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Pépite : Une sorcière contre les Bernois ? La pluie magique d’Olten

Billet rédigé par Sebastian Hackbarth

Schilling, Amtliche Berner Chronik, vol. 1, p. 226.

« [Une femme] prononça secrètement plusieurs mots que le seigneur ne comprit pas, aussitôt il arriva (…) une pluie la plus effrayante que l’on n’eût jamais vue dans ce pays »1. C’est en ces mots que Diebold Schilling décrit l’échec du siège de la petite ville d’Olten à l’été 1383 pendant la guerre contre les seigneurs de Kybourg dans sa Spiezer Chronik des années 1484/1485. Cette scène est une reprise de la chronique officielle de Berne de Konrad Justinger, rédigée environ 60 ans plus tôt. Pourtant, la chronique de Justinger n’évoque pas tous ces aspects qui suggèrent l’utilisation de la magie noire. Plus que questionner la véracité de ces propos, ce billet s’interroge surtout sur la manière dont les chroniques s’inscrivent dans le présent de l’écriture et les modes de pensée de la période de rédaction.

Datant de l’année 1421, la chronique de Konrad Justinger raconte l’histoire de la ville de Berne de son origine jusqu’au moment de l’écriture afin de mettre en valeur la mémoire de la ville pour les contemporains et les futures générations. Pour ce faire, le chroniqueur a utilisé un grand nombre de sources différentes, comme les annales ecclésiastiques appelé Chronico de Berno ou la chronique du strasbourgeois Jacques Twinger de Koenigshoffen2. Tout comme Justinger, Diebold Schilling s’inspire lui aussi de chroniques antérieures pour composer les siennes, qu’il rédige dans les années 1483 : les trois volumes de la chronique officielle de la ville et en 1484/85, la deuxième chronique (Spiezer Chronik), commandée par un seigneur local : Rudolf von Erlach, bailli de Spiez, dans l’Oberland bernois, pour le compte de Berne. Diebold Schilling était déjà avant la rédaction de sa chronique un personnage de premier plan au sein de la chancellerie bernoise, occupant plusieurs postes de grande importance comme celui de greffier au moment de la rédaction3.

Le passage sur le siège d’Olten est particulièrement intéressant pour plusieurs raisons. Premièrement, cette scène nous est seulement connue grâce à la description qu’en fait Justinger, près de 40 ans après les événements décrits. Néanmoins, il semble peu probable que Justinger l’ait inventé, car il décrit la scène de manière assez neutre pour sa période. On ignore toutefois si l’histoire émanait à l’origine des habitants de la ville d’Olten ou des rumeurs postérieures. Selon l’historien Werner Meyer, la hauteur des fortifications à Olten exclut la possibilité que les troupes bernoises aient pu voir quelqu’un en haut des murs. Cependant, le siège d’Olten à l’été 1383 n’a pas de grande importance pendant cette guerre des Bernois contre les seigneurs de Kybourg. Ce conflit commença avec l’attaque des seigneurs de Kybourg contre la ville de Soleure en novembre 1382 et s’acheva avec la cession des villes de Burgdorf et Thun par les seigneurs de Kybourg à Berne en avril 1384, ce qui fut un succès territorial de grande importance pour la ville de Berne4.

Deuxièmement, la scène représente pour la première fois, selon Jean-Pierre Devroey, une femme ‘tempestaire’, c’est-à-dire une femme qui pouvait influencer la météorologie grâce à la magie4. Toutefois, la magie n’est chez Justinger pas décrite d’une manière négative. Il semble s’agir d’une magie de commande qui devait seulement protéger la ville contre des envahisseurs sans créer de dommages, une pensée commune de cette époque, qui change profondément au cours du siècle((Meyer, Wetterzauber gegen Bern …, p. 80.)).

La pluie est ainsi « la plus grande jamais vue »5 chez Justinger, sans jugement ou plus de détails. Puis elle devient « le plus grand phénomène météorologique »6 dans la Berner Chronik de Schilling en 1483 et finit dans la Spiezer Chronik (1484/1485) par être qualifiée de « pluie la plus effrayante »((Schilling, Spiezer Chronik, p. 439.)) (der vorcht samesten regen), mettant ainsi l’accent sur le terrible danger qu’elle représente. De plus, la Spiezer Chronik explicite très clairement, à la fin du passage, qu’Olten avait été sauvée par la magie, ce qui ne figurait pas dans les chroniques antérieures. Elle ajoute également une référence implicite à une sorcière, en ajoutant que les mots prononcés par la femme n’étaient pas compréhensibles pour le seigneur à côté d’elle (un passage qui n’existe pas encore dans la version de Justinger). De cette manière, l’auteur construit l’image d’une sorcière étrangère, peut-être liée au Diable. Ces modifications s’expliquent par l’évolution de la manière dont on considère la magie entre la rédaction de la chronique de Justinger et celle de Schilling. L’idée d’une magie destinée à remplir une mission précise sans dommage pour l’adversaire semble être remplacée par un pacte avec le Diable, lui, définitivement condamnable. Ce changement se développe à partir des nouveaux écrits démonologiques apparus dans les années 1430/1440((Devroey, De la grêle et du tonnerre …, p. 268-269, 281 ; pour voir quelques écrits de cette époque: Ostorero (dir.) [etc.], L’imagionaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c.-1440 c.))).

