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Text J-F Spitz

Das Dokument ist ein Abonnementformular für die monatliche Zeitschrift CRITIQUE, das Informationen zur Zahlung und den Preisen für Abonnements enthält. Es wird auf die Veröffentlichung von John G.A. Pocock hingewiesen, die sich mit der Philosophie der modernen politischen Theorie befasst und die historiografischen Paradigmen hinterfragt. Die zentrale These von Pocock ist, dass die Entwicklung der politischen Philosophie nicht nur durch juristische Konzepte, sondern auch durch republikanische und politische Vokabeln geprägt wurde, die oft vernachlässigt werden.

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BULLETIN D'ABONNEMENT Je désire miinscrire pour un abonnement de un an ou six mois ala revue mensuelle CRITIQUE, & partir du numéro : ‘Mon réglement est fait, & Yordre des EDITIONS DE MINUIT 7, rue Bemard-Palissy, 75006 Paris), par chéque bancaire ou chéque postal ([Link]. Paris 18043 T) ou mandat international NOM et Prénom Adresse Date et signature “Tawar ACTURL DABONNEMENT tan 385 F 490F 2208 2908 SF (Nous consultr pour les envois par avions) France Etranger Prix du numéro normal DIFFUSION AUX LIBRAIRES Paris-Province-Etranger : Seuil, BP80, 27, rue Jacob, Paris C&dex 06. Suisse : La Cié-L’Age d’Homme, 10 Métropole, 1003 Lausanne. Canada: ifsion Dimedi, Icy 599 bl Leben, Ssin-Laureny PQ, HAN ADMINISTRATION REVUE CRITIQUE EDITIONS DE MINUIT - 7, rue Bemard-Palissy - 75006 PARIS LA FACE CACHEE DE LA PHILOSOPHIE POLITIOUE MODERNE JOHN G.A. POCOCK* The Machiavellian moment, Florentine political thought and the Atlantic republican tradition Princeton University Press 1975, 604 p. Cambridge University Press 1985, 320 p. Virtwe, Commerce and History | Les recherches menées par John Pocock depuis le début des années soixante ont été déterminées par une insatisfaction d ordre historiographique vis & vis du modele interprétatif lintérieur duquel etait menée l'étude du développement de la philosophie poligue moderne dela premiére Renatsance am revolutions de ance et d’ Amérique. Pocock pense en, effet que cette discipline fa té sous 'emprise d’un double paradigme associant I'écriture de histoire de la philosophie politique moderne dans des termes JES gus uniquement juridiques est: dire décrivant avant tout fs evolutions intervenues la fois dans la signification des igoncepts de Groit et de loi et dans Ia conception de leurs rapports), Rune écriture de cette méme histoire comme un avénement [progressif du liberalisme, ou d'une forme d'organisation politique sociale instituant la garantie et la défense des droits multifor- mes que les individus ont de developer leurs activités sociales ‘sous la protection d'une loi stable et reconnue. PP’ aux yeux de Pocock, cette situation historiographique conduisait a concentrer V'attention des chercheurs sur les seuls quuteurs qui étaient censés avoir apporté une contribution impor- fante la recomposition du vocabulaire juridique qui a donné liew + Les deux ouvrages de Pocock sont cités respectivement : Pocock (1975) fet Pocock (1985), 308 cRITION a la synthése libérale : Hobbes et Locke en particulier, dont fi portance paraitrait peut-étre moindre ~ ou se situerait diffés ment — si Ton prétait attention aux débats qui, se déroulai effectivement a |'époque, et non a ceux qui nous intéressent d point de vue réuospecif (0). Tinverse des auteurs qui éta aucoup lus ~ Harrington et Neville, pour nous limiter a ple anglais — étaient négligés parce quils ne paraissaient pas a Contribué au débat que la grille de lecture dominante tenait pa essentiel : la redéfinition moderne des concepts de droit et de ainsi que la recomposition liberale de leurs rapports. Lorsq certains auteurs paraissaient incontournables — Machiavel exemple — on forcait linterprétation pour, montrer que sil parlaient pas de problémes juridiques, cétait dans l’intentd Secréte de subvertrr la philosophie juridique dominante de le temps. Qn leur prétait donc une contribution oblique au déb négligeant le fait que les termes dans lesquels ils s'‘exprimaient les problémes auxquels ils s attaguaient étaient peut-tre tout af Erdngers au domaine de la philosophie du drot. Ainsi, on né@ geait le Machiavel des Discours au profit de 'auteur du Prince, on réduisait sa pensée politique a une contribution majew théme de la sécularisation de la loi, et une offensive contre lid dune articulation de la politique a la