En février 2026, Lomé a accueilli un moment fondateur pour le projet de recherche international PAGENS – Pathways, Ages, Generations in the Global North and South. Pendant cinq jours, chercheur·ses, partenaires institutionnels et professionnel·les de la médiation scientifique se sont retrouvé.es à l’Agora Senghor pour une série de rencontres mêlant discussions scientifiques et ateliers méthodologiques.
Les deux premiers jours étaient consacrés à la réunion officielle de lancement du projet (kick-off meeting). Ils ont été suivis de trois journées de formation consacrées aux innovations méthodologiques et aux approches artistiques en sciences sociales.
Ce moment marque le point de départ d’un projet international financé par l’Union européenne dans le cadre des actions Marie Skłodowska-Curie (Horizon Europe), qui réunira pendant quatre ans des équipes de recherche situées en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud. Mais au-delà des présentations institutionnelles et des discussions scientifiques, cette première rencontre avait aussi une autre fonction : faire exister le collectif de recherche qui portera PAGENS dans les années à venir.
Se rencontrer : les premières heures d’un projet international
Il y a 1 an et demi, se retrouvait dans la bibliothèque du Centre Français des Études Éthiopiennes à Addis-Abeba (ou en ligne pour les moins chanceux·ses) une partie des chercheur·ses qui assument aujourd’hui la responsabilité des Workpackages, représentent leur institution ou tout simplement prennent part au projet. Premières rencontres et premiers enthousiasmes scientifiques pour les un·es, retrouvailles et volonté de travailler ensemble pour d’autres. Une semaine financée par l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche – programme MRSEI – montage de réseaux scientifiques internationaux) pour plancher sur ce qui allait devenir le projet PAGENS.
Le projet PAGENS est en effet l’aboutissement d’un travail collectif initié au sein du réseau APaSuN (Ages, Parcours aux Suds et aux Nords), qui avait permis de rassembler un groupe international de chercheur·ses travaillant sur les parcours de vie, les catégories d’âge et les relations intergénérationnelles dans différents contextes sociaux.
Ce lundi matin, dans l’espace lumineux de l’Agora Senghor à Lomé, les participant·es se retrouvent : certain·es arrivé·es dès le vendredi ont déjà eu l’occasion d’échanger durant le week-end. Nombreux·ses étaient présent·es à une première réunion informelle en bord de plage le dimanche pour parler mobilités, remplir des tableaux Excel entre crevettes, calamars, bissap et jus d’ananas. Certain·es viennent d’Europe (Finlande, Italie, France notamment), d’autres d’Afrique (Éthiopie, Djibouti, Burkina Faso) ou d’Amérique latine, avec deux collègues qui ont voyagé de longues heures depuis la Colombie.

Le tour de table qui ouvre la réunion permet de mesurer l’ampleur du consortium : universités, centres de recherche, organisations de la société civile et bureaux d’études participent au projet. C’est en effet Insuco, bureau d’études en sciences et durabilité sociales, qui a été à la manœuvre pour organiser ce premier évènement. Anthropologues, sociologues, psychologues, linguistes ou historiens y croisent leurs perspectives.

Très vite, les discussions dépassent la simple présentation des institutions. Chacun·e évoque ses terrains, ses objets de recherche, les contextes dans lesquels elle ou il travaille. Les échanges font apparaître des questions communes : comment les parcours de vie se transforment-ils dans des sociétés marquées par des crises économiques, politiques ou environnementales ? Comment aborder cette question en croisant des épistémologies des Suds et des Nords ?

