{"id":100,"date":"2020-05-29T14:44:28","date_gmt":"2020-05-29T12:44:28","guid":{"rendered":"http:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/?p=100"},"modified":"2020-06-02T14:33:46","modified_gmt":"2020-06-02T12:33:46","slug":"100","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/100","title":{"rendered":"Le Vieux. Biographie d&#8217;un voyou"},"content":{"rendered":"\r\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-106\" src=\"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/files\/2020\/05\/le-vieux-biographie-dun-voyou-2.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"383\" \/><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le Vieux, biographie d\u2019un voyou<\/h1>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Azzedine Grinbou et Michel Kokoreff (Paris, \u00e9d. Amsterdam, 2019)<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><a href=\"http:\/\/www.lames.cnrs.fr\/spip.php?article567\"><strong>Tommaso Giuriati<\/strong><\/a><\/p>\r\n\r\n<p><!--StartFragment--><\/p>\r\n<p><!-- \/wp:post-content --><\/p>\r\n<p><!-- wp:image {\"id\":70,\"sizeSlug\":\"large\"} --><\/p>\r\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><\/figure>\r\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\r\n<p><!-- wp:heading {\"level\":3,\"customTextColor\":\"#1e148b\"} --><\/p>\r\n<p><!-- \/wp:heading --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph {\"fontSize\":\"large\"} --><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Doctorant en Sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Corse Pasquale Paoli, travaille sur les mafias et les bandes criminelles dans le sud-est de la France. Sa th\u00e8se se fonde sur une analyse de dossiers d\u2019association de malfaiteurs jug\u00e9s \u00e0 la Cour d\u2019Appel d\u2019Aix-en-Provence au tournant des ann\u00e9es 1990 et 2000. <em>Contact : <\/em><a href=\"mailto:tommaso.giuriati@gmail.com\"><em>tommaso.giuriati@gmail.com<\/em><\/a><\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><span class=\"tadv-color\" style=\"color: #e22658\">Dans <em>Esprit critique<\/em>, Chiousse S. (dir.), &#8220;<a href=\"http:\/\/espritcritique.uiz.ac.ma\/Dossiers\/dossier.asp?idcode=154\">Du d\u00e9cloisonnement en sciences sociales&#8221;<\/a>, vol. 29.1, novembre 2019, p.7-16.<\/span><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce livre retrace la biographie d\u2019un truand parisien au prisme de sa carri\u00e8re d\u00e9linquante. D\u00e8s lors, le travail biographique r\u00e9alis\u00e9 par Michel Kokoreff avec Azzedine Grinbou continue la construction d\u2019une sociologie des \u00e9conomies criminelles en France, notamment en s\u2019int\u00e9ressant au parcours de vie d\u2019acteurs dont les trajectoires sociales sont peu connues du grand public, autant en ce qui concerne leurs phases ascendantes que leurs phases descendantes.<\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><strong>Mots cl\u00e9s<\/strong> : carri\u00e8res \u2013 d\u00e9linquance \u2013 trafics \u2013 (auto)biographies<\/p>\r\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\r\n<p><!-- wp:paragraph {\"fontSize\":\"large\"} --><\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il s\u2019agit ici d\u2019un ouvrage cosign\u00e9 par Michel Kokoreff (MK), sociologue de la d\u00e9viance \u00e0 Paris 8 et par Azzedine Grinbou (AG), qui a longtemps exerc\u00e9 les \u00ab\u00a0m\u00e9tiers\u00a0\u00bb de d\u00e9linquant, qui fut jadis son informateur privil\u00e9gi\u00e9 sur le terrain et dont la vie est retrac\u00e9e suivant la m\u00e9thode biographique (Peneff, 1990). C\u2019est une relation personnelle et professionnelle qui fonde le livre, racont\u00e9e dans le premier chapitre qui nous apprend les conditions de leur rencontre par l\u2019entremise d\u2019un autre informateur, o\u00f9 le sobriquet du <em>vieux <\/em>devient une carte de visite laissant la r\u00e9putation d\u2019AG le pr\u00e9c\u00e9der.