nature par le moyen de loi naturelle (2) En outre, le modéle dominant tendait s‘auto-valider cire lairement, parce que seule Texistence d'un modele alternat dinterprétation aurait permis de tester la validité de l'un et d Tautre en faisant apparaitre quelle quantité de matériel théoriqh issu des débats réellement en cours tout au long de la périod moderne, ils étaient capables d'intégrer dans un ensemble cok rent. En l'absence de paradigme concurrent, ce qui avait vocatia a jouer le réle de contre-exemple du modele dominant se trouv. empéché de le jouer. Liensemble de ces inconvénients a conduit Pocock & proposd ce modéle alternatif de lecture de la philosophie politique may deme; clest lobjet du Machiavellian moment, paru en. 1975, q repose sur une double hypothése - existence, dans la défense d Tindependance des cités italiennes aux xi" et xv siécles, face aus (1) Pocock (1985), p59. (2) Outre le live de Leo Srmauss (Thoughts on Machiavelli, trad, fra aise, Paris 1982), Touvrage de Felix Ras (The English face of Machiavell University of Toronto Press, 1964) constitue un bon exemple de cette lect réductrice de Tapport machiavélien & la philosophie politique moderne. OSOPHIE POLITIQUE MODERNE 308 gs impériales d’assujettissement, d’un vocabulaire politique Fe pvnaniste et republicain, dont les problémes, les stra ars umentatives et les concepts sont irréductibles a ceux de la hie du droit, méme s‘ils ne lui sont pas opposés, puisque rae republicaine et défense juridique en termes d indéper- Se Aneraineté marchent ici la main dans la main (@); la mere hypothése porte donc sur la. ei meducble de ‘WRique et républicain, par ailleurs déja bien connu seerimaent Sommer Jeconde hypothése porte sue alienieur de ce vocabulaire: ine s’éteint pas avec la fin des B républicaines italiennes, mais il resurgit dans le nord angle cihey Harrington et ses sticcesseurs, pour constituer ensuite ees poles du grand débat qui opposera, dans la pensée sociale politique du xv siecle anglais Timage liberale;uridique det ar ‘de Vhomme et du pouvoir & une image civique et PPtaine; cet idiome se transporte enfin de Vautre cote de war jouer un role majeur dans la formation des fois remettre en cause yurra a la Pal a philosophie du droit eduction de la philosophic politique & Tecupre avee unt certain nombre de sagesses conventionnelles romFrent toutes a représenter l'évolution de la pensée politique ea fin du Moyen Age comme une transition unilinéaire et tithique d'une conception fEodale et aristocratique de Vexis- ene lsocule a une conception bourgeoise, individualiste, mo ® SPfiberale, Nous allons donc tenter de présenter les recher- Fre “ae Pocock en etudiant d'abord succintement le paradigme Glique et libéral avec lequel il entend rompre, en analysant heuite les principales composantes du vocabulaire civique. ot vsiste, la fois dans sa forme primitive et dans ses transfor =p Gomme Ya bien mont Quentin Sena dan le vlume I 9 gomme a ben mont Cambridge Universi) Pres 978) ali cig ot puta peri Se Se eae dt eae vce, ah lis Breit naiine Berard Bun, he eal Gris of the ami ete emenican republis (Chapel Hil, North aay 310 r criTiod mations ultérieures, pour situer les termes du débat deux vocabulaire tout au long de Fépoque moderne: Nous te rons enfin dévaluer les remises en cause aurquelles about modéle alternatif proposé par Pocock dans le domaine de l'nt prétation de la philosophie politique moderne et de sa formatig Le pamoraie exoUe Er UB ‘ jeer LIBERAL UNITE INTERPRETATION POSTULATS NORMATIFS, — beens § Lhistoire de la philosophie i politique, avant méme Tépoqd modeme, est menée autour d'un petit nombre de notions cent les: Diew nature lot; Thomme yest considéré comme habitant osmos rex par des prinepes rationnels qui ont le statut de lo lui-méme est considéré comme un legislateur, comme teur des lois naturelles et morales, et comme une lex loquens les ordres sont connaissables gre a la revelation ou @ un rai rement philosophique portant sur Fordre du monde, sur ana : et sur la place qu'il occupe dans ce cosm réception ou la découverte de la loi inscrite dans Tordre dd cchoses est donc la plus haute ex cl lus haute expérience intellectuelle a laquel Thomme puisse patvenir: c'est grace a elle que Ton découvre i rincipes qui doivent gouverner lordre politique et ceux doivent régir la conduite morale $ ‘est en prenant comme toile de fond ce cosmos nomolog quement organise que lon entreprend de reparer