Cette scène est, pour toutes ces raisons, un parfait témoin de cette importante transformation idéologique concernant la magie au cours du XVe siècle. Un changement qui est également illustré par la représentation de cette scène dans la Spiezer Chronik : l’image montre un nuage noir arrivant de la ville, après les mots prononcés par la femme, faisant ainsi clairement référence à la magie noire. Simple constat dans la chronique de Justinger, l’événement retravaillé par Diebold Schiling, s’adapte au moment de la rédaction et témoigne de l’insertion du présent dans les narrations des chroniques.

Schilling, Spiezer Chronik, p. 439

A VENIR :

Ce billet poursuit les réflexions tenues au colloque « Présents prodigieux », organisé par Cordélia Floc’hic et Alexandre Goderniaux le 12 et 13 février 2026 à l’Université de Lausanne et dont les actes paraîtront dans les mois qui viennent. Pendant ce colloque, je suis intervenu avec Elodie Lecuppre-Desjardin sur le thème suivant : « Les prodiges comme marqueur temporel dans les chroniques de la Suisse alémanique aux XVe et XVIe siècle ».

BIBLIOGRAPHIE :

Sources :

Justinger, Konrad, Die Berner-Chronik von Conrad Justinger, Gotlieb Studer (éd.), Bern, K. J. Wyss, 1871, p. 156.

Schilling, Diebold, Amtliche Berner Chronik, vol. 1, Bern, Burgerbibliothek, Mss.h.h.l.1, p. 226-227, URL: https://www.e-codices.ch/de/bbb/Mss-hh-I0001/226, consulté 01/03/2026.

Schilling, Diebold, Spiezer Chronik, Bern, Burgerbibliothek, Mss.h.h.l.16, p. 438-440, URL: https://www.e-codices.unifr.ch/de/bbb/Mss-hh-I0016/439/0/, consulté 01/03/2026.

Pour aller plus loin :

Devroey, Jean-Pierre, De la grêle et du tonnerre : histoire médiévale des imaginaires paysans, L’univers historique, Paris, Éditions du Seuil, 2024.

Glauser, Fritz, « Diebold Schilling », traduit par Florence Piguet, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/014484/2011-08-03/, consulté 03/03/2026.

Meyer, Werner, « Wetterzauber gegen Bern. Bemerkungen zu einer Textstelle in Conrad Justingers Berner Chronik », dans Hesse, Christian et al. (éds.), Personen der Geschichte – Geschichte der Personen: Studien zur Kreuzzugs-, Sozial- und Bildungsgeschichte. Festschrift für Rainer Christoph Schwinges zum 60. Geburtstag, Basel, Schwabe & Co, 2003, p. 69‑82.

Ostorero, Martine, Paravicini Bagliani, Agostino, Utz Tremp, Kathrin [dir.], L’imagionaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c.-1440 c.), (Cahiers lausannois d’histoire médiévale 26), Lausanne, Université de Lausanne, 1999.

Schmid, Regula, Geschichte im Dienst der Stadt: Amtliche Historie und Politik im Spätmittelalter, Zürich, Chronos, 2009.

Schmid Keeling, Regula, « Schweizer Chroniken », dans Wolf, Gerhard et Ott, Norbert H. (dir.), Handbuch Chroniken des Mittelalters, Berlin ; Boston, De Gruyter, 2016, p. 267‑300.

Utz Tremp, Kathrin, Von der Häresie zur Hexerei : “wirkliche” und imaginäre Sekten im Spätmittelalter, (Monumenta Germaniae Historica – Schriften 59), Hannover, Hahnsche Buchhandlung, 2008.


[1](…) do stund si bi im an der zynnen und sprach heimlichen etliche wort die der herr nit verstund, ze stund kam (…) damit den grösten und vorcht samesten regen der in allen disen landen nie ine gesechen wartt (…). Schilling, Spiezer Chronik, p. 439, https://www.e-codices.unifr.ch/fr/bbb/Mss-hh-I0016/440/0/, consulté 03/03/2026. Traduit du haut allemand précoce par moi.

[2] Schmid, Geschichte im Dienst der Stadt …, p. 63-64.

[3] Schmid, Geschichte im Dienst der Stadt …, p. 226; Glauser, Diebold Schilling, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/014484/2011-08-03/, consulté 03/03/2026.

[4] Meyer, Wetterzauber gegen Bern …, p. 70-78.

[5] Devroey, De la grêle et du tonnerre …, p. 268-269.

[6] Meyer, Wetterzauber gegen Bern …, p. 80.

[7] (…) den grösten regen, der in disem land je gesechen wart, Justinger, Die Berner-Chronik …, p. 156.

[8] (…) macht den grösten regen und wetter das in dem lande ie gesechen wart, Schilling, Amtliche Berner Chronik, vol. 1, p. 227.

