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un château d’enfance – ( RC )

peinture – art brésilien « naïf »… exposition au musée de Lodève – printemps 2024


un fier destrier trottant sous les rayons de lune – ( RC )


Juste une hypothèse sur l’existence des choses… – ( RC )

           J’ai cru que c’était le matin.
J’ai regardé ma montre.
Il est plus de 9 heures .
La météo n’en a rien dit
( on ne l’aurait pas crue ).
Ou bien ce serait un saut dans le temps .
            La nuit s’en engouffrée dans le jour
a profité d’une brèche :
J’ai ouvert la fenêtre.
L’éclipse du temps s’est étendue
pendant la nuit,
et se prolonge
jusqu’à l’immobilité des choses.

        Je distingue à peine les murs d’en face.
Le béton,     les cheminées,       d’autres fenêtres.
Elles portent un voile de deuil.
Aucune lumière.
Les lotissements sont bien là,           obscurs.
Les immeubles ne présentent que des surfaces,
plantés au sol comme des esquisses de décor.
A peine plus noirs       que le fond d’encre.
Les rues où rien ne circule.
          Tout a été happé par le silence.
A la façon d’un Malevitch
qui aurait peint du noir sur du noir.

        C’est bien le matin,
d’après l’heure   ,
mais peut-on l’appeler encore comme ça ?
        Le jour s’est perdu quelque part,
happé par l’infini,
–       que sais-je ?
A moins que j’aie seulement rêvé:
un rêve de lumière,       caressant les roses,
                                     la pensée d’un astre,
( juste une hypothèse sur
l’existence des choses ),

que rien ne viendrait confirmer .


RC 


Songes recouverts de sable – ( RC )

photo RC – Bretagne


Voyageur solitaire – ( RC )

Afficher l’image source

Voyageur solitaire, j’ai guetté
la naissance de l’aube.
Elle se fait attendre,
dans la nuit noire d’encre.

Les arbres restent figés
sur le quai désert :
le vent, comme les bateaux du port
est resté à l’ancre.

C’est en lisière, la ville
sans les activités humaines , le silence
pour quelques heures encore
étire sa somnolence.

Les trains sont de longues chenilles
qui attendent sous la bruine
le signal du départ
au pied des usines .

Les lumières fixes des lampadaires
m’ont indiqué de chemin de la gare.
Plus loin, les grues immobiles
marquaient la frontière

où la ville se confronte à la mer.
J’allais la quitter, encore endormie,
pour les lointains des terres
dont j’avais nostalgie :

j’allais retrouver les étendues sauvages,
le vaste cœur des futaies,
les neiges des sommets,
dans mon vagabondage…

Le premier train part à cinq heures.
Je verrai la chute des étoiles
rejoindre mon utopie
dans une grande spirale.

Il fait toujours plus beau ailleurs…

  • il faudrait que je m’installe
    dans ce genre de pays
    où règne la douceur et l’harmonie –

Mais c’est un désir
de carte postale
que je ne pourrai jamais assouvir :

  • éternel voyageur

en quête du bonheur absolu
auquel j’ai cru.
Je poursuis un rêve qui s’enfuit
sans plus de cérémonie ….


Le temps n’y est pour rien – ( RC )

image : montage perso

Autres vents :
peut-on se fier autant
à l’ombre des pins
qui confond
une partie du destin
avec ces nuages de plomb ?

On n’en a jamais fini :
remonter le temps,
découper dans la nuit
un peu du rêve pâle
que partagent les amants.

Serais-tu devenue
une de ces cigales pénitente
car tu ne souviens plus
de ce que tu m’as promis ?

Il faut toujours que tu chantes,
mais bientôt tu oublies
tout, le lendemain,
dès que le vent change de direction.

Aucune ombre ne nous dira combien
de paroles ne se gravent pas dans la pierre ;
ni les flammes, ni le feu de la passion,
laissant filtrer leur lumière.

Le temps n’y est pour rien:
aucun chemin n’y aboutit .
Il a sombré corps et biens
dans l’espace infini .


Un rêve en couleurs – ( RC )

45.JPG

image – montage  perso

 

Tu peux prendre les craies,
dessiner à même le sol.
Le rêve que tu fis
s’est transformé en image,
celle-ci entre en toi, elle te poursuit,
comme une chevauchée du ciel,
que tu désires encore et encore.

C’est un rêve en couleurs,
qui te supporte .
Ainsi tu flottes à sa surface ;
tu n’en connaîtras jamais la profondeur,
même si tu explores neuf dixièmes d’inconnu,
à la façon d’un iceberg  :
il dérive lentement, et finit par se dissoudre.

As-tu trouvé les mots pour le dire,
la toile pour transmettre ce qui te hante ?
Beaucoup sont enroulées encore dans un coin de ta tête,
et ne verront pas le jour encore,
à vivre un peu éveillé entre le jour et la nuit.
Montrer une partie du monde,
juste avant que les années ne fondent .


RC – juin 2016


La fleur insolente d’une résistance – ( RC )

peinture:  auteur  non identifié

peinture: auteur non identifié

 

 

Il y a un espace blanc   ;
Il semble  que plus  rien  ne l’habite,
Sauf cet arbre,
isolé au milieu.

Au milieu d’un néant stérile,
Surgi des goudrons  et graisses,
Hérissé de son tronc,
Comme au milieu  de la haine.

Une haine qui a tout calciné,
réduit en cendres,
le passé trompé,
Là où vivre encore ne semble plus possible.

L’amour, pourtant, s’est fait geste  ,
et a tiré de la zone indistincte  ,
De quoi fleurir encore une fois  :
Une plante vivace au milieu d’un désert    .

Elle  s’offre  sous l’aride   ,
Un mirage sous le réel    ,
Un rêve oublié qui s’affirme ,
Avec la fleur insolente de la  résistance .

RC- avril 2015


Nuit de pluie, pluie de joie – ( RC )

peinture: Jorge Castillo

peinture: Jorge Castillo

Pluie de joie,

Rêves au dessus de la brume,

Collines qu’un soir allume,

Lisière des bois

 –

En bordure d’océans,

Matin blotti dans les voiles,

A la belle étoile,

Pluie de rêve blanc

 

RC-  sept  2013


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