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La rencontre avec l\u2019informateur sur le terrain se r\u00e9v\u00e8le ici dans sa complexit\u00e9, mettant aussi \u00e0 nu les impressions, les attentes et en quelque sorte les pr\u00e9notions du sociologue, qui remarque combien son interlocuteur \u00ab\u00a0l\u2019impressionne\u00a0\u00bb au premier abord (p.13). Cette premi\u00e8re connaissance se fait lors des recherches qui ont nourri <em>La force des quartiers <\/em>(2003). Une nouvelle rencontre survient en 2010 pendant les recherches exploratoires de <em>La catastrophe invisible<\/em> (2018) o\u00f9 AG sera embauch\u00e9 en tant que vacataire CNRS, ce qui r\u00e9v\u00e8le un premier d\u00e9calage entre l\u2019image du cador et \u00ab\u00a0sa situation sociale r\u00e9elle, \u00e0 mille lieues de l\u2019image du voyou recycl\u00e9\u00a0: sans papiers autres qu\u2019une carte de s\u00e9jour renouvel\u00e9e tous les trois mois\u00a0; sans dipl\u00f4mes ni exp\u00e9rience professionnelle, mais avec un gros casier judiciaire et 19 ans de prison\u00a0; sous le coup d\u2019une menace d\u2019expulsion du territoire\u00a0\u00bb (Kokoreff et Grinbou, 2019, p.\u00a015). Ainsi le chapitre introductif (<em>Le voyou et le sociologue<\/em>, pages 11 \u00e0 29) et le conclusif (<em>Les parias du capitalisme<\/em>, pages 109 \u00e0 120) sont sign\u00e9s par MK, alors que le corps du livre (chapitres 1 \u00e0 6) est sign\u00e9 par AG et accompagn\u00e9 d\u2019une petite note introductive au d\u00e9but de chaque chapitre, r\u00e9dig\u00e9e par le sociologue. Il s\u2019agit ici, dans ce choix de signature, de remettre en question\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab [\u2026]\u00a0la division du travail entre l\u2019informateur (paysan, ouvrier, d\u00e9linquant) qui <em>raconte<\/em> et le sociologue qui <em>explique<\/em>. \u00c0 croire que les domin\u00e9s ont toujours besoin d\u2019un sociologue ou d\u2019un anthropologue pour expliquer ce qu\u2019ils vivent. [\u2026] Pour remettre en cause cette division du travail, il fallait donner toute sa place au r\u00e9cit d\u2019Azzedine. Le citer longuement, c\u2019\u00e9tait restituer la force du dire, aussi bien celle du t\u00e9moignage que des commentaires qui l\u2019accompagnent, plut\u00f4t que de d\u00e9couper le r\u00e9cit en unit\u00e9s \u00e9l\u00e9mentaires entour\u00e9es de commentaires savants\u00a0\u00bb (Kokoreff et Grinbou, 2019, p.\u00a024\u201126).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est bien cette approche qui est retenue, celle de laisser s\u2019exprimer le plus possible le protagoniste de ce r\u00e9cit de vie en laissant en arri\u00e8re-plan le travail d\u2019analyse biographique men\u00e9e par le sociologue. D\u00e8s lors, par sa finitude, la \u00ab\u00a0biographie d\u2019un voyou\u00a0\u00bb permet de mettre en lumi\u00e8re plusieurs ressorts de sa carri\u00e8re, de sa socialisation aux opportunit\u00e9s et aux contraintes de son monde professionnel,\u00a0pour conclure sur les difficult\u00e9s de sortie de ce parcours.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il s\u2019agit du premier r\u00e9cit de vie sociologique d\u2019un d\u00e9linquant \u00ab\u00a0professionnel\u00a0\u00bb (Sutherland, 1937) en France et la deuxi\u00e8me publication de ce type \u2013 la premi\u00e8re en tout cas d\u2019un sociologue confirm\u00e9 (la premi\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 l\u2019autobiographie d\u2019\u00c9mile Diaz dit Milou (2015), ancien acteur de la <em>French Sicilian Connection<\/em>, co\u00e9crite avec Thierry Colombi\u00e9, docteur en \u00e9conomie et (\u00e0 l\u2019\u00e9poque) chercheur associ\u00e9 au Cired\/Cnrs).