[9] Schilling, Spiezer Chronik, p. 439.

[10] Devroey, De la grêle et du tonnerre …, p. 268-269, 281 ; pour voir quelques écrits de cette époque: Ostorero (dir.) [etc.], L’imagionaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c.-1440 c.).


  1. (…) do stund si bi im an der zynnen und sprach heimlichen etliche wort die der herr nit verstund, ze stund kam (…) damit den grösten und vorcht samesten regen der in allen disen landen nie ine gesechen wartt (…).Schilling, Spiezer Chronik, p. 439, https://www.e-codices.unifr.ch/fr/bbb/Mss-hh-I0016/440/0/, consulté 03/03/2026. Traduit du haut allemand précoce par l’auteur. []
  2. Schmid, Geschichte im Dienst der Stadt …, p. 63-64. []
  3. Schmid, Geschichte im Dienst der Stadt …, p. 226; Glauser, Diebold Schilling, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/014484/2011-08-03/, consulté 03/03/2026 []
  4. Meyer, Wetterzauber gegen Bern …, p. 70-78 [] []
  5. (…) den grösten regen, der in disem land je gesechen wart, Justinger, Die Berner-Chronik …, p. 156. []
  6. (…) macht den grösten regen und wetter das in dem lande ie gesechen wart, Schilling, Amtliche Berner Chronik, vol. 1, p. 227. []

Pépite: Un grand jour à plus d’un titre. Une coïncidence événementielle dans les mémoires de Ludwig von Diesbach

Billet rédigé par Lucie Rizzo

Artiste inconnu, peinture à l’huile, Portrait de Ludwig von Diesbach (1452-1527), 1512, Collection privée. Photographie de la Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Porträtdok. 810, Gerhard Howald.

Issu d’une famille bourgeoise de Berne, Ludwig von Diesbach (1452-1527) rédige des notes autobiographiques qui couvrent la période allant de sa naissance – bien qu’il n’évoque que très brièvement sa jeunesse – à 1518. Ce bourgeois consigne ainsi une partie des événements qui ont constitué sa vie, qu’ils soient personnels ou liés à l’actualité, car il s’avère aussi particulièrement intéressé par la politique internationale et la diplomatie.

Il rédige son texte en deux temps. La première partie, écrite en 1488, retrace ses années de jeunesse à la cour de France, puis sa vie à Berne. La seconde partie, beaucoup plus brève – elle ne constitue que six des trente-deux folios du manuscrit – fut rédigée en 1518. Elle relate les événements postérieurs à 1488 et se concentre essentiellement sur les difficultés économiques qui ont touché Ludwig von Diesbach à la fin de sa vie.1

Ludwig von Diesbach entame sa carrière en 1466, à l’occasion d’un premier voyage à la cour du roi de France, où il accompagne son cousin Niklaus von Diesbach dans le cadre d’une mission diplomatique. Il est d’abord écuyer de Guillaume de Luyrieu, puis séjourne à la cour de Louis XI et prend part à de nombreuses campagnes et missions diplomatiques. Dans son récit, Ludwig von Diesbach inscrit de manière plus ou moins détaillée des événements auxquels il a participé – de près ou de loin –, tels que le traité de Péronne, le siège d’Amiens, la signature de la « Paix perpétuelle », la bataille de Morat, les guerres d’Italie ou encore la guerre de Souabe, tout en y faisant émerger ses espoirs, ses peurs et ses pensées personnelles. Il s’avère ainsi un témoin de premier plan de la politique de son époque, au cœur de l’actualité internationale.

Il rentre à Berne auprès de son frère aîné en 14762 ; à partir de là, la première partie de son récit se recentre désormais majoritairement sur des événements plus personnels, sans pour autant exclure totalement la politique internationale. Le scripteur y fait notamment part du décès de sa belle-sœur, de son mariage, de ses problèmes financiers, mais aussi des étapes de sa carrière professionnelle, notamment ses fonctions en tant que Schultheiss (bailli) à Thoune, puis à Baden. Un passage conséquent du texte est ainsi dédié à la maladie de sa femme, à son décès, mais aussi à la procession menée pour son inhumation. Il constitue l’une des parties les plus importantes de l’ouvrage – 4 pages sur les 25 pages de la première partie3 – et est profondément personnel ; Ludwig n’hésite pas à y confier ses émotions.

La seconde partie du texte s’articule autour d’une série d’événements liés à la situation financière de Ludwig dans les dernières années de sa vie. Ce dernier évoque notamment sept années de malheur consécutives au décès de son épouse, l’impact de ses difficultés économiques sur la formation de ses enfants, une période de vie en concubinage, puis un second mariage qui lui permit non seulement d’accéder à un héritage, mais aussi de conserver la seigneurie de Diesbach grâce à son rachat par sa seconde épouse. Il mentionne également les frais considérables engagés pour sa participation aux campagnes militaires de Maximilien Ier à Rome, le coût important du mariage de l’un de ses fils, le pillage de son château à Spiez – survenu lors de la révolte des paysans, alors qu’il était bailli à Neuchâtel –, ou encore les tensions familiales liées à l’héritage de sa première épouse. Enfin, son œuvre se termine par une apostrophe à ses fils, dans laquelle il identifie les trois causes principales qui auraient mené à son endettement.

