http://www.lib.su.ac.th/dbCollection/book/DamrongJan_June2004/article24.pdf
La notion de communication exolingue apparaît à la confluence des travaux d’ethnographie de la communication, des recherches acquisitionnelles et les recherches sur l’interculturel.
R.PORQUIER, promoteur de cette notion, définit la communication exolingue comme « celle qui s ‘établit par Ie langage par des moyens autres qu’une langue maternelle éventuellement commune aux participants ( ..) elle est déterminée et construite par des paramètres situationnels parmi lesquels en premier lieu la situation exolingue» (1984: 18-19).
Selon lui, les cinq paramètres qui définissent la communication exolingue sont les suivants : les langues des interlocuteurs, Ie milieu linguistique de l’interaction, Ie cadre situationnel de l’interaction, Ie type de l’interaction et Ie contenu de l‘interaction. […]
C. FAERCH et G. KASPER (1980: 18-19) distinguent trois types de stratégies de communication.
(1) Stratégies de réduction formelle: «l’apprenant communique à l’aide d’un système réduit, afin d’éviter de produire des énoncés laborieux ou incorrects du fait de règles ou items insuffisamment automatises ou hypothétiques ».
(2) Stratégies de réduction fonctionnelle : « l’apprenant réduit ses objectifs communicationnels afin d’éviter un problème ».
(3) Stratégies d’accomplissement : « l’apprenant tente de résoudre un problème de communication en étendant ses ressources communicationnelles ». […]
A. GIACOMI et C. de HEREDIA distinguent deux catégories de stratégies de communication: stratégies préventives et stratégies de gestion. […]
Généralement, la mise en oeuvre de[s stratégies de gestion] est marquée par un changement d’attitude d’un des locuteurs. Au moment où surgit un problème de communication, un des partenaires sort de l’échange informatif pour entrer dans une activité d’ordre métalinguistique. II demande du feed-back it l’autre, l’interaction en cours doit être suspendue. Cela entraîne la rupture provisoire (parfois définitive) de la continuité thématique et la mise en place ce que A. GIACOMI et C. de HEREDIA appellent « une phase de négociation parenthétique, nommée ainsi parce qu’elle constitue une sorte de parenthèse par rapport à l’échange en cours » (idem, p. 20). […]
-> vérification de compréhension, demande d’éclaircissements (+ reformulation, définition)
Selon C. NOYAU (1984), les processus de compréhension en situation exolingue s’appuient sur des stratégies de trois catégories.
(1) Stratégie lexicale : Le destinataire des énoncés capte un lexème, et reconstruit autour de celui-ci un message. […]
(2) Appui sur des éléments non linguistiques de la communication : Dans une interaction en face-à-face, des informations visuelles – à savoir des expressions du visage, des gestes iconiques, des gestes d’accompagnement de la parole, produits de façon volontaire ou non, peuvent faciliter la compréhension entre les partenaires.
(3) Appui sur les similarités entre sa langue et la langue de l’autre : Dans Ie cas ou la langue de l’autochtone et celle de l’étranger sont proches, cette stratégie peut être massivement utilisée, même si elle ne mène pas automatiquement au succès (car il existe des « faux amis »). […]
[D. PICARD (1992) ajoute <<] des stratégies de réparation pour “rattraper” un incident qui n ‘a pu être évité (comme rire d’une gaffe pour en amoindrir l’effet)>> (1992: 22). […]
- Stratégies chez des alloglottes
Une des difficultés de toute conversation exolingue consiste à préserver la face positive de I’alloglotte (mise en danger par ses lacunes linguistiques et culturelles) ainsi que sa face négative (Ie contrôle exercé sur lui par Ie natif menace son rôle de partenaire de plein droit). Les interlocuteurs sont ainsi amenés à prendre certaines dispositions, qui ont trait en particulier à la définition des rôles: Ie natif se voit attribuer des fonctions d’aide et de contrôle, alors que l’alloglotte jouit d’une tolérance particulière. Face aux problèmes de conversation avec un natif de sa langue cible, comment l’alloglotte se débrouille-t-il? Quelle stratégie domine dans ce genre de communication ?
a) Stratégie d’évitement
-> silence ou changement de sujet
b) Stratégie d’affrontement
-> cf supra stratégie d’accomplissment
c) Stratégie de compensation (via l’emprunt)
-> alternance codique/code switching (GUMPERZ)
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Stratégies chez des natifs
a) simplification
b) reformulation
FAERCH C., KASPER G., 1980 «Strategies de communication et marqueurs de strategies», Encrages, pp. 17-24.
GIACOMI Alain, HEREDIA Christine de, 1986 «Réussites et échecs dans la communication linguistique entre locuteurs francophones et locuteurs immigres », Langage n° 84, décembre, Paris, Larousse, pp. 9-24.
NOYAU Colette, 1984 «Communiquer quand on ignore la langue de l’autre », in Communiquer dans la langue de l’autre, ed. par NOYAU Colette, PORQUIER Remy, Paris, Presses Universitaires de Vincennes, pp. 8-36.
PICARD Dominique, 1992 «Les mécanismes psycho-sociologiques du processus de communication », Cahiers français, n° 258, octobre-décembre, la documentation française, pp.19-25.
PORQUIER Remy, 1984 «Communication exolingue et apprentissage des langues», in Acquisition d ‘une langue seconde III, Encrages, ed. par PY Bernard, Paris, Presses Universitaires de Vincennes, Neuchâtel, Centre de Linguistique Appliquée, pp. 17-47.