Une enveloppe invisible au jour – ( RC )

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Imagine la chambre close sur ton sommeil:
Tu serais sous paroi épaisse
et une histoire sans fin
qui s’enroule avec ta mémoire
et agite les soubresauts du passé .
Les pensées en seraient prisonnières .
C’est comme un sac en plastique,.
Il aurait la couleur des nuits,
et même celle des nuits blanches.
Des cauchemars ne pouvant s’en échapper.
C’est une enveloppe étanche
et pourtant invisible au jour,
dans laquelle tu te démènes,
sans en trouver l’issue.
Seul, le rêve du présent
peut t’ouvrir les yeux.
C’est comme si celui-ci
de la fente des paupières,
pouvait pénétrer dans la conscience,
et chasser les ombres.
D’un rêve éveillé tu vivras au présent,
et ceux de la nuit, découpés en morceaux,
flasques témoins d’une parole emmurée,
que tu arrives à dépasser.
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RC – août 2016
( réponse à un texte de Marlène Tissot ):En attendant la fin de l’histoire sans fin )
Je ne perçois plus rien du passé – ( RC )

photo perso juill 2016 Aubrac- Lozère
Si je ne perçois plus rien du passé,
Je ne sais plus la distance
qui me sépare de ma conscience.
Une période fixée – trépassée
J’ai oublié le langage.
Aucun écho ne revient en partage.
Car les lèvres sont scellées,
Et la parole s’est gelée.
Le sable ne s’écoule plus,
Le temps a entamé son reflux,
En repliant ses ailes .
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Si tu étais immortelle,
Il se peut que le coeur désespère,
Dans la traversée du désert,
A former des mots ou des lettres,
Si je ne peux te reconnaître …
J’ai oublié d’où je viens,
Egaré tous mes biens,
Quelque part dans le noir :
L’ombre de la mémoire,
Ponctué d’éclairs
Désincarne même la chair ;
Je me tiens droit,
Entre les silhouettes, un jour livide,
Mais rien entre les doigts
Le présent décharné, et l’esprit vide .
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RC – oct 2014
Dans les bras de Morphée – ( RC )

Sculpture muse endormie (- Susan McMahon )
Il n’est pas encore l’heure du baiser sonore,
Le jour est debout et nous nous occupons
A tondre le gazon, contourner les buissons,
C’est que personne encore, ou presque, ne dort.
Nous portons des habits pudiques,
Des robes et des costumes,
Vestons et chapeaux de plumes,
Comme autrefois, tuniques.
Chacun vaque à ses occupations,
S’affaire dans son bureau…
Il n’est jamais trop tôt,
Pour faire ses commissions.
Qu’y a-t-il derrière la porte du ciel ?
Quand les ouvriers d’en haut se rencontrent ,
Pour régler le monde, et sa grande montre,
Et pousser tout le monde vers le sommeil…?
Je ne saurais vous dire,
Car ma vie connaît une trêve,
Je m’occupe alors de mes rêves,
Ceux des autres, je ne peux les lire.
Ils flottent comme des bulles,
Et je m’accroche à elles,
Je suis alors pourvu d’ailes,
Il y a tant d’oiseaux qui me croisent et me bousculent…
J’ai changé de tenue,
Et, comme c’est la coutume,
Laissé sur les cintres, le costume.
Quand il fait chaud, je suis tout nu.
Mais personne ne le remarque,
Chacun a autre chose à faire,
A décoller de la terre,
Et de l’Eden, à visiter son parc.
Il y a plein de choses qui nous traversent,
Les voyages que l’on fait, sans quitter le lit,
La plupart du temps, je les oublie,
Tout autant qu’ils me bercent.
Des parcours acrobatiques,
Où tous les possibles, et leurs contraires,
Côtoient, sans en faire mystère,
Les fantasmes érotiques.
Mais comment s’en souvenir,
Quand le matin les chasse,
Et que la plupart trépassent
Si je m’efforce de les décrire ?
Plutôt que d’en faire un livre,
Que le lendemain efface,
Il faut que je les suive à la trace,
– Et surtout les vivre.
Le regard toujours étonné,
Loin en deçà de l’existence,
Enfin, celle de la conscience,
Ce que l’on appelle s’abandonner.
Dans les bras de Morphée.
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RC – avril 2014
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