Archives par étiquette : informatique

Réunion plénière de l’équipe FabLight les 18 et 19 décembre 2025 – Hospice Comtesse – Lille

Pour sa troisième plénière de l’année, l’équipe FabLight a eu la chance de se réunir au sein du magnifique musée de l’Hospice Comtesse, à Lille (https://mhc.lille.fr/) – nous adressons nos plus sincères remerciement à sa conservatrice,  Florence Raymond, pour son accueil chaleureux.

Les journées de décembre ont été l’occasion de revenir sur les avancées des différents sous-projets et notamment sur celui relatif à la création des modèles numériques en 3D.

L’équipe du LISIC a achevé la modélisation de deux des trois tableaux retenus :  Joseph Benoît Suvée, Dibutade traçant l’ombre de son amant, ou L’Invention du dessin (1791, Bruges, musée Groeninge) et Joseph Wright of Derby The Corinthian Maid (c. 1782-5, Washington, National Gallery).

Joseph Wright of Derby The Corinthian Maid (c. 1782-5, Washington, National Gallery), et rendu final de la modélisation effectuée par le LISIC (2025)

Le LISIC poursuit à présent ses travaux sur le rendu des effets lumineux des dispositifs d’éclairage utilisés dans le dernier quart du 18e siècle, grâce aux recherches menées par les membres du CAK, et avec l’appui d’Anne Pillonnet (Institut Lumière Matière, Université Lyon 1) pour les apports sur la physique des phénomènes lumineux.

Le printemps verra débuter les trois derniers grands chantiers de modélisation digitale prévus dans le projet FabLight : la restitution du tableau de Martin Ferdinand Quadal, Académie de Vienne (1787, Vienne, Académie des Beaux-Arts), la modélisation de la cour octogonale du Musée Pio-Clementino, lieu privilégié des visites aux flambeaux au XVIIIe siècle, et la reconstitution virtuelle d’une galerie de sculptures au 18e siècle. Ces deux dernières reconstitutions serviront de cadre aux essais de restitution numérique d’éclairage aux flambeaux.

L’équipe FabLight s’est également penchée sur la problématique de la gestion des corpus (textes, visuels et objets 3D) afin d’étudier des solutions plus flexibles que celles utilisées actuellement (RESANA, Sharedocs et Tropy). La perspective est triple : rendre plus facile le travail coopératif sur les corpus pendant la durée du projet mais aussi prévoir la future diffusion de certains éléments sur un site web dédié et anticiper l’archivage des données. Ces problématiques étant largement partagées dans les projets de recherche, particulièrement lorsqu’ils sont interdisciplinaires, nous ne manquerons pas de faire part des résultats de nos recherches sur ce point dans l’onglet « boite à outils » du présent carnet.

Séance de travail et visite de l’Hospice Comtesse (Lille)

[Workshop AORUM x FabLight]. Le reflet à l’œuvre : représentation, perception, fabrique du phénomène lumineux en art (Paris, INHA, 22-23 janvier 2026)


Vérone, musée de Castelvecchio, ©AORUM

Depuis quelques années, le développement des Sensory Studies en histoire de l’art tend à réintroduire la prise en compte des perceptions sensorielles dans l’analyse des œuvres (par exemple Constance Claassen pour le toucher, Erika Wicky pour l’odorat, Marta Battisti pour l’ouïe). En s’inscrivant dans ces approches, le workshop « reflets », qui se tiendra à l’INHA (Paris) les 22 et 23 janvier 2026, vise à appréhender de façon interdisciplinaire la question du reflet dans l’art du XVIe au XVIIIe siècle.

La définition du reflet a été de longue date associée à celle de la peinture (Furetière). Jouant des apports des savoirs de l’optique, ses effets accompagnent la transformation des jeux de lumière dans les tableaux et gravures de son interprétation spirituelle et religieuse vers sa progressive rationalisation. Le reflet ouvre l’horizon sur l’hors-champ du tableau, complexifie les perspectives, accentue la forme des volumes et renseigne sur la nature de la matière restituée. S’il est bien une des incarnations de la lumière représentée et invite à explorer la polysémie des sens attachés à ses usages, il se situe également à l’interface concrète entre l’œuvre et celui qui la regarde.

De plus en plus, les recherches s’intéressent en effet aux ambiances lumineuses et à la façon dont on crée ou dont on perçoit une œuvre (peinture, sculpture…) en prenant en compte la question de la place du sujet (artiste ou spectateur) par rapport aux dispositifs d’éclairage (naturel et artificiel). Elles considèrent l’œuvre comme un objet inscrit dans un environnement physique et atmosphérique, et non pas seulement comme une image, et prennent en compte le regard comme élément déterminant de la contemplation et de l’analyse.