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un cas comme dans l\u2019autre, le texte est r\u00e9dig\u00e9 principalement \u00e0 la premi\u00e8re personne par un ancien \u00ab\u00a0voyou\u00a0\u00bb peu ou pas connu de la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, avec des commentaires du co-auteur en introduction et conclusion et en marge du texte. Encore, les deux livres laissent au lecteur le soin de relever les incongruences du r\u00e9cit en pointant dans les commentaires la \u00ab\u00a0v\u00e9rificabilit\u00e9\u00a0\u00bb de certaines affirmations (avec toutefois des diff\u00e9rences dans l\u2019\u00e9criture, puisque <em>Le vieux<\/em> est r\u00e9dig\u00e9 comme un t\u00e9moignage personnel alors que <em>Truand<\/em> est pr\u00e9sent\u00e9 comme un tr\u00e8s long entretien o\u00f9 les questions apparaissent).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 signaler \u00e9galement <em>J\u2019\u00e9tais un chef de gang<\/em>, co\u00e9crit par Lamence Madzou et Marie-H\u00e9l\u00e8ne Bacqu\u00e9 (2008), qui s\u2019apparente au <em>Vieux<\/em> par la m\u00e9thodologie de travail tout en s\u2019en distinguant par le type de parcours de vie qui y est relat\u00e9\u00a0: si le livre objet de cette note (publi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 65 ans pour A. Grinbou) repr\u00e9sente un t\u00e9moignage r\u00e9trospectif en \u00ab\u00a0fin de carri\u00e8re\u00a0\u00bb, celui de Bacqu\u00e9 \u2013 \u00e2g\u00e9 de 36 ans \u2013 est plut\u00f4t une synth\u00e8se interm\u00e9diaire en vue d\u2019une reconversion professionnelle. Il s\u2019agit alors dans les deux cas d\u2019une fin de carri\u00e8re d\u00e9linquante, mais l\u2019\u00e2ge auquel intervient cette fin de carri\u00e8re modifie le regard sur son parcours et les perspectives \u00e0 l\u2019issue de ce m\u00eame parcours.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par le choix de restitution des entretiens biographiques, les pistes soulev\u00e9es par le r\u00e9cit de vie sont dilu\u00e9es dans le corps du texte\u00a0; le premier ensemble de ces pistes nomme les chapitres,\u00a0qui sont aussi les ingr\u00e9dients \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb d\u2019une carri\u00e8re criminelle\u00a0longue, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9chec scolaire en passant par la prison et les reconversions de capitaux sur des march\u00e9s offrant davantage d\u2019opportunit\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 la gal\u00e8re d\u2019une fin de carri\u00e8re difficile, soumise \u00e0 des formes d\u2019exclusion multiples, avec l\u2019impossibilit\u00e9 de se reconvertir dans d\u2019autres m\u00e9tiers que ceux exerc\u00e9s auparavant. Les divisions des chapitres peuvent \u00eatre lues comme autant de bifurcations (Bidart, 2006) et d\u2019entr\u00e9es dans de nouvelles \u00ab\u00a0s\u00e9quences\u00a0\u00bb (Barthes, 1966\u00a0; Demazi\u00e8re et Dubar, 1997 ; 2005) dans la vie d\u2019Azz\u00e9dine Grinbou.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le corps du texte commence par un chapitre tr\u00e8s court sur l\u2019histoire familiale (<em>Le Parasite<\/em>), dont il ressort que rien dans la composition familiale n\u2019aurait destin\u00e9 Azzedine \u00e0 une carri\u00e8re de d\u00e9linquant\u00a0: non seulement ses parents sont travailleurs, mais son p\u00e8re s\u2019obstine \u00e0 essayer de le pousser sur le \u00ab\u00a0droit chemin\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le deuxi\u00e8me chapitre (<em>Devenir un professionnel du vol<\/em>), il aborde sa socialisation professionnelle, qui se fait par le groupe de pairs, d\u2019abord en faisant l\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re puis apr\u00e8s la premi\u00e8re condamnation en constituant de nouveaux r\u00e9seaux en prison\u00a0; il ne cite pas de mentors, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un passage tr\u00e8s rapide sur des receleurs juifs du Marais qui avaient pris sa bande en sympathie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il insiste sur la <em>frime<\/em> qui est \u00e0 la fois une gratification personnelle et un \u00ab\u00a0outil de travail\u00a0\u00bb puisque celle-ci permet de prolonger sa r\u00e9putation et de faciliter la cr\u00e9ation de nouveaux r\u00e9seaux afin d\u2019int\u00e9grer la \u00ab\u00a0voyoucratie\u00a0\u00bb (p.17).