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Education des filles dans le PDEF au Sénégal

L’éducation des filles dans la 2e phase du PDEF – Etude complémentaire de l’Evaluation de l’IEFA Sénégal, UNICEF, Dakar, juillet 2004

 

En tant qu’étude complémentaire de l’évaluation IEFA-Sénégal, le présent exercice a plutôt mis l’accent sur les contraintes persistantes au niveau de certaines circonscriptions (écarts très importants entre filles et garçons dans des régions comme Tamba, Kolda, etc.) et les voies idoines de remédiation. Etant entendu que la précédente étude avait mis en exergue les résultats globaux de l’IEFA au Sénégal (réduction sensible de la disparité genre et des iniquités régionales – progression du TBS des filles plus importante que celui des garçons  de1996/97 à 1999/2000 – succès des campagnes d’inscription des filles – etc.). Il s’y ajoute que pour la 2e phase du PDEF (2005-2010), il importe d’explorer les voies et moyens d’amplifier la dynamique enclenchée depuis 1997 en faveur de l’éducation des filles.

 

Le principal postulat de la présente étude est qu’il existe des ressources latentes au niveau des localités et qui peuvent être mobilisées pour renforcer l’éducation en général, la scolarisation des filles en particulier. Il s’est aussi agi de voir comment mieux prendre en compte la demande socio scolaire dans les zones de « résistance » qui demeurent confrontées à la pauvreté.

 

Si pour l’essentiel les analyses ont été plutôt centrées sur les régions de Tambacounda et de Kolda (à partir de l’appréciation de leurs Plans Régionaux de Développement de l’Education (PRDE) et Plans Départementaux de Développement de l’Education (PDDE) sans compter des entretiens multiples), il a été aussi tenu compte de la situation prévalant dans d’autres circonscriptions afin de mieux dessiner des pistes de réflexion et d’action s’inscrivant dans la dynamique de l’Initiative de l’éducation des filles lancée en juin 2003 par l’UNICEF pour qui l’éducation des filles demeure « une affaire de la plus haute urgence ». Lesdites pistes pouvaient difficilement se concevoir sans d’une part identifier les principaux challenges tant au niveau national que local, d’autre part apprécier les opportunités existantes.

 

 

 

Défis à relever

 

Les principaux challenges pour l’éducation des filles au Sénégal en général, dans les régions de Tambacounda, Kolda, Diourbel en particulier tournent autour :

 

  • du maintien et de la qualité des apprentissages pour les filles dont l’espérance de vie scolaire est encore relativement faible ;
  • de l’élargissement de la base de soutien populaire de l’IEFA ;
  • de la nécessité pour les autorités scolaires de mieux se conformer aux exigences d’un environnement économique contraignant et qui oblige les populations à des pratiques peu favorables à la scolarisation des filles ;
  • du renforcement des programmes de santé scolaire et de nutrition, en particulier dans des zones de relative insécurité et/ou de pauvreté ;
  • du renforcement de la mobilisation des Collectivités locales ;
  • de l’émergence d’un leadership local ;
  • de la maîtrise systématique des données démographiques ;
  • de la concurrence grandissante des écoles coraniques ;
  • de la faible démultiplication par les autorités scolaires des formations et informations reçues.

 

De plusieurs documents officiels  (Analyse du secteur de l’éducation – Nouvelle Lettre de politique sectorielle – PRDE-  PDDE- etc.) il apparaît assez nettement que l’éducation des filles ne semble pas encore considérée comme épine dorsale d’un développement soutenu du système scolaire au sens où l’entend le rapport sur la Situation des enfants dans le monde 2004.  Même si elle est évoquée comme objectif majeur, il n’y a pas toujours une déclinaison conséquente en objectifs réalistes, avec des stratégies pertinentes. En particulier, par rapport à l’éducation des filles, les PRDE et PDDE analysées présentent au moins trois caractéristiques essentielles : a) des déclarations d’intention louables mais qui ne sont pas mises en œuvre avec des démarches et moyens adéquats ; b) une tendance nette de la gestion de l’offre éducative au détriment de la demande scolaire avec ses particularités locales ; c) une attitude assez réductrice qui empêche d’une part, une diversification très large du partenariat, d’autre part l’articulation de l’éducation des filles à la réduction de la pauvreté et à la lutte contre des maladies pandémiques comme le VIH/SIDA.

 

 

 

Initiatives prometteuses

 

Maintes initiatives repérées à la base, même si elles ne sont pas des modèles, n’en constituent pas moins des exemples qui pourraient être adaptés, amplifiés à une plus grande échelle. Parmi celles-ci l’on peut noter : l’Observatoire de la scolarisation à Saint-Louis 1 – la Table de concertation des ONG à Vélingara – le « groupe de contact » pour la gestion de délicats problèmes comme celui de l’implantation de l’école dans des zones très religieuses et/ou réfractaires – les fiches de suivi des Cellules d’animation pédagogique – les CDEPSCOFI et autres associations d’enseignants – le Fonds local de l’Education.

 

 

 

Leçons apprises

 

Plusieurs enseignements peuvent être retenus :

 

  • Une prégnance d’une hiérarchisation encore très centralisatrice) dont n’arrivent pas à se démarquer maintes autorités déconcentrées de l’éducation ;
  • Même si les autorités semblent convaincues de la nécessité de la scolarisation des filles, l’opérationnalisation de celle-ci au quotidien présente encore des lacunes certaines ;
  • Les Collectifs de Directeurs en tant qu’instances de concertation présentent des limites certaines dans la mesure où ils se privent très souvent de l’apport de partenaires comme les organisations communautaires de base, les collectivités locales, les ONG, etc.
  • L’insularité de l’école est encore prégnante ; la volonté d’aller vers les autres demeure encore plus théorique que pratique, ce qui fait que le dialogue social permanent centré sur les rôles et responsabilités des différents agents concernés par l’école n’est pas encore suffisamment de mise ;
  •  Il persiste encore dans plusieurs poches, certaines pesanteurs socioculturelles en défaveur de l’éducation des filles en particulier ;
  • Quand les femmes s’engagent résolument, elles obtiennent de bons résultats pour l’enrôlement des filles ; de même, quand il y a une complicité fondée sur la transparence, l’engagement éprouvé, la « communion », la mobilisation des parents et des populations de manière générale, est très forte ;
  • La disponibilité des organismes d’encadrement socioéconomique pour coopérer avec l’école est manifeste.

 

 

 

Boubacar Niane
Boubacar Niane

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Boubacar Niane (28 août 2012). Education des filles dans le PDEF au Sénégal. Elites - Savoirs - Postures. Consulté le 23 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/oivg


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