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JE – Rencontre, Cnam / SU / SPHINX, 12/06/2026: “L’invisibilisation des femmes dans les sciences et les techniques en France et en Angleterre (XVIIe-XIXe siècles)”, 9 h 30 – 19h00

© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Guillaume Murat / Signatures

Vous trouverez ci-dessous le programme d’une journée consacrée à « L’invisibilisation des femmes dans les sciences et les techniques en France et en Angleterre (XVIIe-XIXe siècles) », qui se tiendra au Conservatoire national des Arts et Métiers (Paris 3e) le vendredi 12 juin prochain. Cette journée est organisée dans le cadre du projet SPHINX (ANR) porté par Sorbonne Université, avec le soutien des laboratoires HDEA (UR 4086) et VALE (UR 4085) et du Cnam.

L’entrée est gratuite. Il n’est pas nécessaire de s’inscrire, sauf pour la visite libre du Musée à partir de 17h30 (avant le 3 juin) via ce lien.

Bien cordialement,

Sandrine Parageau et Line Cottegnies, Sorbonne Université (HDEA/VALE)

Journée d’étude: Vendredi 12 juin, de 9h30 à 19h, Amphithéâtre Abbé Grégoire (Cnam), 292, rue Saint-Martin 75003 Paris

Pascal, Newton, Halley, Faraday, Lavoisier, Ampère, Pasteur : on connaît bien tous ces héros de l’histoire des sciences et des techniques des XVIIe-XIXe siècles. Mais existe-t-il des héroïnes dans cette histoire ? Quelques noms viennent à l’esprit : Émilie du Châtelet, bien sûr ; Ada Lovelace, peut-être. Mais on les connaît grâce à un homme plus célèbre qu’elles : Voltaire, Lord Byron et Charles Babbage. Marie Curie semble faire exception. Au-delà de ces figures souvent présentées comme « extraordinaires », d’autres femmes ont-elles participé à l’histoire des sciences et des techniques ? À quelle science se sont-elles intéressées et quelle a été leur pratique ? Comment et où ont-elles accédé aux sciences et aux techniques dans un contexte intellectuel, institutionnel et juridique qui les en éloignait ? Si des femmes ont bien pratiqué la science du XVIIe au XIXe siècle en Angleterre et en France, pourquoi sont-elles aujourd’hui inconnues et invisibles ? On peut penser que, dans certains cas, elles n’ont laissé que peu de traces dans l’histoire. Mais peut-être aussi ont-elles été invisibilisées, écartées des grands récits de l’histoire des sciences et des techniques, parfois au profit de leurs pères, de leurs frères et de leurs époux.

Comité d’organisation
Line Cottegnies, Sorbonne Université
Sandrine Parageau,Sorbonne Université
Anne-Laure Carré, Musée des Arts et Métiers- Cnam
Anne Chanteux, Conservatoire des Arts et Métiers – Cnam

NB: Cette journée d’étude bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030, dans le cadre du projet SPHINX (ANR 24 RSHS 0006), porté par Sorbonne Université.

9h15 : accueil et mot d’ouverture par Michèle Antoine, directrice du Musée des Arts et Métiers

9h30-10h00 : Isabelle Lémonon-Waxin (Nantes Université, Centre François Viète) 

« Les savantes des Lumières françaises ont-elles une histoire ? »

10h00-10h30 : Louisiane Ferlier (Royal Society, Londres)

« Traces et silences : à la recherche des femmes dans les collections de la Royal Society »

10h30-11h00 : discussion

11h00-11h15 : pause

11h15-11h45 : Lou-Ann Rouchon  

« Entre reconnaissance institutionnelle et invisibilisation : l’ingéniosité des femmes à l’épreuve de la Society of Arts de Londres (1754-1847) »

11h45-12h15 : Anne-Laure Carré (Musée des Arts et Métiers)

« La collection des modèles des arts et métiers et manufactures du Duc d’Orléans, projet pédagogique de Mme de Genlis ou reflet d’une galerie aristocratique ? »

12h15-12h45 : discussion

12h45-14h00 : déjeuner (sur place pour les intervenant.e.s)

14h00-14h30 : Anne Chanteux (Conservatoire National des Arts et Métiers)

« La pratique des techniques par les femmes : l’invention au XIXe siècle à travers les archives historiques du Cnam »

14h30-15h00 : David Aubin (Sorbonne Université, Institut de mathématiques, Initiative iRHiST)

« Pourquoi la Revue scientifique des femmes (1888-1889) ? Masculinité normative et déviance féminine »

15h00-15h30 : Emmanuelle de Champs et Constanza Rojas-Molina (CY Cergy Paris Université)

« Contre l’invisibilisation des femmes scientifiques des Lumières : à la croisée des mathématiques et de l’histoire »

15h30-16h15 : discussion

16h15-16h30 : pause

16h30-17h30 : Table ronde : « L’invisibilisation des femmes dans l’histoire des sciences et techniques : perspectives croisées », animée par Liliane Hilaire-Pérez (Paris Cité/EHESS), avec Sandrine Aragon (Sorbonne Université, CELLF), David Aubin (Sorbonne Université, Institut de mathématiques, Initiative iRHiST), Louisiane Ferlier (Royal Society, Londres), Catherine Lanoë (Université Versailles Saint-Quentin)

17h30 : visite libre du Musée (inscription obligatoire avant le 3 juin via ce lien)

Biographies des intervenant.e.s

David Aubin est historien des sciences, professeur à la Faculté des sciences et ingénierie de Sorbonne Université. Ses recherches portent sur l’histoire des mathématiques et de l’astronomie aux XIXe et XXe siècles, ainsi que sur les pratiques scientifiques, notamment l’observation populaire. Il dirige actuellement le projet ARCHIFLAMM consacré à la figure de Camille Flammarion. Il a exercé diverses responsabilités institutionnelles, notamment comme président de la section 72 du Conseil national des universités (2019-2023) et directeur de l’initiative iRHiST (Alliance Sorbonne Université).

Anne-Laure Carré est docteure en histoire des techniques et diplômée de l’École du Louvre. Ingénieure de recherches, responsable des collections Matériaux au musée des Arts et Métiers, elle a été commissaire de l’exposition « Top Modèles. Une leçon princière au XVIIIe siècle » en 2020. Elle s’intéresse particulièrement aux liens entre histoire des collections et des enseignements au Conservatoire des arts et métiers.

Emmanuelle de Champs est professeure d’histoire et civilisation britannique à CY Cergy Paris Université. Ses travaux en histoire intellectuelle portent sur Jeremy Bentham et sur les liens entre féminisme et utilitarisme au XIXe siècle. À CY Cergy Paris Université, elle participe au projet “Mathematics Outreach meets History: Knowledge transfer to bridge the two cultures”.

Docteure en histoire, Anne Chanteux est directrice des bibliothèques, de la documentation et des archives au Conservatoire national des arts et métiers. Ses recherches portent sur l’histoire des femmes inventrices françaises à travers les brevets d’invention du XIXe siècle.

Louisian Ferlier, docteure de l’Université Paris 7 Denis Diderot (2012), est responsable des ressources numériques au sein des collections de la Royal Society, fondée en 1660. Ses recherches portent sur la circulation des savoirs à l’époque moderne et leur mise en valeur patrimoniale, avec une attention particulière aux réseaux de diffusion des livres et manuscrits scientifiques et religieux de part et d’autre de l’Atlantique ainsi que de leur matérialité. Dans le cadre de ses fonctions, elle a dirigé des projets complexes de numérisation comme celui des Philosophical Transactions (la plus ancienne revue scientifique) et développé des éditions numériques libres d’accès, dont Micrographia de Robert Hooke. En lien avec la thématique du colloque, ses travaux croisent histoire des sciences et histoire des femmes : elle a notamment travaillé sur la correspondance entre Ada Lovelace et Sir John Herschel ou sur Tace Sowle-Raylton, première libraire et imprimeure Quaker, figures emblématiques des trajectoires féminines dans la production et la circulation des savoirs. Elle a aussi bénéficié de Fellowships à la Bodleian Library et au UCL Centre for Editing Lives and Letters à Londres, et contribue régulièrement au blog d’histoire des sciences de la Royal Society. Elle est également actuellement commissaire d’une exposition (visible jusqu’à 20/06/2026) en collaboration avec l’Académie des sciences à la Bibliothèque Mazarine sur la Figure de la Terre, qui met en lumière la traduction des Principia de Newton par Émilie du Châtelet et celle de la Mécanique céleste de Laplace par Mary Somerville.

