Pour la deuxième année consécutive, le Consortium Canevas collabore avec le Master “Écosystèmes médiatiques et transition numérique” de l’Institut Catholique de Paris pour organiser le séminaire : “Enjeux sociaux , mutations et pouvoirs de la vidéo”.
Séminaire hybride à l’ICP (74, rue de Vaugirard 75006 Paris) ou en ligne (liens en-dessous)
Voici le programme des 3 premières séances du séminaire :
• Séance 1, le 26/09, de 15h à 18h – Anna Tible : La diversité, un enjeu de renouvellement des programmes pour les professionnel·les de télévision ?
• Séance 2, le 17/10, de 14h à 17h – Virginie Piot : Travailler avec les images auprès de publics adolescents : apports et enjeux de la sémiotique sociale en contexte scolaire.
• Séance 3, le 14/11, de 14 à 17h – Quentin Gilliotte et Raphaël Lupovici :
– Saisir l’informalisation du traitement de l’actualité politique : croisements méthodologiques entre enquêtes qualitatives et analyses computationnelles.
– La dénonciation en ligne des médias dominants. Le mouvement des Gilets jaunes face à sa couverture médiatique.
Programme détaillé :
Séance 1 : 26/09, de 15h à 18h
La diversité, un enjeu de renouvellement des programmes pour les professionnel·les de télévision ?
Anna Tible
Anna Tible est maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8, et membre du CEMTI. Elle travaille sur l’histoire des professions de l’audiovisuel, en particulier sur l’évolution des pratiques et des outils d’archivage et de création audiovisuelle à base d’archives, mais aussi sur les enjeux autour de la division du travail et des rapports de genre entre professionnel·les.
Cette communication est issue d’une recherche sur la « diversité » dans les programmes télévisés, menée collectivement avec Maxime Cervulle et Sarah Lécossais, en collaboration avec France Télévisions, de novembre 2023 à novembre 2024. Elle présentera le volet de cette recherche sur les perceptions de la « diversité » dans les programmes de France Télévisions, qui a été menée à travers une enquête sociologique auprès des téléspectateur·ices. Cette communication interrogera comment leur réception différenciée des programmes, à travers le prisme de la « diversité », peuvent être prises en compte par les professionnel·les de l’audiovisuel. Elle présentera la méthodologie de l’enquête sociologique, ses principales limites et ses principaux résultats, et les premières pistes qui se dégagent pour les professionnel·les, pour répondre aux multiples attentes à l’égard de la « diversité » de la part des publics.
Repères bibliographiques :
• Aubert A. (2007), « D’une prise de parole dans les médias à une prise de pouvoir sur les médias ? Les courriers au médiateur de la rédaction de France 2 », Questions de communication, Éditions de l’Université de Lorraine, n° 12.
• Aubert A. (2009), La société civile et ses médias. Quand le public prend la parole, Le Bord de l’Eau.
• Cervulle M. (2021 [2013]), Dans le blanc des yeux : diversité, racisme et médias, Paris : Éditions Amsterdam. • Cervulle M. et Lécossais S. (2022), Cinégalités : qui peuple le cinéma français ?, rapport remis au Collectif 50/50.
• Chalvon-Demersay S & Pasquier D., Drôles de stars : la télévision des animateurs, Paris, Aubier, 1990.
• Doytcheva M. (2018), « Diversité et ‘‘super-diversité’’ dans les arènes académiques : pour une approche critique », Sociétés plurielles, n° 2, p. 1-29. • Hall S. (2017), Identités et cultures : politiques des Cultural Studies (2007), édition établie par M. Cervulle, Éditions Amsterdam.
• Honneth A. (2004), « La théorie de la reconnaissance : une esquisse », Revue du MAUSS, La Découverte, n° 23.• Macé É. (2009), « Mesurer les effets de l’ethnoracialisation dans les programmes de télévision : limites et apports de l’approche quantitative de la ‘‘diversité’’ », Réseaux, La Découverte, 2009, n° 157-158.
• Mehl D. (1994), « La télévision compassionnelle », Réseaux, La Découverte, 1994, n° 63. • Seurrat A. (2010), « Déconstruire les stéréotypes pour ‘‘lutter contre les discriminations’’ ? Le cas de dispositifs de ‘‘lutte contre les discriminations’’ et de ‘‘promotion de la diversité’’ dans les médias », Communication & langages, PUF, n° 165.
Où ?
ICP (74 rue de Vaugirard, 75006 Paris) – salle B20. Demander un laissez-passer pour entrer sur le campus en écrivant à [email protected]
LIEN DE LA RÉUNION
Séance 2 : le 17/10, de 14h à 17h
Travailler avec les images auprès de publics adolescents : apports et enjeux de la sémiotique sociale en contexte scolaire.
