L’amazighité. De la reconnaissance constitutionnelle à la mise en œuvre institutionnelle
Lectures croisées sur le parcours, la production, l'organisation et la gestion
Publié le mardi 05 mai 2026
Résumé
La problématique de ce congrès, dans un contexte organisationnel renouvelé, vise à déconstruire les lectures traditionnelles pour poser une question centrale : dans quelle mesure l’arsenal juridique actuel (Constitution de 2011 et lois organiques) peut-il résister aux résistances idéologiques, à la lenteur bureaucratique et aux carences de gestion ? Comment faire passer l’amazighité du statut de « droit reconnu » à celui de priorité démocratique et de force agissante dans la décision politique, la gestion institutionnelle, la production de richesse et le développement territorial ?
Annonce
Argumentaire
La question de l’amazighité au Maroc constitue l’un des chantiers de réforme majeurs engagés par l’État dès l’aube du troisième millénaire. Ces chantiers, au-delà de leur importance intrinsèque, ne sauraient se réduire à la seule restitution de droits culturels et linguistiques ; ils s’érigent en piliers fondamentaux de l’édification d’un État national, démocratique et moderne.
C’est pourquoi la tenue de ce congrès s’inscrit dans une conjoncture charnière, exigeant une halte analytique et critique afin de retracer la mémoire et le parcours, d’évaluer la production et la gouvernance, et d’esquisser les perspectives d’action futures.
Le Maroc entame la troisième décennie du millénaire fort de cumuls constitutionnels et institutionnels significatifs concernant le dossier amazigh. Toutefois, ce processus, malgré son officialisation, se heurte désormais à ce que l’on pourrait qualifier de « crise de transition institutionnelle ». En effet, après l’effort académique consenti et la mise en place du cadre légal régissant son caractère officiel, l’amazighité ne peut plus être considérée comme une simple langue à aménager ou un patrimoine à valoriser. Elle est devenue un véritable laboratoire pour mesurer le sérieux des politiques publiques et la réalité de la transition démocratique au Maroc.
La problématique de ce congrès, dans un contexte organisationnel renouvelé, vise à déconstruire les lectures traditionnelles pour poser une question centrale : dans quelle mesure l’arsenal juridique actuel (Constitution de 2011 et lois organiques) peut-il résister aux résistances idéologiques, à la lenteur bureaucratique et aux carences de gestion ? Comment faire passer l’amazighité du statut de « droit reconnu » à celui de priorité démocratique et de force agissante dans la décision politique, la gestion institutionnelle, la production de richesse et le développement territorial ?
Le passage du discours d’intention et de réconciliation à la pratique institutionnelle se heurte à une déperdition manifeste de la gouvernance. L’enjeu ne réside plus uniquement dans les textes, mais dans la « doctrine » de l’administration marocaine, des partis politiques et de certains courants. Comment démanteler les structures mentales qui relèguent encore l’amazighité au rang secondaire ? Comment instaurer une gouvernance linguistique et culturelle, ainsi qu’une appropriation identitaire, faisant de l’amazighité un prérequis fondamental pour des services publics équitables. (justice, santé, éducation, médias) ?
Par ailleurs, le lien entre l’amazighité et le territoire - particulièrement dans les zones montagneuses, rurales et oasiennes - impose de poser la question de la citoyenneté pleine et entière. Il est impossible de dissocier le droit linguistique du droit à la terre, aux ressources et au développement durable. Comment transiter de la « folklorisation » du patrimoine amazigh vers son investissement en tant que capital symbolique, moteur d’industries créatives et d’économie solidaire, garantissant ainsi l’équité pour le citoyen amazigh au sein de son espace territorial ?
Le 20ème congrès de l’Université d’Été est un appel à une rupture épistémologique et politique avec les approches fragmentaires. L’amazighité est le levier organique de l’État des institutions, le pari consiste aujourd’hui à la transformer d’une revendication sectorielle en un projet de société liant l’identité à la démocratie, la langue au développement, et le territoire à la justice sociale.
Les enjeux futurs
Le défi de demain réside dans le passage d’une revendication de droits à un sujet de réforme politique et démocratique à forte dimension économique. Cela exige :
- L’intégration de l’amazighité (langue, culture, identité et territoire) comme composante essentielle du contrat social et politique de l’État.