Étudier les parcours et les âges de la vie à l’échelle globale
Au cœur de PAGENS se trouve un programme de recherche ambitieux : analyser les transformations des parcours de vie dans une perspective comparative entre Nords et Suds. Les recherches sur les transitions biographiques – l’entrée dans l’âge adulte, la parentalité, le vieillissement – ont longtemps été dominées par des travaux menés à partir d’une approche institutionnaliste forgée dans les pays du Nord, alors que dans les pays du Sud, les âges de la vie croisent davantage des questionnements ancrés dans le champ des études sur la famille ou les migrations. PAGENS propose de croiser ces approches en proposant des comparaisons de terrains situés dans plusieurs régions de part et d’autre du globe. Cette perspective comparative constitue l’une des forces du projet. Elle permettra de mettre en dialogue des contextes très différents et d’interroger les catégories d’analyse souvent considérées comme universelles.
Les travaux du projet porteront notamment sur les transformations des catégories d’âge et des transitions biographiques ; les effets des mobilités, des crises et des transformations économiques sur les trajectoires individuelles et les générations (WP5), les relations entre générations, institutions et politiques publiques (WP6) et les dimensions corporelles et sanitaires des parcours de vie (WP 4). Le genre constitue un axe transversal à l’ensemble de ces thématiques.
Les sessions du kick-off meeting sont également consacrées à l’organisation concrète du projet. Les responsables des différents work packages ont présenté les axes de travail et les programmes de mobilité qui structureront PAGENS. Concernant les axes transversaux, le WP1 est revenu sur un ô combien important même si parfois éloigné de l’activité de la recherche elle-même : la coordination scientifique et administrative du projet, le WP2 soutiendra les innovations méthodologiques et les approches participatives, et le WP3 anime la diffusion et la médiation scientifique.
Certaines discussions peuvent sembler très techniques – gestion des données, éthique de la recherche, calendrier des mobilités internationales – mais elles jouent un rôle essentiel : elles posent les bases du fonctionnement collectif du projet. PAGENS repose en effet sur une forte dimension collaborative. Pour beaucoup de participant·es, cette réunion est l’occasion de comprendre comment leurs recherches individuelles s’inscriront dans un programme scientifique plus large.
Changer de perspective : trois jours pour expérimenter les méthodes
Les deux premières journées étaient largement consacrées aux présentations institutionnelles et aux discussions scientifiques. À l’issue du kick-off meeting, les trois jours suivants prennent une forme plus expérimentale.
Organisée dans le cadre du work package 2 et accueillis par Insuco dans ses locaux de Lomé, cette formation est consacrée aux innovations méthodologiques et aux approches artistiques en sciences sociales. Elle réunit chercheur·ses, artistes et professionnel·les de la médiation scientifique autour d’une question commune : comment renouveler les méthodes de recherche et les manières de produire des connaissances ?
Plutôt que de simples conférences, les organisateur·ices ont choisi de privilégier des formats d’atelier et de démonstration. La première journée est consacrée aux humanités numériques et aux méthodes mixtes. Les discussions portent sur les outils permettant de collecter, organiser et partager les données de recherche dans des projets internationaux : des outils devenus indispensables pour des équipes réparties sur plusieurs continents. Certain·es découvrent, d’autres se confrontent concrètement aux outils proposés par la plateforme HumaNum, mise en place en France. Ce sont notamment les outils tels que Nakala (entrepôt des données de la recherche) ou Sharedoc, espace de stockage partagé de ces données, qui font l’objet d’une démonstration brillante par Camille Desiles. Ingénieure d’études au CNRS, Camille est à la fois une excellente pédagogue, une travailleuse investie (elle nous a rejoint au Togo avec ses béquilles et une cheville immobilisée) mais aussi une collègue joyeuse, participant largement à la bonne humeur du projet.
Mais les échanges ne se limitent pas aux aspects techniques. Ils interrogent également les transformations plus profondes que ces outils introduisent dans les pratiques de recherche : les objectifs néo-liberaux de la science ouverte, la circulation accélérée des données, et les nouvelles formes de collaboration scientifique.

