Comment les reflets (physiques et représentés) et l’ambiance lumineuse influencent-ils notre perception des œuvres et leur mise en scène ? C’est autour de cette question que se réuniront historiens de l’art, physiciens, spécialistes du numérique et spécialistes des phénomènes perceptifs lors des journées d’études internationales « Le reflet à l’œuvre ». Organisé conjointement par les équipes des projets ANR AORUM (Analyse de l’Or et de ses Usages comme Matériau pictural, XVIe–XVIIe siècles) et FabLight (La fabrique de l’éclairage dans les arts visuels au temps des Lumières, 1760–1820), cet événement s’inscrit dans une dynamique de recherche interdisciplinaire qui vise à favoriser une exploration collective des reflets, de la lumière, et de leur rôle dans l’expérience esthétique passée et présente.
Pour sa troisième plénière de l’année, l’équipe FabLight a eu la chance de se réunir au sein du magnifique musée de l’Hospice Comtesse, à Lille (https://mhc.lille.fr/) – nous adressons nos plus sincères remerciement à sa conservatrice, Florence Raymond, pour son accueil chaleureux.
Les journées de décembre ont été l’occasion de revenir sur les avancées des différents sous-projets et notamment sur celui relatif à la création des modèles numériques en 3D.
L’équipe du LISIC a achevé la modélisation de deux des trois tableaux retenus : Joseph Benoît Suvée, Dibutade traçant l’ombre de son amant, ou L’Invention du dessin (1791, Bruges, musée Groeninge) et Joseph Wright of Derby The Corinthian Maid (c. 1782-5, Washington, National Gallery).
Joseph Wright of Derby The Corinthian Maid (c. 1782-5, Washington, National Gallery), et rendu final de la modélisation effectuée par le LISIC (2025)
Le LISIC poursuit à présent ses travaux sur le rendu des effets lumineux des dispositifs d’éclairage utilisés dans le dernier quart du 18e siècle, grâce aux recherches menées par les membres du CAK, et avec l’appui d’Anne Pillonnet (Institut Lumière Matière, Université Lyon 1) pour les apports sur la physique des phénomènes lumineux.
Le printemps verra débuter les trois derniers grands chantiers de modélisationdigitale prévus dans le projet FabLight : la restitution du tableau de Martin Ferdinand Quadal, Académie de Vienne (1787, Vienne, Académie des Beaux-Arts), la modélisation de la cour octogonale du Musée Pio-Clementino, lieu privilégié des visites aux flambeaux au XVIIIe siècle, et la reconstitution virtuelle d’une galerie de sculptures au 18e siècle. Ces deux dernières reconstitutions serviront de cadre aux essais de restitution numérique d’éclairage aux flambeaux.
L’équipe FabLight s’est également penchée sur la problématique de la gestion des corpus (textes, visuels et objets 3D) afin d’étudier des solutions plus flexibles que celles utilisées actuellement (RESANA, Sharedocs et Tropy). La perspective est triple : rendre plus facile le travail coopératif sur les corpus pendant la durée du projet mais aussi prévoir la future diffusion de certains éléments sur un site web dédié et anticiper l’archivage des données. Ces problématiques étant largement partagées dans les projets de recherche, particulièrement lorsqu’ils sont interdisciplinaires, nous ne manquerons pas de faire part des résultats de nos recherches sur ce point dans l’onglet « boite à outils » du présent carnet.
Séance de travail et visite de l’Hospice Comtesse (Lille)