, Mme Le Pen continuera de siéger à l’Assemblée et même de présider son groupe parlementaire. Elle sera peut-même candidate à l’élection présidentielle, porteuse d’un bracelet électronique, une grande nouveauté républicaine. Bruno Gollnish, malgré sa condamnation, continuera d’être député européen. Malgré sa condamnation, Louis Aliot continuera d’être maire de Perpignan. Nicolas Bay, devenu fan de Zemmour, cet autre habitué des tribunaux, continuera, malgré sa condamnation, à siéger au Parlement européen. Malgré sa condamnation, Catherine Griset demeurera députée européenne. Julien Odoul et Thimotée Houssin restent respectivement députés de l’Yonne et de l’Eure, malgré leurs condamnations. La politique est l’un de ces domaines – et peut-être même le seul – où, bien qu’ayant tapé dans la caisse, on peut tranquillement continuer à exercer, mains sales et tête haute. Il se trouve d’ailleurs, pour épauler ces malpropres, une foule d’électeurs dont la corruption morale est telle qu’elle ne voit rien de définitivement condamnable dans ces agissements de scélérats. De mon côté, je continue à me tenir à l’écart des bureaux de vote et à fréquenter nombre d’anarchistes. Des gens sans foi ni loi…
La politique ne fut jamais avare, via ses professionnels et ceux qui les soutiennent, de saloperies immondes, dans les comportements comme dans les déclarations. Reconnaissons toutefois que la droite, qu’on la qualifie de modérée ou d’extrême, s’est très longtemps et très nettement distinguée dans ce registre, tant par la quantité que par la teneur écœurante desdites saloperies. Il n’est guère que les staliniens, dans leur époque triomphante, pour avoir su rivaliser avec leurs concurrents d’en face. Mais comme d’autres, que l’on croyait précisément l’apanage de ces droites, ce domaine est aujourd’hui largement concurrencé par une gauche dite radicale qui, pour des raisons en partie dictées par des calculs électoralistes par nature malsains, n’hésite plus à se vautrer dans l’abjection. Après que l’agitée du bocal Rima Hassan – dont la mise sur le devant de la scène par la coterie dirigeante de la France insoumise en dit déjà long sur l’absence totale d’éthique élémentaire dans ce mouvement – s’est trouvé de nouvelles idoles chez les fous furieux fanatiques de l’Armée rouge japonaise responsables de l’attentat de Lod en 1972*, une bourgeoisie de gauche pétitionnaire, dans un élan de bassesse morale rarement atteinte, a cru bon de faire savoir publiquement qu’elle soutenait la foldingue attitrée de LFI, mise en examen pour une apologie du terrorisme que ces faussaires tentent de faire passer pour un simple soutien à la Palestine. Je souhaite à cette clique de se trouver dans un aéroport le jour où d’autres fanatiques auront décidé de tirer dans le tas pour soutenir une quelconque cause sacrée.
Thierry en 2011, pour les 30 ans de Radio-Libertaire (Photo : Eric.)
La période de l’après-Mai 68 vit arriver une génération de militants, alors âgés d’une vingtaine d’années, à la Fédération anarchiste. J’avais pour ma part intégré le groupe montmartrois Louise-Michel à la fin de 1970. C’est là que j’ai connu Thierry Porré, qui y adhéra en 1972. C’était un camarade qu’il fut d’emblée agréable de fréquenter, car bon vivant, comme on dit, et très fraternel. Dans ces années 70 du siècle dernier, avec un troisième compagnon, Gérard Paris, nous avions cohabité dans un appartement du quartier Barbès, à Paris, dont la mère de Thierry était propriétaire. Ce fut une période heureuse, bien que parfois agitée, la générosité de Thierry le poussant à accueillir de temps à autre quelques « chats perdus » qui ne furent pas tous reconnaissants. Parmi les souvenirs accumulés au long de nos parcours, je conserve précieusement cette photo prise dans la montagne, près de Barcelonnette, dans les Alpes de Haute-Provence, où Thierry, alors objecteur de conscience, effectuait un service civil. Porté sur le syndicalisme, Thierry quitta la Fédération anarchiste en 1975 pour rejoindre l’Alliance syndicaliste, où il demeura jusqu’à la dissolution de cette organisation en 1981. Avec d’autres membres de l’Alliance, il revint alors à la Fédération anarchiste, au sein de laquelle ils formèrent le groupe Pierre-Besnard. Parvenu à l’âge de la retraite, il était parti vivre avec sa compagne, Fabienne, à Bordeaux où il vient de mourir. Rédacteur régulier du Monde libertaire, particulièrement sur les questions syndicales, Thierry laissera surtout à ceux qui, en dehors du monde militant, ne le connaissaient pas personnellement le souvenir sympathique d’un passionné de blues, lui qui fut, jusqu’à son départ de Paris, l’animateur de « Blues en liberté », l’émission de radio qu’il avait lancée dès 1981, année de naissance de Radio-Libertaire. A Bordeaux, il avait d’ailleurs continué dans ce registre en proposant une émission hebdomadaire, « Bordeaux Blues », sur l’antenne de La Clé des Ondes. Tous les autres, ceux qui l’ont connu et ont apprécié son amitié chaleureuse, partageront une immense peine. Salut Thierry.
