AccueilL’analyse appareillée en études cinématographiques et des médias : pratiques et prospectives
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Résumé

Le colloque L’analyse appareillée en études cinématographiques et audiovisuelles : pratiques et prospectives constituera, du 17 au 19 mars 2027 à Marseille, le prolongement du symposium L’analyse cinématographique et audiovisuelle, d’hier à aujourd’hui qui s’est tenu à l’université de Montpellier Paul-Valéry en juin 2025 dans le cadre des activités du Projet de Recherche Collaborative ANR NUMALYSE. Le PRC NUMALYSE vise 1/ à ouvrir le champ d’une réflexion historique et épistémologique sur l’analyse filmique et audiovisuelle telle qu’appareillée et outillée ; 2/ à proposer le développement et la mise en œuvre de solutions logicielles pour l’analyse et le visionnement analytique ; 3/ à encourager la création et la promotion d’ » œuvres critiques » (essais vidéo, installations audiovisuelles, environnements immersifs) comme autant de moyens alternatifs d’expérimenter un rapport analytique aux œuvres filmiques.

Annonce

L’analyse appareillée en études cinématographiques et des médias : pratiques et prospectives - 17 au 19 mars 2027 à Aix-Marseille Université (Marseille)

Argumentaire

Le colloque L’analyse appareillée en études cinématographiques et audiovisuelles : pratiques et prospectives constituera le prolongement du symposium L’analyse cinématographique et audiovisuelle, d’hier à aujourd’hui qui s’est tenu à l’université de Montpellier Paul-Valéry en juin 2025 dans le cadre des activités du Projet de Recherche Collaborative ANR NUMALYSE. Le PRC NUMALYSE vise 1/ à ouvrir le champ d’une réflexion historique et épistémologique sur l’analyse filmique et audiovisuelle telle qu’appareillée et outillée ; 2/ à proposer le développement et la mise en œuvre de solutions logicielles pour l’analyse et le visionnement analytique ; 3/ à encourager la création et la promotion d’ » œuvres critiques » (essais vidéo, installations audiovisuelles, environnements immersifs) comme autant de moyens alternatifs d’expérimenter un rapport analytique aux œuvres filmiques.

Le symposium de Montpellier s’est donné comme projet de tirer enseignement de l’histoire d’une pratique de l’analyse de film puis audiovisuelle déterminée par les évolutions des Sciences humaines et sociales et des Sciences de l’art mais aussi par les évolutions technologiques des moyens de production et d’accès aux œuvres filmiques et audiovisuelles. Le colloque de Marseille vise, quant à lui, à dresser un panorama de l’ensemble des pratiques actuelles, allant des pratiques professionnelles de l’analyse filmique et audiovisuelle jusqu’aux pratiques amateures du visionnement analytique, théorisées ou non, tout autant qu’à penser les prospectives quant aux devenirs de ces pratiques dans un environnement numérique désormais en voie d’intégration des outils de l’intelligence artificielle.

La pratique de ce que l’on a initialement nommé « l’analyse de film », et qui a ensuite concerné d’autres objets audiovisuels, est conditionnée par les moyens techniques de visionnement qui nous ont fait successivement passer d’un « âge du film » marqué par un accès aux œuvres sur « pellicule » (sur table de montage ou via un projecteur) à une période vidéographique marquée par l’emploi de « cassettes » (VHS ou autres), puis à une ère numérique où se combinent l’emploi, désormais plus rarement, de supports physiques, de « disques », et de « fichiers » informatiques. La pratique de l’analyse comme de ce que l’on pourrait nommer, plus largement, le visionnement analytique, s’est ainsi « démocratisée », d’abord avec la diffusion des magnétoscopes au sein notamment des établissements éducatifs durant les années 1990, puis avec l’apparition des supports numériques physiques (DVD, Blu-ray) au début des années 2000 et enfin, plus récemment, avec la dématérialisation des usages numériques et la démultiplication corrélative des lecteurs multimédia (players), qui se déclinent sous forme aussi bien de logiciels installés en « local » sur nos ordinateurs (VLC, Quicktime, etc.) ou d’interfaces implémentées directement dans les offres en ligne (lecteurs intégrés aux « drives », aux plateformes de visionnement en ligne...).

Les possibilités d’expérimenter un visionnement analytique comme d’exercer une pratique analytique ont toujours été conditionnées par des fonctionnalités techniques (par exemple l’accès à l’arrêt sur image ou au retour en arrière à partir des VHS). De nos jours, les ergonomies de ces « lecteurs » ou players évoluent régulièrement dont une enquête, menée dans le cadre de NUMALYSE et présentée lors du symposium de Montpellier, a confirmé l’usage dominant au sein des communautés éducatives et scientifiques. Par ailleurs, et en particulier au sein des pratiques de recherche et éducatives, mais aussi dans certains autres usages professionnels ou de loisir, l’utilisation de lecteurs dématérialisés ou de lecteurs physiques s’inscrit au sein d’environnements plus larges qui comprennent l’utilisation d’autres outils, notamment numériques (tels les logiciels de traitement de texte, de visionnement de document, de diaporama, de montage, voire de segmentation et d’annotation…).

Du côté des modalités de présentation des travaux analytiques, outre l’emploi privilégié de certains des types de logiciels susnommés dans des contextes spécifiques (enseignement, évènements scientifiques), on peut également noter une évolution cumulative des pratiques, là encore conditionnée par les évolutions technologiques. En particulier, si l’analyse filmique s’est dès l’origine pratiquée in praesentia dans les contextes cinéphilique puis éducatif, articulant diffusion d’extraits et commentaires oraux, ou sous la forme de textes publiés accompagnés ou non d’illustrations (photogrammes, photos de tournage, etc.), elle se double désormais d’une pratique de plus en plus courante de réalisation d’essais vidéo (video essays) dont la production et la diffusion a été facilitée par la démocratisation de l’accès à des logiciels de montage comme à des plateformes de diffusion ou encore à des solutions d’enregistrement des « bureaux » de nos ordinateurs (desktop documentary).

