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Pépite : Le même jour d’une autre année. Louise de Savoie et les coïncidences calendaires

Billet rédigé par Thalia Brero

Louise de Savoie. Livre d’heures de Catherine de Médicis, 1573. Paris, BnF, ms. nouv. acq. lat. 82, f. 2v.

Le premier jour de janvier, je perdis mon mari et le premier jour de janvier, mon fils fut Roy de France. Le jour de la Conversion saint Paul [25 janvier], mon fils fut en tres grand danger de mourir et à semblable jour, il fut oinct et sacré en l’Eglise de Reims.1

C’est ainsi que commence le Journal de Louise de Savoie (1476-1531) : en constatant une correspondance calendaire entre deux moments parmi les plus angoissants de son existence et deux événements particulièrement heureux. Le 1er janvier fut en effet le jour de la mort de son époux, Charles d’Angoulême (1496), qui la laissait veuve à dix-neuf ans avec deux enfants en bas âge, seule dans un pays qui n’était pas le sien. Près de vingt ans plus tard, une deuxième mort, celle du roi de France Louis XII (1515) hissera sur le trône de France son fils, François Ier, premier dans l’ordre de succession.

La deuxième paire d’événements reproduit un contraste similaire : en 1501, le futur François Ier, âgé de 6 ans, échappa de peu à un grave accident de cheval.

Le jour de la conversion de saint Paul, 25 de janvier, environ deux heures apres midi, mon Roy, mon Seigneur, mon Cesar et mon filz, aupres d’Amboise fut emporté au travers des champs par une hacquenée que lui avoit donnée le Mareschal de Gyé, et fut le danger sy grand que ceux qui estoient presens l’estimerent irreparable. Toutes fois Dieu, protecteur des femmes veufves et defenseur des orphelins, prevoyant les choses futures, ne me voulut abandonner, cognoissant que si cas fortuit m’eust si soudainement privée de mon amour, j’eusse esté trop infortunée.2

Quinze ans jour pour jour après cet épisode effrayant, le 25 janvier 1501, François Ier fut sacré dans la cathédrale de Reims.

Avec un sens certain de la mise en scène au travers duquel on perçoit cependant les accents de la sincérité, Louise de Savoie donne à méditer sur le contraste entre la vulnérabilité de cet enfant orphelin de père et la toute-puissance du roi de France qu’il devint. Quant à Louise elle-même, elle semble mesurer le chemin parcouru depuis ses anxiétés de la jeune mère jusqu’à son triomphe mêlé à celui de son fils – elle sera plusieurs fois régente du royaume.

Il n’est pas anodin que ces notations figurent en exergue de son Journal. Ce texte, dont l’original est introuvable, nous est parvenu par trois copies du XVIIe siècle3. Il énumère sous forme de liste plus de 130 moments de la vie familiale et politique de Louise de Savoie et de son fils François Ier, toujours assortis de la date (et parfois de l’heure) où ils sont survenus. La période documentée par le Journal s’étend de 1508 à 1522, bien que quelques notices isolées concernent les décennies précédentes. Pareille collection d’événements datés est rare pour l’époque, même si les livres de raison et mémoires privés se multiplient alors en France. Plus exceptionnelle encore est la structure très particulière de ce texte, qui ne répond pas à une logique chronologique.

Le Journal est en effet agencé en douze parties, qui correspondent aux douze mois de l’année. Ainsi, des événements éparpillés sur une quinzaine d’années ou plus sont rassemblés, dans ce document, sous le mois durant lequel ils sont survenus. Cette collection de dates relatives au roi et à sa famille proche avait sans doute des visées astrologiques, comme en témoignent les précisions horaires ; la plupart des spécialistes s’accordent à ce sujet, même si les avis divergent quand il s’agit de déterminer si c’était là un objectif parmi d’autres de ce Journal ou son but principal. Partagées sont également les opinions quant à l’auteur du texte : Louise seule ou au contraire un astrologue de cour (François Desmoulins, Jean Thénaud) ? Louise dictant à un de ses secrétaires ? Un astrologue de cour remaniant les notes de Louise ?

Un indice essentiel pour comprendre la genèse de ce texte est cependant passé largement inaperçu. En 1904, l’historien Henri Hauser avait posé les premiers jalons d’une analyse critique de ce Journal dans un article qui a été systématiquement repris par les chercheurs et chercheuses s’y étant par la suite intéressés4.

