Appel à contributionPensée
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Lectures de Simone Weil
Rencontre des jeunes chercheuses et chercheurs en études weiliennes
Résumé
Cette journée d’étude veut permettre aux jeunes chercheuses et chercheurs qui travaillent sur Simone Weil de se rencontrer et de présenter leurs travaux, dans une perspective originale. Elle invite chacun·e à relever le défi de présenter, plutôt que son sujet de thèse, une lecture singulière de Simone Weil. Que lisait la philosophe ? Qui l’a lue, la lit encore ? Que nous révèle ces dialogues, ces réceptions, voire ces récupérations d'une œuvre riche et parfois fragmentaire ?
Annonce
UR 4378 – Théologie Protestante, Université de Strasbourg, 2 avril 2027
Argumentaire
Peu avant sa mort, Simone Weil écrit à ses parents qu’elle dispose d’« un dépôt d’or pur qui est à transmettre […] un bloc massif1 » qu’elle ne peut pas « distribuer par petits morceaux2 ». Ce dépôt, qui s’est accumulée à l’occasion d’une vie tumultueuse, riche en engagements, à certains égards démesurée et paradoxale, a donné lieu à une œuvre variée et inachevée, sous la forme d’écrits (articles, correspondance, essais) reflétant ce parcours mouvementé. C’est que Weil a vécu à travers tous les remous du premier vingtième siècle, entre mutations du capitalisme, totalitarismes et colonisation, et a fait l’expérience de la condition ouvrière comme de la guerre, aux côtés des républicains espagnols comme à ceux de la Résistance gaulliste en Angleterre. La variété de ces épreuves rend cette trajectoire de vie au premier abord étonnante : pacifiste et impliquée dans de nombreux conflits, juive agnostique convertie au christianisme, militante d’extrême-gauche théorisant le concept d’enracinement, Weil ne facilite pas la lecture de son héritage.
Que lisait Simone Weil ? Qui l'a lue, la lit aujourd'hui ? Cette journée d’étude tentera de mesurer la réception de ce dépôt transmis à la postérité. Son œuvre, largement posthume, est constituée en même temps qu’elle est léguée par des figures comme Albert Camus3 ou Gustave Thibon4. Bénéficiant d’une nouvelle attention depuis le centenaire de la naissance de son autrice, elle est devenue un classique de la philosophie européenne, lu et commenté au-delà des frontières françaises.5 La philosophe elle-même a été diversement reçue, que ce soit par la pensée catholique ou par les intellectuels ouvriers, et, aujourd’hui, par les théories féministes6 ou par les études de genre7. Face aux tentatives de récupération dont elle a pu faire l’objet, nous tenterons de restituer la complexité de cette figure, en l’éclairant notamment par ses propres lectures et inspirations. Dans cette perspective, nous proposons quatre axes de recherche :
- les différentes réceptions de Simone Weil en fonction des pays (Weil en Espagne, en Allemagne, en Angleterre …) ou des milieux (Weil et les protestants, les communistes, le judaïsme …). Il s’agira à la fois de se demander comment Weil est reçue dans ces divers contextes, mais aussi quelles impressions elle a pu émettre à leur égard, notamment dans ses récits de voyage et ses articles politiques8.
- ses relations avec les figures intellectuelles et militantes de son époque, puisque la pensée de Weil, adepte de la correspondance, se construit en relation. Il sera notamment intéressant de se pencher sur son rapport à Alain, Gustave Thibon, Joë Bousquet ou encore Boris Souvarine.
- les aspects méconnus de la pensée weilienne. Comment la philosophe, visiblement touche à tout, s’est-elle emparée de sujets que la critique universitaire a généralement délaissés ? On se penchera avec profit sur sa lecture de « l'inspiration occitanienne », de la poésie et du théâtre, de l’anti-colonialisme ...
- l’utilisation, voire l’instrumentalisation, de la figure de Simone Weil. Comment une penseuse d’extrême-gauche s’est-elle trouvée revendiquée par les droites les plus réactionnaires ? Convertie de la dernière heure, aux opinions théologiques hétérodoxes, Simone Weil peut-elle être considérée comme une théologienne catholique ?
