{"id":1060,"date":"2020-02-15T09:10:21","date_gmt":"2020-02-15T08:10:21","guid":{"rendered":"https:\/\/contextes.hypotheses.org\/?p=1060"},"modified":"2020-02-15T09:10:21","modified_gmt":"2020-02-15T08:10:21","slug":"parution-c-bertiau-et-d-sacre-dir-le-latin-et-la-litterature-neo-latine-au-xixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/contextes.hypotheses.org\/1060","title":{"rendered":"Parution : C. Bertiau et D. Sacr\u00e9 (dir.), Le latin et la litt\u00e9rature n\u00e9o-latine au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"519\" height=\"778\" src=\"https:\/\/contextes.hypotheses.org\/files\/2020\/02\/Couverture.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1065\" srcset=\"https:\/\/contextes.hypotheses.org\/files\/2020\/02\/Couverture.png 519w, https:\/\/contextes.hypotheses.org\/files\/2020\/02\/Couverture-200x300.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 519px) 100vw, 519px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"presentation bordure-bottom\">\n<p><strong>Christophe Bertiau et Dirk Sacr\u00e9 (dir.), <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le latin et la litt\u00e9rature n\u00e9o-latine au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Pratiques et repr\u00e9sentations<\/em>, <\/strong><\/p>\n<p>Brepols, collection &#8220;\u00c9tudes (Institut historique belge de Rome)&#8221;, 2020.<\/p>\n<p>http:\/\/www.brepols.net\/Pages\/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9789492771322-1<\/p>\n<p>Le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est connu comme l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 l&#8217;essor des nationalismes et des langues nationales en Europe a d\u00e9finitivement rel\u00e9gu\u00e9 le latin aux marges du monde social. Or, si le latin conna\u00eet alors un ind\u00e9niable d\u00e9clin, il n&#8217;en demeure pas moins tout un temps une langue importante pour les nations modernes.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent volume \u00e9tudie les manifestations d&#8217;une tradition linguistique pluris\u00e9culaire qui ne s&#8217;est pas \u00e9teinte \u00e0 l&#8217;aube de la modernit\u00e9. Fruit d&#8217;une collaboration internationale, il rassemble des contributions portant sur diff\u00e9rents pays d&#8217;Europe occidentale et centrale. Les auteurs retracent l&#8217;histoire du latin au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, s&#8217;interrogent aussi bien sur les raisons de son succ\u00e8s que sur celles de son d\u00e9clin et pr\u00eatent une attention particuli\u00e8re aux aspects th\u00e9matiques et stylistiques des textes. La litt\u00e9rature n\u00e9o-latine, qui n&#8217;est pas indiff\u00e9rente au surgissement des romantismes europ\u00e9ens, est pass\u00e9e \u00e0 la loupe. L&#8217;ouvrage met \u00e9galement en \u00e9vidence l&#8217;inflexion que l&#8217;inspiration latine antique a pu donner \u00e0 une \u0153uvre po\u00e9tique en langue moderne.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em>Dirk Sacr\u00e9 a soutenu sa th\u00e8se de doctorat en philologie classique \u00e0 la KU Leuven en 1986 sous la direction du professeur Jozef IJsewijn. Il a enseign\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 d&#8217;Anvers entre 1987 et 1998, et \u00e0 la KU Leuven de 1994 \u00e0 2017. Il consacre ses recherches \u00e0 une grande vari\u00e9t\u00e9 de sujets dans le domaine des \u00e9tudes n\u00e9o-latines. Il s&#8217;int\u00e9resse tout particuli\u00e8rement \u00e0 l&#8217;\u00e9pistolographie des Temps modernes, \u00e0 la po\u00e9sie n\u00e9o-latine (du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 nos jours) et \u00e0 la r\u00e9ception de l&#8217;Antiquit\u00e9 classique. <\/em><\/p>\n<p><em>Christophe Bertiau a r\u00e9dig\u00e9 une th\u00e8se de doctorat \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 libre de Bruxelles (2016) sous la direction des professeurs Paul Aron et Dirk Sacr\u00e9 sur l&#8217;importance du latin dans l&#8217;Europe du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et plus sp\u00e9cifiquement sur l&#8217;\u00e9crivain n\u00e9o-latin Jean Dominique Fuss. Il travaille actuellement sur le dramaturge Fran\u00e7ois Ponsard et ce que l&#8217;on a appel\u00e9 &#8220;l&#8217;\u00c9cole du Bon Sens&#8221;, ainsi que sur la r\u00e9ception allemande du th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais durant le Vorm\u00e4rz.