Quelques années plus tard, en 1913, il publiait un codicille à cette première recherche sous la forme d’un second article beaucoup plus bref qui, lui, est resté largement inaperçu. Henri Hauser avait en effet entre temps trouvé dans les archives du bibliophile dijonnais Philibert de la Mare (1615-1687) une copie du Journal précédée de cette mention :

Extrait des mémoires escrits à la fin de chaque mois du calendrier de certaines heures extrêmement bien escrittes à la main en petits feuillets d’un velin fort net et poly que l’on tient avoir apartenu à Louyse de Savoye, mere du roy François.5

Les livres d’heures, répandus dans les élites depuis le XIVe siècle, commençaient invariablement par un calendrier, généralement réparti en douze pages illustrées par les travaux des champs et les signes astrologiques correspondant à chaque mois. Louise de Savoie en possédait apparemment un qui comportait des feuillets libres entre chaque mois, dans lequel elle aurait inscrit ou fait inscrire ses listes de dates et d’événements, ce qui explique la structure mensuelle de l’ensemble – qui fera par la suite l’objet de copies séparées.

Ce Journal (on aura compris que ce titre lui a été attribué plus tardivement) se trouve ainsi à la croisée de plusieurs conceptions du temps. Comme d’autres chefs de famille de son époque, Louise de Savoie a noté dans un de ses livres les plus privés, les plus utilisés, des informations relatives aux siens et à ses affaires. Mais il n’était bien sûr pas question, pour cette aristocrate, d’inscrire ces informations personnelles dans son livre de comptes comme les marchands ou les bourgeois : elle le fit dans les pages de vélin de son livre d’heures. Ces bribes de sa vie présente, soigneusement datées – pour en garder mémoire, sans doute, mais aussi pour déduire l’avenir grâce à la lecture des astres – avoisinaient l’une des expressions les plus éloquentes de la circularité du temps chrétien : l’année liturgique, dont Louise pouvait suivre les étapes inlassablement répétées dans le calendrier perpétuel de son livre d’heures.

Louise de Savoie et François Ier. Symphorien Champier, Les Grans croniques des gestes et vertueux faictz des tresexcellens catholicques illustres et victorieux ducz et princes des pays de Savoye et Piemont, Paris, Jean de La Garde, 1516. Paris, BnF, Réserve des livres rares, Vélins 1173, fol. 1.

Il n’est pas aisé de déterminer quelle part des notices fut rédigée au jour le jour et laquelle le fut rétrospectivement. Ce qui paraît certain, c’est que les passages cités plus haut, qui ouvrent précisément le Journal, ont une dimension programmatique – et pas seulement parce que ces événements eurent lieu le premier mois de l’année. Leur rédaction témoigne d’une triple opération : d’abord, de prêter attention à la date à laquelle était survenu un événement, ce qui à l’époque n’allait pas du tout de soi. Ensuite, de s’en souvenir et, enfin, de mettre en résonance des faits se déroulant à des années d’intervalle, n’ayant pas d’autre lien que la coïncidence calendaire – en apparence du moins, car si Louise ne le dit pas explicitement, il est clair qu’elle estime qu’il y a un message, une leçon à tirer de cette synchronicité à travers les années.

Les médiévaux portaient une attention très limitée aux dates et même en ce début de XVIe siècle lors duquel Louise écrivait, sa démarche reste très inhabituelle – bien que l’on puisse observer quelques indices d’une conception du temps analogue à la sienne dans d’autres milieux curiaux contemporains6. Pourtant, cette attention nouvelle pour les dates et les coïncidences calendaires n’était en réalité pas si neuve… puisqu’elle est largement attestée dans l’Antiquité romaine. Tacite relève par exemple qu’Auguste « avait cessé de vivre le jour même où jadis il avait reçu l’empire »7, et des auteurs comme Suétone, Cicéron ou Plutarque se montraient friands de coïncidences entre dates marquantes. Il est d’ailleurs avéré que certains politiciens romains firent en sorte de les provoquer, en planifiant par exemple leurs entrées triomphales le jour de leur anniversaire8.

Louise de Savoie était une femme instruite entourée d’érudits. Il n’est pas invraisemblable que ces anecdotes romaines aient été connues si ce n’est d’elle, du moins de son entourage, et qu’elles aient été réactualisées pour alimenter la légende royale autour de son fils à laquelle Louise travaillait inlassablement… et au sein de laquelle elle n’oubliait pas de se placer.

