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POPSU Eaux-Bonnes (2023-2026)

Le programme POPSU Eaux-Bonnes (« Pour une nouvelle vie du patrimoine thermal : résilience et mutations d’une activité socioéconomique au service du territoire. Réflexion et prospective sur la station des Eaux-Bonnes ») est porté par l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UR 3002 ITEM) en partenariat avec le Pavillon de l’architecture de Pau.

Il s’inscrit dans le cadre du programme national POPSU Territoires (Plateforme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines) adossé au GIP Europe des Projets Architecturaux et Urbains (EPAU) du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, dont l’appel en 2023 était consacré aux problématiques spécifiques des ruralités.

Le programme porté par l’UPPA figure parmi les 17 lauréats désignés en 2023 et une communauté réunissant au total cette même année 51 projets territoriaux à l’échelle nationale, dont les particularités sont d’associer les établissements de recherche et les collectivités afin de contribuer en concertation à l’action publique.

L’exposition Autres regards sur les Eaux-Bonnes aux Journées Européennes du Patrimoine

Dans le cadre de l’édition 2025 des Journées Européennes du Patrimoine, la commune des Eaux-Bonnes a présenté au casino, entre autres animations, l’exposition Autres regards sur les Eaux-Bonnes, réalisée par l’Université de Pau et des Pays de l’Adour dans le cadre du programme POPSU Eaux-Bonnes.

Visant à sensibiliser le grand public à la richesse de l’histoire de la commune ainsi qu’à la problématique du patrimoine en péril, cette exposition propose des clichés inédits, réalisés lors de campagnes photographiques documentaires entre 2019 et 2024. Elle a vocation à être présentée au sein d’autres sites dans les mois à venir.

Pour en savoir plus: https://eauxbonnes.hypotheses.org/2811

Les Eaux-Bonnes non thermales

Le territoire communal des Eaux-Bonnes se compose de quatre noyaux urbains: le bourg thermal, les villages d’Aas et d’Assouste, respectivement sur les flancs et en contrebas de la Montagne Verte, ainsi que la station de ski de Gourette, située à plusieurs kilomètres au coeur du cirque éponyme et en direction du col de l’Aubisque.

Territoire de la commune des Eaux-Bonnes © Google MyMaps – V. Delpech

Les sources des Eaux-Bonnes, ou “Aiguas Bonas”, se trouvent à l’origine sur le territoire du village d’Aas. Le succès de leur exploitation est tel au milieu du XIXe siècle que décision est prise en 1861 de transférer la maison communale au coeur du bourg thermal et de donner à la commune le nom des sources. C’est également lors de cette reconfiguration administrative que le village d’Assouste est intégré à la commune.

Bourg d’Aas, 2024 © POPSU – C. Cornut
Fontaine d’Aas, début XXe siècle, carte postale © Coll. privée
Bourg d’Aas. Portail sculpté, 2024 © POPSU – C. Cornut
Le bourg d’Aas vu depuis les Eaux-Bonnes, 2024 © POPSU – C. Cornut
Bourg d’Aas, 2024 © POPSU – C. Cornut
Bourg d’Aas. Plaque en hommage à la pratique des “siffleurs d’Aas” (langage sifflé), apposée sur la façade de l’église Saint-Laurent, 2024 © POPSU – C. Cornut
Bourg d’Aas. Église Saint-Laurent, 2024 © POPSU – C. Cornut
Bourg d’Assouste. Chapelle, classée au titre des monuments historiques, 2024 © POPSU – C. Cornut
G.S. Chevallier dit Gavarni, Chapelle d’Assouste près les Eaux-Bonnes, première moitié XIXe siècle, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosalis
Bourg d’Assouste, rue principale, 2024 © POPSU – C. Cornut
Chapelle d’Assouste. Tympan roman, 2020 © CC- Emeltet
Ch. Maurice, Assouste. Travaux agricoles, 1852, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosalis

Dans les premières années du XXe siècle, la station thermale souhaite exploiter ses infrastructures touristiques au-delà de la saison des cures et commence donc à développer les activités liées aux loisirs de neige, comme le ski, la luge et le bobsleigh, tout d’abord au coeur même du bourg. C’est ainsi que le cirque de Gourette, également sur le territoire communal, est rapidement investi et utilisé pour ses champs de neige, puis urbanisé avec une station de ski de troisième génération après la Seconde Guerre mondiale.