Catherine Lanoë est professeure d’histoire moderne à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, rattachée au laboratoire Dypac. Elle est spécialiste de l’histoire du corps, de l’histoire de la culture matérielle des parures et de l’histoire des techniques artisanales dans la France moderne. Elle publié plusieurs ouvrages collectifs ou personnels, parmi lesquels en 2008, La Poudre et le fard. Une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières, Champ Vallon ; en 2021, le dossier n°34 de la Revue Parlement[s] « Revêtir des idées. Habits, parures et politique en France, XVIe-XXIe siècle » ; en 2024, Les Ateliers de la parure. Savoirs et pratiques des artisans en France, XVIIe-XVIIIe siècle, Champ Vallon

Isabelle Lémonon-Waxin est historienne des sciences et physicienne. Formée à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, elle est chercheuse associée au Centre François Viète de Nantes Université. Ses travaux de recherche se focalisent sur l’identification et l’analyse des pratiques scientifiques des femmes aux XVIIIe et XIXe siècles, croisant histoire sociale et intellectuelle des sciences, et histoire des femmes et du genre. Elle co-dirige le projet d’édition numérique des manuscrits de Victorine de Chastenay sur la plateforme EMAN et préside la Société historique des ami(e)s de Victorine de Chastenay.

Constanza (Coni) Rojas-Molina est enseignante-chercheuse à CY Cergy Paris Université. Mathématicienne, médiatrice scientifique et illustratrice, elle partage son temps entre l’enseignement, la recherche, la diffusion scientifique et l’illustration. Sa recherche porte sur les modèles mathématiques de la physique quantique. Elle est éditrice assistante du Journal of Mathematical Physics, chargé de la section Mécanique Quantique. Très engagée dans la promotion des femmes en science, elle fait partie du conseil de l’Association of Women in Mathematical Physics, depuis 2023. Pour la diffusion scientifique, ses outils préférés sont l’illustration, les sketchnotes et la bande dessinée. Elle a travaillé, en particulier, sur Emmy Noether, Sophie Germain et Emilie du Châtelet. Elle a publié des ouvrages sur la diffusion des mathématiques en Amérique Latine et Europe. Elle est membre du comité Outreach and Public Engagement de la European Mathematical Society et a reçu le Prix pour la médiation scientifique de CY Cergy Paris Université en 2024.

Lou-Ann Rouchon, titulaire d’un master de recherche en histoire et d’un master professionnel en patrimoine scientifique, technique et naturel de l’Université Paris Cité, est lauréate du concours d’attaché·e de conservation. Ses recherches portent sur l’histoire des femmes et des techniques en Angleterre au XVIIIe siècle, dans une perspective croisant histoire du genre et histoire des savoirs, avec une attention aux mécanismes d’invisibilisation et à la pratique technique. Cette recherche a abouti à la publication d’un article pour la revue Les Mains Invisibles (“Les inventrices à la Society of Arts de Londres au XVIIIe siècle : les femmes à l’épreuve de l’institution”, Les Mains Invisibles, n°1, 2025). Elle s’intéresse également à la dimension patrimoniale de l’histoire des sciences et des techniques, à travers la conservation et la valorisation des collections. Elle est notamment cofondatrice de l’association Mines d’histoire, dédiée au patrimoine scientifique, technique et naturel.

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Texte de cadrage :

Cette journée d’étude interrogera la place des femmes dans l’histoire des sciences et des techniques sur une période de trois siècles afin des percevoir les évolutions, progrès, mais aussi peut-être régressions au sein de cette histoire. Pour cela, on s’intéressera à la notion d’« invisibilisation », souvent mobilisée aujourd’hui pour parler des femmes mais aussi d’autres groupes oubliés des récits historiques. L’objet de cette journée est triple. Il s’agit bien sûr d’abord de se demander (1) si les femmes sont en effet invisibles dans l’histoire des sciences et des techniques au cours de la période étudiée. De fait, dans les collections du Musée des Arts et Métiers lui-même, la présence des femmes n’est perceptible qu’en filigrane. On en connaît quelques-unes, les « grandes figures » qui ont souvent été mises en avant et célébrées comme « extraordinaires », mais qui sont les autres ? Que font-elles ? À quelle science s’intéressent-elles et quelle est leur pratique ? Comment et où accèdent-elles aux sciences et techniques dans un contexte intellectuel, institutionnel et juridique qui les en éloigne ? En effet, pour les femmes, qui n’ont guère accès aux académies scientifiques qui émergent au milieu du XVIIe siècle, les sciences ne se pratiquent pas dans les laboratoires, ni même d’ailleurs dans les cercles savants, qui restent bien souvent des lieux mondains pour « le beau sexe ». La science se pratique plutôt dans la cuisine, au jardin, dans les prés ou la forêt, au contact des malades à soigner, que ce soit dans la sphère domestique ou dans la communauté locale. Mais certaines femmes parviennent tout de même à se procurer des instruments scientifiques. On pourra s’interroger par exemple sur la place des hommes qui leur sont proches – époux, frère, père, etc. – qui leur ont bien souvent donné un accès aux sciences et aux techniques, tout en effaçant leur contribution.

En effet, s’il y a « invisibilisation » des femmes dans les sciences et les techniques, il faut se demander (2) qui en est à l’origine, qui sont les agents de cette « invisibilisation » : ces hommes qui leur sont proches ? La société patriarcale ? Certaines professions ou corporations ? On pense par exemple à la médecine et à l’exclusion progressive des femmes de la pratique médicale au cours du XVIIIe siècle. Pourtant, lorsque l’on consulte les archives, on croise pléthore de femmes qui ont joué un rôle dans l’histoire des sciences et des techniques, et il faut par conséquent se demander si ce ne sont pas les historiens qui ont « invisibilisé » ces femmes. La fabrication d’un récit et la construction d’un canon impliquent des choix, une sélection des sources, des acteurs, des pratiques : les femmes ont-elles été exclues de ce canon par les historiens, et si oui, à quel moment s’est faite cette exclusion ? On pourra aussi s’intéresser au processus désormais bien engagé de « visibilisation » des femmes dans l’histoire et en particulier dans celle des sciences et des techniques depuis quelques décennies, et auquel cette journée entend contribuer. Depuis les années 1980, dans les pays anglophones d’abord, puis plus largement en Europe, de nombreuses études ont été consacrées à la pensée scientifique ou philosophique de quelques femmes. Cette histoire des penseuses et des praticiennes de la science est en cours d’écriture. En revanche, l’histoire des pratiques scientifiques et techniques des femmes reste encore largement à écrire.

Enfin, la notion d’« invisibilisation » implique (3) un processus, qui invite à s’interroger sur la chronologie et les éventuels retours en arrière au sein de cette histoire qu’il convient de contextualiser. On imagine volontiers une progressive « visibilisation » des femmes dans l’histoire des sciences et des techniques au cours de la période concernée, qui se poursuivrait aux XXe et XXIe siècles : les femmes seraient à la fois de plus en plus nombreuses et de plus en plus visibles car mieux acceptées par les institutions et les savants de leur temps. Mais avons-nous vraiment affaire à une histoire linéaire qui irait de l’exclusion plus ou moins officielle des femmes à une acceptation et une reconnaissance progressives, qui seraient complètes au cours du XXe siècle ? La chronologie retenue pour cette journée, qui n’est pas habituelle en histoire, permet d’envisager ces mouvements sur le long terme pour mieux en percevoir les inflexions et les éventuelles ruptures. La comparaison de la France et de l’Angleterre permettra aussi de mieux mettre en évidence ces évolutions dans des contextes politiques, sociaux et institutionnels différents ; elle permettra aussi de confronter des historiographies différentes.

PAR: Etudes Epistémè 48: “The Politics and Poetics of Trees in Seventeenth- and Eighteenth-Century England”, éd. L. Cottegnies, A.-V. Dulac et A. Tadié.

Vient de paraître le n°48 de de la revue Études Épistémè sur “The Politics and Poetics of Trees in Seventeenth- and Eighteenth-Century England”, sous la direction de Line Cottegnies, Anne-Valérie Dulac et Alexis Tadié. Vous trouverez également dans ce numéro une étude de Roger Chartier et deux articles en varia.