Image 2 : Albrecht Kauw, Aquarelle, Spiez am Thunersee, ca.1670, 23.5×39.5cm, Musée Historique de Berne.

Cette interpellation finale n’est par ailleurs pas la seule du texte. Du début à la fin de son œuvre, Ludwig von Diesbach s’adresse occasionnellement à ses fils, le public explicite de ses écrits. C’est par ailleurs cela qui lui permet, dans le prologue de son texte, de justifier l’écriture des événements de sa vie ; il écrit pour ses fils, pour qu’ils se souviennent de sa vie et puissent en tirer exemple – un topos par ailleurs courant dans les autobiographies de la fin du Moyen Age.4 Il demande également à ses enfants de poursuivre ensuite son ouvrage, sans jamais le confier à d’autres individus que ses descendants. Aude-Marie Certin a cependant démontré qu’en réalité, ce genre de textes circulaient fréquemment au sein des élites urbaines et revêtaient une véritable dimension sociale et politique : le public, bien qu’implicite, s’étend alors au-delà du simple cercle familial.5 Si Ludwig von Diesbach ne donne pas d’autres motifs d’écriture, Urs Martin Zahnd décèle cependant dans son texte une impulsion d’ « écriture pour lui-même », liée à une période de crise personnelle : « Weil er aber mit dem Tode seiner Gattin und dem drohenden Vermögenszerfall entscheidende Bezugssysteme seines Lebens wanken sieht, versucht er, sich und seinen Standort schreibend wieder zu finden ».6 (« Mais parce qu’il voit s’effondrer les repères fondamentaux de sa vie avec la mort de son épouse et les risques de perte de son patrimoine, il tente de se retrouver et de se repositionner à travers l’écriture »). Cette hypothèse d’Urs Martin Zahnd correspond par ailleurs aux observations faites par Rudolf Dekker sur les impulsions d’écriture à l’origine de nombreux égo-documents : « It is often personal crisis which prompts people to write. »7 (« Ce sont souvent les crises personnelles qui poussent les individus à écrire »). Le récit de vie de Ludwig von Diesbach s’inscrirait alors dans un besoin de s’ancrer dans la réalité, de combler une insécurité parce que son présent lui échappe. En consignant ses mémoires dans un texte soigneusement élaboré8, Ludwig von Diesbach écrit alors à la fois pour ses fils, pour tout lecteur potentiel, mais aussi pour lui-même ; il livre alors un héritage des moments importants qui ont constitué sa vie, qu’ils soient personnels ou liés à l’actualité politique internationale.

Ce mélange d’échelles d’événements – qui se retrouve régulièrement dans les égo-documents – atteint cependant un paroxysme dans une mention spécifique du texte, dans laquelle deux événements distincts, qui appartiennent à des registres bien différents, se retrouvent liés. La mention en question se trouve au sein d’un passage dans lequel Ludwig décrit sa rencontre avec sa future femme et évoque ensuite son mariage. Le moment des noces est d’abord indiqué par une date calendaire : « Unn beschach dȳss uff tzȳnstag nest ffor Anttonȳ anno domini 1477 » (« Et cela s’est produit le mardi précédent la fête de Saint-Antoine, en l’an du Seigneur 1477 »). Il est ensuite encore précisé par un autre événement contemporain, l’arrivée de la nouvelle du décès de Charles le Téméraire à Berne : « Aber uff dem ttag, dor herczig Charlÿ von Bůrgůn ffor Nanssȳ eschlagen ward, do die selben mer gan Bern ckamend, dess selben ttag waren wȳr tzesamen gen »9. (« Mais le jour où le duc Charles de Bourgogne fut tué à Nancy, lorsque la nouvelle parvint à Berne, ce même jour, nous nous sommes mariés. »)

Hans Funk, peinture sur verre – vitrail héraldique, Armoiries d’alliance de Ludwig II. von Diesbach et Agatha von Bonstetten, ca. 1523, 68 x 56.8cm, Eglise réformée de Ligerz (ancienne église de Sainte-Croix). Photographie de Hasler & Keller, 2016, Vitrosearch, https://www.vitrosearch.ch/objects/2465887. Il s’agit des armoiries du second mariage de Ludwig.

