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Anthropocène

Deuxièmes rencontres du Comité National Français de Géographie

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Publié le mercredi 01 avril 2026

Résumé

Les rencontres du Comité National Français de Géographie (CNFG) sont organisées pour une seconde édition qui se déroulera en décembre 2026 à Paris. Evénement destiné à rassembler la communauté des géographes, elles auront pour thème de travail l’anthropocène. 

Annonce

Du 16 au 18 décembre 2026, Campus Condorcet, Paris-Aubervilliers

Argumentaire

Les Rencontres du Comité National Français de Géographie (CNFG) se placent dans l’héritage de l’organisation du Congrès de l’Union géographique internationale. Elles sont le fait des commissions qui composent le CNFG, qui sont à l’initiative de la thématique, du comité d’organisation et du comité scientifique. L’ambition est de proposer un lieu et un temps de rencontre communs à l’ensemble des géographes, en les réunissant, régulièrement, autour de thématiques fortes et transversales.

La notion d’anthropocène, telle que proposée par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stroemer en 2000 (Crutzen, P.J., Stoermer, E.F., 2000) consiste à considérer l’humanité comme une « nouvelle force tellurique » et renvoie à « l’entrée dans une nouvelle époque géologique caractérisée par l’empreinte généralisée et irréversible des êtres humains et de leurs activités sur la Terre » (Dictionnaire critique de l’anthropocène, 2022). Si après 15 ans d’instruction, la commission stratigraphique internationale a voté contre l’inscription de l’anthropocène comme nouvelle période géologique, le terme s’est imposé dans les médias mais aussi parmi les sciences sociales. Il suscite des acceptions, ainsi que des méthodologies d’analyse très diverses. Il trouve un écho majeur dans notre discipline, en raison de son double ancrage dans les sciences de la nature et dans les sciences du social. Cependant en France les travaux des géographes restent peu visibles et peu médiatisés alors que les publications sur le sujet se multiplient ces dernières années, avec des approches et des positionnements très variés. La notion d’anthropocène est, ainsi, venue reconfigurer des domaines d’étude et des problématiques déjà largement investis par plusieurs pans de notre discipline.

L’anthropocène peut, ainsi, être saisie de différentes manières. La notion a pu être vue comme une rupture, et un objet de débat épistémologique et politique, mobilisé, notamment, dans le cadre des réflexions visant à dépasser le dualisme nature/société. Elle peut être saisie comme un cadre de lecture pour y interpréter les transformations globales, ou bien encore servir de support critique pour penser les rapports sociétés/environnements et l’habitabilité terrestre. En réinscrivant les dynamiques territoriales dans le fonctionnement et les évolutions du système Terre, elle a introduit une forme de totalité systémique qui a pu être critiquée pour sa dimension trop englobante (Bonneuil, Fressoz, 2016). Cela a conduit à proposer des analyses plus connectées aux échelles locales, au terrain et aux territoires (Dictionnaire critique de l’anthropocène, 2020 ; Anna Tsing et al. 2025).

Objectifs des Rencontres

Les Rencontres n’affichent pas l’ambition de réinterroger les éléments de définition de l’Anthropocène dans son sens géologique. La notion a cheminé : elle a été, largement, discutée et commentée. Les Rencontres souhaitent, plutôt, privilégier des échanges autour des effets de son introduction dans les pratiques scientifiques et sur les apports de la notion dans notre discipline, en donnant à voir comment elle fait sens, ou non, en fonction de nos thématiques et objets de recherche, de nos cadres théoriques, analytiques et méthodologiques, ainsi que dans nos approches pédagogiques. Dans cet objectif, nous proposons de premières pistes de discussion, non exhaustives :