Eaux-Bonnes – “Bobsleigh en pleine vitesse” au concours international de ski dans la rue Louis-Barthou de la station thermale, vers 1910, carte postale © Gallica – Bibliothèque patrimoniale de Pau
Le Cirque de Gourette, vers 1950, carte postale © Coll. privée
Station de ski de Gourette dans les années 1970, carte postale © Coll. privée
Cirque de Gourette, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Gourette, Chalets d’Isko, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Station de ski de Gourette, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Station de ski de Gourette, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Station de ski de Gourette, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Station de ski de Gourette, mai 2024 © POPSU – C. Cornut
Station de ski de Gourette, saison d’hiver © www.gourette.com – droits réservés
Station de ski de Gourette, saison d’hiver © www.gourette.com – droits réservés
Station de ski de Gourette, saison d’hiver © otbg
Station de ski de Gourette, saison d’hiver © www.gourette.com – droits réservés

Les Eaux-Bonnes en péril

La station des Eaux-Bonnes se distingue par son riche patrimoine rappelant les temps de son âge d’or. Pour autant, depuis la fin du XIXe siècle, le dynamisme socioculturel et économique du site et, partant, ses infrastructures, ont été mis à mal en raison de divers facteurs dépendant notamment de la conjoncture nationale et internationale, tels que les crises économiques, les conflits mondiaux, les évolutions sociales (comme le remboursement puis le dé-remboursement des cures par l’assurance-maladie; le tourisme de masse balnéaire), la déprise rurale ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, ou encore certaines décisions politiques.

L’état de conservation du patrimoine bâti et paysager eaux-bonnais témoigne ainsi des mutations urbaines et sociales ayant jalonné le XXe siècle, et démontre aussi que les temps de la villégiature thermale en son sens originel sont révolus. Il représente un intérêt historique et esthétique indéniable qui nécessite d’être préservé pour des raisons tant mémorielles que culturelles, ainsi que des potentialités exceptionnelles, et requiert donc avant tout un processus de ré-appropriation aussi bien par les pouvoirs publics que la société.

Parking couvert édifié à l’emplacement du temple protestant, 2018 © V. Delpech
Temple protestant, vers 1910, carte postale ancienne © Arch. Dép. Pyrénées-Atlantiques
Place du Gouvernement, 2018. En lieu et place du parking et de l’espace entre les deux bâtiments, se trouvaient autrefois deux vastes édifices (la Maison Tourné et l’hôtel de la Paix) © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Hôtel du commerce, 2018 © V. Delpech
Démolition de l’hôtel du commerce, 2018 © V. Delpech
Emplacement de l’Hôtel de France, 2024 © POPSU – C. Cornut
Hôtel de France, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Place d’Orteig, 2024. A l’emplacement des locaux techniques de la commune (au second plan, à gauche), s’élevait l’établissement des Thermes d’Orteig © POPSU – C. Cornut
Emplacement des anciens Thermes d’Orteig, 2018 © V. Delpech
Place d’Orteig, vers 1920, carte postale © Coll. privée
Ancienne annexe de l’Hôtel Richelieu, 2024 © POPSU – C. Cornut
Ancienne annexe de l’Hôtel Richelieu, 2018 © V. Delpech
Ruines d’une ancienne pension à flanc de montagne au-dessus du Valentin, 2018 © V. Delpech
Ruines d’une ancienne pension à flanc de montagne au-dessus du Valentin, 2024 © POPSU – C. Cornut
Église Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes. Peintures murales et vitrail, 2024 © POPSU – C. Cornut
Église Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes. Peintures murales, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Église Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes. Peintures murales des voûtes, 2024 © POPSU – C. Cornut
Relais d’Ossau (ancien Hospice Sainte-Eugénie). Façade principale, 2024 © POPSU – C. Cornut
Relais d’Ossau (ancien Hospice Sainte-Eugénie). Façade arrière, 2024 © POPSU – C. Cornut
Relais d’Ossau (ancien Hospice Sainte-Eugénie). Galerie principale, 2018 © V. Delpech
Maison Pommé. Façade principale, 2024 © POPSU – C. Cornut
Maison Pommé. Façade arrière, 2024 © POPSU – C. Cornut
Maison Pommé. Façade arrière, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Casino. Façade arrière, 2024 © POPSU – C. Cornut
Casino. Volume de l’ancien théâtre vu d’une loge, 2024 © POPSU – C. Cornut
Casino. Cheminée de la salle de jeu de l’étage, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Grand Hôtel des Princes, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Grand Hôtel des Princes, 2024 © POPSU – C. Cornut
Grand Hôtel des Princes, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche
Ancien salon de thé Anglade, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel – A. Barroche

