sans doute éblouis par les rayons – ( RC )

relief, église de Saint Lunaire – ( 22 ) photo perso
Je vais jouer des symboles
où s’exercent les anges
aux ailes déployées
par ordre d’importance.
Ils regardent droit devant
sans même m’apercevoir
une trinité bien au-dessus
d’un soleil démultiplié
le fond azur est maîtrisé
comme il se doit:
il ne doit pas déborder
de son éclipse en triangle
un panneau lui est consacré
avec la serrure
où on enferme la lumière
si on n’est pas sage
les anges ignorent mes intentions
entre deux colonnes doriques:
ils regardent droit devant
sans doute éblouis par les rayons…
Je n’ai jamais su la couleur des étoiles – ( RC )

peinture Pisanello
On peut lire, – paraît-il – , son destin,
inscrit dans la conjonction des astres.
Des figures s’y croisent, s’interpénètrent ,
se déforment, puis se détachent
lentement les unes des autres.
On prétend que chacun a son étoile,
mais où la situer dans toute cette galaxie?
Elle nous mènerait, le temps qu’elle nous suive,
par une sorte de fil invisible .
Seulement voila…
il est connu que les astres palpitent à distance,
rayonnent, s’attirent, se repoussent,
et adoptent quelquefois de folles trajectoires.
Leur trace peut se voir,
sur les fresques des églises,
Des représentants
de leur commerce apparaissent…
sous la figure des anges :
Ils sont un peu plus proches,
( quoique de figure poupine énigmatique ).
Ils ont entre leurs mains les fils du destin.
Ceux-ci, bien qu’échappant au regard,
arrivent à s’emmêler avec ceux des autres,
et tressent quelquefois une étoffe commune,
en quelques mois ou quelques semaines,
dont hélas , on ne peut se vêtir,
ni dissimuler ses blessures .
D’autre part, personne ne sait
de quoi sont faites les robes des anges.
Il y a ceux qui embrassent la lumière ,
qui la créent , d’une certaine façon.
Et d’autres qui la consomment,
jusqu’à ce qu’elle se vide de sa substance.
Il arrive que l’étoile clignote, puis s’éteigne,
comme une vulgaire ampoule .
C’est juste que le courant ne passe plus,
ou que le fil est brisé.
Comment savoir ?
On joue alors une musique funèbre,
et sur les murs, la figure de l’ange disparaît,
progressivement de moins en moins nette,
jusqu’à ce que les traits s’effacent définitivement.
L’étoile qui nous était destinée au plafond du ciel,
quitte aussi la scène , mais ,
on n’est plus là pour s’en apercevoir.
–
RC – fev 2016
Des tours bien fragiles – ( RC )

Tu n’as pas su construire,
avec tes mots, une tour
assez solide pour atteindre,
ne serait-ce que
le plus bas des nuages.
Une échelle demeure
renversée dans les gravats.
C’est aussi que l’orgueil
n’a pas réussi à ouvrir
une seule fenêtre.
Jacob a pris ses rêves pour une réalité
mais les anges gardent leur domaine,
et ont repoussé l’échelle du pied,
détruit la tour,
il est vrai, bien fragile :
la terre promise empiète souvent
sur celle des autres,
et si on prend un dieu à témoin
pour tracer les frontières,
chacun peuple se réserve le droit
de construire des tours plus hautes encore:
l’orgueil suscite des vocations
toujours plus nombreuses,
mais appelées inexorablement
à retourner à la poussière.
Je m’arrête, maintenant,
sous un soleil au regard fixe.
Il sera toujours, hors de portée .
Ombres confondues – ( RC )

projections lumières sur volume – Seoul
–
L’ombre de ton visage sur le mien,
Ne laisse pas de trace de nuit blanche
A mesure qu’il se penche
Par-dessus mon destin.
Sa lueur , ne s’est pas éteinte;
Elle est quelque part,
Au-delà de mon regard,
Mais laisse son empreinte….
Qui saurait dire, le parcours de l’imagination ?
Il y a toute ta présence,
pour franchir les distances
Conditionnant de toi, ma vision …
Nos voies étaient égarées….
Chacune , errant sur son chemin,
Depuis que je te tiens la main,
> Elles ne sont plus séparées,
A ceux qui doutent des anges,
Nous empruntons leur vol,
Et tu verras…. sur le sol,
Comme nos deux ombres se mélangent .
Après, plus rien ne nous encombre…
Dans la traversée de l’air,
Les silhouettes sont légères,
Même pas marquées de sombre…
On ne distingue plus ce qui t’appartient,
Adossés à la lumière qui s’élance…
Où est donc la différence ?
– Ce qui est tien ou mien ?
–
RC – août 2014
Un temps encore frileux, où nos rêves s’essuient – de bleu – ( RC )

peinture: S Hantaï : Mariale 1962
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Sur terre, il y a des arbres bleus,
Qui se penchent,
Comme les pensées des vieux,
Jouant dans leurs têtes blanches.
Il y a dans leurs folles branches,
Suffisamment d’espace ,
Pour que les oiseaux passent,
Se posent et puis s’élancent.
Sur la colline, il y a une maison
Habitée de bleu,
Assez, pour y vivre heureux,
Comme dit la chanson.
C’est sous un bol d’azur,
Une bulle d’air recyclé,
Qui n’a plus besoin de clé,
Ni de serrures.
Ses portes restent ouvertes,
En signe de bienvenue,
Ceux qui naviguent à vue,
De là-bas, voient la mer verte.
Elle s’étend si loin,
Que les plus gros navires,
Partis dans un soupir,
Ne sont plus que points…
Ceux qui naviguent à vue ,
Ont leurs yeux bus,
Jusqu’à la dentelle de leurs cils ,
Contournant les îles,
Ils saisissent dans leurs mains,
Des mouettes, les plumes
Et des rubans de brume,
Dont ils habilleront demain…
Et, au futur étanche
Au balcon des dieux,
Des anges gracieux
Se cachent en robes blanches,
Des corbeilles de fruits ,
Ces champs aux arbres bleus,
D’un temps encore frileux,
… Où nos rêves s’essuient.
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RC- mars 2014
Les anges à la fenêtre – (RC )

- photo: jhalfie
Venus frapper à ma fenêtre,
Les anges – ils m’ont fait signe …
Voulant passer de l’autre côté,
Du ciel
Découpé en rectangles,
Encadrés de rideaux,
Fixés sur la maison,
…. Une pure illusion.
Le ciel était juste debout,
Dressé de son reflet,
Avec même le sommet d’un arbre,
Pour s’y reposer.
…On ne se pose pas sur une image,
Même si elle est peinte,
On ne traverse pas sans risque,
Le décor – on glisse sur sa peau lisse…
La profondeur était surface,
Le miroir prolongeant l’espace,
Semble-t-il infiniment,
Avec son mur impalpable.
Ces anges , ces oiseaux,
Stoppés dans leur vol…,
Venues frapper du bec à la fenêtre,
Ce matin, les mésanges.
RC – mars 2014
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