L’apport de la simulation numérique de l’éclairage pour l’analyse des ombres projetées en peinture. Une application à la Dibutade de Joseph Benoît Suvée (1791)
Digital Lighting Simulation in the Analysis of Shadows in Paintings: An Application Using Joseph Benoît Suvée’s Dibutades (1791)
Sophie Raux, Christophe Renaud, François Rousselle et Samuel Delepoulle

Perspective 2023, 1 Obscurités, p. 173-198
Fondée sur l’étude du visible, l’histoire de l’art hérite aussi de l’opposition entre lumière et ombre qui polarise notre rapport au monde et nos imaginaires. Ce numéro interroge les liens entre savoir et lucidité, non-savoir et obscurité. De l’usage du noir (couleurs, matériaux) aux conditions de visibilité spécifiques (la pénombre, la nuit), en passant par les objets de la représentation (peaux sombres, peaux noires), comment approcher l’histoire de l’obscurité ? Cette dernière renvoie enfin aux zones d’ombre de l’histoire de l’art, tant d’un point de vue plastique que méthodologique.
Rédaction en chef : Marine Kisiel et Matthieu Léglise.
Coordination scientifique de ce numéro : Kavita Singh.
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Résumés
Français
Au croisement de l’histoire de l’art et de l’informatique, l’article vise à montrer le potentiel heuristique des outils de simulations d’éclairage afin de renouveler l’approche du fait lumineux, tant dans ses dimensions matérielles que dans ses représentations. Les auteurs se fondent sur l’étude du tableau de Joseph Benoît Suvée, Dibutade traçant l’ombre de son amant, ou L’Invention du dessin (1791, Bruges, musée Groeninge), dans lequel l’ombre est à la fois le sujet et l’objet. Les premiers résultats de ce travail exploratoire mettent en évidence des concordances et des écarts entre la réalité physique des ombres projetées et leur interprétation par Suvée, au fil d’un processus qui part de l’observation pour tendre à l’idéalisation. Cette exploration permet d’appréhender par des voies inédites la pensée visuelle de l’artiste selon une double approche, à la fois génétique et herméneutique.
English
At the crossroads of art history and computer technology, this article aims to show the heuristic potential that lighting simulation tools hold for a renewal of the study of lighting, in terms of both material aspects and representations. The authors base their analysis on a study of a painting by Joseph Benoît Suvée, The Invention of Drawing, Dibutades (1791, Bruges, Groeningemuseum), in which shadow is both the subject and the object. The first results of this exploratory research highlight the concordances and discrepancies between the physical reality of the shadows cast and their interpretation by Suvée, in a process that departs from observation and tends toward idealization. This exploration makes it possible, using new avenues, to understand the artist’s visual thinking according to a dual approach founded on both genetics and hermeneutics.
Pour citer cet article
Référence papier
Sophie Raux, Christophe Renaud, François Rousselle et Samuel Delepoulle, « L’apport de la simulation numérique de l’éclairage pour l’analyse des ombres projetées en peinture. Une application à la Dibutade de Joseph Benoît Suvée (1791) », Perspective, 1 | 2023, 173-198.
Référence électronique
Sophie Raux, Christophe Renaud, François Rousselle et Samuel Delepoulle, « L’apport de la simulation numérique de l’éclairage pour l’analyse des ombres projetées en peinture. Une application à la Dibutade de Joseph Benoît Suvée (1791) », Perspective[En ligne], 1 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 16 septembre 2023. URL : http://journals.openedition.org/perspective/29536 ; DOI : https://doi.org/10.4000/perspective.29536