Poétique et politique de l’arbre dans l’Angleterre des XVIIe et XVIIIe siècles

CFP COLL, 10-11/12/2026: “Conversing with the Dead: Forms, genres, gender and practices”, Sorbonne Université, Sorbonne Nouvelle, Paris 8

Vous trouverez ci-dessous un appel à communication organisé conjointement par PEARL (Prismes, Sorbonne Nouvelle), Modernité 16-18 (Vale, Sorbonne Université) et TransCrit (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)

Bien cordialement,

Line Cottegnies, pour le comité d’organisation

Comité d’organisation: Claire Boulard-Jouslin (Université Sorbonne-Nouvelle), Anne-Marie Miller-Blaise (Sorbonne-Nouvelle), Line Cottegnies (Sorbonne Université), Armel Dubois-Nayt (Université Paris 8 Vincennes-St Denis),  Johann Paccou (Sorbonne-Nouvelle) et Irène Vilquin (Sorbonne-Nouvelle)

Conversing with the Dead

Forms, genres, gender and practices

Converser avec les morts

Formes, genres, pratiques

Colloque/ colloquium 

10-11 Décembre 2026/ 10-11th December 2026

Université Sorbonne-Nouvelle (Pearl/Prismes)

Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis (TransCrit)

Sorbonne Université (Vale, Modernité 16-18) 

(Scroll for English version)

            Les transformations religieuses induites par la Réforme ont profondément modifié le rapport des vivant·es aux mort·es dans l’Angleterre de la première modernité. Malgré la suppression du purgatoire, des prières pour les défunt·es et de l’intercession des saint·es, ainsi que le changement de statut des fantômes et des spectres dont on prétend désormais qu’ils ou elles ne sont que de viles illusions fabriquées par le diable, on continue néanmoins de dialoguer avec les mort·es. Le développement du théâtre professionnel permet à cette conversation d’avoir notamment lieu sur la scène. Celle-ci offre un espace fictionnel de substitution aux rites abolis, mais aussi un espace de médiation ambiguë et de réflexion critique portant non seulement sur les pratiques dans le domaine mais touchant aussi à des questions religieuses, politiques et sociales plus vastes. Le Hamlet de Shakespeare en constitue un exemple frappant et bien connu, mais quantité d’autres pièces de la période élisabéthaine et jacobéenne peuvent être invoquées. Se développe également au cours des XVIe, XVIIe et XVIIe siècles, dans les Îles britanniques, comme ailleurs en Europe, un goût de plus en plus prononcé pour la forme du Dialogue avec les mort·es, reprise à Lucien de Samosate, dont les œuvres sont popularisées en particulier par la traduction latine qu’en donnent Érasme et Sir Thomas More. Pendant comique et grinçant du dialogue socratique, voire contre-dialogue socratique, le Dialogue avec les mort·es participe des instruments pédagogiques privilégiés des méthodes humanistes et sceptiques, qui cherchent à instruire tout en déconstruisant, par la satire et le rire, illusions et croyances superstitieuses – celles-là même qui empêchent l’accès au savoir et permettent l’exercice de différentes formes de pouvoir abusif. Considérée comme un texte dangereux, conduisant potentiellement à l’athéisme, la traduction de Lucien par Érasme et More est mise à l’index par l’Église dans les années 1590. 

            En Angleterre, il faut attendre le milieu du XVIIe siècle pour que ses œuvres ne soient plus cantonnées aux extraits que l’on trouve dans la littérature scolaire mais traduites de façon plus systématique en langue vernaculaire. Pourtant, son influence se fait sentir dans une riche littérature de controverse qui se développe bien en amont, où, sous couvert de fictionnalité, de voyages dans la lune, dans les enfers, ou dans des espaces utopiques, les mort·es sont ressuscité·es, ont encore droit au chapitre, et permettent de déjouer la censure qui pèse sur les vivant·es. La Restauration et le XVIIIe siècle (âge néo-classique) voient se confirmer l’intérêt pour le genre hérité de Lucien, avec de nouvelles traductions plus complètes en anglais, et dans le sillage des dialogues des morts de Fontenelle et de Fénelon, la parution de nouveaux dialogues originaux. C’est une véritable mode qui éclôt après 1760 et les dialogues de Lord Lyttelton, dont témoignent la presse de loisirs, mais aussi le développement de formes connexes, épistolaires, dramatiques, et son infléchissement vers la conversation. Si la réception, l’influence et l’héritage de Lucien ont fait l’objet d’études approfondies pour les domaines italiens et français, les Îles britanniques sont restées très en marge de ces travaux, alors même qu’elles ne sont pas isolées de réseaux de circulation qui le popularisent. 

            Le présent colloque se propose dans un premier temps de revenir, notamment dans une perspective comparatiste et européenne, sur la place, les enjeux, et les formes dérivées du Dialogue des mort·es outre-Manche, du XVIe au XVIIIe siècle. Il s’attachera à mettre en lumière ses transformations formelles, mais aussi son dialogue avec les pratiques mortuaires et commémoratives propres à ces espaces, ses usages politiques, notamment dans la querelle des femmes, et sa dimension genrée. Dans un second temps, on s’intéressera aussi à l’ensemble des écrits, des formes littéraires (théâtre, poésie, etc.) et artistiques (iconographie, monuments, etc.) qui traitent de ce thème. Il s’agira ainsi d’étudier comment la mise en scène d’un échange avec les défunt·es permet de mieux comprendre le rapport que les vivant·es entretenaient avec les mort·es qu’ils choisissaient de faire revenir d’outre-tombe. On pourra notamment s’interroger sur le souvenir que les vivant·es souhaitaient construire ou commémorer d’un défunt, ainsi que sur les motivations qui les poussaient à les ériger en interlocuteurs imaginaires. Ce procédé sous-tend en effet des enjeux de mémoire, de transmission et de réflexion sur l’histoire, la littérature, la philosophie et la religion (dont témoignent les débats sur l’immortalité de l’âme au XVIIIe siècle). Dans une perspective d’études de genre, nous pourrons enfin nous demander si les dialogues des mort·es et leurs formes dérivées peuvent être mobilisés pour réévaluer la mémoire des femmes dans l’histoire. Il sera intéressant de se demander pourquoi les figures féminines d’outre-tombe sont minoritaires dans ces œuvres et, le cas échéant, d’en déterminer la proportion. Dans une perspective qualitative, on pourra également comparer les critères et les logiques de sélection qui expliquent la présence de certaines femmes dans ces “conversations avec les mort·es” et les enjeux de mémoire qui leur sont propres.

            Les communications pourront s’articuler autour des thèmes suivants :

–        La personnalité des personnages du binôme dialoguant et leurs rapports de complémentarité et d’opposition : s’agit-il de héros/héroïnes du passé, de personnages historiques ou autres ? Quel était leur statut social de leur vivant ? Qu’advint-il de leur salut outre-tombe ? Leur a-t-il été assuré en tant que saint·e, refusé en tant que damné·e ou est-il resté en suspens le temps du purgatoire ? Y avait-il parmi eux des suicidé·es, des enfants, des prostitué·es, des meurtrier·es, des criminel·les, etc. ?

–        La rhétorique du dialogue : on pourra observer comment les auteur·es jouent sur les tons, la voix et ses variations pour construire la dynamique des échanges pour transmettre un message moral ou historique, interroger des rapports sociaux de classe, de race ou de genre, ou encore pour créer des effets esthétiques et stylistiques (amplification dramatique, contraste comique, etc.).

–        La dimension critique des voix d’outre-tombe : on pourra ici analyser la fonction morale, philosophique, politique, religieuse, comique ou didactique des échanges en se demandant si les mort·es servent de modèles ou de contre-modèles, s’ils ou elles reflètent des croyances religieuses distinctes de celles des vivant·es ou partagées avec eux, s’ils ou elles permettent de réfléchir sur la condition humaine, de critiquer les institutions ou simplement de ridiculiser certains comportements humains. Une attention particulière pourra être portée aux rapports entre les interlocuteurs. Est-il égalitaire, hiérarchique, dissymétrique, critique ? Correspond-il à la nature de leurs rapports dans le monde des vivants ?

–        La fonction pragmatique du dialogue : le dialogue cherche-t-il à distraire le lecteur / la lectrice ou à l’amuser par le comique, l’ironie, la satire ou l’absurde ? à glorifier un personnage littéraire, historique ou des valeurs ? À juger le monde des vivants en dénonçant l’injustice, la corruption ou une faute morale ? à transmettre des idées philosophiques ou à enseigner l’histoire ? à édifier le lectorat ou à assurer le salut des chrétiens ?

–        Enfin le dialogue avec le spectateur·rice /lecteur·rice : Comment le dialogue s’adresse-t-il au lectorat ? Est-ce qu’il l’interpelle directement ou indirectement et quels effets produit-il sur lui ?

            En abordant ces questions sur une période longue allant de la Réforme à la publication de Frankenstein (1818), et dans une perspective britannique et européenne, nous souhaitons mettre en lumière l’évolution des interactions dialogiques entre les vivants et les morts et la manière dont ce type de dialogue a proposé des représentations différentes ou complémentaires de la mémoire dans les arts ainsi que des écritures singulières de l’histoire, de la philosophie, de la théologie mais aussi de débats intellectuels au rang desquels on trouve notamment la querelle des femmes.

            Date de remise des propositions :

            Les propositions d’une longueur de 300 mots maximum sont à envoyer assorties d’une bio-bibliographie à [email protected] pour le 1er juin 2026. 

            Comité d’organisation :

Claire Boulard-Jouslin (Université Sorbonne-Nouvelle), Anne-Marie Miller-Blaise (Sorbonne-Nouvelle), Line Cottegnies (Sorbonne Université), Armel Dubois-Nayt (Université Paris 8 Vincennes-St Denis),  Johann Paccou (Sorbonne-Nouvelle) et Irène Vilquin (Sorbonne-Nouvelle)

            Contact : [email protected]

            Amorce bibliographique :

Lise Andriès, « Querelles et dialogues des morts au XVIIIe siècle » Littératures classiques, 2, 81, 2013, p. 131-146.

