L’Europe pétrarquiste est un projet européen porté par l’Université Paris Nanterre et l’Institut Universitaire de France en partenariat avec des universités internationales : École Normale Supérieure de Paris, Université de Strasbourg, Université de Genève, Université de Padoue, Freie Universität Berlin, Université de Coimbra, Université de Leyde, Université de Zagreb. Elle rassemble une équipe de chercheurs européens (Allemagne, Croatie, France, Hongrie, Italie, Suisse, Espagne, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni).

Le projet

Portrait de Pétrarque

Le projet L’Europe pétrarquiste se propose de reconsidérer un moment cardinal de l’histoire littéraire européenne à la lumière de l’histoire socioculturelle, entendue comme histoire éditoriale, intellectuelle, sociale et religieuse. Entre le XVe et le XVIIe siècle se constitue en Europe un corpus poétique plurilingue, fondé sur l’imitation textuelle des Rerum vulgarium fragmenta de Pétrarque, qui a joué un rôle décisif dans l’élaboration d’une langue littéraire de l’amour. À la croisée des deux cultures constitutives de l’identité européenne — la tradition chrétienne et l’antiquité gréco-latine —, Pétrarque réinvente l’amour au XIVe siècle dans le sillage de la poésie provençale revisitée par la lyrique italienne médiévale. Il met à la disposition de l’Europe prémoderne un nouveau langage, à la fois personnel et universel, apte à être ressaisi par des amants-poètes qui vont, à l’aide d’un puissant réseau éditorial, l’institutionnaliser moyennant quelques ajustements pour en faire le langage dominant de l’amour au XVIe siècle et au-delà.

Jusqu’à présent, le phénomène pétrarquiste a été surtout analysé comme une méthode poétique au détriment de sa dimension philosophique, comme un système discursif réduisant sa diversité et sa complexité, comme un corpus profane masculin sans considération pour son versant chrétien d’une part ni pour ses réalisations féminines de l’autre. Le pétrarquisme n’est pas uniquement un exercice de style, ni un code invariant, mais un discours pluriel évoluant en fonction des contextes sociaux, politiques et religieux, une pensée en mouvement qui enrichit son modèle originel des savoirs contemporains. Le texte pétrarquiste est un « nœud » tissé de discours exogènes à partir desquels s’élabore la « littérature » dans sa diversité formelle et dans son épaisseur intellectuelle.

Ce projet entend précisément réinscrire le pétrarquisme dans une histoire européenne plurielle. Suivant une démarche interdisciplinaire qui fera dialoguer les méthodes du chercheur en littérature (philologie, histoire littéraire, intertextualité, poétique et sémantique historiques) et celles de l’historien (histoire du livre, de la pensée, des savoirs, des émotions, des religions, des sociétés), il s’agira de relire le corpus pétrarquiste et de repenser la catégorie de pétrarquisme à partir d’une approche transnationale destinée à confronter les contextes sociohistoriques et les espaces géolinguistiques.

Portrait de Pétrarque

Objectifs

Ce projet se donne trois objectifs :

1/ Agrandir l’échelle à la fois spatiale et temporelle en considérant le pétrarquisme dans un espace élargi, de l’Europe occidentale à l’Europe centrale et orientale (sans exclure les migrations mondiales à travers l’exemple amérindien) et dans une chronologie extensive du XVe siècle (pré-pétrarquisme) jusqu’au XVIIe siècle (pétrarquisme galant) sans se limiter au XVIe siècle. Cet élargissement ne vise pas une généralisation du paradigme explicatif, mais plutôt sa diversification en privilégiant un va-et-vient entre micro-données et macro-données spatio-temporelles afin de mieux comprendre la pluralité des pétrarquismes même s’ils se réfèrent à un modèle commun. Le singulier, généralement employé, simplifie et fausse un phénomène complexe et divers, sujet aux modes littéraires, soumis aux variations des lieux et des temps, à la multiplicité des sources et des imitateurs, et à la mutabilité des politiques éditoriales.