Si cette annotation nous permet de connaître le moment où l’information est arrivée à Berne – le mardi avant la fête de Saint-Antoine, soit le 14 janvier, ce qui signifie que la nouvelle a mis neuf jours pour arriver jusqu’à Berne –, son intérêt se situe surtout dans le lien qu’elle établit entre cette nouvelle et le mariage. Parce que ces deux événements sont liés par la date, Ludwig von Diesbach choisit de les mêler dans le récit de son mariage, au lieu d’y consacrer deux paragraphes séparés. Par ailleurs, au-delà de son emplacement, la simple mention de la nouvelle reste étonnante : au moment de son mariage, le scripteur est rentré à Berne depuis près de six mois et il est donc désormais relativement peu concerné personnellement par les événements diplomatiques. Si son intérêt particulier pour les événements politiques touchant la France et la Bourgogne peut expliquer la présence de cette nouvelle, il est vrai que Ludwig von Diesbach n’évoque pratiquement que des événements dont il a été témoin, et donc, depuis son retour à Berne, les événements politiques se font plus rares dans le texte. Le décès de Charles le Téméraire a ainsi dû être considéré comme suffisamment important pour mériter d’être mentionné malgré tout. Reste que l’entremêlement des deux événements, qui n’ont rien en commun, mis à part la date et l’issue heureuse – Ludwig étant plutôt partisan du royaume de France à ce moment10 – peut surprendre.

L’inclusion de cette mention dans le récit du mariage peut alors s’expliquer par le caractère marquant de l’événement : la nouvelle du décès de Charles le Téméraire serait alors utilisée par Ludwig en tant que marqueur temporel pour tout lecteur bernois ; il permettrait alors de resituer dans le temps un événement à caractère profondément personnel – son mariage – au sein d’un contexte général connu. La date de la nouvelle du décès de Charles le Téméraire à Nancy constituerait alors une référence claire, appartenant à un champ d’expérience collectif et commun à tout lecteur potentiel. Au-delà d’une référence pour autrui cependant, Ludwig von Diesbach rédige précisément ce passage après que le décès de son épouse soit survenu : cette mention rappelle alors un jour définitivement spécial, où les calendriers avaient fusionné presque à la manière d’un miracle, lors d’un temps désormais obsolète. Ce passé heureux contraste avec le présent dévastateur du scripteur ; au moment de l’écriture, cet événement représente alors un des moments charnières de la vie de Ludwig von Diesbach et son inscription lui permet de stabiliser ce souvenir du passé, construisant ainsi une sensation de contrôle sur la réalité présente et incertaine, lui permettant de mieux appréhender les futurs éventuels. 

A VENIR  

Ce billet donne un aperçu des questionnements qui seront abordés dans ma thèse intitulée « Des instants qui comptent. Événements privés et publics dans les égo-documents (1450-1550) » menée sous la direction de Thalia Brero et Aude-Marie Certin au sein du Work package 2 : « Les événements, jalons dans la conception du temps ».

BIBLIOGRAPHIE

Source

Notes autobiographiques de Ludwig von Diesbach éditées et traduites en allemand dans : Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne: Berner Burgerbibliothek, 1986, p.11-115.

Littérature secondaire

Certin, Aude-Marie, La cité des pères : paternité, mémoire, société dans les villes méridionales de l’Empire du milieu du XIVe siècle au milieu du XVIe siècle (Nuremberg, Augsbourg, Francfort-sur-le-Main), thèse de doctorat soutenu le 17 mai 2014.

Dekker, Rudolf, « Egodocuments in the Netherlands from the Sixteenth to the Nineteenth Century », Dutch crossing, 23.2, 1999, p. 255-285.

Wenger, Simon, « Zwischen Typik und Individualität. Eine Relektüre der Autobiographie Ludwig von Diesbachs », Zeitschrift für deutsche Philologie, 128/1, 2009, p. 65-80.

Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne : Berner Burgerbibliothek, 1986.

Zahnd, Urs Martin, « Diesbach, Ludwig von», dans : Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 17.03.2010, traduit de l’allemand. Online: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/021573/2010-03-17/, consulté le 26.08.2025.

Ziep, Franziska, « Erzählen ohne Ende. Lebensgeschichten im 16. Jahrhundert am Beispiel der autobiographischen Texte von Ludwig von Diesbach (1488/1518) und Thomas Platter (1572) », dans : Claudia Ulbrich, Hans Medick, Angelika Schaser (éd.), Selbstzeugnis und Person. Transkulturelle Perspektiven, Köln/Weimar/Wien: Böhlau Verlag, 2012, p.105-121.