Virginie Piot
Virginie Piot est doctorante en Sciences de l’information et de la communication au laboratoire CEMTI à l’université Paris 8. Ses recherches s’articulent autour de trois axes : l’éducation critique aux médias, la construction des représentations genrées chez les adolescents ainsi que les plateformes et les réseaux socionumériques comme espaces de socialisation juvénile. Elle déploie une méthodologie en sémiotique sociale (Saemmer, Tréhondart & Coquelin, 2022) en contexte scolaire et hors scolaire afin de renforcer la réflexivité autour des productions médiatiques (photographies, trailers de film, applications) et des processus interprétatifs face à ces productions. Elle s’intéresse également aux liens entre créativité, compétences émotionnelles et éducation aux médias et à l’information. Elle a participé au projet Interpréter les images chocs en temps de crise sanitaire (2020-2022), porté par Nolwenn Tréhondart (CREM). Depuis 2023, elle fait partie du projet GTNum FeelNum, porté par Laurence Corroy (CREM), Sophie Jehel (CEMTI), Alexandra Saemmer (CEMTI) et Nolwenn Tréhondart (CREM).
Repères bibliographiques :
• Appiotti, S., Benjamaa, G., Coquelin, L., Péquignot, A., Piot, V., Saemmer, A., Tréhondart, N. (2025). Le terrain, au cœur de la sémiotique sociale. Dans A. Saemmer, N. Tréhondart, S. Appiotti (Dirs.), Sémiotique de terrain. Faire dialoguer les méthodes de recherche sur le sens (pp. 339-375). Éditions Académia.
• Appiotti, S., & Müller, S. (2023). « Manipuler » et co-interpréter les images choc : Vers une sémio-poïétique sociale ? Semen. Revue de sémio-linguistique des textes et discours, 53, Article 53. https://doi.org/10.4000/semen.18959
• Corroy, L. (2020). La créativité en éducation critique aux médias : Un défi pour l’école. Dans S. Jehel & A. Saemmer (Éds.), Éducation critique aux médias et à l’information en contexte numérique (p. 189‑196). Enssib.
• Frau-Meigs, D. (2019). Créativité, éducation aux médias et à l’information, translittératie : Vers des humanités numériques. Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, 98, Article 98. https://doi.org/10.4000/quaderni.1482
• Mahmoudi, K. (2020). Esprit critique et pouvoir d’agir. Vers le développement d’une « attitude critique » ? Spirale – Revue de recherches en éducation, 66(3), 51‑63. https://doi.org/10.3917/spir.066.0051 • Saemmer, A., Tréhondart, N., & Coquelin, L. (2022). Sur quoi se fondent nos interprétations ? Introduction à la sémiotique sociale appliquée aux images d’actualité, séries télé et sites web de médias. Presses de l’Enssib.
Où ?
ICP (74 rue de Vaugirard, 86006 Paris) – salle B20. Demander un laissez-passer pour entrer sur le campus en écrivant à [email protected]
LIEN DE LA RÉUNION
Séance 3 : le 14/11, de 14h à 17h
Première intervention :
Saisir l’informalisation du traitement de l’actualité politique : croisements méthodologiques entre enquêtes qualitatives et analyses computationnelles
Quentin Gilliotte :
Quentin Gilliotte est Professeur Junior à l’Université Panthéon-Assas. Après une thèse portant sur les transformations de l’expérience des biens culturels en régime numérique, ses travaux actuels portent sur l’analyse de la production et de la consommation sur les plateformes numériques, qu’il s’agisse du traitement de l’actualité politique, de l’ésotérisme ou des contenus de vulgarisation.
Résumé de l’intervention :
Cette intervention propose de réfléchir aux enjeux méthodologiques et épistémologiques liés à l’analyse des vidéos en ligne, en mobilisant la notion d’informalisation (Wouters, 2019) pour penser les transformations contemporaines du traitement audiovisuel de l’actualité politique. Dans un premier temps, je reviendrai sur une enquête qualitative consacrée à un corpus de vidéos produites par des youtubeurs lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2023 (Dufour & Gilliotte, 2024). À partir d’une analyse de discours menée sur plusd’une cinquantaine de vidéos, il s’agit de montrer comment les créateurs se sont saisis de l’événement en hybridant information, mobilisation et humour. L’article met en évidence les logiques d’appariement entre : (1) des positionnements politiques, (2) des trajectoires professionnelles, (3) des modèles économiques dans la mise en format de l’analyse faite par ces créateurs. Dans un second temps, je présenterai les débuts du projet ANR STREAMédia (2025-2028), qui prolonge ces interrogations en proposant une approche croisée entre sciences sociales et informatique. STREAMédia vise à développer une plateforme de caractérisation multimodale (métadonnées, audio, vidéo, transcription) appliquée à deux corpus : des émissions télévisées et des contenus numériques (notamment YouTube). L’objectif est d’interroger l’informalisation des formes audiovisuelles dans une perspective diachronique (évolutions sur le temps long) et synchronique (comparaisons entre médias traditionnels et plateformes numériques). Ce cadrage permettra d’ouvrir la discussion sur les méthodes combinant enquêtes qualitatives, traitements computationnels de grands corpus et enjeux de comparabilité entre corpus médiatiques.