Marc-André Bernier, « Scepticisme et rhétorique du parallèle dans les Nouveaux dialogues des morts de Fontenelle », Parallèle des Anciens et des Modernes. Rhétorique, histoire et esthétique au siècle des Lumières, Québec, Presses de l’Université Laval, 2006, p. 49-61.

Benjamin Boyce, “News from Hell. Satiric Communications with the Nether World in English Writing of the Seventeenth and Eighteenth Centuries”, PMLA, Jun., 1943, 58, 2, 1943, p. 402-437

Cazanave Claire, Le Dialogue à l’âge classique, Paris, Champion, 2007.

Fabrice Chassot, « Entre mépris et passion du monument. Fontenelle, Falconet, Diderot » Littératures classiques, 104, 2021, p. 41-52. 

Virginia Cox, The Renaissance Dialogue. Literary Dialogue in Its Social and Political Contexts, Castiglione to Galileo, Cambridge, Cambridge University Press, 1992.

Johan S. Egilsrud., Le « Dialogue des morts » dans les littératures française, allemande et anglaise (1644-1789), thèse de doctorat, Université de Paris, 1934.

Markman Ellis, « An Author in form: Women writers, print publication and Elizabeth Montagu’s Dialogues of the Dead”, ELH, 79, 2, 2012, p. 417-445.

William E. Engel, Rory Loughnane, ed. Memory and Mortality in Renaissance England, Cambridge University Press, 2023. 

Dorothea Heitsch and Jean-Francois Vallee, Printed Voices : The Renaissance Culture of Dialogue Toronto, University of Toronto Press, 2004. 

Michel Henrichot, « Le Dialogue des morts au dix-huitième siècle : écarts et ornières d’une forme», dans Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, vol. XXXIV, Oxford, Voltaire Foundation, 2005, p. 153-152.

Brenda Hosington,   https://www.academia.edu/41870491/Compluria_opuscula_longe_festivissima_Translations_of_Lucian_in_Renaissance_England_BOOK_CHAPTER_

Frederik M. Keener, English Dialogues of the Dead : a Critical History . An Anthology and Check List, New York, 1973.

Michael Prince, Philosophical Dialogue in the British Enlightenment. Theology, Aesthetics and Novel, Cambridge University Press, 1996. 

Anni Sairio, “Dialogues of the dead : Social identity in eighteenth-century anonymous satire” The Journal of English Linguistics, 6, 2017, p. 85-107.

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English Version : Conversing with the Dead: Forms, genres, gender and practices

            The religious changes brought about by the Reformation profoundly altered the relationship between the living and the dead in early modern England. Despite the abolition of purgatory, prayers for the dead and the intercession of saints, as well as the change in the status of ghosts and spectres—now claimed to be nothing more than vile illusions concocted by the devil—people nevertheless continued to converse with the dead. The development of professional theatre allowed this conversation to take place, in particular, on stage. This provided a fictional substitute for the abolished rites, but also a space for ambiguous mediation and critical reflection, addressing not only practices in this field but also broader religious, political and social issues. Shakespeare’s Hamlet is a striking and well-known example of this, but numerous other plays from the Elizabethan and Jacobean periods can be cited. During the 16th, 17th and 18th centuries, in the British Isles as elsewhere in Europe, there also developed an increasingly pronounced taste for the form of the Dialogue with the Dead, taken from Lucian of Samosata, whose works were popularised in particular by the Latin translations provided by Erasmus and Sir Thomas More. A comic and scathing counterpart to the Socratic dialogue—or indeed a Socratic counter-dialogue—the Dialogue with the Dead serves as an educational tool favoured by humanist and sceptical methods, which sought to educate whilst deconstructing, through satire and laughter, illusions and superstitious beliefs – the very ones that hinder access to knowledge and enable the exercise of various forms of abusive power. Regarded as a dangerous text, potentially leading to atheism, Erasmus and More’s translation of Lucian was placed on the Index by the Church in the 1590s. 

            In England, it was not until the mid-17th century that his works ceased to be confined to the extracts found in school textbooks and were instead translated more systematically into the vernacular. Yet his influence is felt in a rich body of polemical literature that developed much earlier, where, under the guise of fiction – of journeys to the moon, to the underworld, or to utopian realms – the dead are resurrected, still have a say, and enable the censorship weighing on the living to be circumvented. The Restoration and the 18th century (the Neoclassical era) saw a renewed interest in the genre inherited from Lucian, with new, more complete translations into English, and, in the wake of Fontenelle’s and Fénelon’s Dialogues of the Dead, the publication of new original dialogues. A veritable craze emerged after 1760 and Lord Lyttelton’s dialogues, as evidenced not only by the leisure press but also by the development of related forms, such as epistolary works, dramatic works, and his shift towards conversation. Whilst Lucian’s reception, influence and legacy have been the subject of in-depth study in the Italian and French contexts, the British Isles have remained largely on the margins of this research, even though they were by no means isolated from the networks through which his works were disseminated.

            This conference aims, first and foremost, to revisit – particularly from a comparative and European perspective – the significance, challenges and forms of the ‘Dialogue of the Dead’ across the Channel from the 16th to the 18th century. It will seek to highlight its formal transformations, as well as its dialogue with the mortuary and commemorative practices specific to these regions, its political uses – particularly in the ‘Querelle des femmes’ – and its gendered dimension. Secondly, we will also examine the full range of writings, literary forms (theatre, poetry, etc.) and artistic forms (iconography, monuments, etc.) that address this theme. The aim will thus be to examine how the staging of an exchange with the deceased enables a better understanding of the relationship that the living maintained with the dead whom they chose to bring back from beyond the grave. In particular, we may consider the memory that the living wished to construct or commemorate of a deceased person, as well as the motivations that drove them to erect them as imaginary interlocutors. This approach indeed touches on issues of memory, transmission and reflection on history, literature, philosophy and religion (as evidenced by the debates on the immortality of the soul in the 18th century). From a gender studies perspective, we may finally ask whether dialogues with the dead and their derivative forms can be used to reassess the memory of women in history. It will be interesting to consider why female figures from beyond the grave are in the minority in these works and, where applicable, to determine their proportion. From a qualitative perspective, we may also compare the criteria and selection logics that explain the presence of certain women in these “conversations with the dead” and the memory issues specific to them.

Papers may focus on the following themes:

–       The personalities of the characters in the dialogue and the ways in which they complement or contrast with one another : are they heroes or heroines from the past, historical figures, or others? What was their social status during their lifetime? What became of their salvation after death? Was it assured to them as saints, denied to them as the damned, or did it remain in limbo during purgatory? Were there among them suicides, children, prostitutes, murderers, criminals, etc.?

–       The rhetoric of dialogue : we can observe how authors play with tone, voice and its variations to build the dynamics of exchanges, in order to convey a moral or historical message, to examine social relations of class, race or gender, or even to create aesthetic and stylistic effects (dramatic amplification, comic contrast, etc.)

–       The critical dimension of voices from beyond the grave : here we can analyse the moral, philosophical, political, religious, comic or didactic function of these exchanges by asking whether the dead serve as models or counter-models, whether they reflect religious beliefs distinct from those of the living or shared with them, and whether they enable us to reflect on the human condition, to critique institutions or to ridicule certain human behaviours. Particular attention may be paid to the nature of the relationships between the participants. Is it egalitarian, hierarchical, asymmetrical or critical? Does it correspond to the nature of their relationships in the living world?

–       The pragmatic function of dialogues : do dialogues seek to entertain the reader or amuse them through humour, irony, satire or the absurd? To glorify a literary or historical figure, or certain values? To pass judgement on the living world by exposing injustice, corruption or moral failings? To convey philosophical ideas or teach history? To edify the readership or ensure the salvation of Christians?

–       Finally, dialogues with the spectator/reader: How do the dialogues address the readership? Do they address them directly or indirectly, and what effects do they have on them?

By examining these issues over a long period spanning from the Reformation to the publication of *Frankenstein* (1818), and from a British and European perspective, we aim to highlight the evolution of dialogic interactions between the living and the dead and the way in which this type of dialogue has offered different or complementary representations of memory in the arts, as well as unique accounts of history, philosophy and theology, and intellectual debates, including notably the ‘Querelle des femmes’.

Papers will be 25 minutes long and will be followed by a discussion.

            Deadline: 

            Paper proposals of no more than 300 words should be sent, along with a bio-bibliography, to [email protected] by the 1st of June 2026. 

            Organising Committee:

Claire Boulard-Jouslin (Université Sorbonne-Nouvelle), Anne-Marie Miller-Blaise (Sorbonne-Nouvelle), Line Cottegnies (Sorbonne Université), Armel Dubois-Nayt (Université Paris 8 Vincennes-St Denis), Johann Paccou (Sorbonne-Nouvelle) and Irène Vilquin (Sorbonne-Nouvelle).