On le voit : les possibilités d’accéder aux pratiques du visionnement analytique se sont largement déployées au fil des époques. Et pourtant, les outils logiciels spécifiquement dédiés développés depuis le début des années 2000 (Ligne de temps, Advene, Celluloid...) ont consisté essentiellement en logiciels de segmentation et d’annotation qui ne couvrent pas tous les usages, et ce alors même que les lecteurs vidéo d’usage courant ne proposent que peu de fonctionnalités adaptées au visionnement analytique (raison pour laquelle l’ANR NUMALYSE développe son propre super-lecteur vidéo dédié (Numalyse Player). On peut suspecter que le développement de nouvelles interfaces et fonctionnalités pourrait participer à orienter les nouvelles pratiques de l’analyse filmique, à conforter certaines pratiques émergentes voire à ouvrir le champ à de nouvelles pratiques.

Du côté des modalités de présentation, les essais vidéo et autres documentaires « de bureau » constituent une forme de proposition parmi d’autres possibles. Popularisés sur des plateformes comme YouTube, ces formats reposent souvent sur un montage commenté mêlant extraits, voix off et captures d’écran. Des créateurs comme Kevin B. Lee ont contribué à légitimer cette pratique comme forme critique à part entière. Cependant, d’autres dispositifs élargissent cette approche en sortant du cadre linéaire de la vidéo : les installations multicanales permettent une analyse spatialisée où plusieurs écrans dialoguent simultanément ; les environnements immersifs, souvent conçus avec des moteurs comme Unity, plongent le spectateur dans une exploration active des images et des sons. Par ailleurs, la reconstitution infographique permet de recréer des scènes ou des dispositifs filmiques pour en analyser la mise en scène de manière interactive, et ces approches offrent une expérience plus sensorielle et participative que les essais vidéo traditionnels.
Elles transforment la présentation de l’analyse en la rapprochant d’une pratique artistique ou muséale.
Ainsi, l’analyse audiovisuelle ne se limite plus à un format unique, mais devient un champ d’expérimentations multiples et complémentaires.

Enfin, l’irruption de l’intelligence artificielle vient également offrir de nouvelles perspectives dans le cadre des pratiques analytiques. D’abord, en ce qu’elle permet une nouvelle automatisation de l’analyse des images et des sons avec des outils statistiques et combinatoires capables de détecter scènes, objets, motifs ou formules visuelles image par image. Par ailleurs, certains logiciels (VIAN) offrent des fonctionnalités d’annotation fine (segmentation temporelle, analyse esthétique), facilitant une étude scientifique des films. D’autres programmes proposent de combiner image, audio et texte pour une autre compréhension de la narration ou des arcs émotionnel (Vionlabs). Du côté du visionnage, des applications comme WatchNow AI personnalisent les recommandations en fonction des goûts du spectateur, tandis que d’autres outils (VidScio) permettent d’identifier un film ou un extrait de film à partir d’une simple description ou d’une image grâce à l’analyse multimodale. Dans la création et l’analyse professionnelle, des logiciels comme BackFilm automatisent le découpage de scénarios en identifiant personnages et éléments techniques. Toutes ces innovations modifient le rapport du spectateur à l’œuvre, en rendant l’analyse plus rapide, plus accessible et souvent plus quantitative, et participent également d’une mutation de la sociologie des publics voire de l’expérience même de la perception : toute perception est appareillée (les yeux sont les premiers outils de la vision) et l’intelligence artificielle promet – et a déjà commencé – de redéfinir en profondeur la manière de voir, de comprendre et d’interpréter les images et les sons.

Format des propositions

Les communications – étude de cas réflexives, descriptions théorisées de gestes analytiques, d’instrumentations techniques spécifiques liés à des types de corpus ou d’orientation méthodologique... – pourront s’inscrire dans l’un des deux axes indiqués ci-dessus, tout en s’articulant à des choix d’objets explicites en termes de « support » (film, programme audiovisuel...), de catégorie (documentaire, animation, clip-vidéo…), de format (court-métrage, série…), de dispositif (œuvres télévisuelles, muséales…).

Modalités de soumission

Les propositions de communication (sur une page : titre, résumé de 300 mots env. + notice bio-bibliographique de 150 mots max.) sont à adresser conjointement aux deux co-organisateurs,

avant le 27 septembre 2026.

Les réponses seront données après avis du comité scientifique, à partir du 6 novembre 2026. La manifestation donnera lieu à publication.

Nous encourageons l’expérimentation du Numalyse Player disponible ici : https ://numalyse.github.io/fr/index.html

Co-organisateurs

Lieux

  • Bâtiment Turbulence - AMU - Saint-Charles - 3 place Victor Hugo
    Marseille, France (13000)

Format de l'événement

Événement hybride sur site et en ligne


Mots-clés

  • analyse audiovisuelle, cinéma, numérique, médias

Contacts

  • Loig LE BIHAN
    courriel : loig [dot] le-bihan [at] univ-montp3 [dot] fr
  • JEAN MICHEL DURAFOUR
    courriel : jean-michel [dot] durafour [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« L’analyse appareillée en études cinématographiques et des médias : pratiques et prospectives », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 17 juillet 2026, https://doi.org/10.58079/16laf

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