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a des lieux pour \u00ab\u00a0frimer\u00a0\u00bb, dont les plus importants sont les bo\u00eetes de nuit, en particulier celles des Champs \u00c9lys\u00e9es, o\u00f9 l\u2019on va, entre autres raisons, pour voir (et se faire voir) des autres \u00ab\u00a0voyous\u00a0\u00bb. AG insiste beaucoup sur les bo\u00eetes de nuit pour \u00e9tayer sa r\u00e9putation et sur la prison comme \u00ab\u00a0\u00e9cole du crime\u00a0\u00bb. Il nomme aussi souvent des bars \u2013 comme lieux de rendez-vous mais aussi en tant que lieux d\u2019affaires \u2013 sans jamais en dire plus. Restent enfin dans l\u2019ombre les relations avec d\u2019autres acteurs, que ce soit des mentors, des coll\u00e8gues ou des collaborateurs externes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s lors, ces lieux de sociabilit\u00e9 fonctionneraient comme des \u00ab\u00a0incubateurs\u00a0\u00bb de capital social<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>\u00a0, qui sera ensuite mobilis\u00e9 pour \u00ab\u00a0gravir les \u00e9chelons\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une expression r\u00e9currente dans le texte, renvoyant constamment \u00e0 l\u2019id\u00e9e que s\u2019il n\u2019existe pas une hi\u00e9rarchie formalis\u00e9e<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> il y a bien des dominants dans le Milieu\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0C\u2019est une question de connaissances. Tu peux pas arriver dans un r\u00e9seau et qu\u2019on te fasse confiance en arrivant pique-assiettes, il faut un peu de mensonge. Le mensonge c\u2019est le para\u00eetre\u00a0\u00bb (p.63).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un autre exemple de <em>frime <\/em>est le fait de s\u2019accompagner avec une prostitu\u00e9e\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Pour nous c\u2019\u00e9tait une fiert\u00e9 qu\u2019un voyou sorte avec un tapin. Si je sortais avec elle, \u00e7a serait pas bancal\u2026\u00a0\u00bb (pp. 44-45).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le troisi\u00e8me chapitre, <em>Faire la came<\/em>, porte sur la reconversion d\u2019AG dans le march\u00e9 des stup\u00e9fiants, \u00e0 l\u2019issue d\u2019un calcul entre co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices, entre les braquages et le trafic d\u2019h\u00e9ro\u00efne \u00e0 destination de la France.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette reconversion, volontaire (\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais press\u00e9 de sortir parce que c\u2019\u00e9tait dans mon id\u00e9e de ne plus braquer et\u00a0ne plus toucher \u00e0 un pied de biche, et de me mettre dans la came \u00bb, p. 58), est facilit\u00e9e par une double identit\u00e9 qu\u2019il lui est possible de mettre en avant pour devenir un grossiste\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 sa nationalit\u00e9 tunisienne facilite le contact avec les petits r\u00e9seaux d\u2019approvisionnement et de revente d\u2019h\u00e9ro\u00efne (chinoise <em>via<\/em> Amsterdam) qui sont d\u00e9j\u00e0 en place \u00e0 Belleville\u00a0(\u00ab Belleville c\u2019\u00e9tait tunisien\u00a0\u00bb p.52\u00a0; \u00ab Ceux qui vendaient, la plupart des gars qui \u00e9taient l\u00e0, ils ne savaient m\u00eame pas parler fran\u00e7ais. Ils venaient de l\u00e0-bas et leur pays c\u2019\u00e9tait Belleville\u00a0\u00bb p.56)\u00a0; de l\u2019autre son r\u00e9seau professionnel pr\u00e9c\u00e9dent, construit en prison et dans les autres lieux de sociabilit\u00e9 comme les bo\u00eetes de nuit, lui permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des quantit\u00e9s importantes \u00e0 bas prix.