Histoire Africaine
Je ne me souviens plus d'où je tiens cette blague mais tous mes amis africains ou africanophiles s'accordent à en confirmer la vérisimilitude, et suspectent qu'elle est basée sur une histoire réelle, à peine épicée.
C'est l'histoire d'un jeune politicien africain idéaliste, qui vient en stage en France. Là, il est pris sous l'aile d'un parlementaire spécialiste dans les infrastructures publiques. Un jour, le député invite son protégé dans une de ses villas, une grande maison fort jolie en haut d'une colline, avec vue imprenable sur la Riviera (sur un terrain précédemment déclaré inconstructible, acheté à vil prix à l'ancien propriétaire au nom de la femme du député, puis reclassé comme constructible, quelle chance). Notre jeune idéaliste, né dans la brousse, s'émerveille de tout ce confort paisible et spacieux. Il demande à son mentor:
— Comment, vous qui vous sacrifiez pour le bien public, même avec vos indemnités d'élu et en investissant au mieux, avez-vous pu vous permettre d'acheter une telle villa?
— Ah, mon jeune ami! Regarde bien tout en bas de la colline.
— Je ne vois rien. Juste la côte... des maisons... une autoroute...
— Aha! Eh bien figure-toi que cette autoroute a coûté plusieurs milliards.
— Oui; mais quel rapport?
— Tu sais bien que j'ai beaucoup de poids sur les dossiers autoroutiers. Cette villa, c'est ma commission sur l'autoroute que tu vois en bas.
— Oh!
Plusieurs années plus tard, le jeune africain est devenu lui aussi parlementaire influent et maintenant ministre des transports. Il reçoit son ancien mentor qui vient lui rendre visite. Et là, ce n'est pas juste dans une belle villa qu'il accueille son homologue, mais dans un palais magnifique, avec marbre, ors et diamants, servants et servantes.
— Monsieur le ministre, je suis ravi de voir que vous avez aussi bien réussi!
— C'est tout grâce à toi, mon ami qui m'a aidé à me lancer dans la politique.
— Mais je vous en prie. Cependant, je me demande: comment avez-vous fait, vous qui vivez dans un pays tellement plus pauvre que le mien, pour vous payer un tel palais tellement plus grand et plus beau que tous les miens réunis?
— Aha! Mais, cher maître, je n'ai fait qu'appliquer les leçons que tu m'as enseignées autrefois.
— Comment cela?
— Eh bien, te souviens-tu de l'autoroute pour construire laquelle ton gouvernement envoie des milliards à mon pays?
— Oui, bien sûr: c'était sur mon projet de loi, et vous savez bien que j'ai reçu ma petite rétro-commission, pour laquelle je vous suis d'ailleurs fort reconnaissant.
— Bon, alors, regarde en bas de la colline.
— Hum... j'ai beau regarder, je ne vois pas l'autoroute. Où est-elle?
— Mais mon ami, elle est tout autour de toi. Ce palais, c'est l'autoroute que tu ne vois pas en bas!
N'allez pas dire à un Africain que l'état (d'ordures) veut son bien, ou est la solution à quelque problème que ce soit. Il vous rira au nez. Du plus petit fonctionnaire au plus grand ministre, les hommes de l'état (d'immondice) sont tous des corrompus, hiérarchisés selon leur degré croissant de sociopathie. Le mythe de "l'état notre ami" est une fable pour occidentaux aisés, et pour victimes abruties par la propagande étatique omniprésente du berceau au cerceuil. L'état (de criminels) n'a jamais été que la pseudo-légitimation de la violence, et le désarmement par les bureaucrates des victimes de leur racket — qui se retrouvent sans défense face aux terroristes fanatiques aspirant à devenir calife à la place du président. Je laisserai donc à Doug Casey la morale de cette histoire: L'aide internationale peut être définie comme un transfert d'argent, des pauvres des pays riches vers les riches des pays pauvres.
crazy