Anne Tricot a clôt la journée par une présentation du séminaire « MEthodes créaTIves dans la recherche en Sciences humaines et SocialeS » (METISS) qu’elle anime au sens d’Aix-Marseille Université, un espace inspirant pour les membres du projet qui souhaitent suivre ces activités pour compléter leur formation et échanger sur leur propre démarche.
Faisant suite à une première introduction de méthodes anthropologiques appliquées (MARP et caneva ECRIS) introduits par Etienne Bourel, la deuxième journée, les participant·es découvrent différentes méthodes participatives et créatives, souvent utilisées pour travailler avec des publics peu familiers des dispositifs d’enquête classiques.
EthnoArt (Prune Savatofski et Audrey Dessertine), association mobilisant les arts pour transmettre les savoirs scientifiques, inscrite dans la philosophie de l’éducation populaire, a ainsi animé un atelier à destination des chercheur·ses. Les deux médiatrices ont proposé une activité « Faites parler les images » basée sur un ensemble de photographies qui symbolisent de manière variée la thématique du genre. Destinée à faciliter la réflexion collective et la prise de parole individuelle, 2 groupes de chercheur·ses l’ont expérimentée de manière différenciée. Avec Audrey, la partie artistique de l’activité s’est centrée sur la création plastique ; les participant·es se sont pris au jeu et ont réalisé des collages et slogans pour mettre à mal les stéréotypes et dénoncer les discriminations.


Avec Prune, la proposition de médiation artistique s’est basée sur la technique du Théâtre Image. C’est par l’expression corporelle que les participant·es ont mis en scène des situations de discrimination et de lutte contre les violences de genre en s’appuyant sur les images choisies et discutées par le groupe en amont.

Monica Cuellar Gempeler a rapidement introduit un travail en cours (Chansons pour les vivants et les morts : travailler avec la musique dans un contexte de migration rurale), tandis qu’Appoline Haquet est revenu sur son expérience d’enquête participative menée en thèse avec un collectif d’artistes.
Cette journée a été aussi l’occasion d’introduire un des objectifs de la mobilité qui allait réunir 9 chercheuses dans les semaines qui suivirent avec la présentation de Julien Fouché de la compagnie l’Air à la surface, compagnie choisie pour accompagner les chercheuses dans une restitution dansée de leur travail.
La dernière journée de la formation était dédiée aux méthodes visuelles. L’occasion pour notre partenaire FYRS (Tuuli Pitkanen, Alix Helfer de la Finnish Youth Research Society (Finlande)) de partager leur usage de la photographie et de son élicitation avec des populations jeunes et vulnérables. S’il s’agit dans leur projet d’inviter les jeunes à prendre des photos de ce qui leur inspire de l’espoir, Constance Perrin-Joly dans sa présentation des méthodes photographiques utilisées au travail, se fait elle-même photographe pour analyser ce qui se joue dans l’interaction photographique.
Ces méthodes ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes pour étudier les parcours de vie. Elles permettent de faire émerger des dimensions sensibles ou corporelles de l’expérience, parfois difficiles à exprimer dans le cadre d’un entretien classique. Parmi les autres outils présentés figurent le body mapping, qui utilise la représentation du corps comme support d’expression et les cartes sensibles, permettant de représenter les expériences vécues dans l’espace (présenté par Alexandra Merienne).

