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Marie Rodet, SOAS, University of London
L’esclavage fut officiellement aboli par l’administration coloniale au Mali en 1905. Cet article est le fruit d’une recherche exploratoire sur la question des reconstructions sociales chez les esclaves affranchis de la région de Kayes pour la période 1905-1940. On retrouve dans les villages fondés par des esclaves émancipés de la région de Kayes sensiblement la même organisation sociale que dans les villages des anciens maîtres, on y retrouve notamment toutes les « castes » (forgerons, cordonniers, griots etc.), seule la catégorie d’esclave du fait de l’histoire spécifique de ces villages n’existe pas.
C’est lors de la fondation de ces villages que leurs habitants décidèrent que les anciens esclaves reprendraient les fonctions de leurs anciens maîtres : si les anciens maîtres étaient des forgerons, les anciens esclaves devinrent forgerons dans le village. Certains de ces villages continuèrent également à entretenir des liens sociaux avec les villages des anciens maîtres notamment lors des cérémonies de baptême et de mariage.
Ces populations mirent en réalité en place suite à l’abolition de l’esclavage des processus complexes de reconstruction des liens sociaux et familiaux. Dans un contexte post-abolitionniste où les hiérarchies passées se reconfigurèrent sous d’autres formes telles que le clientélisme, nous proposons d’examiner les manifestations de maintien de certaines hiérarchies sociales passées sous forme de « coutumes » malgré les affranchissements physiques.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
cesahel (5 décembre 2013). Reconfigurations sociales suite à l’abolition de l’esclavage au Mali (1905-1940) – Marie Rodet. Castes et esclavage au Sahel. Consulté le 26 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mkpf