            Contact : [email protected]

Select Bibliography :

Lise Andriès, « Querelles et dialogues des morts au XVIIIe siècle » Littératures classiques, 2, 81, 2013, p. 131-146.

Marc-André Bernier, « Scepticisme et rhétorique du parallèle dans les Nouveaux dialogues des morts de Fontenelle », Parallèle des Anciens et des Modernes. Rhétorique, histoire et esthétique au siècle des Lumières, Québec, Presses de l’Université Laval, 2006, p. 49-61.

Benjamin Boyce, “News from Hell. Satiric Communications with the Nether World in English Writing of the Seventeenth and Eighteenth Centuries”, PMLA, Jun., 1943, 58, 2, 1943, p. 402-437

Cazanave Claire, Le Dialogue à l’âge classique, Paris, Champion, 2007.

Fabrice Chassot, « Entre mépris et passion du monument. Fontenelle, Falconet, Diderot » Littératures classiques, 104, 2021, p. 41-52. 

Virginia Cox, The Renaissance Dialogue. Literary Dialogue in Its Social and Political Contexts, Castiglione to Galileo, Cambridge, Cambridge University Press, 1992.

Johan S. Egilsrud., Le « Dialogue des morts » dans les littératures française, allemande et anglaise (1644-1789), thèse de doctorat, Université de Paris, 1934.

Markman Ellis, « An Author in form: Women writers, print publication and Elizabeth Montagu’s Dialogues of the Dead”, ELH, 79, 2, 2012, p. 417-445.

William E. Engel, Rory Loughnane, ed. Memory and Mortality in Renaissance England, Cambridge University Press, 2023. 

Dorothea Heitsch and Jean-Francois Vallee, Printed Voices : The Renaissance Culture of Dialogue Toronto, University of Toronto Press, 2004. 

Michel Henrichot, « Le Dialogue des morts au dix-huitième siècle : écarts et ornières d’une forme», dans Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, vol. XXXIV, Oxford, Voltaire Foundation, 2005, p. 153-152.

Brenda Hosington,   https://www.academia.edu/41870491/Compluria_opuscula_longe_festivissima_Translations_of_Lucian_in_Renaissance_England_BOOK_CHAPTER_

Frederik M. Keener, English Dialogues of the Dead : a Critical History . An Anthology and Check List, New York, 1973.

Michael Prince, Philosophical Dialogue in the British Enlightenment. Theology, Aesthetics and Novel, Cambridge University Press, 1996. 

Anni Sairio, “Dialogues of the dead : Social identity in eighteenth-century anonymous satire” The Journal of English Linguistics, 6, 2017, p. 85-107.

SEM Modernités 16-18/PEARL, 01/04/2026: Susan Manly (University of St Andrews),  “Maria Edgeworth and Practical Education”

Chères et chers collègues,

Nous avons le plaisir de vous convier au prochain séminaire conjoint de PEARL (PRISMES, Sorbonne Nouvelle) et Modernités 16-18 (VALE, Sorbonne Université), qui se tiendra mercredi 1er avril, à 17h en salle Mezzanine, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e.

Nous y entendrons :

Susan Manly (University of St Andrews) sur  “Maria Edgeworth and Practical Education”

Discutante: Claire Boulard (Sorbonne Nouvelle)

Au plaisir de vous y retrouver nombreux.

Anne-Marie Miller-Blaise, Ariane Fennetaux, Line Cottegnies et Alexis Tadié

Pour rappel, la séance suivante:

Jeudi 28 mai, 17h – Isabelle Bour (Université Sorbonne Nouvelle) – “Jane Austen philosophe?” Lieu: Salle Mezzanine, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e.

Line Cottegnies et Alexis Tadié, Anne-Marie Miller-Blaise, Ariane Fennetaux, 

JE 16/04/2026, 14h-17h00, SPHINX/Femmes et sciences: « Topographies savantes : les femmes et les lieux de la science », Sorbonne, Salle de la Fresque

Nous avons le plaisir de vous inviter à la prochaine séance du projet “Femmes et pratique de la science à la période moderne”, organisée le 16 avril prochain par Line Cottegnies et Sandrine Parageau dans le cadre de SPHINX.

Projet « Femmes et pratique de la science en Angleterre à l’époque moderne », porté par Line Cottegnies (Sorbonne Université, VALE UR4085) et Sandrine Parageau (Sorbonne Université, HDEA UR4086), sous-axe du projet SPHINX : Matrimoines, patrimoines minorés

Séance du jeudi 16 avril 2026, 14h-17h, salle de la Fresque (salle de thèse D306 – entrée par le 17 rue de la Sorbonne, prendre immédiatement à droite dans la cour d’honneur), Sorbonne 

« Topographies savantes : les femmes et les lieux de la science » 

14h – Elaine Leong (University College London)

« Women’s Reading Practices and Knowledge Production in Early Modern England »

15h- Christophe Martin (Sorbonne Université)

« La scénographie des Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle »

16h – Line Cottegnies (Sorbonne Université)

« Science from the Margins: Behn’s Scientific Foray in her Preface to A Discovery of New Worlds (1688) »

SEM Modernités 16-18/PEARL, 12/02/2026, 17h: Béatrice Fuga, “An Antidote to Pathological Passions. The (Mis)fortunes of Jacques Ferrand’s Traité de l’essence et guérison de l’amour in France and England”.  


Nous avons le plaisir de vous convier à la prochaine séance du séminaire conjoint PEARL (Sorbonne Nouvelle) – Modernités 16-18 (Sorbonne), ce jeudi 12 février à 17h.

Nous aurons le plaisir d’entendre :

Béatrice Fuga (Université d’Angers)  sur “An Antidote to Pathological Passions. The (Mis)fortunes of Jacques Ferrand’s Traité de l’essence et guérison de l’amour in France and England”.  

Lieu: Salle Mezzanine, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e.

Lire la suite : SEM Modernités 16-18/PEARL, 12/02/2026, 17h: Béatrice Fuga, “An Antidote to Pathological Passions. The (Mis)fortunes of Jacques Ferrand’s Traité de l’essence et guérison de l’amour in France and England”.  

Abstract: Between 1619 and 1620, a series of investigations from the Inquisition took place in Toulouse’s printing shops, which resulted in the banning of a number of texts, including the – until then – rather inconspicuous Traicté de l’essence et guérison de l’amour ou de la mélancolie érotique, written by Jacques Ferrand. He undertook a thorough revision of his treatise, republished in 1623 under the same title, but expunged from all its problematic content – especially the chapters in which Ferrand drew from astrology and other “damnable remedies” to cure love (but also to procure it). The reprinting of the treatise was ultimately beneficial to Ferrand’s career, since the second edition sparked much more enthusiasm among the public: the text, printed in Paris, circulated in France and was promptly translated into English by Edmund Chilmead (1640). In this paper, I will offer an analysis of Ferrand’s text in its first and second editions, which, in turn, will be compared to the English translation. Through this comparative reading, I will examine the different ethical, epistemological and medical approaches to lovesickness that can be brought about by the trad-aptation of Ferrand’s work. The Traicté represents also a turning point in the diagnosis of erotomania in the seventeenth century, for it spurred the debate on the nature and the cures to love melancholy. Ferrand’s work blurs the epistemological boundaries between science and literature, testifying to the gradual distancing from an idealisation of love melancholy, to favour a more scientific, but also more gendered approach. I will therefore show how Ferrand’s treatise, as well as Chilmead’s translation, epitomise the evolution of socio-cultural preoccupations in regards to contemporary issues of sexuality and marriage.

Lire la suite : SEM Modernités 16-18/PEARL, 12/02/2026, 17h: Béatrice Fuga, “An Antidote to Pathological Passions. The (Mis)fortunes of Jacques Ferrand’s Traité de l’essence et guérison de l’amour in France and England”.  

Bio: Beatrice Fuga is Lecturer at the University of Angers, and she holds a PhD in early modern English literature and translation. Her thesis deals with the circulation and translation of the Italian short story in early modern Europe. She has recently started a new project on the medical representation of lovesickness and sexual pathologies in early modern France and England.

Rappel des séances suivantes:

Mercredi 1er avril, 17h – Susan Manly (University of St Andrews) – “Maria Edgeworth and Practical Education”. Lieu: Salle Mezzanine, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e.

Jeudi 28 mai, 17h – Isabelle Bour (Université Sorbonne Nouvelle) – “Jane Austen philosophe?” Lieu: Salle Mezzanine, Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e.

Au plaisir de vous y retrouver nombreux.

JE, 23/01/2026, « Les Femmes et la pratique de la science dans l’Angleterre de la première modernité : genre(s) et discours » (I), Sorbonne

Nous avons le plaisir de vous informer de la seconde journée du projet  « Femmes et la pratique scientifique dans les îles Britanniques (XVIIe et XVIIIe siècles) : Contribution à une histoire alternative de l’émergence de la science moderne », (Co-Porteuses : Line Cottegnies, VALE UR 4085, et Sandrine Parageau, HDEA UR 4086) – sous-axe du programme SPHINX/Matrimoines et patrimoines minorés –, qui aura lieu vendredi 23 janvier de 14 h à 18 h 15 à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28 rue Serpente, 75006 Paris), salle à préciser.