Les Eaux-Bonnes autrefois

Affiche publicitaire, vers 1930 © Méd. intercom. Pau Pyrénées

Fréquenté depuis le Moyen Âge, le site des Eaux-Bonnes bénéficie de rares aménagements et constructions durant les temps modernes. A partir de la Révolution, la station se développe et acquiert une renommée internationale tout au long du XIXe siècle. En seulement quelques décennies, la station aux proportions modestes se dote d’infrastructures médicales et hôtelières et d’équipements de loisirs pour optimiser ses capacités d’accueil et tirer profit de cette nouvelle économie thermale.

La station, qui devient à la fois un lieu de soin, de mondanités et de distraction, résulte pleinement du phénomène de l’industrialisation, dont elle porte non seulement l’empreinte matérielle mais aussi l’effervescence humaine, loin de la quiétude actuelle.

L.J. Jacottet, Eaux-Bonnes – Etablissement thermal [Zone de l’ancienne chapelle, à gauche, et des thermes, à droite], vers 1830, lithographie © coll. privée
P.J.P. Gélibert, Vue des Eaux-Bonnes, 1827, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosalis
V. Petit, Eaux-Bonnes – L’établissement thermal, vers 1840, lithographie © Coll. privée
J. Andrieu, Ancienne chapelle néoclassique, vers 1840, stéréoscopie © Archeogrid
Eaux-Bonnes – Intérieur de l’établissement thermal, vers 1910, carte postale © coll. privée
Eaux-Bonnes – La Source Froide, vers 1910, carte postale © Arch. Dép. des Pyrénées-Atlantiques
Eaux-Bonnes – Le temple protestant, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Hospice Sainte-Eugénie [actuel Relais d’Ossau], vers 1910, carte postale © Arch. Dép. des Pyrénées-Atlantiques
Ch. Mercereau, Eaux-Bonnes. Vue générale, vers 1850, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosales
J. Caildrau, Arrivée de l’Impératrice Eugénie aux Eaux-Bonnes, “Arc de Triomphe dressé pour la réception de l’Impératrice”, L’Illustration, juill. 1855
J. Caildrau, Arrivée de l’Impératrice Eugénie aux Eaux-Bonnes – “Maison du Gouvernement affectée à son habitation”, L’Illustration, juill. 1855
Maisons Prat-Dumas, Paris, et Cazaux (devenues Grand Hôtel des Princes), vers 1860, lithographie © Arch. Dép. Pyrénées-Atlantiques
Eaux-Bonnes – Grand Hôtel de France [disparu], vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – La Fête (24 juin), 1852, lithographie © Gallica – BnF
Eaux-Bonnes – La foule pendant la saison, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Le Jardin Darralde, vers 1910, carte postale © Coll. privée
V. Petit, Vallée d’Ossau du côté de Laruns, vue prise de la promenade horizontale [Animations et danses près du kiosque], 1855, lithographie © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Grand Hôtel Continental, encart publicitaire, vers 1870 © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Le Casino, vers 1910, carte postale © Coll. privée
P. Gorse, Eaux-Bonnes – La cascade du Valentin, vers 1860, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosalis
Eaux-Bonnes – Cascade du Valentin, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Place de la Poste, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Rue de la Cascade, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Le guide Lanusse [à l’entrée de la route de Gourette], vers 1900, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Danses ossaloises, vers 1910, carte postale © Coll. privée – Ici devant la villa Meunier
Eaux-Bonnes – Villa du Rocher, vers 1910, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – Le Valentin [Place d’Orteig], vers 1920, carte postale © Coll. privée
Eaux-Bonnes – La villa de l’Electricité, vers 1920, carte postale © Coll. privée
Ch. Mercereau, Eaux-Bonnes – Vue depuis la Montagne Verte, vers 1960, lithographie © Bibliothèque municipale de Toulouse – Projet Rosalis

Publications

V. Delpech (dir.), Patrimoine thermal. De la gloire au péril, Pau: Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2023.