  1. Ziep, Franziska, « Erzählen ohne Ende. Lebensgeschichten im 16. Jahrhundert am Beispiel der autobiographischen Texte von Ludwig von Diesbach (1488/1518) und Thomas Platter (1572) », dans : Claudia Ulbrich, Hans Medick, Angelika Schaser (éd.), Selbstzeugnis und Person. Transkulturelle Perspektiven, Köln/Weimar/Wien: Böhlau Verlag, 2012, p.110. []
  2. Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne : Berner Burgerbibliothek, 1986, p.161 []
  3. Ziep, Franziska, « Erzählen ohne Ende. Lebensgeschichten im 16. Jahrhundert am Beispiel der autobiographischen Texte von Ludwig von Diesbach (1488/1518) und Thomas Platter (1572) », dans : Claudia Ulbrich, Hans Medick, Angelika Schaser (éd.), Selbstzeugnis und Person. Transkulturelle Perspektiven, Köln/Weimar/Wien: Böhlau Verlag, 2012, p.110. []
  4. Ziep, Franziska, « Erzählen ohne Ende. Lebensgeschichten im 16. Jahrhundert am Beispiel der autobiographischen Texte von Ludwig von Diesbach (1488/1518) und Thomas Platter (1572) », dans : Claudia Ulbrich, Hans Medick, Angelika Schaser (éd.), Selbstzeugnis und Person. Transkulturelle Perspektiven, Köln/Weimar/Wien: Böhlau Verlag, 2012, p.107. []
  5. Certin, Aude-Marie, La cité des pères : paternité, mémoire, société dans les villes méridionales de l’Empire du milieu du XIVe siècle au milieu du XVIe siècle (Nuremberg, Augsbourg, Francfort-sur-le-Main), thèse de doctorat soutenu le 17 mai 2014, p. 192-194. []
  6. Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne : Berner Burgerbibliothek, 1986, p.222-227 []
  7. Dekker, Rudolf, « Egodocuments in the Netherlands from the Sixteenth to the Nineteenth Century », Dutch crossing, 23.2, 1999, p.272. []
  8. Wenger, Simon, « Zwischen Typik und Individualität. Eine Relektüre der Autobiographie Ludwig von Diesbachs », Zeitschrift für deutsche Philologie, 128/1, 2009, p.79-80. []
  9. Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne : Berner Burgerbibliothek, 1986, p.68, l.13-15. []
  10. Sur la question des prises de position de Ludwig von Diesbach dans les luttes politiques, voir : Zahnd, Urs Martin, Die autobiographischen Aufzeichnungen Ludwig von Diesbachs: Studien zur spätmittelalterlichen Selbstdarstellung im oberdeutschen und schweizerischen Raume, Berne : Berner Burgerbibliothek, 1986, p.183-184. []

Pépite : “umb das blut zu richten” – Les marqueurs temporels de la justice bernoise au XVe siècle

Billet rédigé par Sebastian Hackbarth

Le jeudi, 1er juin 1430, un nom retentit dans les rues de Berne : Burkin Pfanner ! Accusé de meurtre par les enfants de sa victime, Üllm Rogglin, et malgré cette sommation publique, il ne paraît pas1. Comment la justice bernoise du XVe siècle s’ancrait-elle dans le territoire de la ville ? Dans ce billet, les premiers résultats d’un article à venir sur l’articulation de l’espace et du temps urbain dans l’expression de la justice seront exposés.

Mais avant de focaliser notre attention sur les marqueurs temporels, il faut dire quelques mots des sources à disposition et des usages bernois. La pratique de la justice bernoises au Moyen Âge nous est transmise grâce aux Spruchbücher qui sont les registres de la justice laïque. Ils sont conservés aux archives de l’État de Berne et la série commence en 1411. Un volume contient plusieurs années, mais le nombre d’années diffère d’un volume à l’autre. Les Spruchbücher contiennent des résumés et des jugements des procès en haut allemand précoce, la langue de cette période à Berne.

Presque tous les procès sont rédigés à la première personne du singulier et commencent par « Je, Rudolf Hofmeister, noble et bourgmestre de Berne » (Ich Rudolf hoffmeister edelkn(e)cht schulth(eis)s zü Bern)2. Cela prouve que les procès sont rédigés du point de vue du bourgmestre qui agit ici comme juge3. Néanmoins, les procès sont consignés par des scribes qui sont renouvelés tous les ans à Pâques. La mention se poursuit classiquement avec la date du procès, ici, le 1er juin 1430, ce qui correspond à un jeudi. Mon analyse du Spruchbuch 1427-1433 a montré que les procès pouvaient avoir lieu tous les jours de la semaine. Pourtant, les jours du mardi et du dimanche se révèlent assez rares, ce qui est peu surprenant, vu que le mardi est le jour du marché et le dimanche le jour du Seigneur. De même, les procès se tenaient tout au long de l’année, mais la fréquence varie énormément d’une année sur l’autre. C’est pourquoi ces données seront à approfondir avec les autres résultats des autres volumes. Les procès ont été datés dans la plupart des cas par rapport à une fête ecclésiastique, par exemple « premier samedi avant la saint Lucie »4. Cependant dans le procès de Pfeiffer, nous trouvons la datation avec mois et jour, ce qui est plus rare, mais pas non plus exceptionnel.

Puis sont mentionnés les justiciers : « le bourgmestre, les nommés du petit conseil et du grand conseil ». Cependant, ce qui retient notre attention est le fait que le notaire évoque aussi le lieu du procès ce qui est spécifique à la justice du sang, ordonnée en un lieu en public, ici la Krutzgasse (aujourd’hui : Kreuzgasse)5. Cette rue était située au centre de la ville entre les rues du marché, l’obere meritgasse (aujourd’hui : Kramgasse) et l’untere meritgasse (aujourd’hui : Gerechtigkeitsgasse).