Depuis deux décennies, les technologies numériques permettent d’élaborer des reconstitutions d’œuvres dans leur ambiance lumineuse d’origine, depuis leur réalisation au sein de l’atelier, jusqu’à leur lieu de destination. Les travaux pionniers menés par la recherche étatsunienne, encore peu développés en Europe, ont ouvert des pistes fructueuses à même de renouveler en profondeur les méthodes de l’histoire de l’art. L’analyse des reflets lumineux peints sur les surfaces réfléchissantes d’un tableau (comme sur le blanc de l’œil et la perle de nacre de la Jeune fille à la perle de Vermeer) apporte également des informations sur les sources d’éclairage mobilisées par le peintre (Stork et al. 2008), tandis que la notion de Pictorialized illumination, introduite par Justin Underhill, permet d’interroger les interactions phénoménologiques entre l’éclairage réel du lieu et les jeux de lumières, d’ombres et reflets peints. Les simulations numériques offrent la visualisation dynamique des différentes modalités de l’éclairage de l’œuvre et des jeux de reflets, selon l’heure du jour et les saisons (Underhill 2018, 2019). Ces approches s’inscrivent ainsi dans le champ des études de réception tout en mettant l’accent sur les conditions matérielles et les processus créatifs qui sont à l’origine de l’œuvre.

De plus, l’apparence visuelle d’une matière est au centre des préoccupations de chercheurs, cherchant à comprendre, extraire et restituer des attributs visuels tels que la couleur, mais également la brillance, la matité, la translucidité ou encore l’opacité [Simonot & al 2019, GDR appamat]. Ces caractéristiques sont particulièrement délicates à appréhender lorsqu’il s’agit de matières complexes, comme peut l’être la peinture, composée de métaux, de vernis, de couches pigmentaires diffusantes et de surfaces artistiquement travaillées. Elles ont stimulé les échanges disciplinaires avec les chimistes, opticiens, physiciens, restaurateurs et conservateurs, enrichissant l’histoire des techniques de surfaces (glacis, vernis).

Le reflet, issu de l’interaction de la lumière avec l’objet, devient d’une part un sujet de réflexion sur le choix des matières, de l’ambiance lumineuse et de la mise en scène, et, d’autre part, un véritable outil d’analyse des savoir-faire historiques.

Cette journée d’études Le reflet à l’œuvre : représentation, perception, fabrique du phénomène lumineux en art aura pour ambition de faire dialoguer des communications issues de divers domaines (histoire de l’art, histoire des sciences et des techniques, physique, informatique, philosophie) pour appréhender la question du reflet et des interactions entre lumière et œuvre à travers plusieurs axes de réflexion :

Session 1 : Reflet de la matière, matière du reflet

Dirck van Rijswijck, Pyrame et Thisbé, Plateau de table en pierre de touche incrustée de nacre et de divers marbres, 1659, Amsterdam, Rijksmuseum, © Romain Thomas.

Session 2 : Le reflet sur l’œuvre: l’ambiance lumineuse

Vérone, musée de Castelvecchio, ©AORUM

Session 3 : Le reflet dans l’œuvre: symbole et « hors-champ »

Jan Van Eyck, La Vierge à l’Enfant au chanoine Van der Paele (détail), 1436, huile sur panneau, Bruges, Musea Brugge.

Cette rencontre est organisée conjointement entre les équipes des projets ANR AORUM (Analyse de l’OR et de ses Usages comme Matériau pictural, Europe occidentale, XVIe-XVIIe siècles, ANR-22-CE27-0010) et FabLight (La fabrique de l’éclairage dans les arts visuels au temps des Lumières (1760-1820), ANR-22-CE38-0009). Ces deux programmes s’inscrivent dans le renouvellement de l’histoire de l’art en croisant les approches matérielle et sensible et l’analyse des représentations. L’un vise à explorer le jeu des œuvres avec l’ambiance lumineuse des espaces où elles sont exposées, grâce à l’analyse optique de la brillance des dorures (AORUM). L’autre cherche à modéliser par des restitutions numériques l’usage de la lumière, dans son traitement dans la peinture et dans l’apprentissage et la pratique des peintres et dessinateurs au XVIIIe siècle (FabLight). Par leur approche interdisciplinaire ils visent à mieux comprendre l’enrichissement ou les déplacements de sens autour de la représentation et de l’usage de la lumière.

Comité d’organisation: 

Anne Pillonnet (ILM/CNRS, université Lyon 1)

Marie Thébaud-Sorger (CAK/CNRS)

Romain Thomas (INHA et HAR/université Paris Nanterre)

Comité scientique : 

Elliot Adam (université Lille)

Christine Andraud (CRC/MNHN)

Anne Pillonnet (ILM/CNRS, université Lyon 1)

Sophie Raux (LARHRA/ université Lyon2)

Christophe Renaud (LISIC/Université Littoral Côte d’Opale)

Marie Thébaud-Sorger (CAK/CNRS)

Romain Thomas (INHA et HAR/université Paris Nanterre)