E. Castañer Muñoz, N. Meynen, L. Jalabert (dir.), Patrimoines du tourisme thermal et de la villégiature en montagne des Pyrénées et d’ailleurs, Toulouse : Presses Universitaires du Midi, 2023.

V. Delpech, Stations thermales des Pyrénées béarnaises, Bordeaux: Éd. Le Festin, 2020.

E. Castañer Muñoz, L. Jalabert, N. Meynen (dir.), Thermalisme et patrimoines dans les zones de montagne, Pau : Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2020.

Les Eaux-Bonnes aujourd’hui

L’espace urbain et l’environnement naturel des Eaux-Bonnes portent l’empreinte d’une histoire thermale séculaire. La richesse du patrimoine architectural et des aménagements paysagers du site témoignent en particulier de l’essor fulgurant de la station au XIXe siècle. Les dispositions de l’urbanisme industriel, avec des édifices académiques et quelques rares architectures éclectiques, font toujours contraste avec un territoire fortement accidenté et aux apparences sauvages plus coutumier de l’architecture rurale vernaculaire.

Les alentours de la station permettent d’appréhender l’ampleur des aménagements paysagers voués à la convalescence, aux loisirs et aux mondanités, notamment les promenades thermales, devenues sentiers de randonnée, et leur insertion dans un cadre naturel spectaculaire. Les points de vue organisés de sorte de valoriser la nature et la ville d’eaux permettent comme autrefois de prendre la mesure des interventions et de l’emprise urbaine caractéristiques du XIXe siècle.

Vue depuis la Promenade de l’Impératrice, 2024 © V. Delpech
Kiosque et Promenade de l’Impératrice, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Bourg depuis la Promenade de l’Impératrice, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche

Autour des sources jaillissant au pied de la Butte au Trésor, se déploie le coeur historique de la station, comprenant l’établissement thermal, l’église et la maison du Gouvernement (actuel Hôtel de Ville), dont la construction est ordonnée par décret en 1809, ainsi que, dans un second temps, des infrastructures complémentaires qui ne sont plus exploitées de nos jours, des immeubles à logements collectifs et quelques demeures de villégiature.

Villa Excelsior, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Relais d’Ossau (ancien Hospice Sainte-Eugénie), 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Pavillon de la Source Froide, 2019 © V. Delpech
Église Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes – vue générale de la nef, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Église Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Hôtel de Ville [Maison du Gouvernement, anciens logements pour curistes], 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Etablissement thermal – Salle Pidoux et Source Vieille, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Etablissement thermal et son extension, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Etablissement thermal – Réception, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche

Le parc constitue un équipement majeur de l’industrie thermale au XIXe siècle. Celui des Eaux-Bonnes, investi dès le début de l’époque romantique, prend place au sein du seul espace relativement plan du site. C’est pourquoi les constructions, datant généralement du milieu du siècle, ont été reléguées à ses abords, contre la montagne d’un côté, et le précipice de l’autre, rentabilisant au maximum les réserves foncières. Ce centre de la vie thermale et de villégiature conserve de nos jours sa fonction originelle tout en témoignant cependant des évolutions urbaines d’après la Seconde Guerre mondiale, notamment la forte présence de l’automobile, qui remodèle les lieux et influent sur les usages.