La demi-journée sera suivie d’un pot de rentrée, auquel vous êtes les bienvenu.e.s. voir le Programme ci-dessous.

Pour info, les dates suivantes sont : 

  • 16 avril 2026 (14h 00 – 17 h 00). Guests speakers: Elaine Leong (UCL) et Christophe Martin (SU)
  • 12 juin 2026 (9 h 30-19h), en partenariat avec le CNAM.

Entrée libre. 

Bien cordialement, 

Line Cottegnies

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Programme de la demi-journée, vendredi 23 janvier 2026 : « Les Femmes et la pratique scientifique dans l’Angleterre de la première modernité : genre(s) et discours » (I)

14 h 00 : Sajed Chowdhury (Université d’Utrecht), « Women Writers and Alchemy in Early Modern Britain »

14 h 30: Helena Taylor (University of Exeter), « Science in Salon Genres »

15 h 00 : Questions

15 h 30 : Coffee break

15 h 45 :  Emma Bartel (Université Paris Cité), « Women’s Meditative Experiments in XVIIth-Century England »  

16 h 15: Anne-Lise Rey (Paris Nanterre), « La Mobilité épistémique : un outil pour penser les textes écrits par les femmes de science à l’Age classique ? »

16 h 45 : Questions

17 h 15 – 18 h 15 : Discussion and Round Table

Drinks

SEM PEAR/MODERNITES/PEMS: H. Taylor (Exeter), “Practising Philosophy in the Seventeenth-Century French Salon”

Nous vous rappelons la prochaine séance de Paris Early Modern Seminar organisée par Université Sorbonne Nouvelle et Sorbonne Université, qui aura lieu le jeudi 22 janvier de 17h30 à 19h, en salle ODG 830, bâtiment Olympe de Gouges, place Paul Ricoeur, 75013.

Nous aurons le plaisir d’entendre Helena Taylor (Exeter) sur le sujet suivant “Practising Philosophy in the Seventeenth-Century French Salon”.

Abstract: In this paper I will look at some examples of ‘salon writing’ — work that derived from and represents sociable intellectual contexts — to examine how they both explore and stage philosophy as a sociable practice. Looking at verse and prose by Antoinette Deshoulières
(1638–94) and Madeleine de Scudéry (1607–1701), I will argue that properties of salon writing — such as exchange, conversation, multivocality, playfulness, humour — enable a
certain set of poetics and will examine how such poetics underpin these authors’ approaches to philosophical enquiry and practice.

Helena Taylor is an Associate Professor of French and Comparative Literature at the
University of Exeter where she is currently PI on the ERC-awarded, UKRI-funded project,
Cultures of Philosophy: Women Writing Knowledge in Early Modern Europe. Her research
focuses on intersections of literature and philosophy, socio-historical approaches to
literature and the history of ideas, noninstitutional communities and cultures of learning,
and inclusive methodologies that interrogate the canon and disciplinary exclusion. Her
recent book, Women Writing Antiquity: Gender and Learning in Early Modern France (OUP,
2024), was awarded an honorable mention in the Society for the Study of Early Modern
Women and Gender book prize.

SEM 03/12/2025, 17 h 30: Supriya Chaudhuri (Jadavpur University), “Errant Signs: Knowing and Not-Knowing in Shakespeare and Jonson”, Maison recherche Sorbonne

Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain séminaire conjoint Modernités 16-18 / PEARL sur le thème de « Littératures, savoirs, savoir-faire », qui se tiendra à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28 rue Serpente, 6e), salle D 421, le mercredi 3 décembre à 17 h 30

Nous aurons le plaisir d’entendre l’intervention suivante: 

Supriya Chaudhuri (Jadavpur University) 

“Errant Signs: Knowing and Not-Knowing in Shakespeare and Jonson”

Abstract: It was Hilary Gatti who, as long ago as 1989, used the phrase The Renaissance drama of knowledge as the title for a book on Giordano Bruno, and it is slightly surprising that the phrase has not acquired greater currency in relation to the plays of Shakespeare and his contemporaries, which are all about knowing and not knowing – or disowning knowledge, as Stanley Cavell’s celebrated book suggests. This presentation will consider some features of Shakespeare and Jonson’s drama of knowledge, focusing especially upon the errancy and mistaking of signs, given their precarious and arbitrary relation to their referents. I will begin with a knowledge “inscribed” in and on the body, the physical violence inflicted on the Ephesian slave Dromio in The Comedy of Errors, who claims categorically that “I know what I know,” and yet fails to recognize his master’s “handwriting” – that is, his blows. I will then go on to discuss the function of mistaken, errant or misplaced signs in Othello and Volpone, two plays that stand in an ironic relation to each other. 

Supriya Chaudhuri is Professor Emerita in the Department of English, Jadavpur University, India. Her research ranges over Shakespeare and Renaissance literature, Indian cultural history, modernism, theory, cinema, sport and urban studies. Among recent publications are her edited books, Envisioning the Indian City: Spaces of Encounter (2025); Religion and the City in India (2022) and Commodities and Culture in the Colonial World (2018). Recent journal articles have appeared in Études Anglaises (2024) Spenser Studies (2024, 2023), BioScope (2023), Thesis 11 (2021),and Postcolonial Studies (2021). Published book-chapters include contributions to Crossings: Migrant Knowledges, Migrant Forms (Punctum, 2025), The Oxford Handbook of Modern Indian Literatures (2024), the Bloomsbury Handbook of Postcolonial Print Cultures (2023), The Form of Ideology and the Ideology of Form (OBP 2022), Asian Interventions in Global Shakespeare (Routledge 2021), Machiavelli Then and Now: History, Politics, Literature (CUP 2022), The Cambridge History of Travel Writing (2019), Eastern Resonances in Early Modern England(Palgrave 2019), and Blind Spots of Knowledge in Shakespeare and his World (Medieval Institute Publications 2019). Her translations appear in the Oxford Tagore Translations series and The Essential Tagore (Harvard UP). She writes on issues of intellectual freedom and higher education in India.Nous espérons vous y retrouver nombreux.bien cordialement, Line Cottegnies (pour Alexis Tadié, Anne-Marie Miller-Blaise et Arianne Fennetaux)

SEM 20/11/2025, 17h00: Karen Britland (University of Wisconsin – Madison): ‘Reading between the lines: techniques of secret writing and Lady Anne Halkett’s narrative of her life’, Bib UFR, Sorbonne

Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain séminaire conjoint Modernités 16-18 / PEARL, qui se tiendra en Sorbonne à la Bibliothèque de l’UFR des Etudes anglophones (attention, changement de lieu) à 17 h 00 le jeudi 20 novembre prochain. Le programme est le suivant: 

Karen Britland (University of Wisconsin – Madison): ‘Reading between the lines: techniques of secret writing and Lady Anne Halkett’s narrative of her life’

In this paper, derived from chapter 2 of my new book, Women Writing in a Time of War, 1642-89, I will investigate the ways in which Anne Halkett’s autobiographical narrative of her activities before and during the English civil wars drew on the techniques of secret writing that she encountered during her time as an active royalist. In brief, I will argue that moments in the narrative during which Halkett presents herself as deeply domestic and feminine correspond to the moments in which she was most actively involved in clandestine action. Her narrative, I suggest, deploys a form of secret writing known as jargon wherein a correspondent communicated sensitive information using a specific narrative form, such as business language or the language of the law. In her life-writing, Halkett deployed a gendered language of domestic femininity to conceal her political activities during the wars, and she trained her readers to recognise this strategy by introducing it in earlier in her narrative on the occasions of her adolescent love affairs. This paper will investigate how women’s writing was directly affected by war-time, not only in its contents, but also in its form.

 Karen Britland is Halls-Bascom Professor of Early Modern Literature at the University of Wisconsin-Madison. She has published widely on early modern drama and women’s writing, most recently on the early life of the playwright Aphra Behn. She is a general editor for the Revels Plays series and has also edited a number of early modern plays. She is currently working on an edition of Shakespeare’s Richard II for the Arden Shakespeare series.

07/11/2025: Lancement Projet « Les femmes et la pratique de la science dans les îles Britanniques (XVIIe et XVIIIe siècles) : Contribution à une histoire alternative de l’émergence de la science moderne », Sorbonne, MR, D 421.

Chères et chers collègues,

Nous avons le plaisir de vous informer du lancement du projet « Les femmes et la pratique de la science dans les îles Britanniques (XVIIe et XVIIIe siècles) : Contribution à une histoire alternative de l’émergence de la science moderne », (Co-Porteuses : Line Cottegnies, VALE UR 4085, et Sandrine Parageau, HDEA UR 4086), le vendredi 7 novembre, de 14 h à 18 h 00 à la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris) en salle D 421.