Voici pour finir comment elle commente la coïncidence des événements du 1er janvier évoqués ci-dessus :

Pour ce suis-je bien tenue obligée à la divine Miséricorde, par laquelle j’ai esté amplement recompensée de toutes les adversités et inconveniens qui m’estoient advenus en mes premiers ans et en la fleur de ma jeunesse. Humilité m’a tenu compagnie et patience ne m’a jamais abandonnée.9

Louise de Savoie s’inscrit dans un croisement des temporalités qui est bien de son temps. Sa lecture des événements reprend le motif ancien de la roue de la Fortune qu’elle semble superposer à celui, plus moderne, du cadran d’horloge. Les destinées changent radicalement selon les mouvements de la roue, mais désormais, les mouvements de celle-ci semblent dotés d’une précision porteuse de sens – tout entière tournée vers la destinée exceptionnelle de sa famille.

Fortune aveugle tourne sa roue. Enluminure d’Etienne Colaud dans Le Livre des cas des nobles hommes de Jehan Boccace, traduction de Laurent de Premierfait, fin XVe siècle
Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 130, fol. 1r.

A VENIR

Ce billet s’inscrit dans le cadre de la recherche que je mène avec Jan Blanc sur l’attention portée aux dates entre le XIVe et le XVIIe siècle, provisoirement intitulée Ego-événements et calendriers individuels : l’émergence des dates personnelles. Elle donnera lieu à un livre qui croisera les approches d’histoire et d’histoire de l’art sur la question.

BIBLIOGRAPHIE

Source

« Journal de Louise de Savoie », dans Guichenon, Samuel, Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, IV, Lyon, G. Barbier, 1660, p. 457-464.

Pour aller plus loin

Dickman Orth, Myra, « Francis Du Moulin and the Journal of Louise of Savoy », The Sixteenth Century Journal, 13/1 (Spring 1982), p. 55-66.

Hauser, Henri, « Étude critique sur le Journal de Louise de Savoie », Revue historique, 86 (1904), p. 280-303.

Hauser, Henri, « Comment Louise de Savoie a rédigé son Journal », Revue du seizième siècle, 1 (1913), 50-54.

Kuperty-Tsur, Nadine, « Le Journal de Louise de Savoie : nature et visées », dans Louise de Savoie (1476-1531), éd. Pascal Brioist et al., Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2015, https://doi.org/10.4000/books.pufr.8390.

Virastau, Nicolae Alexandru, Early Modern French Autobiography, Leiden, Boston, Brill, 2021, chapitre « Louise de Savoie and her diary », p. 87-119.

  1. « Journal de Louise de Savoie », dans Guichenon, Samuel, Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, IV, Lyon, G. Barbier, 1660, p. 457-464, ici p. 457. []
  2. Ibid. []
  3. Kuperty-Tsur, Nadine, « Le Journal de Louise de Savoie : nature et visées », dans Louise de Savoie (1476-1531), éd. Pascal Brioist et al., Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2015, § 5-6 ; Henri Hauser, « Comment Louise de Savoie a rédigé son Journal », Revue du seizième siècle, 1 (1913), p. 50-54, ici p. 51. []
  4. Hauser, Henri, « Étude critique sur le Journal de Louise de Savoie », Revue historique, 86 (1904), p. 280-303. []
  5. Hauser, Henri, « Comment Louise de Savoie a rédigé son Journal », Revue du seizième siècle, 1 (1913), p. 50-54, ici p. 51. []
  6. Voir également, pour l’attention portée dans les élites à un autre type de synchronicité, l’article de Lucie Rizzo au sein de ce même carnet Hypothèses, « Un grand jour à plus d’un titre. Une coïncidence événementielle dans les mémoires de Ludwig von Diesbach ». []
  7. Tacite, Annales, 1.9.1. : Idem dies accepti quondam imperii princeps et uitae supremus. La date en question étant celle du 19 août, où Auguste fut nommé consul (43 av. n. è.) et où il mourut (14 de n. è.). []
  8. Feeney, Dennis, Caesar’s Calendar. Ancient Time and the Beginnings of History, Berkeley, Los Angeles, London, University of California Press, 2007, p. 148-149, 278. []
  9. Guichenon, Samuel, Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, IV, Lyon, G. Barbier, 1660, p. 457-464, ici p. 457. []

Publication : Éphémères, ordinaires, populaires?

Usages et circulation des imprimés à grande diffusion (XVe-XXe siècle)

Cet ouvrage collectif, dirigé par Constance Carta, Thalia Brero, Luana Bermúdez et Belinda Palacios est paru en avril 2025 auprès des Editions Droz, à Genève. Il est disponible en open access sur le site de l’éditeur.