Enfin, Marie-Pierre Julien a d’une part rendu compte de son utilisation de la vidéo pour faire parler les enquêtés sur leurs pratiques, tout en distillant avec Prune Savatofski de précieux conseils pour réaliser des vidéos de leur propre travail. Ces méthodes visuelles jouent un rôle clé dans le projet. Elles permettent non seulement de produire des données de recherche, mais aussi de faciliter la diffusion des résultats auprès d’un public plus large, notamment à travers des expositions ou des productions audiovisuelles.
Insuco on board : la présentation des méthodes utilisées dans le cadre d’études sociales
Ces trois jours ont aussi été l’occasion de confronter méthodes de recherche et méthodes mobilisées dans le cadre des études sociales menées par Insuco. Cela permettait de mesurer comment certaines méthodes sont adaptées dans un contexte marchand, mais aussi de prendre conscience de l’importance de la base de données recueillie par le groupe dans le cadre des études qu’il mène à travers ses 14 bureaux répartis en Afrique, Asie et Amérique Latine et Caraïbes.
Romain Ronceray, géomaticien, a ainsi détaillé les outils utiles pour la cartographie (y compris accessibles gratuitement) et la manière dont les consultant·es mobilisaient son service pour réaliser des cartes. C’était aussi l’occasion de montrer les démarches de cartographie participatives mises en œuvre avec l’IFSRA, partenaire d’Insuco et également membre du consortium, sur des projets de recherche comme GoldMatters. Costanza Pintor, data analyst, a elle exposé le traitement des données quantitatives et les applications développées à cet effet par Insuco. Paloma Breumier, Directrice technique Insuco Togo, sur place et Marco Alves, Directeur régional Insuco Sahel (en visio du Burkina Faso), ont montré comment le jeu sérieux Terristories® modélisé par le CIRAD était utilisé par Insuco notamment pour réaliser des diagnostics socio-foncier et la planification participative de l’usage des terres autour des espaces de conservation pour la REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêt) dans plusieurs dizaines de communes au Burkina Faso.
Faire circuler les savoirs entre Nords et Suds
Au fil de ces cinq journées, une idée revient régulièrement dans les discussions : la circulation : Circulation des chercheur·ses entre institutions, circulation des méthodes entre disciplines, circulation des savoirs entre les Nords et les Suds.
Cette dimension constitue l’une des ambitions centrales de PAGENS. Le projet repose sur un programme de mobilités internationales de ses membres, qui permettront de développer des terrains comparatifs dans plusieurs régions du monde.
Mais la circulation concerne aussi les formes de diffusion des connaissances. Le consortium prévoit de développer différents formats de restitution : podcasts, productions audiovisuelles, expositions, bases de données ouvertes.
L’objectif est de faire en sorte que les résultats du projet ne restent pas confinés au monde académique, mais puissent circuler entre chercheur·ses, institutions et publics plus larges.
Au cours de ces cinq jours, les discussions se sont aussi prolongées autour d’un café dans la cour de l’Agora Senghor ou le jardin fleuri d’Insuco. Les échanges sont moins formels qu’au début de la semaine. On parle des prochains terrains, des futures mobilités, des collaborations possibles. Parfois certaines s’inquiètent d’un management peu directif, du champ infini des possibles… mais c’est bien l’ADN du projet de proposer un cadre dans lequel les rencontres font naître des collaborations et concrétisent des recherches qui viennent enrichir la question de recherche générale. Si le kick-off meeting a permis de structurer PAGENS sur le plan scientifique et administratif, ces cinq jours à Lomé ont aussi joué un autre rôle : faire émerger un collectif de recherche.
Au cours des quatre prochaines années, ce collectif mènera des enquêtes dans plusieurs régions du monde pour explorer les multiples façons de vivre, traverser les âges de la vie et transformer notre regard sur les parcours. Et pour beaucoup de participant·es, l’histoire du projet commence ici, dans ces premières discussions partagées à Lomé.

Article rédigé par Constance Perrin-Joly, Chercheuse et directrice du Centre français d’études éthiopiennes à Addis-Abeba (Éthiopie) – Avec la participation de Hélène Chéron, Audrey Dessertine, Prune Savatofski.
Crédits photos
Photo 1 : © Constance Perrin-Joly, à l’hôtel Napoléon avant le départ
Photo 2 : © Constance Perrin-Joly, introduction par Hélène Cheron-Kientega, Directrice excutive Afrique Insuco
Photo 3&4 : © Constance Perrin-Joly, Discussion et rencontre entre les partenaires du projet
Photo 5 : © Constance Perrin-Joly, Formation aux méthodes de recherche
Photos 6&7 : © Constance Perrin-Joly; © Ethnoart, Atelier de mise en pratique
Photo 8 : © Constance Perrin-Joly, Atelier de théâtre Forum, Ethnoart
Photo 9 : © Constance Perrin-Joly, Présentation d’Alexandra Merienne
Photo 10 : © Constance Perrin-Joly, Equipe présente à Lomé lors de la réunion de lancement
Project information
Pagens – Pathways, Ages, Generations in Global North and South / DOI 10.3030/101236837