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le quatri\u00e8me chapitre, <em>Bien faire sa prison<\/em>, porte sur l\u2019exp\u00e9rience carc\u00e9rale (presque 20 ans en cumulant les diff\u00e9rentes peines, dont une partie sous le statut de DPS<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>) et sur les modes de vie qui s\u2019y construisent entre r\u00e9signation et r\u00e9sistance, en passant par les opportunit\u00e9s que peut offrir la prison afin de cultiver sa r\u00e9putation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces strat\u00e9gies de composition avec la condition carc\u00e9rale ne doivent toutefois pas faire oublier que la sortie s\u2019av\u00e8re pour AG quasi dramatique, puisqu\u2019apr\u00e8s la derni\u00e8re p\u00e9riode de r\u00e9clusion (d\u2019une dur\u00e9e de dix ans), il n\u2019arrive plus \u00e0 s\u2019orienter dans le monde qui a chang\u00e9 entre temps, ce qui est d\u00e9taill\u00e9 davantage dans le cinqui\u00e8me chapitre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans <em>C\u2019est pas une vie comme je vis<\/em>, AG relate les gal\u00e8res quotidiennes en termes de difficult\u00e9s de r\u00e9insertion, accompagn\u00e9es par la tension entre l\u2019envie d\u2019une vie plus stable permettant de cultiver ses relations familiales et celle de pouvoir maintenir les apparences vis-\u00e0-vis de ses coll\u00e8gues, notamment suite \u00e0 une derni\u00e8re affaire o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de meurtre. Bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 blanchi, il reste sous le coup d\u2019un mandat d\u2019expulsion, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mis en ex\u00e9cution en raison du contr\u00f4le judiciaire dont AG fait l\u2019objet pendant 10 ans.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce risque d\u2019expulsion suite \u00e0 une condamnation caract\u00e9rise ce que Lilian Mathieu (2006) appelle <em>la double peine<\/em>, et qui donne le titre au sixi\u00e8me et dernier chapitre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">AG y d\u00e9veloppe sa condition de pr\u00e9carit\u00e9 \u2013 accrue par son manque de formation professionnelle (en dehors de celle accumul\u00e9e dans les cambriolages et le trafic de came, quasi impossible \u00e0 exploiter dans l\u2019\u00e9conomie l\u00e9gale) \u2013 et par l\u2019\u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s que repr\u00e9sente son mandat d\u2019expulsion.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Vient clore le livre <em>Les parias du capitalisme<\/em>, sign\u00e9 \u00e0 nouveau par MK qui reprend une formule w\u00e9b\u00e9rienne r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par Michel Peraldi dans <em>La catastrophe invisible<\/em>, indiquant que ceux-ci, par extension,<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0[\u2026] symbolisent le bord ext\u00e9rieur [du capitalisme]\u00a0: il s\u2019agit de ces groupes et ces individus engag\u00e9s dans un cycle d\u2019accumulation primitive et un mod\u00e8le de circulation des richesses originaux, voyageurs pourvoyeurs, aventuriers et petits entrepreneurs qui accumulent n\u00e9anmoins, sans th\u00e9sauriser, et font face \u00e0 une f\u00e9roce r\u00e9pression des pouvoirs\u00a0\u00bb (p. 112-113).