Résumé

 L’invention et la diffusion spectaculaire de l’impression à travers l’Europe ne se fit pas seulement au bénéfice des textes classiques. Il y eut aussi, dès le début, une production importante d’ouvrages accessibles à tous, y compris aux personnes moins fortunées et peu instruites. Cette littérature, volontiers dite de colportage et souvent qualifiée d’éphémère, se distingue par l’incroyable diversité de ce qu’elle véhicule à travers un même format éditorial. Le florilège de cas étudiés dans les contributions de ce volume sous différents angles (historique, sociologique, littéraire ou encore matériel) permet de mieux appréhender le phénomène éditorial pluricentenaire des imprimés à grande diffusion, en réfléchissant principalement à la mise en récits d’événements et à la circulation des textes à travers le temps et les frontières.

Album amicorum : Marion Pouspin

Le 9 avril 2025, Marion Pouspin (Institut catholique de Paris) est intervenue dans notre séminaire de recherche avec une conférence intitulée « Les nouvelles imprimées dans le royaume de France (XVe-XVIe siècle). Réflexions sur l’actualité dans la France de la première modernité ». 

Auteure de Publier la nouvelle. Les pièces gothiques, histoire d’un nouveau média (XVe-XVIe siècle), elle co-dirige la thèse de Marie Verbiest au sein du projet Capturing the Present in Northwestern Europe.

La notion de “présent” occupe une place importante dans mes recherches, puisque je m’intéresse à l’actualité imprimée dans le royaume de France dans la première modernité. Je travaille sur des “produits de l’instant” (ou de l’instant passé) émanant d’auteurs variés, souvent anonymes et ordinaires, qui rapportent leur perception du présent.

Mes recherches portent sur les pièces gothiques et sur les nouvelles qui sont imprimées à l’occasion de faits militaires, politiques, religieux ou prodigieux en France aux XVe-XVIe siècles. A partir d’une étude sérielle de ces objets imprimés, attentive à la fois à leur matérialité, et à leurs modalités et agents de fabrication, j’examine la temporalité et le rythme de leur production. L’analyse des discours permet également de saisir quel présent ces occasionnels cherchent à saisir et de quelle manière ils le rapportent. Enfin, analysées sous l’angle du public et de la réception de ces brochures, et ce dans une approche comparative avec des écrits du for privé, j’interroge l’agir social de ces publications : comment engagent-ils le lecteur dans ce rapport au temps ?

Produites peu de temps après les événements qu’elles rapportent, les nouvelles imprimées nous renseignent sur les faits récents et leur perception par des contemporains. Ce sont des sources précieuses donc pour comprendre ce rapport des hommes de l’époque au temps présent. D’autres sources mobilisées peuvent aussi nous éclairer sur ce point, je pense notamment aux livres de raison et aux chroniques qui puisent allégrement leurs informations dans les occasionnels.

S’agissant de nouvelles pour la plupart anonymes, mais produites dans le contexte des guerres d’Italie, je m’intéresse en particulier à ces hommes d’armes des troupes françaises en Italie. Un autre type de figure m’intéresse : l’imprimeur et les choix qu’il opère pour rendre publiques ces nouvelles.

Les écrits de Roland Barthes et Giorgio Agamben sur la contemporanéité, l’écriture de l’événement, le temps présent et sa perception sont très instructifs sur ce point. De même, les travaux de Johann Petitjean sur les avvisi et de Wolfgang Behringer sur la poste impériale peuvent aussi nourrir la réflexion, notamment sur les structures informationnelles et les enjeux politiques de la diffusion de l’information sur les affaires de l’époque, à l’échelle d’une ville (Venise) ou d’un territoire plus vaste (le Saint Empire).

L’étude des nouvelles imprimées révèle que l’actualité (au sens de vision du présent), qui est rapportée, est partagée et à partager. En effet, l’étude sérielle des relations imprimées montre des points de convergence, des concordances, dans les discours. Toutes sont unanimes à célébrer la grandeur du roi de France et de son armée, et à discréditer les ennemis. Elles louent les victoires et, au contraire, taisent ou amoindrissent les défaites. De plus, par leur diffusion imprimée, parfois émanant d’ateliers et de centres typographiques différents, les nouvelles invitent leurs lecteurs à partager cette perception du présent.

