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Association parents d’élèves, collectivités et EPT

Contribution des Parents d’élèves et communautés locales à la réalisation des objectifs de l’Education  Pour Tous (EPT), ADEA / FAPE, juin 2005

 

Entre autres conclusions notées par la 6e Biennale de l’ADEA, il existerait des potentialités insuffisamment exploitées ou mises à contribution. C’est pourquoi il importe d’ouvrir de nouveaux espaces d’initiatives et de prises de responsabilités à divers acteurs à la base comme les APE et autres OCB.

 

En analysant les modes de fonctionnement desdites organisations, leurs domaines d’intervention, il a été possible de tirer des enseignements de certaines initiatives porteuses développées par les APE et collectivités de base. Quelles sont les niches (domaines de concentration) où la contribution des APE et communautés de base peut avoir une rentabilité certaine ? De quels situations, outils, moyens, compétences devraient disposer /bénéficier les membres des APE et autres organisations communautaires pour être efficaces?

 

Les APE ont été des partenaires de longue date pour les systèmes éducatifs africains. Toutefois, elles n‘ont pas toujours eu des responsabilités prépondérantes en particulier dans la gestion des affaires pédagogiques et administratives des établissements. Quant à l’implication des OCB et autres ONG dans l’amélioration du système d’éducation, elle apparaît comme un phénomène relativement récent, mais suffisamment dynamique. En tous cas, les APE et OCB  revendiquent d’être davantage responsabilisées dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi des stratégies de développement de l’éducation. Elles n’entendent plus être confinées à la périphérie des systèmes scolaires (cf. ‘Charte des Parents d’Elèves et d’Etudiants’ – Plan d’action de Dakar des ONG).

 

Divers types d’associations sont actives autour de l’Ecole. Outre les APE qui sont organisées de l’établissement, au niveau de la sous région (fédération africaine) en passant par des fédérations nationales, l’on peut recenser des OCB comme les Associations de Mères Educatives (Burkina), les Comités de Femmes enseignantes (Sénégal), les Cellules Ecole Milieu, les Tables de Concertation, les Coalitions d’ONG et d’OCB nationales (RENATO – CCEB – etc.) ou africaine (RACEPT).

 

A l’évidence, le mouvement parental et communautaire dispose d’un potentiel en ressources humaines. Toutefois, ce potentiel n’est pas toujours mis à contribution de manière opportune et efficace. Les modes d’organisation, les procédures et moyens d’intervention, ainsi que les domaines d’intervention y contribuent dans une certaine mesure.

 

Pour l’essentiel, les APE sont dans un relatif dénuement infrastructurel et logistique malgré les moyens financiers que les parents injectent dans les systèmes éducatifs.  Aussi bien au niveau des Associations locales, nationales, qu’entre les associations nationales, le flux informationnel demeure assez déficitaire, malgré l’existence du bulletin de liaison ‘Nous les Parents’ et du projet ‘L’école des parents’.  Les ONG et OCB quant à elles, usent de médiations plus variées, avec une démarche de proximité plus prononcée. Ce qui les rend plus visibles que les APE.

 

Le mouvement parental et communautaire a développé des relations de coopération diverses et multiformes qui attestent de son dynamisme. Mais une analyse de ces mêmes relations révèle à bien des égards des rapports de domination que subissent d’une certaine manière ledit mouvement, en particulier par rapport à l’Administration scolaire et aux équipes pédagogiques des établissements.

 

Il ressort des différents plans d’action analysés ainsi que des activités recensées que le mouvement parental et communautaire accuse des limites pour les fonctions de production et de formation. Il est plus enclin au lobbying, à la mobilisation sociale. Même si les domaines d’intervention ciblés présentent un fort degré de convergence avec les principaux axes de l’EPT, les niveaux de réalisation sont encore très faibles. La raison invoquée est quasiment toujours le manque de moyens financiers.