La demi-journée sera suivie d’un pot de rentrée, auquel vous êtes les bienvenu.e.s. Programme ci-dessous.

Les dates suivantes sont :

  • 23 janvier 2026 (14 h – 18 h 00). Guest speakers: Sajed Chowdhury (Utrecht) et Helena Taylor (Exeter)
  • 17 avril 2026 (14h – 18 h 00). Guest speaker: Elaine Leong (UCL)
  • 12 juin 2026 (14h-18h), au CNAM.

14 h 00 – 14 h 15 : Présentation du projet

14 h 15 – 14 h 45 : Sandrine Parageau (Sorbonne Université) : « Le cas de Margaret Cavendish et des larmes bataviques »

14 h 45 – 15 h 15 : Philippe Hamou (Sorbonne Université) : « Le “credo” des Experimental Philosophers »

15 h 15- 15 h 45 : Line Cottegnies (Sorbonne Université) : « Littérature et science au XVIIe siècle : de la représentation de pratique scientifique à la littérature comme expérience de pensée » 

Pause : 

16 h 00 – 16 h 30: Anne-Marie Miller-Blaise (Sorbonne Nouvelle) : « Sciences, expérimentation et écritures poétiques dans la sphère domestique: quelques pistes »

16 h 30 – 17 h 00: Aurélie Griffin (Sorbonne Nouvelle) :  « De l’observation à la fiction: Aphra Behn et Maria Sibylla Merian au Suriname »

17 h 00 – 17 h 30 : Discussion et brain-storming

17 h 30 – 18 h 00 : programmation des journées du 23/01, 17/04 et 12/06

18 h 00 – : pot

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Synopsis du projet :  

Alors que femmes ont largement été occultées dans l’histoire de la philosophie et des sciences au temps de la « philosophie naturelle », l’histoire intellectuelle et l’histoire des pratiques culturelles, en se déportant de l’étude des systèmes, permettent d’appréhender la participation des femmes à la culture scientifique de la première modernité dans une perspective interdisciplinaire. Depuis les années 1980, dans les pays anglophones d’abord, puis plus largement, de nombreuses études et anthologies ont été consacrées à la pensée scientifique ou philosophique de ces femmes de la période moderne, telle qu’elle se manifeste dans leurs écrits, publiés ou non. Cette histoire des penseuses est en cours d’écriture. En revanche, l’histoire de la pratique scientifique de ces femmes reste à écrire. Parce qu’il est plus difficile d’en trouver trace dans les archives, mais aussi parce qu’elle prend des formes variées, cette pratique a été largement ignorée jusqu’ici. Notre projet vise à contribuer à une histoire de l’émergence de la science moderne pour remettre au premier plan des penseuses et des praticiennes de la science, invisibilisées parce qu’elles n’ont pas produit une œuvre systématique, mais qui se sont illustrées par une pratique de la science expérimentale, y compris dans leur quotidien, qu’elles ont parfois transcrite. 

Qu’est-ce alors que pratiquer et penser la philosophie naturelle pour les femmes de l’époque moderne ? Comment les femmes, qui sont exclues des académies, pratiquent-elles la science ?  Nous voudrions mettre en évidence le rapport des femmes à la culture scientifique et philosophique et à l’expérimentalisme dans les îles Britanniques à une période où la méthode expérimentale domine la pratique scientifique, entre la fin du XVIe siècle (au temps des écrits de Bacon) et le XVIIIe siècle, dont la science est fondée sur l’essor de l’empirisme tel qu’il est d’abord diffusé par les virtuosi de la Royal Society et pratiqué par Newton et ses successeurs. Pour les femmes, la « science » ne se « fait » pas dans les laboratoires ou dans les cercles savants, bien que certaines, comme Margaret Cavendish ou Katherine Ranelagh, aient pu avoir accès aux instruments de leur conjoint, d’un frère ou d’un parent, voire posséder les leurs. La science se pratique plutôt dans la cuisine (on pense aux nombreux livres de recettes attribués à Hannah Woolley), au jardin, dans les prés (voir l’entomologiste Eleanor Glanville) ou la forêt, au contact des malades à soigner, que ce soit dans la sphère domestique ou dans la communauté locale. Dès lors, elle n’est plus seulement l’affaire des élites. On s’appuiera entre autres sur les travaux de Jean-François Bert et Jérôme Lamy qui proposent une histoire matérielle de la science moderne pour interroger l’existence d’une histoire matérielle spécifiquement féminine des savoirs (Voir les savoirs : Lieux, objets et gestes de la science, Anamosa, 2021).

Notre projet propose dans un premier temps de s’intéresser à ces espaces supposés « marginaux », parfois plus humbles, ayant pu donner lieu à des expériences consignées dans des genres discursifs qui ne sont pas nécessairement répertoriés comme appartenant à la littérature scientifique ou philosophique. Les textes qui gardent la trace de ces expérimentations sont parfois des imprimés, parfois des  manuscrits conservés dans des archives familiales : recettes de cuisine et médicales, ouvrages d’obstétrique, herbiers et recueils botaniques ou d’entomologie, « commonplace books » ou livres de conseils ou de « secrets » élaborés au fil d’expériences successives, dans des domaines divers (jardinage, élevage, soin aux humains et aux animaux, mais aussi observations sur le temps et le climat consignées dans des remarques astrologiques, etc.). Ce savoir, parfois qualifié de « traditionnel », produit par les femmes (autant que par les hommes), et souvent transmis de génération en génération, s’appuie sur une « matérialité » savante (les instruments de l’expérience, mais aussi les outils de l’écriture pour consigner les expériences et leur archivage). Il autorise certaines femmes à se considérer comme des « expertes » dans un domaine donné, comme la sage-femme ou la guérisseuse. 

On s’attachera enfin, en parallèle, à démontrer dans ce projet que les femmes pratiquent la « science » de manière détournée et que la pratique scientifique ne se cantonne pas à la philosophie naturelle. Elle s’applique par extension à d’autres formes de pensée, comme la méditation (voir par exemple Lady Mary Rich), ou s’écrit dans des textes littéraires qui peuvent devenir des expériences de pensée (thought experiments), qu’ils prennent la science en train de se construire comme sujet ou non : la poésie à teneur « scientifique » (Bradstreet, Cavendish, Hutchinson…) ; le roman « scientifique » et exploratoire pour Margaret Cavendish (The Blazing World) ; la comédie qui raille les virtuosi ou commente la science en train de se faire… On s’efforcera enfin de penser les modalités communes du discours littéraire et du discours scientifique pour réfléchir au rôle joué par « l’imagination expérimentale » (Tita Chico) dans la science de la première modernité.

SEM Modernités 16-18 / PEARL: 09/10/2025, , 17 h 00, S. D 421, Paddy Bullard (Reading): “Jane Austen’s Handicraft”

Post category:Séminaire

RAPPEL:  Nous vous rappelons que le prochain séminaire conjoint de «  Modernités 16-18 »  (Sorbonne Université) et « PEARL »  (Programme d’Etudes sur l’Angleterre de la Renaissance aux Lumières, Sorbonne Nouvelle) aura lieu ce jeudi 9 octobre à 17 h00 (attention à l’horaire) en salle D 421 (Maison Recherche de Sorbonne Université, 28 rue Serpente). Nous y entendrons :

Paddy Bullard (University of Reading) pour une intervention sur « Austen’s Handicraft ». 

Jane Austen’s Handiwork
The six novels that Jane Austen completed before her death in 1817 are all social comedies with, as she acknowledged, rather narrow provincial settings. It follows that the occupations of her characters are also limited: to the cultivation of polite accomplishments, such as drawing and musical performance, or to the practice of domestic arts, such as needlework. Where Austen describes people of either sex displaying manual dexterity or practical ingenuity, however, her reflections connect with advanced Enlightenment thinking on those subjects. The novels show a deepening correspondence with contemporary theories about what we would now call extended cognition, and about the function of the cognitive unconscious. This lecture explores the significance of these contexts to her techniques for representing the different cognitive styles of her characters. It also explores their relevance to the Enlightenment ideology of ‘useful knowledge’, the culture of mechanical ingenuity and practical innovation that was transforming proto-industrial Europe – and to which Jane Austen was surprisingly attentive and sympathetic.

Paddy Bullard is Professor of English Literature and current co-Head of Department, Department of English Literature, University of Reading. He specialises in English writing in the seventeenth and eighteenth centuries. He has published books on Edmund Burke (Edmund Burke and the Art of Rhetoric, CUP 2011), Jonathan Swift (Jonathan Swift and the Eighteenth-Century Book (CUP, 2013), co-edited with James McLaverty), and on satire: he is the editor of the Oxford Handbook of Eighteenth-Century Satire (OUP 2019) as well as the author of the recently published Satire, Instruction, and Useful Knowledge in  Eighteenth-Century Britain, CUP 2025: https://www.cambridge.org/core/books/satire-instruction-and-useful-knowledge-in-eighteenthcentury-britain/2C5AB18715CC415072D5E34363818C5E

Nous espérons vous retrouver prochainement.