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s lors, une lecture orient\u00e9e vers un monde <em>autre<\/em> sur le mode \u00ab\u00a0jungle urbaine\u00a0\u00bb n\u2019appara\u00eet pas adapt\u00e9e \u00e0 rendre compte des rouages d\u2019une carri\u00e8re criminelle dont le parcours s\u2019apparente davantage \u00e0 celui d\u2019un entrepreneur qu\u2019\u00e0 celui d\u2019un mis\u00e9rable.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Certains mondes sociaux, et en particulier ceux qui participent \u00e0 la configuration du crime organis\u00e9, se fondent davantage sur l\u2019oralit\u00e9 que sur l\u2019\u00e9crit. En particulier, la r\u00e9putation y joue un r\u00f4le particuli\u00e8rement important, portant \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration fr\u00e9quente de r\u00e9cits \u00e9piques. Si ces r\u00e9cits \u00e9piques ne retracent pas la carri\u00e8re telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9, ils retracent la carri\u00e8re telle qu\u2019on la raconte et cela ne me semble pas sans effets sur l\u2019espace social lui-m\u00eame.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le crime organis\u00e9 produit un imaginaire social, fond\u00e9 sur un r\u00e9cit \u00e9pique, dont il partage d\u2019ailleurs les conventions litt\u00e9raires, y compris dans le domaine de la transmission orale. Il s\u2019agit n\u00e9anmoins d\u2019une \u00e9pique particuli\u00e8re puisque les dieux y ont une place mineure, alors que le h\u00e9ros a toujours un parcours caract\u00e9ris\u00e9 par une ascension flamboyante et une chute plus ou moins honteuse, racont\u00e9e mais sous-d\u00e9velopp\u00e9e dans le r\u00e9cit<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Le vieux. Biographie d\u2019un voyou<\/em> entre pleinement dans les recensions de ma th\u00e8se, dans laquelle j\u2019essaierai de prendre en compte cette \u00e9pique criminelle en mobilisant les r\u00e9cits de vie issus d\u2019entretiens biographiques et les \u00ab\u00a0m\u00e9moires\u00a0\u00bb de voyous. Il existe en effet une vaste production litt\u00e9raire o\u00f9 des anciens truands reviennent sur leur parcours de vie. Ces r\u00e9cits mettent en lumi\u00e8re l\u2019activit\u00e9 de mythopo\u00ef\u00e8se participant \u00e0 la construction d\u2019un espace social o\u00f9 la communication est quasi exclusivement orale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En d\u00e9finitive, ce livre participe \u00e0 la construction d\u2019une sociologie du \u00ab\u00a0crime organis\u00e9\u00a0\u00bb fran\u00e7ais, entam\u00e9e depuis deux d\u00e9cennies, consid\u00e9r\u00e9e comme urgente par beaucoup, mais dont les travaux sont encore relativement rares, notamment en raison des contours flous d\u2019un objet difficile \u00e0 d\u00e9limiter (Godefroy, 2004). En particulier s\u2019ouvre ici un filon de recherches sur des carri\u00e8res criminelles \u00ab\u00a0durables\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0abouties\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des personnes qui (souvent apr\u00e8s avoir fait partie d\u2019une bande juv\u00e9nile) ont gagn\u00e9 leur vie sur les march\u00e9s illicites, en en faisant en quelque sorte une profession, ce qui me semble t\u00e9moigner d\u2019un nouvel int\u00e9r\u00eat non seulement vers les fili\u00e8res illicites (Duprez, Kokoreff et Weinberger, 2001\u00a0; Kokoreff, P\u00e9raldi et Weinberger, 2007\u00a0; Tarrius et Bernet, 2015) mais aussi vers les individus qui y jouent un r\u00f4le pr\u00e9\u00e9minent et le ressources qui leur permettent de jouer ce r\u00f4le.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\r\n<p>Barthes R., 1966, \u00ab\u00a0Introduction \u00e0 l\u2019analyse structurale des r\u00e9cits\u00a0\u00bb, <em>Communications<\/em>, <em>8<\/em>, 1, p.\u00a01\u201127.