<\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9s des contributions<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Christophe Bertiau, &#8220;Le latin, une mati\u00e8re \u201abourgeoise\u201b? Sur le d\u00e9clin du latin dans l&#8217;enseignement \u00e0 l&#8217;\u00e9poque contemporaine&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;article remet en cause l&#8217;id\u00e9e selon laquelle le latin serait une mati\u00e8re scolaire &#8220;bourgeoise&#8221;. Il affirme au contraire que l&#8217;ascension politique et \u00e9conomique de la bourgeoisie permet d&#8217;expliquer le d\u00e9clin du latin dans l&#8217;enseignement moderne au cours des deux derniers si\u00e8cles. Bien que le latin ait conserv\u00e9 sa position dominante dans les programmes tout au long du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, sa supr\u00e9matie fut de plus en plus contest\u00e9e par des repr\u00e9sentants de la bourgeoisie qui r\u00e9clamaient que l&#8217;\u00e9cole f\u00fbt davantage en phase avec le monde professionnel.<\/p>\n<p><strong>Jan Spoelder, &#8220;The decline of Latin as the academic language at Dutch universities and its consequences for education in Latin&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Au cours du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le latin perdit son statut de langue universelle des savants dans des pays tels que la France, l&#8217;Allemagne et la Grande-Bretagne. Toutefois, le D\u00e9cret royal de 1815 stipulait que le latin resterait la langue universitaire exclusive du royaume des Pays-Bas. Une tension croissante se fit ainsi sentir entre la volont\u00e9 de maintenir l&#8217;id\u00e9al d&#8217;un enseignement d&#8217;inspiration classique et la n\u00e9cessit\u00e9 de recourir au vernaculaire. Il fallut attendre la loi sur l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur de 1876 pour que l&#8217;usage du latin cess\u00e2t d&#8217;\u00eatre obligatoire dans les universit\u00e9s n\u00e9erlandaises. C&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque que l&#8217;\u00e9cole latine, qui pr\u00e9parait \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 dans les villes des Provinces-Unies puis du royaume des Pays-Bas, perdit sa raison d&#8217;\u00eatre. Ce type d&#8217;\u00e9tablissement fut r\u00e9organis\u00e9 pour r\u00e9pondre aux \u00e9volutions de la modernit\u00e9 sous le nom de <em>Gymnasium<\/em>. Ces \u00e9coles qui dispensent un enseignement obligatoire en grec et en latin connaissent jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui une fortune remarquable.<\/p>\n<p><strong>Patrizia Paradisi, &#8220;Il latino nelle cerimonie ufficiali del Regno d&#8217;Italia, dall&#8217;Universit\u00e0 di Bologna al Campidoglio a Roma (Gandino, Albini e Pascoli)&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Patrizia Paradisi souligne l&#8217;importance du latin pour les c\u00e9r\u00e9monies officielles du royaume d&#8217;Italie \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de Giovanni Battista Gandino, de Giuseppe Albini et de Giovanni Pascoli. Il appara\u00eet que le latin fut utilis\u00e9 pour composer des discours, des lettres, une inscription pour une m\u00e9daille, un hymne ou encore un journal \u00e0 l&#8217;occasion de c\u00e9r\u00e9monies vari\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Giacomo Dalla Piet\u00e0, &#8220;L&#8217;evoluzione stilistica del latino all&#8217;interno della curia romana nel secolo XIX&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Giacomo Dalla Piet\u00e0 retrace l&#8217;\u00e9volution du style latin des encycliques durant le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il interpr\u00e8te l&#8217;adoption d&#8217;un style \u00e9lev\u00e9, de plus en plus cic\u00e9ronien, sous le pontificat de L\u00e9on XIII, comme une preuve du projet universaliste de ce dernier et d&#8217;une nouvelle mani\u00e8re de concevoir la fonction papale.<\/p>\n<p><strong>\u0160ime Demo, &#8220;Stubborn persistence at the outskirts of the West: Latin in nineteenth-century Croatia&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;article donne un aper\u00e7u du statut du latin dans la Croatie du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le latin y conserve jusqu&#8217;au milieu du si\u00e8cle une importance centrale comme moyen de communication internationale, comme instrument politique, comme langue d&#8217;enseignement ou comme langue litt\u00e9raire. Cependant, le croate tendait de plus en plus \u00e0 supplanter le latin dans ses usages. En cons\u00e9quence, dans la seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle, on n&#8217;utilisa plus gu\u00e8re le latin que dans l&#8217;\u00c9glise et l&#8217;enseignement.