Des énarques aux managers
Des énarques aux managers – Notes sur les mécanismes de promotion au
Sénégal (1991). Actes de la Recherche en Sciences sociales, n° 86/87 p. 44-57,
Paris, Maison des Sciences de l’Homme/ Collège de France / Ecole des
Hautes Etudes en Sciences sociales, Editions Minuit
La troisième génération de l’élite politico administrative sénégalaise, constituée pour l’essentiel d’ingénieurs, de gestionnaires, de ‘managers’, est en voie de dominer le champ du pouvoir au détriment des énarques qui avaient supplanté les instituteurs, élite qui s’était imposée de 1945-47 jusqu’en 1962-63 malgré la politique suivie par l’administration coloniale française qui visait à empêcher la promotion du personnel autochtone. Avec la restructuration du système d’enseignement et de formation à partir de 1995, les enseignants perdront peu à peu cette position privilégiée faute d’avoir compris suffisamment tôt les mutations en cours à l’époque. Les énarques, jusqu’en 1970, ont dominé les hautes sphères de l’Etat avant de s’investir dans la politique au sein du parti socialiste au pouvoir depuis l’indépendance en1960. Apartir des années 80, leur position dominante dans le champ du pouvoir sera remise en question par les ‘managers’ qui sont essentiellement des ‘techno économistes’ encore dépourvus d’un véritable pouvoir politico administratif. Pour acquérir ce pouvoir, ces managers ne manqueront sans doute pas de s’appuyer, tout comme leurs prédécesseurs mais en les adaptant au ‘monde des affaires’, sur certaines valeurs et pratiques de la société traditionnelle indigène telles que la solidarité familiale ou ethnique, les exigences du ‘commerce de l’honneur et de la dignité’, la recherche de l’appui de personnalités traditionnelles et/ou religieuses, etc.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Boubacar Niane (27 août 2012). Des énarques aux managers. Elites - Savoirs - Postures. Consulté le 24 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/oius