  • Quelles sont l’utilité et la portée heuristiques de la notion « anthropocène » ? En redéfinissant nos échelles d’analyse, en bousculant les frontières entre le social et le biophysique, entre le temps long et le temps court, en interrogeant la pertinence de certains modèles explicatifs, l’interprétation de certains mécanismes, est-ce que la notion bouscule, conforte ou reconfigure nos cadres de travail et d’analyse ? 
  • Comment l’anthropocène peut-il être mobilisé sur le terrain et au laboratoire pour analyser les transformations contemporaines ou anciennes des territoires ? Est-ce une approche véritablement nouvelle pour la géographie, ou s’inscrit-elle dans la continuité des études sur les interactions sociétés–environnement ? Quels outils et quelles méthodes permettent d’identifier et d’étudier les traces concrètes des activités humaines (urbanisation, artificialisation des sols, infrastructures, pratiques agricoles ou industrielles) et de comprendre leurs effets sur les territoires ? Comment relier les observations locales, qu’il s’agisse d’un quartier, d’un littoral ou d’une vallée, à des observations globales telles que les changements climatiques et les pollutions ?
  • La réflexion menée à l’aune de la notion d’anthropocène permet-elle des formes spécifiques de pratiques de recherche : des expérimentations et des hybridations méthodologiques, des pratiques pédagogiques et didactiques, de nouvelles formes de communication scientifique (podcasts, démarches créatives art-science etc.). A-t-elle entraîné un regain d’intérêt pour les approches réflexives et critiques ? A-t-elle fait émerger de nouvelles formes d’expertise (notamment dans l’aménagement et l’urbanisme) ? 
  • Comment une discipline comme la géographie peut-elle réinterroger la notion d’Anthropocène au travers d’une mise en perspective de ses dimensions à la fois globales et locales, à la fois sociales et biophysiques, à la fois matérielles et symboliques et de ses dimensions temporelles (longue durée, temps court, passé, présent, futur) ? Comment ses terrains d’études font-ils évoluer la manière dont l’anthropocène a été posée comme concept et est-ce que cela amène à formuler d’autres propositions sémantiques (capitalocène, plantationocène, urbanocène, androcène, plasticène…) ? Quelles sont les notions qui peuvent être tenues pour concurrentes ou complémentaires (transition ? autres ?) et les facteurs qui expliquent le succès de telle ou telle ? 
  • En quoi les différentes traditions épistémologiques influent-elles sur la prise en compte et l’adoption, ou non, de la notion d’anthropocène ? Qu’il s’agisse des traditions épistémologiques nationales marquées par des débats internes (entre sciences de la nature et sciences sociales, ou sur les notions de déterminisme géographique) ou les approches des différents champs de la discipline (urbain, rural, environnemental, politique, économique, culturel, social, etc.) ? En quoi les différences de contextes géographiques (pays des Suds) affectent-elles la manière de penser l’anthropocène ? 
  • Quelles nouvelles synergies au sein de la discipline pourraient être stimulées au contact de la notion d’anthropocène? Celle-ci peut-elle être à l’origine de nouveaux débats au sein de la discipline (et au sein du CNFG, en stimulant un dialogue inter-commissions) ? Au-delà de notre communauté, comment encourage-t-elle des coopérations scientifiques avec d’autres disciplines ? Comment suscite-t-elle des coopérations ou des partenariats - par exemple en matière de recherche-action - avec des acteurs “praticiens” de l’aménagement, du développement territorial et de la gestion de l’environnement ? Quand et par qui la notion d’anthropocène est-elle mobilisée dans le champ de la recherche ou de l’action territoriale ?
  • La médiatisation de la notion a modifié les attentes sociales à l’égard des savoirs scientifiques. En conséquence, en quoi/comment l’anthropocène fait-il évoluer la posture du ou de la géographe en tant que chercheur·se ? Et en tant qu’enseignant·e ? Et en tant que praticien dans l’aide à l’élaboration de politiques publiques d’aménagement, d’urbanisme, d’environnement, etc. ? Quels sont ses rôles, son influence, dans la construction des discours proposés par les géographes ?

Par ailleurs, en partenariat avec le Comité national roumain de Géographie, un panel sera également organisé autour des différentes acceptions internationales de la notion d’anthropocène, proposant un pas de côté au sein de la programmation des Journées. Cette présence offre au CNFG l’occasion d’entretenir la tradition de dialogue, d’échange et de partage entre pays, si précieux à nos communautés académiques. La participation à ces rencontres des collègues roumain·es permettra d’éclairer cette diversité d’approches, au regard des différentes traditions épistémologiques nationales. De fait, la géographie roumaine, en écho avec les débats internationaux, semble avoir très tôt investi le terme d’anthropocène dans diverses branches de la discipline. La comparaison des expériences et des controverses scientifiques nationales permettra de mieux éclairer la manière dont la notion se diffuse, est parfois saisie comme concept, interroge et modifie les pratiques scientifiques dans différents contextes locaux. 

Modalités pratiques

Ouvertes à tous les géographes, notamment aux jeunes chercheurs et collègues professionnels, ces journées offrent une belle occasion de débats et de perspectives pour notre discipline. 

L’appel à contribution est ouvert jusqu’au 31 mai. Il propose deux modalités possibles de contribution : 

  • un appel à sessions (organisée autour d’une thématique, d’une question, clairement exposée, et pouvant déjà inclure des propositions de communications)
  • un appel à communications libre (qui pourront s’inscrire ultérieurement dans les sessions préalablement proposées par des participants ou les organisateurs)

Les propositions (sessions et/ou communications libres) feront l’objet d’une évaluation par le comité scientifique. Un retour sera effectué aux contributeurs dans le courant du mois de juillet.  

Les soumissions se feront via ce lien.

Agenda 

  • 24 mars 2026 : ouverture de l’appel
  • 31 mai 2026 : clôture de l’appel à proposition
  • Mi-juillet - réponses des évaluations du comité scientifique et pré-programme  
  • 16 au 18 décembre 2026 : Rencontres du CNFG “Anthropocène”

Déroulement des Rencontres 

Les Rencontres se tiendront au Centre des Colloques du Campus Condorcet, à Aubervilliers, du 16 au 18 décembre 2026. 