les evolu jui ont conduit a la naissance d'une phik jie politic lrme de lors, les recherches Se concentrem earane seie problémes tous situés 4 lintérieur d'un paradigme de type jurid Que (6): rapport enive auton eclesistique et autre civil sécularisation de la pensée politique; probleme de lorigine di pouvoir, institution divine inscrite dans un ordre hiérarchisl! naturalisant les fonctions dautorité et de subordinatior tution humaine requérant le consentement et le contrat «iy le Touverture du monde, du nominalisme et de T'individualist accamiens sur Vides de grande chaine des étres et sur la con ion d'un monde politique naturellement higrarchsé. Le themed plus important est bien entendu celui de la nature de Tautori Poliique:: absolue ou conditionnelle ? Le détenteur de I autor estil Soumis a la loi (legibus alligatus) ou totalement libre pat (6) Pocock (1985) p. 37 PHILOSOPHIE POLITIQUE MODERNE il subordonné aI bien quil soit maitre de com- des devoirs rt a elle (legibus solutus)? Est communauté (minor univers der chacun en particulier (major singulis) A Tégard de la communauté quill regit? Dans ce maquis de questions, on distingue des lignes de force long desquelles se produit la modernisation : affirmation de la elitique comme domaine autonome et rupture avec son ancrage poral et religieux, évolution de la conception des lois divines Fntellectualisme au volontarisme, ouvrant la voie & une représen- lation des lois positives de I'Etat non plus comme la transcription fun ordre juste inscrit dans les choses, mais comme les ordres Pune puissance legislative souveraine caiquée sur Vidée d'un Dieu finien termes darbitraire et de volonté; enfin, Vidée que forigine de toute juridiction se trouve dans la communauté blleméme provoque une redefinition de Yautorité par une ré- jon sur la fin que les hommes ont recherchée en linstituant Jnsi sont mis en place les fondements d'une théorie de la condi- fionnalite du pouvoir, du nécessaire consentement des sujets et du droit de résistance. Le paradigme accorde une place decisive Vépoque de bes et de Locke pour la consolidation qu’elle a su opérer dans différentes ruptures ainsi réalisées, et pour les fondements Iphilosophiques et anthropologiques qu'elle a su leur donner : le ouvernement a son origine non pas dans la nature politique de ‘omme, mais dans la diversité des activités sociales des indivi F dus sa finalité propre est de les protéger et de créer un espace de idéveloppement legal et stable qui, permet a ces activités de se ployer. L'époque de Hobbes et de Locke désaccentue done la Paimension politique de Vexistence humaine pour redefinir Thomme comme producteur et comme marchand et non plus comme citoyen. Privatisant par la-méme les individus, et faisant ide leur existence collective le simple moyen des activités de la Frociété civile, elle souligne T'absence de normes morales dans Texistence politique: I'Etat n’a pas mener les hommes sur le Nchemin de'la vertu, ni a les protéger contre eux-mémes en les convoquant la domination de leurs passions la vie bonne; [son role est au contraire de protéger les hommes les uns contre | Ics autres, sans interferer dans la conduite des activités sociales fgoistes ni se prononcer sur leur valeur éthique ; 'instauration de [ia paix et la protection des droits sont au cour des raisons qui ont pousse les hommes & quitter l'état de nature pour se doter d'une Eutorité politique, et l'on passe ainsi d'une conception éthique & | une conception arbitrale du role de I'instance publique dans la vie 32 cRITIOU collective (7). Dans ce contexte, la participation active des citoyea est rejetée au profit de la représentation et de la coupure entre sujets et le souverain : les premiers abandonnent au second gestion des impératifs politiques (la paix et la garantie des droit en lui concédant une large autonomie aussi fongtemps ue of action satisfait la finalite pour laquelle le pouvoir poltique a & constitué 4 lorigine (8). Llautorite peut ainsi étre‘forte' et pave, pourvu qu'elle Sappuie sur un cadre légal excluagl ‘arbitraire ; elle peut étre parfaiternent souveraine en excluant contrble des sujet, puisque la participation de ceux aux deb politiques aurait pour effet d'introduire une instabilite peu pra Pee au développement des activités sociales, et de mobilisel ‘énergie des individus dans une sphere politique congue coms secondaire pulsque la nature de Thomne reside Sesoemais dan la production et