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bidart C., 2006, \u00ab\u00a0Crises, d\u00e9cisions et temporalit\u00e9s\u00a0: autour des bifurcations biographiques\u00a0\u00bb, <em>Cahiers internationaux de sociologie<\/em>, 1, p.\u00a029-57.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bourdieu P., 1980, \u00ab\u00a0Le capital social\u00a0\u00bb, <em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, <em>31<\/em>, 1, p.\u00a02\u20113.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Coleman J., 1990, <em>Foundations of social theory<\/em>, Cambridge (Mass.), Harvard university press.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Colombi\u00e9 T., Diaz E., 2015, <em>Truand. Mes 50 ans dans le milieu corso-marseillais<\/em>, Paris, Robert Laffont, 268\u00a0p.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Demazi\u00e8re D., Dubar C., 1997, <em>Analyser les entretiens biographiques\u00a0: l\u2019exemple des r\u00e9cits d\u2019insertion<\/em>, Laval, Presses de l\u2019universit\u00e9 de Laval.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Demazi\u00e8re D., Dubar C., 2005, \u00ab\u00a0R\u00e9cits d\u00b4insertion de jeunes et r\u00e9gimes de temporalit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>Temporalit\u00e9s. Revue de sciences sociales et humaines<\/em>, 3.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Duprez D., Kokoreff M., Weinberger M., 2001, <em>Carri\u00e8res, territoires et fili\u00e8res p\u00e9nales\u00a0: pour une sociologie compar\u00e9e des trafics de drogues, Hauts-de-Seine, Nord, Seine-Saint-Denis<\/em>, Paris, OFDT &#8211; Observatoire fran\u00e7ais des drogues et des toxicomanies.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Godefroy T., 2004, \u00ab\u00a0The Control of Organised Crime in France: A Fuzzy Concept but a Handy Reference\u00a0\u00bb, dans C. Fijnaut et L. Paoli (dir.), <em>Organised Crime in Europe. <\/em><em>Concepts, Patterns and Control Policies in the European Union and Beyond<\/em>, New York, Springer, p.763-793<strong>.<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kokoreff M., 2003, <em>La force des quartiers. De la d\u00e9linquance \u00e0 l\u2019engagement politique<\/em>, Paris, \u00e9ditions Payot &amp; Rivages.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kokoreff, M., Coppel, A., Peraldi, M. (dir.), 2018, <em>La Catastrophe invisible. Histoire sociale de l\u2019h\u00e9ro\u00efne<\/em>, Paris, Amsterdam, 656\u00a0p.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kokoreff M., Grinbou A., 2019, <em>Le Vieux. Biographie d\u2019un voyou<\/em>, Paris, Amsterdam, 196\u00a0p.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kokoreff M., P\u00e9raldi M., Weinberger M., 2007, <em>\u00c9conomies criminelles et mondes urbains<\/em>, Paris, Presses universitaires de France.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Madzou L., Bacqu\u00e9 M.-H., 2008, <em>J\u2019\u00e9tais un chef de gang<\/em>, suivi de\u202f:<em> Voyage dans le monde des bandes<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 320\u00a0p.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Mathieu L., 2006, <em>La double peine. Histoire d\u2019une lutte inachev\u00e9e<\/em>, Paris, La Dispute.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Peneff J., 1990, <em>La m\u00e9thode biographique\u00a0: de l\u2019\u00e9cole de Chicago \u00e0 l\u2019histoire orale<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Putnam R.D., 2001, <em>Bowling alone: The collapse and revival of American community<\/em>, Simon and Schuster.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Sutherland E.H., 1937, <em>The Professional Thief<\/em>, Chicago, University of Chicago.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tarrius A., Bernet O., 2015, <em>La mondialisation criminelle<\/em>, La Tour d\u2019Aigues, \u00c9ditions de l\u2019Aube.