Ces rues peuvent être considérées comme des « marqueurs temporels ordinaires », soit des espaces de la ville qui rythment la vie des habitants quotidiennement, hebdomadairement ou annuellement, voire exceptionnellement et qui sont donc en lien avec une temporalité ou des temporalités spécifiques. Par exemple, le marché qui a lieu tous les mardis dans ces deux rues, a fixé les habitudes de vente et de consommation jusqu’au début du XVe siècle. Avec les reconstructions à la suite du grand incendie de 1405 qui détruit une grande partie du centre, la rue de l’alten nuwenstat (aujourd’hui : Marktgasse) remplace la untere meritgasse comme rue du marché hebdomadaire, modifiant les habitudes des Bernois. Quant à la justice quotidienne, celle-ci se déroulait à partir du début du XVe siècle à l’hôtel de ville, au nord du centre, où la plus grande partie des procès avait lieu3.

En revanche, la justice de sang telle qu’elle a eu lieu dans la Krutzgasse, pour le cas de Burkin Pfanners, n’était pas un événement régulier. D’une part, les crimes de sang n’étaient pas si fréquents à Berne, et d’autre part, le lieu choisi n’était pas celui de la justice ordinaire. Il s’agit du lieu de la haute juridiction du pouvoir impérial à l’origine, symbolisé par le siège du bourgmestre (Schultheissenstuhl), puisque le bourgmestre (Schultheiss) à Berne était nommé par l’empereur jusqu’au milieu du XIIIe siècle. Ce siège devint à partir du XIVe siècle le signe de l’autonomie communale, à partir du moment où la ville reçut le droit de la justice du sang6. Cette ruelle avait pour cette raison une fonction symbolique, dans la mesure où s’y croisaient les différentes rues structurant la ville d’origine. Les exécutions avaient lieu dans cette ruelle, mais également des réunions et rassemblements en cas de danger6. En ce sens la Krutzgasse devint en cette occasion un marqueur spatio-temporel lié à des événements marquants et extraordinaires pour les Bernois. Malheureusement, le procès ne nous donne aucun détail sur le lieu, la temporalité ou sur le meurtre, ce qui ne nous permet pas de proposer des analyses sur ces aspects.

Revenons à la procédure : Le registre nous explique qu’il s’agit du troisième procès, ce qui est la condition nécessaire pour bénéficier d’un jugement par contumace, c’est-à-dire en l’absence de l’accusé7. Ce délai doit permettre à l’accusé de se défendre lui-même, si ce dernier n’avait pas pu comparaître les deux premières fois. Pour cette raison, l’accusé est appelé avec des « cris bien audibles une troisième fois » dans « trois rues » de la ville, lesquelles ne sont pas mentionnées dans le registre. On notera au passage, le symbole trinitaire chrétien qui règle cette temporalité de l’appel. Alors que l’accusé ne paraît pas devant les juges et que personne d’autre ne vient pour le défendre, la contumace est proclamée et résonne au cœur de la ville comme un aveu de culpabilité8. La procédure se poursuivait alors avec une condamnation de l’accusé pour meurtre et l’interdiction de « revenir à jamais dans la ville » (niemerme, in die statt komen), ce qui correspond à un bannissement. De plus, il perdait le droit de la ville, ce qui veut dire qu’il n’avait plus la protection juridique de la ville.

La peine de bannissement est souvent favorisée par rapport à une peine de mort physique9. Les lieux d’interdictions pour un banni en raison de meurtre sont précisés dans les statuts communaux de la ville par un règlement de 1336. Les bannis n’avaient pas le droit de venir entre les murs de la ville et dans l’ensemble du territoire sous contrôle de la ville, et même dans certains territoires en dehors du contrôle de la ville. Nous ne savons pas si cela était aussi le cas pour ce jugement-ci, car il n’est question que de ne plus jamais revenir dans la ville, sans préciser les zile, le territoire bernois. Le règlement pour bannissement dans les statuts est allégé en 1404, date à laquelle les autorités permettent un passage au pont et au fossé de la ville, où se trouvaient les portes, pour transmettre un message important à une personne honorable. Néanmoins, il leur a toujours été interdit de loger ou de travailler au sein du territoire10. On pourrait estimer que cet allégement soit paradoxal au regard de l’interdiction de se loger ou de travailler dans l’ensemble du territoire bernois. Cela pourrait être un indice signalant qu’en pratique, beaucoup de bannis restaient vivre près de la ville dans l’espoir d’un pardon, comme le suggère également ce jugement-ci, qui évoque uniquement l’interdiction d’entrer dans la ville11. Mais cela reste à observer dans la suite de mon étude. À la fin du procès une charte recueillant les noms des témoins du jugement c’est produit en guise de preuve pour les plaignants.

À venir

Ce procès fait partie du corpus de ma thèse au sein du projet « Capturing the present in Northwestern Europe (1348-1648) ». Dans cette thèse, j’analyse les marqueurs temporels dans les villes de Berne et de Mons à la fin du XIVe et au XVe siècle. Les rythmes de la justice font partis de ces marqueurs temporels pour la vie quotidienne, que je veux mettre en avant en analysant les temporalités et spatialités de la pratique ainsi que les statuts communaux.

Bibliographie

Sources

Spruchbuch 1427-1433: Bern, Staatsarchiv, A I 306 Band B: 1427-1433, f. 108r-v.