Fête du PSU en 1973. Thierry est ici sur la droite de la photo, en compagnie de Wally Rosell et moi-même.
De Macron à Mélenchon, en passant par une foule de personnalités de la politique et du « monde des lettres » apprivoisé, auxquels s’ajoutent nombre d’anonymes, les hommages ont dégouliné à l’annonce de la mort d’Edgar Morin. Cette avalanche de bons sentiments, pour ne pas dire de cucuterie moutonnière, n’est pas sans rappeler celle que déclencha, il y a quelques années, la disparition de cette autre idole de la gauche que fut Stéphane Hessel*, qui, après quarante ans de carrière dans la diplomatie, ne trouva des raisons de s’indigner qu’à l’âge de la retraite. Il appartient bien sûr à chacun de penser ce qu’il veut de celui qu’on présente comme un « grand témoin de son temps ». Pour ma part, son prêt-à-penser dans le sens du poil et ses déclarations où la niaiserie le disputait souvent à un opportunisme détestable me l’ont toujours fait considérer, au mieux, comme le Paulo Coelho de la pensée philosophique avec ses innombrables tartines de banalités. Depuis l’annonce de sa mort, ses thuriféraires y sont allés abondamment dans les citations de l’illustre défunt. Je ne voudrais pas manquer de me joindre à cet élan en publiant ci-dessus trois écrits du monsieur qui montrent qu’il ne sut pas seulement être à mes yeux un penseur médiocre, ce qui n’est pas dramatique tant le spectacle médiatique en offre, mais aussi parfois un homme assez rebutant.
A propos de son ami Tariq Ramadan « A t-il violé trois femmes ou ont-elles violé trois fois la vérité ? » On notera ici que pour désigner les mensonges supposés de ces trois femmes, d’un côté, et des crimes sexuels, de l’autre, Edgar Morin emploie le même verbe « violer ». Charmant.
Mémoires d’un frotteur « J’empruntais donc le métro matin et soir. Je prenais le matin le métro à la station Ménilmontant, direction Porte-Dauphine, pour me rendre au lycée, et rentrais le soir par la station Anvers, direction Nation. À l’aube, les wagons étaient bondés. Il fallait souvent pousser et savoir s’infiltrer pour y pénétrer. On y était serrés comme des sardines. Parfois, le hasard, que je provoquais quelque peu, me plaquait tout contre une croupe émouvante. C’est plus tard, quand j’eus dix-sept-dix-huit ans, que j’osais parfois caresser un bel oméga qui provoquait en moi le frisson cosmique. Si la croupe ne se rebellait pas, nous restions, le temps de quelques stations, en communion sidérale, jusqu’à ce que l’un des deux corps s’arrache à l’autre, arrivé à destination. […] À partir de 12-13 ans, je cherchais le contact d’une croupe féminine qui souvent ne réagissait pas, parce que condamnée à l’immobilité. L’érection survenait et je demeurais dans une volupté mystique et muette qui se déchirait brutalement quand l’adorable croupe se dégageait pour sortir, ou que moi-même devais m’en arracher pour descendre à la station Anvers. Je ne sais si je l’ai déjà mentionné, mais j’en ai fini par perdre un bouton de braguette, qui longtemps ne fut pas remplacé, car je n’osais en parler à mon père et n’avait personne pour le recoudre. À partir de seize ans je m’enhardissais parfois à glisser ma main sur la croupe émouvante et commençais à caresser. Je m’arrêtais s’il y avait un sursaut de répulsion, continuais si pas de réaction. Parfois, j’entrevoyais un profil féminin qui décuplait mon émotion. Plus tard encore, il m’est arrivé de descendre de la rame avec une de mes caressées et de lui adresser la parole. Mais les quelques mots que je lui bredouillais pour exprimer mon trouble avaient tôt fait de dissiper le charme de part et d’autre. C’est très rarement que j’ai pu entamer une relation par une rencontre dans le métro. » (Mon Paris, ma mémoire, Fayard, 2013) En cas de réédition, on espère une préface de Gérard Miller…