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> On peut d\u00e9finir synth\u00e9tiquement le capital social comme la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 de relations mobilisables afin d\u2019obtenir une gratification personnelle (Bourdieu, 1980\u00a0; Coleman, 1990). Bien que se situant dans une \u00e9pist\u00e9mologie compl\u00e8tement diff\u00e9rente, Bourdieu et Coleman proposent une d\u00e9finition du capital social relativement proche qu\u2019il importe ici de distinguer de la d\u00e9finition de Putnam (2001) qui consid\u00e8re le capital social comme les ressources relationnelles d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t que d\u2019un individu.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ce qui est d\u2019ailleurs commun\u00e9ment admis, mais que A. Grinbou souligne aussi \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Institu\u00e9 en 1970, le fichier des D\u00e9tenus particuli\u00e8rement signal\u00e9s et le statut associ\u00e9 \u00e0 la propre inscription comportent un r\u00e9gime particulier d\u2019incarc\u00e9ration \u00e0 destination des \u00e9l\u00e9ments consid\u00e9r\u00e9s par la justice comme dangereux. Ce r\u00e9gime comporte un isolement accru du d\u00e9tenu, des fouilles syst\u00e9matiques et de nombreux d\u00e9placements, dits \u00ab\u00a0rotations de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> A ce sujet les films de Martin Scorsese constituent de exemples excellents. Plusieurs d\u2019entre eux (<em>Goodfellas, Casino, Wolf of wall street<\/em> et autres) sont d\u2019ailleurs inspir\u00e9s directement de r\u00e9cits biographiques.<\/p>\r\n<p><!--EndFragment--><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">ouvrage d&#8217;A. Grinbou et M. Kokoreff, 2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/www.lames.cnrs.fr\/spip.php?article567\">Tommaso Giuriati :\u00a0<\/a>Doctorant en Sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Corse Pasquale Paoli<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce livre retrace la biographie d\u2019un truand parisien au prisme de sa carri\u00e8re d\u00e9linquante. D\u00e8s lors, le travail biographique r\u00e9alis\u00e9 par Michel Kokoreff avec Azzedine Grinbou continue la construction d\u2019une sociologie des \u00e9conomies criminelles en France, notamment en s\u2019int\u00e9ressant au parcours de vie d\u2019acteurs dont les trajectoires sociales sont peu connues du grand public, autant en ce qui concerne leurs phases ascendantes que leurs phases descendantes.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><span class=\"tadv-color\" style=\"color: #e22658\">Dans <em>Esprit critique<\/em>, Chiousse S. (dir.), &#8220;<a href=\"http:\/\/espritcritique.uiz.ac.ma\/Dossiers\/dossier.asp?idcode=154\">Du d\u00e9cloisonnement en sciences sociales&#8221;<\/a>, vol. 29.1, novembre 2019, p.7-16.<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":38435,"featured_media":314,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_license":"","footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[36],"class_list":["post-100","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recensions-critiques"],"authors":[{"term_id":36,"user_id":38435,"is_guest":0,"slug":"espritcritique","display_name":"espritcritique","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8457033c559464a22fa1d4b2d4a7d2c2a087388be25c7272deb54e092d3d0f64?s=96&d=blank&r=g","1":"","2":"","3":"","4":"","5":"","6":"","7":"","8":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38435"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":389,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions\/389"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/media\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/espritcritique.hypotheses.org\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}