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28 avril 2026: Transbordeur 10 ans, Table ronde au Jeu de Paume

Transbordeur n°10 Couverture

 La revue Transbordeur. Photographie Histoire Société fête ses dix ans avec un numéro anniversaire exceptionnel, dirigé par l’ensemble du comité de rédaction et construit autour d’un dossier consacré à “L’argent. Photographie, ressources, travail, monnaie“, publié aux éditions Macula.

J’ai l’immense joie de faire partie de cette célébration, avec un article-entretien consacré au travail d’Isabelle Sadys, responsable commerciale Edition & Exposition à Gamma Rapho et Élise Hardy, responsable de la valorisation du fonds Rapho. Qu’elles soient remerciées de nouveau pour leur collaboration à ce travail. Mon article revient ainsi sur ces “autres professions des agences photographiques” qui participent à la valorisation des fonds, ici avec l’exemple de Gamma Rapho.

Ce numéro sera présenté notamment mardi 28 avril prochain à 18h30, au cours d’une table ronde organisée au Jeu de Paume, modérée par Peter Geimer, avec Sophie Cras, Emmanuel Falguières, Audrey Illouz, Christian Joschke, Eliane de Larminat, Olivier Lugon et moi-même.

“Les autres professions des agences photographiques. La valorisation du fonds Gamma Rapho”, Transbordeur n°10, 2026

Transbordeur n°10 Couverture

 Pour son n°10 anniversaire, le comité de rédaction de la revue Transbordeur. Photographie Histoire Société a dirigé un dossier consacré à “L’argent. Photographie, ressources, travail, monnaie”, publié aux éditions Macula. À leur invitation, je suis revenue sur la valorisation contemporaine des fonds de l’agence Gamma Rapho pour la section “Valeur et Travail”, à partir d’entretiens menés avec Isabelle Sadys, responsable commerciale Edition & Exposition de l’agence ayant beaucoup travaillé sur le fonds Keystone, et avec Elise Hardy, alors éditrice photo du fonds Rapho. Qu’elles soient toutes deux chaleureusement remerciées ici pour leur disponibilité et le partage de leur expertise. Expertise, car je reviens, dans cet article, sur l’importance du travail de ces professions, en bureaux et massivement exercées par des femmes, dans l’exploitation et valorisation des fonds d’agence. Les fonds d’archives photo ont leur propre histoire. « La culture générale d’un fonds » est une expertise professionnelle construite par sa pratique et cette valorisation iconographique des fonds photo revient en effet très souvent à des professions genrées. L’article sera disponible en open access en mars 2027.

“Longtemps racontée par le prisme des news, l’histoire des agences du XXe siècle peine à se dégager par ailleurs d’une histoire masculine centrée sur les photographes et les directeurs d’agence. L’historienne états-unienne de la photographie Nadya Bair a pourtant défendu le photojournalisme comme une industrie collective. De fait, des professions aux noms variables et aux contours encore flous – photothécaire, iconographe, éditrice… – organisaient les photographies en photothèques pour diversifier leur exploitation commerciale. Ces demandes iconographiques formaient une activité quotidienne de bureau peu spectaculaire, décrite comme secondaire pour l’économie de ces agences par les professionnels qui la mentionnaient à peine. Aujourd’hui, la valorisation culturelle de ces fonds d’images repose sur le travail de ces « picture workers » : elles forment le cœur des équipes de travail qui commercialisent des fonds iconographiques désormais figés…”

Lire la suite ici… en open access en mars 2027.

“A Model and a (Res)source for Archival Critique in Contemporary Photography”, PhotoFile Essay on ARCHIVO, 2026

In 2025, I had the opportunity to serve as a visiting researcher at Platform ARCHIVO Photography and Visual Culture Research Platform, directed by Ana Catarina Pinho. The year was dedicated to the theme “the archive as model and source”.

As part of this year-long programmatic project, Gaëlle Morel and I published a shortened English version of our article on the slide libraries formerly used for teaching art history in Canada. “SUSAN DOBSON: Slide⏐Lecture. A Model and a (Res)source for Archival Critique in Contemporary Photography” can now be read here:

In 2011, Canadian photographer Susan Dobson learned that the slide library used for art history courses at the University of Guelph, where she had been teaching photography since 2002, was about to be thrown away. Established in the late 1960s, slide libraries were widely used by instructors in the 1980s, when Dobson herself was a student at the School of Image Arts at Toronto Metropolitan University (TMU). Later, as a visual arts professor, she made use of this teaching resource, made available to faculty members to support their lectures. The creation of these image collections was entrusted to staff responsible for reproducing images from existing publications. At TMU, this visual resource grew significantly between 1978 and the early 2000s, with the inventory expanding from 26,000 to nearly 180,000 slides. By the 1990s, these collections began to appear obsolete with the rise of digital image projection, which became the preferred method in academic teaching. Confronted with the imminent disappearance of these objects, Dobson experienced a strong emotional reaction. She stored part of the endangered slide library in her office and, between 2016 and 2021, embarked on a broader photographic project focused on the slide libraries of the universities of Guelph, York, Concordia, and Toronto. The series explores the slide carousels, cabinets, and storage drawers that were once housed in university libraries and research centres. It was exhibited in 2021 at The Image Centre, curated by Gaëlle Morel in collaboration with Valérie Matteau…”

Thanks to Ana Catarina Pinho, Laura Singeot and the editorial board.