<\/p>\n<p><strong>Neven Jovanovi\u0107, \u201cTwo gentlemen-translators from nineteenth-century Dubrovnik\u201d<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;auteur \u00e9tudie les traductions latines d&#8217;Antonio Sivrich et Blasius Ghetaldi, deux po\u00e8tes de Dubrovnik. Il compare les fa\u00e7ons dont ces traducteurs ont travaill\u00e9 et s&#8217;interroge sur les raisons qui les ont pouss\u00e9s \u00e0 faire passer en latin des sonnets italiens et des po\u00e8mes anacr\u00e9ontiques (Sivrich) ou l&#8217;\u00e9pop\u00e9e croate <em>Osman<\/em> d&#8217;Ivan Gunduli\u0107 (Ghetaldi).<\/p>\n<p><strong>Svorad Zavarsk\u00fd, &#8220;\u201a<em>Et meus vere paradisus audit: mandra, poesis<\/em>\u201b: The poetry of Antonius Faber&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Svorad Zavarsk\u00fd pr\u00e9sente le travail du po\u00e8te n\u00e9o-latin de Bratislava Antonius Faber. Il soutient que l&#8217;int\u00e9r\u00eat principal de la po\u00e9sie peu classique d&#8217;A. Faber r\u00e9side dans son originalit\u00e9. Cette po\u00e9sie peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un compromis entre la po\u00e9sie n\u00e9o-latine traditionnelle et le renouveau romantique. Elle refl\u00e8te assez bien la situation linguistique du temps\u00a0: la langue nationale \u00e9tait alors de plus en plus souvent pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e au latin.<\/p>\n<p><strong>Florian Schaffenrath, &#8220;Antonio Mazzetti&#8217;s neo-Latin epic poem on Emperor Ferdinand I (1838)&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Florian Schaffenrath aborde un pan\u00e9gyrique (<em>gratulatio<\/em>) adress\u00e9 par Antonio Mazzetti \u00e0 l&#8217;empereur Ferdinand I et examine sa r\u00e9ception. Il souligne l&#8217;enthousiasme qu&#8217;a suscit\u00e9 ce po\u00e8me inspir\u00e9 par les affaires politiques courantes, bien que les vers latins ne fussent plus \u00e0 la mode.<\/p>\n<p><strong>Antonino Zumbo, &#8220;Scrivere una novella romantica in versi latini: il <em>Polymetron<\/em> di Giovanni Andrea Vinacci&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;article s&#8217;int\u00e9resse au <em>Polymetron<\/em>, une nouvelle romantique en vers latins con\u00e7ue par Andrea Vinacci. L&#8217;intrigue affiche une inspiration byronienne\u00a0; elle est situ\u00e9e durant les guerres d&#8217;ind\u00e9pendance italienne du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ces deux caract\u00e9ristiques laissent penser que la litt\u00e9rature n\u00e9o-latine, loin d&#8217;\u00eatre un pur dialogue formel avec les Anciens, a toujours cherch\u00e9 \u00e0 rester en phase avec son \u00e9poque.<\/p>\n<p><strong>Romain Jalabert, &#8220;Des vers latins romantiques, en France&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Romain Jalabert montre que tout un pan de la po\u00e9sie n\u00e9o-latine fran\u00e7aise du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle s&#8217;est ouvert au romantisme. Les po\u00e8mes latins originaux inspir\u00e9s par le romantisme et les traductions latines de po\u00e8mes en langues modernes connaissaient une certaine vogue, dans laquelle l&#8217;\u00e9cole joua un r\u00f4le central. Alphonse de Lamartine connut un vrai succ\u00e8s comme source d&#8217;inspiration pour les vers latins.<\/p>\n<p><strong>Dirk Sacr\u00e9, &#8220;Colonel William Siddons Young (1832-1901) as a Latin poet&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Dirk Sacr\u00e9 pr\u00e9sente la vie et l&#8217;\u0153uvre du colonel William Siddons Young (1832-1901) un po\u00e8te britannique n\u00e9o-latin atypique. Young fut un officier affect\u00e9 \u00e0 l&#8217;administration du Bengale. Alors que quelques latinistes le consid\u00e9r\u00e8rent comme le plus grand po\u00e8te latin vivant, ses vers latins trahissaient des imperfections et il tomba rapidement dans l&#8217;oubli apr\u00e8s sa mort. Mais son profil atypique lui a justement permis de servir la cause du latin comme langue de communication universelle. \u00c0 travers la figure de Young, cet article nous donne \u00e0 voir l&#8217;\u00e9volution du latin vivant \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong>Marie-France David-de Palacio, &#8220;Un <em>epigrammaton liber<\/em> fin-de-sie\u00cccle: les \u201alatineries\u201b de Jean Richepin\u201d<\/strong><\/p>\n<p>La pr\u00e9sente contribution d\u00e9montre \u00e0 partir des &#8220;Latineries&#8221; de Jean Richepin comment un \u00e9crivain peut insuffler une vie nouvelle dans sa langue po\u00e9tique en imitant les auteurs anciens. Alors que le style des &#8220;Latineries&#8221; se calque sur les \u00e9pigrammes de l&#8217;Antiquit\u00e9 romaine, et plus particuli\u00e8rement de Martial, leur contenu exhibe un caract\u00e8re &#8220;gaulois&#8221;.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Christophe Bertiau et Dirk Sacr\u00e9 (dir.), Le latin et la litt\u00e9rature n\u00e9o-latine au XIXe si\u00e8cle. 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