A propos des deux millions de femmes allemandes violées par les soldats de l’Armée rouge en 1944-45 « Nous n’en sommes pas contents, mais nous pensons qu’elles doivent se montrer bien heureuses, ces Allemandes, de voir que la revanche ne va pas plus loin. Cela dit, bénissons les enfants à naître de ces unions slavo-aryennes, et passons à des choses plus sérieuses. » (L’an zéro de l’Allemagne, 1946) On dira, bien sûr, que c’est écrit dans l’immédiate après-guerre, avec le souvenir encore très présent des innombrables horreurs commises par les nazis. Quand même, imagine-t-on un René Char ou un Albert Camus, pour rester dans le monde intellectuel résistant, écrire une telle saloperie ?
Il était enfin temps qu’un homme de parole se présente à la présidentielle ! Bon, cela dit, plaisanterie mise à part, tous ces reniements, ces promesses non tenues, ces mensonges ne relèvent-ils pas d’une longue tradition chez les politiques ? Et quoi de plus beau que la tradition ? Par ailleurs, depuis le temps que tout ce cirque dure, les promesses non tenues et l’absence totale d’une éthique des plus élémentaires nuisent-elles vraiment à la fonction ?
Les occasions de ne pas se réjouir de voir le monde tel qu’il va sont nombreuses. Je ne fais pas allusion ici aux guerres qui ensanglantent des territoires entiers, ou à nos avenirs « démocratiques » promis aux bateleurs de foire de droite et de gauche, qui ont le vent en poupe. L’évocation quotidienne de ces calamités finissent par engendrer, du moins chez moi, une mise à distance du monde médiatique et de ses nouvelles qui nous écorchent, comme dit le poème. C’est en parcourant la présentation du rapport des Etats généraux de la lecture pour la jeunesse, sur le site du ministère de la Culture, que la déprime m’a saisi. Une seule donnée figure dans cette courte introduction, suffisante pour m’accabler : 40% des 16-19 ans ne lisent aucun livre ! 40% ! Ce pourcentage était de 10% en 1970. Le rapport en question a été rendu public le 17 avril. Cela fait douze jours. Je n’ai jusque-là ni entendu ni lu une quelconque réaction des bateleurs de foire évoqués plus haut, qui considèrent sans doute que c’est là une nouvelle sans grande importance, dont il n’y a aucun bénéfice politique à tirer. Ils préfèrent poursuivre leurs batailles de chiffonniers, pleurer la défaite d’un satrape hongrois, nous divertir avec les amours de printemps d’un apprenti fasciste et d’une princesse à particule, ou nous faire croire qu’un nouveau Zola dreyfusard est né avec Eric Coquerel se portant au secours de Master Poulet du côté de Saint-Ouen. Et puis il y a bientôt la présidentielle, on ne va pas gâcher la fiesta électorale avec la technologisation à outrance et la crétinisation de la jeunesse via les réseaux sociaux. Le 18 avril, au lendemain de la parution de ce rapport, la désertion des jeunes vis-à-vis du livre aurait dû être illico déclarée catastrophe nationale. Ne pas l’avoir fait est une preuve supplémentaire de la médiocrité de la classe politique de ce pays.
"Nous sommes décidés à supprimer la politique pour la remplacer par la morale. C'est ce que nous appelons une révolution"
Albert Camus
"Assez de chialage ! On va arrêter de se fier à tout le monde. On va se cracher dans les mains. Au fond, la vie, c'est peut-être ça : se cracher dans les mains"
Félix Leclerc
"Parler de liberté d'expression n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre"
George Orwell