 

Mais les APE et OCB ont des avantages comparatifs leur permettant d’exercer un leadership local. Entre autres atouts, l’on peut retenir leur philosophie d’intervention fondée sur la solidarité, le partage, le volontariat. Elles sont aussi plus proches des cultures et pratiques locales, sans compter leur flexibilité (contrairement à l’administration publique en général) qui  leur facilite des démarches novatrices.

 

Maintes initiatives à la base développées par les APE, OCB peuvent être comptabilisées. Elles  i) ont trait à des situations post conflit, ii) illustrent les effets bénéfiques d’un engagement des communautés de base (Ecoles communautaires au Burkina et au Niger – Réseaux d’Ecoles conventionnées en RDC – Contrats Programmes à Madagascar) et d’une responsabilisation effective des APE (cf. Protocole d’accord Etat/APE au Tchad), iii) concernent le soutien à des couches défavorisées. Ces initiatives favorisent toutes une revalorisation des parents, de la communauté de base en général. Se faisant, elles permettent une réelle appropriation de l’école par le milieu. Du coup, des résultats encourageants sont enregistrés par ces initiatives.

 

Plusieurs cas illustratifs montrent que l’implication, la responsabilisation des Parents et Communautés à la base ont eu des effets bénéfiques divers. Et l’on peut bien y percevoir les éléments constitutifs, ou du moins les prémisses d’une fonction publique locale dans l’enseignement, dans un contexte de décentralisation balbutiante et/ou de situation post conflit social et qui s’appuierait essentiellement sur i) la valorisation d’une ressource humaine locale, ii) la proximité sociale et l’engagement autour de valeurs socioculturelles des communautés de base, iii) le partage (valeurs – expériences – moyens – etc.). Entre autres, ces initiatives ont permis des a) apports financiers de la part des populations avec des réductions de coûts éducatifs, b) le renforcement du suivi scolaire des enfants par les parents, c) l’amélioration de la performance des maîtres et des élèves. Ces valeurs ajoutées constituent bien des illustrations d’une ‘Economie de la mobilisation et de l’implication d’acteurs à la base’. L’implication des acteurs locaux coûte peu et apporte beaucoup. Elle permet entre autres de générer des plus values à partir d’une ressource humaine de proximité, relativement disponible pour partager ses savoirs, savoir-faire, et savoir être.

 

Bien des opportunités, facteurs favorables existent pour capitaliser, maximiser les acquis afin d’aller à l’échelle pour maintes initiatives porteuses d’acteurs à la base. Il existe un fort degré de cohérence entre les plans d’action des APE, OCB, ONG et les axes prioritaires de l’EPT. La mobilisation autour d’un leader local, l’engagement autour de valeurs partagées, apparaissent comme un facteur de motivation pour les personnels enseignants et les élèves. Mais faudrait-il atténuer l’omnipotence de l’Etat et de ses services déconcentrés. Une vision assez réductrice de la notion de partenariat à l’école peut être  source de frustration et/ou de désengagement des parents.

 

Une contribution non négligeable du mouvement parental et communautaire à la réalisation des objectifs de l’EPT pourrait passer par une stratégie reposant sur un triptyque. D’abord la ‘Sécurisation juridique’ des APE et OCB afin de leur garantir une autonomisation accrue en atténuant fortement l’omnipotence des administrations scolaires. Ensuite la mise en mouvement (réarmement au plan organisationnel et motivation des APE locales) des fédérations départementales et nationales. Pour ce faire, il importe de tendre vers une plus grande professionnalisation des bureaux de coordination. Enfin, la mise en place de larges coalitions locales en faveur de l’Ecole. Lesdites Coalitions doivent devenir de plus en plus des organes de « veille scolaire » avec une composition élargie à des entreprises privées notamment, sans compter les communautés religieuses. Se faisant, l’on déplacerait un tant soit peu les centres de décisions ou du moins rééquilibrerait les statuts et rôles.

 

 

 

Boubacar Niane
Boubacar Niane

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Boubacar Niane (28 août 2012). Association parents d’élèves, collectivités et EPT. Elites - Savoirs - Postures. Consulté le 24 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/oivi


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