Line Cottegnies et pour Alexis Tadié (Sorbonne Université), Arianne Fennetaux et Anne-Marie Miller-Blaise (Sorbonne Nouvelle).

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 RAPPEL DU PROGRAMME DU SEMINAIRE: 

Thème de l’année: « Littérature, Savoirs, Savoir-faire ».

Le programme du 1er semestre se poursuivra avec:

– Jeudi 20 novembre, 17 h 00 – 18 h 30, Bibliothèque de l’UFR d’études anglophones, Sorbonne Université: Karen Britland (University of Wisconsin – Madison), ‘Reading between the lines: techniques of secret writing and Lady Anne Halkett’s narrative of her life’

– Mercredi 3 décembre, 17 h 00 – 18 h 30, salle D 421, Maison de la recherche, Sorbonne Université: Supriya Chaudhuri (Jadavpur University): : « Errant Signs: Knowing and Not-Knowing in Shakespeare and Jonson »

Veuillez aussi noter le lancement du projet sur « Les femmes et la pratique expérimentale aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans le cadre de SPHINX / Programme « Matrimoines, patrimoines minorés ». Journée de lancement: le  7 novembre 2025, de 14 h à 18 h.

Le programme du 2e semestre sera précisé ultérieurement, mais les dates retenues sont, pour mémoire:

(-22 janvier, de 17h30 à 19h, séminaire conjoint Modernités 16-18 / PEARL / PEMSHelena Taylor (University of Exeter) – Practising Philosophy in the Seventeenth-Century French Salon:   séance organisée par l’USN et Sorbonne Université, salle 830, bâtiment Olympe de Gouges, place Paul Ricoeur, 75013)

– jeudi 12 février

– mercredi 1er avril,  (attention, date modifiée)

– jeudi 28 mai

24/06/2025, 17 h 45, Sém Modernité 16-18/PEARL et HDEA: Rencontre avec Karen Bloom Gevirtz pour son livre “The Apothecary’s Wife: The Hidden History of Medicine and How it Became a Commodity” (University of California Press, 2024)

Nous proposons de nous retrouver le mardi 24 juin prochain en D 513 à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (25 rue Serpente)  à 17 H 45 pour  une présentation par Karen Bloom Gevirtz de son ouvrage: The Apothecary’s Wife: The Hidden History of Medicine and How It Became a Commodity (University of California Press, 2024)

Au plaisir de vous y retrouver, 

L. Cottegnies (pour Sandrine Parageau, Alexis Tadié, Anne-Marie Miller-Blaise, Ariane Fennetaux)

Karen Bloom Gevirtz : THE APOTHECARY’S WIFE: The Hidden History of Medicine and How it Became a Commodity 

The running joke in Europe for centuries was that anyone in a hurry to die should call the doctor. As far back as ancient Greece, physicians were notorious for administering painful and often fatal treatments—and charging for the privilege. For the most effective treatment, the ill and injured went to the women in their lives. This system lasted hundreds of years. It was gone in less than a century.  Contrary to the familiar story, medication did not improve during the Scientific Revolution. Yet somehow, between 1650 and 1740, the domestic female and the physician switched places in the cultural consciousness: she became the ineffective, potentially dangerous quack, he the knowledgeable, trustworthy expert. The professionals normalized the idea of paying them for what people already got at home without charge, laying the foundation for today’s global for-profit medication system. A revelatory history of medicine, The Apothecary’s Wife challenges the myths of the triumph of science and instead uncovers a fascinating truth.

 Karen Bloom Gevirtz received her PhD in British and American Literature from Emory University, where her dissertation was a finalist for the Lore Metzger Dissertation Prize. She specializes in 17th– and 18th-century British literature with a focus on gender and the emergence of scientific discourse. After authoring three books and co-editing a fourth during nearly 30 years as a university professor, she withdrew from teaching and the academy and concentrates on research and writing. Her latest book, The Apothecary’s Wife: The Hidden History of Medication and How it Became a Commodity, came out in November 2024 from Head of Zeus, an imprint of Bloomsbury, and the University of California Press.

La séance sera hybride: 

SEM Modernités16-18/ PEARL: 22/05/2025, 17 h-19 h , MR Sorbonne Nouvelle


La prochaine séance du séminaire conjoint Modernités 16-18 (Sorbonne Université) et PEARL (Université Sorbonne Nouvelle) aura lieu le jeudi 22 mai de 17h00 à 19h00 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, Paris 5e, en salle Mezzanine. La séance sera consacrée à l’histoire de la peau et de ses représentations.

Nous y entendrons : 

Craig Koslofsky: “’These exterior marks’? Royals Resisting Epidermalization in the Seventeenth Century.” 

et

Anne-Marie Miller-Blaise: “John Webster’s Skin Works”

Nous espérons vous retrouver nombreuses et nombreux à ce dernier séminaire du semestre !

Bien cordialement,

Ariane Fennetaux, Anne-Marie Miller-Blaise, Line Cottegnies et Alexis Tadié

*

Craig Koslofsky teaches and supervises graduate research in early modern German, European, and Atlantic history at the University of Illinois, Urbana-Champaign. He earned his Ph.D. at the University of Michigan in 1994 after studies at Duke University, the University of Warwick, the Eberhard Karls Universität Tübingen, and the Freie Universität Berlin. His publications in Reformation history, the history of daily life, and the history of the body cover the period from the fifteenth through the eighteenth centuries. In 2011 his study Evening’s Empire: A History of the Night in Early Modern Europe was published by Cambridge University Press. More recently he has published two co-edited books on early modern skin: Stigma: Marking Skin in the Early Modern World (with Katherine Dauge-Roth, 2023) and A German Barber-Surgeon in the Atlantic Slave Trade: The Seventeenth-Century Journal of Johann Peter Oettinger (with Roberto Zaugg, 2020).  In 2022 he worked with the Gerda Henkel Stiftung (Düsseldorf) to produce a short documentary on the history of skin, available in German and English at https://lisa.gerda-henkel-stiftung.de/ein_ort_an_dem_geschichte_gemacht_wird. His global history of early modern skin, The Deep Surface: Skin in the Early Modern World, will appear with Cambridge University Press in 2026.

*

Anne-Marie Miller-Blaise is Professor of Early Modern English Studies at the Université Sorbonne Nouvelle. Her areas of research are in early modern poetry and drama, with a special interest for their interactions with material culture. She has notably co-edited Objets nomades : circulations matérielles, appropriations et identités à l’ère de la première mondialisation (Brepols, 2021) and The Ecology of Dress in Shakespeare and his Contemporaries (Edinburgh University Press, 2024).

COLL: 18-20/06/2025: “Aphra Behn on the Move”, Paris

Nous avons le plaisir de vous communiquer le programme du colloque international « Aphra Behn on The Move » qui se tiendra du 18 au 20 juin prochain à Paris. Ce colloque, soutenu par la Aphra Behn International Society et la Société des Etudes anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles, est un événement conjoint Sorbonne Université, Université Paris Cité et Université Sorbonne nouvelle. 

Site du colloque : https://aphrabehnparis.sciencesconf.org/

Organisatrices: Line Cottegnies (VALE UR 4085), Aurélie Griffin (PRISMES EA4398), Clara Manco (ECHELLES UMR 8264)

[email protected][email protected][email protected],  

Colloque international / International Conference

APHRA BEHN EN MOUVEMENT / APHRA BEHN ON THE MOVE

Sorbonne Université – Université Sorbonne Nouvelle – Université Paris Cité

18-20 June 2025, Paris, France

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18 JUNE

 Université Paris Cité Amphi Pierre-Gilles de Gennes, Bâtiment Condorcet

(Entrance: 4 rue Elsa Morante, 75013, Metro: Bibliothèque François Mitterrand)

13 h 30 – 14 h 00: Registration and coffee

14 h 00 – 14 h 15: Welcoming address

14 h 15 – 15 h 10: Session 1: Biographical Wanderings (Chair: Charles-Edouard Levillain, Paris Cité)

          14 h 15 – 14 h 35: María José Coperías-Aguilar (Universitat de València), “Wondering about Aphra Behn’s Wanderings”

          14 h 35 – 14 h 55: Karen Britland (University of Wisconsin at Madison), “Movement and Paranoia in Behn’s Netherlands”

          14 h 55 – 15 h 10: Q&A

15 h 10-16 h 00: Plenary 1 (Chair: Aleksondra Hulquist, Stockton University): Leah Orr (University of Louisiana at Lafayette): “Social and Economic Mobility in Behn’s Works and Her World”

16 h 30 – 18 h 30: Guided visit to the Bibliothèque nationale de France (registration required)

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Axe de recherche sur la première modernité à Sorbonne Université – Littérature et savoirs en Grande-Bretagne XVIe-XVIIIe siècles