Penser et pratiquer autrement les transitions socio-écologiques : imaginaires pluriels, expérimentations situées et justices
Thinking and practicing socio-ecological transitions differently: plural imaginaries, situated experimentations, and justices
RIODD 2026 : Résister, renoncer ou réinventer ? Regards pluriels sur les imagines et pratiques pour une transformation sociale et écologique
Publié le mardi 31 mars 2026
Résumé
Notre GT encourage la participation des chercheuses et chercheurs qui adhèrent aux approches critiques et qui proposent ou analysent des discours, des pratiques, des modes d’organisation, des méthodes, des pédagogies, des outils ou des récits visant à rendre les transitions socioécologiques plus justes. Les concepts de justice épistémique, de déhiérarchisation et de décolonialité sont au cœur des préoccupations de notre collectif, mais nous maintenons et défendons une ouverture à la pluralité des paradigmes critiques et à l’innovation méthodologique.
Annonce
Modalités de contribution
À soumettre sur SciencesConf
Avant le vendredi 10 avril 2026
Animateur/trice(s) de la session
- Celine Berrier-Lucas (ISG Lab, ISG), [email protected]
- Marie Fall (Centre de recherches sur le développement territorial, GRIR,
- Lagopède Université du Québec à Chicoutimi), [email protected]
- Lovasoa Ramboarisata (Centre re recherche sur les innovations sociales,
- Université du Québec à Montréal), [email protected]
- Dimbi Ramonjy (CERIIM – Centre de Recherche en Intelligence et Innovation Managériales d’Excelia business school), [email protected]
Cadrage et objectifs de la session
Cette session intitulée « Penser et pratiquer autrement les transitions socioécologiques : imaginaires pluriels, expérimentations situées et justices » est organisée par le GT-RIODD « Crises et transitions socio-écologiques : approches critiques, dialogues transdisciplinaires et justices ». Elle fait suite aux quatre éditions précédentes consacrées aux approches critiques tenues lors des congrès du RIODD à Toulouse (2025), Bruxelles (2024), Lille (2023) et Aubervilliers (2022). D’année en année, les contributions à la session ont cru en nombre et se sont diversifiées en perspectives convoquées (par exemple, théorie post-coloniale, écologie décoloniale, études féministes, ontologie politique décoloniale, analyse décoloniale du discours, justice épistémique, recherche action participative, humanités environnementales, etc.) et en objets ou concepts éclairés (par exemple, intersectionnalité, justice multi-espèce, extractivisme, corporalité, pluriversalisme, créolisation, autochtonie, ontologie relationnelle, etc.). Cela témoigne de l’intérêt que la communauté rioddienne y porte et la richesse pratique, théorique, méthodologique, pédagogique et sociétale des travaux qui s’inscrivent dans les approches critiques.
Notre GT « encourage la participation des chercheuses et chercheurs qui adhèrent aux approches critiques et qui proposent ou analysent des discours, des pratiques, des modes d’organisation, des méthodes, des pédagogies, des outils ou des récits visant à rendre les transitions socioécologiques plus justes. Les concepts de justice épistémique, de déhiérarchisation et de décolonialité sont au cœur des préoccupations de notre collectif, mais nous maintenons et défendons une ouverture à la pluralité des paradigmes critiques et à l’innovation méthodologique.
La session que nous proposons s’inscrit en dialogue avec les attendus du 21e congrès annuel du RIODD à Reims dont la visée est notamment d’ « interroger les processus économiques, sociaux et politiques, décisionnels et contestataires, sur lesquels reposent des positions de résistance et/ou de renoncement (au changement ou au non-changement) au sein des organisations prenant part ou ayant au cœur de leurs projets les transformations sociales et écologiques » (appel à propositions au congrès du RIODD, 2026, p.2).
Nous partageons tout naturellement le constat de l’équipe organisatrice de ce 21e congrès que «la variété des espaces où se discutent des rapports renouvelés à la connaissance, au progrès ou même aux manières de produire, consommer et s’organiser collectivement, invitent à s’interroger sur la capacité des cadres de pensée et épistémologies à rendre intelligible, de manière plurielle, les transformations sociales et écologiques à l’œuvre (Arnaud et al., 2023 ; Arnaud, Ramboarisata, 2024) ou que l’on souhaiterait voir se déployer)» (appel à propositions au congrès du RIODD, 2026, p.4).
A l’instar des éditions précédentes, cette session sera un espace sécuritaire pouvant rendre visibles et audibles les travaux théoriques et empiriques examinant les transitions sous le prisme des approches critiques, transversales et des notions de justice, ainsi que les expériences et expérimentations des actrices et acteurs proposant des alternatives aux récits et pratiques dominants destructeurs de la nature, des cultures et des liens sociaux.
Ainsi, nous faisons appel à des propositions de communication s’inscrivant dans les visées du GT, indiquées ci-après, articulées explicitement ou non avec les interrogations spécifiques du congrès 2026 :
- Qualifier le potentiel de déconstruction, d’innovation et de réinvention des approches critiques face à la crise écologique et aux injustices socioécologiques.
- Décoloniser les savoirs théoriques et pratiques pour accompagner les transitions et promouvoir les justices socio-écologiques.
- Décomplexer les chercheuses et chercheurs et les approches issues des périphéries, en déhiérarchisant les rapports centre/périphérie et les relations de pouvoir.
Et comme lors des congrès antérieurs, cette session adoptera délibérément un format hybride pour favoriser l'accessibilité géographique, statutaire, genrée, économique et sociale. Cette approche reconnaît les multiples contraintes, et leurs enchevêtrements, qui peuvent empêcher ou restreindre les participations : maladies, handicaps, responsabilités de care, sentiment d’imposteur, intériorisation de messages sociaux négatifs face aux identités, microagressions, précarité financière, statuts précaires ou contextes géopolitiques difficiles. Il existe mille façons d'être des scientifiques empêché·es dans notre travail. Bien qu’il questionne sur les modalités d’animation collective et ses impacts socioécologiques, le numérique permet de réinterroger nos possibilités de contributions scientifiques.
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Catégories
- Épistémologie et méthodes (Catégorie principale)
Lieux
- campus Croix-Rouge à Reims. - Université de Reims Champagne-Ardenne
Reims, France (51)
Format de l'événement
Événement hybride sur site et en ligne
Dates
- vendredi 10 avril 2026
Fichiers attachés
Mots-clés
- transitions socio-écologique, anthropocène, imaginaire pluriel, expérimentation située
Contacts
- Dimbi Ramonjy
courriel : ramonjyd [at] excelia-group [dot] com
URLS de référence
Source de l'information
- Marie Fall
courriel : marie [dot] fall [at] uqac [dot] ca
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Penser et pratiquer autrement les transitions socio-écologiques : imaginaires pluriels, expérimentations situées et justices », Colloque, Calenda, Publié le mardi 31 mars 2026, https://doi.org/10.58079/15z7k

