Trajectoire circulaire… dans l’inconnu – ( RC )

Le cercle n’atteint aucun commencement:
il continue sur lui-même:
c’est un serpent qui se mord la queue.
Ou alors on a oublié son origine
( une source comme l’origine du monde ) .
Faut-il y chercher dans sa roue
fermée sur elle-même le sens de rotation
sa signification ?
Un mouvement d’horlogerie
aux engrenages précis
qui toujours revient
d’où il est parti
sans aucune variation
ni fantaisie…
Je désigne un point sur la périphérie
entraîné par le cercle en mouvement :
Quand le disque ne tourne pas à vide
il laisse cette trace sur la surface.
une empreinte en pointillé,
suivie de celle d’autres points.
Et dans quelle direction à venir
si je l’associe au plan.
Ce sera une roue
qui passe sur le chemin
l’axe en sera sa volonté .
pour associer les points.
Ils arrivent à former
cette ligne continue
une strie dans l’espace.
Je resterai sur place
moi-même immobile:
un point sur la terre
dans l’exercice de la patience
doublé de l’immobilité
dans le destin des sphères:
une pose assez longue
pour que l’horlogerie du ciel
ait le temps
de déposer la lumière des étoiles
sur la photographie .
Et me voilà le témoin
d’une part de ciel
Le cercle qui s’enroule
aussi bien qu’il se déroule
vers une destination
en apparence aussi circulaire
qu’une trajectoire
dans l’inconnu…

Le moulin – ( RC )

peinture: Pierre Mondrian
Au grand frottis du ciel,
S’égarent des écharpes grises,
Courant, sous la poussée du monde,
Soulever les écumes.
Mais en attendant qu’il se dénude,
Aux grands vents du mistral,
Ce sont les bras des moulins;
Ils offrent de grands cercles,
Et leurs ombres s’affolent,
Sur le sol, alors que se tendent,
Comme de grands papillons blancs,
Leurs toiles, sous la brise nue.
Le mouvement circulaire,
Se donne en moyeux et engrenages,
Il poursuit sa ronde à l’intérieur,
En poussant sa meule lisse.
Les jointures de bois, gémissent,
La récolte blonde
Se disperse en pluie d’ors,
Sous le parcours de la pierre,
Les sacs bruns se remplissent,
D’une farine si fine,
Qu’une partie s’en échappe,
Matière impalpable
Jouant dans les rais du soleil,
Et se déposant lentement ,
Sur tous les reliefs,
De la muraille de pierres.
Même le meunier et son assistant,
Ont la tête de l’emploi,
Recouverts de blanc,
Comme tout l’intérieur du moulin.
Ces sentinelles du vent,
S’ouvrent alors aux convois des ânes,
Revenant, lourdement chargés,
De la nourriture des hommes.
Pour la livrer de village, en village,
De fournil en fournil,
Où l’on suivra son sillage,
Rien qu’au parfum du pain cuit .
–
RC 16 novembre 2013

photo: moulins à vent plateau de Lassithi – Crète