Virginie Vinel aborde la famille sous un angle moins usité : celui des adelphies (les frères et sœurs). Elle démontre, dans le contexte français, comment ces relations sont corrélées au genre mais aussi au rang dans la fratrie et sont influencées par l’écart d’âge. Dans les familles nombreuses, les filles aînées restent en première ligne de prise en soin des cadet.tes. Pourtant, en cas de maladie de l’un.e d’entre eux, la majorité des frères et sœurs s’effacent pour laisser la place au travail médical parental. Son étude ouvre des perspectives sur la place des frères et sœurs dans d’autres contextes nationaux, et face à des événements biographiques comme la maladie ou le handicap.
Les travaux issus de l’enquête longitudinale Young Lives (menée auprès de 3000 enfants et jeunes depuis 25 ans), présentés par Alula Pankhurst, mettent en évidence, malgré une augmentation importante de la scolarité des filles, l’apparition précoce des inégalités entre filles et garçons (notamment avec le mariage précoce, l’abandon des études…), exacerbées par la multiplication des crises qu’a connu l’Ethiopie (conflits, pandémie, changement climatique). C’est aussi aux adolescent.es qu’Amina Nouh s’intéresse en se penchant sur les relations qu’ils et elles développent avec leurs parents à Djibouti.

Les recherches sur les migrations entrepreneuriales dans les années 1940-1950 dans la Corne de l’Afrique que Dominique Harre nous a présentées, montre combien la présence des femmes (épouses, filles, mères…) dans les archives ou les photos comme dans les entretiens sont rares ou lacunaire. Leur migration n’apparaît qu’indirectement, comme l’illustre, dans le contexte colonial de Djibouti, l’analyse des dossiers de demandes d’autorisation de séjour adressées à l’administration par des ressortissants indiens, arméniens et grecs entre 1944 et 1955 (Archives nationales d’outre-mer, Aix-en-Provence). Majoritairement déposées par des chefs de famille, ces requêtes confirment l’existence d’une mobilité féminine inscrite dans des dynamiques de constitution ou de reconstitution familiale dans le pays d’installation. Mandek Daher Abdi a souligné les inégalité d’accès à l’éducation des jeunes filles migrantes ou dont les parents ont migré. Elle a notamment analysé les obstacles spécifiques dans l’accès à l’école mais aussi dans la mise en œuvre des apprentissages au sein de ces populations.
Le colloque a répondu aux objectifs qui lui avaient été fixés : il a permis d’interroger à la fois les masculinités et les féminités, comme les deux faces indissociables d’un rapport social. Il a donné à voir la diversité des contextes de différents pays d’Afrique et d’Europe dans une approche interdisciplinaire, et interculturelle. Ces échanges se sont fait en tentant de favoriser un relatif plurilinguisme, du moins la possibilité de s’exprimer en anglais et en français. Si le réseau a aujourd’hui dans ses rangs différents chercheur.ses européen.nes qui étudient des contextesafricains, il ambitionne à terme de soutenir également les recherches de collègues africain.es qui analysent des phénomènes sociaux en Europe, avec leur regard et leur expérience. Lors des échanges, il a été question d’identité territoriale. C’est une invitation à analyser ensemble les temps et les espaces, à rendre plus visible cette articulation souvent en filigrane dans les communications. Regarder le genre a aussi amené à pointer l’invisible, l’implicite et à interroger les évidences (celles le plus souvent associées au « masculin-neutre »).
Une approche réflexive a permis de mettre en avant les objectifs de ces activités : Permettre aux enfants de questionner les assignations et les déterminismes, lutter contre la diffusion des stéréotypes et des préjugés qui entrainent une intériorisation de la hiérarchie entre les genres, proposer des identifications possibles qui mettent à mal ces représentations et penser des moyens de prévention contre les violences de genre. En conclusion, nous avons échangé sur l’universalité de ces enjeux qui traversent toutes les sociétés et sur la nécessité de porter un regard interculturel permettant d’analyser les spécificités propres à chaque contexte d’intervention. Cet atelier a également permis de constater que ces outils étaient aussi pertinents à utiliser avec des adultes.






