Les inscriptions seront ouvertes ultérieurement. Une participation financière sera demandée : 

- Enseignants, enseignants-chercheurs et professionnels : 100 € (50 € pour les membres du CNFG)

- Doctorants : 50 € (20 € pour les membres du CNFG)

Une question ? Vous pouvez contacter le comité d’organisation à : [email protected] 

 

Comité d’organisation

  • Cyril Castanet (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, UMR LADYSS)
  • Amaël Cattaruzza (Institut Français de Géopolitique, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis)
  • Zénaïde Dervieux (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • David Goeury (Sorbonne Université, UR Médiations. Sciences des liens, sciences des lieux)
  • Johan Milian (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, UMR LADYSS)
  • Nathalie Lemarchand (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, UMR LADYSS)
  • Caroline Leininger-Frézal (Université Paris Cité, UMR Géographie-cité)
  • Théophile Plouvier (Université de Lille, UR TVES)

Comité scientifique  

  • Liolia Bajemon, ENS Lyon, UMR Environnement Ville Société – Commission Géographie du numérique
  • Xavier Bodin - CNRS, UMR EDYTEM - Commission Etude des milieux périglaciaires
  • Dylan Boisselier - Université d’Angers, UMR Espaces & Sociétés - Commission Géographie du numérique
  • Marie Chenet – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, UMR Laboratoire de Géographie Physique - Commission Géographie en Images et en son
  • Yoann Doignon - CNRS, UMR IDEES - Commission Géographie de la Population
  • Simon Dufour – Université de Rennes 2, UMR LETG - Commission Hydrosystèmes continentaux
  • Philippe Dugot - Université de Toulouse, UMR LISST - Commission Commerce, consommation et territoire
  • Philippe Duhamel - Université d’Angers, UMR Espaces & Sociétés - Commission Tourisme et loisirs
  • Elisa Filatre - Université de Toulouse, UMR GEODE - Commission  Epistémologie, histoire et enseignement de la géographie
  • Etienne Grésillon - Université Paris Cité, LADYSS - Comission Biogéographie
  • Alexandre Grondeau –  Aix-Marseille Université, UMR TELEMME - Commission Villes et métropolisation
  • Patricia Grondin – Université La Réunion INSPE, UR ICARE - Commission Géographie culturelle
  • Lilia Khelifi – Université d’Angers, UR Médiations. Sciences des liens, sciences des lieux - Commission Tourisme et loisirs
  • Nicolas Lebrun – Université d’Artois, UR Habiter le monde - Commission Commerce, consommation et territoire
  • Géraud Magrin – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR PRODIG - Commission Développements et tropicalités
  • Simona Niculescu – Université de Bretagne Occidentale, UMR LETG - Commission Géomatique et Systèmes d’informations géographiques
  • Louise Quinio - Université de Nantes, UMR LETG - Commission Géographie de la mer, des côtes et des îles
  • Léa Paly - Le Mans Université, UMR Espaces & Sociétés - Commission Hydrosystèmes continentaux
  • Sandra Perez – Université Nice Côte d’Azur, UMR ESPACE - Commission Géographies de la Santé
  • Claire Portal – Université de Poitiers, UR MIMMOC - Commission Patrimoine géomorphologique
  • Thomas Pfirsh - Université de Valenciennes, UR LARSH - Commission Villes et métropolisation
  • Romain Reulier - Université de Caen Normandie, UMR IDEES - Commission Hydrosystèmes continentaux
  • Laurent Rieutort – Université de Clermont-Auvergne, UMR Territoires - Commission Géographie rurale
  • Fabien Roussel - Université Sorbonne Paris Nord, UR Pléiade - Commission Biogéographie
  • Audrey Sérandour – Université de Haute-Alsace, UR CRESAT - Commission Géographie Politique et Géopolitique
  • Philippe Sierra - Lycée Pierre de Fermat CPGE, Toulouse – Commission Epistémologie, histoire et enseignement de la géographie
  • Emmanuel THIMONIER-Rouzet - Université Jean Moulin Lyon 3, UMR EVS - Commission Géographie appliquée
  • Marion Tillous – Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, UMR LEGS - Commission Géographies féministes et queers
  • Nicola Todorov – Université de Guyane, UR Centre d’Histoire du XIXs. - Commission Géographie historique
  • Albin Ullmann - Université de Bourgogne, UR Biogéosciences - Commission Climat et société

Lieux

  • Centre des Colloques, Campus Condorcet, Place du Front Populaire
    Aubervilliers, France (93)

Format de l'événement

Événement uniquement sur site


Dates

  • dimanche 31 mai 2026

Mots-clés

  • anthropocène, géographie, heuristique, didactique, expertise, méthodologie, enseignement

Contacts

  • Comité d'organisation
    courriel : rencontres [at] cnfg [dot] fr

Source de l'information

  • Johan MILIAN
    courriel : johan [dot] milian [at] univ-paris8 [dot] fr

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« Anthropocène », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 01 avril 2026, https://doi.org/10.58079/15zlk

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