- La réalisation de la justice linguistique par l’accès effectif des citoyens aux systèmes de socialisation et aux services publics en amazigh (éducation, justice, administration).
- La justice culturelle par la modernisation des conditions de production et de réception des arts amazighs et la mise en place des industries créatives.
- L’activation de la dimension civilisationnelle et historique dans le cadre des réformes intellectuelles et politiques de la citoyenneté et du nouveau nationalisme marocain.
- La justice spatiale par une distribution équitable des richesses et des fruits de la croissance, particulièrement dans les régions rurales et montagneuses.
Axes de recherche
- Axe 1 : Linguistique et Pédagogie. De la standardisation à l’officialisation institutionnelle. Enjeux de l’enseignement et apport de l’intelligence artificielle pour la compétitivité de la langue.
- Axe 2 : Socio-culturel et Identitaire. L’amazighité comme choix identitaire de l’État. Passer de la conservation muséale à la production culturelle active (arts, cinéma, littérature) et au soft power.
- Axe 3 : Politique et Juridique. Analyse de la gouvernance de mise en œuvre, évaluation de l’arsenal juridique face aux résistances bureaucratiques et politiques.
- Axe 4 : Économique et Territorial. Corrélation entre langue, population et développement. Valorisation du capital immatériel, économie solidaire et gestion des ressources naturelles.
- Axe 5 : Organisation et Histoire de l’Action Civile. Mémoire du mouvement associatif, passage de la revendication à la force de proposition politique pour une démocratie moderne.
Résultats attendus
- Publication d’un ouvrage collectif regroupant les recherches expertisées.
- Élaboration d’une note de plaidoyer contenant des propositions concrètes pour les politiques publiques.
- Documentation audiovisuelle de l’histoire et du parcours du mouvement amazigh au Maroc.
- Activation d’un réseau de recherche interdisciplinaire permanent.
Modalités de contribution
Calendrier et modalités techniques
- 20 mai 2026 : Date limite de réception des résumés (300 à 500 mots).
- 25 mai 2026 : Notification d’acceptation par le comité scientifique.
- 15 juillet 2026 : Date limite de réception des articles complets (3000 à 5000 mots).
- 25-26-27 juillet 2026 : Tenue du congrès.
Consigne :
- Polices : Sakkal Majalla (14) pour l’arabe ; Amanar pour le Tifinagh ; Times New Roman (14) pour les autres langues.
- Envoi : Formats Word et PDF à [email protected]
- Prise en charge : L’Université d’Été d’Agadir assure l’hébergement et la restauration d’un chercheur par communication.
Comité Scientifique
- Abdallah Herhar, Sciences Sociales et Anthropologie, Univ. Ibn Tofail, Kénitra.
- Rachid El Hahi, Culture, Art et Esthétique, Univ. Internationale, Marrakech.
- Mohamed Sguenfle, Littérature et Communication, Univ. Ibn Zohr, Agadir.
- Mohamed Oubihi, Histoire Contemporaine, Univ. Mohammed V, Rabat.
- Tilgmas El Mansouri, Littérature et Arts, Univ. Ibn Tofail, Kénitra.
- Abdelkrim El Houdaigui, Droit et Sciences politiques, Univ. Ibn Zohr, Aït Melloul.
- Abderrahmane Belouch, Expert en Droits de l’Homme, Rabat.
- Lahcen Nachef, Pédagogie et formation, Université d’Été, Agadir.
- Mohamed Akounad, Langue et Littérature, Université d’Été, Agadir.
- Mohamed Blilid, Sciences Politiques, Université d’Été, Agadir.
- Mohamed Handaine, Histoire et Territoire, C.E.H.E, Agadir.
Catégories
- Études du politique (Catégorie principale)
Lieux
- Salle
Agadir, Maroc (80000)
Format de l'événement
Événement uniquement sur site
Dates
- mercredi 20 mai 2026
Fichiers attachés
Mots-clés
- amazighité, culture, politique, constitution, institution, droits
Contacts
- Rachid El Hahi
courriel : rachid [dot] elhahi [at] gmail [dot] com
Source de l'information
- Rachid El Hahi
courriel : rachid [dot] elhahi [at] gmail [dot] com
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« L’amazighité. De la reconnaissance constitutionnelle à la mise en œuvre institutionnelle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 05 mai 2026, https://doi.org/10.58079/1669h