Repères bibliographiques :
• Dufour, Swan, et Quentin Gilliotte. 2024. « Le YouTube contestataire. Saisir l’informalisation par les vidéos de « décryptage » de la réforme des retraites. » Questions de communication (46).
• Gilliotte, Quentin. 2024. « Identifier et cartographier les producteurs d’analyses politiques sur YouTube ». RESET. Recherches en sciences sociales sur Internet (13).
• Gilliotte, Quentin, et Dominique Pasquier. 2024. « Travailler à sa chaîne. Les vidéastes des plateformes face à leurs sources de revenus ». Réseaux 246247(4‑5):89‑126.
• Leroux, Pierre, et Philippe Riutort. 2013. « Intégrer les politiques aux divertissements. Résistances, coopération et concessions de l’univers politique ». Questions de communication 24(2):19‑35.
• Wouters, Cas. 2019. « Informalisation, Functional Democratisation, and Globalisation ». P. 117‑60 in Civilisation and Informalisation: Connecting Long-Term Social and Psychic Processes, édité par C. Wouters et M. Dunning. Cham: Springer International Publishing.
Seconde intervention :
La dénonciation en ligne des médias dominants. Le mouvement des Gilets jaunes face à sa couverture médiatique.
Raphaël Lupovici :
Raphaël Lupovici est docteur en sciences de l’information et de la communication. Il a soutenu en thèse sur la critique des médias par le mouvement des Gilets jaunes et est chercheur associé à l’IRMECCEN (Université Sorbonne Nouvelle) et au CARISM (Université Paris-Panthéon-Assas). Ses recherches portent sur la sociologie des médias, des mouvements sociaux et du numérique.
Repères bibliographiques :
• Lecha Mélanie et Lupovici Raphaël, « Les pratiques numériques des mouvements sociaux, entre autonomie communicationnelle et dépendance institutionnelle », Revuepolitique et parlementaire, 2025, no 1113, p. 26‑31.
• Lupovici Raphaël, « Du témoignage en ligne à la formation d’un contre-public. Le mouvement des Gilets jaunes et sa critique des médias », Réseaux, 2025, vol. 3, no 251, p. 265‑299.
• Lupovici Raphaël, « Les médias, terrain et objet de lutte pour les Gilets jaunes » dans Quentin Ravelli, Johanna Siméant-Germanos, Loïc Bonin et Pauline Liochon (eds.), Les Gilets jaunes. Une révolte inclassable, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2024, p. 197‑207.
• Lupovici Raphaël, « L’information transnationale des “Convois de la liberté” canadiens dans l’espace numérique des Gilets jaunes », Sur le journalisme, 2023, vol. 12, no 1, p. 178‑193.
• Lupovici Raphaël, « La médiacritique en vidéo. La réception du travail des vidéastes engagés » dans Yvette Assilaméhou-Kunz et Franck Rebillard (eds.), La machine YouTube. Contradictions d’une plateforme d’expression, Caen, C&F éditions, 2022, p. 163‑183.
Où ?
ICP (74 rue de Vaugirard, 75006 Paris) – salle B20. Demander un laissez-passer pour entrer sur le campus en écrivant à [email protected]
LIEN DE LA RÉUNION
Chaque séance de ce séminaire aura pour objet d’étudier les mutations du medium audiovisuel dans des contextes différents – les médias traditionnels ou numériques – et pour des usage multiples, qu’ils soient militants ou éducatifs, par exemple.
Michaël Bourgatte et Anatole Grimaldi, co-organisateur de ce séminaire, remercient l’ensemble des intervenant·es pour leur participation.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Anatole Grimaldi (17 septembre 2025). Séminaire ICP/Canevas – 1er semestre 2025/2026. Consortium Huma-Num CANEVAS. Consulté le 7 mai 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14oiu