Vue d’ensemble du Jardin Darralde, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Le casino, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Entrée du Jardin Darralde [Décoration remémorant les différents passages du Tour de France au coeur du bourg thermal], 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Jardin Darralde et Grand Hôtel des Princes vus depuis la Montagne Verte, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Rue Louis Barthou, longeant le Jardin Darralde, avec sa série d’anciens hôtels et pensions, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche

Sous le Second Empire, la dernière phase de développement urbain prolonge les contours de la station vers le ruisseau du Valentin, que la rue de la Cascade surplombe magistralement, et la route du village d’Aas par la Montagne Verte. De nombreuses maisons de guide et pensions, mais aussi d’autres équipements thermaux, complètent le site dans la seconde moitié du XIXe siècle, et sont aujourd’hui dévolus à l’habitat sédentaire ou à la location saisonnière. Si le patrimoine bâti porte la mémoire de l’âge d’or de l’économie thermale, les fonctions de ces édifices ont évolué et relèvent de nouveaux systèmes d’hébergement et d’autres motivations de voyage.

La rue de la Cascade vue depuis le sommet de la Montagne Verte, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Rue de la Cascade, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Villa de l’Électricité, 2024 © POPSU – C. Cornut
Anciens Bains ordinaires, devenus école communale, actuellement logements, 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Maison Meunier (à gauche), 2019 © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel – A. Barroche
Vue des Eaux-Bonnes depuis la Montagne Verte, 2018 © V. Delpech

Un programme POPSU Territoires

Le programme POPSU Eaux-Bonnes (« Pour une nouvelle vie du patrimoine thermal : résilience et mutations d’une activité socioéconomique au service du territoire. Réflexion et prospective sur la station des Eaux-Bonnes ») est porté par l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UR 3002 ITEM) en partenariat avec la commune des Eaux-Bonnes et le Pavillon de l’architecture de Pau.

Il s’inscrit dans le cadre du programme national POPSU Territoires (Plateforme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines) adossé au GIP Europe des Projets Architecturaux et Urbains (EPAU) du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, dont l’appel en 2023 était consacré aux problématiques spécifiques des ruralités.

Le programme porté par l’UPPA figure parmi les 17 lauréats désignés en 2023 et une communauté réunissant au total cette même année 51 projets territoriaux à l’échelle nationale, dont les particularités sont d’associer les établissements de recherche et les collectivités afin de contribuer en concertation à l’action publique.

Les projets sélectionnés en métropole et dans les outre-mers s’organisent autour de 12 thèmes de recherche allant du changement climatique à la culture, l’habitat, la coopération territoriale ou la santé. Le programme POPSU Eaux-Bonnes relève ainsi des thématiques liées à la culture et au patrimoine tout en générant également une réflexion sur l’habitat, l’immobilier et les formes urbaines, ainsi que sur le modèle économique et la coopération territoriale.

Appuyé sur des études de cas, POPSU Territoires vise à produire “une “plateforme de débats acteurs-chercheurs-élus, accompagner l’action publique locale, construire de nouveaux récits par et pour les petites villes ainsi qu’écouter, apprendre, expérimenter“. Pour ce faire, la méthode de ce projet de recherche-action s’articule autour de séminaires de co-construction et de recherches de terrain afin de produire une analyse et une synthèse constituant une aide à la décision pour les acteurs du territoire.

Ces études de cas sont valorisées au sein de la collection Carnets de territoires (Éditions Autrement), des conférences POPSU, de films documentaires, de reportages photographiques, de la série de podcast “Dans la France des petites villes” et, à l’échelle de l’ensemble du projet, lors des rencontres annuelles POPSU.

Pour en savoir plus: https://popsu.archi.fr/programme/popsu-territoires

Présentation générale

© V. Delpech, 2024

Triomphant au XIXe siècle, la station thermale des Eaux-Bonnesconnaît un important déclin depuis plusieurs décennies. Étendue sur un territoire de 38,52 km2 composé de 90 % de zones naturelles (montagnes, bois, rivières, cascades) entre 520 m et 2 619 m d’altitude, cette commune de la vallée d’Ossau (Pyrénées-Atlantiques) a longtemps attiré les foules pour son environnement exceptionnel, ses mondanités et ses eaux bienfaisantes, promus par des personnalités comme l’impératrice Eugénie.