les échanges (9). Enfin, epoque de Hobbes et de Locke est censée avoir fon les bases philosophiques de la synthése liberale en. introduisant une conception mécaniste de homme qui a pour effet de natu liser les passions et de les dédouaner sur le plan moral : Thomrn SF desormas,convogué, non plus a la realisation dun ided éthique, mais a une auto-limitation de ses passions qui permet de mieux les satisfaire, & un caleul de leur bon usage et non a refoulement e Xuir siéele aurait donc apporté un couronnement a ld recherche de la redéfinition libérale des rapports entre le droit la loi, et fourni le point d'orgue des évolutions internes au para digme juridique qui ont présidé la naissance de la synt ibérale: le politique enfin séparé de léthique et result aa jai que, la distinction enfin faite entre sphére privée et sphére publi gue grace a la récusation principiele de [a fonction tmordle de TBtat; la non-ingérence de la puissance publique dans les affaires (0) Ct dans Pocock (1985) ensemble de article inttulé« Authority and Property, the question of liberal origins », en particulier p. 61-64. : (G) Les partisans de a synthe liberal tone jugar reprocher & Locke avoir cédé Tarchaisie en affrmant que, menie sla menarche abvote goer au moyen du cadre gla Sale cle ne sur Ee un ore le gouvernement cil egtime parce quelle s'est pas = conseniies por ey sujets sur ce pont, cf. Pocock (1985) p. 161-166, Hue insstera lai see ar Tide ‘qu, a monarchie abolue pet ere une forme de gouvernement lgtime, ef, Duncan Foraes, Hume’ pilosophicelpolites (Casnbridge Tor ai Philosophical poles (Cambridge, 197) (9) Pocock, (1985) p. 62-63 et p. 108.110. faroit tente ‘PHILOSOPHIE POLITIQUE MODERNE ées des individus, qui apparait jusqu’a aujourd'hui comme la e méme de la liberté. ‘Cette liberté est désormais définie négativement : elle consiste uir des droits et des priviléges attaches au statut de membre fune collectivité — (le droit de « bourgeoisie »(10)) ~ mais elle timplique pas, comme le dira Charles I sur Téchafaud, la ticipation active au gouvernement de I'Etat: la distinction est nc faite entre la libertas et imperium : étre libre ne signifie pas nir 'autorité ou participer a lélaboration de la loi, mais leur ‘assujetti; en ce sens, le citoyen est devenu sujet (11). Pocock ‘que la synthése libérale a partie liée avec un mouvement de idisation des rapports entre les hommes : le droit a en effet son gine dans la possession des choses, leur administration, leur ge; cest donc tout naturellement que la philosophie du vit soriente vers les rapports que nouent les hommes en tant producteurs et en tant que marchands, délaissant par lé- Inéme les rapports immédiats dégalité et de réciprocité que farimal politicum entretient avec ses pairs dans le cadre de la (12), Cest le mérite de la pensée juridique de montrer que, lorsque l'homme se pense avant tout comme citoyen, if vit ‘dans un univers de choses matérielles et sociales, quill est nvironné de toute part d’épaisses couches de cette réalité, et qu'il iy rapporte par toute une série de comportements sur lesquels le le nous éclairer. En attirant notre attention sur la imension productive et sociale de existence humaine — que les négligeaient parce quils lestimaient inférieure — la pensée idique enrichit donc notre compréhension des mentalités jumaines et de leur histoire (13), Mais a l'inverse, parce quelle fintéresse d’abrod au rapport de homme avec les choses (le jus re et le jus ad rem), elle tend a réduire les rapports que les, Imes nouent entre eux aux rapports quills entretiennent @ des choses: en. situant les rapports inter-humains sur le rain des droits qu'une personne peut revendiquer vis-a-vis (10) Pocock, (1985) p. 44 (11) Ibid, p'40.41 (12) Ibid, p. 40 et 104; cf. également LGA. Pocock, « Cambridge para- igms and Scotch philosophers a study of the relations between the civic Qhamanist and the civil jurisprudential interpretations of the eighteenth: ‘entury social thought» in Weal and virtue, the shaping of political economy lithe scotish enlightenment I. Hont et M. Ignatieff eds. (Cambridge University Press, 1983) 113) Poco, (1985) p. 42-43. 