Satzungenbuch W: Welti, Friedrich Emil; Rennefahrt, Hermann (éds.), Rechtsquellen des Kantons Bern. Erster Teil: Stadtrechte. Erster und zweiter Band: Das Stadtrecht von Bern I und II. Handfeste, Satzungenbücher, Stadtbuch, Stadtsatzung 1539, Aarau, Sauerländer, 1971, p. 61-203.

Pour aller plus loin

BEER, Ellen Judith et al. (éds.), Berns grosse Zeit. Das 15. Jahrhundert neu entdeckt, Bern, Berner Lehrmittel- und Medienverlag, 1999.

GERBER, Roland, Gott ist Burger zu Bern. Eine spätmittelalterliche Stadtgesellschaft zwischen Herrschaftsbildung und sozialem Ausgleich, (Forschungen zur mittelalterlichen Geschichte 39), Weimar, Hermann Böhlaus Nachfolger, 2001.

HOFER, Sibylle, « Das Richthaus : Rechtsprechung im Berner Rathaus vom Mittelalter bis zur Neuzeit », Berner Zeitschrift für Geschichte, vol. 3, n° 79, 2017, p. 38‑48.

LECUPPRE-DESJARDIN, É., « The space of punishments: reflections on the expression and perception of judgment and punishment in the cities of the Low Countries in the late middle ages », dans Boone, M. et Howell, M.C. (éds.), The Power of Space in Late Medieval and Early Modern Europe: The cities of Italy, Northern France and the Low Countries, (Studies in European urban history 30), Turnhout, 2013, p. 139‑151.

LETT, Didier, Crimes, genre et châtiments au Moyen Age: Hommes et femmes face à la justice (XII-XVe siècle), (Histoire), Paris, Armand Colin, 2024.

SCHMID, Regula, « Wahlen in Bern : das Regiment und seine Erneuerung im 15. Jahrhundert », Berner Zeitschrift für Geschichte und Heimatkunde, vol. 3, n° 58, 1996, p. 233‑270.

SCHMID KEELING, Regula (éd.), Die Berner Handfeste. Neue Forschungen zur Geschichte Berns im 13. Jahrhundert, (Archiv des Historischen Vereins des Kantons Bern 93), Baden, Hier und Jetzt, 2019.

SCHWINGES, Rainer Christoph (éd.), Berns mutige Zeit: Das 13. und 14. Jahrhundert neu entdeckt, (Berner Zeiten), Bern, Schulverlag blmv AG / Stämpfli Verlag, 2003.

  1. Spruchbuch 1427-1433: Bern, Staatsarchiv, A I 306 Band B: 1427-1433, f. 108r-v. []
  2. Toutes les traductions ici sont faites par moi. []
  3. Hofer, «Das Richthaus …», p. 40. [] []
  4. Spruchbuch 1427-1433: Bern, Staatsarchiv, A I 306 Band B: 1427-1433, f. 15v. []
  5. Gerber, « Die kommunalen Gebäude », Beer, Ellen Judith et al. (éds.), Berns grosse Zeit. Das 15. Jahrhundert neu entdeckt, p. 48. []
  6. Gerber, « … Der Berner Rat zwischen 1223 und 1273 », Schmid Keeling, Regula (éd.), Die Berner Handfeste. Neue Forschungen zur Geschichte Berns im 13. Jahrhundert, p. 112; Hofer, «Das Richthaus …», p. 42. [] []
  7. Welti (éd.), « Satzungenbuch W », article 94, p. 119. []
  8. Lett, Crimes, Genre et châtiment au Moyen-Âge, p, 276-277. []
  9. Lett, Crimes, Genre et châtiment au Moyen-Âge, p. 409. []
  10. Welti (éd.), « Satzungenbuch W », article 25, p. 86-87. []
  11. Lecuppre-Desjardin, « The space of punishments … », p. 144; Lett, Crimes, Genre et châtiment au Moyen-Âge, p. 421. []

Séminaires – Janvier 2025

Temps et espaces du pouvoir en Europe du Nord-Ouest : Séminaire de recherche, Master Histoire, Cultures et idéologies politiques fin du Moyen-Âge – Première modernité

Lieu

Salle de séminaire de l’IRHiS, Université de Lille – Campus universitaire du pont de Bois, 59650 Villeneuve d’Ascq.

Séminaire online : contacter [email protected]

Horaire

Tous les mercredis de 10h-12h.

08/01/2025

Olivier Richard (Université de Fribourg), Le secrétaire, le temps et l’espace : le livre de comptes du secrétaire bernois Thüring Fricker.

15/01/2025

Jelle Hamers (KU Leuven), Le temps des rebelles dans les anciens Pays-Bas à la fin du Moyen Âge.

22/01/2025

Jonathan Dumont (Université de Liège) : Prendre le pouvoir par les mots. L’avènement de Charles de Habsbourg (1515).

29/01/2025

Baptiste Rameau (Université de Dijon), Quand le don fait date. La générosité des ducs de Bourgogne Jean sans Peur et Philippe le Bon, entre temps de la cour, stratégies politiques et agendas personnels.