À chaque fois, nous nous demanderons aussi si, à travers l’angle spécifique du sujet choisi, la pensée de Simone Weil peut s’inscrire dans le champ de la théologie.9 Est-elle perçue comme telle par ses interlocuteurs ? dans le milieu ou le cadre national qui la reçoit ? Sa parole sur un sujet donné porte-t-elle une profondeur théologique, ou faut-il restreindre cette qualité à ses œuvres mystiques ?
Cette Journée d’Études se veut pluridisciplinaire, accueillant les contributions venues de la théologie, de la philosophie, de la littérature comme de l’histoire des idées. Elle s’adresse aux jeunes chercheurs et chercheuses, notamment aux doctorant·e·s, désireuse de leur offrir un espace de rencontre et de présentation de leur travail.
Modalités de contribution
Types et formats des communications :
Chaque intervenant·e disposera de 20 à 30 minutes d’exposé oral, à confirmer en fonction du nombre d’interventions. Il y aura ensuite une plage de discussion conséquente pour chaque axe.
Modalités de soumission des propositions de communication :
- Les propositions ne devront dépasser 500 mots, et seront accompagnées d’une brève notice biobibliographique. Merci d'indiquer le ou les axes où s'inscrit la communication. Le document, au format pdf, est à adresser conjointement à : [email protected] ; [email protected] ; [email protected]
- Date ultime d’envoi des communications : 01/09/2026
- Confimation de participation : 08/09/2026
Comité d’organisation
- Valentin Guergueb – Université de Strasbourg, Università di Padova, Università Ca’Foscari Venezia
- Julien Lagalle – Université de Caen Normandie – Université de Bordeaux
- Farès Oujibou – Université de Strasbourg
Notes
1 S. Weil, Œuvres complètes, tome VII, Correspondance, volume 1, Correspondance familiale, dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 2012, p. 296
2 Id.
3 Sur Simone Weil et Camus, cf. Cahiers Simone Weil, Paris, Association pour l’étude de la pensée de Simone Weil, 1978, t. XXIX.
4 Le cas de La Pesanteur et la Grâce, en particulier, a reçu une grande attention. On considère aujourd’hui qu’il s’agit d’une œuvre de Thibon presque autant que de Weil. Cf. Id., t. XXVIII, n° 3, « La pesanteur et la grâce, une œuvre de Simone Weil ? ».
5 Cf. Id., t. XXVII, n° 3-4 sur sa réception en Italie, Id., t. XXVII, n° 4 sur celle qui a eu lieu au Japon, Id., t. XXVIII, n° 1 sur le Brésil, et n° 2 sur les pays germaniques.
6 Cf. par exemple S. Bourgault, « Beyond the Saint and the Red Virgin: Simone Weil as Feminist Theorist of Care », Frontiers: A Journal of Women Studies, vol. 35, no 2, University of Nebraska Press, 2014, p. 1-27.
7 Rappelons que Simone Weil se genrait régulièrement au masculin, adoptait des pseudonymes d’homme et exaltait les vertus viriles, tout en promouvant la passivité et l’attente de l’âme dans la relation à Dieu, dans une attitude associée à la féminité.
8 Sur la réception politique contemporaine de Simone Weil et la manière dont sa lecture en enrichit le champ philosophique, cf. par exemple V. Gérard, Simone Weil : lectures politiques, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2011.
9 Sur les récents travaux portant sur la portée théologie de l’œuvre de Weil, cf. E. Gabellieri, Être et grâce. Simone Weil et le christianisme, Paris, Les Éditions du Cerf, 2023.
Lieux
- Palais Universitaire
Strasbourg, France (67)
Format de l'événement
Événement uniquement sur site
Mots-clés
- simone weil
Contacts
- Valentin Guergueb
courriel : vguergueb [at] unistra [dot] fr - Julien Lagalle
courriel : lagalle231 [at] unicaen [dot] fr - Farès Oujibou
courriel : fares [dot] oujibou [at] etu [dot] unistra [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0.
Pour citer cette annonce
Julien Lagalle, Valentin Guergueb, Farès Oujibou, « Lectures de Simone Weil », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 juillet 2026, https://doi.org/10.58079/16j1r
Auteur(s) / autrice(s)
Julien Lagalle
Valentin Guergueb
Farès Oujibou
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