
En mettant en évidence de manière tangible et inédite l’écart entre l’imaginaire des peintres et la réalité optique et physique des propriétés de la lumière, FabLight vise à interroger ce que l’expression du fait lumineux dans les arts visuels donne à voir et donne à penser à une période clé de l’histoire des sciences, des techniques et des idées. Dans la mouvance des Visual Studies, le projet mettra en tension les enjeux esthétiques des artistes avec l’évolution des spéculations philosophiques, théologiques et scientifiques dont la lumière est l’objet. Dans quelle mesure les avancées des savoirs sur la lumière et l’éclairage mènent-elles à l’expression d’une laïcisation des effets lumineux ? A quelles épistémologies répondent-elles ? Quels sont les ressorts de leur théâtralité et de leur pouvoir de fascination ?
Deux approches complémentaires sont envisagées. La première part des connaissances théoriques et pratiques à l’usage des artistes. Elle débouchera sur la restitution en 3D d’une académie d’art avec son dispositif d’éclairage spécifique afin de rendre sensible les conditions d’exercice des artistes et le rôle central de l’éclairage dans leur formation. La seconde s’attachera aux applications dans la peinture : à partir d’un échantillon de tableaux réalisés dans l’espace européen des Lumières, il s’agira de tester la cohérence des effets d’ombre et de lumière par rapport à l’emplacement des sources lumineuses et à leur intensité. Les écarts constatés par rapport aux simulations informatiques fourniront de nouvelles bases d’interprétations.