CR du livre de Marie Chominot et Sébastien Ledoux, Algérie. La guerre prise de vues (CNRS, 2024), pour 20&21 Revue d’histoire

 Ce mois de décembre 2025 est publié le n°167 de 20 & 21. Revue d’histoire aux Presses de Sciences Po, avec au sommaire mon compte rendu de lecture, sous le prisme histoire de la photographie, de l’ouvrage de Marie CHOMINOT, Sébastien LEDOUX, Algérie. La guerre prise de vues, Paris, CNRS éditions, 2024, 272 p.

 La photographie : source pour renouveler l’histoire de la guerre d’indépendance d’Algérie

Algérie. La guerre prise de vues propose une réponse « chorale » (p. 16) à une double question historiographique : peut-on utiliser la photographie comme source et comment peut-elle contribuer à renouveler l’histoire de la guerre d’indépendance d’Algérie ? Dirigé par Marie Chominot et Sébastien Ledoux, cet ouvrage fait entendre les voix d’une « vingtaine de chercheurs et chercheuses, spécialistes de la période »  invité.e.s à en discuter avec des consignes précises  : « choisir une photographie d’archive rencontrée au gré de leurs parcours de recherche, […] en écrire l’histoire (auteur, conditions de production et de diffusion, usages, circulations, impact, à l’époque et parfois jusqu’à nos jours, …) dans un texte relativement court, à l’écriture subjective assumée, adossée à la rigueur de la recherche scientifique » (p. 9-10). La proposition est directement héritière des recherches menées depuis plusieurs années par Marie Chominot sur la place de la photographie dans l’analyse de ces événements historiques1. Le format singulier des contributions s’inspire, par ailleurs, de la série de podcasts qui leur est consacrée, coordonnée par Sébastien Ledoux pour l’Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe2. Cette réflexion collective s’inscrit ainsi dans la lignée de leurs précédents travaux sur l’Algérie : au-delà de l’expression dépassée de « guerre des images, guerre sans images »3 et « à rebours d’une intention de lisser le récit sur la guerre dans un contexte politique prônant la ‘‘réconciliation’’ des mémoires » (p. 16)4,…

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  1. Marie Chominot, « Guerre des images, guerre sans images ? Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) », thèse de doctorat d’histoire contemporaine sous la direction de Benjamin Stora, université Paris 8, 2008. Voir aussi Regards sur l’Algérie, 1954-1962, Paris, Gallimard, 2016. []
  2. « Chambre Noire. Une photographie, une archive, une histoire », Sorbonne Université, https://ehne.fr/fr/histoire-et-photos. []
  3. Marie Chominot, « Guerre des images, guerre sans images ? », art. cit. []
  4. Sébastien Ledoux, Paul Max Morin, L’Algérie de Macron. Les impasses d’une politique mémorielle, Paris, PUF, 2024. Voir aussi, Le Devoir de mémoire. Une formule et son histoire, Paris, CNRS Éditions, 2016. []

“Obsolescence des objets et des récits ? Diapothèques et enseignement de l’histoire de l’art, Canada, 1960-1990”, revue de la BNU n°32

 

  Consacré à Ces obscurs objets du savoir. Patrimoine de l’enseignement et de la recherche, le n°32 de la revue la BNU (Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg), sous la direction de Christophe Didier vient de paraître.

Nous y signons, avec Gaëlle Morel, Conservatrice pour les expositions et les collections à l’Image Centre, Toronto Metropolitan University, un article sur le projet de la photographe canadienne Susan Dobson, autour des diapothèques anciennement utilisées pour les cours d’histoire de l’art: “Obsolescence des objets et des récits ? Diapothèques et enseignement de l’histoire de l’art, Canada, 1960-1990″ (p. 68-77).

 

 

En 2011, la photographe canadienne Susan Dobson1 apprend que la diapothèque utilisée pour les cours d’histoire de l’art de l’université de Guelph (Ontario), dans laquelle elle enseigne la photographie depuis 2002, est en passe d’être démantelée avant d’être simplement jetée à la poubelle. Mises en place dès la fin des années 1960, les « slide libraries » sont utilisées par les enseignants dans les années 1980, alors qu’elle est étudiante à l’école des arts visuels de la Toronto Metropolitan University (TMU)2, avant de rejoindre l’université de Guelph. Devenue professeur en arts visuels dans cette même université, elle utilise ce matériel pédagogique mis à la disposition des enseignants pour étayer leurs cours3. La constitution de ces supports iconographiques est confiée à des employés chargés de reproduire les images à partir d’ouvrages existants. À la TMU, cette ressource visuelle augmente significativement entre 1978 et le début des années 2000, avec un inventaire passant de vingt-six mille à près de cent quatre-vingt mille diapositives (voir ill. ci-dessous). Mais au cours des années 1990, ces ensembles apparaissent obsolètes face à l’avènement de la projection d’images numériques, désormais privilégiée dans l’enseignement académique. Face au risque de disparition de ces objets, l’artiste ressent une vive émotion, personnelle et intime.

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  1. https://susandobson.com/ []
  2. Alors encore appelée Ryerson Polytechnical Institute. []
  3. Pour l’histoire de l’enseignement par la projection d’images, voir Kim Timby, « Illuminating the Science of Art History : The Advent of the Slide Lecture in France », in History of Photography, vol. 47, 2023, p. 72-89 ; Roland Recht, « Fiat lux. Histoire de l’art et projections lumineuses », in Nathalie Boulouch, Anne Lacoste, Olivier Lugon, avec Carole Sandrin, Diapositive, histoire de la photographie projetée, Lausanne, Musée de l’Élysée et Éditions Noir et Blanc, 2017, p. 176-187 ; Anne Quillien (dir.), Lumineuses projections ! La projection fixe éducative, Rouen, Munaé/Réseau Canopé, 2016. []