 

 

2/ Élargir le corpus, ou plus exactement le soumettre à un double mouvement d’ouverture :

a/ conformément à l’agrandissement de l’échelle d’étude expliquée ci-dessus, il s’agira de construire et d’exploiter un corpus transnational et donc plurilingue

b/ par ailleurs, on s’intéressera à la diversité formelle et générique du corpus pétrarquiste : loin de s’en tenir à son versant poétique profane, presque exclusivement masculin, on intégrera les productions féminines, religieuses, théâtrales et musicales, moins étudiées par la critique.

3/ Penser le pétrarquisme dans son historicité et dans sa spatialité comme un discours pluriel. Ce discours sera considéré à la fois dans son versant linguistique — le pétrarquisme comme sociolecte littéraire européen — et dans sa dimension théorique — le pétrarquisme comme pensée occidentale de l’amour.

Portrait de Pétrarque

Initiatives et projets complémentaires

L’équipe internationale a vocation à se rencontrer deux fois par an pour des ateliers, conférences, journées d’étude et colloques. Elle mène actuellement deux initiatives parallèles, amenées à être complétées : L’Europe pétrarquiste : essai de géographie littéraire (XVe-XVIIe siècle) et Vocabulaire européen du pétrarquisme. Elle prévoit deux projets complémentaires : en 2026, une journée sur les catégories de pétrarquisme et d’antipétrarquisme ; en 2027, un colloque sur les poétesses européennes.

Universités et institutions partenaires

Françaises : Université Paris Nanterre • École Normale Supérieure-PSL • Université de Strasbourg

Internationales : Freie Universität Berlin • Université de Genève • Université de Padoue • Université de Zagreb • Université de Coimbra • Université de Leyde

Le Triomphe de l'Amour

Équipe

  • Eric Akaffou (Responsable du site web)
  • Gautier Amiel (Université Paris Est Créteil, littérature française)
  • Valeria Averoldi (Université de Vérone, littérature française)
  • Roland Béhar (École Normale Supérieure-PSL, littérature espagnole)
  • Aurélien Billault (Université Paris Nanterre, littérature française)
  • Tomislav Bogdan (Université de Zagreb, littérature croate)
  • Kai Bremer (Freie Universität Berlin, littérature allemande)
  • Sarah Caro (Sorbonne Université, littérature française)
  • Julie Chabroux-Richin (Université Paris Nanterre, littérature française)
  • Guillaume Coatalen (Université Versailles-Saint-Quentin, littérature britannique)
  • Pauline Fabiani (Université Paris Nanterre, littérature française)
  • Véronique Ferrer (Université Paris Nanterre-IUF, littérature française)
  • Emma Grootveld (Université de Leyde, littérature néerlandaise)
  • Dariusz Krawczyk (Université de Varsovie, littérature française)
  • Pádraic Lamb (Université de Saint Etienne, Littératures anglaise et irlandaise)
  • Marianna Liguori (Université de Padoue, littérature italienne)
  • Nicolas Longinotti (Freie Universität Berlin, littérature italienne et amérindienne)
  • Rita Marnoto (Université de Coïmbra, Littérature portugaise)
  • Armando Nuzzo (Pázmány Péter Catholic University, Budapest, littérature hongroise)
  • Alessandra Petrina (Université de Padoue, littérature britannique)
  • Marcello Piacentini (Université de Padoue, littérature polonaise)
  • Ester Pietrobon (Université de Padoue, littérature italienne)
  • Inès Raffin (Université Paris Nanterre, littérature française)
  • Dorine Rouiller (Université de Neuchâtel, littérature française)
  • Paul Smith (Université de Leyde, littérature néerlandaise et flamande)
  • Frédéric Tinguely (Université de Genève, littérature française)
  • Franco Tomasi (Université de Padoue, littérature italienne)
  • Borna Treska (École Normale Supérieure de Pise et Université de Zagreb, littérature croate)
  • Charlotte Triou (Université Lyon 2, littérature française)
  • Alessandro Turbil (Université de Zürich, littérature française)
  • Alice Vintenon (Université Bordeaux Montaigne, littérature française)
  • Rémi Vuillemin (Université de Strasbourg, littérature britannique)
  • Paolo Zaja (Università degli Studi eCampus, littérature italienne)
Université Paris Nanterre
Institut Universitaire de France
CSLF

Contact

Coordination : [email protected]

Responsable du site web : Eric Akaffou