3a cRITIO dune autre sur telle chose ou 4 telle chose, la pensée juridique des rapports avec les choses la condition des rapports entre hommes, comme si ces derniers ne se nouaient qu’ propos d choses et par leur intermédiaire ; ainsi médiatists, les rapp enire les hommes tendent metre plus que des rappors ented Par exemple, quand le droit entreprend de definir la justi Végalité et la vie bonne, il pose le probleme en termes de r tion; construire une societé juste, c'est distribuer a chacun choses et les droits qui lui reviennent ; légalité et la justice ne pensent plus au niveau de la participation égale de tous a un hon répartissable (activité civique) mais a celui de la distributia des objets et des avantages, comme si Tunivers des activi sociales etait le lieu exclusif de la justice (15). Dans ce mouvere de juridisation, le rapport entre les hommes et les choses 1 production et appropriation) n’apparait plus comme la conditia des rapports entre les hommes au niveau politique, mais Iq rapporis politiques eux-mémes commencent a apparaitre com! tune condition subordonnée permettant de régler adéquatem: les rapports de l'homme aux choses qu'il posséde. Cette inversia des rapports du subordination entre le social et le politig accompagne la redéfinition de 'homme comme animal prod teur et appropriateur et Ia désaccentuation de la_dimensia politique de son existence comme vecteur de la realisation de humanité (16), D’une certaine facon, c'est donc tout naturellemed wil existe une solidarité entre la pensée juridique, qui defi image de lindividualisme possessif bien avant le xvir siécle, et synthése libérale (17). Dans lécriture conventionnelle de 'histoire de la philosop! politique moderne, dit Pocock, on pense que cette philosophie ef devenue libérale a 'époque de Hobbes et de Locke, grace at emprunts a la pensée juridique, la redéfinition de la liberté ef termes négatifs, et a la conception arbitrale de I'Etat comm garant des droits ; on pense aussi qu'elle lest restée massivemer jusqu’au début du x0e sigcle, et que le paradigme libéral a réer Sans partage sur la pensée politique occidentale jusqu’a l'€poq (14) Ibi, p. 103-106. (05) tid, 104 U6) CL Andre} Raracansia, Nature and pois liberalism in the philog phies of Hobbes Locke and’ Rousseau (Comet! University Press 198 plletts 7) Pocock, « Cambridge paradigms.» article cit PHILOSOPHIE POLITIQUE MODERNE 315 Marx, aprés avoir résolu le probleme de la liberté politique fe a la synthése entre les idees d'individu, de contrat, d'ato- sme social, de regne de la loi et de défense des droits individuels ibjectfs (18). Cette these semble entretenue — quoique de maniére diff te ~ par les trois écoles qui se partageaient la scéne historio- graphique en matiére dhistoire de la philosophie politique hoderne au début des années soixante : les libéraux purs et durs dabord, qui n‘ont pas d'états dame, parce que le monde fermé et wustére de la cité antique néveille chez eux aucune espéce de ostalgie; Ia rupture avec Vexistence politique comme systéme ‘édiat de rapports d’égalité, le remplacement de I’homo polit spar homo aeconomicus et socialis, sont pour eux une rupture faisante avec une cité incapable de se doter d'une législation ble, écrite et consentie, grace A laquelle les individus peuvent, foute sécurité, développer leurs activités sociales et en recueillir Tes fruits legitimes; incapable également de proguire t de defen: Tes droits individuels parce quelle confond outrageusement isphére privée et sphére publique. ‘Quant aux marxistes — qui constituent ici la seconde école — souscrivent globalement a la vision de l'histoire des idées gues medees que propose le Raradigme juridique et ibe. fal; ils procédent alors, instar de Mac Pherson (19), a un fepérage des éléments philosophiques qui correspondent, dans Fleur modéle, a l'avenement d’un monde de production bourgeois individualisme, atomisme social, contractualisme, idée des droits Tuubjectifs,idée de la loi et de l'autorité politique comme garanties Secrolts quot viennent sajouter [es concepts économiques (marche, concurrence appropriation i accumulation) qui corps avec la représentation libérale des rapports de l'homme Pet du pouvoir politique. Les auteurs marxistes ne siintéressent {qiaux philosophes qui ont conrsbué a cee composition, inté- jes ceuvres dont le vocabulaire est pourtant a leur modele fort éloigné de celui de la synthése libérale (Harrington), ou E fejetant comme tenants d'une politique réactionnaire et féodali- ‘ante des philosophes dont orientation parait critique vis-&-vis de 118) Pocock; « The machin miement vevised » in Journal af Moder jor LIM, 1981, p.70 et 7H (19) Pocock, (1985) p- 60-111

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