Les termes qui me viennent à l’esprit sont : révolte (telle que la révolte des gueux), querelle religieuse, entrée solennelle. J’ai notamment en tête le livret de l’entrée de Charles Quint à Bruges en 1515 et ses nombreuses et fabuleuses gravures…

Mon “utopie de recherche” serait de réaliser une base de données en ligne, accessible à tous, sur les nouvelles imprimées, avec transcription des textes et édition critique, afin de faciliter l’accès et l’étude de ces sources patrimoniales de première importance. Si non seulement le financement mais aussi le temps dédié est lui aussi illimité, dans ce cas, allons-y, passons à l’échelle européenne, mais ce serait là un projet indéniablement gargantuesque !

Conference : Shakespeare’s ‘Now’ : Language, Structure and Power (Margaret Tudeau Clayton)

In the framework of the expert meetings of our project, Margaret Tudeau Clayton (Université de Neuchâtel) will hold a conference at the University of Lausanne on June 18th, entitled: “Shakespeare’s ‘Now’: Language, Structure, Power”.

TIME AND PLACE

Wednesday 18.06: 12h15 – 14h

University of Lausanne, Bâtiment Anthropole, salle 3021

DESCRIPTION

This conference will demonstrate how the word ‘now’ is a polyvalent linguistic tool for Shakespeare who, like fellow dramatists, uses it in early plays to structure the dramatic design as well as to characterise relations between characters, especially power relations, while in later plays he uses it rather for its expressive value.

Conférence inaugurale : “Le temps de la Peste”, Étienne Anheim

Réinventer le présent dans les sociétés méditerranéennes au milieu du XIVe siècle

Dans le cadre de notre colloque d’ouverture, Etienne Anheim (EHESS, Paris) donnera une conférence intitulée : “Le temps de la Peste : réinventer le présent dans les sociétés méditerranéennes au milieu du XIVe siècle

HORAIRE & LIEU

Jeudi 15 mai : 18:00–19:00

Université de Lausanne, Bâtiment Antropole, auditoire 2064

DESCRIPTIF

A partir de 1347, l’Italie et la Provence, comme bientôt l’ensemble du continent, sont frappées par la peste noire, une épidémie d’une violence inouïe qui tue en quelques années entre le tiers et la moitié de la population européenne. Cette catastrophe a laissé des traces souvent complexes à interpréter dans les archives, les textes littéraires, l’archéologie ou l’iconographie. En effet, il est rare que la peste soit décrite, représentée ou commentée directement. En revanche, le surgissement de la maladie et son retour, dès 1361, suscitent une série de transformations profondes des sociétés méditerranéennes, dont le présent a été radicalement bouleversé. C’est ce bouleversement dans l’ordre du temps qui sera au coeur de notre propos. A partir d’exemples littéraires célèbres, comme Boccace ou Pétrarque, mais aussi de la peinture produite durant ces décennies ou de sources d’archives comme les testaments, on cherchera à saisir comment cette rupture de l’épidémie a redéfini la temporalité même de ces sociétés, ses rapports avec le passé et le futur et la redéfinition d’un nouveau présent, celui d’une forme de modernité nourrie par l’une des plus grandes crises de l’histoire de l’humanité.

Colloque : Fragments de présents passés : les imprimés éphémères à l’honneur à Genève

Du 10 au 11 avril 2025 se tiendra à l’Université de Genève le deuxième congrès international «La longue vie des imprimés éphémères»

DESCRIPTIF

Genève, ville importante pour l’histoire de l’imprimerie européenne, est également le lieu de conservation de plusieurs collections de feuillets francophones et anglophones, de pliegos de cordel espagnols et d’imprimés brésiliens. Ce congrès se propose de faire connaître la richesse de ces fonds, de faire le point sur la recherche actuelle sur la question des imprimés éphémères (aussi qualifiés d’imprimés bon marché, de large circulation, etc.) et d’aborder cette production sous un angle transnational avec un spectre chronologique large, allant du XVe au XXIe siècle.

Les axes de recherche qui ont été retenus pour cette rencontre interdisciplinaire sont les suivants :

1) Le rôle de l’image

2) Propagande et censure 

3) L’actualité de la recherche

PROGRAMME

Cette manifestation, organisée par Constance Carta (Université de Genève), Thalia Brero (Université de Neuchâtel) et Cristina R. Martínez Torres (Université de Genève), prendra place à l’Espace Colladon, Rue Jean-Daniel-Colladon 2, 1204 Genève.

Consulter le programme

Deux membres de l’équipe du projet Capturing the Present y présenteront leur recherche : Alexandre Goderniaux et Marie Verbiest.