La station s’est ainsi constitué un patrimoine bâti remarquable, mais qui a peu résisté aux évolutions sociales et économiques du XXesiècle, donnant à voir de nos jours une sorte de village-fantôme, lieu de passage sur la route de la station de ski de Gourette située sur le territoire communal. C’est sur la réappropriation de ces espaces que se focalise la présente recherche-action, visant à sauvegarder un patrimoine riche et porteur d’histoire tout en œuvrant à la revitalisation culturelle, sociale et économique de tout un territoire valléen.

Face au déclin, le pouvoir de la résilience patrimoniale

L’aire d’étude se concentre sur une commune, qui, malgré seulement 200 habitants à l’heure actuelle, a exercé une influence prégnante sur le développement et l’aménagement du territoire local et régional. Les équipements autrefois dévolus aux curistes mêlent désormais un habitat sédentaire et des hébergements locatifs soumis à une forte saisonnalité, lorsqu’ils ne sont pas en mauvais état, démolis ou en ruines.

De tous temps, les autorités locales ont eu conscience de la valeur de ce parc immobilier et ont tenté, parfois sans succès, des stratégies de redynamisation, comme celle ayant mené à la fermeture de l’établissement thermal en 2017. Pour autant, ce patrimoine bâti est doté d’un potentiel symbolique et physique bien réel qui dépasse son origine thermale et peut constituer en lui-même une importante source d’activités socioéconomiques. La fermeture (même temporaire) des thermes, qui n’est donc pas forcément une fatalité, peut aussi être envisagée comme une opportunité de renouvellement de l’espace et des usages urbains en ces temps où la société se questionne sur son rapport à l’environnement, à la vie active et au système libéral, ou bien au corps et à son intégrité physique.

Changement de regard

Le patrimoine bâti eaux-bonnais, considéré ici comme un gisement susceptible de répondre à de nombreux enjeux contemporains, doit donc faire l’objet d’un changement de paradigme et d’une réappropriation dans l’imaginaire collectif. Afin de susciter une prise de conscience de sa plus-value et d’impulser une dynamique de projets et de valorisation au sens large, cette recherche-prospective invite la population, les élus et les acteurs publics et privés à s’unir pour faire émerger les formes d’optimisation et de reconversion du patrimoine lié au thermalisme et d’en faire un levier de la solidarité culturelle et interterritoriale, montrant que la situation actuelle ne présage pas une disparition programmée mais, au contraire, peut aussi annoncer une nouvelle vie fondée sur la mémoire des lieux.

Méthodologie

© V. Delpech, 2023

La synergie entre chercheurs et acteurs du territoire autour d’une mémoire commune

Appuyée sur la synergie des entités impliquées sur le territoire valléen, cette recherche-action favorise l’émulation entre chercheurs, acteurs de terrain et société civile pour œuvrer conjointement à la construction des savoirs.

Dans un cadre multidisciplinaire, les moments d’échange (ateliers, séminaires de co-construction, journées d’études, colloques) sont complétés par la recherche en histoire récente, des enquêtes et des entretiens, pour produire un diagnostic mémoriel et un état des lieux partagé de la connaissance, à l’issue desquels aura lieu la réflexion prospective commune visant à projeter des solutions d’avenir en termes de valorisation culturelle et de reconversion fonctionnelle des espaces bâtis.

Répondant aux enjeux de la science ouverte, le projet fait aussi l’objet d’une valorisation spécifique, avec la production du présent carnet de recherche, d’outils numériques, d’une exposition finale ainsi que d’une synthèse écrite et imagée permettant de visualiser concrètement le processus et ses conclusions, et d’impulser une nouvelle dynamique fondée sur le principe de la résilience patrimoniale.

Un projet POPSU Territoires

Le projet POPSU Eaux Bonnes s’inscrit dans le cadre du programme national POPSU Territoires (Plateforme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines) adossé au GIP Europe des Projets Architecturaux et Urbains (EPAU) du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, dont l’appel en 2023 était consacré aux problématiques des spécifiques des ruralités.

Le programme porté par l’UPPA figure parmi les 17 lauréats désignés en 2023 et une communauté réunissant au total 51 projets territoriaux à l’échelle nationale, dont les particularités sont d’associer les établissements de recherche et les collectivités afin de contribuer en concertation à l’action publique.

https://popsu.archi.fr/projet/eaux-bonnes